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Qu’est-ce que l’intégrisme catholique ?

3 avril 2018

« Lintégrisme, c’est le nom donné à l’intransigeantisme,

par les catholiques qui cherchent une réforme de l’Église,

 refusant l’erreur moderniste

 qui s’est imposée et a acquis un statut de vérité. »

La revue gauchiste Golias, dont on connaît les positions haineuses à l’égard de la Tradition catholique, dans son numéro d’avril 2010, était une fois encore revenue sur ce qu’est, d’après elle, l’intégrisme catholique, présenté selon une méthode contestable et dont il est inutile de dire combien le caractère idéologique la rend incapable de saisir l’essence de ce courant d’exigence au sein de l’Eglise, thèse fallacieuse reproduite à l’identique dans les différents organes de la presse conciliaire depuis plusieurs décennies.

Golias écrivait : « Un jeune historien, proche de cette mouvance, en donne la définition suivante : « L’intégrisme, c’est le nom donné après 1945 à l’intransigeantisme et à l’intégralisme français se voulant d’obédience romaine, par les catholiques qui cherchent une réforme de l’Église, et refusé par ceux à qui il est appliqué, mais qui s’est imposée et a acquis un statut de vérité. » On préférera l’approche, plus neutre, d’Étienne Fouilloux : « La réaction antimoderniste de la première décennie du siècle constitue l’acte de naissance de l’intégrisme. » Faute d’une définition rigoureuse, l’intégrisme apparaît comme un phénomène réactionnaire – au sens strict -, menant une lutte sur deux fronts : contre la menace externe de laïcisation et de sécularisation et contre la menace interne représentée par les libéraux, modernistes et progressistes, voire par des « pans entiers de l’institution quand ils paraissent gangrénés ».

Prenons acte de cette définition recevable, bien que traduite en des termes qui ne sont évidemment pas « neutres ».

Saint Pie X,

canonisé par Pie XII,

sauva l’Eglise du grave danger moderniste.

L’article se poursuivait ainsi : « Il faut remonter à la condamnation solennelle, en 1907, du modernisme, qualifié de « rendez-vous de toutes les hérésies », par Pie X (sic !) dans son encyclique Pascendi. Cette dernière favorisa l’essor d’une réaction intégriste et, de surcroît, une organisation quasi secrète, Sodalitium Pianum, appelée vulgairement en France la Sapinière, qui étendit son réseau d’informations à travers l’Europe et multiplia les dénonciations auprès du Saint-Office. On ne s’étonnera donc pas que Pie X, canonisé par Pie XII, soit devenu le pape préféré des intégristes. A la fin de 1914, le nouveau pape Benoît XV tenta d’apaiser les tensions dans l’Église : tout en renouvelant la condamnation des « monstrueuses erreurs du modernisme », il proscrivait « l’agitation » parmi les catholiques et visait ainsi les intégristes sans les nommer. » On mesure comment par ces allégations, on parvient à traverstir les faits. Car la réaction de Pie X fut motivée par un danger extrême, la relativisation des dogmes par des exégètes libéraux, dont le but, clairement avoué, était de faire sauter le cadre doctrinal de l’Eglise. Plusieurs noms se distinguèrent dans cette oeuvre dangereuse : Renan, Loisy,  Blondel, etc., et saint Pie X réagira au bon moment afin d’empêcher une révolution qui aurait eu des conséquences dramatiques.

Si Pie XII n’avait pas condamné

les théologiens français modernistes,

la révolution de Vatican II, se serait produite dès les années 50 !

La manoeuvre anti-traditionnelle de Golias s’exprime ainsi : « Dès 1942, un théologien du Saint-Office découvrait une nouvelle menace pour l’Église : la « nouvelle théologie » que Pie XII, dans une allocution de septembre 1946, stigmatisait par cette mise en garde : « Si l’on devait embrasser une telle opinion, qu’adviendrait-il des dogmes immuables de l’Église catholique, qu’adviendrait-il de l’unité et de la stabilité de la foi ? » Les théologiens visés étaient des Français qui voulaient tout simplement « réformer le catholicisme pour lui permettre d’engager un débat constructif avec son temps ».Quelle aubaine pour les intégristes qui se firent volontiers dénonciateurs des « erreurs » des théologiens français. Grâce à eux, – et à certains évêques -, Rome, et en particulier le Saint-Office, disposaient en France d’un réseau d’indicateurs fort actif. René Rémond, le célèbre historien, déclarait, à la Journée des universitaires catholiques, début 1955, que « c’est de France que le Vatican reçoit le plus de dénonciations pour déviationnisme » et même qu’il arrive à Rome cinquante fois plus de dénonciations venues de France que de l’ensemble du monde catholique ! Nous en donnerons quelques exemples dans ce dossier. Nous n’évoquerons pas ici le rôle des campagnes de presse et des dénonciations intégristes contre les prêtres ouvriers et les Dominicains (Boisselot, Chenu, Congar, Féret) : elles sont bien connues depuis la publication du grand livre de François Leprieur, Quand Rome condamne. Mais l’influence à Rome des intégristes français aboutit aussi, en 1957, à la condamnation du « catéchisme progressif » soutenu par l’épiscopat français ! »

Le Père Réginald Garrigou-Lagrange

dénoncera les nouveaux théologiens

en qui il verra une résurgence du modernisme,

qui seront tous réhabilités lors de Vatican II.

Or, disons-le avec force, si Pie XII n’avait pas agi de la sorte, la terrible révolution de Vatican II, se serait produite dès les années 50.  C’est ce que vit très bien  Réginald Garrigou-Lagrange qui dénoncera dans les tendances françaises, une résurgence du modernisme, qui seront tous réhabilités lors du Concile. Ainsi, en 1949,lors de  la nécessaire purge de Fourvière, les jésuites Henri de Lubac, Gaston Fessard, Henri Bouillard, Pierre Ganne et Émile Delaye, en raison de leurs positions hérétiques, sont interdits d’enseignement. En 1953, c’est autour du Saulchoir : Marie-Dominique Chenu, Yves Congar, Henri Féret, Pierre-Henri Léger sont condamnés. Pourtant, quelques années plus tard, ils seront quasiment tous nommés experts au Concile Vatican II, qui marquera le triomphe de nombre de leurs positions. Plus encore, les Daniélou, Congar et de Lubac seront même récompensés par la suite par un chapeau de cardinal par Paul VI !

 Golias résume cette période, en écrivant fort justement ce que nous ne cessons d’affirmer : « Il n’est pas question dans ce dossier de faire l’histoire de l’intégrisme depuis le Concile (…) Il s’agit ici de faire l’histoire d’une période moins connue, celle des vingt ans qui ont précédé, de 1945 à 1965, pour montrer que ce n’est pas le Concile et ses réformes qui ont fait naître ce courant dans l’Église. »

Ceci est exact, le Concile Vatican II, et ses fruits empoisonnés, ont été préparés bien des années plus tôt, au sein d’une Eglise « en ordre » (sic!), par une propagande permanente qui eut pour effet de pervertir durablement et en profondeur les esprits, ainsi que de ruiner les fondements de la foi catholique au profit d’une désorientation doctrinale catastrophique, faisant que l’idéologie moderniste, qui a, hélas ! triomphé lors du Concile, s’est installée aux principaux leviers de la curie à Rome, donnant la possibilité aux pires ennemis de la Tradition, d’exercer à son encontre une lutte terrifiante au point d’avoir transformé l’enseignement, détruit la liturgie, vidé les séminaires, et fait perdre la Foi au peuple qui fut anciennement chrétien.

 

Lire :

L’Eglise et l’apostasie

du ralliement «infaillible» à la Révolution !

 

 

 

Sainte Fête de Pâques !

1 avril 2018

XIR171843 The Resurrection of Christ, c.1610-20 (oil on canvas) by Seghers, Gerard (1591-1651) oil on canvas 324x240 Louvre, Paris, France Flemish, out of copyright

« Voici la porte du Seigneur, c’est par elle que les justes entreront »

Le jour que nous attendions vient de nous apparaître dans tout son éclat: la bienheureuse solennité que nous appelions de nos voeux est enfin arrivée; le Seigneur a comblé nos désirs en nous donnant de célébrer le saint jour de Pâques. Frères bien-aimés, tressaillons de joie dans cette grande solennité, rendons à la divine bonté de vives et sincères actions de grâces, rehaussées par la sainteté de nos moeurs et par la ferveur de notre amour. Aujourd’hui le ciel et la terre se réjouissent; les Anges mêlent leurs cantiques à ceux des hommes, et toute créature raisonnable redit : « Alleluia », c’est-à-dire : louez le Seigneur. Chantons tous ensemble:

« Le Seigneur est grand et au-dessus de toute louange. Le Seigneur est vraiment grand, sa puissance est sans bornes et sa sagesse sans mesure » (Psaumes, CXLVI, 5).

Qui pourrait facilement énumérer, ou dignement expliquer les mystères de ce jour? Le démon vaincu, l’empire de la mort détruit, Jésus-Christ ressuscitant plein de gloire et d’immortalité, la consommation de notre salut, tels sont les grands faits qui marquent à tout jamais la solennité de ce jour. Se peut-il pour nous, mes frères, un plus grand sujet de joie? un bonheur plus complet ? un mystère plus sacré ? un sacrement plus admirable ?

 « C’est bien le jour que le Seigneur a fait; réjouissons-nous et tressaillons d’allégresse ». C’est le jour de notre renaissance, de notre renouvellement, de notre vivification, de notre rédemption, de notre sanctification, de notre illumination. «Autrefois nous étions ténèbres, aujourd’hui nous sommes lumière dans le Seigneur. » (Ephésiens. V, 8). Autrefois nous étions les captifs du démon, mais aujourd’hui nous confessons et nous disons au Seigneur « que nous avons été rachetés des mains de notre ennemi et rassemblés des régions les plus lointaines. » (Psaumes, CVI, 2).

Ainsi donc, sous le vif éclat d’une telle lumière, dans ce temps de sanctification, « ne dormons pas » du sommeil du péché, mais « veillons » pour toute bonne oeuvre ;  soyons sobres d’esprit et de corps. Marchons comme des enfants de lumière. « Le fruit de toute lumière réside dans la bonté, la justice et la vérité. Mangeons la sainte Pâque , non pas avec l’ancien ferment de « malice et d’iniquité, mais avec les azymes de la sincérité et de la vérité ». L’objet pour nous de cette grande solennité spirituelle, c’est le Verbe de Dieu, notre Sauveur, dont il est dit: « Au commencement, Dieu le Verbe était dans le Père, et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous, et nous avons vu et nous croyons sa gloire ». Il est le Fils unique du Père, et cependant il a daigné nous faire ses cohéritiers. O amour étonnant et ineffable ! Nous qui étions des serviteurs inutiles, nous avons mérité de devenir les frères de Jésus-Christ et ses cohéritiers.

Que rien de charnel, rien d’indigne ne se mêle aux élans de joie que nous inspire la grâce divine. Non-seulement il y aurait de l’indécence, mais encore un crime de trouver dans cette grande solennité l’occasion de se livrer à la sensualité dans les repas et de jeter l’âme dans une sorte de honteuse torpeur. Que nos fêtes soient donc honnêtes, agréables à Dieu, et conformes à cette parole de l’Apôtre: « Que toutes nos oeuvres s’accomplissent honnêtement et selon l’ordre ; soit que nous mangions, soit que nous buvions, soit que nous fassions toute autre chose, agissons en tout au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ. » (Matthieu XXIII, 37).

Les Juifs croient devoir conserver l’observation du sabbat, c’est-à-dire du septième jour; malheureux Juifs, qui ne connaissent pas le jour légitime et ne veulent pas croire que la fin de la loi c’est Jésus-Christ, qui seul a pu accomplir la loi, créer les jours et préposer à toutes les solennités ce jour que nous appelons le jour du Seigneur, parce que c’est dans ce jour que notre Seigneur et notre Sauveur, sortant du tombeau, est apparu au monde comme étant la véritable lumière. Les païens appellent ce jour le jour du soleil, sans comprendre la portée de cette parole; nous, au contraire, nous comprenons que c’est le jour de ce soleil dont il est écrit: « Vous verrez s’élever pour vous le soleil de justice qui porte sur ses ailes notre salut. » (Malachie IV, 2). Personne n’attribue des ailes au soleil visible de la nature; il n’en est pas de même du Soleil véritable, qui a créé celui que nous voyons; seul il porte ces ailes de la puissance et de la protection divine dont il est dit: « Il les a reçus comme l’aigle déployant ses ailes et a protégeant son nid» (Deutéronome XXXII, 2). Nous lisons également dans l’Evangile: « Jérusalem, Jérusalem, combien de fois j’ai voulu rassembler tes fils, comme la poule rassemble ses petits sous ses ailes  ». Enfin, c’est à ce soleil que le fidèle adresse cette invocation salutaire : « J’espérerai à l’ombre de vos ailes, jusqu’à ce que l’iniquité disparaisse ».

