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Le sédévacantisme est une erreur !

6 septembre 2010

  

Le sédévacantisme est un poison spirituel très dangereux !

 Le pape n’a pas de supérieur sur la terre capable de le juger,

Seul Jésus-Christ peut démettre le pape de ses fonctions.

  

  La thèse sédévacantiste (Le mot « sédévacantisme » est composé de deux mots latins qui signifient « la Chaire [du Pape] est vacante »), que l’on rencontre parfois dans le milieu traditionaliste, est simplement une thèse erronée, inexacte et fausse, que nous ne devons, ni ne pouvons tolérer dans un esprit de charité, car le sédévacantisme est un poison spirituel très dangereux.  Il conduit à une attitude qui n’est pas catholique mais schismatique !

Les mirages séducteurs du sédévacantisme, éloignent de l’Église et des sacrements. L’état d’esprit des sédévacantiste est caractérisé par une idée fixe, qui est presque une obsession : l’éloignement de la hiérarchie suprême de l’Eglise de la foi catholique intégrale. Apparemment, leur esprit s’est figé sur le problème du pape hérétique, qui leur apparaît comme étant très sérieux et sans remède. C’est un cas typique, de par son pessimisme outré, de « Désolation Spirituelle ».

  Or, contrairement à ce qu’imaginent les sédévacantistes plusieurs, docteurs, théologiens et papes ont enseigné qu’un pape peut professer des hérésies contre la foi. Le pape Adrien VI († 1523) dit que : « Si dans l’Église Romaine, on considère la tête ou le pontife, il est hors de question qu’un Pape peut errer dans les domaines touchant à la foi. Il le fait quand il enseigne une hérésie par son jugement propre ou par ses décrets. En vérité, beaucoup de Pontifes Romains ont été hérétiques« . Honorius (625-638), par exemple, a été condamné en 680 par le 3e Concile de Constantinople à cause de ses lettres au Patriarche Sergius, lesquelles étaient favorables à l’hérésie Monothélite. Le dernier en date à avoir été hérétique, fut le Pape Jean XXII (†1334). » Le Bienheureux Pape Pie IX (†1878) a reconnu le danger qu’un pape soit hérétique et « enseigne (…) contrairement à la foi Catholique », et il a ordonné: « ne le suivez pas ».  Il dit encore: « Si, dans le futur, un pape enseigne quoi que ce soit contre la foi Catholique, ne le suivez pas. » (Lettre à Mgr. Brizen). Par ailleurs un document pontifical officiel admet qu’un pape peut tomber dans l’hérésie. Il s’agit d’un document du Pape Adrien II, daté de plus de 200 ans après la mort d’Honorius: « Après sa mort, Honorius a été anathématisé par l’Église d’Orient; mais nous ne devons pas oublier qu’il était accusé d’hérésie, le seul crime qui rendait légitime la résistance des inférieurs aux ordres de leurs supérieurs et le refus de leurs doctrines malicieuses. »

 

Selon Francisco Suarez (1548-1617),  

la juridiction ecclésiale peut être parfaitement maintenue,

après que le clerc soit tombé dans l’hérésie.

 

Evidemment l’Écriture Sainte et la Tradition enseignent clairement qu’il y a une profonde incompatibilité in radice (dans la racine) entre la condition d’hérétique et la possession d’un titre de juridiction ecclésiastique, parce qu’un hérétique cesse d’être un membre de l’Église. Cependant une telle incompatibilité n’est pas absolue, c’est pourquoi les théologiens utilisent l’expression in radice (à la racine). De la même manière qu’une plante peut rester verte un certain temps après avoir été déracinée, de même la juridiction peut être maintenue, quoique de manière précaire après que le clerc soit tombé dans l’hérésie (cf. Suarez).  Les théologiens basent leur argumentation sur le Droit Canon, Can. 2314: « Tous les apostats de la foi Chrétienne, et chaque véritable hérétique et schismatique encourent l’excommunication ipso facto.  S’ils ne respectent pas les avertissements, ils seront privés de leur bénéfice, dignité, office… et, s’ils sont clercs, après les avertissements nécessaires, ils seront déposés. » Puis, le Can. 2264 déclare illicite, mais pas automatiquement invalide, les actes de juridiction posés par quelqu’un qui a été excommunié: « Un acte de juridiction posé par une personne excommuniée, que ce soit au for interne ou au for interne, est illicite; cependant si une sentence condamnatoire a été prononcée, il devient invalide, sans porter préjudice aux prescriptions du Can. 2261; sinon il est valide. »

   De ce fait le pape hérétique perd donc effectivement son pontificat sur une déclaration officielle d’hérésie. Néanmoins, et c’est là que réside la difficulté majeure, il est clair qu’une telle déclaration ne peut être juridique, car le pape n’a pas de supérieur sur la terre qui soit capable de le juger, de la sorte même s’il tombe dans une hérésie notoire, le pape ne perd jamais son pontificat.  Ce serait seulement un acte non juridique par lequel Jésus-Christ Lui-même démettrait le pape de ses fonctions. Telle est l’opinion défendue par Cajetan et Suarez

Il y a donc deux dangers gigantesques potentiels dans le sédévacantisme : le risque de tomber dans l’hérésie du Conciliarisme – qui a été condamnée par l’Église (en effet qui peut nous dire, de façon certaine, qu’une déclaration d’hérésie venant d’un groupe d’évêques n’est pas une tentative de déposition?) – et de tomber gravement dans le subjectivisme en s’imaginant compétent, à la place du Christ, puisque le pape n’a pas de supérieur sur cette terre, pour juger et déposer le Souverain Pontife, ce qui est une pure folie.  

  Peu importe comment ils essayent de justifier leur position, il nous faut admettre que la thèse sédévacantiste n’est pas basée sur des faits objectifs, mais plutôt sur du subjectivisme luthérien.  Le seul critère objectif requis par la théologie Catholique pour la reconnaissance d’un vrai pape est la reconnaissance de l’élu par les cardinaux, les évêques et par toute l’Église. Dans le cerveau des sédévacantistes, ce critère ne peut plus être objectif, mais devra nécessairement faire appel à une source qui est fondamentalement subjective, même si on essayera de se justifier en la faisant apparaître comme objective. Ainsi, parce que l’attitude sédévacantiste n’est pas basée sur les principes sûrs et objectifs de la théologie, mais sur le subjectivisme qui fait imaginer que le pape est déposé, elle fonctionne comme un puissant repoussoir à l’égard de l’Eglise et agit dans l’esprit selon le mode de la  « Désolation Spirituelle » qui est un mal intérieur de l’âme extrêmement grave.

Le subjectivisme, caractéristique du sédévacantisme,

  agit dans l’esprit  selon le mode de la  « Désolation Spirituelle »,

mal intérieur de l’âme extrêmement grave.

Dans le livre des Exercices Spirituels, St. Ignace de Loyola donne les règles du Discernement des Esprits.  Voici celles qui devraient être appliquées au cas de Désolation Spirituelle des sédévacantistes: contre-attaquer la tentation par la prière et la pénitence (6e règle); poser un acte de volonté par lequel on refuse de se laisser enfermer dans une controverse qu’on est pas qualifié pour résoudre (12e règle).  Pour atteindre ce but, il faut pratiquer une stricte discipline intellectuelle et une mortification de la volonté propre, autrement dit l’humilité.  Dans notre vie de tous les jours, il y a beaucoup de problèmes que nous sommes incapables de résoudre, car nous ne sommes pas qualifiés pour.  Il nous faut savoir le reconnaître avec humilité. Plus encore, il est nécessaire de calmer et de dédramatiser le problème du pape: quand vous allez apparaître devant St. Pierre, ne pensez pas qu’il vous demandera quelle opinion vous avez eu au sujet de l’un de ses successeurs. Soyons clair: nous ne prétendons pas vouloir évacuer le problème réel de l’Église depuis Vatican II, mais simplement donner quelques règles simples de discipline intellectuelle pour dédramatiser la question sédévacantiste, qui apparaît clairement comme un cas de Désolation Intellectuelle. Souvenons-nous toujours que le démon est un menteur. Il se sert du parasite sédévacantiste pour détourner certaines âmes pieuses des moyens de sanctification, la messe et les sacrements. Soyez sur vos gardes !

 

St. Ignace enseigne qu’il faut, en cas de Désolation Spirituelle,  

contre-attaquer la tentation par la prière et la pénitence .

 

  Quand nous apparaîtrons devant le Christ, il ne nous demandera pas notre opinion sur la légitimité des pontificats de Jean XXIII, Paul VI ou Jean-Paul II.  Il nous demandera plutôt si nous avons gardé la foi, et si nous l’avons nourrie en assistant à la messe et en recevant les sacrements. 

Certes nous résistons aux autorités ecclésiastiques quand elles s’écartent de la Tradition. Cependant soyons clairs: ce n’est pas par un jugement particulier que nous choisissons ce que nous voulons suivre dans les enseignements des Papes Jean XXIII, Paul XVI, Jean-Paul II ou Benoît XVI, mais c’est en vertu du critère objectif qu’est la Tradition.

 

  

Nous professons une communion parfaite avec Pierre

et son successeur légitime, le Pape,

et pour rien au monde nous ne nous séparerons de Pierre,

le Rocher sur lequel Jésus-Christ a fondé son Église !

 

  Nous avons le droit de refuser les documents officiels qui s’écartent des 2000 ans de Tradition.  Citons quelques théologiens de renom.  St. Thomas d’Aquin enseigne que, dans des situations extrêmes, il est licite de s’opposer  publiquement à une décision papale, comme St. Paul résista à St. Pierre (Galates II, 14). Mais comme Catholiques, nous sommes tenus de croire que l’Église est Une, Sainte, Catholique et Apostolique et nous désirons de tout notre cœur mourir dans cette foi, car hors de l’Église il n’y a pas de salut. Nous professons aussi une communion parfaite avec Pierre et avec son successeur légitime, et pour rien au monde nous ne nous séparerons de Pierre, le Rocher sur lequel Jésus-Christ a fondé son Église.  Nous croyons fermement à l’infaillibilité pontificale telle qu’elle a été définie par le Premier Concile du Vatican. Nous reconnaissons que le pouvoir du pape n’est pas absolu, mais qu’il est délimité par la Sainte Écriture et la Tradition. 

Enfin à Dieu seul nous rendons une obéissance illimitée et inconditionnelle !

 

Source

68 commentaires leave one →
  1. Providas Romanorum permalink
    6 septembre 2010 00:21

    En effet, quelles que soient les fautes personnelles, les crimes, les forfaitures, quels que soient les actes schismatiques et les enseignements hérétiques dont les personnes constituées en autorité se rendent coupables à nos yeux, et en premier le Pape, nul d’entre nous n’est habilité de son propre mouvement, de par sa décision personnelle à déclarer déchu de sa charge et dépouillé de ses pouvoirs un membre quelconque de la hiérarchie catholique.

    • Hilaire permalink
      6 septembre 2010 09:59

      Le subjectivisme, dont souffre le sédévacantisme, est assimilable au luthéranisme dans son rejet du Pape

    • Serrus permalink
      6 septembre 2010 11:02

      En août 1971, le jésuite mexicain Joaquin Saenz y Arriaga publie un livre La Nouvelle Église Montinienne dont la conclusion est que le pape Paul VI avait fondé une nouvelle religion, distincte du catholicisme romain traditionnel. En 1973, il publie un autre travail, « Sede Vacante », où il affirme nettement que Paul VI, ayant versé dans l’hérésie, avait perdu son autorité papale en vertu de la bulle de Paul IV Cum ex Apostolatus reprise dans le code de droit canon de 1917.
      On pêut considérer que les écrits de Saenz donnèrent naissance au mouvement sédévacantiste.

    • Alain Melon permalink
      9 janvier 2014 22:38

      Certains sédévacantistes sont si jusqu’au-boutistes qu’ils sont parfois entrainés dans des spirales contradictoires insurmontables. J’en ai pour preuve un site sédévac intitulé « la foi » (chaîne youtube: vaticancatholique), défenseur assidu des frères Diamond du Most Holy Family Monastery aux EU. Ils sont plus papistes que les papes. Comme vous devez le savoir, ce qu’ils attaquent particulièrement c’est la doctrine du baptême de désir et de sang. Seulement voilà, sur le site est proposé à la lecture le catéchisme de Saint Pie X, précédé de la suivante note d’avertissement:

      « Attention! dans :
      « Partie 4, Chapitre 2 – Le Baptême ; § 4. Nécessité du Baptême et devoirs du baptisé » , se trouve l’hérésie du Baptême du Désir/Sang : « Peut-on suppléer en quelque manière au défaut du Baptême ? Le défaut du sacrement de Baptême peut être suppléé par le martyre qu’on appelle Baptême de sang, ou par un acte de parfait amour de Dieu ou de contrition joint au désir au moins implicite du Baptême, et ceci s’appelle Baptême de désir. » – HÉRÉSIE ! »
      http://www.la-foi.fr/conversion/catechisme_pie_10.aspx

      En d’autres termes l’on nous explique que Saint Pie X, le grand pourfendeur du libéralisme, a professé une hérésie publique. Qu’en est-il de ceux, au juste, qui proclament ne serait-ce qu’une seule hérésie: ce sont semble t-il des hérésiarques.
      Logiquement et s’ils allaient au bout de leur logique, ces sédévacantistes qualifieraient donc Saint Pie X, dont le dernier prédécesseur à avoir été canonisé ne fut nul autre que Saint Pie V, d’hérétique. Et Pie XII qui le canonisa ne se saurait donc pas employé à suivre l’inspiration divine de l’Esprit Saint dans son jugement. Est-il possible que dans une période antérieure à celle de Vatican d’eux se soit déjà observée la canonisation erronée d’un ennemi de la foi?
      On s’en sort comment d’un truc pareil?…

      Saint Pie X priez pour nous!

