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Bernanos en lecture de Carême !

27 février 2010

 

Le Pape et ses collaborateurs de la Curie romaine ont entamé depuis dimanche dernier les exercices spirituels de Carême, qui se poursuivront jusqu’à ce samedi matin dans la chapelle Redemptoris Mater du palais apostolique.

En cette année sacerdotale les méditations sont proposées par un prêtre, spécialiste des Pères de l’Eglise : le Père Enrico dal Covolo, postulateur des salésiens et professeur à la prestigieuse université pontificale salésienne. Le thème choisi est celui de la vocation sacerdotale. Agé de 59 ans, le Père dal Covolo a plus de 200 retraites à son actif. Il a annoncé que ses méditations seraient nourries de la lectio divina, centrées sur le chemin de la conversion et qu’il les illustrerait par des figures sacerdotales comme Saint Augustin, le Curé d’Ars, le Pape Jean-Paul II et aussi le curé de campagne de Bernanos. Jusqu’à samedi matin, toutes les activités publiques du Pape sont suspendues, y compris l’audience générale du mercredi.

La présence de Bernanos au programme des lectures de Carême du pape, n’est pas pour nous déplaire, d’autant que l’auteur du Journal d’un curé de campagne, ancien de l’Action Française, eut tout au long de son existence des positions non ambiguës, c’est le moins qu’on puisse dire, à l’égard du judaïsme et de l’attitude des juifs vis-à-vis des chrétiens en général. En effet, on sait qu’il admirait Édouard Drumont, l’auteur de La France juive, qu’il nommait, même après la guerre, son « vieux maître ». Dans La Grande Peur des Bien-Pensants (1931) par exemple, il évoquait « ces bonshommes étranges qui parlent avec leurs mains comme des singes » et « traînent nonchalamment sur les colonnes de chiffres et les cotes un regard de biche en amour ».

Ailleurs, dans une lettre écrite en 1935, il estimait qu’« une campagne antimaçonnique n’a pas beaucoup de sens si elle ne se double pas d’une campagne antisémite », et dans Les Grands Cimetières sous la lune, il parlera encore d’« aristocrates enjuivés ».

Bernanos, dans un texte  célèbre déclarait :

Il y a une question juive. Ce n’est pas moi qui le dis, les faits le prouvent. Qu’après deux millénaires le sentiment raciste et nationaliste juif soit si évident pour tout le monde que personne n’ait paru trouver extraordinaire qu’en 1918 les alliés victorieux aient songé à leur restituer une patrie, cela ne démontre-t-il pas que la prise de Jérusalem par Titus n’a pas résolu le problème ? Ceux qui parlent ainsi se font traiter d’antisémites. Ce mot me fait de plus en plus horreur, Hitler l’a déshonoré à jamais. Tous les mots, d’ailleurs, qui commencent par “anti” sont malfaisants et stupides. Je ne suis pas antisémite – ce qui d’ailleurs ne signifie rien, car les Arabes aussi sont des sémites. Je ne suis nullement antijuif (…) Je ne suis pas antijuif mais je rougirais d’écrire, contre ma pensée, qu’il n’y a pas de problème juif, ou que le problème juif n’est qu’un problème religieux. Il y a une race juive, cela se reconnaît à des signes physiques évidents. S’il y a une race juive, il y a une sensibilité juive, une pensée juive, un sens juif de la vie, de la mort, de la sagesse et du bonheur.

Essais et Ecrits de combats, La Pléiade, tome 2, pages 613-614.

Ce texte est tiré d’un article publié en portugais, dans la presse brésilienne, le 24 mai 1944. Il s’intitule «Encore la question juive» et répond aux réactions violentes provoquées par deux autres articles, publiés peu avant : «L’avenir de l’Allemagne» et «Un drame de conscience d’un Juif allemand».

Ainsi donc, réjouissons-nous que ces saines lectures soient de nouveau à l’ordre du jour, et qu’un auteur catholique, qui fut antidreyfusard, camelot du roi et, jusqu’en 1932, membre de l’Action Française, participe aux méditations de Carême du Saint-Père, car en notre époque d’anémie intellectuelle et de pensée unique, Bernanos mérite, plus que jamais, d’être lu et relu, puisqu’il est non seulement un immense romancier, mais aussi un essayiste prophétique, un esprit libre qui a su s’affranchir de tout parti pour défendre à temps et à contretemps sa conception du bien et de l’honneur.

58 commentaires leave one →
  1. 27 février 2010 15:41

    Pour information ce serait peut-être pas mal de citer l’article en son entier, article que vous pillez allègrement et auquel vous faîtes dire le contraire de ce qu’il dit !

    http://www.culturesfrance.com/adpf-publi/folio/bernanos/bernanos12.html

    Ainsi quelques citations de Bernanos extraites du dit article

    « Un peu plus loin, Bernanos remarque que le but que s’est toujours proposé le peuple juif « n’est pas de vaincre, mais de durer ; c’est de la durée qu’il attend le salut. Qu’Israël dure, et le Très-Haut vaincra pour lui. En attendant, l’honneur, c’est de rester juif et de faire des enfants juifs, d’en faire assez pour que tous les pogroms ne puissent anéantir ce que Dieu a ordonné de conserver ».

    Autre extrait du même article ! :

    « De telles lignes témoignent pour la noblesse de leur auteur, c’est-à-dire d’un homme qui, ne l’oublions pas, avait été camelot du roi et maurrassien. Mais plus remarquable encore, peut-être, que ces lignes-là, est la netteté avec laquelle Bernanos reconnaît que la Chrétienté médiévale n’a pas compris l’honneur juif : « Elle fermait obstinément les yeux sur les causes réelles de la survivance du peuple juif à travers l’Histoire, sur la fidélité à lui-même, à sa loi, à ses ancêtres, fidélité qui avait pourtant de quoi émouvoir son âme. » Au lieu de combattre, il suffisait au juif de survivre, « fût-ce dans l’injustice et le mépris, jusqu’à ce que l’ombre du Très-Haut couvrît la terre […]. Oui, voilà ce que nous n’avons pas nous-mêmes toujours compris ».  »

    Il serait plus sage alors de ne pas faire de Bernanos un antijudaïque, puisque selon vos canons et d’après cet article il s’avère plutôt comme un « traitre » à la « Tradition »

    Merci

    Bien à vous !