 Nous voyons ouverte devant nous la porte du salut, dont il est dit : « Voici la porte du Seigneur, c’est par elle que les justes entreront » ; entrons donc par la porte de l’Eglise en toute sincérité et vérité, afin que cette porte de la confession et de la louange nous introduise dans le royaume des cieux, où nous jouirons du bonheur éternel. « Nous ne serons pas confondus lorsque nous parlerons dans la porte », c’est-à-dire en Notre-Seigneur Jésus-Christ qui a dit de lui-même : « Je suis la porte, celui qui entrera par moi sera sauvé ».

C’est par Jésus-Christ que tous les saints sont entrés et entrent chaque jour près du Père de la vie éternelle, à qui, avec le Fils et le Saint-Esprit, soient honneur et gloire dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 Bossuet, Sermon sur la Fête de Pâques.

LA PASSION DU CHRIST !

30 mars 2018

L A + P A S S I O N  + D U  + C H R I S T

Crucifix Janséniste I

« Et vers la neuvième heure, Jésus s’écria d’une voix forte:

‘Eli, Eli, lama sabachthani’

c’est-à-dire: Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

(Matthieu XXVII, 46).

SECOND SERMON
POUR
LE  VENDREDI  SAINT,
SUR LA PASSION
DE NOTRE-SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST

Prêché dans le Carême de 1661, aux Carmélites de la rue Saint-Jacques

Jacques Bégnigne Bossuet (1627-1704)

Jésus-Christ étendant les bras, nous ouvre le livre sanglant dans lequel nous pouvons apprendre tout l’ordre des secrets de Dieu, toute l’économie du salut des hommes, la règle fixe et invariable pour former tous nos jugements, la direction sûre et infaillible pour conduire droitement nos mœurs, en un mot un mystérieux abrégé de toute la doctrine de l’Evangile et de toute la théologie chrétienne. O croix, que vous donnez de grandes leçons! ô croix, que vous répandez de vives lumières! mais elles sont cachées aux sages du siècle; nul ne vous pénètre qu’il ne vous révère, nul ne VOUS entend qu’il ne vous adore; le degré pour arriver à la connaissance, c’est une vénération religieuse. Je vous la rends de tout mon cœur, ô croix de Jésus, en l’honneur de celui qui vous a consacrée par son supplice, dont le sang, les opprobres et l’ignominie vous rendent digne d’un culte et d’une adoration éternelle. Joignons-nous, âmes saintes, dans cette pensée et disons avec l’Eglise : O Crux, ave !

Si le pontife de l’Ancien Testament, lorsqu’il paraissait devant Dieu, devait porter sur sa poitrine, comme dit le Saint-Esprit dans l’Exode, « la doctrine et la vérité (Exod., XXVIII, 30), » dans des figures mystérieuses, à plus forte raison le Sauveur, qui est la fin de la loi et le Pontife de la nouvelle alliance, ayant toujours imprimées sur sa personne sacrée la doctrine et la vérité, par l’exemple de sa sainte vie et par ses actions irrépréhensibles, les doit porter aujourd’hui d’une manière bien plus efficace dans le sacrifice de la croix, où il se présente à son Père pour commencer véritablement les fonctions de son sacerdoce. Approchons donc avec foi, chrétiens, et contemplons attentivement ce grand spectacle de la croix, pour voir la doctrine et la vérité gravées sur le corps de notre Pontife en autant de caractères qu’il a de blessures, et tirer tous les principes de notre science de sa passion douloureuse.

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« Pour se détruire lui-même, il se livre aux mains de ses ennemis,

c’est ce qui consomme la vérité de son sacrifice ;

en se livrant de la sorte , il reçoit les âmes en échange. »