  2. sixte permalink
    6 septembre 2010 09:20

    La difficulté majeure du sédévacantisme est de pouvoir expliquer comment l’Église peut continuer d’exister d’une manière visible, alors qu’elle aurait été dépouillée de sa tête.

    St. Robert Bellarmin expose la croyance universelle et constante dans la visibilité de l’Église. Il dit qu’il est prouvé que pour un catholique il est nécessaire de reconnaître la tête visible de l’Église, fusse-t-elle pécheresse, sous peine de damnation éternelle. La visibilité de l’Église est directement liée au Pontife Romain.

    Par ailleurs le Concile Vatican I a enseigné que la permanence et la source de l’unité de l’Église dépendent de l’existence perpétuelle du Pontife Romain ; on ne peut donc en aucun cas s’éloigner du trône de Pierre.

  3. wendrock permalink
    6 septembre 2010 09:25

    Attention, les sédévacantistes prétendent qu’ils ne rejettent pas la papauté, la primauté et l’indéfectibilité de l’Église, mais la papauté actuelle qui est hérétique (ce qui est le cas sur certains points : Droits l’homme, liberté religieuse, etc.)

    Mais c’est un fait évident, en balayant trop rapisement d’un revers de mains la hiérarchie de l’Eglise actuelle, qu’ils ne peuvent pas nous dire de façon objective qui sera le prochain pape, et par qui il sera élu. Voilà la difficulté principale de leur thèse.

    • Sulpice permalink
      7 septembre 2010 09:52

      Et cette gravissime difficulté conduit le sédévacantisme a une impasse formelle indépassable qui ruine toute sa thèse qui tient d’ailleurs en quelques mots : nul pape ne peut être hérétique, hors le pape soutenant Vatican II professe des hérésies, donc il n’est pas pape.

      Cette façon d’envisager le problème n’est logique qu’en apparence, car l’Histoire nous apprend que par le passé des papes ont soutenu des thèses hérétiques. Que l’Eglise a même reconnu des antipapes lors du grand schisme d’Occident. Le sédévacantisme est donc le produit d’un syllogisme.

      Et en effet, un syllogisme peut être logique tout en étant faux. Car tout dépend des prémisses desquelles on tire une conclusion.

      Si une prémisse est fausse (nul pape ne peut être hérétique), on arrive, par un raisonnement en lui-même logique, à une conclusion fausse (donc le pape n’est pas le pape). Avant de commencer à raisonner en bon logicien, il est donc indispensable de s’assurer que les bases sur lesquelles s’appuie le raisonnement correspondent à la réalité. « La plupart des erreurs des hommes viennent moins de ce qu’ils raisonnent mal en partant de principes vrais, que de ce qu’ils raisonnent bien en partant de jugements inexacts ou de principes faux » (Charles Augustin Sainte-Beuve: Causeries du lundi, Paris 1851-1862, t. X, p. 36)

      Hors de l’Eglise point de salut !

  4. apostolatus specula permalink
    6 septembre 2010 09:29

    • calixte permalink
      6 septembre 2010 10:59

      La dérive vers une contre-église soulignée par Mgr Lefebvre est exacte. A différentes occasions, des petits groupes de sédévacantistes ont pris l’initiative d’organiser des « conclaves », qui ont débouché sur l’élection d’un certain nombre d’antipapes. De telles élections ont eu lieu en 1990 (David Bawden, se faisant appeler le pape Michel), 1994 (Victor von Pentz, pape Lin II), 1998 (Lucian Pulvermacher, pape Pie XIII, chef de la true Catholic Church et décédé en 2009), 2006 (Oscar Michaelli, pape Léon XIV).

      Parallèlement, un certain nombre de personnages affirment tenir leurs droits à la papauté d’une révélation divine, comme Clemente Domínguez, fondateur de l’« Église catholique palmarienne », qui s’est fait appeler le pape Clément. Ces mouvements sont souvent présentés comme conclavistes, même s’ils ne partagent pas toutes les idées des autres groupes sédévacantistes ou conclavistes.

      On voit, par ces aventures catastrophiques, l’importance d’une position intransigeante à l’égard du sédévacantisme.

    • wendrock permalink
      6 septembre 2010 11:12

      Liste des principaux pseudos « papes » selon les courants conclavistes sédévacantistes.

      Afin d’éviter de se « perdre » avec les différentes tendances, les fusions, scissions, cette liste est présentée par ordre de date de naissance des prétendus « papes ».

      – Clément XV (Michel Collin) (1905-1974), prêtre du diocèse de Nancy. Dit avoir eu en 1963 une révélation céleste qui le désigne comme Pape sous le nom de Clément XV. Il prêche une doctrine ultra traditionnelle empreinte de messianisme extra-terrestre. A sa retraite en 1968, sa mouvance connaît diverses scissions, Grégoire XVII se proclame son successeur.
      Emmanuel 1er (Gino Frediani, né en 1913). Autoproclamé pape (1973-1984) en Italie. Décédé en 1984 sans succession, ses fidèles attendant sa résurrection !

      – Pie XIII, (Lucian Pulvermacher, né en 1918 et décédé en 2009) élu suite à un conclave par téléphone en 1998, auparavant une petite assemblée de religieux avait décrété que les quatre papes ayant succédé à Pie XII étaient des usurpateurs, et qu’il fallait occuper le siège vacant…

      – Pierre II, (Maurice Archieri, né en 1923). Mécanicien automobile en retraite habitant Le Perreux en banlieue parisienne, investi par l’opération du Saint-Esprit (ce sont ses propres termes) en 1995. Son fils Jean-Marie Archieri, (né en 1951) lui succedera.

      – Grégoire XVII (ou Jean-Grégoire XVII) Jean-Gaston Tremblay, Ce canadien, né en 1928 se proclame le successeur de Clément XV en 1968. Installé à Sainte-Jovite au Québec. A nommé son successeur qui sera une femme, Grégoria XVIII !

      – Pierre II (né en 1934) de son vrai nom Manuel Alonso Corral, auparavant « Père Isidore » a pris la succession de Grégoire XVII (Dominguez) en 2005 à la mort de ce dernier.

      – Grégoire XVII (Clemente Domínguez) (1946-2005). Andalou. A la mort de Paul VI, en 1978, il affirma avoir reçu un message de la Vierge, et se proclama successeur du pontife, sous le nom de Grégoire XVII. Il fonde l’Ordre des Carmélites de la Sainte face, excommunie Jean-Paul II, béatifie le général Franco et crée un Vatican dissident.

      – Linus II (Victor Von Pentz, Sud-Africain né en 1953, vivant en Angleterre), élu par un conclave réuni à Assise en Italie en 1994. Quatre jours plus tard, ses partisans tentent de pénétrer au Vatican pour l’installer à la place de Jean-Paul II mais se font refouler par la police.

      – Michael 1er (David Allen Bawden) Américain. Né en 1959, proclamé pape depuis 1990, prétend que Paul VI était le diable lui-même !

      – Pierre II (William Kamm, allemand né en 1950, vivant en Australie). La Vierge Marie lui aurait directement conseillé de sélectionner pour épouses 12 reines et 72 princesses, qui lui permettraient de redévelopper la race humaine après sa destruction par une boule de feu. Condamné à 10 ans de prison pour agression sexuelle !

      Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/S%C3%A9d%C3%A9vacantisme

    • Valence permalink
      6 septembre 2010 22:36

      Le conclavisme orthopapiste a trois représentants bien documentés, Michel I, Lin II et Pie XIII. L’existence de Pie XIV est à peine attestée, celle de Pie XIV est douteuse.

      http://membres.multimania.fr/papocryphes/591.html

    • Celias permalink
      6 septembre 2010 22:46

      A la mort de Jean XXIII en 1962, Michel Collin prétend que la Vierge lui aurait confié les « clés de l’Eglise ». Le 3 juin 1963, il se proclame pape sous le nom de Clément XV et fonde « l’Eglise de Gloire » à Clémery (Meurthe-et- Moselle. En 1965, il est condamné à six mois de prison avec sursis pour escroquerie.

      En 1970, pendant un pèlerinage à Lourdes, Maurice Archieri, garagiste, aurait été favorisé « des grâces de la vie mystique ». Il se fait ordonner prêtre et évêque par une église parallèle (l’Eglise catholique gallicane de Belgique), puis s’autoproclame pape : Pierre II Vicaire du Christ, à Le Perreux (France). Le 15 septembre 2009, il se permet de « réduire à l’état laïc » le pape actuel, qu’il dénomme avec mépris « de l’abbé apostat Joseph Ratzinger ».

      Entre décembre 1997 et février 1998, à Agen (France) des apparitions et messages apocalyptiques auraient été données à « Petit Dominique », à qui le Christ aurait prédit qu’il serait pape sous le nom de Pierre II.

  5. hannibalgenga permalink
    6 septembre 2010 10:46

    Mgr Michel Guérard des Lauriers o.p. (+1988), dans les années 70 avait été appelé par Mgr. Lefebvre pour enseigner au séminaire d’Ecône. Plus tard, Mgr. Lefebvre renvoya le P. Guérard des Lauriers à cause de ses thèses sédévacantistes.

    En effet, vers la fin des années 70, le P. Guérard des Lauriers avait élaboré sa thèse du pape matériel, connue sous le nom de thèse de Cassiciacum. En 1981, il fut consacré évêque par Mgr. Thuc.

    • calixte permalink
      7 septembre 2010 00:17

      On se souviendra que l’abbé de Nantes épousait la thèse du Cardinal Journet (le Pape hérétique n’est pas déposé ipso facto, mais il doit être déclaré tel par l’Eglise) et constatait que Paul VI, apostat, hérétique, scandaleux et schismatique, devait être déclaré déposé par le Clergé romain (les Cardinaux).

      Il écrivait : “Il est de leur devoir [de qui constate les erreurs de Paul VI] de porter cette accusation devant l’Eglise. D’abord en avertissant le Pape lui-même, puis en en appelant (…) au Magistère infaillible de ce même Pape ou, à défaut, du Concile. ‘Formellement’, c’est au clergé de Rome, et principalement aux cardinaux-évêques, suffrageants de l’évêque de Rome, que reviendrait la charge de mener à son terme une si périlleuse mais si urgente mission pour le salut de l’Eglise”. “Une telle action l’emporte sur tout autre soin et constitue la plus haute des charités, car le Poisson – ICTUS – pourrirait par la tête si la Fonction suprême n’était pas enlevée à un homme déjà mort” (CRC n° 89, février 1975, Frappe à la Tête).

  6. 6 septembre 2010 12:22

    Oui le sedevacantisme est une énorme erreur.

    Mais beaucoup plus grave est de croire que l’église conciliaire est l’Eglise Catholique. Ils ont tout changé :
    http://www.a-c-r-f.com/documents/LHR-Ils_ont.pdf
    et vous dites encore qu’ils sont l’Eglise Catholique ! ! !

    Et ce n’est pas une raison pour dire que les CSI, catholiques semper idem, veulent élire un pape ! il n’en a jamais été question.

    Vatican d’eux est un énorme châtiment et ce n’est pas fini…

    • sixte permalink
      6 septembre 2010 21:22

      C’est vrai ils ont tout changé, absolument tout de par leur fatal modernisme…sauf l’essentiel, à savoir l’institution de la Papauté !

      Et si demain nous voulons un Pape de Tradition et un Vatican III de Contre-Réforme, il faudra bien que ce Pape soit élu par le conclave romain et qu’il puisse convoquer un nouveau Concile. Et pour ce faire il doit surgir du sein de l’Eglise, il ne peut le faire que de l’Eglise.

      Ainsi donc, bien que votre constat soit juste, votre solution, sortir de l’Eglise, est une erreur car c’est abandonner l’épouse mystique du Christ aux brigands. Il faut tenir bon et croire en la force de la Divine Providence et en Jésus-Christ Lui-même qui a dit que jamais il n’abandonnerait son Eglise : “Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église, et que les portes de l’enfer ne prévaudront point contre elle” (Mt. 16, 18).

    • Grégoire permalink
      6 septembre 2010 21:44

      @ REMY Louis-Hubert

      Le sédévacantisme est une énorme erreur et tout aussi grave est de croire que l’église conciliaire n’est plus l’Eglise Catholique.

      Que l’Eglise moderne soit défigurée par Vatican II et l’idéologie conciliaire est une chose, mais n’oublions jamais que c’est elle, et elle seule, avec ses ordres monastiques, ses fondations, son héritage et son histoire façonnée par les Apôtres, les Pères, les martyrs et les saints, qui détient le dépot sacré venant de Jésus-Christ.

    • 16 septembre 2010 23:22

      Collaborer à la destruction de l’Église, c’est trahir l’Église et Notre-Seigneur Jésus-Christ…
      C’est ce que fait Mgr Fellay depuis 1998, en négociant avec la secte Conciliaire (qui « éclipse l’Église catholique » comme nous l’a révélé Notre Dame à la Sallette) sa reconnaissance et son ralliement !

    • Novus permalink
      16 septembre 2010 23:30

      Mgr Lefebvre que vous citez voici son opinion sur la Rome conciliaire hérétique qui n’est plus l’Eglise catholique :

      « Se mettre à l’intérieur de l’Eglise, qu’est-ce que cela veut dire ? Et d’abord, de quelle Eglise parle-t’on ? Si c’est de l’Eglise conciliaire, il faudrait que nous, qui avons lutté contre elle pendant vingt ans parce que nous voulons l’Eglise catholique, nous rentrions dans cette Eglise conciliaire pour soi-disant la rendre catholique ? C’est une illusion totale ! (…)
      Cette histoire d’Eglise visible de Dom Gérard et de M. Madiran est enfantine. C’est incroyable que l’on puisse parler d’Eglise visible pour l’Eglise conciliaire, par opposition à l’Eglise catholique que nous essayons de représenter et de continuer. »

      Fideliter n° 70, de Juillet-Août 1989

  7. BLANCHARD permalink
    6 septembre 2010 12:31

    En ce qui concerne les exemples de l’histoire avancés par les anti-sedevacantistes, voici un extrait d’article paru dans le n°16 de La Voix des Francs catholiques :

    Mais nous voulons vous rafraîchir la mémoire ou plutôt don-ner au lecteur les sources mêmes de ces auteurs qui défendirent la vérité historique, éclairés par les lumières de la Foi. Pour cela nous reprendrons l’excellent travail de M. Yann Volanthen , lettre qu’il a adressé à votre supérieur Mgr Fellay qui vous a nommé pour faire partie de la commission théologique pour les discussions avec l’église conciliaire. Cette lettre reprend exactement les arguments que nous avons à vous opposer (tous les auteurs cités sont réédités aux éditions Saint-Remi) :
    « Venons-en maintenant aux arguments, assurés comme histori-ques, qui nous sont opposés.
    Concernant les reproches faits par saint Paul à saint Pierre, vous af-firmez que « d’autres pères, et non pas les moindres … expliquent que saint Pierre a péché véniellement en la circonstance », saint Augustin, saint Am-broise, saint Cyprien et saint Thomas d’Aquin. Cela est inexact, au moins pour saint Augustin, lequel affirme en terminant sa polémi-que avec saint Jérôme :
    « Après l’Ascension du Sauveur et la descente du Saint-Esprit au cénacle, les cérémonies de l’ancienne loi n’étaient intrinsèquement ni bonnes, ni mauvaises. Elles avaient cessé d’être obligatoires, sans être encore réprouvées ; elles étaient mortes, elles n’étaient pas encore mortifères ; en un mot, elles étaient devenues choses indifférentes, dont on pouvait user dans une certaine mesure pour la conversion des juifs, de même qu’on les pouvait négliger vis-à-vis des gentils. C’est ainsi que l’apôtre saint Paul, qui avait soumis Timothée à la circoncision [après ses reproches à saint Pierre, et « à cause des juifs qui étaient en ce lieu »], ne l’imposa nullement à Tite, son autre disciple. »
    Nous ne contestons pas que d’autres Pères et Docteurs aient pu exprimer un autre avis que celui de saint Jérôme et saint Jean Chry-sostome. Cet avis – délibérément occulté aujourd’hui – montre simplement que l’épître aux Galates ne peut trancher définitive-ment, comme on le fait, la question en faveur de la faillibilité de l’enseignement ordinaire des Souverains Pontifes. Cette faillibilité de l’enseignement ordinaire de saint Pierre et de ses successeurs n’est en effet aucunement en question ici. Car jamais aucun Père de l’Église ni aucun Docteur n’a prétendu que ce que saint Paul repro-chait à saint Pierre fut un enseignement, ni que cet enseignement fut proposé à toute l’Église comme une Encyclique ou une Décla-ration Conciliaire, et encore moins que saint Pierre ait enseigné une hérésie, trois éléments parfaitement remplis par nombre de docu-ments des quatre derniers occupants du Saint-Siège. Le parallèle n’est donc pas possible.
    Je ne m’étendrai pas sur l’excommunication de saint Athanase. La lettre Studens paci citée dans le Denzinger post-conciliaire est un faux. Le fait que la secte de faussaires – capables de rédiger la TOB et de réhabiliter Luther –, escrocs notoires, se bornent à affirmer pé-remptoirement que « l’authenticité de ces lettres … ont été autrefois mise en doute, à tort » (p. 46) n’y change rien. Cette lettre du Pape Libère, tous les auteurs, auxquels nous nous référons ci-dessous, ont prou-vé qu’il s’agissait d’un faux . Cette lettre du Pape saint Libère est inexistante pour tous les hagiographes de saint Athanase à com-mencer par les Bollandistes. Bossuet lui-même, dont on ne peut contester l’érudition et qui avait un intérêt puissant à défendre l’authenticité de cette lettre dans sa défense du gallicanisme, la raya de ses œuvres comme le prouve l’abbé Rochbacher . Le constat est accablant : l’excommunication de saint Athanase est un MYTHE fondé sur des faux rédigés par des ariens et réfutés il y a plus de trois siècles !
    Ce genre de falsifications, combien n’en a-t-on pas vu ? Le caté-chisme de saint Pie X lui-même qui disait « Le Pape seulement est in-faillible lorsque, en sa qualité de Pasteur, etc. » n’a-t-il pas été remplacé dans la traduction de Madiran par « Le Pape est infaillible seulement lors-que … » ?
    Concernant le Pape Honorius, personne plus que le Père Gratry n’a accumulé les arguments et les documents contre ce Pape dans sa Première lettre à Mgr Deschamps . De l’accumulation gigantesque de cet ennemi venimeux du Saint-Siège contre le Pape Honorius il ne reste rien après ce qu’en ont écrit : l’abbé Rochbacher, dans son His-toire de l’Église éd. 1849 t. 10 ; l’abbé Darras dans son Histoire de l’Église t. 19 ; Mgr Fèvre dans son Histoire apologétique de la Papauté t. III ; Dom Guéranger dans Défense de l’Église Romaine contre les accusa-tions du Père Gratry, De la monarchie Pontificale, Réponses aux dernières ob-jections contre le définition de l’infaillibilité du pontife romain et De la défini-tion de l’infaillibilité papale ; Mgr de Ségur dans Le Souverain pontife, Le Dogme de l’infaillibilité et l’article de l’Univers du 1er mai 1872 ; l’abbé Constant dans Honorius a-t-il été Monothélite ? ; Joseph de Maistre dans Du Pape et De l’église gallicane ; et, concernant les débats violents sur cette question durant le concile Vatican I, Louis Veuillot dans Rome pendant le Concile. Chacun de ces auteurs, tous défenseurs émé-rites de l’Église contre la Révolution contemporaine, n’ont en face d’eux que des catholiques libéraux allant chercher les arguments de leur partialité chez des hérétiques. Par conséquent, et quelle que soit ce que l’on peut trouver dans le DTC, la question d’une éventuelle profession de l’erreur par Honorius est réglée. Et il n’en reste rien, non pas seulement, comme vous l’affirmez, concer-nant le dogme de l’infaillibilité de l’enseignement ex cathedra des Pa-pes, mais même en ce qui concerne l’enseignement pur et simple, l’enseignement ordinaire, du Pape Honorius.
    Vous invoquez le Concile de Chalcédoine qui l’aurait condamné. Les actes de ce Concile contenant cette condamnation n’ont jamais été approuvés par un Pape. Ils sont donc nuls. Vous citez ensuite la traduction du Denzinger post-conciliaire de la lettre du Pape Léon II. Permettez-nous d’invoquer celle, donnée par tous les auteurs auxquels nous nous référons : « Honorius ne s’est pas efforcé de purifier l’Église apostolique par l’enseignement de la tradition des apôtres, il a laissé passer l’impur et hypocrite trahison qui a souillé la foi immaculée ». Entre « ne pas s’efforcer de purifier l’Église, laisser passer l’impur et hypocrite trahison » et « tenter de subvertir la foi immaculée en une trahison impie » comme le prétendent les modernistes, il y a un abîme !
    Mais placer le débat qui nous oppose sur cette condamnation du Pape Honorius c’est déplacer le problème. Le fond de la question n’est pas tant cette condamnation pour grave qu’elle soit, que de savoir si, oui ou non, le Pape Honorius, Souverain Pontife de l’Église Romaine, a enseigné l’erreur. Car la polémique créée contre ce Pape (à commencer par l’hérétique Quesnel) et, à travers lui, contre la soumission envers le Saint Siège, consiste à dire que le Souverain Pontife a pu et peut errer dans son enseignement ordinaire à toute l’Église.
    Dans cette exacte mesure, la prétendue chute du Pape Honorius, et même sa condamnation, sont absolument sans objet puisque tous, y compris les opposants les plus acharnés du Saint Siège, sont obli-gés de reconnaître que le Pape Honorius n’a pas, n’a jamais en-seigné la moindre chose contredisant la doctrine catholique. C’est la conclusion péremptoire de Dom Guéranger. Cette accusation portée par le Pape Léon II – replacée dans son exacte portée, à sa-voir de ne pas avoir condamné un point, non encore dogmatique à l’époque, dans une lettre privée d’un Souverain Pontife à un seul évêque – ne peut en aucun cas être considérée comme un « précédent » à l’actuel ensei-gnement constant de l’hérésie dans des Encycliques et des Actes d’un Concile Œcuménique.
    Établir un quelconque parallèle entre l’éventuelle faute de saint Pierre ou la non condamnation du patriarche Sergius par le Pape Honorius avec la situation actuelle de constante promotion par Roncalli, Montini, Wojtyla et Ratzinger d’hérésies condamnées comme telles, est invraisemblablement abusif !
    Mater et Magistra, Dignitatis humanæ, les multiples Encycliques expli-citement hérétiques de Wojtyla et Ratzinger, sans parler d’Assise, des célébrations de la Hanouka talmudique au Vatican ou des ‘priè-res’ dans les mosquées et autres bénédictions réclamées à des rab-bins ou à des pontifes d’autres religions diaboliques par des « Sou-verains Pontifes », n’ont aucune commune mesure avec les repro-ches faits à St Pierre ou à un Pape Honorius. Ces derniers n’ont ja-mais enseigné d’hérésies, ni ex cathedra ni dans leur enseignement ordinaire à toute l’Église. Non, Monseigneur, il n’y a dans l’histoire des Souverains Pontifes aucun précédent à la situa-tion de guerre organisée contre l’Église Catholique par ceux que Mgr Lefebvre appelait des « anti-christs occupants le Siège de Pierre » ! »

    • wendrock permalink
      6 septembre 2010 22:15

      La question est loin d’être réglée concernant Honnorius, dont vous semblez ignorer les détails de sa patente hérésie monothéliste, détails non puisés dans les ouvrages schismatiques, mais dans une récente étude publiée aux éditions catholiques du Cerf.

      Rappelons donc que tout provient de l’initiative du patriarche de Constantinople, Sergius, qui eut l’idée du « monoénergisme », doctrine qui ne pose qu’une unique activité dans le Christ. Il utilisa cette doctrine dans les discussions avec les monophysites d’Arménie, de Syrie et d’Egypte qu’il voulait ramener vers l’Eglise (fractions monophysites que Constantinople II n’a pu convaincre). En accord avec Sergius, Cyrus, patriarche d’Alexandrie, lance en 633 son « Pacte d’union » dont la formule principale est celle-ci:

      « L’unique et même Christ et Fils opérant ce qui est divin et ce qui est humain par une seule activité théandrique (mia théandrikè énergéia), comme le dit Saint Denys » (l’Aréopagite).

      Denys avait écrit « par une nouvelle activité ». Cyrus transforme le texte en « par une seule activité ». La formule est ambigüe. Elle peut être entendue en un sens juste comme en un sens contraire à Chalcédoine. Certes, les deux natures concourent en toute opération du Christ; celui-ci n’a qu’un agir en deux natures. Mais d’autre part, on peut comprendre que le Christ n’a qu’un seul type d’activité, venant d’un seul principe d’action (d’où « monoénergisme »)? Or l’activité est une propriété de la nature; et l’activité du Christ pourrait ne pas être vraiment humaine, ce qui conduirait à un mauvais monophysisme.

      Deux moines discernèrent rapidement l’amgiguité de la formule de Sergius et de Cyrus: Sophrone, qui deviendra évêque de Jérusalem (+639), et Maxime le Confesseur (+662). Sophrone intervint auprès de Sergius et de Cyrus en rappelant que l’activité se rapporte aussi à la nature, et que, dans ce cas, on ne peut plus parler d’une unique activité dans le Christ.

      Sergius de Constantinople, apprenant l’élection de Sophrone sur le siège de Jérusalem (630), écrit au pape Honorius pour le tenir au courant des débats en proposant de proscrire les termes de monoénergie et de dyoénergie, « car le même Verbe a opéré le divin et l’humain sans division. Pour Sergius, poser deux activités serait poser deux volontés, nécessairement contraires l’une à l’autre. Et Sergius propose une formule affirmant: « un seul voulant, une seule volonté en deux natures agissantes ». Formule ambigue, là encore.

      Ainsi, voulant bien faire et par ces formules conciliatrices, Sergius revient à des idées de type apollinariste qui portent atteinte à l’intégrité de la nature humaine du Christ comme principe vital d’action

      Le pape Honorius répond en 634 par une lettre de félicitations et approuve la formule proposée d' »une seule volonté dans le Christ ». Il est d’accord pour proscrire les mots de « monoénergie » et « dyoénergie ».

      Pour lutter contre cette hérésie, lors du Concile de Constantinople III (680-681) à la 13ème session où 43 évêques étaient présents, on condamna tous les « monothélites » : Sergius, Pyrrhus, Paul, Cyrus et Macaire d’Antioche, ainsi qu’Honorius, le pape qui avait approuvé Sergius !

      Aucune protestation ne fut élevée à propos de la condamnation d’Honorius, ni de la part des légats, ni de la part du pape en exercice, Léon II. L’erreur d’Honorius fut donc bien regardée comme une faute personnelle et une hérésie du pape.

      La 18ème session promulga un décret dogmatique traitant des deux volontés et des deux activités du Christ. Le pape Léon II approuva les décisions du Concile et les fit souscrire par les évêques d’occident qui le reconnurent comme VIème Concile oecuménique. Le pape Léon II admettra bien « l’hérésie » d’Honorius.

      Héraclius, l’empereur, promulgue, en 638, un nouvel édit théologique l’Ekthésis, ou « Exposé de la foi », qui impose la formule « une seule volonté (thélèma) du Christ, sans confusion des natures ». Sergius, puis Pyrrhus son successeur, s’y rallient, de même que Cyrus d’Alexandrie; mais pas Sophrone de Jérusalem. L’occident réagit à l’Ekthésis. Jean IV, le pape, réunit un Synode en 641 qui condamne l’hérésie monothélite, et Maxime le Confesseur défend en Afrique la doctrine des deux volontés. Mais la condamnation de Jean IV, une fois encore, dénonce la thèse hérétique soutenue par Honorius.

      Cf. Défense des trois chapitres (à Justinien). T. II. 1, P. , Livres III-IV, Texte critique par J.-M. Clément et R. Vander Plaetse. Introduction, traduction et notes par Anne Fraïsse-Rétoulières, Éd. du Cerf, coll. « Sources chrétiennes », n° 478, 2003.

  8. jean permalink
    6 septembre 2010 14:40

    Pour commencer:

    « Le principe suivant est des plus certains: le non Chrétien ne peut, en aucune façon, être Pape…. La raison en est qu’il ne peut pas être la Tête s’il n’est pas membre ; or le non Chrétien n’est pas membre de l’Eglise, et un hérétique manifeste n’est pas Chrétien, comme l’enseignent ouvertement S. Cyprien (l.4, Ep.2), S. Athanase (Serm. Contra Arian.) S. Augustin (l. de grat. Christi, ch.20), S. Jérôme (Contra Lucif.) et d’autres.

    C’est pourquoi un hérétique manifeste ne peut pas être Pape… C’est la sentence de tous les anciens Pères….» (Saint Robert Bellarmin, De Romano Pontifice 2,30)

    « Si jamais le Pape, comme personne privée tombait dans l’hérésie, il serait à l’instant déchu du Pontificat ; car comme il serait alors hors de l’Eglise, l’Eglise devrait non pas le déposer, puisque personne n’a autorité sur le Pape, mais le déclarer déchu du Pontificat.» (Saint Alphonse de Liguori, Oeuvres complètes t.9 p. 232)

    « Un Pape manifestement hérétique a cessé de lui-même d’être le Pape et la Tête, de la même façon qu’il a cessé d’être Chrétien et membre du Corps de l’Eglise ; et pour cette raison il peut être jugé et puni par l’Eglise.
    C’est la sentence de tous les anciens Pères….» (Saint Robert Bellarmin, De Romano Pontifice 2,30)

    Etant donné que Paul VI Jean-Paul II et Benoît XVI ont déclaré à plusieurs reprises qu’il fallait appliquer le Concile schismatique Vatican II et ses réformes heretiques, ils ne sont pas de vrais successeurs de Pierre . Donc, s’ils ne le sont pas,ils ne sont tout simplement pas Papes,logique.

    Ensuite si Mgr Lefebvre ne voulait pas faire partie de cette église conciliaire, c’est parce qu’elle n’est pas catholique, comme il le disait lui-même. Or comment peut-on reconnaître les autorités de cette église conciliaire comme la véritable autorité de l’Eglise ?

    Et en effet, Mgr Lefebvre disait : “dans la mesure où le pape, les évêques, prêtres ou fidèles adhèrent à cette nouvelle Eglise, ils se séparent de l’Eglise catholique et entrent dans le schisme”. Or “le pape, (la plupart d’entre) les évêques, prêtres ou fidèles adhèrent à cette nouvelle Eglise, (donc) ils se séparent de l’Eglise catholique et entrent dans le schisme”.

    Donc je suis et resterais fidele a l’Eglise Catholique (la vraie) aux dogmes preceptes et aux traditions,car l’Eglise actuelle est fausse,elle forme une sorte de nouvelle religon schismatique.

    Pour finir ces choses la sont prévues,L’Apocalypse de Jean,le Seconde épître de Paul aux Thessaloniciens entre autre,meme sans precisions sur la date,annoncent clairement ces choses la,de par leurs nombreuses descriptions et allusions au contexte actuel,apostasie general,bientot la soumission a la Bete et a ca marque,avenement de l’Antéchrist,la chute de Rome etc.

    Il suffit également de lire les célestes révélations de La Salettele en 1846!

    http://www.virgo-maria.org/Documents/la-salette/secretsalette.htm

    C’est pourtant tres clair! La premiere et le seconde guerre mondiale,le temps de paix qui suit,les erreurs Russes qui se propagent dans le monde,les miracles dans les airs et sur la terre,chaque Homme se guidant lui meme,perversion par le divertissement,l’apostasie,dereglement des saisons..

    Bref vous restez fideles a ce Vatican,qui accepte tous les blasphemes,qui vous l’admettez est clairement maçonnisé,soumis au modernisme,au pouvoirs demoniaques,avec les declarations honteuses de ses membres,tout en sachant que les écrits sacrés annoncent ces choses la,vous jouez aux candides,vous jouez avec vos ames.

    Vos Papes sacrés “citoyen du monde” a l’ONU,a embrasser le Coran,a reconnaitre Israel,ce projet antéchristique,a lecher le cul des juifs et des FM qui travaillent pour Satan…tout le monde il est gentil,l’Eglise Catholique n’est pas la seule a detenir la verité,les musulmans prient le meme Dieu,le controle des naissances,etc..

    “J’adresse un pressant appel à la terre : j’appelle les vrais disciples du Dieu vivant et régnant dans les cieux ; j’appelle les vrais imitateurs du Christ fait homme, le seul et vrai Sauveur des hommes ; j’appelle mes enfants, mes vrais dévots, ceux qui se sont donnés à moi pour que je les conduise à mon divin Fils, ceux que je porte pour ainsi dire dans mes bras, ceux qui ont vécu de mon esprit ; enfin, j’appelle les Apôtres des derniers temps, les fidèles disciples de Jésus-Christ qui ont vécu dans un mépris du monde et d’eux-mêmes, dans la pauvreté et dans l’humilité, dans le mépris et dans le silence, dans l’oraison et dans la mortification, dans la chasteté et dans l’union avec Dieu, dans la souffrance et inconnus du monde. Il est temps qu’ils sortent et viennent éclairer la terre. Allez, et montrez-vous comme mes enfants chéris ; je suis avec vous et en vous, pourvu que votre Foi soit la lumière qui vous éclaire dans ces jours de malheur. Que votre zèle vous rende comme des affamés pour la gloire et l’honneur de Jésus-Christ. Combattez, enfants de lumière, vous, PETIT NOMBRE QUI Y VOYEZ; car voici le temps des temps, la fin des fins.”

    • Charles permalink
      6 septembre 2010 21:48

      @ Jean

      Si vous voulez rester fidèle a l’Eglise Catholique (la vraie) aux dogmes préceptes et aux traditions, même si l’Eglise actuelle se trompe et forme une sorte de nouvelle religion schismatique, il ne faut pas la quitter, car quitter l’Eglise, d’autant lorsqu’elle est malade, affaiblie, défigurée par l’erreur conciliaire, c’est s’éloigner de Jésus-Christ.

    • Medinaceli permalink
      7 septembre 2010 10:18

      Certes, comme le soutient saint Alphonse de Liguori : « Si jamais le Pape, comme personne privée tombait dans l’hérésie, il serait à l’instant déchu du Pontificat » ; mais qui a autorité pour déclarer cette déchéance puisque le Pape n’a pas de supérieur ?

    • calixte permalink
      7 septembre 2010 10:25

      C’est pourquoi se détourner de l’Eglise sans que le Pape n’ait été ni jugé ni déposé – ce qui n’est pas le cas pour l’actuel comme il en fut de même pour les précédents – est une attitude fautive, comparable à celle de Luther et de tous les autres schismatiques.

      D’ailleurs cette attitude erronée si elle était avalisée (et fort heureusement nul ne peut l’entériner validement du point de vue canonique) pourrait même un jour, à la faveur de décisions subjectives d’un groupe d’évêques ou de n’importe qui, avoir des conséquences terribles pour l’Eglise.

      En réalité le sédévacantisme croyant guérir un mal en génère un plus grave encore.

  9. PEB permalink
    6 septembre 2010 15:03

    Les derniers Papes sont certes d’un autre niveau qu’Alexandre VI ou les pornocrates du Xème siècle par exemple. En tout cas, il faut prier pour que celui de notre temps n’entre pas en tentation.

    Quid de l’infaillibilité pontificale (et conciliaire) face aux hérésies papales éventuelles? Il est vrai que les Papes d’alors ne s’exprimait pas nécessairement ex Cathedra et que le débat n’était pas toujours totalement clos.

    Comme toujours, Notre Seigneur nous souffle la réponse dans l’oreillette. Pensons à Ses deux paroles dites à cinq versets d’intervalle donnant à Pierre tout à tour la bénédiction puis la malédiction.
    Tout d’abord: « Tu es heureux, Simon fils de Jean, car ce n’est pas un être humain qui t’a révélé cette vérité, mais mon Père qui est dans les cieux. […] » (Mt 16, 17) […] Mais Jésus se retourna et dit à Pierre : « Va-t’en loin de moi, Satan ! Tu es un obstacle sur ma route, car tu ne penses pas comme Dieu, mais comme les êtres humains. » (Mt 16, 23)

    Tout le drame de la Papauté est là. Pierre est à la foi l’infaillible docteur révélant la divinité messianique du Maître et à la fois le scandale de la tentation. L’Histoire de la Sainte Église Romaine est un perpétuel balancier entre ces deux extrémités. Rien donc de plus grand mais de plus fragile qu’un Pape. Jésus nous avait prévenu dès les commencements!

    Vatican II et ses Papes ont la particularité de n’être point dogmatiques mais méta-dogmatique. En d’autres termes, si les conciles précédents ont proclamé des dogmes, Vatican II a disputé de la forme des dogmes (et donc de la liturgie).

    A ce titre, le modernisme n’est pas une hérésie mais une méta-hérésie, beaucoup plus difficile à combattre qu’une hérésie particulière bien identifiée. Le modernisme attaque non pas des dogmes en particuliers mais leur forme, leur réception et leur existence même en tant que dogmes.

    • 7 septembre 2010 10:40

      PEB

      Pour poursuivre votre raisonnement, et alors même que le sédévacantisme butte sur cette difficulté en imaginant que tout acte, toute déclaration de l’Eglise est infaillible par une sorte d’automatisme mécanique du Magistère, il importe de souligner que le Concile Vatican II pénétré de cette méta-hérésie moderniste (excellente définition de votre part) avait, éventuellement, la possibilité de délivrer un enseignement infaillible qui se serait imposé à l’ensemble des fidèles.

      Même si l’étude détaillée des Acta synodalia nous révèle aujourd’hui une multitude d’irrégularités dans le déroulement des sessions et la promulgation des actes, il n’en demeure pas moins vrai que par la régularité de sa convocation et par la présence de l’ensemble de l’épiscopat autour du Souverain Pontife, le Concile Vatican II jouissait juridiquement de la pleine capacité de promulguer des actes infaillibles.

      Mais une chose est d’avoir la capacité d’exercer un pouvoir, et une autre est de s’en servir ! La démonstration juridique de la capacité du Concile à être infaillible ne suffit pas pour décerner la note infaillible à ses Actes ; elle doit être complétée par une étude historique, ce qu’oublient malheureusement de faire les tenants de la thèse sédévacantiste.

      En effet, pour qu’il y ait infaillibilité il faut que les Pères usent délibérément de leur sacro-saint pouvoir selon toutes les conditions de son exercice légitime. Puisque l’assistance divine n’est pas – comme des millions de fidèles l’ont mal comprise – universelle, constante, irrésistible ni inconditionnelle, dans le Concile comme dans le Souverain Pontife, il importe d’abord de préciser si ces autorités humaines et faillibles ont voulu ou non, ou dans quelle mesure, engager dans leurs enseignements et leurs décisions l’Autorité infaillible de Dieu.

      Or, force est de constater que le Concile a renoncé à l’exercice de son pouvoir ! C’est Jean XXIII qui l’a voulu ainsi. Cette surprenante décision, sans doute obscurément préparée et inspirée au Souverain Pontife, a été imposée à l’assemblée conciliaire, le 11 octobre 1962, dans son discours d’ouverture. Les Pères y apprirent qu’ils ne devraient pas y faire œuvre dogmatique, définir des vérités divines ni dénoncer les erreurs de ce temps, et surtout ne condamner personne. Or, ce sont précisément les caractéristiques nécessaires pour qu’il y ait acte infaillible du magistère extraordinaire. [Jean XXIII, discours d’ouverture, charte du Concile Vatcan II, 11 octobre 1962].

      http://www.esprit-et-vie.com/article.php3?id_article=169

      Cette décision de Jean XXIII fut ensuite confirmée par son successeur, le Pape Paul VI, dans son discours d’ouverture de la seconde session. [Paul VI, discours pour l’ouverture de la deuxième session du concile Vatican II, 29 septembre 1963].