  2. Koopa Troopa permalink
    27 février 2010 16:17

    Un bémol quand même : son attitude lors de la Guerre d’Espagne.

  3. Hilaire permalink
    28 février 2010 19:39

    Un gros bémol même ! Mais il était bon de rappeler certaines positions sympathiques…

  4. 28 février 2010 22:20

    @ Bernanos antijudaïque ?

    Ce que dit cet article n’a strictement aucune importance. Ce qui est intéressant en revanche, ce sont les déclarations de Bernanos, non les commentaires de mauvais littérateurs à son sujet. D’ailleurs il y a de quoi rire à cette assertion aussi inexacte que ridicule : « Il serait plus sage alors de ne pas faire de Bernanos un antijudaïque ».

    En effet il n’y a pas à forcer beaucoup sa pensée pour montrer que son « antisémitisme » – ultilisons l’expression puiqu’il accepte encore le mot en 1936 : «Je m’expliquerai sur mon antisémitisme où l’on voudra » – est repérable dès ses premiers articles à l’Avant-garde de Normandie jusqu’à la Grande Peur, qui en est le point d’orgue.

    On en trouve encore maintes expressions, quoique atténuées, dans ses écrits ultérieurs.

    On y reconnaît la combinaison de l’antijudaïsme chrétien et du social-antisémitisme opérée jadis par Drumont, renouvelée par les assomptionnistes de la Croix, répandue largement dans les milieux catholiques d’avant 1914.

    Résumons la position de Bernanos :

    – Premier chef d’accusation contre les juifs : l’antagonisme entre la civilisation chrétienne et la mentalité juive : « Je tiens le Juif pour l’ennemi de la chrétienté ».

    Deuxième chef d’accusation: l’or juif, l’usure juive, la banque juive. Bornons-nous au résumé de leur œuvre, tel qu’il est formulé dans la conclusion de la Grande Peur: «Devenus maîtres de l’or ils [les Juifs] s’assurent bientôt qu’en pleine démocratie égalitaire, ils peuvent être du même coup maîtres de l’opinion, c’est-à-dire des mœurs […]. Dès la moitié du XIXe siècle, aux premières places de l’Administration, de la Banque, de la Magistrature, des Chemins de fer ou des Mines, partout enfin l’héritier du grand bourgeois, le polytechnicien à binocle, s’habitue à trouver ces bonshommes étranges qui parlent avec leurs mains comme des singes […], si différents du papa bonnetier ou notaire et comme tombés d’une autre planète, avec leur poil noir, les traits ciselés par l’angoisse millénaire, le prurit sauvage d’une moelle usée depuis le règne de Salomon, prodiguée dans tous les lits de l’impudique Asie… » (Le Chemin de la croix des âmes, Gallimard, p. 421-424).

    Tout ceci nous fait donc voir que chez Bernanos, même si son évolution ultérieure montre un homme plus modéré dans ses jugements, on niera difficilement – ce qui gêne évidemment ses actuels admirateurs plus timides mais nous indiffère absolument et nous donne d’ailleurs l’occasion d’y insister utilement – ses déclarations plus que critiques et sévères envers les juifs !

  5. 3 mars 2010 11:28

    Enfin, ce que dit cet article n’a peut-être aucune importance mais c’est cet article que vous avez « copier-coller » ! Vous auriez tout de même pu le paraphraser, plutôt que de le reprendre tel quel en enlevant les citations de Bernanos qui n’allaient pas de votre sens, ce qui en dit long par ailleurs sur vos méthodes critiques. Mais bon après tout vous vous réclamez de Maistre et du Jansénisme, alors pourquoi pas !

    Le problème n’est pas de savoir si Bernanos est antisémite ou pas mais de montrer une pensée dans sa globalité et son évolution… ainsi voici les citations de Bernanos que vous avez, sciemment, dégagées et qui atténuent, sinon contredisent, votre thèse :

    « Bernanos reconnaît que la Chrétienté médiévale n’a pas compris l’honneur juif : « Elle fermait obstinément les yeux sur les causes réelles de la survivance du peuple juif à travers l’Histoire, sur la fidélité à lui-même, à sa loi, à ses ancêtres, fidélité qui avait pourtant de quoi émouvoir son âme. » Au lieu de combattre, il suffisait au juif de survivre, « fût-ce dans l’injustice et le mépris, jusqu’à ce que l’ombre du Très-Haut couvrît la terre […]. Oui, voilà ce que nous n’avons pas nous-mêmes toujours compris70 ».  »

    « le but que s’est toujours proposé le peuple juif « n’est pas de vaincre, mais de durer ; c’est de la durée qu’il attend le salut. Qu’Israël dure, et le Très-Haut vaincra pour lui. En attendant, l’honneur, c’est de rester juif et de faire des enfants juifs, d’en faire assez pour que tous les pogroms ne puissent anéantir ce que Dieu a ordonné de conserver ». « 

    • 4 mars 2010 12:03

      @ Bernanos antijudaïque ?

      Votre goût, médiocre et assez ridicule, pour la petite chicane, cache mal une sourde hostilité aux positions défendues sur La Question. On sent bien que votre hypocrite volonté de montrer la pensée de Bernanos « dans son évolution et sa globalité », consiste surtout pour vous à gommer certaines « positions » anitjudaïques, voire antisémites qui vous gênent, mais que l’on niera difficilement chez le héros littéraire qu’adulent aujourd’hui les petits intellectuels efféminés de salon.

      Cependant votre message nous donne de préciser deux choses :

      – La première consistant à insister sur le fait que « La Question Actualités » n’a pas vocation a rédiger des articles magistraux. Le rythme des notes (environ une à deux par jour), ne permet pas un développement excessif. Pour cela il existe « La Question Doctrine » où chacun peut trouver de quoi nourrir sa réflexion à partir de textes originaux, bourrés de références et accompagnés d’un appareil critique élaboré. Il n’est pas dit d’ailleurs que l’on ne s’y penche pas un jour sur Bernanos, comme cela vient d’être fait récemment par Zacharias pour Joseph de Maistre :
      http://www.la-question.net/archive/2009/12/17/joseph-de-maistre-et-les-juifs.html

      – La seconde, puisque vous avez l’amabilité de nous rappeler nos références, porte sur la nécessaire clarification de nos orientations. Nous sommes effectivement augustiniens (« jansénisme » est un terme polémique, un phénomène complexe qui devrait d’ailleurs se mettre au pluriel pour être compris sérieusement voyez : http://zacharias.hautetfort.com/archive/2008/09/16/le-jansenisme-une-heresie-imaginaire.html#more), et maistriens.

      Augustiniens, intégralement, en matière politique et religieuse :

      – Nous nous référons sans en faire mystère, suivant saint Augustin et sa vision des deux cités (cf. La Cité de Dieu), à la théorie développée ensuite par les auteurs ecclésiastiques et qui réapparut à l’occasion de la Querelle des investitures, dans les « Dictatus papae » de Grégoire VII : la plénitude de pouvoir, en latin « plenitudo potestatis ». Rappelons que dans la deuxième moitié du XIIIe siècle, grâce aux efforts théoriques de saint Bernard, la plénitude du pouvoir est devenue une notion qui devait être totale et unique, face au désordre provoqué par les souverains incapables de gérer leurs royaumes. L’Eglise ne tolérera donc plus un autre pouvoir que celui du Pape, seul capable de faire l’unité et de préserver la paix, le Pape étant alors considéré comme détenant aussi bien le glaive spirituel que le glaive temporel.

      – Pour nous, c’est donc le Pape, et lui seul en tant que représentant du Christ sur la terre, qui confère le pouvoir temporel au prince pour qu’il en fasse un usage soumis au contrôle de l’Eglise. Ceci explique pourquoi c’est l’Eglise, et elle seule, qui demande à celui qui détient le glaive temporel d’en faire usage contre les infidèles et les hérétiques (croisade et exécution des sentences capitales des tribunaux d’Inquisition), mais aussi d’œuvrer au bien spirituel de la nation dont il a l’héritage.

      Cette théorie, admirable, qui est la nôtre, fut défendue est exposée par Joseph de Maistre (cf. Du Pape), Prosper Guéranger, Bonald, sans oublier le jeune Félicité de Lamennais, qui entra au petit séminaire en 1822, et fut celui qui restaura en France l’Ordre de saint Benoît, supprimé à la Révolution française, et qui pourtant avait édifié l’Europe chrétienne, celle que nous souhaitons de nos vœux !

  6. Séverin permalink
    3 mars 2010 19:45

    @ Bernanos antijudaïque ?

    Il s’avère plutôt comme un « traitre » à la « Tradition »…

    Je suis surpris par votre remarque!
    Qu’entendez-vous par « traitre » à la « Tradition »?

  7. 4 mars 2010 12:39

    Mais enfin c’est du délire complet – je ne gomme pas les prises de positions antisémites de Bernanos, je tente juste d’en montrer la complexité ainsi que l’ambivalence, qui le rapproche plus sur ce point d’un Bloy (hautement critiquable par ailleurs) que d’un chantre de l’antijudaïsme ou antisémitisme radical, comme vous voudrez, et que vous affectionnez ici !

    Qui plus est quand Bernanos dit : « je ne suis nullement anti juif » vous le comprenez comment ?

    Quand il écrit : « le but que s’est toujours proposé le peuple juif « n’est pas de vaincre, mais de durer ; c’est de la durée qu’il attend le salut. Qu’Israël dure, et le Très-Haut vaincra pour lui. En attendant, l’honneur, c’est de rester juif et de faire des enfants juifs, d’en faire assez pour que tous les pogroms ne puissent anéantir ce que Dieu a ordonné de conserver »

    De deux choses l’une : soit on articule les deux dernières citations avec ses prises de positions antisémites, pour révéler une logique interne, ou alors on y voit une évolution, c’est au choix ; dans tous les cas on ne fait pas comme si elle n’existaient pas !

    ensuite quand vous dîtes :
    « La première consistant à insister sur le fait que « La Question Actualités » n’a pas vocation a rédiger des articles magistraux. Le rythme des notes (environ une à deux par jour), ne permet pas un développement excessif.  »
    Très bien mais dans ce cas, soit on paraphrase, soit on met l’article cité en lien. en tous les cas on s’abstient du copier-coller, partiel en prime, surtout si c’est pour faire dire à un auteur, Bernanos en l’occurence, la moitié de ce qu’il a dit !

    • Vries permalink
      4 mars 2010 23:50

      Vous savez lire l’ami ? L’article de La Question ne dit pas qu’il n’a pas évolué. Il s’en tient à rappeler certaines positions. Faudrait voir à être un peu plus objectif, même si les orientations de ces lieux vous donnent des boutons.

