La Franc-maçonnerie : Synagogue de Satan !


La Franc-Maçonnerie est une secte profondément perverse !

“L’appartenance à cette secte, fait encourir ipso facto l’excommunication..”
- Pie IX -
Le pape Pie IX, à ne nombreuses reprises, a mis solennellement en garde contre la secte maçonnique , rappelant toutes les fermes condamnations de ses précésesseurs, insistant sur le caractère absolument diabolique et pervers de cette société ténébreuse dont l’objet est la lutte contre la sainte religion chrétienne, et le but secret la destruction de l’Eglise :
« Parmi les nombreuses machinations et les moyens par lesquels les ennemis du nom chrétien ont osé s’attaquer à l’Église de Dieu et ont essayé, quoiqu’en vain, de l’abattre et de la détruire, il faut sans doute compter cette société perverse d’hommes, vulgairement appelée “maçonnique“, qui, contenue d’abord dans les ténèbres et l’obscurité, a fini par se faire jour ensuite, pour la ruine commune de la Religion et de la Société humaine. Dès que Nos prédécesseurs les Pontifes Romains, fidèles à leur office pastoral, eurent découvert ses embûches et ses fraudes, ils ont jugé qu’il n’y avait pas un moment à perdre pour réprimer par leur autorité, frapper de condamnation et exterminer comme d’un glaive cette secte respirant le crime et s’attaquant aux choses saintes comme aux choses publiques. C’est pourquoi Notre prédécesseur Clément XII, par ses Lettres apostoliques, proscrivit et réprouva cette secte, et détourna tous les fidèles non seulement de s’y associer, mais encore de la propager et de l’encourager de quelque manière que ce fût, sous peine d’encourir ipso facto l’excommunication. Benoît XIV confirma par sa constitution cette juste et légitime sentence de condamnation, et il ne manqua pas d’exhorter les souverains catholiques à consacrer toutes leurs forces et toute leur sollicitude à réprimer cette secte profondément perverse et à défendre la société contre le péril commun. […] De peur que des hommes imprudents, et surtout la jeunesse, ne se laissent égarer, et pour que Notre silence ne donne lieu à personne de protéger l’erreur, Nous avons résolu, Vénérables Frères, d’élever Notre voix apostolique ; et, confirmant ici, devant vous, les constitutions de Nos prédécesseurs, de Notre autorité apostolique, Nous réprouvons et condamnons cette société maçonnique et les autres du même genre, qui, tout en différant en apparence, se forment tous les jours dans le même but, et conspirent soit ouvertement, soit clandestinement, contre l’Église et les pouvoirs légitimes ; et Nous ordonnons sous les mêmes peines que celles qui sont spécifiées dans les constitutions antérieures de Nos prédécesseurs à tous les chrétiens de toute condition, de tout rang, de toute dignité et de tout pays, de tenir ces mêmes sociétés comme proscrites et réprouvées par Nous. Maintenant il ne Nous reste plus, pour satisfaire aux vœux et à la sollicitude de Notre cœur paternel, qu’à avertir et à exhorter les fidèles qui se seraient associés à des sectes de ce genre, d’avoir à obéir à de plus sages inspirations et à abandonner ces funestes conciliabules, afin qu’ils ne soient pas entraînés dans les abîmes de la ruine éternelle. Quant à tous les autres fidèles, plein de sollicitude pour les âmes, Nous les exhortons fortement à se tenir en garde contre les discours perfides des sectaires qui, sous un extérieur honnête, sont enflammés d’une haine ardente contre la religion du Christ et l’autorité légitime, et qui n’ont qu’une pensée unique comme un but unique, à savoir d’anéantir tous les droits divins et humains. Qu’ils sachent bien que les affiliés de ces sectes sont comme ces loups que le Christ Notre Seigneur a prédit devoir venir, couverts de peaux de brebis, pour dévorer le troupeau ! » (Pie IX – Multiplices inter, 25 septembre 1865).
Lire :
La franc-maçonnerie : une secte diabolique !
Les armoiries du Pape Benoît XVI


« Nos ergo debemus sublevare huiusmodi,
ut cooperatores simus veritatis. » (III Jean, 1. 8)
(Nous devons servir de cette manière,
et être coopérateurs de la vérité.)
Le blason figurant sur les armoiries papales, rendues publiques le 26 avril 2005, est une simplification de celui qu’il utilisait en tant qu’archevêque de Munich et de Freising, puis de préfet de la congrégation pour la doctrine de la foi. Le Blason du Pape Benoît XVI est de type « écu à calice », de gueules chapé d’or. À gauche se trouve le « Maure de Freising », une tête d’Éthiopien couronnée qui figure depuis l’évêque Conrad III en 1316 sur les blasons de l’évêché-principauté de Freising. Au centre, une coquille Saint-Jacques évoque notamment le monastère Saint-Jacques de Ratisbonne, où se trouve le séminaire de prêtres du diocèse où Joseph Ratzinger a enseigné la théologie. Elle évoque également, entre autres, les pèlerinages de Saint-Jacques-de-Compostelle. À droite figure « l’ours de saint Corbinien », l’évêque de Freising qui au VIIIe siècle a converti la Bavière païenne au christianisme.
Au cours de l’Angelus du dimanche 10 octobre 2010, on a pu voir pour la première fois, le nouveau blason pontifical du Pape Benoît XVI, orné, selon l’usage antique, de la tiare. Ce blason, brodé entièrement à la main, a été conçu dans les Ateliers d’ornements liturgiques Ferrarais Regia Ars; il propose le blason, avec les emblèmes du Pape et le pallium orné de croix rouges. La partie extérieure est inspirée par les armoiries du pape Barberini (Urbain VIII, pape de 1623 à 1644) que l’on voit sur les piliers du Baldaquin du Bernin dans la basilique Saint-Pierre.
La différence avec le modèle précédent – que certains attribuent au cardinal Montezemolo – est que ce blason porte à nouveau la triple couronne – la triple couronne du Souverain Pontife – au lieu de la mitre, restaurant l’antique coutume, à laquelle même Jean-Paul II n’avait pas renoncée. L’innovation de la mitre à trois bandes, qui avait créé quelques perplexités parmi les spécialistes d’héraldique, côtoyait la forme traditionnelle.
Sens de la tiare Pontificale
La triple couronne, ou tiare, symbolise le pouvoir d’Ordre sacré (en tant que Vicaire du Christ et successeur de Pierre, il nomme les évêques et est par excellence le “grand prêtre” ici-bas), pouvoir de Juridiction (en vertu du pouvoir des clefs, celui de lier et délier sur la terre et au ciel), pouvoir de Magistère (en vertu de l’infaillibilité pontificale). La signification de ces trois couronnes, traditionnellement, ou triple pouvoir, était également exprimé par ces trois titres, qui avaient à l’origine un accent plus « temporel » ou « politique », en particulier en raison de La donation de Constantin (Donatio Constantini), acte par lequel l’empereur Constantin Ier donna au pape Sylvestre la primauté sur toutes les Églises et l’imperium sur l’Occident. Saint Grégoire VII a légiféré sur cette donation qui fait du Pape l’héritier par Constantin de l’Empire, le « Pontifex maximus » (l’Empereur suprême), contraignant tous les détenteurs d’un pouvoir temporel qui ne sont à la tête que de charges laïques au sein de la chrétienté, et en premiers les empereurs du Saint Empire et les Rois de France, à lui devoir soumission et obéissance car c’est le Pape, et lui seul, qui détient les clefs de l’Empire.
C’est ce que souligna Grégoire VII dans les Dictatus papae en 1075 :
« Dans la société chrétienne, dont la foi cimente l’unité, l’ordre laïque n’a d’autre fonction que l’exécution des commandements formulés par l’ordre sacerdotal. De cet ordre le pape est le maître absolu, il est le seul titulaire légitime de l’Empire, puisqu’il est le vicaire du Christ, l’empereur suprême. » (Grégoire VII, Dictatus papae, 1075).

« La donation de Constantin »
(fresque de Gianfrancesco Penni. Salle de Constantin. Vatican).
L’Empereur Constantin Ier (272-337) donne au pape Sylvestre
le pouvoir impérial sur l’Occident.
De ce fait le Pontife est :
- Père des rois,
- Régent du monde,
- Vicaire du Christ.
On a également donné d’autres interprétations à cette triple couronne. L’une d’elle veut que le pape, en tant que Vicaire du Christ doué du pouvoir de lier et de délier sur terre et au ciel (pouvoir des clefs) soit donc à la tête de l’Eglise militante (sur terre), souffrante (au purgatoire) et triomphante (au Ciel). Une autre parle des trois fonctions des papes : prêtre (évêque de Rome), roi (chef d’État souverain) et enseignant (arbitre et magistère suprême, doté de l’infaillibilité). On parle aussi du Pape en tant que souverain sacrificateur, grand juge, et seul législateur des chrétiens.
On le voit, la question de l’origine divine du pouvoir pontifical, touche également le plan politique, elle fonde et donne en réalité sa légitimité à la doctrine catholique de l’infaillibilité, car elle à sa source dans la Vérité originelle de la Révélation dont la Sainte Eglise Universelle, par Jésus-Christ, est l’humble dépositaire, et son Chef visible, le « Prince des Evêques », le très soumis et très fidèle serviteur.
Mgr Sauvé, théologien pontifical et consulteur de la Sainte congrégation de l’Index, explique très bien en quoi de « droit divin » :
« Le Pape est le dépositaire visible de la puissance spirituelle du Christ : c’est lui que le divin Sauveur a établi, dans la personne de saint Pierre, le fondement, la base, la pierre angulaire de la société des croyants; c’est à lui que Notre-Seigneur a donné les clefs de son royaume, c’est-à-dire la souveraine puissance; c’est lui qu’il a établi le pasteur suprême de son troupeau. (…). » (Mgr Sauvé, Le Pape, Son Autorité suprême – Son Magistère infaillible, Chailland, Berche & Tralin, 1890).
COURONNONS LE PAPE BENOÎT XVI !

Lire :
LA THEOCRATIE PONTIFICALE !
Joyeux et Saint Noël

“Si le Christ s’est tant abaissé,
ce n’était pas pour son avantage, mais pour le nôtre ;
c’était pour nous justifier et conséquemment
pour nous donner la paix et le bonheur“.
“Qu’est-ce que la naissance du Seigneur ? C’est la Sagesse de Dieu se montrant sous les formes d’un enfant ; c’est le Verbe de Dieu faisant entendre dans la chair des sons inarticulés. Mais ce Dieu caché saura se faire rendre témoignage par le ciel devant les Mages, et se faire annoncer aux bergers par la voix des anges. Ainsi nous célébrons aujourd’hui le jour anniversaire de celui où s’accomplit cette prophétie :
« La Vérité s’est levée sur la terre, et la justice nous a regardés du haut des cieux (Ps. LXXXIV,12) ».
La Vérité qui est dans le sein du Père s’est levée sur la terre, pour être aussi dans le sein d’une mère. La Vérité qui porte le monde s’est levée sur la terre, pour être portée sur les mains d’une femme. La Vérité qui nourrit d’elle l’inaltérable bonheur des Anges, s’est levée sur la terre pour vivre elle-même du lait d’une mère. La Vérité que ne saurait contenir le ciel s’est levée sur la terre, pour être déposée dans une étable.
Pour l’avantage de qui cette incomparable grandeur se présente-t-elle à nous sous de si prodigieux abaissements ? Ce n’est pas assurément pour son avantage; mais, si nous croyons, il en résultera pour nous des biens immenses. O homme, éveille-toi; c’est pour toi que Dieu s’est fait homme. « Toi qui dors, lève-toi; lève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera (2. Eph. V, 14) ». Oui, c’est pour toi que Dieu s’est kit homme; et s’il n’était né dans le temps, éternellement tu serais mort; jamais tu ne serais délivré de cette chair de péché, s’il n’en avait pris la ressemblance ; s’il ne te faisait une si grande miséricorde, tu serais livré à une misère sans fin; tu n’aurais point recouvré la vie , s’il ne s’était assujetti à mourir comme toi; tu aurais succombé, s’il ne t’avait secouru ; tu aurais péri, s’il n’était venu.
Ainsi célébrons avec joie le jour de notre salut et de notre rédemption; célébrons le jour solennel où le grand jour, où le jour éternel qui naît d’un jour également grand et éternel également, fait son entrée dans notre jour temporel et si court.
« C’est lui qui est devenu pour nous et justice, et sanctification, et rédemption, afin que, comme il est écrit, celui qui se glorifie, se glorifie dans le Seigneur (I Cor. I, 30, 31) ».
Ah ! nous devons nous garder de ressembler à ces Juifs orgueilleux : « qui ignorent la justice de Dieu, qui veulent établir la leur, et qui se soustraient ainsi à la divine justice (Rom. X, 3)».
Aussi après ces mots : « La Vérité s’est levée sur la terre », lisons-nous aussitôt ceux-ci : « Et la justice a regardé du haut du ciel ». C’est pour détourner la faiblesse des mortels de chercher à s’attribuer cette justice, à s’approprier les dons divins; pour empêcher l’homme de prétendre qu’il se justifie, c’est-à-dire qu’il se rend juste lui-même et de dédaigner ainsi la justice de Dieu. « La Vérité s’est levée sur la terre » : le Christ a dit : « Je suis la Vérité (Jean, XIV,16) », et il est né d’une Vierge. — « Et la justice a regardé du haut du ciel » ; car en croyant à l’Enfant nouveau-né, l’homme est justifié, non par lui-même, mais par Dieu. « La Vérité s’est levée sur la terre » ; car « le Verbe s’est fait chair (Ib. I, 14) ». — « Et la justice a regardé du haut du ciel » ; car « tout bien excellent et tout don parfait vient d’en-haut (Jacq. I, 17) ». « La Vérité s’est levée sur la terre » ; la chair est née de Marie. « Et la justice a regardé du haut du ciel » ; car « l’homme ne peut rien recevoir qui ne lui ait été donné du ciel (Jean, III, 27)».
« Ainsi donc justifiés par la foi, ayons la paix avec Dieu par Jésus-Christ Notre-Seigneur ; par qui aussi nous avons accès à cette grâce où nous sommes établis et où nous nous glorifions dans l’espoir de la gloire de Dieu (Rom. V, 1, 2)».
Vous reconnaissez avec moi, mes frères, ces quelques paroles de l’Apôtre. J’aime d’en rapprocher quelques paroles aussi du psaume que nous citons et de découvrir le rapport qui les unit. « Justifiés par la foi, soyons en paix avec Dieu » ; c’est que « la justice et la paix se sont embrassées. — Par Jésus-Christ Notre-Seigneur » ; car « la Vérité s’est levée sur la terre. — Par qui aussi nous avons accès à cette grâce où nous sommes établis, et où nous nous glorifions dans l’espoir de la gloire de Dieu». Il n’est pas dit : De notre gloire, mais : « De la gloire de Dieu ».
Aussi ce n’est pas de nous que vient la justice; « elle a regardé du haut du ciel ». — De là vient « que celui qui se glorifie doit se glorifier dans le Seigneur ». C’est pourquoi lorsque la Vierge eut donné naissance au Seigneur dont nous célébrons aujourd’hui la Nativité, les anges chantèrent cet hymne :
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre au hommes de bonne volonté (Luc, II, 14) ».
Eh ! d’où vient cette paix donnée à la terre, sinon de ce que « la Vérité s’est levée sur la terre » ; de que le Christ a reçu une naissance charnelle ? Et « c’est Lui qui est notre paix, puisque de deux choses il en a fait une (Ephés. II, 14) » ; en nous rapprochant par les doux liens de l’unité, pour faire de nous des hommes de bonne volonté.
Ah ! réjouissons-nous de cette grâce, afin de mettre notre gloire dans le témoignage de notre conscience; afin de nous y glorifier, non pas en nous, mais dans le Seigneur. Voilà pour quoi il est écrit : «C’est vous qui êtes ma gloire et qui m’élevez la tête (. Ps. III, 4.) ». Dieu lui. même pouvait-il faire briller à nos yeux une grâce plus généreuse ? Il n’a qu’un Fils unir que et il fait de lui un Fils de l’homme, afin d’élever le Fils de l’homme jusqu’à la dignité, de Fils de Dieu !
Cherche ici quel est notre, mérite, quelle est notre justice, quel motif détermine le Seigneur : découvriras-tu autre chose que sa grâce ?”
Saint Augustin d’Hippone
Sermon CLXXXV, pour le jour de Noël.
II. Justification de l’homme
La bulle de Paul IV : « Cum ex Apostolatus Officio », n’a plus de valeur disciplinaire

La bulle Cum ex Apostolatus Officio,
est un écrit de circonstance,
rédigé pour écarter celui qui fut un adversaire de Paul IV
lors de son élection pontificale : le cardinal Morone.
Il convient, alors que les sédévacantistes continuent à lui conférer un pouvoir qu’elle n’a plus depuis Pie XII, de mettre en lumière les conditions critiquables de la promulgation de la bulle de Paul IV Cum ex Apostolatus Officio, bulle rédigée pour écarter un adversaire qui avait été face à lui, un papabile menaçant lors de son élection, à savoir le cardinal Morone (1509-1580) - cardinal qui faisait l’admiration de saint Charles Borromée (1538-1584) et conduira le Concile de Trente à son terme sous le pontificat de Pie IV, et dont Paul IV ne supportait pas un instant l’idée, en raison d’un antagonisme personnel, qu’il puisse lui succéder.
Paul IV créa ainsi de toute pièce un acte officiel, la bulle Cum ex Apostolatus Officio, afin de le barrer dans son éventuelle accession au pontificat, sachant que le cardinal Morone, comme il arrivait souvent à l’époque, avait été interrogé par le Saint Office pour certaines de ses opinions bénignes (le reproche principal qui lui était fait étant de vouloir convertir les protestants en usant de miséricorde et de conviction, et d’éviter, autant que possible, des abjurations de l’erreur obtenues par la force et la contrainte) – afin de retirer tout droit positif d’élection dans le conclave à un cardinal qui pouvait être tenu pour hérétique, et même à l’encontre de celui qui aurait été simplement entendu par l’Inquisition pour un simple et infime soupçon d’hérésie.
I. Les conditions critiquables de la promulgation de la bulle Cum ex Apostolatus Officio
Il nous faut en effet, pour mieux comprendre le sens de la bulle Cum ex Apostolatus Officio, nous pencher un instant sur la personnalité de Paul IV, un des fondateurs de l’ordre des Théatins, ce qui nous donnera de mieux saisir qui fut l’homme et le religieux que la situation actuelle de l’Eglise porte sous la lumière des querelles canoniques.
En effet, celui qui se nommait Gian Pietro Carafa (1476-1559) et qui devint le 223e pape de l’Église, d’abord évêque de Chieti (1504), puis archevêque de Brindisi (1518) et archevêque de Naples, et qui sera élevé cardinal en 1536 avant de devenir pape le 23 mai 1555 à l’âge de 79 ans sous le nom de Paul IV, avait été désigné comme contrôleur général de l’Inquisition en 1542 par Paul III, lors de la création pontificale de la Sacrée Congrégation de l’inquisition romaine et universelle.

Paul IV est connu pour ne pas avoir poursuivi le travail
commencé lors du Concile de Trente
Comme chef de l’Inquisition, Carafa se montrera d’une dureté inflexible contre les protestants italiens, faisant condamner et pourchasser les réformés avec une rare énergie. D’ailleurs, son hostilité à la Réforme fut si constante dans ses décisions, que lorsqu’il accéda au pontificat, outre une politique personnelle que d’aucuns n’hésitent pas à qualifier de népotique [1], il s’opposa avec grande vigueur à la paix d’Augsbourg (1555), qui autorisait chaque souverain sur ses territoires à déterminer la confession religieuse de ses sujets, ce qui explique pourquoi, lorsqu’en 1556 Charles Quint abdiqua et que son frère, Ferdinand Ier, prit le titre d’empereur élu du Saint-Empire, Paul IV déclara solennellement ce titre invalide, nul et dénué de réalité, plongeant ainsi pour un temps, les nations qui se trouvaient réunies sous les ailes bienfaisantes des aigles de l’Empire dans une situation politique très instable.
Toutefois mal lui en pris, car s’alliant à la France de sorte de lutter et fragiliser le pouvoir impérial hispano-habsbourgien, Paul IV perdit la guerre contre l’Espagne et fut contraint d’accepter, le 12 septembre 1557, les conditions d’une la paix qui lui était très défavorable, paix dite de Cave-Palestrina, après que le duc d’Albe eut occupé les Etats de l’Eglise.
Par ailleurs, Paul IV qui est connu pour ne pas avoir poursuivi le travail commencé lors du Concile de Trente, considérant que la nécessaire rénovation de l’Église était une tâche qui devait être exclusivement réservée à la Curie pontificale et au Sacré-Collège et non au Concile, promulgua, juste avant de mourir, parmi ses derniers actes, outre la mise officiellement en vigueur, en 1559, d’une sévère censure de certains livres suspects de véhiculer des idées nocives, dans l’Index Librorum Prohibitorum, la célèbre bulle Cum ex Apostolatus Officio dont on parle tant et plus aujourd’hui.
II. Une bulle caduque depuis Pie XII

Pie XII jugea nécessaire de modifier
les dispositions relatives à l’élection du Pape,
en décidant dans Vacantis Apostolicae Sedis,
de suspendre l’effet des censures disciplinaires.
On comprend donc mieux le sens de cette bulle Cum ex Apostolatus, dont usent et abusent les sédévacantistes, alors même que Paul IV, le farouche contrôleur général de l’Inquisition aurait été littéralement effaré, totalement scandalisé et horrifié de voir l’usage moderne, démocratique, républicain hussite et luthérien que l’on fait de son texte, utilisé de façon indue et illégitime par des laïcs et de simples clercs qui piétinent allègrement leurs devoirs catholiques sacrés de soumission et d’obéissances en s’instituant examinateurs et juges pour contester l’élection des papes, ou cesser de les reconnaître comme légitimes pontifes de l’Eglise et authentiques successeurs de saint Pierre [2].
Mais, pour rajouter à ce que nous venons d’exposer, et ce qu’il ne faut surtout pas oublier aujourd’hui, la bulle de Paul IV trouve d’autant mieux et de manière définitive sa limite sur le plan disciplinaire, que le vénérable Pie XII jugea nécessaire, pour de sages motifs, de modifier précisément les dispositions relatives à l’élection du Pape, en décidant dans sa Constitution Apostolique Vacantis Apostolicae Sedis publiée le 8 décembre 1945, de suspendre l’effet des censures disciplinaires de Cum ex Apostolatus Officio. Or, cette décision est extrêmement importante, et l’on s’étonnera d’ailleurs que l’on n’y insiste pas comme il se devrait au lieu de s’épuiser dans des débats qui n’ont plus d’objet, puisque les termes, objectifs et positifs, de Vacantis Apostolicae Sedis sont de nature à mettre un terme formel, obligatoire et définitif à toute discussion s’agissant de la légitimité de l’élection de ceux qui furent portés sur le trône de Pierre depuis Pie XII, puisque tous sans aucune exception, en vertu des nouvelles dispositions canoniques touchant à l’élection pontificale, furent élus validement.

“Nous suspendons l’effet de telles censures….”
Pie XII, Constitution Apostolique Vacantis Apostolicae Sedis (8. XII. 1945)
Voici en effet ce que dit Pie XII :
« Aucun cardinal – sous aucun prétexte ou raison d’excommunication, suspense ou interdit, ou sous aucun autre empêchement ecclésiastique – ne peut être exclu de l’élection active et passive du Souverain Pontife. En conséquence, nous suspendons l’effet de telles censures seulement pour les raisons de la dite élection; elles conserveront leurs effet pours tout le reste. » (Constitution Apostolique, Vacantis Apostolicae Sedis, titre II, ch. I, § 34, 8 décembre 1945). [3]
Le texte est on ne peut plus clair, l’excommunication s’applique en effet à divers délits, mais en vise un plus directement : l’hérésie, comme il est explicite : « Can. 985. Sont irréguliers par délit : 1° Les apostats, les hérétiques, les schismatiques. » Canon précisé par : « Can. 2314. § 1 Tous les apostats de la foi chrétienne, tous les hérétiques ou schismatiques et chacun d’eux: 1° Encourent par le fait même une excommunication. » Ainsi Pie XII, lorsqu’il écrit : « Aucun cardinal – sous aucun prétexte ou raison d’excommunication, suspense ou interdit ne peut être exclu de l’élection active et passive du Souverain Pontife », évoque évidemment d’éventuels faits d’apostasies, d’hérésies ou de schismes, cela ne fait aucun doute.

“Dès l’acceptation par l’élu de sa charge,
[l'élu du conclave] est immédiatement Pape
authentique de droit divin…”
D’ailleurs Pie XII, pour confirmer l’infaillibilité incontestable à l’acte d’élection, précise que dès l’acceptation par l’élu de sa charge, il est immédiatement Pape authentique de droit divin (la référence par Pie XII au Can. 219 est explicite), et toute contestation à son encontre, sous quelque prétexte, concernant « n’importe quelles affaires » avant le couronnement du Pontife, fait encourir à celui qui s’en rendrait coupable, l’excommunication ipso facto :
« § 101. Ce consentement ayant été donné (…), l’élu est immédiatement vrai pape, et il acquiert par le fait même et peut exercer une pleine et absolue juridiction sur l’univers entier. (Code de Droit canon, can. CIS 219). Dès lors, si quelqu’un ose attaquer des lettres ou décisions concernant n’importe quelles affaires, émanant du Pontife romain avant son couronnement, Nous le frappons de la peine d’excommunication à encourir ipso facto. (Clément V, ch. 4, De sent, excomm., 5, 10, in Extravag. comm.). » [4]
On comprend mieux pourquoi, Pie XII qui tint tant à mettre en lumière l’infaillibilité du droit divin lors de l’élection pontificale, put écrire :
« C’est pourquoi nul ne sera sauvé si, sachant que l’Eglise a été divinement instituée par le Christ, il n’accepte pas cependant de se soumettre à l’Eglise ou refuse l’obéissance au Pontife romain, vicaire du Christ sur terre. » (Lettre du Saint-Office à l’Evêque de Boston, DS 3867).
III. Depuis Pie XII la bulle de Paul IV est vidée de tous ses effets
En effet, le « droit divin » qui caractérise la nature de l’élection pontificale, est porteur d’un critère d’infaillibilité devant lequel la bulle de Paul IV, de nature uniquement disciplinaire et non-dogmatique, qui est unique dans le Bullaire pontifical bien qu’elle fut très incidemment reprise dans le droit canon pie-bénédictin pour un motif étranger à l’invalidation de l’élection pontificale, s’incline absolument.
D’ailleurs Pie XII fut à ce point convaincu du caractère infaillible de l’élection par le conclave, qu’il soutint que si un laïc était élu Pape, sous réserve qu’il se fasse ordonné, il se verrait pourvu du charisme de l’infaillibilité dès l’instant même de son acceptation de la charge pontificale :
« Si un laïc était élu pape, il ne pourrait accepter l’élection qu’à condition d’être apte à recevoir l’ordination et disposé à se faire ordonner ; le pouvoir d’enseigner et de gouverner, ainsi que le charisme de l’infaillibilité, lui seraient accordés dès l’instant de son acceptation, même avant son ordination » (Pie XII, Allocution au deuxième Congrès mondial de l’apostolat des laïcs, 5 octobre 1957).
Ceci posé, bien des voix pourraient alors s’élever en disant que même si le Pape bénéficie d’une impeccabilité incontestable reçue de par son élection et désignation par le Sacré-Collège, d’autant qu’à présent Vacantis Apostolicae Sedis de Pie XII a rendu caduques les règles disciplinaires de la bulle de Paul IV, rien ne garanti cependant qu’il ne puisse tomber ensuite dans l’hérésie, et donc de se retrouver ainsi, a posteriori, sous le coup des censures disciplinaires relatives à l’hérésie.
a) Impossibilités du jugement
Un premier point est à noter, montrant la limite de la bulle de Paul IV et l’incompétence du droit face à l’hérésie d’un Pape, c’est que si cette bulle a été rangée et utilisée comme source (fontes) dans la rédaction de quinze articles du droit canon, aucun de ces canons n’est relatif à la déchéance éventuelle d’un Pape pour cause d’hérésie, ceci faisant que l’invalidation d’une élection pontificale pour cause d’hérésie, voire même de sa déposition après son élévation sur le trône de Pierre – ce que laisse entendre le § 6 de Cum ex Apostolatus – ne se retrouve à aucun endroit du Code de droit canon, chose qui n’est d’ailleurs pas surprenante puisqu’il est évidemment impossible que des règles disciplinaires prennent autorité sur le droit divin, par définition intemporel et universel, dont relève l’élection pontificale. [5]

Il est impossible que des règles disciplinaires
prennent autorité sur le droit divin.
Mais, s’agissant de cette hérésie dont pourrait se rendre coupable un Pontife, il convient cependant de savoir que « l’Église doit et ne peut juger de l’intention qu’en tant que celle-ci est extérieurement manifestée » (Apostolicœ curœ, 13-IX-1896 ; DS 3318), et faire la preuve de cette intention – les procès instruits par l’ex Saint Office ayant leurs règles strictes – est chose extrêmement complexe, sachant que l’éventuelle hérésie, reconnue et constituée d’un Pontife qui aurait été élu, est loin de pouvoir être clairement établie, d’autant plus à partir du jugement privé s’appuyant sur un prétendu « constat » d’hérésie chez les Papes provenant de fidèles, voire même de clercs, les uns et les autres totalement dépourvus d’une quelconque qualification en matière de théologie dogmatique, soumis à la faiblesse et à la totale incompétence de leurs évaluations subjectives, et surtout dénués de la moindre autorité à l’égard de la discipline ecclésiastique – sauf, ce qui est une folie, s’ils prétendent vouloir s’ériger en juge d’un Pape de l’Eglise élu par le conclave au sein d’un imaginaire tribunal personnel édifié de leurs propres mains, à l’image des disciples de Luther adeptes du « libre examen ».
IV. Le vicaire de Jésus-Christ n’est soumis à aucune juridiction humaine
De ce fait, il est donc formellement impossible et strictement interdit à un catholique, quel que soit son rang dans l’Eglise, d’édicter, soutenir et proclamer un jugement en hérésie à l’encontre d’un Pape, même si l’autorité venait, de par une situation exceptionnelle, à être défaillante.
Analysant ces difficultés, Naz expose donc ceci :
« Résumons… l’explication que les meilleurs théologiens et canonistes ont donnée à cette difficulté (Bellarmin, De Romano Pontifice, l. II, c.30; Bouix, De papa, t. II, Paris, 1869, p. 653; Wernz-Vidal, Jus Decretalium, l. VI, Jus poenale ecclesiae catholicae, Prati, 1913, p. 129). Il ne peut être question de jugement et de déposition d’un pape dans le sens propre et strict des mots. Le vicaire de Jésus-Christ n’est soumis à aucune juridiction humaine. Son juge direct et immédiat est Dieu seul. Si donc d’anciens textes conciliaires ou doctrinaux semblent admettre que le pape puisse être déposé, ils sont sujets à distinction et rectification. Dans l’hypothèse, invraisemblable d’ailleurs, où le pape tomberait dans l’hérésie publique et formelle, il ne serait pas privé de sa charge par un jugement des hommes, mais par son propre fait, puisque l’adhésion formelle l’exclurait du sein de l’Eglise. » (R. Naz, Dict. de Droit Canonique, t. IV, col. 1159).

“Il ne peut être question de jugement
et de déposition d’un pape
dans le sens propre et strict des mots.”
Voilà qui est fort intéressant, car sont clairement édictés deux principes fondamentaux :
« Le vicaire de Jésus-Christ n’est soumis à aucune juridiction humaine » et « Si donc d’anciens textes conciliaires ou doctrinaux semblent admettre que le pape puisse être déposé, ils sont sujets à distinction et rectification », il appert surtout cette vérité extraordinaire et essentielle au cas d’une hérésie du Pontife : « [il] ne serait pas privé de sa charge par un jugement des hommes, mais par son propre fait, puisque l’adhésion formelle l’exclurait du sein de l’Eglise. » (R. Naz, Dict. de Droit Canonique, ibid.).
V. Le Pape, même hérétique, reste « matériellement » Pape
Mais qu’est-ce qu’être privé de sa charge « de son propre fait », toujours en cas d’hérésie publique et formelle, si seul Jésus-Christ a autorité sur le Pape ? En réalité c’est ne pas perdre visiblement cette charge. Pourquoi ? Tout simplement parce que perdre sa charge en l’absence de toute possibilité que soit émise une sentence déclaratoire et exécutoire – aucun tribunal existant n’étant qualifié pour prononcer une telle sentence et aucune autorité n’ayant la compétence nécessaire pour effectuer la déposition d’un Pape – implique que le Pape, même hérétique, reste donc « matériellement » Pape.
Le cardinal Billot explique ainsi cette distinction entre la forme et la matière :
«La succession formelle, est distincte de la succession purement matérielle qui est compatible avec l’absence de l’apostolicité. La succession matérielle consiste en la nue occupation du siège par une série continue d’évêques. La succession formelle au contraire ajoute l’identité permanente de la même personne publique, de sorte que malgré la multiplicité des titulaires, un changement substantiel n’interviendra jamais dans l’exercice et dans, l’attribution de l’autorité. » (Cardinal Louis Billot, De Ecclesia Christi, Roma Università Pontificia Gregoriana 1927, p. 262).
Conclusion
En conséquence de quoi, pour être clair, si le Pape venait à embrasser l’hérésie, ce serait le Christ Lui-même qui « opèrerait » invisiblement la séparation entre la succession formelle et la succession matérielle dans le Pontife, de sorte que matériellement en effet, celui-ci resterait bel et bien en apparence Pape.