      Paul VI fit plus, il ordonna d’annexer à « Lumen Gentium » une déclaration dont il avait déjà ordonné la lecture dans l’aula conciliaire par Mgr Felici, secrétaire du Concile. Elle est claire comme de l’eau de roche, elle se trouve dans toutes les éditions des Actes du Concile : On a demandé quelle qualification théologique doit être attribuée à la doctrine qui est exposée dans ce schéma. La Commission doctrinale a répondu qu’on s’en rapporte aux règles générales connues de tous, et renvoie à sa déclaration du 6 mars : « Compte tenu de la coutume conciliaire et du but pastoral du présent Concile, ce saint Synode ne définit comme devant être tenus par l’Église que les seuls éléments relatifs à la foi et aux mœurs qu’il aura déclarés ouvertement tels. »

      http://www.vatican.va/archive/hist_councils/ii_vatican_council/documents/vat-ii_const_19641121_lumen-gentium_fr.html

      Or, aucun acte du Concile Vatican II n’a été déclaré ouvertement infaillible, comme chacun peut le vérifier facilement. Pour la première fois dans l’histoire de l’Église, le Magistère suprême en instance conciliaire solennelle, s’est mis dans l’incapacité d’exercer son autorité infaillible en ne subordonnant pas tous ses desseins, en ne tendant pas de toutes ses forces à la recherche et à la proclamation de la seule Vérité divine !

      À la question : théologiquement, les Actes du Concile sont-ils infaillibles ? il faut donc répondre : NON, parce que, contrairement à son droit, et semble-t-il à son devoir, le Concile en tant que tel n’a pas voulu et donc n’a pas pu exercer son pouvoir de juridiction sous la forme « solennelle et extraordinaire » propre à cette Instance suprême. Ses actes ne sont donc pas garantis par l’assistance infaillible absolue du Saint-Esprit.

    • PEB permalink
      7 septembre 2010 12:52

      Zacharias,

      Je vous remercie pour cette réponse pleine de sagesse et d’Histoire.

      Cest deux objets théologique non identifiés (OTNI) que sont le méta-dogme et la méta-hérésie pourrait permettre de déblayer le terrain de la discussion.

      Fondamentalement, je me demande si le dogme suprême du modernisme ne serait pas qu’il n’y a pas de dogmes et qu’il ne peut y en avoir! Voilà donc sans doute la méta-hérésie dans toute sa pureté!

      Vatican II a sans doute été pour le bienheureux Jean XXIII, à la suite du brillantissime et vénérable Pie XII, une tentative désespérée de « dialoguer » avec un monde devenu moderne.

      Or, comme la modernité est adogmatique, les Pères ont eu la riche idée de se dire: comme le monde rejette la notion même de dogme, c’est-à-dire que le mystère indicible et insondable puisse s’ennoncer clairement en langue d’homme de façon sure et authentique, infaillible (quoiqu’imparfaite), ne parlons plus de ce qui fâche et est incompréhensible à la conscience contemporaine. C’est le méta-dogme de Vatican II: ne pas condamner ce qui n’a pas de dogme et tous sont frères et soeurs, égaux en dignité devant le Père de toute Grâce en Jésus-Christ par un même Esprit soufflant sur le Monde. En cela, les textes conciliaires ont parfois une touche de naïveté désarmante.

      Le Concile Vatican II est donc une gigantesque catéchèse où l’Eglise a essayer de faire comprendre, avec l’énergie du désespoir (après les désastres de la guerre et en pleine guerre froide), l’actualité du Salut à un monde qui s’en était détourné depuis au moins deux siècles sans percevoir que le contact trop rapproché avec la modernité est au moins aussi contaminant que de se ballader sur le toît de Tchernobyl en pleine explosion.

      La liturgie elle-même a dû payer son tribu en sacrifiant jusqu’à l’idée de sacrifice. C’est le corrolaire de la méta-hérésie moderniste: s’il n’y a plus de dogme, alors il n’y a plus de sacrifice (d’où aussi la haine anecdotique des modernes contre la corrida). Or, les Pères n’ont pas vu que s’il n’y a plus de sacrifice, alors le Christ ne peut plus venir à chaque messe pour nous sauver et donc qu’il n’y a plus d’Eglise.

      En ces temps troublé, le serment antimoderniste et le Syllabus seraient à revoir pour attaquer radicalement le modernisme. Ces textes en traitaient surtout les symptômes.

  10. Michel Mottet permalink
    7 septembre 2010 16:26

    Le terme de « sédévacantisme » est certainement mal choisi pour désigner les personnes qui ne reconnaissent pas comme authentiques papes des hérétiques notoires. Ce terme en effet doit être employé uniquement pour désigner la période qui va de la mort d’un authentique pape à l’élection de son successeur légitime.
    Ceux qui ne croient pas à la légitimité de ces hérétiques notoires et opiniâtres, mais qui se font passer pour les légitimes successeurs de Pierre, ne jugent pas leurs personnes – ce jugement n’appartenant qu’à Dieu – mais jugent leurs écrits et leurs actes. Ils le font en mettant en pratique l’ordre donné par le Christ en Personne, qui a recommandé aux fidèles de son Église de juger les arbres à leurs fruits.
    Si l’Arbre placé à la Tête de l’Église enseigne des hérésies, les enseigne avec pertinacité et en connaissant parfaitement l’enseignement multiséculaire de cette même Église fondée par le Christ sur la Foi de Pierre, tout fidèle a non seulement le droit mais le devoir de dénoncer un tel traître, de refuser ses hérésies en écrits et actes, et de constater que cet « Arbre » est un mauvais arbre et n’est pas investi par le charisme de l’infaillibilité, n’est donc pas inspiré par l’Esprit Saint promis par Jésus pour l’assister dans la gouvernance de son Église.
    Ils ne jugent donc nullement un Pape, mais un imposteur se faisant passer pour pape.
    Tout le monde semble oublier que saint Paul a clairement prophétisé L’APOSTASIE et que celle-ci s’est officiellement produite par Vatican II.

    • sixte permalink
      7 septembre 2010 21:50

      Michel Mottet

      Votre jugement, le jugement des fidèles constatant que les papes soutiennent l’erreur, pour être juste, ne peut cependant avoir force d’autorité canonique pour destituer ou déposer ces papes qui professent l’hérésie. Tout le problème est là. Vous excédez par votre attitude votre capacité légale en tant que membre de l’Eglise et finalement, en vous écartant de la Rome conciliaire par votre jugement subjectif personnel, vous vous faites Protestant en voulant demeurer catholique.

      Vous devez donc d’obligation certaine, pour éviter cette situation schismatique, rejeter l’hérésie mais reconnaître le pape, non dans ce qu’il enseigne évidemment, mais dans ce qu’il représente comme successeur légitime (même très indigne) de Pierre.

      D’ailleurs réfléchissez un instant, comment ferez-vous, puisque vous ne reconnaissez pas les derniers papes, pour l’élection du futur ? Où irez-vous le cherchez ? Quel conclave aura la légitimité pour l’élire ? Ou alors considérez-vous que tout est fini, que l’Eglise ayant apostasié il n’y a plus d’Eglise visible, plus de successeur de Pierre ?

      Sinon, si vous croyez que Jésus-Christ assiste encore son Eglise, c’est de la désertion que de l’abandonner alors qu’elle est dans la détresse spirituelle. C’est même renier et s’éloigner du Christ lui-même que de quitter l’Eglise, puisqu’il a dit que jamais il n’abandonnerait son épouse.

      Soyons convaincu pour ne pas errer, que ce n’est pas au fidèle de décréter qui est pape ou non, c’est l’Eglise par son conclave qui porte sur le trône de Pierre le Souverain Pontife, pas les fidèles qui décrètent qui est ou n’est pas Pontife. Si ce dernier se révèle un mauvais pape qui déshonore sa charge par une conduite scandaleuse, ou qui change la religion par une doctrine perverse, ce n’est pas une raison pour devenir soi-même luthérien et se mettre à l’écart de l’Eglise. Posez-vous à ce titre ces questions : qu’auriez-vous fait à la Renaissance à l’époque des papes simoniaques, couverts de maîtresses et parfois criminels ? A l’époque d’Honorius ou de Jean XXII ?

      Ainsi donc il ne faut pas perdre confiance et sombrer dans la désespérance qui est un péché et une faute spirituelle grave en quittant l’Eglise, mais oeuvrer, par la formation doctrinale, la prière et la sanctification par la réception des sacrements célébrés selon l’ancienne liturgie, pour que demain revienne enfin pleinement la Tradition catholique.

    • Vehementer permalink
      7 septembre 2010 22:03

      Certes le pape hérétique perd formellement son pontificat sur une déclaration officielle d’hérésie de sa part, ce qui est bien le cas des papes conciliaires. Néanmoins, une telle décision de déposition ne peut être prononcée que par Jésus-Christ, car le pape n’a pas de supérieur sur la terre, et ni les fidèles, ni les évêques n’ont le pouvoir, objectif et subjectif, de démettre le Pontife de sa charge.

      De ce fait le pape, matériellement, ne perd jamais son pontificat, même s’il en est déchu formellement à cause de son hérésie.

    • Novus permalink
      12 septembre 2010 13:29

      Cette distinction entre effectivité matérielle et formelle de celui qui est Pape, est proche de la thèse de Cassissiacum de Mgr Gérard des Lauriers.

      http://custodi.perso.neuf.fr/L'UNACUMb.htm

  11. 7 septembre 2010 18:21

    PEB

    Votre interrogation est à elle-même sa réponse, cela ne fait aucun doute, le dogme suprême du modernisme réside dans l’absence, ou du moins la volonté d’éradication de tout dogme, et en cela effectivement il s’agit bien de la méta-hérésie, selon votre expression, ou « l’égout collecteur de toutes les hérésies » selon s. Pie X, dans toute son intégrale et absolue pureté, car la disparition du cadre dogmatique sur lequel est fondée la foi est l’un des vœux les plus pressants de l’idéologie moderne.

    Cette idée de vouloir « coller » à la modernité caractérise d’ailleurs à la perfection l’intention du concile, de même que son souhait de ne vouloir en rien dogmatiser fait de lui l’exemplaire modèle de la pensée moderniste accomplie, aboutie et triomphante. C’est l’apothéose du néant, la victoire de la vacuité théologique, du rien conceptuel, le tout porté à son plus haut degré de démonstration pastorale, à grands renforts d’alléluias et surtout du sésame conciliaire « faisons toutes choses nouvelles » clamé au son des tambourins presbytéraux, détruisant la liturgie, brisant les vénérables autels majeurs où reposaient les reliques des martyrs, déchirant les chasubles, jetant les bréviaires, le tout avec la conviction que « l’esprit de la nouvelle Pentecôte » accompagnait ces délirantes folies iconoclastes.

    L’examen du discours d’ouverture du concile prononcé par Jean XXIII est à ce sujet fort instructif, et confirme amplement la présence d’un puissant poison moderniste dans les volontés de la hiérarchie, insistant sur le fait que Vatican II se refusera à toute déclaration dogmatique, mais il y a plus comme nous allons le constater :

    « Gaudet Mater Ecclesia… Notre Sainte Mère l’Église est dans la joie. Par une faveur particulière de la divine Providence, le jour si attendu est arrivé… […] Personne ne peut nier que les nouvelles conditions de vie ont au moins cet avantage d’avoir supprimé d’innombrables obstacles par lesquels autrefois les fils du siècle entravaient la liberté d’action de l’Église. Cependant, c’est avec espérance et un grand réconfort que Nous le constatons : aujourd’hui l’Église, enfin libérée de tous les obstacles profanes d’autrefois (sic) peut, depuis cette basilique vaticane, comme d’un second Cénacle, faire entendre par vous sa voix pleine de majesté et de gravité. » [Discours d’ouverture du concile Vatican II, 11 octobre 1962)].
    Oui nous avons bien lu : « Comme d’un second Cénacle » ? Le premier Cénacle, celui de Jérusalem, est celui qui a vu naître l’Église, avec l’institution de l’Eucharistie et de l’Ordre, la descente du Saint-Esprit le jour de la Pentecôte, et la réunion du premier des Conciles, à Jérusalem. La comparaison est exagérément flatteuse ! Après la “ nouvelle Pentecôte ”, voici que Vatican II se prend pour le “ second Cénacle ”, la folie spirituelle est à l’œuvre. Cela signifie qu’entre le premier et ce “ second Cénacle ”, les vingt Conciles œcuméniques et les autres, comptent pour rien ou presque. Du passé faisons table rase !

    Et voici le plus grave, le Pape en vient au principe même de la réforme à entreprendre dans lequel se dévoile son charismatisme illuministe moderniste :
    « Le Concile qui vient de s’ouvrir est comme une aurore resplendissante qui se lève sur l’Église, et déjà les premiers rayons du soleil levant emplissent nos cœurs de douceur. Tout ici respire la sainteté et porte à la joie. Nous voyons des étoiles rehausser de leur éclat la majesté de ce temple, et ces étoiles, comme l’apôtre Jean nous en donne le témoignage (Ap 1, 20), c’est vous ! » [Ibid.].

    Prophétisme charismatique et illuminisme moderne sont ainsi, à l’évidence, présents derrière l’entreprise conciliaire, comme le démontrent les déclarations de Jean XXIII :

    – « Que les fidèles prosternés devant les autels de la Vierge, appelée justement l’Épouse du Saint-Esprit, implorent l’effusion des dons du Paraclet afin qu’une nouvelle Pentecôte vienne réjouir la famille chrétienne. » (Osservatore Romano, n° 18 – 1 er mai 1959).
    – « Ce Nous est une raison d ‘exhorter tout particulièrement les Communautés de fidèles… à faire monter vers DIEU de ferventes supplications afin que se produise avec plus d’ampleur un nouveau printemps dans l’Eglise… dans la confiance qu’une nouvelle Pentecôte donne à la Sainte Eglise… une nouvelle vigueur pour le triomphe de la vérité du bien et de la paix ». (Osservatore Romano, n° 25, 17 juin 1960).
    –  » Vous serez appelés à participer à l’application de cette extraordinaire Épiphanie ou plutôt Nouvelle Pentecôte. » (Osservatore Romano, 30 septembre 1960).

