Skip to content

Onfray : Freud un imposteur !

26 avril 2010

La charge instruite par Michel Onfray contre Freud

et la psychanalyse, est un exercice plus qu’intéressant.

Dans «le Crépuscule d’une idole», Michel Onfray pour lequel nous n’avons pas une sympathie excessive, s’attaque cependant de façon argumentée à la figure de Sigmund Freud, qui a fabriqué une science à l’aide de manipulations grossières.  Or, il se trouve que nous détestons peut-être plus encore Freud qu’Onfray, car la responsabilité de l’inventeur de la psychanalyse dans la désorientation contemporaine est de façon incommensurablement supérieure aux quelques flèches expédiées maladroitement par l’auteur du Traité d’athéologie. Ainsi, voir un athée, Michel Onfray, pourfendre au nom de la pensée raisonnée, un autre adversaire résolu de la religion, à savoir Freud, est un spectacle plutôt réjouissant auquel nous concédons prendre une certain plaisir intellectuel.

La religion était pour Freud au fondement de la civilisation et du renoncement pulsionnel exigé par la culture, la foi un empêchement à la pensée libre, personnelle, maintenant les individus dans les illusions infantiles et leurs besoins névrotiques. Incapable de comprendre pourquoi dans les sociétés dites modernes, la force de cette prétendue « illusion » persistait, Freud se lança dans une critique féroce du fait religieux au point de sombrer dans un matérialisme scientiste très vulgaire.

La charge instruite par Michel Onfray contre Freud et la psychanalyse, est donc très amusante. L’homme Freud, nous le savions, était un triste sire, un truqueur, un menteur, un «égotique et narcissique». Sa discipline, en tant que thérapie, relève d’une «branche de la pensée magique» et soigne «dans la stricte limite de l’effet placebo». L’entendre dire par Onfray est un régal. De fait, son livre, le Crépuscule d’une idole, l’affabulation freudienne (Grasset), est un essai intelligent et malin (comme un singe ou un démon, c’est selon), écrit de façon simple et directe, adroitement argumenté, organisé autour d’une thèse systématiquement développée, ouvrage que l’on pourra ranger aux côtés des célèbres critiques de Freud, beaucoup plus sérieux et approfondis comme l’indispensable Pierre Debray-Ritzen, dont on citera les eux livres essentiels : La Scolastique freudienne, Fayard, 1972, et  La psychanalyse, cette imposture, Albin Michel, 1991.

Pour aller plus loin :

Michel Onfray : l’histrion médiatique de la «mort de Dieu» !

16 commentaires leave one →
  1. regardlese permalink
    26 avril 2010 09:50

    marie a clairement dit a medjugordge ceci=

    la psychanalyse ne sert a rien si ce n’est a expliquer les causes d’un désordre – mais en aucun cas elle ne guérit!

    seules les prières peuvent guérir!

  2. Eloi permalink
    26 avril 2010 20:57

    La psychanalyse est une énorme supercherie !

  3. brunsw permalink
    27 avril 2010 00:04

    Onfray enfonce des portes ouvertes. L’idole était déjà morte depuis longtemps…

    • tony permalink
      9 mai 2010 03:57

      faux l idole n etait pas morte sinon pourquoi ce vacarme de la part des croyants

  4. Lodz permalink
    27 avril 2010 10:19

    L’idole était morte, mais son cadavre bougeait encore, trompant beaucoup de naïfs.

  5. françois MICHEL permalink
    27 avril 2010 17:27

    A propos du livre Onfray-Freud, je me permets de rappeler mon livre que le philosophe Onfray s’est bien gardé de critiquer: Introduction à la Gastroanalyse; Editions Aleas, Lyon.
    Voici le quatrième de couverture:

    Le narrateur, qui recherche un équilibre alimentaire (et donc pondéral) improbable, s’engage dans diverses thérapies, dont une psychanalyse freudienne.
    Confronté à l’échec de ces diverses tentatives, et persuadé qu’il a un problème d’oralido, il décide de se lancer dans une auto-analyse d’un type nouveau, une gastroanalyse. Il y a un siècle, le regretté Sigmund Freud présentait sa découverte dans une Introduction à la Psychanalyse qui devait faire date. La présente Introduction à la Gastroanalyse aura t-elle le même retentissement ? Attendons moins d’un siècle, s’il se peut.
    Dans l’immédiat on appréciera les trois mutations importantes que propose la nouvelle analyse. La première est un changement de cadre : la cure ne se déroule plus dans le cabinet d’un psychanalyste mais dans une salle de restaurant. La deuxième est le changement du thème qui sera au centre du travail de l’analysant : ce sera la nutrition plutôt que le sexe. La dernière mutation, plus inattendue, amène l’analysant à la position assise, selon un mouvement inverse de celui inauguré par Freud.
    Avoir couché le patient est considéré par les exégètes comme un pas méthodologique essentiel dans la démarche de Freud. Ici on propose de « dé-coucher » l’analysant. Alors, retour à l’Avant-Freud ? Il y aura débat. Le lecteur partagera avec le narrateur les soucis d’un laborieux tête à tête avec l’assiette blanche dans laquelle il faut associer librement les aliments et ne rien mettre de coté. On a reproché à Freud d’avoir centré son propos sur les préoccupations sexuelles de la société viennoise de la fin du 19e.
    De même certains regrettent que, dans le présent ouvrage, l’attention soit par trop portée sur les préoccupations alimentaires de la société lyonnaise (et française aussi bien). On sait que les praticiens de l’analyse actuellement dominante se désintéressent des pulsions alimentaires. Devons nous accepter cette frilosité ? C’est ce défi là que la Gastroanalyse entend relever.

  6. Fred permalink
    27 avril 2010 23:59

    Parfaitement : « La discipline de Freud, en tant que thérapie, relève d’une «branche de la pensée magique» et soigne «dans la stricte limite de l’effet placebo». Merci de le préciser pour ceux qui fondent quelques espoirs sur cette très coûteuse supercherie.

  7. 4 mai 2010 19:49

    Autre pièce, très très intéressante, à verser au dossier Freud :

    http://www.relectures.org/article32.html

    Karl Kraus contre Freud et la réaction du père de la psychanalyse à l’époque : édifiant !

  8. tony permalink
    9 mai 2010 03:35

    C’est toujours pareil dire des vérités sur des croyances, des mythes ou du sacré ont s’attire les foudres des cons comme le 11 septembre, ou l’assassinat de jfk en son temps, il va subir de la part de ceux qui n’aiment pas la vérité et la logique des insultes, des moqueries, etc… en tout cas il a du courage d’affronter la pauvreté intellectuelle

    • Andréa permalink
      29 mars 2014 21:47

      Quel orgueil « la pauvreté intellectuelle » !! J’aimerais bien savoir ce que vous avez lu de Freud .. Sûrement rien sur Anna o, sinon vous sauriez qu’elle a été soignée, ni sur les 5 leçons de psychanalyse, sinon vous sauriez aussi qu’avant Freud le concept d’inconscient se limitait au sens de l’adjectif.

  9. Cancan permalink
    18 septembre 2010 01:50

    Michel Onfray est un zoophile lire Le souci des plaisirs, construction d’une érotique solaire, 2008, page 125

  10. Cancan permalink
    18 septembre 2010 01:51

    Ceci étant écrit je considère que la psychanalyse est une fraude

  11. 11 janvier 2011 17:38

    On peut dénoncer les défauts de la psychanalyse sans forcément être anti-Freud primaire et dire que c’est une pseudo-science. C’est un élément important à la réponse d’une maladie mais ce n’est pas le seul. Et ceux qui font croire que les T…CC (thérapies cognito-comportales) est la seule réponse se trompent lourdement. Beaucoup de gens se rendent compte des effets dangereux à long terme des IRS (inhibiteurs de recapture de sérotonine) comme le Prozac à juste titre.

    Mais ça n’excuse pas pour autant le manque de dénonciation envers ces quelques psys de la secte New-Age qui prescrivent des champignons dangereux à leurs patients adeptes!

    Malheureusement Onfray fait le lit de ses gens-là et leur donne raison. C’est lamentable.

  12. Lozère permalink
    17 novembre 2011 11:15

    Lacan, l’Eglise et l’imparfait du subjonctif.. ou les disciples freudiens de Lacan devant le Tribunal pour un délit de conjugaison !

    Le « crime » se niche dans une phrase à l’imparfait du subjonctif reprochée par Judith Miller, fille de Jacques Lacan, à l’universitaire et historienne de la psychanalyse, Elisabeth Roudinesco. Dans son dernier essai publié au Seuil, Lacan envers et contre tout, celle-ci écrit : « Bien qu’il [Lacan] eût émis le vœu de finir ses jours en Italie, à Rome ou à Venise et qu’il eût souhaité des funérailles catholiques, il fut enterré sans cérémonie et dans l’intimité au cimetière de Guitrancourt ».

    Passe encore pour Rome ou Venise. Mais l’évocation, ainsi prêtée à son célèbre père, d’un vague souhait de « funérailles catholiques » a été perçue comme gravement diffamatoire par Judith Miller, qui a décidé de poursuivre Elisabeth Roudinesco devant les tribunaux.

    Circonstance aggravante, l’opus a été édité au Seuil, également poursuivi, dont le président Olivier Bétourné n’est autre que le compagnon de l’historienne.

    Le tout a donné lieu, mercredi 16 novembre dans la salle comble de la 17ème chambre du tribunal de grande instance de Paris, à trois heures de cabotinage acide entre avocats, Me Christian Charrière-Bournazel pour Judith Miller, Me Georges Kiejman en défense d’Elisabeth Roudinesco.

    « Mme Roudinesco fait partie de ces auteurs qui s’attachent à des personnages qui ne sont pas attachés à elle», persifle Me Charrière-Bournazel avant d’évoquer « l’insulte insupportable » faite à la fille préférée de Jacques Lacan. Une moitié du public approuve bruyamment.

    L’autre moitié manifeste son soutien à Me Kiejman, citant Jacques Lacan – « je suis un enfant de curé » -, évoquant le premier mariage du psychanalyste à l’église et le baptême de ses trois enfants, « y compris Judith Miller qui a fait sa communion », dans lesquels il voit la preuve que « l’on peut ne plus avoir la foi mais rester obsédé par le rituel catholique ».

    Me Kiejman convoque Sophocle, Freud et Hegel – la partie gauche du public, qui les connaît manifestement mieux que lui, s’indigne – il s’emmêle dans un superbe lapsus – « Elisabeth Lacan », dit-il de sa cliente – pour finalement ramener l’affaire à son noeud: « Mon papa m’aimait beaucoup et j’aimais beaucoup mon papa. Mais cela ne justifie pas que l’on porte atteinte à la liberté d’expression».

    A l’adresse du tribunal dont il pressent qu’il hésitera à s’aventurer dans l’interprétation des dernières volontés lacaniennes, Me Kiejman propose une caution plus familière. Celle de Grevisse, selon lequel, assure-t-il, le plus que parfait du subjonctif – « bien qu’il eût souhaité » – peut avoir « une valeur indicative ou conditionnelle sans que rien ne permette de distinguer ces deux modes ». Et vient la péroraison : « Le doute, fût-il grammatical, doit bénéficier à l’accusé ! ».

    http://prdchroniques.blog.lemonde.fr/2011/11/17/lacan-leglise-et-limparfait-du-subjonctif/

  13. wendrock permalink
    17 novembre 2011 11:27

    Commentaire de l’avocat : « Le plus-que-parfait du subjonctif marque généralement une proposition à valeur conditionnelle. Son emploi est dicté par la conjonction « bien que » (« bien qu’il eût souhaité »), qui introduit une proposition dite « concessive » qui peut être lue comme ayant valeur indicative ou conventionnelle. Mais, ce qui doit être souligné ici, c’est la concordance des temps et le fait que le plus-que-parfait vient marquer une action révolue et antérieure à celle de la proposition principale. »

  14. Dan permalink
    17 novembre 2011 11:28

    Catholique, Lacan ? Il disait « Dieu est dire » mais fort heureusement, les magistrats n’ont pas eu à se prononcer là-dessus (on y serait encore et dans quel état !). Tout incroyant qu’il fut, il n’en tenait pas moins le catholicisme romain pour « la vraie religion ».

    Imprégné de culture chrétienne, éduqué par les frères maristes, ayant perdu jeune la foi, il rêvait de funérailles en grandes pompes mais n’en était pas moins athée. Il s’était marié une première fois à l’église et avait fait baptiser tous ses enfants. Me Kiejman plaida donc « l’hypothèse raisonnable ». Une messe est possible : c’est François Mitterrand qui l’a dit mais Jacques Lacan a pu l’envisager par bravade. Et puis quoi, Marc-François, le frère de Lacan, n’avait-il pas fait célébrer une messe en l’église Saint-François-de-Sales à Paris avant que son corps ne fût enseveli ? Il est vrai que c’est un moine bénédictin.

    http://passouline.blog.lemonde.fr/2011/11/16/mort-et-resurrection-de-jacques-lacan-au-tribunal/

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :