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Le Testament « problématique » de l’abbé Belmont

6 août 2011

 

 « Demandons pour nous tous au Saint-Esprit

l’amour de la sainte Église catholique, la docilité à sa doctrine,

le désir de sa splendeur et la plénitude de son Esprit. »

(Abbé Belmont, Lettre à La Question, février 2011).

 L’abbé Belmont vient de publier son « Testament » sur son blog, déclarant : « Non, je ne suis pas mourant ; je ne me sens ni vieux, ni malade, ni las de vivre. Mais comme chacun d’entre nous, à chaque instant je dois me tenir prêt à rendre compte de ma gestion à mon Dieu et Sauveur Jésus-Christ qui viendra comme un voleur au moment où l’on s’y attend le moins. »

 Louable intention que de vouloir ainsi faire le point avec soi-même dans l’attente de la venue du Seigneur. Le problème, et il est de taille, c’est que l’abbé, en guise d’examen de conscience, se livre à un exercice critique à l’égard de tous ceux qui, à son goût, n’adhèrent pas comme il le souhaiterait à ses opinions, dont certaines discutables, en matière d’ecclésiologie, de théologie et de droit canon, non sans pourtant établir il faut le reconnaître, sur plusieurs sujets importants, bien des vérités catholiques.

 I. Les éléments positifs du Testament

Image title: Szenen aus dem Leben Martin Luthers

Selon Cajetan : « La papauté et Pierre sont comme « matière » et « forme »

 (De Comparatione Auctoritatis Papæ et Concilii, c. XX .1511.)

 Certains, mais on sait le sédévacantisme déchiré en une multitude de chapelles très hostiles entre elles, charitablement désignent ce Testament comme étant  de  « La Bouillie “Bordelaise” pour les Chats ».  Ce n’est pas notre cas. En effet, il y a des passages intéressants dans ce texte, notamment le rappel des principes de la thèse de Cassiciacum dont le Père Guérard des Lauriers a éclairé les points importants exposés originellement par le cardinal Cajetan, distinguant la « forme » et la « matière » dans le Pape

Même si nous ne tirons pas les mêmes conclusions que l’abbé à partir des éléments de cette thèse, dont il gauchit les conséquences, néanmoins nous reconnaissons une valeur réelle à cette opération traditionnelle de distinction entre « forme » et  « matière » dans le Pape, admettant la possibilité, en cas de défaillance grave à la tête de l’Eglise – ce qui est déjà arrivé plusieurs fois dans l’Histoire – d’une permanence matérielle tant que Celui qui a autorité sur le Pontife, à savoir le Christ, décide de le conserver sur le trône de Pierre.

Par ailleurs les analyses de l’abbé Belmont  possèdent de nombreux  aspects tout à fait recevables, notamment dans les sections A et B, dont les développements sont instructifs et, à bien des égards, assez justes et pertinernts.

Section A

1 – L’infaillibilité des canonisations

2 – L’infaillibilité des lois disciplinaires

3 – Le magistère

4 – L’infaillibilité du Droit Canon

5 – La ruine de la foi

Section B

1 – La liberté religieuse

2 – La Messe sacrifiée

3 – La réforme liturgique

4 – L’hérésie cryptogamique

5 – Vatican II

6 – Les fins du Mariage

7 – La falsification du pro omnibus

8 – La profanation de la dévotion mariale

9 – Les Missions

10 – Le Subsistit in

Enfin, la manière de se comporter envers ses contradicteurs relève d’un très bon état esprit, ce que nous soulignons d’autant plus volontiers que nous le partageons, ainsi que son rejet radical du conclavisme qui est effectivement une pure « folie » :

« Je refuse de considérer comme non-catholiques ceux qui sont en désaccord (même grave) avec moi, car mon avis (même si je le tiens dans la lumière de la foi) n’a pas d’autre autorité que celle des arguments que j’apporte, et n’est impératif que pour moi et ce qui est sous ma responsabilité ;

– Je considère toute forme de « conclavisme » comme une folie qui ne mérite aucune Considération. » [1]

II. La faute de l’abbé Belmont dans sa critique de la FSSPX et de Mgr Lefebvre

Il n’est en aucune façon possible d’exiger l’obéissance

lorsque l’enseignement proposé par l’autorité est contraire à la vérité.

Bien évidemment, l’abbé Belmont rejoint malheureusement les sédévacantistes dans sa critique de la position de la FSSPX, jugeant contradictoire les décisions de Mgr Lefebvre avec le droit canon [2]. Coincé dans des raisonnements syllogistiques, ce qui est la note identificatrice de tous les sédévacantismes,  il réitère les mêmes apories : « Le noeud de la question. Aujourd’hui, il est impossible de reconnaître en Benoît XVI le Pape de l’Église catholique sans nier, directement ou indirectement, quelque point de la foi catholique. Si j’accepte Vatican II, je professe la liberté religieuse, je nie la nécessité de la Rédemption, l’identité parfaite de l’Église catholique et du Corps mystique de Jésus-Christ, la réprobation du peuple juif. Si je refuse Vatican II, je nie l’infaillibilité et l’autorité du Magistère ordinaire et universel. (…)Si je fréquente une chapelle « Saint-Pie-X », je nie la juridiction du Pape, la nécessité du mandat apostolique pour les sacres épiscopaux ; je me soustrais à la juridiction de l’ordinaire.» [3]

Or, la faute de l’abbé Belmont provient d’un oubli classique des milieux sédévacantistes qui est pourtant ce sur quoi la perspective catholique est très claire : l’autorité est au service de la vérité. Il n’est donc en aucune façon possible d’exiger l’obéissance lorsque l’enseignement proposé est contraire à la vérité. L’autorité se pose dans l’Église comme un moyen et non comme une fin.

La résistance à l’erreur est donc non seulement juste, mais de plus nécessaire afin de sauvegarder la sainte doctrine, menacée depuis plusieurs décennies par les enseignements faussés par l’idéologie moderniste de Vatican II, concile relevant d’un acte du Magistère authentique non infaillible, guidé, de surcroît, par des évêques non éminents sur le plan dogmatique.

D’ailleurs saint Thomas d’Aquin enseigne positivement que, dans des situations extrêmes, il est licite de s’opposer  publiquement à une décision papale, comme St. Paul résista à St. Pierre (Galates II, 14) :

« Cependant, on doit observer que, si la foi est en danger, un sujet pourrait réprimander son prélat, même publiquement. C’est ainsi que Paul, qui était sujet de Pierre, réprimanda celui-ci en public suite au danger imminent de scandale concernant la foi et, comme le dit St. Augustin dans son commentaire sur Gal II, 11: « Pierre donna un exemple à ses supérieurs que, si à n’importe quel moment, ils devaient sortir de la voie droite, ils devraient s’attendre à être repris par leurs sujets. »  Somme théologique, IIa IIae, Qu. 33, article 4, ad2.

  C’est ce que dit également St. Robert Bellarmin  [4] :

« Tout comme il est licite de résister à un Pontife qui attaque le corps, il est tout aussi licite de résister au Pontife qui attaque les âmes ou détruit l’ordre civil ou, à plus forte raison, essaie de détruire l’Église. Je dis qu’il est licite de lui résister en ne faisant pas ce qu’il ordonne de faire et en empêchant l’exécution de sa volonté. Il n’est pas licite, cependant, de le juger, de le punir, ou de le déposer, parce que ce sont là des actes relevant d’un supérieur. » [3] De Romano Pontifice, Lib. II, c.29.

C’est pourquoi, un enseignement d’un Pape ou d’un Concile n’entraîne pas ipso facto une obéissance inconditionnelle : « celle-ci dépend et est proportionnée à l’intention avec laquelle le Magistère entend engager son autorité. » (I. Salaverri, Sacrae Theologiae Summa, cit., t.I, tr. III, I.II, § 637, p. 578). C’est ce que confirme le cardinal Journet : « Le degré avec lequel le Magistère s’exprime dépend donc encore une fois de la volonté, de l’intention du Pape et des Évêques unis à lui. Il n’y a pas de coïncidence définitive entre Magistère extraordinaire et Magistère infaillible. » (Cf. C. Journet, L’Église du Verbe Incarné, p. 531).

Vatican II est donc, de par sa nature, un acte du Magistère authentique non infaillible, guidé, de surcroît, par des évêques non éminents « amore et studio doctrinae ab Apostolis traditae ac pari detestatione mnis novitatis » (Franzlin, De Divina Traditione, thèse IX), c’est-à-dire non guidés par l’attachement à la Tradition et l’horreur de toute nouveauté, mais bien plutôt éminents « amore et studio momnis novitatis ac detestatione doctrinae ab Apostolis traditae », c’est-à-dire par un prurit de nouveautés et par la détestation de la Tradition ;  théologiens – vrais auteurs du Concile – qui autrefois  auraient été condamnés par le Saint-Office pour leurs positions. On peut donc dire que l’Esprit de Vérité s’est servi de l’aversion typique du libéralo-modernisme à l’égard des définitions dogmatiques pour empêcher que le Magistère infaillible de l’Eglise ne soit engagé dans un Concile, où, du côté humain, existaient toutes les prémisses pour des énoncés erronés. Et c’est là l’unique assistance, purement négative, que Vatican II, ou plus exactement l’Eglise à l’occasion de Vatican II, peut revendiquer de l’Esprit de Vérité. Et ceci permet d’expliquer aussi cette anomalie de l’unique Concile oecuménique dans l’histoire de l’Eglise auquel revient certes la qualité de Magistère extraordinaire, mais seulement authentique, c’est-à-dire non infaillible.

III. L’erreur gravissime et très coupable de l’abbé Belmont

Mais notre opposition totale, radicale et frontale vis-à-vis de l’abbé Belmont, erreur gravissime que nous avions déjà en février 2011 soulignée, réagissant à un texte dans lequel il soutenait : «À Vatican II, dans la promulgation des actes (et aussi dans la conduite de l’assemblée) il manque un Pape, un vrai Pape », lui ayant fait savoir dans le même temps, par une lettre directement adressée sur son blog, que nous trouvions sa position erronée et inexacte, provient du fait qu’il est impossible, si l’on veut rester catholique, de proclamer publiquement, d’autant lorsqu’on est prêtre catholique, une telle idée contraire à la vérité.

C’est ce que réaffirme pourtant l’abbé Belmont, encore et toujours, lorsqu’il veut définir ce qu’est le sédévacantisme : « Aujourd’hui il n’y a pas à Rome (ni ailleurs) de vrai Pape qui soit assis sur le trône pontifical, il n’y a pas de Vicaire de Jésus-Christ qui détient la plénitude du pouvoir dans l’Église (Magistère, Ordre et Juridiction), il n’y a personne qui soit investi de l’autorité souveraine que Jésus-Christ communique au souverain Pontife. Autrement dit, le sédévacantisme est la profession que Benoît XVI (Josef Ratzinger) n’est pas Pape, et qu’il n’y a personne de légitime à la place qu’il occupe. »

La méthode fautive de l’abbé Belmont, qui est celle constamment reproduite par les thèses sédévacantistes, repose sur « l’induction » qui est une supposition gratuite purement hypothétique (« le Pape est déposé parce qu’hérétique »), s’appuyant sur un mécanisme hautement syllogistique – la logique inductive, comme on le sait, consistant à poser comme vrais des axiomes arbitraires (« le Pape n’est plus Pape car hérétique »), sur la base desquels on élabore ensuite des raisonnements par déduction (« si le Pape n’est plus Pape, il n’y avait pas de Pape pour présider au déroulement du concile ») – tordant la réalité à des vues hautement subjectives et fantaisistes.

a) L’abbé Belmont pris au piège de son défi

 Notre première lettre avait conduit l’abbé Belmont à nous mettre au défi, dans sa réponse, de trouver les erreurs que nous dénoncions chez lui. Ces erreurs nous les lui avons exposées une à une dans notre Réponse à sa réponse, en une  liste de citations incontestables, montrant la persistance et l’insistance dans l’erreur qui traverse tous ses écrits.

 Nous écrivions donc à l’abbé en conclusion de notre texte : « Vous nous aviez prévenu : « C’est un vrai défi que je vous lance », en nous précisant une chose que nous vous retournons aimablement, avec « respect mais fermeté », ce défi étant relevé et preuve étant faite, incontestable, de sa présence dans vos textes, paraphrasant votre injonction : « Parce que l’enjeu en est votre salut éternel : même [et surtout] un prêtre est tenu par la vérité et la justice. » Ainsi, après cet examen de vos écrits, nous vous renvoyons expressément votre demande dans ces termes, la présence du ce raisonnement dans vos lignes, raisonnement que nous vous imputions justement, étant amplement démontrée : « vous aurez l’urgent et grave devoir d’admettre ce qui sera alors avéré être une vérité ; vous aurez l’urgent et grave devoir de reconsidérer votre pensée parce qu’une telle contrevérité doit vous faire douter de l’ensemble de vos productions. » Oserez-vous appliquer ce que vous exigiez de nous ? »

 b) Fuite de l’abbé Belmont

Au lieu d’admettre que les textes mis à jour se trouvaient bien dans ses écrits et de « reconsidérer sa pensée », l’abbé Belmont chercha, par une attitude dilatoire, à fuir les évidences jouant sur des notions en sachant fort bien pourtant le sens des mots : « Il faudrait auparavant discerner si j’emploie le mot hérétique au sens théologique (qui a commis le péché d’hérésie qui fait perdre la vertu théologale de foi) ou au sens canonique (qui a été décrété hérétique par l’autorité légitime). Ou bien si je l’emploie au sens impropre (impropre pour entrer dans le raisonnement par vous imaginé) et matériel de : qui affirme quelque proposition contraire à la foi catholique. Dans toute votre longue tentative de démonstration, il n’y a rien de tout cela : ni référence pour la majeure, ni référence pour la mineure, ni discernement du sens du mot hérétique. » (Abbé Belmont, 2e Lettre en réponse à la réponse de La Question, février 2011).

Portrait of Pope Paul VI

L’abbé Belmont affirme avec autorité  : « Il est impossible d’être Pape

et simultanément d’assumer l’héritage de Vatican II,

ses hérésies explicites ou implicites, sa réforme liturgique protestante,

sa praxis destructrice de la foi, des sacrements et de la vie chrétienne. »

 (Abbé Belmont, Suis-je sédévacantise ?, avril 2010).

Ce petit jeu dialectique, qui peut amuser un étudiant en premier année de logique au séminaire, n’est pourtant pas digne d’un clerc ordonné qui s’est permis d’affirmer publiquement dans un texte, évoquant le successeur de saint Pierre : « Benoît XVI n’est plus qu’un maudit. » (Abbé Belmont, Maledictus XVI, novembre 2010).

Car au sens théologique, canonique comme au sens impropre, une telle affirmation, absolument scandaleuse, est inadmissible, téméraire, injurieuse, ignoble et gravement coupable. Elle aurait conduit immédiatement, en des temps meilleurs, son auteur devant les tribunaux ecclésiastiques pour y être sévèrement jugé.

 c) Péché syllogistique de l’abbé Belmont

Après examen donc, nous avons constaté que non seulement  les trois propositions du raisonnement que nous attribuions à l’abbé Belmont se trouvaient clairement dans ses écrits, mais qu’elles en formaient l’ossature constante, l’architecture permanente ; elles présidaient à l’ensemble de son discours, lui conféraient sa structure et sous-tendaient sa logique, érigeant un jugement personnel en décision universellement et immédiatement accomplie, ce qui nous avait conduit à affirmer avec une certaine sévérité : « croyant demeurer catholiques, l’abbé Belmont sombre inévitablement dans le schisme, et rejoint sans s’en rendre compte, les thèses de Jean Huss ou de Savonarole. C’est donc par l’effet d’un pur syllogisme directement issu de l’hérésie de Huss, reproduit à merveille par l’abbé Belmont, et, à sa suite tous les sédévacantistes, que repose la conviction des partisans de la vacance du Saint-Siège :

1°) Le Pape est hérétique ;

2°) Les hérétiques ne peuvent être Papes,

3°) donc les Papes depuis Vatican II ne sont pas Papes. »

Et en effet, tel est bien le raisonnement explicite,  le mécanisme démonstratif qui traverse tous les textes examinés relatifs au Pape, faisant que l’hérésie qu’attribue l’abbé Belmont à Benoît XVI, transforme damnablement le Saint Père, par un procédé luthérien du haut d’un imaginaire tribunal subjectif et personnel, en suppôt de Satan !

IV. A propos de la « Lettre à La Question » de l’abbé Belmont

 Nous avons  jugé préférable, après réception de la 2e lettre de l’abbé Belmont,

 de prier pour que l’âme de l’abbé soit pardonnée

des  injures proférées envers le successeur de saint Pierre.

C’est pourquoi, face à une telle attitude erronée – mais préférant considérer que, fort heureusement, l’abbé Belmont admettait que Benoit XVI était tout de même « matériellement pape » pour assurer la succession apostolique – observant d’autre part qu’il ne souhaitait pas poursuivre l’échange avec nous pour les raisons qui lui appartiennent  : «De tout cela on peut discuter, mais je ne tiens pas à le faire avec vous, tout au moins dans les présentes conditions. Cela demande une vraie connaissance de la théologie de l’Église, une sérieuse réflexion, un climat tout autre que celui dans lequel vous avez entamé la présente controverse – climat que je regrette profondément » [5],  à ceci s’ajoutant que nous n’avons pas à son égard une hostilité excessive, nous avons donc jugé préférable ne pas donner trop d’écho et d’amplitude à cette controverse sur La Question, et avons donc décidé de prier pour que l’âme de l’abbé soit pardonnée pour ses injures envers le successeur de saint Pierre et qu’elle soit soutenue par la grâce afin de l’aider à aller plus loin dans son respect de ce que représente celui qui exerce aujourd’hui à Rome la charge pontificale instaurée de droit divin par Notre Seigneur.

C’est donc avec un certain détachement que nous constatons que dans son « Testament » l’abbé, sans doute contrarié d’avoir été mis brutalement face à ses erreurs, nous consacre un chapitre (Section C) dans lequel il déclare en préambule :

 « Le blog internet La Question a entrepris de défendre la foi catholique de façon incongrue : ses auteurs se posent en sorte de justiciers (sous le masque de « pénitents »), remplacent l’habitus théologique par la fonction copier-coller, calomnient l’Église et la papauté en prétendant trouver de nombreux exemples d’hérésies pontificales et d’erreurs magistérielles (ne vont-ils pas affirmer que le Pape Adrien VI aurait déclaré que beaucoup de papes furent hérétiques ? – ce qui est controuvé et d’ailleurs doublement invraisemblable) et font peu de cas de la réputation du prochain. Après qu’ils m’ont prêté des propos que je n’ai jamais tenus, je les ai mis au défi de trouver dans mes écrits le raisonnement qu’ils placent sous ma plume ou dans ma bouche. À ce défi ils ont riposté à côté, incapables de répondre sur l’objet précis du défi. Voici la dernière réponse que je leur ai faite. En soi, l’anecdote est de nulle importance. Je ne la cite que parce que cela a été pour moi l’occasion d’exprimer avec précision quelques points qui me semblent importants ».[6]

Nous ne rentrerons pas dans les amabilités distribuées à notre endroit, cela nous indiffère entièrement ne nous changeant pas de la tonalité ce que nous avons pour habitude de recevoir comme « consolantes » considérations de la part de nos contradicteurs. Quant à la citation d’Adrien VI qui gêne tellement tous nos « amis » sédévacantistes elle est pourtant incontestable :

 « Je dis que si l’on entend par l’Église Romaine sa tête, c’est-à-dire le Pontife, il est certain qu’elle peut errer, même dans les choses qui touchent la foi, en affirmant l’hérésie par sa détermination ou par quelque décret. En effet, plusieurs pontifes romains furent hérétiques..» (Quodiblet., XI, 22, cf. Bossuet, Oeuvres Complètes, t. XII., p. 2)

Pour le reste, comme mis en lumière plus haut, nous constatons une fois encore en le regrettant, que l’abbé Belmont placé face à ses propres écrits cherche, sans y parvenir, une sortie par un raisonnement bancal au caractère irrecevable  de par la nature des propos proférés contre le Saint Père : « Il faudrait auparavant discerner si j’emploie le mot hérétique au sens théologique (…) ou  au sens canonique (…) ou au sens impropre… »

lI nous déclarait pour sa défense : « je vous fais remarquer que ce raisonnement : ne dit rien du fait que Paul-VI-Jean-Paul-II-Benoît-XVI soit hérétiques ou non (qu’ils aient commis ou non un péché d’hérésie qui prive de la foi théologale) – ne se fonde en rien sur les opinions des théologiens à propos du pape hérétique (opinions librement discutées à la face de l’Église et qui ne tiennent rien de Jean Huss). » Pourtant l’abbé avait formellement soutenu : « La situation tragique de la sainte Église – absence d’autorité pontificale, colonisation des structures de l’Église par une religion hérétique et sacrilège, rareté des prêtres. » (Cf. Juridiction pour les confessions en temps de crise, p. 4.)

De ce fait, pour l’abbé Belmont, il n’y aurait donc aucune autorité pontificale qui soit aujourd’hui à la tête de l’Eglise en raison même d’une « religion hérétique et sacrilège », religion hérétique professée par les Pontifes depuis Vatican II, ce qui revient à dire que cette « hérésie » est bien celle des Papes – et en particulier celle du Pape actuel – aboutissant à sa conclusion : « Les Papes ne sont pas de vrais Papes ». Il écrira d’ailleurs sur ce point, confirmant ce que nous démontrons : « Il n’y a actuellement personne sur le Siège de Saint-Pierre qui soit Pape, investi de l’autorité pontificale, revêtu de la puissance souveraine que Notre-Seigneur Jésus-Christ a confiée à saint Pierre et à ses successeurs, possédant la plénitude du triple pouvoir sur l’Église catholique ». (Suis-je sédévacantiste ?,  avril 2010). Dans le même texte, il jugeait qu’ il n’y avait plus de Pape depuis Vatican II  : « Il est impossible d’être Pape et simultanément d’assumer l’héritage de Vatican II, ses hérésies explicites ou implicites, sa réforme liturgique protestante, sa praxis destructrice de la foi, des sacrements et de la vie chrétienne. » (Ibid.). Ceci sans compter que l’abbé a tout de même osé proclamé : « Personne n’ignore que le prénom Benoît – Benedictus – signifie béni (…) Le contraire est maledictus, le maudit, nom qui convient au démon et à tous ceux qui concourent à son œuvre de perversion des esprits, des âmes et des cœurs. En ces jours de tristesse, celui que le monde entier nomme Benoît XVI n’est plus qu’un maudit. Le monde qui voit en Benoît XVI le chef de l’Eglise de Jésus-Christ pouvait encore se dire qu’il y avait là un rempart – qu’il s’en réjouisse ou qu’il le déplore.  Eh bien, c’est fini. Il n’y a plus rien. »  (Maledictus XVI, novembre 2010).

Voilà donc les preuves, abondantes et explicites  de notre affirmation au sujet de la conviction en hérésie des Pontifes que proclame et soutient l’abbé Belmont, conduisant sous sa plume à des abominables extrémités de language et d’expression auxquelles aboutit fatalement la thèse de la vacance du Saint-Siège pour hérésie, ce qui provoqua notre réaction, consécutive à son discours diffusé dans l’espace virtuel qui ne fut  pas sans produire chez nous un profond malaise puisque voyant de la sorte, chez un prêtre qui sur certains aspects avait notre adhésion, insulter le Saint Père avec un mépris blasphématoire inconcevable de la part d’un clerc catholique.

Conclusion

Ceci dit, malgré l’égarement que nous signalons et qui nous a fait réagir vigoureusement, bien des points, nous l’avons déjà souligné, nous semblent positifs chez l’abbé Belmont, tel son refus de  conférer à la bulle de Paul IV l’autorité qu’elle n’a plus  sur le plan disciplinaire, notamment depuis que le vénérable Pie XII jugea nécessaire, pour de sages motifs, de modifier les dispositions relatives à l’élection du Pape, en décidant dans sa Constitution Apostolique Vacantis Apostolicae Sedis, de suspendre l’effet des censures disciplinaires : « Aucun cardinalsous aucun prétexte ou raison d’excommunication, suspense ou interdit, ou sous aucun autre empêchement ecclésiastique – ne peut être exclu de l’élection active et passive du Souverain Pontife. En conséquence, nous suspendons l’effet de telles censures … » (Constitution Apostolique, Vacantis Apostolicae Sedis, titre II, ch. I, § 34, 8 décembre 1945). [7]

De même, nous partageons sa piété à l’égard du R.P. Guérard des Lauriers que nous admirons également, reconnaissant en lui l’excellent professeur qu’il fut, le théologien remarquable et le brillant commentateur de saint Thomas, comprenant parfaitement ces lignes de l’abbé Belmont : «  Au beau milieu de ces tourments, une parole de lumière se fit entendre un jour dans un cours du Père Guérard des Lauriers (professeur hors pair d’une difficulté hors pair, mais dont la puissance intellectuelle et la profondeur de vie intérieure fulguraient). Paul VI est pape materialiter, il ne l’est pas formaliter. Ô paix de l’âme, soulagement immense, lumière intense. Dès lors, tout fut transfiguré. » [8]

R.P. Michel Louis Guérard des Lauriers (1898-1988)

Nous pourrions presque, à une seule réserve près concernant les sacres épiscopaux de 1988 décidés par Mgr Lefebvre voulant que survive l’Eglise en conférant l’épiscopat à quatre prêtres non pollués par le venin du modernisme, de même nous retrouver dans les propos qui suivent :  « Les prises de position ou lignes d’action ultérieures du Père Guérard des Lauriers (sacre épiscopal) ou de ses disciples (sacres épiscopaux sans mandat apostolique, ou bien abandon de ce combat) qui me semblent toutes des inconséquences n’ont pas affecté mes convictions, même si elles me semblèrent dramatiques et me furent bien douloureuses. C’est que je voyais (et que je vois toujours) dans la (mal nommée) « thèse de Cassiciacum » non seulement une confession de la foi catholique pleine et entière, mais un rempart contre toutes les déviances à craindre dans une situation d’anarchie : sacres épiscopaux, conclavisme, millénarisme, apocalypsomanie, survivantisme, erreurs doctrinales diminuant l’autorité pontificale, justification de la désobéissance, libre examen etc. » [9]

Ainsi donc, malgré nos vives réserves et critiques clairement exposées relatives aux propos diffusés par ses soins et signés de son nom à l’encontre du Saint Père, au moins, en terminant cette analyse de son Testament que nous sommes loin de rejeter en bloc, et dans le respect qu’il convient d’avoir entre catholiques attachés à la Tradition et souscrivant au même Credo, nous sommes d’accord sur la formule conclusive utilisée par l’abbé Belmont dans la 2e lettre qu’il nous fit parvenir en réponse à notre réponse et qui nous encouragea à la prière, puisque, comme lui, nous croyons à une solution surnaturelle à la crise que traverse l’Eglise, et « demandons pour nous tous au Saint-Esprit l’amour de la sainte Église catholique, la docilité à sa doctrine, le désir de sa splendeur et la plénitude de son Esprit. »

Notes.