    L’idée centrale était donc bien de bouleverser l’ancien ordre dans l’Eglise, pour lui substituer le fruit démentiel de la folie progressiste-illuministe : une conception surgie de la « lumière » de la nouvelle Pentecôte.

    L’abbé Frémont pensait qu’“ il fallait au XXe siècle une nouvelle Réforme de l’Église ”, et c’est ce que souhaitèrent les pères conciliaires autour de Jean XXIII. Parlant de Vatican II Emile Poulat résuma avec justesse l’atmosphère : « Une naissance mystérieuse se prépare, une gestation lente et douloureuse, une terre nouvelle d’où l’on verra comme des cieux nouveaux quand auront été balayés les miasmes séculaires qui empoisonnaient l’atmosphère, les lourds nuages qui faisaient écran à la lumière. Il ne s’agit ni d’une simple transformation sociale ni d’une pure rénovation intellectuelle, mais de l’avènement d’un nouvel âge de l’humanité, qui implique une nouvelle et mutuelle adaptation de l’homme et du christianisme. “ Quelque chose que nous ne savons pas se remue dans le monde… Fils de l’homme, monte sur les hauteurs, et annonce ce que tu vois ! ” Depuis Lamennais, le ton du lyrisme a changé parce qu’il semble que l’avenir se soit précisé, mais le même appel n’a cessé de sourdre… » (Émile Poulat, Histoire, Dogme et Critique dans La crise moderniste, Casterman, 1962, p. 11).

    C’est pourquoi, et vous avez en ceci parfaitement raison, le serment antimoderniste et le Syllabus sont à perfectionner aujourd’hui « pour attaquer radicalement le modernisme », le débusquer dans son antre idéologique, faute de quoi la religion échappera aux codifications dogmatiques, à la tutelle de l’Autorité ecclésiastique, elle deviendra fatalement libre, évolutive, flottante, capricieuse. Si rien n’est entrepris, à terme l’orgueil poussé jusqu’à l’autolâtrie et le goût de la nouveauté continueront de perdre les esprits, et tant que ces passions détestables subsisteront, l’homme ne cessera d’accréditer et de soutenir le modernisme, parce que le modernisme nie Dieu et le Christ dans leur vivante réalité, pour s’en créer des répliques caricaturales qu’il puisse adorer.

    Il convient donc qu’un Pontife de Tradition rédige un pendant actualisé de ce que fut « Lamentabili Sane Exitu », et extirpe de l’Eglise le virus méta-hérésiarque du modernisme véhiculé et instillé dans les âmes catholiques par l’illuminisme charismatique du concile Vatican II.

    • Moria permalink
      8 septembre 2010 11:20

      ECCLESIA PERVERSA TENET FACIEM DIABOLI !

  12. PEB permalink
    7 septembre 2010 23:34

    Merci Zacharias de rejoindre l’analyse du pauvre hère et pécheur, plongé dans la modernité de Paul VI et de ses successeurs depuis son baptême.

    Imaginez que dans ma famille même, je passe pour un fieffé conservateur dès lors que je défend les déclarations raisonnables (car il en dit, plus souvent qu’on ne le pense), de notre Saint-Père sur l’anti- ou a-sacerdoce féminin par exemple. Ce n’est pas pace qu’il est moderne qu’il n’a jamais raison!

    Il est très difficile de remonter la pente. Puisse Notre Seigneur aider Benoît XVI et ses successeurs éventuels (nous ne connaissons ni le jour ni l’heure du Fils de l’Homme) lui inspirer des paroles et des gestes de Salut. Et prions pour nos évêques et nos prêtres pour qu’ils soient les prophètes du Très-Haut là où Jésus-Christ les a envoyés enseigner, soigner, fortifier et sanctifier les âmes.

    Il est vrai que le Père, maître de la vie et de la mort, tient tout dans Sa main puisante. Il est le juge suprême des reins et des coeurs. Lui seul peut providentiellement donner au Pape, comme à tout homme, la mesure de ses jours.

    Accepter l’obéissance d’un Pape même apparamment mauvais est un acte de Foi en la puissance de l’Esprit, d’Espérance dans la promesse du Christ, et de Charité envers l’Eglise. Nos interrogations, nos doutes et nos souffrances sont offerts en sacrifice d’expiation pour l’humanité souffrante. Se mettre dans l’obéissance ne veut pas dire se réjouir de l’injustice mais de la vérité, c’est, comme dit l’Apôtre, tout croire, tout endurer, tout espérer et tout supporter. C’est un acte de charité envers le Bon Pasteur et le gardien à qui il nous a confié.

    Je n’en suis pas là. J’ai beaucoup d’estime pour Benoît XVI. Le mouvement de balancier est parfois long à repartir de l’autre côté.

    Pour en revenir à la question moderne, le nouveau Syllabus devrait s’orienter sur l’existence même du dogme chrétien, c’est-à-dire de la doctrince chrétienne, de la véritable et authentique autorité chrétienne (bafouée « pour son bien » par les sédévacantistes), de la morale chrétienne (« ama et fac quod vis » mais tout est dans le « ama » trop vite oublié sinon édulcoré) et du sacrifice chrétien.

    Pour cela, ce n’est pas Vatican III qu’il faudrait ouvrir mais Trente II. Un Pape de Tradition n’y suffirait pas. Il lui faudrait l’aide et l’assistance de tout un clergé et de toute une Eglise de Tradition. C’était sans doute ce qu’avait voulu faire le bienheureux Pie IX avec Vatican I…

    Un travail d’analyse des sciences modernes (qui sont efficaces et loin d’être totalement erronnées, c’est l’ex-scientifique patenté qui parle) serait notamment nécessaire mais titanesque.
    Je vois plusieurs pistes sur, par exemple, les paradigmes de relativité (l’oeuvre de Galilée!) et d’invariance mais aussi les principes de conservation, d’évolution et d’équilibre (qui font marcher les fusées entre autres) pour les sciences dures.
    Je ne pense pas qu’Einstein ou Schrödinger soit si dangereux mais il y a eu Hiroshima. Darwin doit être sérieusement lié (mais non pas absolument nié dès lors qu’il y a des résultats).
    Les plus périlleuses sont, je pense, les sciences de la vie et celles de l’esprit. Ces dernières touchent les deux cordes sensibles de notre humanité que sont nos corps et nos âmes dans leur intégrité. Les manipulations rendues possibles dans un cadre moderne nous élèvent vers une divinité fallacieuse de nous fabriquer à notre image et ressemblance et par ailleurs nous abaissent plus bas que les bêtes sauvages.
    Comme dirait Fabre d’Olivet, il faudrait aussi éclairer par la Providence les querelles de la volonté et de la destinée, de la liberté et de la nécessité dans l’Histoire des hommes.

    PS: Luther était sédévacantiste à sa manière. Il a jeté l’Eglise authentique avec l’eau du bain de l’infâme mais pas si mauvais bougre et, en tout cas, très énergique Alexandre VI.

    • klm permalink
      8 septembre 2010 11:04

      Comme vous le dites : « Il est vrai que le Père, maître de la vie et de la mort, tient tout dans Sa main puisante », et c’est pourquoi il ne faut pas pécher contre l’espérance. Tout est encore possible ; les chances d’un rétablissement existent…. l’Eglise a traversé dans son histoire des périodes plus inquétantes encore que l’actuelle.

    • calixte permalink
      8 septembre 2010 11:49

      Les sciences de l’homme, après toutes les autres il est vrai, ont enfin ambitionné de se libérer de toute influence philosophique et, plus encore, de toute influence religieuse. Elles étudieraient l’animal humain, comme un produit de l’évolution, comme un organisme, sans doute plus achevé que les autres, mais de même genre.
      L’animalisation de l’homme est la plus grande mutilation et injure que la science puisse lui infliger.

    • 9 septembre 2010 21:48

      PEB

      J’imagine volontiers votre situation en famille, et suppose aisément, en raison de l’atmosphère générale qui domine dans les consciences chrétiennes, le type de conversation qui doit inévitablement accompagner votre défense des initiatives du Saint Père. En effet, comme vous le soulignez, remonter la pente sera long et difficile ; raison de plus pour éviter certains pièges qui se dressent sur le chemin du rétablissement de l’Eglise.

      Ainsi, bien d’accord avec votre définition lorsque vous écrivez : « Accepter l’obéissance d’un Pape même apparemment mauvais est un acte de Foi (…) d’Espérance (…) et de Charité », voilà une magnifique traduction de ce que peuvent avoir comme efficacité spirituelle le triduum sacré des vertus théologales, si tant est qu’on veuille bien en être respectueux. L’erreur est si rapidement arrivée dans ces domaines, et d’ailleurs on est surpris de constater parfois que des esprits de qualité, jugeant hâtivement, sombrent dans des impasses catégoriques qui les emprisonnent durablement en les éloignant profondément de l’Eglise, au point même d’en faire des authentiques réformés radicaux, des Témoins de Jéhovah en mode catholique d’un nouveau genre, identifiant indifféremment, Babylone, la Grande Prostituée, la Bête de l’Apocalypse…avec Rome.

      Vatican III, ou Trente II ? Le choix de la dénomination de ce qu’il faut préparer n’est pas qu’une question de géographie symbolique et de perspective, et j’opte sans le moindre doute pour Vatican III.

      Pourquoi ? Tout simplement parce qu’il faut corriger Vatican II à sa base, en purifier le venin dans les lieux mêmes où se produisit cette pénétration de l’hérésie moderniste dans l’Eglise, c’est-à-dire au cœur même de l’Eglise, sur la tombe du premier pape. Il faudra, à ce titre, que les sessions préparatoires passent au crible de l’examen critique, par une étude systématique et sévère, tous les Actes de Vatican II : Les Sources de la Foi (« Dei Verbum ») – Le mystère de l’Église (« Lumen Gentium ») – La sainte liturgie (« Sacrosanctum Concilium ») – La hiérarchie sacerdotale (« Presbyterorum Ordinis ») – Le Peuple fidèle (« Apostolicam actuositatem ») – Les Missions (« Ad Gentes ») – La liberté religieuse (« Dignitatis humanæ ») – L’oecuménisme catholique (« Unitatis redintegratio ») – La Salut du genre humain (« Nostra ætate ») – L’Humanisme chrétien (« Gaudium et Spes ») – La Perfection de l’amour (« Perfectæ caritatis »). Et que l’on commence les travaux avec d’excellents schémas, contrairement à ce qui se passa pour Vatican II ou une minorité subversive s’employa à rejeter toutes les propositions présentées par les théologiens de la curie.

      C’est donc un Vatican III de tradition qu’il faut, car Trente reste beaucoup trop marqué par sa lutte contre la Réforme, et puis il y a quelque chose de gênant dans cette référence à Trente que l’on oublie trop souvent, à savoir que les premiers appels au concile émanèrent de Luther lui-même, puisque le 28 septembre 1518 et le 11 octobre 1520 il demanda l’arbitrage d’un concile dans son conflit avec la papauté. Autre élément, lors de la séance d’ouverture, la foule était maigre : trois légats, quatre archevêques, vingt évêques, le procureur de l’archevêque de Mayence et cinq généraux d’ordres. Calvin ironisa : « si c’était seulement un synode provincial, ils devraient avoir honte de se trouver si peu. » La France ne daigna y envoyer que trois évêques. Lors de la septième session, en mars 1547, seuls 68 prélats étaient présents. On comprend qu’aujourd’hui la réaction contre le virus moderniste exige de toutes autres conditions.

      Une chose cependant serait utile dans le rappel des décisions de Trente, c’est l’insistance sur ce que le prêtre est l’homme de l’Eucharistie, ordonné au premier chef pour l’offrande du sacrifice eucharistique et pour la célébration du culte. Contrairement à ce que décida Vatican II, le rôle du prêtre n’est pas situé uniquement en référence à la communauté paroissiale dont il a la charge, sa fonction sacerdotale récapitule et définit toute sa mission. On doit cesser de parler pour le prêtre de « ministère » comme la novlangue conciliaire le clame sans arrêt depuis quarante ans, mais revenir à la notion de sacerdoce.

      Une des données les plus importantes de Vatican II fut la mise en valeur du peuple de Dieu, et fait significatif, dans la première rédaction du schéma sur Église en 1962, le chapitre sur la hiérarchie (chap. II) venait normalement avant celui sur le peuple de Dieu (chap. III), conformément au modèle du concile de Trente, mais la proposition fut refusée et l’ordre des chapitres inversé. C’est cette insistance minorante que l’on va donc retrouver dans le décret sur le ministère et la vie des prêtres : « Le presbytérat dans la mission de l’Eglise », « Le Seigneur Jésus (…) fait participer tout son corps mystique à l’onction de l’Esprit qu’il a reçu. (…) Il n’y a donc aucun membre qui n’ait sa part dans la mission du Corps tout entier. Mais le même Seigneur, voulant faire des chrétiens un seul corps où tous les membres n’ont pas la même fonction, a établi parmi eux des ministres. »

      Fort logiquement, Vatican II parla donc à propos du prêtre de « ministère » plutôt que de « sacerdoce », de « ministère pastoral » soulignant ainsi le service de la communauté. Autre accent de Vatican II qui modifia la vision du concile de Trente : la spiritualité du prêtre n’est plus celle d’un religieux mais d’un ministre qui doit se nourrir dans l’exercice de son ministère des multiples réseaux de relations dans lesquels il se trouve engagé et qu’il a charge de développer. On baigne en plein verbiage sociologique néo-marxiste.