      Je trouve la note plutôt équilibrée :

      « Réjouissons-nous que ces saines lectures soient de nouveau à l’ordre du jour, et qu’un auteur catholique, qui fut antidreyfusard, camelot du roi et, jusqu’en 1932, membre de l’Action Française, participe aux méditations de Carême du Saint-Père, car en notre époque d’anémie intellectuelle et de pensée unique, Bernanos mérite, plus que jamais, d’être lu et relu, puisqu’il est non seulement un immense romancier, mais aussi un essayiste prophétique, un esprit libre qui a su s’affranchir de tout parti pour défendre à temps et à contretemps sa conception du bien et de l’honneur. »

      C’est honnête comme présentation, et plutôt sympa, y compris pour son dernier parcours.

      Faut pas voir le mal où il n’est pas. Ou alors changez de lunettes !

    • sixte permalink
      4 mars 2010 23:56

      Ne cherchez pas trop loin Vries. La situation a été parfaitement résumée :

      « Votre goût, médiocre et assez ridicule, pour la petite chicane, cache mal une sourde hostilité aux positions défendues sur La Question. »

      C’est pas plus compliqué. Autrement vous verriez notre personnage faire chauffer sa plume et s’activer sur d’autres notes du blog.

      S’il vient pour ferailler sur celle-ci, c’est que sa weltanschauung a été un peu bousculée…

  8. 4 mars 2010 12:44

    Autre citation de Bernanos : « La preuve est faite désormais qu’aucune persécution n’est capable d’en finir avec un peuple dont le génie est précisément de lasser la patience et d’épuiser l’imagination des bourreaux. Les charniers refroidissent lentement, la dépouille des martyrs retourne à la terre, l’herbe avare et les ronces recouvrent le sol impur où tant de moribonds ont sué leur dernière sueur, les fours crématoires eux-mêmes s’ouvrent béants et vides sur les matins et sur les soirs, mais c’est bien loin maintenant de l’Allemagne, c’est aux rives du Jourdain que lève la semence des héros du ghetto de Varsovie. »

    Essais et écrits de combat, éd. cit., t. II, p. 1243-1246

  9. 4 mars 2010 14:55

    Bernanos soupçonné d’être antisémite ? Le seule crime impardonnable en 2010. Cela remettrait en cause tout le reste ? Quelle sottise ! Le commentaire ci-dessus montre que c’est faux de toute manière. Bernanos est tout entier pris par la Vérité, dût-elle faire mal et le pousser à tirer contre son camp.

  10. Koopa Troopa permalink
    4 mars 2010 15:41

    Enfin la vérité… ma non troppo…

  11. 4 mars 2010 20:39

    « Pour cela il existe « La Question Doctrine » où chacun peut trouver de quoi nourrir sa réflexion à partir de textes originaux, bourrés de références et accompagnés d’un appareil critique élaboré. Il n’est pas dit d’ailleurs que l’on ne s’y penche pas un jour sur Bernanos, comme cela vient d’être fait récemment par Zacharias pour Joseph de Maistre  »

    Ah ? C’est « bourrés » de références dîtes-vous et c’est fait avec la même honnêteté intellectuelle que pour cet article sur Bernanos ou là, vraiment, vous ne faîtes pas de coupes sombres à l’avantage de vos partis pris ?

    • Grégoire permalink
      5 mars 2010 01:24

      Et la mauvaise foi on lui donne quel nom joyeux rigolo ?

  12. morpri permalink
    4 mars 2010 23:15

    @ Bernanos antijudaïque ?, votre pertit jeu commence à fatiguer. On a bien compris que la ligne doctrinale de La Question n’était pas votre tasse de thé. Alors comme personne ne vous oblige à boire le breuvage servi en ces lieux, please ne forcez pas trop tout de même.

    Au fait, présentez-vous un peu, c’est plus poli et correct lorsqu’on s’invite chez les autres…

    C’est quoi au juste votre trip ? Vatican II, moderniste, pro-juif, philo-sioniste ? Merci de cocher les cases selon votre sensibilité 🙂

  13. cax permalink
    4 mars 2010 23:21

    Bernanos ami des juifs c’est une blague de notre visiteur anti-maistrien.

    Au fait fantôme de la bonne pensée juidéophile, Drumont ça vous dit quelque chose ?

    Georges Bernanos lui a consacré le livre « La Grande peur des bien-pensants », ouvrage dans lequel il appelle Édouard Drumont avec affection « mon vieux maître» ou le « vieux Drumont ».

    On poursuit dans les détails savoureux de la dialectique du vieux maître à l’égard des juifs, joyeux plaisantin judaïsé, ou on s’arrête ici pour ne pas vous donner des difficultés de digestion ?

    • 5 mars 2010 09:38

      Non non continuez et juste expliquez moi cette citation du même Bernanos, après avoir fait référence au premier essai de Bernanos, je n’en demande pas plus, je n’en demande pas moins, merci :

      « La preuve est faite désormais qu’aucune persécution n’est capable d’en finir avec un peuple dont le génie est précisément de lasser la patience et d’épuiser l’imagination des bourreaux. Les charniers refroidissent lentement, la dépouille des martyrs retourne à la terre, l’herbe avare et les ronces recouvrent le sol impur où tant de moribonds ont sué leur dernière sueur, les fours crématoires eux-mêmes s’ouvrent béants et vides sur les matins et sur les soirs, mais c’est bien loin maintenant de l’Allemagne, c’est aux rives du Jourdain que lève la semence des héros du ghetto de Varsovie. »

      Essais et écrits de combat, éd. cit., t. II, p. 1243-1246

    • cax permalink
      5 mars 2010 10:58

      L’explication elle porte un nom, ou plutôt elle relève de la mise en place d’une grande fantasmagorie écrite par les « libérateurs », dans laquelle est tombé tête la première Bernanos (comme beaucoup d’autres qui n’ont pas vue le piège), et que certains dénoncèrent mais qui furent invités fermement à se la boucler.

      Vous saisissez ? Non ? vous voyez toujours pas ?

      Alors écoutez ceci :

      https://lebloglaquestion.wordpress.com/2009/12/30/verites-sur-lhistoire/

    • brunsw permalink
      5 mars 2010 11:04

      C’est l’explication décisive cax, celle qui permet également de comprendre la raison du silence de Pie XII…qu’on lui reproche mais dont on se garde bien de trop vouloir comprendre….la loi Gayssot veille !

      https://lebloglaquestion.wordpress.com/2009/12/22/pie-xii-le-consistoire-stupefait/

      http://intransigeants.wordpress.com/2009/12/22/pie-xii-le-pape-qui-savait/

    • eloi permalink
      5 mars 2010 11:32

      C’est le genre de bobard que pouvait croire Bernanos, car le bourrage de crâne après-guerre (Nuremberg oblige…), était difficilement évitable. Mais aujourd’hui on en sait suffisamment pour éviter ce piège grossier.

      Vous y croyez vraiment vous que : « c’est aux rives du Jourdain que lève la semence des héros du ghetto de Varsovie… » ou c’est une plaisanterie de mauvais goût ?

  14. xavier permalink
    4 mars 2010 23:27

    @ cax

    Bernanos est devenu la coqueluche des courants judaïques cathos depuis qu’ Elie Wiesel résuma le parcours de Bernanos en déclarant que celui-ci était « peu à peu venu vers les juifs », et « qu’il eut le courage de s’opposer au fascisme, de dénoncer l’antisémitisme, et de dire justement ce qu’il a dit et écrit de la beauté et de l’honneur d’être juif ».

    Depuis le voilà certifié casher, et on voit régulièrement apparaître les mêmes avocats, cathos vaticandeux, du Bernanos amis des juifs…des qu’on rappelle un peu trop nettement ses amours de jeunesse.

  15. sky flying permalink
    4 mars 2010 23:42

    Il y a un article, pas si mal finalement, de Philippe Lançon dans Libération, qui fait bien la part des choses, et pourrait rendre parfaitement acceptable la mise en lumière effectuée par La Question, qui rappelle justement (et on voit pas pourquoi – mauvais procès à mon avis de Bernanos antijudaïque ? – on lui en ferait le reproche sur ce point, car il n’est pas interdit d’éclairer une facette d’un auteur pendant que l’on a tendance à vouloir la cacher), que l’auteur de la « Grande peur des bien-pensants » a eu des positions qu’il ne convient pas d’oublier, et que d’un autre côté il effectua un passage d’un camp à l’autre qui le rend également digeste par les consciences licratisées d’aujourd’hui.

    Extrait :

    La vie de Bernanos est celle d’un catholique qui fut antidreyfusard, camelot du roi et, jusqu’en 1932, membre de l’Action française. Avis aux moralistes hors du temps : ils trouveront de quoi horrifier leur sociable vertu dans ses articles des années 1920. Georges Bernanos fut en effet antisémite, comme pouvait l’être un catholique français en ces années-là. Il admirait effectivement Drumont – la Grande Peur des bien-pensants, son premier essai, fait le panégyrique de l’auteur de la France juive – et Charles Maurras, qu’il appelait «Cher Maître». Les phrases qu’on vient de lire, bien qu’écrites en 1944, sont l’écho de ces temps-là : si un homme change, ses fantômes le suivent. Ils continuent d’occuper ses combats, même quand ceux-ci se sont depuis longtemps retournés et devraient, selon une frémissante logique rétrospective, le conduire à les éliminer. Mais l’existence d’un homme n’est pas un traité de géométrie. Elle a ses passions, ses souvenirs, ses hoquets. L’ignorer ne peut conduire à aucune morale valable, fût-elle anti-antisémite.

    La rupture de Bernanos avec l’Action française, qui était une famille, se fit au nom de la vérité : elle fut violente, douloureuse et courageuse. Dès lors, il fut libre. Jamais il ne calcula ses attitudes et ses textes. Il vécut, avec femme et enfants, comme un pauvre. Catholique, il était d’abord favorable au franquisme ; mais, observant aux Baléares les assassinats bénis par les évêques, il changea aussitôt – et écrivit l’un des plus beaux pamphlets de la langue française. Il abandonna l’art romanesque pour mener, essais après articles, sa lutte contre la dégradation française et l’Europe fasciste. Il le fit selon sa perspective catholique, royaliste, antiprogressiste ; mais il le fit absolument. Et il devint l’une des premières consciences de la France libre. Il n’en accepta aucun dividende ; ce n’était pas son genre. Soixante ans après sa mort, sa phrase porte toujours la grâce, les splendeurs de l’esprit de révolte et d’insoumission. Son antisémitisme appartient à une culture, à une époque. Sans l’oublier, ce n’est plus lui qu’on retient, mais son courage, sa puissance et sa liberté.

    Tribune 02/09/2008 à 04h50
    Bernanos et les bien-pensants

    http://www.liberation.fr/tribune/010188304-bernanos-et-les-bien-pensants

  16. Char7 permalink
    5 mars 2010 00:43

    le héros littéraire qu’adulent aujourd’hui les petits intellectuels efféminés de salon.

    HUHU!!

  17. Hilaire permalink
    5 mars 2010 01:20

    Bernanos, on a beau tourner ça dans tous les sens qu’on voudra, fit cette déclaration en forme d’aveu qui va très loin : « Hitler aura définitivement déshonoré l’antisémitisme ».

    Et puis une petite précision toute de même, de la part de quelqu’un qui changea d’avis tout au long de sa vie, jamais il ne désavoua ni Brasillach ni Rebatet ni Léon Daudet…à méditer.