1. Abbé Belmont, Dossier « Sédévacantisme » — Section F — Document 0.

2. Abbé Belmont, Dossier « Sédévacantisme » — Section D — Document 3.

3. Abbé Belmont, Dossier « Sédévacantisme » — Section G — Document 4.

4. L’abbé Anthony Cekada prétend nier que ce passage de saint Robert Bellarmin soit applicable à notre situation présente, aux prétextes suivants :

« 1) Bellarmin parle ici d’un pape moralement mauvais qui donne des ordres moralement mauvais – et non pas d’un pape qui, comme les papes de Vatican II, enseigne l’erreur doctrinale ou impose des lois nuisibles.

2) Le contexte du passage cité est différent : il s’agit là du débat sur les erreurs du gallicanisme, et non pas du cas d’un pape hérétique.

3) Bellarmin justifie ici la “résistance” de la part de rois et de prélats, non pas de chaque catholique en particulier.

4) Bellarmin enseigne dans le chapitre suivant de son ouvrage qu’un pape hérétique perd automatiquement son autorité.

En un mot, ce passage ne peut ni être appliqué à la crise actuelle ni être invoqué contre le sédévacantisme. »

Cf. L’argument de “résistance” de saint Robert Bellarmin : encore un mythe traditionaliste.

Il est aisé de répondre à ces quatre objections qui n’en sont pas, en précisant que :

 1° Bellarmin – et avec lui Cajetan – parlent bien de “résister” aux erreurs doctrinales d’un pape tout en continuant à le considérer véritablement pape, puisque l’un et l’autre font valoir qu’en cas d’hérésie, le pape reste pape :

 « L’homme n’est pas tenu d’obéir au pape quand ce que celui-ci commande est contraire à la loi de Dieu, et même dans quelques autres cas. Lorsque le commandement d’un homme est manifestement contraire à la loi de Dieu, c’est un devoir de lui désobéir (… ) les docteurs indiquent les remèdes suivants : avoir recours à Dieu par l’oraison, admonester ledit pape avec tout respect et révérence, n’obéir point à ses commandements notoirement injustes, et enfin lui résister, et empêcher qu’il ne fasse le mal projeté. »Saint Robert Bellarmin,  De Romano Pontifice,  II, 29.

« La papauté et Pierre sont comme « matière » et « forme » et seul Jésus-Christ a pouvoir sur leur union…et pour cette raison lui seul peut mettre des limites et établir la puissance du Pape. Un Pape qui est devenu hérétique incorrigible n’est pas automatiquement destituél’Eglise n’a pas puissance sur la Papauté, (…) il faut dire que, quand Pierre, devenu hérétique incorrigible est déposé par l’Eglise, il est jugé et déposé par une puissance supérieure non à la Papauté mais à l’union entre la Papauté et Pierre.»Cajetan, De Comparatione Auctoritatis Papæ et Concilii, c. XX .1511.

 2° Que le contexte soit différent ne change rien à l’affaire. Les erreurs gallicanes relèvent, comme le modernisme, d’une même propension à l’hérésie, et cette dernière, on serait surpris du contraire, reste fausse par delà les époques.

 3° Cette résistance de rois ou de prélats peut, sans difficulté aucune, être étendue à l’ensemble des fidèles, comme le soutient saint Thomas : « si la foi est en danger, un sujet pourrait réprimander son prélat, même publiquement. » Som. Th., IIa IIae, Qu. 33, article 4, ad2.

 4°) La perte de l’autorité évoquée par Bellarmin, mais c’est là une erreur sédévacantiste classique, doit s’entendre selon la forme, non selon la matière (cf. 1°), faisant qu’hérétique ou non, le Pontife ne perd jamais sa charge.

5. Abbé Belmont, Dossier « Sédévacantisme » — Section C — Document 2.

6. Ibid.

7. D’ailleurs Pie XII, pour confirmer l’infaillibilité incontestable de l’acte d’élection, précise que dès l’acceptation par l’élu de sa charge, il est immédiatement Pape authentique de droit divin (la référence par Pie XII au Can. 219 est explicite), et toute contestation à son encontre, sous quelque prétexte, concernant « n’importe quelles affaires » avant le couronnement du Pontife, fait encourir à celui qui s’en rendrait coupable, l’excommunication ipso facto : « § 101. Ce consentement ayant été donné (…), l’élu est immédiatement vrai pape, et il acquiert par le fait même et peut exercer une pleine et absolue juridiction sur l’univers entier. (Code de Droit canon, can. CIS 219). Dès lors, si quelqu’un ose attaquer des lettres ou décisions concernant n’importe quelles affaires, émanant du Pontife romain avant son couronnement, Nous le frappons de la peine d’excommunication à encourir ipso facto. (Clément V, ch. 4, De sent, excomm., 5, 10, in Extravag. comm.). »

8. Abbé Belmont, Dossier « Sédévacantisme » — Section G — Document 1.

9. Ibid.

Lire : 

Le combat de la Tradition catholique !

La Papauté de droit divin

40 commentaires leave one →
  1. Pelikan permalink
    6 août 2011 12:36

    Je vous informe que Martin G., a déposé ce message dans les commentaires du blog de l’abbé Belmont.:

    Monsieur l’Abbé,

    Votre réponse aux animateurs de La Question m’a remis en mémoire les discussions interminables que j’ai eues avec eux, en particulier au sujet de la bulle Cum ex Apostolatus de Paul IV. Je soulignais en particulier que cette bulle, ayant été promulguée pour l’Église universelle, ne pouvait rien contenir de contraire à la foi (Pie VI, Auctorem fidei) et que le fait que cette bulle ait entretemps cessé d’avoir force de loi n’y changeait naturellement rien.

    Qu’elle ne fut pas ma stupéfaction quand j’ai lu sous leur propre plume la reprise de mon argument, non au sujet de Cum ex Apostolatus qu’ils n’arrivaient toujours pas à encaisser, mais d’une autre législation du même pape Paul IV, Cum Nimis Absurdum :

    « Il nous semble donc utile, en raison de son importance et de la place de celui qui l’a promulgué dans le débat contemporain relatif à la crise de l’Eglise, de porter à la connaissance en publiant in extenso les termes de cette bulle antijuive de Paul IV, qui est, ne l’oublions pas, comme Cum ex Apostolatus Officio, une bulle pontificale de nature disciplinaire qui relève du magistère ordinaire infaillible de l’Eglise »

    http://www.la-question.net/archive/2011/02/22/la-bulle-antijuive-de-paul-iv-cum-nimis-absurdum.html

    Bref, on se rend compte qu’il n’y a pas que les syllogismes que ces « inquisiteurs » caricaturaux malmènent : la simple cohérence subit exactement le même sort…

    Bon dimanche à vous et à tous vos lecteurs !

    Martin G.

    http://www.quicumque.com/article-la-foi-est-infrangible-mosaique-autour-du-sedevacantisme-79571175-comments.html#anchorComment

    Je vais dans le sens de Martin G, comment faites vous pour d’un côté rejeter la bulle de Paul IV (Cum ex Apostolatus) sous prétexte qu’elle est disciplinaire, et de l’autre soutenir et adhérer à une autre bulle du même pape (Cum Nimis Absurdum), qui est également disciplinaire ?

    • 8 août 2011 11:56

      Pélikan,

      Merci de nous informer de « l’aimable » message adressé à l’abbé Belmont sur son blog par Martin G., concernant la publication par nos soins de la bulle « Cum Nimis Absurdum » de Paul IV, et de sa prétendue surprise de nous voir en exposer les dispositions.

      En effet, comme « Cum ex Apostolatus Officio », une bulle pontificale de nature disciplinaire qui relève du magistère ordinaire infaillible de l’Eglise, « Cum Nimis Absurdum », bulle antijuive de Paul IV, fut « promulguée pour l’Église universelle, et ne peut donc rien contenir de contraire à la foi (Pie VI, « Auctorem fidei »).

      Vous nous demandez, faisant vôtre la « stupéfaction », évidemment plus feinte que réelle de Martin G. : « comment faites vous pour d’un côté rejeter la bulle de Paul IV (Cum ex Apostolatus) sous prétexte qu’elle est disciplinaire, et de l’autre soutenir et adhérer à une autre bulle du même pape (Cum Nimis Absurdum), qui est également disciplinaire ? »

      Comment faisant nous ? Mais c’est très simple !

      Il suffit pour le comprendre de lire attentivement ce que nous écrivons, et surtout de respecter ce que dit l’Eglise, mais il est vrai que c’est un exercice dont se croient dispensés la majorité des sédévacantistes « éclairés » ou plus exactement enténébrés, comme de parfaits luthériens, par leur jugement privé dont ils se servent pour décréter qui est Pape ou ne l’est pas.

      Rappelons notre analyse puisque cela semble nécessaire aux schismatiques singulièrement myopes :

      « Les modernes partisans de la vacance du Saint-Siège, se fondent sur la bulle de Paul IV, « Cum ex Apostolatus Officio » (1559), pour énoncer, coupablement, leur thèse schismatique, alors même que les dispositions disciplinaires de cette bulle furent abrogées par Pie XII en 1945 par la Constitution Apostolique Vacantis Apostolicae Sedis, ce qui devrait être de nature à mettre un point définitif à toute forme de débat s’agissant de la légitimité des pontifes élus depuis la mort de Pie XII. »

      Est-ce clair pour ce qui concerne le statut de « Cum ex Apostolatus Officio », qui trouve de manière définitive sa limite sur le plan disciplinaire, depuis que le vénérable Pie XII jugea en effet nécessaire, pour de sages motifs, de modifier les dispositions relatives à l’élection du Pape, en décidant en 1945 dans sa Constitution Apostolique Vacantis Apostolicae Sedis, de suspendre l’effet des censures disciplinaires ? [1]

      Cependant n’oubliez pas la suite de notre raisonnement :

      « Mais si certains continuent à se référer par ignorance à cette bulle, aujourd’hui caduque, relative à l’élection pontificale, étrangement les mêmes observent un absolu silence – ou font preuve d’une grande ignorance – à propos d’une autre bulle de Paul IV, bulle pontificale du 14 juillet 1555 fort intéressante, qui n’a pourtant jamais été abrogée : « Cum Nimis Absurdum », ainsi nommée d’après ses premiers mots : « Comme il est absurde et totalement inopportun que les Juifs, qui en raison de leur propre faute, ont été condamnés par Dieu à un esclavage perpétuel… ».

      Surprenant non ?

      Ainsi donc, puisque les sédévacantistes ne cessent de se référer à une bulle disciplinaire caduque depuis 1945, pourquoi ne prennent-ils pas au sérieux les dispositions d’une autre bulle de Paul IV, jamais annulée par aucun Pape, qui fait obligation pour tous les Juifs de se loger dans des ghettos réservés et fermés, de payer une taxe annuelle, destinée à l’instruction des Juifs désireux de se convertir au catholicisme, contraignant les hommes juifs de porter un chapeau jaune à pointe et les femmes juives un foulard jaune, leur faisant interdiction de posséder des biens immobiliers et de pratiquer la médecine auprès de chrétiens ?

      Cette bulle de Paul IV fut généralisée par Pie IV, confirmée par saint Pie V, renforcée par Grégoire XIII dans « Alias Piae Memoriae » (1581), qui étendit l’application de « Cum Nimis Absurdum » sur toutes les terres chrétiennes (« non solum in terris, et dominiis Sanctae Romanae Ecclesiae subjectis, sed etiam ubique locorum »).

      Vous voyez donc que notre interrogation est légitime face aux sédévacantistes arc-boutés et crispés jusqu’à la névrose sur les dispositions d’une bulle aujourd’hui abrogée par Pie XII – et qui n’a donc plus en droit de caractère obligeant – mais curieusement très silencieux à l’égard d’une autre bulle de Paul IV concernant les Juifs, toujours obligeante sur le plan canonique puisque jamais abrogée.

      De la sorte, vous pouvez peut-être mieux comprendre maintenant, si bien sûr vous nous avez lu correctement et suivi attentivement notre démonstration, pourquoi nous avons écrit :

      « Il nous semble donc utile, en raison de son importance et de la place de celui qui l’a promulgué dans le débat contemporain relatif à la crise de l’Eglise, de porter à la connaissance en publiant in extenso les termes de cette bulle antijuive de Paul IV, qui est, ne l’oublions pas, comme Cum ex Apostolatus Officio, une bulle pontificale de nature disciplinaire qui relève du magistère ordinaire infaillible de l’Eglise.»

      C.Q.F.D.

      Pax Vobis +

      Note.

      1. Cette décision d’abroger les effets de la bulle « Cum ex Apostolatus » de Paul IV par Pie XII est extrêmement importante, et l’on s’étonnera d’ailleurs que l’on n’y insiste pas comme il se devrait au lieu de s’épuiser dans des débats qui n’ont plus d’objet, puisque les termes, objectifs et positifs, de Vacantis Apostolicae Sedis sont de nature à mettre un terme formel, obligatoire et définitif à toute discussion s’agissant de la légitimité de l’élection de ceux qui furent portés sur le trône de Pierre depuis Pie XII, puisque tous sans aucune exception, en vertu des nouvelles dispositions canoniques touchant à l’élection pontificale, furent élus validement. Voici en effet ce que dit Pie XII : « Aucun cardinal – sous aucun prétexte ou raison d’excommunication, suspense ou interdit, ou sous aucun autre empêchement ecclésiastique – ne peut être exclu de l’élection active et passive du Souverain Pontife. En conséquence, nous suspendons l’effet de telles censures seulement pour les raisons de la dite élection; elles conserveront leurs effet pour tout le reste. » (Constitution Apostolique, Vacantis Apostolicae Sedis, titre II, ch. I, § 34, 8 décembre 1945).

      *****************************

      Lire :

      La bulle antijuive de Paul IV : ‘‘Cum Nimis Absurdum’’
      http://www.la-question.net/archive/2011/02/22/la-bulle-antijuive-de-paul-iv-cum-nimis-absurdum.html

    • sixte permalink
      9 août 2011 14:48

      Le Pape Pie VI, le 28 août 1794, jour de la fête de saint Augustin, dans la bulle « Auctorem fidei », condamna comme « fausse, téméraire, scandaleuse, pernicieuse, offensante pour les oreilles pies, injurieuses à l’Église et à l’Esprit de Dieu qui la conduit, pour le moins erronée », une proposition du synode de Pistoie sur la discipline de l’Église qui stipulait : « Comme si l’Église, qui est régie par l’Esprit de Dieu, pouvait
      constituer une discipline, non seulement inutile et trop lourde à porter pour la liberté chrétienne, mais encore
      dangereuse, nuisible, et conduisant à la superstition et au matérialisme » (Denz. 1578).

      Toutes les lois disciplinaires, si elles n’ont pas été évidemment abrogées comme cela a été le cas en 1945 par Pie XII pour « Cum ex Apostolatus » de Paul IV dont les dispositions relatives à l’élection pontificale furent annulées : « En conséquence, nous suspendons l’effet de telles censures seulement pour les raisons de la dite élection » (Constitution Apostolique, Vacantis Apostolicae Sedis, titre II, ch. I, § 34), relèvent donc en effet du Magistère ordinaire infaillible de l’Eglise.

      http://www.laportelatine.org/bibliotheque/encycliques/PieVI/Auctorem_Fidei.php

  2. gerdil permalink
    6 août 2011 14:29

    Les sédévacs veulent un sacerdoce valide mais ne veulent pas de l’Eglise catholique puisqu’ils ont une attitude qui relève du libre-examen luthérien !

  3. de la Panouse Vivien permalink
    6 août 2011 18:52

    Les sédévacs estiment que pour être l’Eglise Catholique, l’Eglise du Christ, l’Eglise doit avoir un sacerdoce valide.

    • gerdil permalink
      7 août 2011 13:02

      Les sédévacs se fondent avant tout sur leur jugement privé, en parfaits luthériens adeptes du libre-examen qu’ils sont, pour décider qui est pape ou ne l’est pas. La question du sacerdoce est secondaire dans leur raisonnement, c’est-à-dire qu’elle vient après.

  4. Grégoire permalink
    6 août 2011 21:56

    « son Testament que nous sommes loin de rejeter en bloc », La Question prend des gants avec un abbé sédévac car elle représente la pointe avancée du courant tradi lefébvriste qui frise avec le sédévacantisme. Votre insistance à refuser les actes de Vatican II et les orientations actuelles de l’Eglise vous conduira à vous séparer de Rome…si ce n’est déjà fait implicitement.

    • Vehementer permalink
      8 août 2011 10:39

      Grégoire

      Vous dites : « La Question prend des gants avec un abbé sédévac car elle représente la pointe avancée du courant tradi lefébvriste qui frise avec le sédévacantisme ».

      Vous m’étonnez sérieusement !

      Apparemment il vous faut changer au plus vite vos lunettes car on ne voit vraiment pas en quoi La Question « frise » avec le sédévacantisme,.

      Au contraire, c’est même l’un des sites catholiques traditionalistes les plus combatifs contre la tendance schismatique et toutes les courants qui soutiennent la vacance du Saint-Siège. Il suffit de lire les textes publiés contre le sédévacantisme par La Question pour s’en rendre compte :

      https://lebloglaquestion.wordpress.com/?s=s%C3%A9d%C3%A9vacantisme

  5. Eloi permalink
    7 août 2011 12:41

    J’ai lu vos textes qui sont très profitables pour faire la lumière sur la position cartholique à l’égard de Rome au sein de la crise actuelle que nous traversons. Je retiens un passage destiné à l’abbé Belmont que je trouve intéressant dans la réponse que vous lui avez faite, portant sur son interprétation exagérée de la thèse du R.P. Guérard des Lauriers.

    REPONSE AU DEFI DE L’ABBE HERVE BELMONT
    http://www.la-question.net/media/01/02/1159176561.pdf

    Vous lui dites :

    « Vous allez assez loin dans votre logique cherchant à démontrer que les Papes ne sont plus Papes, puisque vous accentuez la thèse du R.P. Guérard des Lauriers, en ne laissant subsister du materialiter qu’une ombre « ténue » chez l’actuel Benoît XVI, l’ordre juridique ayant entièrement disparu selon vous au profit d’une très mince continuité sans puissance : « Le Père Guérard des Lauriers, tant en raison de son principe qu’en raison de son argument (induction fondée sur l’ensemble des actes de Vatican II-Paul VI) a usé de la distinction pape materialiter-Pape formaliter qui est au coeur de sa thèse. Cette distinction doit être « mise à jour » : le materialiter attribué Paul VI incluait une réalité juridique du fait qu’il était le sujet canoniquement élu. Mais par la suite, l’élection a disparu avec la disparition des cardinaux (les nouveaux nommés ne l’étant pas vraiment parce que la nomination est un acte de juridiction). Le materialiter qu’on peut attribuer à Benoît XVI est beaucoup plus ténu : il ne reste rien de l’ordre juridique, il ne reste qu’un fait public (l’être-là) qui n’est qu’une disposition prochaine à être reconnu par l’Église universelle en cas de rupture avec la nouvelle religion de Vatican II. Il y a encore une continuité (qui n’est pas sans incidence sur l’apostolicité de l’Église) mais cette continuité est une continuité en puissance. » (Suis-je sédévacantise ?, avril 2010). »

    En effet l’abbé Belmont ne laisse subsister du materialiter qu’une ombre très faible et quasi inexistante chez l’actuel Benoît XVI, et c’est peut-être là la raison principale de son manque de respect à l’égard du Saint Père chez qui il n’arrive plus à voir le successeur de saint Pierre pour ne regarder que le moderniste.

    Merci à La Question pour ses analyses très utiles aux fidèles attachés à la Tradition.

  6. pèlerine permalink
    8 août 2011 12:48

    La question: vous dites que l’on doit respect absolu à un Pape, tant qu’il est vivant, oui, mais pensez vous que J.P. II soit un saint? où pensez vous qu’il soit? au paradis? J’écoutais une interview de Mgr Ducaut-Bourget, datant des débuts des temps héroïques de la fraternité, interview où on lui demandait si le Pape avait la foi catholique, il a répondu: non le pape n’a plus la foi! donc un Pape qui détourne la foi, qui change notre religion en une obédience humaniste est il béni ou maudit? Je n’en sais rien, mais j’ai des craintes pour son âme! et s’il est canonisé, penserez vous que l’Esprit Saint y est pour quelque chose?
    Des Saints ont affirmé que quelques Papes furent hérétiques.

    • 9 août 2011 10:56

      pèlerine,

      Qui peut savoir où Jean-Paul II se trouve aujourd’hui ? Ce qui est certain c’est que sa doctrine en ce monde ne fut pas celle de l’Eglise catholique puisqu’il professa une gnose humaniste sans rapport avec la foi de toujours, ce en quoi Mgr Ducaut-Berger, de pieuse et vénérable mémoire, était parfaitement fondé a affirmer que le Saint-Père n’avait pas la foi dans le sens où son enseignement, en tant que Pontife, n’était absolument pas en accord avec ce qu’enseigne l’Eglise.

      Que dire donc d’un Pape qui « change la foi, la détourne et modifie la religion » ? Il faut dire qu’il se trompe et qu’il nous trompe. Et à ce sujet, dans la « guerre mortelle » que se livrent, depuis le Concile, deux religions au sein de l’Église catholique romaine, unique et sainte dépositaire de la Révélation divine, S. S. le pape Benoît XVI rendrait un immense service à l’Église, aux âmes et à la cause de Dieu, en procédant d’abord à l’examen des erreurs doctrinales de Jean-Paul II, avant que de poursuivre une quelconque procédure de canonisation, hélas déjà fort avancée, de ce prétendu « bienheureux ».

      Cependant une mise en garde. Même égarée, même éloignée de la foi, l’Eglise catholique reste l’Eglise de Jésus-Christ et celui qui en est à la tête est le Pape de la Sainte Eglise car l’erreur, voire l’hérésie, même externe, n’enlèvent pas automatiquement la juridiction qui est donnée par Dieu et uniquement par Lui, puisque nul fidèle n’est habilité de son propre mouvement, de par sa décision personnelle à déclarer « déchu » de sa charge et «dépouillé de ses pouvoirs » un membre quelconque de la hiérarchie catholique, surtout s’il s’agit du Saint Père.

      Il ne faut donc jamais l’oublier, le jugement des fidèles constatant que les Papes soutiennent l’erreur, pour être éventuellement juste, ne peut cependant avoir force d’autorité canonique pour destituer ou déposer des Papes qui professent des idées inexactes ou non conformes à la Tradition.

      Tout le problème est là : les sédévacantistes excédent par leur attitude schismatique leur capacité légale en tant que membres de l’Eglise et finalement, en s’écartant de la Rome conciliaire par leur jugement subjectif personnel, se font Protestants en croyant demeurer catholiques.

      Ainsi, d’obligation certaine, pour éviter cette situation schismatique, il convient de rejeter l’erreur, lutter contre, la dénoncer vigoureusement certes, et c’est ce que fait la FSSPX, et ce que nous nous faisons à notre modeste niveau avec La Question dans l’espace virtuel ou nous combattons pour la Tradition – lieu par excellence de circulation des idées mais où les moins recommandables pullulent c’est pourquoi il ne faut se risquer sur internet qu’avec grande prudence – mais dans le même temps, et ceci est impératif, il importe de toujours reconnaître le Pape quel qu’il soit, tant qu’il n’est pas déposé, non dans ce qu’il enseigne évidemment, mais dans ce qu’il représente comme successeur légitime, même très indigne, de saint Pierre.

      Pax Vobis +

      ************************

      Lire :

      La gnose sexuelle de Jean-Paul II
      https://lebloglaquestion.wordpress.com/2011/05/12/la-gnose-sexuelle-de-jean-paul-ii/

    • 15 août 2011 12:59

      Un Saint qu’on elève à la gloire des autels je dis non, un saint au paradis, oui pourquoi pas, rosaire quotidien scapulaire et puis du for intérieur l’Eglise ne se mêle pas …

  7. pèlerine permalink
    8 août 2011 12:54

    Je pense que c’est amusant de lire que les tradis de la FSSPX sont proches des sédévacantistes, il faut aller sur leurs sites pour constater combien ils nous aiment! Nous nous contentons de dire qu’ils sont dans l’erreur et approuvons La question et autres sites qui expliquent pourquoi ils se trompent et ce qu’ils risquent

  8. Sulpice permalink
    8 août 2011 22:19

    Que les sédévacantistes méditent ces lignes de Pie XII.

    LETTRE ENCYCLIQUE DE SA SAINTETÉ LE PAPE PIE XII

    SUR LE CORPS MYSTIQUE DE JÉSUS-CHRIST ET SUR NOTRE UNION EN LUI AVEC LE CHRIST

    « Le Christ, du haut du ciel, regarde toujours avec un amour spécial son Epouse immaculée qui peine ici-bas dans l’exil ; et quand il la voit en danger, par lui-même ou par ses anges (Cf. Actes VIII, 26 ; IX, 1-19 ; X, 1-7 ; XII, 3-10.), ou par Celle que nous invoquons comme le Secours des chrétiens et par les autres patrons célestes, il l’arrache aux flots de la tempête, et une fois le calme revenu sur la mer apaisée, il la console par cette paix qui surpasse toute intelligence (Phil. IV, 7.).

