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Le devoir de résistance de la Tradition catholique !

13 septembre 2014

L’autorité est au service de la vérité,

Elle ne crée pas la vérité, elle la reconnaît,

la garde et l’enseigne.

 

L’orthodoxie d’une doctrine provient de sa conformité à l’enseignement constant de l’Église, c’est la condition sine qua non de validité tant d’un Concile que de l’enseignement des Papes.  Ce principe manifeste de façon limpide la « mens catholica » : l’autorité est au service de la vérité; elle est un moyen pour que la vérité soit communiquée. L’autorité, autrement dit, ne crée pas la vérité, elle la reconnaît, la garde et l’enseigne. Cependant, bien que l’actuelle défaillance de l’Autorité soit inhabituelle, de rares précédents montrent qu’elle est parfois possible, et la situation de l’Eglise depuis Vatican II en est un cas de figure exemplaire.

De la sorte, pour se protéger du modernisme, nous devons résister aux autorités ecclésiastiques quand elles s’écartent de la Tradition. Soyons clairs : ce n’est pas par un jugement particulier que nous choisissons de ne pas suivre les enseignements de l’Eglise conciliaire, mais c’est en vertu du critère objectif qu’est la Tradition ; et un catholique – plus encore une société religieuse –  a le droit de refuser les documents officiels du concile et ses décisions qui s’écartent de la Tradition.

 Le Christ triomphera !

Il est vital de conserver la Foi et la Doctrine de l’Eglise

en résistant à l’autorité lorsqu’elle s’égare,

en ces temps de terrible confusion.

    La perspective catholique est très claire : l’autorité est au service de la vérité. Il n’est donc en aucune façon possible d’exiger l’obéissance lorsque l’enseignement proposé est contraire à la vérité. L’autorité se pose dans l’Église comme un moyen, et non comme une fin. Et c’est justement à cause de cette grande confusion au sujet du rapport entre autorité et vérité que les « révolutionnaires » ont pu greffer sur le tissu catholique les germes de l’erreur moderniste, sans que les « anticorps » ne réagissent à cette terrible infection. Ils ont abusé de l’obéissance pour imposer leur fausse doctrine, et chaque fois que certains avec courage ont tenté de manifester leur désaccord, on a utilisé contre eux l’accusation de « désobéissance » pour isoler ces malheureux et briser ainsi toute forme de résistance. C’est cet usage pervers de la vertu d’obéissance que Mgr Lefebvre a magistralement défini comme étant « le coup de maître de Satan » [1].

La résistance à l’erreur est donc non seulement juste, mais de plus nécessaire afin de sauvegarder la sainte doctrine menacée par les enseignements faussés par l’idéologie moderniste de Vatican II, concile relevant d’un acte du Magistère authentique non infaillible, guidé, de surcroît, par des évêques non éminents sur le plan dogmatique  [2].

Saint Thomas d’Aquin enseigne que,

dans des situations extrêmes,

il est licite de s’opposer  publiquement à une décision papale.

Plusieurs théologiens de renom soutiennent le devoir de résistance. Ainsi saint Thomas d’Aquin enseigne que, dans des situations extrêmes, il est licite de s’opposer  publiquement à une décision papale, comme St. Paul résista à St. Pierre (Galates II, 14) :

« Cependant, on doit observer que, si la foi est en danger, un sujet pourrait réprimander son prélat, même publiquement. C’est ainsi que Paul, qui était sujet de Pierre, réprimanda celui-ci en public suite au danger imminent de scandale concernant la foi et, comme le dit St. Augustin dans son commentaire sur Gal II, 11: « Pierre donna un exemple à ses supérieurs que, si à n’importe quel moment, ils devaient sortir de la voie droite, ils devraient s’attendre à être repris par leurs sujets. »  Somme théologique, IIa IIae, Qu. 33, article 4, ad2.

St. Robert Bellarmin dit également [3] :

« Tout comme il est licite de résister à un Pontife qui attaque le corps, il est tout aussi licite de résister au Pontife qui attaque les âmes ou détruit l’ordre civil ou, à plus forte raison, essaie de détruire l’Église. Je dis qu’il est licite de lui résister en ne faisant pas ce qu’il ordonne de faire et en empêchant l’exécution de sa volonté. Il n’est pas licite, cependant, de le juger, de le punir, ou de le déposer, parce que ce sont là des actes relevant d’un supérieur. » [3] De Romano Pontifice, Lib. II, c.29.

Le Pape Léon XIII écrit de même sur le devoir de désobéissance face à une autorité désorientée :

« Mais, dès que le droit de commander fait défaut, ou que le commandement est contraire à la raison, à la loi éternelle, à l’autorité de Dieu, alors il est légitime de désobéir, nous voulons dire aux hommes, afin d’obéir à Dieu. » Encyclique Libertas #13.

Quant à Dom Guéranger, son jugement est sans appel :

« Quand le pasteur se change en loup, c’est au troupeau de se défendre tout d’abord. Régulièrement sans doute la doctrine descend des évêques au peuple fidèle, et les sujets, dans l’ordre de la foi, n’ont point à juger leurs chefs.Mais il est dans le trésor de la révélation des points essentiels, dont tout chrétien, par le fait même de son titre de chrétien, a la connaissance nécessaire et la garde obligée.  Le principe ne change pas, qu’il s’agisse de croyance ou de conduite, de morale ou de dogme.  Les trahisons pareilles à celle de Nestorius sont rares dans l’Église; mais il peut arriver que des pasteurs restent silencieux, pour une cause ou pour l’autre, en certaines circonstances ou la religion même serait engagée. Les vrais fidèles sont les hommes qui puisent dans leur seul baptême, en de telles conjonctures, l’inspiration d’une ligne de conduite; non les pusillanimes qui, sous le prétexte spécieux de la soumission aux pouvoirs établis, attendent pour courir à l’ennemi, ou s’opposer a ses entreprises, un programme qui n’est pas nécessaire et qu’on ne doit point leur donner. » L’Année Liturgique, Le Temps de la Septuagésime, Vol. 4, fête de St. Cyrille d’Alexandrie.

« Nous choisissons ce qui a toujours été enseigné

et nous faisons la sourde oreille

aux nouveautés destructrices de l’Église.

Le mauvais usage de la vertu d’obéissance

est le coup de maître de Satan »

Mgr Lefebvre, 1974.

  Résumant l’ensemble des analyses traditionnelles, Mgr Marcel Lefebvre était donc fondé à déclarer à son tour, puisque la situation l’exigeait :

« Aucune autorité, même la plus élevée dans la hiérarchie, ne peut nous contraindre à abandonner ou à diminuer notre foi catholique clairement exprimée et professée par le magistère de l’Église depuis dix-neuf siècles. « S’il arrivait, dit saint Paul, que nous-même ou un Ange venu du ciel vous enseigne autre chose que ce que je vous ai enseigné, qu’il soit anathème. » (Gal. 1, 8.) N’est-ce pas ce que nous répète le Saint-Père aujourd’hui ? Et si une certaine contradiction se manifestait dans ses paroles et ses actes ainsi que dans les actes des dicastères, alors nous choisissons ce qui a toujours été enseigné et nous faisons la sourde oreille aux nouveautés destructrices de l’Église. » Déclaration, 21 novembre 1974

   Dieu nous l’indique – cette situation exceptionnelle que nous traversons, et dont le sens ne doit pas nous échapper est intervenue comme une épreuve que la Divine Providence a permise pour des raisons qui lui appartiennent pour éprouver notre foi, un siècle seulement après Vatican I – il est vital de conserver la Foi et la Doctrine de l’Eglise en résistant à l’autorité lorsqu’elle s’égare, en ces temps de terrible confusion.

Cette épreuve extrêmement dure, est un temps de pénitence envoyé par le Ciel, une période d’obscurité pour l’épouse de Jésus-Christ, de sorte de nous permettre, par l’esprit de résistance et de conservation du dépôt sacré, de nous attacher plus fortement encore s’il se peut, à Rome et au Siège de Pierre, c’est-à-dire au Saint-Père, en oeuvrant, inlassablement et avec une constante ardeur, au retour espéré de la Tradition catholique.

 

Notes.

1. Il importe d’insister sur le fait qu’un enseignement du Pape ou d’un Concile n’entraîne pas ipso facto une obéissance inconditionnelle : « celle-ci dépend et est proportionnée à l’intention avec laquelle le Magistère entend engager son autorité. » (I. Salaverri, Sacrae Theologiae Summa, cit., t.I, tr. III, I.II, § 637, p. 578). C’est ce que confirme le cardinal Journet : « Le degré avec lequel le Magistère s’exprime dépend donc encore une fois de la volonté, de l’intention du Pape et des Évêques unis à lui. Il n’y a pas de coïncidence définitive entre Magistère extraordinaire et Magistère infaillible. » (Cf. C. Journet, L’Église du Verbe Incarné, p. 531).

Or l’intention de Vatican II, telle que soulignée par Jean XXIII, puis Paul VI, est formelle :

– « Certains se demandent quelle est l’autorité, la qualification théologique qu’a voulu donner à son enseignement un Concile qui a évité de promulguer des définitions dogmatiques solennelles engageant l’infaillibilité du magistère ecclésiastique. […] Etant donné le caractère pastoral du Concile, il a évité de prononcer des dogmes comportant la note d’infaillibilité…»

Paul VI, discours du 12 janvier 1966.

2. Vatican II est un acte du Magistère authentique non infaillible, guidé, de surcroît, par des évêques non éminents « amore et studio doctrinae ab Apostolis traditae ac pari detestatione mnis novitatis » (Franzlin, De Divina Traditione, thèse IX), c’est-à-dire non par l’attachement à la Tradition et l’horreur de toute nouveauté, mais bien plutôt éminents « amore et studio momnis novitatis ac detestatione doctrinae ab Apostolis traditae », c’est-à-dire par un prurit de nouveautés et par la détestation de la Tradition ; guidés par des théologiens – vrais auteurs du Concile – autrefois condamnés par le Saint-Office. On peut donc dire que l’Esprit de Vérité s’est servi de l’aversion typique du libéralo-modernisme à l’égard des définitions dogmatiques pour empêcher que le Magistère infaillible de l’Eglise ne soit engagé dans un Concile, où, du côté humain, existaient toutes les prémisses pour des énoncés erronés. Et c’est là l’unique assistance, purement négative, que Vatican II, ou plus exactement l’Eglise à l’occasion de Vatican II, peut revendiquer de l’Esprit de Vérité. Et ceci permet d’expliquer aussi cette anomalie de l’unique Concile oecuménique dans l’histoire de l’Eglise auquel revient certes la qualité de Magistère extraordinaire, mais seulement authentique, c’est-à-dire non infaillible.

3. L’abbé Anthony Cekada prétend nier que ce passage de saint Robert Bellarmin soit applicable à notre situation présente, aux prétextes suivants :

« 1) Bellarmin parle ici d’un pape moralement mauvais qui donne des ordres moralement mauvais – et non pas d’un pape qui, comme les papes de Vatican II, enseigne l’erreur doctrinale ou impose des lois nuisibles.
2) Le contexte du passage cité est différent : il s’agit là du débat sur les erreurs du gallicanisme, et non pas du cas d’un pape hérétique.
3) Bellarmin justifie ici la “résistance” de la part de rois et de prélats, non pas de chaque catholique en particulier.
4) Bellarmin enseigne dans le chapitre suivant de son ouvrage qu’un pape hérétique perd automatiquement son autorité.
En un mot, ce passage ne peut ni être appliqué à la crise actuelle ni être invoqué contre le sédévacantisme. 
»

Cf. L’argument de “résistance” de saint Robert Bellarmin : encore un mythe traditionaliste.

Il est aisé de répondre à ces quatre objections qui n’en sont pas, en précisant que :

 1° Bellarmin – et avec lui Cajetan – parlent bien de “résister” aux erreurs doctrinales d’un pape tout en continuant à le considérer véritablement pape, puisque l’un et l’autre font valoir qu’en cas d’hérésie, le pape reste pape :

–  « L’homme n’est pas tenu d’obéir au pape quand ce que celui-ci commande est contraire à la loi de Dieu, et même dans quelques autres cas. Lorsque le commandement d’un homme est manifestement contraire à la loi de Dieu, c’est un devoir de lui désobéir (… ) les docteurs indiquent les remèdes suivants : avoir recours à Dieu par l’oraison, admonester ledit pape avec tout respect et révérence, n’obéir point à ses commandements notoirement injustes, et enfin lui résister, et empêcher qu’il ne fasse le mal projeté. »

Saint Robert Bellarmin,  De Romano Pontifice,  II, 29.

– « La papauté et Pierre sont comme « matière » et « forme » et seul Jésus-Christ a pouvoir sur leur union…et pour cette raison lui seul peut mettre des limites et établir la puissance du Pape. Un Pape qui est devenu hérétique incorrigible n’est pas automatiquement destitué … l’Eglise n’a pas puissance sur la Papauté, (…) il faut dire que, quand Pierre, devenu hérétique incorrigible est déposé par l’Eglise, il est jugé et déposé par une puissance supérieure non à la Papauté mais à l’union entre la Papauté et Pierre

Cajetan, De Comparatione Auctoritatis Papæ et Concilii, c. XX .1511.

 2° Que le contexte soit différent ne change rien à l’affaire. Les erreurs gallicanes relèvent, comme le modernisme, d’une même propension à l’hérésie, et cette dernière, on serait surpris du contraire, reste fausse par delà les époques.

 3° Cette résistance de rois ou de prélats peut, sans difficulté aucune, être étendue à l’ensemble des fidèles, comme le soutient saint Thomas : « si la foi est en danger, un sujet pourrait réprimander son prélat, même publiquement. » Som. Th., IIa IIae, Qu. 33, article 4, ad2.

 4°) La perte de l’autorité évoquée par Bellarmin, mais c’est là une erreur sédévacantiste classique, doit s’entendre selon la forme, non selon la matière (cf. 1°), faisant qu’hérétique ou non, le Pontife ne perd jamais sa charge.

62 commentaires leave one →
  1. Martin Galemard permalink
    18 novembre 2010 08:43

    Vous faites une fois de plus l’impasse sur l’étendue des prérogatives papales que la foi nous oblige à croire. Certes, comme l’indique saint Robert Bellarmin, « L’homme n’est pas tenu d’obéir au pape quand ce que celui-ci commande est contraire à la loi de Dieu, et même dans quelques autres cas. » (De Romano Pontifice, II, 29.) Le mot « commande » indique assez clairement que le droit à la désobéissance invoqué par le saint théologien se rapporte au gouvernement pontifical. Mais où avez-vous lu que le saint théologien parle d’« erreurs doctrinales » d’un pape, et qui plus est, d’erreurs doctrinales enseignées à toute l’Église, comme c’est le cas depuis plusieurs dizaines d’années ?

    Par ailleurs, où aurais-je parlé de « destituer » un pape ? J’ai seulement écrit que Paul VI et ses successeurs avaient perdu l’autorité qui, pour saint Robert Bellarmin comme pour tout vrai catholique, va de pair avec l’assistance du Saint-Esprit. Or, c’est malheureusement une erreur traditionaliste classique de continuer à honorer du titre de très saint père quelqu’un dont la doctrine – et pas seulement la conduite – a cessé depuis longtemps d’être sainte.

    A la suite de l’Année Liturgique de Dom Guéranger, vous rappelez la conduite des prêtres et laïcs de Constantinople quand leur patriarche Nestorius a commencé à leur enseigner que la Sainte Vierge n’était pas la Mère de Dieu. Mais sans paraître vous souvenir que nombre de ces prêtres et laïcs ont dès ce moment cessé de nommer Nestorius au canon de la messe – non una cum ! – et que l’Église, non seulement ne leur en a fait aucun reproche, mais a canonisé au moins l’un d’entre eux, saint Hypace : https://lebloglaquestion.wordpress.com/2010/10/09/visitez-le-vatican/#comment-12356.

    Mgr Lefebvre est tout aussi inconséquent. Il a certes raison d’écrire : « Aucune autorité, même la plus élevée dans la hiérarchie, ne peut nous contraindre à abandonner ou à diminuer notre foi catholique clairement exprimée et professée par le magistère de l’Église depuis dix-neuf siècles. » Il cite à bon droit saint Paul : « S’il arrivait que nous-même ou un Ange venu du ciel vous enseigne autre chose que ce que je vous ai enseigné, qu’il soit anathème. » (Gal. 1, 8.) Mais il paraît ne pas s’apercevoir que, pour saint Paul comme pour toute l’Église, anathème est exactement synonyme d’EXCOMMUNIÉ : autrement dit, là encore, non una cum !

    Les conséquences pratiques de cette erreur traditionaliste, nous les avons sous les yeux. Ils reprochent à ceux qu’ils nomment « sédévacantistes » de se faire juges du « pape » mais, au nom de la défense de la tradition, ils n’arrêtent pas de soumettre à leur examen, non seulement tout l’enseignement mais, comme le montre l’exemple du N.O.M. et des sacres sans mandat, toute « la discipline établie et approuvée par l’Eglise » – ou du moins par ceux qu’ils prennent pour la tête de l’Eglise – « comme si l’Eglise, qui est régie par l’Esprit de Dieu, pouvait constituer une discipline, non seulement inutile et trop lourde à porter pour la liberté chrétienne, mais encore dangereuse, nuisible, et conduisant à la superstition et au matérialisme » (Pie VI condamnant la 78e proposition du synode de Pistoie).

    En résumé : là où le « sédévacantiste » se contente avec saint Paul d’un seul constat manifeste – celui de Dignitatis Humanæ – de contradiction avec l’enseignement de l’Eglise pour cesser de reconnaître l’autorité de Paul VI et de ses successeurs, le « traditionaliste » continue à soumettre à son examen chacune des décisions venant de ceux qu’il persiste à reconnaître comme la « règle vivante de la foi » : dans ces conditions, il n’est vraiment pas difficile de deviner lequel des deux s’expose davantage à la tentation du « libre examen », et c’est très concrètement la principale raison des multiples changements de cap effectués par Mgr Lefebvre depuis sa fameuse déclaration de 1974.

    • 18 novembre 2010 16:22

      @ Martin Galemard

      Vous nous demandez : « où avez-vous lu que le saint théologien [Bellarmin] parle d’« erreurs doctrinales » d’un pape, et qui plus est, d’erreurs doctrinales enseignées à toute l’Église, comme c’est le cas depuis plusieurs dizaines d’années ? »

      Tout simplement ici :

      – « L’hérétique, de par son propre mouvement, s’exile de lui-même et se sépare de lui-même du Corps du Christ. Maintenant, un Pape demeurant Pape ne peut être évité, alors comment donc serions-nous tenus d’éviter notre propre tête ? Comment pourrions-nous nous séparer nous-mêmes d’un membre qui nous est uni ? »

      De Romano Pontifice, livre II, chap. 30.

      Ne sommes-nous pas, précisément, dans le cas de figure qui nous occupe ? C’est-à-dire d’un pape (dont l’éventuelle hérésie, il n’est pas inutile d’y insister une nouvelle fois, n’est pas encore ni qualifiée, ni démontrée, et ceci pour tous ceux élus depuis 1962), qui enseigne des erreurs qui s’exile lui-même de la foi catholique, mais reste cependant Pape ?

      Et l’interrogation de Bellarmin ne manque pas d’intérêt : «Comment pourrions-nous nous séparer nous-mêmes d’un membre qui nous est uni ? »

      Toute la question est là. Car il est impossible à l’Eglise de se séparer de ce qu’elle a uni à elle, et sur lequel le Christ seul a autorité. C’est une loi sacramentelle, comparable à celle de l’ordre, du mariage ou du baptême, comme de tous les sacrements que l’Eglise administre.

      C’est pourquoi, loin d’être une « erreur traditionaliste classique » visant à « continuer à honorer du titre de très saint père quelqu’un dont la doctrine – et pas seulement la conduite – a cessé depuis longtemps d’être sainte », cette attitude correspond à ce que l’Eglise a toujours enseigné, puisque nul n’a autorité sur le Pape pour le déposer.

      Bellarmin donne même un exemple, d’ailleurs relatif à l’épisode de Nestorius qui n’a pas entraîné une position schismatique sédévacantiste de la part des fidèles mais une distance d’avec les thèses de celui qui à leurs yeux était Pape bien qu’hérétique, pour faire comprendre, à la fois cette impossibilité de destituer et déposer celui qui tombe dans l’erreur, mais également de condamner ceux qui résistent – et résistance n’est surtout pas synonyme de non-reconnaissance – à ses ordres :

      – « Le Pape Saint Célestin I (epist. ad jo. Antioch., laquelle apparaît dans Conc. Ephes., tom. I, cap.19) écrit : « Il est évident qu’il [l’excommunié par Nestorius] reste, et est resté, en communion avec nous, et que nous ne considérons nullement destitués tous ceux qui ont été excommunié ou privé de leur charge, soit épiscopale ou cléricale, par l’évêque Nestorius ou par les autres qui l’ont suivi, après qu’il ait commencé à prêcher l’hérésie. Puisque celui s’étant de lui-même déjà montré comme méritant d’être excommunié, ne peut excommunier qui que ce soit de par sa propre sentence. (…) C’est l’opinion des grands docteurs les plus récents, tel que Jean Driedo (lib. 4 de Script. Et dogmat. Eccles., cap. 2, par. 2, sent. 2), lequel enseigne que seuls se séparent de l’Eglise ceux qui sont expulsés, comme les excommuniés, et ceux qui la quittent d’eux-mêmes ou qui s’y opposent en tant qu’hérétiques ou schismatiques.» (Bellarmin, De Romano Pontifice, livre II, chap. 30).

      Et vous voudriez nous faire accroire après cela que Mgr Lefebvre fut inconséquent ! Il savait très bien ce que signifie être anathème, mais il savait également que nul membre de l’Eglise en ce monde n’est qualifié pour proclamer qu’un Pape n’est plus Pape. Et tant qu’il reste sur le trône de Pierre, tant que la Divine Providence le conserve dans cette charge pour une raison qui lui appartient et qui nous échappe, c’est une faute, un péché considérable, que de cesser, de son propre mouvement, de par son jugement privé, de faire comme s’il n’était plus Pape.

      C’est pourquoi il dira :

      – « (…) ceux qui affirment qu’il n’y a pas de Pape simplifient trop les problèmes. La réalité est plus complexe. Si l’on se penche sur la question de savoir si un pape peut être hérétique on s’aperçoit que le problème n’est pas aussi simple qu’on le croirait… » (La Nouvelle Messe et le Pape, 8 novembre 1979).

      http://www.wat.tv/video/mgr-lefebvre-condamne-sedevacantisme-14x92_2hmdb_.html

      Sa position, qui est très éloignée du sédévacantisme, ne souffre aucune ambiguïté, comme il fut expliqué dans une étude remise à Mgr Lefebvre en 1986 :

      – « Puisqu’il est licite, dans la situation présente de l’Église, d’ordonner des prêtres sans incardination et sans lettres dimissoires, il peut être licite de consacrer un évêque sans mandat apostolique ; ce n’est qu’un degré de plus dans l’application de la même règle, qui nécessite une raison plus grave certes, mais qui relève du même principe. Parce que la situation de l’Église est l’absence de l’Autorité, et dans la mesure où cette situation est reconnue comme telle – ainsi que l’exige le témoignage de la foi – il est bien vrai qu’il est licite d’ordonner ainsi des prêtres, en raison du bien de l’Église qui requiert la collation des sacrements tant que son unité n’est pas mise en péril. »

      Ceci l’amenant à affirmer avec force lors du Sermon des sacres :

      – « Je vous conjure de demeurer attachés au Siège de Pierre, à l’Église Romaine, Mère et Maîtresse de toutes les Églises, dans la foi catholique intégrale, exprimée dans les symboles de la foi, dans le catéchisme du Concile de Trente, conformément à ce qui vous a été enseigné dans votre séminaire. Demeurez fidèles dans la transmission de cette foi pour que le Règne de Notre-Seigneur arrive ». Mgr Lefebvre le 29 août 1987

      Les conséquences pratiques de la justesse de la position traditionaliste, nous les avons sous les yeux en effet, nous reprochons avec vigueur aux sédévacantistes de se faire juges du pape.

      Quant à nous, au nom de la défense de la Tradition, nous soumettons à l’analyse, non seulement l’enseignement mais la discipline établie par l’Eglise conciliaire, car, comme l’explique saint Thomas :

      – «Si la foi est en danger, un sujet peut réprimander son prélat, même publiquement » (Somme théologique, IIa IIae, Qu. 33, article 4, ad2).

      Et il se trouve, en effet, que la foi depuis Vatican II est en grand danger.

      De même, comme l’écrit Bellarmin :

      – « Qu’il est tout aussi licite de résister au Pontife qui attaque les âmes…ou, à plus forte raison, essaie de détruire l’Église. Je dis qu’il est licite de lui résister en ne faisant pas ce qu’il ordonne de faire et en empêchant l’exécution de sa volonté. » De Romano Pontifice, Lib. II, c.29.

      Mais la Tradition qui résiste licitement à une autorité non respectueuse de la foi de toujours, n’oublie pas également de respecter l’avertissement du saint docteur, contrairement aux sédévacantistes très coupables, téméraires et fautifs, et c’est ce qui fait sa justesse, son équilibre, la valeur et la sagesse de son attitude catholique :

      – « Il n’est pas licite, cependant, de le juger, de le punir, ou de déposer [le Pape], parce que ce sont là des actes relevant d’un supérieur. » De Romano Pontifice, Lib. II, c.29.

      Et ce supérieur quel est son NOM s’il vous plaît ?

      Quel est le NOM de celui qui est supérieur au Pape et auquel vous vous substituez avec vos amis pour décider, en son lieu et place, qu’il n’est plus le successeur de Pierre ?

      Vous le savez parfaitement, et c’est en quoi la faute du sédévacantisme est extrêmement grave :

      NOTRE SEIGNEUR JESUS-CHRIST !

      En résumé : là où la Tradition se contente, par fidélité à l’Evangile, de résister à l’erreur sans détruire l’Eglise en respectant et reconnaissant pieusement celui que Notre Seigneur a mis et conserve à sa tête, le sédévacantisme, par son examen privé, cesse coupablement, de reconnaître pour Pape celui qui a été élu par le conclave assisté de l’Esprit-Saint.

      https://lebloglaquestion.wordpress.com/2010/10/14/le-sedevacantisme-est-une-heresie/#comment-12450

      https://lebloglaquestion.wordpress.com/2010/10/18/le-conclave-est-infaillible/

      De la sorte, effectivement, et « dans ces conditions, il n’est vraiment pas difficile de deviner laquelle des deux attitudes tombe dans le « libre examen ».

      https://lebloglaquestion.wordpress.com/2010/10/06/le-sedevacatantisme-est-lutherien/

      Et c’est, très concrètement, la principale raison de la multiplicité des chapelles, groupuscules, conventicules et jusqu’aux sectes folles, qui constituent la galaxie bigarrée et très divisée, bien souvent délirante et apocalyptique du sédévacantisme, ce en quoi demain serait immédiatement transformée l’Eglise si les thèses de ce courant schismatique venaient à s’imposer.

      Fort heureusement et avec prudence, la Tradition tient fermement sur les positions droites la ligne de crête qui ramènera demain, Dieu voulant, la Foi et la Messe, les vocations et le renouveau des ordres monastiques, en restaurant enfin ! la doctrine authentique de l’Eglise.

      In Christo Rege +

    • Martin Galemard permalink
      19 novembre 2010 14:23

      Pour mémoire, depuis le début de ces discussions interminables, je soutiens que Benoît XVI ne possède pas l’autorité pontificale – et l’assistance divine qui en est inséparable – non parce qu’il serait « manifestement hérétique » mais parce que, de l’avis même du magistère de l’Église, un vrai pape ne pourrait pas faire ce que Paul VI et ses successeurs ont fait sur le plan doctrinal, liturgique, juridique.

      Partant de là, on peut logiquement en conclure qu’ils ont perdu le pontificat, à moins qu’ils ne l’aient jamais eu. Savoir quelle éventualité est la bonne, et pour quelle raison, est en fin de compte secondaire. L’hérésie est une cause possible – probable même à mon avis, quand on se penche un tant soit peu sur les écrits de ces personnages, y compris AVANT leur accession au pontificat – mais elle n’est pas la seule. Mgr Journet signale que, de l’avis de plusieurs théologiens éminents, un pape ferait schisme s’il réformait tous les rites traditionnels (ce que précisément Paul VI et ses successeurs ont fait). Et saint Vincent Ferrier a contribué à mettre fin au grand schisme d’Occident en cessant de reconnaître le pape d’Avignon sans pour autant l’accuser d’être hérétique (son enseignement ne l’était d’ailleurs pas) et sans non plus prétendre qu’il avait usurpé le pontificat depuis le début.

      Vous mélangez les pommes et les poires en écrivant : « Bellarmin donne même un exemple, d’ailleurs relatif à l’épisode de Nestorius qui n’a pas entraîné une position schismatique sédévacantiste de la part des fidèles mais une distance d’avec les thèses de celui qui à leurs yeux était Pape bien qu’hérétique ». Dans l’épisode en question, ce n’est évidemment pas le pape saint Célestin qui était suspect d’hérésie, mais le patriarche Nestorius ! Et j’ai rappelé que nombre de prêtres et de fidèles ne se sont pas contentés de « prendre leurs distances » vis-à-vis des thèses de Nestorius, ils se sont retirés de sa communion avant même sa condamnation par le pape : or, il est un fait que non seulement l’Église ne leur a pas reproché le moins du monde d’avoir jugé le patriarche sans être « qualifié », mais qu’elle a au contraire canonisé l’un d’entre eux. La raison en est que la sentence de l’autorité ecclésiastique résout tout cas douteux et oblige l’adhésion de tout catholique : là où les faits n’admettent pas de doute, l’individu qui prévient le jugement de l’autorité ne lèse nullement celle-ci, tant qu’il distingue bien son avis privé d’avec la sentence officielle, en limitant la portée de celui-là au for de sa propre conscience.

      Le texte que vous citez du pape Célestin affirme du reste en d’autres mots que Nestorius avait déjà perdu toute autorité avant sa condamnation par l’Église : « Puisque celui qui s’est de lui-même déjà montré comme méritant d’être excommunié, ne peut excommunier qui que ce soit de par sa propre sentence ». Alors que l’excommunication de ceux qui relèvent de sa juridiction fait partie des pouvoirs d’un évêque : saint Athanase, par exemple, n’a pas attendu l’avis du pape pour excommunier Arius.

      Quant au texte de saint Robert Bellarmin, il suffit de citer la source d’où vous l’avez tiré – http://messe.forumactif.net/doctrine-et-actualite-f6/traduction-de-de-romano-pontifice-livre-ii-chap-30-de-saint-robert-bellarmin-t2291.htm – pour comprendre que le saint docteur n’y parle absolument pas d’un pape demeurant pape tout en enseignant des erreurs doctrinales à tous les fidèles :

      «La quatrième opinion est celle de Cajetan, selon laquelle le Pape manifestement hérétique n’est pas déposé ipso facto, mais peut et doit être déposé par l’Eglise. À mon avis, cette opinion ne peut se défendre. Puisque de prime abord, il est prouvé, avec arguments d’autorité et de raison, que l’hérétique manifeste est déposé ipso facto. L’argument d’autorité est tiré de Saint Paul (Tite, c. 3), lequel ordonne que soit évité l’hérétique après deux avertissements, c’est-à-dire après qu’il se soit manifesté obstiné, et donc avant toute excommunication ou sentence juridique. Et c’est ce que Saint Jérôme écrit, en ajoutant que tous les autres pécheurs sont exclus de l’Eglise par sentence d’excommunication, tandis que l’hérétique, de par son propre mouvement, s’exile de lui-même et se sépare de lui-même du Corps du Christ. Maintenant, un Pape demeurant Pape ne peut être évité, alors comment donc serions-nous tenus d’éviter notre propre tête ? Comment pourrions-nous nous séparer nous-mêmes d’un membre qui nous est uni ? »

      On le voit, saint Robert affirme contre Cajetan qu’il n’est au pouvoir de personne de juger un pape, mais que celui qui, par son hérésie, s’est déjà séparé du corps de l’Église est déposé ipso facto : exactement l’opposé de ce que vous lui faites dire ! L’Église n’ayant pas encore tranché cette controverse, je me garderai bien de le faire à sa place. Je ferai seulement observer que ce n’est pas Cajetan mais Bellarmin qu’elle a canonisé et proclamé docteur de l’Église, en précisant dans la Collecte de sa fête que Dieu l’a choisi « pour repousser les attaques de l’hérésie et défendre les droits du Saint-Siège »…

  2. gerard seel permalink
    18 novembre 2010 12:04

    ne jamais écouter les dissidents qui ne sont que des orgueilleux!
    toujours rester fidèle a son église- a Rome -au pape!
    a+

    • Martin Galemard permalink
      18 novembre 2010 13:16

      “Mais, me répond-on, qui êtes-vous, vous qui dites tant de choses contre nous ? Quel que je sois, faites attention à ce qui vous est dit, et non à celui qui vous le dit.”

      Saint Augustin, 3e discours sur le psaume 36.

    • Pélikan permalink
      18 novembre 2010 16:52

       » Le démon est là, il travaille au sein de l’Église « .

      http://www.a-c-r-f.com/html/Vatican-nu.html

  3. 18 novembre 2010 12:07

    Information :

    La Messe de Requiem en l’honneur

    de José Antonio Primo de Rivera

    et du Généralissime Franco aura lieu ce

    vendredi 19 Novembre 2010 à 19H30

    en l’Eglise Saint Nicolas du Chardonnet

    Paris 5e – métro Maubert Mutualité.

    **********************

    Messe pour Jose Antonio à Paris
    http://konigsberg.over-blog.com/article-messe-pour-jose-antonio-a-paris-le-19-11-2010-60974324.html

  4. 19 novembre 2010 17:51

    1. Résister à un Pape, lui désobéir = conduite schismatique

    – Pie XI : « En effet, tous ceux qui résistent obstinément aux Prélats légitimes de l’Eglise, spécialement au Souverain Pontife de tous, et refusent d’exécuter leurs ordres, ne reconnaissant pas leur dignité, ont toujours été reconnus comme SCHISMATIQUES par l’Eglise catholique » (Encyclique Quartus supra)

    – Grégoire XVI : « Quiconque donc résiste opiniâtrement aux décrets du Siège Apostolique et s’éloigne ainsi, par sa contumace, des sentiments de l’Église, est certainement étranger à sa communion, quoiqu’il proteste qu’il veut vivre dans sa communion même. »

    2. La citation de St Robert Bellarmin :

    St Robert Bellarmin (mort en 1621) n’est pas doté d’infaillibilité contrairement aux Papes Grégoire XVI, Pie XI, etc.

    3. Résistance de St Paul :

    Encore une fois, votre interprétation est erronée.

    a. Saint Paul ne s’est pas opposé à St Pierre pour des questions de doctrine (contrairement à aujourd’hui), mais sur une question de pratique personnelle (faire semblant de rester judaïsant) ce qui n’est en rien comparable. De plus, saint Pierre agissait par charité. Il comprit qu’il commettait une erreur stratégique, il se rétracta de suite et l’incident fut clos, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.

    http://www.virgo-maria.org/mystere-iniquite/documents/chapters/documents_published/doc1/node16.html

    b. Saint Paul dit lui-même que : « Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures car il n’y a pas d’autorité qui ne vienne de Dieu, et celles qui existent ont été instituées par Dieu. C’est pourquoi celui qui résiste à l’autorité résiste à l’ordre établi par Dieu et ceux qui résistent attirent sur eux-mêmes la condamnation. » (Rom. XII, 1-2)

    4. Saint Thomas d’Aquin :

    Vous interprétez faussement ses propos puisque :

    – Pie VII : « Saint Thomas enseigne que ceux-là sont appelés schismatiques, qui refusent de se soumettre au souverain Pontife, et de communiquer avec les membres de l’Eglise qui lui sont soumis » (Bref du 16 septembre 1818 à Mgr Poynter).

    5. Léon XIII :

    a. Léon XIII ne parle pas de l’autorité du Vicaire du Christ sur la terre mais de l’autorité des hommes en règle générale. Or, le Pape n’est pas un simple homme comme vous et moi. C’est le représentant de Dieu sur terre. La citation de Léon XIII ne peut concerner la papauté.

    b. Le Pape tient son autorité de Dieu lui-même ! « Qui vous écoute m’écoute » (Luc X). Depuis quand une autorité pontificale, représentante de Dieu sur terre, pourrait être contraire à la raison et à la vie éternelle ?

    Cette opinion est condamnée par le Synode de Pistoie, approuvé par Pie VI : « comme si l’Eglise, qui est régie par l’Esprit de Dieu, pouvait constituer une discipline non seulement inutile et même plus onéreuse que ce que permet la liberté chrétienne, mais encore dangereuse, nuisible… : …proposition fausse, téméraire, scandaleuse, pernicieuse, offensante pour les oreilles pies, pour l’Eglise et pour l’Esprit de Dieu par qui elle est régie, injurieuse, au minimum erronée »

    7. Mgr Lefebvre était très loin d’être infaillible. Il s’est trompé sur beaucoup de points majeurs. Arrêtons de se baser sur ses dires qui étaient d’ailleurs souvent contradictoire et incohérents. Suivons plutôt le magistère de l’Eglise :

    « Parce que le droit divin de la primauté apostolique place le Pontife romain au-dessus de toute l’Église, nous enseignons et déclarons encore qu’il est le juge suprême des fidèles et que, dans toutes les causes qui touchent à la juridiction ecclésiastique, on peut faire recours à son jugement. Le jugement du Siège apostolique, auquel aucune autorité n’est supérieure, ne doit être remis en question par personne, et personne n’a le droit de juger ses décisions. C’est pourquoi ceux qui affirment qu’il est permis d’en appeler des jugements du Pontife romain au concile œcuménique comme à une autorité supérieure à ce Pontife, s’écartent du chemin de la vérité.  » (Constitution Pastor Aeternus – vatican I)

    • 19 novembre 2010 22:17

      Clément

      Ce que vous dites rappelant plusieurs textes, concernant l’obéissance due au Pape, en théorie, est juste (même si vos interprétations restrictives de s. Thomas et de Léon XIII, sont inexactes). Mais encore une fois, et vous semblez ne pas vous en rendre compte, Vatican II représente une situation tout à fait nouvelle, unique dans l’histoire de l’Eglise, ce qui nous permet de nous référer au raisonnement du cardinal Journet pour fonder notre « résistance » à l’autorité conciliaire :

      – « Le pouvoir de régir l’Église universelle réside d’abord dans le souverain Pontife, puis dans le collège épiscopal qui lui est uni ; et il peut être exercé soit uniquement par le souverain Pontife, soit solidairement par le souverain Pontife et le collège épiscopal : le pouvoir du souverain Pontife seul et le pouvoir du souverain Pontife uni au collège apostolique constituant non pas deux pouvoirs adéquatement distincts, mais un seul pouvoir suprême considéré d’une part dans la tête de l’Église enseignante, où il réside tout entier et comme dans sa source, d’autre part à la fois dans la tête et dans le corps de l’Église enseignante.» (C. JOURNET, L’Église du Verbe Incarné, p. 531).

      La conséquence de cette vérité est que les décisions d’un Concile : « ne sont péremptoires que lorsqu’elles sont prononcées en collaboration actuelle avec le souverain Pontife, ou ratifiées ultérieurement par lui.» (Ibidem, p. 536).

      La distinction entre l’enseignement donné par le Pape « seorsim ou simul cum Episcopis » (I. SALAVERRI, Sacrae Theologiae Summa, cit., t.I, tr. III, I.II, § 637) concerne ainsi la modalité d’exercice du Magistère et non son essence.

      Le degré avec lequel le Magistère s’exprime dépend donc encore une fois de la volonté, de l’intention du Pape et des Évêques unis à lui. Il n’y a pas de coïncidence définitive – ce que vous ne parvenez pas à comprendre – entre Magistère extraordinaire (dans le cas présent par l’indiction d’un Concile) et Magistère infaillible. Le fait que cette intention soit un élément fondamental et déterminant a toujours été implicitement admis, et même explicitement enseigné.

      S’il est vrai que l’Église a dû faire face à des périodes plus ou moins longues de crise, il n’en est pas moins vrai que la période que nous vivons a une particulière gravité. Dans la réflexion des plus grands théologiens catholiques ne se trouve mentionné nulle part le cas ou, pendant un demi-siècle, le Pape ou un Concile véhiculent des erreurs. D’où l’importance de partir de prémisses bien fondées.

      Le point central à saisir, et que vous oubliez dans votre raisonnement, est qu’un enseignement du Pape ou d’un Concile n’entraîne pas ipso facto une obéissance inconditionnelle : celle-ci dépend et est proportionnée à l’intention avec laquelle le Magistère entend engager son autorité. Si le Pape ou un Concile, dans l’acte d’enseigner, n’ont pas l’intention d’enseigner quelque chose comme étant révélé par Jésus-Christ, comme toujours enseigné par l’Église, ou qu’ils n’entendent pas user de la plénitude de leur autorité (infallibilis securitas), on ne voit pas pourquoi l’assistance divine devrait se substituer à la médiation humaine, voulue par Dieu comme humaine.

      Comme Vatican ne souhaita pas faire usage de l’infaillibilité, il faut regarder ce Concile pour ce qu‘il fut, et non en exagérer l’autorité – tant dans ses actes, déclarations, que dans celles des Pontifes qui en soutinrent les thèses.
      https://lebloglaquestion.wordpress.com/2010/09/27/le-concile-vatican-ii-n%e2%80%99est-pas-dogmatique/

      C’est uniquement dans le cas où le Pontife entend exercer la plénitude du Magistère que lui est garantie cette infaillibilité active et passive « in docendo », qui lui permet non seulement d’être guidé dans la définition d’une vérité, mais aussi d’être corrigé et arrêté in extremis s’il se dirigeait vers l’enseignement d’une hérésie. Tel est le principe thomiste bien connu : gratia non tollit naturam, sed perficit.

      L’orthodoxie de la doctrine, sa conformité à l’enseignement constant de l’Église, est donc la condition sine qua non de validité d’un Concile.

      Or, comme Vatican II s’est grandement écarté de la tradition, et que d’autre part sa volonté explicite, constatable, proclamée, fut de refuser de se situer sur le terrain dogmatique, il est possible :

      1°) – De remettre en question ses décisions.

      2°) – De résister légitimement aux orientations modernistes de l’Eglise conciliaire.

      3°) – D’oeuver activement à la préservation du sacerdoce et de la liturgie, envers et malgré les l’autorité qui est aujourd’hui à Rome.

      Et cette attitude, celle de la Tradition, celle voulue et mise en œuvre par Mgr Lefebvre, est en parfaite conformité avec ce que soutint St. Robert Bellarmin :

      – « Il est licite de résister à un Souverain Pontife qui essaye de détruire l’Église. Je dis qu’il est licite de lui résister en ne suivant pas ses ordres, et en empêchant l’exécution de sa volonté » De Romano Pontifice, Lib. II, c.29.

      Vobis In Christo Rege +

    • Jean-Baptiste Tournaire permalink
      19 novembre 2010 23:20

      La Question:
      Je crois noter une contradiction dans votre argument:
      Vous affirmez que l’Eglise connait une situation nouvelle unique dans son histoire…
      Cependant à ce problème « extraordinaire », vous invoquez uniquement une solution ordinaire: l’enseignement du vénérable cardinal Journet.
      D’ailleurs, que veut-on signifier exactement lorsqu’on déplore à l’envi d’un côté une « situation absolument dramatique et unique », et d’un autre côté, l’explication limitée bien souvent d’une semblable déploration de simples erreurs « modernistes », qui ne relèveraient en aucun cas de l’hérésie canonique?
      Pour préparer Trente-II, et ré-exprimer catholiquementla Révélation, il faut ne pas transiger sur l’origine de l’Eglise, sur l’origine de la nouvelle religion, comprendre la contradiction, et alors rappeler avec encore plus de force l’intransigeance, l’exclusivisme de la transcendance originelle de la Révélation.
      Le modernisme – tel que défini il y a un siècle – et auquel on restreint de manière erronée la nature de la situation actuelle n’est à proprement parler qu’une « matière » mise en oeuvre dans ce processus. Il faut la relier à sa forme satanique, à sa finalité politique, et aussi à ses acteurs déguisés. C’est sur dernier point notamment que vous tournez carrément le dos au combat, par votre crainte révérentielle bien-pensante, – mais gravement fautive, – pour des occupants sans droit ni titre.

    • 20 novembre 2010 13:18

      Jean-Baptiste Tournaire

      Vous affirmez : « l’Eglise connait une situation nouvelle unique dans son histoire… Cependant à ce problème « extraordinaire », vous invoquez uniquement une solution ordinaire: l’enseignement du vénérable cardinal Journet. »

      Or c’est là se tromper grandement. Car outre que le cardinal Journet a dispensé dans ses études une vision de l’Eglise permettant d’en saisir, au-delà de son apparence visible l’essence invisible montrant comment l’Eglise, composée de pécheurs, est elle-même sans péché en tant qu’elle est le Corps mystique du Christ, il y a un élément qui vous échappe.

      Lequel ?

      La réponse est simple, c’est qu’à des faits nouveaux, il convient d’apporter des solutions nouvelles. C’est pourquoi le cardinal Journet, comme d’autres théologiens contemporains attachés à la tradition, sont bien plus pertinents pour penser la crise actuelle de l’Eglise que la bulle de Paul IV – dont il y aurait d’ailleurs beaucoup à dire – non seulement datée mais qui plus est à présent dénuée d’autorité depuis Pie XII qui abrogea les censures de la bulle Cum ex Apostolatus :

      – « Aucun cardinal sous aucun prétexte ou raison d’excommunication ne peut être exclu de l’élection active et passive du Souverain Pontife (…) nous suspendons l’effet de telles censures. »

      Pie XII, Vacantis Apostolicae Sedis, 1945.

      Le modernisme est une méta-hérésie, incluant également la « matière » mise en œuvre selon votre expression, c’est-à-dire la forme satanique et sa finalité politique et ses acteurs déguisés », n’oubliant pas que cette méta-hérésie est, d’après s. Pie X : « L’égout collecteur de toutes les hérésies » !

      http://www.la-question.net/archive/2008/12/26/le-serment-antimoderniste-de-saint-pie-x.html

      Cette hérésie oblige donc d’être combattue avec des armes adéquates forgées, selon les critères de la tradition, en prenant en compte ce fait qu’aucun théologien ou docteur n’avait prévu : Vatican II !

      Evidemment qu’il faut préparer un nouveau Vatican III de tradition (Trente II sera plus difficile à organiser pour des raisons tant historiques, politiques qu’hôtelières), en ne transigeant pas sur l’origine de l’Eglise, sur l’origine de la nouvelle religion. Mais il faudra le faire en ayant la même intransigeance à l’égard du droit divin fondant la monarchie pontificale, hélas complètement oublié et ignoré par les partisans de la vacance actuelle du Saint-Siège qui affirment bien trop rapidement que les actuels occupants du trône de Pierre ne sont « sans droit ni titre » (sic), ce qui est la cause principale de leur erreur comme nous l’exposons et le disons avec force sur La Question.

      Tel est donc notre souci : condamner le venin du modernisme tout en conservant fermement la doctrine du droit divin de la Papauté.

      Pax Vobis +

  5. calixte permalink
    19 novembre 2010 18:22

    @ Martin Galemard

    Je réponds ici à votre message https://lebloglaquestion.wordpress.com/2010/11/18/le-combat-de-la-tradition-catholique/#comment-13099

    En effet ces discussions sont interminables ce qui est normal ; d’ailleurs elles s’étendent, ici comme ailleurs, depuis le début de l’ouverture de l’espace internet, et ne sont sans-doute pas prêtent de s’interrompre, tant elles touchent à des éléments essentiels sur le plan de la foi.

    Notre seul objet sur La Question, outre d’éclairer sérieusement le problème, consiste à faire en sorte que les débats se déroulent avec une certaine dignité, et qu’ensuite les âmes de bonne volonté qui se revendiquent de la tradition, puissent œuvrer, là où elles se trouvent, au bien de l’Eglise et sa continuité.

    La divergence qui nous sépare profondément, vient du fait que vous considérez que les Papes depuis Vatican II ont perdu leur pontificat. Pour ce qui nous concerne nous croyons sage de rester plus prudents car nous n’en savons rien, et ne pouvons rien non plus, tant sur le plan des décisions, que sur celui des affirmations. Le constat des aberrations doctrinales (la qualification formelle d’hérésie, même si beaucoup de choses nous y font penser, relève cependant d’un autre niveau), et la critique des bouleversements scandaleux, notamment sur le plan liturgique, nous le faisons avec vous. Notre vigoureux rejet du modernisme, de même, est semblable.

    Voilà au moins un point acquis, et c’est heureux.

    Pour revenir à votre objection, il est connu que saint Robert Bellarmin et Cajetan ne sont pas du même avis s’agissant de l’attitude à avoir face à l’éventualité d’un Pape hérétique. A cet égard nous ne cachons-pas que nous trouvons la thèse du cardinal Cajetan beaucoup plus conforme à la nature même de la charge pontificale du point de vue du droit divin. Son analyse est fondée sur une connaissance bien plus fine, et pour cause car son combat contre Luther lui fit par nécessité approfondir cet aspect des choses, de ce qu’est la nature de l’autorité du Pape. Et surtout d’où il la reçoit.

    C’est là une approche bien plus respectueuse à notre sens de ce que représente la fonction du successeur de Pierre, une attention au mystère de la divinité de l’Église, société monarchique ayant à sa tête un chef unique : le successeur de Pierre auquel le Verbe incarné a confié les pouvoirs et auquel tous sont liés par un lien de subordination.

    Le débat n’est pas tranché entre la position de Bellarmin et celle de Cajetan dites-vous. Or ceci, pour être juste, n’est pas cependant si certain car la majorité des saints docteurs catholiques (même si leurs écrits manifestent des sensibilités différentes), sont unanimes : il y a dans l’Eglise la sainteté personnelle de ses membres et leurs nombreux péché, mais il y a bien plus que cela : il y a une sainteté incorruptible qui vient à l’Eglise de la foi, des sacrements, des pouvoirs hiérarchiques du sacerdoce reçu de Jésus-Christ. Pape hérétique ou pas.

    On peut participer à la communion des sacrements sans pour autant faire partie de la communion des saints et des justes. L’erreur consiste à confondre les deux. C’est l’erreur du sédévacantisme : la communion des sacrements appelle nécessairement la communion des saints et des parfaits. Cela est évidemment faux. Cajetan a bien vu où se trouvait le danger. Au retour de sa légation en Allemagne, il déclarera que Luther se trompe sur ce point précisément, et c’est pour démasquer cette erreur qu’il compose une étude consacrée à la défense du pouvoir pontifical, exégèse du texte de l’Evangile de saint Matthieu, le « Tu es Petrus » où le Christ institue l’Eglise en confiant le pouvoir des clefs à saint Pierre.

    Cajetan fait la distinction. Il y a une différence essentielle entre deux saintetés. Sainteté des principes et sainteté des membres. Sainteté du pouvoir, sainteté des offices, donc sainteté des clefs remises par le Christ à saint Pierre. C’est pourquoi le pape pécheur ne cesse pas d’être pape. (Cf Dz 1212, 1213, 1220, 1222, 1224, 1230 : propositions condamnées de Jean Huss par le Concile de Constance (Session 15 du 6 juillet 1415) et par le Pape Martin V (Décret du 22 février 1418).

    Nous croyons donc que l’Eglise, quels que soient les hommes qui la dirigent, reste l’Eglise. C’est un point essentiel :

    « L’Eglise possédera toujours les moyens de grâce, les clefs du royaume des cieux et avec cela, elle restera l’unique dépositaire du salut ; mais le pouvoir des clefs ne dépendra pas de la fidélité personnelle de celui qui sera amené à l’exercer. Ce qui veut dire que les hommes d’Eglise, même le premier d’entre eux, lorsqu’ils auront à exercer leur autorité, pourront ne pas toujours être à la hauteur de la foi et de la grâce qu’il doivent transmettre. Mais pour autant l’Eglise ne sera menacée ni dans son existence, ni dans sa sainteté. » (Romano Amerio, Iota unum, chapitre VI, § 58).

    • Martin Galemard permalink
      20 novembre 2010 00:12

      @ calixte :

      Pensez ce que vous voulez du débat entre saint Robert Bellarmin et Cajetan, mais respectez au moins la vérité :
      – l’Église n’a pas tranché (ou alors démontrez-le par des citations du magistère) ;
      – si la balance devait pencher d’un côté, ce serait bien évidemment du côté du docteur de l’Église, présenté par elle dans sa liturgie comme un défenseur insigne de la papauté.

      Pour le reste, on a droit encore et toujours à la même caricature, lassante à force d’être répétée : « C’est l’erreur du sédévacantisme : la communion des sacrements appelle nécessairement la communion des saints et des parfaits. Cela est évidemment faux. »

      Ce qui est évidemment faux, c’est votre caricature. Vous faites comme si je ne vous avais pas parlé de Benoît IX – https://lebloglaquestion.wordpress.com/2010/10/18/le-conclave-est-infaillible/#comment-13032 – demeuré pape en dépit de ses turpitudes.

      Un vrai dialogue de sourds. J’ai mieux à faire.

    • calixte permalink
      20 novembre 2010 12:41

      En condamnant les thèses de Luther mon cher Martin, pas uniquement du point vue de sa théologie de la grâce, l’Eglise, d’une certaine manière a tranché. En effet, Cajetan a résumé sa pensée dans son étude portant sur l’origine divine de la papauté : De divina institutione Pontificatus Romani Pontificis, étude composée en 1521 au retour de sa légation en Allemagne (mai 1518 à septembre 1519). C’est dans ce texte fondamental qu’il démontre l’institution divine de la monarchie pontificale, écrit dirigé contre Luther et son erreur consistant à considérer qu’un pape fautif n’est plus pape – traité scolastique d’une logique serrée portant sur la notion de « droit divin ».

      Que nous dit Cajetan : « Pierre a bénéficié d’une révélation divine, il a été proclamé bienheureux, il a été surnaturellement affermi dans sa foi; et c’est grâce à tout cela que le Christ l’a choisi comme chef de son Eglise. Le Christ ne dit pas qu’il édifiera son Eglise sur Pierre: super Te, mais super hanc petram, donc sur Pierre divinement qualifié selon un droit surnaturel. D’où nous devons conclure, que la défaillance de Pierre n’entraîne pas nécessairement la capacité d’être fondement, et le droit d’être considéré comme chef : tamquam virtus, glutinum quoddam sit jungens homini pontificatum, car l’évêque de Rome est le successeur de Pierre de droit divin… De droit divin il faut un successeur puisque la succession est une institution évangélique, une volonté explicite du Christ. Le droit de succession est par conséquent un droit divin. »

      Je ne pense donc pas que soit caricaturée votre position. Loin de là même. Vous disposez sur La Question, comme d’ailleurs tous ceux qui le souhaitent en respectant quelques règles de courtoisie, de la possibilité de faire valoir vos positions sans censure…. Chose assez rare vous en conviendrez. Et ce débat, certes qui n’est pas facile, permet cependant de clarifier bien des points et doit sans-doute être utile si l’on en juge au compteur par le nombre de ceux qui y sont attentifs 😉

      Mon reproche, que vous ne découvrez pas, est que je trouve votre position en-deça de ce à quoi oblige la doctrine du droit divin pontifical tel qu’exposée par Cajetan, reprise ensuite par Billot ou Journet. Et ceci me semble vous empêcher – vous arrêtant à certaines affirmations de Bellarmin, dont je ne mésestime pas la valeur mais qui n’a pas joué le même rôle que Cajetan dans la lutte contre Luther, et à la bulle de Paul IV, alors même que les censures de cette dernière, écrit de circonstance afin d’écarter un rival de Gian Pietro Carafa, ont été abolies par Pie XII, ignore le droit divin pontifical et ne relève que du droit disciplinaire.

    • Providas Romanorum permalink
      20 novembre 2010 23:07

      «En affirmant simultanément la primauté de Pierre dans l’ordre juridictionnel et la primauté de l’ordre de la charité sur l’ordre de la juridiction – car c’est uniquement dans la mesure où la juridiction est divine qu’elle peut orienter la charité divine –, Cajetan témoigne à la suite de son maître saint Thomas, qu’outre le souci pastoral d’insister momentanément, selon que le suggère la dialectique de la controverse et de l’histoire, sur tel aspect plus méconnu ou plus menacé de la vérité révélée, l’Église porte dans son cœur le souci doctoral d’affirmer simultanément et continuellement tous les aspects complémentaires de cette indivisible vérité.»

      Cardinal Journet, Introduction à la Primauté de Pierre, 1953.

    • Providas Romanorum permalink
      20 novembre 2010 23:29

      Une autre citation de Charles Journet, complétant la précédente :

      « Mais comment le corps apostolique sera-t-il indéfectible, sinon grâce à une succession ininterrompue ? Qu’il y ait faille, et, qu’ensuite une autre institution, apparemment identique, reprenne la place : il pourra sembler que rien n’est modifié ; en réalité, tout sera bouleversé, et cela d’ailleurs ne tardera pas à paraître. Certes, dans une pareille hypothèse, ni Dieu, ni le Christ n’auraient été mis en question seulement, l’institution qui prétendrait remplacer le corps apostolique et qu’une rupture en séparerait, étant une institution nouvelle, ne saurait être l’institution indéfectible fondée dans le monde par Jésus ; en conséquence, elle n’hériterait d’aucun des mystérieux privilèges attachés par Jésus au vrai corps apostolique ; elle n’aurait qu’une similitude du pouvoir d’ordre, qu’une similitude du pouvoir de juridiction, et qu’une apparence de pérennité. De ce point de vue, la nécessité de la succession ininterrompue du corps apostolique, apostolicae successionis praerogativa1, se perçoit avec évidence. Sans elle en effet, le dernier anneau de la chaîne à laquelle est suspendue l’Église se briserait, l’apostolicité divine de l’Église s’effondrerait. »

      Cardinal CHARLES JOURNET, L’EGLISE DU VERBE INCARNE, 1941.

  6. gerard seel permalink
    20 novembre 2010 08:33

    « Mgr Lefebvre était très loin d’être infaillible. Il s’est trompé sur beaucoup de points majeurs. Arrêtons de se baser sur ses dires qui étaient d’ailleurs souvent contradictoire et incohérents.  »

    On ma dit qu’il était en enfer….pour un certain temps….

    • apostolatus specula permalink
      20 novembre 2010 15:46

      Mgr Lefebvre fut un saint homme. Archevêque catholique de Dakar, délégué apostolique pour l’Afrique française, il deviendra en 1962 évêque de Tulle puis Supérieur général de la Congrégation du Saint-Esprit. Grande figure de l’opposition au concile de Vatican II, il fonde en 1970 la Fraternité Saint-Pie-X dont la finalité était, et reste plus que jamais, de préserver la foi de toujours et le sacerdoce catholique.

    • Charles permalink
      25 septembre 2012 00:32

      « On vous a dit..; » cher Gérard…mais quelle sorte de catholique êtes-vous??? Vous semblez bien perméable aux ragots de toutes sortes…Pas étonnant que les traditionalistes soient bernés depuis tant de lustres par des démons tout droit sortis de l’enfer, à la sophistique encore plus démoniaque qu’eux et qui font passer une secte apostate pour l’Eglise Sainte et Apostolique…. Ce péché contre l’Esprit ne restera pas sans châtiment et ce dernier sera proportionnel à la morgue intellectuelle des dits interlocuteurs…
      A lire le fil des discussions, ces démons restent de plus en plus ancrés dans leurs pensées perverses et plus on argumente avec eux, comme le font Martin et quelques autres plus ils s’enfoncent dans leurs sophismes, ne craignant nullement ce que je considère comme un attentat véritablement criminel contre tout ce qu’il y a de plus saint et respectable dans l’Eglise.
      OUI, assurément, le mystère d’iniquité de notre temps n’est pas tant le modernisme que l’aveuglement spirituel et abyssal du traditionalisme dans son immense majorité.

  7. gerard seel permalink
    20 novembre 2010 17:56

    Il avait- comme du temps des pharisiens – l’amour des accoutrements – des fastes – mais pas l’amour de DIEU et du prochain !
    Encore moins l’amour de son église puisqu’il a introduit cette division scandaleuse !
    Ayons l’amour en nous rien d’autre !
    Et prions les uns pour les autres ….

    • klm permalink
      20 novembre 2010 22:57

      La division scandaleuse a surtout pour origine les révolutionnaires du concile Vatican II qui détruisirent la liturgie et ont introduit les idées modernistes à l’intérieur de l’Église – idées condamnées par Pie XII et saint Pie X !

  8. Vehementer permalink
    20 novembre 2010 23:16

    Cajetan est formel, ce qui invalide l’idée d’une vacance du Saint-Siège :

    “Impossible que l’Église soit laissée à la fois sans Pape et sans le pouvoir d’élire le Pape (Impossibile est Ecclesiam relinqui absque Papa et potestate electiva Papæ).”

    – Apologia de comparata auctoritate Papæ et Concilii, n° 744.

  9. hannibalgenga permalink
    21 novembre 2010 13:27

    Mgr Fellay : La Fraternité Saint-Pie X fait partie de l’Eglise militante

    « Quand on parle de la Fraternité, quand on regarde autour de nous, qu’est-ce que notre Fraternité pour les gens du monde ? C’est une bande de bagarreurs, des rebelles, des excommuniés, des schismatiques… bref, des enfants terribles de l’Eglise… ou quelque chose d’approchant. Ils sont tout le temps en train de rouspéter, de ronchonner, d’attaquer, de critiquer. C’est ainsi que l’on voit la Fraternité. Et on peut dire qu’au cours de ces 40 ans d’existence, on trouve pas mal de batailles, pas mal d’éléments de cette guerre. C’est là qu’on constate combien la Fraternité fait partie de l’Eglise militante. A une époque où précisément cet aspect combatif de l’Eglise veut être oublié. Il est frappant de constater qu’en cette époque qui est la nôtre, et surtout depuis le concile, on essaye de faire disparaître cet aspect militant. On ne veut plus en parler, on veut présenter une Eglise bien gentille, sympathique avec tout le monde, avec toutes les religions, avec tous les hommes, avec tous les pécheurs, comme s’il n’y avait qu’un seul démon qui subsistait, la Fraternité Saint-Pie X ! Avec celle-là, oui, on va se maintenir en état de guerre ! C’est assez impressionnant de voir ce contraste.

    (…)

    De notre côté, certainement que ce côté « bataille pour la messe » et « défense de la foi » est bien visible, et déjà dans notre vocabulaire, car si on fait le recensement de nos sermons très souvent on trouve ces idées de combat, de bataille, de guerre. Mais nous sommes presque les seuls à en parler. On voit bien chez nous cet aspect de l’Eglise militante. Et en même temps, nous le savons, nous ne nous battons pas que pour le plaisir de nous battre. Nous ne donnons pas l’impression – je dis bien l’impression – de désobéir pour le plaisir d’affirmer notre opinion personnelle. Nous cherchons autre chose. Nous cherchons le salut. Nous cherchons Dieu. Si nous nous lançons dans cette bataille, c’est parce que nous voulons plaire à Dieu, c’est parce que nous voulons la gloire de Dieu et par là notre salut.

    (….)

    Tout notre combat pour l’Eglise est régi par des lignes directrices, par un esprit que nous avons reçu de Mgr Lefebvre. Evidemment, il est tellement clair pour nous que c’est un homme suscité par la Divine Providence pour cette époque. »

    Intégralité du sermon :
    http://tradinews.blogspot.com/2010/11/dici-mgr-fellay-la-fraternite-saint-pie.html

    • Eloi permalink
      28 novembre 2010 17:59

      Ceci est fort juste : « L’orthodoxie d’une doctrine provient de sa conformité à l’enseignement constant de l’Église, c’est la condition sine qua non de validité tant d’un Concile que de l’enseignement des Papes. »

      De la sorte, la position de la Tradition catholique est la seule valable contrairement aux erreurs des schismatiques qui soutiennent la nature infaillible constante des conciles ou des enseignements, et qui soutiennent par l’effet une logique inacceptable qu’il n’y a plus de pape.

  10. apostolatus specula permalink
    7 décembre 2010 10:44

    Mgr Pozzo, secrétaire de la Commission pontificale Ecclesia Dei, après avoir déclaré le contraire, a cependant concédé qu’il était possible d’accomplir le devoir dominical en assistant à une messe célébrée par un prêtre de la Fraternité Saint Pie X.

    Mgr Perl, qui occupait l’office de Mgr Pozzo auparavant, disait lui :

    « Nous ne pouvons vous recommander d’assister à une telle messe […] Si votre intention est simplement de participer à une messe célébrée selon le missel de 1962 eu égard à votre dévotion, ce ne serait pas un péché. »

    Mgr Pozzo ferait bien de lire le livre magistral de Brunero Gherardini ( ancien doyen de la faculté de théologie de l’Académie Pontificale du Latran ) qui donne entièrement raison à la Fraternité St Pie X de refuser les textes du Concile Oecumènique de Vatican II…

    http://www.osservatore-vaticano.org/relations-avec-la-fspx/mgr-pozzo-veut-manifestement-rassurer-au-sujet-de-ce-qu%e2%80%99il-a-dit-sur-l%e2%80%99assistance-aux-messes-de-la-fsspx

  11. Actualité permalink
    14 décembre 2010 10:34

    Quand les évêques pensent comme les franc-maçons…

    http://semperfidelis.over-blog.fr/article-quand-les-eveques-pensent-comme-les-franc-ma-ons-62968222.html

  12. 16 décembre 2010 02:10

    Le blog Konigsberg censuré !

    Voici ce qu’on peut lire, lorsqu’on tente d’accéder au blog de notre ami Konigsberg :

    Le blog demandé n’est pas accessible.
    Le blog http://konigsberg.over-blog.com/ a été suspendu suite à un signalement d’abus.
    Vous pouvez consulter l’annuaire des blogs ou le portail OverBlog.
    Vous allez être redirigé vers le portail OverBlog dans une dizaine de secondes.

    Une nouvelle fois, la prétendue « morale idéologique » occidentale appuyée sur sa dogmatique, si elle s’est vidée de tout sens religieux au profit d’un catéchisme laïque fondé sur des principes désorientés imbibés d’une idéologie perverse, n’hésite pas à piétiner impunément sa prétendue « liberté d’expression » pour faire taire, le cas échéant, ceux qui ne vont pas dans son sens et expriment un discours différent.

    Malgré cette mésaventure passagère nous ne doutons pas de la capacité de réaction de Konigsberg, afin qu’il revienne avec une plus grande force encore et énergie dans le combat pour la défense et le triomphe de la Vérité !

    ***********************

    Pour réagir :

    Le blog Konigsberg censuré !
    http://www.intransigeants.com/2010/12/le-blog-konigsberg-censure

  13. PEB permalink
    20 décembre 2010 17:32

    Scoop dans la cathosphère: Mgr Schneider demande au Pape un nouveau Syllabus

    Un véritable ouragan a soufflé hier, 17 décembre 2010, à Rome, à deux pas de la basilique Saint-Pierre : un évêque a proposé ni plus ni moins que… la remise en marche du magistère infaillible de l’Église. […]

    Hier, 17 décembre, c’est Monseigneur Schneider, évêque auxiliaire de Karaganda, qui a créé l’événement au cours de sa communication sur le thème du culte de Dieu comme fondement théologique de la pastorale conciliaire. […] C’est alors que, dénonçant l’interprétation erronée de ce concile-là dans la période postconciliaire, l’évêque a conclu son intervention en suggérant… la rédaction d’un Syllabus condamnant infailliblement « les erreurs d’interprétation du Concile Vatican II ».

    Car selon Mgr Schneider, seul le magistère suprême de l’Église (celui du Pape ou d’un nouveau Concile œcuménique) peut corriger les abus et les erreurs nés du Concile et rectifier sa compréhension et sa réception à la lumière de la tradition catholique. Répondant à une demande de précision, [le prélat a estimé] qu’il n’était pas possible de réunir un concile avant 500 ans. Reste donc le magistère suprême du Pape. D’où son appel à un nouveau Syllabus où figureraient face à face les erreurs condamnées et leur interprétation orthodoxe.

    Comme tant et tant d’autres depuis 40 ans, c’est donc au jugement infaillible du Pape « reformulant » Vatican II qu’il en est appelé. Sauf que, depuis la « libération de la parole » opérée par Benoît XVI, ce sont désormais des personnages officiels qui interjettent l’appel.

    http://www.osservatore-vaticano.org/dicastres/mgr-schneider-demande-au-pape-un-nouveau-syllabus

    Comme quoi, il ne faut jamais désespérer de notre sainte mère. La question n’est plus la seule vox clamantis in deserto.

    • wendrock permalink
      20 décembre 2010 22:00

      Un Syllabus « condamnant infailliblement les erreurs d’interprétation du Concile Vatican II », lui-même concile non-infaillible et à visée uniquement pastorale, ça va pas être simple…

      Cela dit au regard des délires de tous ordres, notamment dans le domaine liturgique, qui ont suivi l’après concile, le mal, qui est déjà fait, en est à un stade, il faut le reconnaître, très avancé dans l’Eglise moderne ayant contribué à faire tourner bien des têtes mitrées ou non.

      Cette idée à quelque chose d’assez surprenant.

    • PEB permalink
      21 décembre 2010 08:22

      Wendrock,

      En effet.

      Le débat fait rage sur le forum catholique:
      http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=576894

    • Charles permalink
      28 septembre 2012 00:29

      Pauvre « Mgr » Schneider!!Il démontre par là qu’il n’est pas évêque de l’Eglise Catholique puisqu’il en appelle à un imposteur pour créer une caricature de Syllabus…qui ne pourra que confirmer la démoniaque « herméneutique dans la continuité »….Et un prochain concile dans…500 ans!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
      Tout ce beau monde -tradis compris- est en état de collapsus total!
      Les clameurs ironiques de l’Enfer parviennent à présent aux oreilles des âmes justes…en attendant le cataclysme final!…

  14. créole permalink
    28 décembre 2010 00:03

    OUI ! Mais ces « nouveaux papes », comme quelqu’un les nommait, nous ont jeté(e)s dans la confusion !…

    • Charles permalink
      1 octobre 2012 01:05

      Votre sens de la foi , Créole, vous montre ,par un effet de la grâce divine, que tous les arguments savants proposés dans ce blog ne valent absolument rien!
      Il est remarquable que les uns après les autres tous les intervenants dignes de ce nom et ne partageant pas les thèses de la secte traditionaliste dont on voit tous les fruits amers en cette année 2012 par une juste permission de Dieu, soient à peu près tous découragés par la mauvaise foi et la sophistique infernale de tous nos faux catholiques qui , en réalité, travaillent sans le savoir (ou en le sachant pour certains!) pour le Prince de ce monde!
      La ruse suprême de Satan consiste, avec des arguments d’Eglise, à nous faire croire que le raisonnement faux et véritablement téméraire de tous ces ritualistes traditionalistes mondains, est le seul valable dans une crise qui , paraît-il n’a pas de précédent!!! Foin de toutes ces billevesées qui ne cherchent qu’à faire perdre le sens de l’Eglise et la vraie foi!
      Ces grands prêtres du « juste et sage milieu »,ces pontifes de la doctrine luciférienne du droit divin ne cessent de se glorifier eux-mêmes dans une apothéose de sophismes démoniaques.
      Ecoutez Créole le Saint Esprit qui parle en vous et qui vous dit qu’il est absolument impossible que ce soit de vrais papes et de vrais princes de l’Eglise qui aient pu ainsi révolutionner de fond en comble l’épouse de Notre-Seigneur. Mais le blasphème permanent ne fait pas peur à ces artisans d’erreur qui ne cessent de se diviser tout en se glorifiant de plus en plus dans leurs oeuvres…Ils n’ont pas trouvé mieux que de tenter une union factice autour de leur vieille idole qui avoue elle-même et avec candeur qu’en aucune manière elle ne peut se considérer comme le chef de file des traditionalistes.(je fais allusion à leur fameux film projeté au Grand rex de Paris)
      En vérité, chère Créole, cette crise de notre Eglise constitue le châtiment de tous ceux qui se croient les meilleurs, qui se considèrent comme les garants intrépides d’une juste doctrine:je veux bien sûr nommer tous les traditionalistes qui ont ceci en commun malgré leurs divergeances et divisions: vous les reconnaitrez, non seulement à leurs mauvais fruits et à leurs blasphèmes incessants, mais aussi à leurs erreurs communes dont je citerai la plus remarquable, celle sur l’infaillibilité du pontife et du magistère ordinaire….
      Tous ces gens, clercs mitrés, séculiers ou réguliers ont renoncé au catholicisme de toujours et ont de ce fait perdu la foi -celle qui seule peut sauver – au bénéfice d’une idolâtrie -celle qui damne à coup sûr – teintée de ritualisme orgueilleux et opiniâtre.
      Ils appartiennent en fait à l’antique Synagogue car ils ont pris l’esprit de leur maître Satan!
      Ce sont des artisans des ténèbres malgré les oripeaux magnifiques dont ils se revêtent presque chaque jour. Ils crucifient Notre-Seigneur et attentent de leur main criminelle à l’essence même de la foi…et au bon sens tout court!
      Tenez ferme dans la foi!
      Pax vobis.

  15. Charles permalink
    1 octobre 2012 11:11

    Touchés….coulés!!! les démons qui sévissent sur ce blog ont carrément supprimé ma dernière intervention qui n’ a pas eu le bonheur de leur plaire!
    Comme dirait Adrien Loubier: « C’est la guerre! »..et l’enfer à visage tradi ne désarme pas!
    Qu’ils craignent le jugement de Dieu!

  16. Charles permalink
    1 octobre 2012 22:31

    E.C.D.F.P.A.V.L.D.T.J.R.D.A.
    Amen!

  17. Gerdil permalink
    2 octobre 2012 23:31

    Ce qui est bien avec vous Charles, c’est que l’on sait d’avance ce que vous allez nous dire.

    Quel que soit le sujet exposé sur La Question, les administrateurs sont des démons qui oeuvrent contre vos vérités.

    Mais peut-être pourriez-vous nous dire, vous qui vomissez toute la planète traditionaliste, combien de mariages, de baptêmes, de communions, de confessions, de retraites, de vocations sacerdotales surgissent de vos rangs clairsemés de sédévacantistes schismatiques ?

    C’est bien joli d’hurler Charles, mais la sanctification des âmes et le travail ecclésial profond, c’est du côté des tradis qu’il est actif, pas dans vos chapelles sectaires desservies par des clercs ordonnés dans la lignée Thuc, qui mêle des sources occultistes, maçonniques et modernistes !!!

  18. Gerdil permalink
    2 octobre 2012 23:35

    Pour ceux qui ignorent d’où proviennent les lignées des clercs sédévacantistes, tous rattachés à Mgr Ngô-Dinh-Thuc, excommunié en 1976 après avoir ordonné les fous de l’église palmarienne en Espagne, et qui se distingua par deux interventions « ultras progressistes » lors du concile de Vatican II !

    Voir le lien :

    https://lebloglaquestion.wordpress.com/2011/10/13/les-antipapes-sedevacantistes/

  19. 6 octobre 2012 00:51

    Franck ABED reçoit pour la deuxième fois le Père CHAZAL. Une occasion pour faire le point sur l’actualité de la FSSPX, de l’Eglise, parler de doctrine etc.

    http://ripoublik.com/2012/09/rencontre-avec-le-pere-chazal-deuxieme-rencontre-par-franck-abed/

  20. Charles permalink
    6 octobre 2012 07:34

    Pourquoi le « nationalisme » est une impasse pour l’avenir. Pourquoi nous prendrons désormais nos distances vis-à-vis des mouvements et sites « nationalistes »

    Add. 17 mai 2012. Un article du site « Ripoublik » prétend que nous reconnaitrions « enfin » nos « erreurs » pour rejoindre les analyses de Franck Abed. Rien n’est plus faux. Nous nous sommes opposés à Franck Abed, pour avoir affirmé plusieurs fois et répété dans des articles publiés sur le site « Ripoublik », qu’avant 1789 il n’y avait pas de nation française, que le terme de « nation » était une invention révolutionnaire : ce que nous avions appelé le « négationnisme de la nation française » par Franck Abed dans l’article « Philippe Ploncard d’Assac répond à Franck Abed » (lire les commentaires pour retrouver l’historique réel de ce qui nous opposa à ce personnage).

    Si nous prenons nos distances avec les sites et mouvements nationalistes, nous ne prétendons pas comme Franck Abed que la « nation » est une invention révolutionnaire. Il est évident que la nation et le terme même de nation existait bien avant 1789. On en trouve la mention dans le Pseudo-Frédégaire, prologue de la Loi salique, rédigé en 763-764 à la chancellerie royale… Et dans l’Evangile où le Christ montant au ciel demandait d’aller évangéliser toutes les nations, « les baptisant au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit » (Matthieu. 28-19).

    Quand nous parlons du « nationalisme » nous pensons aux mouvements, sites et partis politiques plaçant Dieu en-dessous de la nation. Le jour où un « nationalisme » replacera Dieu en valeur première, sur le principe johannique « Dieu premier servi », nous serons les premiers à nous dire « nationaliste ». La monarchie en ce sens était bien nationaliste. Ce qu’ont tendance à oublier les « nationalistes » d’aujourd’hui et les négationnistes de la nation française avant 1789.

    —————————————————————–

    http://christroi.over-blog.com/article-pourquoi-le-nationalisme-est-une-impasse-105195286.html

    • Gerdil permalink
      6 octobre 2012 13:25

      Comme d’habitude Charles, au lien de nous dire ce que vous pensez des lignées des clercs sédévacantistes qui desservent vos chapelles schismatiques – tous rattachés à Mgr Ngô-Dinh-Thuc excommunié en 1976 pour avoir souillé son épiscopat par des consécrations de fous concubinaires et d’occultistes maçonniques – vous préférez nous embarquer sur un sujet de dérivation…La ruse est un peu grosse !

  21. Lagomer permalink
    6 octobre 2012 13:21

    Charles

    Le débat entre Philippe Ploncard d’Assac et Franck Abed est un débat qui concerne en quoi les questions évoquées par le Père Chazal dans cet enrtretien très intéressant qui aborde de nombreux points essentiels touchant à la crise de l’Eglise et son devenir ?

    Par ailleurs que l’idée de Nation, comme le soutien notre ami Franck Abed, soit une idée moderne qui peut le nier ?

    Ce concept est une forgerie révolutionnaire tout droit sortie du cerveau des ennemis de la royauté et de Dieu.

    L’idée ancestrale d’appartenance des peuples était celle de l’adhésion à la personne du Prince et à Dieu. L’organicité traditionnelle d’identité se fondait sur un rapport direct, quasi charnel au Souverain et à la Religion, pas à une abstraction conceptuelle dont les révolutionnaires athées ont fait leur étendard démoniaque !

    • Charles permalink
      7 octobre 2012 23:02

      Je laisse Gerdil à ses malheureuses et méprisables obsessions qui désservent sans cesse la vérité que toute âme bien née et toute conscience honnête peut découvrir…
      Quant à Lagomer je le remercie pour ces remarques pertinentes sur le problème de l’idée de nation…
      En effet, le Souverain n’était-il pas l’incarnation priante et militante de la nation catholique?
      Et la religion le ciment naturel de ce patriotisme national?
      C’est pourquoi la Révolution fut d’abord et avant tout l’incarnation destructrice du Sacrilège intégral…
      Et l’abstraction conceptuelle, comme vous dites, prend tout naturellement la place du « Père » qu’il fallait sacrifier sur l’autel de la Révolution….
      L’idée de nation se trouve ainsi complètement vidée de sa substance à la fois surnaturelle et charnelle…..

  22. Organiste39 permalink
    9 octobre 2012 21:09

    Merci pour vos articles profonds; cela fait du bien de les lire et nous incite à réfléchir.

  23. Charles permalink
    11 octobre 2012 23:07

    Merci organiste! J’en profite pour communiquer aux lecteurs de bonne volonté ce petit bilan assez bien fait dans un hebdomadaire bien connu de certains:

    Jérôme Bourbon – Rivarol] Les cinquante ans de Vatican II : un demi-siècle cataclysmique
    SOURCE – Jérôme Bourbon – Rivarol – 12 octobre 2012

    ——————————————————————————–

    Cinquante ans se sont écoulés depuis ce jour d’octobre 1962 qui vit la réunion dans la basilique Saint-Pierre de Rome de 2 381 évêques venus du monde entier (pays communistes excepté) à l’appel de Jean XXIII pour la cérémonie d’ouverture du « Second Concile œcuménique », qui allait s’éterniser jusqu’au 8 décembre 1965. Si l’on devait répertorier les principaux événements du XXe siècle, Vatican II y figurerait à l’évidence tant il a occasionné dans les consciences, les mœurs et les institutions des bouleversements fondamentaux dont nous n’avons pas encore pris toute la mesure. Cette assemblée d’évêques qui, à la différence des vingt conciles œcuméniques de Nicée à Vatican I, n’a pas défini ni explicité des dogmes, n’a pas procédé par canons et anathèmes, a ouvert la voie à une nouvelle religion qui porte toujours officiellement le nom de catholique mais dont la substance et les finalités ne sont plus du tout les mêmes. Est-ce un hasard si les sectateurs de Vatican II ont parlé dès le début, tel le cardinal Benelli, d’« église conciliaire » ou comme Paul VI de « nouvelle Pentecôte » ? De même, le cardinal Suenens remarquait-il que « Vatican II, c’est 1789 dans l’Eglise », tandis que le Père Congar ajoutait éloquemment que par le concile « l’Eglise avait accompli pacifiquement sa révolution d’Octobre ». Expressions qui démontrent que Vatican II marque une rupture radicale avec près de 2000 ans de catholicisme et inaugure une nouvelle religion, celle de l’humanité.

    LE CULTE DE L’HOMME

    Le concile a introduit une nouvelle manière de se situer par rapport à Dieu. Prétendant que l’homme a changé, les Pères conciliaires en déduisent qu’il faut aussi modifier le rapport de l’homme à Dieu en passant du théocentrisme à l’anthropocentrisme. Inversion radicale des fins : la religion n’est plus au service de Dieu mais au service de l’humanité. « L’homme est la seule créature de Dieu créée pour elle-même », « L’homme est le centre et le sommet de toutes choses » ose clamer la constitution Gaudium et Spes. Et Paul VI, dans son ahurissant discours de clôture de Vatican II, ira jusqu’à dire : « La religion du Dieu qui s’est fait homme s’est rencontrée avec la religion — car c’en est une — de l’homme qui se fait Dieu. […] Nous aussi, nous plus que quiconque, nous avons le culte de l’homme ».

    Si ce dernier est la fin et le sommet de tout, il faut évidemment repenser toute la théologie catholique. L’église conciliaire se définit comme un moyen, une institution (parmi beaucoup d’autres), un signe au service de l’homme. C’est la fameuse théorie de l’Eglise-sacrement. Jean Paul II pourra ainsi dire que « l’Eglise a révélé l’homme à lui-même », ou encore que « l’homme est le chemin de l’Eglise ». Si tel est le cas, l’on comprend que la liturgie ait alors pour objectif de célébrer l’humanité, sujet du rite sacré et du sacerdoce. D’où les autels retournés vers l’assemblée des fidèles dont le prêtre n’est que l’animateur, la nouvelle messe n’étant pas hiérarchique mais démocratique. D’où le rejet du caractère propitiatoire du saint sacrifice de la messe. La « messe de Luther » (dixit Mgr Lefebvre) dont des études détaillées ont prouvé les origines non seulement protestantes mais talmudiques, se définit comme la « synaxe sacrée des fidèles », ainsi que l’affirme l’article 7 du Novus ordo missae de Paul VI. La célébration dite de l’eucharistie n’est plus le mémorial de la croix mais celui de la cène. C’est la doctrine de la messe-repas.

    LA SERVANTE DU MONDIALISME

    Selon cette nouvelle théologie, ce n’est plus l’Eglise catholique qui est le royaume de Dieu mais l’humanité tout entière. La mission de l’église conciliaire sera alors de préparer l’avènement de ce royaume temporel vers lequel convergent toutes les religions puisque le genre humain tend en effet à une unité croissante dont les signes sont « la socialisation de toutes choses, le partage des richesses, la revendication des droits de l’homme ». Le rôle de la nouvelle église se réduit à hâter ce processus d’unification. C’est ainsi que se justifient le dialogue inter-religieux, l’œcuménisme libéral, lesquels sont au service d’une paix en devenir. D’où des rassemblements syncrétistes comme Assise ou cathodiques comme les Journées mondiales de la Jeunesse (JMJ) destinés, selon les desseins de l’ONU, à préparer l’avènement d’un mondialisme politico-religieux, c’est-à-dire d’un gouvernement mondial et d’une religion elle-même mondiale confinée dans le rôle d’animatrice de la démocratie universelle. Dans ce schéma, la royauté sociale de Jésus-Christ apparaît évidemment obsolète. Aussi l’église conciliaire se rallie-t-elle d’enthousiasme à la laïcité de l’Etat et au besoin l’impose par la force comme en Espagne (1967) et en Colombie (1973) qui, à la demande expresse de Paul VI, abandonnent leurs constitutions catholiques.

    Cette unité spirituelle du genre humain se décline en différents degrés de communion, en multiples cercles concentriques ; les consciences sont plus ou moins éclairées par la foi mais personne ne saurait être exclu, car « d’une certaine manière, le Christ s’est uni à tout homme » (Gaudium et Spes). Plus besoin alors d’être baptisé et de croire pour être sauvé. La question du salut et de la damnation a perdu toute urgence et même tout sens. Et en effet la pastorale conciliaire fait l’économie du péché originel et de la déchéance de la nature humaine. Le salut n’est jamais qu’une prise de conscience personnelle, l’homme affirmant son extraordinaire dignité.

    C’est dire que Vatican II est en rupture totale non seulement avec la Tradition catholique mais plus généralement avec la religion catholique puisque ce concile consiste à exalter la personne humaine et à assurer l’unité du genre humain.

    LA GENÈSE DU CONCILE

    Quel est le déroulement des événements qui a conduit à une telle révolution copernicienne ? En fait, tout débute, dix-neuf jours après la mort de Pie XII, avec l’élection à soixante-dix-sept ans, au onzième tour de scrutin, le 28 octobre 1958, du patriarche de Venise Angelo Giuseppe Roncalli. Ce dernier qui, de façon très révélatrice, prend le nom d’un antipape du Moyen Age impliqué dans le grand schisme d’Occident, Jean XXIII, entend rompre spectaculairement avec les grandes orientations définies par Pie XII. Roncalli met en œuvre une stratégie qui aboutira à ce qu’il appellera « l’aggiornamento » c’est-à-dire à la révolution dans l’Eglise.

    A peine élu, celui qui sera appelé par les media « le bon pape Jean » reçoit significativement les plus vifs encouragements des principaux ennemis de l’Eglise catholique. Yves Marsaudon dans son livre L’œcuménisme vu par un franc-maçon de tradition écrit ainsi : « Nous eûmes tout d’abord la très grande joie de recevoir dans les 48 heures un accusé de réception à nos respectueuses félicitations. Pour nous c’était une grande émotion, mais pour beaucoup de nos amis ce fut un signe ». De même, Jean XXIII reçoit les félicitations du grand rabbin d’Israël Isaac Herzog, de l’archevêque anglican Geoffroy Fischer, de Paul Robinson, président des Eglises fédérées et enfin du chef de l’Eglise orthodoxe russe, le patriarche Alexis.

    Dès le 25 janvier 1959, soit moins de trois mois après son élection, Roncalli annonce publiquement de la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs la convocation du « Second concile œcuménique du Vatican ». Pie XII avait lui aussi songé à réunir une telle assemblée, mais, devant les dangers de l’entreprise, il s’était rapidement ravisé : « J’entends autour de moi des novateurs, disait-il, qui veulent démanteler la Chapelle sacrée, détruire la flamme universelle de l’Eglise, rejeter ses ornements, lui donner le remords de son passé historique… Un jour viendra où le monde civilisé reniera son Dieu, où l’Eglise doutera comme Pierre a douté. Elle sera tentée de croire que l’homme est devenue Dieu, que son Fils n’est qu’un symbole, une philosophie comme tant d’autres, et dans les églises, les chrétiens chercheront en vain la lampe rouge où Dieu les attend, comme la pécheresse criant devant le tombeau vide : où l’ont-ils mis ? » (Mgr Roche : Pie XII devant l’Histoire).

    Pie XII et Jean XXIII étaient tous les deux au courant de cette situation pré-révolutionnaire dans l’Eglise, mais alors que le premier ne voulait pas céder aux sirènes des nouveautés, le second au contraire brûlait de tout transformer. Appeler à la convocation d’un concile le 25 janvier 1959 n’était à cet égard pas un acte innocent, puisque cette date marquait la clôture de la semaine de prières pour l’unité des chrétiens. Le concile à venir ne serait donc pas œcuménique (c’est-à-dire universel, comme le furent les vingt conciles de Nicée à Vatican I), mais œcuméniste. Au reste, dès l’année suivante, le 5 juin 1960, Jean XXIII crée un Secrétariat pour l’unité des chrétiens dont il confie la direction au cardinal Bea, lequel est directement à l’origine du décret sur l’œcuménisme de Vatican II qui rompt radicalement avec le magistère antérieur.

    Dans son discours d’ouverture, Jean XXIII tient un discours qui fit sensation et dans lequel il disait sa “foi” en l’avenir et dans le progrès. A cinquante ans de distance, cet optimisme tapageur apparaît totalement déplacé. Qu’on en juge : « Dans la situation actuelle de la Société, certains ne voient que ruines et calomnies ; ils ont coutume de dire que notre époque a profondément empiré, par rapport aux siècles passés… Il nous semble nécessaire de dire notre complet désaccord avec ces prophètes de malheur qui annoncent toujours des catastrophes, comme si le monde était près de sa fin… Il faut que l’Eglise se tourne vers les temps présents qui entraînent de nouvelles voies à l’apostolat catholique ».

    UNE RUPTURE RADICALE

    Dès lors, le décor était en place, pour la plus grande révolution que l’Eglise ait subie depuis sa naissance. Parmi les 2 381 évêques présents, seuls quelque trois à quatre cents Pères conciliaires (dont Mgr Lefebvre et Mgr de Castro Mayer) tentèrent de résister aux assauts des modernistes en se regroupant au sein du Cœtus internationalis patrum, mais ce combat ne fut hélas pas couronné de succès, tant la minorité activiste était habile dans la manipulation des masses, experte dans les formules volontairement équivoques, d’autant, et c’est là l’essentiel, qu’elle pouvait s’appuyer sur un allié indispensable en la personne de Jean XXIII puis à partir de 1963 de son successeur Paul VI.

    Il faudrait des études détaillées — et ces dernières décennies n’en ont pas manqué — pour analyser, disséquer, commenter les quelque deux milles pages de documents signés par les Pères conciliaires et “promulgués” par Paul VI le 7 décembre 1965 et pour expliquer l’absence d’autorité et de légitimité de Vatican II et des hommes en blanc qui s’en réclament. On peut à bon droit considérer que Vatican II était en fait un conciliabule, et non un vrai concile, tant ces décrets ont rompu avec le magistère traditionnel. Il est clair que Vatican II a voulu faire passer l’Eglise du théocentrisme à l’anthropocentrisme. Rien à cet égard n’est plus parlant que le discours de clôture de Paul VI : « L’Eglise du concile s’est aussi beaucoup occupé de l’homme, de l’homme tel qu’en réalité il se présente à notre époque, l’homme vivant, l’homme tout entier occupé de soi, l’homme qui se fait non seulement le centre de tout ce qui l’intéresse, mais qui ose se prétendre le principe et la raison dernière de toute réalité. L’humanisme laïc et profane, enfin, est apparu dans sa terrible stature et a, en un certain sens, défié le concile. La religion du Dieu qui s’est fait homme s’est rencontrée avec la religion — car c’en est une — de l’homme qui se fait Dieu. Qu’est-il arrivé ? Un choc, une lutte, un anathème ? Cela pouvait arriver, mais cela n’a pas eu lieu. La vieille histoire du Samaritain a été le modèle de la spiritualité du concile. Une sympathie sans bornes l’a envahi tout entier. La découverte des besoins humains (et ils sont d’autant plus grands que le fils de la terre s’est fait plus grand) a absorbé l’attention du concile. Reconnaissez-lui au moins ce mérite, vous, humanistes modernes qui renoncez à la transcendance des choses suprêmes, et sachez reconnaître notre nouvel humanisme. Nous aussi, nous plus que quiconque, nous avons le culte de l’homme.

    “1789 DANS L’ÉGLISE”

    On ne saurait mieux dire que les hiérarques de l’Eglise ont renoncé à être un signe de contradiction, en s’ouvrant totalement au monde c’est-à-dire à l’erreur, au mensonge et à l’apostasie, tournant le dos aux injonctions de l’Apôtre Saint Jacques qui dans son Epître s’écrie fortement : « Adultères, ne savez-vous pas que l’amitié du monde, c’est l’inimitié contre Dieu ? Quiconque veut être ami du monde se rend ennemi de Dieu. » Par là même, l’Eglise catholique s’éclipsait, était mise au tombeau, cédant la place à l’église conciliaire et à sa « révolution d’Octobre ».

    De fait Vatican II a réussi à mettre en application la devise de la révolution : la “liberté” s’est introduite par la liberté religieuse ou liberté des religions qui met sur le même plan l’erreur et la vérité, promeut la laïcité de l’Etat et nie le règne social de Jésus-Christ ; l’“égalité” s’insinue par la collégialité et le vénéneux principe de l’égalitarisme démocratique (dans ce schéma l’évêque n’est plus le maître dans son diocèse avec les conférences épiscopales, le curé dans sa paroisse avec les conseils paroissiaux, etc.) ; enfin la “fraternité” s’accomplit sous la forme de l’œcuménisme libéral qui embrasse toutes les erreurs et les hérésies et tend la main à tous les ennemis de l’Eglise catholique, à commencer par les juifs considérés comme « frères aînés ». L’église conciliaire va même jusqu’à enseigner que l’Ancienne Alliance est toujours valable et qu’elle n’a pas été abrogée par la Nouvelle Alliance, ce qui est une façon de dire, si l’on est logique, que la venue du Christ sur terre, sa Passion, sa mort et sa Résurrection étaient finalement inutiles.

    L’académicien Jean Guitton, confident et ami de Paul VI, aimait à répéter que Vatican II marquait la disparition (au moins apparente) de l’Eglise catholique et sa substitution par l’église œcuménique romaine. De fait, la nouvelle église conciliaire ne possède aucune des quatre notes qui permettent de reconnaître à coup sûr l’Eglise catholique : elle n’est ni une puisqu’elle est démocratique et pluraliste (à chaque prêtre son hérésie), ni sainte puisqu’elle a profondément altéré les sacrements en créant de nouveaux rites douteux voire invalides pour la plupart (sujet essentiel dont on ne se préoccupe pas assez), s’acharnant ainsi à obstruer les canaux de la grâce sanctifiante, ni catholique puisqu’elle est œcuméniste et qu’elle rompt radicalement avec le magistère antérieur, ni apostolique puisqu’elle n’a pas la foi des Apôtres.

     Dans cette gigantesque entreprise de destruction rien n’est laissé intact : ni la liturgie désacralisée, ni le catéchisme traditionnel interdit et remplacé par une vague catéchèse droit-de-l’hommiste et œcuméniste, ni les constitutions religieuses, ni l’habit ecclésiastique, ni les Etats, syndicats, écoles et partis chrétiens tous appelés à faire leur mue. A Eglise nouvelle correspondent sacerdoce nouveau, ecclésiologie nouvelle, messe nouvelle, catéchisme nouveau (1968 avec Pierres Vivantes et 1992 avec le “Catéchisme de l’Eglise catholique”), sacrements nouveaux, communautés nouvelles, nouveau chemin de Croix (1991), nouveau Rosaire (2002), nouveau code de droit canon (1983), nouveau rite d’ordination (1968), nouveau baptême (1969), nouvelle confirmation (1971), nouvelle extrême-onction (1972), nouvelle confession (1973), nouveau bréviaire (1970), nouveau calendrier liturgique (1969), nouvelles huiles saintes (1970), nouveau Notre Père (1966), nouveau Credo (où l’on a remplacé l’expression « consubstantiel au Père » par « de même nature que le Père »). Tout a été dit sur les origines talmudiques de la synaxe voulue par Paul VI, sur l’abandon du caractère propitiatoire du saint sacrifice de la messe, sur l’hétérodoxie du nouveau code de droit canon du 25 janvier 1983 qui lève l’excommunication des francs-maçons. Il n’est pas jusqu’à la morale qui ne soit elle-même corrompue par l’inversion des fins du mariage, par l’abandon du principe traditionnel de l’autorité de l’homme sur la femme, par les discours ahurissants tenus par nombre de clercs sans que ceux-ci ne soient jamais sanctionnés.

    Dans une volonté satanique de destruction, on s’en est même pris aux congrégations religieuses dont les constitutions ont toutes été profondément modifées, y compris celle des Chartreux qui n’avait pourtant jamais été remaniée depuis son fondateur saint Bruno. Et les églises elles-mêmes sont transformées : au maître-autel tourné vers Dieu se substitue une simple table orientée vers l’assemblée ; le prêtre (ou ce qui en tient lieu) étant réduit au rôle d’animateur et de président d’une cérémonie sécularisée. Les confessionnaux sont délaissés et font souvent l’office de placards à balais. La chaire est supprimée ou délaissée, manière symbolique de renoncer au pouvoir d’enseignement de l’Eglise, car dans la religion conciliaire nous ne sommes plus dans le schéma de l’Eglise maîtresse de vérité enseignant au monde la voie, la vérité et la vie mais dans celui d’une église enseignée par le monde, apprenant à son contact, réagissant à l’unisson. Il s’agit de mettre en place les conditions d’un mondialisme politico-religieux ; dans le nouvel ordre mondial les religions mises sur un pied d’égalité ne sont en effet que de simples animatrices et de zélés propagandistes de la démocratie universelle et de ses idoles : la déclaration des droits de l’homme, le philosémitisme, la tolérance érigée en absolu, le laïcisme, la liberté de conscience et de culte, l’antiracisme unilatéral et obligatoire, la lutte acharnée contre toutes les discriminations, mêmes naturelles et légitimes.

    DE NOUVELLES ORIENTATIONS POLITIQUES

    D’où les orientations politiques d’une nouvelle église, compagnon de route du communisme, du socialisme, de la franc-maçonnerie, des organisations juives et antiracistes, bref des ennemis traditionnels et séculaires de l’Eglise catholique. Dès lors, il n’est rien d’étonnant à ce que l’épiscopat français ait toujours pris violemment position contre la droite nationale, préférant soutenir les forces responsables de l’avortement légalisé et remboursé, du délitement de la famille, de l’instauration du Pacs, de la généralisation de la pornographie et de la luxure. Rien de surprenant non plus si cette nouvelle église, après avoir favorisé la décolonisation et montré beaucoup plus de mansuétude pour les assassins et les porteurs de valise du FLN que pour les rapatriés et les partisans de l’Algérie française, soit un des bruyants soutiens de l’immigration massive, essentiellement mahométane, qui ne cesse de se déverser sur notre pays et notre continent. Après avoir trahi Dieu et son Evangile, ces hiérarques ont logiquement trahi leur patrie.

    Vatican II, qui est resté muet sur le communisme au moment où il faisait encore des millions de morts, a mis en œuvre l’ouverture au monde qui est en fait une ouverture unilatérale à la gauche. D’où la théologie de la libération en Amérique du Sud. D’où la sympathie incessante manifestée envers le marxisme, le gauchisme (qu’on se souvienne de la déclaration des évêques de France approuvant chaleureusement mai 1968), le féminisme (l’épiscopat moderniste s’est réjoui en 2000 de l’adoption de la parité), l’invasion étrangère. Car la religion de Vatican II consiste à embrasser, et si possible à devancer, toutes les modes, à s’adapter au monde moderne et à s’agenouiller, émerveillée, devant l’Humanité déifiée. Faible avec les forts, les délinquants, les immigrés “sans-papiers”, elle est impitoyable envers les faibles, les persécutés, les délaissés. Pas un seul prélat n’a dénoncé le traitement infligé naguère au nonagénaire Maurice Papon ou aux révisionnistes criblés d’amendes et mis en prison. Pas un seul mitré ne s’est démarqué des campagnes de haine contre le président du Front national, pas même lors des manifestations de l’entre-deux-tours de la présidentielle de 2002 où étaient scandés entre autres charmants slogans « pour Le Pen une balle, pour le FN une rafale », « Crève charogne », « Le Pen facho, salaud, le peuple aura ta peau ». Au contraire, la nouvelle église se veut en pointe dans le combat antiraciste, antifasciste et antirévisionniste. Car s’il est tout à fait permis dans l’église conciliaire de contester des vérités de foi ou des préceptes moraux, en revanche on ne badine pas avec le dogme holocaustique, comme en témoigne l’affaire Williamson. Mieux vaut pour un séminariste nier la virginité perpétuelle de Marie que d’exprimer un doute sur la Shoah. Servante de l’Humanité, la contre-église de Vatican II est en effet l’un des gardiens vigilants de la contre-religion de l’Holocauste. L’église qui n’est plus catholique est devenue démocrato-holocaustique, la nature ayant horreur du vide. Or, la Shoah ou la Croix, il faut choisir !

    LES CAUSES DE CE BOULEVERSEMENT

    Reste évidemment à se demander comment un tel bouleversement a été possible et pourquoi il a suscité si peu de résistances. Il n’y a pas de réponse simple à ces questions. On peut à bon droit incriminer le rôle de la puissance juive et de son bras armé la franc-maçonnerie. Qu’on songe par exemple à la lettre écrite par un haut-dignitaire de la Haute-Vente des Carbonari en 1844 et qui tomba providentiellement entre les mains de Léon XII : « Nous devons arriver au triomphe de la révolution par un pape. Or donc pour nous assurer un pape dans les proportions exigées, il s’agit d’abord de lui former une génération digne du règne dont nous rêvons. Laissons de côté la vieillesse et l’âge mûr ; allez à la jeunesse et, si possible, jusqu’à l’enfance… C’est à la jeunesse qu’il faut aller, c’est elle que nous devons entraîner sans qu’elle s’en doute, sous le drapeau des sociétés secrètes. Une fois votre réputation établie dans les collèges, les gymnases, dans les universités et dans les séminaires, une fois que vous aurez capté la confiance des professeurs et des étudiants, faites que ceux qui principalement s’engagent dans la milice cléricale aiment à rechercher vos entretiens… Cette réputation donnera accès à nos doctrines au sein du jeune clergé, comme au fond des couvents. Dans quelques années, ce jeune clergé aura, par la force des choses, envahi toutes les fonctions : il gouvernera, il administrera, il jugera, il formera le conseil du souverain, il sera appelé à choisir le Pontife qui doit régner et ce Pontife, comme la plupart de ses contemporains, sera plus ou moins imbu des principes humanitaires que nous allons commencer à mettre en circulation… Que le clergé marche sous votre étendard en croyant toujours marcher sous la bannière des clefs apostoliques. Tendez vos filets comme Simon Barjona ; tendez-les au fond des sacristies, des séminaires et des couvents plutôt qu’au fond des mers et, si vous ne précipitez rien, nous vous promettons une pêche plus miraculeuse que la sienne. […] Infiltrez le venin dans les cœurs choisis à petites doses et comme par hasard ; puis à la réflexion, vous serez étonnés vous-mêmes de votre succès. […] Vous aurez prêché une révolution en tiare et en chape, marchant avec la croix et la bannière, une révolution qui n’aura besoin que d’être un tout petit peu aiguillonnée pour mettre le feu aux quatre coins du monde. […] Ce que nous devons demander avant tout, ce que nous devons chercher et attendre, comme les juifs attendent le Messie, c’est un pape selon nos besoins. Glissez dans les esprits les germes de nos dogmes, que prêtres et laïcs se persuadent que le christianisme est une doctrine essentiellement démocratique ».

    Mais l’explication par les puissances occultes, pour pertinente qu’elle soit, n’épuise pas le sujet. On ne peut passer sous silence l’état du monde au moment où les Pères conciliaires se réunissent en 1962. La victoire en 1945 des démocraties alliées à l’Union soviétique a incontestablement créé un environnement très défavorable à l’épanouissement de l’Eglise et des valeurs chrétiennes. L’hédonisme généralisé, l’individualisme exacerbé, l’égalitarisme forcené, le matérialisme radical de la démocratie libérale et du communisme athée ne pouvaient à terme qu’influer négativement sur les hommes d’Eglise comme sur l’ensemble des catholiques. Plus généralement, le fait que les institutions n’étaient plus chrétiennes depuis assez longtemps dans la quasi-totalité des pays du globe, et singulièrement dans la plupart des pays d’Europe, n’était pas non plus de nature à accroître l’influence de l’Eglise. Vatican II s’inscrit dans un monde déjà fortement déchristianisé et meurtri par deux sanglantes guerres mondiales. En un siècle et demi, la Révolution française a eu le temps d’instiller le poison de ses idées pernicieuses à l’Europe entière, sinon à toute la terre, venin prolongé par la victoire du protestantisme anglo-saxon et du communisme athée en 1945. Enfin, la domination chaque jour plus insolente de la techno-science a créé un environnement très défavorable au rayonnement de l’Eglise. Sans doute conviendrait-il de remonter à la Renaissance et à son humanisme pour expliquer la genèse des idées qui ont triomphé au concile. Si l’Eglise a résisté aux assauts du protestantisme au XVIe, du jansénisme au XVIIe, du naturalisme philosophique au XVIIIe, du libéralisme au XIXe et du modernisme dans la première moitié du XXe siècle, c’est cette dernière hérésie, stigmatisée par saint Pie X dans sa magistrale encyclique Pascendi (1907), qui finit par séduire la quasi-totalité de la hiérarchie catholique.

    LES FRUITS VÉNÉNEUX DE L’“AGGIORNAMENTO”

    Les fruits de cette subversion religieuse et politique, doctrinale et pastorale ne se sont pas fait attendre : effondrement des vocations religieuses et sacerdotales, affaissement de la pratique religieuse, montée vertigineuse de l’indifférentisme religieux, du relativisme moral, du scepticisme philosophique. Depuis 1960 environ, les nouvelles générations sont élevées dans une totale ignorance de la religion ; la transmission ne se fait plus. Le dépôt de la foi n’a pas été gardé par ceux qui avaient le devoir sacré de le conserver. Dès lors, rien de surprenant si depuis un demi-siècle que l’Eglise catholique est au tombeau, occupée, occultée et éclipsée par le modernisme triomphant et que nous vivons donc des temps antéchristiques, la société s’est complètement décomposée, liquéfiée. En cinquante ans, le monde a plus changé qu’en deux millénaires. Nous avons quitté la civilisation édifiée par des siècles d’efforts, de sacrifices, de dévouement pour une barbarie infiniment pire que celle de jadis. Notre monde a rejeté avec obstination la vérité connue. Or, comme le prophétisait le cardinal Pie, « lorsque le Bon Dieu ne règne pas par sa présence, il règne par toutes les calamités liées à son absence ».

    Naguère même ceux qui n’étaient pas chrétiens, même ceux qui faisaient profession de rejeter bruyamment le Christ et sa loi, étaient comme malgré eux imprégnés des valeurs chrétiennes. Ils savaient ce que voulaient dire la parole donnée, l’honneur, la fidélité, le courage, la politesse, l’héroïsme, la vertu. Aujourd’hui tous les mots sont pipés. Chez un enfant de sept ans le mot “amour” est déjà irrémédiablement souillé. L’homme moderne n’est plus relié à rien, sinon à son téléphone portable et à Internet. Toute référence transcendantale lui est étrangère. En voulant supprimer Dieu, on a par là-même supprimé la morale. D’où un déferlement de haine, de violence et de nihilisme. D’où des familles divisées, éclatées, décomposées, recomposées. D’où des enfants abandonnés à eux-mêmes. D’où la déferlante de la drogue et de la pornographie. D’où le triomphe satanique de toutes les inversions : mariage homosexuel, théorie du gender, vomitives Gay Pride réunissant chaque année un plus grand nombre de participants, etc. D’où le recours massif à des antidépresseurs et à des anxiolytiques, à des psychiatres et à des mages. D’où la contagion des suicides. D’où le règne du néant, le triomphe insolent du mensonge et de Mammon. Nous vivons en ce moment trois épisodes de l’Ancien Testament : la tour de Babel, le veau d’or et Sodome et Gomorrhe. Comment croire que si l’Eglise catholique n’avait pas été trahie par ceux-là mêmes qui avaient charge ici-bas de présider à sa pérennité nous en serions là ?

    DES TEMPS APOCALYPTIQUES ET ANTÉCHRISTIQUES

    Enfin, l’on peut se demander si Vatican II ne marque pas le point final d’un incessant recul de l’Eglise catholique depuis plusieurs siècles. Au XIe siècle, l’Orient quittait la communion de l’Eglise romaine avec le schisme orthodoxe ; au XVIe l’hérésie protestante emportait la moitié de l’Europe ; le jansénisme pervertissait le XVIIe ; le naturalisme de la philosophie des Lumières bouleversait au XVIIIe les fondements mêmes de la société, le libéralisme politique et philosophique combattu par le Syllabus et tous les papes, de Pie VI à Pie XII, marquait de sa détestable empreinte le XIXe et fort logiquement le modernisme fut et demeure l’hérésie du XXe et du début de ce XXIe siècle. Pourtant, malgré les coups qui lui étaient infligés, malgré ses reculs et ses défaites, l’Eglise ne baissait pas les bras. Ce qu’elle perdait en Europe, elle le gagnait grâce à l’évangélisation du nouveau monde puis grâce aux missions en Asie et en Afrique. De nouvelles congrégations religieuses, d’autres instituts enseignants voyaient le jour.

    La nouveauté depuis 1960, c’est qu’il ne s’agit plus d’une crise de croissance mais bel et bien d’une crise de conscience. Si Vatican II a été possible, et s’il y eut hélas si peu de réactions, c’est sans doute finalement parce que les croyances étaient devenues superficielles, sinon factices, purement extérieures. Beaucoup brûlaient de se défaire d’une morale jugée ringarde, de dogmes contraires à l’esprit progressiste et rationaliste, d’une obéissance au Christ et à sa loi vécue comme excessivement coercitive.

    Vient alors une ultime question : comment sortir de cette crise ? Il semble vain d’espérer un retour des modernistes à la foi catholique qui ont commis la faute irrémissible de combattre la vérité connue, péché contre le Saint-Esprit, et qui refusent de voir les désastres que leurs hérésies et leur apostasie ne cessent d’engendrer. De plus, les modernistes ont réussi à neutraliser quasiment toutes les résistances, les groupes dits traditionalistes se ralliant les uns après les autres à la Rome apostate ou brûlant de trouver un accord avec ceux-là mêmes qui détruisent la foi. Avant eux, la quasi-totalité des évêques conservateurs regroupés dans le Cœtus internationalis patrum avaient fini par accepter Vatican II et les réformes qui en sont issues, en signant d’abord les décrets du conciliabule en 1965 et en appliquant la révolution conciliaire dans leur diocèse respectif.

    La crise effroyable que nous vivons a une évidente dimension eschatologique, il faut être aveugle ou de mauvaise foi pour l’ignorer. Si Saint Paul a prédit à Timothée que « les jours viendraient où les hommes ne supporteraient plus la sainte doctrine », si le cardinal Pie a prophétisé que « l’Eglise serait réduite à des dimensions individuelles et domestiques », si la Sainte Vierge a dit à Mélanie à La Salette que « Rome perdra la foi et deviendra le siège de l’Antéchrist », s’il est dit dans la version intégrale de l’Exorcisme de Léon XIII « Là où fut institué le siège du bienheureux Pierre, et la chaire de la Vérité, là ils ont posé le trône de leur abomination dans l’impiété, en sorte que le pasteur étant frappé, le troupeau puisse être dispersé », si avec la synaxe de Paul VI nous voyons « l’abomination de la désolation dans le lieu saint » (Matthieu XXIV, 15), il est non moins vrai que le Christ, chef de l’Eglise, a promis à l’institution qu’il a fondée l’indéfectibilité et c’est fort de cette promesse divine que malgré les ténèbres actuelles, les ruines qui partout s’accumulent, les chrétiens fidèles gardent au cœur une invincible espérance surnaturelle. Sûrs que le retour du Christ qui détruira l’Antéchrist « par le souffle de sa bouche » (2 Thessaloniciens II, 8) lors de la Parousie rendra à chacun ce qui lui est dû et mettra un terme définitif aux temps apocalyptiques que nous vivons.

    Jérôme BOURBON.

  24. chuichemoi permalink
    15 octobre 2012 00:11

    texte
    Mandos

    Il y a infiniment plus de raisons de croire en Dieu que l’inverse.
    Il s’est manifesté fortement, les écritures sont là pour en témoigner.
    N’oubliez pas que l’ennemi des hommes est Menteur avant tout et homicide. Son but perdre les âmes qui doivent prendre la plce des anges déchus comme lui.
    L’incroyance est un danger pour le salut des hommes.
    Si vous ne vous basez que sur votre entendement, vous vous mettrez à la place de Dieu, Lui Infini, vous et nous créatures finies en tout, alors la logique veut que nous soyons un peu humbles, sachant que Dieu résiste aux orgueilleux ( tare que nous avons tous plus ou moins).
    Je vous recommande , pour vous aider, deux ouvrages très éclairants ( sans compter les témoignages de Convertis) , à savoir :
    -Les vrais rationalistes sont les chrétiens ( par M. CH Ceruti-Cendrier)
    – Lettre aux savants qui se prennent pour Dieu ( par J. Vauthier)
    Vous remarquerez que systématiquement, les – Savants – font tout pour nier Dieu, en se contredisant entre eux, une théorie hypothétique ( quasiment toujours) chassant une autre, et ainsi de suite.
    Pourquoi ce rejet forcené de Dieu, si ce n’est que le Prince de ce monde, qui a vaincu Adam, cherche qui dévorer, le Mensonge est son commerce.
    Citation de Jean Rostand ( biologiste célèbre ) agnostique , mort chrétien, because : ‘Les plis de mon intelligence, m’empêchent de voir Dieu’. ( il reconnait son propre aveuglement)
    Que ce soit en sciences, en mathématiques, en cosmologie ou autres, Dieu est mis à la Porte, et tout confond pourtant les savantes mais prétentieuses hypothèses de ces ‘-Savants’ surtout grands par leur vain orgueil ou leur prix Nobel, et gonflés de leur moi.
    Ces deux ouvrages (parmi d’autres) montrent le ridicule de ces pseudo supermans , et le bon populo gobent cela comme des crapauds gobent des mouches.( sans le moindre esprit critique, hélas)
    Rostand répondit un jour à une personne qui lui demandait de lui expliquer l’Homme, la réponse fut simple : ‘-Toute ma vie j’ai étudié le ncrapaud, je suis incapable de vous l’expliquer ‘
    En science astronomique c’est encore plus comique et cocasse, les élucubrations pleines de sérieux et de grands mots qui en fichent plei la vue, mais pire, pleins les têtes, tournent à qui mieux mieux dans les pires folies, bien des idées reçues circulent , misérables hypothèses très souvent, qui empoisonnent le monde et le rend impie mais aussi désespéré, comme Machin ( vous savez ) qui disait en gros que l’univers l’effrayait, lui qui se disait croyant :L’immensité des espaces m’effraient ‘, pour un crétin croyant on ne peut guère trouver pire, le bonhomme fut pourtant un vrai savant dans d’autres domaines (Blaise Pascal)

  25. chuichemoi permalink
    15 octobre 2012 00:12

    texte (chuichemoi) ne passant pas sur les intransigeants (petits problèmes)

  26. chuichemoi permalink
    15 octobre 2012 00:14

    Modérateur, je retirerai ce texte pour le remettre en place chez les intransigeants quand tout redeviendra normal. Merci de m’héberger en attendant.

  27. 20 octobre 2012 21:40

    Conservez le numéro de chacune de vos réponses et cumulez-le à celui des suivantes. Vous pourrez juger du genre de tradi que vous êtes :

    http://www.itinerarium.fr/petit-jeu-quel-genre-de-tradi-etes-vous/

  28. Charles permalink
    21 octobre 2012 22:25

    Je suis allé voir ce fameux test « quel genre de tradi êtes-vous? » et je confesse que je me suis mis à rire en lisant les diverses propositions de choix….Passé le côté « rigolo » de la chose, je me suis alors interrogé et ai abouti à me faire à moi-même ces réflexions:
    c’est très malin de leur part car à coup sûr le « tradi moyen » s’y laissera prendre avec délectation……Faire un test c’est moderne…c’est intellectuel et en même temps un peu ludique….Bref, ça excite les méninges en même temps que la curiosité!….Et cependant impossible ou presque d’y trouver une vérité qui s’impose d’elle-même….a priori toutes les propositions se valent…..il n’y a qu’à mettre en oeuvre son propre LIBRE-EXAMEN et suivre les élans de son affectivité et les soubresauts de sa mémoire sociologique….
    Et à bien y réfléchir je me suis dit plusieurs choses:
    1/ le « tradi ordinaire » ou « lambda » si vous préférez pourra se reconnaître selon son humeur du moment dans tel ou tel profil plus ou moins « dur », plus ou moins « coincé » ou « psycho-rigide » selon le vocabulaire à la mode….
    2/ Même le crypto-sédévantiste pourra y trouver son compte s’il n’est ni trop attentif ni trop exigeant sur cette dialectique infernale des possibilités de choix….
    3/ Seuls les vrais catholiques véritablement intransigeants, présentés de manière quasisubliminale par l’orientation générale des propositions, éviteront ce piège grossier d’un test qui n’est fait que pour les « évacuer »!!!
    Et comme il fallait s’y attendre ce test ne m’a rien appris sur moi-même et sur la valeur et l’authenticité de ma foi….En fait il n’a fait que m’apprendre que l’ennemi est rusé et prend différents masques pour tromper les âmes en quête de vérité et d’absolu….
    Qui en est l’inventeur? Quel tradi assez tordu et inspiré par le monde d’En-Bas aura eu cette idée mirifique de tester les tradis!!!? Peu le savent à l’heure où j’écris….mais certians le savent et le fait qu’on le retrouve – ce test – sur un tel blog vous donne un INDICE formidable!
    Et si le vrai but de ce test c’était plutôt celui-là? Celui d’envoyer un message subliminal à tous les tradis de France et de Navarre en leur montrant à travers la diversité des choix les limites à ne pas franchir? Assurément ce test là serait bien plus précieux pour tous ceux qui travaillent sans le avoir ou en le sachant pour les forces de sténèbres….
    Le diable est très malin….mais « qui est comme Dieu »?
    Lové dans le « sein des saints » de la tradition il compte ses victoires car il sait qu’il a d’avance perdu la guerre…..
    Pax vobis quand même………

  29. Charles permalink
    10 novembre 2012 21:08

    Quand écouterez-vous, ô esprits superbes, ce que nous dit le Ciel? :

    Lucie parle : le 26 décembre 1957 au Père Fuentes qui instruisit le procès en cannonisation:de Jacinta et françois,

    et publié avec l’accord des autorités écclesiastiques dans  » Fatima Findings » de juin 1959 et dans  » IL cuore de Maria »

    d’aout septembre 1961.

    « En tout cas mon Père, on doit dire aux hommes de ne pas rester à attendre

    ni du Pape, ni des Evêques, ni de leurs curés ou leurs supérieurs un appel à la pénitence et à la prière.
    Il est grand temps, que chacun de sa propre initiative, pratique les Bonnes et Saintes Oeuvres,

    et transforme sa vie selon les désirs de la Sainte Vierge.

    Convertissez vous, cela veut dire:

    Mettez Dieu au coeur de vos pensées et agissements, faites pénitence,

    reconnaissez votre co-culpabilité, détournez vous des voies de la perdition,

    purifiez vous dans le Sang de l’Agneau, et accomplissez, hauts les coeurs,

    humbles et joyeux, la tâche que Dieu vous a confiée ici et à l’heure présente…. »

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