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La gnose sexuelle de Jean-Paul II

18 mai 2014

Jean-Paul-II

« L’acte sexuel est le langage authentique des personnes »
(Jean-Paul II, Cité du Vatican, 22 août, 1984)

C’est dans l’atmosphère délétère pénétrée des rêves illusoires et naïfs du « vivre libre et jouir sans entraves » de l’ère post-hippie et de la messianité politique – à l’intérieur même du mouvement provoqué par ce « vent de folie révolutionnaire qui s’introduisit dans le Temple de Dieu » où il était de bon ton de faire exploser tous les cadres théoriques et moraux antérieurs – que doivent être replacées et situées, les positions doctrinales de Jean-Paul II  portant principalement sur la valeur et la « dignité de l’homme ».

 Dans ce cadre de rénovation doctrinale de l’Eglise se situent les 129 discours donnés lors de ses audiences du mercredi dans la salle Paul-VI, de septembre 1979 à novembre 1984, que Jean-Paul II consacra à ce qu’il nomma « la théologie du corps », et que George Weigel n’hésite pas à considérer comme une « une des plus audacieuses reconfigurations de la théologie catholique depuis des siècles […] une sorte de bombe à retardement théologique réglée pour exploser, avec des conséquences considérables, sans doute au XXIe siècle » [1].

I. Une  bombe à retardement théologique réglée pour exploser
  Le terme « bombe à retardement théologique » est d’ailleurs parfaitement exact, tant le chef de l’Eglise catholique d’alors, cela dit avec respect sans vouloir attenter à la haute valeur de sa personnalité et son rôle majeur du point de vue politique et le sens traditionnel de certaines de ses positions, affirma sans complexe au cœur de saint Pierre à Rome que « la sexualité est un chemin privilégié pour comprendre le mystère de l’être intime de Dieu à travers le don absolu de soi-même », insistant sur le fait de façon démentielle et impie, que « l’acte sexuel s’inscrit dans une véritable relation d’alliance qui constitue l’image par excellence des relations qu’entretiennent les trois personnes de la Trinité divine. Le Père, l’Amour donné ; le Fils, l’Amour reçu ; l’Esprit saint, l’Amour transmis. »
Jean-Paul II se risqua même à soutenir de façon délirante, en contradiction avec tous les enseignements de la tradition ascétique et mystique, sacralisant de manière inimaginable de la part d’un pontife l’acte sexuel. Il dira :
 « L’homme est devenu image et ressemblance de Dieu non seulement à travers sa propre humanité mais aussi à travers la communion de personnes que l’homme et la femme forment dès l’origine. » (Théologie du corps, 14/11/1979).
Selon Jean-Paul II, qui nie la chute
et les conséquences péché originel :
« l’acte sexuel est le langage authentique des personnes » !
Ainsi, pour celui qui sous le nom de Karol Wojtyla avait déjà longuement exploré ces sujets délicats, défendant ce qu’il appela « la signification nuptiale de notre corps » [2], conférera une dimension de quasi infaillibilité à ses problématiques visions lorsque, sous le nom de Jean-Paul II, il soutint que par l’union sexuelle le corps parle un langage, puisque « l’acte sexuel est le langage authentique des personnes » (Théologie du corps 22 août, 1984), propos qui résumaient son souci permanent de démontrer que ce qui fait la « dignité de l’homme » c’est justement la « dignité de sa chair, vieux concepts plus que contestables, mais qui avaient déjà poussé Paul VI à écrire l’encyclique « Humanae Vitae » dans laquelle il affirmait : « L’homme et la femme expriment par le langage de leur corps le dialogue qui, (selon Genèse 2 :24,25), a son origine au jour de la création. »
II. L’erreur conciliaire est de nature philosophique
  L’erreur wojtylienne, qui est aussi l’erreur conciliaire, et l’erreur de toute l’Eglise moderne dans son ensemble, est d’abord de nature philosophique, puisque c’est un « naturalisme » teinté de sensualisme qui inspire son éthique sexuelle et humaine. N’oublions pas que Karol Wojtyla est un penseur appartenant à la famille intellectuelle de la phénoménologie » [3], mais à l’inverse d’Edith Stein, qui partira de la phénoménologie pour aboutir au néothomisme, il partira malheureusement du thomisme, qu’il élargira en y intégrant le « point de vue » phénoménologique de la conscience de l’homme. Karol Wojtyla s’inscrit donc clairement dans un horizon philosophique phénoménologique puisque, après la guerre, envoyé à l’école théologique de l’Angelicum à Rome pour ses études doctorales et ayant soutenu en 1948 sa thèse en théologie, il reprendra ses études philosophiques jusqu’en 1953, où il soutint à l’Université de Lublin une thèse consacrée à l’éthique phénoménologique de Max Scheler, intitulée « Mise en valeur de la possibilité de fonder une éthique catholique sur la base du système éthique de Max Scheler », développée plus tard dans son livre « Personne et Acte ».
Karol Wojtyla soutint à l’Université de Lublin
une thèse consacrée à l’éthique phénoménologique de Max Scheler
« Par son incarnation, le Fils de Dieu
s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme. ”
(Mgr. Karol Wojtyla)
 
 
 
III. La fausseté radicale de la christologie ésotérique de Karol Wotyla
 
 
  Or, l’erreur anthropologique provenant d’une conception phénoménologique erronée qui se trouve à la base des thèses de Karol Wotyla, consiste en une inexactitude christologique dont la gravité est extrêmement importante sur le plan des conséquences puisque, dans sa vision, se servant de la dualité des natures dans Jésus-Christ, Jean-Paul II en est arrivé à inférer en vertu de la “communication des idiomes ”, les attributs de la nature divine à la nature humaine dans le Christ, pour ensuite considérer qu’ils lui appartiennent en propre, et donc, par cette appartenance, l’étendre à tout homme en tant qu’il est homme – ce qui apparente objectivement cette position aux visions panthéistes du new âge – sachant que le jeune Karol Wojtyla découvrit la théosophie de Rudolph Steiner à Wadowice où il rencontra Mieczyslav Kotlarczyk, metteur en scène féru d’occultisme qui développait, par ses références, allant de la linguistique de Otto Jespersen à la tradition kabbaliste hébraïque d’un Ismar Elbo-gen, une dramaturgie ésotérique. Wojtyla ira jusqu’à préfacer un livre de Kotlarczyk et prêcher à ses funérailles. Lorsqu’il évoque cette période Jean-Paul II écrit :
« C’était une mission, une vocation; c’était le sacerdoce de l’art. Les acteurs, en tant que «prêtres de l’art», dotés d’une force illimitée pour renouveler le monde, pour refaire l’humanité entière, pour guérir la morale à travers la beauté prêchée, transmettaient les plus hautes valeurs métaphysiques. Tel-les étaient les idées chantées par l’ «archiprêtre» Kotlarczyk » (in « Pierre m’aimes-tu ? »,  p. 64).
 Karol Wojtyla découvrit la théosophie de Rudolph Steiner
rencontrant Mieczyslav Kotlarczyk,
metteur en scène féru d’occultisme
  Jean-Paul II cherchera il est vrai de nombreuses fois à dissimuler la nouveauté de sa pensée, en citant inlassablement afin de conférer un vernis de crédibilité à ses thèses, une phrase du paragraphe 22 de la Constitution conciliaire « Gaudium et spes » selon laquelle « le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme par son Incarnation ». Mais ce que l’on sait moins, et que l’on évite évidemment de trop mettre en lumière, c’est que cette phrase a été introduite dans le schéma conciliaire sur proposition de Mgr Karol Wojtyla lui-même, alors archevêque de Cracovie !
 De la sorte en citant continuellement « Gaudium et spes 22, 2 », faute de trouver le moindre fondement à une telle pensée dans la Sainte Écriture ou dans les Pères de l’Église, Jean-Paul II, tout au long de son pontificat, se citait donc lui-même ! [4] De la conjugaison de ces deux erreurs, anthropologique et christologique, résulte une idée: selon la doctrine de Jean-Paul II, qui a pu affirmer en effet dans une allocution, se citant lui-même : « Le concile Vatican II l’a rappelé avec acuité :
“ Par son incarnation, le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme. ” » [5]. 
  Et nous retrouvons, encore et toujours ce dogme impie et hérétique de « l’homme-dieu » qui conduit à la divinisation de l’homme en tant que tel, c’est-à-dire du seul fait qu’il soit homme (la fameuse « dignité de la chair »), et à la naturalisation de Dieu dont les échos se font sentir dans les terribles déviations de l’Eglise d’aujourd’hui. On est en présence ici, comme on le constate, de tous les éléments propres à définir une hérésie : appropriation et réinterprétation du rôle et de la personne du Christ, dévolution à l’homme des idiomes propres à la Divinité, aboutissant concrètement à une naturalisation du surnaturel, et surnaturalisation du naturel, dérive hérétique qui se rapproche des thèses panthéistes des Nicolaïtes ou des Ubiquitaires soutenant que Jésus-Christ était formellement présent partout et en tous par communication de son essence, selon les seules vertus de la nature humaine, thèses qui se retrouvent pourtant dans tous les textes et ouvrages publiés s’appuyant sur les théories wojtyliennes.
IV. Vérité catholique : Notre « Royaume n’est pas de ce monde » et notre vocation est  céleste
Rappelons que le Royaume de Dieu, le Royaume des Cieux, n’est pas de ce monde, la « vocation », la « délivrance » et le « salut » du chrétien ne sont pas d’ordre temporel, humain, mais d’ordre religieux et transcendant : « Car notre citoyenneté est dans les cieux, d’où aussi nous attendons le Seigneur Jésus Christ » (Philippiens 3,20) ; « C’est pourquoi, frères saints, participants à l’appel céleste, considérez l’apôtre et le souverain sacrificateur de notre confession » (Hébreux 3,1).
 
 Contrairement aux Juifs charnels
le « salut » du chrétien n’est pas d’ordre temporel,
 mais d’ordre religieux et transcendant.
Les communications de l’Éternel à Israël en tant que nation, avaient trait à la terre. S’ils demeuraient fidèles et obéissants, la grandeur, les richesses et le pouvoir terrestre leur étaient assurés : « L’Éternel, ton Dieu, te fera entrer dans un bon pays, un pays de ruisseaux d’eau, de sources, et d’eaux profondes… un pays de blé, et d’orge, et de vignes, et de figuiers… où tu ne manqueras de rien » (Deutéronome 8, 7-9). ; s’ils étaient infidèles et désobéissants, la nation serait dispersée par toute la terre (Deutéronome 28, 64). Mais l’Écriture fait mention d’un autre corps, l’Église, qui elle aussi a des relations particulières avec Dieu et a reçu de Lui des promesses spéciales. Mais elle est très différente d’Israël :
–  Pour Israël l’obéissance est source de grandeurs et de richesses terrestres ;
–  L’Église, par le Christ, est uniquement rattachée aux choses spirituelles et célestes.
Conclusion
Ainsi à l’inverse des aspirations purement charnelles des hébreux, les « béatitudes » de la Nouvelle Alliance sont toutes situées dans le Ciel. En effet, les bénédictions promises à Israël étaient essentiellement terrestres, mais nous sommes sur cette terre, en tant que chrétiens, en attente du Royaume, non pour chercher à reproduire au Ciel nos activités d’ici-bas par une distorsion anthropomorphique du divin, ou tenter d’imaginer vainement ce que sera notre vie post-mortem par des supputations emplies des rêves de ce monde, mais en laissant nos esprits en repos sur ce sujet, et surtout nous mettre dans les dispositions requises pour rejoindre, le jour venu, notre véritable patrie céleste.
Jésus a dit à ses disciples : «Je vais vous préparer une place. Et si je m’en vais… je reviendrai, et je vous prendrai auprès de moi ; afin que là où moi je suis, vous, vous soyez aussi» (Jean 14, 3). L’avenir des croyants est donc entièrement céleste et il doivent se préparer dès ici-bas à cette destination. Prétendre qu’ils ressusciteront ou vivront éternellement sur la terre, ou dans le ciel, dans un « corps de chair et de sang » est en contradiction formelle avec l’Écriture, c’est un mensonge. Le peuple d’Israël, seul, a reçu des promesses de bénédictions concernant un royaume sur la terre, et il ne faut jamais confondre Israël et l’Église ; ils ne sont pas interchangeables et Dieu accomplira ses plans à l’égard des uns et des autres, à l’heure qu’il choisira. On peut de la sorte dire sans se tromper que la judaïsation de l’Église moderne, c’est-à-dire l’adaptation de l’église de l’Écriture aux promesses réservées à Israël, a plus fait pour pervertir sa mission et la détruire spirituellement, que toutes les autres causes combinées.
Lire :
 

Les « scandaleuses béatitudes » de l’église moderne

Notes.

1. G. Weigel, Witness to Hope, pp. 336, 343.

2.  Une anecdote est particulièrement révélatrice de l’état d’esprit de Karol Wojtyla quelques années avant de devenir le Pape Jean-Paul II. La version polonaise de son livre « Amour et responsabilité » comprenait un appendice intitulé « Sexologie et morale ». Lorsqu’il s’est agi de publier la traduction française, c’est le Père de Lubac qui avait été pressenti pour en rédiger la préface. Mais certains se sont sentis bien avisés de lui suggérer de demander que l’appendice en question soit retiré de l’édition française au motif que les questions qui y étaient abordées étaient tellement concrètes qu’elles semblaient en deçà de la dignité des prêtres et des évêques. A cela Karol Wojtyla s’est opposé farouchement en affirmant que les pasteurs devaient pouvoir parler avec simplicité du désir et de la satisfaction sexuelle avec leurs fidèles, sauf à ne pas être à la hauteur des exigences de leur mission. Et que s’il se trouvait des prudes pour s’en offusquer, c’était tant pis pour eux !

3. Le groupe polonais auquel fut lié intellectuellement Karol Wojtyla, avec Przywara et Ingarden, est un médiateur historiquement crucial pour les phénoménologues de Göttingen et pour Max Scheler. Karol Wojtyla sera formé à cette école extrêmement riche, pépinière de la philosophie contemporaine, puisque s’y mêlent des confluents brentaniens (les analyses de l’intentionnalité par Kazimir Twardowsky) et husserliens, avec des traditions scolastiques et logiciennes puissantes, et dont on retrouve l’héritage jusque chez des logiciens israéliens comme Yoshua Bar-Hillel, à l’Université de Jérusalem.

4. Ainsi dans l’encyclique « Redemptor hominis », la référence reviendra à quatre reprises. On remarquera d’ailleurs qu’au paragraphe n° 13 la restriction “ en quelque sorte ” a disparu :
– « Jésus-Christ s’est uni à chacun, pour toujours, à travers ce mystère de la Rédemption. »
Le théologien privé, Karol Wojtyla, confond en réalité la nature et la grâce, la vie humaine et la vie divine, l’une étant “ en quelque sorte ” présente à l’autre, selon lui, en tous et pour toujours, comme il le répète clairement au paragraphe 14 de « Redemptor hominis » : « Le Christ est en quelque sorte uni à l’homme, à chaque homme sans aucune exception, même si ce dernier n’en est pas conscient. » L’absence de toute condition à l’union de tous au Christ, et donc au salut de tous, conduit à l’affirmer comme donné à tous, sans distinction de religion. « L’événement de la Rédemption est le fondement du salut de tous », écrira Jean-Paul II dans son encyclique « Redemptoris Missio », citant à l’appui de cette affirmation son encyclique inaugurale « Redemptor hominis » : « Parce que chacun a été inclus dans le mystère de la Rédemption, et Jésus-Christ s’est uni à chacun, pour toujours, à travers ce mystère. » On peut affirmer que cette pensée a gouverné tout le pontificat de Jean-Paul II, jusqu’à son ultime Lettre apostolique « Mane nobiscum » du 7 octobre 2004, instituant l’année de l’Eucharistie :
« En Lui, Verbe fait chair, se révèle en effet non seulement le mystère de Dieu, mais le mystère même de l’homme. Parce que dans le Christ la nature humaine a été assumée, non absorbée, par le fait même, cette nature a été élevée en nous à une dignité sans égale. Car, par son Incarnation, le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme (G. S. 22, 2). »

5.  Il n’y a pas que dans Gaudium et spes que Karol Wojtyla, futur Jean-Paul II, a introduit des thèses naturalistes hérétiques portant sur une abusive « communication des idiomes » entre le Verbe incarné, Dieu fait homme, et tout homme ; comme si, du seul fait que Dieu s’est fait homme, l’homme était devenu Dieu. Dans une autre encyclique (Dominum et vivifican-tem, 18 mai 1986), Jean-Paul II affirme la prétendue habitation de l’Esprit Saint « dans le cœur de chaque homme ». Le Saint-Esprit « est donné aux hommes. Et de la surabondance de ce Don incréé, chaque homme reçoit dans son cœur le don créé particulier par lequel les hommes deviennent participant de la nature divine. Ainsi, la vie humaine est pénétrée de la vie divine », écrit-il d’une manière stupéfiante. Et il y a de quoi sursauter à une telle proposition car dire que Dieu « s’est fait proche de chaque homme » en prenant chair dans le sein de la Vierge Marie, est une chose. Dire qu’il « s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme » en est une autre. Cette affirmation, extraite de « Gaudium et Spes », respire en réalité positivement l’hérésie, symétrique de l’hérésie nestorienne, mais de sens contraire dont les conséquences désastreuses sur les folles affirmations de certains est d’une claire évidence. Nestorius niait toute « communication des idiomes », ou échange entre le Fils de Dieu et le Fils de Marie, de leurs attributs et opérations propres, de telle sorte qu’il niait la maternité divine de Marie. Le concile d’Éphèse l’a condamné en 431, en proclamant la Vierge Marie “ Mère de Dieu ”, Theotokos. Puisque Marie a donné naissance à Jésus de Nazareth, elle est Mère de Dieu, car Jésus est Fils de Dieu, Dieu lui-même. La nouvelle hérésie, introduite au concile Vatican II par le jeune archevêque de Cracovie, Karol Wojtyla, consiste, au contraire de l’ancienne, à affirmer une abusive « communication des idiomes » entre le Verbe incarné, Fils de Dieu fait homme, et tout homme ; comme si, du seul fait que Dieu s’est fait homme, l’homme était fait Dieu !

72 commentaires leave one →
  1. Vehementer permalink
    12 mai 2011 02:10

    Dans la « guerre mortelle » que se livrent, depuis le Concile, deux religions au sein de l’Église catholique romaine, unique et sainte dépositaire de la Révélation divine, S. S. le pape Benoît XVI rendrait un immense service à l’Église et aux âmes, à la cause de Dieu, en procédant d’abord à l’examen des erreurs doctrinales de Jean-Paul II, avant que de poursuivre une quelconque procédure de canonisation, hélas déjà fort avancée, de ce prétendu « bienheureux ».

  2. lagomer permalink
    12 mai 2011 09:43

    Votre formule de conclusion est d’une justesse parfaite, et résume en une ligne l’erreur de Vatican II : « la judaïsation de l’Église moderne, c’est-à-dire l’adaptation de l’église de l’Écriture aux promesses réservées à Israël, a plus fait pour pervertir sa mission et la détruire spirituellement, que toutes les autres causes combinées. »

  3. Pélikan permalink
    12 mai 2011 09:53

    La Question

    Merci en quelque sorte, de compléter ce que je disais dans un message sur votre article : « La douteuse béatification de Jean-Paul II ».

    https://lebloglaquestion.wordpress.com/2011/05/01/la-douteuse-beatification-de-jean-paul-ii/#comment-17283

    En effet, et vous le démontrez preuves à l’appui, Jean-Paul II, est panthéiste, il est imbibé de gnose ésotérique qui provient de sa doctrine de l’immanence (Steiner, Max Scheler, etc.), il confond la nature et la grâce, la vie humaine et la vie divine. Et de cette confusion qui provient de ses sources ésotériques il a fait, et pas que lui, toute la doctrine de Vatican II. Telle est l’origine des grands couplets de l’Eglise moderne sur la « dignité de l’homme », l’humanisme, les droits de l’homme.

    Aujourd’hui l’Eglise est vendue à l’esprit maçonnique, elle a transformé 20 siècles de théologie en un poison panthéiste, sexuel, ésotérique.

    Une seule chose m’étonne pourtant chez vous. Comment pouvez-vous encore reconnaître ce « club social » à la spiritualité new-age pour la véritable Eglise de Jésus-Christ ?

    • Charles permalink
      18 janvier 2013 22:26

      alors cher Pélikan surveillez vos majuscules!!! Lorsque vous mettez un E majuscule à Eglise en disant qu’elle est vendue à l’esprit maçonnique vous commettez plus qu’une faute de forme mais une grave erreur sacrilège! IL est vrai que votre materialiter (d’église!) vous permet cette audace proprement sacrilège!

      Et permettez-moi enfin de m’étonner de votre étonnement lorsque vous reprochez à la Question de reconnaître en cette « église de Wojtyla » la véritable Eglise!! Complicité dans la naïveté ou duplicité dans le (même) but à atteindre???
      That is the question….!
      Sans rancune quand même?!…
      Pax vobis.

  4. 12 mai 2011 10:47

    Pélikan

    Nous ne contestons-pas le fait que Rome se soit gravement égarée du point de vue de la foi et, de façon impressionnante, elle s’en est effectivement éloignée sur de nombreux points. Ceci est une chose entendue. Il nous faut donc lutter, avec confiance, dans un possible retour à l’authentique doctrine de toujours pour l’Eglise. Ne pas considérer comme réalisable ce « retour » est un péché contre la Divine Providence.

    C’est pourquoi nous insistons avec force sur un point que vous ne parvenez pas, vous et vos amis sédévacantistes, à comprendre. Même égarée, même éloignée de la foi, l’Eglise catholique reste l’Eglise de Jésus-Christ et celui qui en est à la tête est le Pape de la Sainte Eglise car l’erreur, voire l’hérésie, même externe, n’enlèvent pas automatiquement la juridiction qui est donnée par Dieu et uniquement par Lui, puisque nul n’est habilité de son propre mouvement, de par sa décision personnelle à déclarer « déchu » de sa charge et « dépouillé de ses pouvoirs » un membre quelconque de la hiérarchie catholique, surtout s’il s’agit du Saint Père.

    Il ne faut donc jamais l’oublier, le jugement des fidèles constatant que les Papes soutiennent l’erreur, pour être éventuellement juste, ne peut cependant avoir force d’autorité canonique pour destituer ou déposer des Papes qui professent des idées inexactes ou non conformes à la Tradition.

    Tout le problème est là : les sédévacantistes excédent par leur attitude leur capacité légale en tant que membres de l’Eglise et finalement, en s’écartant de la Rome conciliaire par leur jugement subjectif personnel, se font Protestants en croyant demeurer catholiques.

    Ainsi, d’obligation certaine, pour éviter cette situation schismatique, il convient de rejeter l’erreur, lutter contre, la dénoncer vigoureusement certes, et c’est ce que nous faisons, mais dans le même temps et ceci est impératif, reconnaître le Pape quel qu’il soit, tant qu’il n’est pas déposé, non dans ce qu’il enseigne évidemment, mais dans ce qu’il représente comme successeur légitime, même très indigne, de Pierre.

    Pax Vobis +

    *********************

    LE SEDEVACANTISME EST UN PECHE MORTEL !
    https://lebloglaquestion.wordpress.com/2010/10/02/le-sedevacantisme-est-un-peche-mortel/

    • 12 mai 2011 17:27

      La Question,

      Je suis d’accord avec vous que l’on peut condamner le «sédévacantisme», surtout quand il s’appelle http://www.catholique-sedevacantiste.com/!

      Nombre de soi-disants sédévacantistes vont rejoindre le «bienheureux Jean-Paul II» en enfer, s’ils continuent à attaquer le dogme comme étant du «Feeneyisme»!

      Nombre de soi-disants sédévacantistes sont atteints d’un aveuglement probablement final.

      Leur science se réduit aux copier-coller qui leur permettent de vendre leurs sottises pendant un certain temps à des gens qui veulent croire au mensonge.

      Je lance à vous l’appel de bien vouloir étudier sérieusement le problème du soi-disant baptême de désir. Si vous lirez http://proposition.hautetfort.com/files/EL%20BAUTISMO%20mal%20llamado%20in%20voto_N.pdf (le texte contient beaucoup de passages en anglais, certains sont aussi en français – je dois lire la contribution de celui qui veut être connu comme Alonso María de Espina encore moi-même, j’ai seulement survolé quelques extraits, mais je connais depuis des années d’autres textes) avec un esprit ouvert, vous ne pourrez seulement découvrir qu’il n’y a pas de salut sans le sacrement de baptême. (Je suppose que votre équipe comporte au moins une personne sachant lire l’espagnol.)

      Qu’est-ce que les papes du Vatican II (et ses autres clercs) peuvent offrir aux gens?

      Des baptêmes valides.

      Pour le reste…

      Si beaucoup de «sédévacantistes» donnent effectivement l’impression qu’ils sont des hérétiques enragés, on (ou je) ne peut pas nier que leurs travaux ont bien prouvé que Joseph Alois Ratzinger n’est qu’un simple abbé. Que la soi-disante messe de Paul VI est le sacrifice de Caïn ou l’office de Satan.

      Il y a encore de vieux prêtres. Mais…

      Qu’est-ce qu’on va chercher chez ces gens?

      Notre-Seigneur?

      Va-t-on se confesser?

      Va-t-on invoquer avec eux les démons?

      Combien de gens officiellement canonisés ou béatifiés par le Vatican II sont des réprouvés?

      Il me semble donc bien que chaque personne intelligente doit être au minimum pour ainsi dire «sédévacantiste» (terme qui ne veut pas dire grand chose car il peut regrouper des catholiques et des non-catholiques selon sa définition).

      (Si je me tiens au for externe je ne peux considérer presque personne comme catholique, ni dans le camp «non una cum», parfois voire souvent entaché du fameux «Natural Family Planning», ni dans l’autre.)

    • Pierre-Louis permalink
      12 mai 2011 23:15

      La Question est sédévacantiste !

      Votre attaque contre Jean-Paul II est scandaleuse !

      L’Eglise de Vatican II est la sainte Eglise, le concile est inspiré de Dieu !

    • Charles permalink
      18 janvier 2013 22:31

      Et la réponse du berger (La Question) à la bergère (Pélikan) ne s’est pas faite attendre!!!
      Je remercie La Question de jouer les pédagogues avec cet embarrassant compère…qui ne veut rien comprendre…et pour cause! Les maîtres sont les mêmes…mais sous des oripeaux diamétralement opposés (en apparence)…
      Comprenne qui pourra….
      Pax vobis mes amis!!!!!!

  5. 12 mai 2011 11:31

    Bonjour,
    Merci d’avoir fait découvrir aux athées ce visage plus humain de Jean-Paul II, ce qui ne manquera pas de faire remonter ce pape dans leur estime.
    Ne vous en déplaise, le temps de la soumission est révolu au profit de celui de l’autonomie et de la responsabilité individuelle : l’être humain évolue, s’émancipe et devient « son propre dieu », à moins évidemment de rester attaché à des textes apocryphes et obsolètes …
    Le traditionalisme inconditionnel me paraît condamné à disparaître d’ici une génération dans la plupart des pays intellectualisés, du moins là où les options laïques n’auront pas été occultées.
    Bien à vous,
    Michel THYS à Waterloo.
    http://0z.fr/duySW

  6. Nono permalink
    12 mai 2011 16:30

    « Nous ne contestons-pas le fait que Rome se soit gravement égarée du point de vue de la foi et, de façon impressionnante, elle s’en est effectivement éloignée sur de nombreux points. Ceci est une chose entendue. »

    Entendue?!?! Par qui, par les poissons?

    Seriez-vous en train de dire que le pape peut s’égarer dans la Foi? Qu’il peut s’éloigner de la Foi? De quelle autorité jugez-vous le pape, alors que le Premier siège n’est jugé par personne?

    • 12 mai 2011 23:47

      Nono

      Première nouvelle, mais nous n’en sommes plus a une incohérence près avec vous, vous considérez donc que Rome a conservé la foi de toujours et qu’il faut lui obéir ?

      Seriez-vous en train de nous dire que vous ne pouvez savoir si une doctrine est conforme à la Tradition ou ne l’est pas ? Ceci au moment même où vous ne reconnaissez plus le pape comme tel au prétexte qu’il serait hérétique et êtes devenu sédévacantiste schismatique !

      Quelle accumulation de sophismes, tous plus absurdes et ridicules les uns que les autres.

      Encore une fois, un fidèle, qui n’est pas un poisson (sic) mais un disciple d’ICHTUS – ΙΧΘΥΣ, doit et peut juger si l’enseignement qu’on lui donne est une bonne eau de vie ou du poison spirituel – ce jugement est même encouragé par saint Thomas qui n’hésite pas soutenir que si l’enseignement est mauvais le fidèle est autorisé à réprimander – oui vous avez bien lu REPRIMANDER – son supérieur :

      « Cependant, on doit observer que, si la foi est en danger, un sujet pourrait réprimander son prélat, même publiquement. C’est ainsi que Paul, qui était sujet de Pierre, réprimanda celui-ci en public suite au danger imminent de scandale concernant la foi et, comme le dit St. Augustin dans son commentaire sur Gal II, 11: « Pierre donna un exemple à ses supérieurs que, si à n’importe quel moment, ils devaient sortir de la voie droite, ils devraient s’attendre à être repris par leurs sujets. » Somme théologique, IIa IIae, Qu. 33, article 4, ad2.

      Mais cela va plus loin encore, car St. Robert Bellarmin dit également :

      « Tout comme il est licite de résister à un Pontife qui attaque le corps, il est tout aussi licite de résister au Pontife qui attaque les âmes ou détruit l’ordre civil ou, à plus forte raison, essaie de détruire l’Église. Je dis qu’il est licite de lui résister en ne faisant pas ce qu’il ordonne de faire et en empêchant l’exécution de sa volonté. » De Romano Pontifice, Lib. II, c.29.

      Ceci est parfaitement conforme à la position catholique. Vous entendez : « il est licite de lui résister en ne faisant pas ce qu’il ordonne de faire et en empêchant l’exécution de sa volonté. » C’est ce que respecte comme position la FSSPX qui, à la suite de Mgr Lefebvre qui sacra les évêques en 1988 pour sauver le sacerdoce catholique, « résiste » à l’erreur.

      Mais lisez la suite, ça vous fera beaucoup de bien et vous changera des positions schismatiques diffusées sur vos forums, et vous donnera de voir surtout où doit s’arrêter le jugement :

      « Il n’est pas licite, cependant, de juger [le Pape], de le punir, ou de le déposer, parce que ce sont là des actes relevant d’un supérieur. » De Romano Pontifice, Lib. II, c.29.

      Soyez donc catholique et conformez-vous à la discipline de l’Eglise. Jugez l’erreur, résistez à ses thèses faussées, mais ne déposez pas le Pape, où ne faites pas comme s’il l’était ce qui ne relève pas de votre pouvoir. Contentez-vous d’être un vrai catholique en défendant la foi, c’est celà en quoi consiste votre devoir, pas autre chose.

      Dom Guéranger vous en fait l’obligation :

      « Quand le pasteur se change en loup, c’est au troupeau de se défendre tout d’abord…il est dans le trésor de la révélation des points essentiels, dont tout chrétien, par le fait même de son titre de chrétien, a la connaissance nécessaire et la garde obligée. Les vrais fidèles sont les hommes qui puisent dans leur seul baptême, en de telles conjonctures, l’inspiration d’une ligne de conduite; non les pusillanimes qui, sous le prétexte spécieux de la soumission aux pouvoirs établis, attendent pour courir à l’ennemi, ou s’opposer a ses entreprises, un programme qui n’est pas nécessaire et qu’on ne doit point leur donner. » (L’Année Liturgique, Le Temps de la Septuagésime, Vol. 4).

      De la sorte, faites un effort de garde du trésor de la Révélation et des principes disciplinaires de l’Eglise, vous parviendrez alors peut-être, quittant votre luthéranisme schismatique sédévacantiste, à redevenir catholique pour le salut de votre âme !

      Pax Vobis +

  7. de la Panouse Vivien permalink
    12 mai 2011 17:34

    « Ne vous en déplaise, le temps de la soumission est révolu au profit de celui de l’autonomie et de la responsabilité individuelle : l’être humain évolue, s’émancipe et devient « son propre dieu », à moins évidemment de rester attaché à des textes apocryphes et obsolètes … ».

    C’est les textes de la Bible que vous traitez « d’ apocryphes et obsolètes », Michel Thys ?!

    • 14 mai 2011 08:30

      @ de la Panouse Vivien.
      A ma connaissance, aucun prophète n’a jamais rien écrit. Dois-je vous rappeler que les « Evangiles » en particulier n’ont été écrits que près de 100 ans après la mort présumée de « Jésus », et manipulés pendant des siècles ? Son existence historique reste d’ailleurs discutable : il est en tout cas évident qu’il n’a jamais dit tout ce qu’on lui a fait dire ! Je pense donc que tous les textes « sacrés », soi-disant inspirés par « Dieu », sous une forme compréhensible aux gens de l’époque, même s’ils sont parfois poétiques et moralisateurs, ont été écrits dans le but d’inciter les croyants à la soumission à des « commandements » en vue d’assurer leur « salut éternel ».
      L’athée anticlérical que je suis respecte néanmoins les croyants, et d’autant plus s’ils ont remis en question les certitudes qu’on leur a imposées dès l’enfance. Hélas, les religions ( même le protestantisme, surtout évangélique) ont toujours occulté volontairement la découverte des options laïques. Cela devient heureusement de plus en plus rare sous nos latitudes, sauf en Pologne, Irlande, Italie, …
      Je précise enfin que le traditionalisme, qu’il soit religieux ou maçonnique (anglosaxon), me paraît condamné à plus ou moins long terme.
      Dans mon blog http://michel.thys.over-blog.org , je me suis intéressé à l’origine psychologique et éducative de la foi, ainsi qu’à sa fréquente persistance neuronale.
      Feu Henri LABORIT, neurobiologiste, déiste pour qui Dieu était un « ami », a pourtant écrit dans l’ « Eloge de la fuite », page 59 :
      « Je suis effrayé par les automatismes qu’il est possible de créer à son insu dans le cerveau d’un enfant. Il lui faudra, dans sa vie d’adulte, une chance exceptionnelle pour s’évader de cette prison, s’il y parvient jamais … ».

