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Prière du cardinal Merry del Val (+ 1930) pour « communier spirituellement »

22 mars 2020

Merry del Val

Cardinal Merry del Val (1865-1930)

En cette période de vague épidémiologique importante, où le « jeune eucharistique » est imposé aux fidèles par l’effet de mesures sanitaires préventives, obligeant chacun à « communier spirituellement » faute de pouvoir se rendre physiquement aux offices et messes de l’Église de par les règles strictes de « confinement » [1], nous jugeons utile, afin d’accompagner cette mesure prudentielle, de communiquer la prière du cardinal Merry del Val (1865-1930), qui fut secrétaire d’État de saint Pie X (1903-1914) nommé ensuite archiprêtre de la basilique Saint-Pierre et secrétaire de la Congrégation du Saint-Office, s’étant distingué par sa rigueur dans la lutte contre le modernisme, prière qui peut être récitée, en ces circonstances exceptionnelles, en lieu et place de la sainte communion.

Prière du cardinal Merry del Val (1865-1930),

pour « communier spirituellement »

 Lisez au préalable la messe (de saint Pie V) et les textes du jour pour vous préparer à communier spirituellement avec Notre Seigneur, puis, avant de communier spirituellement, dites l’acte de contrition, l’acte de charité, le Confiteor, et trois fois le Domine non sum dignus. Après vous être mis en présence de Dieu, faites le signe de croix  et à genoux dites à voix basse :

+

« À tes pieds, ô mon Jésus, je m’incline et je t’offre le repentir de mon cœur contrit  qui s’abîme dans son néant et Ta sainte présence.

Je t’adore dans le Saint Sacrement de ton amour,
désireux de te recevoir dans la pauvre demeure que mon cœur t’offre.
En attente du bonheur de la communion sacramentelle,
je veux te posséder en esprit.

Viens à moi, ô mon Jésus, pour la vie et pour la mort.
Que ton amour enflamme tout mon être, pour la vie et la mort.
Je crois en toi, j’espère en toi, je t’aime. Ainsi soit-il. »

 

Le pape saint Pie X, souhaita s’entourer de Merry del Val, et, en novembre 1903, le créa cardinal prêtre au titre de Sainte-Praxède, le nommant dans le même mouvement, secrétaire d’État, et préfet de la Congrégation de Lorette et des Palais Apostoliques. Auprès de saint Pie X, dans la lutte engagée contre le modernisme, le cardinal Merry del Val, entoura de ses conseils le Saint-Père, se montrant un conservateur anti-moderniste intransigeant (comme les cardinaux Louis Billot et Gaetano de Laï ), traquant le venin de l’erreur avec un acharnement implacable.

De l’avis général, le cardinal Merry del Val, avait la réputation d’une grande rigueur ascétique et mystique, volontiers solitaire et se tenant éloigné des mondanités. Lors de la lutte, en France, portant sur la Séparation de l’Église et de l’État (1904-1906), il refusa avec vigueur tout compromis avec la République antichrétienne, interdisant aux évêques tout accommodement avec le pouvoir impie.

Par ailleurs, tenant de la doctrine du « non possumus » avancée par le pape Pie X en réponse à Théodore Herzl (1860-1904), venu chercher au Vatican un appui catholique pour légitimer le sionisme naissant, il rappela avec fermeté que l’Église se devait d’être bienveillante et protectrice a l’égard des juifs, témoins historiques de la « Révélation », mais ne pouvait en aucun cas légitimer le sionisme en raison de la non-reconnaissance de la divinité du Christ par les juifs qui allèrent jusqu’à exiger qu’il soit crucifié et mis à mort par les romains, ce qui entraîna la dispersion du peuple élu, la destruction du Temple de Jérusalem et le transfert des promesses vers le « Novus Israël » [2] que devint, après la venue en ce monde du « Messie » annoncé par les prophètes, l’Église catholique représentant le « peuple de Dieu », c’est-à-dire l’ensemble des baptisés qui ont foi en Jésus-Christ, .

Notes.

1 – Le paradoxe, si l’on peut dire, de la présente situation sanitaire, n’est pas sans nous faire rappeler qu’au XVIIe siècle, pour des motifs qui tenaient, non aux problématiques de prophylaxie corporelle mais en se fondant sur l’exigence disciplinaire qu’imposent les règles spirituelles, époque où l’on était d’ailleurs beaucoup plus conscient qu’aujourd’hui de la nécessaire « pureté » morale des âmes avant que de s’approcher de la sainte table, Antoine Arnauld (1612-1694), fit publier un ouvrage « De la fréquente communion où les sentiments des pères, des papes et des conciles, touchant l’usage des sacrements de pénitence et d’eucharistie, sont fidèlement exposés » (1643), préfacé par Martin de Barcos (1600-1678), neveu du célèbre abbé de Saint-Cyran (1581-1643), dans lequel on invitait les fidèles à se tenir à distance de la communion s’ils n’étaient pas en état d’accéder au sacrement de l’eucharistie, et à « communier intérieurement », en formulant en soi-même et en silence, des repentirs attristés et des sincères regrets de ses péchés. L’ouvrage, qui connut de nombreuses rééditions, fut, à partir de 1648, doté d’un frontispice dessiné par Philippe de Champaigne gravé par François Poilly, représentant la parabole du mauvais convive (Matthieu XXII, 13-14), considéré comme le principal récit biblique sur la « prédestination », où l’invité, indigne, est rejeté hors de la salle où doit se dérouler le festin des noces : « Il lui dit: Mon ami, comment es-tu entré ici sans avoir un habit de noces? Cet homme eut la bouche fermée. Alors le roi dit aux serviteurs : Liez-lui les pieds et les mains, et jetez-le dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grincements de dents. Car il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus. »

2 – Au sujet de la théologie dite de la « substitution », exposée notamment par saint Augustin (+ 430), qui, du point de vue doctrinal, relève de l’antijudaïsme théologique stipulant, ceci en conformité avec l’enseignement des pères de l’Eglise, que l’Ancienne Alliance passée par l’Eternel avec les fils d’Israël est devenue aujourd’hui caduque, le bénéfice de cette Alliance ayant été transférés aux chrétiens qui sont devenus les héritiers de la « Nouvelle Alliance », lire : Saint Augustin et le Tractatus Adversos Judaeos : la doctrine du « Verus Israël »

 

 

7 commentaires leave one →
  1. Eloi permalink
    24 mars 2020 15:22

    Merci à La Question pour la communication de cette prière du cardinal Merry del Val, le pieux serviteur et conseiller de saint Pie X !

  2. Moria permalink
    24 mars 2020 15:26

    Tant d’actes impies sont désormais courants dans ce qui reste de l’Eglise, que ce « jeune eucharistique » imposé évitera pendant un temps les innombrables communions sacrilèges….

  3. Vehementer permalink
    24 mars 2020 15:41

    Pour Merry del Val, les Juifs doivent légitimement être tenus coupable d’avoir « versé le sang du saint des saints », raison de la dénonciation du projet de reconstruction matérielle avec des frontières temporelles du « Royaume d’Israël », tout en refusant de croire au Christ et à son Église.

    C’est pourquoi, Merry del Val s’opposa catégoriquement à toute initiative de suppression de la mention des « Juifs perfides » dans la liturgie du Vendredi Saint.

  4. Calixte permalink
    24 mars 2020 15:50

    Musicien et pianiste émérite, élève dans sa jeunesse du compositeur Isaac Albéniz, le cardinal Merry Del Val composa des motets religieux d’une grande élévation spirituelle :

  5. kyrie eleison permalink
    25 mars 2020 23:34

    Voici les Litanies sur l’Humilité « Ô Jésus, doux et humble de cœur, rendez mon cœur semblable au Vôtre » que récitait chaque jour après sa Messe le Cardinal Rafael Merry del Val y Zulueta Wilcox :

    « Apprenez de moi que je suis doux et humble de cœur » (Mt 11, 9)

    Les Litanies sur l’Humilité « Ô Jésus, doux et humble de cœur, rendez mon cœur semblable au Vôtre » :

    V. : Ô Jésus, doux et humble de cœur,
    R. : Rendez mon cœur semblable au Vôtre.

    Du désir d’être estimé, délivrez-moi Seigneur,
    Du désir d’être affectionné, délivrez-moi Seigneur,
    Du désir d’être recherché, délivrez-moi Seigneur,
    Du désir d’être honoré, délivrez-moi Seigneur,
    Du désir d’être loué, délivrez-moi Seigneur,
    Du désir d’être préféré, délivrez-moi Seigneur,
    Du désir d’être consulté, délivrez-moi Seigneur,
    Du désir d’être approuvé, délivrez-moi Seigneur,
    Du désir d’être compris, délivrez-moi Seigneur,
    Du désir d’être visité, délivrez-moi Seigneur,
    De la crainte d’être humilié, délivrez-moi Seigneur,
    De la crainte d’être méprisé, délivrez-moi Seigneur,
    De la crainte d’être rebuté, délivrez-moi Seigneur,
    De la crainte d’être calomnié, délivrez-moi Seigneur,
    De la crainte d’être oublié, délivrez-moi Seigneur,
    De la crainte d’être raillé, délivrez-moi Seigneur,
    De la crainte d’être soupçonné, délivrez-moi Seigneur,
    De la crainte d’être injurié, délivrez-moi Seigneur,
    De la crainte d’être abandonné, délivrez-moi Seigneur,
    De la crainte d’être refusé, délivrez-moi Seigneur,
    Que d’autres soient plus aimés que moi, accordez-moi, Seigneur, de le désirer,
    Que d’autres soient plus estimés que moi, accordez-moi, Seigneur, de le désirer,
    Que d’autres grandissent dans l’opinion et que je diminue, accordez-moi, Seigneur, de le désirer,
    Que d’autres soient loués et que je sois oublié, accordez-moi, Seigneur, de le désirer,
    Que d’autres soient employés et que je sois mis de côté, accordez-moi, Seigneur, de le désirer,
    Que d’autres soient préférés en tout, accordez-moi, Seigneur, de le désirer,
    Que d’autres soient plus saints que moi, pourvu que je le soit autant que je puis l’être, accordez-moi, Seigneur, de le désirer.

    Ainsi soit-il.

  6. Augustin permalink
    5 avril 2020 00:06

    Prière pour la communion spirituelle de saint Alphonse de Liguori :

    « Mon Jésus, je crois à votre présence dans le Très Saint Sacrement. Je vous aime plus que toute chose et je désire que vous veniez dans mon âme. Je ne puis maintenant vous recevoir sacramentellement dans mon Cœur : venez-y au moins spirituellement. Je vous embrasse comme si vous étiez déjà venu, et je m’unis à vous tout entier. Ne permettez pas que j’aie jamais le malheur de me séparer de vous. »

  7. Verbum permalink
    5 avril 2020 00:10

    « Dieu dont la puissance n’est pas liée par les sacrements visibles, sanctifie intérieurement l’âme à cause de ce désir qui procède de la foi opérant dans la charité. » (Saint Thomas d’Aquin, q. 6)

    « Quand la communion sacramentelle est impossible, il est une autre manière de communier et de recevoir le fruit même du sacrement, « rem sacramenti » et avec lui tous les effets, du moins certainement tous les plus grands : c’est la communion spirituelle. » (Catéchisme du Concile de Trente).

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