Le Pape reste visiblement Pape élu de « droit divin »
De la sorte, hérétique ou pas, le Pape reste visiblement Pape élu de « droit divin » par le conclave, et rien ni personne en ce monde ne peut cesser, de par sa décision individuelle, de ne plus le reconnaître comme Pontife légitime de l’Eglise. Ce principe ne peut souffrir aucune contestation de la part d’un catholique. Simplement, l’union de la forme et de la matière dans le Pontife étant l’oeuvre du Christ, alors, si besoin est, et seulement en ce cas, le même Christ sépare ce qu’il a uni et distingue, par un acte mystérieux et invisible, les deux éléments qu’il avait joints. Et cette opération secrète, aucun fidèle, nulle autorité humaine, pas même un tribunal de l’Eglise, ne peut l’effectuer, ou la déclarer publiquement déjà réalisée et accomplie, en se substituant de manière sacrilège à Dieu. Voilà la seule, l’authentique et unique règle de la sainte discipline catholique qu’il convient de respecter pour ne pas tomber sous le coup de l’anathème qui menace ceux qui nient que «de droit divin saint Pierre a, et pour toujours, des successeurs dans sa primauté sur l’Eglise universelle » (Pastor Aeternus, Vatican I), et être déclaré concrètement, objectivement et à bon droit schismatique, se plaçant hors de l’Eglise du Christ.
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Notes.
1. Paul IV, d’un caractère ombrageux et vindicatif, dès qu’il fut élu pape, prit des décisions controversées qui déplurent fortement à Rome, faisant cardinal secrétaire d’État l’un de ses neveux, Carlo Carafa, un condottiere à la morale plus que discutable et douteuse, tandis qu’un autre neveu, Giovanni Carafa, aventurier brutal aux mœurs dissolues, fut promu capitaine général de l’Église, et reçu le titre prestigieux de duc de Paliano. La fin des ces deux personnages fut tragique, puisque les historiens rapportent que dix jours après la mort de Paul IV, le duc de Paliano fit assassiner son épouse, enceinte des œuvres d’un homme appartenant au sommet de la hiérarchie de la curie romaine, avec l’approbation de son frère Carlo Carafa, le cardinal secrétaire d’État. Pour ce crime absolument odieux, Pie IV les fit passer en jugement, le cardinal secrétaire d’État fut étranglé au château Saint-Ange et le duc décapité.
2. Il est vital de conserver en permanence à l’esprit que la primauté de l’acte infaillible du conclave est bien au-dessus d’une bulle disciplinaire dont la portée et l’autorité sont singulièrement inférieures à celle du « droit divin » dépendant directement de la Révélation puisque institué par Jésus-Christ lorsqu’il confia les clefs de son Eglise à sain Pierre. Il ne convient donc pas de conférer à la bulle de Paul IV un caractère de prééminence qu’elle n’a pas, et auquel elle ne peut prétendre à l’égard des lois canoniques générales manifestant le « droit divin » qui relèvent directement de l’infaillibilité. Cette bulle est de ce fait simplement disciplinaire, et non pas doctrinale, son utilisation dans le code de droit canon de 1917, porte d’ailleurs sur des sujets relatifs à la discipline et, ce qui est paradoxal, lorsqu’est abordée par deux fois la question du Pape en référence à cette bulle dans le code de droit canon, c’est pour montrer la prééminence et la supériorité absolue du Pontife précisément sur le droit :
- Canon 218, § 1 (référence au § 1 de Paul IV): « Le pontife romain, successeur du primat de St. Pierre, a non seulement un primat d’honneur, mais aussi la suprême et pleine puissance de juridiction sur l’Église universelle, concernant la foi et les mœurs, et concernant la discipline et le gouvernement de l’Église dispersée sur tout le globe ».
- Canon 1556 (§ 1 de Paul IV) : « Le premier Siège n’est jugé par personne».
3. Constitution Apostolique, Vacantis Apostolicae Sedis, titre II, ch. I, § 34, 8 décembre 1945. Il est tout à fait intéressant de relever que la note 27 du § 34 de la Constitution Apostolique, Vacantis Apostolicae Sedis, qui suit la phrase : « elles conserveront leurs effet pours tout le reste », ne fait aucunement mention de la bulle de Paul IV, mais se réfère à des documents disciplinaires édictés par d’autres Papes : « Clément V, ch. 2, Ne Romani, § 4, de elect. 1, 3, in Clem. ; Pie IV, const. In eligendis, S 29 ; Grégoire XV, const. Aeterni Patris, § 22 »
4. Voici ce que précise exactement Vacantis Apostolicae Sedis : « § 100. Après l’élection canoniquement faite, le dernier cardinal diacre convoque dans la salle du conclave le secrétaire du Sacré Collège, le préfet des cérémonies apostoliques et deux maîtres des cérémonies. Alors le consentement de l’élu doit être demandé par le cardinal doyen, au nom du Sacré Collège en ces termes : « Acceptes-tu l’élection qui vient d’être faite canoniquement de ta personne comme Souverain Pontife ?» (Léon XIII, const. Praedecessores Nostri). § 101. Ce consentement ayant été donné dans un espace de temps qui, dans la mesure où il est nécessaire, doit être déterminé par le sage jugement des cardinaux à la majorité des votes, l’élu est immédiatement vrai pape, et il acquiert par le fait même et peut exercer une pleine et absolue juridiction sur l’univers entier. (Code de Droit canon, can. CIS 219). Dès lors, si quelqu’un ose attaquer des lettres ou décisions concernant n’importe quelles affaires, émanant du Pontife romain avant son couronnement, Nous le frappons de la peine d’excommunication à encourir ipso facto. (Clément V, ch. 4, De sent, excomm., 5, 10, in Extravag. comm.). »
5. Ce qui est à remarquer, et ce à quoi on sera attentif, c’est que l’ensemble des quinze citations de la bulle de Paul IV contenues dans le recueil des Sources du code de droit canonique, n’ont strictement aucun rapport avec le cas d’un Pape qui a été élu légitimement par le Conclave, rendu saint selon Grégoire VII. Examinons en effet les canons qui s’appuient sur la bulle de Paul IV, nous y découvrons des choses fort intéressantes :
Canon 167 (référence en bas de page au § 5 de la bulle de Paul IV): « Ne sont pas habilités à élire [...] 4° ceux qui ont donné leur nom à une secte hérétique ou schismatique ou qui y ont adhéré publiquement ».
QUESTION : Quel rapport avec le cas d’un élu légitimement Pape ?
REPONSE : Aucun.
Canon 373, § 4 (référence au § 5 de Paul IV): « Le chancelier et les notaires doivent avoir une réputation sans tache et au-dessus de tout soupçon ».
QUESTION : Quel rapport avec le cas d’un élu légitimement Pape ?
REPONSE : Aucun.
Canon 1435 (§ 4 et 6 de Paul IV): (concerne la privation des bénéfices ecclésiastiques ou encore la nullité des élections aux bénéfices).
QUESTION : Quel rapport avec le cas d’un élu légitimement Pape ?
REPONSE : Aucun.
Canon 1657, § 1 (§ 5 de Paul IV): « Le procureur et l’avocat doivent être catholiques, majeurs et de bonne renommée; les non-catholiques ne sont pas admis, sauf cas exceptionnel et par nécessité ».
QUESTION : Quel rapport avec le cas d’un élu légitimement Pape ?
REPONSE : Aucun.
Canon 1757, § 2(§ 5 de Paul IV): « Sont à récuser comme étant des témoins suspects: 10 les excommuniés, patjures, inrnmes, après sentence déclaratoire ou condamnatoire ».
QUESTION : Quel rapport avec le cas d’un élu légitimement Pape ?
REPONSE : Aucun.
Canon 2198 (§ 7 de Paul IV): « Seule l’autorité ecclésiastique, en requérant parfois l’aide du bras séculier, là où elle le juge nécessaire ou opportun, poursuit le délit qui, par sa nature, lèse uniquement la loi de l’Église; les dispositions du canon 120 restant sauves, l’autorité civile punit, de droit propre, le délit qui lèse uniquement la loi civile, bien que l’Église reste compétente à son égard en raison du péché; le délit qui lèse la loi des deux sociétés peut être puni par les deux pouvoirs ».
QUESTION : Quel rapport avec le cas d’un élu légitimement Pape ?
REPONSE : Aucun.
Canon 2207 (mention dans l’index des Fontes; ce canon correspond, à notre avis, au § 1 de Paul IV): « Le délit est aggravé entre autres causes: 10 par la dignité de la personne qui commet le délit ou qui en est la victime; 20 par l’abus de l’autorité ou de l’office dont on se servirait pour accomplir le délit ».
QUESTION : Quel rapport avec le cas d’un élu légitimement Pape ?
REPONSE : Aucun.
Canon 2209, § 7 (§ 5 de Paul IV): « L’éloge du délit commis, la participation au profit, le fait de cacher et de recéler le délinquant, et d’autres actes postérieurs au délit déjà pleinement consommé peuvent constituer de nouveaux délits, si la loi les frappe d’une peine; mais, à moins d’un accord coupable avant le délit, ils n’entraîntent pas l’imputabilité de ce délit » QUESTION : Quel rapport avec le cas d’un élu légitimement Pape ?
REPONSE : Aucun.
Canon 2264 (§ 5 de Paul IV): « Tout acte du juridiction, tant du for interne que du for externe, posé par un excommunié est illicite; et s’il y a eu une sentence condamnatoire ou déclaratoire, l’acte est même invalide…», Canon 2294 (§ 5 de Paul IV): « Celui qui est frappé d’une infamie de droit est irrégulier, conformément au canon 984, 5°; de plus, il est inhabile à obtenir des bénéfices, pensions, offices et dignités ecclésiastiques, à exercer les actes légitimes ecclésiastiques, un droit ou un emploi ecclésiastique, et enfin il doit être écarté de tout exercice des fonctions sacrées ».
QUESTION : Quel rapport avec le cas d’un élu légitimement Pape ?
REPONSE : Aucun.
Canon 2314, § 1 (§ 2, 3 et 6 de Paul IV): « Tous les apostats de la foi chrétienne, tous les hérétiques ou schismatiques et chacun d’eux: 1 ° encourent par le fait même une excommunication; 2° à moins que, après avoir été avertis, ils se soient repentis, qu’ils soient privés de tout bénéfice, dignité, pension, office ou autre charge, s’ils en avaient dans l’Église, qu’ils soient déclarés infâmes et, s’ils sont clercs, après monition réitérée, que l’on les dépose; 3° s’ils ont donné leur nom à une secte non-catholique ou y ont adhéré publiquement, ils sont infâmes par le fait même et, en tenant compte de la prescription du canon 188, 4°, que les clercs, après une monition inefficace, soient dégradés ».
QUESTION : Quel rapport avec le cas d’un élu légitimement Pape ?
REPONSE : Aucun.
Canon 2316 (§ 5 de Paul IV): « Celui qui, de quelque façon que ce soit, aide spontanément et sciemment à propager 1‘hérésie, ou bien qui communique in divinis [qui assiste à un culte non-catholique] avec les hérétiques contrairement à la prescription du canon 1258, est suspect d’hérésie ».
QUESTION : Quel rapport avec le cas d’un élu légitimement Pape ?
REPONSE : Aucun.
Deux canons en réalité seulement sur les quinze ont un rapport direct avec le Pontife. Et ils sont importants car confirmant ce que nous ne cessons de souligner.
Voici le premier :
Canon 218, § 1 (référence au § 1 de Paul IV): « Le pontife romain, successeur du primat de St. Pierre, a non seulement un primat d’honneur, mais aussi la suprême et pleine puissance de juridiction sur l’Église universelle, concernant la foi et les mœurs, et concernant la discipline et le gouvernement de l’Église dispersée sur tout le globe »
Et le suivant
Canon 1556 (§ 1 de Paul IV): « Le premier Siège n’est jugé par personne ».
QUESTION : Quel rapport avec le cas d’un élu légitimement Pape ?
REPONSE : Un rapport important, car le premier explique la prééminence absolue du Saint Père sur l’ensemble de l’Eglise en tous domaines, et le second explique que nulle autorité n’étant qualifiée pour juger le Souverain Pontife en ce monde – puisqu’il ne dépend que du Christ – faute de pouvoir être jugé, il reste donc, s’il advenait qu’il tombe dans l’erreur ou l’hérésie, vrai et légitime Pape de l’Eglise.
On peut en conclure que les canonistes ne se sont donc pas trompés, bien au contraire, et ont utilisé, dans les cas où elle pouvait avoir un intérêt, cette bulle disciplinaire, montrant bien, dans leur utilisation limitée au simple droit disciplinaire, qu’elle est sans effet sur le droit divin Il est de ce fait très intéressant de souligner que la seule disposition invalidant l’élection qui pourrait se comprendre car ce crime est impardonnable (même si, une fois encore, il faudrait pouvoir établir la preuve formelle avant toute décision, que l’élection a été obtenue par une méthode faussée ce qui pourrait être un motif réel d’invalidation en effet), énoncée par Jules II, dans sa bulle « Cum tam divino » (14 janvier 1503), concerne le crime de simonie : « 1. Absolument nulle l’élection qui serait faite par simonie – même si elle résulte du consentement de tous les cardinaux« , cette précision de Jules II : même si elle résulte du consentement de tous les cardinaux est d’ailleurs fondamentale pour le sujet qui nous occupe car montrant, une fois de plus, la valeur suprême, essentielle et incontestable de l’acte de reconnaissance universelle de l’Eglise lors de l’élection du Pontife. La doctrine de l’Église est de ce fait formelle : un élu qui sort légitimement d’un Conclave valide dont il a accepté l’élection, reconnu comme pape par l’Église Universelle par son acte doté de l’infaillibilité divine, est « vrai pape » (Pie XII, Vacantis Apostolicae Sedis), authentique Vicaire du Christ, récipiendaire capital et immédiat de l’infaillibilité de l’Église.

Lire :
La Papauté de droit divin
L’Eglise Catholique est l’Eglise du Christ

« les Portes de l’Hadès ne prévaudront jamais contre l’Eglise. »
(Matthieu XVI, 18)
Nous revenons, une fois encore, mais le sujet est fondamental, sur la question de la nature de l’Eglise et la manière dont s’exerce l’infaillibilité en son sein, tant ces points conditionnent chez les fidèles la possibilité d’observer une juste positon dans la période de crise que traverse la sainte institution fondée par Jésus-Christ, ou de s’engager, hélas ! dans une voie schismatique dramatique, voie qui les éloigne de la foi catholique, et qui de plus divise, disperse et conduit l’Eglise à sa ruine.
Il est donc vital, pour le salut des âmes, de préciser les critères qui fondent en doctrine une attitude conforme à ce qui fut depuis toujours enseigné par les saints et les docteurs, et ce qui, au contraire, relève des aberrations subjectivistes absolument fautives, erronées et inexactes, qui prospèrent comme une véritable maladie mortelle et qui après avoir fait surgir au cours des siècles une infinité de sectes diverses devenues les ennemis furieuses de Rome, dominent aujourd’hui au sein des diverses chapelles sédévacantistes.
I. Le Magistère ordinaire authentique n’a pas « nécessairement » mais « possiblement » infaillible
S’enfermant dans une folle logique perverse, la thèse sédévacantiste considère que chaque fois que Rome s’exprime, en matière de foi, de mœurs ou de discipline, elle est automatiquement, pleinement et toujours infaillible. Cette conception, qui fait dire aux partisans de la vacance du Saint-Siège qu’il est donc impossible à l’Eglise d’avoir pu soutenir des propositions contestables, audacieuses ou modernistes lors du dernier concile de Vatican II, sous peine de ne plus pouvoir être l’Eglise, est fausse car elle relève d’une conception très imparfaite et entièrement inexacte de la manière dont s’exerce l’infaillibilité. Ainsi on argue dans ces milieux schismatiques, de façon erronée, que pour que le Magistère ne soit pas infaillible il faudrait que ce Magistère ou bien ne soit pas catholique ou bien qu’il ne soit pas authentique. Or les deux affirmations sont gravement partielles, aboutissant pour ceux qui s’y laissent prendre à ce qu’ils ne reconnaissent plus l’Eglise et la déclare, avec une ahurissante conviction, « éclipsée ».
Pourquoi cette erreur est-elle si répandue ? Parce que ce raisonnement trompeur ne respecte pas la distinction nécessaire entre le Magistère ordinaire conditionnellement infaillible et le Magistère extraordinaire pleinement infaillible.

Le Magistère ordinaire est “conditionnellement” infaillible
a) La non coïncidence entre Magistère ordinaire et Magistère infaillible
Les « canons de Saint Vincent de Lérins » précisent que lorsqu’une chose est crue dans l’Église depuis toujours, par tous et partout, elle est réputée infaillible, c’est l’infaillibilité du magistère ordinaire, mais la mention « depuis toujours » exclut de son champ d’application toutes les nouveautés conciliaires, post-conciliaires, si les évêques conciliaires sont aujourd’hui d’accord avec un enseignement nouveau cela n’est donc pas suffisant pour donner à celui-ci un caractère infaillible. De la sorte, l’orthodoxie d’une doctrine, et de nombreux enseignements furent formulés qui n’étaient pas une simple répétition ou un approfondissement des vérités de la Révélation au cours des siècles, provient de sa conformité à l’enseignement constant de l’Église ; c’est la condition sine qua non de validité tant d’un Concile que de l’enseignement des Papes. Ce principe manifeste de façon limpide la « mens catholica » : l’autorité est au service de la vérité; elle est un moyen pour que la vérité soit communiquée. L’autorité, autrement dit, ne crée pas la vérité, elle la reconnaît, la garde et l’enseigne. Cependant, bien que la défaillance de l’Autorité soit inhabituelle, de rares précédents montrent qu’elle est parfois possible, et la situation actuelle de l’Eglise depuis Vatican II en est un cas de figure exemplaire, après d’autres qui furent non moins inquiétantes [1].
Il importe d’insister sur le fait qu’un enseignement du Pape, ou d’un Concile, n’entraîne pas ipso facto une obéissance inconditionnelle : « celle-ci dépend et est proportionnée à l’intention avec laquelle le Magistère entend engager son autorité. » (I. Salaverri, Sacrae Theologiae Summa, cit., t.I, tr. III, I.II, § 637, p. 578). C’est ce que confirme le cardinal Journet : « Le degré avec lequel le Magistère s’exprime dépend donc encore une fois de la volonté, de l’intention du Pape et des Évêques unis à lui. Il n’y a pas de coïncidence définitive entre Magistère extraordinaire et Magistère infaillible. » (Cf. C. Journet, L’Église du Verbe Incarné, p. 531).

« Il n’y a pas de coïncidence définitive
entre Magistère extraordinaire et Magistère infaillible. »
Cardinal Charles Journet (1891-1975)
Si donc il n’y a pas coïncidence constante et définitive, cela veut dire qu’il peut y avoir des cas, certes exceptionnels, et Vatican II en est un, où un acte du Magistère ordinaire authentique ne possède pas la note de l’infaillibilité. A cet égard, puisque telle fut la volonté de ses promoteurs (Jean XXIII et Paul VI),Vatican II est un acte du Magistère authentique non infaillible, guidé, de surcroît, par des évêques non éminents « amore et studio doctrinae ab Apostolis traditae ac pari detestatione mnis novitatis » (Franzlin, De Divina Traditione, thèse IX), car « si viennent à manquer l’amour et la fidélité envers l’ancien, l’Esprit de Vérité empêche, par une assistance purement négative, qu’une définition erronée ne soit proclamée par le Magistère infaillible ». (Cf. D.T.C., t. VI, col. 162).
II. La règle de l’infaillibilité c’est la Tradition
Or voici une distinction capitale : certains de ces pouvoirs sont infaillibles, les autres ne le sont pas ; ils sont donc… faillibles. Pour que l’Église ait une base certaine, une continuité et une perpétuelle unité dans la fidélité au Seigneur Jésus-Christ, il faut que les actes essentiels des Pasteurs de l’Église soient nécessairement et indubitablement efficaces, suivis de leurs effets divins. Ces actes relèvent de Pouvoirs infaillibles, assistés inconditionnellement par l’Esprit-Saint. Les autres présentent une grande contingence et dépendent aussi bien de la fragilité de l’homme que de l’assistance de l’Esprit de Dieu ; ils émanent de Pouvoirs moindres, où doit s’opérer un discernement.

Seul le Magistère extraordinaire ou solennel est,
strictement et pleinement infaillible.
L’Église en sa croyance unanime est infaillible, mais le Magistère ordinaire est conditionnellement infaillible. Si l’on veut bien considérer comme caractéristique de cet enseignement autorisé, qu’on appelle magistère commun ou ordinaire, d’être en tout l’écho de la tradition unanime de l’Église, il paraît bien qu’il jouit, lui aussi et de ce fait, de l’infaillibilité. En revanche, s’il advient que le Pape ou les Évêques, même dans leur enseignement “authentique”, enseignement donné par eux en vertu de leur fonction, avec l’autorité de leur rang, en viennent à proférer quelque nouveauté ou quelque opinion discutée, pareille doctrine ne peut être considérée comme relevant du Magistère ordinaire. Elle ne présente alors aucune garantie d’infaillibilité. Et c’est la grande infirmité de ce magistère ordinaire de n’être pas séparé par une frontière nette et incontestable du royaume des opinions humaines.
Seul le Magistère extraordinaire ou solennel est, de lui-même, strictement et pleinement infaillible. Et c’est une nécessité pour l’Église. S’il advient que sur tel point de doctrine la tradition ne soit pas claire ni unanime, si une croyance commune est soudain contestée ou même rejetée par certains, alors ceux qui ont tout pouvoir pour conserver et défendre la dépôt dela Révélation seront amenés à trancher la question définitivement par une proclamation en forme indiscutable dela Vérité. L’assistance du Saint-Esprit leur est promise pour de telles décisions. C’est l’infaillibilité du Pape et du Concile dite solennelle, ou encore “ ex cathedra ”. Il faut donc distinguer des degrés dans l’exercice des pouvoirs hiérarchiques. En certains domaines, à certaines conditions précises, l’infaillibilité du Magistère est sûre et entière : c’est pour ainsi dire Dieu même qui parle par le Pape, par le Concile. En d’autres domaines, ou faute de certaines conditions, la défectibilité humaine l’emporte sur l’assistance divine. Même alors, il serait bon et prudent de croire et d’obéir à ceux que l’Esprit-Saint assiste pour qu’ils n’errent pas et procurent le bien des âmes. Cependant, une certaine possibilité subsiste pour les Pasteurs de trahir leurs fonctions et de se tromper eux-mêmes par ignorance, ou de nous tromper et de nous égarer par malice. Pourquoi le taire ?
Le fondement sacré de l’Autorité catholique et la règle de l’infaillibilité, c’est la Tradition. Ce qui lui est étranger demeure suspect, ce qui lui est contraire est faux. Dans le Magistère infaillible, sujet et objet de la Tradition restent distincts : le Magistère infaillible n’est pas source, il a, à son tour, sa source dans l’Ecriture Sainte et dans la Tradition ; nous puisons comme à une source prochaine, au Magistère infaillible de l’Eglise, et le Magistère infaillible, à son tour, puise aux sources lointaines et dernières de la Révélation. Le titre de « Tradition vivante » ne peut donc en aucune façon être attribué au Magistère authentique non infaillible ; l’examen de l’objet proposé par ce dernier à notre croyance est non seulement licite, mais peut même devenir nécessaire. L’Eglise en effet, alors qu’elle exige pour le Magistère infaillible un assentiment ferme, irrévocable, inconditionnel : « demande pour le Magistère authentique un assentiment relatif et conditionné : conditionné, surtout, par la fidélité de l’enseignement proposé au dépôt de la foi » (Salaverri, s.j., De Ecclesia Christ in Sacrae Theologiae Summa, liv. II, p. 658). Et ceci est parfaitement logique : «l’ordre de croire fermement sans examiner l’objet ne peut obliger vraiment que si l’autorité est infaillible » (Cf. Billot, De Ecclesia, t. XVII), et l’Eglise n’a jamais attribué au faillible les droits de l’infaillibilité.
De la sorte, et tous les docteurs le soulignent, contre les thèses inexactes : le Magistère ordinaire n’est pas nécessairement Infaillible, il l’est « conditionnellement », ou possiblement, et entre la possibilité et l’acte, est-il besoin de le rappeler à moins que les schismatiques aient oublié volontairement toutes leurs leçons de scolastique afin de mieux justifier leur position de rupture d’avec l’Eglise, il y a une grande différence.
Ainsi, et contrairement à l’obstination et l’endurcissement de ceux qui en refusent l’application de droit, l’intention de Vatican II, telle que soulignée par Jean XXIII dans le discours d’ouverture Gaudet mater Ecclesia, du 11 octobre 1962, puis Paul VI, est formelle : « Certains se demandent quelle est l’autorité, la qualification théologique qu’a voulu donner à son enseignement un Concile qui a évité de promulguer des définitions dogmatiques solennelles engageant l’infaillibilité du magistère ecclésiastique. […] Etant donné le caractère pastoral du Concile, il a évité de prononcer des dogmes comportant la note d’infaillibilité…» (Paul VI, discours du 12 janvier 1966) [2].
Exiger pour Vatican II, Magistère authentique non infaillible, la nature du Magistère infaillible, constitue une imposture que partagent modernistes et sédévacantistes. C’est attribuer au dernier Concile une autorité qu’il n’a pas. Et si cette note de l’infaillibilité est absente par déclaration positive de ceux qui avait autorité pour la lui donner, par l’effet de quel pouvoir les sédévacantistes comme les modernistes, prétendent-ils la lui conférer cette infaillibilité, ceci en se substituant à l’autorité de l’Eglise, voire à l’Eglise elle-même ? Quelle audacieuse prétention !
Cette attitude est donc fautive, coupable et condamnable, prêchant une conception erronée, mécanique et automatique de l’infaillibilité du Magistère – en contradiction d’avec l’enseignement de l’Eglise – afin de justifier un coupable sédévacantisme. C’est pourquoi, à une logique profondément perverse répond une erreur théologique gigantesque entraînant les partisans de cette conception imparfaite de l’infaillibilité dans le piège catégorique du schisme. Terrible impasse qui les place dans la pire des situations de rupture en raison d’une simple absence d’adhésion à la conception catholique de l’exercice de l’infaillibilité par le Magistère. Leur folie théorique produit un péché mortel conduisant à l’abomination schismatique.
II. La sainteté de l’Eglise malgré ses péchés
Affirmer l’éventuelle possibilité de défaillance du Magistère ordinaire sur le plan disciplinaire, en des cas exceptionnels évidemment mais cependant déjà advenus, n’est pas une position qui serait de nature « hérétique », c’est une position catholique rappelée par les plus grands docteurs de l’Eglise, dont les sentences gênantes sont écartées par les sédévacantistes qui ne veulent pas s’y soumettre, auteurs qui sont pourtant le plus grands docteurs de l’Eglise tels saint Thomas d’Aquin, saint Robert Bellarmin et le cardinal Cajetan.
Leur enseignement est précieux pour nous, car de tout temps et constamment, l’Eglise a eu à lutter contre des ennemis impitoyables, des sectes terribles, des courants hérétiques qui niaient et s’attaquaient à des points importants du Credo tout en menaçant de renverser et détruire l’Eglise (manichéens, gnostiques, ariens, donatistes, cathares, bogomiles, fraticelles, vaudois, modalistes, unitaristes, etc.), et qui oeuvrèrent contre elle, notamment en des périodes difficiles de son histoire qui jamais ne fut en ordre, paisible et irénique (Grand schisme d’Occident, Pornocratie, le siècle de fer, etc.).
a) L’Eglise est divino-humaine.
Divine et sainte, mais également humaine, faible et pécheresse dans ses hommes, l’Eglise, et ceci mérite d’être très sérieusement intégré dans l’esprit possède, comme le Christ, une « double nature ».

« Malgré les faiblesses de ses pontifes, l’Eglise reste sainte. »
(Saint Léon IX, Congratulamur vehementer)
Le pape saint Léon IX, en 1059, dans sa lettre Congratulamur vehementer, après le Xe siècle, siècle de faiblesses humaines et de désordres s’il en fut, un siècle qui probablement a vu la papauté descendre à son niveau le plus bas, à tel point que les historiens lui ont accolé cette épithète qui en dit long : le siècle de fer, dans le contexte de la lutte entre le sacerdoce et l’Empire, le pape saint Léon IX réaffirmera cette donnée de l’Evangile : malgré les faiblesses de ses pontifes, l’Eglise reste sainte. 150 ans plus tard, en 1208, le pape Innocent III dans sa lettre Ejus exemplo contre les hérétiques vaudois le redira également; vaudois qui sont les premiers réformateurs de l’histoire, ancêtres des protestants et des sédévacantistes en ce qu’ils se sont scandalisés trop vite et ont trop rapidement considéré que Rome était le siège de l’Antichrist [3].

« Le Siège de Pierre est saint,
la hiérarchie de l’Eglise catholique est une institution divine,
elle est sainte parce que son fondateur est saint. »
(Pie IV, Profession de foi)
Vers la fin du siècle, c’est le second concile de Lyon, en 1274, qui sous le pape Grégoire X, face aux Grecs schismatiques de Byzance, proclamera cette vérité de la sainteté de l’Eglise catholique. Le concile précisa que la sainteté ne pouvait pas se trouver ailleurs que dans la véritable Eglise, l’Eglise catholique ; et donc elle ne pouvait pas se trouver dans le schisme. Le concile de Trente avecla Profession de foi publiée par le pape Pie IV en 1564, alors que Luther avait injurié les catholiques en disant que le Siège de Pierre, le Siège de l’évêque de Rome était le siège de l’Antéchrist, le pape répondit en maintenant cette affirmation : le Siège de Pierre est saint, la hiérarchie de l’Eglise catholique est une institution divine, elle est sainte parce que son fondateur est saint. Et elle a les promesses de la vie éternelle. De même le concile Vatican I sous le pape Pie IX en 1870, face au péril grandissant du rationalisme et de l’immanentisme, réaffirma lui aussi cette donnée essentielle : Il y a deux ordres essentiellement distincts, l’ordre naturel et l’ordre surnaturel. Et au sein de ce deuxième ordre, c’est l’Eglise qui constitue l’intermédiaire obligé pour qui veut entrer en relation avec Dieu.

« Le Christ lui-même qui fut celui qui t’a formée
est aussi celui qui va te réformer, il est ton réformateur ».
(Saint Augustin, Enarratio in Psalmum 103, sermo 1, § 4).
Saint Augustin affectionnait cette idée que l’Eglise – comme l’âme individuelle – est par elle-même laide et pécheresse. Dès qu’elle confesse ses péchés, elle commence à devenir belle par l’action de Celui qui est la Beautémême. Nous avons même un texte de saint Augustin (cf. 1er discours sur le psaume 103) où il est dit explicitement que le Christ qui a fondé l’Eglise est sans cesse en train de réformer l’Eglise ; c’est en quelque sorte l’idée d’une réforme permanente qui est suggérée par saint Augustin : « Ipse enim reformator tuus qui fuit formator tuus – le Christ lui-même qui fut celui qui t’a formée est aussi celui qui va te réformer, il est ton réformateur ». (Enarratio in Psalmum 103, sermo 1, § 4).
III. L’Eglise pécheresse est purifiée par l’action incessante du Christ
La Bible nous présente un certain nombre d’exemples de femmes vivant dans l’impureté mais qui ont été choisies par Dieu et qui ont été purifiées à la suite de ce choix. Les Pères de l’Eglise vont y voir la figure de l’Eglise, Eglise pécheresse et purifiée de son péché par l’action incessante du Christ.
• Rahab, la femme de mauvaise vie de Jéricho qui reçut et sauva les éclaireurs d’Israël dépêchés par Josué et qui mérita à cause de cela d’être elle-même sauvée de l’anathème et justifiée : pour Origène, c’est l’image de l’Eglise qui comme Rahab a été tirée du paganisme et de l’idolâtrie.
• La fille des Philistins, Dalila, elle aussi idolâtre et pour autant courtisane que Samson va prendre pour épouse : saint Augustiny discerne un symbole, et c’est celui de l’Eglise.
• Thamar dont l’histoire est si étrange pour nous, voici cette épouse de péché, cette femme pécheresse ; le prophète Osée reçoit l’ordre de la prendre pour femme, et l’ordre vient de la part de Dieu : saint Jérômedit que cette femme annonce l’Eglise.
• Enfin, sainte Marie-Madeleine : saint Ambroise y voit le type de l’Eglise, l’Eglise qui à travers la figure de sainte Marie-Madeleine a bien pu prendre les dehors d’une pécheresse, tout comme le Christ a pris les dehors d’un pécheur.
Et finalement, l’idée qui ressort en clair de tous ces symboles, c’est bien l’idée que saint Paul exprime dans le chapitre 5e de l’épître aux Ephésiens :

« L’Eglise a été choisie pécheresse,
et c’est le Christ son Epoux qui la purifie de ses souillures ». [4]
« Je suis venu appeler les pécheurs et non les justes »
(Luc V, 32)
Il y a donc une tradition ininterrompue : un enseignement constant au cours des siècles qui sans cesse rappelle cette vérité de foi : la sainteté de l’Eglise. Et même le très problématique concile Vatican II, lui aussi, va réaffirmer cette idée : l’Eglise est indéfectiblement sainte, cela est affirmé en particulier dans Lumen gentium dès le début du chapitre V. [5]

« Toute l’Eglise est l’Eglise des pénitents,
toute l’Eglise est l’Eglise de ceux qui périssent ».
(Saint Ephrem, Paraenetica 38)
En 1537, une commission de cardinaux et de prélats adressant au pape Paul III un mémoire sur la réforme de l’Eglise reprit également les expressions de l’Ecriture pour dénoncer la responsabilité des membres de la hiérarchie : « C’est par nous que le nom du Christ est blasphémé parmi les Nations ». Plus près de nous, les papes de ces deux derniers siècles n’ont pas hésité à rappeler cette même idée de la présence du péché dans l’Eglise. Le pape Pie IX soulignera la présence de nombreux membres qui ne sont pas saints dans l’Eglise. Pie XI dans l’encyclique Mit brennender Sorge de 1937 écrivait : « La mission divine de l’Eglise qui s’exerce par des hommes et doit s’exercer par des hommes peut être douloureusement obscurcie par l’humain, trop humain, qui par moments foisonne et revient sans cesse comme de la mauvaise herbe dans le froment du Royaume de Dieu ». Enfin, Pie XII lui aussi rappellera à plusieurs reprises cette vérité : « les pécheurs font partie de l’Eglise et le péché en quelque sorte souille malheureusement les membres de ce Corps mystique; il projette comme des zones d’ombre parmi les fils de lumière. » (Mystici corporis, § 1024 ; Radio-message de Pâques aux fidèles du monde entier, 6 avril 1958).
IV. La résistance face à la nouveauté est un devoir
Cette situation de souillure des membres du Corps mystique, fait qu’en dehors de son enseignement ex cathedra, et en dehors de son enseignement ordinaire, quand il cesse de répéter ce que la tradition unanime tient pour révélé, et donc quand il parle comme théologien privé, un pape peut tomber dans l’hérésie.
Cette possibilité – sans laquelle il serait comme Dieu – est depuis toujours connue et professée par l’Église. Un canon du Décret de Gratien en fait mention explicite. Or, si le Décret est une compilation de formules canoniques datée de 1119, ce canon remonte à une beaucoup plus haute antiquité ; il sera sans cesse confirmé par un usage constant dans la suite des temps. Chose curieuse, et il fut citer cent fois ces dernières années, mais toujours amputé de ses derniers mots, qui en limitent la portée et en changent précisément tout le sens : « Que nul mortel n’ait l’audace de faire remontrance au pape pour ses fautes ; car il ne peut être jugé par personne celui qui doit juger tous les hommes, EXCEPTÉ S’IL EST REPRIS POUR AVOIR DÉVIÉ DE LA FOI. » (…) Or l’affirmation claire que le Pape peut être repris par quiconque dans ce seul et unique cas, à savoir quand il est suspecté d’avoir « dévié de la foi », cette affirmation est corroborée par Innocent III, Innocent IV, Grégoire IX, etc.
Et cette reprise, autorisée par le Décret Gratien, est exercée par les tenants dela Tradition.Voilàpourquoi ce réalisme à propos des possibles errances des pontifes, a conduit les saints docteurs à encourager les fidèles à la résistance face à l’erreur. En ces périodes pénibles, il convient que ceux attachés à la foi authentique ne se soumettent pas à l’autorité qui ne soutient pas les vérités anciennes. Et cette résistance est un devoir.
Encore une fois, saint Robert Bellarmin – et avec lui Cajetan – parlent bien de “résister” aux erreurs doctrinales d’un pape tout en continuant à le considérer véritablement pape, puisque l’un et l’autre font valoir qu’en cas d’erreur et même d’hérésie, le pape reste pape [6] :
« L’homme n’est pas tenu d’obéir au pape quand ce que celui-ci commande est contraire à la loi de Dieu, et même dans quelques autres cas. Lorsque le commandement d’un homme est manifestement contraire à la loi de Dieu, c’est un devoir de lui désobéir (… ) les docteurs indiquent les remèdes suivants : avoir recours à Dieu par l’oraison, admonester ledit pape avec tout respect et révérence, n’obéir point à ses commandements notoirement injustes, et enfin lui résister, et empêcher qu’il ne fasse le mal projeté. » (Saint Robert Bellarmin, De Romano Pontifice, II, 29). « La papauté et Pierre sont comme « matière » et « forme » et seul Jésus-Christ a pouvoir sur leur union…et pour cette raison lui seul peut mettre des limites et établir la puissance du Pape. Un Pape qui est devenu hérétique incorrigible n’est pas automatiquement destitué … l’Eglise n’a pas puissance sur la Papauté, (…) il faut dire que, quand Pierre, devenu hérétique incorrigible est déposé par l’Eglise, il est jugé et déposé par une puissance supérieure non à la Papauté mais à l’union entre la Papauté et Pierre.» (Cajetan, De Comparatione Auctoritatis Papæ et Concilii, c. XX .1511).
Cette résistance est étendue à l’ensemble des fidèles, comme le soutient saint Thomas :
« Si la foi est en danger, un sujet pourrait réprimander son prélat, même publiquement. » (Som. Th., IIa IIae, Qu. 33, article 4, ad2).
V. Réformer l’Eglise pour la ramener à la foi
L’oraison de la fête du 13 janvier,
la fête du baptême de Notre-Seigneur,
demande la grâce de la « Réforme »
Remettre l’Eglise en forme donc, tel est le sens premier du mot. Et c’est justement la grâce qui est demandée dans l’oraison de la fête du 13 janvier, la fête du baptême de Notre-Seigneur. Le mot s’y trouve : « reformari = reformer, réformer ». Nous demandons la grâce d’être intérieurement réformés. Et l’épisode que la liturgie célèbre en ce jour constitue à lui seul tout un symbole : l’Agneau sans tache, sans péché reçoit le baptême qui efface les péchés. Et donc aussi (c’est le sens de cette image) il y a une Eglise qui se réforme et qui pourtant reste une Eglise sainte ; c’est une Eglise dont il faut sans cesse extirper le péché et qui pourtant n’est pas pécheresse.
Comment peut-on affirmer les deux : l’Eglise se purifie du péché et pourtant l’Eglise est sainte, l’Eglise n’est pas pécheresse ? Ces deux affirmations ne sont pas contradictoires, elles sont vraies unies, non séparées, elles forment une semblable vérité.
Il y a la sainte Réforme, la vraie Réforme : réforme au sens du pape saint Grégoire VII, réforme grégorienne des XIe et XIIe siècles. Réforme qui n’entame pas la sainteté de l’Eglise. Et il y a aussi la prétendue réforme des réformateurs du XVIe siècle, la Réformation, la fausse Réforme : réforme au sens révolutionnaire et protestant. Fausse réforme qui prétend rejeter une Eglise pécheresse en faisant le procès d’une institution purement humaine et défaillante, voire la réforme schismatique des disciples de Photius, ou des modernes sédévacantistes. Fausse Réforme à laquelle va s’opposer l’œuvre du concile de Trente, œuvre qui justement voudra se présenter comme une Contre-Réforme Catholique, comme aujourd’hui est à sa manière une Contre-réforme le mouvement dela Tradition catholique.
Le point de vue qui en commande la sainteté, c’est bien sûr celui de la cause qui l’a produite dans l’être. L’Eglise est sainte parce que c’est Dieu qui a produit l’Eglise : elle est l’œuvre surnaturelle qui est sortie de ses mains. C’est une institution divine, c’est une fondation de Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme. Et ce point de vue en commande un autre : l’Eglise est sainte d’une deuxième manière, parce que Jésus-Christ l’a établie comme le moyen dont il allait désormais se servir pour communiquer la sainteté.
la réponse du cardinal de Noailles, archevêque de Paris, aux objections que lui adressait le protestant Zinzendorf : « Vous attribuez à cette Eglise qui est l’Epouse de Jésus-Christ toujours pure, toujours sainte par elle-même les fautes de ses ministres : elle en gémit, elle les châtie, mais elle n’en est pas coupable … Condamnez tant qu’il vous plaira la mauvaise conduite des évêques, des cardinaux, des papes, même quand leurs actions ne répondent pas à la sainteté de leur caractère, mais respectez l’Eglise qui leur a donné des règles saintes et qui est conduite par l’Esprit de sainteté et de vérité. »[7]
Pie XII dit de même dans l’encyclique Mystici corporis :
« Que si l’Eglise manifeste des traces évidentes de la condition de notre humaine faiblesse, il ne faut pas l’attribuer à sa constitution juridique mais plutôt à ce lamentable penchant pour le mal des individus que son divin Fondateur souffre jusque dans les membres les plus élevés de son Corps mystique ». (Pie XII Encyclique Mystici corporis).
L’Eglise possédera donc toujours les moyens de grâce, les clefs du royaume des cieux et avec cela, elle restera l’unique dépositaire du salut ; mais le pouvoir des clefs ne dépendra pas de la fidélité personnelle de celui qui sera amené à l’exercer. Ce qui veut dire que les hommes d’Eglise, même le premier d’entre eux, lorsqu’ils auront à exercer leur autorité, pourront ne pas toujours être à la hauteur de la foi et de la grâce qu’il doivent transmettre. Mais pour autant l’Eglise ne sera menacée ni dans son existence, ni dans sa sainteté. Notre-Seigneur lui-même nous en a assurés : « les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre son Eglise ».
VI. Le droit divin fonde l’Eglise
Les mots utilisés par les schismatiques égarés suffiraient seuls à montrer la désorientation du cœur et de l’esprit à laquelle aboutit la thèse de la vacance du saint Siège, et font voir surtout leur oubli catégorique du seul droit qui fonde l’Eglise, qui est le « droit divin ».
a) La bulle de Paul IV a été annulée par Pie XII
Le vénérable Pie XII jugea nécessaire, pour de sages motifs, de modifier les dispositions relatives à l’élection du Pape, en décidant dans sa Constitution Apostolique Vacantis Apostolicae Sedis, de suspendre l’effet des censures disciplinaires de Paul IV [8].
Or, cette décision est extrêmement importante, et l’on s’étonnera d’ailleurs que l’on n’y insiste pas comme il se devrait au lieu de s’épuiser dans des débats qui n’ont plus d’objet, puisque les termes, objectifs et positifs, de Vacantis Apostolicae Sedis sont de nature à mettre un terme formel, obligatoire et définitif à toute discussion s’agissant de la légitimité de l’élection de ceux qui furent portés sur le trône de Pierre depuis Pie XII, puisque tous sans aucune exception, en vertu des nouvelles dispositions canoniques touchant à l’élection pontificale, furent élus validement.
Voici en effet ce que dit Pie XII :
« Aucun cardinal – sous aucun prétexte ou raison d’excommunication, suspense ou interdit, ou sous aucun autre empêchement ecclésiastique – ne peut être exclu de l’élection active et passive du Souverain Pontife. En conséquence, nous suspendons l’effet de telles censures seulement pour les raisons de la dite élection; elles conserveront leurs effets pour tout le reste. » (Constitution Apostolique, Vacantis Apostolicae Sedis, titre II, ch. I, § 34, 8 décembre 1945).
Le texte de Pie XII est on ne peut plus clair, l’excommunication s’applique en effet à divers délits, mais en vise un plus directement : l’hérésie, comme il est explicite : « Can. 985. Sont irréguliers par délit : 1° Les apostats, les hérétiques, les schismatiques. » Canon précisé par : « Can. 2314. § 1 Tous les apostats de la foi chrétienne, tous les hérétiques ou schismatiques et chacun d’eux: 1° Encourent par le fait même une excommunication. » Ainsi Pie XII, lorsqu’il écrit : « Aucun cardinal – sous aucun prétexte ou raison d’excommunication, suspense ou interdit ne peut être exclu de l’élection active et passive du Souverain Pontife », évoque évidemment d’éventuels faits d’apostasies, d’hérésies ou de schismes, cela ne fait aucun doute. D’ailleurs Pie XII, pour confirmer l’infaillibilité incontestable à l’acte d’élection, précise que dès l’acceptation par l’élu de sa charge, il est immédiatement Pape authentique de droit divin (la référence par Pie XII au Can. 219 est explicite), et toute contestation à son encontre, sous quelque prétexte, concernant « n’importe quelles affaires » avant le couronnement du Pontife, fait encourir à celui qui s’en rendrait coupable, l’excommunication ipso facto :
« § 101. Ce consentement ayant été donné (…), l’élu est immédiatement vrai pape, et il acquiert par le fait même et peut exercer une pleine et absolue juridiction sur l’univers entier. (Code de Droit canon, can. CIS 219). Dès lors, si quelqu’un ose attaquer des lettres ou décisions concernant n’importe quelles affaires, émanant du Pontife romain avant son couronnement, Nous le frappons de la peine d’excommunication à encourir ipso facto. (Clément V, ch. 4, De sent, excomm., 5, 10, in Extravag. comm.). » [9]
b) L’évêque de Rome est le successeur de Pierre de droit divin !
Pie XII a parfaitement vu ce qui dans la bulle de Paul IV contredisait le « droit divin » qui caractérise la nature de l’élection pontificale, et qui est porteur d’un critère d’infaillibilité devant lequel la bulle de Paul IV, de nature uniquement disciplinaire et non-dogmatique, qui est unique dans le Bullaire pontifical bien qu’elle fut très incidemment reprise dans le droit canon pie-bénédictin pour un motif étranger à l’invalidation de l’élection pontificale, s’incline absolument. Pie XII a donc corrigé l’erreur de Paul IV.
De la sorte, si nous nous demandons de quel droit le Pape est-il le successeur de Pierre, la réponse est immédiate : de droit divin. Telle est la conclusion à laquelle aboutit une analyse approfondie du sujet, se basant sur les principes dela Révélation mis en lumière par Cajetan :
« Mais de quel droit l’évêque de Rome est-il le successeur de Pierre ? De droit divin ! De droit divin il faut un successeur. Car la succession est une institution évangélique, une volonté explicite du Christ. Mais puisqu’il s’est fixé à Rome, cette église lui fut appropriée, et ses successeurs sur ce siège sont héritiers de son pontificat suprême. Du reste cette appropriation fut confirmée par le Christ lui même qui vint à la rencontre de Pierre, lorsqu’il voulu fuir et lui dit: Venio Romam iterum crucifigi ! Le droit de succession est par conséquent un droit divin. »
Conclusion
L’esprit de secte s’est emparé du sédévacantisme, car, en s’appuyant sur le libre examen à l’image des luthériens, ne plus reconnaître le Saint Père comme vrai successeur de saint Pierre, le qualifier horriblement, le flétrir par des noms abominables, l’injurier grossièrement, tout cela montre la totale désorientation de ce courant mortifère.
Ce à quoi aboutit fatalement le sédévacantisme ce n’est pas à une réforme, mais c’est bien plutôt à une révolution satanique, une destruction, une division mortelle de l’Eglise. Saint Pie X le disait clairement, expliquant où doit se trouver la véritable et sainte Réforme, la réforme catholiquela Contre-réforme, la seule qui soit digne de ce nom. Saint Pie X, en 1910 – trois siècles exactement après la canonisation du saint évêque de Milan – a voulu saisir l’occasion de ce tricentenaire pour adresser un salutaire avertissement à toute la catholicité, définissant le programme de cette réforme à travers l’exemple d’un véritable et saint réformateur, saint Charles Borromée.
Le Pape Léon XIII, qui sut rappeler en des termes très fermes la visibilité et la perpétuité éternelle de l’Eglise dans son Encyclique Satis Cognitum (1896), écrit de même sur le devoir de désobéissance face à une autorité désorientée :
« Mais, dès que le droit de commander fait défaut, ou que le commandement est contraire à la raison, à la loi éternelle, à l’autorité de Dieu, alors il est légitime de désobéir, nous voulons dire aux hommes, afin d’obéir à Dieu. » (Encyclique Libertas § 13).
Quant à Dom Guéranger, son jugement est sans appel :
« Quand le pasteur se change en loup, c’est au troupeau de se défendre tout d’abord. Régulièrement sans doute la doctrine descend des évêques au peuple fidèle, et les sujets, dans l’ordre de la foi, n’ont point à juger leurs chefs. Mais il est dans le trésor de la révélation des points essentiels, dont tout chrétien, par le fait même de son titre de chrétien, a la connaissance nécessaire et la garde obligée. Le principe ne change pas, qu’il s’agisse de croyance ou de conduite, de morale ou de dogme. Les trahisons pareilles à celle de Nestorius sont rares dans l’Église; mais il peut arriver que des pasteurs restent silencieux, pour une cause ou pour l’autre, en certaines circonstances ou la religion même serait engagée. Les vrais fidèles sont les hommes qui puisent dans leur seul baptême, en de telles conjonctures, l’inspiration d’une ligne de conduite; non les pusillanimes qui, sous le prétexte spécieux de la soumission aux pouvoirs établis, attendent pour courir à l’ennemi, ou s’opposer a ses entreprises, un programme qui n’est pas nécessaire et qu’on ne doit point leur donner. » (L’Année Liturgique, Le Temps de la Septuagésime, Vol. 4, fête de St. Cyrille d’Alexandrie).
Dieu nous l’indique – cette situation exceptionnelle que nous traversons, et dont le sens ne doit pas nous échapper est intervenue comme une épreuve que la Divine Providencea permise pour des raisons qui lui appartiennent pour éprouver notre foi, un siècle seulement après Vatican I – il est vital de conserver la Foi et la Doctrine de l’Eglise en résistant à l’autorité lorsqu’elle s’égare, en ces temps de terrible confusion.
Cette épreuve extrêmement dure, est un temps de pénitence envoyé par le Ciel, une période d’obscurité pour l’épouse de Jésus-Christ, de sorte de nous permettre, par l’esprit de fidélité et de conservation du dépôt sacré en fuyant le schisme et la logique perverse de la division, de la rupture d’avec l’Eglise à cause de la tragique désespérance dont on sait qu’elle fera surgir des églises séparées, des épiscopats aux sources douteuses, des chapelles hostiles, des évêchés ennemis, des antipapes déments, des structures néo-catholiques sectaires – de nous attacher plus fortement encore s’il se peut, à Rome et au Siège de Pierre, c’est-à-dire au Saint-Père, en oeuvrant, inlassablement et avec une constante ardeur, au retour espéré de la Tradition catholique.

