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Mgr Williamson : un évêque héroïque !

23 janvier 2010

Un an après, l’évêque par qui le scandale est arrivé, n’a rien perdu de son flegme britannique. Mgr Williamson « se porte bien. C’est une année sabbatique imprévue mais assez agréable », dit–il, dans un français impeccable, sans se départir de son ironie. Pour la première fois en effet depuis la crise déclenchée il y a un an par ses propos négationnistes, rendus publics le jour même où l’on apprenait la levée des excommunications qui pesaient sur lui et sur les trois autres évêques ordonnés par Mgr Lefebvre, Mgr Richard Williamson est sorti de l’ombre dans une vidéo publiée jeudi 14 janvier.

S’il refuse toute interview à la presse, Mgr Williamson  a en revanche accepté de se laisser filmer par Pierre Panet, candidat sur la liste antisioniste menée par l’humoriste Dieudonné aux dernières élections européennes. Mgr Williamson aborde, avec beaucoup d’intelligence, les questions religieuses, philosophiques et métaphysiques, critiquant avec force le kantisme et exposant longuement la pensée de saint Augustin. Sur les sujets politiques,  il affirme qu’il « n’y a absolument pas de raisons d’attaquer l’Iran, ce pays selon la doctrine catholique de la guerre juste ». Sur la légitimité de l’État d’Israël, il affirme : « Beaucoup de monde croit que cet État est légitime, mais cela ne fait pas nécessairement qu’il l’est. »

« Ou la Fraternité se trahit,

ou Rome se convertit,

ou l’on aboutit à un dialogue de sourds ! »

Mgr Williamson, janvier 2010.

Enfin, et de façon surprenante, alors que les négociations se poursuivent au rythme de rencontres régulières entamées en octobre entre la FSSPX et Rome, il se dit convaincu que les positions entre les deux camps sont absolument « inconciliables », ajoutant avec beaucoup d’assurance : « Ou la Fraternité se trahit, ou Rome se convertit, ou l’on aboutit à un dialogue de sourds ! »

39 commentaires leave one →
  1. morpri permalink
    23 janvier 2010 12:45

    Mgr Williamson possède une force de caractère extraordinaire. Car après avoir été l’objet de la réprobation générale, traîné dans la boue par l’ensemble des télévisions du monde occidental, réapparaître un an plus tard avec une telle tranquillité et répondre posément à des questions touchant à de nombreux points « sensibles », est tout à fait admirable !

  2. DST permalink
    23 janvier 2010 12:50

    Curieuse approche et analyse de l’affaire Williamson par l’abbé Guillaume de Tanoüarn, membre de l’Institut du Bon-Pasteur (IBP), directeur du Centre Saint-Paul et de la revue Objections.

  3. sixte permalink
    23 janvier 2010 13:02

    L’abbé de Tanoüarn, ancien vicaire à Saint-Nicolas-du-Chardonnet, pousse vraiment un peu loin envers Mgr Williamson, ce n’est pas très élégant : « on commence un processus où le bon grain et l’ivraie vont être distingués »…

    Il semble qu’il ait la mémoire courte s’agissant du zèle dénonciateur de certaines officines, lui qui fut condamné, en octobre 2002, comme directeur de la publication de Pacte, à 3 000 euros d’amende par le Tribunal de grande instance de Paris pour diffamation, injures à caractère raciste et incitation à la haine raciale. Rappelons que le procès portait sur une phrase d’un article rédigé par Claude Rousseau et publié par la revue Pacte dont l’abbé était le directeur. Le texte incriminé comparait les Arabes à des « prolétaires exotiques » et les juifs à des « financiers transnationaux ».

    De plus c’est oublier que l’ivraie pullule et se reproduit à grande vitesse depuis des décennies surtout dans les coulisses de Vatican II, à l’égard duquel, l’abbé, ayant révisé son discours d’avant, semble nourrir des sympathies nouvelles !

    • Vehementer permalink
      5 mai 2010 20:03

      Dans son catalogue de livres par correspondance, Philippe RANDA fait dans l’éclectisme. Il présente les ouvrages édités par l’abbé Guillaume DE TANOUÄRN dont La paille et le sycomore de Paul SERNINE (Abbé Grégoire CÉLIER) et publie, en même temps, l’étude blasphématoire « Jésus et ses frères » d’Alain DE BENOIST.

      Cet éclectisme lui permet de publier aussi toute une gamme de livres ésotériques tels La Quête initiatique dans le mystère chrétien, Saint-Yves d’Alveydre, une philosophie secrète, La spiritualité de la Rose-Croix, Que vous a apporté René Guénon ? Terre enchantée : permanence du sacré dans le conte, etc.
      Mais ce qui est intéressant, c’est que dans le même style, la librairie Primatice, à Paris, ouverte par le même Philippe RANDA propose à la vente les revues suivantes : Actualités juives, le Choc du Mois, Rivarol, Réfléchir et Agir, Monde et Vie, La Cocarde…. et les publications de l’abbé DE TANOUÄRN, « Certitudes et Objections » ! Comme on se retrouve…

  4. apostolatus specula permalink
    23 janvier 2010 13:05

  5. Hilaire permalink
    23 janvier 2010 13:21

    Plus que jamais la lutte pour la Tradition, doit passer par une dénonciation sans concession de toutes les erreurs de Vatican II !

    Il ne faut rien lâcher sur ce sujet, autrement le risque est grand de voir engloutir des années de travail et d’efforts afin de préserver la foi, la messe, l’enseignement, etc, par une conciliation qui pourrait se révéler comme un piège.

    • 24 janvier 2010 16:39

      Bonjour
      deux site a faire connaitre,
      http://confreriehilaire.free.fr
      http://acbcf.free.fr
      merci.
      Amities Chevaleresque.
      Chevalier,
      Serrieres de Hilaire.

    • Hilaire permalink
      25 janvier 2010 10:37

      Mes respects Chevalier Serrière de Hilaire. Je porte ce prénom, non pas en référence à saint Hilaire de Poitiers, mais à saint Hilarius, pape, né en Sardaigne (très célèbre et honoré dans cette belle ile d’Italie), pape du 19 novembre 461 au 29 février 468, qui poursuivit la condamnation des hérésies telles que le monophysisme (en réaffirmant la double nature humaine et divine du Christ ), et surtout l’arianisme.

  6. Falk permalink
    23 janvier 2010 13:25

    Le blog Summorum Pontificum Observatus nous apprend trois anecdotes intéressantes et amusantes à propos des discussions doctrinales entre les théologies romains et ceux de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X :

    1.Selon l’abbé Grégoire Celier, membre de la FSSPX, les théologiens d’Ecône sont logés à la Maison Sainte-Marthe… lieu de résidence des cardinaux pour le conclave !

    2.Toujours selon l’abbé Celier, les mêmes théologiens ont célébré leur messe… dans la basilique Saint-Pierre, faute d’autels disponibles à la Maison Sainte-Marthe. Voilà qui en dit long sur la portée réelle des levées d’excommunication de janvier dernier. De toute évidence, les autorités romaines, sans l’avoir exprimé juridiquement, estiment que la FSSPX est bien une société interne à l’Église catholique.

    3.Enfin, selon l’abbé Claude Barthe, “vaticaniste renommé“, les discussions doctrinales sont filmées, vraisemblablement pour que Benoît XVI puisse suivre au jour le jour l’avancée des débats. Nous savions déjà que ces débats lui tenaient à cœur, en voici une éclatante confirmation.

    http://catholicapedia.info/?p=612

  7. avouedusaintsepulcre permalink
    23 janvier 2010 15:06

    Concernant l’abbé de Tanouärn, cet abbé avait été responsable à l’époque d’un des pires articles du monde traditionnel contre Williamson. Je m’en étais indigné sur son blog. A mon avis, il existe d’autres raisons très personnelles qui poussent notre cher abbé à traîner ainsi dans la boue un ancien « correligionnaire ».

    Etant donné l’interview récent de l’Abbé affiché sur son blog où il s’exprime sur les Lefebvristes, je considère désormais cet abbé comme un retourne-veste. Radical à ses heures, ultra-relativiste à d’autres, selon ses intérêts.

    Voici l’extrait de l’interview, à vomir. Les commentaires entre parenthèses sont de moi :

    « Ce que la vox populi, chez les traditionalistes, reproche à Jean Paul II ? Un très malencontreux [sic !] baiser du Coran, dont la photo a largement circulé dans les pays musulmans, et l’organisation d’un sommet interreligieux à Assises en 1986 [Excusez du peu !]. Mais personne ne conteste que Karol Wojtyla a pris la barre d’une Eglise malade et tentée par les théories de l’enfouissement, alors à la mode, et qu’il lui a donné une présence et une visibilité absolument inédite au XXe siècle. [C’est vrai que les JMJ, ces grandes « catholiques parades » organisées par Jean-Paul II aux quatre coins de la planète, sont un bon baromètre de la qualité de la foi partout dans le monde !]

    Je me suis trouvé par hasard à Rome au moment des obsèques de Jean Paul II et je ne pourrai jamais oublier les kilomètres (oui : les kilomètres) de queue d’une foule silencieuse. Je me disais alors : aucun chef d’Etat au monde n’a eu semblables obsèques et je regardais les affiches placardées partout par la municipalité communiste : « Rome salue et pleure son pape ! » Je crois que bien au-delà de Rome on a pu voir s’élever ce salut et ces larmes. Cette unanimité populaire a quelque chose de surnaturel, dont le pape a tenu compte [Depuis quand l’unanimité populaire est-elle un indice de sainteté ? Des centaines de millions de personne ont assisté en direct à l’enterrement de Michael Jackson, est-ce une raison pour le béatifier ?]. Il était sans doute le plus proche collaborateur de Jean Paul II dans la deuxième décennie de son pontificat. Il a dû tenir tout particulièrement à organiser sa béatification. »

  8. sixte permalink
    23 janvier 2010 16:50

    Je vous rejoins entièrement, l’abbé de Tanoüarn a procédé à un revirement à 180 °, faisant qu’il est à présent sur des positions qui frisent allègrement avec le modernisme le plus outré.

    J’ai d’ailleurs trouvé une analyse intéressante sur le blog « Juridique et culturel » portant le titre : « Nietzschéen et libéral abbé de Tanouarn ».

    Voici le début de cette note :

    Sur le méta blog de l’abbé de Tanouarn, on peut lire ces paroles inquiétantes :

    « Nous vivons dans une spiritualité laïque des droits de l’homme, où chacun est un petit dieu. Au rebours de cet esprit qui constitue la « modernité » spirituelle, nous souhaitons mettre de manière systématique l’offre avant la demande et l’offrande avant la revendication. Telle est la vertu sacerdotale à laquelle nous nous référons. Elle convient aussi bien à des prêtres, à des religieuses, à des frères qu’à des fidèles. Je montrerai une autre fois comment elle se décline de manière merveilleusement analogique, selon chaque état de vie ou chaque circonstance, en produisant ces vertus positives que nos statuts soulignent: l’optimisme, l’esprit d’entreprise, la joie et la confiance. »

    Une première erreur est que les droits de l’homme ne forment pas une spiritualité. Ils sont voulus par Dieu et naturels, comme tous droits, ils sont sociaux. Ils ne sont pas laïcistes puisqu’au contraire ils défendent la liberté religieuse et la liberté de conscience.

    L’abbé de Tanouarn, comme l’abbé Laguérie sont des adeptes de Darwin et de Nietzsche, des grands amis du sinistre Alain de Benoist. Ce sont des libéraux qui s’ignorent (mais le texte de l’abbé de Tanouarn en témoigne par exemple dans l’admiration de « l’esprit d’entreprise »). »

    Lire la suite ici :

    http://denismerlin.blogspot.com/2010/01/inquietant-abbe-de-tanouarn.html

  9. Aurelius Prudence permalink
    23 janvier 2010 16:58

    Cette désorientation est caractéristique des troupes, anciennement fidèles à Mgr Lefebvre, et qui sont rentrées honteusement dans le giron de l’Eglise conciliaire. Il n’aura pas fallu longtemps pour voir les mêmes, hier partisans de la Tradition, tenir aujourd’hui des discours modernistes et progressistes.

    On comprend parfaitement, par ces exemples, en quoi il faut se garder, comme le souligne à juste raison Mgr Williamson qui tient bon le cap et c’est une bonne nouvelle, de toute compromission avec les modernistes qui ont mis tous les leviers de Rome entre leurs mains.

  10. Falk permalink
    23 janvier 2010 17:13

    N’oublions-pas que l’abbé Guillaume de Tanoüarn, s’est fendu d’un texte absolument indigne il y a un an, en pleine crise orchestrée par les médias contre Mgr Williamson au moment où il fut le plus isolé, daté du samedi 7 février 2009 intitulé « Mgr Williamson doit choisir ! »

    Voici ce qu’écrivait Guillaume de Tanoüarn :

    « J’avais souligné que, pour Mgr Williamson, la double casquette d’évêque catholique d’une part, de prédicant mythologico-politique du négationnisme d’autre part n’était pas possible. « Il faudra qu’il choisisse ».

    Il me semble qu’il a choisi, en envoyant à l’hebdomadaire allemand Der Spiegel, par mail depuis l’Argentine, une interview vérifiée par ses avocats, dans laquelle il confirme tenir ces thèses négationnistes depuis les années 80.

    Il demande « du temps pour travailler » et fait état de la commande d’un livre de Jean Claude Pessac, démontrant l’impossibilité scientifique des Chambres à gaz. Bref il est mûr pour un stage de perfectionnement de quelques mois à Téhéran ! (…)

    Il dit au Spiegel que son problème est la vérité. Mais la vérité, pour un évêque catholique, c’est le Christ, qui efface et qui périme toute autre vérité. Prétendre chercher la vérité, tout en se rendant incapable de prêcher le Christ, comme il est en train de le faire, en soutenant l’insoutenable, c’est simplement absurde.

    Prétendre chercher la vérité dans Jean Claude Pessac, alors qu’il existe une imposante bibliographie sur ce que Raul Hillbert appelle « la destruction des juifs d’Europe », c’est, pour Mgr Williamson, tourner en dérision ses propres paroles. Je suis persuadé que pour lui le fond du problème n’est pas là. J’allais dire : manifestement sa religion est faite sur le sujet. Parler de recherche de la vérité dans son cas n’a donc aucun sens. Après cet entretien au Spiegel à paraître lundi, mais dont les bonnes feuilles circulent déjà un peu partout, il montre que ses excuses au Saint Père étaient de pure forme.

    A mettre ainsi gratuitement de l’huile sur le feu, il montre que l’avenir de la FSSPX, menacé d’interdiction en Allemagne, ne le concerne que de loin. Quel est son objectif, car cette fois on est bien obligé de qualifier cet entretien au Spiegel d’action préméditée. Je dirai aussi : à quelle tentation est-il en train de succomber ?

