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Frédéric Mitterrand, Ministre du tourisme…sexuel ?

8 octobre 2009

Forme marchande de  » loisir extrême « , le tourisme sexuel qui, par Frédéric Mitterrand, est à la une de l’actualité, est un fléau moderne qui, s’il s’enracine dans l’univers ancien de la prostitution toujours confrontée à la mobilité, tend aujourd’hui à s’étendre sous la pression de la mondialisation libérale et touristique. Les industries du voyage et du sexe partagent beaucoup d’intérêts communs dans la transformation du monde en gigantesque parc de loisirs, voire en terrain de jeux sexuels.

La suite logique du tourisme classique de masse engendré par la société des loisirs, c’est maintenant le tourisme sexuel qui,  » démocratisation  » oblige, s’inscrit tout à fait dans les schémas libéraux actuels. De plus en plus, on observe l’essor d’une  » prostitution à la carte « , une tendance qui, finalement, ne fait que suivre celle des voyages à la carte… Il n’est plus rare aujourd’hui de rencontrer à Phuket ou à Ko Samui, pour évoquer le cas de la Thaïlande qui fait l’actualité, un routard occidental avec à l’arrière de sa moto ou accrochée à son bras une  » girlfriend « , appellation officielle et plus acceptable de la prostituée qu’il a louée à la semaine ou au mois… Le tourisme sexuel connaît un dangereux effet  » boule de neige  » qui ne le met absolument pas à l’abri d’une massification dans le futur : toujours en Thaïlande, d’une part, les nouveaux clients sont ainsi de plus en plus des jeunes occidentaux en quête d’aventures et de sensations fortes qui peu à peu remplacent les vieux touristes allemands, japonais et américains qui eux-mêmes avaient déjà succédé aux militaires en stationnement pendant la guerre du Vietnam ; d’autre part, une nouvelle clientèle apparaît sur les plages et dans les bars : Malais, Chinois, Coréens… Le secteur informel de la prostitution s’est développé avec l’arrivée plus importante de touristes individuels. Les hommes préfèrent les pays du sud-est asiatique, le Maroc, la Tunisie, le Sénégal, République Dominicaine, Cuba, la Colombie, le Panama, le Surinam, le Mexique, sans oublier le Brésil où l’on compte pas moins de 500 000 enfants tombés dans la prostitution…

Le tourisme sexuel de masse est l’un des gros problèmes qui est train de se développer sur les décombres de la mondialisation qui croise l’univers des mobilités touristiques. Il représente la poursuite de la colonisation sous une forme nouvelle et adaptée à la mondialisation libérale. L’essor du tourisme sexuel à destination des pays  » pauvres  » et celui de la pédophilie plus généralement s’inscrivent tous deux dans cette même logique : dominer l’autre à tout prix, avant d’être dominé et au lieu d’être dominé par lui…

Fin août 2006, un journaliste français a été retenu au Cambodge, prié de verser 125 000 dollars, car il dégradait l’image dorée et touristique du royaume khmer en enquêtant sur les dérives du tourisme sexuel. Pendant qu’on empêche aux journalistes de faire leur travail, les touristes sexuels occidentaux de connivence avec certains personnages corrompus liés au pouvoir en place courent toujours ou deviennent Ministre de la Culture !

« J’ai pris le pli de payer pour des garçons […] Évidemment, j’ai lu ce qu’on a pu écrire sur le commerce des garçons d’ici .[…] Je sais ce qu’il y a de vrai. La misère ambiante, le maquereautage généralisé, les montagnes de dollars que ça rapporte quand les gosses n’en retirent que des miettes, la drogue qui fait des ravages, les maladies, les détails sordides de tout ce trafic. Mais cela ne m’empêche pas d’y retourner. Tous ces rituels de foire aux éphèbes, de marché aux esclaves m’excitent énormément […] On ne pourrait juger qu’un tel spectacle abominable d’un point de vue moral, mais il me plaît au-delà du raisonnable […] La profusion de jeunes garçons très attrayants et immédiatement disponibles me met dans un état de désir que je n’ai plus besoin de réfréner ou d’occulter. L’argent et le sexe, je suis au coeur de mon système, celui qui fonctionne enfin car je sais qu’on ne me refusera pas. »

Frédéric Mitterrand, La Mauvaise vie, Copyright © Noël Blandin / La République des Lettres.

Pendant ce temps, à Benin City, au sud du Nigeria, des milliers de filles ou de garçons visent la transe et pactisent avec le vaudou avant de partir pour l’Europe et échouer dans les filets des réseaux de prostitution qui jetteront ces Africains sur les trottoirs des grandes villes. Toujours à la même période, un livre intitulé Fuck and Forget. Journal de Pattaya, apologie à peine déguisée du tourisme sexuel en Thaïlande (le titre résume bien l’action), sort en librairie en France, succès garanti dès lors que l’on mêle voyeurisme, sexe, domination et tourisme !

Certaines régions du monde se transforment en plaques tournantes du trafic de femmes ou de jeunes hommes, d’autres en lieux de plaisirs pour étrangers nantis, d’autres encore en terroirs frustrés où l’on importe des filles du bout du monde…

Le futur sexuel du monde nihiliste a déjà commencé !

One Comment leave one →
  1. 17 octobre 2009 22:11

    Avec de telles personnes au ministère de la culture, le pays n’est pas près de s’élever moralement !
    Après la légalisation de l’homosexualité, la pénalisation des opposants à cette infamie, nous prépare t-on à devoir tolérer la pédophilie ? La classe dirigeante nous enfonce de jour en jour dans l’abjection et la perversité. Et souvent eux-mêmes nagent en plein dans le vice. A quand le sursaut des hommes de bonne volonté pour les arrêter dans leur folie et leur reorendre le pouvoir, dont elle se montrent indigne !

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