Notes
1. Aussi humiliant que cela soit pour l’Eglise, il apparaît manifestement à l’examen que plusieurs papes se sont fourvoyés dans l’erreur en matière de foi, s’y sont obstinés jusqu’à condamner les tenants de l’orthodoxie, parfois avec une certaine solennité. Il suffit d’en dresser la liste pour constater le caractère non exceptionnel de ces tristes déviances :
- Libère est connu pour sa défaillance coupable de décembre 359, quand il accepte de signer, sous la contrainte de l’Empereur qui le tient prisonnier à Byzance, un formulaire semi-arien que déjà pratiquement tous les Évêques d’Orient réunis à Séleucie, au nombre de 160, et 400 Évêques d’Occident, réunis à Rimini, ont accepté. Tous signèrent, sauf Hilaire, Athanase et quelques rares autres, que le pape Libère ira jusqu’à condamner !
- Vigile, en 553, sur la question extraordinairement obscurcie par les byzantins du “Monothélisme”, favorise l’hérésie en refusant de déclarer clairement la doctrine de l’Église qui affirme deux volontés dans le Christ, l’une divine, l’autre humaine ; il ne condamnera plus les hérétiques anciens, monophysites, ni les nouveaux, monothélistes. Le diacre romain Pélage lui en fit grief et le déclara hérétique. Vigile l’excommuniera !
- Boniface IV adoptera en 612, toujours sur la même question de plus en plus envenimée, une attitude non moins équivoque, et Saint Colomban la lui reprochera dans une Lettre d’une impressionnante véhémence !
- Honorius est, de tous les papes hérétiques, le plus célèbre et sans doute le plus gravement coupable. Pour se justifier de céder devant les hérétiques, il avait eu ce mot qui est d’un moderne étonnant, mais c’était en 634 : « Prenons garde de ressusciter les vieilles querelles !» Moyennant quoi, il ordonna de laisser l’erreur se propager librement et la conséquence fut que la vérité de l’orthodoxie se trouva partout bannie. Presque seul, saint Sophrone de Jérusalem s’insurgea contre Honorius, l’accusant formellement d’hérésie. Le pape enfin reprit conscience de ses devoirs mais il mourut sans avoir réparé l’immense dommage causé à l’Église universelle par ses palinodies. Cela lui valut l’anathème du VIe Concile de Constantinople, en 680, confirmé par le pape Léon II et repris par tous les grands Conciles œcuméniques jusqu’à l’époque moderne. Prodigieuse marque de vérité que donne ainsi l’Église de Rome en maintenant l’un de ses Pontifes sous l’anathème à travers les siècles, pour cause d’hérésie, au moment où elle se déclare sereinement infaillible ! Le Libellus fidei adressé par Adrien II au VIIIe Concile de Constantinople (Mansi XVI, col. 126) évoque d’ailleurs, à propos d’Honorius, le droit des fidèles à résister au pape prévaricateur, il rappelle qu’il est “licite” aux inférieurs de résister aux directives de leurs supérieurs et de rejeter leurs erreurs, dans le seul cas d’hérésie. Il rajoute, de plus : « pourtant aucun patriarche ni aucun évêque n’aurait, même dans ce cas, le droit de proférer une sentence (d’anathème) si ce n’est du consentement préalable du Souverain Pontife Lui-même. Chacun doit résister à l’hérésie et la combattre, même venant d’un Pape ».
2. À deux reprises, le 6 mars 1964 et le 16 novembre 1964, la Commission doctrinale, à laquelle on demandait quelle devait être la qualification théologique de la doctrine exposée dans le schéma sur l’ Église (la question visait la doctrine de la collégialité), fit cette réponse : « Compte tenu de l’usage des conciles et du but pastoral du Concile actuel, celui-ci ne définit comme devant être tenu par l’ Église que les seules choses concernant la foi et les mœurs que lui-même aura expressément déclarées telles ». Paul VI expliqua que cela n’était jamais arrivé. Le Concile terminé, il revint deux fois sur la question. Une première fois, dans le discours de clôture du 7 décembre 1965 : « Le magistère, bien qu’il n’ait pas voulu définir aucun chapitre doctrinal au moyen de sentences dogmatiques extraordinaires, a cependant proposé sa doctrine avec autorité au sujet de nombreuses questions, à laquelle les hommes sont tenus de conformer aujourd’hui leur conscience et leur action ». Une seconde fois, dans un discours du 12 janvier 1966 : « Certains se demandent quelle est l’autorité, la qualification théologique qu’a voulu donner à son enseignement un Concile qui a évité de promulguer des définitions dogmatiques solennelles engageant l’infaillibilité du magistère ecclésiastique. […] Etant donné le caractère pastoral du Concile, il a évité de prononcer des dogmes comportant la note d’infaillibilité, mais il a muni ses enseignements de l’autorité du magistère suprême ; ce magistère ordinaire et manifestement authentique doit être accueilli docilement et sincèrement par tous les fidèles selon l’esprit du Concile concernant la nature et les buts de chaque document ».
3. Le Liber pontificalis, en particulier, cette espèce de chronique de la cour pontificale qui est notre principale source de renseignements pour cette période, le Liber pontificalis enregistre avec une placidité ahurissante les désordres les plus graves.
4. Pour compléter ce que disent les Pères de l’Eglise, il y a aussi la liturgie. Ce n’est pas par hasard que la liturgie catholique assigne comme évangile à la messe de la dédicace d’une église ce passage de saint Luc qui nous relate la conversion de Zachée, le publicain. Zachée est un pécheur, il est exclu du peuple de Dieu, mais un jour le Christ vient à passer sous son toit, et depuis ce jour, Zachée est purifié et lavé de son péché. Là encore, c’est une image, l’image de l’Eglise pécheresse qui sans cesse se purifie des ses fautes.
5. « Bien que l’Eglise catholique ait été enrichie de la vérité révélée par Dieu ainsi que de tous les moyens de grâces, néanmoins ses membres n’en vivent pas avec toute la ferveur qui conviendrait. Il en résulte que le visage de l’Eglise resplendit moins aux yeux de nos frères séparés ainsi que du monde entier, et la croissance du royaume de Dieu est entravée. C’est pourquoi tous les catholiques doivent tendre à la perfection chrétienne ; ils doivent, chacun dans sa sphère, s’efforcer de faire en sorte que l’Eglise, portant dans son corps l’humilité et la mortification de Jésus, se purifie et se renouvelle de jour en jour, jusqu’à ce que le Christ se la présente à lui-même, glorieuse, sans tache ni ride ». (Cf. Lumen Gentium, Chapitre 4, § 6).
6. Le pape pécheur ne cesse pas d’être pape. Cf Dz 1212, 1213, 1220, 1222, 1224, 1230 : propositions condamnées de Jean Huss par le Concile de Constance (Session 15 du 6 juillet 1415) et par le Pape Martin V (Décret du 22 février 1418).
7. ASalmon, La Catholicité du monde chrétien d’après la correspondance inédite du comte Louis de Zinzendorf avec le cardinal de Noailles et les évêques appelants, (1719-1728), 1929, pages 21-22.
8. Un point est à noter, montrant la limite de la bulle de Paul IV et l’incompétence du droit face à l’hérésie d’un Pape, c’est que si cette bulle a été rangée et utilisée comme source (fontes) dans la rédaction de quinze articles du droit canon, aucun de ces canons n’est relatif à la déchéance éventuelle d’un Pape pour cause d’hérésie, ceci faisant que l’invalidation d’une élection pontificale pour cause d’hérésie, voire même de sa déposition après son élévation sur le trône de Pierre – ce que laisse entendre le § 6 de Cum ex Apostolatus – ne se retrouve à aucun endroit du Code de droit canon, chose qui n’est d’ailleurs pas surprenante puisqu’il est évidemment impossible que des règles disciplinaires prennent autorité sur le droit divin, par définition intemporel et universel, dont relève l’élection pontificale.
9. On peut observer que les canonistes ne se sont donc pas trompés, bien au contraire, et ont utilisé, dans les cas où elle pouvait avoir un intérêt, cette bulle disciplinaire, montrant bien, dans leur utilisation limitée au simple droit disciplinaire, qu’elle est sans effet sur le droit divin Il est de ce fait très intéressant de souligner que la seule disposition invalidant l’élection qui pourrait se comprendre car ce crime est impardonnable (même si, une fois encore, il faudrait pouvoir établir la preuve formelle avant toute décision, que l’élection a été obtenue par une méthode faussée ce qui pourrait être un motif réel d’invalidation en effet), énoncée par Jules II, dans sa bulle « Cum tam divino » (14 janvier 1503), concerne le crime de simonie : « 1. Absolument nulle l’élection qui serait faite par simonie – même si elle résulte du consentement de tous les cardinaux« , cette précision de Jules II : même si elle résulte du consentement de tous les cardinaux est d’ailleurs fondamentale pour le sujet qui nous occupe car montrant, une fois de plus, la valeur suprême, essentielle et incontestable de l’acte de reconnaissance universelle de l’Eglise lors de l’élection du Pontife. La doctrine de l’Église est de ce fait formelle : un élu qui sort légitimement d’un Conclave valide dont il a accepté l’élection, reconnu comme pape par l’Église Universelle par son acte doté de l’infaillibilité divine, est « vrai pape » (Pie XII, Vacantis Apostolicae Sedis), authentique Vicaire du Christ, récipiendaire capital et immédiat de l’infaillibilité de l’Église.
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LIRE NOTRE TEXTE
(fichier pdf téléchargeable de 33 pages) :
Le sédévacantisme est un péché mortel !
Pie XII – Allocution aux artistes

« Jamais on ne déplorera autant qu’il conviendrait
l’étendue des ravages que cause le mal dans les âmes et dans la société.
Jamais on ne flétrira avec trop de rigueur
le scandale qui en procure la diffusion dans tous les pays. »
Pie XII – 19 septembre 1950
Se penchant sur les question contemporaines, Pie XII, qui voulait faire entendre la voix de l’Eglise au sein d’un monde violemment attaqué par le poison de la modernité, aborda le problème de l’Art et tint à son sujet des propos extrêmement fermes que nous jugeons utiles de rappeler, notamment en cette période singulièrement troublée où les blasphémateurs n’hésitent plus à se livrer à des actes christianophobes d’une perversité injurieuse absolument inouïe, actes tels que jamais les anciennes générations qui fondèrent nos pays de vieille chrétienté n’auraient pu en imaginer ne serait-ce même que la possibilité, ce qui démontre la profonde désorientation dans laquelle est tombée notre époque malade et pervertie.
Le Saint-Père alla très loin dans sa condamnation de la perversion en parlant de la « juste dénonciation du spectacle pervertisseur ou dangereux » ajoutant :
« Plus bruyant et plus voyant que le bien, le mal s’affiche partout. Jamais on ne déplorera autant qu’il conviendrait l’étendue des ravages qu’il cause dans les âmes et dans la société ; jamais non plus, on ne flétrira avec trop de rigueur le scandale qui en procure la diffusion dans tous les pays, dans tous les milieux, à tous les âges, même au plus tendre, envers lequel le poète païen réclamait la plus respectueuse délicatesse. (…) Quel préjugé tenace il faut avoir pour donner au théâtre immoral, irréligieux ou vulgaire l’excuse d’obéir aux exigences du public ! » (Pie XII, Allocution à l’Union catholique du théâtre, 19 septembre 1950).
Cependant, et nous l’avons déjà dit, rien ne sert d’en rester à la dénonciation légitime et nécessaire, il convient également d’inviter les âmes catholiques à promouvoir l’Art qui soit au service du bien et de la religion, il importe d’encourager les énergies, singulièrement les jeunes, à faire preuve d’initiatives créatrices en divers domaines (musique, peinture, théâtre, littérature, etc.), afin que puisse surgir un Art catholique qui se fasse entendre et réponde, avec les mêmes armes, aux infamies antireligieuses.
C’est ce qu’affirmait Pie XII en des termes très clairs : « II serait fâcheux pourtant que la juste dénonciation du spectacle pervertisseur ou dangereux fît méconnaître l’existence et la belle histoire du spectacle élevant et bienfaisant. De plus, l’énergie dépensée à réagir directement contre le mal serait toujours d’une médiocre efficacité, si on ne lui opposait l’influence prépondérante du bien. Celle-ci ne doit pas être seulement l’objet d’un souhait platonique, mais la conquête d’une conviction de l’intelligence. » (Pie XII, Allocution à l’union catholique du théâtre, 19, septembre 1950).

“L’énergie dépensée à réagir directement contre le mal serait toujours d’une médiocre efficacité, si on ne lui opposait l’influence prépondérante du bien.” (Pie XII).
A cette fin, nous publions l’Allocution de Pie XII destinée aux artistes catholiques, de sorte, comme le souhaitait le Saint-Père, l’Art véritable et digne de ce nom, soit au service « de la beauté et de la lumière divines ».