    Son objectif immédiat est d’empêcher le « ralliement » de toute la Fraternité Saint Pie X à Rome et avec le pape Benoît XVI, en demeurant, comme évêque, en dehors du mouvement de retour à Rome, qui, lui, semble encore irréversible, grâce aux réactions courageuses de Mgr Fellay (la dernière : l’expulsion de l’abbé Abrahamovitch, qui, pour se solidariser avec Mgr Williamson, avait prétendu dans un journal italien que dans les Camps les fours ne servaient qu’à la désinfection). La tentation à laquelle il succombe ?

    Après avoir été si longtemps mis de côté par Mgr Fellay, prendre à 68 ans la tête d’un combat planétaire, qui lui permettrait enfin d’accéder à une notoriété, sans doute diabolisée mais éclatante. Je ne lis pas dans les cœurs, mais le choix prémédité du Spiegel me paraît particulièrement révélateur d’une démarche qui n’est plus celle d’un évêque catholique attentif au bien des âmes, mais celle d’un chef de Parti (le Parti de la négation), décidé à faire le maximum de scandale, dans le pays où cette histoire est forcément encore pour les goïm, la plus douloureuse du monde. Juste pour faire avancer son combat. Quel mépris des âmes, pour un Pasteur ! Je disais le 28 janvier : Mgr Williamson doit choisir. Il a choisi le Spiegel. Il a choisi le scandale. Il doit renoncer à son épiscopat. Le scandale est un motif canonique pour cela. »

    http://ab2t.blogspot.com/2009/02/et-maintenant-der-spiegel.html

    Edifiant non ?

    Ainsi donc, la cause est entendue, Guillaume de Tanoüarn est à présent, de façon positive et claire, un agent de la Rome moderniste !

  11. hannibalgenga permalink
    23 janvier 2010 17:59

    A signaler que Guillaume de Tanoüarn fut interrogé en février 2009 par Guy Rozanowicz, l’animateur de l’émission de libre antenne de Radio J (94.8), et par Edward Amiach, président délégué de l’Union des Patrons et des Professionnels Juifs de France (UPJF), une structure présidée par Claude Barouch et à laquelle appartient (ou a appartenu) l’ex-Secrétaire d’Etat aux victimes, Mme Nicole Guedj, qui, d’après Le Point (17-3-2005), avait imposé, lorsqu’elle était en fonction, la nourriture cacher aux membres de son cabinet…

  12. Koopa Troopa permalink
    23 janvier 2010 22:04

    1 – Nicole Guedj qui s’était précipée au chevet de la mythomane du RER D mais qui n’a pas eu de mot de compassion ni pris la moindre nouvelle de la famille de Jeanne-Marie Kegelin et de celle d’Hedwige Vallée, martyrisée par un curieux psycopathe libéré par le juge juif Hahn en compagnie d’un dénommé Gateau. Le dit psycopathe a tué trois fois : une petite fille tradi, fille de membres du FN ; la fille d’un élu du MNR ; la fille d’homonymes de membres du FN… Quant à gateau, il a tué la femme d’un officier de police.

    2 – Amusant de voir l’abbée de Tanouarn condamné pour un article de Claude Rousseau, qui n’a jamais caché ses sensibilités sédévacantistes.

    3- Denis Merlin n’est pas franchement une source de référence, étant une personne disons, assez instable psychiquement…

  13. cax permalink
    24 janvier 2010 15:29

    Tanoüarn tient vraiment des propos ignobles à l’égard de Mgr Williamson. Il parle de sa « double casquette d’évêque catholique et de prédicant mythologico-politique du négationnisme ». C’est oublier que Mgr Williamson a été piégé, que cette histoire est un coup monté. Ainsi se faire le relais des sornettes médiatiques montre une grande compromission avec l’esprit du siècle.

  14. Falk permalink
    24 janvier 2010 17:10

    On relira avec intérêt, alors même que Zacharias ne sort pas très souvent de sa bibliothèque et s’éloigne que fort rarement au-delà du mur de clôture de La Question (doctrine), l’échange qui avait suivi la visite de « courtoisie » que fit notre ami à l’abbé de Tanoüarn, sur son blog, pour lui rappeler avec sa fermeté habituelle certains principes spirituels fondamentaux, alors que l’abbé s’était mis à tenir un discours ultra complaisant sur l’humanisme et les prétendues « valeurs » de la Renaissance.

    Extrait :

    « Votre petit message sur la chair est bien gentil l’abbé, mais vraiment extrêmement limite sur le plan théologique, pour ne pas dire singulièrement absurde, naïf et dangereux.

    (…)

    La chute qui a considérablement altéré notre essence primitive, modifié notre relation à Dieu, nous a fait perdre notre innocence et notre sainteté – c’est donc une aberrante position que d’inférer une « dignité » et une noblesse à l’homme, et à sa chair une vocation à l’immortalité – Saint Thomas le rappelle fortement contre toute tentation panthéiste : « La création n’est ni consubstantielle à Dieu ni co-éternelle à Dieu  » (De Genesi ad lit.) – « animam autem hominis non divinam esse substantiam, aut Dei partem, sed creaturam » ( l’âme de l’homme n’est pas une substance divine, ni une partie de Dieu, mais elle est créature) [ES., 20]. L’apôtre des Gentils ne se faisant pas faute d’insister sur le fait qu’en permanence « la chair convoite contre l’Esprit et l’Esprit contre la chair ; et ces choses sont opposées l’une à l’autre… » (Galates 5, 17).

    Méditons ainsi de préférence, pour nous aider dans notre vie chrétienne, en évitant les pièges grossiers d’un discours naïf qu’une littérature facile distille avec une ridicule légèreté et un irréalisme inconséquent, cette pensée de Pascal :

    – « L’âme est jetée dans le corps pour y faire un séjour de peu de durée. Elle sait que ce n’est qu’un passage à un voyage éternel, et qu’elle n’a que le peu de temps que dure la vie pour s’y préparer. Les nécessités de la nature lui en ravissent une très grande partie. Il ne lui en reste [donc] que très peu dont elle puisse disposer. » [192].

    Zacharias – 2 juillet 2008 23:54

    Pour lire l’intégralité des échanges :

    http://www.la-question.net/archive/2008/07/05/echange-entre-l-abbe-g-de-tanouarn-et-zacharias.html

    http://ab2t.blogspot.com/2008/05/rome-et-la-chair-traits-du-gnie-romain.html

  15. avouedusaintsepulcre permalink
    24 janvier 2010 19:42

    A ce propos, j’espère que Zacharias va bien. Cela fait longtemps que nous n’avons pas eu le plaisir de le lire.

    En communion de prières,

    L’Avoué.

  16. 24 janvier 2010 22:42

    Zacharias nous a fait savoir, il y a quelques jours, qu’il préparait un texte (ce sera le troisième sur ce thème), suite à une nouvelle réponse que nous a fait parvenir le sioniste chrétien Vincent Morlier (« Complément de réfutation à la thèse antisioniste de Zacharias »).

    Ce texte analytique, qui semble devoir être assez solide et qui devrait mettre en lumière, avec rigueur et force, comme les précédents, les positions de la Tradition catholique vis-à-vis du Judaïsme et du sionisme, sera mis en ligne prochainement sur La Question doctrine, et aura pour titre :

    « La Synagogue de Satan : Israël ! »

  17. Hilaire permalink
    25 janvier 2010 10:39

    On attend avec impatience ce nouveau texte de Zacharias, car ces travaux sont toujours une source intéressante pour la réflexion, et la formation de l’esprit selon la saine doctrine catholique.