  18. gerdil permalink
    5 mars 2010 01:46

    Céline est bien plus grand écrivain que Bernanos, Le Voyage, c’est autrement plus inventif que tout Bernanos ! Y a pas photo ! Et puis Céline c’est de la littérature, tandis que le style de Bernanos, c’est un terminus ad quem ! Même Barbey, pourtant passablement rétro parfois, est plus génial avec ses Diaboliques.

    Bon le problème c’est que le pape ne fera jamais une retraitre de Carême sur la méditation de Bagatelles ou des Beaux draps !

  19. Koopa Troopa permalink
    5 mars 2010 08:37

    Les temps ont changé, nous ne sommes plus en 1914. L’ennemi n’est plus le même (enfin si, il est toujours le même mais cette fois, en première ligne). En bref, toute personne se plaçant du côté des Juifs hier ou aujourd’hui (sauf cas très précis ou prise de conscience ultérieure) doit être rayé de nos milieux. C’est tout.

  20. Aloïs permalink
    5 mars 2010 10:59

    @ Koopa Troopa

    On ne saurait mieux présenter la situation !

  21. 5 mars 2010 11:39

    « L’explication elle porte un nom, ou plutôt elle relève de la mise en place d’une grande fantasmagorie écrite par les « libérateurs », dans laquelle est tombé tête la première Bernanos (comme beaucoup d’autres qui n’ont pas vue le piège), et que certains dénoncèrent mais qui furent invités fermement à se la boucler.

    Vous saisissez ? Non ? vous voyez toujours pas ? »

    Eh ben voilà, c’est pourtant pas compliqué ! Donc on pourrait résumer le propos ainsi : »Bernanos, après avoir dénoncé les méfaits des Juifs, est tombé en plein dans le panneau de la manipulation jusqu’à finir par dire le contraire de ce qu’il disait avant ! »

    Après on en pense ce qu’on veut mais cette vision, qui est la vôtre, possède au moins le mérite de ne pas faire l’impasse sur TOUTE la réflexion de Bernanos quant à la question juive. Ce que je « reprochais » aux « auteurs » (j’écris « auteurs » ente guillemets puisqu’il s’agit plutôt de la reprise parcellaire et mot pour mot d’un autre texte) de cet article

    • Hilaire permalink
      5 mars 2010 11:54

      Mais on s’en fout de l’impasse grand nigot.

      Ici on va à l’essentiel (rappel c’est un blog « Actualités »), il y a suffisamment d’endroits où la période judéolatre de Bernanos est l’objet de louanges extasiées pendant des pages et des pages. C’est pas vraiment le genre de la maison…

      Donc le but sur La Question était de rappeler un aspect que l’on veut mettre de côté et faire semblant d’oublier, d’autant qu’il est au programme des lecture de Carême de Benoît XVI.

      C’est clair ? on va pas y passer la nuit !

  22. cax permalink
    5 mars 2010 11:48

    Ah, ça va mieux très vite n’est-ce pas dès qu’on précise un peu les choses …

    Je vous ai pas entendu répondre à la question de eloi ?

    Et puis au fait, mauvaise foi et extase judéophile entre parenthèses, vous lui reprochez quoi au juste à cette vision ?

  23. 5 mars 2010 11:58

    Oui comme vous dîtes ça va mieux très vite ! Quand à votre vision je ne lui reproche rien, quand bien même je ne la partagerai pas, ce n’est pas le problème ici

    Et puis pour la question d’Eloi, peu importe ce que moi j’ai à y répondre, l’important c’est Bernanos, quand on parle d’un article sur Bernanos !

    Ce que je « reproche » à la Question, sur ce post, ce ne sont pas ses partis pris, c’est sa méthode qui consiste à ne présenter qu’une partie de l’ensemble d’une réflexion… méthode pour le moins discutable vous en conviendrez et sur le long terme, à mon avis, contre productive….

  24. cax permalink
    5 mars 2010 12:04

    Hypocrisie et mauvaise foi font bon ménage chez vous.

    Il vous aura fallu deux jours pour parvenir à vous faire admettre, timidement car je note votre prudence plus que significative, que Bernanos avait pu se laisser berner par la propagande d’après-guerre, puis reconnaître qu’il fut bien un temps antisémite et disciple de Drumont, pour enfin nous dire que l’article, ce que personne ne nie, était parcellaire et orienté ne précisant pas son virage à 180° que tout le monde connaît tant on nous rebat les oreilles sur le sujet.

    Votre évidente sympathie pour les juifs transpire jusque dans vos méthodes…

  25. cax permalink
    5 mars 2010 12:06

    Et notre antipathie dans les nôtres !

  26. 5 mars 2010 12:07

    « il y a suffisamment d’endroits où la période judéolatre de Bernanos est l’objet de louanges extasiées pendant des pages et des pages. C’est pas vraiment le genre de la maison… »

    Donc pour récapituler Bernanos est passé de l’antisémitisme à la « judéolâtrie » ? C’est intéressant, on avance, mais on s’éloigne du :

    « Tout ceci nous fait donc voir que chez Bernanos, même si son évolution ultérieure montre un homme plus modéré dans ses jugements, on niera difficilement – ce qui gêne évidemment ses actuels admirateurs plus timides mais nous indiffère absolument et nous donne d’ailleurs l’occasion d’y insister utilement – ses déclarations plus que critiques et sévères envers les juifs ! »

    Donc plus modéré c’est être judéolâtre ?

  27. cax permalink
    5 mars 2010 12:12

    Le pilpoul rabinnique n’est pas destiné à être importé sur La Question. On a bien compris l’argument…

    Et comme c’est shabbat ce soir un conseil, kippa sur la tête et bon travail à la yechivah !