A L L O C U T I O N A U X A R T IS T E S C A T H O L I Q U E S
A l’occasion d’un congrès des artistes catholiques à Rome,
où le pape leur accorda audience.
C’est une opportune et utile initiative que vous avez prise, très chers fils, en suscitant et organisant parmi vous le premier Congrès international des artistes catholiques, dont Nous sommes heureux de saluer ici les distingués représentants. On a déjà tant parlé de l’art, sujet inépuisable ! Votre présente démarche Nous invite à mettre en relief — très brièvement — la part de l’art dans l’oeuvre de la Paix.
Les agitations d’un monde ébranlé dans son fondement, les mésintelligences des esprits, les oppositions des intérêts, les ombrages d’un particularisme hypersensible, ont, malgré la multiplication des contacts et des rapprochements matériels, accentué les isolements, élargi et approfondi les distances morales. L’excès même du mal a mis petit à petit en plus vive lumière la nécessité d’unir dans une communauté d’action toutes les forces dispersées des nations et des peuples désireux de la paix. Ce n’est pas d’aujourd’hui ni d’hier que datent partout les efforts persévérants et habiles en vue de se ménager l’alliance ou la coopération des autres pays. Les événements actuels en ont souligné, non pas la vanité et l’inutilité, mais bien l’insuffisance et l’instabilité.
Alors, on s’est mis avec une louable ardeur à promouvoir, en dépit des difficultés de toutes sortes, des unions internationales d’ordre politique, économique, social. Bien vite, on a constaté qu’il était encore besoin de quelque chose de plus intime, de plus humain, et l’union — tout au moins des unions partielles — ont commencé à se former sur le terrain technique, scientifique, culturel. Dans cet ordre intellectuel, l’union des artistes catholiques qui célèbre actuellement son premier Congrès, tient une place des plus estimables.
Cela va de soi, étant donné d’abord que l’art est, à certains égards, l’expression la plus vivante, la plus synthétique de la pensée et du sentiment humain, la plus largement intelligible aussi, puisque, parlant directement aux sens, l’art ne connaît pas la diversité des langues, mais seulement la diversité extrêmement suggestive des tempéraments et des mentalités. De plus, par sa finesse, sa délicatesse, l’art, auditif ou visuel, pénètre dans l’intelligence et la sensibilité de l’auditeur à des profondeurs où la parole, soit écrite, soit parlée, avec sa précision analytique, insuffisamment nuancée, ne saurait atteindre.
Pour ces deux raisons, l’art aide les hommes, nonobstant toutes les différences de caractère, d’éducation, de civilisation, à se connaître, à se comprendre, du moins à se deviner mutuellement et, par suite, à mettre en commun leurs ressources respectives en vue de se compléter les uns par les autres. Une première condition s’impose pour que l’art puisse produire un si désirable résultat : à avoir sa valeur expressive, faute de laquelle il cesse d’être un art véritable. La remarque n’est pas superflue aujourd’hui où trop souvent, en certaines écoles, l’œuvre d’art ne suffit pas par elle-même à traduire la pensée, à extérioriser les sentiments, à révéler l’âme de son auteur. Mais dès lors qu’elle a besoin d’être expliquée en langage verbal, elle perd sa valeur de signe pour ne servir à procurer aux sens qu’une jouissance physique, qui ne dépasse pas leur niveau, ou à l’esprit celle d’un jeu vain.
Autre condition pour que l’art accomplisse avec dignité et fruit sa glorieuse mission d’entente, de concorde, de paix, c’est que, par lui, les sens, loin d’appesantir l’âme et de la clouer au sol, lui servent d’ailes au contraire, pour s’élever, des petitesses et des mesquineries passagères, vers l’éternel, vers le vrai, vers le beau, vers le seul vrai bien, vers le seul centre où se fait l’union, où se réalise l’unité, vers Dieu. N’est-ce pas ici que s’applique à la lettre le splendide manifeste de l’Apôtre : Invisibilia enim ipsius a creatura mundi per ea quse facta sunt, intellecta conspiciuntur, sempertina quoque eius virtus et divinitas. C‘est pourquoi toutes les maximes qui font déchoir l’art de son rôle sublime, le profanent et le stérilisent. « L’art pour l’art » : comme s’il pouvait être à lui-même sa propre fin, condamné à se mouvoir, à se traîner au ras des choses sensibles et matérielles ; comme si par l’art, les sens de l’homme n’obéissaient à une vocation plus haute que celle de la simple appréhension de la nature matérielle, la vocation d’éveiller dans l’esprit et dans l’âme de l’homme, grâce à la transparence de cette nature, le désir des « choses que l’oeil n’a point vues, que l’oreille n’a point entendues et qui ne sont pas montées jusqu’à son coeur. »
D’un art immoral, qui fait profession d’abaisser et asservir aux passions charnelles les puissances spirituelles de l’âme, Nous ne dirons rien ici. Du reste, « art » et « immoral » : ce sont là deux mots en criante contradiction, et votre programme ignore leur jonction.
Soyez donc félicités, Messieurs, d’avoir compris la tâche qui vous incombe, et d’avoir voulu, en face d’une « culture sans espérance », considérer l’art comme « source d’une espérance nouvelle ». Faites donc sourire sur la terre, sur l’humanité, le reflet de la beauté et de la lumière divines, et vous aurez, en aidant l’homme à aimer « tout ce qu’il y a de vrai, de pur, de juste, de saint, d’aimable », contribué grandement à l’oeuvre de la paix, et Deus pacis erit vobiscum.
Que la Vierge immaculée, miroir de la justice et de la splendeur de Dieu, Reine de la Paix et qu’on peut bien appeler Reine des arts, vous inspire et vous assiste ; qu’elle fasse descendre sur vous, dont elle est l’idéal amoureusement contemplé, les grâces de son Fils, en gage desquelles Nous vous donnons, à vous, à tout le groupe des artistes catholiques, à tous ceux qui vous sont chers, Notre Bénédiction Apostolique.
Documents pontificaux de Sa Sainteté Pie XII (1939-1958), publiés sous la direction de Mgr Simon Delacroix par l’oeuvre Saint-Augustin à Saint-Maurice (Suisse).

O P V S I V S T I T I A E P A X
Acte de Réparation à la Sainte Face pour expier les injures commises envers Notre Seigneur Jésus-Christ
La Sainte Face est la reproduction exacte
du Visage du Christ imprimé sur le Voile de Véronique
(Voile conservé en la Basilique Saint-Pierre à Rome)
Blasphèmes, injures, insultes, immondes grossièretés, propos impies, abominations, rien n’est épargné de nos jours à Notre Seigneur, rien ne manque au catalogue des horreurs déversées sur son Saint Nom au sein de cette société désorientée et pervertie, jusqu’aux infectes matières fécales symboliquement projetées avec une extraordinaire violence sur sa Sainte Face, acte absolument ignoble qui fut l’objet d’un acte scandaleux dans une prétendue ”pièce de théâtre”, en réalité un authentique attentat contre la religion chrétienne.
Pourtant rien n’est plus adorable, plus doux, plus consolant que la Sainte Face du Christ. Rien en ce monde n’évoque à ce point la charitable miséricorde, l’amour et le sacrifice. Rien de plus sublime, rien qui ne soit un pur reflet si fidèle du Ciel, une évocation si émouvante du Divin Rédempteur de l’humanité.
I. Qu’est-ce que la Sainte Face ?
Ce nom de « la Sainte Face » est familier à l’âme catholique mais qu’est-ce concrètement ? La Sainte Face est la reproduction exacte du Visage du Christ imprimé sur le Voile de Véronique. Le Voile de Ste Véronique se trouve actuellement au Vatican, à ne pas confondre avec le linceul de Turin.
Le Visage du Christ, tel qu’il fût, lorsqu’Il L’appliqua sur le voile que Lui tendait “Véronique”, une femme disciple, sur le chemin du calvaire. Son Visage est parfaitement en paix, en silence et dans l‘Amour malgré les imprécations de la foule et les vives douleurs physiques. C’est un cadeau pour nous que nous laisse le Seigneur mais surtout un message : rester dans l’Amour de Dieu pour oublier les douleurs et offrir celles-ci pour demander pardon au Père de l’inconscience des hommes.

Il faut rester dans l’Amour de Dieu
pour oublier les douleurs
et offrir celles-ci pour demander pardon au Père
de l’inconscience des hommes
II. Le culte de la Sainte Face
Cette image représente la future sainte Véronique découvrant à la Mère du Sauveur le Visage de son Fils, peu de temps après sa mort. Jean est près de la sainte Vierge tandis que Marie-Madeleine pleure au pied de la Sainte Face. Le pape Léon XIII a « authentifié » de son sceau quelques exemplaires de gravures que l’on trouve dans beaucoup d’églises de France. Il est né un culte à partir de cette Sainte Face et prier devant Celle-ci quotidiennement apporte de nombreuses grâces.

Le culte de la Sainte Face fut institué
pour expier les injures commises
envers Notre Seigneur Jésus-Christ.
On doit l’engouement de ce culte à un homme de Tours : Léon Papin-Dupont, né le 24 janvier 1797. Homme de lettres, il a vécu dans le monde mais reste cependant un homme droit. Il découvre la chrétienté, fréquentant quelques fidèles et lui-même en suit la voie. Il se marie, mais sa femme décède quelques années plus tard et lui laisse une fille. C’est ainsi qu’il arrive à Tours. Il devient magistrat, et c’est en l’été 1837 qu’il est animé d’un sentiment intense de pousser à l’extrême sa vie de chrétien. Il perd sa fille en 1847.

Léon Papin-Dupont est à l’orgine
du culte de Réparation à la Sainte Face
Il devient célèbre malgré lui, possédant une Sainte Face de Jésus-Christ qu’il Honore particulièrement et longuement. Sa maison devient “sanctuaire” car Léon Papin-Dupont attire rapidement une foule de fidèles, de Tours puis d’ailleurs, au Culte de cette Sainte Face.
Léon Papin-Dupont désire ce culte pour expier les injures commises envers Notre Seigneur Jésus-Christ.
Autrefois, à la veille du Carême, dans plusieurs diocèses de France et d’Allemagne, selon une ancienne liturgie, on célébrait un office et une messe de la Sainte Face, en «Réparation des injures faites au Très Saint Sacrement de l’autel ». En 1849, à l’initiative de M Dupont, fut instauré à Tours le “dimanche des Quarante-Heures”. Pour la première fois un groupe d’hommes se réunit pour prier le Seigneur en passant la nuit devant le Saint Sacrement exposé.
En 1851, le dimanche des Rameaux, M Dupont reçoit, de la prieure du Carmel, deux images de la Sainte-Face. Ayant offert l’une à l’œuvre de l’Adoration nocturne qu’il avait fondée, il garde l’autre qu’il éclaire d’une lampe à huile dans son salon. Peu de temps après, conversions et guérisons se multiplient devant la Sainte-Face. Après sa mort en 1876, son ancien salon est transformé en Oratoire.

Léon XIII, en 1885, érige canoniquement
l’archiconfrérie de la Sainte Face
III. L’archiconfrérie de la Sainte Face

C’est la Sainte Face que sans cesse
sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face
chantera, contemplera, imitera.
En 1885, l’archiconfrérie de la Sainte Face fut érigée canoniquement par le Pape Léon XIII. Dès le 19 mars 1885, les membres de la famille Guérin s’inscrivirent à l’archiconfrérie. Et le 26 avril 1885, Monsieur Louis Martin, Marie, Léonie, Céline et Thérèse accomplissaient la même démarche. Thérèse avait alors 12 ans. Désormais l’image de la Sainte Face de Tours l’accompagnera partout. Elle sera placée dans son bréviaire, dans sa stalle, puis à l’infirmerie accrochée au rideau de son lit. C’est cette Sainte Face que sans cesse elle chantera, contemplera, imitera.
Pauline (Mère Agnès) dira:
- La dévotion à la Sainte Face fut l’attrait spécial de la Servante de Dieu (Thérèse). Quelle que fut sa dévotion à l’Enfant Jésus, elle ne peut être comparée à celle qu’elle eut pour la Sainte Face.
Thérèse dira elle-même:
– Ces paroles d’Isaïe: “Qui a cru à votre parole… Il est sans éclat, sans beauté… etc.” ont fait le fond de ma dévotion à la Sainte Face, ou, pour mieux dire, le fond de toute ma piété. Moi aussi, je désirais être sans beauté, seule à fouler le vin dans le pressoir, inconnue de toute créature…
Elle dit aussi:
– Oh ! Que cette Sainte Face là m’a fait du bien dans ma vie !…
Le jour de sa prise d’habit, le 10 janvier 1889, elle signe pour la première fois: “Sœur Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face”.
Personne ne peut nier le lien existant entre sainte Thérèse de l’Enfant Jésus et de la Sainte Face, et l’œuvre de Monsieur Dupont.
Conclusion
Il faut donc, en forme de prière de réparation alors que se commettent chaque jour des péchés affreux, se tourner avec piété vers la Sainte Face pour expier les injures commises envers Notre Seigneur Jésus-Christ. Il importe que les catholiques implorent le visage du Christ, de sorte que soient pardonnés les blasphèmes et réparées les abominables offenses commises à l’encontre du Seigneur.
Que chacun, notamment en cette période ténébreuse où règne la plus grande confusion, devant le saint visage du Rédempteur, s’incline et récite l’Acte de louange pour la réparation des blasphèmes du saint Nom de Dieu.
Acte de louange
pour la Réparation des blasphèmes
du Saint Nom de Dieu
Qu’à jamais soit loué, béni, aimé, adoré, glorifié,
le très Saint, très Sacré, très Suradorable,
très Inconnu, très Inexprimable Nom de Dieu,
au Ciel, sur Terre et dans les Enfers,
par toutes les créatures sorties des mains de Dieu,
et par le Sacré-Coeur de notre Seigneur Jésus-Christ,
au très Saint Sacrement de l’Autel.
Amen +


Par ailleurs, et en complément de l’Acte de Réparation à la Sainte Face, afin d’aider spirituellement ceux qui se battent contre les blasphèmes publics perpetrés en France, pour nos frères interpellés dans les rafles, nous nous fasons l’écho de l’invitation de Semper Fidelis, à prier saint Saint Michel Archange le protecteur de la Sainte Eglise si brutalement attaquée aujourd’hui.
L’archange Saint Michel s’est toujours acquitté,
assiste et sert l’Eglise, comme un serviteur fidèle.
Servons donc ce serviteur, servons l’Eglise et triomphons.
Le Seigneur appelle tous Ses militants !

PRIERE A SAINT MICHEL ARCHANGE
Le blasphème est un crime !

« Puisque le blasphémateur porte atteinte à l’honneur divin,
il pèche plus gravement que l’homicide. »
(Saint Thomas d’Aquin)
Le Christ injurié, le blasphème institué, pire soutenu et subventionné par l’Etat et ses représentants, protégé par la police d’un pays qui fut porté créé, édifié à la suite de son adhésion à la sainte religion chrétienne lors du baptême de Clovis le 25 décembre 496 à Reims, voilà le triste spectacle après deux siècles succédant à la Révolution de 1789, offert par une société pervertie, désormais désorientée et profondément malade.
Le blasphème, voilà le signe des conséquences sinistres de la haine antireligieuse que transporte dans ses fourgons l’esprit révolutionnaire mis en œuvre au XVIIIe siècle, voilà à quoi aboutit une civilisation qui édifia les cathédrales, construisit châteaux, villes et monastères, et porta à un niveau inégalé la science de Dieu dans son Université au sein de laquelle surgirent les plus brillants esprits de l’Histoire, tels Pierre Lombart, saint Albert le Grand, Jean Duns Scot, saint Bonaventure ou encore saint Thomas d’Aquin.
I. Le blasphème est une maladie de l’âme
Le blasphème, qui est une maladie spirituelle, perd l’âme qui s’y livre et conduit en Enfer les blasphémateurs ! c’est un péché grave, une faute terrifiante. Dès le Moyen Âge, le blasphème fut regardé comme un trouble dans l’ordre de la Nature aussi bien que dans l’ordre surnaturel qui sont créés par Dieu. Le blasphème envers Dieu attire donc la colère divine inévitablement !

Le blasphème est une “abomination damnable”
(Saint Augustin)
Dans la Bible, le blasphème est une agression faite à Dieu sous la forme d’une insulte en parole ou en acte. Il est tenu pour le péché très grave depuis le temps de Pères de l’Eglise. Parmi les théologiens, après le milieu du XIIe siècle lors des discussions sur la notion de blasphème, la plupart des théologiens et des clercs ont reconnu le blasphème comme le péché le plus vicieux parmi les péchés de la langue. Saint Augustin, le déclare être une abomination damnable (Contra mendacium, 19, 39), Pierre le Chantre dit que le blasphème est un crime contre Dieu, quant à saint Thoms d’Aquin, il le considérait comme plus grave que l’homicide : « Puisque le blasphémateur porte atteinte à l’honneur divin, il pèche plus gravement que l’homicide. » (Somme théologique, IIa -IIae). [1]
A partir de la Réforme grégorienne du XIe siècle, l’Eglise s’intéressa à éduquer l’esprit de ses fidèles dans la vie quotidienne afin qu’ils évitent l’injure envers Dieu par le blasphème. Bien évidemment, la politique culturelle et spirituelle de l’Eglise renfermait à la fois l’éducation et la discipline. Dans ce cadre historique, la notion nouvelle des « péchés de la langue » apparut entre 1190 et 1260. [2]
II. Punition du blasphème avant la Révolution

L’Eglise imposait au pécheur coupable de blasphème
des peines spirituelles
Le blasphème, pouvait entraîner la punition juridique par la législation civile. Sous l’influence du Lévitique ou du Code de Justinien, les capitulaires impériaux et les décrétales des pontifes imposèrent les peines corporelles ou péniculaires, comme des jeûnes, des amendes et l’imposition d’aumônes. En cas de péché très sérieux, l’Eglise imposait au pécheur des peines spirituelles. Dans les cas les plus excessifs (sacrilèges odieux, viols de religieuses, etc.), on pouvait même être condamné à l’amputation des membres, voire à la peine de mort.
La régulation juridique faisant punir le blasphème par le pouvoir laïque qui apparaissait déjà avec le Code de Justinien, se renforça à l’époque carolingienne et capétienne, où les rois promulguèrent des décrets imposant des peines à ceux qui se rendaient coupables de blasphèmes. A partir du XIIIe siècle, le pouvoir royal commença à intervenir de près dans les problèmes touchant à la punition légale des blasphémateurs. Louis IX de France (futur saint Louis) le roi très chrétien (rex christianissimus) protecteur de l’Eglise, promulgua successivement les prohibitions et les régulations pénales à propos du blasphème. Après le retour de la septième croisade, saint Louis établira un nouveau projet de se croiser et pour cela entreprit la purification morale du royaume. D’abord la « grande ordonnance » de décembre 1254 prohibe les actes et les paroles blasphématoires envers Dieu, la Vierge et les saints. [3]

Le pilori et l’exposition publique afin d’humilier
les blasphémateurs !
Le blasphème du Moyen Âge à la Révolution prendra la place du plus grave et violent péché parmi bien des péchés commis verbalement. Il existait en effet deux types du blasphème pour les hommessous l’Ancien Régime : le blasphème divin et le blasphème humain. Ceux-ci sont en même temps liés à la notion de crime de lèse-majesté (crimen majestatis). Bien entendu, la lèse-majesté envers le Roi avait son origine dans le concept religieux et théologique du blasphème. Pour l’Ancien Régime, le blasphème était une menace dans l’ordre de la Nature aussi bien que dans l’ordre surnaturel qui sont créés par Dieu. Le blasphème envers Dieu attire donc la colère divine inévitablement. Considéré comme miroir de l’âme, ile blasphème ne peut souffrir de circonstances atténuantes. Il est l’expression d’une doctrine hérétique, d’une pensée perverse, d’un esprit malin. C’est la vision de saint thomas d’Aquin, c’est la vision de l’Inquisition espagnole.
L’édit de 1180 de Philippe-Auguste condamnait les blasphémateurs à être plongés dans la rivière (personne de qualité exceptée), cette législation fut conservée sur Toulouse où on appliquait encore au XVIe siècle la peine de la cage. Elle consistait à plonger le délinquant enfermé dans une cage par trois fois dans la Garonne et à le marquer au fer avece punition de la lèvre [4]. Cette marque leur interdisait d’agir comme témoin en justice. Plus généralement le blasphémateur était l’objet d’une peine spirituelle (pénitence, jeune, confession), et d’une exposition publique pour flétrir son honneur et atteindre son orgueil.
III. Triomphe du blasphème après la Révolution
Jusqu’à la Révolution ces lois furent maintenues. Mais le poison idéologique républicain supprima les règles contre le blasphème. En effet, les articles 10 et 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, supprimèrent la notion de blasphème du droit français. La notion de blasphème est réinstaurée sous la Restauration et est à nouveau abrogée dans les années 1830. La notion de blasphème sera définitivement supprimée avec les lois du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, qui intervient dans un contexte de laïcité et d’anticléricalisme militants foncièrement anticatholique.
« Ces sociétés conspiratrices dans lesquelles
les hérésies et les sectes ont vomi tout ce qu’il y a
dans leur sein de licence, de sacrilège et de blasphème. »
(Crégoire XVI- Mirari vos, 1832)
Dans l’Encyclique Mirari vos, du 15 août 1832 « Sur les erreurs modernes » Grégoire XVI déclarait :
« On entend retentir les académies et les universités d’opinions nouvelles et monstrueuses ; ce n’est plus en secret ni sourdement qu’elles attaquent la foi catholique ; c’est une guerre horrible et impie qu’elles lui déclarent publiquement et à découvert. Or dès que les leçons et les examens des maîtres pervertissent ainsi la jeunesse, les désastres de la religion prennent un accroissement immense, et la plus effrayante immoralité gagne et s’étend. Aussi, une fois rejetés les liens sacrés de la religion, qui seuls conservent les royaumes et maintiennent la force et la vigueur de l’autorité, on voit l’ordre public disparaître, l’autorité malade, et toute puissance légitime menacée d’une révolution toujours plus prochaine. Abîme de malheurs sans fonds, qu’ont surtout creusé ces sociétés conspiratrices dans lesquelles les hérésies et les sectes ont, pour ainsi dire, vomi comme dans une espèce de sentine, tout ce qu’il y a dans leur sein de licence, de sacrilège et de blasphème. » (Grégoire XVI, Mirari vos, 1832).
Pie IX soulignera que les ennemis de l’Eglise aiment le blasphème :
« Ces implacables ennemis du nom chrétien, tristement entraînés par on ne sait quelle fureur d’impiété en délire, ont poussé l’excès de leurs opinions téméraires à ce point d’audace, jusque là inouï, qu’ils n’ouvrent leur bouche que pour vomir contre Dieu des blasphèmes. » (Pie IX, Encyclique « Qui Pluribus », 09 novembre 1846).