Mais pour apprendre avec méthode cette science divine, considérons en notre Sauveur ce qu’il a perdu dans sa passion, ce qu’il a acheté, ce qu’il a conquis. Car il a dû y perdre quelque chose, parce que c’était un sacrifice; il a dû y acheter quelque chose, parce que c’était un mystère de rédemption ; il a dû y conquérir quelque chose, parce que c’était un combat. Et pour accomplir ces trois choses, je dis qu’il se perd lui-même, qu’il achète les âmes, qu’il gagne le ciel. Pour se détruire lui-même, il se livre aux mains de ses ennemis, c’est ce qui consomme la vérité de son sacrifice ; en se livrant de la sorte , il reçoit les âmes en échange, c’est ce qui achève le mystère de la rédemption; mais ces âmes qu’il a rachetées de l’enfer, il les veut placer dans le ciel eu surmontant les oppositions de la justice divine qui les en empêche, et c’est le sujet de son combat. Ainsi vous voyez et) peu de paroles toute l’économie de notre salut dans le mystère de cette journée. Mais qu’apprendrons-nous pour régler nos mœurs dans cet admirable spectacle? Tout ce qui nous est nécessaire pour notre conduite : nous apprendrons à perdre avec joie ce que Jésus-Christ a perdu, c’est-à-dire les biens périssables; à conserver précieusement ce que Jésus-Christ a acheté, vous entendez bien que ce sont nos âmes; à désirer avec ardeur ce que Jésus-Christ nous a conquis par tant de travaux, et je vous ai dit que c’était le ciel.

C’est pourquoi son supplice, quoique très-cruel, est encore beaucoup plus infâme. Sa croix est un mystère de douleurs, mais encore plus d’opprobres et d’ignominies. Aussi l’Apôtre nous dit « qu’il a souffert la croix en méprisant la honte et l’ignominie : » Sustinuit crucem confusione contemptâ (Hebr., XII, 2), et il semble même réduire tout le mystère de sa passion à cette ignominie, lorsqu’il ajoute que Moïse jugea que «l’ignominie de Jésus-Christ étaitun plus grand trésor que toutes les richesses de l’Egypte : » Majores divitias œstimans thesauro Aegyptiorum, improperium Christi (Ibid., XI, 26.). Rien de plus infâme que le supplice de la croix ; mais comme l’infamie en était commune à tous ceux qui étaient à la croix, remarquons principalement cette dérision qui le suit depuis le commencement jusqu’à l’horreur de sa croix.

C’est une chose inouïe que la cruauté et la risée se joignent ensemble dans toute leur force, parce que l’horreur du sang répandu remplit l’âme d’images funestes qui répriment l’emportement de cette joie maligne dont se forme la moquerie, et l’empêche de se produire dans toute son étendue. Mais il ne faut pas s’étonner si le contraire arrive en ce jour, puisque l’enfer vomit son venin, et que les démons sont comme les âmes qui produisent tous les mouvements que nous voyons.

Tous ces esprits rebelles sont nécessairement cruels et Moqueurs : cruels, parce qu’ils sont envieux ; moqueurs, parce qu’ils sont superbes. Car on voit assez, sans que je le dise, que l’exercice, le plaisir de l’envie, c’est la cruauté ; et que le triomphe de l’orgueil, c’est la moquerie. C’est pourquoi en cette journée où règnent les esprits moqueurs et cruels, il se fait un si étrange assemblage de dérision et de cruauté, qu’on ne sait presque laquelle y domine. Et toutefois la risée l’emporte, parce qu’étant l’effet de l’orgueil qui règne dans ces esprits malheureux, au jour de leur puissance et de leur triomphe ils auront voulu donner la première place à leur inclination dominante. Aussi était-ce le dessein de Notre-Seigneur que ce fût un mystère d’ignominie, parce que la dérision et se fait un sujet de risée d’une extrémité déplorable. Mais aujourd’hui l’enfer vomit son venin, et les démons sont les âmes qui produisent… c’était l’honneur du monde qu’il entreprenait à la croix, comme son ennemi capital ; et il est aisé de connaître que c’est la dérision qui prévaut dans l’esprit des Juifs, puisque c’est elle quia inventé la plus grande partie des supplices. J’avoue qu’ils sont cruels et sanguinaires; mais ils se jouent dans leur cruauté, ou plutôt la cruauté est leur jeu.

Il le fallait de la sorte, afin que le Fils de Dieu « fût soûlé d’opprobres, » comme l’avait prédit le prophète (Thren., III, 30); il fallait que le Roi de gloire fût tourné en ridicule de toutes manières, par ce roseau, par cette couronne et par cette pourpre. Il fallait pousser la raillerie jusque sur la croix, insulter à sa misère jusque dans les approches de la mort, enfin inventer pour l’amour de lui une nouvelle espèce de comédie dont la catastrophe fût toute sanglante.

Que si l’ignominie de Notre-Seigneur c’est la principale partie de sa passion, c’est celle par conséquent dont il y a plus d’obligation de se revêtir. Exeamus igitur ad eum extra castra, improperium ejus portantes. Et toutefois, chrétiens, c’est celle qu’on veut toujours retrancher; dans les plus grandes disgrâces on est à demi consolé, quand on peut sauver l’honneur et les apparences. Mais qu’est-ce que cet honneur, sinon une opinion mal fondée ? et cette opinion trompeuse ne s’évanouira-t-elle jamais en fumée, en présence des décisions claires et formelles que prononce Jésus-Christ en croix? Nous sommes convenus, Messieurs, que le Fils de Dieu a pesé les choses dans une juste balance ; mais il n’est plus question de délibérer, nous avons pris sur nous toute cette dérision et tous ces opprobres, nous avons été baptisés dans cette infamie : In morte ipsius baptizati sumus (Rom., VI,  3).

Or sa mort est le mystère d’infamie, nous l’avons dit. Eh quoi! tant d’opprobres, tant d’ignominies, tant d’étranges dérisions, dans lesquelles nous sommes plongés dans le saint baptême, ne seront-elles pas capables d’étouffer en nous ces délicatesses d’honneur! Non, il règne parmi les fidèles ; cette idole s’est érigée sur les débris de toutes les autres, dont la croix a renversé les autels.

Nous lui offrons de l’encens; bien plus, on renouvelle pour l’amour de lui les sacrifices cruels de ces anciennes idoles qu’on ne pouvait contenter que par des victimes humaines ; et les chrétiens sont si malheureux que de chercher encore de vaines couleurs, pour rendre à cette idole trompeuse l’éclat que lui a ravi le sang de Jésus. On invente des raisons plausibles et des prétextes artificieux pour excuser les usurpations de ce tyran, et même pour autoriser jusqu’à ses dernières violences; tant la discipline est corrompue, tant le sentiment de la croix est éteint et aboli parmi nous. Chrétiens, lisons notre livre ; que la croix de notre Sauveur dissipe aujourd’hui ces illusions ; ne sacrifions plus à l’honneur du monde, et ne vendons pas à Satan, pour si peu de chose, nos âmes qui sont rachetées par un si grand prix.

Jeudi Saint : entrée dans le « Triduum Pascal »

29 mars 2018

Le Jeudi Saint, fait mémoire de l’institution de la Cène.

Le Jeudi Saint est le premier jour des jours saints que l’on appelle « Triduum Pascal ». Pendant ces trois jours, les catholiques revivent les derniers instants de la vie du Christ sur terre. Le Jeudi Saint nous célébrons le dernier repas du Christ: la Cène, puis sa dernière nuit au mont des Oliviers avant son arrestation :

« Avant la fête de Pâque, Jésus sachant que son heure était venue de passer de ce monde à son Père, comme il avait aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu’à l’excès. Et après le souper, le démon ayant déjà mis dans le cœur de Judas Iscariote, fils de Simon, le dessein de le trahir, Jésus, qui savait que son Père lui avait donné tout pouvoir, qu’il était sorti de Dieu et qu’il retournait à Dieu, se leva de table, ôta son manteau et, ayant pris un linge, il s’en ceignit. Puis il versa de l’eau dans un bassin, il se mit à laver les pieds de ses disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait attaché autour de lui. Il vint donc à Simon-Pierre. Mais Pierre lui dit : « Quoi, Seigneur, vous me laveriez les pieds ! » Jésus lui répondit : « Vous ne comprenez pas maintenant ce que je fais, mais vous le saurez bientôt. » Pierre lui dit : « Jamais vous ne me laverez les pieds. » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave, tu n’auras point de part avec moi. » Simon Pierre lui dit : « Seigneur, non seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête. » Jésus lui dit : « Celui que le bain a déjà purifié n’a besoin que de se laver les pieds ; il est pur dans tout son corps ; pour vous, vous êtes purs, mais non pas tous. » Il connaissait celui qui le devait trahir, c’est pourquoi il dit : Vous n’êtes pas tous purs. Après donc qu’il leur eut lavé les pieds et qu’il eut repris son manteau, il se remit à table et leur dit : « Savez-vous ce que je viens de faire ? Vous m’appelez Maître et Seigneur, et vous dites bien, car je le suis. Si donc je vous ai lavé les pieds, moi, le Seigneur et le Maître, vous devez, vous aussi vous laver les pieds les uns aux autres. Car je vous ai donné l’exemple, afin que, comme je vous ai fait, vous fassiez aussi. » (Textes liturgiques du Jeudi Saint in cœna Domini, avant la réforme de la semaine sainte).