  28. 5 mars 2010 12:14

    « Il vous aura fallu deux jours pour admettre que Bernanos avait pu se laisser berner par la propagande d’après-guerre, puis reconnaître qu’il fut bien antisémite et disciple de Drumont »

    A aucun moment je n’ai sous entendu que Bernanos n’avait pas été antisémite, ni qu’il n’eut pour Drumont une admiration sincère et durable ! Je me suis contenté de préciser que Bernanos n’était pas que ça, antisémite, et que sa position était plus ambigüe que ce que l’article sous entendait !

    Je reprends ce que vous écrivez en parlant du « virage à 180° » de Bernanos, alors que la Question parle de simple modération, faudrait savoir ?

  29. 5 mars 2010 12:19

    Par ailleurs, que je sache, je n’ai insulté personne ici, et me suis contenté de poser des questions auxquelles on ne m’a répondu qu’aux bouts de 2 jours effectivement ! Réponses dont je vous remercie par ailleurs, Cax, même si je ne goûte guère le fait de me faire insulter, et qui confirment ce que je disais dans mon premier commentaire, à savoir, que Bernanos n’était peut-être pas l’écrivain le plus approprié à servir la cause antisémite, ou antijudaïque appelez ça comme vous voulez, que vous défendez ici ! c’est tout

  30. cax permalink
    5 mars 2010 13:52

    Aucune insulte dans mes propos. Juste une remarque s’agissant d’une méthode assez peu compatible avec l’esprit de La Question (il appartiendra aux administrateurs de me corriger si je me trompe, cette façon de couper les cheveux en quatre, alors que la première réponse des dits administrateurs était claire, en dissimulant le fond de sa pensée, ce qui me donne d’ailleurs l’occasion de vous faire remarquer que vous avez fuit systématiquement toutes les interrogations qui vous ont été posées, est la signature du talmudisme.

  31. 5 mars 2010 14:08

    Mais quelles questions ???? Si je ne partage pas vos thèses ? Oui, effectivement, je ne les partage pas ! Si je pense que Bernanos est un disciple de Drumont et que certains de ses propos sont antisémites ??? Oui, je le pense, mais je ne pense pas en revanche qu’il ne soit QUE ça !!!!

    Quand aux questions auxquelles on m’a soit disant répondu ? Non, aucun des administrateurs n’y a répondu autrement qu’en disant que le dernier Bernanos était seulement modéré et qu’il était résté antisémite ! Ce que vous même vous ne dîtes pas puisque vous pensez qu’il s’agit d’un » virage à 180° » et qu’il a finit « judéolatre!!!

    Vous ne m’insultez pas ? Je vous cite, et je ne pense pas que ces termes sous votre plumes soit des amabilités :

    « fantôme de la bonne pensée juidéophile »
    « joyeux plaisantin judaïsé » etc.

    • Séverin permalink
      5 mars 2010 14:32

      @ Bernanos antijudaïque ?

      Il s’avère plutôt comme un « traitre » à la « Tradition »…

      Je suis surpris par votre remarque!
      Qu’entendez-vous par « traitre » à la « Tradition »?

    • 5 mars 2010 14:38

      Ben disons que selon la logique de la Question, qui a pour habitude de ranger dans le camp des hérétiques tous ceux qui ne sont pas sur leur ligne, d’après eux celle de la Tradition, on est légitimement en droit de s’étonner, eu égards à ses derniers textes , qu’ils mettent Bernanos de leur côté !

      Voilà le sens de ma remarque, je vous le concède vaguement ironique et assez vague…

  32. brunsw permalink
    5 mars 2010 14:18

    C’est sûr à l’époque Bernanos n’avait pas accès à internet pour comprendre la fable shoatique!

  33. eloi permalink
    5 mars 2010 14:20

    Mais pourquoi un porteur de kippa serait-il vexé des amabilités de cax?

  34. 5 mars 2010 14:33

    « Ayant écrit « La grande peur des bien-pensants », je passe pour antisémite et je ne saurai m’en indigner sans hypocrisie puisque le livre dont je viens de parler est consacré à mon vieux maître Édouard Drumont. Le mot d’antisémite est un mot mal né, un mot qui devait tôt ou tard, comme disent les braves gens,« mal tourner », à l’exemple de tous ceux qu’on a formés, grâce à la particule prépositive anti… Le mot d’antisémite n’est pas un mot d’historien, c’est un mot de foule, un mot de masse, et le destin de pareils mots est de ruisseler, tôt ou tard, de sang innocent. »

    « Ce qui a au cours des siècles opposé le monde chrétien au monde juif n’est sans doute qu’un malentendu, mais c’est un malentendu fondamental, et qui en pénétrerait le sens connaîtrait du même coup, peut-être, la signification totale de l’Histoire. »

    Georges Bernanos, L’honneur est ce qui nous rassemble.

  35. Tubmogul permalink
    5 mars 2010 14:37

    Bernanos antijudaïque = troll

    • Char7 permalink
      5 mars 2010 15:27

      Bernanos antijudaïque ?

      Ben disons que selon la logique de la Question, qui a pour habitude de ranger dans le camp des hérétiques tous ceux qui ne sont pas sur leur ligne, d’après eux celle de la Tradition, on est légitimement en droit de s’étonner, eu égards à ses derniers textes , qu’ils mettent Bernanos de leur côté !

      Voilà le sens de ma remarque, je vous le concède vaguement ironique et assez vague…

      vaguement ironique et assez vague…

      bref on passe le temps comme on peut! Hein?
      On pilpoul quoi! Comme Watremez le tout est son contraire!

  36. 5 mars 2010 19:14

    Ben l’occurrence ce n’est pas moi qui pilpoul comme vous dîtes, mais les administrateurs de ce site qui ne voit dans l’évolution de Bernanos sur la question juive qu’une simple modération tandis que les textes nous montre plutôt une contradiction ou un virage à 180° ! C’est bien ça le pilpoul hein Char7 ?

