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Jean-Paul II : une canonisation douteuse !

23 avril 2014

Jean-Paul II, fut le pape des grandes désorientations

théologiques, doctrinales et liturgiques de l’Eglise !

 

Nous exprimons nos plus vives réserves à l’occasion de la décision de canonisation prévue le dimanche 27 avril 2014, par la Rome conciliaire, de Jean-Paul II (en compagnie de Jean XXIII), pape des grandes désorientations théologiques et liturgiques de l’Eglise, partisan des « droits de l’homme », moderniste et ayant défendu une théorie impie de rénovation doctrinale de l’Eglise résumée dans les 129 discours donnés lors de ses audiences du mercredi dans la salle Paul-VI, de septembre 1979 à novembre 1984,discours  consacrés à ce qu’il nomma « la théologie du corps », et que George Weigel n’hésita pas à considérer comme une « une des plus audacieuses reconfigurations de la théologie catholique depuis des siècles […] une sorte de bombe à retardement théologique réglée pour exploser, avec des conséquences considérables, sans doute au XXIe siècle ».

 La théologie de Jean-Paul II 

est une des plus audacieuses reconfigurations 

de la théologie catholique depuis des siècles !

Doutes sur la canonisation

de Jean XXIII et de Jean-Paul II

 

Exposé des réserves

sur la prochaine canonisation de Jean-Paul II

La canonisation prochaine de Jean-Paul II (comme celle de Jean XXIII),  soulève de sérieuses préoccupations chez un grand nombre de catholiques dans le monde entier, qui s’inquiètent de la situation de l’Eglise et des scandales qui l’ont accablée ces dernières années, scandales qui ont incité le Pape Benoît XVI à déclarer le jour du Vendredi Saint de l’année 2005 : « Que de souillures dans l’Eglise, et particulièrement parmi ceux qui, dans le sacerdoce, devraient lui appartenir totalement. » C’est notre propre inquiétude que nous exprimons par ce moyen public, restant fidèles à la loi de l’Eglise qui déclare : « Selon le savoir, la compétence et le prestige dont ils jouissent, les fidèles ont le droit et même parfois le devoir de donner aux pasteurs sacrés leur opinion sur ce qui touche le bien de l’Eglise et de la faire connaître aux autres fidèles, restant sauves l’intégrité de la foi et des mœurs et la révérence due aux pasteurs, en tenant compte de l’utilité commune et de la dignité des personnes. » [CIC (1983), Can. 212, § 3] Ce que nous croyons en conscience être le bien de l’Eglise nous oblige à exprimer nos réserves concernant cette béatification. Nous le faisons pour les raisons suivantes, même si d’autres raisons pourraient encore être avancées.

La vraie question

Précisons, pour commencer, que nous ne présentons pas ces considérations comme des arguments contre la piété ou l’intégrité personnelles de Jean-Paul II, que nous devons présupposer. Il ne s’agit pas de considérer sa piété ou son intégrité personnelles en tant que telles, mais plutôt de savoir s’il y a un fondement objectif à proclamer que Jean-Paul II a fait preuve de vertus héroïques dans l’exercice de ses fonctions élevées de pape, de telle sorte qu’il doive être mis immédiatement sur la voie de la canonisation et donné en modèle de pontife à tous ses successeurs.

L’Eglise a toujours reconnu que la question des vertus héroïques dans un procès en canonisation était inextricablement liée à l’exercice héroïque par le candidat des devoirs de son état de vie. Comme l’a expliqué le pape Benoît XIV (1675-1758) dans son enseignement sur la béatification, l’accomplissement héroïque du devoir d’état se traduit par des actes si difficiles qu’ils sont « au-dessus des forces communes des hommes« , qu’ils « sont accomplis promptement, facilement« , « avec une joie sainte » et « assez fréquemment, lorsque l’occasion s’en présente« . [Cf. De servorum Dei beatificatione, Livre III, chap. 21 in Reginald Garrigou-Lagrange, Les Trois Ages de la Vie Intérieure, Vol. 2, p. 443].

Supposons qu’un père de famille nombreuse ait été présenté comme candidat à la canonisation. On n’aurait pas grand espoir de voir avancer sa cause s’il se trouvait que, quoique pieux, il avait constamment échoué à corriger et à éduquer correctement ses enfants qui lui désobéissaient sans cesse et suscitaient le désordre dans sa maison, au point de combattre ouvertement la Foi alors même qu’ils vivaient sous son toit ; ou bien si, quoiqu’attentif à ses prières et à ses devoirs spirituels, il avait négligé de subvenir aux besoins de sa famille par son travail, et laissé ainsi son foyer courir à la ruine.

Lorsque le candidat à la canonisation est un pape – Père de l’Eglise universelle – la question ne porte pas seulement sur sa piété et sa sainteté personnelles, mais aussi sur le soin qu’il a eu de l’immense domaine de la Foi que Dieu lui a confié, et pour lequel Dieu accorde au pape des grâces d’état extraordinaires. Voilà quelle est la vraie question : Jean-Paul II a-t-il accompli héroïquement ses devoirs de Souverain Pontife à la manière de ses prédécesseurs canonisés, ses devoirs que l’on peut énumérer ainsi : en combattant l’erreur, en défendant avec courage et promptitude son troupeau contre les loups féroces qui la propagent, et en protégeant l’intégrité de la doctrine et du culte divin de l’Eglise ? Nous craignons que, dans les circonstances de cette béatification « expresse », cette question de fond n’ait pas reçu toute la considération patiente et attentive qu’elle mérite.

Une pression populaire disproportionnée

Parmi les circonstances qui nous inquiètent, on peut citer la pression inopportune de la « demande populaire » de canonisation, manifestée par le slogan « Santo subito ! » ( »Saint tout de suite ! »). C’est précisément dans le but d’éviter l’influence d’une émotion populaire éphémère et de permettre les conditions d’un jugement historique dépassionné, que la loi de l’Eglise prescrit sagement d’attendre un délai de cinq ans avant même d’entamer un procès de béatification puis de canonisation. Pourtant, dans cette affaire, on s’est dispensé de ce délai prudent. C’est ainsi qu’un procès qui devrait avoir à peine commencé, se trouve maintenant à son terme, comme s’il s’agissait de satisfaire immédiatement à la volonté populaire, même si ce n’en est pas l’intention.

Nous sommes conscients du rôle de l’acclamation populaire, même dans la canonisation des saints, dans certains cas exceptionnels. Le pape saint Grégoire le Grand, par exemple, a été canonisé par acclamation populaire presque immédiatement après sa mort. Mais ce pontife romain hors du commun a été, ni plus ni moins, le fondateur de la civilisation chrétienne, posant les bases à la fois spirituelles et structurelles de l’Eglise et de la Chrétienté, qui ont perduré de siècle en siècle.

De même, le pape saint Nicolas Ier, le dernier pape honoré par l’Eglise du titre de « grand », a joué un rôle déterminant dans la réforme de l’Eglise lors d’une grande crise de la Foi et de la discipline touchant en particulier le haut de la hiérarchie ecclésiastique, dont il a affronté les membres corrompus avec courage, et c’est à juste titre qu’il est considéré comme le véritable sauveur de la civilisation chrétienne, au temps où sa survie même était mise en doute.

En outre, l’acclamation populaire des bienheureux et des saints nous vient d’un temps où l’écrasante majorité des gens demeurait fidèle et soumise à l’Eglise. La question se pose aujourd’hui : Quelle est la valeur d’une demande populaire pour cette canonisation, à une époque où l’immense majorité de ceux qui se disent catholiques rejette purement et simplement tout enseignement en matière de Foi ou de morale, considéré par eux comme inacceptable – et en particulier l’enseignement infaillible du Magistère sur le mariage et la procréation ?

Un héritage encombrant

En toute sincérité, nous sommes contraints d’observer en comparaison que, étant donné la situation de l’Eglise telle qu’il l’a laissée, le pontificat de Jean-Paul II ne peut objectivement justifier une canonisation par acclamation populaire, encore moins la canonisation immédiate que les foules ont réclamée à grands cris. Une honnête estimation des faits oblige à conclure que le pontificat de Jean-Paul II a été marqué, non par le renouvellement et la restauration que nous observons durant les pontificats de ses plus éminents prédécesseurs, mais plutôt, pour reprendre la célèbre remarque de l’ancien cardinal Ratzinger [Cf. L’Osservatore Romano, 9 novembre 1984], par l’accélération du « processus continu de décadence« , en particulier dans les nations de tradition chrétienne d’Europe occidentale, des Amériques et du Pacifique.

Cette réalité objective apparaît encore plus lorsque l’on considère que le défunt pape lui-même, à la toute fin de son pontificat, se lamentait de « l’apostasie silencieuse » d’une Europe autrefois chrétienne [Cf. Ecclesia In Europa (2003), n. 9]. De plus, Benoît XVI a publiquement décrié le « processus de sécularisation » qui « a produit une grave crise du sens de la foi chrétienne et de l’appartenance à l’Eglise. » En cette occasion, Benoît XVI avait annoncé la création d’un nouveau Conseil Pontifical dont la mission spécifique était de « promouvoir une évangélisation renouvelée dans les pays où a déjà retenti la première annonce de la foi […], mais qui vivent une sécularisation progressive de la société et une sorte d’« éclipse du sens de Dieu » […] » [Cf. Homélie des Vêpres du 28 juin 2010].

La pénétration de cette « apostasie silencieuse » parmi les membres de l’Eglise elle-même est apparue encore plus évidente après le Second Concile du Vatican. Avant le Concile, le monde dans son ensemble subissait un déclin vertigineux et chaque pape le mettait en garde, mais à l’intérieur de l’Eglise, la Foi restait ferme, la liturgie était intacte, les vocations abondantes, les familles nombreuses – jusqu’à la grande « ouverture au monde » conciliaire.

 

L’encombrant héritage de Mgr Joseph Ratzinger…

 

Benoît XVI écrivant en tant que cardinal Ratzinger, au milieu du pontificat de 27 ans de son prédécesseur, a établi une partie du diagnostic de l’apparition soudaine d’une crise postconciliaire sans précédent dans l’Eglise :

« Je suis convaincu que la crise ecclésiastique dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui est due en grande partie à l’effondrement de la liturgie… » [Cardinal Joseph Ratzinger, La Mia Vita (1997), p. 113: “Sono convinto che la crisi ecclesiale in cui oggi ci troviamo dipende in gran parte dal crollo della liturgia…”]

L’idée que l’Eglise n’a subi absolument aucun « effondrement de la liturgie » avant Vatican II et les « réformes » entreprises en son nom, nécessite à peine une démonstration. Quinze ans seulement après le Concile, dans la deuxième année de son pontificat, Jean-Paul II lui-même a publiquement demandé pardon pour la perte soudaine et dramatique de la foi et du respect eucharistiques, à la suite des « réformes liturgiques » approuvées par Paul VI :

« En arrivant au terme de ces considérations, je voudrais demander pardon  en mon nom et en votre nom à tous, vénérés et chers Frères dans l’épiscopat  pour tout ce qui, en raison de quelque faiblesse humaine, impatience, négligence que ce soit, par suite également d’une application parfois partielle, unilatérale, erronée des prescriptions du Concile Vatican II, peut avoir suscité scandale et malaise au sujet de l’interprétation de la doctrine et de la vénération qui est due à ce grand sacrement. Et je prie le Seigneur Jésus afin que désormais, dans notre façon de traiter ce mystère sacré, soit évité ce qui peut affaiblir ou désorienter d’une manière quelconque le sens du respect et de l’amour chez nos fidèles. » [Jean-Paul II, Dominicae Cenae (1980), §12]

Mais cette repentance étonnante de Jean-Paul II n’a jamais été suivie d’aucune action décisive pour enrayer l’effondrement complet de la liturgie tout au long des vingt-cinq années suivantes de son règne. Bien au contraire, en 1988, année du vingt-cinquième anniversaire de la constitution Sacrosanctum Concilium, le pape a salué « les réformes qu’elle a permis de réaliser » comme étant « le fruit le plus apparent de toute l’œuvre conciliaire« , notant que « pour beaucoup, le message du Deuxième Concile du Vatican a été perçu avant tout à travers la réforme liturgique« . De fait ! En ce qui concerne l’effondrement manifeste de la liturgie, le pape s’est contenté de remarquer divers abus se produisant « parfois », en insistant néanmoins sur le fait que « les pasteurs et le peuple chrétien, dans leur immense majorité, ont accueilli la réforme liturgique dans un esprit d’obéissance et même de ferveur joyeuse. » [Vicesimus Quintus Annus (1988), § 12]

Pourtant aujourd’hui la majorité des chrétiens ne croient même pas à la Présence réelle du Christ dans la Sainte Eucharistie, qu’ils reçoivent dans la main, des mains non consacrées de ministres laïcs, comme s’il s’agissait d’un banal morceau de pain, ce qui est exactement la façon dont ils la traitent. De plus, allant de pair avec l’attitude quasi universelle d’obéissance sélective au Magistère, l’usage des moyens contraceptifs est largement répandu parmi les catholiques, dont la vision de la contraception diffère peu de celle des protestants, selon d’innombrables sondages et études. Ceci est également rendu visible par la chute vertigineuse des taux de natalité et leur niveau misérable aujourd’hui parmi les populations catholiques d’Occident, qui n’ont même pas assez d’enfants pour se renouveler. C’est pourquoi Jean-Paul II lui-même a mentionné « la peur partout répandue de donner vie à de nouveaux enfants » au sein de « l’apostasie silencieuse » qu’il déplore dans Ecclesia in Europa. En fait, on ne peut contester que le taux de natalité le plus haut dans les milieux catholiques se trouve chez les « traditionalistes » qui ne participent pas à la liturgie réformée ou qui, n’ayant pas d’autre choix, l’endurent sans la moindre trace de « ferveur joyeuse ».

De plus, il est manifeste que Jean-Paul II a lui-même contribué à l’effondrement liturgique par ses actes. Pour la première fois de son histoire, l’Eglise a vu sous son pontificat la nouveauté scandaleuse des « servantes d’autel », au sujet desquelles le pape est revenu sur sa décision première qui proscrivait cette innovation comme étant incompatible avec la tradition bimillénaire de l’Eglise. Puis, il y a eu les liturgies papales « inculturées » incluant de la musique rock et des éléments franchement païens, comme le spectacle effarant de la lecture de l’épître par une femme aux seins nus en Nouvelle-Guinée, de danseurs aztèques tournoyants et emplumés agitant des crécelles, ainsi que d’un « rite de purification » au Mexique, et d’une « cérémonie de la fumée » aborigène en lieu et place du rite pénitentiel en Australie. L’excuse selon laquelle le pape n’aurait rien su à l’avance de ces aberrations liturgiques est démentie par le choix (qu’il a fait lui-même) et le maintien de leur auteur et orchestrateur : Piero Marini, Maître des célébrations liturgiques pontificales de Jean-Paul II pendant près de vingt ans, en dépit de protestations universelles contre ses déformations grotesques de la liturgie romaine. Marini a finalement été remplacé en 2007 par le pape Benoît XVI, qui a fait preuve d’une grande clémence.

On est honnêtement forcé d’admettre que, si les grands papes d’avant le Concile avaient été témoins des liturgies papales de Jean-Paul II, ou simplement de l’état général du rite romain tout au long de son pontificat, ils en auraient éprouvé un mélange d’indignation et d’incrédulité horrifiée.

Mais la liturgie n’était pas la seule à s’être effondrée à la fin du dernier pontificat. Comme nous l’avons rappelé au début de cet exposé, le jour du Vendredi Saint 2005, juste avant de monter à son tour sur le Trône de Saint Pierre, l’ancien cardinal Ratzinger observait : « Que de souillures dans l’Eglise, et particulièrement parmi ceux qui, dans le sacerdoce, devraient lui appartenir totalement. » [Cf. Homélie de la messe du Vendredi Saint, 2005]. Ces « souillures » auxquelles le cardinal faisait référence étaient bien évidemment le nombre incroyable de scandales sexuels mettant en cause des actes inqualifiables de la part de prêtres catholiques, sur toute la surface du globe – récolte de décennies de « renouveau conciliaire » dans les séminaires. Au lieu de sanctionner les évêques qui entretenaient cette immoralité dans les séminaires, la dissimulaient en mutant les prédateurs sexuels de place en place, puis ruinaient leurs diocèses en dommages et intérêts à verser aux victimes, Jean-Paul II a offert un refuge à plusieurs des prélats les plus scandaleusement laxistes. L’exemple le plus remarquable est peut-être celui du cardinal Bernard Law. Obligé de répondre devant un grand jury de sa négligence coupable à éradiquer la prédation homosexuelle galopante de prêtres du diocèse de Boston sur des jeunes garçons, ce qui a abouti au versement de 100 millions de dollars de dommages et intérêts répartis entre plus de 500 victimes, la « punition » administrée à Law par le pape, après sa démission d’archevêque en disgrâce, a été de le faire venir à Rome et de le gratifier de l’une des quatre splendides basiliques majeures, avec la fonction d’archiprêtre.

Et que dire de Mgr Weakland, ce théologien dissident notoire qui a admis dans une déposition avoir délibérément remis des prédateurs homosexuels dans le ministère actif, au sein du diocèse de Milwaukee, sans en avertir leurs paroissiens ni faire part à la police de leurs crimes ? Ayant conduit le diocèse au dépôt de bilan par le paiement des dommages et intérêts consécutifs, Weakland n’a achevé sa longue carrière de démolition de l’intégrité de la foi et de la morale – avec une publicité mondiale – qu’après la révélation de son détournement de 450.000 dollars de fonds diocésains pour acheter le silence d’un homme avec qui il avait eu une relation homosexuelle. Jean-Paul II a autorisé ce loup épiscopal à prendre sa retraite avec toute la dignité due à sa haute charge dans l’Eglise, après quoi une maison d’édition protestante a publié ses mémoires : Pilgrim in a Pilgrim Church : Memoirs of a Catholic Archbishop (Pèlerin dans une Eglise en pèlerinage : Mémoires d’un archevêque catholique). Et un critique admiratif a écrit que le livre « fait le portrait d’un homme imprégné des valeurs du Concile Vatican II, qui a eu le courage de les mettre en avant à la fois en tant que Père Abbé bénédictin et en tant qu’archevêque de Milwaukee« .

Les « souillures » qui ont accablé l’Eglise au cours du dernier pontificat incluent la longue histoire de prédation sexuelle du P. Marcial Maciel Degollado, fondateur des Légionnaires du Christ, présenté comme le véritable exemple du « renouveau » en action. Jean-Paul II a refusé d’entreprendre la moindre enquête sur les agissements de Maciel en dépit de l’accumumlation de preuves de ses crimes abominables qui, grâce à une publicité mondiale, sont désormais les plus célèbres jamais commis par un clerc catholique. Ne tenant aucun compte des procès canoniques bien connus et engagés de longue date par huit séminaristes des Légionnaires que Maciel avait sexuellement agressés, Jean-Paul II l’a couvert d’honneurs lors d’une cérémonie publique au Vatican en novembre 2004. Quelques jours après cependant, le cardinal Ratzinger « a pris sur lui d’autoriser une enquête sur Maciel. » [Jason Berry, Money Paved the Way for Maciel’s Influence in the Vatican (L’argent a pavé la route de l’influence de Maciel au Vatican), National Catholic Reporter, 6 avril 2010] Il a littéralement fallu attendre la mort de Jean-Paul II pour que Maciel puisse être sanctionné. Il a finalement été écarté du ministère actif et exilé dans un monastère dès que le cardinal Ratzinger est devenu le pape Benoît XVI. Mais tout cela ne représente qu’une part du tableau dépeint par un commentateur catholique de renom : « Jean-Paul II, le pape de haut vol, a laissé les scandales se répandre sous ses pieds, et il a échu au peu charismatique Ratzinger de les nettoyer. Ce modèle s’étend à d’autres problèmes épineux que le dernier pape avait tendance à éviter, comme la démolition de la liturgie catholique ou la montée de l’islam dans une Europe autrefois chrétienne. » [Ross Douthat, The Better Pope (Le meilleur pape), New York Times, 11 avril 2010]

Une autre raison d’avoir des réserves sur cette béatification est que, tout au long du pontificat de Jean-Paul II, les fidèles catholiques ont été stupéfaits et scandalisés par une quantité de déclarations et de gestes imprudents du pape, tels que l’Eglise n’en avait jamais connus en 2000 ans. Pour rappeler quelques-uns des exemples les plus connus :

  • Les nombreuses repentances théologiquement douteuses pour les fautes présumées des catholiques en des époques antérieures de l’histoire de l’Eglise

Le monde n’a évidemment pas vu ces mea culpa inédits du pape comme une démonstration édifiante de l’humilité de l’Eglise. Au contraire et comme c’était prévisible, ils ont été interprétés comme la reconnaissance de la culpabilité de l’Eglise en toutes sortes de crimes contre l’humanité. A l’exception des excuses apparemment oubliées de Dominicae Cenae, il n’y a pas eu de repentance pour l’incapacité catastrophique des membres vivants de la hiérarchie à préserver la foi et la discipline au milieu du « processus continu de décadence » et de « l’apostasie silencieuse ».

  • Les rencontres œcuméniques d’Assise en octobre 1986 et en janvier 2002

 

Durant la rencontre d’Assise 2002, le pape Jean-Paul II a attribué des lieux, au sein même du monastère de saint François, aux pratiquants de « toutes les grandes religions du monde« , de l’animisme au zoroastrisme, afin qu’ils puissent accomplir leurs différents rituels dans cette enceinte catholique sacrée. Se référant avec emphase à ces « lieux aménagés », le pape a déclaré à cette assemblée disparate qui incluait des adeptes du vaudou : « nous prierons selon des formes diverses, respectant les traditions religieuses de chacun. » [Cf. Discours aux représentants des différentes religions du monde présents à Assise (24 janvier 2002) et liste des participants disponibles sur : vatican.va]

L’impression qu’a inévitablement laissée l’événement d’Assise, en particulier à travers le prisme des media séculiers, a été que toutes les religions plaisent plus ou moins à Dieu – ce qui est précisément la théorie rejetée comme fausse par le pape Pie XI dans

son encyclique Mortalium Animos en 1928. Sinon, pourquoi le pape aurait-il convoqué tous leurs « représentants » à Assise pour offrir leurs « prières pour la paix » ? Est-il honnêtement possible de nier que chacun des prédécesseurs préconciliaires du pape aurait condamné ces exhibitions ?

  • Le baiser du Coran effectué en public par le pape lors de la visite à Rome d’un groupe de chrétiens et de musulmans irakiens

Le Patriarche catholique de rite chaldéen d’Irak a salué cet acte comme un « geste de respect » pour une religion dont l’essence est une négation de la Sainte Trinité et de la divinité du Christ, et dont l’histoire entière est marquée par la persécution des chrétiens, comme nous le voyons en ce moment même en Irak et dans les « républiques » islamiques du monde arabe.

  • L’exclamation stupéfiante du 21 mars 2000 en Terre Sainte : « Que saint Jean-Baptiste protège l’islam et tout le peuple jordanien… » [Homélie pontificale en Terre Sainte, sur : vatican.va]

Comment expliquer cette prière sans précédent pour la protection d’une fausse religion en elle-même (distincte de la personne de ses adeptes) au cours d’un sermon papal en Terre Sainte, justement à l’endroit qui a été libéré de l’islam pendant la 1ère Croisade ?

  • L’imposition de la croix pectorale, symbole de l’autorité épiscopale, à George Carey et à Rowan Williams

Ces anglicans, soi-disant archevêques de Canterbury, dont la validité des ordinations sacerdotales et épiscopales a été définitivement exclue par la Bulle Apostolicae Curae du pape Léon XIII en 1896, n’adhèrent pas même à l’enseignement de l’Eglise sur des questions élémentaires de morale fondées sur la loi divine et naturelle. [Cf. John Allen, Papal Deeds Speak Louder (Les actes du pape parlent plus fort), National Catholic Register, November 8, 2002]

  • La participation active du pape Jean-Paul II à un culte païen dans une « forêt sacrée » du Togo

Le propre journal du pape rapporte comment, dès son arrivée sur les lieux, « un sorcier a commencé à invoquer les esprits : ‘Puissance de l’eau, je vous invoque. Ancêtres, je vous invoque’A la suite de cette invocation des « esprits », le pape s’est vu présenter « un récipient plein d’eau et de farine. [Il s’est] d’abord incliné légèrement, puis a dispersé le mélange dans toutes les directions. Le matin, il avait effectué le même geste avant la messe. Ce rite païen (!) signifie que celui qui reçoit l’eau, symbole de prospérité, la partage avec ses ancêtres en la jetant sur le sol. » [L’Osservatore Romano, édition italienne, 11 août 1985, p. 5]

Peu après son retour à Rome, le pape a exprimé sa satisfaction d’avoir participé publiquement à la prière et au rituel des animistes. « La rencontre de prière au sanctuaire du Lac Togo fut particulièrement marquante. Là-bas, j’ai prié pour la première fois avec des animistes. » [La Croix, 23 août 1985] On pourrait penser que ce seul cas lui-même – non seulement sans repentir, mais vanté en public – devrait être suffisant pour anéantir la cause de Jean-Paul II au procès de canonisation. Car selon le propre aveu du pape, il a « prié… avec des animistes ». Et ce type d’action – participation directe et formelle à un culte païen – est une chose que l’Eglise a toujours jugée comme étant objectivement gravement peccamineuse. Ainsi que l’enseigne le Catéchisme de l’Eglise Catholique, il n’y a pas seulement idolâtrie dans l’adoration de faux dieux ou d’idoles en tant que tels, mais également lorsque l’on « honore et révère une créature à la place de Dieu, qu’il s’agisse des dieux ou des démons (par exemple le satanisme), de pouvoir, de plaisir, de la race, des ancêtres, de l’Etat , de l’argent, etc. (…) L’idolâtrie récuse l’unique Seigneurie de Dieu ; elle est donc incompatible avec la communion divine. » [CEC § 2113]

Mais ce n’est là que le plus scandaleux, sans doute, parmi de nombreux incidents similaires sous le pontificat de Jean-Paul II. Il est intéressant d’observer quel a été le verdict de l’Eglise au IVe siècle au sujet du pape Libère, premier évêque de Rome à ne pas être proclamé saint. Libère a hérité de cette « distinction » douteuse pour avoir, alors qu’il était en exil et sous l’oppression tyrannique d’un empereur persécuteur, souscrit à une doctrine ambiguë favorable à l’arianisme et pour avoir excommunié Athanase, le champion de l’orthodoxie trinitaire. Même si après sa libération et son retour à Rome, il a promptement rétracté ces actes lamentables et soutenu de nouveau la doctrine orthodoxe jusqu’à la fin de son pontificat, la canonisation lui a pourtant été refusée.

  • L’office des vêpres « œcuméniques » dans la Basilique Saint-Pierre, le cœur de l’Eglise visible, au cours duquel le pape a consenti à prier en commun avec des « évêques » luthériens, parmi lesquels des femmes se prétendant successeurs des Apôtres

Ce spectacle a bien entendu soulevé la question de savoir si le Pape sapait son propre enseignement contre l’ordination des femmes. [Cf. Allen, loc. cit.]

En somme, tout examen objectif des faits montre que Jean-Paul II a gouverné et laissé derrière lui une Eglise demeurée en crise après le bouleversement qui a immédiatement suivi le Concile Vatican II. Il est vrai que son pontificat a comporté des réalisations véritablement positives, comme la défense admirable et sans compromis de la vie humaine face à une « culture de mort » grandissante, un enseignement de grande valeur dans plusieurs encycliques sociales importantes, une déclaration infaillible sur l’impossibilité de l’ordination des femmes, et le motu proprio (Ecclesia Dei) qui a au moins préparé le terrain à la « libération » de la messe latine traditionnelle par le pape Benoît XVI. Nous ne mettons pas non plus en doute sa piété personnelle ni sa vie intérieure, évidentes pour ceux qui l’ont côtoyé, et que nous avons reconnues au début de cet exposé.

On ne peut nier cependant que tous les prédécesseurs de Jean-Paul II auraient été abasourdis et consternés par la désobéissance désastreusement répandue, la dégradation liturgique, la confusion doctrinale, les affaires de mœurs, et le déclin de l’assistance à la messe qui a perduré jusqu’à la fin de son pontificat – tout cela renforcé par des nominations épiscopales souvent peu judicieuses et par ces déclarations et actes pontificaux extrêmement discutables que nous avons rappelés plus haut. Même Paul VI, le pape de la réforme, dont les initiatives œcuméniques et interreligieuses sont restées beaucoup plus prudentes que celles de Jean-Paul II, aurait été effaré de l’état de l’Eglise à la fin du long règne de Jean-Paul II. Et c’est le pape Paul VI lui-même qui a décrit la débâcle postconciliaire déjà galopante, avec les mots les plus durs jamais entendus de la bouche d’un Souverain Pontife : « Par quelque fissure la fumée de Satan est entrée dans le temple de Dieu : nous voyons le doute, l’incertitude, les problèmes, l’inquiétude, l’insatisfaction, l’affrontement.(…) Le doute est entré dans nos consciences, et il est entré par des fenêtres qui devraient être ouvertes à la lumière.(…) Cet état d’incertitude règne jusque dans l’Eglise. On espérait qu’après le Concile une journée de soleil aurait brillé sur l’histoire de l’Eglise. Au lieu de cela, c’est un jour de nuages, de tempête, de ténèbres, de tâtonnement, d’incertitude qui est venu.(…) Comment cela s’est-il produit ? Nous allons vous confier ce que nous pensons : une puissance adverse est intervenue dont le nom est le démon… » [Paul VI, Insegnamenti, Ed. Vaticana, Vol. X, 1972, p. 707]

Comme Jean-Paul II après lui, Paul VI n’a pris aucune mesure efficace pour faire face à une débacle que seul le pape, et uniquement le pape, aurait pu empêcher, ou tout au moins étroitement circonscrire.

Et c’est bien Mgr Guido Pozzo, Secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei, qui a repris ces aveux désastreux du pape Paul VI dans son discours aux prêtres européens de la Fraternité Saint-Pierre, le 2 juillet 2010, à Wigratzbad. Mgr Pozzo l’a reconnu à cette occasion : « Malheureusement, les effets décrits par Paul VI n’ont pas disparu. Une pensée étrangère est entrée dans le monde catholique, jetant la confusion, séduisant beaucoup d’esprits et désorientant les fidèles. Il y a un ‘esprit de démolition’ imprégné de modernisme… »La crise postconciliaire, a-t-il observé, comprend une « idéologie para-conciliaire » qui « reprend en substance l’idée du modernisme, condamné au début du XXe siècle par saint Pie X. » »

Mais qui, sinon le dernier pape, et son prédécesseur, porte une part de responsabilité dans l’extension de cette idéologie para-conciliaire hétérodoxe dans tout le monde catholique ? Certes Jean-Paul II, comme Paul VI, a promulgué un grand nombre de documents magistériels dans la ligne de la doctrine traditionnelle qui étaient dirigés contre cette hétérodoxie. Mais la question qui se pose maintenant est celle-ci : son témoignage a-t-il été assez fort et assez consistant pour qu’il puisse être lui-même qualifié de défenseur héroïque de la foi et de la morale orthodoxes ? Ou plutôt, ses propres innovations discutables en paroles et en actes, ainsi que ses omissions et son manque de fermeté dans le gouvernement de l’Eglise, ont-ils eu pour effet global de reprendre de la main gauche ce qu’il donnait de la main droite ?

A ce propos, nous remarquons cette ironie suprême : alors qu’une résurgence de l’hérésie moderniste engendrait le chaos dans toute l’Eglise, Jean-Paul II n’a jugé opportun d’annoncer personnellement l’excommunication que de cinq personnes en vingt-sept années de pontificat : celles de feu l’archevêque Marcel Lefebvre et des quatre évêques qu’il a consacrés en 1988 pour la Fraternité Saint-Pie X[1], dont le but est précisément (que l’on soit d’accord ou non avec leur approche) de lutter contre « l’idéologie para-conciliaire » mentionnée par Mgr Pozzo, selon le programme du pape saint Pie X dont leur société porte le nom. (NB : Jean-Paul II n’a pas annoncé personnellement l’excommunication de Tissa Balasuriya[2], qui de toute façon a été « désexcommunié » un an plus tard).

Comme tout le monde le sait, le pape Benoît XVI avait levé au début de l’année 2009 les excommunications qui frappaient les quatre évêques de la Fraternité. Il a déclaré depuis « qu’avec la reconnaissance de la primauté du pape, ces évêques, du point de vue juridique, devaient être libérés de l’excommunication« . [Lumière du monde, p. 42] Mais ils avaient toujours reconnu la primauté du pape, contrairement à ces multitudes de catholiques – laïques, prêtres, religieuses, théologiens, et même certains évêques – qui l’ont niée de fait en s’écartant ouvertement des enseignement les plus fondamentaux du Magistère, pendant que le Vatican n’a rien fait ou presque pendant plus d’un quart de siècle contre eux.

De même, l’infortuné Paul VI, au beau milieu de « l’auto-démolition » croissante de l’Eglise qu’il dénonçait lui-même, a réservé ses mesures disciplinaires les plus dures à la Fraternité et à Mgr Lefebvre, qu’il a réprimandé nominalement et en public, avant d’ordonner qu’il fût suspens a divinis, tandis que des rebelles à la théologie et à la liturgie mettaient l’Eglise à sac en toute impunité dans le monde entier.

Bien peu aujourd’hui proposent sérieusement la béatification de Paul VI, qui a précipité la débâcle à laquelle il présidait, sans même faire le minimum nécessaire pour la circonscrire. En fait, il n’y a pas eu de procès en béatification du pape Paul VI avant que Jean-Paul II le fasse ouvrir au niveau diocésain, en 1993. Il n’a pas progressé depuis, ayant, semble-t-il, subi un coup d’arrêt en raison d’objections graves qui ne sont pas sans rappeler quelques-unes de celles que nous avons suggérées ici. Et ainsi nous devons poser cette question : pourquoi une telle précipitation à béatifier Jean-Paul II, alors qu’il a poursuivi sans dévier le même programme imprudent de réformes que celui de son prédécesseur, y ajoutant toute une série d’innovations que même le pape Paul VI, ce personnage hautement tragique, n’aurait pas osé hasarder ? Au moins Paul VI a-t-il eu l’honnêteté d’admettre qu’il avait vu la fumée de Satan entrer dans l’Eglise, et non un « nouveau printemps de vie chrétienne qui devra être révélé par le grand Jubilé si les chrétiens savent suivre l’action de l’Esprit Saint. » [Lettre apostolique Tertio Millennio Adveniente (1994) § 18]

Pour l’amour de la vérité, nous devons tirer franchement la conclusion qui s’impose : aucun pape béatifié ni canonisé dans l’histoire de l’Eglise n’a laissé un héritage aussi trouble que celui de Jean-Paul II, et probablement aucun pape du tout à l’exception de Paul VI.

Un miracle douteux

 

Enfin, nous ne pouvons manquer de noter que le seul miracle sur lequel la canonisation toute entière repose – la prétendue guérison d’une religieuse française, Sœur Marie Simon-Pierre, déclarée atteinte de la maladie de Parkinson –, laisse songeur. D’une part, le diagnostic même de la maladie de Parkinson laisse place au doute ; il manque le seul test définitif reconnu par la science médicale : l’autopsie du cerveau. Il peut aussi s’agir de symptômes d’autres désordres, susceptibles d’une rémission spontanée et très semblables à ceux de la maladie de Parkinson. D’autre part, le lien entre la guérison présumée de la religieuse et la « nuit de prières à Jean-Paul II » semble douteux. Les prières faites ont-elles exclu l’invocation de tout autre saint et de tous les saints reconnus ?

En comparaison, considérons les deux miracles – c’est Jean-Paul II lui-même qui en a réduit l’exigence à un seul – que Pie XII a jugé suffisants pour béatifier Pie X. Le premier concerne une religieuse qui, ayant un cancer des os, a été guérie instantanément après l’application d’une relique de Pie X sur sa poitrine. Le second concerne une religieuse dont le cancer a disparu quand elle a touché une statue reliquaire de Pie X. Dans le cas présent, on ne trouve pas une telle connexion indiscutable entre la prétendue guérison et une relique putative de Jean-Paul II.

Il n’est pas question ici du magistère infaillible de l’Eglise ; l’évaluation de ce seul miracle est un jugement d’ordre médical susceptible d’erreur. Imaginez les dommages pour la crédibilité de l’Eglise si cette religieuse devait voir un jour la réapparition de ses symptômes. De fait, en mars de l’année dernière, le quotidien Rzeczpospolita, l’un des journaux polonais les plus sérieux, a rapporté qu’il y avait eu un certain retour des symptômes et que l’un des deux médecins-conseils avait exprimé des doutes sur le miracle présumé. Cet article a amené l’ancien préfet de la Congrégation pour les causes des saints, le cardinal José Saraiva Martins, à divulguer à la presse qu’« il se pourrait que l’un des deux médecins-conseils puisse avoir quelques doutes. Et cela a malheureusement transpiré. » Le cardinal a révélé en outre que « les doutes devraient appeler une enquête plus approfondie. Dans de tels cas, a-t-il dit, la Congrégation demande à d’autres médecins de se saisir du cas et de donner leur avis. » [Nicole Winfield, Associated Press, Le « miracle » de Jean-Paul II examiné plus à fond, 28 mars 2010]

Un médecin a mis en doute le miracle, et quand ses doutes « ont filtré » de façon imprévue, d’autres médecins ont été saisis du cas, – et ce, il y a moins d’un an ! Avons-nous vraiment vu ce genre de guérisons miraculeuses indubitablement reconnues par Pie XII pour la béatification de Pie X ?

Les conséquences probables de cette canonisation

Encore une fois, la vraie question concernant cette canonisation n’est pas de savoir si Jean-Paul II fut un homme bon ou un saint, mais plutôt ce que sa canonisation signifierait. Cela signifierait que l’Eglise considère comme un saint, et même un grand saint parmi les pontifes romains, un pape dont le gouvernement de l’Eglise ne peut pas supporter la moindre comparaison avec les exemples de ses prédécesseurs saints et bienheureux. Prenons, par exemple, l’avant-dernier Pontife romain canonisé, saint Pie V, modèle de courage dans sa réforme du clergé selon les décrets du Concile de Trente, dans ses mesures énergiques contre la propagation des erreurs dans l’Eglise, et dans sa défense de l’ensemble de la Chrétienté contre la menace de l’Islam pour lequel Jean-Paul II implorait la protection de saint Jean-Baptiste ! Considérons aussi le dernier pape à avoir été élevé sur les autels, saint Pie X, également connu pour son courageux gouvernement de l’Eglise dans la répression de l’hérésie moderniste, précisément celle qui a éclaté à nouveau après le Concile Vatican II et a été propagée à travers le monde catholique pendant le pontificat de Jean-Paul II, comme Mgr Pozzo l’a si candidement observé il y a juste quelques mois (mais sans considérer du tout, semble-t-il, la responsabilité du chef de l’Eglise dans cette catastrophe).

Nous devons également exprimer notre profonde préoccupation

face à l’exploitation prévisible de cette canonisation

par ceux qui forgent habilement l’opinion publique.

 

Cette canonisation, par conséquent, ne fait-elle pas courir le risque de réduire la notion de canonisation au niveau d’un témoignage d’estime populaire attribué à une figure bien-aimée dans l’Eglise, à une sorte d’Oscar ecclésiastique ? Notons ici que, parmi l’une de ses nombreuses innovations, Jean-Paul II a « simplifié » les procès pour la béatification et la canonisation, ce qui lui a permis d’arriver aux chiffres incroyables de 1.338 béatifications et de 482 canonisations, plus que tous ses prédécesseurs réunis. Est-il prudent de juger, selon ces normes assouplies, le pape qui a lui-même, mis en service cette « usine à saints » (développement largement déprécié dans la presse) ? Nous devons également exprimer notre profonde préoccupation face à l’exploitation prévisible de cette béatification par ceux qui forgent habilement l’opinion publique. Nous remarquons qu’ils observent un silence curieux là où l’on s’attendrait à une opposition bruyante si cette béatification représentait vraiment une attaque à l’esprit libéral dominant du temps – comme la béatification de Pie XII dont l’annonce fut accueillie par une incessante campagne de publicité destinée à l’arrêter à tout prix. Il semblerait que l’opinion publique mondiale perçoive la béatification de Jean-Paul II avec complaisance dans la mesure où elle sert à valider les « réformes de Vatican II » que le monde a saluées comme un compromis avec le « monde moderne », la « liberté » et les « droits de l’homme », compromis attendu depuis longtemps d’une Eglise sclérosée.

Pourtant, nous sommes bien certains que, si la canonisation a lieu comme prévu, de puissants secteurs dans les médias de masse ne perdront pas un instant pour brandir, comme un exemple de « l’hypocrisie » de l’Eglise, l’ineptie et le népotisme manifestés par l’honneur rendu au pape qui a présidé au scandale de la pédophilie et refusé de sanctionner le sinistre fondateur des Légionnaires du Christ. Sur ce dernier point, il existe déjà un exposé sous forme de livre et de film, « Les vœux du silence : l’abus de pouvoir dans le pontificat de Jean-Paul II », qui raconte la façon dont Maciel a été protégé par les principaux conseillers du pape, dont le cardinal Sodano, Secrétaire d’Etat du Vatican, le cardinal Martínez, Préfet de la Congrégation pour les Instituts de Vie Consacrée et les Sociétés de vie apostolique, et le cardinal Dziwisz, aujourd’hui archevêque de Cracovie, secrétaire de Jean-Paul II et son plus proche confident.

Conclusion

 

 

 

Cette canonisation n’est pas du tout garantie

par le charisme de l’infaillibilité

 

Au milieu de ce que Sœur Lucie de Fatima a appelé à juste titre, la « désorientation diabolique » dans l’Eglise, nous sommes bien conscients que cette canonisation n’est pas du tout garantie par le charisme de l’infaillibilité. Dans ce cas donc, nous sommes confrontés à la réelle possibilité d’une grave erreur de jugement prudentiel provoqué par des circonstances contingentes, y compris la popularité et l’affection, qui ne devraient pas influencer le processus essentiel d’une enquête approfondie et d’une délibération, dans le cas de cette béatification en particulier, avec toutes ses implications pour l’Eglise universelle.

Encore une fois, nous demandons : pourquoi cette hâte ? Craint-on peut-être qu’à ne pas procéder à cette canonisation immédiatement, un verdict plus posé de l’histoire pourrait l’empêcher, comme ce fut certainement le cas pour Paul VI ? Si oui, pourquoi ne pas se conformer pour ce verdict à la vision à long terme que l’Eglise adopte généralement en matière de béatification ou de canonisation ? Si même un géant comme saint Pie V n’a été canonisé que 140 ans après sa mort, ne peut-on pas attendre au moins encore quelques années afin d’évaluer l’héritage du pontificat qui devrait figurer en bonne place dans la décision de canoniser Jean-Paul II ? L’Eglise ne peut-elle pas attendre au moins les 37 ans qui se sont écoulés entre la mort de Pie X et sa béatification par le pape Pie XII en 1951 (suivie de sa canonisation de 1954) ? En effet, est-il prudent de canoniser maintenant – sans évaluation supplémentaire et sur la base d’un seul miracle dont l’authenticité est mise en doute – un pape dont l’héritage est reconnu comme marqué par la propagation galopante du mal même auquel saint Pie X s’est héroïquement opposé et qu’il a vaincu en son temps ?

Canoniser Jean-Paul II, c’est canoniser toutes les erreurs de Vatican II (oeucuménisme, collégialité, liberté religieuse, nouvelle Ordo Missae, etc.) !

(Source : The Remnant)

Lire :

Un Saint nouveau ?

Une brochure éditée par la Fraternité Saint-Pie X

exposant les doutes sérieux que soulève la canonisation de Jean-Paul II.

83 commentaires leave one →
  1. Pie permalink
    23 avril 2014 09:48

    Cette canonisation est une aberration. Une volonté de canoniser Vatican II avant qu’il ne soit trop tard sans doute. Mais surtout une volonté d’empêcher toutes les critiques contre les orientations de Jean-Paul II.

    Désormais saint….qui osera lui reprocher ses égarements nombreux ?

    Triste canonisation !

    • ndiaye permalink
      26 avril 2014 13:09

      est ce que vous n’etes pas mauvais joueur _ a ce moment la toutes les canonisations des siecles passes a part celles de ceux qui sont morts martyrs sont douteuses
      si dieu a vraiment fait un miracle_ alors vous etes dans le faux vous etes rebelles et presque schismatique
      mgr legfevre dit dans une video que le probleme est insoluble _ refuser vatican 2etles papes de vatican 2 conduit a l’impasse
      pour enlever l’ivraieprenez garde a ne pas enlever le bon grain
      cordialement
      ps lesmiracles discernent la doctrine si ideu vous approuve vous devrez guerir ls malades , chasser les demons , ressuciter les morts

    • Pie permalink
      28 avril 2014 12:32

      Non point « mauvais joueur », mais bien obligé de constater que la secte conciliaire se célèbre et nous impose son triomphe.

      Le modernisme vient de se donner 2 saints, afin de canoniser ses positions doctrinalement déviantes.

      L’heure et grave.

      L’Eglise traverse un temps troublé, car une telle décision de canoniser les artisans de Vatican II, implique beaucoup de choses spirituellement. Et on aurait tort – je pense en particulier aux sédévacantistes – de se réjouir de la situation en clamant : « voilà…vous avez le preuve de ce qu’on dit….l’Eglise est éclipsée….c’est la contre-église qui règne à Rome… »

      Nous sommes en une période inquiétante.

      [L’INCONCEVABLE CANONISATION DE JEAN-PAUL II : http://site-crc.org/2807-l-inconcevable-canonisation-de-jean-paul-ii-2.html%5D

  2. Lozère permalink
    23 avril 2014 10:53

    Jean-Paul II écrivait : « L’homme est devenu image et ressemblance de Dieu non seulement à travers sa propre humanité mais aussi à travers la communion de personnes que l’homme et la femme forment dès l’origine. » (Théologie du corps, 14/11/1979).

    Pour celui qui sous le nom de Karol Wojtyla avait déjà longuement exploré ces sujets délicats, défendant ce qu’il appela « la signification nuptiale de notre corps », il leur conférera une dimension de quasi infaillibilité à ses problématiques visions lorsque, sous le nom de Jean-Paul II il soutint que par l’union sexuelle le corps parle un langage, puisque « l’acte sexuel est le langage authentique des personnes » (Théologie du corps 22 août, 1984).

    Ces propos résumaient son souci permanent de démontrer que ce qui fait la « dignité de l’homme » c’est justement la « dignité de sa chair, vieux concepts plus que contestables, mais qui avaient déjà poussé Paul VI à écrire l’encyclique « Humanae Vitae » dans laquelle il affirmait : « L’homme et la femme expriment par le langage de leur corps le dialogue qui, (selon Genèse 2 :24,25), a son origine au jour de la création. »

  3. 23 avril 2014 12:40

    Pourquoi cette « canonisation expresse » ?
    Serait-ce parce que, comme se le demande l’auteur de l’article, « à ne pas procéder à cette canonisation immédiatement, un verdict plus posé de l’histoire pourrait l’empêcher, comme ce fut certainement le cas de Paul VI » ?
    Je dirais même qu’en attendant « 5 ans » et a fortiori « 37ans », il est probable que les notions mêmes de béatification et de canonisation n’aient plus aucun sens pour l’immense majorité des catholiques de la plupart des pays européens, du fait de la chute vertigineuse de leur religiosité.

    Les causes en sont innombrables, notamment : l’attitude complice de l’Eglise à l’égard des religieux violeurs, son refus persistant et donc aberrant du célibat des prêtres et de l’ordination des femmes, son attitude rétrograde et dogmatique en matière d’éthique, sa prétention hypocrite de ne reconnaître qu’un seul dieu, un seul prophète et un seul livre « sacré », et surtout sans doute le fait qu’à notre époque, de plus en plus de chrétiens aspirent enfin à l’autonomie de la conscience, à la liberté de pensée et qu’ils rejettent donc la soumission, le dogmatisme, le prosélytisme évangélisateur et le fondamentalisme chrétien, devenu paradoxalement – mais logiquement – le fossoyeur de la foi.

    Bien que la notion de canonisation n’est forcément aucun sens pour un athée, mais en me plaçant un instant dans l’optique d’un chrétien, j’estime que celle de l’admirable Jean XXIII, le plus humain de tous les papes, est justifiée. Il aurait pu « sauver » l’Eglise catholique, mais il n’a pas été entendu …
    Puisse, dans l’avenir, l’alternative de l’humanisme laïque (non confessionnel mais pas nécessairement athée !) ne plus être occultée ni dénigrée par toutes les religions !
    Michel THYS

    • papy permalink
      25 avril 2014 12:01

      Oublier en quelque sorte que la foi catholique est entièrement basée sur la Révélation Divine!? Bravo Thys! vous avez tout compris!!! M’est avis quand même qu’avec Dieu vous ne lutterez pas à armes égales!!!!!
      Ah! mais j’y pense…vous ne croyez pas en Dieu?
      L’insensé dit: il n’ y a pas de Dieu…..

      mais de nos jours, l’insensé croit en l’Homme…car la nature a horreur du vide……
      Pax vobis!

  4. 23 avril 2014 12:46

    Correction :
    « Bien que la notion de canonisation n’AIT forcément aucun sens pour un athée … ».
    Sorry !
    Michel THYS

  5. papy permalink
    23 avril 2014 23:08

    Vous exprimez des réserves!!!!!!!!!!!?????…..et seulement des réserves!!!!!????????Inouï!!!!!!
    Les lecteurs qui ne marchent pas encore sur la tête concluront d’eux-mêmes!……..
    Vos réserves vous mettent ipso facto en dehors de l’Eglise! Toutes vos arguties bien connues s’épuiseront en vain à évacuer ce réel……
    Bien le bonjour chez vous!

  6. Vehementer permalink
    23 avril 2014 23:22

    Ces canonisations relèvent du grand spectacle !

    Soixante et une délégations officielles et au moins 800 000 fidèles sont attendus à Rome, Manuel Valls sera à la tête de la délégation française !

    Quelque 800 000 pèlerins venus d’Italie et de l’étranger sont attendus à Rome et près de 2 milliards de personnes devraient suivre à la télévision sur les cinq continents la double canonisation du globe-trotter polonais Jean Paul II et de Jean XXIII, le pape italien qui avait ouvert le Concile Vatican II en 1962 !!

  7. Louis-Hubert REMY permalink
    24 avril 2014 05:23

    Peut-être est-ce de la période ouverte par le pontificat du Pape JEAN-PAUL II, «KAROL», dont parlait la prophétie attribuée à SAINT ANSELME, évêque de Sunium en Grèce (XIIIème siècle), extraite du manuscrit d’Argœuves qui date du XVIème siècle :

    .
    «Malheur à toi, la ville aux sept collines, lorsque la lettre « K » sera acclamée à l’intérieur de tes murailles, alors ta chute sera proche. Tes gouvernants seront détruits. Par tes crimes et tes blasphèmes, tu as irrité le TRÈS-HAUT ; tu périras dans la déroute et le sang.

    …qui a une faucille à la main et qui est la faux de la dévastation.»

    SAINT ANSELME, évêque de Sunium en Grèce (XIIIème siècle)

    .Est-il besoin de traduire en clair ? Rome sera dévastée lorsque «K» y sera glorifié. Peut-être lors de la canonisation du Pape JEAN-PAUL II ? Epoque à laquelle, un prédateur malfaisant, dont MARIE-JULIE JAHENNY prédit qu’il se nommera ARCHEL DE LA TORRE, celui qui maniera la faucille (et le marteau ?), celui qui détruira tout avec sa faux et qui dévastera ROME et l’ITALIE.

    Et voici un dernier extrait du manuscrit d’Argœuves, pris à la même page :

    .«Prends garde à toi ! car tu seras extrêmement blâmé comme ayant machiné la mort du Pontife dont le nom est Io. Obi»

    SAINT ANSELME, évêque de Sunium en Grèce (XIIIème siècle)

    (JOHN PAUL is the only Pope that adopted two names. Bis is two in Latin).

    • Vehementer permalink
      24 avril 2014 11:42

      Toute la question est de savoir Louis-Hubert REMY, ce que valent ces prophéties ?

      Et je me demande d’ailleurs, si l’une des principales oppositions, pour ne pas dire la divergence complète entre La Question et le courant sédévacantiste, ne porte pas sur la l’autorité à accorder aux révélations privées ?

      A lire les débats, on sent bien qu’il y a là une pierre d’achoppement.

      D’une part, pour La Question (et un certain traditionalisme), le sentiment que rien n’est définitivement joué, et que ce temps de confusion pourra être à terme redressé, l’Eglise retrouvant son vraie visage. De l’autre, pour les sédévacantistes toutes tendances confondues, la conviction certaine que nous sommes à la fin des temps, et que la Bête est installée sur le Trône de Pierre….

    • ndiaye permalink
      26 avril 2014 13:12

      vehementer c’est ca la grande question theologique est il posible theologiquement que 1 le faux prophete 2la bete 3 l’ante christ s’asseye sur le trone de peirremalgre la promesse peiree tu es pierre etc………..
      avez vous des references de peres et docteurs de l’eglise merci

  8. 24 avril 2014 10:39

    L’Eglise, en exigeant qu’il faut avoir accompli au moins deux « miracles » pour être canonisé, feint évidemment d’ignorer qu’ils sont explicables psycho-physiologiquement par l’effet placebo (pourtant déjà connu des Egyptiens d’il y a 3.500 ans et utilisé depuis 1800, notamment en homéopathie) !

    Je lis : « La prétendue guérison d’une religieuse française, Soeur Marie Simon-Pierre, déclarée atteinte de la maladie de Parkinson, laisse songeur ».
    Et pour cause : cette maladie résulte d’un déficit de dopamine dans le cerveau (les fumeurs en sont moins atteints d’un tiers car la nicotine stimule sa sécrétion !). Si un tiers des humains au moins sont sensibles à l’effet placebo, c’est qu’ils possèdent, comme cette Soeur, le gène COMT (cathéchol-0-méthyltranférase) qui modifie la sécrétion de dopamine …. ! Mais la science est encore loin de comprendre totalement la puissance (au moins momentanément) de l’autosuggestion et de l’effet placebo sur le corps

    Personnellement, je propose une explication complémentaire : la foi implique une soumission et donc une confiance totale en Dieu, en l’occurrence au pape (confiance comparable à celle, mutatis mutandis, d’un malade à l’égard de son médecin), ce qui, dans les deux cas, anesthésie le cerveau rationnel au profit du cerveau émotionnel.

    • papy permalink
      25 avril 2014 12:06

      Cerveau émotionnel…? Mais vous savez que Dieu a de l’humour avec vous cher Thys?! En effet il vous souffle une solution pas si bête que ça: l’Homme déifié a fait de son émotionnel un Dieu et comme tout Dieu ce dernier a beaucoup de puissance , y compris de guérir!!!!Mais pour cela, comme vous le rappelez justement, il faut être totalement « anesthésié »!!!
      Bien vu Thys….sauf qu’il vous manque un élément supplémentaire: l’homme qui se fait Dieu obtient par le fait même le secours des démons qui eux peuvent faire des miracles préternaturels…..! pensez-y ce soir avant de vous coucher…..
      Pax vobis.

  9. Lagomer permalink
    24 avril 2014 22:12

    Michel THYS,

    Pour le cas, très controversé de cette religieuse, au prétexte du miracle pour canoniser Jean-Paul II, l’Eglise moderniste aurait été prête à aller assez loin dans l’auto-suggestion….pour une fois je vous rejoins.

    Ce témoignage ressemble à s’y méprendre à une historiette de circonstance. La Rome de Vatican II veut son « saint » conciliaire, et pour le prix d’un…..elle va en créer deux ! Le but est clair : canoniser le concile de Vatican II.

    La manoeuvre est grossière.

    Cependant, une fois encore, l’athéisme est une absurdité philosophique, ou relève de la fable mythologique, d’un univers se créant lui-même, alors qu’ici-bas, chaque chose est soumise à la mort. Votre thèses ne tient pas.

    La perspective athée si l’on veut tenir à cette fable, relève de a génération spontanée de l’univers puisque lui seul existe. L’univers s’est créé tout seul. Il n’a pas de géniteur. Il est l’être merveilleux qui se donne l’être à lui-même. Le seul qui soit capable d’une telle prouesse !

    On est, avec l’athéisme, dans la pensée magique la plus rudimentaire,car l’athéisme aboutit fatalement à un dogme païen : l’univers est divin !

    « L’athéisme pur est incompatible avec l’existence du monde, ou, ce qui revient au même, l’existence du monde est incompatible avec l’athéisme pur. (…) l’hypothèse athée est absurde et inutilisable, à cause de l’univers. Dont acte. » (Comment se pose aujourd’hui le problème de l’existence de Dieu, Seuil, 1966, p. 150-151).

  10. Luso permalink
    25 avril 2014 01:32

    En toute logique catholique les « canonisations » prévues pour dimanche prochain ne devraient pas s’ effectiviser: un des candidats a été le Pape le plus hétérodoxe de l’ histoire de l’ Eglise (Jean Paul II), François est Pape puisqu’ il a en sa faveur une adhésion universelle (y compris celle de Benoit XVI), les canonisations de par leur formule normale -peu importent les miracles ou la procédure et même la « volonté » du Pape- et leur connexion nécessaire avec un dogme de Foi tel que la « communion des Saints », engageraient l’ infaillibilité de l’ Eglise.

    Si, malgré cela, les canonisations ont lieu, figurez vous Saint Pie X à côté de Saint Jean Paul II ! ce serait en tant que le plus grand faux miracle du Faux prophète (que l’ on nomme maladroitement « Eglise conciliaire »), qui est peut être signifié par le fait de « faire descendre du feu du ciel sur la terre » (Ap 13,1 3).

    En tout cas, quelle explication auraient -elles? Il y a deux possibilités: 1) François n’ est pas vrai Pape mais Benoit XVI. Nous avons evoqué l’ « adhésion universelle » laquelle, selon la thèse XXIX du Cardinal Billot, poserait un acte infaillible, Cepandant, cette infaillibilité deviendrait obligatoire à cause de la visibilité de l’ Eglise et à present nous avons deux « têtes visibles » 2) les canonisations ne sont pas infaillibles. Elles n’ ont pas été l’ objet d’ une définition dogmatique comme le remarque le Prof. De Mattei.

    Puisque les explications ci dessus ne sont pas certaines, la seule solution serait une « suspension du jugement » avec une double portée: ni affirmer ni nier la papauté de François, ni affirmer ni nier l’ infaiilibilité des canonistations. Comme le fait d’ être soumis au Saint-Pêre est indispensable pour tout catholique et que celui-ci, dans l’ hypothèse, serait douteux, en nous basant sur des « principes réflexes » (autorité doctrinale de la FSSPX et l’ erreur commun qui en tout cas crée juridiction) nous suivrons, malgré tout, le Pape François. Jusqu’ au jugement définitif qui ne tardera…

    • ndiaye permalink
      26 avril 2014 13:18

      je crois que c’est la solution la plus sage , aforce dec ritiquer certains vont dire comme nietche au vu de toutes ces contradictions humain trop humain
      st paul nous dit que le myster’ de l’iniquite ne se resout q’ a traveresle mystere de piete( on ne developpe pas suffisamnet le mystere de piete( ce qui est dangereux)
      ce serait bien quele blog la question nous fasse un article sur le mystere de piete
      merci

  11. papy permalink
    25 avril 2014 12:09

    La manœuvre est peut-être grossière, Lagomer, mais elle fonctionne!!!! pour la damnation du plus grand nombre…..
    Ainsi la pensée magique rejoint-elle la pensée émotionnelle chère à notre ami Thys!!!
    Pax vobis.

  12. papy permalink
    25 avril 2014 23:12

    Modération à deux vitesses comme toujours…….Vous n’avez pas besoin d’être jugés car vous l’êtes déjà!
    Lorsqu’on ose écrire, au nom de la foi prétendument catholique, que ces canonisations vont « canoniser » le Concile Vatican II et toutes ses erreurs , c’est qu’on est prêt à toutes les aberrations, à tous les reniements……
    Malheur à ceux qui n’enseignent pas la vraie foi de l’Eglise…..!
    Pax vobis?

  13. 26 avril 2014 18:10

    @ Lagomer :
    Permettez-moi d’exprimer un autre point de vue, tout en respectant le vôtre.
    Les notions de commencement et de création sont, à mes yeux, anthropocentriques et en contradiction avec les observations scientifiques.Tout indique que l’univers ne s’est pas « créé tout seul » (la génération spontanée n’existe plus depuis Pasteur !) et qu’il a au contraire toujours existé, se transformant sous forme de matière ou d’énergie (E=m.c²), au cours d’un temps infini, dans un espace infini.
    Dans cette optique, il n’y a pas eu un seul « big bang » mais une infinité.

    L’origine de la vie, à partir d’éléments primordiaux tombés sur la Terre, sa capacité à se reproduire, à se complexifier et à s’adapter en fonction de l’environnement, de même que par exemple la « perfection » de l’oeil d’un aigle, ou les capacités intellectuelles du cerveau humain (loin d’être parfait puisque produisant aussi des violences à cause de sa partie reptilienne, capable d’imaginer des dieux protecteurs antagonistes, etc !), tout cela s’explique pourtant si l’on veut bien tenir compte des 3,8 milliards d’années qui ont été nécessaires pour y parvenir. La « pensée magique » consiste au contraire à imaginer qu’un dieu anthropomorphique ait réalisé tout cela « d’un coup de baguette magique,  » en six jours !
    J’observe enfin que la foi n’apparaît qu’à la suite d’une éducation religieuse précoce, forcément affective en l’absence d’esprit critique, confortée ensuite, via les religions, par un milieu culturel croyant, occultant autant que faire se peut les options non confessionnelles. Mais cela laisse évidemment des traces le plus souvent indélébiles dans le cerveau émotionnel, puis rationnel, indépendamment de l’intelligence et de l’intellect.
    En témoignent les créationnistes, et autres fondamentalistes …
    « Dieu » existe pourtant, mais son existence me paraît seulement subjective, imaginaire et donc illusoire. Tant mieux si cela rend les croyants heureux de l’être ! En attendant que l’alternative de l’humanisme laïque puisse un jour être proposée « urbi et orbi » !

  14. 26 avril 2014 20:51

    @ Papy :
    Pour que « Dieu » puisse « insuffler » quelque chose à quelqu’un, il faudrait d’abord que ce dieu existât !
    N’êtes-vous pas conscient de la pétition de principe qu’implique votre affirmation ?
    « La puissance de guérir », par « miracle », est depuis longtemps explicable par l’autosuggestion et l’effet placebo !
    Il est faux de croire que « l’homme se fait Dieu » : il aspire seulement et légitimement à l’autonomie de sa conscience morale, accaparée par la religion pour la maintenir sous sa mainmise, et à faire usage de sa responsabilité individuelle en matière d’éthique.
    Je suis vraiment surpris que, de nos jours, certains, comme vous, puissent encore croire en l’existence de « démons ». Cela confirme l’influence inconsciente que les religions ont réussi à imprégner dans l’esprit des croyants.

  15. Clément Lécuyer permalink
    26 avril 2014 21:51

    Vous soutenez l’hérésie. Saint Alphonse de Ligori, docteur de l’Eglise : « Supposer que l’Eglise puisse errer en canonisant, est un péché, ou une hérésie, d’après Sts. Bonaventure, Bellarmin, et d’autres ; ou au moins une chose proche de l’hérésie, d’après Suarez, Azorius, Gotti, etc. ; parce que le Souverain Pontife, d’après St. Thomas, est guidé par l’influence infaillible du Saint-Esprit d’une façon spéciale lors de la canonisation des saints. (Les Grands Moyens du Salut et de la Perfection, 1759, p. 23)

    Une proclamation de canonisation relève de l’infaillibilité ex cathedra. Il suffit de lire le texte de canonisation où le Pape, en vertu de sa suprême autorité, déclare saint telle personne et décrète que toute l’Eglise doit reconnaître et vénérer cette dernière. Inutile d’écrire des kilomètres de phrases. Le fait est là : une canonisation est intrinsèquement infaillible. Si vous reconnaissez François comme vrai et légitime Pape, vous allez devoir demain reconnaître, sans aucun doute possible, Jean-Paul II comme saint de l’Eglise catholique.

    • mlk permalink
      28 avril 2014 11:38

      de toute facon l’eglise pourrait meme canoniser hitler _ il deviendrait saint car l’eglise a recu le pouvoir de lier et de delier
      je pense a une amie qui a un grave accident de sante… je me dis mais finalement q’est qu’on a en a faire de toutes ces disputes.. ceux qui souffrent ne doivent pas se transformer en theologien pour discerner qui est vraiment pape ou saint
      finalement les sedevacantistes vous etes peut etre de bons theologiens mais vous n’avez pas de charite? vou n’edifier pas et vous ne consolez pas

    • Edouard- Marie Laugier permalink
      28 avril 2014 16:05

      Mr MLK, ce refrain que vous nous chantez là, aux airs de fausse charité, une charité qui repose sur l’affectif et non sur la Vérité, ce refrain sonne comme un disque usé.

      La véritable Charité consiste à vouloir le Ciel pour soi et pour son prochain, tout pareillement.

      Or à vous lire, les questions théologiques ne seraient que des « disputes » et donc de choses secondaires et peu sérieuses et qui devraient laisser la place à votre « charité », on s’aime tous, Dieu pour tous, et l’important ce serait l’individu.

      Vous êtes dans l’erreur.

      La dispute n’est pas vaine car en trompant votre prochain, en lui laissant croire qu’il ne faut pas s’inquiéter de savoir à qui on voue un culte, qui on tient pour Pape, vous le maintenez dans l’erreur, vous le laissez emprunter de fausses voies, simplement en fonction de sa « sensibilité » et courrez le risque de le laisser suivre les partisans du cornu et non plus NSJC.

      Nous devons avoir une foi de combattant car plus que jamais nous vivons dans une époque de combat.

  16. papy permalink
    27 avril 2014 11:14

    Monsieur Lécuyer , je me dois d’approuver totalement et sans aucune réserve vos paroles!
    Mais , ici, vous allez prêcher dans le désert…ou presque!!!!

  17. 27 avril 2014 12:06

    Je ne m’attendais pas à voir apparaître la religieuse « miraculée » !
    Fameux coup médiatique et prosélyte que cette double canonisation !

  18. 27 avril 2014 20:22

    Petite piqûre de rappel !

    RONCALLI, GLORIFIÉ PAR SATAN…
    NE PRIEZ PAS POUR NOUS !!!

    Sous son air jovial et bonhomme, le félon Roncalli alias jean23, dissimulait à l’instar de Judas, une traîtrise en aversion de l’Église, « aversio a Deo et conversio ad creaturam »

    De la sorte, insidieusement, la religion du Culte de Dieu fut malicieusement inversée en celui de l’homme ; comme toujours le diable inverse tout ! qui selon le désir de Nubius, chef de la haute vente, ferait la révolution de 1789 en chape et en tiare !

    Un bref curriculum vitae de la néfaste créature, initiateur de vaticand’eux :

    Suspecté hérétique relevant des « erreurs du modernisme ou hérésies modernes », il fut radié ipso facto du corps professoral au séminaire Latran à mi-semestre et brusquement exilé en Bulgarie comme diplomate.

    (sur l’air de la litanie des Saints)
    Roncalli insista pour recevoir la pourpre par Vincent Auriol, anticatholique patenté.
    NE PRIEZ PAS POUR NOUS !!!
    Roncalli, bon ami et confident d’Édouard Herriot, secrétaire du parti radical socialiste antichrétien notoire en France.
    NE PRIEZ PAS POUR NOUS !!!
    Roncalli, très copain avec le baron Yves Marsaudon, franc-mac 33e degré, chef des Maltais faux chevaliers…
    Roncalli franc-mac, qui avait tout pourri, NE PRIEZ JAMAIS POUR NOUS !!!

    Que du beau monde !

    De paroles officieuses en actes officiels, ils seront posés par ses successeurs, il est très complaisant envers les hérétiques et les schismatiques, et surtout superbement dévot envers les descendants talmudiques des pharisiens déicides :
    « Nous réalisons aujourd’hui combien nous avons été aveugles pendant des siècles [St Paul y compris] et combien nous avons pas apprécié la beauté du Peuple choisi, ni les caractéristiques des frères chéris [Est frère, enseigne le Christ, celui qui fait la volonté du Père]
    Nous [les méchants Catholiques] nous rendons compte que nous avons la divine marque de Caïn placée sur notre front. (sic!)

    Au cours des siècles, notre frère Abel [les Juifs talmudistes] était couché saignant et en larmes sur le sol par notre faute, seulement parce que nous avions oublié Votre amour [talmudique, prière de ne pas rire]
    Pardonnez-nous notre condamnation injustifiée [celle du Christ] des Juifs [pharisiens].

    Pardonnez-nous de ce qu’en [ce n’est plus le Sanhédrin] le (« l » minuscule) crucifiant nous ’V’ous avons crucifié [le reste incrédule du peuple juif révolté est identifié au Christ] pour la seconde fois.

    Pardonnez-nous. [3 fois] Nous ne savions pas ce que nous faisions. » [inversion de la faute]
    « prière » pour les Juifs de jean23 écrite juste avant sa mort, authentifiée par le Vatican et publiée dans le B’nai B’rith Messenger, Friday, 4 novembre 1964

    Charles Riandey, grand maître de sociétés secrètes, fit la préface d’un ouvrage d’Yves Marsaudon, alors ministre d’état du conseil suprême des sociétés secrètes françaises : « À la mémoire d’Angelo Roncalli, pape sous le nom de Jean XXIII, qui a daigné nous donner sa bénédiction, sa compréhension et sa protection. »
    Piers Compton, « The Broken Cross » Cranbook, Western Australia : Veritas Publishing Co. Ptd, 1984, p. 50

    Un article du Journal de Genève de 1966 reproduit dans le « Quotidien du congrès national brésilien » en 1971 publient une prière maçonnique de Roncalli dite pendant son occupation au Vatican :
    « Seigneur et Grand Architecte, nous nous humilions a tes pieds et invoquons ton pardon pour nos erreurs passées au moment où nous sommes sur le point de reconnaître à nos frères maçons comme tes fidèles de prédilection. Nous nous sommes opposés à la libre pensée car nous n’avions pas compris que le premier devoir d’une religion, comme l’a affirmée le concile, de reconnaître même le droit de ne pas croire en Dieu. Nous avons persécutés tous ceux qui, dans ta propre Église, sans pour autant s’éloigner du chemin de la vérité, se sont inscrit dans les loges, ignorant toutes les injures et les menaces. Sans réfléchir, nous avions cru qu’un signe de croix était supérieur aux trois points qui forment une pyramide. Pour tout cela, nous te demandons pardon, Seigneur, et te demandons de nous faire comprendre qu’un compas sur un nouvel autel peut signifier autant que nos vieux crucifix. Amen »
    (« Sous la Bannière » nº 22, mars-avril 1989 pp. 23-24).

    « La force des mauvais venant de la couardise des bons » (St. Pie X), aucun prince d’Église n’ayant dénoncé la haute trahison de ce faux pape, une suite d’intrus cooptée a pu impunément dans le Sacré Collège et sur le Trône de Pierre, poursuivre sans relâche avec hargne de l’intérieur la destruction matérielle dans sa dimension humaine de l’Église, renverser le Sacrifice chrétien pour Lui substituer une grossière animation judéo-luthérienne, attenter aux canaux de la grâce en falsifiant l’intime formel supranaturel du verbe immuable des Sacrements, stérilisant tout le Surnaturel divin et initiant le mystère d’iniquité de l’Apostasie générale des nations par la corruption de la Foi et des Mœurs en la chute du gouvernement de l’Église dans le Vatican occupé et spirituellement détruit comme le fut matériellement Jérusalem et le Temple par Titus.

    Mais les portes de l’Enfer ne pourront jamais prévaloir sur l’Église, même privé de Vicaire visible, Son serviteur, c’est-à-dire qu’elles ne pourront jamais effacer la Vérité de Dieu de la mémoire des hommes, fidèles réduit en petit nombre au pied du Calvaire du Corps Mystique, comme dans leur âme, la vertu théologale de Foi en le Sacrifice rédempteur de Yahvé incarné homme en Notre Seigneur Jésus-Christ « avant qu’Abraham fut, JE SUIS !!! »

    Comme Satan, les pharisiens modernes se révoltent contre la volonté d’incarnation de Dieu en la Personne du Messie, le Christ Jésus, et n’ont de cesse de Lui crier :
    « Non serviam ! »

    http://www.virgo-maria.org/mystere-iniquite/documents/chapters/documents_published/doc3/node70.html

    Quant à Wojtyla, il fut une papouille MUSULMANE :
    Wojtyla le musulman, NE PRIEZ SURTOUT PAS POUR NOUS !!!

    « Le baiser de Wojtyla au coran, offert par une délégation irakienne, en 1999, suscita un trouble réel chez les Chrétiens d’Occident et d’Orient, comme une adoration patente du coran antichrétien succédané du talmud niant la Très Sainte Trinité, niant la divinité de Notre Seigneur Jésus-Christ et contenant des appels au meurtre, à la haine, à la violence, à l’impureté…à la persécution, l’esclavage et extermination des Chrétiens…

    En effet, des ACTES aux PAROLES, TOUS ses fruits pourris ABONDENT dans ce sens :

    -« Que Saint Jean Baptiste protège l’Islam » (21 mars 2000 – Osservatore romano, édition française du 28 mars 2000)
    -« Chers musulmans, mes frères… vous êtes conscients d’être porteurs de certaines qualités spécifiques, parmi lesquelles la culture de l’islam est peut-être la plus évidente… C’est seulement dans ce cadre de religion et dans des promesses de foi partagée que l’on peut réellement parler de respect mutuel, d’ouverture et de collaboration entre chrétiens et musulmans ». (Discours de J.P. Il aux musulmans de l’île Mindanao, Philippines, 20-2-1981)
    -« Les musulmans sont nos frères dans la foi au Dieu unique » (discours aux musulmans, Paris 31 mai 1980)

    Les vrais papes disent :

    *Les Musulmans sont blasphémateurs et sans Foi, Grégoire X
    *Les Musulmans attaquent la Croix symbole de Vie, Léon X
    *La conduite des Musulmans est obscène et détestable, Clément V
    *Les Musulmans qui ne se convertissent pas vont en Enfer, Eugène IV

    EXSURGE DOMINE, ADJUVA NOS ET LIBERA NOS !!!

  19. Edouard- Marie Laugier permalink
    28 avril 2014 01:32

    « Nous déclarons et définissons saints les bienheureux Jean XXIII et Jean Paul II, et nous les inscrivons dans le catalogue des saints et établissons que dans toute l’Eglise ils soient dévotement honorés parmi les saints »

    Formule sans équivoque.

    Et si ces pseudos  » canonisations  » sont nulles, parce que ces types et leur « église » ne sont pas Catholiques, la formule employée est celle de l’Église Catholique quand Elle définit infailliblement.

    Cela démontre l’intention claire, consciente et consentante de proclamer Saint, comme l’Église Catholique l’entend, et d’exiger pour eux l’honneur qui leur est ( serait) du.

  20. 28 avril 2014 16:24

    Par deux fois, certains parmi les milliers de catholiques français présents au Vatican (le centre pastoral d’accueil parle d’au moins 15.000) ont hué le premier ministre lorsque son image est apparue sur les écrans géants. Les cris ont retenti une première fois alors que Manuel Valls s’approchait de la tribune place Farnèse, avant le début de la cérémonie.

    Le premier ministre a été une nouvelle fois hué quand l’écran géant l’a montré saluant le pape François après la messe de canonisation.

    http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/couacs/2014/04/27/25005-20140427ARTFIG00082-manuel-valls-hue-a-rome-pendant-la-double-canonisation.php

  21. 28 avril 2014 16:29

    PETITE ENQUÊTE SUR LA GUÉRISON DE MADAME FLORIBETH MORA DIAZ
    citée à l’appui de la canonisation de Jean-Paul II

    « Selon le postulateur de la cause, Mgr Slawomir Oder, « la rigueur cartésienne » de l’examen des données cliniques, puis l’enquête ecclésiastique menée par l’évêque local ont permis de conclure à un miracle. En France, les médecins catholiques se montrent plus circonspects. Président de l’Académie de médecine et aussi du Comité médical international de Lourdes (CMIL), le Pr François-Bernard Michel s’abstient de tout commentaire. Il oriente vers le Dr Alessandro de Franciscis, qui dirige le bureau des constatations médicales de Lourdes ; celui-ci juge « très embarrassant de s’exprimer sur un dossier qu’ (il n’a) pas eu à suivre personnellement » et préfère également ne pas s’exprimer. Président de la Fédération européenne des médecins catholiques, le Dr François Blin, tout en précisant qu’il n’est « pas choqué de reconnaître, en tant que médecin, l’existence de cas qui échappent à des données strictement rationnelles et que l’Église qualifie de guérisons inexpliquées et de miracles », juge qu’ « il est nécessaire sur de tels sujets de faire preuve d’une exigence scientifique et de ne pas s’en laisser conter, la foi ne devant pas dispenser d’objectivité en présence de phénomènes qui semblent dépasser la médecine. »

    http://site-crc.org/2839-a-propos-du-miracle-attribue-a-jean-paul-ii.html

  22. 28 avril 2014 16:36

    Prière à saint Jean-Paul II-le-Grand

    « O Saint Jean-Paul, Toi qui baisa « respectueusement » le coran, Toi qui, dans la « forêt sacrée » du Togo, incliné devant « une citrouille séchée remplie d’eau et de farine de maïs », a « prié pour la première fois avec des animistes », Toi qui a loué la « profonde religiosité de Luther », Toi qui a mis Bouddha, Mahomet et Zoroastre au même rang que Jésus-Christ, Toi qui, par amour de la liberté religieuse, a poussé les derniers Etats catholiques à ne plus professer la vraie religion, Toi qui a toujours su plaire à nos « frères aînés » en reconnaissant que « l’ancienne Alliance n’avait jamais été révoquée », vient en aide à tes frères traditionalistes afin qu’ils parviennent à « la pleine réconciliation » et « qu’ils soient un ».

    O Bienheureux Jean-Paul, Toi qui a tant souffert des intégristes Mgr Lefebvre et Mgr de Castro-Mayer qui te refusèrent le titre de « Bon Pasteur », intercède auprès du dieu des modernistes et de la conscience onusienne de l’humanité, pour que l’œuvre commencé par ton fidèle successeur Benoît, qui t’a heureusement glorifié, arrive à bon terme. Il voulait « réduire les durcissements » de la Fsspx et savait par expérience « que le retour dans la grande et vaste Église commune » change le « climat interne » des « communautés auparavant séparées de Rome. »

    O Saint Jean-Paul, Toi pour qui Vatican II a été une « nouvelle Pentecôte », rend grâce au Prince de ce monde d’avoir des successeurs fidèles à tes enseignements entachés d’hérésies. Gloire à Benoît qui n’abandonna jamais « la boussole de l’Eglise pour le XXIe siècle » : le « Concile Vatican II ». Honneur au zélé François pour qui « Vatican II », cette « relecture de l’Évangile à la lumière de la culture contemporaine », est « absolument irréversible. » Qu’ils tiennent bon sur le « magistère post-conciliaire », car « on ne peut pas geler l’autorité magistérielle de l’Église à l’année 1962, ceci doit être bien clair pour la Fraternité »

    Suite : .http://www.lasapiniere.info/archives/1890#more-1890

    A télécharger l’oraison : http://lasapiniere.info//images/StjpII.pdf

  23. Edouard- Marie Laugier permalink
    28 avril 2014 17:26

    Jipitoo, le « saint » que les traditionalistes « Una Cum » sont OBLIGES de reconnaitre, d’honorer et de prier.

    • papy permalink
      28 avril 2014 20:45

      Vos paroles sont d’or , Edouard-Marie, car en parfait accord avec la Tradition et la doctrine catholique.
      Seront anathèmes et hérétiques notoires tous ceux qui ne reconnaitront pas comme infaillibles les canonisations de « LEUR PAPE »!!!!

  24. Pélikan permalink
    28 avril 2014 21:19

    Pour ma part, je suis entièrement de l’avis de l’abbé Belmont à propos de la canonisation, des deux nouveaux et prétendus « saints » : « il est nécessaire, si l’’on récuse quelque canonisation accomplie par Jean-Paul II (ou Benoît XVI) ou bien si l’’on en doute, il est nécessaire de nier qu’’ils puissent être de véritables Papes, qu’’ils sont les dépositaires de l’’autorité de Jésus-Christ sur toute l’’Église. Il est impossible de tergiverser, et cette cohérence importe au plus haut point à la foi catholique. Il faut en tous les cas cesser de « boiter des deux côtés » comme le reprochait le prophète Élie à Israël [III Reg. XVIII, 21] et de tordre la sainte doctrine au gré de la commodité ou du caprice. Cela ne peut venir de Dieu et fait beaucoup de tort à sa cause. »

    http://www.quicumque.com/article-1651825.html

    Un acte de cette nature, ne peut provenir d’un Pape formaliter.

    François n’étant Pape que matériellement, son pouvoir de juridiction n’engage donc pas l’Eglise.

    • Edouard- Marie Laugier permalink
      28 avril 2014 22:36

      Ah ! Vous êtes très proche idéologiquement de Jean Paul Bontemps donc ….

    • papy permalink
      29 avril 2014 22:57

      Pelikan c’est vous qui boitez de la cervelle!!!! Il fallait dire:
      Un acte de cette nature ne peut provenir que d’un antichrist usurpateur!
      François n’étant qu’un simple laïc apostat, son pouvoir de juridiction est donc nul et non avenu, sans valeur aucune pour un catholique.
      Mais vous (et toute la clique de Verrua) caressez l’espoir hérétique qu’un jour François redeviendra « formaliter » (quelle bonne blague!!!) et sera de nouveau vrai Pontife de l’Eglise Catholique……………

    • Edouard- Marie Laugier permalink
      30 avril 2014 14:04

      Pélikan et Bontemps ne sont qu’une seule et même personne, c’est évident.

  25. 28 avril 2014 21:33

    C’est exact Pélikan, et nous le savons bien.

    Nous mesurons ce qu’une telle décision de canonisation implique, car l’Église juge infailliblement des faits dogmatiques or la canonisation des saints en est un.

    « Le Pontife romain est infaillible quand il édicte une sentence définitive, et qu’au nom de son autorité suprême il oblige les fidèles à tenir une chose pour vraie. Or tel est le cas de la sentence de canonisation : « Par l’autorité de N.-S. J.-C., des Bienheureux Apôtres Pierre et Paul, et la Nôtre, nous déclarons et définissons que N… est saint, nous l’inscrivons au catalogue des saints, et ordonnons que l’Église universelle honore sa mémoire d’un culte pieux… Que personne ne se permette de déchirer cette page de notre définition ; qu’il sache qu’il encourrait l’indignation du Dieu Tout-Puissant. » Une telle sentence est nécessairement infaillible, car il ne se peut que l’Église entière soit astreinte par son chef à honorer un damné ni un homme inexistant. »

    L’Église est infaillible dans la canonisation des saints, Par le R. P. Auguste-Alexis GOUPIL, Extrait du livre La Règle de la Foi (1941).

    http://ddata.over-blog.com/0/46/19/78/Infaillibilit-/L-Eglise-est-infaillible-dans-la-canonisation–des-saints.o.pdf

    Cependant, la sainteté a un sens limité pour celles et ceux qui en sont honorés. L’acte de canonisation est indépendant de l’ultime destinée de l’âme d’un saint. Il garantit simplement, pour le bénéfice des humains ici-bas, que le défunt est avec Dieu.

    Canoniser un Saint ce n’est pas transmettre un enseignement de toujours de l’Eglise dans lequel on est obligé de croire. La canonisation ne rentre donc pas dans les critères de l’infaillibilité objective du magistère ordinaire et universel.

    En outre, il est prévu par le droit canon, la possibilité d’annuler une canonisation en cas de vice de procédure (par exemple si on apprend qu’il y a eu faux témoignage lors du procès): difficile de parler d’infaillibilité si l’Eglise reconnaît qu’elle peut se tromper… Alors que par exemple lorsqu’un dogme est proclamé, on peut être sûr que c’est une vérité révélée et que jamais il ne pourra être contredit à l’avenir.

    Voici ce qu’en dit L’Encyclopédie Catholicisme:

    « Il faut limiter le domaine de l’assistance divine à la vérité évangélique, elle n’embrasse pas tout le domaine de la vie chrétienne. Ce qui est d’ordre législatif, administratif, du droit canonique ou public, demeure donc hors de l’infaillibilité de l’Église « .

     » Il y a lieu de mentionner le domaine des réalités ecclésiales qui sont garanties par l’assistance divine, sans pour autant qu’elles soient l’objet de sanctions infaillibles : ainsi l’oecuménicité de tel concile, la légitimité ou la dissidence de tel évêque, de tel pape, la reconnaissance de tel rite ou telle législation, la promulgation d’une loi universelle, l’approbation d’un ordre religieux, la canonisation d’un saint et la confirmation de son invocation dans la liturgie,… Il faut ici rappeler le principe : l’infaillibilité de l’Eglise n’appelle la foi divine que pour les articles relativement auxquels il y a eu révélation, et pour les choses nécessaires au salut. L’Église n’a pas reçu du Christ la promesse d’infaillibilité pour affirmer l’héroïcité des vertus de Saint François d’Assise, celle-ci fût-elle éminemment visible..Tout ce qui dépend en soi d’une connaissance historique demeure hors de la capacité d’affirmation infaillible de l’Eglise« .

    Ainsi, restons prudents, et n’allons pas trop vite avec l’argument de « l’infaillibilité », dont usent et abusent les sédévacantistes.

  26. 29 avril 2014 18:57

    DE DIEU, ON NE SE MOQUE PAS …… par le Très Catholique Petrus adversaire résolu des con-ciliaires et des lefebvristes de Bergoglio.

    La “canonisation” de Vatican II – Jérôme BOURBON, Editorial de RIVAROL du 2 mai 2014

    http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=749529

  27. 29 avril 2014 19:49

    La “canonisation“ de Vatican II

    LE DIMANCHE de Quasimodo, François a donc “canonisé” sur la place Saint-Pierre Jean XXIII et Jean Paul II, lors d’une cérémonie à laquelle ont assisté plusieurs centaines de milliers de personnes. « Nous déclarons et définissons saints les bienheureux Jean XXIII et Jean Paul II, et nous les inscrivons dans le catalogue des saints et établissons que dans toute l’Eglise ils soient dévotement honorés parmi les saints », a dit solennellement Jorge Mario Bergoglio en latin, aussitôt acclamé par la foule, tandis que les cloches résonnaient dans toute la ville de Rome. Deux “reliquaires” ont ensuite été portés près de l’“autel” : l’un contenant une petite fiole de sang de Jean Paul II, l’autre un morceau de peau de Jean XXIII. Dans son homélie, François a rendu hommage à « deux hommes courageux », porteurs d’une « espérance vivante », qui « ont connu des tragédies, mais n’en ont pas été écrasés ». Pour Bergoglio, Roncalli et Wojtyla ont aidé à « restaurer et actualiser l’Eglise selon sa physionomie d’origine ». Il ne fait aucun doute qu’en “canonisant ” ses deux prédécesseurs, Bergoglio a voulu canoniser Vatican II. C’est si vrai que “saint” Jean XXIIII sera fêté chaque année dans toute l’église conciliaire le 11 octobre, date de l’ouverture du concile Vatican II et “saint” Jean Paul II sera, lui, fêté le 22 octobre, date de la cérémonie inaugurale de son “règne” en 1978. Des “diocèses” pourront même leur consacrer des églises. Une première a été dédiée à Jean Paul II dès le 27 avril, au Brésil, à Salvador de Bahia. Et déjà, dans les églises, les basiliques et les cathédrales, en France et dans le monde entier, l’on peut trouver des bougies et des cierges à l’effigie de Jean-Paul II et des prières pour demander son intercession.

    Les media ont donné un retentissement maximal à cet événement, en en parlant de manière extrêmement favorable, preuve que le mondialisme se réjouit de cette double “canonisation” de deux hommes qui pendant la plus grande partie de leur vie ont servi la franc-maçonnerie et le judaïsme international en s’attachant à détruire méthodiquement le catholicisme. Tous les puissants de ce monde étaient évidemment présents à Rome le dimanche in albis : l’on comptait quatre-vingt-dix-huit délégations d’Etats ou d’organisations internationales, dont vingt-quatre chefs d’Etat et têtes couronnées — du roi d’Espagne au président zimbabwéen, Robert Mugabe — qui ont défilé devant François après la cérémonie. Le Premier ministre français, Manuel Valls, était également présent et a été quelque peu hué. Ce dernier a d’ailleurs décoré le 26 avril à Rome le “cardinal” nonagénaire Etchegaray de la grand croix de la Légion d’honneur, plus haute distinction française. Logique finalement entre hommes du même sérail et servant les mêmes intérêts !

    BENOÎT XVI, tout de blanc vêtu, était évidemment présent à la cérémonie de “canonisation”. Il est arrivé en s’appuyant sur une canne et a concélébré la synaxe, en se plaçant à gauche de l’autel, officiellement, disent les media, « afin de ne pas créer de confusion avec le pape régnant ». A la fin de la cérémonie, François lui a serré chaleureusement les deux mains. Dans cette célébration étaient ainsi réunis quatre hommes qui, chacun à leur tour, ont œuvré à la révolution conciliaire et à toutes les réformes détestables et sataniques qui en sont issues, sur le plan liturgique, doctrinal, pastoral et disciplinaire : le franc-maçon Roncalli qui a convoqué Vatican II, qui fut celui par lequel se tint « la révolution en tiare et en chape » qu’appelait de ses vœux et à laquelle travaillait depuis plus d’un siècle la Haute Vente, les apostats Wojtyla, Ratzinger et Bergoglio qui ont tous appliqué et mis en œuvre Vatican II. Ne manquait que Montini mais, que l’on se rassure, ce n’est que temporaire car il a déjà été fait “vénérable” et devrait être déclaré bienheureux dès le mois d’octobre. Les modernistes qui usurpent le siège de Pierre depuis le 28 octobre 1958 se “canonisent” donc tous les uns les autres sans vergogne, ne respectant même pas les délais et les conditions, pourtant déjà très minimalistes, qu’ils ont eux-mêmes fixés. On n’a en effet pas attendu les cinq ans nécessaires après la “béatification” (en 2011) de Jean Paul II par Benoît XVI pour “canoniser” Karol Wojtyla et on n’a pas non plus attendu les deux miracles nécessaires pour Jean XXIII. Il fallait faire vite. Et tout laisse à penser que Bergoglio qui plaît tant aux media sera lui aussi très vite “canonisé” après sa mort, certains n’en font même pas mystère. D’autant que dans les deux sessions à venir du “synode” sur la famille l’on pourrait faire un très grand pas en direction des divorcés remariés qui pourraient communier (dans les faits c’est déjà largement le cas dans nombre de “paroisses”) et même, dit-on, en faveur des “couples” homosexuels.

    DISONS-Le tout net, ces “canonisations ” sont une insulte à Dieu, à la sainte Eglise, un épouvantable blasphème car qu’y a-t-il en effet de saint dans la vie et la pensée de Roncalli et de Wojtyla ? Le premier avec Vatican II est à l’origine de l’apostasie du clergé et des fidèles autrefois catholiques. Dans son “encyclique” Pacem in terris en 1963, il développe un programme typiquement maçonnique et fait sien, certes en termes volontairement équivoques, l’hérésie de la liberté religieuse, remercie dès son “élection” les francs-maçons qui lui avaient adressé leurs chaleureuses félicitations, donne raison pendant le déroulement de Vatican II aux évêques modernistes qui refusent de travailler sur les schémas préparatoires proposés par la curie, s’empresse d’augmenter le nombre de cardinaux, jusque-là strictement limité à soixante-dix, pour rendre irréversible, par des nominations soigneusement choisies, la prise de pouvoir par les modernistes. Quant à Jean Paul II, tout au long de son interminable “règne”, il a dans ses voyages planétaires toujours très médiatisés instillé partout son venin moderniste et profané tous les lieux saints où il est passé ; il a multiplié pendant tout son règne les hérésies et les actes d’apostasie : il a baisé publiquement le Coran le 14 mai 1999 (voir photo page 2) lors de la visite d’un groupe de “chrétiens” et de mahométans irakiens, il s’est exclamé lors d’un voyage en Terre Sainte en mars 2000 « que saint Jean-Baptiste bénisse l’islam ! » (cf. La Documentation catholique, 2e quinzaine de mars 2000). Il a reçu chaleureusement à maintes reprises le B’nai B’rith, s’est rendu dans les mosquées et les synagogues, non pour y prêcher Jésus-Christ crucifié et ressuscité mais pour dire tout le bien qu’il pensait de « nos frères aînés » les juifs, pour laver ce peuple de l’accusation bimillénaire de déicide, multiplié les rassemblements syncrétiques, œcuménistes comme Assise où l’on met au même niveau Jésus-Christ et Bouddha et où l’on reprend toute la thématique maçonnique sur une paix qui se ferait en dehors de la vérité et de la foi catholiques.

    Jean Paul II, dans la « forêt sacrée » du Togo s’est par ailleurs incliné « devant une citrouille séchée remplie d’eau et de farine de maïs » et a prié « pour la première fois avec des animistes » qui invoquaient la « puissance de l’eau » (cf. La Croix du 23 août 1985 et l’Osservatore Romano du 11 août 1985). Il a également reçu lors d’un voyage en Inde, le 2 février 1986, des mains d’une prêtresse hindoue le signe du Tilak. Trois jours plus tard, au cours du même voyage, à Madras, il reçoit l’imposition des « cendres sacrées » d’une vache des mains d’une femme. A Mayence, le 17 novembre 1980, lors d’une allocution aux représentants de la communauté juive de l’Allemagne fédérale, Karol Wojtyla a déclaré que « l’ancienne Alliance n’a jamais été révoquée » ; cette affirmation qui rompt à angle droit avec l’enseignement bimillénaire selon lequel l’Eglise catholique est le Nouvel Israël (théologie dite de la substitution) sera reprise et solennisée dans le prétendu Catéchisme de l’Eglise catholique (paragraphe 121). Jean Paul II, après Paul VI, a également fait pression sur les derniers Etats catholiques pour qu’ils ne professent plus la vraie religion comme religion d’Etat (ce fut le cas en Espagne, en Italie, dans le Valais, au Chili, en Irlande, en Colombie, cf. l’Osservatore romano des 20 et 21 février 1984). En 1993 le Vatican reconnaît officiellement l’Etat d’Israël et tout au long de son “règne”, Jean Paul II fait sien le dogme de la Shoah (il est même le premier occupant du siège de Pierre à authentifier explicitement et à sacraliser cette croyance) et participe activement à l’imposture sacrilège de la religion de l’“Holocauste” qui considère que l’événement central et le sommet de l’histoire ce n’est plus la mort du Christ au Golgotha et sa résurrection au troisième jour mais la mort de six millions de juifs dans les chambres à gaz hitlériennes pendant la Seconde Guerre mondiale, peuple juif devenu ainsi une sorte de Christ collectif mis à mort par l’humanité entière à l’instar (et à la place) du Christ mort pour les péchés des hommes.

    On n’en finirait pas d’énumérer, preuves à l’appui, toutes les déclarations hérétiques, scandaleuses et tous les actes d’apostasie de Jean Paul II qui affirme le 11 décembre 1983 dans un temple luthérien à Rome qu’il faudrait « refaire le procès de Luther », qui, dans le nouveau code de droit canon, “promulgué” le 25 janvier 1983 lève l’excommunication des francs-maçons, permet de communier dans certains cas lors d’offices orthodoxes et protestants, inverse les fins du mariage développant ainsi chez les époux une mentalité contraceptive. Le 12 mars 2000, le premier dimanche du Carême, à Saint-Pierre de Rome, devant un chandelier à sept branches allumé par Josef Ratzinger, Jean Paul II condamne 2000 ans de catholicisme en dressant un réquisitoire contre l’Eglise accusée de tous les maux, d’avoir fait les Croisades, d’avoir maltraité les femmes et les pauvres, de n’avoir pas été gentille avec les non-catholiques et particulièrement avec les juifs, etc, etc. Lors d’un voyage en Israël accompagné de rabbins, le 26 mars 2000, il dépose un message dans le mur des Lamentations dans lequel il demande encore, au nom de l’Eglise, pardon aux juifs.

    EN PROcédant à ces pseudo-canonisations, l’église conciliaire parachève sa révolution. Après avoir créé un sacerdoce nouveau, une ecclésiologie nouvelle, une messe nouvelle (1969), un catéchisme nouveau (en 1968 avec Pierres Vivantes et en 1992 avec le prétendu Catéchisme de l’Eglise catholique), des sacrements nouveaux, des communautés nouvelles, un nouveau chemin de Croix (1991), un nouveau Rosaire (2002) avec l’introduction des « mystères lumineux », un nouveau code de droit canon (1983), un nouveau rite d’ordination épiscopale et presbytérale (1968), un nouveau baptême (1969), un nouveau mariage (1969), une nouvelle confirmation (1971), une nouvelle extrême-onction (1972), une nouvelle confession (1973), un nouveau bréviaire (1970), un nouveau calendrier liturgique (1969), de nouvelles huiles saintes (1970), un nouveau Notre Père (1966), un nouveau Credo (où l’on a remplacé l’expression « consubstantiel au Père » par « de même nature que le Père »), il était logique qu’elle inventât de nouveaux saints. Il faut en effet comprendre que depuis l’“élection” du rosicrucien Roncalli et plus encore depuis la “promulgation” de Vatican II, nous avons affaire à une nouvelle église, à une contre-Eglise. Les sectateurs de Vatican II n’ont-ils d’ailleurs pas abondamment parlé de “nouvelle Pentecôte” ? Or la Pentecôte est considérée comme le jour de naissance officielle de l’Eglise catholique, parler de « nouvelle Pentecôte », si les mots ont un sens, c’est donc bien dire que l’on fonde une nouvelle église, une autre institution. Certes cette église conciliaire continue de s’appeler catholique (c’est là où la manœuvre est d’une habileté diabolique pour tromper le plus grand nombre, ce qui hélas fonctionne encore aujourd’hui) mais elle n’a plus rien de catholique, ni la doctrine, ni les sacrements, ni l’apostolicité, ni la sainteté. En quoi en effet Jean XXIII et Jean Paul II ont-ils vécu les vertus chrétiennes de manière héroïque, eux qui n’ont eu de cesse d’accompagner et de favoriser la sécularisation, la laïcisation d’un monde naguère chrétien ?

    On objecte souvent que si Jean Paul II fut en effet défaillant sur le plan doctrinal, il fut au moins conservateur sur le plan moral. Il ne s’agit là que d’une illusion de plus. En effet lorsque le docteur Dor a demandé l’asile politique auprès du nonce à Paris après avoir été condamné fin 1997 à de la prison ferme pour ses manifestations contre le massacre à grande échelle des innocents dans les avortoirs, le Vatican l’a traité ignominieusement et lui a demandé de déguerpir sans tarder. Et les “prélats” et “pontifes” conciliaires n’ont jamais hésité à donner la communion à des chefs d’Etat et de gouvernement et à d’autres hommes publics qui avaient voté les lois dépénalisant l’avortement. Il s’agit donc là d’une imposture de plus. Quant au rôle de Jean Paul II dans l’écroulement du communisme, là encore il convient de voir la réalité en face : il a simplement accompagné la révolution voulue et orchestrée par Gorbatchev qui a consisté à rapprocher l’URSS et les pays du bloc soviétique de l’Occident post-chrétien selon les plans mondialistes. D’ailleurs qui peut prétendre sérieusement que la situation du monde, de l’Europe, de l’Occident, de la chrétienté s’est améliorée depuis la chute de l’empire soviétique ? Bien au contraire l’on a assisté depuis à un renforcement de la répression, notamment contre le révisionnisme historique, à une lutte acharnée et décuplée contre les nationalismes et la morale naturelle, à une accélération du processus d’invasion des pays blancs, à une pénétration chaque jour plus forte de l’islam en Europe, à une tyrannie de plus en plus impitoyable exercée par la finance internationale et son bras armé le judaïsme politiquement organisé.

    TOUTEFOIS il faut se garder de désespérer. De Dieu on ne se moque pas impunément. Et la puissance des méchants n’aura qu’un temps. Trois jours avant les “canonisations” sacrilèges du 27 avril, une statue hideuse de trente mètres de haut représentant la croix de Jean Paul II et qui avait été réalisée lors de la venue de ce dernier à Brescia en Italie pour célébrer le centenaire de la naissance de Paul VI « s’est brisée de façon soudaine », selon Le Parisien, « de manière inexplicable » selon la télévision italienne et dans sa chute a écrasé un jeune homme de 20 ans. Est-il excessif de voir dans cet événement que les autorités italiennes ne parviennent toujours pas à expliquer de manière naturelle un signe du Ciel ?

    Jérôme BOURBON,

    Editorial de RIVAROL du 2 mai 2014

  28. papy permalink
    29 avril 2014 22:15

    Excellent éditorial de Jérôme Bourbon! J’ajoute que, outre que ces canonisations sont sacrilèges et sataniques, elles sont absolument nulles, vaines et non avenues.
    Ainsi ne servirait-il à rien de les déclarer anathèmes sans que cet anathème ne s’adresse d’abord aux fausses autorités usurpatrices qui les ont initiées et aux « institutions ecclésiales  » en trompe – l’oeil qui les sous-tendent…
    Car c’est bien l’ensemble de la secte-église moderniste de Vatican II qui est anathème!

  29. papy permalink
    29 avril 2014 22:49

    Lagomer pire que tout!!!!! Il faut arrêter de grapiller dans le forum catholique tout et n’importe quoi Lagomer!!!!Votre « prudence » abdique tout à fait la foi et sème la confusion dans les âmes.
    Répugnant.
    Et puisque vous citez Trouslard, vous auriez pu aussi citer Meneau!:

    « Je ne suis pas un spécialiste, mais :
    – Le dogme, c’est l’affirmation de la doctrine.
    – Le fait dogmatique, c’est un fait qui se rapporte au dogme.

    Le dogme : le pape est infaillible lorsqu’il prononce ex cathedra un jugement sur la foi ou les moeurs etc… (voir Pastor Aeternus)
    Le fait dogmatique : telle sentence de tel pape est infaillible.

    Le dogme : il y a des personnes au ciel qui jouissent de la vision béatifique.
    Le fait dogmatique : telle personne est dans ce cas.

    La sainteté de telle ou telle personne n’est en effet pas directement une partie de la doctrine catholique. Néanmoins elle est intimement liée à la doctrine catholique sur la sainteté.

    La distinction dogme / fait dogmatique a en particulier été employée par les jansénistes pour distinguer le droit du fait : voir ici. L’Eglise a tranché : elle est aussi infaillible sur les faits dogmatiques.  »

    Vous usez et abusez de la patience de Dieu!
    Parce Domine.

    • 5 mai 2014 16:28

      Papy (j’aimais mieux Charles……mais c’est comme vous voulez 😉

      Comme l’écrivait l’abbé Belmont : « La canonisation relève de l’infaillibilité pratique de l’Église (celle qui couvre également les lois générales, l’approbation des ordres religieux, les rites liturgiques etc.) parce qu’il est impossible que l’Église nous propose comme modèle et intercesseur quelqu’un qui ne l’est pas…. » (La canonisation d’un saint est-elle un acte infaillible ?, Vendredi 20 janvier 2006).

      Or la canonisation de JP II pose de nombreux problèmes, ainsi résumés par l’abbé Jean-Michel Gleize, professeur d’ecclésiologie au Séminaire Saint-Pie X :

      Si l’on doit considérer Jean-Paul II comme saint, on doit tenir sa doctrine comme irréprochable, jusque dans les moindres détails. En effet, le degré héroïque de la vertu de foi implique une docilité sans failles à tout l’esprit du magistère, qui s’exprime à travers tout l’enseignement des docteurs, et pas seulement à la lettre des enseignements du magistère infaillible et au plus petit dénominateur commun des dogmes obligatoires.

      Si Jean-Paul II est réellement saint, les fidèles catholiques doivent reconnaître que l’Eglise catholique et les communautés orthodoxes sont des Eglises sœurs, responsables ensemble de la sauvegarde de l’unique Eglise de Dieu[1]. Ils doivent donc réprouver l’exemple de Josaphat Kuncewicz, archevêque de Polotsk (1580-1623). Converti de l’orthodoxie, celui-ci publia en 1617 une Défense de l’unité de l’Eglise, dans laquelle il reprochait aux orthodoxes de déchirer l’unité de l’Eglise de Dieu et c’est pourquoi il excita la haine de ces schismatiques qui le martyrisèrent.

      Si Jean-Paul II est réellement saint, les fidèles catholiques doivent reconnaître les anglicans comme des frères et des sœurs dans le Christ et exprimer cette reconnaissance par la prière commune[2]. Ils doivent donc aussi réprouver l’exemple d’Edmund Campion (1540-1581), qui refusa de prier avec le ministre anglican, au moment de son martyre.

      Si Jean-Paul II est réellement saint, les fidèles catholiques doivent considérer que ce qui divise les catholiques et les protestants – c’est-à-dire la réalité du saint sacrifice propitiatoire de la messe, la réalité de la médiation universelle de la Très Sainte Vierge Marie, la réalité du sacerdoce catholique, la réalité du primat de juridiction de l’évêque de Rome – est minime par rapport à ce qui peut les unir[3]. Ils doivent donc réprouver l’exemple du capucin Fidèle de Sigmaringen (1578-1622) qui fut martyrisé par les réformés protestants, auprès desquels il avait été envoyé en mission et qui composa une Disputatio contre les ministres protestants, au sujet du saint sacrifice de la messe.
      Si Jean-Paul II est réellement saint, les fidèles catholiques doivent reconnaître la valeur du témoignage religieux du peuple juif[4]. Ils doivent donc réprouver l’exemple de Pierre d’Arbues (1440-1485), grand inquisiteur d’Aragon, qui fut martyrisé en haine de la foi catholique par les juifs.

      Si Jean-Paul II est réellement saint, les fidèles catholiques doivent reconnaître qu’après la résurrection finale, Dieu sera satisfait des musulmans et que les musulmans seront satisfaits de Lui[5]. Ils doivent donc réprouver l’exemple du capucin Joseph de Léonessa (1556-1612), qui se dépensa sans compter à Constantinople auprès des chrétiens réduits en esclavage par les adeptes de l’Islam : ce zèle lui valut d’être inculpé auprès du sultan pour avoir outragé la religion musulmane et on lui appliquera le supplice du gibet : il y resta trois jours suspendu à une chaîne, une main et un pied percés d’un crochet. Les fidèles catholiques devraient aussi réprouver l’exemple de Pierre de Mavimène, mort en 715 après avoir été supplicié pendant trois jours pour avoir insulté Mahomet et l’Islam.

      Si Jean-Paul II est réellement saint, les fidèles catholiques doivent reconnaître que les chefs d’Etat ne peuvent s’arroger le droit d’empêcher la profession publique d’une religion fausse[6]. Ils doivent donc réprouver l’exemple du roi de France Louis IX, qui limita autant qu’il le put l’exercice public des religions non chrétiennes.
      Pourtant, Josaphat Kuncewicz a été canonisé en 1867 par Pie IX et Pie XI lui a consacré une encyclique ; il est fêté dans l’Eglise le 14 novembre. Edmund Campion a été canonisé par Paul VI en 1970 et est fêté le 1er décembre. Fidèle de Sigmaringen a été canonisé en 1746 et Clément XIV l’a désigné comme le « protomartyr de la Propagande » (de la foi) ; il est fêté au calendrier de l’Eglise le 24 avril. Pierre d’Arbues a été canonisé par Pie IX en 1867. Joseph de Léonessa l’a été lui aussi en 1737 par Benoît XIV et sa fête est célébrée dans l’Eglise le 4 février ; Pie IX l’a proclamé patron des missions de Turquie. Saint Pierre Mavimène, enfin, est célébré dans l’Eglise le 21 février. Quant au roi saint Louis, son exemple suffisamment connu illustre on ne peut mieux les enseignements du pape saint Pie X, lui aussi canonisé. Si Jean-Paul II est réellement saint tous ces saints se sont gravement trompés et ont donné à toute l’Eglise non pas l’exemple d’une sainteté authentique mais le scandale de l’intolérance et du fanatisme. Il est impossible d’échapper à ce dilemme.

      On lira avec profit l’étude complète de l’abbé Jean-Michel Gleize dans le Courrier de Rome n°372 (3 €). S’adresser au Courrier de Rome – B.P. 10156 – F-78001 Versailles Cedex Télécopie : +33.(0)1 49 62 85 91 – Courriel : courrierderome@wanadoo.fr
      Abonnement France : 20 €, Etranger : 24 €, Suisse : CHF 40
      (DICI n°290 du 14/02/14)

      [1] L’Eglise catholique et les communautés orthodoxes « se reconnaissent comme Eglises sœurs, responsables ensemble de la sauvegarde de l’unique Eglise de Dieu, dans la fidélité au dessein divin, et tout spécialement en ce qui concerne l’unité. » – Jean-Paul II, Déclaration commune de Jean-Paul II et du Patriarche orthodoxe Bartholomeos I, cosignée au Vatican le 29 juin 1995, dans DC n°2121, p. 734-735.

      [2] Le pape et le chef des anglicans rendent grâce à Dieu « pour le fait que, dans de nombreux endroits du monde, les anglicans et les catholiques se reconnaissent mutuellement comme des frères et des sœurs dans le Christ et expriment cette reconnaissance par la prière commune, l’action commune et le témoignage commun. » – Déclaration commune de Jean-Paul II et du Primat de la Communion anglicane, cosignée le 5 décembre 1996, dans DC n°2152, p. 88-89.

      [3] « L’espace spirituel commun l’emporte sur bien des barrières confessionnelles qui nous séparent encore les uns les autres au seuil du troisième millénaire. Si malgré les divisions nous arrivons à nous présenter toujours davantage ensemble devant le Christ dans la prière, nous réaliserons de plus en plus combien est minime ce qui nous divise en comparaison de ce qui nous unit. » – Jean-Paul II, Discours au Docteur Christian Krause, président de la Fédération luthérienne mondiale, le 9 décembre 1999, dans DC n°2219, p.109.

      [4] « Oui, par ma voix, l’Eglise catholique (…) reconnaît la valeur du témoignage de votre peuple. » – Jean-Paul II, Discours à la communauté juive d’Alsace, le 9 octobre 1998, dans DC n°1971, p.1027.

      [5] « Je crois que nous, chrétiens et musulmans, nous devons reconnaître avec joie les valeurs religieuses que nous avons en commun et en rendre grâce à Dieu. (…) Nous croyons que Dieu nous sera un juge miséricordieux à la fin des temps et nous espérons qu’après la résurrection, il sera satisfait de nous, et que nous serons satisfaits de lui. » – Jean-Paul II, Discours lors de la rencontre avec la jeunesse au stade de Casablanca, le 18 août 1985, dans DC 1903, p. 945.

      [6] « L’Etat ne peut revendiquer une compétence, directe ou indirecte, sur les convictions religieuses des personnes. Il ne peut s’arroger le droit d’imposer ou d’empêcher la profession et la pratique publiques de la religion d’une personne ou d’une communauté. » – Jean-Paul II, Message pour la Journée mondiale 1988 de la paix, le 8 décembre 1987, dans DC n° 1953, p. 2.

      http://www.dici.org/documents/le-dilemme-que-pose-la-canonisation-de-jean-paul-ii/

      Et voici la conclusion de l’abbé Gleize, qui me semble la seule raisonnable :

      « Le seul moyen d’en sortir est de tirer la double conclusion qui s’impose : Karol Wojtyla ne peut pas être canonisé et l’acte qui prétendrait déclarer sa sainteté à la face de l’Eglise ne saurait être qu’une fausse canonisation.« 

    • 5 mai 2014 16:46

      Tous les saints canonisés ne sont pas déclarés comme tels par l’Église. Dans les dix premiers siècles de l’histoire de l’Église, les papes donnaient simplement leur approbation à la vénération des saints et des martyrs par les fidèles. Ils sont aujourd’hui considérés comme des saints. Mais puisqu’il n’y a pas eu dans leur cas de procès solennel de canonisation, l’autorité et l’infaillibilité entière de l’Église ne sont pas engagées pour de tels saints.

      On doit donc dire que ce n’est pas le fait qu’une personne soit appelée un saint qui engage l’infaillibilité, mais la déclaration et la définition solennelle par le Souverain Pontife liant les catholiques.

      Le décret de canonisation n’est solennel que si les expressions comme « nous définissons », et « nous commandons » la vénération de ce saint sont exprimées.

      La même distinction s’applique au concile Vatican II, qui, en refusant de définir clairement la doctrine, a refusé d’utiliser l’autorité infaillible de Magistère extraordinaire qu’il aurait pu utiliser pour condamner des hérésies.

      Surgit alors la question de savoir, dans l’hypothèse d’une canonisation accomplie solennellement et selon les règles, si nous sommes tenus de vénérer ce saint particulier comme un patron et un modèle.

      Saint Thomas dit que la vénération que nous rendons aux saints est « celle par quoi nous croyons qu’ils partagent la gloire des saints ».

      L’objet de la canonisation est ainsi la vision que le saint a de Dieu au ciel et seulement indirectement la sainteté de sa vie et sa valeur comme modèle.

      Ces dernières ne sont donc pas l’objet de la définition infaillible par le pape, et, bien que, normalement, on ne les met pas en doute dans un saint canonisé, dans le cas particulier dont nous parlons – celui de Jean-Paul II – il semble possible de les mettre sérieusement en doute.

  30. 30 avril 2014 09:47

    Monsieur Bourdon,
    J’ai pris a peine de lire votre long plaidoyer condamnant cette double canonisation et prônant le retour du dogmatisme et du cléricalisme. À notre époque d’aspiration croissante à l’autonomie de la conscience et donc au rejet de la soumission, l’un et l’autre sont pourtant condamnés à disparaître au fil des générations (du moins dans la plupart des pays européens intellectualisés) …
    Prendrez-vous la peine de lire mes intervention des 23, 24 et 26 avril dans « La Question », et d’y répondre ?
    Je me permets d’en douter, compte tenu hélas de la fréquente incapacité des croyants fondamentalistes d’évoluer dans leurs conceptions obsolètes et donc inadaptées à la modernité.
    Je pense en avoir compris les raisons :
    http://michel.thys.over-blog.org/article-une-approche-inhabituelle-neuroscientifique-du-phenomene-religieux-62040993.html

  31. papy permalink
    30 avril 2014 14:24

  32. papy permalink
    30 avril 2014 14:32

    THYS! adepte de la « mort de Dieu »! Comme lui et tous ses semblables on camoufle sa religion (satanique) de l’Homme sous des oripeaux pseudo-scientifiques et des considérations pseudo-psychanalytiques….
    Le matérialisme athée a encore de beaux jours devant lui!!!
    Qu’on trouve sur un tel blogue de tels personnages est pour moi un SIGNE évident!!!

  33. cp show permalink
    1 mai 2014 09:38

    Aujourd’hui, dans la ville de Rome, malgré les appels, les objections, les protestations et pétitions; les ennemis de la croix de Christ ayant détourné le siège du pouvoir et de l’autorité, ont fait par les présentes ce qu’ils ont cherché à faire dans les 5 dernières décennies. Ils ont eu l’audace d’installer dans le temple de Dieu, une image mal. Cette image est l’ image de la Bête et représente l’origine du nombre de la Bête.
    Lire la suite:
    http://popeleo13.com/pope/2014/04/27/category-archive-message-board-31/#more-279
    http://popeleo13.com/pope/category/a-passionate-appeal-to-the-italian-people/

  34. 1 mai 2014 13:38

    Bonjour Papy :
    Merci pour votre réponse, bien que vous me qualifiiez de « personnage » …
    Nous sommes quand même d’accord pour contester, pour des raisons évidemment différentes, toute « canonisation » de soi-disant représentants de « Dieu ».
    Malgré mon admiration pour Jean XXIII, je leur reproche d’exploiter la croyance en son existence réelle alors qu’elle n’est que subjective et donc illusoire à mes yeux.

    Mais pas d’accord du tout pour qualifier « l’humanisme laïque » de « religion », et encore moins de « satanique », « Satan » n’étant de nos jours qu’une interprétation imaginaire et obsolète des influences émanant de notre cerveau reptilien non maîtrisé par une éducation morale « humanisante ».
    L’humanisme laïque, tout comme le « matérialisme athée », au-delà de l’idéologie politique qui l’a exploité à tort, sont des options philosophiques librement acceptées, et non des croyances imposées dès l’enfance par les religions pour maintenir leur mainmise sur les consciences.

    Contrairement à vous, apparemment, j’ai eu la chance de découvrir, il y a plus de 50 ans, les alternatives non confessionnelles qui m’avaient été occultées, fût-ce de « bonne foi », et donc de remettre en question ma croyance religieuse protestante (libérale) qui me semblait sensée puisque « du bon côté de la barrière dogmatique ».
    Au-delà de l’âge de 25 ans, je serais sans doute resté croyant, comme vous.
    En conclusion, je respecte les croyants, sauf si leur fondamentalisme les pousse au terrorisme, mais je condamne toutes les religions, en fonction de la soumission qu’elles imposent.
    Bien à vous,
    Michel THYS

  35. Wintzenheim permalink
    1 mai 2014 19:02

    Je ne comprends pas très bien la discussion… Une canonisation c’est un acte qui engage l’infaillibilité pontificale définie par le St Concile Vatican 1. Donc il n’y a pas à discuter. Proclamation excathédra du succeseur de St Pierre, vicaire de Jésus-Christ. Point final.

    • papy permalink
      1 mai 2014 23:35

      Oui point final Wintzenheim! Vous avez raison! La seule question que l’on peut catholiquement se poser: une autorité catholique peut-elle canoniser non infailliblement?
      Répondre à cette question en toute honnêteté intellectuelle , oblige à se situer soit dans le camp des schizophrènes assumés (?!) soit dans celui du sédévacantisme. Point final !!!

  36. papy permalink
    1 mai 2014 23:49

    THYS! Vous éclairez ma lanterne…enfin! Je comprends mieux votre position philosophique.
    Votre secret (qui n’en est plus un!): vous êtes un (ancien) réformé!!!!!!!! Ceci explique cela.
    C’est pourquoi je m’empresse de réfuter votre assertion qui consiste à vous dire – fictivement à 25 ans! – « croyant » comme moi!!!! Non cher Thys, c’est impossible en raison même de ma foi que vous ne pouvez partager car vous êtes privé par le fait même des grâces nécessaires pour partager les lumières catholiques de la foi (don gratuit de Dieu).
    Votre errance personnelle (qui pour vous est une croyance « sensée ») n’est donc pas surprenante et au contraire toute naturelle , humainement parlant , pour une âme privée de la grâce. Rassurez-vous! ce n’est pas sans aucune issue sauf si vous vous en foutez jusqu’à l’heure même de votre mort….. Il suffit que vous demandiez à Dieu la grâce d’être éclairé suffisamment pour faire votre salut…….Mais je crains que votre itinéraire initiatique et philosophico-matérialiste ne soit un obstacle de taille à une telle démarche……Dieu seul jugera de votre réelle bonne volonté et de votre for interne. Mais à vous lire on peut , au for externe, légitimement craindre le pire pour votre salut.
    Cela dit, votre relatif intérêt pour les questions religieuses semblerait dire que la petite flamme n’est pas tout à fait éteinte…..
    Tant qu’il y a de la vie il y a de l’espoir!!!! N’oubliez jamais cela Thys!!!!!!
    D’ores et déjà vous êtes -peut-être sans le savoir vraiment- un formidable enjeu entre les forces positives et les forces négatives…si vous voyez ce que je veux dire…
    Bien malin serait celui qui peut dire laquelle d’entre elle réussira à VOUS conquérir tout à fait…et pour l’éternité! Faites gaffe!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
    BONNE CHANCE!

  37. 2 mai 2014 09:43

    Cher Papy,
    Le fait que je m’intéresse aux « questions religieuses » ne signifie pas « que la petite flamme n’est pas tout à fait éteinte ». Mais je comprends que vous vous en étonniez : rares sont en effet les athées qui s’y intéressent puisque, soit ils ont eu des parents athées et n’ont donc jamais cru en « Dieu », soit ils se sont affranchis d’une foi qui leur faisait plus de tort que de bien .
    Dans les deux cas, ils sont donc le plus souvent indifférents à ces questions.

    Si moi, au contraire, je m’y intéresse depuis plus d’un demi siècle, c’est parce que j’ai voulu comprendre pourquoi j’avais quand même mis 4 ans pour devenir athée, en passant par le déisme et l’incroyance. Malgré les arguments rationnels et scientifiques immédiatement acceptables, je n’étais pas totalement libéré affectivement et n’osais pas encore dire : « Dieu, si tu existes, j’ai un « oeuf à peler » avec toi, qui permets la mort d’enfants et tant d’atrocités ! »

    J’ai donc correspondu avec des psychologues, comme le professeur belge Paul Osterrieth, protestant, et des neurophysiologistes comme le Dr Paul Chauchard, catholique français, ou le Dr Mario Beauregard (catholique québécois) etc. Cela m’a fait prendre conscience de l’imprégnation souvent indélébile d’une éducation religieuse, surtout confortée ensuite par un milieu croyant exclusif (c’était encore possible jusqu’en mai 68 !), ce qui explique, à mes yeux, la fréquente persistance de la foi dans le cerveau émotionnel, puis rationnel, indépendamment de l’intelligence et de l’intellect.

    Depuis lors, tout en respectant les croyants et sans chercher à les convaincre, je tiens modestement à faire découvrir à ceux qui le souhaitent un autre horizon philosophique que celui imposé par les religions. Par simple honnêteté intellectuelle.
    Merci de vous préoccuper de mon « salut », mais cela n’a évidemment aucun sens pour moi. Si, par extraordinaire, « Dieu » et « Satan » existent, je suis prêt (ayant le courage de mes opinions) à périr dans les flammes pour « l’éternité ».
    J’espère ne pas vous avoir heurté par mon franc-parler …

  38. 2 mai 2014 12:28

    @ Papy :
    Petit ajout chronologique que j’ai oublié de mentionner : « (…) parce que j’avais quand même mis 4 ans pour devenir athée, en passant par le déisme, l’AGNOSTICISME et l’incroyance ».
    Il ne faut pas brûler les étapes philosophiques et surtout psychologiques …!
    Au plaisir de vous lire et de poursuivre cet échange, si du moins vous y consentez.

  39. papy permalink
    2 mai 2014 20:51

    Non pas du tout THYS! c’est très clair…votre avant-dernière phrase est suffisamment explicite! Néanmoins il y a un paramètre que vous ne pouvez pas (encore!?) intégrer: Dieu, qui sonde les reins et les cœurs, va peut-être s’occuper de vous tôt ou tard!…..
    Vous serez le premier surpris!!!!
    Dieu aime la cohérence de la pensée……et vous ne pouvez bien sûr imaginer, même en rêve, qu’Il puisse aussi vous aimer…de toute éternité!
    Qui vivra verra.

  40. papy permalink
    2 mai 2014 21:06

    Encore un mot THYS, si vous le permettez, ainsi qu’une petite observation….
    Votre pari que vous basez sur le « courage » et qui aboutit à un choix me semble risqué (c’est normal vous n’y croyez pas!): vous auriez pu au moins , pour aller jusqu’au bout dans la cohérence de votre pensée, opter pour un bonheur éternel plutôt que pour des flammes éternelles. Seriez-vous un peu maso?
    Je voulais aussi vous dire qu’en tout croyant sommeille un petit athée en puissance…La foi n’est pas un don acquis….même pour un croyant!!!! Alors pour vous!……………….
    Même les plus grands saints ont eu leurs moments de doute et leur foi s’est retrouvée un instant dans d’épaisses ténèbres…..
    A moins que vous ne soyez un monstre pervers ou un démon incarné, nul être humain ne recherche pour elle-même la souffrance ou la damnation. C’est votre ignorance volontaire qui vous fait dire « je suis prêt à périr dans les flammes »….car si vous y goutiez même un millième de seconde et de très loin, vous changeriez brusquement d’avis!!!! A moins que vous ne mourriez de frayeur sur le coup!…..
    Votre athéisme assumé n’empêche en rien ces réalités surnaturelles d’exister.
    Mais je pense que le déni n’est pas votre genre……malgré votre présence sur ce blogue!!!!!!!!!
    Bonne soirée Thys!

  41. 3 mai 2014 10:20

    @ Papy,
    Attribuer des qualité humaines à « Dieu », par exemple « aimer », « penser », est évidemment anthropomorphique, mais je constate que vous n’incluez pas ce paramètre dans vos doutes.
    Je sais bien que « la foi n’est pas un don acquis …même pour un croyant ! », comme en témoigne feu le chanoine Antoine Vergote, professeur émérite à l’Université catholique de Louvain », dans « Psychologie religieuse ». Cela va vous faire plaisir ! Ainsi, page 249 :   « Lorsque, tout en renonçant à l’urgence d’une certitude préalable, le croyant interprète positivement les indices de Dieu et qu’il engage l’assentiment auquel ils l’invitent, il voit s’instaurer une certitude d’un autre ordre, une certitude qui ne se fonde pas sur une garantie préalable, mais qui la reçoit en la vivant. Cependant le croyant ne possède jamais la foi comme un acquis assuré. A tout moment, il peut retirer sa confiance à Dieu. (…) La foi est un acte conscient accompli par toute la personne (…), un acte de suprême liberté ; même si l’attitude d’obéissance qu’il implique laisse souvent, aux croyants comme aux incroyants, une impression de non-liberté. D’abord la foi suppose la liberté intérieure ; elle ne peut se vivre que si les attitudes morales et les conditions psychologiques ont prédisposé l’homme à l’accueil d’un autre ».

    Et page 250 : « Les réalités de la foi ne s’imposent pas à la raison avec une rigueur absolue (…). A chaque moment, la foi devra s’arracher à l’emprise de la raison. (…) Il y a un doute immanent à la foi », ou encore page 262 : « L’attitude religieuse, en tant que structuration de toute la personnalité en fonction de relation avec Dieu, suppose une liberté intérieure, dont l’homme est difficilement capable avant l’âge adulte. Il doit avoir résolu la confusion affective des élans religieux passionnels.
    Le silence que le Tout-Autre oppose à ses demandes humaines apparaît comme l’épreuve décisive appelée à purifier la religion.(…) La relation à l’Autre exige encore que l’homme soit dégagé des liens syncrétiques et égocentriques qu’il avait noués durant son enfance, avec les hommes et avec Dieu.
    Sans cela, le croyant recherche en Dieu un père protecteur et substitutif et agrandi qui puisse répondre à des demandes égocentriques.(…).Aux yeux de la foi, il est essentiel que la formation psychologique de l’homme s’achève dans un consentement (…). La foi est une souffrance, une passion.(…). L’intégration religieuse de la personne opère une pacification de tout l’être sur un fond de souffrance acceptée. Elle st plénitude dans le manque, union sans confusion, divinisation dans l’humilité ».

    Du fait de notre ignorance encore considérable des processus biochimiques qui sont à l’origine de la vie et de sa complexification en 3,8 milliards d’années, l’athée que je suis conserve aussi un doute quant à l’inexistence d’un dieu (sauf imaginaire), mais ce doute n’est que théorique, pour ne pas dire symbolique. C’est celui des innombrables scientifiques agnostiques qui ne peuvent exclure un (très improbable) élément nouveau, mais se disent « à tendance athée ».

    Evoquer « les flammes éternelles », était ironique et n’impliquait évidemment pas, de ma part, une « recherche de souffrance et de damnation » ! La croyance en un « paradis » et en un « enfer » éternels était compréhensible pour les bergers d’il y a 2.000 ans, mais elle m’étonne actuellement, les croyants n’ayant plus besoin, me semble-t-il, d’une « carotte et d’un bâton ».
    Bon week-end, Papy.

