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La Passion et la « mort mystique » de l’Église

29 mars 2015

Passion mystique

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« JÉSUS-CHRIST et l’Église forment un tout indivisible;

le sort de l’un, c’est le sort de l’autre; 

et de même que là où est la tête, là également doit se trouver le corps,

de même les mystères qui se sont accomplis en JÉSUS-CHRIST

 durant sa vie terrestre et mortelle

doivent se parachever en son Église durant sa vie militante d’ici-bas

(Mgr de Ségur, De la Passion, de la résurrection

 et du triomphe final de JÉSUS-CHRIST en son Église, Œuvres, t. Xe, 1897,p. 168).


Le second concile du Vatican, qui débuta le 11 octobre 1962, a engagé un complet processus de modification et transformation radicale de la religion catholique, prenant le contre-pied systématique, parfois jusqu’à l’extrême, de toutes les positions antérieures défendues et condamnées par l’Eglise catholique au cours des siècles.

Pourtant, le principe catholique sur lequel repose la tradition constante de l’Eglise est le suivant :« L’Esprit-Saint, en effet, n’a pas été promis aux successeurs de Pierre pour dévoiler, par son inspiration, une nouvelle doctrine, mais pour qu’avec son assistance ils gardent saintement et exposent fidèlement la Révélation transmise par les Apôtres, c’est-à-dire le Dépôt de la Foi ». (Pie IX, Const. Pastor Aeternus, Vat. I, Sess. IV Ch. IV, Dz. 1836).

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Le dévoilement, par « inspiration »,

de ce que l’on peut clairement désigner comme étant

une « nouvelle doctrine théologique » hérétique,

c’est bien produit lors du concile Vatican II.

Force est pourtant de constater, que le dévoilement, par « inspiration », de ce que l’on peut clairement désigner comme étant une « nouvelle doctrine », c’est bien produit lors du dernier concile. Une « nouvelle doctrine » exprimée par  le Magistère qui soutint des positions, notamment sur la « liberté religieuse », qui heurtent frontalement ce qui fut toujours enseigné par les papes jusqu’à Pie XII, et qui contredit objectivement la conception catholique portant sur la Royauté sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ, telle que formulée « infailliblement » par Pie IX,  Pie VII, Grégoire XVI et Léon XIII.

I. l’Eglise a « erré dans la Foi »…. lors de Vatican II

Pascal Bernardin, dans son remarquable ouvrage « Le Crucifiement de saint Pierre », explique la nature de ce à quoi nous sommes confrontés : «La doctrine spécifique de Vatican II, les innovations théologiques qu’il introduit et qui le distinguent de manière unique des autres conciles, sont maçonniques, anticatholiques (…) Or en affirmant que l’esprit maçonnique a soufflé sur Vatican II, nous ne faisons que répéter, en en tirant toutes les conséquences, ce que d’autres plus autorisés ont attesté. C’est ainsi que pour le futur cardinal Congar, Vatican II fut la « révolution d’octobre dans l’Eglise » : ‘‘Gaudium et spes est (…) une révision du Syllabus de Pie IX, une sorte de contre-syllabus. (…) il représente une tentative pour une réconciliation officielle de l’Eglise avec le monde tel qu’il est devenu depuis 1789’’. » [1]

Le constat est donc extrêmement inquiétant, il serait insensé de le nier, tout a été bouleversé et renversé, de la divine liturgie aux enseignements sur les mœurs et la morale, en passant par la disciple ecclésiastique régulière ou séculière ; de l’abandon de la soutane pour les prêtres au renversement des règles ancestrales, et ce jusqu’à l’intérieur des monastères les plus anciens de la chrétienté comme les Chartreux, de la chute vertigineuse des vocations aux réductions à l’état laïc de dizaines de milliers de religieux et religieuses, avec, pour conséquence, la fermeture de la plupart des églises et chapelles, notamment en milieu rural, entraînant une déchristianisation massive des populations, tout ceci faisant que ce qui demeure encore sous le nom de « religion catholique » aujourd’hui, semble représenter une sorte de misérable « contrefaçon » directe, pour ne pas dire de « parodie » de ce que fut, il y encore pas si longtemps, la religion traditionnelle.

Que faut-il en conclure ?

Certes le concile de Vatican II ne se voulut pas « dogmatique » et refusa même, par décision des pontifes qui le présidèrent (Jean XXIII et Paul VI), d’user de son pouvoir d’infaillibilité. C’est un fait.  Mais ce fait n’explique pas tout, car un concile présidé par un pape, est un concile de l’Eglise, il participe, en droit, du Magistère authentique, et son enseignement doit donc être conforme à la doctrine de toujours. [2] Cependant, ce ne fut pas le cas, bien au contraire !

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Toute l’Église enseignante  a… erré dans la Foi à Vatican II !

La réalité, brutale mais véridique, il convient de l’avouer franchement, c’est que toute l’Église enseignante  a… erré dans la Foi à Vatican II, puisqu’il y avait 2500 évêques et que toutes les Constitutions et Déclarations conciliaires ont toutes été votées à une écrasante majorité. [3]

II. La thèse sédévacantiste de « l’Eglise éclipsée »

Si donc l’Eglise enseignante a erré dans la Foi à Vatican II, et que depuis, l’enseignement dispensé officiellement par Rome est infecté du poison moderniste, la conclusion qu’effectuent les partisans de la vacance du Trône de Saint Pierre, c’est que « l’Eglise est éclipsée », et qu’en lieu et place, une secte hérétique, une « contre-église » fausse et mensongère, s’est installée dans les  murs du Vatican avec à sa tête des « usurpateurs », des « antipapes », éclipsant, c’est-à-dire voilant, l’authentique Eglise qui subsisterait toujours, mais hors de Rome, pure et sans tâche.

Il est à noter néanmoins, que cette désignation : « lEglise éclipsée », ne se retrouve chez aucun Père de l’Eglise, elle provient de la partie contestée du « secret » de Mélanie, la jeune bergère de La Salette qui vit la Vierge en larmes le 19 septembre 1846 dans les montagnes du Dauphiné, partie rajoutée et publiée en 1879 par une Mélanie Calvat (1831-1904), inspirée par les thèses apocalyptiques qui circulaient à l’époque dans les milieux catholiques monarchistes légitimistes.

Melanie Calvat

Mélanie Calvat (1831-1904), 

inspirée par les thèses apocalyptiques des milieux catholiques

monarchistes et légitimistes, rédigea et fit publier en 1879 en Italie,

une nouvelle version du « secret » – mise à l’index par le Saint-Office

qui vint ajouter un discours qui ne figure pas

dans la première version écrite juste après l’apparition de 1846,

remise au pape Pie IX le 18 juillet 1851.

Signalons par ailleurs, que l’éventuelle prophétie de la Sainte Vierge à La Salette : “l’Église sera éclipsée…” se rapporte plutôt à l’avènement de l’Antéchrist, car pour l’époque actuelle, la prophétie de la Très Sainte Vierge dit très exactement : “ L’Église aura une crise affreuse”, ce qui correspond bien à la réalité.  [4]

Vierge de La Salette

Cette désignation : « l’Eglise éclipsée » ne se retrouve chez aucun Père de l’Eglise,

elle provient de la partie contestée du « secret »

de Mélanie, la jeune bergère de La Salette

Toutefois, par delà ces précisions, il demeure cependant un problème à cette thèse, et pas des moindres, qui participe des deux interrogations préalables :

– 1°) Comment, dans une dite «Eglise en ordre» (sic), c’est-à-dire une Eglise qui bénéficiait encore, au moment de l’ouverture du concile Vatican II, de l’assistance pleine et entière de l’Esprit-Saint, un tel triomphe des idées modernistes a-t-il pu se produire ?

– 2°) Par ailleurs, l’Eglise reposant sur le pape, depuis le moment où saint Pierre fut désigné par le Christ pour gouverner son Eglise (Matthieu XVI, 17-18), il est bien difficile d’admettre qu’elle puisse perdurer depuis plus de cinquante ans – et sans nul doute pour longtemps encore, car le temps sera long avant que ne soient entièrement effacées les traces de Vatican II, si tant est qu’elles le soient un jour -, sans un chef visible ?

C’est sans doute les deux questions les plus délicates touchant à la vie de l’Eglise qui se posent de façon très concrète, et il faut reconnaître que si les plumes diverses sont promptes à exposer l’infiltration de l’Eglise par les courants occultistes et modernistes, quasi personne n’arrive à expliquer les raisons réelles qui ont permis, non pas seulement la lente pénétration de la sainte institution par les forces ténébreuses et révolutionnaires, véhiculant les conceptions panthéistes, naturalistes et libérales de la franc-maçonnerie, mais surtout comment ces forces révolutionnaires sont parvenues à vaincre une « Eglise en ordre » (sic), et, auxiliairement, de quelle manière une hypothétique « Eglise éclipsée », peut-elle fonctionner sans un pape ?

Les auteurs traditionnels s’accordent uniquement sur ce point : « Depuis 1958 Rome prend le contre-pied de ce que la papauté a toujours enseigné » [5]. Le constat est juste, mais largement insuffisant pour permettre de répondre correctement à la situation troublante et inquiétante que traverse l’Eglise.

III. Comment l’Eglise assistée de l’Esprit-Saint a-t-elle pu « errer dans la foi » ?

Pourtant, nous le savons, le Christ, par son Saint-Esprit, assiste depuis son Ascension en permanence l’Eglise, au point que Jésus-Christ, selon le cardinal Charles Journet (1891-1975) : « maintient l’Eglise liée à lui par une providence si particulière, une sollicitude si constante, un amour si jaloux qu’il est Lui-même le sujet responsable de ses activités » :

Sainte Trinité

«L’Église est ainsi comme un épanchement de la vie trinitaire au sein du temps. Depuis la venue du Christ, le Fils et l’Esprit continuent à chaque instant de visiter invisiblement l’Église. C’est donc l’Esprit saint qui, à travers l’humanité de Jésus, forme l’Église et l’introduit dans le monde. Mais après lui avoir donné tout ce qu’il lui faut pour subsister en elle-même, comme une vraie personne morale, ou sociale, et par conséquent pour agir à l’égard du monde avec indépendance, il ne l’a pas détachée de Lui. Il la maintient liée à Lui par une providence si particulière, une sollicitude si constante, un amour si jaloux qu’il est Lui-même le sujet responsable de ses activités. (…) » La suite de ce texte est fondamentale : « L’Église jamais n’apostasiera ni ne perdra l’amour. Les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle, l’assistance divine la soutiendra tous les jours jusqu’à la fin des temps. » (Charles Journet, Le Traité de l’Eglise, 1957).

Comment se peut-il donc, si l’Eglise bénéficie d’une promesse d’assistance constante du Christ, accompagnée de la certitude que « Les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle, l’assistance divine la soutiendra tous les jours jusqu’à la fin des temps » (Matthieu XXVIII, 20), qu’elle ait pu porter sur le trône de Saint Pierre un moderniste, Jean XXIII, qui permit le triomphe des idées libérales en prenant l’initiative de convoquer un nouveau concile lors duquel toute la religion a été changée ?

Est-il possible qu’une Eglise, en théorie, assistée de « l’Esprit-Saint », ait pu proclamer une doctrine contradictoire d’avec l’enseignement constant et permanent des vingt siècles qui précédèrent Vatican II ?

Le Christ aurait-il failli à ses promesses, serait-il trompeur et menteur ?

C’est impossible !

IV.  Le mystère de l’Eglise est celui du « combat entre Dieu et Bélial »

Il nous faut donc admettre, que nous sommes en présence d’un « mystère » d’ordre surnaturel, dont les racines plongent dans la métahistoire, lorsque les anges rebelles se sont révoltés contre Dieu, ce « mystère » nous liant au devenir d’une Histoire marquée par la lutte originelle qui est une lutte, comme nous l’apprend saint Augustin (354-430), entre la Cité du Ciel et celle de la Terre, deux « Cités » absolument irréconciliables et antagonistes, deux « Cités » que tout oppose et sépare, fondées sur des principes radicalement divergents, travaillant à des objectifs totalement contraires, poursuivant des buts à tous égards dissemblables. [6]

Montfort

Le « mystère d’iniquité » (Thessaloniciens II, 7),

 est un « mystère  » intérieur à l’Eglise elle-même.

Nous sommes donc, dans le cadre de la désorientation actuelle, en présence d’un « mystère », un « mystère d’iniquité » selon saint Paul (« Car le mystère d’iniquité se forme dès à présent, mais seulement jusqu’à ce que celui qui le retient encore paraisse au grand jour », II Thessaloniciens II, 7), qui est un « mystère intérieur à l’Eglise elle-même » ; nous ne sommes pas confrontés au triomphe d’une « autre entité » qui aurait, à Rome, « éclipsé » la véritable Eglise lors de Vatican II – ce qui ne se peut aucunement, sous peine de souscrire à l’idée d’un abandon de l’Eglise par le Christ, proposition impie et blasphématoire, à laquelle souscrivent implicitement et explicitement les sédévacantistes qui, enfreignant le « droit divin », jugent le pape en hérésie en for interne, et agissent comme s’ils disposaient d’un pouvoir délibératif et décisionnel sur la personne du pontife, ce qui est non seulement formellement interdit par l’Eglise, mais en plus ne relève que de l’autorité dont dépend le pape, à savoir Le Christ et Lui Seul.

Cependant, si telle est la situation, c’est-à-dire que nous nous trouvions dans « le temps de formation de l’iniquité », alors, il est évident que nous sommes en présence d’une période de combat qui se déroule « dans l’Eglise », comme dans toute la Création depuis la Chute, et ce combat à l’intérieur de l’Eglise – pas plus que le Ciel, lieu où les anges se sont révoltés –, est un combat engagé au sein même de l’Eglise, comme il eut lieu originellement dans le Ciel, qui  cependant, ne cessa point d’être le lieu où règne Dieu.

V. Le Fils de perdition doit « entrer dans l’Eglise »

De la sorte, la seule manière de pouvoir tenir en un même ensemble indissociable, la continuité éternelle de la succession pontificale, « matérielle » et « formelle », relevant du « droit divin », imprescriptible de par son Divin fondateur, et la désorientation manifeste que représente « l’errance dans la foi » de Vatican II, c’est d’examiner la situation au regard de ce que les Apôtres, les Pères, les saints, les docteurs et théologiens de l’Eglise, ont annoncé concernant les temps futurs que doit traverser et connaître l’épouse de Jésus-Christ.

Et là notre légitime incompréhension cesse face à la situation illogique et aux manifestes contradictions d’une telle impossibilité, car il y a un cas, et un cas uniquement où l’incohérence trouve sa résolution, c’est lorsqu’on envisage ce qui se déroule sous nos yeux depuis Vatican II, au regard de l’épreuve par laquelle l’Eglise doit passer au cours de son séjour en ce monde. Et  l’épreuve dont il s’agit, largement décrite et prédite, a été désignée par les docteurs sous le nom « d’apostasie » ; elle est très clairement prévue, et il est même question d’une positive et très concrète « entrée dans l’Eglise » – et non, ce qui est à noter, dans une « contrefaçon » qui aurait éclipsé la véritable Eglise -, du « Fils de la perdition »

Ces prédictions ne sont point sujettes à caution, issues du fruit de l’imagination débordante de quelques visionnaires emportés par leur inspiration personnelle, le témoignage de personnalités enthousiastes, disons, pour être charitables, peu fiables et faiblement équilibrées. Tout au contraire. Nous sommes en présence d’analyses effectuées par des auteurs ecclésiastiques reconnus, et pour certains ayant même occupé les plus hautes fonctions hiérarchiques dans l’Eglise.

Ainsi, au titre de ces prédictions autorisées, plusieurs possèdent, de par la précision de leurs détails, la profondeur de leurs vues surnaturelles, une place singulièrement importante, comme nous allons pouvoir en juger.

Charles Arminjon

« Les apostasies seront nombreuses,

on verra les conducteurs des peuples

fléchir le genou devant l’idole régnante,

un grand nombre déserteront la vérité

et se laisseront emporter par le courant de la dépravation.» 

Abbé Charles Arminjon,

(Fin du monde présent et mystères de la vie future, 1881).

 

L’Abbé Charles Arminjon (1824-1885), prêtre de Chambéry, dans son ouvrage, « Fin du monde présent et mystères de la vie future » (1881), qui eut une extraordinaire influence sur sainte Thérèse de l’Enfant de Jésus (1873-1897), expliqua, avec une remarquable science, ce que l’Eglise allait traverser :

« Les apostasies seront nombreuses, et les courages deviendront rares. Il est écrit que les vertus des cieux seront ébranlées et que les étoiles du ciel tomberont. En d’autres termes, on verra les conducteurs des peuples fléchir le genou devant l’idole régnante, et, ce qui est plus désolant encore, c’est que, parmi les dispen­sateurs de la science, les astres de la théologie, les bouches d’or de l’éloquence sacrée, un grand nombre déserteront la vérité et se laisseront emporter par le courant de la dépravation. (…) Saint Paul nous apprend encore que Jésus‑Christ ne descendra pas une seconde fois avant que ne vienne la grande apostasie (…)  si la défection continue son cours, on peut prédire que cette guerre faite à Dieu doit fatalement aboutir à l’apostasie totale et consommée. De la statolatrie, c’est‑à‑dire de l’esprit utilitaire et de l’adoration du Dieu‑État, qui est le culte de notre époque, à l’adoration de l’homme individu, il n’y a qu’un faible pas à franchir. Nous y touchons presque…». (Abbé C. Arminjon, Fin du monde présent et mystères de la vie future », Victor Palmé, 1881).

De même, le vénérable Barthélémy Holzhauser (1613-1658), qui écrivit une « Interprétation de l’Apocalypse », soutient qu’au septième et dernier âge, celui de la désolation, le « Fils de la perdition entrera dans l’Eglise » :

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« Et alors le Christ commencera à vomir l’Eglise de sa bouche, et permettra que Satan soit délié et étende son pouvoir en tous lieux ; et que le Fils de perdition entre dans le royaume, qui est l’Eglise. » (Interprétation de l’Apocalypse renfermant l’histoire des sept âges de l’Eglise catholique, Librairie Louis Vivès, 1856, t. I, p. 210).

VI. L’ésotérisme « cosmo-théologique » schismatique 

Le problème, sérieux s’il en est, de la démonstration pseudo-théologique, sur laquelle s’appuie le sédévacantisme pour justifier sa non reconnaissance des papes et de Rome depuis Vatican II, qui participent l’un et l’autre, selon eux, d’une secte, d’un corps étranger, un « astre autre » (sic) éclipsant la véritable Eglise, c’est qu’elle est en totale contradiction d’avec les enseignements formels des docteurs de l’Eglise, qui évoquent une « Passion » de l’Eglise dans la période précédent la fin des temps, mais en aucun cas le remplacement de l’épouse du Christ par un « corps étranger » ; saint Thomas d’Aquin parlant d’une Eglise visible, mais devenue pécheresse, « obscure » et « noire » à cause « de l’hérésie de la nouveauté » (cf. Commentaire sur les Psaumes X, 3).

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C’est bien « dans l’Eglise », 

et non pas dans un quelconque « astre autre »  

selon un verbiage relevant de « l’ésotérisme cosmologique », 

que doit advenir « l’apostasie », une apostasie de l’Eglise catholique,

pas d’un « corps étranger », d’un « autre corps céleste venu d’ailleurs ».

Il y a donc chez les schismatiques, de par l’illusion d’un discours ésotérique « cosmo-théologique », un refus très coupable de la « Passion », une « Passion » refusée à l’Eglise au prétexte de comparaisons fantaisistes cosmologiques, hautement aventureuses spirituellement [7], qui conduisent, au fond, à ne pas accepter par l’effet d’une lâcheté pharisaïque, l’épreuve de la Croix que subit l’épouse de Jésus-Christ, et à fuir cette sainte et pieuse évidence, à savoir que « l’Église, à la fin des temps, comme son Divin Chef sur la croix, paraisse vaincue ».

Or, elle doit être cette Eglise, configurée au Christ dans sa Passion à la fin des temps, car c’est bien « dans l’Eglise », et non pas dans un quelconque « astre autre » (sic), selon des rêveries absurdes qui relèvent au fond d’un verbiage relevant de l’ésotérisme cosmologique, que doit advenir « l’apostasie », une apostasie que Mgr de Ségur désigne positivement comme étant celle de l’Eglise catholique, pas d’un « corps étranger », d’un « autre corps céleste venu d’ailleurs ». Il s’agit donc, objectivement et fort concrètement, dans les événements que nous traversons, d’une : « apostasie générale ou quasi-générale de la foi de la sainte Église Romaine », et ceci en conséquence d’une vérité évangélique révélée incontestable : « L’Eglise doit avoir, elle aussi, et sa Passion, et son crucifiement final » (Colossiens, I 24).

Qu’adviendra-t-il en cette terrible période de l’Histoire de l’Eglise ?

Voici la réponse, très éloignée de l’inacceptable et surtout très hérétique théorie de « l’occultation » produite par les fumeuses interprétations cosmico-occultistes sédévacantistes : «Quoique toujours visible et composée de ses éléments essentiels, l’Église sera pendant tout ce temps-là comme crucifiée, comme morte et ensevelie.» (Mgr de Ségur, De la Passion, de la résurrection et du triomphe final de JÉSUS-CHRIST en son Église, 1897).

VII. L’Eglise est entrée dans les temps de sa « Passion mystique »

De ce fait, ce à quoi nous assistons, de par la situation tout à fait exceptionnelle que nous traversons, ce n’est donc pas « l’éclipse de l’Eglise » voilée par une contrefaçon parodique et usurpatrice, mais c’est un temps d’épreuve, une authentique « Passion », un « Vendredi Saint », pour le dire clairement « la Passion de l’Église », ou « Passion mystique du Christ » revécue, que plusieurs théologiens, très éloignés des millénarismes et messianismes spéculatifs en grande faveur chez les schismatiques soutenant l’idée d’une « Eglise éclipsée », désignent comme étant l’épreuve finale qu’aurait à subir l’Église dans la période annonçant la « Fin des Temps », précisément une période où adviendra « l’apostasie ». 

Selon l’eschatologie catholique, en effet l’Église, avant la Parousie, c’est-à-dire le second avènement du Christ, doit subir une « Passion » à l’image du Verbe incarné, dont elle est le corps mystique. Ce temps de « Passion », peut s’étendre sur une très longue période et il serait aventureux de vouloir en annoncer la durée accomplie et l’arrivée prochaine du Fils de Dieu. Tout cela peut se dérouler sur des siècles, comportant des avancées vers l’apostasie, puis des retours, pour des périodes courtes ou étendues, vers la tradition, en un mouvement apparemment contradictoire qui sera cependant représentatif du trouble consécutif des épreuves qu’aura à traverser l’Eglise.

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« Ne faut-il pas que l’Eglise de jour en jour,

prenne davantage la ressemblance du Christ ?

Ne faut-il pas qu’elle soit comme la vivante image

de Celui qui a souffert de tels tourments et si nombreux ?

 Ne faut-il pas que d’une certaine façon

elle achève en elle-même ce qui manque

aux souffrances du Christ (Coloss. I, 24) ?

C’est là le secret de cette loi de la souffrance

imposée par Dieu à son Eglise qui milite sur cette terre… »

(S. Pie X, Encyclique Communium Rerum, 21 avril 1909).

Saint Pie X, évoque d’ailleurs clairement, dans l’encyclique Communium Rerum, la loi de souffrance imposée par Dieu à son Eglise, qui la conduit à devoir « achever en elle-même ce qui manque aux souffrances du Christ », de sorte qu’elle soit  « comme la vivante image de Celui qui a souffert de tels tourments » : 

« Le Seigneur est toujours là ; grâce à lui, tout concourra au bien de ceux qui l’aiment (Rom. vin, 28). Il tirera le bien du mal; les triomphes qu’il réserve à son Eglise seront d’autant plus éclatants que plus méchants ont été les efforts de la perversité humaine pour ruiner son œuvre. Telle est l’admirable grandeur des desseins de la divine Providence; telles sont ses voies impénétrables (Ibid. xi, 33), dans la  situation présente; – car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, dit le Seigneur (Is. LV, 8). Ne faut-il pas que l’Eglise de jour en jour, prenne davantage la ressemblance du Christ ? Ne faut-il pas qu’elle soit comme la vivante image de Celui qui a souffert de tels tourments et si nombreux ? Ne faut-il pas que d’une certaine façon elle achève en elle-même ce qui manque aux souffrances du Christ (Coloss. I, 24) ? C’est là le secret de cette loi de la souffrance imposée par Dieu à son Eglise qui milite sur cette terre : les luttes, les oppressions, les angoisses seront à jamais son partage ; telle est la voie, telles sontles tribulations incessantes par lesquelles elle entrera dans le royaume de Dieu (Act. xiv, 21), pour se réunir enfin à l’Eglise triomphante du cielIls se trompent donc singulièrement, ceux quis‘imaginent et espèrent pour l’Eglise un état exempt de toute perturbation…» (S. Pie X,Encyclique Communium Rerum, 21 avril 1909,  cf. Actes de S.S. Pie X, t. V, Éditions de la Documentation Catholique, n.d., pp. 41-42).

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« La Passion du Christ se renouvelle,

et d’une certaine manière elle se poursuit et s’achève,

dans son corps mystique qui est l’Église (…)

souffrant toujours en son corps mystique, le Christ

veut nous avoir pour compagnons de son expiation.. »

(Pie XI, Miserentissimus Redempto, 28 mai 1928)

Pie XI déclarait également en 1928, dans son encyclique Miserentissimus Redemptor, consacrée à la réparation due, par tous, au Sacré-Cœur de Jésus qui est « la synthèse de la religion » – rappelant que la dévotion au Sacré-Cœur, qui a pour origine l’encyclique Annum Sacrum de Léon XIII en 1899, avait perdu de son intensité alors que « l’esprit d’expiation ou de réparation a toujours tenu le premier et principal rôle dans le culte rendu au Sacré-Cœur de Jésus » – que la « Passion se poursuit dans l’Eglise » :

« La Passion du Christ se renouvelle, et d’une certaine manière elle se poursuit et s’achève, dans son corps mystique qui est l’Église. Car, pour nous servir encore des paroles de saint Augustin : « Le Christ a souffert tout ce qu’il devait souffrir ; la mesure de ses souffrances est désormais à son comble. La dette de souffrances était donc payée dans la Tête, mais elle demeurait entière dans son corps ». Le Seigneur Jésus lui-même a bien voulu nous l’apprendre, quand il disait à Saul, respirant encore la menace et la mort contre les disciples : Je suis Jésus que tu persécutes. Il laissait ainsi nettement entendre que les persécutions déchaînées contre l’Église visaient et atteignaient le divin Chef de l’Église lui-même. C’est donc à bon droit que, souffrant toujours en son corps mystique, le Christ veut nous avoir pour compagnons de son expiation. Notre situation envers lui l’exige également, car, puisque nous sommes le corps du Christ et ses membres chacun pour notre part, tout ce que souffre la tête, les membres le doivent souffrir aussi. » (Pie XI,Miserentissimus Redempto, 28 mai 1928).

Quant à Mgr. Louis Gaston de Ségur (1820-1881), Prélat dans la Maison du Pape Pie IX, Chanoine de l’Ordre des Évêques du Chapitre Impérial de Saint-Denys, il aborde également ce sujet, à bon droit fondamental pour la sauvegarde de la Foi catholique, dans lequel il démontre la permanente visibilité de l’Eglise, mais qui « apostasiera avant la fin des temps », car en effet, il doit advenir, non pas une « éclipse », mais une « apostasie générale ou quasi-générale de la foi de la sainte Église Romaine ».

Mgr de Ségur

« JÉSUS-CHRIST et l’Église forment un tout indivisible ; 

le sort de l’un, c’est le sort de l’autre; et de même que là où est la tête,

là également doit se trouver le corps,

de même les mystères qui se sont accomplis en JÉSUS-CHRIST

durant sa vie terrestre et mortelle doivent

se parachever en son Église durant sa vie militante d’ici-bas.

JÉSUS-CHRIST a eu sa Passion et son crucifiement :

l’Église doit avoir, elle aussi, et sa Passion, et son crucifiement final. »

Mgr de Ségur, 

(De la Passion, de la résurrection 

et du triomphe final de JÉSUS-CHRIST en son Église,1897).

VIII.L’Église devient obscure « dans l’engouement pour la nouveauté »

Nous le voyons, les événements auxquels nous assistons depuis plusieurs décennies, relèvent de la vie intime de l’Eglise, ils participent de l’eschatologie par laquelle nous savons que  « l’Église, à la fin des temps, comme son Divin Chef sur la croix, paraîtra vaincue », une Eglise au sein de laquelle il doit advenir une, « apostasie générale ou quasi-générale de la foi de la sainte Église Romaine », une Eglise qui « doit avoir, elle aussi, et sa Passion, et son crucifiement final ».

A ce titre, le texte révélé de l’Apocalypse, rédigé par saint Jean, distingue les âges du christianisme selon le nom de sept églises d’Asie mineure (Éphèse, Smyrne, Pergame, Thyatire, Sardes, Philadelphie, Laodicée), ces âges allant des premiers siècles de l’Eglise jusqu’au moment où s’éteindra le dernier pape avant le retour du Fils de Dieu. Les exégètes ne sont pas tous du même avis concernant l’église d’Asie, et donc l’âge, qui correspondrait à notre période actuelle. Mais la plupart s’accordent pour considérer que nous sommes dans le temps de l’église de Sardes. Ce temps est caractérisé par une désorientation et une perte de la Foi, faisant que les œuvres qui paraissent vivantes, sont en réalité « mortes » : « Voici ce que dit celui qui a les sept esprits de Dieu et les sept étoiles : Je connais tes œuvres. Je sais que tu passes pour être vivant, mais tu es mort. » (Ap. III, 1). 

C’est exactement la formulation de saint Thomas d’Aquin ( + 1274), qui ne parle pas d’une « éclipse de l’Eglise », mais bien d’une Eglise visible, « paraissant vivante » mais devenue sombre, « obscure », « noire » à cause de l’hérésie de la nouveauté, ce qui correspond très exactement à ce que nous vivons :

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« L’Église devient obscure dans l’engouement pour la nouveauté, lorsque les prédicateurs et les docteurs ne sont pas en elle ; elle devient […] noire à cause des nuages, c’est-à-dire à cause de la séduction des hérétiques » (S. Thomas d’Aquin, Commentaire sur les Psaumes X, 3).

Il s’agit bien de l’Eglise, pas d’une contrefaçon usurpatrice ni d’un « corps étranger » désigné sous le nom de « secte conciliaire« , il s’agit de l’épouse du Christ « devenue obscure dans l’engouement pour la nouveauté », les nuages représentant le séductions des hérétiques pour les doctrines erronées.

Conclusion

Au moment de ce crucifiement final – lorsque l’épouse du Christ sera morte, puis ensevelie et mise au tombeau -, il ne s’agit surtout pas de fuir et de l’abandonner, en ces instants où l’Eglise – « toujours visible » – est au Calvaire, en ces heures où l’Eglise vit son agonie, bien au contraire, « il ne faut pas dormir », ou pire, de façon abominablement pharisaïque, s’en détourner et la fuir !

L’Eglise a besoin que nous conservions la Foi, que nous résistions à l’apostasie, et que nous restions convaincus que la souffrance consentie « mystiquement » par l’Eglise, à l’imitation de Jésus son époux, qui se fit péché pour le salut des hommes, est une épreuve d’expiation en conformité de son Divin Fondateur.

Et pendant cette période, où l’apostasie générale est répandue sur la terre, où les forces de corruptions sont déchaînées horriblement, n’oublions pas et soyons certains, que « La révélation de la Trinité, notamment, est toujours pure à l’intérieur de l’Église…». [8]

Crucifix (2)

L’Eglise qui n’a pas été « éclipsée », demeure « visible »,

mais traverse une épreuve,

en ces instants où l’Eglise  est au Calvaire,

en ces heures où l’Eglise vit son agonie,

 « il ne faut pas dormir », ou pire, de façon abominablement pharisaïque,

s’en détourner et la fuir !

Le Christ ne peut être vaincu, il ne peut abandonner son Eglise qui n’a pas été « éclipsée » bien évidemment, mais qui, demeurant « visible », traverse une épreuve dont nous avons la certitude absolue et évangélique, qu’elle permettra à l’Eglise de se relever, lorsque le Christ en décidera, plus belle, plus lumineuse et sainte. [9]

Il n’est, de la sorte, pas catholique de sombrer dans cette « gnose nihiliste, désespérante, ésotérique et millénariste», qui est devenue le nouveau Credo des schismatiques, qui ont perdu le sensus fidei et ne savent plus reconnaître l’Eglise du Christ dans les souffrances de sa Passion, qui la rejette à l’heure où elle est au Calvaire [10], jusqu’à considérer les successeurs légitimes de Saint Pierre comme des antipapes et des usurpateurs, en n’hésitant pas à encourir l’anathème de la Constitution dogmatique « Pastor Aeternus » :

« Si donc quelqu’un dit que ce n’est pas par l’institution du Christ ou de droit divin (iure divino), que le bienheureux Pierre a des successeurs perpétuels (perpetuos successoresdans sa primauté sur l’Église universelle,ou que le Pontife romain n’est pas le successeur du bienheureux Pierre en cette primauté, qu’il soit anathème. »  (Constitutio dogmatica Pastor Aeternus § 2. De perpetuitate primatus beati Petri in Romanis Pontificibus,Vatican I, 1870).

Il convient de garder la Foi sans manquer à l’espérance, tout en étant conscient que la période des tribulations est aussi celles des plus grandes « grâces mystiques » accordées aux âmes. Prions et ayons confiance en la Divine Providence, en sachant que nous sommes sous la protection du Ciel, et que la fidélité catholique est le gage des récompenses célestes.

Le pape Léon XIII donna une prière à saint Joseph pour accompagner son encyclique « Quamquam Pluries » (1889), qui déclarait saint Joseph patron de l’Eglise, n’hésitons-pas à la réciter très souvent.

La voici :

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« Nous recourons à vous dans notre tribulation, bienheureux Joseph, et, après avoir imploré le secours de votre très sainte épouse, nous sollicitons aussi avec confiance votre patronage. Au nom de l’affection qui vous a uni à la Vierge immaculée, Mère de Dieu ; par l’amour paternel dont vous avez entouré l’Enfant Jésus, nous vous supplions de regarder d’un œil propice l’héritage que Jésus-Christ a acquis au prix de son sang et de nous assister de votre puissance et de votre secours dans nos besoins. Ô très vigilant gardien de la sainte Famille, protégez la race élue de Jésus-Christ ; Ô Père très aimant, éloignez de nous toute souillure d’erreur et de corruption ; Ô notre très vaillant et tutélaire protecteur, assistez-nous du haut du ciel dans le combat que nos livrerons à la puissance des ténèbres ; et, de même que vous avez arraché autrefois l’Enfant Jésus au péril de la mort, défendez aujourd’hui la sainte Eglise de Dieu des embûches de l’ennemi et de toute adversité. Couvrez-nous tous de votre perpétuel patronage, afin que, soutenus par la puissance de votre exemple et de votre secours, nous puissions vivre saintement, pieusement mourir et obtenir la béatitude éternelle du Ciel. Ainsi soit-il. » LEON XIII, PAPE –

 

Lire :

« Eschatologie catholique et fins des temps »

étude historique et théologique en deux parties

Coeur

1. L’Église crucifiée par « l’esprit du monde »

et

2. La Passion « mystique » de l’Église

 

Notes.

1. P. Bernardin, Le Crucifiement de saint Pierre, éditions Notre-Dame de Grâces, 2009, p. 8.

2. Vatican II ne souhaita pas faire usage de son pouvoir d’infaillibilité, c’est un fait, mais en droit, comme le rappelle le Droit Canon : «Le Concile œcuménique est muni du pouvoir souverain sur l’Eglise universelle» (Droit Canon, 1917, § 228). La doctrine de l’Eglise, de ce point de vue, est donc formelle  : « Pour reconnaître les cas où l’infaillibilité de l’Église est engagée, il suffit de se rappeler que toute doctrine enseignée universellement par les pasteurs chargés de conduire le troupeau du Christ, et donnée manifestement comme appartenant directement ou indirectement à la Révélation, est infaillible» (Cf. Ch.-V. Héris, L’Église du Christ, Le Cerf 1930, pp. 44-45). On n’en peut donc contester que Vatican II, fut de la sorte infaillible en droit. Mgr Bartolomeo d’Avanzo (1811-1884), rapporteur à Vatican I, précise : « Il y a, dans l’Église, un double mode d’infaillibilité: le premier s’exerce par le magistère ordinaire. (…) C’est pourquoi, de même que le Saint-Esprit, l’Esprit de Vérité demeure tous les jours dans l’Église, l’Église aussi enseigne tous les jours les vérités de la foi, avec l’assistance du Saint-Esprit.  Elle enseigne toutes les vérités soit déjà définies, soit explicitement contenues dans le dépôt de la révélation, mais non définies encore, soit enfin celles qui font l’objet d’une foi implicite.  Ces vérités, l’Eglise les enseigne quotidiennement, tant principalement par le pape, que par chacun des évêques en communion avec lui.  Tous, et le pape et les évêques, dans cet enseignement ordinaire, sont infaillibles de l’infaillibilité même de l’Église.  Ils diffèrent seulement en ceci: les évêques ne sont pas infaillibles par eux-mêmes, mais ont besoin de la communion avec le pape qui les confirme mais le pape, lui, n’a besoin de rien d’autre que l’assistance du Saint-Esprit qui lui a été promise. Ainsi il enseigne et n’est pas enseigné, il confirme et n’est pas, confirmé. » (intervention officielle de Mgr d’Avanzo, rapporteur de la Députation de la Foi, devant les Pères du Vatican, in: Dom Paul Nau « Le magistère pontifical ordinaire, lieu théologique. Essai sur l’autorité des enseignements du souverain pontife », in:Revue thomiste, 1956, p. 389 – 412, tiré à part Neubourg 1962, p. 15).

3. Seuls 88 évêques sur 2500, s’opposèrent à la Déclaration sur les relations de l’Église avec les religions non chrétiennes, Nostra Ætate,passée en dernière lecture lors de la troisième session du concile. Immédiatement promulguée (28 octobre 1965) par le pape Paul VI. Nostra Ætate, est le documents de Vatican II le plus révolutionnaire, dans l’esprit du dialogue interreligieux, renouvelant totalement les relations de l’Eglise avec les juifs, les musulmans, les bouddhistes, les hindous et même ceux qui suivent les autres religions. En 2005, se sont rencontrés pour célébrer le quarantième anniversaire de sa promulgation, les chefs religieux des différentes religions mondiales.

4. Le 5 janvier 1895, Mélanie, écrivait : “En vérité, les catho­liques, sans parler des autres, aident merveilleusement à composer, à préparer le règne de l’Antéchrist ; les Lucifériens n’ont pas à combattre beaucoup, pour former ce régi­ment d’endémoniés : tout ce mal se fait paisiblement… ” (Cf. Documents pour servir à l’his­toire réelle de la Salette, Résiac, 1978).

5. Cf. Le Mystère d’iniquité, Enquête théologique,historique et canonique, n.d., p. 16.

6. C’est dans le livre XV de son ouvrage La Cité de Dieu, que saint Augustin (354-430), Père et docteur de l’Eglise, développa le plus complètement l’exposé de sa doctrine des « deux Cités », qui devint l’une des colonnes fondatrices de la théologie chrétienne

7. Partant de la définition du dictionnaire, qui explique qu’une « éclipse » consiste en la disparition partielle ou totale d’un astre, par l’interposition ‘‘d’un autre’’ », ou « l’occultation momentanée d’un astre dont la lumière est interceptée par l’interposition d’un ‘‘autre astre’’ », M. Louis-Hubert Rémy en déduit, assez librement, en réalisant une hasardeuse équivalence théologique selon le raisonnement suivant : « Ces deux définitions nous parlent de DEUX ASTRES, de lumière,  d’interposition, de disparition, d’occultation momentanée, partielle ou totale. L’exemple le plus connu est celui du soleil par la lune ; Le soleil est occulté et la lumière du soleil disparaît momentanément, partiellement ou totalement par l’interposition de la lune. On ne voit que la lune, astre mort. (…) Il y a deux astres (astre : corps céleste). L’un est éclipsé. L’autre l’éclipse ; Ce sont deux astres, deux corps célestes différents. (…) DONC L’ASTRE QUI ECLIPSE N’EST PAS LA SAINTE EGLISE. C’est autre chose, c’est un autre corps céleste. Comme il est un autre astre, il ne peut émaner de la Sainte Eglise qui est UNE. La secte conciliaire n’est pas une, n’est pas sainte, n’est plus apostolique, n’est pas catholique. En plus cet astre vient d’ailleurs. » (L.-H. Rémy, L’Église est éclipsée, ESR, n.d., pp. 3-4).

8. Charles Journet, Le Traité de l’Eglise, op.cit.

9. Mgr de Ségur désigne positivement cette « Passion » de l’Eglise, comme étant celle de l’Eglise catholique, pas d’un « corps étranger », d’un « autre corps céleste venu d’ailleurs », une « Passion » qui identifie et configure l’épouse du Christ à son Divin Fondateur : « Corps mystique du Fils de DIEU, elle aura suivi son divin Chef jusqu’au Calvaire, jusqu’au sépulcre, et par cette fidélité elle aura mérité de partager sa gloire à tout jamais. »  (Mgr de Ségur, De la Passion, de la résurrection et du triomphe final de JÉSUS-CHRIST en son Église, Œuvres, t. Xe, 1897, p. 176).

10. Il est assez frappant de constater, quoi que l’on puisse penser de ce catéchisme moderniste, que l’Eglise conciliaire, pour la première fois dans l’histoire des documents romains officiels, a évoqué « L’Épreuve ultime de l’Église » en des termes d’une rare clarté, faisant directement allusion au « mystère d’iniquité », ce qui semble tout de même dénoter une certaine capacité à prendre conscience, chez certains théologiens, de la « signification eschatologique » de la période ouverte à partir du dernier concile :

  • 675 – Avant l’avènement du Christ, l’Église doit passer par une épreuve finale qui ébranlera la foi de nombreux croyants (cf. Lc 18, 8 ; Mt 24, 12). La persécution qui accompagne son pèlerinage sur la terre (cf. Lc 21, 12 ; Jn 15, 19-20) dévoilera le  » mystère d’iniquité  » sous la forme d’une imposture religieuse apportant aux hommes une solution apparente à leurs problèmes au prix de l’apostasie de la vérité. L’imposture religieuse suprême est celle de l’Anti-Christ, c’est-à-dire celle d’un pseudo-messianisme où l’homme se glorifie lui-même à la place de Dieu et de son Messie venu dans la chair (cf. 2 Th 2, 4-12 ; 1 Th 5, 2-3 ; 2 Jn 7 ; 1 Jn 2, 18. 22).
37 commentaires
  1. Eloi permalink
    29 mars 2015 13:47

    Je ressors profondément admiratif de ce texte publié en ouverture de la Semaine Sainte, le dimanche des Rameaux.

    Voilà de profondes méditations qui nourriront ma fin de carême.

    Comment ne pas admettre cette « Passion mystique » au regard des événements que nous traversons depuis le concile. C’est à l’évidence la seule explication envisageable.

    Toutes les autres solutions conduisent à des impasses, notamment la soumission au modernisme avalisant les décisions de Vatican II, et le sédévacantisme, se détournant coupablement de « l’Eglise crucifiée ».

  2. Benoît permalink
    29 mars 2015 14:09

    Relire Mgr de Ségur, Mgr Gaume et les théologiens catholiques ayant annoncé la « Passion » de l’Eglise, est d’une aide inestimable pour comprendre ce qui arrive à l’Eglise.

    Merci pour vos analyses.

  3. J. A permalink
    29 mars 2015 17:44

    Ce que vous écrivez est très juste, il faut être aveugle pour ne pas le voir, le « mystère d’iniquité » est un mystère « intérieur à l’Eglise elle-même ».

    Comment pourrait-il en être autrement ?

    L’idée spéculative sédévacantiste d’une « autre église », éclipsant en s’installant en lieu et place de la véritable, relève de l’imagination fantaisiste.

    Personne n’a jamais écrit une chose pareille.Aucun docteur de l’Eglise n’a soutenue une telle thèse !

  4. sécotin permalink
    29 mars 2015 18:44

    Bonjour
    Je lis votre blog depuis plusieurs années, j’interviens pour la première fois
    Alors que faire ? façe a la messe actuelle ; y aller c’est adhérer a l’église actuelle
    La Fraternité PX on dit qu’elle essaierai de se ralier à Rome

    ALORS QUID?

    • 29 mars 2015 19:45

      sécotin,

      Merci de votre fidélité. Nous avons conscience de la complexité de la situation pour chaque catholique, notamment si vous êtes à la campagne, loin d’une messe traditionnelle, car la messe est l’aliment vital de l’âme chrétienne.

      Mais, plutôt que blesser votre Foi en assistant à des liturgies modernistes, qui parfois peuvent vous faire douter dans la foi, mieux vaut observer un « jeune eucharistique », et compenser cette privation consentie, par la prière.

      Et cette prière doit être, en ces temps de grande tribulation de l’Eglise, une prière de « confiance ».

      Ainsi vous pourrez réciter avec avantage, même si vous bénéficiez parfois de l’assistance à des liturgies selon l’ancien Ordo Missae, la prière de saint Claude de la Colombière, remarquable à bien des égards :

      « Mon Dieu, je suis si persuadé que Vous veillez sur ceux qui espèrent en Vous, et qu’on ne peut manquer de rien quand on attend de Vous toutes choses, que j’ai résolu de vivre à l’avenir sans aucun souci, et de me décharger sur Vous de toutes mes inquiétudes : in pace in idipsum dormiam et requiescam, quoniam Tu, Domine, singulariter in spe constituisti me (Ps. IV, 9).

      Les hommes peuvent me dépouiller et des biens et de l’honneur, les maladies peuvent m’ôter les forces et les moyens de Vous servir, je puis même perdre Votre grâce par le péché ; mais jamais je ne perdrai mon espérance, je la conserverai jusqu’au dernier moment de ma vie, et tous les démons de l’enfer feront à ce moment de vains efforts pour me l’arracher : in pace in idipsum dormiam et requiescam.

      D’aucuns peuvent attendre leur bonheur de leurs richesses ou de leurs talents, d’autres s’appuyer sur l’innocence de leur vie, ou sur la rigueur de leur pénitence, ou sur le nombre de leurs aumônes, ou sur la ferveur de leurs prières ; Tu, Domine, singulariter in spe constituisti me : pour moi, Seigneur, toute ma confiance, c’est ma confiance même ; cette confiance ne trompa jamais personne : nullus, nullus speravit ira Domino et confusus est (Eccl. II, 11). Je suis donc assuré que je serai éternellement heureux, parce que j’espère fermement de l’être, et que c’est de Vous, ô mon Dieu que je l’espère : in Te, Domine, speravi, non confùndar in aeternum (Ps. XXX, 2).

      Je connais, hélas ! je ne connais que trop que je suis fragile et changeant, je sais ce que peuvent les tentations contre les vertus les mieux affermies, j’ai vu tomber les astres du ciel et les colonnes du firmament, mais tout cela ne peut m’effrayer : tant que j’espérerai je me tiens à couvert de tous les malheurs, et je suis assuré d’espérer toujours parce que j’espère encore cette invariable espérance.

      Enfin, je suis sûr que je ne puis trop espérer en Vous, et que je ne puis avoir moins que ce que j’aurai espéré de Vous. Ainsi, j’espère que Vous me tiendrez dans les penchants les plus rapides, que Vous me soutiendrez contre les plus furieux assauts, et que Vous ferez triompher ma faiblesse de mes plus redoutables ennemis ; j’espère que Vous m’aimerez toujours, et que je Vous aimerai aussi sans relâche ; et, pour porter tout d’un coup mon espérance aussi loin qu’elle peut aller, je Vous espère Vous-même de Vous-même, ô mon Créateur, et pour le temps et pour l’éternité. » Ainsi soit-il !

      «Saint Claude de la Colombière, Acte de confiance en Dieu», sermon n° 68)

      Vous pourrez l’accompagner de « L’Acte d’offrande de soi-même au Sacré-Coeur de Jésus« , composé également par saint Claude de La Colombière :

      http://leblogdumesnil.unblog.fr/2008/06/04/99-acte-doffrande-de-soi-meme-au-sacre-coeur-de-jesus-compose-par-saint-claude-de-la-colombiere/

      Pax Vobis +

  5. Moria permalink
    29 mars 2015 21:24

    Pour mieux comprendre l’action judéo-maçonnique lors du concile Vatican II :

    http://www.nostra-aetate.org/Bibliotheque/1964-09_Anonyme_Action-Judeo-Maconnique-dans-le-Concile.pdf

  6. Kyrie Eleison permalink
    29 mars 2015 22:22

    Action judéo-maçonnique incontestable Moria, mais ce à quoi se rajoute la conversion des papes à la Révolution depuis Pie VII. Il ne faut pas l’oublier. Le complot n’explique pas tout.

    C’est le concept du ralliement à l’erreur libérale, avec pour champions : Léon XIII (mal conseillé c’est un fait et qui le regrettera amèrement…..mais trop tardivement), Benoît XV, Pie XI, qui explique Vatican II.

    Ce sont ces papes qui ont permis cette révolution que constitue le dernier concile.

    Et cette révolution fut possible en raison d’une politique de compromission, de faiblesse et de complaisance de papes « infaillibles » dans leur magistère ordinaire, qui favorisèrent l’erreur au sein même d’une Eglise « en ordre », et ce depuis deux siècles !

    Vatican II n’est donc pas arrivé soudainement dans l’Eglise, de nombreux papes « infaillibles » de « l’Eglise en ordre » ont forgé le piège pour que Vatican II soit possible….pour ne pas dire s’impose, afin de continuer cette volonté d’adaptation au monde, qui fut une ligne politique et idéologique qui apparut après 1789 avec le Concordat, puis eut des reculs (Grégoire XVI, Pie IX, s. Pie X), avant que de s’imposer lors de Vatican II.

    Le dernier concile a scellé, sans doute pour un long moment car vu comme le cours des choses est parti le train est bien lancé, le lien mortifère entre une Eglise « modernisée/moderniste », qui a cherché à se rendre compatible avec les lois du monde.démocratique et libéral.Et il faut avouer qu’elle a très bien réussi son coup ……

    • papy permalink
      30 mars 2015 01:16

      En matière de déblocage complet Kyrie…vous portez admirablement votre nom!!!! Mais le Ciel restera sourd à vos blasphèmes car ils portent en eux-mêmes votre propre condamnation…..

    • Kyrie Eleison permalink
      30 mars 2015 22:56

      Au lieu de passer votre temps à écrire n’importe quoi, vous devriez prier le ciel à genoux de vous pardonner pour ce que vous écrivez.

      Les courageux prêtres non jureurs, ayant refusé la Constitution civile du clergé, abandonnés par Pie VII lors du concordat signé à Paris, le 26 messidor an IX ratifié par une bulle « infaillible », prêtres et évêques persécutés et exécutés par la Révolution criminelle vous remercient.

      De même que les Cristeros sacrifiés et abandonnés par Pie XI au nom des principes « infaillibles » de l’encyclique de Léon XIII « Au milieu des sollicitudes » (1892) qui firent préférer l’entente politique de l’Eglise avec un Gouvernement maçonnique au Mexique … je passe sur les monarchistes d’Action Française qui, à partir de 1926 en France, se sont vus refuser les sacrements et pour certains interdits de sépultures au motif de leur attachement au trône et à l’autel !!

      Je vous conseille donc de vous plonger un peu dans la connaissance de l’histoire. Vous y découvrirez des faits qui vous réveillerons de votre vision naïve, et surtout profondément stupide, de l’infaillibilité !

    • 30 mars 2015 23:07

      Lorsqu’on pense que la très maçonnique Troisième république, après l’invitation de Léon XIII à se rallier aux principes révolutionnaire par l’encyclique « Au Milieu des sollicitudes » (1892), poursuivit sa lutte contre les congrégations religieuses et élabora une politique de laïcisation anticatholique furieuse du pays, culminant avec la confiscation des biens des congrégations, et l’expulsion de la plupart d’entre elles, et ensuite la nationalisation des biens de l’Église au moment de la séparation de l’Église et de l’État (1905) !

      Ainsi donc, merci et bravo à la politique du « ralliement » définie par Rome, que nous devons au magistère « infaillible » d’une « Eglise en ordre » !!

  7. Pie permalink
    30 mars 2015 07:09

    Article absolument REMARQUABLE de La Question !

    Je n’hésite pas à dire que parmi tous les textes que vous avez publiés, celui-ci est le plus mystique, le plus profondément empreint de lumière spirituelle. Car vous avez vu juste, l’Eglise n’est pas « éclipsée », mais traverse une période de crucifiement, elle est au Calvaire en suivant son Divin Sauveur sur la Croix.

    Beaucoup ne la reconnaissent plus, s’en détournent, la renient, s’isolent dans de micros chapelles prétendument « catholiques », qui ne manqueront pas à court terme d’imploser à leur tour sous le poids des divisions, car la division schismatique ne peut qu’engendrer la division, c’est inévitable.

    Ces âmes égarées dans leurs interrogations légitimes, et qui ont raison de ne plus reconnaître l’Eglise sous les traits du modernisme, devraient pourtant comprendre que c’est cependant la même Eglise….mais au Calvaire, défigurée par l’apostasie que nous voyons.

    C’est en ces en ces moments tragiques qu’elle a le plus besoin de nous et de nos prières !

    @ Kyrie Eleison

    Ce que vous écrivez démontre une seule chose : en période de confusion, de trouble lorsque l’apostasie se dessine, le magistère n’est pas « inconditionnellement infaillible », ou pour le dire comme lu et écrit ailleurs de façon obstinée : « L’Église est Infaillible dans tous les modes d’expression de son Magistère en tant que Magistère ».

    Oui de nombreux papes de « l’Eglise en ordre » se sont grandement trompés dans l’exercice de leur magistère, notamment dans la politique du ralliement, et ce que vous soutenez est vrai, c’est cette politique mise en oeuvre par de « vrais papes » infaillibles, parfois criminelle comme pour les malheureux Cristeros au Mexique, qui a ouvert toutes grandes les portes de l’abominable hérésie de Vatican II !.

  8. Louis-Hubert Remy permalink
    30 mars 2015 11:03

    Ainsi donc, pour vous, l’Eglise peut changer les sacrements, alors que Saint Pie X écrit exactement le contraire :
    « alors qu’on sait bien que l’Église n’a le droit de rien innover pour ce qui touche à la substance des sacrements »…
    http://www.a-c-r-f.com/documents/Saint_PIE_X-Ex_quo_nono.pdf

    Ainsi donc, pour vous, l’Eglise peut créer un rituel du sacre des évêques ontologiquement invalide, comme le site Rore l’a démontré d’une façon qui n’a jamais été réfutée…

    Ainsi donc, pour vous, l’Eglise peut concilier la lumière avec les ténèbres et LA VERITE AVEC L’ERREUR contre l’enseignement de Pie IX (21-5-1874)…

    Ainsi donc, pour vous, l’Eglise peut être sainte et en même temps …pas sainte…
    Ainsi donc, pour vous, l’Eglise peut être une et en même temps …multiple
    Ainsi donc, pour vous, l’Eglise peut être catholique et en même temps …œcuménique
    Ainsi donc, pour vous, l’Eglise peut être apostolique et en même temps …ne pas l’être

    AINSI DONC, POUR VOUS, L’EGLISE PEUT SE TROMPER, PEUT NOUS TROMPER !

    Sous votre anonymat doivent se cacher des clercs formés par Ecône : ils ne savent pas appliquer le principe de non-contradiction !

  9. 30 mars 2015 15:46

    Louis-Hubert Remy,

    Votre raisonnement, s’agissant du principe de « non-contradiction », est évidemment absolument recevable pour une « Eglise en ordre », pour l’Eglise telle qu’elle fut jusqu’à une époque récente. Et cette Eglise traditionnelle d’ailleurs, pendant des siècles, conserva intégralement et avec piété le sacerdoce, la liturgie, la sainte doctrine, les règles du clergé régulier et séculier, etc.

    Cependant ce temps est révolu, nous pouvons le regretter, nous en lamenter – et il y a de quoi réellement lorsqu’on sait la splendeur et la beauté de la religion dans les âges précédents – mais on ne peut que reconnaître, et admettre que ce temps est fini. C’est un fait. Un fait qui a été précédé d’un événement considérable dans l’Eglise : la tenue du concile Vatican II, présidé par deux papes, voté, approuvé et promulgué par 2500 évêques parfaitement valides et légitimes, qui ont entériné les pires hérésies au sein même de la Basilique Saint-Pierre à Rome !

    Comme terrible violation du «principe de non-contradiction» on fait difficilement pire, vous en conviendrez.

    Ce fait oblige donc à un examen sérieux de la situation, et nous démontre que nous nous trouvons en présence d’un « mystère », car que l’Eglise puisse à ce point trahir, piétiner, nier et renverser tout ce qu’elle avait cru et défini infailliblement depuis des siècles, relève du « mystère » inexplicable à vue humaine.

    C’est pourquoi, si l’on veut comprendre ce face à quoi nous sommes confrontés, il convient de se tourner vers les pères, docteurs, théologiens et même les papes qui nous ont parlé du devenir de l’Eglise, le P. Arminjon, Mgr de Ségur, Mgr Gaume, le vénérable Barthélémy Holzhauser, saint Thomas d’Aquin, Léon XIII, saint Pie X, Pie XI, etc.

    Et que nous disent-ils ?

    Aucun d’eux ne parle «d’éclipse » (sic) de l’Eglise, ou du remplacement à Rome de l’Eglise par un « astre autre » (re-sic). Ils annoncent tous, au contraire, un temps dit « d’apostasie » où l’Eglise ne sera pas « remplacée », mais aura à suivre son Divin Fondateur en passant par l’épreuve de la « Passion » ; cette vérité, ceci est à noter, a même été « infailliblement » définie par Pie XI :

    « La Passion du Christ se renouvelle, et d’une certaine manière elle se poursuit et s’achève, dans son corps mystique qui est l’Église. Car, pour nous servir encore des paroles de saint Augustin : « Le Christ a souffert tout ce qu’il devait souffrir ; la mesure de ses souffrances est désormais à son comble. La dette de souffrances était donc payée dans la Tête, mais elle demeurait entière dans son corps ». (…) C’est donc à bon droit que, souffrant toujours en son corps mystique, le Christ veut nous avoir pour compagnons de son expiation. Notre situation envers lui l’exige également, car, puisque nous sommes le corps du Christ et ses membres chacun pour notre part, tout ce que souffre la tête, les membres le doivent souffrir aussi. » (Pie XI, Miserentissimus Redempto, 28 mai 1928).

    On ne saurait être plus clair, plus précis, et surtout bénéficier d’un plus haut niveau d’autorité sur le plan des définitions théologiques puisque ces vérités relèvent du Magistère infaillible. Il s’agit donc bien pour l’Eglise, dans un temps désigné comme étant celui de « l’apostasie », d’être configurée au Christ dans ses souffrances, ses opprobres ; il lui faut subir l’humiliante condition de pécheresse, elle doit devenir « péché », de lumineuse se changer en une Eglise «noire », « obscurcie par la nouveauté» selon saint Thomas.

    Mais cela signifie-t-il qu’elle cesse d’être l’Eglise ?

    Point du tout, c’est notre mère, elle le restera jusqu’à la consommation des siècles, mais elle doit passer par un temps où elle sera recouverte, comme Notre Seigneur au Golgotha, du vêtement hideux du péché.

    Et, comme nous l’avons écrit, en ce cas, et ce cas seulement, notre légitime incompréhension cesse face à la situation illogique, et aux manifestes contradictions des impossibilités – que vous relevez fort justement – car il y a un état, et un état uniquement où l’incohérence trouve sa résolution, c’est lorsqu’on envisage ce qui se déroule sous nos yeux depuis Vatican II, au regard de l’épreuve par laquelle l’Eglise doit passer au cours de son séjour en ce monde. Et l’épreuve dont il s’agit, largement décrite et prédite, a été désignée par les docteurs sous le nom « d’apostasie » ; elle est très clairement prévue, et il est même question d’une positive et très concrète « entrée dans l’Eglise » – et non, ce qui est à noter, dans une quelconque «contrefaçon» qui aurait éclipsé la véritable Eglise -, du «Fils de la perdition».

    Nous ne sommes donc pas en présence d’une « éclipse » de l’Eglise Louis-Hubert Remy, ce qui est impossible théologiquement et n’a aucun sens au regard de l’eschatologie, mais bien d’une «mort mystique», d’une Passion car l’Eglise et le Christ son liés, intimement, au point que les «mystères» – y compris douloureux – par lesquels Notre Seigneur est passé en sa vie terrestre pour nous libérer de l’emprise de la mort, l’Eglise à son tour, doit les subir comme nous le rappelle Mgr de Ségur :

    « JÉSUS-CHRIST et l’Église forment un tout indivisible ; le sort de l’un, c’est le sort de l’autre; et de même que là où est la tête, là également doit se trouver le corps, de même les mystères qui se sont accomplis en JÉSUS-CHRIST durant sa vie terrestre et mortelle doivent se parachever en son Église durant sa vie militante d’ici-bas. JÉSUS-CHRIST a eu sa Passion et son crucifiement : l’Église doit avoir, elle aussi, et sa Passion, et son crucifiement final. » Mgr de Ségur, (De la Passion, de la résurrection et du triomphe final de JÉSUS-CHRIST en son Église, 1897).

    Ainsi, nulle contradiction comme vous le voyez dans cette unité entre le Christ et l’Eglise, comme il n’y eut nulle contradiction dans le mystère douloureux du Golgotha où le Christ fut si odieusement outragé (scènes si bien décrites dans un film admirable « La Passion du Christ », réalisé par un chrétien dont nous savons que vous le portez en haute et méritée estime), comme il n’y a nulle contradiction à reconnaître, défigurée par l’apostasie dans son supplice, notre « Sainte et Eternelle Mère l’Eglise ».

    Il convient de vivre ses heures avec courage, et ce n’est pas facile certes, mais ne pas déserter l’Eglise à la Croix au moment où elle endure sa Passion, est un devoir sacré pour chaque âme chrétienne, c’est même un devoir impérieux de fidélité religieuse et mystique, et de vérité de la Foi catholique.

    Bonne Semaine Sainte.

    Pax Vobis +

  10. papy permalink
    30 mars 2015 18:58

    Votre hérésie a déjà été réfutée car elle ne vous appartient qu’en partie ! Chers lecteurs lisez ce que disait Louis-Hubert Rémy il y a quelques années en réponse à Vincent Morlier, le maître en blasphème et hérésie des clercs de La Question : http://www.a-c-r-f.com/documents/LHR-Reponse_a_impubliable.pdf

  11. 30 mars 2015 22:01

    papy,

    Nous avons suffisamment, en son temps, dit tout ce que nous rejetions vigoureusement dans les positions de M. Vincent Morlier pour ne pas avoir à y revenir.

    Mais pour votre instruction, vous voudrez bien vous reporter aux articles ci-dessous, vous y découvrirez que nous ne nous sommes pas privés de dire clairement, et fermement, ce que nous ne pouvions absolument pas accepter dans les vues erronées de Vincent Morlier, notamment son philo-sionisme :

    Quant aux sources dont « s’inspire » (sic) M. Morlier, voici nos explications ; vous verrez que nous avons constaté que les idées téméraires et blasphématoires défendues par Vincent Morlier, ont été en réalité déjà exprimées par Hubert Le Caron dans un ouvrage publié sous le titre : « Dieu est-il antisémite ? l’infiltration judaïque dans l’Eglise conciliaire, Fideliter, 1987 » :

    L’antijudaïsme chrétien :
    http://www.la-question.net/archive/2010/03/12/l-antijudaisme-chretien.html

    Ainsi, pour revenir à la « réfutation » de M. Louis-Hubert Remy du livre « L’Impubliable » de Vincent Morlier, eh bien figurez-vous que nous sommes pour beaucoup en accord avec.

    En particulier – nous passons sur le « survivantisme de Paul VI », assez peu sérieux, et autres fantaisies soutenues par Vincent Morlier -, sur les points pertinemment mis en exergue par Louis-Hubert Remy qui s’étonne de ces passages :

    • p.3 : « C’est donc pourquoi j’ai trouvé nécessaire d’exposer ce que le Saint-Esprit m’a inspiré sur le sujet pour sauver devant le Trône de Dieu l’honneur du nom chrétien et afin de publier à la face de l’Église, certes fort microscopiquement sans aucun doute vus mes excessivement faibles moyens, cet exposé complet et cohérent de la question que j’ai vainement cherché en son temps. »
    • p. 4 : « Je me rends bien compte qu’elle est aussi absolument nouvelle cette solution que je vais exposer, personne n’ayant pensé à embrasser aussi simplement le problème jusqu’à présent depuis le début de la Crise de l’Église. C’est peut-être étonnant, mais qu’y puis-je, grand Dieu du Ciel ? En tous cas, ne comptez pas sur moi pour faire des complexes. Je sais parfaitement bien pourquoi le Bon Dieu m’a choisi pour révéler ces choses terribles, toutes consumées du feu mystique de l’apocalypse, j’en suis assez affreusement brûlé moi-même dans ma misère de vie pour que le poids de gloire de révéler la vérité une et entière de la Crise de l’Église ne puisse m’être préjudiciable en aucune façon… Mais ceci, qui me concerne, est mon secret et le Sien. L’important est que la VÉRITÉ règne TOUJOURS même aux temps affreux de la Passion et de la Mort mystiques de l’Église. »

    Cf. L’IMPUBLIABLE Solution Théologique de la crise de l’Eglise.

    Or, notre étonnement est identique à celui de Louis-Hubert Remy, car en effet, Vincent Morlier, s’attribue un peu rapidement dans son livre – ou du moins à « l’inspiration du Saint-Esprit », voire, avec une vanité démonstrative peu conforme aux matières abordées, à son génie personnel : « absolument nouvelle cette solution que je vais exposer, personne n’ayant pensé à embrasser aussi simplement le problème jusqu’à présent depuis le début de la Crise de l’Église » (sic !) -, des analyses qui en réalité se trouvent en toutes lettres depuis des décennies, chez la plupart des auteurs catholiques antilibéraux du XIXe siècle : Mgr Gaume, Mgr de Ségur, l’Abbé Arminjon, Dom Lefebvre, etc.

    Il suffit de les lire pour parvenir aux conclusions que nous exposons et soutenons à propos de « La Passion de l’Eglise » et du « temps d’apostasie », auteurs auxquels on rajoutera volontiers les déclarations magistérielles des papes saint Pie X et Pie XI, sur le même sujet.

    Mais nous reconnaissons volontiers à Vincent Morlier un mérite, c’est d’avoir rappelé – quoique en se les attribuant assez cavalièrement comme nous le voyons – et ce dès 1998, ces analyses traditionnelles, afin d’essayer de comprendre l’origine de la crise de l’Eglise ; et il se trouve que ce qui fut dit par les auteurs contre-révolutionnaires, résout d’une manière tout à fait convaincante et surnaturelle, les difficultés insolubles auxquelles nous avons à faire face, en nous permettant d’éviter, tout aussi bien le piège terrible du modernisme que l’impasse tragique du sédévacantisme.

    Cette reconnaissance, figure d’ailleurs explicitement dans notre texte, à la note 4 :

    Vous voudrez bien avoir l’obligeance vous y reporter, et nous lire attentivement les prochaines fois … cela vous évitera d’écrire, beaucoup trop rapidement comme on le constate, des « énormes » sottises.

    Pax Vobis +

  12. Lancre permalink
    30 mars 2015 22:57

    J’admire votre patiente pédagogie à l’égard de ce dénommé « papy », qui passe le plus clair de son temps en des attaques « ad hominem » de bas étage, et à faire ce que l’on peut objectivement désigner dans le jargon de la toile, comme étant du « trollage » sur La Question.

    Disons qu’au moins, les quelques commentaires de ce monsieur acceptés par la modération, permettent parfois d’excellents recadrages, dont celui que vous venez de publier est un modèle en l’espèce !

  13. Lozère permalink
    30 mars 2015 22:58

    Vincent Morlier a divagué, et divague encore en de très nombreux sujets, son seul mérite est d’avoir su comprendre que les annonces des auteurs antilibéraux du XIXe siècle, correspondaient à la présente période.

    Mais c’est un mérite qu’il a malheureusement eu le tort d’amplifier de façon inconsidérée, jusqu’à se vouloir « prophète » et s’attribuer cette compréhension de l’histoire, alors qu’il n’était qu’à l’école de maîtres autrement plus éclairés que lui en matière d’eschatologie catholique.

    On remarque d’ailleurs le faible nombre de citations de ces auteurs antilibéraux dans « L’Impubliable », et on peut comprendre pourquoi, car immédiatement la couronne de la solution « prophétique » aux difficultés que traverse l’Eglise en nos temps troublés, ne lui serait pas revenue …

    On remerciera donc La Question de redonner, et attribuer les mérites des analyses au sujet de la « Passion de l’Eglise », à ceux qui en furent et demeurent, les visionnaires authentiques.

  14. ProVeritate permalink
    30 mars 2015 23:00

    Article qui se veut mystique et tourné vers la Passion du Christ, mais malheureusement de manière fausse et non catholique.
    L’article écrit donc que : « toute l’Église enseignante a… erré dans la Foi à Vatican II » et quelques paragraphes plus bas, il écrit en note 2 que « Vatican II ne souhaita pas faire usage de son pouvoir d’infaillibilité, c’est un fait, mais en droit, comme le rappelle le Droit Canon : “Le Concile œcuménique est muni du pouvoir souverain sur l’Eglise universelle” (Droit Canon, 1917, § 228). La doctrine de l’Eglise, de ce point de vue, est donc formelle : “Pour reconnaître les cas où l’infaillibilité de l’Église est engagée, il suffit de se rappeler que toute doctrine enseignée universellement par les pasteurs chargés de conduire le troupeau du Christ, et donnée manifestement comme appartenant directement ou indirectement à la Révélation, est infaillible” (Cf. Ch.-V. Héris, L’Église du Christ, Le Cerf 1930, pp. 44-45). On n’en peut donc contester que Vatican II, fut de la sorte infaillible en droit. »
    Ainsi donc, on se retrouve donc avec une hérésie proclamée infailliblement (« en droit ») par l’authentique Église catholique enseignante!… On nous répondra, dans la logique de l’article que, eh bien oui, c’est un fait !
    Mais ce qui n’est pas un fait, c’est l’analogie qui en est faite avec la Passion du Christ, car elle est fausse et mensongère. Puisque nous sommes au temps de la Passion, je crois qu’il faut commencer par bien méditer et comprendre ce qu’a été la véritable Passion du Christ.

    L’auteur de l’article parle d’une « Passion » qui identifie et configure l’épouse du Christ à son Divin Fondateur : « Corps mystique du Fils de DIEU, elle aura suivi son divin Chef jusqu’au Calvaire, jusqu’au sépulcre, et par cette fidélité elle aura mérité de partager sa gloire à tout jamais. » (Mgr de Ségur, De la Passion, de la résurrection et du triomphe final de JÉSUS-CHRIST en son Église, Œuvres, t. Xe, 1897, p. 176). Vous faites d’autres citations d’auteurs ayant écrit sur la Passion de l’Église, mais je suis désolé de vous dire que ces citations sont hors sujet, car aucun n’avait en vue ce que vous exposez en préambule : que l’Église enseignante authentique, véridique et infaillible aurait erré dans la Foi, et par cette errance gravissime, vivrait sa Passion !?

    Toute la trame de la Passion du Christ était annoncée précisément dans Isaïe 53. Que le lecteur s’y reporte, et médite lentement tous les termes de ce chapitre très important.
    Pour rester concret et précis dans l’analogie, a-t-on vu le Christ, lors de sa Passion « errer dans la Foi » ? L’a-t-on vu également enseigner l’hérésie ? Tromper ses apôtres ? L’a-t-on vu encore faire des péchés matériels ? Rien de tout cela et l’Écriture nous atteste du contraire à au moins 5 reprises, et le plus clair est celui-ci : « Lui qui n’a pas commis de péché et dans la bouche duquel, il ne s’est point trouvé de fausseté » (I Pier. II, 22), redisant en fait ce qui est écrit très clairement dans l’admirable chapitre d’Isaïe LIII qu’il faut lire en entier : « c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris, etc. » (et non par ses péchés matériels ou son errance dans la Foi !)… Ce n’est pas là faire du pharisaïsme, c’est simplement revenir à la réalité objective des faits lors de la Passion du Christ. Outrepasser ce qui est décrit là, c’est partir dans une autre dimension qui n’est tout simplement plus réelle et catholique. On ne peut plus dire que l’actuelle Passion de l’Église est la réplique de la Passion du Christ. C’est faux puisqu’on n’y voit pas les mêmes choses… Puisqu’on nous dit que dans la bouche de l’Église enseignante se trouve une grande fausseté et un péché matériel ! Elle trompe les fidèles en enseignant l’hérésie et en errant dans la Foi !

    Dans l’optique décrite par l’article ci-dessus, on se trouverait donc face à une Église hérétique (dans la personne du Pape surtout) mais pleinement légitime et donc infaillible aussi !? Donc, face à une « hérésie infaillible » !? Comment, dans ces conditions, peut-on continuer à réciter l’Acte de Foi que l’on trouve dans tous les Missels et Catéchismes Romains universels : « Mon Dieu, je crois fermement tout ce que vous avez révélé et que la sainte Église nous propose à croire ; parce que vous êtes la suprême et infaillible vérité, qui ne pouvez ni vous tromper ni me tromper. Dans cette Foi, je veux vivre et mourir. » (code abrégé de la vie chrétienne) ? Le péché matériel n’interfère pas à ce niveau, puisque ce qui est retenu, dans l’enseignement infaillible est celui donné extérieurement, sans considération du fort interne de l’organe nous délivrant cet enseignement. (Le Saint-Esprit d’ailleurs qui protège l’Église véritable contre tout enseignement erroné dans ce cadre là, est assez puissant pour empêcher une sorte d’enseignement erroné par inadvertance, sans intention mauvaise du Magistère le délivrant. Un enseignement infaillible est un enseignement délivré par le Saint-Esprit qui lui évidemment ne peut faire de péché matériel. C’est ce qu’affirme le catéchisme du concile de Trente : « quoique Tout-Puissant, Dieu ne peut ni mentir, ni tromper, ni être trompé, ni pécher, ni périr, ni ignorer quoi que ce soit. Ces choses ne se rencontrent que chez les êtres dont l’action est imparfaite. »)
    Si l’Église légitime et donc véridique défaille, par le Pape infaillible, comme l’expose l’article ci-dessus, elle devient nuisible pour nos âmes, nous trompe, et donc n’a plus le rôle que lui a attribué le Christ lui-même. Dans La Salette, il y a bien l’annonce que « Rome perdra la Foi et deviendra le siège de l’Antéchrist », mais non : « Le Pape infaillible perdra la Foi » ou « l’Église infaillible perdra la Foi » ce qui serait une affirmation totalement insoutenable au regard de la Foi ! Le Christ a t-il perdu la Foi lors de sa Passion ? A t-il fait des péchés matériels et enseigné l’hérésie ?…
    La sainte Vierge détaille d’ailleurs son annonce en visant dès le début du Secret de La Salette : « des prêtres, des personnes consacrées à Dieu, qui, par leurs infidélités et leur mauvaise vie… ; des Princes de l’Église… ; des chefs et conducteurs du peuple de Dieu ont négligé la prière et la pénitence et le démon a obscurci leurs intelligences… ; plusieurs maisons religieuses perdront entièrement la Foi… ; même des évêques… ; beaucoup de couvents ne sont plus les maisons de Dieu… » Mais la description s’arrête là et le Pape, lui, n’apparaît pas dans ce lot : il aura au contraire beaucoup à souffrir (c’est dit deux fois) parce que l’Église sera livrée à de grandes persécutions. La pierre angulaire, le roc seul détenteur du charisme d’infaillibilité et de l’Autorité apostolique, sera préservé. Or, là où est le Pape, là est l’Église. « Le Vicaire de mon Fils aura beaucoup à souffrir, parce que pour un temps l’Église sera livrée à de grandes persécutions : ce sera le temps des ténèbres ; l’Église aura une crise affreuse. »… « Je serai avec lui jusqu’à la fin pour recevoir son sacrifice. On attentera plusieurs fois à sa vie sans pouvoir nuire à ses jours »… Dans son Secret autographe (3 juillet 1851), Maximin dit exactement la même chose : « notre saint Père le Pape sera persécuté » et il précise en plus : « ce que je dis là arrivera dans l’autre siècle, au plus tard aux deux mille ans »…
    Donc, lorsque la sainte Vierge parle ici de « Rome », dans le même corps prophétique, c’est bien pour désigner une église officielle corrompue qui ne sera plus légitime assurément au moins lorsqu’elle sera devenue le « siège de l’Antéchrist »… Avant cela, le Pape véritable s’y trouvera t-il encore ? Où est-il d’ailleurs ce Pape visé par les Prophéties ?? Il est très clair, en tout état de cause, que lorsque la sainte Vierge parle ici de « Rome », elle ne vise pas le pape véritable puisque dans le Secret elle l’exclu très explicitement de la corruption généralisée dans l’Église et donc de la perte de la Foi. Cela ne signifie pas que ce Pape sera absolument irréprochable et parfait, mais qu’il sera vrai Pape, souffrant à l’exemple du Christ dans sa Passion, et donc sans enseignement infaillible erroné pour le moins. De surcroît, il est bien désigné ici un pape en particulier et non « les papes du XXe siècle » comme tentait de l’expliquer faussement le cardinal Ratzinger dans sa tentative du commentaire du Secret de Fatima.
    Idem d’ailleurs pour le paragraphe final de la Prophétie des Papes, où le dernier Pape devra vivre la persécution antéchristique, au milieu de nombreuses tribulations. Idem à Fatima où cette question est une partie importante du Secret (Jacinte voyait qu’on lui jetait des pierres) et ailleurs (relire les visions d’A.C. Emmerich à ce sujet très explicites). Garabandal par exemple dit : « Beaucoup de cardinaux, d’évêques et de prêtres marchent par le chemin de la perdition… » Mais jamais le Pape véritable n’apparaît dans ces reproches : c’est même tout le contraire : il est « persécuté », « souffrant », subissant des « attentats à sa vie », « on lui jette des pierres », etc. Or, d’après le texte ci-dessus, cet aspect est gommé, escamoté : il est même affirmé que le mal vient du coeur de l’Église véritable par un enseignement « infaillible erroné », donc du Pape véritable, et non d’une persécution extérieure… On ne trouve aucune annonce semblable, ni dans l’Écriture sainte, ni dans les Prophéties privées, ni bien sûr dans les Pères de l’Église. L’Apostasie, la grande Apostasie est liée à l’Antéchrist, lorsqu’il paraîtra publiquement et fera apostasier un grand nombre de personnes, jusque dans l’Église. Mais jamais, oh grand jamais le pape véritable fera chorus avec l’antéchrist ou pire sera l’Antéchrist !
    Votre article fait donc assurément dans la mystique dévoyée, non catholique. Je reprendrais même les termes que vous adressez aux sedevacantistes : c’est une thèse impie et blasphématoire.
    Une telle position équivaut à perdre la Foi dans ce qui fait l’essence même de l’Église, selon la Constitution Divine de l’Église infaillible dont la mission principale est d’ENSEIGNER les Nations : pas d’enseigner l’erreur, mais la Vérité évidemment, selon le mandat donné par le Christ lui-même : « Allez enseigner les Nations », mission d’enseignement tellement importante que tous les membres de l’Église sont répartis entre deux camps : l’Église enseignante et l’Église enseignée… Or, si l’Église véritable et authentique défaille à ce niveau (dans la personne du Pape infaillible, pierre angulaire, puisque c’est lui seul qui a ce charisme d’infaillibilité) et enseigne l’hérésie dans un cadre infaillible, elle ne saura jamais plus retrouver un Magistère crédible : elle est donc irrémédiablement morte au regard de la Mission confiée à elle par le Christ, et dans le pire moment de l’histoire humaine, et donc on doit finalement croire que les forces de l’Enfer ont prévalu contre l’Église. Il n’y a pas d’autre alternative si on veut rester logique et cohérent avec votre article. Quid des promesses faites à Pierre par le Christ ? (« J’ai prié pour toi pour que ta Foi ne défaille pas », « Tu es Pierre et sur cette Pierre je batirai mon Église et les portes de l’Enfer ne prévaudront pas contre l’Église », « Je serai avec vous jusqu’à la fin des temps », etc…) ?
    Cela ne signifie pas pour autant que l’Église véritable soit impeccable en dehors du Magistère infaillible. Des fautes de l’Autorité (en France et en Espagne, par exemple : le Ralliement… Ailleurs : les Cristeros…) et des péchés ont été commis (la non-consécration de la Russie au Coeur Immaculé par exemple) participant d’ailleurs aux « meurtrissures » qui atteignent la sainte Église à l’instar de son divin Maître. Mais ces erreurs ne sont pas irrémédiables. Il ne s’agit pas là d’un enseignement irréformable universel sur la Foi et les moeurs. La question de la Liberté religieuse enseignée à Vatican II est évidemment beaucoup plus grave et c’est le nœud de la crise actuelle.

    Il ne fait aucun doute que l’Église traverse une crise apocalyptique jamais vue et que la solution théologique face aux multiples problèmes engendrés par celle-ci n’est pas aisée. Je n’ai d’ailleurs pas de « solution » toute faite à proposer à ce niveau ! Les débats et désaccords sont nombreux entre théologiens et depuis plus de 40 ans ! Les dernières discussions à Rome avec la FSSPX n’ont fait que rendre plus aigüe encore ces problèmes et ce débat, toujours non résolus. Mais néanmoins, si on veut rester catholique, on ne peut soutenir une position qui va à l’encontre des définitions de la Foi que l’on trouve dans tous les catéchismes, et qui ne peut varier. Et comme l’écrit très justement Ben Ezra : « Je soumets sans hésitation ma raison à l’obéissance de la Foi. » (Ben Ezra qui au passage ne parle aucunement d’ailleurs, lorsqu’il décrit l’agneau à la voix de Dragon, de l’Autorité suprême authentique infaillible : le Pape authentique, mais du clergé et d’évêques prévaricateurs devenus majoritaires : La Salette suit exactement le même discours, et également toutes les prophéties privées.).

    En attendant d’y voir plus clair, nous devons rester à notre place : celle de membre de l’Église enseignée, sachant que la Foi catholique ne change pas, qu’il n’y a pas deux vérités, et que la véritable solution et que le dénouement de cette crise ne viendra que par la tête, sans quoi tout s’effondrera… et s’interdire absolument de tomber dans de pseudo « solutions » qui sont très manifestement en contradiction totale avec les dogmes les mieux établis.

  15. 31 mars 2015 17:42

    ProVeritate,

    Votre commentaire part d’un présupposé axiomatique purement subjectif, qui pourrait éventuellement avoir sa place à la fin d’une analyse étayée, mais difficilement figurer en en-tête d’un exposé, axiome que vous formulez de la sorte : « Article qui se veut mystique et tourné vers la Passion du Christ, mais malheureusement de manière fausse et non catholique » (sic).

    Poser ainsi une conclusion comme vous le faites, avant même d’en avoir démontré les raisons, est malheureusement une assez mauvaise méthode pour traiter validement d’un sujet, pour ne pas dire une grave faute intellectuelle et spirituelle.

    C’est donc cette méthodologie viciée, hélas ! que l’on va retrouver dans toute la suite de vos lignes, qui présentent, en de nombreux endroits, des affirmations tout à fait étonnantes à bien des égards, mais surtout, qui souffrent positivement de cette forme argumentaire fonctionnant sur l’admission préalable d’un présupposé qui n’a pas été démontré. Terrible méprise qui est d’ailleurs la signature quasi ontologique de l’ensemble du courant schismatique.

    Vous considérez ainsi, en ouverture de votre démonstration, que poser le caractère absolument « illogique » entre un concile bénéficiant de l’assistance de l’Esprit-Saint, dans une « Eglise en ordre », du moins à son ouverture, et la proclamation des hérésies qui s’y sont fait entendre, ne peut se comparer à la « Passion du Christ ». Et ce pour deux motifs principaux à vos yeux :

    • 1) « Il est faux de dire que l’Église enseignante authentique, véridique et infaillible aurait erré dans la Foi, et par cette errance gravissime, vivrait sa Passion » ;
      • 2) « Toute la trame de la Passion du Christ était annoncée précisément dans Isaïe 53 ; [mais] a-t-on vu le Christ, lors de sa Passion « errer dans la Foi » ?

    Votre conclusion se résume donc à ceci : « On ne peut plus dire que l’actuelle Passion de l’Église est la réplique de la Passion du Christ. C’est faux puisqu’on n’y voit pas les mêmes choses… Votre article fait donc assurément dans la mystique dévoyée, non catholique » (sic).

    Le problème de votre position, dont on voit immédiatement ce qu’elle tente, quoique vainement, de sauver, soit l’idée d’une Eglise qui pourrait éviter d’être configurée à son Divin Fondateur dans les souffrances de sa Passion, c’est qu’elle est contredite radicalement par l’ensemble des docteurs, théologiens et pontifes s’étant exprimés au sujet des fins dernières.

    Extraordinairement vos lignes passent entièrement sous silence un fait prégnant et incontournable devant advenir dans les derniers temps de la vie terrestre de l’Eglise – ces derniers temps ne signifiant pas que les « derniers jours» vont advenir immédiatement, mais que nous sommes dans la période qui les préparent -, ce fait porte un nom absent de votre raisonnement, et il est pourtant d’une importance capitale : « l’apostasie de la Foi à l’intérieur même de l’Eglise » !

    Or cette « Apostasie », qui signifie le rejet et le reniement de la FOI, est précisément prédite par tous ceux ayant abordé la question des derniers temps, y compris saint Paul.

    Pour rappel, nous nous contenterons de citer que quelques auteurs fondamentaux, dont l’autorité en la matière est incontestable :

    « La négation de Notre-Seigneur, la séparation des deux cités, les préparatifs de la dernière lutte, voilà trois faits annoncés pour les derniers jours. D’abord, la grande apostasie, signe précurseur de la fin des temps, est avant tout la négation de Jésus-Christ, Dieu, roi, médiateur; en un mot, l’antichristianisme. (…) avant de jouir de son dernier triomphe, le plus éclatant de tous, l’Eglise subira des épreuves proportionnées. … » Mgr Gaume, Où allons-nous ?, coup d’œil sur les tendances de l’époque actuelle, Gaume Frère, 1844, pp. 190-192).

    « Cette apostasie, cette défection générale de la foi de Jésus-Christ, cette élaboration de l’œuvre d’iniquité dont un mystérieux empêchement retardait l’éclosion, cet avènement du méchant », c’est-à-dire, sans difficulté, du grand et principal antéchrist dont tant d’autres devaient être les précurseurs, tout cela évidemment n’était pas de ces choses qui adviennent en un clin d’œil, qui commencent, qui se développent, qui évoluent du jour au lendemain. » (Cardinal L. Billot, La Parousie, Beauchesne, 1920).

    • A –PREMIERE CERTITUDE DE LA DEMONSTRATION : Il doit advenir dans les derniers de l’Eglise, une « APOSTASIE » de la FOI.

    Poursuivons notre examen.

    Cette « Apostasie » doit se dérouler non pas seulement dans la « société civile », devenue antichrétienne sous l’effet des idées révolutionnaires, mais doit se produire « DANS » l’Eglise.

    Faisons de nouveau appel aux auteurs qualifiés, de sorte que l’on ne puisse dire que nous ne développions des thèses qui ne se retrouvent « ni dans l’Écriture sainte, ni dans les Prophéties privées, ni bien sûr dans les Pères de l’Église » (sic).

    Lisons avec attention :

    « Les apostasies seront nombreuses, et les courages deviendront rares. Il est écrit que les vertus des cieux seront ébranlées et que les étoiles du ciel tomberont. En d’autres termes, on verra les conducteurs des peuples fléchir le genou devant l’idole régnante, et, ce qui est plus désolant encore, c’est que, parmi les dispensateurs de la science, les astres de la théologie, les bouches d’or de l’éloquence sacrée, un grand nombre déserteront la vérité et se laisseront emporter par le courant de la dépravation. (…) Saint Paul nous apprend encore que Jésus Christ ne descendra pas une seconde fois avant que ne vienne la grande apostasie (…) …». (Abbé C. Arminjon, Fin du monde présent et mystères de la vie future », Victor Palmé, 1881).

    Nous nous rapprochons de l’évidence par ces paroles de l’Abbé Arminjon : « les dispensateurs de la science, les astres de la théologie, les bouches d’or de l’éloquence sacrée, un grand nombre déserteront la vérité et se laisseront emporter par le courant de la dépravation », mais allons plus loin encore, et tournons-nous vers saint Thomas d’Aquin, docteur de l’Eglise :

    « L’Église devient obscure dans l’engouement pour la nouveauté, lorsque les prédicateurs et les docteurs ne sont pas en elle ; elle devient […] noire à cause des nuages, c’est-à-dire à cause de la séduction des hérétiques » (S. Thomas d’Aquin, Commentaire sur les Psaumes X, 3).

    L’Eglise devenue « obscure à cause de la nouveauté », dont parle saint Thomas d’Aquin, c’est évidemment l’Eglise avec son pape, c’est évident. D’ailleurs s’agit-il d’une affirmation chez saint Thomas d’Aquin, docteur de l’Eglise, qui « ne vise pas le pape véritable puisque dans le Secret elle l’exclu très explicitement de la corruption généralisée dans l’Église et donc de la perte de la Foi » (sic) ?

    Vous faites dans le genre comique, ProVeritate, ou quoi ? Curieux raisonnement vraiment que voilà, d’autant que dans le secret de Mélanie, dont vous et vos amis faites grand cas, il est dit en toutes lettres : « Rome perdra la foielle deviendra le siège de l’antéchrist…».

    « Rome perdra la foi », voudrait donc dire, selon vous, une annonce qui « ne vise pas le pape véritable » ? Cette supposition hasardeuse est bien étrange, car si ce n’est pas le « pape véritable », ce n’est donc plus Rome selon toute logique « qui perd la foi », c’est une secte quelconque, une entité non catholique ; mais dire « Rome perdra la foi …. elle deviendra le siège de l’antéchrist », ou « L’Église devient obscure dans l’engouement pour la nouveauté« , signifie bien qu’il s’agit objectivement de « l’Eglise Romaine« , avec son « pape » évidemment, car l’Eglise n’est pas sans pape sauf dans les chimères sédévacantistes ; il n’est donc pas question chez saint Thomas, ou la Très Sainte Vierge à La Salette, d’un «astre autre» (sic), mais de l’Eglise de Rome, perdant la FOI (ou étant « obscurcie », « devenant noire »), et ayant à sa tête le pape.

    Si donc c’est bien de l’Eglise Romaine avec son pape dont nous parlent saint Thomas d’Aquin, l’Abbé Arminjon et même la Vierge à la Salette, Eglise dans laquelle doit se produire cette « Apostasie », que faut-il en déduire ?

    Le vénérable Barthélémy Holzhauser nous le dit :

    « Et alors le Christ commencera à vomir l’Eglise de sa bouche, et permettra que Satan soit délié et étende son pouvoir en tous lieux ; et que le Fils de perdition entre dans le royaume, qui est l’Eglise. » (Interprétation de l’Apocalypse renfermant l’histoire des sept âges de l’Eglise catholique, Librairie Louis Vivès, 1856, t. I, p. 210).

    Vous avez bien lu ProVeritate : le « Fils de la perdition entrera dans l’Eglise », il n’entrera pas dans telle ou telle entité non catholique, non, «il entrera dans l’Eglise », et c’est tout simplement ce qui s’est produit lors de Vatican II, voilà ce que Mgr Gaume appelle « le mot de la formidable énigme » !

    Une énigme, c’est-à-dire un « mystère », le « mystère d’iniquité » :

    « Le raisonnement, l’expérience, la tradition, les données de la foi, les tendances générales de l’esprit humain depuis trois siècles, tout semble se réunir pour nous inspirer de justes alarmes, en nous laissant deviner le mot de la formidable énigme. » Mgr Gaume, Où allons-nous ?, coup d’œil sur les tendances de l’époque actuelle, op.cit., p. 263).

    Ce « mystère » est un « mystère douloureux », mais bien réel, un « mystère » qui a pour nom l’Imitation par l’Eglise de « la Passion de Jésus-Christ », c’est ce que les chrétiens lisent dans leur missel :

    «Depuis les fêtes de la Pentecôte, où elle prit naissance, l’Église reproduit au cours des siècles toute la vie du Christ, dont elle est le corps mystique (…) Jésus termine sa vie par le sacrifice du Golgotha bientôt suivi par le triomphe de sa résurrection. Et l’Église, à la fin des temps, comme son Divin Chef sur la croix, paraîtra vaincue, mais ce sera elle qui remportera la victoire. « Le corps du Christ qui est l’Église, dit Saint Augustin, à l’instar du corps humain, fut d’abord jeune, et voilà qu’à la fin du monde il aura une apparence de caducité ». » (Dom Gaspar Lefebvre, Missel Quotidien et Vesperal, Paris, 1937, p. 930).

    Il n’est pas dit «On ne peut plus dire que l’actuelle Passion de l’Église est la réplique de la Passion du Christ. C’est faux puisqu’on n’y voit pas les mêmes choses…» (sic), etc. ou encore : « le péché matériel n’interfère pas à ce niveau, puisque ce qui est retenu, dans l’enseignement infaillible est celui donné extérieurement, sans considération du fort interne de l’organe nous délivrant cet enseignement»(re-sic), NON ! il est écrit : «l’Église, à la fin des temps, comme son Divin Chef sur la croix, paraîtra vaincue…»

    Car oui ProVeritate, à la Croix, le Christ a été fait « péché !

    Cette vérité est une vérité révélée, le Christ a été configuré au péché pour devenir victime, en holocauste, de nos propres péchés, et l’Eglise à son tour, que vous le vouliez ou non, que cela vous paraisse impossible à vue humaine ou pas, l’Eglise elle aussi, c’est-à-dire TOUTE l’Eglise enseignante jusqu’au pape, doit à son tour être « faite péché pour notre salut »

    Ce n’est pas nous qui le disons, mais le plus grand de tous les docteurs de l’Eglise, dont la Somme Théologique fut placée sur l’autel à côté de la Sainte Ecriture lors du concile de Trente.

    Ainsi le docteur commun écrit :

    « En ce sens, l’Eglise est « faite péché pour notre salut » (II Corinthiens V, 21), « Car Celui qui ne connaissait point le péché, il L’a rendu péché pour l’amour de nous, afin qu’en Lui nous devinssions justice de Dieu ». « Celui, qui ne connaissait pas le péché, c’est-à-dire le Christ (1 Pierre II, 22 – Lui qui n’a pas commis de péché… Jean. VIII, 46 – Qui de vous me convaincra de péché ?), Dieu le Père L’a fait péché pour nous. (…) Dieu envoya son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché… c’est-à-dire que dans la ressemblance du péché c’est le péché qu’il a condamné. Et ici le sens est qu’il Lui a fait prendre une chair mortelle et capable de souffrir. Enfin il arrive parfois qu’on dise que ceci ou cela est, non qu’il en soit vraiment ainsi, mais parce que les hommes en jugent de la sorte. Dans ce sens « Il L’a fait péché pour nous » signifie qu’Il a permis qu’Il fût considéré comme pécheur (Is. LIII, 12). Il a été mis au nombre des pécheurs » (Saint Thomas d’Aquin, Commentaire sur II Cor. V, 20-21, édition Louis Vivès, 1870).

    Si donc l’Eglise doit vivre à l’Imitation du Christ une « Passion », si elle doit être « fait péché pour notre salut », si elle doit être « considérée comme pécheresse », alors dans ce cas, et seulement dans ce cas, se comprend et s’explique « l’apostasie de Vatican II » !

    B – DEUXIEME CERTITUDE DE LA DEMONSTRATION : C’est DANS l’Eglise que doit advenir l’Apostasie, Eglise qui doit être «faite péché pour notre salut» !

    Que faut-il conclure de ces terribles vérités ?

    C’est Mgr de Ségur qui nous l’apprend, lisons de nouveau très attentivement :

    « JÉSUS-CHRIST et l’Église forment un tout indivisible; le sort de l’un, c’est le sort de l’autre; et de même que là où est la tête, là également doit se trouver le corps, de même les mystères qui se sont accomplis en JÉSUS-CHRIST durant sa vie terrestre et mortelle doivent se parachever en son Église durant sa vie militante d’ici-bas. JÉSUS-CHRIST a eu sa Passion et son crucifiement : l’Église doit avoir, elle aussi, et sa Passion, et son crucifiement final. » (Mgr de Ségur, De la Passion, de la résurrection et du triomphe final de JÉSUS-CHRIST en son Église, Œuvres, t. Xe, 1897).

    L’Église doit avoir elle aussi sa Passion ?

    Oui, mais alors comment doit se traduire cette « Passion de l’Eglise », cette « mort mystique » de l’épouse de Jésus-Christ ?

    Voici la réponse :

    « Ce que nous savons, c’est qu’avant ces suprêmes et épouvantables secousses qui constitueront la Passion de l’Église et le règne de l’Antéchrist, il y aura, dit saint Paul, l’apostasie (II ad Thess., II, 3.), l’apostasie générale ou quasi-générale de la foi de la sainte Église Romaine (Corn. a Lap., in loc.cit.). Enfin, ce que nous savons, c’est qu’à cette redoutable époque le caractère général de la maladie des âmes sera « l’affaiblissement universel de la foi et le refroidissement de l’amour divin, par suite de la surabondance des iniquités (Ev.Matth., XXIV, 12). » (Mgr de Ségur, Ibid. ).

    Voilà ce en quoi consiste « La Passion de l’Eglise » selon Mgr de Ségur, « il y aura l’apostasie » (II ad Thess., II, 3.), l’apostasie générale ou quasi-générale de la foi de la sainte Église Romaine » !

    Mais ce n’est donc point une « invention due à une mystique dévoyée » (sic) propre à La Question que cette « Passion de l’Eglise » se traduisant parl’apostasie générale ou quasi-générale de la foi de la sainte Église Romaine »?

    En effet ProVeritate, il ne s’agit pas d’une « invention » de notre part, le fruit de spéculations métaphysiques, l’utilisation de « citations hors sujet, car aucun [des auteurs cités] n’avait en vue ce que [nous] expos[ons] en préambule : que l’Église enseignante authentique, véridique et infaillible aurait erré dans la Foi, et par cette errance gravissime, vivrait sa Passion» (sic), car c’est bien d’une « apostasie » positive, d’une entière défection de la FOI dont il est fait référence chez tous les auteurs abordant le sujet, comme il advenu, et c’est un FAIT incontestable lors de Vatican II, concile oeucuménique convoqué par une « Eglise en ordre » bénéficiant de l’assistance de l’Esprit-Saint, qui engagea par ses hérésies cette « Passion » relevant de « l’apostasie » qui ne doit pas se limiter à « une défection partielle ; car [s. Paul] dit d’une manière absolue, l’apostasie » (P. Emmanuel André, Le drame de la fin des temps, 1895), apostasie au sein de l’Eglise, selon Mgr de Ségur, qui ne parle pas d’une « contrefaçon », d’un « autre astre ayant éclipsé la véritable Eglise« , mais évoque bien l’Eglise véritable pour laquelle «Ce sera le Consummatum est de l’Église militante… » (Op. cit.)

    • CONCLUSION

    Vous aurez donc grandement avantage ProVeritate, visiblement, afin de parvenir à la vérité catholique de sorte de vous éviter de vous détourner de l’Eglise de par l’influence de thèses faussées conduisant à la trahison schismatique, et sous l’effet d’un coupable pharisaïsme, au moment où l’épouse du Christ est au Calvaire et souffre son agonie, de vous pénétrer, très profondément et dans la prière, des saints mystères de la Passion.

    Et si vous souhaitez une définition dogmatique du Magistère infaillible concernant la « Passion de l’Eglise », méditez ces lignes de saint Pie :

    « Ne faut-il pas que l’Eglise de jour en jour, prenne davantage la ressemblance du Christ ? Ne faut-il pas qu’elle soit comme la vivante image de Celui qui a souffert de tels tourments et si nombreux ? Ne faut-il pas que d’une certaine façon elle achève en elle-même ce qui manque aux souffrances du Christ (Coloss. I, 24) ? C’est là le secret de cette loi de la souffrance imposée par Dieu à son Eglise qui milite sur cette terre… » (S. Pie X, Encyclique Communium Rerum, 21 avril 1909).

    Nous sommes précisément en période de Pâques, profitez ainsi des jours de cette Semaine Sainte pour vous placer devant la Croix, et comprendre la réalité effective, c’est-à-dire « mystique » et surnaturelle, de ce que représente la Passion du Christ, vous comprendrez alors mieux « le secret de cette loi de la souffrance imposée par Dieu à son Eglise qui milite sur cette terre… » (S. Pie X), c’est-à-dire les mystères douloureux, qui seuls expliquent la situation que nous traversons, et qui ne sont autres, que ceux de la « mort mystique » et de la « Passion » de la Sainte Eglise Catholique Apostolique et Romaine.

    Pax Vobis +

    • Santa Cruz permalink
      31 mars 2015 23:29

      Tout ce que refusent et ne veulent pas entendre les sédévacantistes, empoisonnés par une logique perverse, se résume à cette vérité exprimée par Mgr de Ségur : « L’Eglise doit avoir, elle aussi, et sa Passion, et son crucifiement final : Corps mystique du Fils de DIEU, elle aura suivi son divin Chef jusqu’au Calvaire, jusqu’au sépulcre, et par cette fidélité elle aura mérité de partager sa gloire à tout jamais. »

    • 31 mars 2015 23:49

      Très juste Santa Cruz. !

      On peut y rajouter ceci :

      « La négation de Notre-Seigneur, la séparation des deux cités, les préparatifs de la dernière lutte, voilà trois faits annoncés pour les derniers jours. D’abord, la grande apostasie, signe précurseur de la fin des temps, est avant tout la négation de Jésus-Christ, Dieu, roi, médiateur; en un mot, l’antichristianisme. » (Mgr Gaume, Où allons-nous ? 1844).

    • papy permalink
      1 avril 2015 01:29

      La Passion de l’Eglise ne peut générer que de la sainteté, des martyrs et des bienheureux et non pas la lèpre de l’erreur, du schisme et de l’apostasie qui , par définition, ne peuvent appartenir à l’Eglise, UNE, SAINTE, CATHOLIQUE et APOSTOLIQUE!!!!

    • ProVeritate permalink
      1 avril 2015 01:45

      Le présupposé parfaitement établi et démontré, puisqu’il fait partie de la vérité historique tirée de l’Évangile est cette citation que vous vous gardez bien de commenter et qui est pourtant le centre de mon précédent message, même si je n’ai pas eu le temps de bien mettre en ordre mon texte (sans parler des dogmes et des promesses du Christ à son Église) :
      « LUI QUI N’A PAS COMMIS DE PÉCHÉ ET DANS LA BOUCHE DUQUEL, IL NE S’EST POINT TROUVÉ DE FAUSSETÉ » (I Pier. II, 22), redisant en fait ce qui est écrit très clairement dans l’admirable chapitre d’Isaïe LIII qu’il faut lire en entier : « c’est par ses MEURTRISSURES que nous sommes guéris, etc. » (et non par ses péchés matériels ou son errance dans la Foi, son apostasie !)…
      Donc, ce qui est parfaitement démontré, à moins de renier la vérité évangélique, c’est que le Christ a vécu sa Passion sans commettre de péché matériel et sans que sa bouche ne professe de choses fausses (errance dans la Foi, hérésies, apostasie, etc.) Il a été défiguré, persécuté, bafoué, humilié, ridiculisé, anéanti, comme un agneau qu’on mène à l’abattoir mais il n’a pas apostasié et répandu des hérésies !
      Même Pilate représentant l’autorité romaine, déclare : « je ne trouve rien dans cet homme qui soit motif à condamnation. » Et quand il s’est agi de condamner le Christ, l’Évangile nous dit qu’il ne s’est trouvé que de faux témoins. Si l’on transpose à la Passion de l’Église telle que vous la présentez (je parle ici de la SAINTE ÉGLISE et non des innombrables membres gangrénés par les hérésies modernistes et d’autres scandales), nous voyons que cette Église a plein de fausseté dans sa bouche puisque son enseignement INFAILLIBLE est hérétique nous dites-vous ! Peut-on dire ici que ce n’est qu’une apparence ? Non, puisque l’hérésie n’est pas seulement ici une « odeur », un « semblant », ou un texte frauduleux, mais un enseignement infaillible « de droit », signé, promulgué et répandu très officiellement sur toute la planète, nous dit-on encore. L’hérésie vient de l’Église authentique et véritable, donc du Saint-Esprit en fait. Et en plus et surtout, s’agissant de l’Église et de son charisme d’infaillibilité, c’est une impossibilité théologique et doctrinale, puisque le Saint-Esprit, pour l’Église infaillible, nous garantit un enseignement sans erreur sur la Foi et les moeurs. Si vraiment le Bon Dieu allait jusqu’à lui faire délivrer un enseignement infaillible hérétique, il y aurait là une tromperie de sa part, car les fidèles seraient aussi véritablement soumis à l’hérésie. La pire des choses puisque leur Foi serait en péril. C’est non seulement insoutenable mais c’est aussi blasphématoire.

      La citation de saint Paul en II Col. V, 21, disant que le « Christ s’est fait péché pour notre salut » ne va pas du tout à l’encontre du passage de saint Pierre cité ci-dessus (au contraire, les deux s’éclairent et permettent de discerner le sens véritable), car si le Christ s’est fait péché pour notre salut, c’est qu’il a pris sur lui nos péchés, en en portant la malédiction et ses conséquences, dans la communion avec notre nature humaine, mais néanmoins sans les commettre lui-même (même au titre du péché matériel). De nombreux mystiques sont passés par là. Je pourrais amplement développer le propos.

      Vous faites toute une série de citations que je connais fort bien et qui ne me posent pas de problème. En revanche, vous leur faites dire des choses qu’elles ne disent pas, et elles n’éclaircissent mais alors en rien le problème que je vous soumettais. Par exemple, vous voulez me démontrer que l’Apostasie frappera l’Église… (je suis d’accord !) mais vous allez jusqu’à ce qu’elle a de plus sacré : son charisme d’infaillibilité dans la personne du Pape, qui sera donc atteint lui aussi ! Or, cela, et en toute objectivité, aucun prophète, aucun auteur sacré, aucun Père ne le dit ! Et pour cause ! puisque si cela était, comme je vous l’écrivais, les promesses du Christ à son Église ne se vérifieraient plus. Une telle supposition du reste serait condamnée comme hérétique, contraire à la Foi. Vous considérez donc que les promesses du Christ à son Église ne sont plus valables pour le temps de la fin, le temps de la Passion de l’Église et de l’Apostasie ?

      Vous me citez par exemple Holzhauser : « Et alors le Christ commencera à vomir l’Eglise de sa bouche, et permettra que Satan soit délié et étende son pouvoir en tous lieux ; et que le Fils de perdition entre dans le royaume, qui est l’Eglise. » Et vous insistez : « Vous avez bien lu ProVeritate : le « Fils de la perdition entrera dans l’Eglise », il n’entrera pas dans telle ou telle entité non catholique, non, «il entrera dans l’Eglise », et c’est tout simplement ce qui s’est produit lors de Vatican II. »
      Le Fils de perdition, c’est l’Antéchrist ! J’espère que vous faites encore la différence entre le pape véritable (avec ses prérogatives et son charisme d’infaillibilité perpétuel) et le Fils de perdition ? A moins que pour vous, le pape véritable et authentique s’est transmué à Vatican II en Fils de perdition, donc l’Antéchrist, ou qu’il a été ou sera son lieutenant, et que donc celui sur lequel le Christ a bati son Église pour ENSEIGNER les Nations et leur apporter la Vérité, est devenu le pourvoyeur d’hérésies et de faussetés !? La Tromperie et l’imposture par excellence ! Au nom de la Passion du Christ !
      Vous rappelez pourtant vous-même dans le préambule de votre article que :
      « L’Église JAMAIS N’APOSTASIERA [c’est clair !] ni ne perdra l’amour. Les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle, l’assistance divine la soutiendra tous les jours jusqu’à la fin des temps. » (Charles Journet, Le Traité de l’Eglise, 1957).
      Je constate d’ailleurs dans vos écrits un changement ou une certaine confusion, puisque vous me dites ici que le Fils de perdition est entré dans l’Église à Vatican II même ! (J’aimerais bien connaître son nom précisément), et pourtant dans la première partie de votre article, vous écrivez ceci : « Rien de très nouveau [écrits de Pierre le Vénérable disant justement que le siège de l’Église sera OCCUPÉ par l’Antéchrist ceux qui ne sont pas chrétiens et que les vrais chrétiens seraient exilés], si ce n’est que cette prophétie inspirée de saint Paul (II Thess., II, 3.), nous annonce les événements qui surviendront lorsque la fin des temps sera advenue, ce qui semble BIEN CORRESPONDRE à la situation de notre période qui en est, en quelque sorte, la préfiguration en de nombreux domaines, mais la PRÉFIGURATION seulement, ce qui signifie que la réalisation pleine et entière de ces derniers moments des siècles, sont encore en attente de leur réalisation effective. » : ??
      Il y a d’ailleurs d’autres incohérences dans votre article ! Dans la dernière note par exemple, vous écrivez ceci : « Il est assez frappant de constater, quoi que l’on puisse penser de ce catéchisme moderniste [le « Catéchisme de l’Église Catholique »], que l’Eglise conciliaire, pour la première fois dans l’histoire des documents romains officiels, a évoqué « L’Épreuve ultime de l’Église » en des termes d’une RARE CLARTÉ, faisant directement allusion au « mystère d’iniquité », ce qui semble tout de même dénoter une certaine capacité à prendre conscience, chez certains théologiens, de la « signification eschatologique » de la période ouverte à partir du dernier concile :
      « 675 – Avant l’avènement du Christ, l’Église doit passer par une épreuve finale qui ébranlera la foi de nombreux croyants (cf. Lc 18, 8 ; Mt 24, 12). La persécution qui accompagne son pèlerinage sur la terre (cf. Lc 21, 12 ; Jn 15, 19-20) dévoilera le « mystère d’iniquité » sous la forme d’une IMPOSTURE RELIGIEUSE apportant aux hommes une solution apparente à leurs problèmes au prix de l’apostasie de la vérité. L’imposture religieuse suprême est celle de l’Anti-Christ… »
      Je lis bien (et je partage cette expression) : IMPOSTURE RELIGIEUSE ! Et c’est d’une RARE CLARTÉ en effet, car voyez-vous l’Église catholique authentique et le PAPE ne représentent pas, faut-il le préciser, une IMPOSTURE RELIGIEUSE.
      Comme je vous l’ai déjà écris, la sainte Vierge à La Salette (mais aussi à Fatima ou Garabandal, et très clairement dans les visions d’Anne-Catherine Emmerich) liste précisément quels sont les membres visés par cette Apostasie dans l’Église (qui sont et seront certainement très nombreux, et ce sont effectivement de vrais membres de l’Église : relisez plus haut dans mon premier message) mais ça ne remettra pas en cause la Constitution de l’Église ni son charisme d’infaillibilité : c’est là ce qui nous sépare. Mais, comme l’écrit Mgr Gaume, ce sera une apostasie « quasi »générale dans l’Église, mais non complète. Elle « paraîtra vaincue » dit-il encore. Maximin Giraud en attendant, lui, fait très clairement la différence (dans son secret autographe) entre « le PAPE qui sera persécuté » et « le MONSTRE » qui doit venir (l’Antéchrist, le Fils de perdition), dans la même époque, vers l’an 2000. Mélanger les deux comme vous le faites dans une sorte de Janus à deux visages est assez hallucinant et je vous le redis très clairement que c’est une supposition non catholique, impie et blasphématoire. J’espère vous avoir mal compris, mais j’en doute !

      Pour tout dire en peu de mots : qu’il y ait ou y aura avec l’Antéchrist particulièrement UNE apostasie gravissime dans l’Église : oui, nous sommes d’accord, mais il s’agira, à l’intérieur de l’Église d’une IMPOSTURE RELIGIEUSE. Mais que l’Église véritable et le Pape notamment apostasie est impossible, et vous le rappelez vous-même en citant Journet !? « L’ÉGLISE JAMAIS N’APOSTASIERA » (là encore, on parle de la SAINTE ÉGLISE et du Pape et non de ses membres gangrénés) C’est pourtant ce que vous dites en estimant que dans le cadre infaillible « de droit », l’Église, et particulièrement ici le PAPE, a erré dans la Foi, a donc apostasié. Totalement hallucinant ! (et ne je suis pas sedevacantiste, mais simplement catholique !) Comment voulez-vous que l’Église retrouve un Magistère crédible demain s’il est démontré que ce Magistère infaillible a « erré dans la Foi » à un moment de l’histoire, fut-ce dans les temps de la fin ? Ou pire, lors même de la PRÉFIGURATION de ces derniers instants ?? Comme je vous l’ai écris précédemment et ce à quoi vous ne répondez pas un mot, il faut donc conclure que l’Église est irrémédiablement morte dans sa mission pourtant confiée par le Christ qui est d’ENSEIGNER la vérité… C’est d’ailleurs la thèse de Vincent Morlier que vous suivez : l’Église romaine est atteinte à un point tel qu’elle ne pourra plus se relever. Forcément : avec un Magistère infaillible hérétique, qui va encore croire à ses définitions et ses dogmes ?? Il n’y a plus qu’à attendre le Règne millénaire, dans lequel il n’y aura plus de papes…

      En revanche, je partage tout à fait votre analyse concernant « l’Église éclipsée » : que ce temps décrit à La Salette ne concerne que le moment de la venue de l’Antéchrist, puisque la Vierge ajoute : « …mais voilà Enoch et Élie ». C’est donc quelque peu mensonger de l’appliquer à la période de Vatican II et ses suites, qui est bien plutôt la période de la « crise affreuse » et le pape martyr de la fin des temps, celui qui « souffrira beaucoup » (pourquoi vous omettez toute cette partie de la prophétie, reprise aussi à Fatima ? sinon parce qu’elle vous dérange).

      Je termine par une prière… Dans cette Prière de l’Église (qui a une valeur bien supérieure aux auteurs spirituels que vous citez), qui se trouvait dans le rituel romain de 1903 pour les prêtres du monde entier (exorcisme de Léon XIII), vous pouvez constater qu’on retrouve exactement tout ce que je décrivais dans mon premier texte, issu de révélations privées authentiques (La Salette, Fatima, A.C. Emmerich). Mais là, c’est la Prière de l’Église qui vient confirmer la description de la Prophétie privée. On ne peut donc la négliger, ou pire la contester ! sans se mettre en porte à faux avec la pensée de l’Église !

      « L’Église, épouse de l’Agneau Immaculé, la voici saturée d’amertume et abreuvée de poison par des ennemis très rusés [donc attaque extérieure] ; ils ont porté leurs mains impies sur tout ce qu’elle désire de plus sacré. Là où fut institué le siège du bienheureux Pierre, et la chaire de la Vérité [ROME, le LIEU et non l’Église !], là ils ont posé le trône de leur ABOMINATION dans l’impiété [œuvre des « ennemis très rusés » et non de la sainte Église véritable !] ; en sorte que le pasteur étant frappé [« frappé » = persécuté, violenté, bafoué, empoisonné, recevoir un coup, percuté : c’est le sens du mot latin PERCUSSO, comme le Christ qui a été frappé !], le troupeau puisse être dis¬persé. Ô saint Michel, chef invincible, rendez-vous donc présent au peuple de Dieu qui est aux prises avec l’esprit d’iniquité, donnez-lui la victoire et faites le triompher. »
      (Supplique à saint Michel)
      « Ecclesiam, Agni immaculati sponsam, vaferrimi hostes repleverunt amaritudinibus, inebriarunt absinthio ; ad omnia desiderabilia ejus, im¬pias miserunt manus. Ubi sedes beatissimi Petri et Cathedra veritatis ad lucem gentium constituta est, ibi thronum posuerunt abominationis im¬pietatis suæ ; ut percusso pastore, et gregem disperdere valeant. Adesto, itaque, Dux invictissime, populo Dei contra irrumpentes spiritales ne¬quitias, et fac victoriam. »

  16. Pie permalink
    31 mars 2015 19:21

    Il faut avoir l’aveuglement des sédévacs, pour refuser les évidences de cette « apostasie » dans l’Eglise, prédite, annoncée et même décrite infailliblement comme participant de l’imitation de la « Passion de Jésus-Christ » qui se fit pécheur pour nous.

    Mais cet aveuglement vire au comique en effet, si le sujet n’était pas si solennel, chez ce « ProVeritate » si mal nommé, qui ose soutenir que « Rome perdra la foi », veut dire peut-être l’Eglise mais pas le pape, comme si « Rome » ce n’était pas l’Eglise et son pape dans la pensée de saint Thomas ou de la Sainte Vierge à La Salette.

    Tout cela, tout ce discours déconnecté de la dimension concrète de l’Eglise, en sa hiérarchie et ses membres, démontre la conception abstraite que se font les schismatiques du pontificat, totalement coupé de sa réalité vivante qu’est le corps mystique de l’Eglise.

    Mgr de Ségur le dit pourtant clairement : « il y aura l’apostasie » (II ad Thess., II, 3.), l’apostasie générale ou quasi-générale de la foi de la sainte Église Romaine » !

    De la « sainte Église Romaine », pas d’une secte non catholique ayant éclipsé la véritable Eglise n’ayant pas de pape ou reconnaissant des « usurpateurs ». C’est bien évident.

    On voit par ces propos hallucinants, les absurdités où peut conduire cette « fou-thèse » du sédévacantisme …jusqu’à nier les textes les plus sacrés et les enseignements infaillibles !!

    • papy permalink
      1 avril 2015 01:24

      PIE.. joue sur les mots avec sa « sainte Eglise Romaine »! c’est du blasphème volontaire et consenti …

    • ProVeritate permalink
      1 avril 2015 05:03

      Ah, ah, ah ! Voilà maintenant le Christ qui se fait PÉCHEUR pour notre salut ! Qui dit mieux ? Oui, ça vire au comique en effet « si le sujet n’était pas si solennel ».
      Je crois que vous avez perdu une occasion de vous taire plutôt que de dire des choses bien fausses.
      LA QUESTION cite pourtant bien en évidence et en gras Journet qui affirme que « JAMAIS L’ÉGLISE N’APOSTASIERA » mais n’en tient même pas compte dans la suite de l’article… Lisez la réponse que je viens de lui adresser.
      Et bien oui, ROME qui sera OCCUPÉE par une IMPOSTURE RELIGIEUSE (dixit le « Catéchisme de l’Église Catholique » que LaQuestion trouve pourtant là d’une RARE CLARTÉ !), ne représentera plus à ce moment l’Église sainte et véritable. C’est évident, ou alors, mon pauvre vous perdez la Foi tout simplement dans les promesses du Christ faites à son Église : « J’ai prié pour toi PIERRE pour que ta Foi ne défaille pas », etc.

      Et vous osez parler des « enseignements infaillibles » ? Mais savez-vous que l’un des fondements des définitions dogmatiques de Vatican I sur l’infaillibilité pontificale est ce constat (« affirmation qui se vérifie dans les faits »), que… « la religion catholique a toujours été gardée SANS TACHE dans le Siège apostolique. » (Pastor Aeternus, 1870, ch.4) Émettre l’hypothèse qu’il n’en est hélas plus ainsi aujourd’hui, c’est faire voler en éclats le dogme même !

      Je termine par une prière… Dans cette Prière de l’Église (qui a une valeur bien supérieure aux auteurs spirituels qui sont cités), qui se trouvait dans le rituel romain de 1903 pour les prêtres du monde entier (exorcisme de Léon XIII), vous pouvez constater qu’on retrouve exactement tout ce que je décrivais dans mon premier texte, issu de révélations privées authentiques (La Salette, Fatima, A.C. Emmerich). Mais là, c’est la Prière de l’Église qui vient confirmer la description de la Prophétie privée. On ne peut donc la négliger, ou pire la contester ! sans se mettre en porte à faux avec la pensée de l’Église !

      « L’Église, épouse de l’Agneau Immaculé, la voici saturée d’amertume et abreuvée de poison par des ENNEMIS très rusés [donc attaque extérieure] ; ils ont porté leurs mains impies sur tout ce qu’elle désire de plus sacré. Là où fut institué le siège du bienheureux Pierre, et la chaire de la Vérité [ROME, le LIEU et non l’Église !], là ils ont posé le trône de leur ABOMINATION dans l’impiété [œuvre des « ennemis très rusés » et non de la sainte Église véritable !] ; en sorte que le pasteur étant frappé [« frappé » = persécuté, violenté, bafoué, empoisonné, recevoir un coup, percuté : c’est le sens du mot latin PERCUSSO, comme le Christ qui a été frappé !], le troupeau puisse être dispersé. Ô saint Michel, chef invincible, rendez-vous donc présent au peuple de Dieu qui est aux prises avec l’esprit d’iniquité, donnez-lui la victoire et faites le triompher. »
      (Supplique à saint Michel)
      « Ecclesiam, Agni immaculati sponsam, vaferrimi hostes repleverunt amaritudinibus, inebriarunt absinthio ; ad omnia desiderabilia ejus, impias miserunt manus. Ubi sedes beatissimi Petri et Cathedra veritatis ad lucem gentium constituta est, ibi thronum posuerunt abominationis impietatis suæ ; ut percusso pastore, et gregem disperdere valeant. Adesto, itaque, Dux invictissime, populo Dei contra irrumpentes spiritales nequitias, et fac victoriam. »

    • Pie permalink
      1 avril 2015 16:27

      @ ProVeritate

      Vous n’avez rien retenu des leçons de votre catéchisme et vous proclamez d’abominables blasphèmes en les accompagnant d’une rire démoniaque !

      Apprenez que le Christ en effet, s’est fait pécheur sur la Croix pour obtenir notre salut, qu’il a endossé, sur lui, la condition d’esclave.

      Il vous est impossible de comprendre, à la fois la nature réelle de la Passion du Christ et celle de la Passion de l’Eglise, car vous méconnaissez entièrement le sens effectif de ce que signifie la « mort mystique » du Golgotha où sur le gibet Jésus a été fait « péché », est devenu un objet d’abomination pour son Père en endossant, lui Saint et sans tâche, la pire condition de la créature pécheresse d’Adam.

      Il a douté, été angoissé, souhaité que le calice s’éloigne de Lui, et même a vu le Père l’abandonner en le regardant sur la Croix comme un vil pécheur dont il avait endossé les fautes.

      Mais votre incapacité à imaginer une configuration de l’Eglise au Christ, une vocation à vivre à son tour la Passion et connaître le péché, s’explique.

      En fait, vous en restez comme beaucoup, en-deçà du « mystère » de la religion, vous la contemplez dans un cadre mural comme une chose figée, immobile, vous avez peur de sa terrible vérité religieuse qui est un drame mystique.

      Et puisque vous citez Léon XIII, prenez donc la peine d’envisager entièrement le sens de sa prière pour l’Eglise, plutôt que de vous cantonner à une récitation extérieure de l’oraisons du pape qui se trouvait dans le rituel romain de 1903 :

      « Le 13 octobre 1884, Léon XIII finit de célébrer la Sainte Messe dans la chapelle vaticane. Il reste alors immobile pendant 10 minutes. Puis, il se précipite vers ses bureaux sans donner la moindre explication à ses proches qui l’ont vu devenir livide. Léon XIII compose aussitôt une prière à Saint Michel Archange, avec instruction qu’elle soit récitée partout après chaque Messe basse.
      Plus tard, le Pape donne son témoignage : « Après la Messe, j’entendis deux voix ; une douce et bonne, l’autre gutturale et dure ; il semblait qu’elles venaient d’à côté du tabernacle. Il s’agissait du démon qui s’adressait au Seigneur, comme dans un dialogue. Voici ce que j’ai entendu » :
      – La voix gutturale, la voix de Satan dans son orgueil, criant au Seigneur :
      « Je peux détruire ton Eglise ».
      – La voix douce du Seigneur : « Tu peux ? Alors, fais le donc ».
      – Satan : « Pour cela, j’ai besoin de plus de temps et de pouvoir ».
      – Notre Seigneur : «Notre Seigneur : « Combien de temps ? Combien de pouvoir ? »
      – Satan : « 75 à 100 ans et un plus grand pouvoir sur ceux qui se mettent à mon service ».
      – Notre Seigneur : « Tu as le temps, tu auras le pouvoir. Fais avec cela ce que tu veux »».

      75 ans après 1884 … cela nous donne exactement 1959 année de la décision par Jean XXIII (le 25 janvier), élu 90 jours plus tôt, de convoquer le concile Vatican II !!

      http://www.lejourduseigneur.com/Web-TV/Evenements/Vatican-II/25-janvier-1959-l-annonce-du-Concile

      @ papy

      Aucun jeu de mot sur le nom « Sainte Eglise Romaine », mais conscience de ses tourments et de ses péchés, malgré sa sainteté….

      Priez pour elle !

  17. Rome permalink
    31 mars 2015 19:23

    Marie-Julie Jahenny, mystique catholique née à Blain, près de Nantes, le 12 février 1850 et morte le 4 mars 1941 dans la même ville, est connue pour ses apparitions et stigmates. Elle faisait partie du Tiers-Ordre Franciscain.

    Voici l’annonce de la grande apostasie qu’elle eut en révélation de Notre Seigneur.

    Le 10 mai 1904 :

    « Dans ce chemin odieux, sacrilège, ils ne s’arrêteront pas là, ils en arriveront à d’autres qui compromettront tout à la fois et d’un seul coup la sainte Église, le clergé, la foi de mes enfants. »

    Le 21 septembre 1881 :

    « Et les pasteurs de l’Église, que seront-ils dans leur foi ? Le plus grand nombre est prêt à livrer sa Foi pour sauver son corps. L’Église pleure ; la douleur qu’ils lui causent ne se réparera jamais. En peu de temps, les pasteurs de l’Église auront répandu partout les scandales et ils auront donné le dernier coup de lance à la Sainte Église. Fais passer cela afin que l’Église sache combien Je souffre dans la personne de Mes prêtres et qu’elle ait compassion de Mes douleurs. Ils Me mettent dans leurs coeurs parmi de grandes et terribles fautes. Leur responsabilité va être terrible. »

    Le 29 septembre 1879 – Saint-Michel dit à Marie-Julie :

    « Des scandales passeront sous vos yeux. Priez seulement et invoquez la Miséricorde Divine. Il faut vous attendre à tout. Le coeur de l’Église n’est plus qu’une plaie sanglante. Elle ne réclame que la conversion des malheureux pécheurs. Aujourd’hui, le crime est porté jusqu’au pied des Autels… Le Seigneur est offensé par ceux qui devraient Le servir. »

    • ProVeritate permalink
      1 avril 2015 05:26

      Complément sur les prophéties de Marie-Julie Jahenny :

      Précisons qu’elle portait sur la poitrine une inscription stigmatique écrite par la Sainte Vierge et ainsi rédigée : « Délivrance du saint-Père, triomphe de la Sainte Église ».

      Méditons ensemble quelques-unes de ses prophéties : « L’auguste Pontife doit lui aussi souffrir toutes sortes de tourments. Vos voix ne seront-elles pas suppliantes pour celui qui sera dans les fers, entouré d’ennemis ? Ses fers seront bien plus pesants que ceux de l’auguste victime qui vient d’être moissonnée (il s’agit de Pie IX). Ils désireront sa mort puisqu’ils veulent la ruine de l’Église Catholique » (29/09/1879 : prophétie importante qui nous précise qu’il s’agit bien d’un Pontife après Pie IX et qui souffrira à cause du complot contre l’Église).
      « L’Église aura son siège vacant de longs mois… (…) Il y aura deux anti-papes successifs qui règneront tout ce temps-là sur le saint-Siège… » (29/09/1882).
      « Priez pour le souverain Pontife ! Malgré la rage des mécréants, malgré tout, il triomphera. Ils n’auront jamais sa vie… » (9/01/1874).
      « On attentera fortement à sa vie et, s’il n’est pas martyr par la main des barbares, c’est que Dieu fera pour lui un éclatant miracle. (…) Jamais, jamais tempête n’aura été aussi forte contre aucun autre pontife. Il est déjà martyr avant de subir le martyre; il souffre avant que l’heure n’ait sonné. Mais il offre sa personne et le sang de ses veines pour tous ses bourreaux et pour ceux qui attentent terriblement à sa vie. Que d’exils à souffrir ! » (29/09/1878).
      « Les peines, les tortures, le mépris, il recevra tout. On ira jusqu’à le conduire à la pierre du premier Pontife. On lui dira : Renie ta foi ! Laisse-nous la liberté ! Mais sa Foi sera ferme et constante. C’est moi qui vous donnerai ce pontife. Priez pour lui qui doit voir sous ses yeux une révolution acharnée ! Jusqu’à la mort, sa main tiendra la Croix et ne la lâchera pas. Priez, je vous en supplie, priez ! Car la Foi et la Religion vont être foulées sous les pieds de ces malfaiteurs » (9/03/1878).
      « L’Église sera privée de son Chef qui la gouverne maintenant. Les vestiges du saint Pontife présent doivent disparaître. L’empreinte de ses pieds au saint autel sera réduite en cendres par les flammes de l’enfer. Le chef de l’Église sera outrageusement outragé ! » (7/07/1880).
      « L’Église, dans un soupir voilé, vient faire retentir aux portes de mon âme brisée l’écho de sa voix mourante. Le pontife suprême lance une parole agonisante vers son peuple, vers les enfants dont il est le père. C’est un glaive pour mon âme. (…) Je vois tout cela dans mon Soleil mystique. Oh ! que je souffre ! » (4/11/1880).
      « L’Église n’aura plus sa voix, qui, aujourd’hui encore, parle bien haut. Le lien de la Foi [Le Pape] boira bientôt dans l’exil l’amertume d’un long et douloureux martyre. Son cœur saisi d’angoisse ne vivra, pour ainsi dire, plus dans sa personne; il offrira tout pour ses enfants, pour son troupeau et pour son Église infaillible » (11/01/1881).
      « Au pied de la montagne, dans un rocher, je vois comme une prison solitaire où est enfermé un VIEILLARD à cheveux blancs dont les traits sont resplendissants. Il porte une croix sur la poitrine. Jésus le reçoit et l’embrasse. Il sèche ses larmes et lui dit : Depuis longtemps tu portes la croix, mais bientôt je te rendrai tous tes droits ravis et ta liberté ! » (18/09/1877).
      Source (pour la plupart des extraits ci-dessus) : R.P. Bourcier, « Marie-Julie Jahenny, une vie mystique », Téqui 1991.)

  18. Johannes permalink
    31 mars 2015 21:57

    Il est écrit clairement :

    « Une très grande partie de l’Église latine abandonn(er)a la vraie foi et tomb(er)a dans les hérésies en ne laissant en Europe qu’un petit nombre de bons catholiques… » (“Interprétation de l’Apocalypse », traduit du latin par le Chanoine de Wuilleret, Ed. Louis Vives, 1857, p. 159).

    Et encore :

    « On peut entendre par «abomination de la désolation le dogme pervers. Lorsque nous l’aurons vu établi dans le lieu saint, c’est-à-dire dans l’Église, et se présenter comme Dieu, nous n’aurons qu’à fuir de la ville vers les montagnes » (Saint Jérôme, in : leçon de matines du bréviaire romain, 24e dimanche après la Pentecôte).

  19. papy permalink
    1 avril 2015 14:35

    Merci (!) à La Question de censurer en PARTIE mes courts messages et de les rendre ainsi plus religieusement corrects! Je prie chaque jour afin que Dieu vous rende la juste mesure de vos « oeuvres »….

  20. Pélikan permalink
    1 avril 2015 17:07

    Je me permets un rappel, qui va dans le sens des analyses de La Question au sujet de « l’apostasie de l’Eglise » dans son imitation de la Passion du Christ, apostasie qui est un acte de « prévarication » de la Vérité commis par ceux qui occupent de nos jours « matériellement » la chaire de Moïse.

    Et cette analyse d’une possibilité d’apostasie de par l’épouse du Christ malgré la sainteté d’une de ses notes constitutives (« une, saint, catholique et apostolique »), met en lumière un point essentiel sur lequel insistait Mgr Guérard des Lauriers : « Il est vrai que resplendit, jusque dans l’erreur, la marque irréfragable de la vérité » ; c’est là un point important que l’on doit comprendre pour accéder à la plénitude du mystère trinitaire :

    « Voilà donc, et voici, le comportement juste que nous devons suivre : non seulement affirmer notre foi avec fierté, avec fermeté, mais aussi faire. (…) Pour comprendre cette connexion qui existe entre la parole et le faire, rien m’est mieux pour des chrétiens qui sont créés à l’image de Dieu, qui sont créé dans le Verbe, que de remonter jusqu’à la Source, jusqu’à la TRINITÉ SAINTE SAINTE SAINTE Elle-même, jusqu’au VERBE de Dieu en Qui nous sommes créés. Il est conçu dans la Lumière, Il est engendré dans la Lumière ; et, cependant, l’inclination à produire, le fait que précisément la Trinité est féconde, qu’Elle n’est pas un monolithe qui serait étranger à la vie, mais qu’Elle une Source de Vie, dans Laquelle le Retour est identique à la Procession, c’est ce faire qui s’exprime dans le VERBE de DIEU (…)Il est vrai que resplendit, jusque dans l’erreur, la marque irréfragable de la vérité ; et, en ce sens, même les sentimentaux (…) ou les lâches témoignent malgré eux de la vérité du VERBE de DIEU Qui, éclos dans l’Amour, s’achève dans l’Amour ; mais la véritable attitude, c’est la troisième, c’est celle qui consiste à la fois à dire, à adorer et à faire, c’est celle qu’illustrent magnifiquement les Carmélites de Compiègne, elles qui sont mortes en chantant. Mes biens chers frères, la situation de l’Église est actuellement difficile (…) Je dois cependant, je dois à la Vérité, dont je suis l’apôtre par vocation, de vous exprimer quelles sont mes options personnelles concernant cette situation difficile (…) Ceux qui sont assis dans la chaire de Moïse : ils sont assis, c’est vrai, ils sont encore assis et ils ont droit à notre respect, c’est vrai aussi. Mais nous leur devons le respect qu’on doit à un cadavre. Ils ne sont plus capables de poser des actes. Ils ne peuvent plus être, dans l’Église et pour l’Église, un “sujet moral” capable de poser des actes susceptibles d’être reconnus dans l’Église ; parce qu’ils ont prévariqué. Ils se sont écartés de la droite ligne et ils ont usé de leur autorité pour introduire frauduleusement des choses qui, contraires à la vérité, réussissent en effet à tromper tous les fidèles. »

    HOMÉLIE PRONONCÉE PAR LE P. GUÉRARD DES LAURIERS, le Dimanche 17 Juillet 1977 en l’église Saint-Nicolas-du-Chardonnet.

  21. 1 avril 2015 20:30

    ProVeritate,

    [Réponse à votre commentaire : https://lebloglaquestion.wordpress.com/2015/03/29/la-passion-et-la-mort-mystique-de-leglise/#comment-51236%5D

    Il apparaît nettement, que vous échappent les éléments théologiques, certes complexes mais néanmoins fondamentaux, de ce que signifie « La Passion », celle du Christ tout d’abord, puis celle, annoncée, prévue et décrite de l’Eglise, par les docteurs, théologiens et papes déjà cités auxquels nous nous référons, et que nous vous renvoyons.

    Aucune difficulté pour ce qui nous concerne dans la phrase de Pierre : « LUI QUI N’A PAS COMMIS DE PÉCHÉ ET DANS LA BOUCHE DUQUEL, IL NE S’EST POINT TROUVÉ DE FAUSSETÉ » (I Pier. II, 22), soyez-en certain, phrase qui va nous donner d’ailleurs – et notre temps liturgique est merveilleusement adapté à ce type de méditation – d’entrer plus profondément dans les mystères de la Passion.

    Vous allez ainsi voir en quoi, si l’Eglise doit partager le même sort que son Divin fondateur, il lui faut assumer une condition « pécheresse » – oui vous avez bien lu -, et ce malgré sa « sainteté » constitutive que rappelle Pierre et sur laquelle vous insistez à juste raison (I Pier. II, 22), mais en oubliant ce que signifie le « mystère » de déréliction de la Croix absolument impensable : « scandale pour les Juifs et folie pour les païens » (1 Cor. I, 23), qui est pourtant au cœur même du drame du Golgotha et de toute la religion chrétienne.

    Trois citations de saint Paul, doivent être mises en exergue en préambule de cette réflexion :

    « Celui qui n’a point connu le péché, il l’a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu. » (2 Corinthiens V, 21).

    « Jésus-Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous-car il est écrit: Maudit est quiconque est pendu au bois… » (Galates III, 13).

    « Lui, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’anéantit (εκένωσεν) lui-même, prenant condition d’esclave, et devenant semblable aux hommes. S’étant comporté comme un homme, il s’humilia plus encore, obéissant jusqu’à la mort, et à la mort sur une croix ! » « (Philippiens II, 6).

    Voici donc posées, non pas trois « présupposés », mais trois vérités essentielles touchant au drame mystique de la Passion, vérités qui portent une lumière saisissante sur ce qu’endura le Christ à la Croix, ce qui fait de ce sacrifice un acte d’une portée inégalable dans toute l’histoire, passée, présente et future, de l’humanité .

    Faisons appel dans cette méditation de ce en quoi consiste le « mystère » de la Passion, à saint Alphonse de Ligori ( + 1787) qui, parmi les docteurs de l’Eglise, est celui qui a le plus précisément décrit la nature du drame vécu par Notre Seigneur. Vous verrez que votre assertion relative à la Passion vécue de l’Eglise par son apostasie («Ce n’est ni la réalité de la vie du Christ, ni celle de la vie de l’Eglise »), un rien rapide, reçoit un terrible et très cinglant démentis.

    Premier point : Caractère inégalable de la Passion de Jésus, en raison de la « Justice » subie de la part de Dieu. Cette « Justice » possède un caractère extrême en raison de la « colère » de Dieu qui est retombée sur le Christ à la Croix selon la parole du Psaume : « Sur moi pèse ta colère; … tes épouvantes m’ont réduit à rien » (Ps 87, 8.17) :

    « Saint Ambroise, parlant de la passion du Sauveur, dit que ses souffrances ne peuvent être égalées. Les Saints ont tâché d’imiter Jésus-Christ dans ses souffrances pour se rendre semblables à lui; mais, y en a-t-il un seul qui soit parvenu à l’égaler ? Il est certain que Notre-Seigneur a souffert plus que tous les pénitents, tous les anachorètes, et tous les Martys; car Dieu l’a chargé de satisfaire rigoureusement à sa justice pour tous les péchés des hommes, et conséquemment, comme le dit saint Pierre, Jésus porta sur la croix le fardeau de toutes nos iniquités, pour en subir la peine dans son corps adorable (1 P 2, 24). Selon saint Thomas, en nous rachetant, le Fils de Dieu n’a pas seulement eu égard à la vertu et au mérite infini de ses souffrances, mais il a voulu souffrir autant qu’il le fallait pour expier pleinement et rigoureusement tous les péchés du genre humain. Et selon saint Bonaventure, il a voulu souffrir autant que s’il eût été lui-même l’auteur de toutes nos fautes. Or Dieu sut tellement aggraver les douleurs de Jésus-Christ, qu’elles atteignirent les proportions requises pour acquitter complètement toutes nos dettes. Ainsi s’est vérifiée cette parole d’Isaïe, que Dieu a voulu broyer son Fils dans les souffrances, pour le salut du monde (Is 53, 10-11).

    Quand on lit les Actes des Martyres, il semble que quelques-uns d’entre eux ont plus souffert que Jésus-Christ; mais saint Bonaventure dit que les douleurs d’aucun Martyr n’ont jamais pu égaler en vivacité celles de notre Sauveur, qui furent les plus aiguës de toutes les douleurs. Saint Thomas assure pareillement que la douleur sensible qui affligea Jésus-Christ fut la plus grande que l’on puisse endurer dans la vie présente. Selon saint Laurent Justinien, dans chaque tourment que Notre-Seigneur eut à subir, si l’on considère la vivacité et l’intensité de la douleur, il souffrit tous les supplices des Martyrs. Tout cela d’ailleurs a été prédit en peu de mots par le Roi David lorsque, parlant à Dieu au nom du Messie, il s’écriait : « Sur moi pèse ta colère; … tes épouvantes m’ont réduit à rien » (Ps 87, 8.17), ce qui signifie que toute la colère de Dieu excitée par nos péchés est venue retomber sur la personne du Sauveur. On entend dans le même sens ce que l’Apôtre dit: « Il est devenu malédiction pour nous » (Ga 3, 13). Jésus devint la malédiction, c’est-à-dire l’objet de toutes les malédictions que méritent les pécheurs. »

    Deuxième point : La peine ressentie de Jésus à la Croix, « devenu malédiction pour nous » (Ga 3, 13), provient de son sentiment d’abandon de la part de son Père, qu’il exprima par ces mots :  » Eli ! Eli ! lema sabachtani ? «  (Mt 27, 46).

    « David a aussi prédit la grande peine que Jésus devait éprouver sur la croix en se voyant abandonner de tout le monde, même de ses disciples, à l’exception de saint Jean et de la Très Sainte Vierge. Mais la présence de cette Mère chérie n’adoucit point la peine d’un Fils si tendre; elle l’augmentait, au contraire, par la compassion qu’il avait de la voir si affligée à cause de sa mort. Notre-Seigneur, au milieu des angoisses de son cruel supplice, ne trouva donc personne pour le consoler, précisément comme David l’avait annoncé (Ps 68, 21). Mais, la douleur qui affligea le plus profondément notre doux Rédempteur, ce fut d’être abandonné même de son Père éternel; aussi s’écria-t-il alors, conformément à la prophétie de David: « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’avez-vous abandonné ? Loin de me sauver les paroles de ma bouche  » (Ps 21, 2). C’est comme s’il eût dit : « Mon Père ! les péchés des hommes, que j’appelle les miens parce que je m’en suis chargé, m’empêchent de me délivrer de ces souffrances qui consument ma vie ; mais vous, mon Dieu ! dans cette extrême désolation, pourquoi m’avez-vous abandonné ? » Ces paroles du Prophète-Roi correspondent parfaitement à celles que Jésus prononça sur la croix, selon l’Évangile de saint Mathieu, peu de temps avant sa mort :  » Eli ! Eli ! lema sabachtani ?  » (Mt 27, 46).

    Troisième point : Jésus à la Croix a pris la condition d’esclave, ses peines intérieures étaient encore plus grandes que celles de son corps, car il se savait « abandonné » par son Père.

    « Saint Paul dit que Jésus-Christ s’est abaissé jusqu’à prendre la forme de serviteur (Ph 2, 7). Sur ce texte, saint Bernard fait la réflexion suivante : « Notre divin Rédempteur, qui est le Maître de l’univers, ne s’est pas contenté de prendre la condition de serviteur; il a voulu paraître mauvais serviteur, et d’expier ainsi nos fautes ».

    Qui ne pleurerait d’attendrissement, et qui n’aimerait pas Jésus-Christ, si chacun considérait tout ce qu’il a souffert durant ses trois heures d’agonie sur la croix ? Tous ses membres étaient blessés et souffrants; l’un ne pouvait secourir l’autre. Cruellement affligé sur ce lit de douleur, Notre-Seigneur ne pouvait changer de position, ayant les mains et les pieds cloués. Toutes ses chairs sacrées étaient en plaies, mais les blessures de ses mains et de ses pieds, qui devaient soutenir tout son corps, étaient les plus douloureuses; s’il voulait s’appuyer, soit sur les mains, soit sur les pieds, il y éprouvait des douleurs plus vives. On peut bien dire que Jésus endura autant de morts qu’il y eut d’instants dans ces trois heures d’agonie. Ô innocent Agneau, qui souffrez tant pour moi, ayez pitié de moi! Telles étaient les souffrances corporelles de notre Sauveur, et c’étaient les moindres; ses peines intérieures étaient encore bien plus grandes. Son âme bénie était toute désolée, privée de toute consolation ou de tout soulagement possible; elle n’éprouvait qu’ennui, tristesse, et affliction. C’est ce qu’il a voulu faire entendre par ces paroles : « Mon Dieu ! mon Dieu ! pourquoi m’avez-vous abandonné? (Mt 27, 46). Et c’est comme submergé dans cet abîme de douleurs, intérieures et extérieures, que l’aimable Jésus a voulu finir sa vie, conformément à la prophétie de David: « Je suis entré dans l’abîme des eaux et le flot me submerge » (Ps 68, 3). »

    Quatrième point : Le Christ parut aux yeux de son Père « le plus grand pécheur de l’univers », et il fut « troublé » à l’aspect de sa mort.

    « Ô Père éternel ! quel déplaisir vous a donc causé ce Fils innocent et obéissant, pour que vous le punissiez par une mort remplie de tant d’amertume ? Regardez-le sur cette croix. Voyez comme sa tête y est tourmentée par les épines, comme son corps y est attaché par trois crochets de fer et ne repose que sur ses plaies ! Il est abandonné de tout le monde, même de ses disciples; ceux qui l’entourent ne font qu’augmenter son supplice par des dérisions et des blasphèmes; pourquoi donc, vous qui l’aimez tant, l’avez-vous abandonné aussi ? Mais il ne faut pas oublier que Jésus s’était chargé de tous les péchés du monde. Quoiqu’il fût le plus saint de tous les hommes, ou plutôt la sainteté même, ayant pris sur lui la charge de satisfaire pour tous nos péchés, il paraissait le plus grand pécheur de l’univers. Comme tel, devenu responsable pour tous, il s’était offert à payer toutes nos dettes envers la Justice divine; et comme nous méritions d’être à jamais abandonnés dans l’enfer et livrés à un désespoir éternel, il a voulu être lui-même abandonné à une mort sans consolation, afin de nous délivrer de la mort éternelle. Saint Augustin observe en outre que, si Jésus-Christ se troubla à l’aspect de sa mort, ce fut pour la consolation de ses serviteurs, afin que, s’il leur arrive d’éprouver quelque trouble lorsqu’ils se voient sur le point de mourir, ils ne se regardent pas comme réprouvés et ne s’abandonnent pas au désespoir, puisque le Seigneur lui-même se troubla dans cette circonstance. »

    Saint Alphonse-Marie de Liguori, Considérations sur la Passion de Jésus-Christ, 1761.

    Voilà les 4 grandes vérités de la Passion du Christ :

    1°) Jésus a vu peser sur lui la colère de Dieu (Ps 87, 8.17) ;
    2°) Jésus est « devenu malédiction pour nous » (Ga 3, 13), et fut abandonné de la part de son Père (Mt 27, 46) ;
    3°) Jésus à la Croix a pris la « condition d’esclave » (Ph 2, 7) ;
    4°) Jésus parut le plus grand pécheur de l’univers ;

    Transposons tout cela pour la « Passion » de l’Eglise :

    1°) L’Eglise verra peser sur elle la colère de Dieu (Ps 87, 8.17) ;
    2°) L’Eglise « deviendra malédiction pour nous » (Ga 3, 13), et sera abandonné(e) de la part du Père (Mt 27, 46) ;
    3°) L’Eglise lors de sa Passion prendra la « condition d’esclave » (Ph 2, 7) ;
    4°) L’Eglise paraîtra la plus grande pécheresse de l’univers ;

    Relisons à présent les paroles « infaillibles » de saint Pie X tirées de son Encyclique « Communium Rerum » :

    « Ne faut-il pas que l’Eglise de jour en jour, prenne davantage la ressemblance du Christ ? Ne faut-il pas qu’elle soit comme la vivante image de Celui qui a souffert de tels tourments et si nombreux ? Ne faut-il pas que d’une certaine façon elle achève en elle-même ce qui manque aux souffrances du Christ (Coloss. I, 24) ? C’est là le secret de cette loi de la souffrance imposée par Dieu à son Eglise qui milite sur cette terre… » (S. Pie X, Encyclique Communium Rerum, 21 avril 1909).

    Le sens que nous donnons à ces paroles, est exactement celui que leur donnent tous les docteurs, théologiens et pontifes que nous citons dans nos textes (Mgr de Ségur, l’Abbé Arminjon, le P. Emmanuel, Dom Lefebvre, etc.) : L’Eglise, dans l’Imitation de son Sauveur dans sa Passion, doit devenir l’objet de la colère de Dieu, prendre condition d’esclave, « devenir malédiction », et être la « plus grande pécheresse de l’univers » !

    Est-ce « non seulement insoutenable mais aussi blasphématoire » ?(sic) ; faisons nous « dire des choses qu’elles ne disent pas [à ces citations] » (re-sic) ? NON ! c’est simplement une lecture authentique, véritable, évangélique et mystique, une lecture qui participe à la fois du scandale et de la folie de la Croix, mais aussi du grand mystère de la « Rédemption », et c’est là, ce « mystère », le cœur même de la religion catholique. Tout simplement.

    Quant à votre question : Est-ce que « le charisme d’infaillibilité dans la personne du Pape sera donc atteint lui aussi » ?

    Ce n’est pas nous qui la soutenons cette « atteinte », mais les actes de Vatican II ! Actes promulgués par un concile oeucuménique constitué de 2500 évêques parfaitement valides, présidé par deux papes, qui ont proclamé à la face du monde, par l’effet du Magistère infaillible de l’Eglise, une « nouvelle religion », une « religion de l’homme » qui s’est imposée au profit de la « religion de Dieu », qui avait été celle de l’Eglise catholique depuis dès siècles, en niant et contredisant toutes les positions antérieures soutenues par Rome dans ses conciles, encycliques, bulles, brefs, lettres et déclarations « infaillibles » !

    Sauf à considérer, ce qui n’a évidemment aucun sens théologiquement mis à part pour les raisonnements schismatiques sédévacantistes, que ce concile apostat et hérétique ne fut point un concile de l’Eglise, et qu’il n’y avait point de pape pour le présider, c’est donc bien l’Eglise, par son Magistère authentique, qui a proclamé et annoncé l’hérésie depuis la chaire de Saint Pierre lors de Vatican II !

    Cela ne se peut, cela est impossible, l’Eglise ne peut « errer dans la Foi« , OUI, en effet, mais pourtant l’Eglise dans le cadre d’un concile et de par la bouche de ses papes, a « infailliblement » proclamé l’hérésie ! Voilà, incontestable et concret, le « FAIT  » devant lequel nous sommes placés, que nous le voulions ou non.

    Et ce « FAIT« , puisque cela s’est vraiment produit, « urbi et orbi », porte un nom en langage théologique : « APOSTASIE ».

    Or, pour que cette « apostasie » puisse se produire il aura fallu, comme l’expliquent les théologiens s’exprimant sur le sujet des événements annonciateurs de la « fin des temps », que Dieu consente, ce qui n’est pas «une supposition non catholique, impie et blasphématoire» mais une imitation de son Divin Fondateur sur le chemin du Golgotha de l’épouse du Seigneur, à ce que l’Eglise soit configurée au Christ dans sa Passion, et qu’elle voit peser sur elle la colère de Dieu (Ps 87, 8.17) ; qu’elle « devienne malédiction pour nous » (Ga 3, 13), qu’elle soit « abandonnée de la part du Père » (Mt 27, 46) ; qu’elle prenne la «condition d’esclave » (Ph 2, 7) ; quelle paraisse « la plus grande pécheresse de l’univers  » !

    Il faut donc admettre ce FAIT qui est inadmissible, qui est inenvisageable en théorie, mais qui pourtant a bien eu lieu, un FAIT qui nous amène donc à « conclure que l’Église est [non pas irrémédiablement morte], mais pour un temps « obscurcie» par «l’engouement pour la nouveauté», devenue «noire» «à cause de la séduction des hérétiques» (cf. S. Thomas d’Aquin), dans sa mission pourtant confiée par le Christ qui est d’ENSEIGNER la vérité », un FAIT qui relève de ce par quoi l’Eglise doit passer, soit « le renouvellement » de la Passion, qui « poursuit et achève » celle du Christ :

    « La Passion du Christ se renouvelle, et d’une certaine manière elle se poursuit et s’achève, dans son corps mystique qui est l’Église.» (Pie XI, Miserentissimus Redempto, 28 mai 1928)

    Voilà, terrible et incroyable, scandale et folie, mais cependant « infaillible », la Vérité catholique ! Et c’est cette vérité, et seulement elle, qui évite le piège tendu par le modernisme, et libère de la séduction empoisonnée du syllogisme luthérien schismatique ; l’Eglise, comme le Christ, a été faite « péché » : « En ce sens, l’Eglise est « faite péché pour notre salut »(II Corinthiens V, 21), « Car Celui qui ne connaissait point le péché, il L’a rendu péché pour l’amour de nous, afin qu’en Lui nous devinssions justice de Dieu ». « Celui, qui ne connaissait pas le péché, c’est-à-dire le Christ (1 Pierre II, 22 – Lui qui n’a pas commis de péché… Jean. VIII, 46 – Qui de vous me convaincra de péché ?), Dieu le Père L’a fait péché pour nous. (…) Dieu envoya son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché… c’est-à-dire que dans la ressemblance du péché c’est le péché qu’il a condamné. Et ici le sens est qu’il Lui a fait prendre une chair mortelle et capable de souffrir. Enfin il arrive parfois qu’on dise que ceci ou cela est, non qu’il en soit vraiment ainsi, mais parce que les hommes en jugent de la sorte. Dans ce sens « Il L’a fait péché pour nous » signifie qu’Il a permis qu’Il fût considéré comme pécheur (Is. LIII, 12).Il a été mis au nombre des pécheurs » (Saint Thomas d’Aquin, Commentaire sur II Cor. V, 20-21, édition Louis Vivès, 1870).

    Mais pour cela, pour comprendre théologiquement la situation présente de l’Eglise « pécheresse », « faite péché » à l’image du Christ sur la Croix, « prosterné et abattu, gémissant sous ce poids honteux [des torrents de péché], n’osant seulement regarder le ciel ; tant sa tête est chargée et appesantie par la multitude de ses crimes, c’est-à-dire des nôtres, qui sont véritablement devenus les siens » (Bossuet, Sermon sur le Vendredi-Saint), encore faut-il entrer, par la prière et non le raisonnement et la logique – « laissons les raisonnements et les paroles étudiées, et appliquons nos esprits sérieusement sur cet étrange spectacle que le prophète nous représente » (Bossuet, ibid.) -, dans le « mystère » de la Passion et, par cette prière, aller au bout de son exigence théologique et « mystique ».

    C’est ce que, charitablement, nous vous souhaitons.

    Bonne entrée dans le Triduum Pascal, et participation priante aux événements de la Passion de Jésus-Christ, qui vous feront percevoir ce qu’est appelée à vivre, à son tour, son épouse l’Eglise, dans sa « mort mystique », en attente de sa glorieuse « Résurrection ».

    Pax Vobis +

  22. 1 avril 2015 21:06

    Pour permettre une compréhension plus encore étendue de ce que signifie la Passion du Christ, où Jésus, qui fut « troublé », « douta», fut « prosterné et abattu, gémissant sous le poids honteux, n’osant seulement regarder le ciel ; tant sa tête [était] chargée et appesantie par la multitude de ses crimes» – tout ceci en pensant que l’Eglise, à son tour, est amenée à la suite de son Divin époux, à en partager les épreuves, puisque la Passion du Christ « se poursuit et s’achève, dans son corps mystique qui est l’Église » (S.S.Pie XI, Miserentissimus Redempto, 28 mai 1928) -, nous croyons utile, en cette période liturgique de la Semaine Sainte, d’inviter, pour l’édification des âmes, à la méditation du Sermon de Bossuet prononcé pour le Vendredi-Saint.

    On y retrouve à propos des « mystères douloureux », tout ce sur quoi insiste saint Alphonse de Ligori dans ses « Considérations sur la Passion de Jésus-Christ», mais avec une langue d’une force extraordinaire, bien en rapport avec l’immense génie littéraire que possédait de l’évêque de Meaux au XVIIe siècle :

    PREMIERE MEDITATION : «Le Seigneur a mis en lui seul l’iniquité de nous tous, nos péchés sont devenus les siens, nos crimes sont devenus ses crimes».

    « Ne croyez donc pas, chrétiens, que la constance que nous adorons dans le Fils de Dieu ait rien diminué de ses douleurs. Il les a toutes surmontées, mais il les a toutes ressenties ; il a bu jusqu’à la lie tout le calice de sa passion, il n’en a pas laissé perdre une seule goutte ; non-seulement il l’a bu, mais il en a senti, il en a goûté, il en a savouré goutte à goutte toute l’amertume. De là cette crainte et cet ennui ; de là cet abattement et cette langueur qui le presse si violemment. Il fut contraint de dire à ses apôtres : « Mon âme est triste jusqu’à la mort ; demeurez ici, ne me quittez pas : » Sustinete hic, et vigilate mecum. Vous reconnaissez, chrétiens, que c’est le discours d’un homme accablé d’ennui. Et d’où lui vient cet accablement? C’est le poids de nos péchés qui le presse et qui à peine lui permet-il de respirer. Et en effet, chrétiens, laissons les raisonnements et les paroles étudiées, et appliquons nos esprits sérieusement sur cet étrange spectacle que le prophète nous représente. « Nous avons tous erré comme des brebis ; chacun s’est égaré en sa voie, et le Seigneur a mis en lui seul l’iniquité de nous tous. » Représentez-vous ce divin Sauveur sur lequel tombent tout à coup les iniquités de toute la terre ; d’un côté les trahisons et les perfidies, de l’autre les impuretés et les adultères; de l’autre les impiétés et les sacrilèges, les imprécations et les blasphèmes, enfin tout ce qu’il y a de corruption dans une nature aussi dépravée que la nôtre. Amas épouvantable! tout cela vient inonder sur Jésus-Christ. De quelque côté qu’il tourne les yeux, il ne voit que des torrents de péché qui viennent fondre sur sa personne : Torrentes iniquitatis conturbaverunt me . Ils le poussent, ils le renversent, ils l’accablent : Conturbaverunt me. Le voilà prosterné et abattu, gémissant sous ce poids honteux, n’osant seulement regarder le ciel ; tant sa tête est chargée et appesantie par la multitude de ses crimes, c’est-à-dire des nôtres, qui sont véritablement devenus les siens. Pécheur superbe et rebelle, regarde Jésus-Christ en cette posture. Parce que tu marches la tête levée, Jésus-Christ a la face contre terre; parce que tu secoues le joug de la discipline et que tu trouves la charge du péché légère, voilà Jésus-Christ accablé sous sa pesanteur; parce que tu te réjouis en péchant, voilà Jésus-Christ que le péché met dans l’agonie : Et factus in agonià prolixiùs orabat.

    SECONDE MEDITATION : « La honte des crimes dont il est couvert combat la liberté filiale ».

    « Il faut considérer, chrétiens, ce que c’est que cette agonie ; et afin de le bien comprendre, en insistant toujours aux mêmes principes, disons que chaque péché attire deux choses, la honte et la douleur qui en sont comme les suites naturelles. La honte lui est due, parce qu’il s’est élevé déraisonnablement ; la douleur lui est due, parce qu’il s’est plu où il ne fallait pas. Et voici l’innocent Jésus, qui transportant en lui nos péchés, a pris aussi ces deux sentiments dans toute leur véhémence, et c’est la cause de son agonie. La honte en premier lieu vient couvrir sa face, la honte l’abat contre terre; mais, ce qui est le plus remarquable, la honte le rend tremblant devant son Père ; il ne lui parle plus avec cette douce familiarité, avec cette confiance d’un Fils unique qui s’assure sur la bonté de son Père. Père, Père, « s’il est possible ; » et qu’y a-t-il d’impossible à Dieu? Si possibile est . Eh bien, Père, tout vous est possible, si vous voulez. Si vous voulez, et peut-il ne pas vouloir ce que lui demande un Fils si chéri ? Toutefois écoutez la suite : « Détournez de moi ce calice; et toutefois faites, mon Père, non ma volonté, mais la vôtre. » O Jésus! ô Jésus! est-ce là le langage d’un Fils bien-aimé? Et vous disiez autrefois si assurément : « Mon Père, tout ce qui est à vous est à moi, tout ce qui est à moi est à vous. » Et lorsque vous priiez autrefois, vous commenciez par l’action de grâces : « O Père, je vous remercie de ce que vous m’avez écouté ; et je le savais bien que votre bonté paternelle m’écoute toujours. » Pourquoi parlez-vous d’une autre manière? Pourquoi entends-je ces tristes paroles : « Non ma volonté, mais la vôtre ? » Depuis quand cette opposition entre la volonté du Père et du Fils ? Ne voyez-vous pas qu’il parle en tremblant, comme chargé des péchés des hommes ? La honte des crimes dont il est couvert combat cette liberté filiale. Quelle gêne! quelle contrainte à ce Fils unique! Factus in agonià prolixiùs orabat : « Etant en agonie, il priait longtemps. » Autrefois un mot suffisait pour être assuré de tout emporter ; il disait en un mot : « Père, je le veux : »Volo, Pater. Il a été un temps qu’il pouvait hardiment parler de la sorte; maintenant que le Fils unique est couvert et enveloppé sous le pécheur, il n’ose plus en user si librement. Il prie, et il prie avec tremblement ; il prie, et priant longtemps il boit tout seul à longs traits toute la honte d’un long refus. Taisez-vous, taisez-vous, caution des pécheurs; il n’y a plus que la mort pour vous. »

    TROISIEME MEDITATION : « Jésus est couvert de tous les crimes ».

    « La seconde cause de son agonie, c’est la douleur qu’il ressent des péchés qu’il porte; douleur si tuante et si accablante, qu’elle passe infiniment l’imagination. Nous ne sentons pas, pécheurs misérables et endormis dans nos crimes, hélas! nous ne sentons pas combien le péché est amer. Pour vous en former quelque idée, sans sortir de l’histoire de la passion, regardez le torrent de larmes amères qui se déborde impétueusement par les yeux de Pierre, pour un seul crime d’infidélité. Et Jésus est couvert de tous les crimes, et du crime même de Pierre, et du crime même du traître Judas, et du crime même du lâche Pilate, et du crime même de tout ce peuple qui se rend coupable du déicide, en criant furieusement : « Qu’on le crucifie ! » O Jésus chargé de tous les péchés, dussiez-vous vous fondre en eau tout entier, vous n’avez pas assez de larmes pour fournir ce qu’il en faut à tant de crimes ! La douleur du cœur y supplée, et c’est pourquoi elle s’augmente jusqu’à l’infini. Il regrette tous nos péchés, comme s’il les avait commis lui-même, parce qu’il en est chargé devant son Père; il les compte et les regrette tous en particulier, parce qu’il n’y en a aucun qui n’ait sa malice particulière; il les regrette autant qu’ils le méritent, parce qu’il en doit faire le paiement, et un paiement rigoureux. Or la douleur fait partie de ce paiement : nulle consolation dans cette douleur, parce que la consolation l’eût diminuée, et elle était due tout entière. Jugez, jugez de l’accablement! Ah! disait autrefois David : « Mes péchés m’ont saisi de toutes parts ; le nombre s’en est accru par-dessus les cheveux de ma tête, et mon cœur m’a abandonné : » Comprehenderunt me iniquitates meœ ; multiplicatœ sunt super capillos capitis mei, et cor meum dereliquit me. Que dirai-je donc maintenant de vous, ô cœur du divin Jésus, accablé par l’infinité de nos péchés? Pauvre cœur, où avez-vous pu trouver place à tant de douleurs qui vous percent, à tant de regrets qui vous déchirent ?

    QUATRIEME MEDITATION : « La suspension étonnante de la puissance du Fils de Dieu ne resserre pas seulement sa puissance extraordinaire et divine; elle enchaîne la puissance même naturelle ».

    « Notre saint, notre charitable, notre miséricordieux Criminel a déjà essuyé la première peine, il s’est déjà tourmenté lui-même; le voici au second degré de la vengeance divine, et il va être persécuté par un concours presque universel de toutes les créatures (…) Pour concevoir une forte idée de ce second genre de supplice qui a été une source de maux infinis, il faut poser avant toutes choses que Jésus considérant en lui-même qu’il est juste que le pécheur, s’étant séparé de Dieu qui est son appui, tombe dans la dernière faiblesse ; au moment qu’il a été résolu qu’il se mettrait en la place de tous les pécheurs, a suspendu volontairement et a retiré en lui-même tout l’usage de sa puissance. C’est pourquoi les Juifs s’approchant pour se saisir de sa personne, il leur dit cette mémorable parole : « Vous venez à moi comme à un voleur; j’étais tous les jours dans le temple, et vous ne m’avez pas arrêté ; mais c’est que voici votre heure et la puissance des ténèbres. » Il veut dire, ô Juifs, si vous l’entendez, que vous ne pouviez pas l’arrêter alors, parce qu’il se servait de sa puissance; maintenant qu’elle n’agit plus, la puissance opposée n’a plus rien qui la borne, qui la contraigne. Voilà Jésus livré et abandonné à quiconque voudra l’outrager : Nunc est hora vestra et potestas tenebrarum. Cette suspension étonnante de la puissance du Fils de Dieu ne resserre pas seulement sa puissance extraordinaire et divine; elle enchaîne la puissance même naturelle, et elle en suspend tout l’usage jusqu’au point que vous allez voir.

    CINQUIEME MEDITATION : « Maudit de Dieu est celui qui est pendu sur le bois ».

    « Jugez où va ce supplice ; ni les hommes, ni les anges ne le peuvent jamais concevoir. Saint Paul nous en donne une idée terrible, lorsque, considérant d’un coté toutes ces étranges malédictions que la loi de Dieu attache justement aux pécheurs, et regardant d’autre part des yeux de la foi Jésus-Christ tenant leur place en la croix, Jésus-Christ devenu péché pour nous, comme il parle, il ne craint point de nous dire que « Jésus-Christ a été fait pour nous malédiction ; » le grec porte exécration, et cela de la part de Dieu. Car il est écrit dans la loi, et c’est Dieu même qui l’a prononcé : « Maudit de Dieu est celui qui est pendu sur le bois. » Et saint Paul nous apprend, Messieurs, que cette parole était prophétique et regardait principalement le Fils de Dieu, qui était la fin de la loi C’est pourquoi il la lui applique déterminément. Le voilà donc maudit de Dieu; l’eussions-nous osé dire, l’eussions-nous seulement osé penser, si le Saint-Esprit ne nous l’apprenait? Mais puisque cette doctrine vient de si bon lieu, tâchons de l’entendre comme nous pourrons. Je trouve dans l’Ecriture que la malédiction de Dieu contre les pécheurs les environne par le dehors : Induit maledictionem sicut vestimentum ; qu’elle pénètre plus avant et qu’elle entre au dedans en s’attachant aux puissances de l’âme : Intravit sicut aqua in interiora ejus; et enfin qu’elle la pénètre jusque dans le fond de sa substance : Et sicut oleum in ossibus ejus, « jusque dans la moelle des os. » Jésus-Christ mon Sauveur, avez-vous été réduit à ce point? Oui, n’en doutons pas, chrétiens; la malédiction l’a environné par le dehors. Son Père, qui durant le cours de sa vie s’était plu tant de fois de donner des marques de l’amour qu’il avait pour lui, maintenant le laisse sans aucun secours, sans aucun témoignage de protection : faites ce que vous voudrez, je l’abandonne. Et que faites-vous, ô Père céleste? C’est alors qu’il le fallait secourir : Ut quid, Domine, recessisti longè? « Pourquoi vous êtes-vous retiré si loin, » si loin que vous ne paraissez pas :Despicis in opportunitatibus, dans l’occasion la plus importante. Voilà les Juifs qui lui disent en termes formels « que descend de la croix, ils croiront en lui : » c’est ici qu’il faudrait que les cieux s’ouvrissent; c’est le temps où il faudrait faire résonner cette voix céleste : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé. » Non, le ciel est d’airain sur sa tête. Bien loin de le reconnaître par aucun miracle, il retire jusqu’aux moindres marques de protection, jusque-là que les démons mêmes sentant bien ce prodigieux abandonnement, s’avancèrent aussi contre Jésus-Christ, pour en faire le jouet de leur fureur, usque ad tempus. Les saints Pères interprètent du temps de la passion, qui était en effet leur temps. Et je vous laisse à penser si l’ayant remué si terriblement dans le désert, maintenant que voici leur jour, combien ils lui auront fait sentir d’outrages. »

    SIXIEME MEDITATION : « Dieu se retire de son Fils ».

    « Secondement, la malédiction de Dieu pénètre au dedans et frappe Jésus-Christ dans ses puissances. Je remarque dans l’Ecriture que Dieu a un visage pour les justes et un visage pour les pécheurs. Le visage qu’il a pour les justes est un visage serein et tranquille, qui dissipe les nuages, qui calme les troubles de la conscience, qui la remplit d’une sainte joie : Adimplebis me lœtitià cum vultu tuo. O Jésus crucifié, ce visage était autrefois pour vous, autrefois, autrefois: mais maintenant la chose est changée. Il y a un autre visage que Dieu tourne contre les pécheurs, un visage dont il est écrit : Vultus autem Domini super facientes mala : « Le visage de Dieu sur ceux qui font mal ; » c’est le visage de la justice. Dieu montre à son Fils ce visage, il lui montre cet œil enflammé ; il le regarde, non de ce regard doux et pacifique qui ramène la sérénité, mais de ce regard terrible « qui allume le feu devant soi, » ignis in conspectu ejus exardescet, dont il porte l’effroi dans les consciences; il le regarde enfin comme un pécheur et marche contre lui avec tout l’attirail de sa justice. Mon Dieu, pourquoi vois-je contre moi ce visage dont vous étonnez les réprouvés? Visage de mon Père, où êtes-vous? Visage doux et paternel, je ne vois plus aucun de vos traits, je ne vois plus qu’un Dieu irrité. Deus, Deus meus ! O bonté! Ô miséricorde ! ah ! que vous vous êtes retirée bien loin ! Deus, Deus meus, ut quid dereliquisti me ? »

    SEPTIEME MEDITATION : « La divinité de Jésus-Christ a été comme retirée en elle-même…c’est le mystère ».

    « Troisièmement, la malédiction de Dieu va pénétrant dans le fond de son âme : il n’appartient qu’à lui de l’aller chercher jusque dans son centre; le passage en est fermé aux attaques les plus violentes des créatures; Dieu seul en la faisant se l’est réservé; mais aussi, quand il veut, « il la renverse, dit-il, jusqu’aux fondements : » Commovebit illos à fundamentis. Cela s’appelle dans l’Ecriture briser les pécheurs : Dominus conteret eos. Et pour donner la perfection au sacrifice que devait le divin Jésus à la justice divine, il fallait qu’il fût encore froissé de ce dernier coup, et c’est ce que le prophète a voulu dire dans ce passage qui s’entend de lui à la lettre : Dominus voluit conterere nim in infirmitate. N’attendez pas, mes frères, que je vous représente ce dernier supplice; mais concevez seulement qu’il fallait que le Fils de Dieu sentît en lui-même une oppression bien violente, pour s’écrier comme il fit : « Et pourquoi, mon Père, m’abandonnez-vous? » Il fallait pour cela que la divinité de Jésus-Christ se fût comme retirée en elle-même, ou que ne faisant sentir sa présence que dans une certaine partie de l’âme, ce qui n’est pas impossible à Dieu, qui sait diviser l’esprit d’avec l’âme, Divisionem animœ ac spiritûs, elle eût abandonné tout le reste aux coups de la vengeance divine; ou que par quelque autre secret inconnu aux hommes ou par un miracle, comme tout est extraordinaire en Jésus-Christ, elle ait trouvé le moyen d’accorder ensemble l’union très-étroite de Dieu et de l’homme avec cette extrême désolation où l’homme-Jésus-Christ a été plongé sous les coups redoublés et multipliés de la vengeance divine. De quelle sorte tout cela s’est fait, ne le demandez pas à des hommes ; tant y a qu’il est infaillible qu’il n’y avait que le seul effort d’une angoisse inconcevable qui pût arracher du fond de son cœur cette étrange plainte qu’il fait à son Père : Quare me dereliquisti ? C’est le mystère. »

    « PREMIER SERMON POUR LE VENDREDI SAINT, SUR LA PASSION DE NOTRE-SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST ».

    ŒUVRES COMPLÈTES DE BOSSUET, VOLUME X, PARIS – LIBRAIRIE DE LOUIS VIVÉS, ÉDITEUR – 1863.

  23. 1 avril 2015 21:30

    AVERTISSEMENT

    De par le fait que nous entrons, à partir de demain Jeudi Saint, dans la période liturgique du Triduum Pascal de la « Semaine Sainte », nous fermons, comme à l’accoutumé, nos commentaires jusqu’au lundi de Pâques, afin de respecter le silence et le respect religieux qui s’imposent à l’égard du grand « Mystère de la Croix ».

    Bonnes et Saintes Pâques à tous.

    Pax Vobis +

    La Passion du Christ

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