  18. DST permalink
    25 janvier 2010 10:55

    L’abbé de Tanouärn, reprend sur son blog un article de Respublica christiana, portant sur les catholiques et la shoah. On y apprend que l’auteur de la pièce Le Vicaire, qui a tant fait pour répendre l’idée d’un Pie XII complice des nazis, fut écrite Rolf Hochhuth lui-même ami d’un négationniste !

    Extrait :

    Rolf Hochhuth s’en prenait à Churchill avec la plus grande légèreté… Et quand on se souvient que Rolf Hochhuth est l’ami intime de David Irving, le célèbre négationniste anglais… on est surpris du succès de la légende qu’il a mise en circulation. Voici, juste à titre de documentation, la curieuse défense d’Irving par celui qui, en mars 1964, avait osé attaquer la mémoire de Pie XII, en l’accusant de silence complaisant sur le génocide. Cette fois, nous sommes en mars 2005. Au cours d’un entretien donné à l’hebdomadaire l’allemand Junge Freiheit, Hochhuth déclare qu’Irving était un historien très sérieux et juge que les accusations de négationnisme portées contre lui sont « idiotes []». Confronté aux déclarations d’Ivring, selon lesquelles « il y avait moins de personnes mortes pendant l’Holocauste que sur le siège arrière de la voiture d’Edward Kennedy » et qu’« il n’y avait aucune chambre à gaz à Auschwitz », le génial scribouillard a considéré que tout cela était de l’humour noir, probablement en réponse à une provocation []. Le président du Conseil central juif d’Allemagne, Paul Spiegel, a estimé pour sa part qu’avec de telles déclarations, Hochhuth se plaçait lui-même dans les rangs des négationnistes. Après des semaines de scandale, l’auteur de la pièce Le Vicaire a finalement fait ses excuses du bout des lèvres… En attendant – ironie de l’histoire – c’est lui qui a fabriqué la légende d’une Eglise antisémite et complaisante face au génocide juif.

    http://ab2t.blogspot.com/2010/01/le-numero-2-de-respublica-christiana.html

  19. DST permalink
    25 janvier 2010 11:05

    Et voilà comment, avec des balivernes sur Pie XII écrites par un auteur de théâtre, on fait des films à grand succès qui prétendent être des films historiques…

    Après la première du film à Berlin en 2002, où il était présent, Rolf Hochhuth a déclaré : « Je n’avais que des mots, le cinéaste possède l’image. Ce qu’a filmé Costa-Gavras est bien plus fort que ma pièce. En supprimant, contre mon avis, une partie des scènes avec le pape, il rend très forte la solitude inaccessible de Pie XII. Il a eu raison, j’avais tort.»

  20. morpri permalink
    25 janvier 2010 11:15

    Le producteur d’Amen est Claude Berri^^

    Claude Berri est issu d’une famille juive ashkénaze, fils d’un fourreur polonais et d’une ouvrière roumaine installés à Paris, habitant au no 8 du passage du Désir, dans le 10e arrondissement de Paris. Il exerce brièvement le métier paternel, mais suit des cours de théâtre en parallèle…

  21. 25 janvier 2010 14:12

    « Mgr Williamson : un évêque héroïque » ?

    Je comprends que ses propos vous séduisent. Mais il a été
    amené dans le catholicisme et la FSSPX par un mondialiste anglais qu’il vénérait comme un mentor !

  22. sixte permalink
    26 janvier 2010 09:45

    Qu’est-ce que ça peut faire ? Mgr Williamson est britanique, vient donc de l’anglicanisme est a effectuer un parcours remarquable.

    Qu’il fut amené, semble t-il, au catholicisme par Thomas Malcom Muggeridge (24 mars 1903 – 14 novembre 1990), écrivain britannique, ne représente pas un fait condamnable jusqu’à preuve du contraire.

    http://fr.wikipedia.org/wiki/Malcolm_Muggeridge

    Quant à Mgr Williamson lui-même, son cursus est exemplaire : diplômé en littérature de la prestigieuse université britannique de Cambridge. Converti en 1971 au catholicisme et est reçu dans l’église catholique romaine par le père John Flanagan, un prêtre irlandais missionnaire travaillant en Angleterre, et rejoint Mgr Lefebvre en 1972, à l’âge de 32 ans, au séminaire d’Ecône, en même temps que l’abbé Schmidberger, ami de l’actuel Benoît XVI.

    Il enseignera ensuite la métaphysique de saint Thomas d’Aquin pendant plusieurs années. En 1983, il devient le directeur du séminaire Saint-Thomas-d’Aquin, lequel se transféra en 1988 de Ridgefield au Connecticut à Winona dans le Minnesota. En 1987, Mgr. Lefebvre le distingue pour le consacrer évêque de la FSSPX à l’âge de 48 ans, en même temps que les abbés Galaretta, Tissier et Fellay. Aujourd’hui Mgr Williamson est le doyen d’âge des quatre évêques de la FSSPX.

  23. 16 février 2010 09:40

    un malade pervers!

    • 5 mars 2010 18:54

      Seel,

      Pénétrante analyse d’une qualité rare sur ce blog!
      Dieu merci.
      J’imagine que cela pourrait vous être difficile, mais pouvez-vous essayer d’argumenter vos insultes?

  24. 6 mars 2010 09:25

    Prions pour que notre Pape Benoît XVI continue à avoir les forces de l’esprit pour accomplir la mission qui lui a été confiée, qui est celle de l’avenir de l’Église!
    Pour Notre Saint Père le Pape Benoît XVI

    Ô Jésus, Roi suprême de l’Église, je renouvelle, en votre présence, mon adhésion inconditionnelle à votre Vicaire sur la terre, le Pape.
    En lui, Vous avez voulu nous montrer le chemin sûr que nous devons suivre au milieu du désarroi, de l’inquiétude et du découragement.
    Je crois fermement que par son intermédiaire, Vous nous gouvernez, nous enseignez et nous sanctifiez, et qu’ainsi derrière lui, nous formons la véritable Église: Une, Sainte, Catholique et Apostolique.
    Accordez-nous la grâce d’aimer, de vivre et de propager ses enseignements, comme un fils fidèle.
    Veillez sur sa vie, illuminez son intelligence, fortifiez son esprit et défendez-le de la calomnie et de la malveillance.
    Calmez les vents destructeurs de l’infidélité et de la désobéissance, et accordez-nous qu’auprès de lui, votre Église reste unie et ferme dans sa foi et ses œuvres, et qu’elle soit ainsi l’instrument de votre Rédemption. Ainsi soit-il.

  25. 4 avril 2010 21:43

    C est assez drôle les analyses de l abbé de T.sur la Frat St PieX,surtout lorsqu on a été abonné aux revues :certitude et pacte,quand on a assisté à ses conférences et gardé des enregistrements de ses propos, on se dit (‘bien que seuls les imbéciles ne changent pas d avis) qu il a subitement fait une incroyable volte face, d autant que c est quelqu un de trés disert et qui a toujours aimé se faire entendre donc nous l avons beaucoup enyendu! L orgueil, monsieur, l orgueil!!!

  26. Agar permalink
    28 mai 2010 13:48

    Affirmer que Mgr Williamson est un malade pervers me semble poussé assez fort merci.
    Oui c’est un homme en marge. (St Augustin ne l’Était-il pas )? Le faire passé pour un imbécile. Franchement !
    Je crois que Notre Saint Père Benoît XVI a d’autre chose à faire que de s’amuser à faire convoquer des malades mentaux au Vatican. Nous savons que Mgr Williamson fut convoqué secrètement au Vatican avant que toute ce tollé de protestation lui tombe dessus. Cet homme n’est pas un deux de pique.

    Avec toutes les imbécilités qui nous entourent, à condition de bien garder notre tête sur les épaules, je ne crois pas qu’il soit dangereux d’écouter cet Évêque, du moins, OBJECTIVEMENT.

  27. 16 octobre 2014 13:20

    En la fête de Notre Dame du Rosaire un site vient de voir le jour sur Internet qui peut représenter un intérêt sérieux pour les lecteurs réguliers de ces « Commentaire Eleison » : http://www.stmarcelinitiative.com Il présentera la dernière parution ainsi que toutes les parutions antérieures des « Commentaires » en anglais et italien depuis 2007, ainsi que la dernière parution et les antérieures des cinq dernières années, plus ou moins, en français, allemand et espagnol. Et pour les lecteurs qui préfèrent la lecture sur papier à la lecture sur écran, le site offrira plusieurs moyens de choisir les parutions antérieures pour en exécuter l’impression d’ensemble.

    Une seconde section du site, « Livres et Entretiens », permettra d’obtenir les conférences et les sermons de Mgr. Williamson, les copies sur papier des deux premiers volumes sur quatre de ses « Lettres du Directeur » écrites aux USA entre 1983 et 2003, ainsi que toutes les conférences du Dr. David White sur des œuvres littéraires. Une fois encore les moyens électroniques offriront diverses possibilités de rechercher et de décharger ces enregistrements, mais seuls quelques-uns se trouvent en vidéo aussi bien qu’en audio. Les commandes d’achat pourront être aussi réalisées par téléphone en appelant le +1 844 SMI SHOP, c’est-à-dire 1 (844) 764 7467.

    Les Catholiques – et non-Catholiques ! – qui ne connaissent pas encore les enregistrements du Dr. White devraient profiter de l’occasion pour voir comment il utilise les classiques de la littérature mondiale pour faire le pont entre la Foi et le monde qui nous entoure. Le fossé entre les deux s’élargit de jour en jour. Les Catholiques Conciliaires ont essayé d’adapter la Foi d’hier au monde d’aujourd’hui, et beaucoup y ont perdu la Foi. Les Catholiques Traditionnels sont portés à mépriser aussi bien le monde d’aujourd’hui comme étant irrémédiablement perdu que la littérature du monde comme irrémédiablement « non spirituelle », et la Foi d’un bon nombre d’entre eux s’y est trouvée assez étiolée. Le Dr. White possède à la fois une Foi profonde et un ferme ancrage dans le monde réel qui nous entoure, et sa maîtrise de la littérature mondiale lui permet de rendre les deux à la fois plus intelligibles à d’innombrables âmes, âgées ou jeunes, qui seraient autrement comme tombées dans une schizophrénie mentale sans issue. Fortement recommandé.

    Une troisième section du site concerne les « Dons ». Elle présentera une variété semblable de moyens électroniques pour faire des donations qui aideront à maintenir un oasis de bons sens, nous espérons, dans le désert d’absurdité qu’est aujourd’hui. Cela doit permettre aux bienfaiteurs de donner ce qu’ils veulent, quand ils le veulent, à l’échéance qu’ils veulent, et avec facilité. Etablir le site a effectivement entraîné des dépenses. Nous pensons qu’il prouvera en avoir valu la peine, mais il nous offre une raison de plus pour faire appel à votre générosité. Nous vous en remercions d’avance.

    Une quatrième section est intitulée « Information ». On y parlera un peu de l’Initiative St Marcel, du fonctionnement du site, et de ce que fait ou espère faire Mgr. Williamson. Toutefois, les détails de ses prochains engagements doivent être communiqués avec une certaine prudence, car il n’a pas que des amis de par le monde.

    L’Internet présente de sérieux inconvénients et dangers, mais il est clair qu’une variété étonnante de moyens électroniques permettent d’y trouver des vérités qui l’on ne trouve nulle part ailleurs. Nous osons former l’espoir que ce nouveau site contribuera à ce fond de vérités. Pour le mettre en marche il a fallu beaucoup de travail, et outre la contribution de nombreux ouvriers, l’aide de nombreux bienfaiteurs aussi a été indispensable. Nous remercions sincèrement tous ceux qui y ont contribué. Que Dieu le rende à chacun d’entre eux et à chacun d’entre vous.

    Kyrie eleison.

  28. 17 février 2015 01:22

    Monseigneur Richard Williamson est un évêque catholique britannique.

    Sacré en 1988 par le fondateur de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, Mgr Marcel Lefebvre, Richard Williamson est excommunié par l’Église catholique la même année en raison d’un vice de procédure dans la consécration (la permission du pape n’avait pas été obtenue). Une excommunication non-reconnue par la Fraternité, qui n’empêche pas Mgr Williamson de continuer ses activités, et qui sera levée en 2009.

    Entretien exclusif avec Monseigneur Richard Williamson
    Propos recueillis par E&R Île-de-France :
    http://www.egaliteetreconciliation.fr/Entretien-exclusif-avec-Monseigneur-Richard-Williamson-31029.html

  29. 21 mars 2015 16:15

    Le 19 mars 2015, Mgr Richard Williamson a procédé à la consécration épiscopale de l’abbé Jean-Michel Faure, au monastère bénédictin Santa Cruz de Nova Friburgo (Brésil).

    Les libéraux gémissent et font valoir que – soit-disant – l’état de nécessité ne justifierait pas le sacre effectué par Mgr Williamson. Le grand Ennemond-J.R.duCray, représentatif de ce que ses maîtres pensent à Menzigen, avait expliqué en 2013 que Mgr Williamson n’aurait pas de légitimité à sacrer, à moins de « prouver qu’il y a une urgente nécessité » qui n’existerait pas tant que vivent les évêques de la FSSPX… MetaBlog avait répondu par un argument ad hominem, que le 28 juillet 1991, la FSSPX (par Mgrs Tissier de Mallerais, de Galarreta, et Williamson) avait sacré Mgr Licinio Rangel sans aucune « urgente nécessité » (Sacrera ? Sacrera pas ?, 14 janvier 2013)

    Mais la vraie réponse est que depuis Vatican II, les catholiques sont dans un continuel état de nécessité. Aujourd’hui comme en 1981 pour les sacres de Toulon par Mgr Ngo Dinh Thuc ou en 1988 pour les sacres de Mgr Lefebvre…

    « À partir de Jean XXIII, on peut dire qu’on n’est plus dans un temps normal de l’Eglise. » (Mgr Lefebvre, Ecône, Cospec 111-B, 1984)

    Suite : http://www.lasapiniere.info/archives/2116#more-2116

  30. 21 mars 2015 21:22

    Un peu d’histoire pour commencer. M. l’abbé, comment avez-vous rencontré Mgr Lefebvre et la Tradition ?
    En 1968, en étant en Argentine, je suis allé visiter l’Archevêque du Parana, qui m’a dit : « Veux-tu défendre la Tradition? Au Concile, elle a été défendue par un Évêque courageux, mon ami, Mgr Marcel Lefebvre ». C’était la première fois que j’entendais parler de Mgr Lefebvre. Je suis allé à la recherche de Mgr Lefebvre en Suisse en 1972 à Pâques et l’y ai rencontré.

    Où êtes-vous né ? Pourquoi viviez-vous en Amérique du Sud ?
    Je suis né en Algérie et ma famille, après l’indépendance, a acquis un terrain en Argentine, près du Parana. Ma famille a été expulsée d’Algérie parce que le gouvernement français a livré le pouvoir aux combattants musulmans qui ont accompli des massacres épouvantables au cours du processus d’indépendance. Mes grands-pères, parents et des oncles étaient agriculteurs là-bas dès 1830.

    En continuant avec l’histoire, comment avez-vous développé votre apostolat dans la FSSPX ?
    J’ai été ordonné par Mgr Lefebvre en 1977 à Écône, et 15 jours après, je l’ai accompagné dans une tournée aux États-Unis, Mexique (où le gouvernement nous a empêchés d’entrer), Colombie, Chili et Argentine. Mgr Lefebvre m’a demandé de commencer l’apostolat dans cette région. La première année, deux prêtres argentins m’ont aidé et, l’année suivante, un espagnol (de la FSSPX). Tout de suite, le District d’Amérique du Sud a été créé, et confié à ma charge, et j’ai commencé à prêcher des retraites jusqu’au Mexique. Il y a eu, la première année, environ 12 vocations qui se sont installées dans le Prieuré de Buenos Aires, qui était une assez grande maison. Par la suite, en 1980, on a construit le séminaire de La Reja (Buenos Aires), dont Mgr Lefebvre m’a nommé directeur. Là, je suis resté jusqu’à 1985, quand j’ai été nommé supérieur du District du Mexique.

    Les églises, dans la capitale et à Guadalajara, ont été construites à ce moment. J’ai travaillé avec les abbés Calderón, Angles et Tam, dans les différentes parties du pays. Ensuite, j’ai passé quelques années en France. Puis, j’ai été nommé au séminaire d’Argentine comme professeur d’histoire et je suis resté là jusqu’à l’expulsion de Mgr Williamson d’Argentine (2009).

    Mgr Lefebvre avait confiance en vous ?
    Monseigneur m’a donné libre accès à son courrier et m’a chargé de certains dossiers. Il avait une certaine confiance en moi : par exemple, en 1977, il m’a demandé, à Albano, ce que je pensais à propos des sacres. À une autre occasion, en 1977 encore, il m’a confié : « Ils m’attendent » (le directeur d’Écône et les professeurs). Ils lui suggéraient d’accepter la nouvelle messe et le Concile afin de conserver la messe tridentine). Ils disaient : « Nous sommes maintenant confrontés à Rome. Pour conserver la messe (tridentine), on doit accepter le Concile. » Ils voulaient que Mgr Lefebvre se retire dans une belle maison en Allemagne, mais il leur a dit qu’ils étaient libres de partir s’ils le souhaitaient. Il les a renvoyés.

    Est-ce vrai que Mgr Lefebvre vous a demandé d’accepter d’être sacré?
    En 1986, lors d’une visite Écône, il m’a pris à part après un repas et m’a demandé si j’accepterais d’être consacré évêque. Sachant ce qui a suivi, peut-être aurais-je dû accepter.

    Donc, vous n’avez pas accepté ?
    Je lui ai dit que je pensais que Mgr de Galarreta serait plus approprié.

    Pouvez-vous résumer ce qui s’est passé en 2012 ?
    Cette année, nous étions très proches d’un accord, qui a échoué au dernier moment, sans doute, à cause de l’affaire Williamson. L’accord a échoué pour cette raison et à cause de la lettre des trois évêques. Ces deux raisons ont fait échouer l’accord.

    On dit que la clé de la stratégie de Mgr Fellay ad intra, c’est d’avoir obtenu le soutien du Chapitre général. Pouvez-vous nous dire quelque chose à ce sujet ?
    Le Chapitre général a été bien préparé par Mgr Fellay et ils (les accordistes) ont atteint leurs objectifs. Là, j’ai compris ce qui est arrivé à Mgr Lefebvre et à ses amis à Vatican II. Lui (Mgr Fellay) avait décidé une approche politique de Rome et il a réussi à avoir le soutien du chapitre général pour expulser Mgr Williamson, qui était le seul capable d’empêcher cette politique.

    À votre avis, quelles doivent être les conditions requises pour faire un accord avec Rome ?
    Mgr Lefebvre nous a dit que, tant qu’il n’y a pas de changement radical à Rome, un accord est impossible, parce que ces personnes ne sont pas loyales, et l’on ne peut pas essayer de transformer les supérieurs. C’est le chat qui mange la souris et non la souris qui mange le chat. Un accord reviendrait à se livrer entre les mains des modernistes : par conséquent, il faut absolument le repousser. C’est impossible. Il faut espérer que Dieu intervienne.

    Pouvez-vous nous dire ce que vous pensez des visites d’évaluation de divers prélats modernistes aux Séminaires de la Fraternité ? Il est vrai que Mgr Lefebvre a reçu certains prélats. Quelle est la différence maintenant ?
    Il s’agissait de visites exceptionnelles dans lesquelles [pour donner un exemple] le cardinal Gagnon n’a pas eu la possibilité de défendre le Concile, alors que maintenant il s’agit des premiers pas de la réintégration (de la FSSPX) dans l’Église conciliaire.

    Que pensez-vous d’une éventuelle reconnaissance unilatérale de la part de Rome de la FSSPX ?
    C’est un piège.

    Entre le chapitre de 2006 et la crise qui a commencé en 2012, on observe un changement d’attitude des autorités de la FSSPX concernant Rome. Pourquoi ce changement ?
    Cela vient de la décision des supérieurs de réintégrer l’Église conciliaire. Dès 1994 ou 1995, le GREC a pris des contacts qui furent des pas significatifs vers la réconciliation, comme l’avait prévu l’ambassadeur Pérol (un ambassadeur de France en Italie) : ce groupe est à l’origine de la levée des excommunications (2009) et du Motu Proprio (2007). Cela devait avoir pour contrepartie la reconnaissance du Concile.

    Que ferait Mgr Lefebvre dans l’actuelle situation ?
    Il suivrait la ligne qu’il nous a indiquée après les consécrations, en écartant absolument l’éventualité d’un accord.

    Si à l’avenir vous étiez invité à aller à Rome pour parler avec le Pape, iriez-vous, que diriez-vous ?
    En premier lieu, je consulterais tous nos amis de la Résistance. J’irais avec Mgr Williamson et d’autres bons prêtres qui mènent le combat de la Résistance avec beaucoup de courage. Et je tiendrais informés tous nos amis, avec une totale transparence.

    Mgr Fellay a dit que la FSSPX est d’accord avec 95% de Vatican II. Qu’en pensez-vous ?
    Mgr Lefebvre a répondu que tout le Concile est envahi par un esprit subjectiviste qui n’est pas catholique.

    François, qui est un démolisseur efficace de l’Église et un destructeur objectif de la foi, est-il vrai Pape ?
    A mon avis, on ne peut pas dire que François soit pire que Paul VI, qui a mis l’Église dans une mauvaise voie ; et donc nous devons conserver l’attitude qui a été celle de Mgr Lefebvre, l’attitude prudente qui exclut le sédévacantisme. Mgr Lefebvre a toujours refusé d’ordonner un séminariste sédévacantiste. Et c’était la politique de la FSSPX jusqu’à sa mort. Donc qu’on ne vienne pas nous dire que Mgr Lefebvre a dit ceci ou cela.

    Suite : http://www.dominicainsavrille.fr/entretien-avec-labbe-faure/

  31. 23 mars 2015 13:21

    Les sedevacs disent : « Vrais Papes, point n’en avons eu. »
    Les sentiments sont bons. Le raisonnement est mauvais.