  42. papy permalink
    3 mai 2014 12:21

    THYS! Vous faites bien d’avoir un doute au moins symbolique…..! ça ne mange pas de pain et ne porte pas atteinte à votre « athéisme » dont j’ai parfois l’impression que vous l’érigez en dogme nécessaire. La science semble être pour vous l’ultime refuge d’un avenir mythique… Soit! Je ne vous dirai pas que vous retardez d’un siècle, celui du scientisme, car vos opinions s’appuient j’imagine sur des analyses récentes…..
    Comme vous ne cherchez pas à me convaincre, et moi non plus d’ailleurs, je me bornerai à vous dire ceci: la grande faucheuse est notre Egalité à tous!….rendez-vous donc de l’autre côté Thys même si vous allez me dire que vous n’y croyez pas…encore une fois! Raison de plus pour faire un pari amusant: s’il n’y a que le néant après la mort, Thys, notre conversation n’aura été qu’une poussière temporelle dans l’infini de l’univers et nous serons tous deux oubliés pour l’éternité!!! Pas terrible, hein? Sauf si cette perspective vous agrée….ce que je peux concevoir (péniblement certes!)…..Alors profitez bien des quelques années qui vous restent: elles ne reviendront pas!
    Si par contre il y a une vie après la mort…..(on ne sait jamais!!!): devinez lequel de nous deux sera le plus surpris?! Après il faut se poser la question de savoir si cette « surprise » sera à notre avantage ou non …..C’est encore une autre histoire…..pensez y…
    Il y a quand même une chose qui m’étonnera toujours chez l’agnostique à tendance athéïsante: comment ne peut-il pas admirer l’univers, la création, la beauté qui nous entoure à chaque heure de notre vie et que nous nous sommes trop habitué à ne pas (plus) voir?
    La matière serait-elle auto-créatrice d’elle-même? en un mot serait-elle la finalité suprême c’est à dire une sorte de divinité omnipotente sans laquelle l’être humain n’existerait pas…y compris Thys,,,???!!!! qui sait……..
    Enfin , vous semblez oublier un dernier paramètre: notre religion est basée sur la révélation, c’est à dire qu’il y a quelque part un être incréé (la nature???????????) qui s’est manifesté à l’homme et lui a dit « je suis celui qui suis! ». Alors vous n’êtes pas obligé de croire les nombreux témoignages humains qui attestent tout au long de l’antiquité (Bible, Evangiles, etc…) de la réalité de ce phénomène….que vous ne manquerez pas d’attribuer sans doute à leur affect préhistorique…..Bon! on n’en sortira pas! Voyez vous -même la spécificité du christianisme et du judaïsme antérieur…….ET comme vous avez l’air de croire en l’homme et en sa rationalité naturelle (?) vous admettrez sans doute qu’il puisse y avoir un peu de bonne foi dans ces témoignages…..(d’où le doute symbolique!)
    Mais il y a quelque chose qui me rassure et me remplit d’espérance THYS et qui nous est commune à tous les deux: nous allons TOUS (les deux) mourir!!!!! Et nous allons donc SAVOIR ce qu’il en est!!!!!!!!!!! ça vous n’y pourrez jamais rien!!!!
    Alors rendez-vous de l’autre côté…………..ou pas……THYS!!!!!
    Bon week-end de méditations , scientifiques ou pas…..

  43. papy permalink
    3 mai 2014 12:36

    Quelques citations qui vont vous faire plaisir THYS! (j’y reviendrai si j’ai le temps………):

    Vassilis SAROGLOU, professeur à l’Université catholique de Louvain, le confirme : « Le fait d’avoir la foi (…)n’est pas tellement, d’un point de vue statistique, une question de choix. C’est plutôt une question de continuité ou d’assimilation de tout le bagage mental ou affectif que l’on a reçu par le biais de la socialisation, qu’il s’agisse de croyance, de pratique, d’émotion ou de valeurs ».(…)
    « Le fait d’avoir eu des parents religieux et d’avoir reçu une éducation religieuse est le facteur le plus important pour déterminer les probabilités d’être, de rester ou de redevenir soi-même croyant, que ce soit à l’adolescence ou ultérieurement à l’âge adulte ». Ce n’est pas nouveau : toutes les religions spéculent sur la vulnérabilité du cerveau émotionnel de l’enfant, et même de l’adulte. »

    Alors voyez Thys……il ne faut jamais désespérer!!!!!! et moi je ne désespérerai pas de vous…….!

    • papy permalink
      6 mai 2014 18:52

      oui rus…les dingues illuminés pullulent à notre époque!!!! en faites-vous partie?????

  44. 3 mai 2014 21:13

    Bonsoir Papy,
    Merci, à la fois pour votre prompte réponse, et aussi d’accepter de poursuivre encore un peu notre échange, courtoisement s’entend et sans chercher à se convaincre mutuellement, malgré parfois les apparences.
    Je vous réponds, point par point, et donc de manière un peu « décousue» …

    • N’érigez pas mon doute « en dogme nécessaire « , car me renvoyer, par « effet boomerang » le reproche que je fais aux religions serait un « argument » un peu facile et peu convaincant.
      Mon doute n’est en effet qu’une méthode rationnelle de pensée, librement accepté.
    • L’époque du scientisme, par sa confiance absolue en la « Science », est depuis longtemps révolue et donc obsolète, chaque découverte faisant au contraire apparaître la complexité de tous les phénomènes. Le scientisme est donc loin d’être « l’ultime refuge d’un avenir mythique », ce que contredisent d’ailleurs et heureusement les découvertes toujours convergentes.
    • « Le grand bonheur » est certes notre lot commun, mais pas au point, lorsqu’on est à l’article de la mort, de faire le « pari de Pascal », lâche et opportuniste(tout à y gagner, rien à y perdre). Il est donc exclu pour moi.
    • A mon humble avis, le « néant », quoi qu’ait écrit Sartre à son sujet en plus de 2.000 pages, n’existe pas dans la nature et n’est donc qu’une construction de l’esprit, tout comme l’ « absurde » : la vie n’a jamais, à mes yeux, que le sens que chacun lui donne librement.

    • Certes, « notre conversation n’aura été qu’une (infinitésimale) poussière », mais elle aura au moins eu le mérite d’avoir eu lieu !

    • Je n’espère plus grand chose « des années qui me restent à vivre », même s’il devait m’en rester vingt, sachant bien que les religions, du fait de la faiblesse de l’esprit humain, ont hélas encore de beaux jours devant elles, surtout dans l’hémisphère sud. Sauf si entre-temps les religions s’entre-tuent à cause de leur prétention de détenir chacune LA Vérité, le seul vrai dieu, le seul vrai prophète et le seul vrai « livre «sacré ». Mais je me console en constatant que l’évolution des esprits vers plus d’émancipation et d’autonomie est irréfragable au fil des générations, quels que soient les efforts médiatiques des religions pour tenter de la retarder.

    • Contrairement à vous, du moins apparemment, j’apprécie que l’on me démontre que je me suis trompé, et je le reconnais toujours, bien volontiers..

    • « Admirer l’univers, la création qui nous entoure » est une capacité évolutive du cerveau émotionnel des seul primates humains.
    • La matière n’est pas « auto-productrice d’elle-même », depuis que Louis Pasteur a démontré que la « génération spontanée » n’existe pas.
    • La notion de « finalité » est anthropomorphique et donc inconnue des autres primates.
    • Je n’oublie pas que « la religion est basée sur la révélation »,mais seulement selon moi d’un être imaginaire, consécutive soit à un milieu croyant unilatéral, soit à une bouleversement émotionnel déconnectant le cerveau rationnel, analogue à celui que connut Paul Claudel lors de sa conversion à N-D de Paris.

    • L’évolution de la matière n’a eu nul besoin de recourir à « une divinité omnipotente » : les associations d’acides aminés produisent spontanément de nombreuses protéines à l’origine d’une infinité d’êtres vivants, sans doute même ailleurs sur des planètes encore invisibles.

    • Les témoignages humains, dont tout le monde connaît la fragilité, ne prouvent évidemment rien, a fortiori lorsqu’ils sont le fruit de récits oraux non confirmés par des historiens indépendants de l’époque. Il est par exemple évident pour un athée que Jésus, s’il a vraiment existé, n’a certainement jamais dit tout ce qu’on lui a fait dire depuis des siècles, fût-ce dans un but moralisateur !
    • Je ne mets pas en doute la sincérité des témoignages de croyants. Je regrette seulement que leur religion les ait empêchés de les confronter à la rationalité.
    • Lorsque nous mourrons, ni vous ni moi ne pourrons rien faire savoir aux vivants.

    • Quant aux citations, j’apprécie la réciprocité, surtout lorsqu’elles confortent mon point de vue. Mais vous tirez de celle de Saroglou une conclusion inverse de la mienne : pour vous, les influences religieuses précoces sont légitimes, alors que pour moi, elles témoignent d’une malhonnêteté intellectuelle et morale. Je note que vous reviendrez sur les citations, quand vous en aurez le temps.
      Merci de ne « pas désespérer » de moi, mais votre volonté évangélisatrice n’a plus aucune prise sur moi.
      Cordialement.

  45. Inquisidor permalink
    5 mai 2014 13:38

    @Michel Thys…Cher Monsieur en lisant vos échanges avec Papy je me rends compte que vous devriez étudier Aristote et S.Thomas d’Aquin, Cela vous ferait le plus grand bien. Car enfin votre athéisme qui se veut une position rationnelle necessiterait un peu plus de démonstrations que les affirmations que vous nous adressez comme des vérités apodictiques. Vous êtes athée ? Fort bien, mais quelles sont vos démonstrations rationnelles qui vous permettent d’affirmer avec une certitude de raison, emportant votre conviction, que Dieu n’existe pas ? Merci d’éclairer ma lanterne….

  46. 5 mai 2014 20:59

    Bonsoir Inquisidor,

    Merci d’intervenir dans mon dialogue avec Papy. Il y a plus d’un demi siècle, j’ai étudié Aristote et tous les philosophes des siècles passés, les présocratiques ayant évidemment ma préférence, mais aussi Saint Thomas d’Aquin (un peu moins quand même , je l’avoue !). Et je continue à m’intéresser à ce qu’écrivent les philosophes actuels, croyants ou non. Je m’étonne toutefois que ceux qui sont postérieurs aux années 1950, grosso modo, persistent même encore de nos jours, à ne pas repenser leurs points de vue à la lumière des découvertes de la psychologie et de la neurophysiologie qui sont pourtant les « filles » de la philosophie.

    Je tiens d’abord à préciser que ma conception de l’athéisme m’est évidemment personnelle ! L’athéisme ne nécessite pas, à mon sens, de « démonstrations  rationnelles » car il est naturel à l’être humain,comme aussi, a fortiori, à tous les autres primates dont le néocortex a moins évolué : nous naissons tous « a-thées » !
    Vous aurez d’ailleurs remarqué que les enfants de parents athées ne deviennent jamais croyants, sauf s’ils subissent ultérieurement des influences évangélisatrices spéculant sur la composante irrationnelle de tous les humains, sur de séculaires inquiétudes métaphysiques devenues obsolètes et sur la « quête de sens » à donner à l’existence, du moins lorsque les alternatives non confessionnelles sont occultées par toutes les religions.

    Malgré les apparences, je n’« affirme » pas mon athéisme comme une « vérité apodictique » : je le propose seulement comme une alternative privilégiant une « vérité » personnelle, partielle et donc provisoire, au contact de celles des autres, plutôt qu’une « Vérité » absolue, imposée et trop souvent non remise en question.
    Je n’ « affirme » pas que « Dieu n’existe pas », puisque son existence subjective et imaginaire est une réalité psychique incontestable, ce que je respecte puisque les sciences, même si leurs progrès sont convergents, sont encore loin de comprendre les mécanismes précis de l’origine de la vie à partir d’acides aminés venus d’ailleurs, ni la capacité du vivant à ensuite se complexifier en des milliers d’espèces végétales et animales en s’adaptant à un environnement se modifiant au cours de 3,8 milliards d’années. L’hypothèse séculaire de l’intervention d’un dieu ou d’un grand architecte de l’univers reste donc légitime (bien qu’un peu moins il y a 2.000 ans !).

  47. Inquisidor permalink
    6 mai 2014 15:40

    @Michel Thys…

    Cher Monsieur, merci de me répondre…J’ai lu attentivement ce que vous m’écrivez et il y aurait beaucoup à dire sur vos affirmations qui me semblent dénuées de fondement. Je vais essayer de faire court pour ne pas vous lasser avec mon discours.
    Tout d’abord je crois que vous faites une erreur fondamentale qui est d’identifier foi et croyance en l’existence de Dieu, et ensuite de réduire les deux à de la pure imagination ou à un simple phénomène psychique.
    Comme aristotélicien et thomiste j’ai toujours eu la certitude rationnelle de l’existence de Dieu comme étant le résultat de démonstrations dont les conclusions ont valeur de vérité apodictique. Ici bien sûr entre en jeu toute une philosophie et plus particulièrement une Métaphysique qui se doit d’argumenter et de démontrer ce qu’elle affirme. Ainsi pour moi dire que Dieu existe est une affaire de raison pure et non de foi et si les deux se rejoignent « in fine » c’est tout simplement parce que leur objet est le même bien que la foi en son essence opère de façon différente bien qu’elle s’adresse également à la raison, comme le dit S.Thomas, en ce sens que la foi elle-même n’est pas dénuée de raisons de croire ceci plutôt que cela. Dans le domaine religieux c’est donc le rôle de l’apologétique de rendre compte des raisons de croire…
    En tout ceci le problème est de savoir ce qu’est la vérité et si l’intelligence humaine est capable par voie démonstrative d’atteindre cette vérité qui entraine l’adhésion de notre intelligence avec une telle certitude qu’il serait contradictoire de nier cette vérité. Pour moi l’existence de Dieu comme premier principe d’existence, comme premier moteur, est donc une pure affaire de la raison qui argumente et qui démontre, et c’est en ce sens que la Métaphysique doit être une science bien que son objet propre qu’est l’Etre pris comme tout, se distingue de l’objet des sciences expérimentales qui n’étudient l’Etre que sous un certain rapport et non l’Etre en tant qu’Etre. Les sciences se distinguent selon leur objet propre mais toutes de la même façon argumentent, démontrent et concluent pour atteindre une certitude de raison. En l’absence de certitude de raison ayant valeur de vérité universelle, nous ne sommes plus dans le domaine de la science mais dans celui de l’opinion, de l’imagination et du subjectivisme pur dont la valeur intrinsèque est nulle puisque qu’elle ne peut atteindre un statut universel.

    Alors, quand vous me dites :

    « Je tiens d’abord à préciser que ma conception de l’athéisme m’est évidemment personnelle ! L’athéisme ne nécessite pas, à mon sens, de « démonstrations rationnelles » car il est naturel à l’être humain, comme aussi, a fortiori, à tous les autres primates dont le néocortex a moins évolué : nous naissons tous « a-thées »

    Je vous répondrai simplement que votre athéisme s’arrête à vous -même, il est du pur domaine de l’opinion subjective, car vous êtes incapable de justifier votre athéisme par voie démonstrative qui pourrait alors donner à votre opinion une autre valeur nettement plus intéressante, c’est-à-dire celle de vérité qui pourrait en tant que vérité, s’imposer à toutes les intelligences. Mais ici il est intéressant de remarquer que si votre athéisme est une certitude, ce doit être cependant une certitude de raison pour que votre athéisme ait quelque consistance, car il n’y a pas de certitude qui ne repose en la raison, en tant qu’elle perçoit en son jugement que ceci est vrai ou que ceci est faux. Mais alors comme vous êtes incapable de démontrer votre athéisme par voie rationnelle pure et que cependant votre certitude que Dieu n’existe pas est une certitude de la raison ou du moins devrait l’être, je vous demande d’où provient cette certitude qui a orienté votre choix plutôt en ce sens que dans l’autre ? Car enfin si vous vous dites athée c’est qu’il y a des raisons qui vous font opter pour cette solution plutôt que pour son contraire et si vous niez qu’il y a des raisons c’est que vous ne pensez rien du tout et que votre athéisme relève seulement du sentiment ou du caprice…Enfin que vous prétendiez que l’athéisme est quelque chose de « naturel » me paraît une affirmation totalement sophistique dans la mesure où l’athéisme en tant que négation d’une positivité qu’est Dieu, est un jugement de l’intelligence porté sur une existence, c’est-à-dire « ceci est » ou « ceci n’est pas » et en tant que jugement est une œuvre de la raison. Si l’athéisme était quelque chose de « naturel » il serait impossible de concevoir un autre jugement que celui qui nie Dieu, ce qui est manifestement faux puisque l’intelligence en sa nature est capable de saisir les contraires et les contradictoires et d’affirmer l’un plutôt que l’autre selon des raisons qui doivent relever de la démonstration ou de l’évidence intrinsèque d’une chose. Ce qui est naturel à l’homme c’est de connaître et aussi de juger par son intelligence de ce qui est vrai et de ce qui est faux, non d’affirmer ceci plutôt que cela par nécessité de nature… C’est méconnaitre totalement ce qu’est l’intelligence en son essence, que d’affirmer comme vous le faites que nos jugements seraient comme une nécessité de nature alors que le jugement atteint le vrai en tant que l’Etre s’impose à notre intelligence et en ce sens que la vérité est justement cette adéquation de l’intelligence à l’Etre. On ne nait pas athée, on ne nait pas croyant, on devient chacune de ces choses selon un chemin intellectuel personnel et selon une connaissance reçue et assimilée au cours du temps et on voit ici l’importance de l’éducation des individus tant sur le plan intellectuel que moral et religieux.
    Vous dites ensuite : « Malgré les apparences, je n’« affirme » pas mon athéisme comme une « vérité apodictique » : je le propose seulement comme une alternative privilégiant une « vérité » personnelle, partielle et donc provisoire, au contact de celles des autres, plutôt qu’une « Vérité » absolue, imposée et trop souvent non remise en question. »
    Très bien ! Mais si vous n’affirmez pas votre athéisme comme une vérité apodictique que vaut votre athéisme si vous-même n’êtes pas certain de son apodicité ? Et en quoi serait-il une alternative à quelque chose d’autre et pourquoi aurait-il ce droit d’être cette alternative ? et en vue de quoi ? Et en quoi votre vérité personnelle serait comme vous le dites, à privilégier sur celle des autres? En plus vous nous dites que cette vérité est partielle et provisoire, comme quoi votre athéisme est quelque chose dont vous doutez vous-même, preuve qu’il ne repose en rien sur quelque chose de rationnel qui pourrait convaincre qui que ce soit et encore moins vous-même…En fait votre athéisme relève simplement du sentiment quasi religieux et pire encore comme d’un caprice de celui qui avant tout se veut indépendant en son esprit de toute certitude et de toute contrainte. De fait la seule certitude que vous avez est que vous n’en avez point et visiblement cela vous plait bien, c’est un certain confort intérieur, car cela vous donne un sentiment de liberté illusoire. Mai de fait, vous nagez en plein relativisme et subjectivisme, lesquels s’arrêtent à eux-mêmes et à votre personne bien évidemment… Mais vous avez quand même, pardonnez-moi, le toupet de vouloir nous « proposer une alternative » avec ce néant qu’est votre athéisme! Mais une alternative de quoi, à quoi y pourquoi ? Alors cher Monsieur vous me permettrez de considérer votre pensée totalement inconsistante, vide de sens car ne reposant sur rien qui puisse emporter ma conviction personnelle en un autre sens, faute d’arguments qui puissent me convaincre.

    Enfin vous me dites :

    « Je n’ « affirme » pas que « Dieu n’existe pas », puisque son existence subjective et imaginaire est une réalité psychique incontestable, ce que je respecte puisque les sciences, même si leurs progrès sont convergents, sont encore loin de comprendre les mécanismes précis de l’origine de la vie à partir d’acides aminés venus d’ailleurs, ni la capacité du vivant à ensuite se complexifier en des milliers d’espèces végétales et animales en s’adaptant à un environnement se modifiant au cours de 3,8 milliards d’années. L’hypothèse séculaire de l’intervention d’un dieu ou d’un grand architecte de l’univers reste donc légitime (bien qu’un peu moins il y a 2.000 ans !). »

    Le problème ici n’est pas de savoir si Dieu existe dans les consciences comme « réalité psychique incontestable », mais si Dieu existe en soi, comme premier principe, indépendamment de ce que nous pouvons en connaitre subjectivement. Votre réductionnisme subjectif qui fait de Dieu comme un simple fait de conscience ne nous dit en rien si Dieu est une réalité ou non. Si Dieu existe, il existe en dehors de notre conscience et en dehors des choses en tant justement qu’il en est le principe, et c’est là justement tout le travail de la Métaphysique de démontrer que l’existence de Dieu est un fait qui s’impose à notre intelligence en tant que l’intelligence par le raisonnement et la démonstration est capable de connaitre et d’affirmer comme vrai ce qui n’est pas uniquement de sa constitution interne, et d’atteindre ainsi les principes et les raisons objectives qui nous imposent de poser ce simple jugement d’existence : « Dieu est » , posant ainsi avec une certitude de la raison l’existence d’un premier principe nécessaire. Là encore c’est toute la théorie de la connaissance et toute l’argumentation métaphysique qu’il faudrait exposer mais cela nous entrainerait trop loin…
    Enfin, qu’une vision darwinienne soit incapable d’expliquer les mécanismes originels de la vie, cela me semble d’une grande évidence dans la mesure où comme toute vision mécaniciste de la réalité, elle est incapable de rendre raison de la diversité des choses, de l’émergence de formes nouvelles et encore moins de l’émergence du vivant à partir de la matière inanimée. Ici, la distinction aristotélicienne entre acte et puissance, forme et matière, est d’un grand secours pour résoudre ce type d’aporie en nous montrant avec évidence que le plus ne sort pas du moins, puisque l’être ne sort pas du néant, et que toute forme nouvelle nécessite l’action d’une causalité qui donne la forme laquelle ne peut être contenue dans les parties qui constituent un tout puisque de toute évidence la forme du tout se distingue de celle de ses parties et que les parties, comme on peut le démontrer facilement, ne peuvent être raison suffisante de la forme du tout. Tout ceci est un vaste débat fort intéressant, qui à mon sens ne peut trouver sa solution que dans une saine vision métaphysique de la réalité. Vous-même d’ailleurs sentez bien les limites des théories purement mécanicistes en disant peu après « L’hypothèse séculaire de l’intervention d’un dieu ou d’un grand architecte de l’univers reste donc légitime »… Non seulement elle est légitime mais elle est nécessaire puisqu’elle est la condition « sine qua non » de l’existence des choses, de leur nature et aussi de leurs transformations.
    Pour finir je vous dirai que votre athéisme est plus un athéisme pratique qu’un athéisme théorique… L’existence de Dieu vous dérange c’est une évidence, et quelles que soient les raisons qui vous permettent d’affirmer que Dieu n’existe pas, je ne pense pas que ces raisons soient de bonnes raisons. Pour ma part n’ayant point accès au for interne de votre personne, je ne me permettrais pas d’en juger sur le fond… Ceci est un problème que vous devez résoudre par vous-même et …avec Dieu bien évidemment…

    Salutations.

  48. papy permalink
    6 mai 2014 23:01

    Cher Thys, vous avez votre réponse et une solide base de réflexion et surtout de méditation avec une telle réplique venant d’une personne aussi distinguée dans la connaissance métaphysique. Je n’aurai donc pas la témérité et la prétention de vouloir ajouter quoi que ce soit sur le fond. Votre athéisme pratique est sans doute un caprice d’ordre psycho-affectif et comme tel appelé à passer ou évoluer…..comme tous les caprices! C’est en tout cas ce que je vous souhaite!
    Nos échanges s’arrêteront donc là.
    Cordialités.

  49. 7 mai 2014 12:59

    Messieurs Cellier, Lorans et membres du G.R.E.C. qu’attendez-vous donc pour baiser le coran, élever sur les tables du futur « saint » paul666, les images statuaires de Roncalli et Wojtyla, les honorer de luminaires, de fleurs et d’encens et de chanter leurs louanges en glorifiant vaticand’eux !

    http://sedevacantisme.wordpress.com/2014/05/07/fetons-ca/

    http://resistance-catholique.org/articles_html/2010/06/RC_2010-06-25_B_Dossier_LA-FACE-OCCULTE-DE-LA-FSSPX_la-Double-Vie-de-LAbbe-LORANS.html

    http://www.virgo-maria.org/articles/2006/VM-2006-06-17-3-00-Petite_grammaire_du_GREC_de_l_abbe_Lorans%20%281%29.pdf

    Des Lefebvro-fellayistes et des Guérardo-ricossanistes,

    CES CLERS SONT DÉGRADÉS ET RÉDUITS À LA COMMUNION LAÏQUE.

    http://www.virgo-maria.org/mystere-iniquite/documents/chapters/documents_published/doc6/node96.html

    Le Droit les écarte de tout exercice des fonctions sacrées.

  50. 7 mai 2014 17:01

    Bonjour Inquisidor,
    Je pense que notre échange de vues, malgré sa longueur, devrait intéresser les lecteurs de « LA QUESTION », dans la mesure où il n’a évidemment pas pour but de chercher à se convaincre mutuellement (il est d’ailleurs trop tard pour réviser nos options fondamentales, et j’ai déjà fait mon apostasie il y a plus d’un demi-siècle). Il vise seulement à mieux comprendre nos positions respectives. J’apprécie que vous contestiez la pertinence de mon point de vue, du fait notamment de « l’absence de fondement de mes affirmations ». Permettez-moi, fût-ce au risque de vous heurter (ce dont je vous prie d’avance de m’excuser) de vous retourner cette critique à propos des vôtres, qui me semblent en effet « apodictiques » et même « aporétiques », comme vous dites.

    Je n’« identifie » pas « foi » et « croyance en l’existence de Dieu », parce qu’à mes yeux, la foi émane du cerveau émotionnel, influençable précocement et incapable de raisonnement (il est seulement capable de perceptions sensorielles et sentimentales), tandis que la croyance religieuse pourrait être considérée comme relevant du cerveau rationnel. Via le « corps calleux », nos deux hémisphères sont en connexion constante mais instable, la capacité de raisonner étant hélas inconsciemment influencée émotionnellement au point d’anesthésier parfois tout esprit critique, du moins en matière religieuse (ce que tout croyant conteste évidemment, orgueil oblige, et pour ne pas se déstabiliser dans ses certitudes : en témoigne par exemple le cri du coeur du pasteur belge évangélique Philippe Hubinon disant à la RTBF « S’il n’y a pas eu création, tout le reste s’écroule ! …».).

    Mais il est logique que vous ne souhaitiez pas tenir compte de cette optique psycho-neuro-physiologique, forcément inconnue d’Aristote et de St Thomas. Cette méconnaissance vous est en effet nécessaire pour continuer à prétendre que « la raison et la foi se rejoignent in fine ». Il me semble « jésuitique » d’arguer de « niveaux de conscience » différents, en disant que la raison et la science s’occupent du « comment », tandis que la foi et la religion s’occupent du « pourquoi ». Comme si deux « vérités » (par exemple l’évolutionnisme et le créationnisme, totalement contradictoires pouvaient être « vraies » en même temps, selon le point de vue où l’on se place, en changeant de lunettes  ! La « certitude naturelle de l’existence de Dieu » m’apparaît donc comme une « rationalisation a posteriori », pour rendre la foi et la croyance religieuse intellectuellement acceptables … Vous auriez grand intérêt à lire notamment (cf ma bibliographie) : « La biologie de dieu » , de Patrick JEAN-BAPTISTE, le « Voyage extraordinaire au centre du cerveau », de Jean-Didier VINCENT, etc.

    La « métaphysique » étant une « réflexion portant sur  la connaissance absolue de l’être en tant qu’être » (Larousse), elle me semble comporter une « pétition de principe » et pécher par anthropocentrisme. Quant à « l’apologétique », visant à « montrer la crédibilité des dogmes » (Larousse), elle me paraît totalement obsolète, indéfendable rationnellement et même indigne de l’intelligence et de l’esprit critique dont l’évolution (« Dieu », pour vous) a pourvu l’être humain. Il n’y a évidemment pas de « Vérité absolue » : chaque intelligence humaine devrait idéalement avoir le droit de se forger la sienne, au contact de celles des autres. Mais c’est évidemment en contradiction avec la soumission d’une « Vérité » imposée par les religions !

    Considérer « l’existence de Dieu comme un premier moteur » me semble anthropomorphique. Certes, « en l’absence de certitude de raison ayant valeur de vérité universelle, nous ne sommes plus dans le domaine de la science mais dans celui de l’opinion, de l’imagination ». Mais pas pour autant dans celui du « subjectivisme pur ». Sa valeur intrinsèque n’est en effet pas « nulle » puisque l’on « peut atteindre un statut universel » en reconnaissant qu’il existe des valeurs morales humanistes, « universalisables », acceptables par les croyants et par les incroyants, car bénéfiques à tous et partout, telles que le respect de la dignité de l’homme, de la femme et de l’enfant, celui du droit à leur liberté (effective et non symbolique) de conscience, de pensée et de religion (celle-ci de préférence après avoir eu connaissance des alternatives non confessionnelles !).

    Les sciences ne visent pas « à atteindre une certitude de raison ». Elles sont au contraire plus préoccupées d »infirmer la validité de leurs hypothèses qu’à les confirmer, conformément à la notion de falsifiabilité de Karl POPPER. Ma conception de l’athéisme, bien que personnelle, est partagée par d’innombrables athées. « Une vérité qui pourrait s’imposer à toutes les intelligences », méprisant donc la liberté individuelle serait dogmatique et donc inacceptable !
    Mon athéisme n’est pas « une certitude », puisqu’il me faut théoriquement, par simple honnêteté intellectuelle, ne pas exclure un très improbable élément nouveau (la manifestation concrète et donc irréfutable de « Dieu »). Mais, premier argument, aucun dieu n’a jusqu’à présent donné le moindre indice concret de son existence réelle, ce qui prouve à mes yeux qu’elle n’est qu’imaginaire, éducative et donc illusoire, à condition qu’on ait mis la foi dans dans le cerveau émotionnel des croyants …. Je ne peux pas prouver l’inexistence réelle de « Dieu », aucune inexistence n’étant démontrable, sauf en mathématiques, mais je « justifie » néanmoins mon athéisme « par voie démonstrative » et « par voie rationnelle pure » par une seconde raison évidente, confirmée par les statistiques sociologiques : la foi n’apparaît jamais en milieu athée, sauf influences parasites, comme je l’ai déjà écrit. L’athéisme n’existe d’ailleurs que par légitime réaction d’autodéfense face au prosélytisme, par définition unilatéral, de toutes les religions, et à la soumission à un « Seigneur » qu’elles imposent toutes.

    L’athéisme,comme vous le dites, est bien « un jugement de l’intelligence porté sur (la possibilité !) d’une existence, et en tant que jugement, il est une oeuvre de raison ».L’athéisme, bien que naturel, n’empêche nullement « de concevoir un autre jugement que celui qui nie Dieu », à savoir la réalité subjective et imaginaire de la foi. Mais l’intelligence, lorsqu’elle est influencée dès l’enfance et sans alternatives par les religions, n’est plus « capable de saisir les contraires (…)», parce que le cerveau émotionnel domine le cerveau rationnel. Votre connaissance de « l’intelligence en son essence » me semble uniquement philosophique, négligeant donc les influences psychologiques, inconscientes mais bien réelles (cf Antoine VERGOTE). Je n’ai jamais dit ni écrit que « nos jugements seraient comme une nécessité de nature »: ils résultent d’une réflexion inspirée idéalement par le libre examen à partir de la confrontation de différents points de vue. Vous écrivez que « le jugement atteint le vrai en tant que l’Etre s’impose à notre intelligence (…) » : la majuscule indique qu’il s’agit de « Dieu », ce qui constitue une « pétition de principe ». Croire que « Dieu est » est dogmatique …

    Nous naissons athées ou croyants en fonction de notre milieu éducatif, familial puis scolaire lorsqu’il est confessionnel. De nos jours, de plus en plus de croyants réussissent heureusement à s’affranchir d’une foi qui leur a été imposée de « bonne foi ». Mais il y a une différence fondamentale entre les parents croyants et ceux qui sont incroyants : les premiers, par leurs comportements religieux, influencent affectivement leurs jeunes enfants, naturellement confiants, encore dépourvus d’esprit critique, et ils leur cachent aussi longtemps que possible l’existence des alternatives non confessionnelles. Les seconds,au contraire, s’abstiennent de manifester leur athéisme, ils sont attentifs à développer à tous égards l’esprit critique de leurs enfants au fur et à mesure de leur entendement en les incitant à mettre en doute toute affirmation. Ils leur font découvrir par exemple le phénomène de l’évolution, mais en les incitant à respecter leurs condisciples dont les parents notamment musulmans ou chrétiens fondamentalistes sont créationnistes. En outre, ils développent en eux une force intérieure suffisante pour supporter sereinement les rares inquiétudes métaphysiques non encore expliquées par les sciences.