    Qu’on ne pense pas pourtant que sa direction se limite à un mode invisible (Cf. LÉON XIII, Lettre encyclique Satis cognitum du 29 juin 1896. ASS XXVIII (1895-1896) 725. Cf. SVS n. 630.) ou extraordinaire ; bien au contraire, le divin Rédempteur gouverne son Corps mystique visiblement et ordinairement par son Vicaire sur la terre. Vous savez, en effet, Vénérables Frères, que le Christ Notre-Seigneur, qui durant sa vie mortelle avait dirigé lui-même visiblement son petit troupeau (S. LUC XII, 32.), au moment de quitter ce monde pour retourner à son Père, confia au Prince des Apôtres le gouvernement visible de toute la société fondée par lui. Lui, si sage, ne pouvait nullement laisser sans tête le corps social de l’Eglise qu’il avait constitué.

    Et l’on ne peut soutenir, pour nier cette vérité, que par un primat de juridiction établi dans l’Eglise, ce Corps mystique serait pourvu d’une double tête. Car Pierre, par la vertu du primat, n’est que le Vicaire du Christ, et il n’y a par conséquent qu’une seule Tête principale de ce Corps, à savoir le Christ; c’est lui qui sans cesser de gouverner mystérieusement l’Eglise par lui-même, la dirige pourtant visiblement par celui qui tient sa place sur terre, car depuis sa glorieuse Ascension dans le ciel, elle ne repose plus seulement sur lui, mais aussi sur Pierre comme sur un fondement visible pour tous.

    Que le Christ et son Vicaire ne forment ensemble qu’une seule Tête, Notre immortel Prédécesseur, Boniface VIII, l’a officiellement enseigné dans sa Lettre apostolique Unam sanctam (BONIFACE VIII, Bulle Unam sanctam du 18 novembre 1302. Cf. Corp. Iur. Can., Extr. comm., I, 8, 1. Denzinger n. 468.) et ses successeurs n’ont jamais cessé de le répéter après lui, Ceux-là se trompent donc dangereusement qui croient pouvoir s’attacher au Christ Tête de l’Eglise sans adhérer fidèlement à son Vicaire sur la terre.

    Car en supprimant ce Chef visible et en brisant les liens lumineux de l’unité, ils obscurcissent et déforment le Corps mystique du Rédempteur au point qu’il ne puisse plus être reconnu ni trouvé par les hommes en quête du port du salut éternel. »

    Encyclique « Mystici Corporis », Pie XII, 29 juin 1943.

    http://www.vatican.va/holy_father/pius_xii/encyclicals/documents/hf_p-xii_enc_29061943_mystici-corporis-christi_fr.html

  9. de la Panouse Vivien permalink
    9 août 2011 14:19

    Dans le cas de Benoit XVI , il y a des sédévacantistes – si ce n’est pas le cas de tous- qui ajoutent un élément aux raisons de leur non-reconnaissance de l’Eglise et du Pape de Rome d’aujourd’hui : Benoit XVI ne serait pas Pape non seulement parce qu’il professerait telle ou telle erreur ou hérésie , mais aussi parce que son ordination épiscopale aurait été faite-selon ces sédévacs- dans un nouveau rite de consécration qui aurait été secrètement dépourvu, car privé, de validité durant sa composition : donc, Joseph Ratzinger serait aujourd’hui encore…un simple abbé , Pape officiellement, mais en réalité ayant presque
    le même statut canonique qu’un évêque anglican, si je n’exagère pas cette position.

    Qu’en pense « La Question » ?

  10. 9 août 2011 22:09

    de la Panouse Vivien

    Vous nous demandez : « Benoit XVI ne serait pas Pape non seulement parce qu’il professerait telle ou telle erreur ou hérésie, mais aussi parce que son ordination épiscopale aurait été faite dans un nouveau rite de consécration qui aurait été secrètement dépourvu, car privé, de validité durant sa composition. »

    Eh bien autant vous dire que les sédévacantistes qui tiennent se type raisonnement bancal se trompent lourdement.

    Pourquoi ?

    Tout simplement, mais ils sont coutumiers de ce genre de méprise grossière, parce qu’ils mélangent deux choses tout à fait distinctes, à savoir l’élection sur le trône de Pierre, et l’ordination épiscopale de l’actuel Pontife Benoît XVI. Et ces deux éléments n’ont rien à voir l’un avec l’autre.

    En effet, ceux qui tiennent les propos que vous rapportez, oublient trop rapidement, mais ils vrais qu’ils sont profondément ignorants de la doctrine du « droit divin » qui entoure l’élection pontificale, que ce qui fait un Pape c’est son élection par le conclave pas autre chose ! Et ceci, notez-le bien, avant même sa consécration, telle est la source unique de sa légitimité, cet élu fut-il laïc !

    C’est cette doctrine du « droit divin » relatif à l’élection pontificale que les canonistes médiévaux ont théorisée avec une précision remarquable (lire absolument sur ce point Gilles de Rome, disciple de saint Thomas d’Aquin, à qui on lui attribue, sans doute avec raison, la rédaction de la bulle Unam Sanctam, le De Ecclesiastica potestate sur le droit divin qui entoure l‘élection pontificale), que Pie XII dans un discours prononcé en français au IIème Congrès mondial de l’apostolat des laïcs, congrès qui eut lieu à Rome le 5 octobre 1957 a réaffirmé solennellement :

    « Si un laïc était élu Pape, il ne pourrait accepter l’élection qu’à condition d’être apte à recevoir l’ordination et disposé à se faire ordonner ; mais le pouvoir d’enseigner et de gouverner ainsi que le charisme de l’infaillibilité lui seraient accordés dès l’instant de son acceptation, même avant son ordination. »
    (Discours, Documentation catholique, n° 1264, p. 1415).

    On le voit, si un laïc, élu à la papauté peut avoir le pouvoir de juridiction et de magistère, avec le charisme de l’infaillibilité, et donc être vraiment Pape formellement, immédiatement, étant encore laïc et avant d’avoir reçu la consécration épiscopale et même l’ordination sacerdotale, combien plus encore un clerc ordonné de l’Eglise peut-il être parfaitement vrai et authentique Pape après son élection, fut-il un simple prêtre voire uniquement détenteur des ordres mineurs, ceci contrairement aux prétentions ridicules des théories oiseuses colportées par les sédévacantistes.

    Pax Vobis +

    ******************************
    Lire :
    La Papauté de droit divin
    http://www.la-question.net/archive/2010/10/23/la-papaute-de-droit-divin.html

  11. 9 août 2011 23:09

    La Question,

    Je n’avais pas visité votre site depuis que j’avais découvert votre fameux «L’ABSENCE DE PAPE EST IMPOSSIBLE !» dans https://lebloglaquestion.wordpress.com/2011/07/03/provaticanus/.

    Je ne crois pas que je vais lire https://lebloglaquestion.wordpress.com/2011/08/06/le-testament-«-problematique-»-de-l’abbe-belmont/, mais j’ai lu http://www.a-c-r-f.com/html/LHR_reponse_testament_ab_Belmont.html respectivement http://www.a-c-r-f.com/documents/LHR_reponse_testament_ab_Belmont.pdf attentivement!

    Vous répétez toujours les mêmes SOTTISES au sujet de la bulle «Cum ex apostalus officio»: Angelo Giuseppe Roncalli n’était pas cardinal au moment de sa prétendue élection (http://www.a-c-r-f.com/documents/Abbe_RICOSSA_Le-Pape-du-Concile.pdf prouve amplement que «Banana Joe» – http://en.wikipedia.org/wiki/Francis_Spellman: «He’s no Pope. He should be selling bananas.» – était un agent de la judéo-maçonnerie), etc.

    Et on dit «Mgr Guérard des Lauriers»! (Je ne sais pas pourquoi je pourrais me permettre de mettre en doute la validité et la licéité de sa consécration épiscopale et je ne me rappelle pas avoir lu quelque chose de lui où je devrais dire qu’il était très probablement un hérétique formel.)

    • PEB permalink
      22 août 2011 01:07

      Fondamentalement, il n’est pas nécessaire d’être cardinal pour être élu Pape.

      L’Habemus Papam prononcé par le Protodiacre est largement suffisant pour valider le conclave comme choix infaillible de l’Esprit, enfin à mes yeux de simples fidèles. De la part des conclavistes, il n’y a aucune humeur qui ne doit sortir par la cheminée de la chapelle Sixtine. Le propos déplacé du prélat en question est nul et non avenu.

      L’arguement comme quoi, la juridiction se perd avec l’excommunication pour hérésie ou apostasie se tiend in radice. Mais, et il faut le noter, cette perte doit être constaté juridiquement (ou l’Eglise n’est pas dans un état de droit). Aucune juridiction, même Pie XII n’a condamné Roncalli. Une fois devenu Pontife, seul la Providence détenu par le Roi du l’Univers était juge de Jean XXIII.

      Ces propos sont remplis d’hérésie donatiste où la valeur du sacrement est fonction de l’orthodoxie du ministre.Pensez à l’apophtègme de saint Augustin: « Si c’est Pierre qui baptise, c’est Jésus qui baptise et si c’est Judas qui baptise, c’est Jésus qui baptise. »

      Nous ne sommes pas juge du pouvoir d’ordre ni de la jurdiction du Saint-Père. L’Esprit-Saint lui-même redresse ce qui était tordu comme nous le chantons à la Pentecôte.

      Je pense en effet avoir mis le doigt sur les racines du sédévacantisme: il s’agirait donc du donatisme condamné par le concile de Carthage de 412. Nombres de protestants radicaux se réclame de ces hérésiarques berbères.

    • 25 août 2011 13:33

      «Fondamentalement, il n’est pas nécessaire d’être cardinal pour être élu Pape.»: Exact!

      Pour le reste…

      Satan étant le père de la secte du Vatican II, évidemment tous les «sacrements» seront toujours valides.

      «We hope we have convincingly shown that Archbishop Lefebvre was a validly consecrated bishop, and not a freemason, and that therefore, all priests he ordained and bishops he consecrated were validly ordained and consecrated.» est ce que je viens de trouver avec «Achille Liénart»: http://www.whyiamacatholic.com/SSPX/LefebvreMason.htm va convaincre quelques individus qui veulent croire au mensonge; d’une certaine manière le «Talon d’Achille» joue un rôle encore plus important en «sédisvacanterie» – vous êtes donc en «bonne» companie!

  12. tartanpion permalink
    14 août 2011 12:52

    Sur Adrien VI et sa fameuse citation « Je dis que si l’on entend par l’Église Romaine sa tête, c’est-à-dire le Pontife, il est certain qu’elle peut errer, même dans les choses qui touchent la foi, en affirmant l’hérésie par sa détermination ou par quelque décret »

    Quelques petits rappels de principe:
    – la première édition que je connaisse des Quaestiones quodlibeticae date de 1518. Or Adrien VI a été pape de 1522 à 1523 (il n’arrivera à Rome qu’à la fin août 1522). Il existe bien une édition de 1522, imprimée à Lyon et à Rome, mais rien ne prouve -pour le moment- qu’elle ait été revue par son auteur. Il ne s’agit donc pas d’un écrit d’un pape en tant que pape, mais d’écrit d’un théologien devenu pape (vous saisissez la nuance?). Je suis prêt à parier que l’édition de 1522 n’est que la conséquence de la bonne réputation de l’auteur ou la volonté de l’imprimeur de faire un coup éditorial en profitant de l’élection pontificale. En admettant même que l’édition de 1522, faite à Rome, l’ait été avec la permission du pape Adrien VI, cela ne serait guère déterminant, car le pape n’a pas fait de ses thèses une doctrine à tenir… On en reste donc au théologien privé !
    Cela suffit à mettre fin au débat. Les théologiens de la FSSPX manquent vraiment du minimum de rigueur…
    – encore une fois, les théologiens de la Question s’appuient directement ou indirectement sur des auteurs gallicans (Bossuet, auteur de la déclaration des Quatre articles et Paul Viollet, auteur mis à l’Index pour son ouvrage sur l’infaillibilité, dreyfusard, fondateur de la Ligue des Droits de l’homme, dont il démissionna ensuite, en raison de l’anticléricalisme qui y sévisssait). Manifestement, la citation de Bossuet provient d’un ouvrage intitulé Défense de la déclaration de l’Eglise de France, qui est violemment anti-infaillibiliste et très franchement gallican. Juste pour rappel : la déclaration des Quatre articles prônait la supériorité du concile pour le pape…
    La Question ferait mieux de s’appuyer sur des auteurs un peu moins douteux !

    Pour conclure : l’argument prétendument imparable se retourne contre ses auteurs, en mettant en lumière -une fois de plus-leur manque chronique de rigueur et leurs positions gallicanes et parfois franchement protestisantes (les arguments des uns étant très proches des autres) sur l’infaillibilité pontificale. Il est quand même surprenant que ce soit le seul moyen pour la FSSPX de défendre sa position.

  13. pèlerine permalink
    15 août 2011 20:54

    Les positions gallicanes de la FSSPX? On aura tout lu!!! et protestisantes???

    • tartanpion permalink
      16 août 2011 19:58

      A pélerine : prouvez-moi simplement que les arguments de la FSSPX sur ce point de doctrine ne sont pas aussi ceux des protestants ou des gallicans…Bon courage !
      J’ai déjà marqué un point : la FSSPX utilise les arguments de Bossuet (qui est gallican, sinon révisez votre histoire) pour ce qui touche les papes Libère, Honorius, Adrien VI. LA FSSPX recycle les arguments utilisés par les anti-infaillibilistes lors du 1er concile du Vatican. Vous voulez que je détaille?

  14. 17 août 2011 00:49

    tartanpion

    Avant que de vous glorifier naïvement, dans un exercice aussi puéril que comique d’autosatisfaction, d’avoir soi-disant montré que « la FSSPX utilise les arguments de Bossuet », soulignons tout d’abord que votre propre « argument » contre la citation d’Adrien VI est infiniment amusant.

    En effet que Bossuet ait été, un instant seulement d’ailleurs, gallican, change quoi à l’authenticité de ce texte ?

    Strictement rien !

    Outre que vous oubliez de dire, ou peut-être l’ignorez-vous sans doute, qu’en 1693 les évêques de France, Bossuet en tête, se rétractèrent en adressant une lettre collective au pape Innocent XIII pour signifier qu’ils rejetaient totalement les 4 articles de 1682, il n’en reste pas moins que la citation d’Adrien VI est parfaitement authentique que cela vous plaise ou non.

    http://liberius.net/articles/Retractation_des_quatre_articles_de_1682_par_Louis_XIV.pdf

    Adrien VI dans sa déclaration, reprise par Bossuet, qui ne l’a pas inventée, affirme positivement : « Je dis que si l’on entend par l’Église Romaine sa tête, c’est-à-dire le Pontife, il est certain qu’elle peut errer, même dans les choses qui touchent la foi, en affirmant l’hérésie par sa détermination ou par quelque décret. En effet, plusieurs pontifes romains furent hérétiques… », (in Quodiblet., XI, 22, cf. Bossuet, Oeuvres Complètes, t. XII., p. 2).

    Ce texte provient du Magnum Bullarium Romanum de Cherubini, reproduisant le Bullaire d’Adrien, le canoniste Cherubini Laërce ayant en 1586 publié sous le titre « Bullarium, sive Collectio Diversarum Constitutionum multorum Pontificum », à la demande de Sixte V, plus de 922 constitutions papales de Léon Ier à son époque.

    http://www.documentacatholicaomnia.eu/01p/1522-1523,_SS_Hadrianus_VI,_Bullarium_%28Cherubini_vol_1_ff_626-635%29,_LT.pdf

    Prétendrez-vous que le Magnum Bullarium Romanum ment, ou que Cherubini Laërce, canoniste de Sixte V, est gallican ?

    http://books.google.com/books?id=culEAAAAcAAJ&pg=PA68&lpg=PA68&dq=Cherubini+La%C3%ABrce&source=bl&ots=2MhA3LWLQa&sig=XFRvOeXiEI7DlUv2GZ3DeS9ggrQ&hl=fr&ei=v4dLTom8MYft-gbms8j3CA&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=1&sqi=2&ved=0CBcQ6AEwAA#v=onepage&q=Cherubini%20La%C3%ABrce&f=false

    On voit bien le caractère grotesque de votre défense désespérée contre les évidences.

    Mais la citation d’Adrien VI, sur laquelle vous et vos amis manifestez une crispation bien compréhensible tant elle vient contredire vos affirmations péremptoirtes, ne fait au fond que confirmer ce que l’Histoire présente clairement et nous fait savoir sans difficulté aucune, à savoir qu’en vérité, certains Pontifes Romains – fort heureusement très peu en vingt siècle d’Eglise – ont été hérétiques ou purent, un instant, être trompés et propager l’erreur.

    Honorius (625-638), par exemple, a été condamné en 680 par le 3e Concile de Constantinople à cause de ses lettres au Patriarche Sergius, lesquelles étaient favorables à l’hérésie Monothélite. [1]

    D’ailleurs le Bienheureux Pape Pie IX (†1878) a reconnu le danger qu’un pape soit hérétique et puisse « enseigner (…) contrairement à la foi catholique », il ordonne donc aux fidèles dans ce cas : « ne le suivez pas ». Il dira encore: « Si, dans le futur, un pape enseigne quoi que ce soit contre la foi Catholique, ne le suivez pas. » (Lettre de Pie IX à Mgr Fessler – EVÊQUE DE SAINT-HIPPOLYTE (AUTRICHE) SECRETAIRE GENERAL DU CONCILE DU VATICAN, en réponse au livre de Mgr Fessler intitulée « Vraie et fausse infaillibilité des papes », 1873).

    http://liberius.net/livres/La_vraie_et_la_fausse_infaillibilite_des_papes_000000207.pdf

    Mgr Fessler indique dans son ouvrage : « il est […] très-mal fondé [de] soutenir que par suite des décrets dogmatiques du concile du Vatican sur l’infaillible magistère du Pontife romain tout catholique est obligé de croire que les Papes n’ont jamais erré dans leurs constitutions qu’ils n’ont jamais outre-passé la limite de leur pouvoir et qu’ils n’ont jamais usurpé les droits des princes. »

    Par ailleurs, un document pontifical officiel admettra qu’un pape puisse tomber dans l’hérésie. Il s’agit d’un document du Pape Adrien II, daté de plus de 200 ans après la mort d’Honorius: « Après sa mort, Honorius a été anathématisé par l’Église d’Orient; mais nous ne devons pas oublier qu’il était accusé d’hérésie, le seul crime qui rendait légitime la résistance des inférieurs aux ordres de leurs supérieurs et le refus de leurs doctrines malicieuses. »

    Ceci explique pourquoi selon Francisco Suarez (1548-1617), qui ne peut pas être soupçonné de « gallicanisme » (sic !), la juridiction ecclésiale peut être parfaitement maintenue, après que le clerc soit tombé dans l’hérésie, car ce risque existe et ne peut jamais être complètement écarté. A ce titre, et pour un juste motif, le Can. 2264 déclare illicite, mais pas automatiquement invalide, les actes de juridiction posés par quelqu’un qui a été excommunié: «Un acte de juridiction posé par une personne excommuniée, que ce soit au for interne ou au for interne, est illicite; cependant si une sentence condamnatoire a été prononcée, il devient invalide, sans porter préjudice aux prescriptions du Can. 2261; sinon il est valide. »

    Evidemment l’Écriture Sainte et la Tradition enseignent clairement qu’il y a une profonde incompatibilité in radice (dans la racine) entre la condition d’hérétique et la possession d’un titre de juridiction ecclésiastique, parce qu’un hérétique cesse d’être un membre de l’Église. Cependant une telle incompatibilité n’est pas absolue, c’est pourquoi les théologiens utilisent l’expression in radice (à la racine).

    Ceci explique pourquoi de la même manière qu’une plante peut rester verte un certain temps après avoir été déracinée, de même la juridiction peut être maintenue, quoique de manière précaire après que le clerc soit tombé dans l’hérésie (cf. Suarez).

    Conservez de ce fait à l’esprit, et méditez attentivement ce que ce que dira Ste Catherine de Sienne directement au Pape Grégoire XI, ce qui n’est pas loin de ressembler à ce que put exprimer Mgr Lefebvre et la FSSPX aux Pontifes actuels après Vatican II :

    – « Celui qui s’isole dans l’amour de lui-même, celui qui s’aime pour lui et non pour Dieu, ne peut que mal faire, et toute vertu est morte en lui. Il ressemble à une femme qui met au jour des enfants morts. Car il ne possède pas la vie de la charité; il songe à sa propre gloire, et non pas à celle du nom de Dieu. Aussi, je le dis, s’il commande, il fait mal, parce que, par amour de lui-même et pour ne pas déplaire aux créatures, dont l’intérêt et l’amour-propre le rendent esclave, il étouffe en lui la sainte justice. Il voit les défauts et les péchés de ceux qui lui sont soumis, et il fait semblant de ne pas les voir, pour ne pas les reprendre; ou, s’il les reprend, c’est avec une telle nonchalance et une telle lâcheté de coeur, qu’il ne produit aucun effet. Il ménage ainsi le vice, parce qu’il craint de déplaire et de s’attirer des ennemis. Il s’aime lui-même, et il ne fait rien pour avoir la paix, et c’est la plus grande cruauté qu’il puisse commettre. Si la plaie, quand il le faut, n’est pas brûlée avec le feu et taillée avec le fer, si on y met seulement du baume, non seulement elle ne guérit pas, mais encore elle se corrompt et elle donne la mort. »

    LETTRE de Sainte Catherine de Sienne A GREGOIRE XI.

    http://jesusmarie.free.fr/catherine_de_sienne_lettres_1_a_19.html

    Pour conclure, nous paraphrasons ainsi volontiers votre péroraison finale : l’argument prétendument imparable sédévacantiste se retourne contre ses auteurs, en mettant en lumière -une fois de plus-leur manque chronique de rigueur et leurs positions luthériennes et franchement réformées, puisque les arguments des uns est très proches des autres sur l’utilisation du jugement privé pour considérer qui est Pape ou ne l’est pas.

    Il est, hélas ! assez navrant de constater que ce soit le seul moyen pour les sédévacantistes de défendre leur position erronée, inexacte, pécheresse et très coupable au regard de la foi catholique.

    Pax Vobis +

    Note

    1. Le pape Léon II admettra bien « l’hérésie » d’Honorius. Héraclius, l’empereur, promulgue, en 638, un nouvel édit théologique l’Ekthésis, ou « Exposé de la foi », qui impose la formule « une seule volonté (thélèma) du Christ, sans confusion des natures ». Sergius, puis Pyrrhus son successeur, s’y rallièrent, de même que Cyrus d’Alexandrie; mais pas Sophrone de Jérusalem. L’Occident réagira à l’Ekthésis. Jean IV, le pape, réunissant un Synode en 641 qui condamna l’hérésie monothélite, et Maxime le Confesseur défend en Afrique la doctrine des deux volontés. Mais la condamnation de Jean IV, une fois encore, dénonce la thèse hérétique soutenue par Honorius. (Cf. Défense des trois chapitres à Justinin. T. II. 1, P. , Livres III-IV, Texte critique par J.-M. Clément et R. Vander Plaetse. Introduction, traduction et notes par Anne Fraïsse-Rétoulières, Éd. du Cerf, coll. « Sources chrétiennes », n° 478, 2003).

    ********************************

    Lire :

    Le sédévacantisme est un péché mortel !

    http://www.la-question.net/media/02/02/1035623058.pdf

  15. Organiste39 permalink
    18 août 2011 16:20

    Merci pour cet article, la Fraternité marche sur un fil entre l’hérésie moderniste et l’hérésie sédévacantiste… rester fidèle à l’Eglise, tout en désobéissant à ce qui va à l’encontre de la Vérité, pour moi c’est une position courageuse et difficile. Puissions nous ne jamais y renoncer malgré les épreuves! Sur La Porte Latine il y a plusieurs articles sur cette question.
    Merci à la Question de soulever ces problèmes et de nous inciter à la réflexion.

  16. pèlerine permalink
    19 août 2011 12:43

    Je n’ai aucun problème pour rester dans le courant de la frat, son combat me semble tellement logique! C’est vrai qu’il faut faire comprendre ce combat à tous ceux qui le critiquent, nous avons, heureusement, des gens compétants pour celà! merci La Question!

  17. PEB permalink
    22 août 2011 01:18

    Une question se pose aujourd’hui dans l’exercice du magistère pétrinien par le souverain Pontife.

    A notre époque, le message du Pape – et on vient de le vivre lors de ces merveilleuses Journées Mondiales de la Jeunesse – parvient maintenant directement aux fidèles sans l’entremise de leurs pasteurs légitimes. Le magistère romain passe désormais par dessus la hiérarchie dont le rôle n’est plus de le prédigérer (comme à des oisillons) mais à l’expliquer.

    Le magistère papal exerce une puissance inégalée. Il me semble que la Providence doit avoir pourvu au sujet du pontificat la grâce d’état correspondante.

    Une chose devrait réjouïr nos amis de La Question: au prône de la messe de samedi, le Saint-Père a émis l’idée de faire docteur de l’Eglise saint Jean d’Avila, promoteur infatigable de la véritable réforme tridentine.

    Comme quoi!

    Même les journalistes n’ont pas tilté.

  18. Chrissa permalink
    24 août 2011 00:30

    Je ne comprend pas qu’est ce qui vous fait croire que vous avez le droit de passer des jugements sur des personnes? Et en particulier dans cet article ou vous vous acharnez a attaquer l’abbe Belmont ? Ne croyez-vous pas que vous agissez exactement comme les Pharisiens au temps de Notre Seigneur Jesus-Christ? IL APPARTIENT A DIEU SEUL DE JUGER. Pas a vous ! Arretez ! Vous etes comme des loups affames.

  19. Xavier permalink
    24 août 2011 11:29

    @ Chrissa

    Mais où voyez vous de l’acharnement contre l’abbé Belmont ? Et même un jugement comme vous dites ? La Question écrit : « nous n’avons pas à son égard une hostilité excessive, nous avons donc jugé préférable ne pas donner trop d’écho et d’amplitude à cette controverse sur La Question, et avons donc décidé de prier pour que l’âme de l’abbé soit pardonnée pour ses injures envers le successeur de saint Pierre et qu’elle soit soutenue par la grâce afin de l’aider à aller plus loin dans son respect de ce que représente celui qui exerce aujourd’hui à Rome la charge pontificale instaurée de droit divin par Notre Seigneur. »

    Je trouve que c’est plutôt charitable comme attitude de prier pour son âme, d’autant que l’abbé Belmont n’y est pas allé avec le dos de la cuillière à l’égard de Benoît XVI, le traitant de noms épouvantables. Le pape peut avoir des positions que l’on n’apprécie pas, c’est une chose, mais injurier ainsi le successeur de Saint Pierre c’est grave, c’est même un péché mortel !

    • Chrissa permalink
      24 août 2011 21:10

      @ Xavier

      Je regrette donc d’avoir eu une fausse impression de cette controverse, et demande pardon a ‘ La Question ‘ pour avoir formule cette accusation. Il faut toutefois admettre que nous avons en ce moment au siege de St Pierre, et sans aucun doute un personage heretique, qui a oeuvre pendant des dizaines d’annees et qui continue a oeuvrer pour le demantelement de la Sainte Eglise Catholique en introduisant les ideologies perverses des Protestants et en permettant aux Juifs, les seuls et plus grands ennemis du Christ et de la Chretiente, acces ouvert dans l’Eglise ce qui est une profanation.

      Il faut aussi se rappeler qu’il y a le « Grand Peche d’Etre Silencieux » devant cette flagrante trahison !

  20. de la Panouse Vivien permalink
    24 août 2011 13:49

    Sauf que pour l’abbé Belmont, Benoit XVI est malheureusement un ANTIPAPE, et NON LE PAPE, LE SUCESSEUR DE PIERRE. Alors, si de votre point de vue, il se permet d’ « injurier ainsi le successeur de Saint Pierre », du sien, cela ne serait le cas que s’il s’était permis de
    « traiter de noms épouvantables »‘ Pie XII, Pie XI, Pie X, Léon XII…Comme ce n’est pas le cas, je doute qu’il croie jamais avoir « injurié un successeur de Pierre ». Vous lisez bien ce que j’écris ? Vous comprenez ce que ca veut dire quand j’écris : « pour l’abbé Belmont, Benoit XVI est malheureusement un ANTIPAPE, et NON LE PAPE, LE SUCESSEUR DE PIERRE » ? Ca veut dire que pour lui, Benoit XVI, bien que Pape légitime aux yeux de catholiques de la FSSPX comme vous et de catholiques conciliaires comme moi, est, aux yeux des sédévacantistes comme l’abbé Belmont, comme Anaclet II, l’opposant au Pape Innocent II du temps de Saint Bernard , à ceci près que Benoit XVI, lui, est officiellement Pape légitime. Donc de son point de vue, l’abbé Belmont peut parfaitement se permettre d’injurier Benoit xvi, de le traiter de noms épouvantables, car ce n’est pas , à ses yeux, le sucesseur de Saint Pierre qu’il traite ainsi, mais au contraire, un ANTIPAPE, OFFICIELLEMENT Pape légitime, mais NON REELLEMENT. Alors…

  21. Sulpice permalink
    25 août 2011 11:43

    de la Panouse Vivien

    Il me semble que l’abbé Belmont ne dit pas que Benoît XVI est un « ANTI-PAPE », il ne le dit même pas du tout à bien le lire.

    Il y a chez lui, puisqu’il fait siennes les analyses du R.P. Michel Louis Guérard des Lauriers, mettant en lumière la distinction traditionnelle dans le pontife, entre « matière » et « forme », une très légère – et chez lui elle l’est vraiment – reconnaissance au moins de la continuité matérielle du siège pétrinien chez Benoît XVI.

    C’est ce que soutient également La Question dans son rappel constant de la doctrine de Cajetan (reprise par le père Guérard des Lauriers), mais qui se garde poutant prudemment de porter un jugement sur la situation exacte du Saint Père, et qui fait donc reproche à l’abbé Belmont, du fait qu’il dit adhérer à cette position, d’aller un peu vite en besogne en qualifiant le pape de façon indigne, et s’en offusque, précisément parce qu’elle sait que l’abbé Belmont n’est pas un « pur » (sic) sédévacantiste, ce que lui-même admet.

    La critique de La Question est donc d’autant plus sévère envers l’abbé Belmont me semble t-il, que ce dernier ne tombe pas entièrement dans les erreurs sédévacantistes. Ses injures contre le pape sont donc, aux yeux de la Question, d’autant plus choquantes et inadmissibles.

  22. PEB permalink
    25 août 2011 17:32

    L’erreur générale du sédévacantisme procède de l’hérésie donatiste.

    Les prélats et les prêtres qui ont livré illicitement au culte de César les biens de l’Eglise, sont-ils totalement déchus ipso facto de leur charge? La réponse de saint Augustin est un non catégorique, a contrario des hérétiques.

    Au cas particulier, les sacrements donnés par les traîtres sont parfaitement valides. Combien plus sont les actes des conclaves et du Siège Apostolique.

    Le magistère épiscopal est réservé au seul Siège Apostolique, tout comme la juridiction et le pouvoir d’ordre supérieur. L’élection du Souverain Pontife relève de la volonté surnaturelle de l’Esprit Saint. Son gouvernement ne dépend que de la Providence divine et de lui-même.

    On peut donc dire à un Pape: « Très Saint-Père, les propos ou les gestes de Votre Sainteté me semble difficile. Sont-ils bien conformes au dépôt authentique de la Foi catholique, orthodoxe et apostolique? Votre Sainteté, pourrait-Elle en préciser le sens et la teneur? »

    En ce cas, on renvoie le sujet du Pontificat devant sa propre juridiction directe à savoir lui-même.

    Il est folie de dire: « Benoît, tu n’es pas Benoît mais Joseph car tu es un hérétique damné à tous les diables! » Qui a établi, même le brave Abbé Belmont juge ?

    Encore une fois, l’hérésie est, à la différence de l’apostasie formelle, essentiellement difficile à établir. Les contours entre une opinion simplement hétérodoxe et une hérésie sont parfois difficile à distinguer. C’est pourquoi, je pense que les sanctions prévus par le droit ne peuvent frapper qu’un hérétique formellement déclaré comme tel par l’autorité légitime. C’est pour cela que le bon Innocent III de vénérable mémoire a institué des tribunaux ad hoc. La juridiction cléricale ne se perd donc que de par la sanction judiciaire de l’hérésie, tout comme le pouvoir d’ordre légitime. Il en va de la sécurité juridique et sacramentelle du gouvernement des brebis de Bon Pasteur.

    S’agissant du Pape, il est seul juge de son hérésie. De fait, aucune peine ne peut le frapper sinon d’En-Haut. L’Eglise, et donc tout fidèle, peut en être le procureur, certes mais la décision ne revient qu’au Saint-Père.

    Au cas particulier, ni Benoît XVI, ni ces prédécesseurs immédiats n’ont proféré d’hérésie formelle et définitive. On peut leur reprocher quelques opinions hétérodoxes mais qui ne remettent pas en cause le dépôt de la Foi. Des gestes un peu étranges sont peut-être prophétiques. Seul le Père qui perçoit toute chose et les a autorisés a la réponse définitive à ce sujet.

    • 25 août 2011 22:41

      «L’erreur générale du sédévacantisme procède de l’hérésie donatiste.»: Votre répétition est vraiment drôle.

      Joseph Alois Ratzinger n’a jamais ordonné quelque prêtre dans toute sa vie. Car l’abbé n’est pas évêque. Cela a été amplement prouvé. Par de nombreuses études. Et votre prétendu pape célèbre depuis plus de 40 ans ce qui est objectivement une messe noire.

      Benoît XVI n’a jamais proféré d’hérésie formelle et définitive, les sédévacantistes par contre… sont des… donatistes! (Alors qu’il est certain que le Vatican II a presque entièrement éradiqué l’épiscopat du monde grâce aux soi-disantes réformes de «La Montini».)

      Qu’est-ce que vous savez de la confection d’un sacrement?

      Selon vous la bonne intention de loups déguisés en agneaux est la seule chose qui compte. Oui, selon vous elle est toujours assurée!

      La seule chose qui m’intéresse encore est de savoir un jour (avec une certitude suffisante) si Achille Liénart avait l’intention nécessaire (car lui, il a respecté la forme et la matière – je suppose) pour ordonner Marcel Lefebvre prêtre le 21 septembre 1929.

      Si on ne peut pas prouver (par plusieurs miracles eucharistiques) que le fondateur de la FSSPX fut un véritable évêque, alors tout le combat de certains groupes s’écroulera inéluctablement.

    • calixte permalink
      26 août 2011 11:29

      PEB

      Votre proposition : « L’erreur générale du sédévacantisme procède de l’hérésie donatiste », est plus que pertinente.

      Les erreurs donatistes auraient pu perdre l’Eglise…comme le sédécacantisme aujourd’hui qui représente une menace bien réelle à ne pas sous-estimer en cette période de crise de la foi que traverse l’Eglise.

      Pour se prémunir de l’hérésie donatiste, il a été affirmé que pour qu’un sacrement soit valide, il n’est, en effet, pas nécessaire qu’un ministre ait la foi ou la sainteté.

      Le Concile de Trente a même défini ce point comme un dogme que la foi (chez le ministre) n’est pas nécessaire pour la validité d’un Baptême : « Si quelqu’un dit que le Baptême, même administré par les hérétiques, au nom du Père et du Fils du Saint-Esprit, avec l’intention de faire ce que fait l’Église, n’est pas un vrai Baptême, anathema sit » (DS 1617).

      Il convient donc de rappeler la mise en garde formelle de s. Thomas, que les sédévacantistes oublient volontairement, ou font semblant de ne pas connaître :

      « De même que la charité du ministre n’est pas requise pour l’accomplissement du sacrement, puisque les pécheurs peuvent administrer les sacrements comme nous venons de le voir la foi n’est pas davantage requise ; et un infidèle peut procurer un vrai sacrement du moment que toutes les autres conditions nécessaires sont réalisées; (…) il peut donc, en dépit de son incroyance, avoir l’intention de faire ce que fait l’Église, tout en croyant que cela ne sert de rien. Une telle intention suffit pour le sacrement, car, nous l’avons vu le ministre du sacrement agit comme représentant de toute l’Église dont la foi supplée ce qui manque à la sienne. (St. Thomas, Summa, p. III, qu. 64, art. 9, c. et ad 1).

      La conception sédévacantiste n’a donc absoluement aucun sens, et fort heureusement beaucoup ne lui confèrent aucun crédit, car si cette thèse funeste était prise au sérieux, elle ruinerait immédiatement les fondements de l’Eglise et empêcherait, concrètement, tout rétablissement à terme de la Tradition en son sein, ce qui est le projet objectif du démon.

      L’attitude de ces fidèles refusant de reconnaître comme vrai et authentique Pape Benoît XVI, de le regarder avec respect (ce qui n’interdit pas d’avoir, ou de manifester des réserves, comme il est normal, sur certaines positions qui ne relèvent pas immédiatement du magistère infaillible), comme légitime successeur de Pierre, nous démontre, par delà leur tragique égarement ecclésial et spirituel, une grande méconnaissance de la religion, de la vie de l’Eglise et surtout de son histoire.

    • 26 août 2011 14:43

      calixte,

      Rien de nouveau! Un hérétique peut baptiser validement. Etc.

      S’il a l’intention.

      L’argument que le Novus Ordo Missae de Montini-Paul VI (et ses nombreuses variantes, car dans la secte du Vatican II chacun fait un peu ce qui lui vient dans la tête, et ça dès le début!) est une messe noire, évidemment… et l’argument que Ratzinger n’est pas évêque… toutes ces choses vous devez les ignorer, car vous ne pourriez pas jouer au SAVANT.

      Votre position est absurde, totalement athée.

      Elle est tellement inimaginable que je crois rêver.

      Dans votre secte tout est contraire à la raison, tout est hypocrite.

      L’Eglise présume la pertinacité jusqu’à preuve du contraire.

      ETC.

      Il ne sert vraiment plus à rien d’intervenir. C’est une perte de temps totale.

      Pour ceux qui vont rejoigner leurs coreligionnaires (des modernistes qui n’avaient pas ouvert leur coeur à la vérité) plus ou moins bientôt, la soi-disante conception sédévacantiste n’a aucun sens.

    • calixte permalink
      27 août 2011 11:10

      Yves Weinachter

      Vous avez peut-être le sentiment d’une attaque intransigeante contre le sédévacantisme dans mes propos qui vous blessent, en raison de votre regard – lucide – sur la désorientation de Rome depuis Vatican II.

      Cependant, il nous semble que si le constat des désorientations de Rome peut être, sur de nombreux points, partagés entre nous, la solutions envisagée par le sédévacantisme suite à son affirmation au sujet de l’actuelle prétendue « éclipse de l’Eglise », est inacceptable et dangereuse.

      C’est pourquoi nous nous en tenons à la position de saint Pie X en matière de doctrine et de foi qui, dans sa lettre « Notre charge apostolique » sur le Sillon, le 25 août 1910, en la fête de saint Louis, adressait à l’épiscopat français une mise en garde salutaire contre l’esprit démocratique et les conceptions modernes de l’autorité, conceptions qui caractérisent, malheureusement, tout le courant sédévacantiste qui, appliquant les principes démocratiques républicains et celui, profondément luthérien, de libre-examen, juge de qui est pape ou ne l’est pas du haut d’un imaginaire tribunal privé.

      Ceci est non seulement une erreur très grave, mais un péché monstrueux et scandaleux, car en effet, le sédévacantisme est pénétré d’esprit démocratique et est infecté maladivement par une conception moderne de l’autorité.

      Voici ce que diasait saint Pie X :

      « § 1. Notre charge apostolique nous fait un devoir de veiller à la pureté de la foi et à l’intégrité de la discipline catholique, de préserver les fidèles des dangers de l’erreur et du mal, surtout quand l’erreur et le mal leur sont présentés dans un langage entraînant, qui, voilant le vague des idées et l’équivoque des expressions sous l’ardeur du sentiment et la sonorité des mots, peut enflammer les cœurs pour des causes séduisantes mais funestes. »

      Il rajoutait :

      « § 24. (…) La doctrine catholique nous enseigne que le premier devoir de la charité n’est pas dans la tolérance des convictions erronées, quelque sincères qu’elles soient, ni dans l’indifférence théorique ou pratique pour l’erreur ou le vice où nous voyons plongés nos frères, mais dans le zèle pour leur amélioration intellectuelle et morale non moins que pour leur bien-être matériel. Cette même doctrine catholique nous enseigne aussi que la source de l’amour du prochain se trouve dans l’amour de Dieu, père commun et fin commune de toute la famille humaine, et dans l’amour de Jésus-Christ, dont nous sommes les membres au point que soulager un malheureux, c’est faire du bien à Jésus-Christ lui-même. Tout autre amour est illusion ou sentiment stérile et passager. »

      Nous restons donc fidèles à la position du Saint Père :

      « Le premier devoir de la charité

      n’est pas dans la tolérance des convictions erronées…  »

      S. Pie X

      https://lebloglaquestion.wordpress.com/2010/11/08/saint-pie-x-et-la-politique/

    • 27 août 2011 17:46

      calixte,

      Ce qui m’énerve, je l’avoue, est le fait que rien ne semble avancer. En direction du bien. Du salut d’un plus grand nombre.

      Est-ce que vous connaissez http://www.padrepioandchiesaviva.com/uploads/Chi___don_Villa_fr_1_.pdf?

      «J’accepte la charge d’être ton évêque, mais je te dis: n’aie jamais rien à faire avec Montini!»

      C’était Mgr Giovanni Battista Bosio (je tiens ce prénom, qui n’est pas une contraction, de http://www.catholic-hierarchy.org/bishop/bbosio.html) qui parlait à l’abbé Luigi Villa.

      Une autre citation de http://www.padrepioandchiesaviva.com/uploads/Chi___don_Villa_fr_1_.pdf: «La Franc-maçonnerie est déjà arrivée aux pantoufles du Pape».

      C’est Padre Pio qui parle à l’abbé Luigi Villa en 1963, lors de leur seconde rencontre. (Lors de leur première rencontre le prêtre capucin confia la mission de lutter contre la franc-maçonnerie au prêtre qui d’après mes informations vit toujours, bien qu’il soit né en 1918.)

      Padre Pio (d’après ce que je sais jusqu’à maintenant) n’a pas utilisé le terme «antipape», pourtant c’est assez clair. A moins que l’on ne veuille présenter le Padre Pio (un stigmatisé qui n’a jamais célébré l’office de Satan/la messe de Monti-Paul VI) comme un SOT.

      Maintenant ces gens n’ont pas affronté publiquement Montini.

      «Mais qui est Montini?». – «Je te donne un exemple: je suis de ce côté de la table et toi de l’autre. De ce côté, il y a Mgr Giambattista Montini; de l’autre, le reste de l’humanité!» (http://www.padrepioandchiesaviva.com/uploads/Chi___don_Villa_fr_1_.pdf)

      Mgr Giovanni Battista/Giambattista Bosio aurait-il pu donner un meilleur portrait de Montini?!

      Qu’est-ce que cela aurait changé, si le Padre Pio avait prêché contre Montini-Paul VI?

      Ses «supérieurs» (qui arrivèrent à le forcer de se tourner vers le peuple) lui auraient interdit de célébrer le saint sacrifice de la messe, ils auraient neutralisé une âme victimale.

      Le «sédévacantisme» a un intercesseur auquel on a construit un temple satanique. http://www.padrepioandchiesaviva.com/uploads/temple-satanique-a-padre-pio-fin-french.pdf

    • 27 août 2011 18:04

      Encore une précision au sujet du Padre Pio: D’après ce que j’ai lu ça et là il ne voulait pas accepter les «réformes» de Montini. Il se serait tourné seulement à contrecoeur vers le peuble pour célébrer. Je n’ai plus en tête les détails. Généralement on dit que le Novus Ordo, la messe de Satan/Paul VI, fut introduite seulement en 1969. Or, je sais bien que sur plusieurs sites j’avais lu qu’une version antérieure était déjà invalide. Une version de 1967. D’après mes impressions les «supérieurs» du Padre Pio étaient de vilains modernistes épris de toute novation. En d’autres mots: Je peux très bien m’imaginer que ces faux supérieurs, ces ennemis de Notre-Seigneur ont essayé d’imposer la célébration d’une messe invalide, d’une contrefaçon de la vraie messe, au prêtre stigmatisé. Si les informations (que je tiens de plusieurs sites) au sujet de cette version de 1967 sont correctes et si les «chefs» étaient des supermodernistes, alors le capucin aurait théoriquement pu célébrer l’office de Satan/Paul VI bien qu’il soit mort avant 1969, année d’introduction de ce qui passe habituellement comme Novus Ordo Missae. Je dis «théoriquement», parce que je ne crois pas qu’il ait accepté tout ce que ces loups lui demandaient. (On peut utiliser un missel plus vieux et se tourner vers les gens.)

    • PEB permalink
      29 août 2011 12:16

      Il n’empêche, Yves.

      Le sédévacantisme est bien un donatisme qui est une hérésie formelle. C’en est même une forme particulièrement perverse car, c’est un jeu de dominos: adieu pontificat, épiscopat, sacerdoce, présence réelle, Eglise, promesse du Fils de l’homme au Pêcheur de Galilée!

      Même les traîtres qui ont vendu les trésors de l’Eglise pour leur liberté sinon un plat de lentilles ont pu conférer des sacrements légitimes. Même un franc-maçon peut exercer légalement une juridiction et conférer licitement des sacrements y compris les ordres sacrés tant que l’essentiel y est.

      Pour le dire autrement, la fonction prime sur la personne, le for externe sur le for interne. Il en va de la sécurité juridique des fidèles qui n’ont pas à se poser mille et une question sur l’orthodoxie de leurs prêtres et pontifes dès lors que les apparences formelles de la légitimité sont là. Que ce soit par Pierre, Paul, Jean ou Judas, c’est toujours Jésus qui agit à travers ses Apôtres et leurs successeurs. Saint Augustin dixit.

      L’hérésie doit être constatée avant d’encourir quelque censure prévu par les canons. Encore un fois, l’Eglise est dans un état de droit. C’est pour cela qu’en 1199, Innocent III a institué des tribunaux inquisitoriaux chers à nos amis de La Question. Ce sont des juridictions secrètes mais contradictoires.

      En absence de tout jugement de par l’autorité légitime, nous ne pouvons rien conclure sinon prier le Seigneur pour qu’Il envoie de bons ouvriers pour la moisson.

      Entrez dans l’obéissance qui n’exclut par l’intelligence. Sinon, que reste-t-il? Une Eglise à la parfin constituée de vous seul? Même Calvin n’aurait pas osé! Un anabaptiste, peut-être?

      L’Eglise n’est pas à notre image, elle est ce que les hommes qui la composent veulent bien ce qu’elle est sous la puissance de la Providence.

  23. Pélikan permalink
    28 décembre 2011 23:48

    « Nous embrassons tout ce que l’Eglise nous propose à croire, tout ce qu’elle enseigne. D’autre part, pour expliquer l’actuelle crise de l’Eglise, même s’il existe sur ce sujet plusieurs opinions divergentes, quant à nous, depuis septembre 1986, nous faisons publiquement nôtre la thèse théologique que Mgr Guérard des Lauriers a publiée en 1979 dans les Cahiers de Cassiciacum sur le Siège apostolique qui, au moins depuis décembre 1965 et la “promulgation” par Paul VI de Vatican II, est formellement vacant, mais pas matériellement. »

    « L’oecuménisme de Ratzinger est cohérent. Il veut ouvrir l’oecuménisme à tout le monde, y compris à la Fraternité Saint-PieX, et c’est la meilleure façon de faire disparaître ceux qui défendent la Tradition: les laisser entrer dans le mouvement qu’ils affirment combattre. Dans la mesure où ils acceptent le mécanisme oecuménique, ils en font partie et donc ne s’y opposent plus. Et ce mouvement oecuménique, comme vous le dites, favorise l’apostasie des masses. Il suffit d’ouvrir les yeux. »

    Abbé Ricossa

    Entretien avec M. l’abbé Ricossa dans RIVAROL du 28 octobre 2011.

    R.: D’aucuns disent, à tort ou à raison, que l’actuelle politique de rapprochement de Mgr Fellay avec la «Rome moderniste» constitue une trahison du combat de Mgr Lefebvre. Etes-vous d’accord avec cette affirmation?

    Abbé F. R.: Oui et non. Non, car Mgr Lefebvre a toujours reconnu, du moins en public, la légitimité de PaulVI et de ses successeurs et a même exclu de la Fraternité ceux qui ne la reconnaissaient pas. Par ailleurs, il a toujours voulu des pourparlers dans le but de trouver un accord pratique. Dans la Lettre aux amis et bienfaiteurs numéro16 datée du 19mars 1979, il demandait à Jean PaulII beaucoup moins que ce que demande aujourd’hui Mgr Fellay. Il est vrai aussi que la Fraternité est née en 1970 avec toutes les autorisations possibles et dans le but d’appliquer la méthode d’étude de VaticanII. C’est clairement écrit dans les statuts de la FSSPX. De ce point de vue là, il n’y a pas de trahison; il y a même continuité.
    Mais oui, d’un autre point de vue, il y a changement en ce sens que Mgr Lefebvre, tantôt en public, tantôt en privé, et certainement dans son coeur, acceptait certes des discussions pour tenter de parvenir à un accord pratique mais il voulait un accord où il aurait été en position de force et sans nourrir aucune illusion sur ses interlocuteurs. C’est pourquoi de fait l’accord ne s’est jamais fait concrètement. Il a signé le protocole d’accord le 5mai 1988 avec Josef Ratzinger mais s’est rétracté dès le lendemain matin après, disait-il, avoir passé une nuit affreuse. Il a retiré sa signature, non hélas parce que quelque chose le souciait au niveau des principes, mais parce qu’il croyait que l’on allait le tromper. D’autre part, même s’il discutait avec les modernistes et cherchait un accord avec Ratzinger lorsqu’il était à la «Congrégation pour la doctrine de la foi», il pensait lui-même personnellement que Ratzinger n’avait pas la foi. C’est ce qu’il me disait lorsque j’étais prieur à Albano.

    Mgr Lefebvre n’avait aucune estime pour Ratzinger, il savait qu’il parlait avec un ennemi redoutable qu’il fallait vaincre dans des disputes diplomatiques. Ce qui n’est pas le cas d’un certain nombre de responsables de la Fraternité qui ont une véritable vénération pour Josef Ratzinger, se sont laissés envoûter par lui, convaincus qu’il veut vraiment le bien de l’Eglise. Et cela n’est pas nouveau : je me souviens que l’abbé Schmidberger, alors supérieur général de la Fraternité et aujourd’hui supérieur du district d’Allemagne, se
    vantait d’envoyer chaque année des bouquets de fleurs à Ratzinger pour la saint Joseph!
    C’est un état d’esprit qui est quand même sensiblement différent de celui de Mgr Lefebvre. Donc de ce point de vue là il y a changement. Mais au fond je pense que les problèmes de la Fraternité Saint-Pie X dépendent des choix pragmatiques que Mgr Lefebvre a toujours faits. Ses successeurs le suivent dans ce chemin mais ils n’ont pas ses qualités et donc la situation dégénère plus encore.

    http://ddata.over-blog.com/0/46/19/78/Divers/Entretien-abbe-ricossa-Rivarol.pdf

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