  37. cax permalink
    5 mars 2010 21:59

    « C’est pas moi qui pilpoul », vous vous foutez de qui ?

    Votre attitude n’est d’autre qu’une longue suite de dérobades successives, évitant le seul sujet véritable que recouvre le cas Bernanos, et que vous fuyez prudemment.

    Car le problème Bernanos, se résume à l’évolution d’un catholique antisémite maurrassien, abusé par la propagande fabriquée autour d’une fable mensongère, expliquant son fameux : « Hitler a déshonoré l’antisémitisme ».

    Si dans cette note, La Question soutient que Bernanos resta au fond sur ses idées, ce n’est pas faux, car sans la propagande des libérateurs, il y a de fortes chances que l’auteur de la Grande peur ait continué à défendre les mêmes idées.

    De ce fait écrire : « Ainsi donc, réjouissons-nous que ces saines lectures soient de nouveau à l’ordre du jour, et qu’un auteur catholique, qui fut antidreyfusard, camelot du roi et, jusqu’en 1932, membre de l’Action Française participe aux méditations de Carême du Saint-Père, car en notre époque d’anémie intellectuelle et de pensée unique, Bernanos mérite, plus que jamais, d’être lu et relu », ne constitue pas un problème. C’est tout à fait exact.

    En réalité ce qui vous gêne, c’est que l’on vienne rappeler un peu fort les positions premières de votre héros que vous utilisez, comme l’ensemble des esprits enjuivés, comme une icône convertie aux lumière d’Israël. Eh bien désolé, Bernanos reste, et restera globalement un esprit catholique formé par Drumont, trompé par la fable shoatique, possédant un soubassement antijudaïque indéniable.

  38. fly fishing permalink
    5 mars 2010 22:02

    @ cax

    Ce « seul sujet véritable que recouvre le cas Bernanos », et qu’évite comme la peste notre apprenti talmudiste, est devenu un « dogme » laïc, le seul et unique protégé par la loi !

  39. Hilaire permalink
    5 mars 2010 22:14

    Malgré la confusion d’après-guerre sur la question juive, Bernanos reste attachant en raison de plusieurs attitudes. Le général de Gaulle voulait en faire un Ministre de la Culture, offre qu’il décline conduisant De Gaulle à dire plus tard : « Celui-là, je ne suis jamais parvenu à l’attacher à mon char… ».

    Alors qu’on lui propose l’Académie française il répond ceci : « Quand je n’aurai plus qu’une paire de fesses pour penser, j’irai l’asseoir à l’Académie ».

    N’oublions pas que Bernanos est en fait écœuré par l’épuration. Il est à la fin de sa vie très inquiet des dangers du monde, du caractère inhumain du progrès technique, et des perversions du capitalisme industriel (cf. « la Liberté pourquoi faire ? » et « La France contre les robots »). De ce fait Bernanos reste, malgré qu’il se soit fait abusé par le mensonge des alliés à propos des juifs, un anti-moderne forcené, ce que La Question nous rappelle fort justement, et on voit pas pourquoi on lui en fait grief, en ces termes : « Bernanos mérite, plus que jamais, d’être lu et relu, puisqu’il est non seulement un immense romancier, mais aussi un essayiste prophétique, un esprit libre qui a su s’affranchir de tout parti pour défendre à temps et à contretemps sa conception du bien et de l’honneur. »

  40. 5 mars 2010 22:18

    Ben disons que je connaissais déjà les prises de positions antisémites de Bernanos, comme je connaissais ses prises de positions contradictoires avec son antisémitisme initial ! et contrairement à ce que vous pensez elles ne me gênent pas outre-mesure à partir du moment où on les mais en rapport avec son parcours intellectuel !

    Maintenant, juste une question, qu’est-ce que vous lui trouver ici à Bernanos ?

    Il a rompu avec l’AF, s’est opposé à Franco, à Hitler, a dénoncé le régime de Vichy, pour se laisser finalement « trompé par la fable shoatique »

    En prenant tout ça en compte ça commence à faire beaucoup non ?

  41. sixte permalink
    5 mars 2010 22:43

    Vous avez parfaitement raison Hilaire. Bernanos reste résolument antimoderne, même après la guerre. A ce titre il est logiquement à sa place dans le camp de la Tradition, et c’est pourquoi il était bon, et nécessaire (comme on peut le constater par les réactions suscitées par cette note), que La Question marque le coup à l’occasion, et le libère du ghetto des misérables petits intellectuels judéophiles qui ont fait main basse sur lui, alors qu’il est ces jours-ci au programme des lectures de Carême du pape.

    Il restera – et le problème n’est pas d’ergoter trois heures sur ses positions erronées à l’égard des gouvernements de droite (dès la guerre d’Espagne il passe complètement à côté du sujet), ou sa méprise sur ce qu’il advint ou non des juifs dans les camps – un anti-progressiste forcené, un admirateur de la chrétienté des XIème et XIIème siècles, un critique féroce de la « société des machines et un apologiste de l’humanité médiévale. Il était donc normal que La Question attire notre attention sur lui.

  42. DST permalink
    5 mars 2010 22:47

    « Bernanos mérite, plus que jamais, d’être lu et relu, puisqu’il est non seulement un immense romancier, mais aussi un essayiste prophétique, un esprit libre qui a su s’affranchir de tout parti pour défendre à temps et à contretemps sa conception du bien et de l’honneur. »

    La Question – 27 février 2010
    https://lebloglaquestion.wordpress.com/2010/02/27/bernanos-en-lecture-de-careme/

  43. DST permalink
    5 mars 2010 22:48

  44. 6 mars 2010 09:02

    BERNANOS n’a pas été franquiste (et en tant que royaliste, c’était cohérent), cela ne signifie pas qu’il ai été pro-républicain/rouge. M’enfin, je n’apprend rien aux lecteurs des grands cimetières.

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