  8. shalom permalink
    12 mai 2011 18:24

    Etes-vous déjà en train de préparer un document posthume du même genre sur SA SAINTETE Benoit XVI ?

    • Pépin permalink
      12 mai 2011 21:23

      Ils en ont déjà pondu un sur Paul VI, et Jean-XXIII, il peuvent en pondre un autre sur Les singeries du rat (Ratzinguer)! ils sont pas à sa prêt! Ils ont l’habitude dans ce blog de perdre leur temps à des choses inutiles, donc si çà leur chante hein, qu’il en pondent un autre,
      ces tradis-dondaines, et consorts.
      Histoire de se ficher de leur figure, allez y envoyer, je répondrais à juste mesure avec preuves pour contrecarrer les erreurs, puisque c’est ma tasse de thé depuis des années.

    • Gary permalink
      12 mai 2011 23:11

      Shalom c’est pas beau de votre part de donner des idées aux administrateurs de La Question …

    • 13 mai 2011 13:02

      Gary, n’avez-vous pas lu «La Question est sédévacantiste !»?

      Serait-ce la phrase substantielle de https://lebloglaquestion.wordpress.com/2011/05/12/la-gnose-sexuelle-de-jean-paul-ii/#comment-17316, une prophétie que La Question va bientôt montrer son vrai visage?

  9. contra haereses permalink
    12 mai 2011 22:53

    Jean-Paul II, qui organisa en 1986 le sacrilège d’Assise en priant avec les animistes païens, les bouddhistes, hindous, juifs et musulmans est un blasphémateur !

  10. Pie permalink
    12 mai 2011 23:22

    « Votre gnose, Très Saint Père… » Telle était la dernière des douze hérésies que l’abbé de Nantes dénonça dans le Catéchisme de l’Église Catholique (cf. Il est ressuscité n° 103, p. 7-18), la plus insidieuse, la plus dangereuse aussi, comme « un hallucinogène, une drogue douce, dont l’effet euphorique est de mêler au culte de Dieu le culte de l’Homme, à égalité, en osmose, mariant leurs deux infinis, leurs deux béatitudes, leurs deux libertés comme agréées enfin l’une par l’autre dans une Alliance définitive, sans obligations ni sanctions… » (CRC n° 287, p. 3)

    Comment se garder d’un tel poison ?

  11. PEB permalink
    13 mai 2011 00:13

    Assez troubant.

    Je retiens surtout l’idée que l’homme et la femme, les hommes et les femmes sont appelés à être sanctifiés par la Grâce. Le Verbe ayant assumé notre humanité la veut restaurer tout entière.

    Cette idée se retrouve dès l’année sainte 1300, date à laquelle Dante pacouru le monde surnaturel en sa divine comédie. La montagne du purgatoire est emplie de chant et d’euvres d’art qui élève peu à peu l’âme jusqu’au Paradis terrestre retrouvé. De là, la nature rejoint par un saut sublime la surnature pour trôner éternellement dans le ciel à laquelle l’élu est destiné.

    La béatitude surnaturelle fait, en effet, un saut quantique à l’humanité. Le périssable devient impesisable, le mortel immortel, là où ni la mort ni la fécondité n’ont de sens. C’est ainsi que nous serons semblable à Dieu car nous le verrons tel qu’Il Est. Cependant, nous le serons de tout notre âme, coeur, esprit et corps tous ensemble glorifié malgré et avec toutes leurs singularités. Le Ciel sera donc sexué sans être sexuel. Quoi, Marie ne serait pas pour l’éternité la Femme, toute pure, toute belle alors qu’elle est la Mère de toute bonté! Jésus ne serait pas tout à la fois le Dieu des armées et de Fils de l’homme, Roi et Prêtre de majesté mais dans l’autre Monde?

    Le bonheur des époux et des parents, l’union des familles ne peuvent-ils pas être un avant goût des joies éternelles. Dans ce cas, la félicité temporelle et temporaire ne sont-elles pas bénis par le mariage consacré comme sacrement à Latran IV. Toute la vie matrimoniale n’en est-elle pas sanctifiée, y compris l’union des corps signant celle des âmes, par qui le Créateur manifeste son action puissante à l’origine de toute vie? Car c’est dans cet entrelacement que l’Eternel envoie son Souffle Eternel, l’Esprit Créateur sur la glaise charnelle pour faire se lever une génération nouvelle à évangéliser.

    Il est vrai que le péché a brisé cette harmonie mais le Rédempteur ne peut-il pas la perfectionner?

    N’oublions pas le versant tragique de cette théologie de la vie. Le pendant de cette catéchèse du corps, c’est celle de la culture de vie face à la culture de mort. Evangelium Vitae donne tout son sens à Humanae Vitae dans la Veritatis Splendor. Le corps est beau in principio, la vie sponsale est bénie mais l’enfantement se fait dans la douleur. De fait, la quête du vrai bonheur terrestre comme céleste ne peut se faire que dans un chemin étroit d’ascèse.

    De toute façon, le bienheureux Jean-Paul le Grand a très peu évoqué les fins dernières. Sa catéchèse évoquait surtout le présent de la vie humaine dans tout ses aspects matériels et spirituels en appuyant la surnature qui nous transcende sur la nature que l’on connait plus ou moins.

  12. calixte permalink
    13 mai 2011 11:03

    PEB

    Le problème n’est pas tant que de dire que l’état conjugal pour le couple chrétien, s’il est soumis à la grâce et respecte une vie sacramentelle, relève aussi de la sainteté, c’est qu’avec Jean-Paul II, on passe au niveau supérieur d’une “ gnose ” intellectuelle, qui atteint aux fondements ontologiques du progressisme, cette formidable hérésie (méta-hérésie) des derniers temps.

    Ce n’est plus un rêve de transformation de la société projeté dans un avenir incertain ; pour le Pape polonais, c’est déjà fait : il existe une réalité divine à l’œuvre dans l’homme, dans tout homme, qui n’est pas liée comme on le pensait jadis au baptême ou à l’Eucharistie ni à aucun autre sacrement, mais qui résulte directement, ipso facto, c’est-à-dire d’une manière mécanique, automatique, du fait de l’Incarnation : « En s’incarnant, le Christ s’est uni en quelque sorte à tout homme. » (Gaudium et Spes 22, 2)

    Depuis que Dieu s’est fait homme, tous les hommes sont, en quelque sorte, unis à Dieu, pour toujours. Telle est l’enivrante proposition, la “ bonne nouvelle ” que Karol Wojtyla croyait avoir reçu pour mission d’annoncer au monde entier, afin que tout homme se découvre être son propre créateur et son propre rédempteur.

    Doctrine faustienne et antichrist s’il en est.

    D’une encyclique à l’autre, Jean-Paul II a bâti un système sans analogue dans le passé de l’Église, surtout de la part d’un Pontife romain ! à savoir le dogme complet, article par article, d’un nouveau culte de l’homme, d’apparence encore chrétienne… sous les yeux bovins de clercs abrutis ou complices.

    Par exemple le 15 août de l’année mariale 1988, Jean-Paul II publiait sa Lettre encyclique “ Mulieris dignitatem ” : il s’agissait d’exalter la dignité éminente, non pas de la Vierge Marie, en la fête de son Assomption, mais de la “ Femme ” en général, et de toute femme en particulier.

    Dès le premier chapitre, au numéro 4, on apprend que « la “ plénitude de grâce ” accordée à la Vierge de Nazareth en vue de sa qualité [?] de “ Theotokos ” signifie la plénitude de la perfection de “ ce qui est caractéristique de la femme ”, de “ ce qui est féminin ”.

    Nous nous trouvons ici, en un sens, au point central, à l’archétype de la dignité personnelle de la femme.

    C’est l’inversion du réel par naturalisation du surnaturel [la Vierge Marie rabaissée à n’être plus que l’expression de l’Être féminin en soi] en vue de la surnaturalisation du naturel [toutes les femmes étant en droit d’aspirer à l’idéal accompli en la Vierge].

    Le Pape, qui veut plaire au monde moderne, fait de l’homme et de la femme deux partenaires, libres et égaux, comme deux “ moi ”, dressés l’un en face de l’autre, autosuffisants, autonomes et satisfaits d’eux-mêmes. Et dans la même idée, sacralise à outrance l’union conjugale et l’acte sexuel lui-même comme affirmation de la dignité de la personne !

    La fin de l’encyclique est un hymne délirant à la Femme, « matrice de tous les biens humains et divins », termes gnostiques, teilhardiens, enivrants. Il y a donc bien une gnose sexuelle chez Jean-Paul II, et cette gnose n’a rien de catholique.

  13. PEB permalink
    14 mai 2011 02:09

    Calixte,

    Merci encore d’éclairer ma pauvre lanterne.

    C’est vrai que les premières encycliques, remontant à mon enfance, ne m’ont pas autant frappé que les dernières, plus tragique dans leurs idées. Je me demande d’ailleurs si les épreuves que la Providence a plu d’envoyer sur le bienheureux Pontife ne l’ont pas fait évoluer.

    Je suis évidemment fortement marqué par la catéchèse du précédent pontificat. Mes parents, étudiants de 1968, sont de la génération des jeunes artisans des « réformes » de Paul VI.

    Je ne sais pas si Benoît XVI où l’un de ses successeurs pourra élever sur les autels ce Pape philosophe moraliste plus que théologien.

    Le péril moderniste est l’oubli de Jésus-Christ et de sa discrète Mère. L’offrande de l’Eglise y masque souvent l’oblation de la Croix. Le péché est passé par pertes et profits alors qu’il est le préalable à la miséricorde. On en arrive à mettre la Terre dans le Ciel alors que la Foi catholique, c’est le Ciel sur la Terre. Ce n’est que dans ce sens là que notre nature humaine est unie à la divinité. Et ce n’est pas automatique car il faut l’adhésion sacramentelle sinon authentique de l’initiation chrétienne (même si Dieu est plus grand que l’Eglise mais nous ne sommes pas dans Ses secrets que même le Fils de l’homme ne connait pas toujours.)

    Je me demande si la pensée du Polonais Karol Wojtila n’était pas indirectement marquée par la tendance gnostique de la théologie russo-orientale. Il y a une fascination là-bas pour la divinisation de la créature. Les vénérables anachorètes et cénobites et autres fols en Christ s’élèvent parfois un peu plus haut qu’ils ne le devraient dans la Solitude sublime de leur Désert sans fin… Ca donne parfois l’impression que ces révérendissimes travaillent un peu du chapeau en usant leurs yeux dans la vénération de très pieuses icônes dans lesquels se perdent leur regard.

    Notons que, depuis le dernier pontificat, on a jamais vu autant de ces saintes images dans les églises latines: à Taizé, il n’y a que cela mais aussi dans toutes les paroisses. Ce serait d’ailleurs une choses intéressante que d’aborder le précédent règne sous son aspect esthétique. Si Paul VI faisait dans le pompidolien, Jean-Paul II était à l’Est. Les lithanie de Taizé, d’inspiration calvino-luthéramo-slavone remplace désormais les invocations aux qualités éminentes de Notre Seigneur, de Notre Dame et de saint Joseph sans parler de l’énumération sans fin de tous les saints du Ciel.

    Encore un sujet d’étude pour nos amis et néanmoins pénitents masqués de La Question.

    • calixte permalink
      17 mai 2011 14:47

      PEB

      Comme vous avez raison, toute l’enseignement contemporain de l’Eglise est globalement oublieux du sens de l’oblation de la Croix, le péché écarté, voire purement et simplement nié, « la Terre mise dans le Ciel » avec souvent ses vices magnifiés, ses tendances sacralisées, ses pulsions divinisées, alors que la Foi catholique,en effet « c’est le Ciel sur la Terre ».

      De ce point de vue votre analyse est très juste, en effet, la tendance « gnostique de la théologie russo-orientale », accompagnée de sa fascination pour la divinisation de la créature et de la chair, a profondément marqué la pensée du défunt pontife. Ceci explique sans doute, pour une bonne part, cette invasion des icônes dans la moindre petite église de nos campagnes, signalant une évidente séduction pour un type de spiritualité – si en phase avec la gnose de Wojtyla – pourtant profondément éloignée de la doctrine catholique.

      Les orientaux ont une théologie totalement différente des les latins, et admettent difficilement que la mort ait pu être l’effet principal de la colère de Dieu, la regardant plutôt comme le témoignage de sa bienveillante prévention à l’égard de la créature, c’est-à-dire comme un « remède » secourable qui lui fut octroyé ainsi que le rappelle Théophile d’Antioche (A Autolycos, 2, 26), ou encore Méthode et de nombreux autres Pères.

      Ils refusent également, de par la même logique, l’idée d’une corruption générale du genre humain par la seule faute d’Adam, écartant la possibilité d’une transmission directe par génération, contraire à leurs yeux à la bonté de Dieu, faisant, selon leurs vues, que les hommes pèchent « comme » Adam mais non pas « en lui », ce dernier n’ayant transmis à sa descendance qu’une « faiblesse et non une faute ». Cyrille de Jérusalem écrira : « L’âme n’a point péché avant d’entrer dans le monde. Nous sommes venus sans péché et c’est par le libre arbitre que nous péchons.» (Catéchèses, 4, 19).

      Tout ceci affaiblit considérablement le sens et le rôle de la Croix.

      Il convient donc de rappeler, avec l’Eglise catholique, que la mort fait son entrée dans l’histoire de l’humanité en raison du péché d’Adam. Depuis ce premier péché, une véritable « invasion » du péché inonde le monde : le fratricide commis par Caïn sur Abel ; la corruption universelle à la suite du péché…

      De plus, de par l’effet tragique de cette désobéissance, l’Eglise affirme que « l’immense misère qui opprime les hommes et leur inclination au mal et à la mort ne sont pas compréhensibles sans leur lien avec le péché d’Adam et le fait qu’il nous a transmis un péché dont nous naissons tous affectés et qui est  » mort de l’âme ». (…) Tout le genre humain est en Adam  » comme l’unique corps d’un homme unique « .

      Par cette désobéissance souligne l’Eglise, et en raison de « l’ unité du genre humain », et ceci est essentiel sur le plan dogmatique :  » tous les hommes sont impliqués dans le péché d’Adam, comme tous sont impliqués dans la justice du Christ (…) Adam avait reçu la sainteté et la justice originelles non pour lui seul, mais pour toute la nature humaine : en cédant au tentateur, Adam et Eve commettent un péché personnel, mais ce péché affecte la nature humaine qu’ils vont transmettre dans un état déchu. C’est un péché qui sera transmis par propagation à toute l’humanité, c’est-à-dire par la transmission d’une nature humaine privée de sainteté et de la justice originelles. » (Catéchisme de l’Eglise Catholique, § 7. La Chute, III, art., 397-401 ; 403-404.)

      L’art de l’icône a sa noblesse et des merveilles furent peintes par les pieux artistes orientaux, mais le sens tragique de la Croix est malheureusement oublié dans cette perspective théologique, alors qu’il au coeur du saint mystère de la Rédemption et de l’Incvarnation.

      Merci donc pour cet excellent sujet de réflexion, qu’il faudrait sans doute traduire en un article plus développé…. si les Pénitents noirs de La Question y consentent évidemment…

  14. 14 mai 2011 08:32

    Messieurs,

    J’ai lu votre article avec la toute l’attention — très grande — que mérite ce que vous écrivez et diffusez. Mais, alors même que je n’ai pas personnellement le plus petit commencement d’une affinité avec le genre phénoménologie humaniste (quelque peu anthropo-centrée) qui paraît avoir caractérisé Jean-Paul II comme philosophe, j’avoue que je ne trouve pas votre argumentation, à cette étape, aussi pleinement concluante que ne l’était, par exemple, votre magistrale démolition du sédévacantisme.

    Je ne dis pas que vos arguments portent à faux — j’aurais même tendance à penser qu’ils touchent au contraire le cœur même de la chose en question. Mais les passages que vous alléguez (lus comme tels et hors du contexte) ne disent pas du tout, tels quels, ce que vous leur faites dire.

    Affirmer en effet que « par son Incarnation, le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme (G. S. 22, 2). », c’est (n’est-ce pas ?) dire seulement, ce qui ne me paraît pas damnable, que la condition humaine s’est trouvée ontologiquement altérée par le fait de l’Incarnation.

    Dire cela, ce n’est pas ipso facto prôner le salut universel, mais peut-être seulement la possibilité universelle du salut. Ce n’est pas dire que tous les hommes sanctifiés par le fait même de l’Incarnation, c’est dire seulement, ce qui me paraît juste et même irréprochable, que le fait de l’Incarnation les rend tels, que la voie vers la sanctification leur est désormais à la fois ouverte — et obligatoire.

    Poser que l’Incarnation, en plus de lever l’obstacle majeur et rédhibitoire au salut (le péché originel), ouvre en quelque sorte une dimension supplémentaire à la vie humaine, dimension que l’on peut, pourquoi non ?, appeler “dignité de l’homme”, ne me choque pas. On se rappelle les “trois ordres” pascaliens : il n‘est pas exagéré de dire que, si la grandeur dans l’ordre des corps, ou dans celui des esprits, était déjà accessible à l’homme avant l’Incarnation, la grandeur dans le troisième ordre, celui de la charité, le seul qui arrache l’homme à la platitude de la vie “en deux dimensions” en y adjoignant une troisième — cette grandeur, donc, cette profondeur de destin, si l’on veut, est inaugurée par l’Incarnation (et par la Passion, sans doute).