    Une comparaison d’hier a l’avantage d’être très claire : sur le dos d’une mule une lourde charge peut être difficile à équilibrer. Si elle se déplace sur la gauche, il faut la pousser vers la droite. Si elle s’incline à droite, elle doit être poussée à gauche. Mais cette double poussée n’est pas contradictoire – son unique but est de maintenir la charge en équilibre. D’une façon semblable, le fait que ces « Commentaires » présentent souvent des arguments contre le sédévacantisme ne signifie pas que l’on pousse vers le libéralisme, ni qu’on affirme que le sédévacantisme soit aussi mauvais que le libéralisme. Il s’agit simplement de reconnaître que les paroles et les actes outrageants de l’actuel occupant du Saint Siège tentent bon nombre de bons Catholiques à renoncer à l’usage de leur raison, et à juger de la réalité selon leurs émotions. C’est là un usage très répandu aujourd’hui, mais qui n’est pas catholique.

    Par exemple, en examinant les arguments sédévacantistes, on constate qu’ils ne sont pas si forts qu’ils paraissent à première vue. Voyons les deux derniers à être passés sur mon bureau, provenant de deux Catholiques pieux et forts dans la Foi.

    Voici le premier : les Papes Conciliaires (en particulier, François) n’ont pas confirmé leur troupeau dans la Foi. Or, il appartient à l’essence d’un Pape de faire cela. Par conséquent les Papes Conciliaires n’ont pas été essentiellement Papes.
    Réponse : il faut distinguer entre le Pape dans son être et dans son agir. Un Pape devient essentiellement Pape dans son être par son élection dans un Conclave de Cardinaux, élection ou valide en elle-même, ou convalidée par l’acceptation ultérieure de l’élu comme Pape par l’Église Universelle (ce qui a pu être le cas pour plus d’un Pape Conciliaire, Dieu seul le sait). Par contre, pour un Pape de confirmer son troupeau dans la Foi relève de son action ou de son agir. L’être de fond et l’agir sont différents, et peuvent être séparés. Par conséquent un Pape peut faillir dans son action sans nécessairement cesser d’être selon son être un vrai Pape. C’est sûrement le cas de plusieurs, sinon de tous les Papes Conciliaires.

    Et voici le second argument : Il est ridicule pour un simple catholique, individuel et faillible, de prétendre s’ériger en juge de l’erreur du Magistère infaillible de l’Eglise. Confronté alors à l’erreur nette (Conciliarisme, par exemple) de ce Magistère (des Papes Conciliaires, par exemple), on est acculé à conclure qu’ils n’ont pas été de vrais Papes.
    Réponse : le Pape n’est pas nécessairement le Magistère infaillible de l’Eglise. S’il n’engage pas toutes les quatre conditions strictes du Magistère Extraordinaire, ni n’enseigne en accord avec le Magistère Ordinaire de l’Église, alors il est faillible, et si de plus il contredit nettement ce Magistère, alors il est certainement dans l’erreur, et en tant que tel il peut être jugé par n’ importe quel Catholique (ou non-catholique !) qui fasse droit usage de l’intelligence dont Dieu l’a doté. S’il n’en était pas ainsi, comment Notre Seigneur nous aurait-il prévenus tous de nous garder des faux prophètes et des loups déguisés en brebis ( Mt. VII, 15–20) ?

    Suite de l’analyse : http://stmarcelinitiative.com/eleison-comments/?lang=fr

  32. 23 mars 2015 13:42

    Les amis fidèles de Son Excellence Mgr Williamson, qu’ils soient lecteurs des Commentaires Eleison, donateurs de l’Initiative St-Marcel, ou autres, ont sans doute déjà entendu la nouvelle de la consécration épiscopale de Mgr Jean-Michel Faure par Son Excellence, qui eut lieu au Monastère Sainte-Croix de New Fribourg (Brézil) en la fête de St Joseph, le 19 mars dernier. Il est aisé de comprendre que cette nouvelle ne fut publiée qu’au dernier moment, afin d’éviter, autant que possible, toute perturbation inopportune de la cérémonie, ainsi que tout autre problème qui aurait autrement pu survenir en conjonction avec elle.

    Néanmoins, maintenant que la consécration est un fait accompli, nous sommes en mesure de faire connaître aux fidèles et au monde entier le “Mandat de Suppléance” qui fut lu durant la cérémonie.

    Comme plusieurs le savent déjà, parmi les premiers mots prononcés lors du Rite de Consécration Épiscopale on a cette déclaration faite à l’évêque consécrateur par son Assistant principal :

    “Très Révérend Père, notre sainte Mère l’Église Catholique demande que vous éleviez ce prêtre ici présent au fardeau de l’épiscopat.”

    En réponse, l’évêque consécrateur demande si l’Assistant a le “Mandat Apostolique”.

    La réponse est : “Nous l’avons.” À quoi l’évêque consécrateur réplique : “Que lecture en soit faite.”

    (Ceux qui le désirent peuvent consulter en ligne cet utile Ordo de 1910 publié en latin et en anglais, tiré du Pontificale Romanum.)

    Ce qui fut lu lors de la cérémonie de jeudi en réponse à l’invitation de Mgr Williamson – et qui remplit à la fois un rôle liturgique et celui d’explication publique des motifs qu’ont eu les participants à cette consécration – est le texte suivant. Les lecteurs aimeront apprendre que les premiers paragraphes sont très semblables aux paroles de Mgr Lefebvre lors du 30 juin 1988.

    MANDATUM APOSTOLICUM
    Nous l’avons par l’Église Romaine qui dans sa fidelité aux saintes traditions reçues des Apôtres nous commande de transmettre fidèlemente ces saintes traditions – c’est-à-dire le Dépôt de la Foi – à tous les hommes en raison de leur devoir de sauver leur âme.

    Or, d’une part les autorités de l’Église Romaine depuis le Concile Vatican II jusqu’aujourd’hui sont animées d’un esprit de modernisme qui subvertit en profondeur la Sainte Tradition jusqu’à en pervertir la notion même : « Ils ne supportent plus la saine doctrine, détournant toute la Vérité, pour se tourner vers des fables », comme dit St Paul à Timothée dans sa seconde Épître (IV, 3, 5). A de telles autorités que servirait-il de demander un mandat pour sacrer un évêque qui s’opposera en profondeur à leur si grave erreur ?

    Et d’autre part, pour avoir un tel évêque les quelques Catholiques qui comprennent son importance pouvaient, même après Vatican II, espérer qu’il viendrait de la Fraternité St Pie X de Mgr Marcel Lefebvre comme celui-ci leur en a sacré quatre par un premier mandat de suppléance en 1988. Hélas, depuis qu’on observe que les autorités de cette Fraternité prennent le même chemin moderniste en se dirigeant constamment vers les autorités romaines, cet espoir s’avère vain.

    Et alors ces Catholiques croyants, d’où obtiendront-ils ces évêques essentiels à la survie de leur vraie Foi ? Dans un monde chaque jour plus acharné politiquement contre Dieu et contre son Église, le danger semble tel que l’on ne peut guère plus laisser dépendre cette survie d’un seul évêque pleinement anti-moderniste. C’est la Sainte Église elle-même qui lui demande de s’en associer un second : en l’occurrence Monsieur l’abbé Jean-Michel Faure.