Le blasphème est le “signe d’une âme corrompue”
selon Pie XII.
Et comme le disait Pie XII, proférer des blasphèmes est le signe d’une âme corrompue :
« Que personne ne prononce des blasphèmes impies, signe d’une âme corrompue… » (Pie XII, Lettre Encyclique Ad Cœli Reginam , 11 octobre 1954).
Conclusion
L’affirmation des libertés d’expression et de pensée par la Révolution française s’inscrit de fait contre ce que fut la position de l’Église depuis des siècles ; elle voulait mettre fin à son rôle historique de fondement de l’ordre social, elle voulait la détruire, anéantir sa place et sa fonction au sein de la société qui ne devait plus être chrétienne.
Si la France n’interdit plus le blasphème, il n’en va pas de même en Irlande par exemple, qui le punit d’une amende pouvant aller jusqu’à 25000 €, pays qui n’est pas la seule république « moderne » à punir le blasphème. C’est aussi un délit à part entière en Allemagne, en Espagne, au Danemark ou aux Pays-Bas. En France, où les attaques contre la religion sont simplement encadrées, le blasphème reste pourtant puni sur une partie du territoire : en Alsace et en Moselle. Comme l’avait admis le ministre de l’Intérieur en 2006, le décret de 1919 préservant cet héritage allemand n’ayant jamais été abrogé.
Toutefois, il faut le redire, malgré une législation politique impie et athée qu’il conviendrait de revoir au plus vite afin de revenir à la législation chrétienne d’Ancien Régime, le blasphème est un crime, un péché grave qui conduit celui qui s’y livre et ceux qui l’encouragent à l’Enfer !

Notes.
1. « Le péché mortel, attaquant en nous le principe vital qu’est la charité, nécessite une nouvelle initiative de la miséricorde de Dieu et une conversion du cœur qui s’accomplit normalement dans le cadre du sacrement de la Réconciliation : Lorsque la volonté se porte à une chose de soi contraire à la charité par laquelle on est ordonné à la fin ultime, le péché par son objet même a de quoi être mortel… qu’il soit contre l’amour de Dieu, comme le blasphème, le parjure, etc. ou contre l’amour du prochain, comme l’homicide, l’adultère, etc … En revanche, lorsque la volonté du pécheur se porte quelquefois à une chose qui contient en soi un désordre mais n’est cependant pas contraire à l’amour de Dieu et du prochain, tel que parole oiseuse, rire superflu, etc., de tels péchés sont véniels. » (Saint Thomas d’Aquin, Som. Th. 1-2, 88, 2).
2. Entre la fin du XIIe siècle et le milieu du XIIIe siècle, à partir d’Alain de Lille et Pierre le Chantre jusqu’à Thomas d’Aquin, nombreux furent les théologiens qui définirent et classifièrent les péchés de la langue. L’inventaire était bien diversifié : blasphemia, murmur, mendacium, periurium, falsum testimonium, contentio, malecdictum, convicium, detractio, adulatio, iactantia, ironia, derisio, turpiloquium, surrilitas, stultiloquium, multiloquium, verbum otiosum.
3. Extrait de l’ordonnance de saint Louis contre le blasphème : « … (une telle sentence) avint que uns hons de paris de moiennes gens iura vilainement contre le non nostre seigneur est dist grant blaspheme. Pour quoi li rois droiturier le fist prendre et le fist seignier dun fer chaut ardant parmi les baulevres a ce quil eust pardurable memoire de son pechie. Et que les autres doubtassent a jurer vilainement le nom de leur creatour. »
4. Les peines de carcan et pilori avec mention de lèvres, signifiaient que la lèvre inférieure, puis supérieure étaient fendues, de manière à laisser voir les dents du blasphémateur.
La christianophobie et ses avocats égarés

Ceux, pollués par les idées libérales, qui souhaitent pactiser avec le monde,
justifient la christianophobie et le blasphème !
Alors que la manifestation contre la christianophobie à l’appel de l’Institut Civitas fut, en tous points, une réussite, rassemblant des chrétiens largement, bien au-delà des milieux traditionalistes jusqu’à même y agréger des réformés, des représentants de certains patriarcats orthodoxes et des musulmans, ce qui montre bien que le sentiment de protestation est communément partagé par de nombreux croyants choqués devant l’utilisation blasphématoire de l’image du Christ, quelques témoignages, qu’il ne convient tout de même pas d’exagérer en raison de leur caractère limité, sont cependant venus produire un léger son discordant chez certains catholiques appelant au respect des “œuvres d’art“ contemporaines et des spectacles blasphématoires.
Cette petite musique n’est pas nouvelle, elle s’est déjà fait entendre lors de l’affaire du « Piss-Christ » en Avignon, comme elle s’était signalée dans toutes les initiatives honteuses (Christ d’Embrun, Hellfest, etc.), afin d’émettre des réserves en considérant que l’art et les artistes ont le « droit » (sic) de prendre des audaces au nom de la liberté d’expression et du « questionnement » à l’égard des symboles de la Foi. Etrange position pour des catholiques, si caractéristique pourtant de ceux, pollués par les idées libérales, qui souhaitent pactiser avec le monde.
I. Terrible naïveté
Aujourd’hui, alors que se sont distingués par leur courage de nombreux jeunes catholiques ulcérés devant des représentations indignes venus protester et prier avec force sur la place publique et qui sont inquiétés par la justice, nous entendons l’abbé Pierre-Hervé Grosjean, suivi par l’abbé Cariot et Myriam Picard journaliste catholique (sic), et ne doutons-pas qu’ils seront rejoints bientôt par la cohorte des auteurs conciliaires bien-pensants et des faiseurs d’opinions, entonner le même couplet archi-rebattu : « vous avez jugé et condamné trop vite ; vous avez été trompés et manipulés ».
Or, comment ne pas reconnaître dans ce discours, la même thématique complaisante et conciliatrice à l’égard du monde actuel et de ses valeurs désorientées – alors que l’on sait que les théâtres, les musées, les galeries, les festivals et les prétendus artistes constituent une organisation lucrative et subventionnée du scandale et de la haine antichrétienne férocement anti-traditionnelle – qui se retrouve dans l’ensemble des opinions modernistes. Ce qu’il convient surtout de voir, c’est que ce discours conciliant émis par des naïfs, des inconscients, des apostats comme le père Culat, ou des coquins compromis, témoigne surtout d’une profonde ignorance des mécanismes pervers de l’art contemporain. Et il faut se tourner vers des spécialistes en la matière, pour mieux comprendre en face de quoi nous nous trouvons avec l’industrie du spectacle christianophobe.

Un exemple de l’industrie du spectacle christianophobe,
d’Andres Serrano “Madonna and Child II “(1989), immergés dans l’urine.
Ainsi Christine Sourgins, historienne de l’art, réagira à l’exposition d’Avignon qui présentait l’immonde « Piss Christ » en démontrant la manœuvre qui sous-tendait cette manifestation : « L’art contemporain cherche non pas la beauté mais le scandale et Piss Christ est emblématique à ce sujet : la photo diffuse une chaude lumière orangée, qu’on pourrait qualifier de belle tant qu’on ignore la teneur de ce bain lumineux : urine agrémentée de sperme. Voilà une beauté scandaleuse, l’équivalent du baiser de Judas, signe d’amitié au premier abord, trahison en réalité. » [1] Paroles singulièrement pertinentes fondées sur une fine analyse de la supercherie artistique. Mais cette réflexion va plus loin, elle touche directement aux principes sur lesquels s’appuie le discours de l’art contemporain, la façon dont il instrumentalise sa critique et les complicités, y compris ecclésiales, dont il bénéficie : « Le public qui pétitionne, proteste, défile…n’est pas pris au sérieux. Le public a droit de citée uniquement s’il cautionne le choix des agents culturels au pouvoir. Sinon, il déchoit de sa qualité de public et devient censeur, grave injure. » [2]
II. La corruption de l’intelligence catholique
Le plus triste dans cette affaire, c’est de voir les chrétiens scandalisés, légitimement, être trahis non seulement par des naïfs abusés comme l’abbé Pierre-Hervé Grosjean, l’abbé Cariot et Myriam Picard, mais surtout par les responsables de l’Eglise conciliaire qui en rajoutent dans la veulerie et la collaboration avec la culture de mort à l’exemple de l’archevêque cardinal André Vingt-Trois, soutenus en cela par les ignobles arguties publiées par des minuscules penseurs labellisés « catholiques ».

Avec la pièce de Castellucci, ont retrouve les mêmes arguments
déjà utilisés par les mêmes gogos stupides
prêts à justifier les plus grosses farces artistiques blasphématoires.
Détournant par exemple la signification de la « kénose » qui, très loin de la conception fécale et laxative de Castellucci, signifie pour le Christ non pas se « vider » en utilisant une expression évoquant la dissenterie, mais, sur le plan théologique, « s’anéantir » de sa condition divine pour assumer notre condition humaine [3], l’Abbé Cariot écrit : « une longue médiation sur la compassion entre un fils et son père, vieillard incontinent. Le tout sous le regard d’un Christ d’Antonello de Messine, qui évolue au fil du spectacle en fonction du drame de la déchéance qui se joue sur scène. Méditation sur l’incarnation, la souffrance, la kénose, l’humiliation… Rien à voir avec les accusations de blasphème, d’offense au Christ, qui depuis plusieurs jours rassemblent des centaines de personnes. »
Et l’on retrouve, une fois encore, les mêmes arguments usés et vieillis jusqu’à la corde déjà utilisés par les mêmes gogos stupides prêts à gober les plus grosses farces artistiques scandaleusement blasphématoires comme le fut le « Piss-Christ : « Certes, la photo est réalisée avec un liquide ignoble, mais la belle lumière montre la puissance de la transfiguration « (sic) ! Voilà un argument de raisonneur, habile à jouer avec les mots mais incapable de voir ce qui est transfiguré : la banalité d’un objet proche de St Sulpice. Autre argument, avancé, paraît-il, par un philosophe [4] : les secrétions corporelles, la sueur, la sanie, il y a du y en avoir lors de la crucifixion, alors pourquoi pas Piss-Christ ? Cette fois c’est la symbolique qui est perdue de vue par le raisonneur : tous les produits corporels n’ont pas même valeur, on est sauvé par l’eau et le sang, pas par l’urine qui est justement le liquide émis quand on a peur, ou qu’on crève de lâcheté. Or le Christ est mort par amour… » [5]

Tous les produits corporels n’ont pas même valeur,
on est sauvé par l’eau et le sang du Christ,
pas par l’urine ou les excréments !
Totalement incapable d’effectuer cette distinction minimale, Mgr Albert Rouet, ce que beaucoup de chrétiens ignorent, avait fait l’éloge de Piss Christ dans son livre L’Église et l’art d’avant-garde (Albin Michel, 2002). Que trouve-t-on dans cet ouvrage signé par un ecclésiastique ? Des œuvres imprimées en pleine page couleur apparemment de manière voulue – très provocatrices : des sexes de femmes exhibés (Araki Nobuyoski, Jean-Luc Verna, Lisa Yuskavage), la revendication de l’homosexualité (Gilbert et Georges, Pierre et Gilles, Nan Goldin), de l’art avec des cadavres (Semefo, Andres Serrano, Marina Abramovic), des chairs torturées (Kiki Smith, Hermann Nitsch), etc.
L’évêque ignorant les grosses ficelles de la création d’avant-garde, évoquait avec une naïveté confondante, qui d’ailleurs frise souvent avec la stupidité pure et simple, « le Cantique des cantiques, les concepts de « chair » et « corps » chez Paul, l’Incarnation de Jésus-Christ », écrivant ce type d’idiotie confondante : « L’art symbolise le mystère, l’autre côté du réel. Il donne à penser. Il donne à vivre. C’est ce que j’entends par « spirituel » ». Ceci pour justifier l’injustifiable, pour faire « moderne », pour ne pas donner l’air d’être en dehors du coup. Résultat ? une catastrophe théorique conduisant à des conséquences dramatiques dont témoignent certaines églises de nos villes et villages, otages des délires d’artistes contemporains, demeures sacrées livrées par la hiérarchie catholique à l’ignominie et au blasphème.
III. La désorientation généralisée dans l’Eglise

Les requins du milieu de l’Art ont parfaitement compris
où résidait la faille de l’Eglise moderne
Les requins du milieu de l’Art qui ont parfaitement compris où résidait la faille de l’Eglise moderne s’y sont engouffrés avec une visible délectation, se jouant au maximum des cautions reçues de personnages sots et crédules comme Mgr Rouet, utilisant dans le même temps le discours pervers de tristes coquins littéraires, coqueluches mondaines des magazines modernistes comme Philippe Sollers, Marek Alter, ou Fabrice Hadjadj.
L’Église d’après Vatican II qui a détruit sa liturgie, renversé les autels, bazardé les ornements, s’est laissée fasciner par les sirènes mensongères de l’avant-garde, allant, dans une trahison inqualifiable, jusqu’à prétendre que « l’immonde et l’abomination offerts à la vue par des artistes pervertis, étaient les meilleures portes d’accès à la vérité de l’Évangile » [6]. Cette attitude a rendu possible l’impensable, à savoir l’envahissement jusqu’au cœur des églises, des pires immondices sous prétexte d’ouverture et de modernité. Elle a également permis l’organisation de manifestations publiques où est célébré le blasphème avec l’argent public : l’exposition d’Avignon était officielle, le ministère de la culture, une mairie UMP, le conseil régional PS ainsi que le groupe LVMH la cofinançaient. Il en va de même pour Golgota Picnic et Sur le concept du visage du fils de Dieu, qui insultent et humilient le Christ, spectacles en tournée dans plusieurs villes de France, programmés par des théâtres bénéficiant de larges subventions publiques accordées généreusement à l’art contemporain, aidé et encouragé depuis des décennies par messieurs Lang, Douste-Blazy, Donnadieu de Vabre, Mitterrand et consorts, admiratifs des thématiques touchant à la transgression, la morbidité, la pornographie, le laid, l’urinaire et la défécation.

En 2009, Mgr Di Falco présentait en plein Carême
dans sa cathédrale un Christ sur une chaise électrique !
Ainsi n’a-t-on pas vu à Embrun en 2009, Mgr Di Falco présenter en plein Carême dans sa cathédrale un Christ sur une chaise électrique ? Aujourd’hui dans un musée de Santa Fe, Alma Lopez “artiste” d’origine mexicaine, féministe et catholique progressiste, encensée par les bobos esthétisants de la Côte Ouest et financée par toutes sortes d’organismes publics, aux frais du contribuable expose un grossier blasphème contre Notre Dame de Guadalupe. A Rodez, les nouveaux vitraux de la cathédrale sont constitués d’images profanes dans lesquelles on peut distinguer des pénis et des vagins ! A présent se sont les immondices fécales de Castelluci, ses blasphèmes vantés comme des méditations sur la misère de l’homme et le silence du Christ par les abbés Pierre-Hervé Grosjean et Cariot ou Myriam Picard, et nous pourrions poursuivre longtemps cette longue liste des égarements des esprits issus de l’Eglise postconciliaire.
Conclusion

Il faut redire la légitimité de la protestation des consciences catholiques
Nous comprenons, par ces exemples monstrueux, l’étendue effroyable des dégâts, et percevons ce qui rend possible de telles manifestations blasphématoires en un pays qui fut, encore récemment, profondément marqué par le christianisme à l’égard duquel subsistait, notamment dans les campagnes, un sentiment de profond respect.
Il faut redire la légitimité de la protestation des consciences catholiques et considérons qu’elle devrait être plus importante encore, tout en dénonçant le profond aveuglement de ceux qui se font les complices des blasphémateurs, soutenant le système du spectacle de la provocation de l’indécence, de l’impudeur et qui demain défendront « Golgota Picnic » qui présente un Christ de la plaie duquel sortent des billets de banque en prétendant surement que Léon Bloy a parlé du Sang du pauvre pour symboliser l’argent, ou justifieront n’importe quelle ignominie au prétexte du nécessaire dialogue avec ceux qui « interrogent notre foi » (sic).
Il faut donc continuer, plus que jamais, à condamner fermement le blasphème, à s’élever contre les blasphémateurs et ceux qui les soutiennent et les encouragent, interdire que l’image du Christ soit profanée, combattre ceux qui salissent indignement le visage du Sauveur, qui flétrissent les symboles de l’Eglise, souillent honteusement les représentations de Jésus ou des saints, protester avec la plus extrême énergie combattive contre toute atteinte à la sacralité de Notre Seigneur, tel est le devoir impérieux de tout chrétien authentique.
Ad Majorem Dei Gloriam !

Notes.
1. C. Sourgins, Du blasphème d’Avignon : le ton juste, 20 avril 2011. Elle poursuit son analyse ainsi : « La tension entre esthétisation et intention déviée, fait partie de la construction de l’œuvre comme piège, selon les principes de l’art dit duchampien. Que Serrano se disent chrétien ne devrait donc tromper personne : on ne s’autoproclame pas chrétien tout seul, mais on rentre dans une communauté enracinée dans l’histoire, dans une famille ; cracher sur qui vous accueille n’est pas le meilleur moyen de se faire reconnaître…Pourquoi ce goût du scandale ? Le but de l’exposition actuelle est de » faire événement », à tout prix, donc le carême est la période indiquée, de même la ville d‘Avignon, ville des Papes ! Car engranger des retombées médiatiques fait monter les cotes de l’art financier qui excelle à récupérer l’indignation.»
2. Ibid.
3. « Philippiens 2, 6 : Lui, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’anéantit (εκένωσεν) lui-même, prenant condition d’esclave, et devenant semblable aux hommes. S’étant comporté comme un homme, il s’humilia plus encore, obéissant jusqu’à la mort, et à la mort sur une croix ! »
4. Le « philosophe » (sic) visé par Christine Sourgins dans son article n’est autre que le ridicule Fabrice Hadjadj, le Doc Gynéco des sacristies qui s’était déjà honteusement distingué par un livre immonde :« La profondeur des sexes » (2008), et qui signa une tribune dans le Figaro le 19 avril 2011 : « Peace Christ: de l’affaire Serrano au mystère de Pâques », tribune dans laquelle le cuistre écrit : « L’accusation de blasphème est précisément celle dont on s’est servi pour condamner Jésus à mort: c’est une tendance pharisaïque à se poser en grand prêtre omniscient. Indubitablement, nombreux sont les catholiques ignorants de l’art contemporain: ils oscillent entre un rejet en bloc et un accueil sans discernement. Nostalgie académique, qui passe à côté du temps présent ; ouverture à tout vent, qui interdit l’hospitalité véritable. Un des motifs de cette ignorance se trouve dans l’incapacité à se situer ailleurs que sur le plan moral. Au nom de la morale, il faut accueillir les œuvres contemporaines, comme les sans-papiers des beaux-arts. Au nom de la morale, il faut condamner le Piss Christ d’Andres Serrano, comme la profanation d’un tabernacle. Le problème, c’est que, comme le rappelle la fondatrice de la revue Art Press, Catherine Millet, dans ce domaine d’abord esthétique, «les significations sont glissantes». Ce qu’oublie de signaler l’extasié des utérus, c’est que la dite Catherine Millet, pornographe patentée fournisseuse de littérature de bidet pour les kiosques, est encensée précisément dans « La profondeur des sexes » d’Hadjadj (ses partouzes échangistes y sont comparées aux extases de sainte Thérèse d’Avila), et fait partie de son réseau d’amitiés médiatiques qui se sont enthousiasmées sur l’audace de l’ignoble bouquin qui fantasmait sur les émois de la chair divine. Mais c’est avec la suite que l’on touche au plus abject, révélant la névrose charnelle d’Hadjadj qui réitère les propos graveleux dont il s’est fait désormais le spécialiste : « Le Verbe s’est fait chair : cela veut dire, par voie de conséquence, que le Messie a une vessie, que le Fils de Dieu, Dieu lui- même, a uriné. La thèse était insupportable aux gnoses dualistes : le chef de secte Valentin affirmait que le Christ n’avait pu avoir qu’une apparence de corps, car c’était manquer à la «spiritualité» que de croire que le divin pouvait assumer sans dégoût nos servitudes physiologiques. Mais cette indignation est déjà celle des grands prêtres qui condamnent Jésus : c’est un blasphémateur, parce qu’il se dit Dieu, alors qu’il urine comme vous et moi. » On voit où peut conduire un tel raisonnement désorienté, car si le Christ en se faisant chair a eu une vessie, il a eu aussi des intestins, pourquoi donc, selon cette logique malsaine et maladive, ne pas aller jusqu’à s’autoriser des audaces artistiques sur les excréments ? Or, c’est précisément l’idée de Romeo Castellucci dans sa pièce scatologique ”Sur le concept du visage du fils de Dieu” !
5. Ibid.
6. J. Clair, L’Hiver de la culture, Flammarion, 2011.
Mobilisation nationale contre la christianophobie !