    Si cette dignité (et rien ne s’y oppose dans les textes, du moins, que vous avez cités) est entendue comme une grandeur de destin, ou de destination, certes donnée à tout homme, mais “comme une tâche à accomplir”, il est très exagéré de dire qu’il y ait là divinisation de l’homme ou “surnaturalisation” de ce qui n’est que naturel, “humain, trop humain”, pour continuer avec les philosophes profanes.

    Je ne dis pas que la théologie “moderniste” ne tende pas toute entière à cette sacralisation de ce qui n’est que trop profane n’ait pas effectivement cette tendance paradoxalement à la fois gnostique et immanentiste (une sorte de gnose… de l’ici-bas, en somme), par exemple lorsqu’elle paraît s’aventurer à penser toute conversation humaine à partir de méditations audacieuses sur les relations entre les Personnes de la Trinité, qui seraient l’archétype de toute relation inter-personnelle (c’est tout de même cela qu’il y a derrière le fameux “dialogue inter-religieux”, n’est-ce pas ?). Cette déviation est en effet détestable autant qu’elle est absurde. Mais je trouve l’article un peu faible sur ce point précis, que puisque les passages incriminés n’ont pas nécessairement, pris séparément de tout contexte, le sens qui leur est donné.

    L’auteur de l’article, dont la formation et, si je puis dire, le “flair théologique” lui permettent sans doute de deviner où tout cela va, ne parvient pas cependant en persuader pleinement le lecteur “profane” qui ne peut qu’avoir le sentiment que l’on se livre, sur une maigre base, à un procès d’intention. Que dire en effet de la comparaison des passages incriminés et des beaux textes, par exemples, de la Summa contra Gentiles sur le sacrement du mariage — lesquels font bien de l’union de l’homme et de la femme quelque chose qui, d’une certaine façon, au-delà du simple symbole, participe réellement (par l’effet du sacrement, et non par la seule nature, cela est, certes, évident à la lecture) de l’union du Christ et de l’Église ?

  15. 14 mai 2011 08:38

    Correction :

    Je viens d’écrire par erreur que pour Henri LABORIT, « Dieu » était un ami. Il parlait de « Jésus ».
    Sorry !

  16. 14 mai 2011 22:44

    Bonjour S.D, j’ai écrit sur mon blog un article semblable à celui de la Question. J’y suis juste un peu moins catégorique que la Question tout en présentant des arguments et des références qui vont malheureusement, je le crains, dans le sens des conclusions de la Question.

    Jean Paul II en question

    Dans son livre La théologie de Jean Paul II et l’esprit d’Assise Dörman a cherché à comprendre la réunion d’Assise à la lumière des encycliques de Jean Paul II : Redemptor Hominis, Dives in Misericordia, Dominum et Vivificantem présentées par le défunt pape comme formant sa « Trilogie trinitaire ». Au préalable il commence par étudier les écrits de Jean Paul II alors qu’il était encore cardinal pour évaluer ensuite leur conformité avec les encycliques.
    Dans Signe de contradiction Carol Woyjtila écrit : « Dieu de majesté infinie ! Le trappiste ou le chartreux confesse ce Dieu par toute une vie de silence. C’est vers lui que se tourne le bédouin pérégrinant dans le désert quand vient l’heure de la prière. Et peut-être aussi ce moine bouddhiste qui se concentre dans sa contemplation et qui purifie sa pensée en l’orientant vers le nirvana. Dieu, absolument transcendant, surpassant absolument tout le créé, visible et tangible. »Le Cardinal ne relève pas de différence entre les expériences spirituelles des diverses religions, l’homme y est toujours orienté vers le Dieu absolument transcendant. Il intègre même « les expériences intérieures vécues par les athées de notre époque » en les comparant avec « la nuit des sens et de l’esprit de gens vivant intégra-lement leur foi ». Il poursuit « L’Église du Dieu vivant réunit justement en elle ces gens qui, de quelque manière, participent à cette transcendance, à la fois admirable et fondamentale, de l’esprit humain. » Or comme tous les hommes ont ontologiquement un même esprit humain, tous les hommes doivent être considérés comme appartenant à l’Eglise. C’est ce qui semble être soutenu un peu plus loin par le cardinal « La naissance de l’Église qui eut lieu sur la croix, au moment messianique de la mort rédemptrice du Christ, fut dans son essence la naissance de l’homme, de chaque homme et de tous les hommes, de l’homme qui, — qu’il le sache ou non, l’accepte ou non dans la foi —, se trouve déjà dans la nouvelle dimension de son existence. Cette nouvelle dimension, saint Paul la définit tout simplement par l’ex-pression In Christo, dans le Christ. L’homme existe dans le Christ. Certes il existait dans le plan divin, il existait depuis le commencement, mais c’est par la mort et la résurrection, par le mystère pascal que cette existence est devenue un fait historique, qu’elle a marqué également sur le plan historique et humain l’ordre divin du salut, qu’elle l’a enraciné pour ainsi dire dans l’espace et le temps. » Tous les hommes sont donc dits en Christ, pas seulement dans la pensée de Dieu, mais sur le plan historique. Auraient-ils refusé la foi, ils ont malgré tout reçu la grâce sanctifiante de par la mort du Christ. C’est ce que confirme une autre affirmation du Cardinal « Tous les hommes, depuis le commencement jusqu’à la fin du monde, ont été rachetés et justifiés par le Christ et par sa croix. » Notez le « justifiés »! Alors que la théologie classique soutient que le Christ a mérité le salut de tous les hommes sur la croix ( en ce sens on peut dire qu’il a racheté tous les hommes) mais que tous les hommes ne sont pas sauvés, puisque pour l’être il faut avoir reçu l’application de ses mérites (par la foi et le baptême) et accomplir les œuvres de la charité. C’est en ce sens que depuis le concile de Trente on parle de justification.
    Voilà qui explique comment Jean Paul II force Gaudium et Spes en passant à la trappe la formule confuse, typique d’une intention pastorale, qu’il contient dans non numéro 22 « par son incarnation, le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni à tout homme. » pour asséner : « La révélation réside en ce que le Fils de Dieu par son incarnation s’est uni à chaque homme »

    Or dans Redemptor Hominis Jean Paul II fait également sauter l’atténuation de Gaudium et Spes « Il s’agit dechaque homme parce que chacun a été inclus dans le mystère de la rédemption et Jésus-Christ s’est uni à chacun, pour toujours, à travers ce mystère. (…) L’objet de cette profonde attention [de la part de l’Église] est l’homme dans sa réalité unique et impossible à répéter, dans laquelle demeurent intactes l’image et la ressemblance de Dieu lui-même (Gen 1/27). (…) L’homme tel qu’il est “voulu” par Dieu, “choisi” par lui de toute éternité, appelé, destiné à la grâce et à la gloire (…), l’homme dans toute la plénitude du mystère dont il est devenu participant en Jésus-Christ et dont devient participant chacun des quatre milliards d’hommes vivants sur notre planète, dès l’instant de sa conception près du coeur de sa mère. » écrit-il.

    Plus surprenant, le concept de « ressemblance divine » est détourné de son sens traditionnel, puisque pour la théologie classique celui-ci correspond, depuis Saint Irénée, à la grâce sanctifiante. Le péché originel ayant fait perdre à l’homme la ressemblance divine. D’où doit se conclure que pour Jean Paul II, fidèlement à ce que pensait le cardinal Carol Woyjtila, tout homme a atteint la dignité de la grâce de l’adoption divine, si bien que tout homme appartient à l’Eglise. Mais cette révélation ne devient consciente que par le Christ. Pour expliciter le schème du salut qui traverse l’oeuvre de Jean Paul II Dörmann parle ainsi de deux révélations: la révélation a priori, la rédemption universelle, la révélation a posetriori, rédemption historique. La première résulte de la seule incarnation, la seconde fait que la première devient un fait historique. C’est donc par l’incarnation et non par la rédemption du calvaire que nous recevons la grâce. De fait, il n’est plus nécessaire au pape d’évoquer la nécessité de la foi et du baptême pour être régénéré dans le Christ. L’encyclique n’y fait en effet jamais allusion. Il est proprement incompréhensible relève Dörman qu’« un pape ne fasse pas mention de la profondeur insondable de la faute originelle ni de la nécessité absolue de la rédemption et qu’il ignore la foi au Rédempteur, exigée à chaque page de l’Évangile ».
    Jean Paul III répète ainsi son leitmotiv « Chacun a été inclus dans le mystère de la Rédemption, et Jésus-Christ s’est uni à chacun, pour toujours, à travers ce mystère ». La mission de l’Eglise est dès lors d’être le signe et le moyen de l’unité du genre humain (RH 7, 3). Il s’agit pour elle de former « la pleine et universelle conscience » de l’Église par le dialogue (RH 11, 1). Pour y parvenir Jean Paul II insiste sur Nostra aetate qui soutient que dans les autres religions des « reflets d’une unique vérité, comme des “semences du Verbe” témoignant que l’aspiration la plus profonde de l’esprit humain est tournée, malgré la diversité des chemins, vers une direction unique, en s’exprimant dans la recherche de Dieu et, en même temps, par l’intermédiaire de la tension vers Dieu, dans la recherche de la dimension totale de l’humanité, c’est-à-dire du sens plénier de la vie humaine » (RH 11, 2). Mais Jean Paul II ne rappelle pas que saint Justin, le géniteur de cette formule « semences du Verbe », qui considérait les autres religions comme des inventions démoniaques.

    Toute l’encyclique exalte ainsi la dignité de l’homme acquise en Christ par son incarnation, cette « dignité que chaque homme a atteinte et peut atteindre continuellement dans le Christ et qui est la dignité de la grâce de l’adoption divine » (RH 11, 5). Cette dignité de l’homme devient centrale, au point que « en réalité, cette profonde admiration devant la valeur et la dignité de l’homme s’exprime dans le mot Évangile, qui veut dire Bonne Nouvelle » (RH 10, 2).
    Or jamais, je me répète, cette encyclique n’évoque la nécessité pour l’homme de regretter ses péchés, la nécessité de se convertir pour être sauvé, pour échapper à la colère de Dieu (Eph 2,3). Elle exalte l’admiration de l’homme et non du rédempteur. L’encyclique cherche également en Jésus-Christ le principe de sa sollicitude pour l’avenir terrestre de l’homme quand l’Évangile nous montre que le Christ abandonnait ce genre de sollicitudes aux homme de peu de foi (Mt 6, 25-34). La foi eschatologique de l’Eglise est également orientée vers l’avenir des hommes sur terre et non vers le retour du Christ en gloire. Enfin, cerise sur le gâteau, Jean-Paul II trace une voie, bien éloignée de la royauté sociale du Christ, pour échapper aux désastres de l’époque, dont les principes sont « la priorité de l’éthique sur le technique, le primat de la personne sur les choses, la supériorité de l’esprit sur la matière ». Tout cela, nous est-il dit, est l’expression de « la royauté de l’homme ». Il dirige alors son regard vers « le magnifique effort accompli pour donner vie à l’Organisation des Nations Unies, effort qui tend à définir et établir les droits objectifs et inviolables de l’homme » (RH 17, 1). Il poursuit en évoquant les relations entre l’Église et l’ONU sur la question des droits de l’homme : « L’Église n’a pas besoin de réaffirmer à quel point ce problème est lié de façon étroite à sa mission dans le monde contemporain. (…) En définitive, la paix se réduit au respect des droits inviolables de l’homme » (RH 17, 2). On est bien loin de Quas primas : « Jamais ne pourrait luire une ferme espérance de paix durable entre les peuples tant que les individus et les nations refuseraient de reconnaître et de proclamer la souveraineté de Notre Sauveur. »

    Toute cette théologie nouvelle du salut est donc très problématique. Elle est le produit d’une tentative de marier l’idéalisme au message du Christ. C’est à mes yeux dans l’idéalisme que se situe le foyer de confusion qui trouble éventuellement le regard de certains papes depuis plusieurs années. Loin de moi l’idée qu’ils sont des hérétiques formels, mais leur formation philosophique les conduit à chercher à comprendre l’enseignement du Christ à la lumière de principes qui lui sont étrangers. L’insistance de Jean Paul II sur les notions de conscience en témoignage, de même que sa conception de l’intégration de tout homme au Christ par la seule incarnation. L’idée sous-jacente est typiquement idéaliste et gnostique : tout homme est en Christ, tout homme est renouvelé quelque soit sa foi, tout l’enjeu de l’existence étant d’en prendre conscience.

    Pour résumer, Jean Paul II semble soutenir que tous les hommes sont ontologiquement renouvelés en Christ du simple fait de l’incarnation; que tous les hommes sont en conséquence justifiés; que la ressemblance divine n’a pas été détruite par le péché; que la foi n’est pas nécessaire au salut; que tous les hommes appartiennent à l’Eglise; que la mission de cette dernière est de faire accéder les hommes à la pleine conscience de l’unité du genre humain subsistant malgré les diverses appartenances religieuses. Nous avons là une analyse qui jette une lumière très éclairante sur les déclarations et les actes de Jean Paul II et notamment sur la réunion d’Assise au sujet de laquelle Mrg Meija ( vice-président de la commission pontificale Iustitia et Pax, ancien camarade de Jean Paul II à l’Angelicum, aujourd’hui cardinal) déclarait « la présence commune ( des représentants des différentes religions) se fonde, en dernière analyse, sur la reconnaissance et le respect mutule de la voie suivie par chacun , et la religion à laquelle on appartient, comme chemin d’accès à Dieu ».

    Julien Gunzinger

    • apostolatus specula permalink
      15 mai 2011 12:27

      Julien Gunzinger

      Excellent résumé en effet, montrant le naturalisme panthéiste de Jean-Paul II, justement dénoncé par La Question est que vous exprimez en ces termes :  » Jean Paul II semble soutenir que tous les hommes sont ontologiquement renouvelés en Christ du simple fait de l’incarnation; que tous les hommes sont en conséquence justifiés; que la ressemblance divine n’a pas été détruite par le péché; que la foi n’est pas nécessaire au salut; que tous les hommes appartiennent à l’Eglise; que la mission de cette dernière est de faire accéder les hommes à la pleine conscience de l’unité du genre humain subsistant malgré les diverses appartenances religieuses. » Et en effet, telle fiut bien la pensée théologique véritable de l’ancien pontife, pensée qui s’éloigne terriblement de l’enseignement de l’Eglise catholique.

      Ce que Jean-Paul II accorde à l’homme, à tout homme, toute femme également, indistinctement, à chacun de nous, pauvres pécheurs, c’est à Jésus et à Marie seuls que le Père l’a voulu donner.

      Le péché originel ne fut pas, comme on le lit chez Jean-Paul II, une petite affaire vite éclusée, oubliée. Le séjour terrestre devint pour Adam et sa race une misère et un piège. Des multitudes immenses d’êtres humains dégénérés, pourquoi l’avoir caché ? se rebellèrent contre leur Créateur, suivirent des démons, s’attachèrent aux biens terrestres et détournèrent leurs yeux de la Béatitude que Dieu méditait de leur donner dans un séjour meilleur et définitif.

      Or cela, Jean-Paul II pas voulu le dire, pour ne pas déplaire aux hommes de nos temps orgueilleux. Dès lors, ils ont entendu le pape avec plaisir et se sont enfoncés dans leurs erreurs, leurs révoltes, leurs amours désordonnés, leurs cupidités terrestres, et les excusant de tout, admirés les prêches de Jean-Paul II qu’ils veulent canoniser parce son discours les flatte et en fait de vivantes idôles modernes.

  17. gerdil permalink
    15 mai 2011 12:15

    Le texte écrit par La Question est en train de faire le tour des blogs catholiques tradis. Et le voilà à présent traduit en espagnol et repris par les sites hispaniques dont on connaît le rayonnement important de par la place occupée par la culture catholique dans les pays qui parlent l’espagnol.

    C’est une execellente chose. D’ailleurs beaucoup d’autres ananalyses devraient faire l’objet de ces traductions, car l’éclairage théorique fourni par les animateurs de La Question, en particulier sur les sujets religieux, donne énormément à réfléchir. Pour ce qui concerne Jean-Paul II, j’avoue avoir rarement lu des choses aussi sévères, mais également aussi précises.

    • 15 mai 2011 15:21

      Cher M. Gunzinger,

      Je vous remercie de votre lumineuse réponse qui complète utilement l’excellent article de La Question, à telle enseigne qu’il faudrait peut-être fondre les deux, en quelque sorte, pour fournir une démonstration plus solide au public catholique intéressé, attentif, non fermé, mais formé à la théologie. Je ne reproche aucune faute de raisonnement à La Question, mais seulement de présenter des conclusions insuffisamment étayées, probablement parce que, pour des lecteurs compétents et rigoureux de l’ensemble de l’œuvre de Jean-Paul II (ce que je ne suis pas), ces conclusions s’imposent avec la parfaite clarté du plein jour.