    L’athéisme est une alternative visant à faire disparaître à terme les antagonismes entre les trois religions monothéistes et les guerres de religions toujours actuelles, au-delà de leurs causes économico-stratégiques. Contrairement à vous qui semblez contester le droit à l’alternative, j’estime que mon athéisme « vaut » par l’absence de toute affirmation dogmatique : « à chacun sa « vérité », choisie en connaissance de cause et aussi librement que possible. Je ne privilégie donc pas ma « vérité personnelle ». Ce n’est évidemment pas parce qu’il m’est impossible de démontrer l’inexistence de « Dieu » (seule son existence imaginaire me semble démontrée) que je douterais de mon athéisme ! En outre, je ne cherche à convaincre personne, chacun ne pouvant se convaincre que lui-même, à son rythme ou alors jamais. Mon athéisme est loin de relever « d’un quasi sentiment religieux « ou d’ un « caprice ».L’hypothèse d’une intervention divine, déjà jugée inutile par les présocratiques puis notamment par LAPLACE, n’a plus à mes yeux qu’un intérêt littéraire et historique, mais il va de soi que la foi restera toujours légitime et respectable.
    Oui, l’existence des dieux, surtout d’Allah, me dérange parce que les religions dérivent souvent en terrorisme (cf les islamistes qui ont récemment enlevé 276 jeunes-filles pour les vendre ! Nous sommes en plein Moyen Age !
    Salutations laïques.

  51. Inquisidor permalink
    9 mai 2014 13:46

    Cher Monsieur merci de me répondre de nouveau. Comme la fois précédente je me contenterai de commenter ce que vous me dites.
    Tout d’abord :
    « Je pense que notre échange de vues, malgré sa longueur, devrait intéresser les lecteurs de « LA QUESTION », dans la mesure où il n’a évidemment pas pour but de chercher à se convaincre mutuellement (il est d’ailleurs trop tard pour réviser nos options fondamentales, et j’ai déjà fait mon apostasie il y a plus d’un demi-siècle). »
    Ah cher Monsieur il n’est jamais trop tard pour se convertir y accéder à la Vérité qui pourrait vous libérer. Il vous suffirait de plier le genou devant Celui qui est « la Voie, la Vérité et la Vie » pour qu’en un instant votre existence ait un sens. J’ai toujours été fasciné par cette capacité de l’homme à se poser comme un principe auto-suffisant dans le seul but de se donner une indépendance et une liberté illusoires. En fait bien trop souvent, il cherche de quelque manière à singer ce qu’il ne pourra jamais être : Dieu. C’est le péché de Satan auquel vous participez d’ailleurs à votre manière dans votre recherche effrénée de ce qui n’est qu’un mirage… Mirage dangereux car en tout cela c’est votre destinée éternelle qui est en jeu et vous devriez vous rendre compte que faire le fanfaron sur cette terre est quelque chose de facile et parfois agréable, mais quelque chose qui ne mène à rien sinon à se priver de la possibilité d’atteindre ce qui est notre véritable finalité.

    « Permettez-moi, fût-ce au risque de vous heurter (ce dont je vous prie d’avance de m’excuser) de vous retourner cette critique à propos des vôtres, qui me semblent en effet « apodictiques » et même « aporétiques », comme vous dites. »
    Ah vous ne me heurtez en rien, rassurez-vous, j’en ai vu d’autres comme on le dit, et je me glorifie d’ailleurs d’être un être dogmatique remplie de certitudes tant sur le plan philosophique que sur le plan religieux. Pour moi la certitude est quelque chose de vital car il est contraire à la nature de l’homme de se satisfaire de l’absence d’une connaissance certaine. Notre intelligence est faite pour connaître, c’est là-même son essence, et pour poser des jugements qui sont vrais ou qui sont faux dans la mesure où il n’y a pas de moyen terme entre le vrai et le faux comme il n’y en a pas entre l’être et le non-être. Le jugement vrai est celui qui nous permet d’atteindre la chose en ce qu’elle est et en cela nous avons une certitude dans la mesure où notre intelligence est adéquate à la chose. C’est d’ailleurs ce qu’exprime tout jugement qui réunit par la copule « être », un sujet et un prédicat. Si je vous dis que « la somme des angles d’un carré est égal à deux pi radians » ou bien ceci est vrai ou bien ceci est faux. Selon le principe de non-contradiction il doit en être ainsi puisqu’une chose ne peut pas « être » et « ne pas être » en même temps et sous le même rapport. Et c’est ce même principe qui nous permet non seulement d’avoir des certitudes mais aussi d’avoir une pensée cohérente…
    Vous me dites ensuite :
    « Je n’« identifie » pas « foi » et « croyance en l’existence de Dieu », parce qu’à mes yeux, la foi émane du cerveau émotionnel, influençable précocement et incapable de raisonnement (il est seulement capable de perceptions sensorielles et sentimentales) »
    Voilà qui me semble une affirmation gratuite que vous seriez bien en peine de me démontrer. C’est seulement un pur « a priori » de prétendre que la foi émane du « cerveau émotionnel ». Ceci est une évidence dans la mesure où on a compris que tout le contenu de la foi est quelque chose de rationnel qui s’adresse donc à l’intelligence parce que la foi est fondamentalement une connaissance, celle que nous avons de Dieu par la Révélation. L’acte de foi en son essence n’est pas un sentiment mais bien plutôt une adhésion de l’intelligence à des vérités qui nous dépassent. C’est en cela que la foi se distingue d’une pure certitude de raison quant aux choses finies, dans la mesure où l’objet de la foi est un objet transcendant. Et la transcendance même de l’objet de foi nécessite quant à l’adhésion de l’intelligence à ces vérités, un coup de pouce qu’est la Grâce, car en soi nous ne pouvons épuiser par notre raison ce qui nous est proposé comme objet de foi. Tout ceci est d’une logique absolue. Si je vous dis par exemple que Dieu est « Un et Trine », cette proposition est vraie ou fausse. Supposons qu’elle soit vraie. Cette proposition vraie en soi ne nous dit pas cependant ce qu’est la Trinité en Dieu d’une façon à en épuiser par notre raison la réalité puisque notre connaissance de Dieu est purement analogique. Mais cela n’empêche pas que cette proposition soit vraie car elle exprime qu’en Dieu il y a bien Trinité des personnes au sein de l’unité de l’essence divine mais selon un mode qui nous échappe en partie puisque comme je viens de le dire, nous ne pouvons pas épuiser par notre raison la réalité de la chose. Nous connaissons Dieu analogiquement et non univoquement comme Dieu lui-même se connait, et donc nous connaissons Dieu selon notre mode de comprendre et ce mode est limité de par les limitations mêmes de notre nature. Ainsi ne pas épuiser par notre raison l’essence divine n’est pas un obstacle au fait que la proposition « Dieu est Un et Trine » soit vraie. Elle est vraie en soi, absolument, puisqu’elle exprime ce qu’est Dieu, et quant à nous, vraie également selon notre mode analogique de le comprendre et puisque nous adhérons par la foi à cette vérité que nous ne pouvons pas épuiser par notre raison. On voit par là que de par la Transcendance divine, une religion vraie sera nécessairement une religion révélée à moins de prétendre que nous pouvons épuiser Dieu par notre raison propre ce qui est absurde. C’est d’ailleurs ce que font toutes les Gnoses, c’est-à-dire prétendre épuiser par la raison humaine ce qui en soi n’est pas épuisable par une raison finie. Systématiquement, elles se terminent en la divinisation de l’homme et/ou en un panthéisme plus ou moins formel qui identifie Dieu et la Nature.
    En tout ceci je ne vois donc point d’émotionnel puisque d’une part l’émotionnel ne peut être raison suffisante d’une adhésion de l’intelligence à des vérités dont le contenu en soi doit être transcendant, et d’autre part puisque l’émotionnel est justement en dehors de la raison et ne peut de soi entrainer de façon suffisante l’adhésion d’une intelligence. C’est justement en cela qu’il y a de fausses religions parce que leurs raisons sont mauvaises et non parce qu’elles seraient dénuées de sentiment ou pleines d’émotionnel à l’excès, et parce qu’il y a en elles, quelque contradiction. Et c’est pour cela qu’il ne peut y avoir qu’une seule vraie religion puisque si Dieu existe, il est unique et les vérités qui s’y rapportent ne peuvent être contradictoires entre elles. S’il y a quelque aspect émotionnel et affectif dans la religion, on ne peut le nier, c’est cependant en dehors de l’essence même de la foi. En effet aimer Dieu et avoir les sentiments qui en découlent comme tout effet découle de sa cause, n’est possible que dans la mesure où on le connait par la raison et par la Révélation qui s’adresse à la raison, et donc par la Foi, qui nous disent ce qu’est Dieu. Comment en effet aimer ce que l’on ne connait pas sous quelque rapport ?
    Votre notion émotionnelle de la Foi est une notion typiquement protestante qui réduit la Foi au sentiment religieux. D’où le Libre Examen qui est moins un questionnement à propos de vérités auxquelles nous devons adhérer, que le fait d’adhérer à ce qui nous plait affectivement. J’allais dire à ce qui nous frotte dans le sens du poil… Ici l’émotionnel prime le rationnel et il est certain que votre vision de la Foi a ses sources en votre éducation protestante… La conception catholique de la Foi est bien différente et vos critiques ne portent donc pas contre elle, comme je viens de l’exposer. Il est certain que si la « raison est la putain du Diable » comme le dit Luther, elle ne pourra qu’être un obstacle à la spontanéité de la Foi conçue comme pur sentiment religieux. Pour le catholique la Foi repose en l’intelligence et non dans le sentiment…J’espère que vous l’aurez bien compris. Vous devriez lire ce que dit S.Thomas d’Aquin à propos de la Foi, en sa Somme Théologique.
    Je me contenterai ici de vous citer ici pour mémoire quelques extraits dont vous excuserez la longueur, et que je laisse à votre méditation…
    Question I, IIa-IIae.
    « ARTICLE 1: La foi a-t-elle pour objet la vérité première?
    Conclusion : L’objet de tout habitus cognitif contient deux choses: ce qui est matériellement connu, qui est comme le côté matériel de l’objet; et ce par quoi l’objet est connu, qui en est la raison formelle. Ainsi, dans la science de la géométrie, ce qui est matériellement su, ce sont les conclusions; mais la raison formelle du savoir, ce sont les moyens de démonstration par lesquels les conclusions sont connues. Ainsi donc, dans la foi, si nous regardons la raison formelle de l’objet, ce n’est rien d’autre que la vérité première; la foi dont nous parlons ne donne pas en effet son assentiment à une chose si ce n’est parce que Dieu l’a révélée; c’est dire que la vérité divine elle-même est comme le moyen sur lequel s’appuie cette foi. Mais, si nous regardons matériellement ce à quoi la foi donne son assentiment, ce n’est plus seulement Dieu lui-même, mais encore beaucoup d’autres choses. Celles-ci cependant ne tombent sous l’assentiment de la foi que par le côté où elles sont de quelque manière ordonnées à Dieu, c’est-à-dire en tant qu’elles sont des effets de la divinité qui aident l’homme à tendre à la jouissance de la divinité. Et c’est pourquoi, même de ce côté, l’objet de la foi est d’une certaine façon la vérité première, en ce que rien ne tombe sous la foi si ce n’est en référence à Dieu, de même que l’objet de la médecine est la santé parce que la médecine ne s’occupe de rien si ce n’est en référence à la santé. »
    Question 2, ARTICLE 1: Qu’est-ce que  » croire « , qui est l’acte intérieur de foi?
    Objections:
    1. On a défini croire:  » Réfléchir en donnant son assentiments.  » Mais réfléchir implique une certaine recherche, car réfléchir (cogitare) se dit au sens d’agiter plusieurs pensées. Mais S. Jean Damascène a dit que la foi  » est un consentement sans discussion « . Donc réfléchir n’appartient pas à l’acte de foi.
    2. Nous le dirons plus loin: la foi réside dans la raison. Mais l’acte de réfléchir est l’acte de la puissance cogitative qui, comme nous l’avons dit dans la première Partie, appartient à l’appétit sensible. Elle n’a donc rien de commun avec la foi.
    3. Croire est un acte de l’intelligence, puisqu’il a pour objet le vrai. Or, donner son assentiment n’est pas, semble-t-il, un acte de l’intelligence, mais de la volonté, comme celui de donner son consentement que nous avons étudié plus haut. Croire n’est donc pas l’acte de réfléchir en donnant son assentiment.
    Cependant, S. Augustin définit ainsi l’acte de croire.
    Conclusion:
    Réfléchir peut se prendre en trois sens. D’abord d’une façon tout à fait générale, dans le sens de n’importe quelle application actuelle de la pensée, comme S. Augustin dit:  » Nous possédons cette intelligence par laquelle nous comprenons en réfléchissant.  » D’une autre façon, on appelle plus proprement réfléchir l’application d’esprit qui s’accompagne d’une certaine recherche avant qu’on soit parvenu à une parfaite intelligence des choses par la certitude que procure la vision. C’est ce qui fait dire à S. Augustin:  » Le Fils de Dieu est appelé non pas la réflexion mais le Verbe de Dieu, car c’est seulement lorsque notre réflexion parvient au savoir et qu’à partir de là elle est formée, qu’elle constitue vraiment notre verbe. Et c’est pourquoi le Verbe de Dieu doit s’entendre sans la réflexion, n’ayant rien en lui qui soit encore en formation et puisse être sans forme.  » Ainsi, on donne proprement le nom de réflexion au mouvement de l’esprit lorsqu’il délibère sans être encore arrivé à son point de perfection par la pleine vision de la vérité. Mais cette sorte de mouvement peut être soit d’un esprit qui délibère à propos d’idées générales, ce qui ressortit à l’intelligence, soit d’un esprit qui délibère à propos d’idées particulières, ce qui ressortit à la faculté sensible. Voilà comment réfléchir est pris d’une deuxième façon pour l’acte de l’intelligence lorsqu’elle délibère; d’une troisième façon pour l’acte de la faculté cogitative.
    D’après cela, si l’on prend l’acte de réfléchir dans son acception commune selon la première manière, lorsqu’on dit  » réfléchir en donnant son assentiment « , on ne dit pas totalement ce qui fait l’acte de croire, car, dans ce sens, même celui qui considère les choses dont il a la science ou l’intelligence réfléchit avec assentiment. En revanche, si l’on prend l’acte de réfléchir dans le deuxième sens, on y saisit toute la définition de cet acte précis qui consiste à croire. Parmi les actes de l’intelligence, en effet, certains comportent une adhésion ferme sans cette espèce de réflexion, comme il arrive quand on considère les choses dont on a la science ou l’intelligence, car une telle considération est désormais formée. Mais certains actes de l’intelligence comportent une réflexion informe et sans adhésion ferme, soit qu’ils ne penchent d’aucun côté, comme il arrive à celui qui doute; soit qu’ils penchent davantage d’un côté mais sont retenus par quelque léger indice, comme il arrive à celui qui a un soupçon; soit qu’ils adhèrent à un parti en craignant cependant que l’autre ne soit vrai, comme il arrive à qui se fait une opinion. Mais cet acte qui consiste à croire contient la ferme adhésion à un parti; en cela le croyant se rencontre avec celui qui a la science et avec celui qui a l’intelligence; et cependant sa connaissance n’est pas dans l’état parfait que procure la vision évidente; en cela il se rencontre avec l’homme qui est dans le doute, dans le soupçon ou dans l’opinion. De sorte que c’est bien le propre du croyant de réfléchir en donnant son assentiment. Et c’est par là que cet acte de croire se distingue de tous les actes de l’intelligence concernant le vrai ou le faux.
    Solutions:
    1. Il n’y a pas à l’intérieur de la foi une recherche de la raison naturelle pour démontrer ce que l’on croit. Mais il y a une recherche de ce qui peut amener l’homme à croire: par exemple parce que Dieu l’a dit, et que c’est confirmé par des miracles.
    2. Nous ne prenons pas ici l’acte de réfléchir comme un acte de la faculté cogitative, mais comme un acte de l’intelligence, nous venons de le dire.
    3. L’intelligence du croyant est déterminée à une chose non par la raison mais par la volonté. Et c’est pourquoi l’assentiment est pris ici pour un acte de l’intelligence en tant qu’elle est déterminée par la volonté à un seul parti.
    « QUESTION 4: LA VERTU DE FOI
    ARTICLE 1: Qu’est-ce que la foi?
    Objections:
    1. La définition donnée par l’Apôtre (He 11, 1);  » La foi est la substance des réalités à espérer, la preuve de celles qu’on ne voit pas « , semble sans valeur. Car aucune qualité n’est une substance. Mais la foi est une qualité puisqu’elle est une vertu théologale, nous l’avons dit. Elle n’est donc pas une substance.
    2. A vertus diverses, objets divers. La réalité à espérer est objet de l’espérance. On ne doit donc pas la placer dans la définition de la foi comme si elle était l’objet de cette foi.
    3. La foi reçoit plus de perfection de la charité que de l’espérance, puisque la charité, comme nous le montrerons, est la forme de la foi. Ce qu’on devait donc mettre dans la définition de la foi, c’était la réalité à aimer plutôt que la réalité à espérer.
    4. Une même chose ne doit pas être placée dans des genres différents. Or substance et preuve sont des genres différents qui ne sont pas subordonnés l’un à l’autre. Il ne convient donc pas de dire de la foi qu’elle est une substance et une preuve. Cette description de la foi est donc incohérente.
    5. La preuve a pour effet de rendre manifeste la vérité de la chose en faveur de laquelle elle est produite. Mais c’est la chose dont la vérité est rendue manifeste qu’on dit être apparente. Il semble donc qu’il y ait une opposition impliquée dans les mots:  » preuve de ce que l’on ne voit pas.  » Cette description de la foi est donc inadaptée.
    Cependant, l’autorité de l’Apôtre s’impose.
    Conclusion:
    Certains disent bien que ces mots de l’Apôtre ne sont pas une définition de la foi, parce que  » la définition indique la nature et l’essence de la chose « , selon Aristote. Cependant, pour qui regarde bien, il est fait allusion dans cette sorte de description à toutes les choses d’où peut être tirée une définition de la foi, encore que les mots ne soient pas arrangés sous forme de définition. C’est ainsi que chez les philosophes l’on traite, en négligeant la forme syllogistique, des principes qui sont à la base des syllogismes.
    Pour le montrer, il faut considérer que, l’habitus étant connu par l’acte, et l’acte par l’objet, la foi qui est un certain habitus, doit être définie par son acte propre au regard de son objet propre. Or l’acte de la foi c’est de croire comme nous l’avons dit: c’est un acte de l’intelligence déterminée à un seul parti sous l’empire de la volonté. Ainsi donc l’acte de la foi est ordonné et à l’objet de la volonté, qui est le bien et la fin, et à l’objet de l’intelligence, qui est le vrai. Et parce que la foi, étant une vertu théologale, possède, ainsi que nous l’avons dit plus haute, la même vérité pour objet et pour fin; à cause de cela il est nécessaire absolument que l’objet de la foi et la fin de la foi se correspondent proportionnellement.
    Or, l’objet de la foi, avons-nous dit, c’est la vérité première selon qu’elle échappe à notre vision, puis les choses auxquelles nous adhérons à cause de cette vérité. D’après cela il faut que cette vérité première se présente elle-même à l’acte de foi comme une fin, sous la raison d’une réalité que nous ne voyons pas. Ce qui aboutit à la raison d’une réalité espérée, selon le mot de l’Apôtre (Rm 8, 25):  » Ce que nous ne voyons pas, nous l’espérons.  » Voir une vérité, en effet, c’est la posséder; or, on n’espère pas ce qu’on a déjà, mais l’espérance a pour objet ce qu’on n’a pas, nous l’avons dit précédemment. Donc l’adaptation de l’acte de la foi à la fin de la foi, en tant que cette fin est objet de volonté, est signifiée quand on dit:  » La foi est la substance des réalités à espérer.  » On a coutume en effet d’appeler substance la première ébauche d’une chose, surtout quand tout ce qui va suivre est contenu virtuellement dans son premier commencement. Si nous disons, par exemple, que les premiers principes indémontrables sont la substance de la science, cela veut dire qu’ils sont le premier élément en nous de la science. De la même façon nous disons donc que la foi est la substance des réalités à espérer. Cela veut dire qu’une première ébauche des réalités à espérer existe en nous par l’adhésion de foi, et que cette première ébauche contient en germe toutes les réalités à espérer. Car nous espérons être béatifiés en ce que nous verrons dans une vision à découvert la vérité à laquelle nous adhérons par la foi, comme on le voit par ce que nous avons dit à propos de la béatitude.
    Quant à l’adaptation de l’acte de foi à l’objet de l’intelligence en tant qu’il est objet de foi, elle est désignée par les mots:  » Preuves des réalités qu’on ne voit pas.  » On prend ici la preuve pour son effet, car elle amène l’intelligence à adhérer à du vrai; aussi, cette ferme adhésion de l’intelligence à une vérité de foi qui n’est pas évidente, c’est elle qu’on appelle ici preuve. C’est pourquoi une autre version a le mot  » conviction « , ce qui veut dire que par l’autorité divine l’intelligence du croyant est convaincue qu’elle doit adhérer à ce qu’elle ne voit pas.
    Donc, si l’on veut ramener ces mots à une définition en forme, on peut dire:  » La foi est un habitus de l’esprit par lequel la vie éternelle commence en nous et qui fait adhérer l’intelligence à ce qu’on ne voit pas.  »
    La foi se trouve distinguée par-là de tout ce qui relève de l’intelligence. En disant  » preuve « , on la distingue de l’opinion, du soupçon et du doute, qui ne donnent pas cette première adhésion ferme de l’intelligence à quelque chose. En disant:  » de ce qu’on ne voit pas « , on distingue la foi de la science et de la simple intelligence par lesquelles quelque chose se manifeste. En disant:  » substance des réalités à espérer « , on distingue la vertu de foi d’avec la foi prise au sens général du mot, qui n’est pas ordonnée à l’espérance de la béatitude.
    Toutes les autres définitions de la foi sont des explications de celle que présente l’Apôtre. Lorsqu’en effet S. Augustin dit que  » la foi est la vertu par laquelle on croit ce qu’on ne voit pas « , lorsque le Damascène, dit qu’elle est  » un consentement sans discussion « , lorsque d’autres disent qu’elle est  » Une certitude de l’esprit en matière de réalités absentes, certitude supérieure à l’opinion et inférieure à la science « , c’est ce que dit l’Apôtre:  » Une preuve de ce qu’on ne voit pas.  » Lorsque Denys dit que la foi est  » le fondement permanent des croyants, ce qui les met dans la vérité et ce qui met la vérité en eux « , cela revient à dire qu’elle est  » la substance des réalités à espérer « .
    Solutions:
    1.  » Substance  » n’est pas pris ici comme le genre le plus commun, celui qui se distingue de tous les autres. Mais en ce sens où l’on trouve en n’importe quel genre quelque chose qui ressemble à une substance. C’est-à-dire que ce qui est premier dans n’importe quel genre, cela contient en soi virtuellement d’autres choses, on dit que c’en est la substances.
    2. La foi appartient à l’intelligence en tant que celle-ci est commandée par la volonté. Il faut donc que la foi soit ordonnée comme à une fin à ce qui fait l’objet des vertus dans lesquelles la volonté trouve
    sa perfection. Parmi ces vertus, nous le verrons plus loin, il y a l’espérance. Et c’est pourquoi on fait entrer l’objet de l’espérance dans la définition de la foi.
    3. La dilection peut avoir pour objet et ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas, ce qui est présent et ce qui est absent. Et c’est pourquoi une réalité à aimer n’est pas aussi proprement adaptée à la foi qu’une réalité à espérer, étant donné que l’espérance a toujours pour objet des choses absentes et qu’on ne voit pas.
    4. Substance et preuve, tels qu’ils sont placés dans la définition de la foi, n’impliquent pas divers genres de foi ni divers actes de la foi, mais, comme nous venons de le préciser, diverses adaptations d’un acte unique à divers objets.
    5. Il est vrai qu’une preuve, lorsqu’elle est tirée des principes propres d’une chose, fait que cette chose est visible. Mais la preuve qui est tirée de l’autorité divine ne fait pas que la chose soit en elle-même visible. Et telle est la preuve dont il s’agit dans la définition de la foi.
    ARTICLE 2: Dans quelle puissance de l’âme la foi a-t-elle son siège?
    Objections:
    1. Il ne semble pas qu’elle ait son siège dans l’intelligence. Car S. Augustin affirme qu’elle  » réside dans la volonté des croyants « . Or la volonté est une puissance différente de l’intelligence.
    2. L’assentiment de foi à une vérité qu’on doit croire provient de la volonté d’obéir à Dieu. C’est dire que toute la louange de la foi parait venir de l’obéissance. Mais celle-ci est dans la volonté. Donc la foi aussi; elle n’est donc pas dans l’intelligence.
    3. L’intelligence est ou spéculative ou pratique. Mais la foi n’est pas dans l’intellect spéculatif: selon la remarque du Philosophe, cet intellect  » ne dit rien de ce qu’il faut faire ou éviter « , il n’est donc pas principe d’opération, tandis que la foi est ce principe qui, selon la parole de l’Apôtre (Ga 5, 6),  » opère par la charité « . La foi n’est pas davantage dans l’intellect pratique, dont l’objet est le vrai en matière contingente de fabrication ou d’action, alors que l’objet de la foi est le vrai éternel comme nous l’avons montré précédemment. La foi n’a donc pas son siège dans l’intelligence.
    Cependant, à la foi succède la vision dans la patrie, selon la parole de l’Apôtre (1 Co 13, 12):  » Nous voyons maintenant par un miroir, en énigme, mais alors ce sera face à face.  » Mais la vision est dans l’intelligence. Donc aussi la foi.
    Conclusion:
    Puisque la foi est une vertu, il faut que son acte soit parfait. Or, pour la perfection d’un acte, lorsqu’il découle de deux principes actifs, il est requis que chacun de ces deux principes actifs soit parfait; on ne peut pas scier convenablement si le scieur ne sait pas son métier et si la scie n’est pas capable de scier. Or, dans ces puissances de l’âme qui se portent à des choses opposées, la disposition à bien agir, c’est l’habitus, nous l’avons dit précédemment. C’est pourquoi il faut que l’acte qui procède de deux puissances de cette sorte reçoive sa perfection d’un habitus qui préexiste en chacune de ces deux puissances. Or, nous l’avons dit plus haut, croire est un acte de l’intelligence selon qu’elle est poussée par la volonté à donner son assentiment, car un tel acte procède et de la volonté et de l’intelligence. Or, ces deux facultés sont destinées à être perfectionnées par l’habitus, nous l’avons vu. Voilà pourquoi il faut qu’il y ait un habitus aussi bien dans la volonté que dans l’intelligence, si l’on veut que l’acte de foi soit parfait; de même que pour avoir un acte du concupiscible qui soit parfait, il faut qu’il y ait l’habitus de prudence dans la raison, et l’habitus de tempérance dans le concupiscible. Néanmoins, croire est immédiatement un acte de l’intelligence, parce que l’objet de cet acte c’est le vrai, lequel appartient en propre à l’intelligence. C’est pourquoi il est nécessaire que la foi, puisqu’elle est le principe propre d’un tel acte, réside dans l’intelligence comme dans son sujet.
    Solutions:
    1. S. Augustin prend ici la foi pour l’acte de foi. Il est vrai de dire qu’il consiste dans la volonté des croyants en tant que c’est sous l’empire de la volonté que l’intelligence adhère aux vérités à croire.
    2. Non seulement il faut que la volonté soit prompte à obéir, mais il faut aussi que l’intelligence soit bien disposée à suivre le commandement de la volonté; de même faut-il que l’appétit concupiscible, dans l’exemple donné, soit bien disposé à suivre le commandement de la raison. Voilà pourquoi il faut qu’il y ait un habitus de la vertu non pas seulement dans la volonté qui commande, mais aussi dans l’intelligence qui adhère.
    3. Le sujet de la foi, c’est l’intellect spéculatif, comme on le voit d’une façon évidente à partir de l’objet même de la foi. Mais, parce que la vérité première, qui est l’objet de la foi, est aussi la fin de tous nos désirs et de toutes nos actions, comme le montre S. Augustin. La foi est agissante par la charité, de même que l’intellect spéculatif, selon le Philosophe, en s’étendant devient pratique. »
    Avec ces quelques extraits de la Somme Théologique j’espère que vous aurez une vision plus claire de ce qu’est la Foi pour un catholique.
    Mais reprenons le commentaire de vos dires :
    « ….tandis que la croyance religieuse pourrait être considérée comme relevant du cerveau rationnel. »
    Ici vous vous contredisez de façon évidente. En effet la « croyance religieuse » relève selon vos dires en tant que « croyance » du cerveau « émotionnel » et non de la raison si je vous ai bien suivi. En effet la croyance est du domaine de la Foi et non de la raison selon vous… Et pour vous la Foi est un processus émotionnel et irrationnel. Alors je ne vois pas comment vous pouvez ensuite me dire que la « croyance religieuse » serait l’affaire du cerceau « rationnel »…. Si vous me parliez de la certitude rationnelle de l’existence de Dieu, alors je pourrais affirmer la même chose bien évidemment…que cette certitude est du domaine du « cerveau rationnel » comme d’ailleurs pour moi la Foi l’est également…
    Ensuite vous me dîtes,
    « Via le « corps calleux », nos deux hémisphères sont en connexion constante mais instable, la capacité de raisonner étant hélas inconsciemment influencée émotionnellement au point d’anesthésier parfois tout esprit critique, du moins en matière religieuse (ce que tout croyant conteste évidemment, orgueil oblige, et pour ne pas se déstabiliser dans ses certitudes : en témoigne par exemple le cri du cœur du pasteur belge évangélique Philippe Hubinon disant à la RTBF « S’il n’y a pas eu création, tout le reste s’écroule ! …»
    Là encore vous vous servez de votre vision protestante de la Foi pour m’opposer quelque chose qui ne me concerne pas…Quant au cri du Pasteur c’est moins un cri du cœur que de sa raison car il est évident que si Dieu ne nous avait pas créés nous ne serions pas là pour en parler et en ce sens tout s’écroule y compris cette conversation ! Le problème de la création est un problème éminemment métaphysique et comme la Révélation nous enseigne la même chose, vous voyez bien qu’ici la raison et la Foi se rejoignent….
    Vous continuez en me disant :
    « Mais il est logique que vous ne souhaitiez pas tenir compte de cette optique psycho-neuro-physiologique, forcément inconnue d’Aristote et de St Thomas. Cette méconnaissance vous est en effet nécessaire pour continuer à prétendre que « la raison et la foi se rejoignent in fine ».
    Comme j’ai aussi un doctorat en médecine vous me permettrez d’avoir quelque notion en neurophysiologie comme en neuropathologie. Pour moi le cerveau est un organe, certes particulier, mais en tant qu’organe il ne nous dit absolument pas ce qu’est la nature de l’intelligence, de la connaissance, de la faculté d’abstraire, et donc de ce pouvoir de connaître l’universel, pouvoir si particulier à l’esprit humain, et aussi il ne nous dit rien de cette capacité d’atteindre la vérité au sein même de nos jugements. Il ne nous dit rien du problème fondamental de ce qu’est la personne en son unité ontologique, il ne nous dit rien sur la nature de la volonté et de la conscience. Réduire comme vous le faites toutes ces facultés de l’âme à de simples processus neuropsychiques me fait bien sourire je dois l’avouer. Encore une vue mécaniciste et réductionniste issue d’un scientisme que vous me permettrez de qualifier de primaire. Alors, que S. Thomas et Aristote n’aient pas eu certaines de ces notions scientifiques modernes n’enlèvent rien à la puissance de leurs réflexions concernant les problèmes susdits puisque de toute façon la solution à ces questions relève de la philosophie. Vous devriez lire le traité de l’âme d’Aristote et les études poussées de S. Thomas en ses nombreux ouvrages sur toutes ces questions pour vous convaincre qu’il n’est pas nécessaire d’avoir recours à une « optique psycho-neurophysiologique » pour résoudre ces problèmes…
    Alors je ne vois en rien comment « cette méconnaissance me serait nécessaire pour continuer à prétendre que la raison et la foi se rejoignent in fine »… Déjà je vous l’ai dit la Foi comme la raison ont un même objet et se réfèrent toutes deux à une même puissance de l’âme qu’est l’intelligence. Alors ce que vous me dites ensuite me fait aussi doucement sourire. En effet les sciences expérimentales, comme œuvre de la raison, s’occupent du « comment » car leur objet n’est pas l’Etre en tant qu’Etre, mais seulement l’Etre pris sous le rapport de ses transformations et selon certaines de ses Catégories comme la quantité. Quant à la Métaphysique comme son objet est l’Etre en tant qu’Etre elle s’occupe du pourquoi car elle s’occupe des principes et des causes. Mais les deux sont œuvre de la raison et elles ne s’opposent en aucune façon mais bien plutôt elles se complètent. Ce ne sont donc pas de « niveaux de conscience » dont il s’agit mais bien plutôt de niveaux d’abstraction et d’objet propre de chaque science, dont il s’agit. Ainsi la certitude naturelle de l’existence d’un premier principe n’est donc pas une « rationalisation a posteriori » comme vous le dites, mais bien plutôt le résultat d’un travail de l’intelligence sur la réalité qui nous entoure et sur ses conditions d’existence. C’est parce que la contingence des choses nous impose de poser un premier principe que nous concluons la nécessité de ce premier principe pour que l’univers soit intelligible. En cela rien d’une rationalisation « a posteriori » mais bien plutôt le résultat de syllogismes et de démonstrations dont les conclusions s’imposent comme vraies.
    Vous me dites ensuite,
    « La « métaphysique » étant une « réflexion portant sur la connaissance absolue de l’être en tant qu’être » (Larousse), elle me semble comporter une « pétition de principe » et pécher par anthropocentrisme. »
    Où est donc la pétition de principe ? Je pense que vous n’avez pas compris ce qu’est l’objet propre de la Métaphysique car ce n’est pas Dieu comme vous le supposez. Quant en Métaphysique on parle de l’Etre en tant qu’Etre on ne se réfère en rien à Dieu comme premier principe qui en tant que premier principe est posé comme conclusion de syllogismes qui procèdent eux-mêmes de l’analyse des conditions générales de l’Etre. Ainsi quand on parle de l’Etre en Métaphysique on parle de l’objet propre de la Métaphysique, c’est-à-dire de ce qui existe pris en général et selon ses caractéristiques générales et sa distribution analogique qui s’exprime par la diversité des essences et des existences , des conditions d’existence de la réalité, de ce qui distingue l’essence de l’existence en toute chose et des principes et des causes qui dirigent le fait qu’il y ait quelque chose plutôt que rien. Et que tout ceci nous impose par voie démonstrative de poser un premier principe cause de tout être particulier n’implique en rien que Dieu soit a priori de travail mais bien plutôt le résultat du travail de l’intelligence métaphysique. Dieu est une conclusion nécessaire, non un principe à partir duquel on partirait pour démontrer ce qu’on aurait déjà poser de quelque façon, ce qui serait évidemment une pétition de principe !
    Où est donc aussi l’anthropocentrisme ? Là franchement je ne vois pas en quoi il y a comme anthropocentrisme dans le travail de la raison qui porte sur l’analyse des réalités qui nous entourent !
    Vous continuez en disant :
    « Quant à « l’apologétique », visant à « montrer la crédibilité des dogmes » (Larousse), elle me paraît totalement obsolète, indéfendable rationnellement et même indigne de l’intelligence et de l’esprit critique dont l’évolution (« Dieu », pour vous) a pourvu l’être humain. »
    L’apologétique cher Monsieur tente de démontrer, et elle le démontre d’ailleurs, que si Dieu existe, cela entraîne diverses conséquences et que ces conséquences nécessaires s’imposent à notre esprit. Tout le travail de l’apologétique est de démontrer ainsi que nous avons de bonnes raisons de croire plutôt ceci que cela. L’apologétique ne prétend pas épuiser le mystère de Dieu, elle prétend démontrer que nos raisons de croire non seulement sont fondées mais que leur négation conduit à des contradictions qui nous rendent incapables de donner une explication globale et cohérente. Alors je ne vois pas en quoi l’apologétique serait « obsolète, indéfendable » et encore moins « indigne de l’intelligence ». Elle est bien au contraire un travail élevé de l’intelligence qui raisonne et démontre ! Vous devriez lire quelque traité d’apologétique pour vous en convaincre…Je vous donnerai de bonnes références si vous le désirez…
    Ensuite vous me dites sur votre lancée subjectiviste et non dénuée d’idéalisme :
    « Il n’y a évidemment pas de « Vérité absolue » : chaque intelligence humaine devrait idéalement avoir le droit de se forger la sienne, au contact de celles des autres. Mais c’est évidemment en contradiction avec la soumission d’une « Vérité » imposée par les religions ! »
    La Vérité n’est pas d’abord imposée par les religions car elle est d’abord imposée par la raison en tant que la Vérité est l’objet propre de la raison quand elle juge ! Vous me dites qu’il n’y a pas de vérité absolue ? Fort bien ! Mais ce que vous dites se réfute facilement.
    Tout d’abord sur un plan purement dialectique, si vous me dites qu’il n’y a pas de vérité absolue alors c’est que votre affirmation elle-même est fausse car en ce sens ce serait de votre part poser une vérité absolue de la soutenir comme vrai. Je veux dire par-là que votre affirmation est vraie ou fausse. Si elle est vraie alors le contenu de votre affirmation détruit la vérité de votre affirmation, ainsi il devient faux de dire qu’il n’y a pas de vérité absolue. Et comme il n’y a pas de moyen terme entre le vrai et le faux le contenu de votre affirmation implique qu’elle est fausse puisqu’elle prétend englober toute vérité. Or de fait elle n’englobe pas toute vérité puisqu’ il y a une vérité qui n’est pas relative selon vous, c’est-à-dire d’affirmer comme vrai absolument « qu’il n’y a pas de vérité absolue ». On en conclut donc facilement qu’il y a nécessairement une vérité absolue à moins de poser en l’esprit une contradiction interne. Enfin, si votre affirmation est fausse, la cause est entendue, il y a bien une vérité absolue. Dans les deux cas de figure vous êtes obligé de reconnaître qu’il y a une vérité absolue puisque la proposition « il n’y a pas de vérité absolue » se détruit par elle-même…
    Sur un plan un peu philosophique, toute vérité est absolue dans la mesure où elle relie un prédicat et un sujet et en ce sens toute proposition qui formule un jugement est vraie ou fausse, vraie quand le prédicat est relié réellement au sujet et fausse dans le cas contraire. Il n’y a donc pas de vérité relative puisque le principe de non-contradiction nous impose comme loi de la raison (fondée sur la cohérence ontologique des choses), d’affirmer qu’une chose ne peut pas être ceci et cela en même temps et sous le même rapport.
    Ensuite, vous ajouter :
    « Considérer « l’existence de Dieu comme un premier moteur » me semble anthropomorphique. Certes, « en l’absence de certitude de raison ayant valeur de vérité universelle, nous ne sommes plus dans le domaine de la science mais dans celui de l’opinion, de l’imagination ». Mais pas pour autant dans celui du « subjectivisme pur ». Sa valeur intrinsèque n’est en effet pas « nulle » puisque l’on « peut atteindre un statut universel » en reconnaissant qu’il existe des valeurs morales humanistes, « universalisables », acceptables par les croyants et par les incroyants, car bénéfiques à tous et partout, telles que le respect de la dignité de l’homme, de la femme et de l’enfant, celui du droit à leur liberté (effective et non symbolique) de conscience, de pensée et de religion (celle-ci de préférence après avoir eu connaissance des alternatives non confessionnelles !) »
    Je prétends que les valeurs morales humanistes dont vous parlez, relève d’un vague syncrétisme dont l’unité est factice et du domaine de l’imagination, car enfin les fondements mêmes de ces valeurs telles que vous les entendez s’arrêtent comme valeurs à la subjectivité de chaque individu. C’est de plus sous-entendre que chacun est source de la morale selon sa vue personnelle et subjective et je me demande bien qu’elle unité à valeur universelle ce type de « valeur » peut bien avoir si ce qui les fondent n’est pas au-delà de la pure subjectivité individuelle. S’il n’y a pas un fondement de la morale qui soit objectivement au-delà de la conscience personnelle alors toute morale à valeur universelle s’effondre ipso facto. De fait ce relativisme moral qui est le vôtre conduit tout droit à l’anarchie et par réaction face à cette anarchie au totalitarisme le plus pur. Faute de voir que les fondements de la morale reposent en la Loi Naturelle et par conséquent en la Loi Eternelle qui en est la source, vous êtes incapable de donner un loi morale qui s’impose à tous puisque dans le cas présent chacun pourra poser sa loi personnelle et sa morale personnelle comme un absolu et comme le seul principe et le seul critère valable pour chaque individu. Ainsi il y aura opposition de morales diverses et de fait ce sera la loi du plus fort qui imposera sa loi comme on le voit si souvent dans ce monde qui a perdu toute notion de ce qu’est une morale véritable. Ainsi votre syncrétisme qui prétend universaliser ce qui n’est pas universalisable est l’expression la plus pure de cette intolérance totale qu’implique la loi du plus fort qui se moque de la vérité en soi et qui ne s’intéresse en fait qu’à imposer sa vue personnelle en lui donnant fallacieusement un statut universel de vérité.
    « Les sciences ne visent pas « à atteindre une certitude de raison ». Elles sont au contraire plus préoccupées d’infirmer la validité de leurs hypothèses qu’à les confirmer, conformément à la notion de falsifiabilité de Karl POPPER. »
    Voilà à mon sens un beau sophisme car si les sciences n’apportent aucune connaissance certaine et universelle, alors elles sont inutiles et ne relèvent même pas du domaine de l’opinion. A suivre ce raisonnement délirant en le poussant jusqu’à son terme, on en arriverait à dire qu’une vrai science est celle qui ne se compose que des négations d’elle-même et que pour cette raison elle n’aurait pour objet que le Néant de science. Ah quel beau progrès de la pensée humaine que voilà ! La science suprême serait donc celle qui ne passerait son temps qu’à se renier elle-même ! On tombe dans l’absurde !
    Ensuite,
    « Ma conception de l’athéisme, bien que personnelle, est partagée par d’innombrables athées. « Une vérité qui pourrait s’imposer à toutes les intelligences », méprisant donc la liberté individuelle serait dogmatique et donc inacceptable ! »
    L’opposition que vous faites entre « vérité qui s’impose à toute les intelligences » et « liberté individuelle » est un pur sophisme car pour être libre il faut avoir cette capacité de choix qui ne peut s’exercer que dans la mesure où la finalité qui dirige le choix est connue et connue comme vraie finalité. On choisit toujours en vue d’une fin et la liberté elle-même qui ne porte que sur les moyens est dépendante de cette fin. Il n’y a donc pas de liberté absolue au sens où cette liberté serait dénuée de toute relation quant à ce qui motive son exercice. Alors une vérité qui s’impose à toutes les intelligences bien loin d’être un frein à la liberté est au contraire la condition même pour que cette liberté puisse s’exercer. La liberté n’est pas de faire ou de penser n’importe quoi, mais bien plutôt de choisir et d’agir en fonction d’une fin objective qui est un bien, et connue comme fin, ce qui justifie l’action et les moyens employés librement pour l’atteindre. Et cette fin objective si elle est ultime a donc valeur universelle et de par cette valeur universelle s’impose à toutes les intelligences. Votre horreur du dogme est en fait une horreur de la vérité qui s’impose à l’intelligence puisque pour vous ce qui s’impose à l’homme ne peut être que quelque chose qui s’oppose à sa liberté, liberté chimérique et absurde, telle que vous la concevez bien entendu! Car de fait votre liberté réelle est très limitée de par les limites mêmes de votre nature humaine ! Vous faites de la liberté une sorte d’absolu divin sans limite alors que vous n’êtes même pas libre de sortir des limites de votre nature humaine…
    « Mon athéisme n’est pas « une certitude », puisqu’il me faut théoriquement, par simple honnêteté intellectuelle, ne pas exclure un très improbable élément nouveau (la manifestation concrète et donc irréfutable de « Dieu »). Mais, premier argument, aucun dieu n’a jusqu’à présent donné le moindre indice concret de son existence réelle, ce qui prouve à mes yeux qu’elle n’est qu’imaginaire, éducative et donc illusoire, à condition qu’on ait mis la foi dans le cerveau émotionnel des croyants »
    Ce que vous dites est faux et totalement faux car ce Dieu dont vous parlez s’est révélé à ses créatures pour qu’elles le connaissent et pour qu’elles l’aiment et pour qu’ainsi elles puissent atteindre leur finalité ultime qui est l’union avec ce principe unique de toute chose qu’est Dieu. Toute l’histoire de la Révélation, et il suffit de s’y intéresser pour s’en convaincre, est là pour nous montrer que Dieu ne reste pas en sa Transcendance mais bien que de toute éternité il a voulu que l’homme l’aime et le connaisse. On pourrait parler des heures du message intrinsèque de Christianisme, de sa vertu civilisatrice, de son rôle dans les sociétés pendant 2000 ans…Rien que cela est en soi un miracle quand on pense que le Christ a été crucifié comme un simple voleur…
    « Je ne peux pas prouver l’inexistence réelle de « Dieu », aucune inexistence n’étant démontrable, sauf en mathématiques, mais je « justifie » néanmoins mon athéisme « par voie démonstrative » et « par voie rationnelle pure » par une seconde raison évidente, confirmée par les statistiques sociologiques : la foi n’apparaît jamais en milieu athée, sauf influences parasites, comme je l’ai déjà écrit. L’athéisme n’existe d’ailleurs que par légitime réaction d’autodéfense face au prosélytisme, par définition unilatéral, de toutes les religions, et à la soumission à un « Seigneur » qu’elles imposent toutes. »
    Franchement quand je lis ce passage je me demande comment vous pouvez dire que vous ne pouvez pas prouver l’inexistence de Dieu mais que cependant vous le faites par voie démonstrative. Mais qu’est-ce donc qu’une voie démonstrative sinon prouver que ce que l’on dit est vrai ! Donc vous le pouvez prouver sans pouvoir le prouver ce qui est un beau tour de force ! Enfin que la foi n’apparait jamais en milieu athée non seulement est une affirmation gratuite mais de plus ne prouve rien du tout ! En effet la Foi comme toute chose se transmet, au moins en ses éléments qui la préparent, par la transmission d’une connaissance et donc par un enseignement ! Alors dire qu’en milieu athée il n’y a jamais la Foi qui émerge, c’est comme dire que dans le désert rien ne pousse ! Mais cela ne signifie d’aucune façon que c’est une preuve que rien ne peut pousser ailleurs ! Réellement face à la faiblesse de votre argumentation il y a de quoi sourire !
    « …L’athéisme, bien que naturel, n’empêche nullement « de concevoir un autre jugement que celui qui nie Dieu », à savoir la réalité subjective et imaginaire de la foi. »
    Je nie de nouveau que l’athéisme soit naturel, je l’ai déjà dit, car s’il était un fait de nature on se demande bien comment l’idée même d’un principe premier de toute chose aurait bien pu émerger dans les intelligences ! Et votre appel bidon au cerveau émotionnel pour expliquer l’émergence de la Foi est encore un beau sophisme, car vous nous dites que c’est de ce cerveau que nait la Foi comme imagination, et alors je me demande si les athées ont bien ce cerveau puisque selon vous « la foi n’apparaît jamais en milieu athée » et je me demande aussi comment, si l’athéisme est quelque chose de naturel, ce cerveau émotionnel a bien pu produire un jour cette idée de Dieu et de foi ! Si l’athéisme est naturel et comme une protection selon vos dires contre les « bêtises » produites par le cerveau émotionnel alors comment donc ces « bêtises » ont bien pu émerger un jour ! Franchement cher Monsieur vous dites n’importe quoi ! On pourrait ajouter que si le cerveau émotionnel produit Dieu et la Foi, cette production serait autant naturelle que les productions de cerveau rationnel à moins de prétendre que ce cerceau émotionnel n’est pas naturel ! Ce qui fait encore bien sourire !
    Tout le reste de votre discours me semble hélas un conglomérat de sophismes, d’affirmations gratuites, qui s’ajoutent les uns aux autres… Par exemple :
    « Mais l’intelligence, lorsqu’elle est influencée dès l’enfance et sans alternatives par les religions, n’est plus « capable de saisir les contraires (…)», parce que le cerveau émotionnel domine le cerveau rationnel. »
    Et bien je vous dirais la même chose avec votre athéisme ! L’intelligence, lorsqu’elle est influencée dès l’enfance et sans alternatives par l’athéisme, n’est plus « capable de saisir les contraires » ce qui prouve bien que votre athéisme est une religion, celle de l’homme qui se fait Dieu.
    « Votre connaissance de « l’intelligence en son essence » me semble uniquement philosophique, négligeant donc les influences psychologiques, inconscientes mais bien réelles (cf Antoine VERGOTE). Je n’ai jamais dit ni écrit que « nos jugements seraient comme une nécessité de nature »: ils résultent d’une réflexion inspirée idéalement par le libre examen à partir de la confrontation de différents points de vue. Vous écrivez que « le jugement atteint le vrai en tant que l’Etre s’impose à notre intelligence (…) » : la majuscule indique qu’il s’agit de « Dieu », ce qui constitue une « pétition de principe ». Croire que « Dieu est » est dogmatique … »
    Non ici la majuscule ne désigne pas Dieu comme je vous l’ai déjà expliqué alors votre critique tombe à l’eau….Il n’y a pas plus de pétition de principe que de beurre en broche….
    Ensuite vous me dites ce que vous me pardonnerez d’appeler un blabla complètement vide, je cite :
    Nous naissons athées ou croyants en fonction de notre milieu éducatif, familial puis scolaire lorsqu’il est confessionnel. De nos jours, de plus en plus de croyants réussissent heureusement à s’affranchir d’une foi qui leur a été imposée de « bonne foi ». Mais il y a une différence fondamentale entre les parents croyants et ceux qui sont incroyants : les premiers, par leurs comportements religieux, influencent affectivement leurs jeunes enfants, naturellement confiants, encore dépourvus d’esprit critique, et ils leur cachent aussi longtemps que possible l’existence des alternatives non confessionnelles. Les seconds, au contraire, s’abstiennent de manifester leur athéisme, ils sont attentifs à développer à tous égards l’esprit critique de leurs enfants au fur et à mesure de leur entendement en les incitant à mettre en doute toute affirmation. Ils leur font découvrir par exemple le phénomène de l’évolution, mais en les incitant à respecter leurs condisciples dont les parents notamment musulmans ou chrétiens fondamentalistes sont créationnistes. En outre, ils développent en eux une force intérieure suffisante pour supporter sereinement les rares inquiétudes métaphysiques non encore expliquées par les sciences. »
    On se demande bien comment ils peuvent supporter par une force intérieure « les rares inquiétudes métaphysiques non encore expliquées par les sciences »… C’est déjà poser un a priori scientiste de prétendre que les sciences expérimentales peuvent expliquer ce qui n’est pas de leur compétence, à savoir ce qui est métaphysique. Il faudrait d’abord que vous puissiez me prouver que les sciences sont à même de donner une raison globale et explicative suffisante du fait qu’il y a quelque chose plutôt que rien. Le mystère même de l’Etre n’est pas accessible aux sciences puisque comme je l’ai déjà dit elles ne prennent pas l’Etre en tant qu’Etre comme sujet d’étude, mais elles le prennent seulement sous un certain rapport comme je l’ai expliqué plus haut. Je pense que vous avez un gros problème pour comprendre que toute science se définit par son objet et que les niveaux d’abstraction diffèrent justement en fonction de l’objet de chaque science. La Métaphysique est justement cette science qui prend l’Etre selon toutes ses catégories et en cela elle relève du niveau d’abstraction maximal et elle seule est capable de résoudre les problèmes qui concernent les principes et les causes… Faute de faire ces distinctions les scientistes- matérialistes dont vous faites partie, sont incapables de comprendre pourquoi les sciences expérimentales ne pourront jamais donner une explication exhaustive de la réalité…