Nous nous faisons l’écho de l’appel à la mobilisation générale des consciences catholiques contre la christianophobie, et pour cela reproduisons in extenso le message d’Alain Escada, le secrétaire général de l’Institut Civitas, afin de soutenir cette action légitime et justifiée, de sorte de protester contre les attaques scandaleuses et les ignobles blasphèmes perpétrés contre le Christ, lors de la grande manifestation organisée samedi 29 octobre à Paris à 18h place des Pyramides.
Pour la Gloirede Dieu, l’honneur de Jésus-Christ et le respect de la sainte religion chrétienne !
Tous présents le samedi 29 octobre à Paris
pour défendre le Christ outragé !
Chers amis,
Le samedi 29 octobre prochain, une grande manifestation nationale contre la christianophobie partira à 18h de la place des Pyramides à Paris.
Une manifestation de plus ? Et, qui plus est, un week-end de vacances pour beaucoup de Français ? Oui, mais les faits l’imposent. Quelle serait donc la réalité de notre foi si, sachant que le Christ se fait insulter, nous choisissions, imperturbables, de préférer prendre la direction de la campagne plutôt que de nous joindre à cette démonstration publique de notre attachement à Celui qui est mort sur la Croix pour notre rédemption ?
Et c’est bien de cela qu’il s’agit. Deux spectacles, “Golgota Picnic” et “Sur le concept du visage du fils de Dieu“, insultent et humilient le Christ. Deux spectacles en tournée dans différentes villes de France, grâce à l’argent du contribuable, via des subventions publiques, ainsi qu’à l’aide de mécènes attirés par diverses fumisteries pseudo-artistiques aux relents sulfureux. Quelques mois à peine après l’affaire du “Piss Christ”, cette photographie sordide d’un crucifix plongé dans un récipient d’urine de “l’artiste”, pièce maîtresse d’une exposition d’art contemporain bénéficiant également de plantureuses subventions publiques.
Si ceux qui affirment aimer le Christ devaient rester impassibles devant cette succession de provocations antichrétiennes, à quoi devrons-nous nous attendre dans les mois qui suivent ? L’enjeu est évident : soit la mobilisation chrétienne est d’une telle ampleur qu’elle fait reculer, au moins pour quelques temps, les tenants de la christianophobie; soit la faiblesse des bons permet aux mauvais de s’imposer et nous condamne à subir une accélération de ce déferlement christianophobe.
Car oui, nous vivons un temps de christianophobie.
Lorsqu’une parcelle musulmane ou juive d’un cimetière est profanée, tous les médias et toutes les autorités politiques s’en émeuvent. Mais pas un mot pour rappeler que plus de 90% des profanations de cimetières commises en France concernent des tombes chrétiennes.
Qu’un graffiti insultant apparaisse sur les murs d’une synagogue ou d’une mosquée et toutes les télévisions mettent la France en émoi. Mais aucun journaliste ne signale que la majorité des lieux de culte profanés en France sont des lieux de culte chrétiens.
Imaginez un seul instant qu’en une seule semaine une dizaine de synagogues ou de mosquées soient vandalisées. Le tollé serait tel qu’à travers toute la France on ne compterait plus les cortèges de manifestants scandalisés tandis que les médias multiplieraient les dossiers spéciaux sur un ton unanimement outré. Mais qui s’inquiète que, durant la Semaine Sainte, en un temps particulièrement important pour les Chrétiens, près d’une dizaine d’églises et de chapelles de France furent vandalisées, profanées ?
Voyez aussi le monde de la publicité. On chercherait en vain au cours de ces dix dernières années une campagne publicitaire tournant en dérision un symbole religieux juif ou musulman. Mais les exemples abondent de publicités détournant de façon choquante des éléments propres à la foi catholique.
Des cantines scolaires aux rations militaires, des rayons des supermarchés jusqu’aux hamburgers des chaînes de fast-food, c’est la grande mode des menus halal. Mais combien de responsables de l’autorité publique se font un point d’honneur de servir de la viande le vendredi ou encore de supprimer les crèches de Noël ?
Qu’un humoriste choque la communauté juive et il connaîtra les foudres de la justice et le bannissement télévisuel. Qu’une caricature choque la communauté musulmane et c’est le monde qui s’enflamme. Et, dans les deux cas, cela s’accompagnera d’un consensus réprobateur de tout ce que l’on compte comme autorités morales, philosophes, journalistes, politiques, figures du show-biz et autres tenants de la bien-pensance. Mais que l’on se moque du Christ, que l’on insulte ce qu’il y a de plus sacré pour les chrétiens, que l’on offense les catholiques et voilà que l’on voudrait nous faire passer cela pour de l’art. Qu’un détraqué plonge un crucifix dans un vase qu’il a rempli de son urine, qu’il photographie le tout et voilà que des snobinards décadents décrètent que c’est de l’art ! Qu’un metteur en scène mêle le Christ à ses pensées obscènes et voilà qu’il bénéficie du tremplin de l’un ou l’autre festival de théâtre en vogue.
Mais trop c’est trop. Cette manifestation du 29 octobre prochain est l’occasion de faire entendre notre détermination à faire reculer la christianophobie !
Entretemps, chacun de vous peut et doit contribuer à cette riposte de grande ampleur organisée par Civitas.
Que pouvez-vous faire ?
. Signer la pétition et la faire signer par votre entourage. Pour plus d’informations, allez sur le site : défendonslechrist.org
· Ecrire et/ou téléphoner aux directions des théâtres concernés.
· Ecrire et/ou téléphoner aux institutions accordant des subventions publiques à ces spectacles ainsi qu’aux sociétés privées et fondations leur accordant du mécenat.
· Ecrire aux Evêques de France afin de leur demander de condamner publiquement ces spectacles.
· Écrire aux directions des associations chrétiennes afin de leur demander de soutenir cette mobilisation.
· Écrire aux médias, parce qu’il faut faire de cette mobilisation contre la christianophobie un débat de société.
· Écrire aux élus (sénateurs, députés, conseillers généraux et régionaux, maires, conseillers municipaux) pour dénoncer cet antichristianisme et les subventions publiques qui lui sont accordées.
· Relayer tout cela sur les sites et blogs, les forums de discussion et les réseaux sociaux.
· Coller affiches et autocollants que l’on peut commander au secrétariat de Civitas (liens 1 et 2)
· Distribuer les tracts que l’on peut commander au secrétariat de Civitas.
· Venir à la grande manifestation nationale contre la christianophobie le samedi 29 octobre (rdv : 18h à la place des Pyramides)
· Organiser des cars ou des covoiturages pour venir de province à cette grande et importante manifestation nationale.
· Participer aux récitations du chapelet qui seront régulièrement organisées devant les théâtres concernés (les informations suivront).
· Participer aux manifestations régionales qui seront organisées (à Toulouse, Rennes et Villeneuve d’Ascq).
· Vous porter volontaire pour les services d’ordre qu’il nous faudra mettre en place lors des diverses manifestations.
· Proposer votre savoir-faire, vos compétences (en informatique, en graphisme, en vidéo, en photo, en sono,…).
· Aider financièrement Civitas à assumer le coût important de cette mobilisation à travers toute la
France jusqu’en décembre (dons en partie déductibles fiscalement).· Organiser des veillées de prières à travers toute la France.
· Ajouter à vos intentions de prières le recul de la christianophobie, la déprogrammation de ces spectacles, la bonne marche de cette mobilisation et la bienveillante protection de Notre-Seigneur sur tous ceux qui y participent.
Nul ne peut dire qu’il ne peut rien faire. Chacun peut trouver dans cette liste différents moyens de contribuer à cet effort pour défendre l’honneur du Christ.
Je compte sur chacun de vous. Tous présents le 29 octobre à Paris ! Que Dieu nous vienne en aide.
Alain Escada, secrétaire général de l’Institut Civitas
Institut Civitas
17, rue des Chasseurs – 95100 Argenteuil
01.34.11.16.94 – secretariat@civitas-institut.com
http://www.civitas-institut.com – http://www.francejeunessecivitas.com

Non à la christianophobie : défendons le Christ !

L’art moderne offre l’exemple accompli
de la dégénérescence, de la décomposition,
du nihilisme et de la mort.
Nous l’avons déjà dit et écrit cent fois, l’art contemporain est une maladie, le symbole d’un monde malade et dégénéré. L’art contemporain, sous ses diverses dénominations et expressions : de la sculpture en passant par la photographie, la peinture, le théâtre ou la musique, est une escroquerie de premier ordre, un brigandage honteux, une fumisterie sans nom.
Son moteur est la provocation – de préférence antichrétienne car c’est celle qui ne fait pas encourir de grands risques mais rapporte gros - car avant toute chose l’art contemporain c’est le marché, le fric, le pognon, les sommes faramineuses, souvent provenant de l’Etat par le biais des subventions, circulant entre les galeristes, les musées, les théâtres, les festivals et les prétendus « artistes ». Tout ce petit monde, qui profite, se graisse et se délecte de la combine, est à la tête d’une gigantesque mécanique perverse parfaitement orchestrée, relayée par des médias complices, une classe politique soumise et une Eglise démissionnaire.
I. Les racines de l’art dégénéré
Ceci nous le savons depuis longtemps, le monde moderne et son spectacle nous offrent, l’un et l’autre, l’exemple accompli de la dégénérescence, de la décomposition, du nihilisme et de la mort. Nous vivons un temps où la corruption, notamment en art, a atteint des niveaux absolument incroyables, et la seule réponse qu’il convient d’avoir en forme d’ultime réaction salvatrice avant que tout ne s’effondre face à cette infection généralisée est très simple, et ne nous pose d’ailleurs aucune difficulté à l’énoncer clairement : Autofadé !

Le Sauveur du monde ou «Salvator Mundi»,
d’Antonello da Messina (1430-1479), sert de toile de fond
au « spectacle » blasphématoire de Romeo Castellucci.
Pourtant, malgré ce constat qui n’est pas désespérant mais lucide car nous croyons, fort heureusement, à la possibilité d’un redressement contre-révolutionnaire qui réédifiera la civilisation chrétienne après l’épisode destructeur que nous traversons, alors que dans la capitale on croit utile de programmer des spectacles blasphématoires, avec courage et une détermination admirable à l’invitation principale de l’Institut Civitas, soutenu dans son initiative par plusieurs autres mouvements oeuvrant au service de la Tradition, les jeunes catholiques tentent d’empêcher la pièce « Sur le concept du visage du fils de Dieu » [1] d’être jouée, spectacle ignoble qui n’a rien trouvé de mieux dans la provocation que de lancer des excréments sur le visage du Christ. Imaginons une scène de ce type dans un spectacle avec les symboles du judaïsme ou de l’islam ! La réponse des pouvoirs publics serait immédiate : interdiction pour risques de troubles à l’ordre public et condamnation pour atteinte choquante au respect des croyances religieuses.
II. L’antichristianisme comme moteur du scandale
Mais nous sommes en France, et du Hellfest aux prétendues élites culturelles qui dirigent les musées, les galeries, les festivals ou les théâtres, la recette à la mode qui, est une assurance d’audimat et de publicité est bien connue : l’antichristianisme et le blasphème antichrétien. Nous ne le savons, hélas ! que trop bien, l’art contemporain agonisant qui est d’une indigence pitoyable sur le plan conceptuel, cherche depuis des décennies, non pas la beauté mais le scandale, et le Piss Christ comme les pièces actuellement programmées au théâtre du Châtelet, sont emblématiques de cette volonté de scandale.
La caractéristique propre du monde moderne, son aspect tragique aboutissant à la destruction des vestiges matériels ou institutionnels de la Tradition, est, en premier lieu, la négation de la Sainte Religion chrétienne. Et ceci s’explique du fait que la situation tragique de ce monde relève d’un drame tout autant politique que spirituel qui a pour nom la Révolution satanique de 1789 qui se reproduit en étendant ses effets chaque fois foulant aux pieds les principes divins (Révolution bolchévique, Vatican II, etc.).
III. La nécessaire réaction
L’antichristianisme viscéral et maladif et le blasphème qui l’accompagne – dont nous ne croyons plus qu’on puisse les traiter uniquement par des pétitions qui ne servent strictement à rien – se portent à merveille, ceci au nom de la « liberté d’expression » et de « l’art ».
Nous avons longuement expliqué en quoi le peu crédible argument de la « liberté d’expression » était une pure hypocrisie à l’occasion de la nouvelle édition du Hellfest, d’autant que si, au lieu de proférer des blasphèmes antichrétiens, on fustigeait et injuriait en des termes équivalents l’islam et le judaïsme, on sait la réaction immédiate qu’il surviendrait, avec le concours empressé des associations communautaires et mémorielles. De ce fait, ayant vivement félicité les catholiques qui prirent la courageuse initiative de détruire cette immondice prétendument artistique qu’était le « Piss Christ », nous ne pouvons que soutenir l’action de ceux qui tentent de s’opposer à un blasphème caractérisé qui doit, comme toutes les autres « manifestations » scandaleuses de ce type, être systématiquement combattu, empêché et interdit !
Comme l’écrit avec pertinence Olivier Perceval, le secrétaire de l’Action Française :
« Deux spectacles blasphématoires [2] prennent directement à la personne divine et humaine du Christ de façon provocante et ordurière. Au nom de la liberté artistique, il est désormais admis qu’on puisse mettre en cause avec des images et des paroles d’une violence inouïe ce qu’il y-a de plus sacré pour de nombreux français. Notons que de tels propos sur d’autres religions ou orientations sexuelles tomberaient immédiatement sous le coup de la loi. Devant la complicité bienveillante de l’oligarchie au pouvoir qui appelle « culture » ces contenus de toilettes publiques, l’Action française entend se substituer aux autorités de la république pour faire respecter notre civilisation millénaire dont la catholicité est la matrice originelle. Vous cherchez la bagarre ? Vous l’aurez… »
A C T I O N S :
Ainsi donc, se prépare une manifestation de protestation contre la christianophobie à laquelle il convient de donner une grande ampleur afin de savoir qu’il esqt grand temps que cessent les provocations injurieuses à l’égard du christianisme :
Par ailleurs un site de soutien a été créé, destiné à recevoir des dons pour permettre aux nombreux jeunes catholiques qui ont été gardés-à-vue et passeront en procès de payer leur frais de justice.

Une adresse à faire circuler largement :

Enfin pour aider les jeunes catholiques
qui tentent avec courage de s’opposer au blasphème
venez nombreux prier munis de vos chapelets
devant le Théatre de la Ville les jours de la représentation !
Théâtre de la Ville Paris
2, place du Châtelet
75004 Paris
Site : http://www.theatredelaville-paris.com
Les dates
du 20/10/2011 au 29/10/2011
jeudi, vendredi, samedi, mardi, mercredi: 20h30
dimanche: 15h00
NON AU BLASPHEME !
NON A L'INJURE CONTRE LE CHRIST !
NON A LA CHRISTIANOPBHOBIE !
Notes.
1.Peintre italien du XVe siècle, Antonello da Messina (1430-1479) possède un style profondément influencé par la peinture flamande : son voyage en Flandre et sa rencontre avec la peinture de Jan van Eyck n’y auront pas été pour rien. Le beau visage du Christ « Sauveur du monde » réalisé par Antonello da Messina, essaient de déchiffrer son mystère. Le geste de sa main, que le peintre a repris comme l’attestent les traces d’un dessin antérieur, est autant celui de la bénédiction que celui de l’enseignement. Quelque chose de l’«exousia» – pour dire «autorité», le grec dit : «expression de l’être» – se dégage de cette image. Il représente le Christ bénissant et Sauveur, le Christ Rédempteur et réparateur du genre humain.
2. Ces deux « spectacles » répugnants sont :
- “Golgota picnic” de Rodrigo Garcia, qui prétend revisiter les Saintes Ecritures et parle d’approche “absolument impudique” destinée à présenter l’iconographie chrétienne comme l’image de “la terreur et de la barbarie”. Dans le dossier de presse le metteur en scène explique avoir construit son propre imaginaire biblique, celui-ci se traduit par un langage et des images obscènes. Le Christ est appelé ici “el puto diablo” et est comparé à un terroriste. Sa plaie ultime de crucifié est remplie de billets de banque. Des hamburgers jonchent le sol de la scène de spectacle pour parodier de façon grotesque la multiplication des pains. Et c’est nu que le chef d’orchestre italien Marino Formenti interprète au piano l’air des “Sept dernières paroles du Christ en Croix” de Haydn. Mais Marino Formenti n’y voit pas malice puisque “les acteurs (…) sont nus très souvent aussi”. Joué précédemment en Espagne, ce spectacle blasphématoire y avait provoqué un véritable tollé, suscitant une question au Parlement, puis des manifestations devant le théâtre. A quoi le metteur en scène Rodrigo Garcia se contente de répondre : “Mes pièces sont toujours mal reçues. Une bonne partie du public est bête (…)“.
- “Sur le concept du visage du fils de Dieu“, spectacle blasphématoire, opéra-théâtre, “œuvre” de Romeo Castellucci qui sera en tournée européenne jusqu’en février 2012, notamment à Paris, au Théâtre de la Ville, du 20 au 30 octobre, et au Centquatre, du 2 au 4 novembre, à Rennes, du 10 au 12 novembre, et à Villeneuve-d’Ascq, au Théâtre La Rose des Vents les 29 et 30 novembre. La succession de tableaux montre tour à tour un vieillard nu se torchant les fesses, des enfants caillassant le visage du Christ (avec des grenades factices pour faire plus vrai) puis le visage innocent de NSJC est attaqué de l’intérieur. Il est d’abord trituré, déformé comme par des mains et des pieds qui pousseraient la fine peau de surface. Ensuite on dirait qu’un grand couteau l’entaille, et de grandes coulures d’un brun-rouge évoquant plus les matières fécales de la scène précédente que le sang, se répandent sur lui, avant qu’un voile noir ne recouvre le portrait du fils de Dieu pour faire apparaître le mot de la fin : “You are not my shepherd” (“Tu n’es pas mon berger”).
Lire :
Autodafé contre l’art contemporain !


Aborder la question de la « Gnose », en écho à nos précédents articles portant sur les poisons violents que sont l’ésotérisme, l’occultisme ou la 

Et comment se dénomme en grec la connaissance ? « Gnosis » (γνώσις), en français « Gnose ». Il y a donc, en effet, deux gnoses, l’une authentique l’autre mensongère, et c’est cette dernière que saint Irénée de Lyon (IIe s.) qualifia de « gnose au nom menteur » dans son ouvrage fondamental Adversus haereses (Contre les hérésies).
L’abbé Julio Meinvielle (1905-1973) écrivait donc avec pertinence :
Les modernistes, perfidement, faussement catholiques, défendent une tradition mouvante, évolutive, changeante, alors que du point de vue dogmatique,la Traditionne possède pas de véritable variabilité, car le changement ne peut avoir lieu que dans le sens de l’enrichissement : un enrichissement c’est-à-dire un processus qui ne comporte par d’éliminations. Quand une notion aura été une fois réputée traditionnelle par les autorités de droit avec les preuves d’apostolicité qui s’imposent, personne ne lui retirera plus jamais sa « traditionnalité ». Il s’agit donc d’un épanouissement de la même nature que celui du dogme avec lequel d’ailleurs il chevauche. Il n’y a pas d’épanouissement sans stabilité. Certains, qualifient donc la Tradition de « vivante », la soumettant à un processus naturel vital, c’est-à-dire à une alternance d’assimilations et d’éliminations, les unes provoquant les autres, tolérant d’elle qu’elle se débarrasse périodiquement d’un certain nombre d’éléments qui « ont fait leur temps » et qui seront remplacés par les nouveaux [4].
Bref, cette pseudo-tradition véhicule, mêlées ensemble, toutes les productions de la religiosité naturelle qui se pare du nom « d’ésotérisme », et qui n’est en réalité qu’un des visages modernes de la gnose.


Notre seconde réserve concerne 







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