    Aucune présomption ni octroi du pouvoir épiscopal de juridiction n’accompagne cette transmission du pouvoir épiscopal d’Ordre, et dès que Dieu interviendra ´pour sauver son Église, à laquelle ne reste aucun espoir humain de salut, les effets de cette transmission et de ce mandat de suppléance seront remis sans tarder entre les mains d’un Pape de nouveau entièrement catholique.

    http://stmarcelinitiative.com/arguments-emotionnels/?lang=fr

  33. 25 mars 2015 11:37

    Ce 19 mars 2015, Mgr Richard Williamson a procédé à la consécration épiscopale de l’abbé Jean-Michel Faure, au monastère bénédictin Santa Cruz de Nova Friburgo (Brésil).
    Mgr Williamson et l’abbé Faure ne sont plus membres de la Fraternité Saint-Pie X depuis respectivement 2012 et 2014, à cause des vives critiques qu’ils formulaient contre toute relation avec les autorités romaines, dénonçant ce qui était, selon eux, une trahison de l’œuvre de Mgr Marcel Lefebvre.

    La Fraternité Saint-Pie X déplore que cet esprit d’opposition aboutisse à cette consécration épiscopale. En 1988, Mgr Lefebvre avait clairement manifesté son intention de sacrer des évêques auxiliaires, sans juridiction, – en raison de l’état de nécessité dans lequel se trouvait la Fraternité Saint-Pie X et les fidèles catholiques -, dans le seul but de permettre à ces fidèles de recevoir les sacrements par le ministère des prêtres qui seraient ordonnés par ces évêques. Après avoir tenté l’impossible auprès du Saint-Siège, Mgr Lefebvre procéda aux sacres le 30 juin 1988, solennellement devant plusieurs milliers de prêtres et de fidèles, et quelques centaines de journalistes du monde entier. Tout montrait que cet acte, malgré l’absence d’autorisation de Rome, était posé publiquement pour le bien de l’Eglise et des âmes.

    La Fraternité Saint-Pie X dénonce la consécration épiscopale de l’abbé Faure qui, malgré les affirmations du consécrateur et du consacré, ne s’apparente en rien aux sacres de 1988. En effet, toutes les déclarations de Mgr Williamson et de l’abbé Faure prouvent à l’envi qu’ils ne reconnaissent plus les autorités romaines, si ce n’est de façon purement rhétorique.

    La Fraternité Saint-Pie X réaffirme que l’état actuel de nécessité dans l’Eglise légitime son apostolat de par le monde, sans la dispenser de reconnaître les autorités ecclésiastiques pour lesquelles ses prêtres prient à chaque messe. En s’opposant aux erreurs d’où qu’elles viennent, elle veut garder le dépôt de la Foi et la morale afin de les transmettre par la liturgie traditionnelle et la prédication, dans l’esprit missionnaire de son Fondateur : Credidimus caritati. (1 Jean 4,16)

    Menzingen, le 19 mars 2015

    http://www.dici.org/actualites/communique-de-la-maison-generale-de-la-fraternite-sacerdotale-saint-pie-x-au-sujet-de-la-consecration-episcopale-de-labbe-faure/

  34. 2 mai 2015 16:32

    Nouveau Commentaire de Mgr Williamson :

    • Un Pape hérétique reste chef de l’Église, Même si en tant que membre de l’Église il est mort.

    Concernant la déposition d’un Pape hérétique, les Dominicains Traditionnels d’Avrillé en France nous ont rendu un grand service en republiant non seulement les considérations classiques de Jean de St Thomas (cf. CE 405), mais aussi celles d’autres théologiens insignes. Bref, à propos d’un argument simple et populaire d’aujourd’hui, à savoir qu’un Pape hérétique ne peut être membre de l’Église et donc encore moins son chef, les meilleurs esprits de l’Église enseignent que c’est là aller un peu vite en besogne. Bref, le Pape est plus qu’un simple fidèle catholique qui en tombant dans l’hérésie perd la foi, et cesse du coup d’être membre de l’Église. Pour l’Église, le Pape est beaucoup plus qu’un simple Catholique du rang. Pour être clair, présentons les arguments de ces théologiens en forme de questions et réponses :—

    • Tout d’abord, est-il possible pour un Pape de tomber dans l’hérésie ?

    S’il engage toutes les quatre conditions de son Magistère Extraordinaire, il ne peut pas enseigner l’hérésie, mais en dehors de ces quatre conditions l’opinion plus probable, au moins des théologiens plus anciens, c’est que personnellement il peut tomber dans l’hérésie.

    • Dans ce cas-là, ne cesse-t-il pas d’être membre de l’Église ?

    Comme simple personne catholique, oui, mais en tant que Pape, pas nécessairement, parce que le Pape est beaucoup plus qu’un simple Catholique. Comme a dit St Augustin, le prêtre est Catholique pour lui-même, mais il est prêtre pour les autres. Quant au Pape, il est Pape pour toute l’Église.

    • Mais à supposer que la grande majorité des Catholiques peuvent constater qu’il est hérétique, parce que c’est évident, son hérésie ne ferait-elle pas qu’il ne pourrait plus être Pape ?

    Non, parce que même si son hérésie était évidente, beaucoup de Catholiques pourraient encore le nier, par exemple par « piété » envers le chef de leur Église, et donc pour empêcher que l’Église tout entière ne soit jetée dans la confusion, il faudrait une déclaration officielle de l’hérésie du Pape pour obliger les Catholiques de rester unis. Une telle déclaration devrait venir d’un Concile de l’Église, convoqué exprès pour cela.

    • Mais si l’hérésie était publique et évidente, ne suffirait-elle pas pour le déposer ?

    Non, d’abord parce que tout hérétique doit être averti officiellement avant d’être déposé, au cas où il voudrait rétracter son hérésie. Ensuite tout officiel important dans l’État comme dans l’Église assure le bien commun, et c’est pour le bien commun qu’il doit garder son office jusqu’à ce qu’il soit officiellement déposé. Donc tout comme un évêque garde son office tant que le Pape ne l’a pas déposé, de même le Pape garde son office jusqu’à ce que la déclaration officielle de son hérésie par un Concile de l’Église permet au Christ de le déposer (cf. CE 405).

    • Mais si un hérétique n’est plus membre de l’Église, comment peut-il en être la tête, le membre le plus important de tous ?

    Parce qu’être membre personnel et chef officiel, cela fait deux. En tant que membre personnel, il reçoit de l’Église la sanctification, en tant que son dirigeant officiel il lui donne le gouvernement. Or, recevoir, ce n’est pas donner. Il est vrai qu’en tombant dans l’hérésie il cesse d’être un membre vivant de l’Église, mais ce n’est pas pour autant qu’il cesse d’être capable de la gouverner. Etre membre de l’Église par la foi et la charité est incompatible avec l’hérésie, mais de gouverner l’Église par la juridiction officielle ne requiert ni la foi ni la charité, et donc c’est compatible avec l’hérésie.

    • Mais par son hérésie un ancien Pape a jeté sa papauté !

    Pour la personne privée cela est vrai, mais pour la personne ayant une charge officielle et publique cela n’est pas vrai tant qu’un Concile de l’Église n’a pas rendu son hérésie, outre publique, officielle. Jusque-là il faut traiter le Pape de Pape, parce que pour la tranquillité et le bien commun, le Christ maintient sa juridiction.

    Kyrie eleison.

    Les Commentaires Eleison :
    http://stmarcelinitiative.com/email/fr-commentaire-eleison-par-mgr-williamson-numero-cdvii-407.html

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  1. Mgr Williamson : réponses aux erreurs des sédévacantistes | La Question : Actualité Religieuse

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