    Pour finir je commenterai les dernières lignes de votre réponse :
    « L’athéisme est une alternative visant à faire disparaître à terme les antagonismes entre les trois religions monothéistes et les guerres de religions toujours actuelles, au-delà de leurs causes économico-stratégiques. »
    Voilà l’illusion typique des gens comme vous ! Les antagonismes dont vous parlez proviennent de l’antagonisme qui existe en la vérité et l’erreur et il en sera ainsi jusqu’à la fin des temps ! Et vous croyez réellement qu’une négation qu’est votre athéisme suffira pour réconcilier l’humanité ? Comment un vide de quelque chose peut-il être un principe unificateur ? Seule la Vérité nous rend libre cher Monsieur et seule la Vérité est principe de paix véritable et d’unité véritable entre les hommes, non votre mirage d’athéisme qui se résout à une négation pure qui est un concept vide et donc une absence même d’idée …

    « Contrairement à vous qui semblez contester le droit à l’alternative, j’estime que mon athéisme « vaut » par l’absence de toute affirmation dogmatique : « à chacun sa « vérité », choisie en connaissance de cause et aussi librement que possible. »
    Voilà une vue que je pourrais appeler de très « maçonnique » … C’est le genre de sophisme permanent qui traine dans toutes les loges de la terre… J’ai déjà dit ce que je pensais de ce subjectivisme forcené fondé sur une fausse idée de la liberté de l’homme…
    « Je ne privilégie donc pas ma « vérité personnelle ». Ce n’est évidemment pas parce qu’il m’est impossible de démontrer l’inexistence de « Dieu » (seule son existence imaginaire me semble démontrée) que je douterais de mon athéisme ! »
    C’est bien la preuve que votre athéisme est une foi pure puisque vous ne pouvez pas en démontrer son contenu, et une foi combattante et agressive contrairement à ce que vous voulez nous faire croire car vous imposez votre relativisme comme une vérité apodictique. Votre allergie envers Dieu et votre haine de tout ce qui pourrait vous obligez à voir que votre liberté n’est pas un infini, vous égare complètement….
    « En outre, je ne cherche à convaincre personne, chacun ne pouvant se convaincre que lui-même, à son rythme ou alors jamais. Mon athéisme est loin de relever « d’un quasi sentiment religieux « ou d’un « caprice ». »
    Ceci je le nie totalement, l’athéisme est votre religion, c’est-à-dire votre religion issue de votre divinité personnelle qui ne supporte aucune limite à sa liberté, et c’est cela qui vous plait ! Alors de grâce arrêter de nous faire croire que votre foi n’est pas une foi qui se veut conquérante et qui serait une pure tolérance de tout et de n’importe quoi…Vous pourrez peut-être faire avaler ceci à des personnes non prévenues, mais personnellement je ne m’y laisserais point prendre…
    « L’hypothèse d’une intervention divine, déjà jugée inutile par les présocratiques puis notamment par LAPLACE, n’a plus à mes yeux qu’un intérêt littéraire et historique, mais il va de soi que la foi restera toujours légitime et respectable. »
    Encore un tissu de contradiction car en quoi quelque chose qui n’a aucune valeur à vos yeux peut bien avoir quelque légitimité et être respectable ?! Votre pseudo tolérance ne trompera personne cher Monsieur… En fait vous êtes dogmatique et totalitaire au sein même de votre relativisme et de votre subjectivisme personnel et votre rêve inavoué serait bien de pouvoir l’imposer à tous comme une règle absolue, sinon vous ne seriez pas ici en train de défendre votre position et dans le cas contraire, vous feriez bien alors de vous « contenter de remuer le petit doigt » comme le disait Aristote !
    « Oui, l’existence des dieux, surtout d’Allah, me dérange parce que les religions dérivent souvent en terrorisme (cf les islamistes qui ont récemment enlevé 276 jeunes-filles pour les vendre ! Nous sommes en plein Moyen Age ! »
    Oui les fausses religions finissent toujours en terrorisme car l’erreur est source de divisions, de guerre et de totalitarisme, il suffit de voir ce qui se passe en ce monde pour s’en convaincre…Seule la vraie Religion peut quant à elle être principe d’unité entre les hommes en leur donnant le sens de leur véritable finalité éternelle, et les raisons profondes du pourquoi ils existent en ce bas monde… « Je suis la Voie, la Vérité et la Vie » disait Notre Seigneur et on s’aperçoit que s’éloigner du Christ comme Dieu fait homme et s’éloigner de son Eglise comme moyen unique d’atteindre cette finalité, est la source de tous nos malheurs… Ne vous en déplaise !
    Salutations catholiques…

    • papy permalink
      9 mai 2014 21:54

      Il nous faut, chers lecteurs de ce blogue, remercier le Docteur M…(alias Inquisidor). qui a bien voulu nous faire profiter de sa science métaphysique et thomiste au cours de cet échange très intéressant et musclé, quoique cordial!
      « Qui ne dit mot consent » aurais-je tendance à dire au sujet du silence circonstancié des habituels intervenants de ce blogue….
      Quant aux administrateurs de La Question, ils auront sans doute apprécié (d’où leur modération) cette joute doctrinale A.M.D.G.
      Pax vobis!

    • 11 mai 2014 01:23

      Bonjour Inquisidor,
      Je réponds à votre message du 9 mai à 15,10h.
      Malgré sa longueur exceptionnelle, qui aurait épuisé plus d’un athée, c’est bien volontiers que je poursuis cet échange de vues avec vous. Paradoxalement, nous avons un point commun : mon incapacité, rationnelle, à redevenir croyant, et la vôtre, émotionnelle (quoi que vous en pensiez, par  rationalisation a posteriori), à devenir incroyant !
      Mais c’est surtout parce que votre apologie « jésuitique » de la « Foi » confirme, du moins à mes yeux, ma thèse de la fréquente impossibilité pour des croyants, aussi intelligents et instruits soient-ils, de parvenir à remettre en question les certitudes, ce dont vous témoignez magistralement à mon sens.

      « Plier le genou » ? !! Quelle horreur ! Ce symbole de soumission serait pour moi indigne de la capacité d’autonomie et de responsabilité individuelle dont l’évolution (« Dieu » pour vous !), a pourvu le (seul) cerveau humain ! : D’ailleurs, comme disait Henri Poincaré :
      « La pensée ne doit jamais se soumettre, ni à un dogme, ni à un parti, ni à une passion, ni à un intérêt, ni à une idée préconçue, ni à quoi que ce soit, si ce n’est aux faits eux-mêmes, parce que, pour elle, se soumettre, ce serait cesser d’être ».
      Ni la « destinée éternelle », ni « Satan », ni le « péché », ni la notion de « finalité », etc. qui semblent tant vous inquiéter, n’ont pour moi le moindre sens, s’agissant à mes yeux de créations de l’esprit, induites par les religions.

      Se contenter d’une « certitude », ce serait renoncer à toute réflexion, cette autre capacité évolutive de « l’intelligence » du cerveau humain.
      Certes, philosophiquement et jésuitiquement parlant, « selon le principe de non-contradiction, une chose ne peut pas « être » et « ne pas être en même temps et sous le même rapport ». Mais ce n’est plus vrai, me semble-t-il, depuis que la psychologie religieuse constate, à son grand dam sans doute, que le cerveau émotionnel peut concevoir une « vérité » affective, subjective et imaginaire, annihilant celle qu’aurait suggéré le cerveau rationnel s’il n’avait pas été anesthésié par une éducation religieuse émotionnelle précoce.

      « Le contenu de la foi » n’est pas « quelque chose de rationnel qui s’adresse à l’intelligence », car dans ce cas, celle-ci rejetterait d’office toutes les invraisemblances bibliques (la multiplication des pains, la marche sur l’eau, l’immaculée conception, la résurrection, etc, etc.). Seul le cerveau émotionnel, occultant l’esprit critique et le bon sens sont capables de produire de telles croyances. Et seule la méconnaissance de son fonctionnement peut faire croire à la « Révélation ». Prétendre que « la foi est fondamentalement une connaissance, celle que nous avons de Dieu par la Révélation », et que « l’acte de foi en son essence n’est pas un sentiment mais bien plutôt une adhésion de l’intelligence à des vérités qui nous dépassent », cela revient à se réfugier dans l’ignorance, excusable à l »époque, des philosophes et théologiens des siècles passés : tout ce qui était mystérieux et inexpliqué, à commencer par le fonctionnement cérébral, était attribué à « Dieu », ce qui constitue une solution de facilité et une pétition de principe évidentes !
      La psychologie et la neurophysiologie commencent à peine à comprendre l’origine de la foi et sa persistance neuronale, et elles ne se prononcent pas sur la métaphysique et la philosophie, mais leurs observations me semblent déjà suffisantes pour que l’on puisse en déduire des hypothèses explicatives pertinentes du phénomène religieux, ce à quoi vous vous refusez manifestement, comme pour ne pas risquer de devoir remettre en question vos certitudes.

      Pour vous, « la foi est un objet transcendant » : j’y vois un oxymore … !
      D’ailleurs, « la transcendance même de l’objet de foi nécessite quant à l’adhésion de l’intelligence à ces vérités, un coup de pouce qu’est la Grâce » ! Et pour cause …
      Désolé, mais je ne vais pas vous suivre dans vos arguties jésuitiques concernant la « Trinité », cette autre pétition de principe : un dieu qui » se connaît lui-même » est anthropomorphique. La « Transcendance divine » est évidemment irrationnelle. Il n’est pas question de prôner une « divinisation de l’homme et/ou en un panthéisme plus ou moins formel qui identifie Dieu et la Nature », mais seulement de favoriser un système éducatif pluraliste et non prosélyte qui développerait, en connaissance de cause, le droit effectif de croire ou de ne pas croire, ainsi que l’autonomie, la responsabilité humaine et le respect de la différence de l’autre.

      Les religions ne sont ni fausses, ni vraies : ce sont des institutions qui sont toutes condamnables moralement et même juridiquement, parce qu’elles exploitent la crédulité, avec la complicité des politiques, et pour leur grand profit financier, en imposant depuis toujours la soumission à des dieux qui ne se sont pourtant jamais manifestés concrètement, à des prophètes qui n’ont jamais dit tout ce qu’on leur a fait dire, et à des « commandements » (au mieux moralisateurs, au pire mortifères) imposés par des livres « sacrés » manipulés au cours des siècles. « Si Dieu existe (j’apprécie le « si »!), il est unique et les vérités qui s’y rapportent ne peuvent être contradictoires entre elles ». Sauf qu’Allah aussi est prétendument le seul dieu ! D’où les antagonismes croissants et les affrontements sanglants entre religions, passés, présents et à venir !

      Prétendre que « la Révélation s’adresse, par la Foi, à la raison » me fait bondir.
      Le protestantisme, en permettant une « certaine » interprétation des textes bibliques, est certes à l’origine du « libre-examen ». Mais, contrairement à votre interprétation, celui-ci prône le recours à la raison et rejette toute influence irrationnelle. Mon éducation protestante, d’ailleurs tiède et par simple tradition familiale (père catholique, mère protestante, tous deux non pratiquants) a seulement favorisé ma remise en question (je me croyais en effet « du bon côté  de la barrière dogmatique »). C’est un franc-maçon adogmatique qui s’en est aperçu et qui m’a fait découvrir les options non confessionnelles qu’il était encore possible d’occulter dans les années cinquante.