      Alors qu’à la veille du Concile, le prêtre jouissait d’une estime, d’un prestige incomparable, aujourd’hui son image a été flétrie gravement, notamment auprès des nouvelles générations. Tout ceci a son origine dans le rejet de la soutane, le prurit du travail salarié, de l’engagement syndical et politique, l’obsession croissante du mariage, le dégoût des fonctions cultuelles et du soin des fidèles, etc. La crise du clergé est ainsi l’aboutissement de la Réforme conciliaire, c’est indéniable.

      Il faut donc un retour pur et simple à la théologie du concile de Trente que Vatican II a tout de même honorée en citant une fois en le mutilant un texte de lui, essentiel, qui définit le prêtre par « le pouvoir sacré d’offrir le sacrifice et de remettre les péchés » (no 2 ; cf. db 957). Et ce retour doit, en premier lieu, affirmer que le Sacerdoce ministériel ne se définit pas par référence et subordination au Sacerdoce commun de tous et de chacun des “ chrétiens ”, mais le Sacerdoce est d’abord une consécration, un sacrement par lequel est donnée la grâce en même temps que le pouvoir ontologique ou l’autorité. L’ordination établit dans un état, dans une dignité surnaturelle personnellement possédée, celle du prêtre. Le Sacerdoce est une consécration à Dieu pour le Culte et l’Apostolat, selon laquelle le serviteur de Dieu agit “ in persona Christi ”, en lieu et place du Christ et avec sa vertu, revêtu de sa puissance sacerdotale. Il est alors “ un autre Christ ”.

      Et si Vatican III doit insister d’abord sur la fonction sacrée du prêtre, c’est que demain, comme depuis toujours, c’est par la messe que l’on ramènera les âmes au Christ, et par les prêtres qu’on les unira à l’Eglise.

      Un mot pour finir sur votre idée d’une nécessaire ouverture du futur concile à la science et ce qu’elle a à nous dire. On ne pourra en faire l’économie assurément. Mais Jorland dans un excellent ouvrage, écrit ceci : « La science moderne n’a pas seulement bouleversé notre représentation du monde, elle a subverti le monde. (…) Assurée a priori de sa vérité, la science ne cherche pas tant à interpréter les phénomènes naturels qu’à produire techniquement des phénomènes qui lui donnent réalité. Se saisissant de la technique, elle ne nous a pas rendus “ maîtres et possesseurs de la nature ”, elle nous a conduits à créer de toutes pièces en un tout autre monde. » (Cf. Recherches épistémologiques d’Alexandre Koyré, La science dans la philosophie).

      Il convient de redonner à la science des règles sages, et dans le même temps pousser et encourager ce qui en elle peut rejoindre la spéculation du théologien philosophe, car, nous le savons avec s. Thomas, la science tend de tout son mouvement à la vérité métaphysique, et la raison humaine, par la métaphysique, touche quasi par co-naturalité ontologique aux sources de la Révélation divine.

  13. PEB permalink
    8 septembre 2010 10:16

    PPS: Il n’y a évidemment pas que les sciences mathématiques, dures, psychologiques, sociales. Il y a aussi les arts et les lettres. La modernité a aussi son cadre esthétique. Tout ça pour dire, Zacharias, que l’on est pas sorti de l’auberge.

    • Pax Domini permalink
      12 septembre 2010 13:36

      Mais cette « auberge » c’est l’Eglise !

  14. antonin permalink
    8 septembre 2010 13:08

    Outre les hérésies, se pose la question de la validité des sacres épiscopales depuis les réformes conciliaires.
    Il me semble que c’est la seconde grande justification de la position sédévacantiste.
    Or, votre article n’aborde pas cette question, que pensez-vous des publications de Rore Sanctifica sur ce sujet?

  15. PEB permalink
    9 septembre 2010 01:06

    Les « invalidistes » ou « roristes » sont sans doute encore pire que les sédévacantistes qui, au moins, ménage un semblant d’épiscopat.

    En poussant le bouchon, les « roristes » anéantissent toute visiblité sacrale de l’Eglise et toute autorité puisqu’ils décident de leur propre chef qui est évêque et qui ne l’est pas. Jean-Paul II, il l’appelait Mgr Wojtila, Benoît XVI, c’est l’Abbé Ratzinger. Et son successeur, ce sera le sieur Tartempion? Avec ces gens-là, tout est emporté jusqu’au sacerdoce.
    Jamais, ni Mgr Lefebvre, ni son coordinateur, ni ses quatre évêques sacrés de leurs mains n’ont remis en cause la légitimité, la validité, le gouvernement, le sacerdoce et la licéité de leurs confrères conciliaires! Ce sont bien ces six schismatiques qui auraient eu un semblant de qualification pour avancer de telles billevesées.

    Il me semble donc que ce sont des calvinistes à l’envers, tout comme les sédévacantistes sont des luthériens à rebours.

    Comme toujours, qui veut jouer au champion de l’antimodernisme de rupture se retrouve surpris le doigt dans le pot à confiture de la modernité qui est, comme dirait si bien le Pr René Girard, leur modèle-obstacle, leur objet de scandale. Le vrai traditionnaliste n’est pas anti-moderne, il est a-moderne.

    Pour paraphraser Franck Herbert (Dune), il pourrait presque dire: « Je ne connaîtrai pas la modernité car la modernité tue l’esprit. La modernité est la petite mort qui conduit à l’oblitération totale. J’affronterai ma modernité. Je lui permettrai de passer sur moi, au travers de moi. Et lorsqu’elle sera passée, je tournerai mon œil intérieur sur son chemin. Et là où elle sera passée, il n’y aura plus rien. Rien que moi. (dans la Tradition.) »
    (Ce qui est bien avec la fameuse litanie de la peur, c’est que comme toute sentence moderne, on peut la servir à toutes les sauces. Une formule moderne se reconnait justement par sa vacuité formelle ou son formalisme vide pouvant être appliqué à tout ce qu’on veut bien entendre et sous-entendre.)

    Bref, si Benoît XVI est Pape, alors tout rentre dans l’ordre dans l’Espérance de l’action de l’Esprit qui renouvelle la face de la terre en général et de l’Eglise en particulier.

    Encore une fois, la modernité est une croix à porter dans l’Eglise et dans cette vallée de larmes. Mais l’Eglise reste l’Eglise fondée, bâtie et ordonnée par le Fils du charpentier jusqu’à la consommation des siècles.

    • antonin permalink
      9 septembre 2010 18:52

      La direction de la FSSPX ne remet pas en cause publiquement la validité du rite de consécration de Paul VI, mais pourtant leurs évêques ont été consacrés selon le rite traditionnel, dont la forme a été déclarée infaillible par Pie XII…
      Ca me laisse songeur, faut il y voir une contradiction? Ou alors ils estiment que les deux rites sont valides ?

    • sixte permalink
      10 septembre 2010 11:52

      Les nouveaux sacrements critiquables à bien des égards sont à l’évidence douteux et posent de nombreux problèmes évidemment, c’est que ne cessa de dire et d’affirmer Mgr Lefebvre. Mais quant à dire qu’ils sont purement et simplement invalides comme le font les milieux sédévacantistes, aboutissant à la non reconnaissance des ordinations sacerdotales des prêtres, des évêques et même des Papes d’après Vatican II, il y a là une distance importante, dont on mesure aisément l’énorme danger pour le devenir de l’Eglise, qu’il ne faut peut-être pas franchir trop rapidement et que se garde bien de faire, avec justesse et prudente sagesse théologique, la FSSPX.

  16. DST permalink
    9 septembre 2010 11:50

    Mise en garde contre trois sites sédévacantistes !

    Les prophéties de ralliement de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X aux erreurs conciliaires – annoncé comme toujours imminent par les sites sédévacantistes – ne se réalisent pas, et leurs auteurs, pour dissimuler le discrédit où les rejettent leurs divinations avortées, dévoilent leur véritable identité par l’invention de complots plus délirants les uns que les autres et par l’infamie des colportages ramassés dans le caniveau où ils puisent pour salir l’oeuvre de Monseigneur Lefebvre, diffamer et calomnier de la façon la plus outrageuse les membres de la Fraternité, et semer le doute sur leur fidélité.

    Les sites qui s’adonnent à ces pratiques réalisent concrètement le dessein de la Révolution conciliaire. Ils s’attaquent fort peu au modernisme et se montrent ses meilleurs alliés par leur acharnement à contrer la dernière résistance dans l’Eglise, leur seule rage étant de ne pas réussir à la détruire. C’est pourquoi il est légitime de se demander si ces sites ne sont pas purement et simplement téléguidés par l’ennemi. Il est particulièrement édifiant de faire apparaître au grand jour le motif réel qui se trouve à l’origine de la virulence de ces sites. Pourquoi s’entêtent-ils encore à dénoncer une soumission de la Fraternité aux erreurs du Concile (à laquelle ils ne croient plus eux-mêmes, s’ils y ont jamais cru) ?

    Sans doute parce qu’il n’est jamais agréable à des prophètes de constater que leurs prophéties ont toujours tourné court et que leurs annonces, telles celles des témoins de Jehovah pour la fin du monde, se succèdent sans fin les unes aux autres..

    Mais ils vivent en réalité dans une peur plus profonde, celle d’un possible retour des autorités conciliaires vers la Tradition. Ce retour, ils voudraient tant qu’il fut impossible ! Car il finirait en effet de donner tort à leur désespoir de la conversion des autorités romaines. Et en manifestant à quel point la Fraternité a eu raison de toujours faire entendre sa voix jusqu’à Rome et de ne jamais rompre avec les autorités de l’Eglise, il montrerait à jamais tout l’égarement de leur rage à avoir toujours dirigé tous leurs coups contre la Fraternité, tout l’égarement de leur refus à n’avoir jamais voulu faire quoi que ce soit – même de prier- pour la conversion des autorités conciliaires.

    Nous voulons en particulier parler des sites suivants :
    . virgo-maria,
    . rore-sanctifica,
    . résistance-catholique [Liste de diffusion uniquement].

    Mais participent également à cette entreprise subversive ceux qui, tels des compagnons de route et des alliés objectifs, font de la publicité pour ces sites, les alimentent de suspicions odieuses ou, tels des idiots utiles et des caisses de résonance, en extraient les mensonges qu’ils répandent à leur tour.

    Nous ne pouvons pas exclure la possibilité d’une complicité de ces sites avec la Révolution conciliaire. L’histoire de la résistance catholique depuis le Concile fourmille en effet de ces sédévacantistes que l’on a vu brusquement sauter à pieds joints par-dessus la Fraternité pour rejoindre la Rome conciliaire, ou ne pas hésiter à se tourner vers ses tribunaux canoniques lorsque leurs besoins personnels le réclamaient.

    Pour qui roulent en réalité ces personnes ou ces groupes ? Les revirements soudains et mystérieux, les contradictions flagrantes où l’on surprend nombre d’entre eux ne peuvent qu’inciter à la méfiance.

    http://www.laportelatine.org/district/france/bo/3sites/3sites.php

  17. Vincent permalink
    14 septembre 2010 12:41

    Merci à tous ceux que l’on appelle sédévacantistes, qui ne sont en réalité que catholiques, c’est une consolation de vous lire.

  18. Jean permalink
    19 septembre 2010 21:52

    Sans provocation de ma part, il y a comme une incohérence dans vos propos.

    En effet, vous dites que les papes peuvent dire des bêtises mais en même temps, vous soutenez qu’ils sont infaillibles.

    C’est cette idée qui m’a toujours intrigué. Que pourriez-vous répondre ?

    Merci.

    • sixte permalink
      21 septembre 2010 11:47

      Vous formulez ce qui constitue le piège même dans lequel tombe le sédévacantisme en imaginant l’infaillibilité comme une mécanique automatique ches les Papes. Il n’en est rien, comme l’Eglise en donne de multiples exemples depuis l’origine. Si l’apôtre Pierre lui-même a pu se tromper (concile de Jérusalem), il faut considérer que sur des questions qui ne relèvent pas du dogme, et c’est le cas de Vatican II qui n’en proclame aucun et se veut purement pastoral, le Pape, et même les évêques réunis en assemblée, peuvent momentanément errer.

      C’est ce que soutiennent plusieurs, docteurs, théologiens et papes qui outre les erreurs sur la pastorale, vont jusqu’à soutenir qu’un pape, en certaines circonstances en tant que théologien privé, peut professer des hérésies contre la foi. Ainsi le pape Adrien VI († 1523) dira : « Si dans l’Église Romaine, on considère la tête ou le pontife, il est hors de question qu’un Pape peut errer dans les domaines touchant à la foi. Il le fait quand il enseigne une hérésie par son jugement propre ou par ses décrets. En vérité, beaucoup de Pontifes Romains ont été hérétiques. »

      La solution sédévacantiste resprésente, en croyant répondre à une pseudo logique qui est en réalité sophistique par une incompréhension de ce signifie réellement l’infaillibilité, une perspective désespérante et suicidaire pour l’Eglise. Or le Christ a affirmé que les portes de l’Enfer, jamais, ne pourraient prévaloir contre elle : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église, et les Portes de l’Hadès ne prévaudront jamais contre elle. » (Mt 16:18).

      Le sédévacantisme, si l’on y réfléchit un instant, de par son attitude fautive, fait du Christ un menteur ! Vous voyez donc en quoi cette position est impossible.

    • PEB permalink
      21 septembre 2010 19:14

      Dès avant le concile de Jérusalem, à peine le prince des Apôtres a-t-il été confirmé dans son infaillibilité doctrinale (Mt 16:17) qu’il est sévèrement réprimandé par Notre Seigneur: « Vade retro Satanas! » (Mt (16:23).

      L’infaillibilité ne vient pas de soi. Elle résulte de la question que Jésus ne cesse de poser à Son Église: « Pour vous, qui suis-je? » (Mt 16:15)

      Pierre n’est pas infaillible tout seul. Il l’est avec et dans l’Église. Sa réponse est à la fois personnelle et celle de toute l’Église.

      Au concile de Jérusalem, Pierre n’était pas très sûr de lui. La question était compliquée et la solution n’était pas évidente. Il lui a fallu des moyens naturels (des discussions un peu vives) et surnaturels (des conversions et même une apparition).

      L’infaillibilité du Pontife (assisté éventuellement du Concile), on le voit, ne vient pas toute seule mais dans l’intelligence et dans la prière de toute l’Église. Elle est le fruit d’un long discernement et un effort important qui n’ont rien à voir avec la science infuse mais la science certaine. Ainsi, l’infaillibilité pontificale est tout sauf arbitraire mais raisonnable.

      Prions pour que Notre Seigneur tienne fermement la main de Pierre, « homme de peu de Foi », dans les tempêtes de ce temps (Mt 14:24-31).

    • Jean permalink
      21 septembre 2010 20:37

      Je vous cite :

      « C’est ce que soutiennent plusieurs, docteurs, théologiens et papes qui outre les erreurs sur la pastorale, vont jusqu’à soutenir qu’un pape, en certaines circonstances en tant que théologien privé, peut professer des hérésies contre la foi. Ainsi le pape Adrien VI († 1523) dira : « Si dans l’Église Romaine, on considère la tête ou le pontife, il est hors de question qu’un Pape peut errer dans les domaines touchant à la foi. Il le fait quand il enseigne une hérésie par son jugement propre ou par ses décrets. En vérité, beaucoup de Pontifes Romains ont été hérétiques.  »

      Expliquez-moi les différences qu’il y a entre affirmer une erreur sur la foi et une erreur sur le dogme, je ne comprends pas.

      Merci.

    • sixte permalink
      21 septembre 2010 22:15

      L’expression de la foi porte sur un ensemble de jugements, d’analyses, de considérations qui peuvent énormément varier en fonction de la sensibilité des théologiens. Ainsi dans l’Eglise chacun sait qu’entre différentes écoles (augustiniens, thomistes, bonaventuriens, scotistes, etc.), il est admis des nuances concernant les formulations, les voies d’accès à Dieu, la vie mystique de l’âme.

      En revanche, le dogme lui est fixé depuis les premiers conciles et n’autorise aucune variation, il relève d’une expression de la foi proclamée solennellement et définitivement par l’Église. Ainsi dire que Dieu est présent en mode d’immanence immédiate dans l’âme comme s. Thomas, ou qu’il y a son séjour par un effet unique de la grâce comme s. Augustin, relève d’opinions théologiques acceptables, mais contredire que Dieu soit Un en trois Personnes, ou que le Christ est vrai-Homme et Vrai-Dieu, relève d’une hérésie condamnable. Saisissez-vous cette différtence ?

      De la sorte, on ne peut placer sur le même plan les assertions absurdes de Vatican II, qui expriment des idées fantaisistes, néfastes et nocives sur la pastorale ou la liturgie, et des thèses hérésiarques venant directement et frontalement contredire les vérités de la Révélation divine. Conférer une portée dogmatique qu’elles n’ont pas aux décisions de Vatican II, et qu’elles ne souhaitèrent pas avoir, est de ce fait l’erreur majeure de l’attitude sédévacantiste.

      D’ailleurs, afin d’indiquer de quelle nature était la valeur contraignante de Vatican II, le Secrétaire du Concile fit appel à différents facteurs. En évoquant sa « pastoralité » il mentionna:

      · Les limites imposées au Concile par Jean XXIII, dans l’ouverture de celui-ci : non pas la condamnation d’erreurs ni la formulation de nouveaux dogmes, mais l’adéquation de la vérité révélée « au monde contemporain, à sa mentalité et sa culture »;

      · L’herméneutique théologique, c’est-à-dire l’analyse des problèmes qui se présentaient, à la lumière du donné révélé et de la Tradition ecclésiastique ;

      (Sacrosanctum Oecumenicum Concilium Vaticanum II, Constitutiones, Decreta, Declarationes, Poliglotta Vaticana 1966, p. 214-215).

      Vatican II est donc un concile pastoral, un point c’est tout. Il se voulut tel et proclama qu’il n’interviendrait sur aucune vérité dogmatique, dès lors il peut, et doit être corrigé par un nouveau concile ; et il faut l’espérer et oeuvrer en ce sens. Mais cela ne fait pas des Papes qui l’on soutenu ou organiser, des hérésiarques à proprement parler. Certes ils peuvent être critiqués et dénoncés en bien des points, attitudes ou décisions, mais non point regardés comme « antipapes » déchus de leur charge ecclésiastique, comme il est affirmé de manière délirante sur les sites sédévacantistes.

      Mais à mon tour de vous poser une question si vous le voulez bien. Pensez-vous que le Christ soit un menteur ou un ignorant lorsqu’il déclare : « les Portes de l’Hadès ne prévaudront jamais contre [l’Eglise]. » (Mt 16:18) ?
      Si tel n’est pas le cas, pourquoi donc faire cependant de lui un menteur et un ignorant, et de la Sainte Ecriture une fable, en proclamant, comme le font les diverses micro-chapelles et courants sédévacantistes, que les forces de l’Enfer ont triomphé de l’Eglise depuis Vatican II en considérant qu’il n’y plus de successeur sur le trône de l’apôtre Pierre à Rome et que son siège est vacant ?

    • Jean-Baptiste Tournaire permalink
      1 octobre 2010 19:46

      Sixte, vous avez écrit:
      « L’expression de la foi porte sur un ensemble de jugements, d’analyses, de considérations qui peuvent énormément varier en fonction de la sensibilité des théologiens. Ainsi dans l’Eglise chacun sait qu’entre différentes écoles (augustiniens, thomistes, bonaventuriens, scotistes, etc.), il est admis des nuances concernant les formulations, les voies d’accès à Dieu, la vie mystique de l’âme.

      En revanche, le dogme lui est fixé depuis les premiers conciles et n’autorise aucune variation, il relève d’une expression de la foi proclamée solennellement et définitivement par l’Église. Ainsi dire que Dieu est présent en mode d’immanence immédiate dans l’âme comme s. Thomas, ou qu’il y a son séjour par un effet unique de la grâce comme s. Augustin, relève d’opinions théologiques acceptables, mais contredire que Dieu soit Un en trois Personnes, ou que le Christ est vrai-Homme et Vrai-Dieu, relève d’une hérésie condamnable. Saisissez-vous cette différtence ?

      De la sorte, on ne peut placer sur le même plan les assertions absurdes de Vatican II, qui expriment des idées fantaisistes, néfastes et nocives sur la pastorale ou la liturgie, et des thèses hérésiarques venant directement et frontalement contredire les vérités de la Révélation divine. Conférer une portée dogmatique qu’elles n’ont pas aux décisions de Vatican II, et qu’elles ne souhaitèrent pas avoir, est de ce fait l’erreur majeure de l’attitude sédévacantiste. »

      Dans votre proposition principale, vous voulez dire que « l’expression de la foi » dans l’ordre de l’intelligibilité du Dépôt – surnaturel, au sens classique de ce mot, de la Foi relève de la libre appréciation des théologiens.
      Mais d’une part,
      vous bornez automatiquement la liberté qui leur est accordée: donner des preuves nouvelles du caractère catégoriquement surnaturel de la Révélation catholique et de son opposition toujours plus éclatante à toutes les autres doctrines.
      En ce sens, qui remet à question l’orthodoxie en soi des explications de Saint Bonaventure par rapport à celle de Saint Thomas ?
      D’autre part,
      contrairement à ce que vous observez ensuite, je ne discerne pour ma part aucune nuance « dans les voies d’accès à Dieu, la vie mystique de l’âme ».
      Ce point est absolument fondamental, il est totalement dédaigné. C’est pourquoi on voit s’étaler dans des forums catholiques une propagande en faveur de thèses non catholiques à ce sujet:
      il existe une seule voie d’accès à Dieu et une seule vie mystique de l’âme !
      Là est le fond du débat, et il existe encore des « conciliaires » qui comprennent cela à la différence de tant de « traditionnalistes » qui confondent « tradition » et tradition primordiale ».

      En votre proposition subordonnée, vous assurez que les fantaisies intellectuelles de V2, qui se ramèneraient à « la liberté des théologiens », alors que celle-ci est donc nettement analogue à « une compétence liée »par rapport à la Tradition Apostolique, ne participeraient pas du tout des « thèses hérésiarques venant directement et frontalement contredire les vérités de la Révélation divine ».
      Pour ne citer que la seule illustration donnée par le texte de Dormann (site ACRF) , il est amplement démontré par la théologie catholique, nonobstant le reste, que bien au contraire, les affirmations anti-dogmatiques de V2, et leur praxis qui y est inhérente, anéantissent à la racine la Révélation catholique.
      Les deux moyens principaux utilisés comme le rappelle ce théologien sont, savoir:
      premièrement :
      le sens anthropocentrique donné à l’esprit du Dépôt de la Foi – certes apparemment inchangé, malgré le flou artisitique du langage pastoral et « moderne » – ;
      deuxièmement:
      le caractère nominaliste donné à la lettre du Dépôt de la Foi. Le texte certes altéré par les traductions falsificatrices (Pater noster, credo, etc. etc) est conservé, mais comme signifiant vide de sens en soi, chaque humain ou croyant y mettant le sens de sa liberté religieuse divinisée…

      Par conséquent vous ne pouvez pas tenter de vouloir sauver à tout prix un pape individuel au nom de sa valeur en quelque sorte « structuraliste » pour l’Eglise, au nom d’une fausse conception organiciste de l’Eglise que vous semblez partager,
      en minimisant implicitement et indirectement la « Nouvelle » religion qui paraît émerger sous les traits de l’antique Serpent sifflant l’approche de la Bête de la mer.

  19. nono permalink
    22 septembre 2010 22:26

    Sixte:

    « La difficulté majeure du sédévacantisme est de pouvoir expliquer comment l’Église peut continuer d’exister d’une manière visible, alors qu’elle aurait été dépouillée de sa tête. »

    Voilà la réponse:

    http://www.phpbbserver.com/phpbb/viewtopic.php?t=2373&mforum=micael

  20. 26 septembre 2010 23:01

    Réponse aux différents « arguments » contre les « sedevacantistes »:

    http://foicatholique.cultureforum.net/questions-reponses-f20/arguments-contre-les-sedevacantistes-t2623.htm#15179

    • sixte permalink
      28 septembre 2010 00:59

      Ces réponses sont absurdes. L’implicite de ces textes, c’est que tout simplement Notre-Seigneur Jésus-Christ nous aurait menti dans l’Evangile en déclarant en évioquant l’Eglise : « Et portae inferi non paraevalebunt adversus eam ». (Matthieu XVI, 18)

      Ces textes à la logique délirante impliquent la fausseté de la sainteté des propos de Notre-Seigneur et en font un menteur.

      Ainsi, sous couvert de défendre la tradition en matière de foi, le sédévacantisme en vient à soutenir la négation de la parole de Notre-Seigneur dans l’Evangile.

  21. Vehementer permalink
    28 septembre 2010 01:05

    L’Eglise n’est pas vacante. Il n’y a pas de thèse sédévacantiste qui soit sérieuse. Si on déclare invalides tous les sacres épiscopaux et toutes les ordinations épiscopales, comme l’on dit aujourd’hui, eh bien effectivement on anéantit l’Eglise, on la perd.

    On fait le jeu de l’adversaire avec les meilleures intentions du monde. C’est admirable de dénoncer la subversion comme le font les sédévacantistes avec cette pseudo-théorie de l’invalidité des sacrements, mais au final cela aurait pour conséquences concrètes de détruire l’Eglise !

  22. 13 octobre 2010 18:03

    Bravo ! Quel article intéressant et vraiment fruit de l’Esprit Saint ! VIVA IL PAPA!!

  23. créole permalink
    15 janvier 2011 13:51

    Mais c’est une discussion d’experts ici !
    Je me retire donc parce que je ne suis qu’une pauvre petite brebis perdue qui va continuer à se chercher toute seule comme une grande fille.

  24. créole permalink
    22 janvier 2011 00:16

    Quelque soit le sujet de la discussion proposée sur les sites, les interventions font regretter la promulgation de la Liberté d’expression et le Droit de Parole.

  25. Emuck permalink
    28 juin 2011 23:52

    Merci à La Question pour son excellent travail au service de la vérité catholique.

  26. Alphonse permalink
    10 mai 2014 23:40

    Je ne suis pas chrétien, donc je ne suis pas catholique. Aussi, évidemment, je cherche à m’instruire, et je ne cesse de m’étonner.

    Ainsi, pour résumer ce que vous dites: si LE DIABLE LUI-MEME était élu pape, et commettait horreur sur horreur, le tout en contraction systématique avec la tradition, la sainteté, la nature, vous resteriez cathos quand même parce que c’est pôh bien de discuter l’autorité?

    C’est étonnant. Je ne commenterai pas davantage, mais c’est avec intérêt que je lirai vos réponses. Merci d’avance.

    • jeanmarie3 permalink
      6 janvier 2017 23:34

      excellent, cher alphonse!

      c’est exactement la raison qui a decide Paul IV à edicter sa bulle infallible… qui constate l’evidence ontologique .. qu’un non Catholque ne peut pas etre eligible.. « chef » de l’Eglise Catholque!!!

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