      Comme « Apostolatus Specula », j’ai beaucoup apprécié l’abrégé de vos principaux points, qui permet de bien voir, disons, l’ossature du débat (je numérote les thèses pour les reprendre ensuite une par une) :

      « (1) Jean Paul II semble soutenir que tous les hommes sont ontologiquement renouvelés en Christ du simple fait de l’incarnation; (2) que tous les hommes sont en conséquence justifiés; (3) que la ressemblance divine n’a pas été détruite par le péché; (4) que la foi n’est pas nécessaire au salut; (5) que tous les hommes appartiennent à l’Eglise; (6) que la mission de cette dernière est de faire accéder les hommes à la pleine conscience de l’unité du genre humain subsistant malgré les diverses appartenances religieuses. »

      J’aurais personnellement tendance (naïvement, je vous l’accorde) à adhérer à la première thèse, car, en effet, je crois que la nature humaine a dû être changée, en son fond même, et non seulement restituée ou restaurée, dès lors qu’elle a été assumée par le Verbe divin. Il me semble — ai-je tort ? — que c’est là une thèse qui est en quelque sorte impliquée par l’idée selon laquelle l’Incarnation ouvre à l’humanité une carrière nouvelle, si je puis dire, un horizon infiniment plus vaste que celui qui lui eût été accessible, même dans l’état de la nature non blessée par le péché originel.

      Est-ce une thèse trop scandaleusement scotiste que de dire que le Christ, comme « summum opus dei », eût du exister, même si le péché originel n’avait pas eu lieu, et cela parce qu’outre la réparation du péché, de laquelle nous lui sommes infiniment redevables, il fallait en tout état de cause qu’existât, pour couronner la Création, l’Homme-Dieu ? Et que sa manière de la couronner, c’est aussi précisément d’ouvrir une dimension nouvelle au genre humain ?

      À cet égard et en ce qui concerne les religions non-chrétiennes, je trouve que la formule du futur Pape Jean-Paul II, qui vous choque tant, est susceptible d’une lecture moins sévère.

      Il écrit en effet, comme vous le rapportez :

      « Dieu de majesté infinie ! Le trappiste ou le chartreux confesse ce Dieu par toute une vie de silence. C’est vers lui que se tourne le bédouin pérégrinant dans le désert quand vient l’heure de la prière. Et peut-être aussi ce moine bouddhiste qui se concentre dans sa contemplation et qui purifie sa pensée en l’orientant vers le nirvana. Dieu, absolument transcendant, surpassant absolument tout le créé, visible et tangible. »

      Notez tout de même qu’il n’a pas dit que le bédouin et le moine bouddhistes en faisaient positivement l’expérience, mais qu’ils se tournaient vers lui. Il y a loin de la coupe aux lèvres, quand on ne fait que se « tourner vers » Dieu, surtout quand on est privé des moyens de combler l’immense hiatus qu’il y a de lui à nous.

      Il me semble que dans votre argumentation, comme dans celle de La Question, il y a une certaine tendance à glisser, si je puis dire, de la cause formelle et finale à l’être actuel. Je m’explique : quand Jean-Paul II a produit des énoncés qui peuvent se lire au sens où le Bédouin et le moine bouddhiste eux-mêmes sont « capax Dei » et même travaillés intérieurement par ce « desiderium naturale » qui est inséparable de la condition humaine, même déchue, vous en inférez, si je puis me permettre, qu’il veut dire qu’ils possèdent actuellement Dieu et en jouissent comme les plus grands spirituels catholiques dans leurs plus hautes oraisons.

      Pour ma part, je comprends les « semences du Verbe » (dites-moi si une telle idée est à bannir) en quelque sorte comme des appétits auxquels des religions non-chrétiennes, de même que divers systèmes de philosophie, peuvent donner naissance, sans toutefois être le moins du monde en mesure de les satisfaire. Je me permets d’attirer respectueusement votre attention sur la manière dont tant d’éléments de l’aristotélisme et du néo-platonisme se sont trouvés intégrés, après digestion, dans la meilleure des théologies. De cette simple considération, il ressort la possibilité au moins que des traditions païennes soient riches de « semences du Verbe », dont bien sûr le fin mot n’appartient qu’à la religion catholique. Dire cela, ce n’est en aucune façon verser dans un commencement d’acceptation de l’idée d’un salut possible par le biais de ces traditions : encore une fois, elles éveillent le sain appétit d’une nourriture dont elles ne possèdent que l’image peinte, inapte à repaître nos estomacs.

      Bref, quant à votre « thèse n° 1 », faut-il vraiment reprocher à Jean-Paul II d’avoir énoncé des erreurs, ou bien seulement d’avoir proposé des énoncés malsonnants ?

      Mais, comme vous le voyez, je ne défends tout au plus que cette première thèse — d’un certain renouvellement ontologique de tous les hommes par le seul fait de l’Incarnation, à le prendre au sens que je propose (d’ouverture d’un horizon nouveau de l’existence humaine, et non de possession plénière, donnée à tous, de tout ce qui peut se trouver dans cette dimension supplémentaire). Quant aux autres :

      « Jean Paul II semble soutenir (…) (2) que tous les hommes sont en conséquence justifiés; (3) que la ressemblance divine n’a pas été détruite par le péché; (4) que la foi n’est pas nécessaire au salut; (5) que tous les hommes appartiennent à l’Eglise; (6) que la mission de cette dernière est de faire accéder les hommes à la pleine conscience de l’unité du genre humain subsistant malgré les diverses appartenances religieuses »,

      Il est clair que les thèses n° 2, 4, 5 et 6 sont insoutenables et même profondément choquantes.

      La thèse n° 3 est certainement défendable, là encore, en la prenant en un sens bien défini, qui n’impliquerait aucunement la négation des lourdes conséquences du péché. Cela me rappelle ce fragment célèbre de Pascal, qui n’a aucune autorité bien sûr, mais qui me semble bien dire la chose :

      « Qui se trouve malheureux de n’être pas Roi, sinon un Roi dépossédé ? Trouverait-on Paul Émile malheureux de n’être plus consul ? Au contraire tout le monde trouvait qu’il était heureux de l’avoir été ; parce que sa condition n’était pas de l’être toujours. Mais on trouvait Persée si malheureux de n’être plus Roi, parce que sa condition était de l’être toujours, qu’on trouvait étrange qu’il pût supporter la vie. Qui se trouve malheureux de n’avoir qu’une bouche ? Et qui ne se trouve malheureux de n’avoir qu’un œil ? On ne s’est peut être jamais avisé de s’affliger de n’avoir pas trois yeux ; mais on est inconsolable de n’en avoir qu’un. »

      Si le péché effaçait jusqu’à la dernière trace de notre première nature, nous ne souffririons pas de notre terrible abaissement. Mais, là encore, je ne vois qu’appétits ardents dépourvus de tout moyen de se satisfaire.

      Je vous soumets ces quelques pensées avec le plus ardent désir d’être réfuté si je me méprends et s’il vous apparaît que mon respect de la monarchie dans l’Église détermine en moi une indulgence coupable à l’égard du précédent titulaire du trône de S. Pierre !

    • wendrock permalink
      15 mai 2011 16:04

      @gerdil

      D’autres textes de La Question ont déjà fait l’objet de traductions par le passé.

      A signaler ainsi « L’Athéisme une imposture philosophique », traduit en italien est largement diffusé sur les blocs catholiques traditionalistes transalpins.

      L’ateismo: un’impostura filosofica
      http://www.salpan.org/ARTICOLI/Ateismo.html

      https://lebloglaquestion.wordpress.com/2011/01/04/l%e2%80%99atheisme-une-imposture-philosophique/#comment-13872

      ******************

      Pour être complet sur le sujet, « La gnose sexuelle de Jean-Paul II » a été traduit par Antonio Vicente, le responsable du blog AMOR DE LA VERDAD.

      http://moimunanblog.wordpress.com/2011/05/13/la-gnosis-sexual-de-juan-pablo-ii/

  18. 15 mai 2011 15:23

    Erratum dans le premier paragraphe de mon dernier commentaire : lire « non fermé, mais non formé » ou « mais pas formé pour autant », au lieu de « non fermé, mais formé [à la théologie] ».

  19. 15 mai 2011 17:21

    Sébastien Derouen,

    Vous abordez dans votre message le problème central de l’anthropologie de Karol Wojtyla, que le défunt pape résuma par cette phrase : « Par son Incarnation, le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme (G. S. 22, 2). Ce qui vous fait supposer, de façon légitime, que « Dire cela, ce n’est pas ipso facto prôner le salut universel, mais peut-être seulement la possibilité universelle du salut. » En effet, on pourrait, éventuellement, considérer que telle fut l’intention de Jean-Paul II, et qu’il ne se trouve pas chez lui une tendance à la « divinisation de l’homme ou “surnaturalisation” de ce qui n’est que naturel. »

    Pourtant, tel est le cas. Et même d’une manière très impressionnante qui caractérise toute la perspective théologique de Jean-Paul II, notamment dans le cadre du dialogue interreligieux auquel vous faites allusion, et que nous allons ainsi prendre comme base de notre développement.

    Ceci apparaît nettement à l’examen des thèses de Jean-Paul II, qu’une étude attentive révèle sans peine.

    Ainsi, il écrivait :

    « De la même façon qu’il n’existe ni homme ni femme qui ne porte sur soi le signe de son origine divine, il n’y a personne qui puisse rester en dehors ou en marge de l’œuvre de Jésus-Christ,  » mort pour tous « , et donc  » Sauveur du monde  » (cf. Jn 4, 42) ; c’est pourquoi  » nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’être associés au mystère pascal (Gaudium et Spes, 22 (…) Ce mystère radieux de l’unité des créatures du genre humain, et de l’unité de l’œuvre salvifique du Christ, qui porte en lui le début de l’Église, comme ministre et instrument, s’est manifesté clairement à Assise, malgré les différences des professions religieuses, nullement cachées ou atténuées. »

    Démêlons, dans ce discours résolument captieux, le vrai du faux. Tout homme (ou femme !) « porte sur soi (sic !) le signe de son origine divine », certes ! mais aussi le signe du péché originel dont il n’est rien dit ici. Dans le Christ, unique sauveur, unique médiateur, tous doivent trouver réconciliation avec Dieu et grâce, mais non seulement cette « plénitude de la vie religieuse » qui laisserait entendre qu’en Bouddha, Krishna et Confucius ils en ont déjà un bout !

    Poursuivons cette critique ou démêlement de l’orthodoxie et du venin d’hérésie qu’on y a mêlé : Le Christ est sauveur du monde et « nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’être associés (le mot est trop vague) au mystère pascal ». Encore faut-il qu’ils le veuillent et répondent aux sollicitations de l’Esprit-Saint par la foi ! D’où la fausseté surprenante de l’affirmation du Pape : « il n’y a personne qui puisse rester en dehors ou en marge de l’œuvre de Jésus-Christ » !

    Hélas, des multitudes y restent par leur faute, ou du moins tout le laisse à penser, et ce dès le temps de la prédication de Notre-Seigneur, rien ne permet de le nier comme le fait ici le Pape.

    Poursuivons notre examen sur d’autres textes :

    « L’unité universelle fondée sur l’événement de la création et de la rédemption ne peut pas ne pas laisser une trace dans la réalité vivante des hommes, même s’ils appartiennent à différentes religions. C’est pourquoi le Concile a invité l’Église à découvrir et respecter les germes du Verbe présents dans ces religions (Ad gentes, 11) et a affirmé que tous ceux qui n’ont pas encore reçu l’Évangile sont  » ordonnés  » à la suprême unité de l’unique peuple de Dieu, à laquelle par sa grâce et par le don de la foi et du baptême appartiennent déjà tous les chrétiens, avec qui les catholiques  » qui conservent l’unité de la communion sous le Successeur de Pierre « , savent être unis  » pour de multiples raisons  » (cf. Lumen gentium, 15). »

    Toute la différence et la contradiction entre notre sainte religion chrétienne et catholique, et la gnose de Jean-Paul II, écouté bouche bée par la Curie romaine sa complice, tient en ceci que :

    – Pour la doctrine catholique, par le péché d’Adam le genre humain s’est séparé de son Créateur et Seigneur et s’est divisé irrémédiablement. Au commencement donc, l’unité a été brisée… L’Incarnation du Verbe et sa Croix rédemptrice ont inauguré la réconciliation de l’humanité avec Dieu et sa lente recomposition en Corps mystique par la pénitence et conversion de tous les hommes de bonne volonté, grâce à la vertu de la foi chrétienne et du baptême donné par l’Église.

    – Pour Jean-Paul II, l’union à Dieu et l’unité humaine universelle ont été établies de manière inaltérable dès l’origine, en vertu de cet événement, unique ! basilaire ! souverain ! que rien ni personne ne pourra jamais annuler, rendre inopérant, ni effacer : « l’événement de la création et de la rédemption ». Cette unité n’est pas à la fin de l’histoire, comme le résultat d’une restauration chrétienne, par l’Église, de toute l’humanité dans la grâce divine. Elle est au départ et elle subsiste par-dessous les autres  » événements « , telles les « différences de religions ».

    Cette affirmation n’est ni thomiste, ni même scotiste.

    Faire de la création et la rédemption un seul et même  » événement « , est une folie doctrinale !

    Autant dire qu’au lieu du péché originel, tare transmise à tous les humains comme une impiété foncière et une injustice, c’est une grâce originelle dont tous héritent, par nature, portant des « germes du Verbe » dont toutes les religions (ou irréligions ?) sont des expressions intéressantes, quoique sans doute de valeurs inégales. C’est vraiment le monde renversé ! C’est l’Église invertie !Tout est donc illusion et bien plus, mensonge dans cette cascade d’affirmations sans preuves. « La création » n’a pas laissé subsister de « trace » dans le vécu des peuples, qu’il faudrait à toute force retrouver, et exalter ! dans les « différentes religions ». C’est le péché originel, c’est le démon devenu Prince de ce monde qui les ont inspirées aux hommes et constituées pour faire pièce aux sollicitations intimes de Dieu dans leurs cœurs. Ce sont de fausses religions !

    Et si jadis, avant la venue du Verbe divin en ce monde, des « germes » de sa Vérité, des rayons de sa Lumière, des semences de Vie ont subsisté jusque dans leurs idolâtries et leurs corruptions, aujourd’hui l’Église ne devrait « les découvrir et les respecter » dans les « différentes religions » que pour en presser les sectateurs de se rendre à la plénitude de ce Verbe dont ils n’ont que des « germes » et de se convertir à sa pleine Vérité !

    Comme les semences de vie jetées dans les âmes par la prédication et le baptême chrétiens dans les communautés schismatiques et hérétiques, empêchées de croître et de donner du fruit par la séparation d’avec l’Église et le Christ, ne devraient être invoquées et louées que pour presser tous ces frères séparés, mal-vivants, de se convertir à l’Église romaine !

    Jean-Paul II, prend comme point de départ le n° 22 de Gaudium et Spes. C’est, dit-il, « le couronnement du premier chapitre, lequel traite de la personne humaine ».

    Voici le texte bien connu :

    « Parce que dans le Christ la nature humaine a été assumée, non absorbée, par le fait même, cette nature a été élevée en nous à une dignité sans égale. Car par son Incarnation, le Fils de Dieu s’est en quelque sorte uni lui-même à tout homme. »

    L’idée insinuée, c’est que par cette proximité toute matérielle et cette union toute idéale du Fils de Dieu incarné avec les autres hommes, ses voisins, ses concitoyens, ses contemporains, et de proche en proche, tous les êtres humains de tous les temps… une véritable incorporation ou communion mystique s’est accomplie, faisant de tout homme quel qu’il soit un être pénétré « en quelque sorte » de la sainteté du Fils de Dieu, donc de sa divinité. C’est une christification, donc une divinisation automatique de tout le genre humain, une déification instantanée !

    Voilà le travail de conversion et de christianisation des peuples rendu absolument inutile ! C’est donc fait. Dieu s’est uni maintenant et pour toujours, « en quelque sorte », tout homme.

    Résultat ?

    L’Église obéissait depuis des siècles à l’ordre formel de Notre-Seigneur Jésus-Christ en envoyant ses missionnaires prêcher l’Évangile à toutes les nations, dans le but de les convertir, de les baptiser, de leur apprendre et les obliger à pratiquer tout ce qu’Il avait enseigné aux hommes pour leur salut. L’Église unique et sainte ne pouvait, ne pouvait être que “missionnaire” ! Pas pour Jean-Paul, plus pour lui. Nouvelle et grave dévaluation de son être, discrédit jeté sur son œuvre la plus chère et sur ses ouvriers les plus courageux !

    Au lieu de convertir les païens, de ramener au sein de l’Église les hérétiques, les apostats, au lieu des missions, voici que Jean-Paul II parle de conversion de l’Église au monde, d’alignement de l’Église sur l’humanisme universel. Et en effet, selon cette logique, de quel droit inquiéter, déranger tant de gens qui sont, sans nous, en dehors de nous, dans la voie du progrès, de la culture, leur précieuse culture autochtone, s’efforçant à conquérir par eux-mêmes leur autotranscendance ?

    Ainsi, Jean-Paul II calomnie l’idéal vrai, surnaturel, courageux, qui brave la fureur de l’enfer et mérite aux missionnaires, si souvent, la palme du martyre, et lui substitue comme un idéal plus « élevé », une théorie plate, lâche, plus maçonnique que chrétienne, honteuse et stérile, dont le fond est un humanisme antichrist.

