Skip to content

Sarkozy ça suffit : les cathos de droite ruent dans les brancards !

31 octobre 2009
 

Affaires Mitterrand ou Jean Sarkozy, bouclier fiscal… le malaise est grand dans l’électorat conservateur.

« On n’a pas voté pour ça : c’est ce que me disent beaucoup d’électeurs. » Vice-président de la Fondation de service politique, un laboratoire d’idées conservateur qui défend les « valeurs non négociables » de l’Église, François de Lacoste n’y va pas par quatre chemins pour décrire le malaise qui, de la polémique autour de Frédéric Mitterrand à l’affaire Jean Sarkozy, étreint aujourd’hui la droite. Et notamment les catholiques pratiquants, dont les deux tiers ont voté Sarkozy en 2007.

« Il y a une lassitude, une déception que je comprends », note Antoine Renard, président de la confédération nationale des Associations familiales catholiques (AFC). Le député-maire UMP de Vannes, François Goulard, lui-même catholique, évoque une « fêlure » attestée par les mails et lettres de ses électeurs. « À l’intérieur du groupe, il y a des interrogations, des critiques, un trouble profond, même si bien des députés ne s’expriment pas publiquement. Il ne faut pas croire que qui ne dit mot consent », confirme Étienne Pinte, député UMP des Yvelines et réputé lui « chrétien social ». Les sujets qui suscitent le trouble des cathos de droite ont trait à la morale politique, à la morale sociale, et à la morale tout court…

La morale tout court ? Elle a été prise à rebours par l’affaire Mitterrand. Sur le site de la Fondation de service politique, une pétition demande la démission du ministre de la Culture. « Trois raisons justifient notre demande, explique François de Lacoste. D’abord, la fonction politique suppose l’exemplarité et plus on est sur le devant de la scène, moins son intimité est protégée. Ensuite, la position de Frédéric Mitterrand dans l’affaire Polanski accrédite l’idée que le monde de la culture pourrait bénéficier d’une certaine im­punité. Enfin, son livre contribue à banaliser la traite des êtres humains. »

 


Derrière le ministre, c’est le mauvais choix du Président en le nommant qui est montré du doigt : « On a privilégié l’ouverture au détriment des qualités personnelles », déplore Antoine Renard, qui s’inquiète de la fragilité du ministre « quand il aura à traiter de dossiers comme la lutte contre la pédophilie sur Internet ». Plus globalement, ceux qui avaient applaudi la volonté du candidat Sarkozy de « liquider l’héritage de Mai 68 » voient aujourd’hui le gouvernement « céder à une dérive post-soixante-huitarde », selon le député UMP des Alpes-Maritimes Lionnel Luca. Son collègue François Goulard prend comme autre exemple l’idée de la cagnotte anti­absentéisme dans les lycées : « On est à dix mille lieues de la valeur travail sous laquelle Nicolas Sarkozy avait souhaité placer son quinquennat. »

 

La morale politique ? Beaucoup la jugent bafouée par « l’affaire du fils », comme l’appelle François Goulard. C’est-à-dire l’accession programmée de Jean Sarkozy à la tête de l’Établissement public d’aménagement de la Défense (Epad). « Les cathos n’avaient déjà guère approuvé le côté bling bling. Là, on est sur un registre autrement plus grave », poursuit le député du Morbihan, qui voit dans ce dossier le principal objet de scandale, « d’autant que c’est le chef de l’État qui est en cause ». Et même s’il estime qu’il s’agit d’une « campagne savamment orchestrée », Antoine Renard regrette « une provocation inutile qui affaiblit le gouvernement, alors que la France traverse des épreuves difficiles ».

La morale sociale n’est-elle pas écornée par le maintien du bouclier fiscal ? « La situation de nos déficits rend indispensable un effort supplémentaire. Il serait anormal que les plus riches en soient exclus grâce à ce bouclier », résume Étienne Pinte. Le député UMP s’est aussi fait remarquer en étant le seul dans la majorité à signer l’appel de France Terre d’asile contre les charters et les retours forcés en Afghanistan. « Sur le terrain de l’immigration, je comprends que ceux qui n’y sont pas confrontés ne se sentent pas mobilisés. Mais je suis stupéfait qu’il n’y ait pas plus de collègues qui réagissent sur la question de l’héber­gement et du logement, alors que l’hiver va être très difficile ! » Étienne Pinte déplore avoir été le seul de la majorité, avec Martin Hirsch, à participer à la Journée mondiale de lutte contre la misère, le 17 octobre, au Trocadéro.

Si François de Lacoste voit dans l’affaire de l’Epad un « écran de fumée » destiné à faire oublier l’affaire Mitterrand, François Goulard pense l’inverse. À droite, le paysage est marqué par la confusion !

 Philippe Merlant

No comments yet

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :