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Sainte Fête de Pâques !

27 mars 2016

XIR171843 The Resurrection of Christ, c.1610-20 (oil on canvas) by Seghers, Gerard (1591-1651) oil on canvas 324x240 Louvre, Paris, France Flemish, out of copyright

« Voici la porte du Seigneur, c’est par elle que les justes entreront »

Le jour que nous attendions vient de nous apparaître dans tout son éclat: la bienheureuse solennité que nous appelions de nos voeux est enfin arrivée; le Seigneur a comblé nos désirs en nous donnant de célébrer le saint jour de Pâques. Frères bien-aimés, tressaillons de joie dans cette grande solennité, rendons à la divine bonté de vives et sincères actions de grâces, rehaussées par la sainteté de nos moeurs et par la ferveur de notre amour. Aujourd’hui le ciel et la terre se réjouissent; les Anges mêlent leurs cantiques à ceux des hommes, et toute créature raisonnable redit : « Alleluia », c’est-à-dire : louez le Seigneur. Chantons tous ensemble:

« Le Seigneur est grand et au-dessus de toute louange. Le Seigneur est vraiment grand, sa puissance est sans bornes et sa sagesse sans mesure » (Psaumes, CXLVI, 5).

Qui pourrait facilement énumérer, ou dignement expliquer les mystères de ce jour? Le démon vaincu, l’empire de la mort détruit, Jésus-Christ ressuscitant plein de gloire et d’immortalité, la consommation de notre salut, tels sont les grands faits qui marquent à tout jamais la solennité de ce jour. Se peut-il pour nous, mes frères, un plus grand sujet de joie? un bonheur plus complet ? un mystère plus sacré ? un sacrement plus admirable ?

 « C’est bien le jour que le Seigneur a fait; réjouissons-nous et tressaillons d’allégresse ». C’est le jour de notre renaissance, de notre renouvellement, de notre vivification, de notre rédemption, de notre sanctification, de notre illumination. «Autrefois nous étions ténèbres, aujourd’hui nous sommes lumière dans le Seigneur. » (Ephésiens. V, 8). Autrefois nous étions les captifs du démon, mais aujourd’hui nous confessons et nous disons au Seigneur « que nous avons été rachetés des mains de notre ennemi et rassemblés des régions les plus lointaines. » (Psaumes, CVI, 2).

Ainsi donc, sous le vif éclat d’une telle lumière, dans ce temps de sanctification, « ne dormons pas » du sommeil du péché, mais « veillons » pour toute bonne oeuvre ;  soyons sobres d’esprit et de corps. Marchons comme des enfants de lumière. « Le fruit de toute lumière réside dans la bonté, la justice et la vérité. Mangeons la sainte Pâque , non pas avec l’ancien ferment de « malice et d’iniquité, mais avec les azymes de la sincérité et de la vérité ». L’objet pour nous de cette grande solennité spirituelle, c’est le Verbe de Dieu, notre Sauveur, dont il est dit: « Au commencement, Dieu le Verbe était dans le Père, et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous, et nous avons vu et nous croyons sa gloire ». Il est le Fils unique du Père, et cependant il a daigné nous faire ses cohéritiers. O amour étonnant et ineffable ! Nous qui étions des serviteurs inutiles, nous avons mérité de devenir les frères de Jésus-Christ et ses cohéritiers.

Que rien de charnel, rien d’indigne ne se mêle aux élans de joie que nous inspire la grâce divine. Non-seulement il y aurait de l’indécence, mais encore un crime de trouver dans cette grande solennité l’occasion de se livrer à la sensualité dans les repas et de jeter l’âme dans une sorte de honteuse torpeur. Que nos fêtes soient donc honnêtes, agréables à Dieu, et conformes à cette parole de l’Apôtre: « Que toutes nos oeuvres s’accomplissent honnêtement et selon l’ordre ; soit que nous mangions, soit que nous buvions, soit que nous fassions toute autre chose, agissons en tout au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ. » (Matthieu XXIII, 37).

Les Juifs croient devoir conserver l’observation du sabbat, c’est-à-dire du septième jour; malheureux Juifs, qui ne connaissent pas le jour légitime et ne veulent pas croire que la fin de la loi c’est Jésus-Christ, qui seul a pu accomplir la loi, créer les jours et préposer à toutes les solennités ce jour que nous appelons le jour du Seigneur, parce que c’est dans ce jour que notre Seigneur et notre Sauveur, sortant du tombeau, est apparu au monde comme étant la véritable lumière. Les païens appellent ce jour le jour du soleil, sans comprendre la portée de cette parole; nous, au contraire, nous comprenons que c’est le jour de ce soleil dont il est écrit: « Vous verrez s’élever pour vous le soleil de justice qui porte sur ses ailes notre salut. » (Malachie IV, 2). Personne n’attribue des ailes au soleil visible de la nature; il n’en est pas de même du Soleil véritable, qui a créé celui que nous voyons; seul il porte ces ailes de la puissance et de la protection divine dont il est dit: « Il les a reçus comme l’aigle déployant ses ailes et a protégeant son nid» (Deutéronome XXXII, 2). Nous lisons également dans l’Evangile: « Jérusalem, Jérusalem, combien de fois j’ai voulu rassembler tes fils, comme la poule rassemble ses petits sous ses ailes  ». Enfin, c’est à ce soleil que le fidèle adresse cette invocation salutaire : « J’espérerai à l’ombre de vos ailes, jusqu’à ce que l’iniquité disparaisse ».

 Nous voyons ouverte devant nous la porte du salut, dont il est dit : « Voici la porte du Seigneur, c’est par elle que les justes entreront » ; entrons donc par la porte de l’Eglise en toute sincérité et vérité, afin que cette porte de la confession et de la louange nous introduise dans le royaume des cieux, où nous jouirons du bonheur éternel. « Nous ne serons pas confondus lorsque nous parlerons dans la porte », c’est-à-dire en Notre-Seigneur Jésus-Christ qui a dit de lui-même : « Je suis la porte, celui qui entrera par moi sera sauvé ».

C’est par Jésus-Christ que tous les saints sont entrés et entrent chaque jour près du Père de la vie éternelle, à qui, avec le Fils et le Saint-Esprit, soient honneur et gloire dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 Bossuet, Sermon sur la Fête de Pâques.

11 commentaires leave one →
  1. savoisien permalink
    23 avril 2011 00:12

    tien c’est marrant Jésus porte le drapeau de la Savoie , et pas celui de la France !!!

    • Eloi permalink
      24 avril 2011 10:42

      C’est que la Savoie, contrairement à la France, demeure encore une terre chrétienne !

    • hannibalgenga permalink
      24 avril 2011 18:08

      La Savoie est une terre d’Empire dont les souverains détiennent leur pouvoir à l’origine de de l’intégration du second royaume de Bourgogne au Saint Empire Romain-Germanique. C’est pourquoi les Rois de Savoie sont Princes et vicaires perpétuels du Saint Empire Romain Germanique.

      FERT !

  2. Sulpice permalink
    24 avril 2011 10:39

    Belle pensée de Bossuet : « Que rien de charnel, rien d’indigne ne se mêle aux élans de joie que nous inspire la grâce divine. Non-seulement il y aurait de l’indécence, mais encore un crime de trouver dans cette grande solennité l’occasion de se livrer à la sensualité dans les repas et de jeter l’âme dans une sorte de honteuse torpeur. Que nos fêtes soient donc honnêtes, agréables à Dieu… »

  3. apostolatus specula permalink
    24 avril 2011 19:14

  4. 9 avril 2012 18:08

    Surrexit Christus spes nostra ! Gloria Deo ! Alléluia !

    Avec la Pâques commence une ère nouvelle, celui de la grâce, car la Résurrection est la victoire de la vie sur la mort, Dieu sur le péché : la Résurrection est aussi pour l’homme une Libération, la plus haute de toute, celle de l’esprit. Le triomphe du Christ et la Gloire de Dieu permettent ainsi de libérer l’homme des instances maléfiques qui le détenait jusque là en esclavage. Il y a là tout un mystère qui pourrait donner lieu à une véritable « mystique de la libération », comme cet article du R&N a essayé de le montrer :

    http://www.lerougeetlenoir.org/les-contemplatives/mystique-de-la-liberation

  5. Calixte permalink
    10 avril 2012 11:41

    Très bel article Sacrorum Antistitum, les appels à la sainteté et à la royauté intérieure sont de remarquables invitations vers un dépassement de l’humaine nature, notamment en ce monde si désorienté et pécheur, satisfait de ses péché, vices et abjections, et s’en faisant gloire honteusement.

    Mais peut-être faudrait-il cependant, à mon humble avis, plus de prudence dans l’adhésion à la doctrine de la théosis qui est vraiment une thématique classique des erreurs photiennes partagées par la plupart des églises schismatiques orientales, et les mystiques rhénans non exempts d’une forte tendance panthéiste dont le new âge fait un usage intensif plus que sulfureux et douteux.

    Les orthodoxes adhèrent avec empressement coupable à cette doctrine de la divinisation / déification, qui implique dans sa conception du salut une participation exagérée et fautive de l’effort humain, expliquant pourquoi les vues théologiques sur la divinisation / déification développent de nombreux points inexacts relatifs à la sanctification, justification et au salut, qui pourraient être obtenus par l’activité humaine, ce qui est une totale aberration sur le plan ontologique.

    Cette doctrine désignée comme « semi-pélagienne » par saint Augustin et combattue avec vigueur par ses soins, néanmoins défendue par le moine Pélage puis Jean Cassien (ce dernier est considéré comme un saint dans l’Église d’Orient), fut fermement condamnée comme hérétique par l’Eglise lors du deuxième Concile d’Orange en 529.

    En une époque où l’homme cherche à se faire Dieu, retour enivrant aux ivresses mensongères de l’orgueil suprême qui perdit Lucifer, les penchants démiurgiques sont sans doute à manier avec une très grande prudence. Mieux vaut rappeler à l’homme moderne sa misère et son néant….et attendre de Dieu uniquement qu’il élève, si cela lui apparaît nécessaire, l’âme de sa créature par grâce gratuite aux seins des hiérarchies célestes. L’homme est destiné à s’unir à Dieu certes, mais par grâce uniquement, et sans confusion entre les natures créées et incréées.

  6. 25 avril 2012 18:04

    Votre commentaire est excellent ; j’aurai aimé en avoir plus de ce niveau. J’ai évidemment plusieurs choses à vous répondre, mais je préfère le faire sur le site ; et c’est pourquoi, si vous n’en voyez pas d’inconvénients, que je me permets de le publier sur le R&N.
    Bien à vous.

  7. Charles permalink
    31 mars 2013 10:39

    Concernant les tentations de « théosis » rappelées par Calixte, voici le témoignage des Pères:

    Le témoignage des Pères
    IGNACE (A.D. 110)
    « Sur ce récit, ils furent aussi persécutés, étant inspirés par sa grâce afin de convaincre pleinement les non croyants qu’il n’existe qu’un SEUL VRAI DIEU qui s’est manifesté lui-même en Jésus-Christ son Fils qui est sa Parole Eternelle … »
    (Lettre aux Magnésiens, 8 :1).

    JUSTIN MARTYR (A.D. 160)
    « Dieu seul est incréé et incorruptible et en conséquence Il est Dieu, mais toutes les autres choses après lui sont créées et corruptibles »
    (Dialogue avec Triphon, 5).

    ARISTIDE D’ATHÊNES (A.D. 140)
    « Venons-en alors ô Roi, aux éléments eux-mêmes afin que nous puissions montrer en ce qui les concerne, qu’ils ne sont pas dieux, mais périssables et inconstants, produits à partir de ce qui n’existait pas à l’empire du Vrai Dieu qui est indestructible, immuable et invisible »
    (Apologie, 4)

    TATIEN (A.D. 165)
    « Notre Dieu n’a pas eu de commencement dans le temps. Seul, Il est sans commencement et Il est lui-même le commencement de toutes choses. Dieu est Esprit … le Créateur des esprits matériels ainsi que des formes qui sont issues de la matière. Il est invisible, impalpable, étant lui-même le Père des choses visibles et invisibles ».
    (Adresse aux Grecs, 4.).

    ATHENAGORAS (A.D. 177)
    « Bien que nous ne soyons pas athées, aussi voyant que nous reconnaissons un Dieu incréé, éternel, invisible … par qui l’univers a été créé par son Logos et maintenu dans l’ordre »
    (Un procès pour les chrétiens, 10).

    IRENEE (A.D. 180)
    « Notre règle de vérité à laquelle nous tenons est qu’il n’y a qu’un Dieu Tout-Puissant qui a fait toutes choses par sa Parole … en dehors de qui il n’y aurait aucune existence pour les choses qui existent … toutes choses ont été faites par lui et sans lui rien ne serait fait »
    (Contre les hérésies, 1 :22 ;1).

    TERTULLIEN (A.D. 197)
    « Mais la vérité chrétienne a déclaré distinctement ce principe : Dieu n’est pas s’Il n’est pas Un … j’apporte un élément avec lequel la conscience de tous les hommes reconnaîtront également :Savoir que Dieu est le Grand Suprême existant dans l’Eternité, incréé, non construit, sans commencement ni fin »
    (Contre Marcion, 1 :3).

    NOVATIEN (A.D. 235)
    « Ainsi le Père, le fondateur et créateur de toutes choses, qui seul n’a pas eu de commencement, invisible, infini, immortel, éternel, Il est le seul Dieu »
    (Concernant la Trinité, 31).

    CYRILLE DE JERUSALEM (A.D.350)
    « Premièrement, laissez poser comme fondation dans votre âme la doctrine concernant Dieu, que Dieu est Un, seul, seul incréé, sans commencement, changements ou variations, engendré par personne »

    (Lectures catéchétiques 6 :11).

    HILAIRE (A.D.356)
    « Il est infini car rien ne peut le contenir et Il contient tout. Il est éternellement inconditionné par l’espace car Il est sans limite, éternellement antérieur au temps car le temps est sa création »
    (Sur la Trinité 2 :6).

    EPIPHANE (A.D. 370)
    « Rejette aussi l’opinion de ceux qui disent que le corps est à l’image de Dieu. Comment serait-il possible pour le visible d’être tout prêt de l’invisible ? Ou comment le corporel avec l’incorporel ? Comment le tangible avec l’illimitable ?»
    (Contre les hérésies 70 :5)

    GREGOIRE DE NAZIANZE (A.D. 383)
    « Dieu fut toujours et est toujours et toujours sera … Il est l’Etre Eternel … car en Lui, Il résume et contient tout l’être, n’ayant aucun commencement dans le passé ni fin dans l’avenir »
    (Second sermon sur Pâques, 3).

    AUGUSTIN (A.D. 400)
    « La première décision qui doit être faite est soit que nous préférons de croire ceux qui nous appellent à l’adoration de beaucoup de dieux ou ceux qui nous appellent vers le Seul Dieu »
    (La vraie religion 25 :46).

    Le témoignage d’ATHANASE
    Athanase, l’évêque d’Alexandrie est bien connu pour le long combat qu’il a livré contre Arius, le négateur de la Trinité et de la divinité de Jésus. Nous vous laissons quelques textes de sa plume qui vous démontreront qu’il aurait livré un même combat contre les mormons !

    « Mais Dieu est un et en même temps Seigneur du ciel et de la terre, comment pourrait-il y avoir un autre Dieu à ses côtés ? Ou quelle place pourrait-il y avoir pour le Dieu qu’ils supposent si le vrai Dieu remplit toutes choses … »
    (Contre les païens, 6)

    « Car le peuple des juifs anciens possédait un enseignement abondant en ce qu’ils possédaient la connaissance de Dieu non seulement à partir des œuvres de la création, mais aussi à partir des Divines Ecritures. Et en général pour attirer les hommes hors de l’erreur de l’imagination irrationnelle des idoles, Il (Dieu) a dit : ‘Tu n’auras pas d’autres dieux devant ma face en dehors de moi ‘ … non pas que s’il y avait (réellement) d’autres dieux qu’Il défende de les servir, mais de peur d’abandonner le vrai Dieu en commençant à se prendre pour des dieux ce qu’ils ne sont pas … »
    (Contre les païens, 3 :45 ;4).

    « … les hommes dans leur folie ont mis de côté la connaissance et le service de Dieu et ils ont honoré des choses … et au lieu du réel et vrai Dieu, ils ont déifié des choses qui ne sont pas, servant la créature plutôt que le Créateur, et s’enfonçant ainsi eux-mêmes dans la folie et l’impiété ».
    (Contre les païens, 3 :47 ;2).

  8. Aurore de Savoie permalink
    23 mai 2013 13:38

    Bel article! Et ce tableau représentant Jésus avec un drapeau de la Savoie mais c’est fantastique!! Qui est le peintre?

    • 23 mai 2013 23:48

      Aurore de Savoie,

      Il s’agit d’un tableau de Gerard Seghers, peintre flamand baptisé à Anvers le 17 mars 1591 mort le 18 mars 1651 à Anvers. Il a effectué de la peinture d’histoire et mythologique, des compositions religieuses et des sujets allégoriques.

      Tableau de la Résurrection

      Seghers sera l’un des peintres favoris des Jésuites dans les Pays-Bas du sud. Ce tableau, placé sur le nouvel autel majeur de l’église des Jésuites de Courtrai construite de 1607 à 1611, qui deviendra l’église paroissiale Saint-Michel en 1785, sera financé par Jeanne van Balberghem, veuve de Gérard van Kerckhoven. Il fut peut-être peint en Italie.

      Musée du Louvre (Aile Richelieu)

      Biographie complète :

      http://www.valenciennes.fr/fileadmin/PORTAIL/VA/culture/musee/pdf/page-accueil/dossier-pedagogique-web.pdf

      Pax Vobis +

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