    Dans cet œcuménisme illimité, aura-t-on encore le droit de convertir les païens ? Non. Ou alors, s’ils y tiennent absolument, et si cela vient vraiment d’eux ! On est en pleine trahison de l’idéal évangélique au nom de l’humanisme.

    Certes l’Incarnation et la Passion du Seigneur nous ont libéré, définitivement, de Satan, mais on ne peut écrire que « tout homme de par l’Incarnation est uni à Dieu», car c’est faire trop vite l’impasse, par excès d’optimisme, sur un élément essentiel : la condition présente des créatures même après la venue du Sauveur. Car si la Croix est gage de salut, elle n’a point fait disparaître, la mort, la maladie, l’erreur, la douleur, les pleurs et les larmes, le vice, l’impiété, la haine de Dieu. La Croix n’a donc pas fini d’accompagner l’Histoire (comme le disait Pascal, « Jésus-Christ est en agonie jusqu’à la fin du monde »… ajoutant : « il ne faut pas dormir pendant ce temps-là »).

    Si le pardon des péchés est en effet acquis, du côté de Dieu (cf. Colossiens II 13-14) pour celui qui croit en Jésus-Christ, la question, terrible, elle se trouve du côté du pécheur, du païen, de l’apostat, de l’incroyant. Va-t-il oui ou non entrer dans ce pardon et recevoir sa vie de Dieu ? Et il ne faut pas aller trop vite en besogne et se tromper de chronologie, la conversion est fondamentale afin d’accéder à la vie divine – sinon on reste un pauvre fils d’Adam pécheur avec une âme dépourvue de vie surnaturelle, c’est ce qu’oubli – tragiquement – de dire Jean-Paul II, il omet de rappeler que pour l’heure nous sommes encore dans le processus, pas dans l’achèvement !

    Dans la conception humaniste de Jean-Paul II, comme une sorte de défi soutenu par l’homme pour épater son Dieu, et comme un écho de l’orgueil satanique qu’expriment ces paroles de l’Homme impie, selon Isaïe 14,14 : « Ero similis Deo ! », l’homme est digne, d’une dignité naturelle, qui lui vient de la création, comme si entre temps, le péché originel n’avait compté pour rien. Triomphant de l’épreuve définitive et radicale sous les yeux de Dieu par lui-même, restant inconverti mais l’effet mécanique de l’Incarnation, tout homme deviendra donc l’égal du Créateur !

    Si une telle doctrine devait s’imposer, ce serait la fin de la religion sur la terre ; et si l’Église ne luttait de toute la force de ses institutions et de ses saintes et vivantes traditions contre cette apostasie doctrinale de fin du monde, c’est toute la foi de l’Evangile qui serait remplacée par une spiritualité new-âge, pour tout dire une gnose maçonnique, théosophique et « humaniste ».

    Pax Vobis +

    NB. L’article [La gnose sexuelle de Jean-Paul II] est en effet « anonyme », ayant fait le choix collectif d’une intervention non personnalisée pour notre activité sur internet signant simplement : « La Question », nos diverses contributions : https://lebloglaquestion.wordpress.com/2011/03/03/la-question-qui-sommes-nous/

    Cependant, il nous faut corriger légèrement la phrase de présentation que vous en faites, car le texte n’est pas « traduit de l’espagnol » – c’est plutôt l’inverse qui est exact – essayant au maximum de proposer des analyses originales, de sorte que l’ensemble des textes publiés par nos soins (sauf indication contraire), sont tous issus des rédacteurs de La Question.

    ************************

    Lire :
    L’apostasie du dialogue interreligieux :
    http://www.la-question.net/archive/2009/09/24/l-eglise-et-les-religions-non-chretiennes.html

  20. 15 mai 2011 18:39

    Chers « La Question »,

    Je vous remercie pour votre réponse lumineuse, parfaitement convaincante pour moi, hélas (car, bien sûr, les choses seraient plus simples si l’erreur était de votre côté, mais… pas moyen !) et, autant que j’y comprenne quelque chose, imparable pour vos adversaires.

    Je comprends maintenant, par la même occasion, le peu de zèle de quelques Pères Dominicains que j’ai l’honneur de connaître, quand j’ai commencé à ressentir le besoin de me convertir et qu’ils paraissaient plutôt, à ma profonde stupéfaction, me pousser à persévérer dans les voies où je m’étais égaré : dans la logique de cette théo (?) -logie là, rien que de logique et de naturel.

    Toutes mes excuses pour la méprise sur la traduction de / en espagnol. J’avais mal interprété le « rétrolien » ; en effet, il n’y a qu’à jeter un œil sur la version espagnole pour voir qu’ils vous citent comme source traduite par eux. J’ai été trop rapide.

    Avec toute ma reconnaissance,

    S. D.

  21. Pépin permalink
    15 mai 2011 20:48

    Mea culpa mea maxima culpa, j’ai souvent été contradictoire dans mes propos, je vais m’en corriger.
    J’écrirai moins sur ce blog, ou lorsque j’écrirai, je tacherai de réfléchir, à ce que j’écris, en lisant, et en m’informant avant.
    Pardonnez moi chers lecteurs et lectrices, si j’ai porté atteinte à votre Foi, ou en laissant une image décevante, de moi, priez pour ma conversion, de mon côté je vais changer, afin que plus personne, ne me trouve contradictoire, ou me reproche de retomber dans les même erreur.
    Je veux être un Saint, et j’espère m’appliquer à le devenir.
    Merci à la question de bien vouloir purifier tout mes commentaires anti-religieux, et mauvais toutes les fois que j’en ai écrit.
    S’il vous plaît, merci .
    Que la Paix du Christ Repose sur Vous.
    Votre serviteur.

    • Charles permalink
      18 janvier 2013 22:47

      Merci cher Pépin d’inaugurer une nouvelle race de canonisés: les « Saints » de La Question!!!!!
      Je m’esclaffe et me pince les lèvres pour ne pas éclater de rire!!!
      Contradictoire vous? Que nenni!! Un futur saint qui est repris dans tous ses commentaires et « purifié » par les commentaires paternels de La Question….ça ne peut qu’aller au Ciel directement!!!
      ALLELUIA! Il se passe toujours quelque chose sur ce saint blog!!!!

  22. 16 mai 2011 09:05

    Je vous remercie également pour le lien vers votre article sur « l’apostasie du dialogue inter-religieux », que je trouve éminemment éclairant en ce qu’il met magistralement au jour non seulement le caractère aberrant des thèses discutées, mais aussi l’énormité de leurs tenants et aboutissants en divers registres. Et cela ajoute à la clarté de votre critique générale du modernisme, dans la forme particulière de celui-ci qu’est la « gnose sexuelle » analysée dans le présent article.

    En discutant avec quelques spécialistes du « dialogue inter-religieux », Il m’a semblé, du reste, qu’il y avait chez eux, outre un fond de relativisme que vous pointez justement, et outre cette sorte de folie de cette sorte de « révolution copernicienne » (faire de l’Église un des nombreux astres — les religions — gravitant autour de l’unique soleil divin) que vous indiquez aussi, un autre trait que je ne comprends pas jusqu’au bout : sous leur volonté de « dialogue », il me semble que se cache (mais je n’en devine que vaguement les contours) une sorte de fausse théologie de la communication, si je puis dire.

    Si j’ai bien compris, ils placent leur idolâtrie de la multiplicité, de la différence et de la communication entre les points de vue différents, « sous le couvert » d’une étrange méditation trinitaire, selon laquelle le Dieu des Chrétiens, plutôt qu’il n’est une substance simple en trois Personnes, serait essentiellement, si je puis dire, un acte de communication inter-personnel.

    Tout se passe pour eux (démentez-moi si je me méprends) comme si la Vérité, en l’occurrence, était dans la relation plutôt que dans les termes — je dirais presque, même si c’est là un langage qui flotte entre l’absurdité et la témérité extrême (pour ne pas dire : entre le charabia et le blasphème) : dans les échanges entre les Personnes de la Sainte Trinité plutôt que dans leur substance unique.

    De cette proposition nouvelle — non plus : « il y a entre les personnes de la Trinité une forme inconcevable de communication », mais : « Dieu consiste dans cette communication autant ou plus que dans les termes de la relation » —, autrement dit, du glissement d’une théologie solide sur le plan de l’ontologie à une sorte de théologie sentimentale exaltant le vis-à-vis du « toi » et du «moi », nourrie d’on ne sait quoi, Büber, Lévinas… — il me semble qu’il ressort une sorte de sacralisation des rapports interpersonnels, purement humains, cette fois.

    Si, selon eux, (1) le « centre de gravité », si j’ose dire, de l’être de Dieu est dans la relation et dans la communication entre les personnes divines (thèse téméraire, peut-être défendable, cela me dépasse — je n’en vois surtout pas l’intérêt), alors (2) (inférence illogique vers une thèse inacceptable) la communication entre les personnes humaines a « donc » quelque chose d’intrinsèquement divin — du moins quand elle se fait dans des conditions qui permettent une certaine « participation» (en un sens quasi-platonicien) de cette communication humaine à la « communication » divine.

    D’où, si je ne m’abuse, la sacralisation de la sexualité humaine chez Jean-Paul II ?

    Je vous prie d’excuser ce galimatias, je ne fais qu’essayer de formuler des idées que je juge fausses et confuses et que je ne connais, en outre, que de seconde ou de troisième main. Vous y verrez plus clair que moi.

    En tout cas, il apparaît de plus en plus clairement, à mes yeux du moins (mais je vois bien que je ne fais que m’éveiller tardivement à une vérité lumineuse pour ceux qui y ont bien réfléchi), que dans la crise moderniste, l’avachissement ou la divagation théologiques reposent sur un énorme affaiblissement philosophique. Je n’ai pas compris d’emblée où vous vouliez en venir en invoquant l’idéalisme : je pense que vous avez en vue, plutôt que Descartes, Leibniz ou Berkeley, cette forme spécifique d’idéalisme qu’on pourrait appeler existentialisme — j’entends, celle où il n’y a plus de vérité, et plus d’être, — mais seulement des vécus, des subjectivités plus ou moins en relation entre elles. Forme de pensée dont la pire est évidemment sa version pseudo-chrétienne (Kierkegaard…).

    Quel dommage, à cet égard, que la tentative entreprise par le jeune Heidegger dans Être et Temps ait avorté : il me semble qu’il y avait là une perspective ouverte vers la reconstruction (ou la re-légitimation, si je puis dire) de la bonne métaphysique par dépassement du subjectivisme moderne à partir de ses propres présupposés.

    Encore tous mes remerciements, non seulement pour vos avertissements salutaires, mais encore pour les joies contemplatives (au sens simplement naturel, aristotélicien) que me procure la lecture de votre blog.

  23. Organiste39 permalink
    16 mai 2011 13:56

    Bonjour à tous! Pardonnez mon long silence dû à des problèmes informatiques récurrents.

    Tout d’abord un grand merci à La Question pour ses articles de fond sérieux et engagés, et pour la solidité doctrinale sur laquelle ils s’appuient; il n’est pas toujours facile d’avoir des arguments, face aux erreurs sédévacantistes d’un côté et modernistes de l’autre!

    • Charles permalink
      18 janvier 2013 22:42

      Ah! Cher Organiste du Marais Mou Centrotraditionaliste vous nous manquiez vraiment!!!
      Grâce à vous le « schmilblick » va sûrement faire des bonds prodigieux…coincé entre sédévacantistes et modernistes ces deux lèpres hideuses du religieusement correct!
      VOus voilà reconstitué dans votre rôle de courtisan patenté, rôle où vous excellez en effet!
      Que Dieu est bon avec vous! Il utilise tous vos talents pour pourfendre les méchants de ce blog….C’est sans doute Lui qui est directement intervenu dans votre disk dur pour vous permettre de nous faire ce nouveau petit coucou!!!!
      Alleluia! Pax vobis?

  24. PEB permalink
    16 mai 2011 14:39

    Cet histoire de relativisme religieux et de révolution copernicienne m’a mis la puce à l’oreille.

    Soit une chaire universitaire de chimie. Dans l’Université Wojtila, faudrait-il mettre sur le même plan les théories des quatre éléments avec la table périodique de Mendeleïev ainsi que celle du phlogistique avec le principe d’oxydoréduction?

    Que n’ont-ils oublié que tout relativisme repose en réalité que sur des invariants solides!

    Il y a comme une régression intellectuelle à perdre de vue les équations fondamentales de la dynamique, je voulais dire: l’économie de la Création (conservation de la nature humaine malgré tout) et du péché (le péché est l’entropie positive des âmes) d’une part et celle du Salut d’autre part (à entropie très négative).

    Je ne sais pas si on se comprend mais bon.

    • 16 mai 2011 19:20

      Ce qu’il y a au fond dans le relativisme, c’est une erreur qui est déjà très clairement perçue par Aristote en Métaphysique IV.4 et 5, à savoir la négation (sur le plan logique) du principe de contradiction, entraînant (dans l’ontologie) l’idée monstrueuse selon laquelle la même chose à la fois serait et ne serait pas, ou serait ceci et non-ceci, c’est-à-dire, en dernière analyse, rien de déterminé. Au fond, la réalité serait un tableau blanc sur lequel se projetteraient nos fantasmes, lubies, croyances, opinions, lesquelles ne trouveraient dans la chose même nul fondement et même à peine un léger étai. Ce n’est même pas la « chose en soi » inconnaissable de Kant, ou la matière comme « cause inconnue de mes perceptions » chez Berkeley — c’est la réalité comme « un je ne sais quoi qui n’a de nom dans aucune langue » (mot de Bossuet pour nommer le cadavre), et sur laquelle se plaquent indifféremment tous les discours, un « quodilbet » sans consistance propre face auquel s’affirme une liberté humaine créatrice de soi et de toute chose au sein du néant intégral auquel elle-même n’échappe pas. Il n’y a pas de relativisme modéré, il faut, si l’on met le doigt dans cet engrenage, aller jusqu’à Nietzsche, ou même jusqu’au Max Stirner de L’Unique et sa Propriété…

    • PEB permalink
      17 mai 2011 09:07

      Prenons garde aux termes. Le relativisme décrit aussi un principe générale de physique posant que la perception de la réalité dépend de l’observateur. Cependant, la réalité existe à côté de lui et n’en reste pas moins contingente. Cette contingence est décrite à travers des lois d’invariance (du temps, de la lumière &c.).

      En physique quantique, les choses sont flous. La lumière est à la fois et onde et corpuscule. La matière peut se propoager comme un rayonnement. Cependant, le socle des lois physique déterminant le comportement probable des particules repose sur des lois déterministes mais stochastiques, où rien n’est jamais vraiment localisé sinon avec le regard de l’expérimentateur.

      La métaphysique a évolué avec la physique qui a des outils conceptuels auquel Aristote lui-même n’aurait jamais pensé. De plus, notre savoir est toujours jeune car remis en cause à chaque génération de chercheurs. Rien n’est jamais totalement acquis.

      Les concepts d’essence, de chose en soi, de lieu, de temps, d’espèce sont de plus en plus évanescents. Ce qui parait solide à notre échelle est ténue à une autre.

      En tout état de cause, la tentation moderne est de voir le monde sortir non pas de la nature étrangère à lui-même mais de son propre tube à essai ou de son télescope à soi, négligeant la contingence fondamentale de l’observé en s’attachant aux seuls observables.

  25. 17 mai 2011 09:50

    Je veux bien que la métaphysique — en l’occurrence, l’ontologie, disons — doive évoluer pour répondre à des défis auxquels Aristote n’a jamais été confronté. Cependant, les objections que l’on fait à Aristote ou à la métaphysique traditionnelle reposent souvent sur une telle incompréhension de cette pensée, qu’on ne peut même pas leur répondre, tant le débat est vide de sens. À bien des égards, sortir d’Aristote, c’est bien souvent sortir de toute intelligibilité — et c‘est le fond de l’argument très connu d’Aristote en Métaph. IV, 4-5, où, à la fin, pour répondre aux positions de ceux qui nient le principe de contradiction, non seulement dans le discours (logique), mais dans les choses mêmes (une chose est ce qu’elle est et n’est pas ce qu’elle n’est pas), Aristote dit : « Un tel homme, en tant qu’il ne peut rien dire de rien, est semblable à une plante ». Au fond, ce n’est pas tant que le relativiste a tort, c’est qu’il ne comprend même pas lui-même ce qu’il dit. On ne peut évacuer le souci de la vérité dans le discours sans évacuer aussi le souci de la signification dans ce même discours et l’idée même d’un être déterminé, enfin la possibilité même de répondre à la question « qu’est-ce que c’est ? », posée à propos de n’importe quelle chose. Ou bien il y a une intelligibilité propre au réel à laquelle la pensée se conforme pour le connaître, ce qui ne serait guère pensable si ce réel, au reste, n’était pas l’œuvre d’une pensée créatrice — ou bien le réel n’est pas par soi intelligible et alors notre pensée y met elle-même ce qu’elle croit y trouver et, croyant penser les choses, ne pense en vérité que soi, ou plutôt s’exprime sans rien penser, ou se place, de la façon la plus blasphématoire, dans la position de Dieu — une pensée qui est vraie en tant qu’elle est créatrice de son objet même, qu’elle pose pas sa volonté propre. Peut-être est-ce là ce que veulent dire les savants auteurs de l’article et « contributeurs » de ce fil de commentaire quand ils invoquent la connexion entre modernisme et idéalisme ?

    • PEB permalink
      17 mai 2011 12:23

      Cet idéalisme moderne emplit jusqu’au mathématiques. Un grand mathématicien disait que, dans les mathématiques pures, on ne sait pas de quoi on parle, ni si ce qu’on dit est vrai!

      Dépassant la logique classique, Gödel a posé un théorème de logique pure disant qu’il existe des propositions vraies mais indémontrables. En d’autres termes, il y a, logiquement, une multitude de problèmes insolubles.

      La notion même de nature a dégénéré en programmation orientée objet. Les objets sont des instances de classe, ils sont décrits par des attributs et sont manipulables à traverts des méthodes. Par exemple en pseudo-code: classe Chaise {nombre de pieds; couleur; déplacer(); s’assoire dessus ();}

      La logique et la physique d’Aristote n’ont plus qu’à se rhabiller devant cette relativité ontologique.

      Dans la pensée moderne, il n’existe plus de nature en soi mais une destination pour quelque chose. L’avoir, le faire à remplacer l’être, dont on ne sait rien et dont on a renoncé à savoir quoi que ce soit. Comme la nature n’a pas vraiment de sens, la surnature encore moins, faisant disparaître l’ordre vertical du péché et du Salut devant l’ordinaire dont on ne distingue plus le caractère créé mais dont on admire les évolutions et transformations sous toutes les formes possibles et imaginables. De là vient sans doute le désordre de la pensée moderne, tout à la fois sans fond et superficielle.

      Il n’y a même plus à se prendre pour Dieu, puisque l’hybris de nos temps ne sait même plus à quoi Ca ressemble (tout juste un vague conte de ma mère-grand). L’humanité est auto-référente en sa propre contingence. Certains vont même jusqu’à déclasser l’homme en animal nuisible! Le péché étant l’atteinte à la planète et à la discrimination des personnes, des races voire des espèces. Ce que la tradition disait supérieur (l’homme sur les bêtes sauvages par exemple) est mis sens dessus-dessous.

      C’est ainsi que le bienheureux Jean-Paul le Grand a défini, dans ce cadre de penée, le prêtre comme un homme POUR (au choix, Dieu ou les autres), et non pas DE (Dieu en l’espèce). Dans cette perspective, c’est sans doute le premier pape existentialiste.

      Pour en revenir à ntre sujet, les époux, pour Jean-Paul II, sont unis l’un en vue de l’autre POUR tendre à Dieu, et non pas unis de par Dieu pour ne faire qu’une seule chair, un seul esprit, une seule famille reposant en Lui. Cela explique l’exaltation de l’acte matrimonial dans la sanctification des époux dans le cadre d’une pensée moderne sur le mariage.

  26. 19 mai 2011 13:48

    passionnante analyse monsieur SD, cette extrapolation à l’ordre humain de la vie trinitaire est aussi ce qui a servi à Maritain pour fonder son personnalisme et autonomiser l’ordre temporel

    • 20 mai 2011 08:00

      C’est vrai que c’est curieux quand on y pense, comme démarche intellectuelle, sans parler des conséquences théologiques : n’est-ce pas une sorte de retournement de la manière qu’a S. Thomas de construire son fameux concept de l’analogie pour donner leur véritable statut au discours que l’homme tient sur Dieu ?

      Si S. Thomas monte de l’homme a Dieu (en tâchant de préciser les conditions dans lequel l’attribution de qualités ou caractéristiques à Dieu, sans laquelle on adorerait dans le vide un «dieu inconnu» peut se faire sans tomber dans un anthropomorphisme qui serait une idolâtrie), ces gens-là procèdent dans le sens inverse en tâchant d’exporter, si je puis dire, des «théologoumènes» dans la pensée philosophique de la condition humaine (sans peut-être s’armer de la même prudence).

      Ce n’est pas forcément une mauvaise chose de vouloir penser l’homme «sous le couvert de Dieu», si l’on peut dire — mais il manque là sans doute une réflexion forte sur la mise en œuvre de l’analogie dans l’ordre descendant, autrement dit, sur les conditions dans lesquelles on peut attribuer analogiquement à la créature quelque chose qui a été pensé d’abord de Dieu, ou du Christ vrai homme et vrai Dieu.

      C’est peut-être pas le biais d’une réflexion de ce genre (sur le thème : dans quel sens et dans quelle mesure ce qui se dit justement de Dieu peut-être servir à penser la condition humaine ?) que l’on pourrait détruire les erreurs de la «théomorphisation» de l’homme sans fermer pour autant une piste de réflexion qui pourrait être féconde si elle était explorée avec prudence, bon sens et méthode. Mais je suppose que tout cela a déjà été fait par des théologiens sérieux.

  27. 20 mai 2011 10:35

    bonjour Sébastien,

    comme vous dites, il s’agit d’une inversion de la démarche analogique thomasienne qui procède par élévation très prudente du profane au divin, pour atteindre du divin ce qui est accessible à la raison. désormais on passe de l’ordre surnaturel ( révélé) du divin pour l’appliquer à l’ordre humain. c’est dans cette inversion que s’est malheureusement effectuée, à mon sens, la transmission des thèmes gnostiques à la pensée catholique, ce tour de passe-passe nous a totalement désorientés et laissés sans repère face aux attaques du monde.

    http://www.wmaker.net/eschaton/La-nature-communautaire-de-l-homme-et-ses-consequences_a375.html?com#comments

    • 20 mai 2011 10:48

      Je vous remercie, Cher Monsieur, de votre réponse et je ne manquerai pas de lire l’article vers lequel vous donnez un lien (je n’ai pas encore eu le loisir de bien regarder votre blog, qui a l’air passionnant, et je vous prie de m’en excuser : je n’y manquerai pas, dans les tout prochains jours).

      En y réfléchissant davantage, je trouve la démarche dont nous parlons encore plus curieuse. Elle me rappelle un passage de l’Idiota : De Mente de Nicolas de Cues (à moins que ce ne soit dans le De Visione Dei, je ne me souviens plus), où le Cardinal envisage (c’est le cas de le dire) Dieu comme un miroir où chaque créature, si elle y plongeait ses regards, se verrait en quelque sorte soi-même.

      La pensée de Cues est infiniment plus subtile que cela, je schématise.

      Mais ici, on a l’idée folle en quelque sorte d’une connaissance de Dieu par extrapolation de la représentation humaine des plus hautes perfections, avec l’appui de la Sainte Ecriture (jusqu’ici, on est encore dans une pensée catholique «normale»), puis d’un retour vers l’homme des perfections de Dieu envisagées… par extrapolation (analogie) des perfections de l’homme.

      On ne peut pas parler, donc, seulement d’une inversion, mais il y bien là un mouvement d’aller et retour tout à fait aberrant, dans la mesure où, pour reprendre la comparaison du Cusain, au lieu de tâcher d’entrevoir la substance du miroir au travers des images un peu trop humaines dont elle se pare et où elle s’illustre, du fait que la pensée qui tente de s’élever à Dieu est une pensée humaine — à l’inverse, on s’attache follement à ce qu’il y a de trop humain, quoique magnifié, dans ces images, puis on essaie de penser l’homme à partir de cela.

      Autant faire la conversation avec l’écho…

      Mais peut-être que je m’égare, l’œuvre de Nicolas de Cues, quoiqu’il fût cardinal, n’ayant pas d’autorité dans l’Église.

  28. Charles permalink
    19 janvier 2013 20:21

    Dans sa conclusion, La Question profère l’hérésie!
    « Prétendre qu’ils ressusciteront ou vivront éternellement sur la terre, ou dans le ciel, dans un « corps de chair et de sang » est en contradiction formelle avec l’Écriture, c’est un mensonge. « nous dit La Question.

    Qui veut faire l’ange fait la bête ! « Là où est l’Esprit du Père, dit saint Irénée (CH, V, 9, 3), là est l’homme vivant : le sang, animé par la raison, est gardé par Dieu en vue de la vengeance (cf. Ap., 6 : 10; 19 : 2); la chair, possédée par l’Esprit, oublie ce qu’elle est, pour acquérir la qualité de l’Esprit et devenir conforme au Verbe de Dieu (cf. S. Luc, 24 : 39-43). » […] « A vrai dire, en effet, ajoute-t-il au paragraphe suivant, la chair n’hérite point, mais est possédée en héritage, selon ce que dit le Seigneur : ‘ Bienheureux les doux, parce qu’ils posséderont la terre en héritage (S. Matth., 5 : 5)’ : ainsi sera donc possédée en héritage dans le royaume, la terre dont provient la substance de notre chair. » Et en V, 35, 2 : « C’est au sujet de celle-ci [de la Jérusalem d’en haut] que le prophète Isaïe a dit : ‘ Voici que sur mes mains j’ai peint tes murs, et tu es sans cesse devant mes yeux (Isaïe, 49 : 16).’ L’Apôtre dit pareillement aux Galates : ‘ Mais la Jérusalem d’en haut est libre, et c’est elle qui est notre Mère (Gal., 4 : 26) ’ […] (Jean) dit ensuite (Ap., 21 : 1-4) : ‘ Et je vis un ciel nouveau et une terre nouvelle ; car le premier ciel et la première terre s’en étaient alléés, et la mer n’était plus. Et je vis la cité sainte, la Jérusalem nouvelle, descendre du ciel, d’auprès de Dieu, apprêtée comme une fiancée parée pour son époux.’ […] Que cela doive durer toujours et sans fin, Isaïe [le 5e évangile] le dit en ces termes : ‘ Comme le ciel nouveau et la terre nouvelle que je vais créer subsisteront devant moi, dit le Seigneur, ainsi subsisteront votre postérité et votre nom (Is., 66 : 22).’
    D’après les déclarations les moins équivoques de l’Écriture, la résurrection doit être une résurrection corporelle, exactement comme dans le cas du Seigneur Jésus lui-même. Il a plu à Dieu d’établir la chose dans sa Parole d’une manière si claire et si positive, qu’il n’y a pas moyen de se tromper, ni d’éluder la vérité. Lorsque Jésus mourut, beaucoup de corps de saints endormis se réveillèrent. L’apôtre Paul écrit aux Romains : «Si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité le Christ d’entre les morts vivifiera vos corps mortels aussi, à cause de son Esprit qui habite en vous» (Rom. 8:11). Dans notre chapitre (1 Cor. 15) il est écrit : «Il est semé corps animal, il ressuscite corps spirituel. S’il y a un corps animal, il y en a aussi un spirituel» (v. 44). En Phil. 3:20 et 21, nous lisons que nous attendons le Seigneur Jésus comme Sauveur, «qui transformera le corps de notre abaissement en la conformité du corps de sa gloire», et en 1 Thess. 5:23, l’apôtre exprime la confiance assurée que Dieu gardera «notre esprit, notre âme et notre corps tout entiers (l’homme entier) sans reproche, en la venue de notre Seigneur Jésus Christ».

    Nous ne citons que quelques passages parmi beaucoup d’autres. La négation de la résurrection corporelle n’est donc rien de plus et rien de moins que la négation de la véracité du document divin, la négation de ce document lui-même. La résurrection du corps est la pierre fondamentale et angulaire de la vérité chrétienne ; avec sa chute tout l’édifice tombe. Il ne reste aucun autre choix ; il nous faut ou accepter la vérité de la résurrection du corps, ou bien renoncer au christianisme et y renoncer définitivement.

    Que voulons-nous faire ? Croire au témoignage de Dieu et nous placer sur le rocher inébranlable des siècles, ou prêter l’oreille à l’incrédulité et nous confier au sable mouvant des opinions et des affirmations humaines ? Aucun de nous ne saurait échapper à la nécessité de prendre une décision à cet égard. Soit l’une, soit l’autre. Oh ! puissions-nous tous nous trouver du côté du Dieu éternellement fidèle et accepter sa Parole vivante et ferme, comme une lampe à notre pied et une lumière à notre sentier ! À cette lumière, tout est clair et certain ; hors d’elle, tout est ténèbres et désespoir.

    Ce que j’ai dit de la résurrection du corps a trait, cela va sans dire, aux deux résurrections, à la première et à la seconde. La chose est aussi glorieuse pour le croyant que sérieuse pour l’incrédule. La venue du Seigneur est proche. Il dit : «Je viens bientôt». Tout tend vers la fin, vers le dernier moment décisif. Encore un peu de temps et l’apostasie complète arrivera, et l’Antichrist, l’homme de péché, sera manifesté. Mais, Dieu soit loué ! auparavant Jésus viendra. Bienheureux alors quiconque lui appartient ! Il entendra son appel, et sera enlevé de cette terre à sa rencontre en l’air pour être toujours avec Lui. Ceux qui se sont endormis en Christ sortiront de leurs sépulcres, et les croyants encore vivants seront transformés, en un instant, en un clin d’oeil (1 Thess. 4:16-17 ; 1 Cor. 15:51-52). Chers amis, possédons-nous cette espérance ? Jésus trouverait-il chacun de nous prêt, s’il venait cette nuit ?
    PAX VOBIS!

  29. Charles permalink
    20 janvier 2013 17:07

    À ce commentaire j’aurais pu également citer saint Irénée au chapitre 14, les paragraphes 1 à 4 de son Ve Livre, et intitulé « Vous avez été réconciliés par son corps de chair » (Col., 1 : 21-22). Je vais donc en citer quelques passages significatifs :

    « Vous avez été réconciliés par son corps de chair (Col., 1 : 21-22) . »

    14, 1. Ce qui prouve bien que ce n’est pas à la substance même de la chair et du sang que Paul s’en prenait, quand il disait qu’ils ne peuvent hériter du royaume de Dieu (a), c’est le fait que l’Apôtre s’est servi constamment, à propos de notre Seigneur Jésus-Christ, des termes « chair » et « sang ». Il entendait par là, d’une part, mettre en lumière l’humanité de celui-ci — car le Seigneur lui-même se disait Fils de l’homme —, d’autre part, affirmer énergiquement le salut de notre chair — car, si la chair ne devait pas être sauvée, le Verbe de Dieu ne se serait pas fait chair (b), et, s’il ne devait pas être demandé compte du sang des justes, le Seigneur n’aurait pas eu de sang —.

    Mais en fait, depuis le commencement, le sang des justes élève la voix, comme le montrent les paroles adressées par Dieu à Caïn, après que celui-ci eut tué son frère : « La voix du sang de ton frère crie jusqu’à moi (c). » Et il sera demandé compte de leur sang, comme le prouvent les paroles de Dieu à Noé et à ses compagnons : « Du sang de vos âmes je demanderai compte à toute bête (d). » Et encore : « Quiconque répand le sang d’un homme, son propre sang sera répandu en compensation du sang versé (e). » De même aussi, le Seigneur disait à ceux qui allaient répandre son sang : « II sera demandé compte de tout le sang innocent répandu sur la terre, depuis le sang d’Abel le juste jusqu’au sang de Zacharie, fils de Barachie, que vous avez tué entre le sanctuaire et l’autel : en vérité, je vous le dis, tout cela viendra sur cette génération (f). » Il laissait entendre par là que l’effusion du sang de tous les justes et de tous les prophètes ayant existé depuis le commencement allait être récapitulée en lui-même et qu’il serait demandé compte de leur sang en sa personne. Or, il ne serait pas demandé compte de ce sang, si celui-ci ne devait être sauvé; et le Seigneur n’aurait pas non plus récapitulé ces choses en lui-même, s’il ne s’était fait lui aussi chair et sang conformément à l’ouvrage modelé aux origines, sauvant ainsi en lui-même à la fin ce qui avait péri au commencement en Adam.

    a) Cf. I corinthiens, 15 : 50 ;

    b) Cf. S. Jean, 1 : 14 ;

    c) Genèse, 4 : 10 ;

    d) Genèse, 9 : 5 ;

    e) Genèse, 9 : 6 ;

    f) S. Matthieu, 23 : 35-36.

    14, 2. Par contre, si le Seigneur s’est incarné à l’aide d’une autre «économie», s’il a pris chair d’une autre substance, il s’ensuit qu’il n’a pas récapitulé l’homme en lui-même : on ne peut même plus le dire chair, puisque la chair, à proprement parler, c’est ce qui succède à l’ouvrage modelé aux origines au moyen du limon. Si le Seigneur avait dû tirer d’une autre substance la matière de sa chair, le Père aurait pris, à l’origine, une autre substance pour en pétrir son ouvrage. Mais en fait, le Verbe sauveur s’est fait cela même qu’était l’homme perdu, effectuant ainsi par lui-même la communion avec lui-même et l’obtention du salut de l’homme. Or ce qui était perdu possédait chair et sang, car c’est en prenant du limon de la terre que Dieu avait modelé l’homme (a), et c’est pour cet homme-là qu’avait lieu toute l’« économie » de la venue du Seigneur. Il a donc eu, lui aussi, chair et sang, pour récapituler en lui non quelque autre ouvrage, mais l’ouvrage modelé par le Père à l’origine, et pour rechercher ce qui était perdu (b). C’est pourquoi l’Apôtre dit dans son épître aux Colossiens : « Et vous aussi, vous étiez autrefois éloignés de lui et ennemis de sa pensée par vos œuvres mauvaises ; mais maintenant vous avez été réconciliés en son corps de chair par le moyen de sa mort, pour vous présenter devant lui saints, sans tache ni reproche (c). » « Vous avez été, dit-il, réconciliés en son corps de chair » : cela, parce que la chair juste a réconcilié la chair captive du péché et l’a réintroduite dans l’amitié de Dieu.

    a) Cf. Genèse, 2 : 7 ;

    b) Cf. S. Luc, 19 : 10 ;

    c) Colossiens, 1 : 21-22.