      « La conception catholique de la Foi », je l’ai surtout découverte via feu le chanoine Antoine Vergote., dans « Psychologie relieuse », en 1966. Ce qu’a écrit « S.Thomas d’Aquin à propos de la Foi, en sa Somme Théologique », malgré quelques réflexions et idées pertinentes, n’a plus à mes yeux qu’un intérêt littéraire et me semble obsolète du fait de la pétition de principe qui discrédite tout son discours, pour se convaincre lui-même et les autres : il présuppose en effet l’existence réelle de « Dieu », alors qu’elle n’est selon moi qu’imaginaire et donc illusoire. Je n’ai donc fait que survoler ce texte. C’est comme si vous me citiez des versets bibliques : je ne les lis plus …

      Je n’ai pas retrouvé le contexte de la phrase où j’ai écrit « ….tandis que la croyance religieuse pourrait être considérée comme relevant du cerveau rationnel ». Je ne me contredis pas. Le conditionnel indique d’ailleurs que la « croyance religieuse relève bien du cerveau « émotionnel » et non de la raison (vous m’avez « bien suivi »)

      Nous n’en savons finalement pas tellement plus qu’au Moyen-Age, ce qui vous permet d’écrire : « Le cerveau est un organe, certes particulier, mais en tant qu’organe il ne nous dit absolument pas ce qu’est la nature de l’intelligence, de la connaissance, de la faculté d’abstraire, et donc de ce pouvoir de connaître l’universel, pouvoir si particulier à l’esprit humain, et aussi il ne nous dit rien de cette capacité d’atteindre la vérité au sein même de nos jugements. Il ne nous dit rien du problème fondamental de ce qu’est la personne en son unité ontologique, il ne nous dit rien sur la nature de la volonté et de la conscience .
      Est-ce une raison d’en rester aux conceptions obscurantistes de cette époque ?

      La raison et la foi, loin de « se rejoindre in fine ou de se compléter à des niveaux de d’abstraction  différents », s’excluent mutuellement, car la notion d’un « premier moteur est anthropomorphique et donc très suspecte d’ être erronée, ce qui plaide en faveur d’une « rationalisation a posteriori ».
      Pour contester l’accusation de pétition de principe et d’anthropomorphisme, vous arguez du fait que l’objet de la métaphysique n’est pas « Dieu » mais « l’Etre ». Je ne suis pas dupe : ce sont de quasi synonymes.

      Vous écrivez :« L’apologétique prétend démontrer que nos raisons de croire non seulement sont fondées mais que leur négation conduit à des contradictions qui nous rendent incapables de donner une explication globale et cohérente. Alors je ne vois pas en quoi l’apologétique serait « obsolète, indéfendable » et encore moins « indigne de l’intelligence ». Je vous réponds : tout simplement à cause de l’éternelle pétition de principe qui la sape ! «Le « travail élevé de l’intelligence qui raisonne et démontre » ne peut s’appliquer qu’à des réalités ou à des faits concrets!

      « La Vérité est l’objet propre de la raison quand elle juge ! ». Non : quand elle se soumet !
      « Sur un plan purement dialectique, si vous me dites qu’il n’y a pas de vérité absolue, alors c’est que votre affirmation elle-même est fausse car en ce sens ce serait de votre part poser une vérité absolue de la soutenir comme vrai ». Et « si elle est vraie alors le contenu de votre affirmation détruit la vérité de votre affirmation, ainsi il devient faux de dire qu’il n’y a pas de vérité absolue », et (…) et pas davantage de « vérités relatives » sur « le plan philosophique » !
      Je n’ai jamais vu, à défaut d’argument pertinent, un sophisme plus jésuitique (= intellectuellement malhonnête) que celui-là !
      En effet, je n’affirme rien : j’estime, je propose seulement une opinion différente !

      Bien au-delà des valeurs subjectives « de chaque individu », le plus souvent imposées par les religions et peu respectueuses de la dignité humaine, je persiste à affirmer qu’il y a des valeurs « humanistes « universalisables », ce qui exclut que « chacun est source de la morale selon sa vue personnelle et subjective ». Il n’y a donc pas de « relativisme moral » comme le prétendent les catholiques fondamentalistes dont vous faites manifestement partie, pas plus que de « Loi Naturelle » ou Eternelle ». Aucune « loi morale » ne peut s’imposer à tous : ce serait dogmatique et intolérant ! En revanche, la morale laïque (= non confessionnelle) propose de faire découvrir à tous les adolescents les valeurs humanistes et elle les incite à les respecter librement. Mais la promotion de ces valeurs est évidemment combattue par les politiciens inféodés aux religions.

      Je suis sidéré de lire que, selon vous, les sciences, faute d’« apporter une connaissance certaine et universelle » seraient « inutiles et ne relèvent même pas du domaine de l’opinion » ! Tout scientifique sait pourtant que la science procède volontairement par expérimentations visant à faire progresser lentement les connaissances en s’abstenant de toute conclusion hâtive et surtout irrationnelle.
      En outre, la notion de « finalité », et encore moins de « vraie finalité », est inconcevable pour un scientifique : il cherche plus à infirmer une hypothèse de travail qu’à la confirmer, et il arrive même qu’il fasse une découverte à laquelle il ne s’attendait pas (celle de la péniciline en est l’exemple classique). Un recherche qui serait orientée dans un but précis, notamment commercial, exclut toute liberté d’investigation scientifique.

      Oui, mon « horreur du dogme est en fait une horreur de la vérité qui s’impose à l’intelligence ». Mais la liberté n’est ni « chimérique » ni « absurde ». Elle est seulement « très limitée par les limites mêmes de la nature humaine » que sont les nombreuses influences inconscientes (héréditaires, hormonales, éducatives culturelles, sociales, religieuses, idéologiques, politiques, etc.). Ne projetez pas : il n’est pas question de faire de la liberté « une sorte d’absolu divin » !
      »
      Dire que « Dieu s’est révélé à ses créatures pour qu’elles le connaissent et pour qu’elles l’aiment et pour qu’ainsi elles puissent atteindre leur finalité ultime qui est l’union avec ce principe unique de toute chose qu’est Dieu »,ou que « Dieu a voulu que l’homme l’aime », c’est plus qu’une pétition de principe : c’est une tautologie !.

      La « vertu civilisatrice du christianisme » pendant 2.000 ans : un miracle ? Vous gommez donc l’Inquisition, les guerres de religions , etc !? La crucifixion du « Christ » a bien arrangé les chrétiens persécutés par les Romains puisqu’ils en ont fait un martyr et que cela a permis d’inventer la « résurrection ».

      Je pense que seule l’existence subjective et imaginaire de « Dieu »peut être prouvée par la psychologie et la sociologie. La corrélation entre un milieu croyant unilatéral et la persistance de la foi est une évidence statistique, de même que la corrélation entre une éducation athée et l’absence de foi.

      « L’idée même d’un principe premier de toute chose » a pu « émerger dans les intelligences » après quelque 100.000 ans d’évolution de certains primates. Les athées ont le même cerveau émotionnel que les croyants, mais ils ne le laissent pas dominer leur cerveau rationnel.
      Il est vrai que le cerveau rationnel d’un enfant d’athée, du moins s’ils sont attentifs à le préserver des endoctrinements religieux et sectaires, ne court pratiquement pas de risque. Il est même exact que les influences parentales rationnelles hypothèquent le « libre choix » d’un adolescent entre croyance et incroyance. C’est sans doute le seul point sur lequel nous sommes d’accord. Même en lui faisant faire un « stage » dans une « immersion religieuse », son esprit critique sera toujours là …
      Mais cela ne fait pas du tout de « l’athéisme une religion », puisqu’il n’impose rien : un adolescent athée peut très bien « virer sa cuti » et devenir croyant si cela correspond mieux à ses aspirations : il est libre !

      Les sciences expérimentales n’ont pas la prétention de donner « une raison globale et explicative suffisante du fait qu’il y a quelque chose plutôt que rien », surtout pas à propos de la métaphysique ou « du Mystère de l’Etre », ni de « donner une explication exhaustive de la réalité », qu’elle soit concrète ou a fortiori subjective ! La métaphysique n’est pas une science, mais une branche de la philosophie, tout comme la théologie.….

      Les antagonismes politique proviennent, non pas de l’antagonisme qui existe en la vérité et l’erreur, mais de la prétention de posséder et d’imposer sa propre vérité aux autres. Je n’imagine pas que « l’athéisme suffira pour réconcilier l’humanité », surtout tant que les religions empêcheront l’humanisme laïque de faire connaître qu’il existe une morale laïque, une spiritualité laïque, etc.
      Les religions continueront donc à se combattre, et l’humanisation de l’être humain prendra encore plusieurs siècles … Si, pour vous, l’athéisme est « un mirage qui se résout à une négation pure qui est un concept vide et donc une absence même d’idée », cela prouve que n’avez rien compris, ni à l’athéisme, ni forcément à la franc-maçonnerie adogmatique puisque vous n’en faites pas partie.
      La « Vérité » ne rend pas libre : elle asservit.

      Contrairement aux croyants qui imposent leur foi et combattent l’athéisme, les athées tels que moi n’imposent pas leur athéisme et ne combattent pas la foi (elle est légitime et respectable !). Ils combattent seulement le dogmatisme et le néocléricalisme des religions à cause de la soumission qu’elles réussissent hélas à imposer en spéculant sur la fragilité du cerveau émotionnel.
      L’athéisme impose évidemment « des limites à la liberté ».
      « Quelque chose qui n’a aucune valeur à mes yeux » peut avoir une légitimité et être respectable : accepter la différence de l’autre, c’est la définition de la tolérance.
      Ne projetez pas sur moi votre dogmatisme, votre intolérance et votre totalitarisme religieux !

      Je ne défends pas ma « position » : je cherche seulement, je l’ai dit cent fois , à éventuellement ouvrir d’autres horizons à certains croyants, et je tiens à répondre à des accusations infondées à l’égard de la la laïcité, de l’athéisme ou de la franc-maçonnerie, mais toujours à titre personnel.
      C’est la prétention d’être LA vraie religion qui est « source de divisions, de guerre et de totalitarisme ». Tant mieux pour vous si vous croyez qu’il existe une « finalité éternelle » et des « raisons profondes du pourquoi les hommes existent en ce bas monde ».
      Je pense que nous avons suffisamment fait le tour de nos divergences, et qu’il est temps de clore cet échange qui, je l’ai dit, conforte mon explication de l’imprégnation souvent indélébile des croyances religieuses. Je vous en remercie.

      Cordialement,
      Michel THYS

  52. Inquisidor permalink
    12 mai 2014 14:34

    Cher Monsieur en effet il es meilleur que nous arrêtions un débat inutile…A quoi bon en effet perdre son temps à vous réfuter point par point, j’ai d’ailleurs d’autres choses plus intéressantes à faire, puisque de toute façon vous ne voulez pas de la Vérité. Votre problème est fondamentalement celui du refus de Dieu et cela « suinte » à chaque ligne de votre réponse……Je ne retiendrai qu’une seule phrase de tout cet ensemble de sophismes de mensonges plus gros les uns que les autres, et plein tout autant d’absence de véritables réfutations de ce que je vous ai dit…

    Je vous cite:.

     » La « Vérité » ne rend pas libre : elle asservit. »

    Et bien c’est parfait, restez donc dans vos erreurs puisque celles-ci vous plaisent et vous rendent « libre » !..Mais n’oubliez pas que ce type de « liberté » aura un prix…

    Votre « Non serviam » radical est celui de votre père véritable, celui du Mensonge, je veux dire le Diable, et votre « Non serviam » est au-delà de toute possibilité humaine de vous atteindre puisqu’il trouve sa source non en votre raison mais en votre volonté qui refuse la Vérité car elle vous obligerait à vous soumettre…

    En ceci vous être un pur produit de l’initiation maçonnique, cette Maçonnerie que les Pontifes Romains ont eu bien raison jadis de condamner comme la Contre-Eglise tout droit sortie de l’Enfer, merci de me le montrer clairement encore une fois, et vous avez probablement pour toujours choisi votre camp, celui de la Révolte…C’est votre droit, si on peut dire, mais sachez que votre combat est le mauvais combat, d’ailleurs perdu d’avance, car jamais vous n’aurez la victoire finale contre Celui qui est « La Voie, la Vérité et la Vie » ….

    +Salutations.+

  53. papy permalink
    13 mai 2014 12:04

    L’idolâtrie est donnée par la Bible comme le premier et constant reproche adressé par Dieu aux Hébreux. Mais quand on pense aux idoles, on imagine volontiers les statues, les sources ou les grands hommes vénérés dans l’Antiquité ou, plus récemment en Asie, le culte de certaines personnalités évocatrices de Nabuchodonosor. Or, dans la science contemporaine, bien des traits idolâtriques se rencontrent : sa vaine prétention à tout expliquer, en particulier l’origine des êtres, ses promesses non tenues, la crédulité à son égard, les protestations de ses sectateurs dès qu’on en vient à l’égratigner, etc. Surtout : sa fonction principale, qui semble être de détourner nos regards vers les seules causes secondes, de faire écran entre les créatures et leur Créateur. Mais cette science laïcisée et aseptisée, en perdant toute possibilité de nous enthousiasmer, en refusant de nous introduire au Sens qu’appellent tous les sens partiels, finit par débiliter ceux qui continuent de l’adorer : elle les enfle au lieu de les élever.
    Le péché par excellence reproché à Israël par le Dieu de ses Pères a toujours été, sous une forme ou sous une autre, l’idolâtrie. « Dieu jaloux », YHWH ne supporte pas que l’on adore ou que l’on divinise tout autre être que Lui-même. Cette « jalousie » divine est un des points les mieux établis de toute la théologie (plus de 15 appuis scripturaires dont Ex 20, 5 ; Dt 4, 24 ; 5, 9 et 6, 15 ; etc.), car il se déduit immédiatement de l’amour divin : « Prends garde d’oublier jamais l’alliance de YHWH ton Dieu (…) et de te faire quelque représentation taillée au ciseau (…) ; car YHWH ton Dieu est un feu dévorant, un Dieu jaloux » (Dt 4, 23-24). Il s’agit d’un attribut substantiel de Dieu, propre même à Lui servir de nom : « YHWH, son nom est Jaloux. » (Ex 34, 14)
    L’idole peut être Nabuchodonosor, ou bien les étoiles du ciel ou encore une statue nommée Bel (Dn 14, 3) : seul le vrai Dieu est Un, comme la vérité, tandis que l’erreur est multiple comme les faux dieux.

    En dehors des idoles mentionnées dans la Bible, on a vu des hommes adorer un totem, une source, une montagne ; on en voit aujourd’hui, et de très doctes, faire de la Terre une divinité : Gaïa ! Évoquons encore la religion cosmique d’Einstein1 ou tout simplement la divinisation de la Nature, depuis le XVIIIe siècle. Elle n’est plus alors cette vaste collection des êtres vivants ou inertes qui nous entourent, mais un véritable sujet : « la Nature » guide les mutations favorables qui transforment les écailles de reptile en plumes d’oiseau ; elle règle le cours des astres et enseigne au poulain, sitôt né, à se tenir en équilibre sur ses quatre pattes. Selon le mot de Lamarck : « Si l’on considère la diversité des formes, des masses, des grandeurs et des caractères que la nature a donnée à ses productions, la variété des organes et des facultés dont elle a enrichi les êtres qu’elle a doués de la vie, on ne peut s’empêcher d’admirer les ressources infinies dont elle sait faire usage pour arriver à son but2. »
    Quant aux critiques faites aux idoles par la Bible, il s’agit de
    leur vanité, tels des souffles sans consistance ( הבלים havalym, cf.
    Dt 32, 21) ; ce sont des mensonges ( כזבים kizavym, cf . Am 2, 4),
    qui donc induisent en erreur, des images, des choses irréelles
    produites par l’imagination ( צלם tsélem, cf. Nb 33, 52)2F
    3. La jalousie divine n’est pas dirigée contre les idoles : l’Être par excellence n’a
    que faire de ce qui n’est pas ! Elle vise l’homme qui les vénère, car
    il a méconnu sa grandeur native, oublié sa vocation sublime et s’est
    ainsi détourné de Dieu. Saint Grégoire de Naziance n’hésite pas à
    proclamer que l’idolâtrie est le plus grand de tous les maux, parce
    qu’elle est « le transfert à la créature de l’honneur dû au
    Créateur

    En gardant à l’esprit tous ces points, il n’est pas difficile de reconnaître dans la science contemporaine une véritable idole.
    Certes, il est bien passé le temps du « scientisme ridicule », celui d’un Berthelot qui ne réclamait plus que « quelques dizaines d’années pour achever la science » ! C’était emboucher un peu vite la trompette du triomphe, et il fallut bien déchanter, en raison notamment des paradoxes où s’est emmêlée la physique, cette discipline considérée pourtant comme le paradigme de toutes les sciences, comme le modèle d’une connaissance certaine. Il s’agit désormais d’un « scientisme mou », dont les prudents énoncés vont au devant de toute réfutation, derrière un bouclier imparable : la théorie du modèle ! Si le modèle se trouve vérifié : vive la science, notre science ! Si le modèle est invalidé : vive notre méthode scientifique, qui permet à la science de progresser sans cesse ! Ainsi l’idole n’a-t-elle jamais tort. Mais derrière ces triomphes, d’autant plus persuasifs qu’ils paraissent modestes, l’idole est encore là : elle n’a pas renié ses fausses promesses. Outre qu’elle n’a toujours pas fait le bonheur de l’humanité, il en est deux particulièrement criantes : sa prétention à dire le vrai et sa prétention à dire l’origine des choses.
    Si le mot « vérité » a disparu du langage des articles savants, la vérité objective sur les choses n’en demeure pas moins annexée par les sciences. À quelque question que ce soit, on imagine qu’une réponse scientifique existe. « C’est scientifique ! » est l’argument imparable, auquel on n‘imagine même pas qu’il soit possible de répliquer.
    Or connaître, aujourd’hui comme hier, c’est connaître par les causes. Toute l’ambiguïté des prétentions de la science vient d’une confusion (involontaire) commise par Galilée entre précision et certitude. Car on peut avoir mesuré un phénomène avec une précision « astronomique », sans pour autant savoir avec certitude ce qu’il est. Ainsi de la gravitation, toujours aussi mystérieuse qu’elle l’était aux yeux de Newton ! Le courant électrique, si commun qu’on imagine tout en savoir, nous est représenté comme le déplacement d’électrons dans un conducteur, à une vitesse de quelques centimètres par seconde. Or, lorsqu’on ferme un circuit, ces électrons s’ébranlent d’un bout à l’autre, immédiatement, sans qu’on sache comment s’en transmet le signal. La nature de la
    lumière nous échappe, même sous son mode corpusculaire, le plus simple à imaginer. Et que dire de la nature l’eau !
    Einstein5 écrivait à Max Born, vers 1950 : « Dire qu’il y a des imbéciles qui croient savoir ce qu’est un photon ! » Et si l’on en vient aux êtres vivants, le mystère se fait plus impénétrable encore. Plus que jamais, se vérifie cet apophtegme d’Hippocrate : « Savoir, c’est la science ; croire savoir, c’est l’ignorance ».
    En réfléchissant à ces faits (et à tant d’autres semblables) on comprend que l’idole, non seulement ne tient pas ses promesses, mais encore ne les tiendra jamais.
    La seconde prétention, plus insoutenable encore, est celle de nous révéler les origines de l’univers, de la Terre ou de la vie. Or les lois de fonctionnement d’un objet quelconque ne sont pas celles qui ont présidé à son apparition. Les métamorphoses d’un papillon, si finement connues soient-elles, ne donnent aucune clef sur l’apparition du premier couple de l’espèce.
    Ce sont là deux phénomènes de nature radicalement différente. De même les lois de l’érosion des montagnes sous l’action du vent, de la pluie et du gel, ne peuvent guère nous renseigner sur leur surgissement. À ces limitations évidentes de notre capacité à reconstituer un passé inobservé, s’ajoute une considération plus décisive encore : il n’est pas invraisemblable que Dieu, quand Il parle, sache ce qu’Il dit. S’il a pris soin de nous transmettre un récit circonstancié des origines, peut-être savait-Il que nous aurions besoin de telles indications, hors de portée de notre science. Isaïe précise en effet : « C’est moi, YHWH, qui ai fait toutes choses, qui seul ai déployé les cieux, affermi la Terre, sans personne avec moi. » (Is 44, 24)
    À cette oeuvre solitaire des Six Jours6, que nous appelons la Création, succède le repos de Dieu, au Septième Jour. Certes, Dieu n’est pas fatigué !
    5 Rappelons qu’Einstein n’a pas reçu son Prix Nobel au titre de la théorie de la Relativité (laquelle suscitait une grande perplexité chez les physiciens), mais pour sa découverte de l’effet photoélectrique. Il était donc particulièrement qualifié pour évoquer les photons.
    6 Sans même le concours des anges, précisent bien des Pères de l’Église.

    Ce « repos » signifie qu’alors seulement, l’univers étant achevé, complet, « très bon » (Gn 1, 31)7, les causes secondes entrent en scène et notre science, connaissance limitée à l’action des causes secondes, peut naître. Un des grands mérite de la science écologique est précisément de nous montrer comment les créatures ont besoin les unes des autres, comment les règnes se complètent en s’interpénétrant. Si le règne animal a clairement besoin du monde végétal, l’inverse est également vrai : les abeilles notamment, sont nécessaires à la pollinisation de multiples espèces, comme les bactéries de la flore intestinale à l’assimilation des aliments. On peut admirer cette fine harmonie du cosmos ; on voit mal comment il aurait pu fonctionner hors de cette complétude, et la science véritable, fondée sur l’observation, n’en saura jamais rien. Dès lors, pourquoi refuser au récit de la Création sa portée irremplaçable ? Se tourner vers la science-idole est bien ici le crime irrémissible : crime contre l’intelligence, car on délaisse le réel pour lui préférer la fiction ; crime contre Dieu, car on écarte sa Parole pour donner crédit à une création humaine.
    « Vous êtes dans l’erreur, parce que vous méconnaissez les Écritures et la puissance de Dieu » (Mt 22, 29) ! Ce reproche s’avère intemporel, car il ne s’adresse pas seulement aux sadducéens niant la survie de l’âme, il vaut plus encore à l’endroit des adorateurs de la science.
    Ces derniers méconnaissent les Écritures, réduisant la Genèse à un conte oriental et rapportant ses multiples indications factuelles à la science, supposée rudimentaire, des Anciens. Ils méconnaissent la puissance de Dieu par leur ignorance de l’articulation entre les causes secondes et la cause première. C’est là réduire le réel au connu, en ignorant à quel point les merveilles de la Création
    7 L’adjectif hébreu טוב tov, généralement traduit par « bon », a aussi le sens
    de « beau ». Ce mot annonce ainsi l’harmonie d’une Création qui, à son
    terme, s’est achevée en « cosmos » (dans son double sens d’ordre et de
    parure, en grec), notion qui fonde toute l’écologie, mais nous interdit
    d’imaginer que l’univers ait pu fonctionner inachevé, incomplet, vu
    l’interdépendance réciproque de tout le créé, en particulier de toutes les
    créatures vivantes qui l’habitent.

    Combien il est fréquent de voir les savants nier ce qu’ils ne comprennent pas !
    L’homéopathie en donne un magnifique exemple. Au-delà de 12 CH8 en effet, le nombre de molécules présentes dans la solution devient inférieur au nombre d’Avogadro : on peut donc considérer qu’il ne reste plus rien de la substance mise en solution au départ. L’action thérapeutique sera donc assimilée à un « effet placebo ». Mais cette interprétation « officielle » ne tient pas, car l’homéopathie vétérinaire est remarquablement efficace, même dans des cas où la pharmacopée classique est restée sans effet. Il faudrait donc admettre qu’un autre phénomène intervient, sans doute lié à l’énergique succussion pratiquée lors de chaque dilution centésimale. Mais la science contemporaine s’avère pour le moment incapable d’appréhender ce phénomène : on choisit alors de le nier, plutôt que de reconnaître les insuffisances de l’idole, plutôt que d’admirer surtout la munificence du Créateur à notre égard et de lui rendre gloire.
    À propos des géants « fameux dès l’origine », dont la puissance technique dut être considérable, le prophète Baruch nous dit sobrement : « Ils ont disparu car ils ne possédaient pas la vraie science » (Ba 3, 28). La vraie science, en effet, n’enfle pas ; elle nous fait devenir meilleurs car elle nous rend humbles devant la puissance de Dieu. En 1855, le capitaine Phinney, commandant la Gertrude, écrivait à Maury, le fondateur de l’océanographie : « Je suis heureux d’apporter ma contribution en vous fournissant des informations pour perfectionner votre grand et splendide travail, non seulement en montrant les routes océaniques les plus rapides pour les navires, mais encore en nous enseignant à nous, marins, à regarder autour de nous et à voir les merveilleuses manifestations de la sagesse et de la bonté de Dieu qui nous entourent en permanence. En ce qui me concerne, je puis bien avouer que pendant de nombreuses années j’ai commandé un bateau et, sans avoir jamais été insensible aux beautés de la nature en mer ou sur terre, je sens pourtant que jusqu’à ce que
    8 Soit 12 dilutions centésimales successives (en ne retenant à chaque fois qu’un centième du volume du solvant utilisé, eau ou alcool), ce qui réduit la teinture-mère initiale dans un rapport de 10 à la puissance 24.

    j’eusse abordé votre oeuvre je parcourais les océans les yeux bandés.
    Je ne pensais pas ; je ne connaissais pas les desseins étonnants et magnifiques de toutes les oeuvres de Celui que vous appelez si admirablement « la Grande Première Pensée. »
    J’estime qu’en dehors de tout profit pécuniaire tiré de vos travaux, vous m’avez fait du bien en tant qu’homme. Vous m’avez appris à regarder au-dessus, autour et au-dessous de moi et à reconnaître la main de Dieu dans chaque élément qui m’entoure. Je vous suis reconnaissant pour ce bienfait personnel.»9
    À l’opposé, en faisant de la nature une sorte de déesse féconde, en érigeant les lois discernées dans les choses, en règles à portée ontologique, notre science choisit de ne plus proclamer la puissance de Dieu. Chez Newton ou Leibniz, chez Cuvier ou Agassiz comme, bien sûr, chez Maury, on entendait clairement leur admiration pour le Créateur. Au vu des merveilles qu’il découvrait, notamment chez les insectes mais pas seulement, Réaumur s’exclamait en 1742, en avouant sa perplexité devant la régénération des organes chez l’hydre : « une découverte qui à la vérité déroute nos anciennes idées, et nous jette dans de nouveaux embarras sur la nature des animaux et sur leur conformation la plus intime, mais qui étend nos vues et peut nous en faire naître de nouvelles. Au moins nous apprend-elle que toutes les merveilles que nous avons entrevues dans l’organisation de certains animaux, ne sont rien en comparaison de celles qui y existent réellement10. »
    Mais aujourd’hui, la langue des savants se dessèche à la seule pensée d’évoquer le Créateur. Un étrange mutisme apparaît, autre trait de l’idole faite de main d’homme à laquelle ils ont voué allégeance : elle ne saurait parler.
    9 In Memoriam Matthew Fontaine Maury, LL.D. 1873, in Actes de l’Academic Board de l’Institut Militaire de Virginie, Lexington, Va. À l’occasion de la mort du Commodore M.F. Maury, LL.D. Pr de Physique à l’Institut Militaire de Virginie, pp. 21-22. Sur la vie et l’oeuvre de Matthieu F. Maury, se reporter aux Cep n° 24 et 25.
    10 RÉAUMUR, Mémoires pour servir à l’histoire des insectes, 6 vol., Paris, Imprimerie royale, 1734-1742, t. VI, p. LI.

    Répugnant à évoquer la puissance de Dieu, ils s’infligent collectivement la punition donnée au prêtre Zacharie, le père du Baptiste, qui n’avait pas cru que sa femme Élisabeth, restée stérile jusqu’à la vieillesse, pourrait enfanter : ils sont devenus muets. Que l’on ouvre l’une quelconque de ces centaines de publications « à comité de lecture » où se font connaître les travaux scientifiques : il ne se trouvera pas un seul article où – fût-ce au détour d’une description ou d’une conclusion – percera un peu d’enthousiasme ou poindra cet  »émerveillement » devant les choses qui pourtant, selon Platon, est au point de départ de la connaissance (Théétète 155 d) !
    Cette science laïcisée, aseptisée, attentive à taire l’Essentiel, a fini par perdre sa propre intelligibilité : on n’y sait plus ce qui a motivé le chercheur, ce qu’il voulait découvrir, ni ce qui l’intéresse vraiment.
    Rien d’étonnant, dans ces conditions, si s’amenuisent les vocations scientifiques, au grand dam des autorités. Pourquoi vouer sa vie à un univers d’où l’enthousiasme a disparu ? L’idole est un monstre froid qui ne répond pas aux prières. Elle réfrène l’exaltation de la découverte, interdit les épanchements de l’âme. Loin de nous l’idée de mélanger les genres et de fusionner l’objectivité de la démarche et la sentimentalité du chercheur ! Mais la science aussi est une activité humaine, l’une des plus nobles même, puisqu’elle avait déjà sa place dans l’Éden. Or l’homme n’est plus rien si le sens de ce qu’il fait lui échappe et tout sens, de quelque manière, conduit à Dieu ou se détruit.
    Il est grand temps de briser l’idole ! Qu’est-ce à dire ? Tout simplement de revenir à l’adoration du seul vrai Dieu, « Celui qui a dit et le monde fut », Celui qui saura bien faire retrouver à la science la voie du réel, puisqu’Il est un Dieu jaloux et que le réel, c’est Lui : est réel ce qui existe dans la pensée de Dieu.

  54. cat permalink
    24 mai 2014 18:53

    Savez vous qu’à partir de 1972 ,ce n’est plus Paul VI mais son sosie qui régnait
    c’est pour cela qu’il n’y a pas eu les réformes souhaitées pour sauver l’Eglise

  55. Cristeros permalink
    14 juillet 2014 22:30

    Le Faux-Prophète juif canonisé cela vous étonne ?

    Jean-Paul II 1978 – 2005 « Au début des années 1940’s, l’IG Farben
    Chemical Company employé un vendeur polonais qui a vendu du cyanure
    aux nazis d’Auschwitz pour une utilisation dans ce même vendeur a
    aussi travaillé comme chimiste dans la fabrication du gaz toxique.. Ce
    même gaz de cyanure avec Zyklon B et le malathion a été utilisé pour
    exterminer des millions de Juifs et d’autres groupes. Leurs corps ont
    ensuite été réduits en cendres dans les fours. Après la guerre, le
    vendeur, craignant pour sa vie, a rejoint l’Eglise catholique et a été
    ordonné un prêtre en 1946. Un de ses plus proches amis le Dr Wolf
    Szmuness, le cerveau derrière le Nov./78 à Oct./79 et March/80 à Oct./
    81 expérimentale vaccin contre l’hépatite B essais menée par le Center
    for Disease Control à New York, San Francisco et de quatre autres
    villes américaines qui délié le fléau du sida sur le peuple américain.
    Le vendeur a été ordonné en Pologne `s le plus jeune évêque en 1958.
    Après un règne de 30 jours de son prédécesseur a été assassiné et
    notre gaz ex-cyanure vendeur a assumé la papauté comme Jean-Paul II.

  56. DIEU permalink
    27 juillet 2014 12:33

    youtube voir CANONISATION INTERDITE

  57. Kuro permalink
    14 août 2014 15:46

    Adeptes du dogme catholique Romain, sachez que saint ou pas , Jean-Paul II fut Pape. Or, le pape bénéficie de l’infaillibilité pontificale depuis le premier concile œcuménique de 1870 ; vous vous devez donc, en tant que catholiques, de ne pas écrire d’articles contre lui.

  58. highlander permalink
    10 octobre 2015 20:41

    Certes, je dirais qu’il a pas été lâche et qu’il a fini par accomplir son devoir de pape. pax jean paul II.

  59. Philippe Marcaille permalink
    15 mars 2017 15:47

    Oui c’est une aberration totale et sans oublier ce pauvre Roncalli, un homme qui a fait rentrer la franc maçonnerie dans les plus hauts sommets de l’église. Et de plus son élection laisse des points assez obscurs.
    De même, il ne manquerait plus que le dossier de Paul VI aboutisse. Surtout avec les penchants qu’on lui connaît et les lieux qu’il fréquentait naguère.
    On ne peux quand même pas laisser un homme emmener son troupeau dans la tanière du loup !
    Plus j’écoute Mgr Lefebvre plus je trouve ce saint évêque visionnaire. Et lui pourquoi ne pas ouvrir une enquête sur sa sainteté ?
    etc.

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