    14, 3. Si donc quelqu’un dit que la chair du Seigneur était autre que la nôtre en ce qu’elle n’a pas péché « et qu’il ne s’est pas trouvé de fourberie en sa bouche (a) », tandis que nous, nous sommes pécheurs, il parle correctement. Mais si cet homme s’imagine que la chair du Seigneur était d’une autre substance que la nôtre, la parole de l’Apôtre relative à la réconciliation perdra tout fondement à ses yeux. Car qui dit réconciliation, dit réconciliation de ce qui s’est trouvé autrefois dans l’inimitié. Or, si le Seigneur a pris chair d’une autre substance, il n’y a pas eu de réconciliation avec Dieu de cela même qui était devenu ennemi de Dieu par la transgression. Mais en fait, par la communion que nous avons avec lui, le Seigneur a réconcilié l’homme avec le Père, nous réconciliant avec lui-même par son corps de chair (b) et nous rachetant par son sang, selon ce que l’Apôtre dit aux Éphésiens : « En lui nous avons la rédemption acquise par son sang, la rémission de nos péchés (c). » Et encore : « Vous qui jadis étiez loin, vous êtes devenus proches, grâce au sang du Christ (d). » Et encore : « Dans sa chair il a détruit l’inimitié, la Loi avec ses commandements et ses décrets (e). » Au reste, dans toute cette épître, l’Apôtre atteste expressément que c’est par la chair de notre Seigneur et par son sang que nous avons été sauvés.

    a) I S. Pierre, 2 : 22 ;

    b) Cf. Colossiens, 1 : 22 ;

    c) Éphésiens, 1 : 7 ;

    d) Éphésiens, 2 : 13 ;

    e) Éphésiens, 2 : 14-15.

    14, 4. Si donc la chair et le sang sont ce qui nous procure la vie, ce n’est pas à proprement parler de la chair et du sang qu’il a été dit qu’ils ne peuvent hériter du royaume de Dieu (a), mais des actions charnelles dont nous avons parlé : car ce sont elles qui, en détournant l’homme vers le péché, le privent de la vie. Et c’est pourquoi l’Apôtre dit dans son épître aux Romains : « Que le péché ne règne donc pas dans votre corps mortel, de sorte que vous lui obéissiez. Ne livrez pas vos membres au péché comme des armes d’injustice, mais livrez-vous vous-mêmes à Dieu, comme étant vivants, de morts que vous étiez, et livrez vos membres à Dieu comme des armes de justice (b). » Ainsi, par ces mêmes membres, par lesquels nous étions esclaves du péché (c) et portions des fruits de mort (d), il veut que nous soyons esclaves de la justice (e) afin de porter des fruits de vie. Souviens-toi donc, ami très cher, que tu as été racheté par la chair de notre Seigneur et acquis par son sang ; « tiens-toi attaché à la tête, de laquelle le corps tout entier » de l’Église «reçoit cohésion et accroissement (f) », c’est-à-dire à la venue charnelle du Fils de Dieu ; confesse sa divinité et adhère inébranlablement à son humanité ; utilise aussi les preuves tirées des Écritures : ainsi renverseras-tu aisément, comme nous l’avons montré, toutes les opinions inventées après coup par les hérétiques.

    a) Cf. I Corinthiens, 15 : 50 ;

    b) Romains, 6 : 12-13 ;

    c) Cf. Romains, 6 : 6 ;

    d) Cf. Romains, 7 : 5 ;

    e) Cf. Romains, 6 : 19 ;

    f) Colossiens, 2 : 19.

  30. Charles permalink
    20 janvier 2013 17:20

    Ainsi, sous le regard de Dieu, nous faut-il conclure:
    Cette nouvelle religion n’est que de la fumée ou de la poudre aux yeux (cf. II Thess., 2 : 11).
    Les âmes de bonne volonté, et elles seules, comprendront maintenant pourquoi on a dissimulé l’œuvre de saint Irénée durant des siècles au sujet des derniers temps, et tout particulièrement au sujet du 7e millénaire dont la suite n’en est que la conséquence logique. Saint Irénée n’avait pas tort lorsqu’il parlait de l’apostasie perpétrée durant six mille ans. Nous en avons maintenant atteint le paroxysme avec l’Antéchrist. Et cependant il affirme avoir reçu sa doctrine des disciples des apôtres et tout particulièrement de l’apôtre Jean ! Si ses affirmations qui reposent sur l’Écriture et la Tradition ne sont que des chimères, alors soyons logiques et concluons que le christianisme est une pure vue de l’esprit et que nous avons été mystifiés depuis deux millénaires. Au sujet des derniers temps avec l’Antéchrist et ce que soutient et prouve saint Irénée beaucoup le pensent mais n’osent pas faire le pas de peur de se retrouver psychologiquement complètement désarmés et incapables de donner un sens à leur vie ne s’occupant que des choses extérieures (cf. Ste Thérèse d’Avila, « Le Château de l’âme », Ires demeures, ch. Ier).
    Le traditionalisme du XXIème siècle n’a pas encore trouvé son chemin de Damas.
    Craignons qu’il l’effectue dans un fleuve de sang!
    PAX VOBIS.

    • Charles permalink
      21 janvier 2013 18:01

      Et pour captiver tous nos lecteurs sur ce sujet très important, voici encore un compendium assez bien fait:
      1.1 Pourquoi le fait de la résurrection est-il si contesté ?
      En tout temps, le fait de la résurrection de Jésus Christ d’entre les morts a été contesté, et nous n’avons pas lieu de nous en étonner, car, avec ce fait, la résurrection des morts en général demeure ou tombe.

      Il y a trois choses surtout qui entrent en lutte contre cette vérité. C’est d’abord l’intelligence humaine, qui se révolte contre elle. «Il est impossible», dit-elle, «que des morts ressuscitent. Cela ne peut être». L’intelligence ne peut jamais accepter la doctrine de la résurrection, à moins d’être rendue captive à l’obéissance du Christ (2 Cor. 10:5).

      En second lieu, il y a la conscience, le sentiment de la culpabilité de l’homme, et la conscience se révolte contre cette vérité. L’homme était à l’origine sans péché, sans la connaissance du bien et du mal ; mais par sa chute il acquit une conscience, et il porte maintenant en lui la conviction qu’il ne peut subsister devant la sainteté de Dieu, et que, si ses pensées, ses paroles et ses actes sont présentés à l’examen du divin Juge, il est passible d’un jugement éternel. C’est pourquoi, aussi longtemps qu’il n’a pas trouvé la paix avec Dieu par la foi en l’oeuvre de Christ, la pensée de la résurrection et de la responsabilité qui s’y lie nécessairement lui est une chose insupportable. Il ne peut pas, il ne doit pas y avoir une résurrection des morts, pense-t-il.

      Mais, en troisième lieu, il y a une puissance ténébreuse, ou plus exactement un être dont le pouvoir a été brisé par la mort et la résurrection de Jésus Christ, et qui voudrait par tous les moyens faire disparaître et arracher du coeur des hommes la connaissance de la victoire du Fils de l’homme. Cet être est Satan, le prince des ténèbres, qui par le péché a obtenu pouvoir sur l’homme et qui par la crainte de la mort le tient maintenant en servitude pendant toute sa vie (comp. Hébr. 2:15). Il est vrai que l’homme pense être son propre maître ; mais il est en réalité un esclave de Satan, du dieu et du prince de ce monde (2 Cor. 4:4 ; Jean 14:30). Il ne peut par sa propre force se délivrer des chaînes de cet être puissant ; il se laisse plutôt employer comme instrument pour l’exécution de son but et de ses intentions.

      Suite :

      http://www.bibliquest.org/RB/RB-Resurrection_du_corps.htm

      [Charles, Nous mettons le lien du texte que vous reprenez dans vos commentaires s’agissant de cette question de la résurrection des morts et de la vie post-mortem. Nous sommes cependant très surpris de vous voir puiser vos références chez les réformés qui nient la Présence réelle, rejettent tous les sacrements, méprisent le sacerdoce, détestent le culte de la Très Sainte Vierge, ne reconnaissent pas la virginité de Marie, vomissent la papauté et tout ce qui de près ou de loin relève de la foi catholique (culte des saints, rosaire, etc.).

      Voici ce qu’on trouve comme discours infâme dans vos sources : « L’Église catholique constitue un vaste système qui s’est formé peu à peu sur les ruines de l’Église primitive à laquelle elle prétend se rattacher, mais dont elle n’est que la corruption, et qui s’est développé surtout au Moyen Âge, son apogée se plaçant du 11° au 14° siècle. Elle se pare du titre de catholique ou universelle, mais à tort, car nombre de ceux qui professent le christianisme, comme les adhérents aux Églises d’Orient et aux diverses dénominations protestantes, se sont séparés d’elle : elle groupe à peu près la moitié des hommes qui se disent chrétiens. Elle prend le nom d’apostolique, parce qu’elle se dit fondée par des apôtres, ce qui est inexact, et parce qu’elle prétend suivre leurs enseignements, dont, au contraire, elle s’est largement écartée, ainsi que son histoire et ses doctrines le montrent. Enfin, elle ajoute à ces titres celui de romaine, et à bon droit, parce que le pape, qui dans l’origine, était simplement l’évêque de Rome, en est le chef suprême. De là vient le nom de Romanisme que l’on donne à l’ensemble de son organisation, de son culte et de ses doctrines. On emploie aussi les termes de Papauté et de Papisme, le premier de ces mots s’appliquant à la suite des papes et à leur pouvoir, le second au système religieux dont le pape est le chef. L’Église romaine dit être la seule vraie Église, et ses docteurs prétendent que hors d’elle il n’y a point de salut. C’est ainsi que, par la crainte d’être perdues, elle retient dans son sein quantité d’âmes ignorantes.  »

      Soyez beaucoup plus attentif dans le choix de vos références la prochaine fois ! LA QUESTION].

  31. Charles permalink
    23 janvier 2013 20:24

    MA BREVE REPONSE A LA QUESTION: j’ai été tellement attentif que j’étais sûr de votre procès d’intention!J’ai donc décidé de puiser à des sources d’origine hétérodoxe, adorant la miséricorde infinie de Dieu pour nos frères réformés!Seriez-vous jaloux des parcelles de vérité que notre bien-aimé Seigneur prodigue à ses créatures?Vous allez chercher la paille là où elle n’est pas pour mieux éviter de faire amende honorable sur la poutre qui vous accable! Je ne participe pas de votre esprit. Ces remarques seront donc conclusives de toute autre polémique qui n’apporteraient rien aux âmes (catholiques) de bonne volonté qui seraient amenées à me lire…
    Les démons aussi rappellent, lors de certains exorcismes, des vérités de dogme et de foi!Devrait-on rejeter ces rappels salutaires sous prétexte que ce sont des démons qui les profèrent?!
    PAX VOBIS!!!

  32. Mottet permalink
    29 janvier 2013 17:05

    La gnose sexuelle de Wojtyla est l’inversion totale de l’enseignement de Jésus à Nicodème. C’est l’exaltation jusqu’au délire de l’acte par lequel se transmet le péché originel, comme l’a décrété le Concile de Trente. C’est par la génération charnelle que se transmet le péché originel, donc la mort.

    • Gerdil permalink
      19 mai 2014 16:30

      On touche clairement au mystère de l’abomination que représente Vatican II. A savoir la pénétration, pour notre plus grande humiliation, au sein de la sainte Eglise, des thèses modernistes, dont S. Pie X disait – du modernisme – qu’il était « l’égout collecteur de toutes les hérésies » !

  33. Abel Naudon permalink
    18 mai 2014 14:06

    Jean-Paul II est saint depuis fin avril !

    • papy permalink
      18 mai 2014 19:59

      Alors Abel ….vous êtes-vous posé la seule question qui vaille: que ne l’a-t-il été (saint!) depuis son accession au…sacerdoce plénier?!!!

  34. Abel Naudon permalink
    19 mai 2014 16:27

    Mais on ne peut être pape est soutenir une théorie gnostique ! c’est impossible !

    • papy permalink
      20 mai 2014 10:39

      Vous avez tout à fait raison Abel!!!! C’est IMPOSSIBLE! Mais cette impossibilité n’apparait pas à tout le monde traditionaliste avec la même acuité et la même exigence!….
      Comment cela se fait-il?!!

  35. Vehementer permalink
    19 mai 2014 16:32

    Selon saint Pie X dans l’Encyclique Pascendi, les modernistes sont « les pires ennemis de l’Église », le modernisme dira t-il, est « l’égout collecteur de toutes les hérésies » (motu proprio Praestantia, 18 novembre 1907) !

    • papy permalink
      20 mai 2014 10:42

      Merci de ce renseignement précieux Vehementer!!!! Malgré cet « enfoncement de portes ouvertes », expliquez-moi donc ce qu’il en est de tous ceux qui reconnaissent ces « pires ennemis de l’Eglise » comme faisant partie de l’Eglise Catholique?????????????????????
      Car reconnaître l’autorité de ces gens là, c’est reconnaître par le fait même qu’ils sont d’Eglise!!!!!

    • Vehementer permalink
      20 mai 2014 20:30

      Et comment pouvez-vous m’expliquer, que vous décidiez de qui est pape ou ne l’est pas, si vous vous prétendez catholique, puisque le « saint-siège n’est jugé par personne » ?

      Vous êtes piégés, vous et vos amis, car la solution de ne plus reconnaître comme papes les successeurs de St. Pierre, aboutit à une situation plus complexe encore que celle visant à dénoncer le modernisme des pontifes post Vatican 2 !

      Soutenir l’absence de pape, c’est faire de Satan le triomphateur du Christ et de son Eglise !!

  36. papy permalink
    21 mai 2014 11:34

    Donc, Vehementer, Bergoglio ***, est votre « pape » et ses canonisations sont bien entendu parfaitement infaillibles!!!!!
    Vous êtes en grave état de péché mortel Vehementer! prenez garde à votre âme! Le blasphème mène en enfer!!!
    Repentez-vous s’il en est encore temps!!!!
    Pax vobis!

  37. Vehementer permalink
    21 mai 2014 16:14

    Papy c’est quoi votre solution ? Ne plus reconnaître le pape François comme pape…..pour finalement tomber dans des chapelles desservies par des clercs issus de la lignée de Ngô-Dinh-Thuc, évêque excommunié en 1976, qui se distingua par deux interventions « ultras progressistes » lors du concile de Vatican II ?!

    Gardez vos clercs infectés du sacerdoce de Ngô-Dinh-Thuc, un moderniste qui se distingua par deux interventions « ultras progressistes » lors du concile de Vatican II, en demandant officiellement lors des débats ce qui dans l’Ecriture pourrait bien interdire l’ordination des femmes, puis en se plaignant qu’il y ait dans l’Eglise : «une injuste discrimination entre hommes et femmes et une discrimination très odieuse entre Religions et Religions.»

    Un Ngô-Dinh-Thuc devenu le responsable d’une multitude de lignées épiscopales suspectes et hérétiques ayant des liens étroits avec les Vieux Catholiques et avec toutes sortes de sectes et de sectaires puisque, si l’on examine les rapports directs ou indirects avec des illuminés « sacrés » et « reconsacrés » par les « sacrés » ou « reconsacrés » par Thuc, on passe vite des « Vieux Catholiques » et des sectes d’ « ordonnés » ou « consacrés » mariés ou concubinaires, aux sectes qui s’affublent du titre d’Eglise soit « Orthodoxe occidentale », soit « Gallicane », soit « Catholique libérale », soit « Celtique », soit « Gnostique », soit « Théosophique », et dont plusieurs sont même directement liées aux sociétés occultistes ou maçonniques !

    Franchement donc Papy, votre solution en forme de suicide pour l’Eglise gardez-là pour vous et vos amis si ça vous chante de perdre vos âmes, mais s’il vous plaît, éviter de la ramener en croyant avoir inventé la poudre et l’eau chaude, en nous proposant comme solution mortelle, l’éclatement de l’Eglise catholique en des centaines de fragments de l’unité romaine suivi de la constitution immédiate d’églises autocéphales – comme les fous déviants sexuels de Palmar de Troya sacrés en 1976 par Ngô-Dinh-Thuc – élisant à leur tête des soi-disant « papes » pour les diriger !

    Revenez à la raison pendant qu’il en est encore temps, et purifiez votre esprit du venin sédévacantiste et sortez de votre secte schismatique pour le Salut de votre âme !

  38. 21 décembre 2014 10:57

    « Le Seigneur soit avec vous »,

    S’il est impossible de récupérer certains de vos propos que par un autre moyen qu’un copier/coller, c’est qu’ils doivent être pris en l’état et dans leur intégralité.

    Aussi, si certains d’entre ces commentaires sont hors d’omettre l’amour, ils semblent cependant qu’ils en oublient le pardon. A l’être contredit, j’ai moi-même peu force d’amour, je décide donc de renforcer tout pouvoir et prière de pardon qui sont adressés aussi bien à celui que vous nommez qu’aux Pierres qui restent sur notre chemin.

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