AVERTISSEMENT :

PENDANT LE « TRIDUUM PASCAL »

NOUS FERMONS TOUS NOS COMMENTAIRES

ET INVITONS NOS LECTEURS A LA PRIERE ET AU RECUEILLEMENT.

Semaine Sainte

26 mars 2018

       

Pendant cette semaine nous prenons part

au plus sublime mystère de l’histoire du salut. 

Nous pensons à la Croix et à la Résurrection qui sont inséparables.

 L’oeuvre rédemptrice du Christ ne se termine pas à sa mort,

 mais se prolonge dans la victoire de sa Résurrection !

Bonne Semaine Sainte à tous !

 AVERTISSEMENT :

Pendant la Semaine Sainte

 les commentaires de La Question sont fermés. 

« Il s’est anéanti lui-même, prenant la forme d’esclave,

étant fait à la ressemblance des hommes. »

 (Philippiens II, 7).

L’Église, une et indestructible, est fondée sur le Pape

4 mars 2018

Armes pontificales

Saint Vicent Palloti

« Quelques Papes, Dieu les veut ; certains, il les permet ;

 d’autres, il les tolère…»

Saint Vincent Pallotti (1795-1850)
Prêtre et fondateur de la  « Societas Apostolatus Cattolici ».

 

Les thèses sédévacantistes, qui vont bien au-delà d’un nécessaire rejet dans la tombe qui devrait leur servir de lieu d’oubli définitif – car elles nécessiteraient, si les institutions ecclésiales fonctionnaient correctement, de faire l’objet d’une condamnation solennelle par autodafé -, mettent ceux qui y adhèrent, en état formel de schisme vis-à-vis de l’Eglise catholique, et leur refus de reconnaître l’actuel Pontife comme authentique Pape véritable Successeur de Saint Pierre, les conduit à nier et rejeter scandaleusement les lois de l‘Unique et Sainte Eglise fondée par Jésus-Christ, en les faisant justiciables de la sanction d’excommunication encourue par l’anathème du concile Vatican I :

« Si donc quelqu’un dit que ce n’est pas par l’institution du Christ ou de droit divin (iure divino) que le bienheureux Pierre a des successeurs perpétuels (perpetuos successores) dans sa primauté sur l’Église universelle, ou que le Pontife romain n’est pas le successeur du bienheureux Pierre en cette primauté, qu’il soit anathème / Si quis ergo dixerit, non esse ex ipsius Christi Domini institutione seu iure divino, ut beatus Petrus in primatu super universam Ecclesiam habeat perpetuos successores: aut Romanum Pontificem non esse beati Petri in eodem primatu successorem: anathema sit. » (Constitutio dogmatica ‘Pastor aeternus’ de Ecclesia Christi, § 2. De perpetuitate primatus beati Petri in Romanis Pontificibus, Vatican I, 1870).

piusxii

« La promesse du Christ à Pierre restera toujours vraie,

la Papauté durera toujours, comme aussi l’Église, une et indestructible,

fondée sur le Pape vivant (…)  ».

(S.S. Pie XII, 29 janvier 1949).

Le 29 janvier 1949, le Pape Pie XII fit les observations suivantes au sujet du caractère éternel de la Papauté :

« Si jamais un jour – Nous le disons par pure hypothèse – la Rome matérielle devait s’écrouler ; si jamais cette Basilique vaticane, symbole de l’unique invincible et victorieuse Église catholique, devait ensevelir sous ses ruines ses trésors historiques et les tombes sacrées qu’elle renferme, même alors l’Église ne s’en trouverait pour autant ni abattue ni fissurée. La promesse du Christ à Pierre resterait toujours vraie, la Papauté durerait toujours, comme aussi l’Église, une et indestructible, fondée sur le Pape vivant à ce moment-là  ».

Mgr Williamson

« Ce qui paraît être conforme au bon sens, c’est que l’Église,

établie par Dieu pour être fondée sur le Pape vivant,

ne peut pas avoir existé depuis tout un demi-siècle (1962–2014)

sans un seul Pape vivant. »

(Mrg Richard Williamson, le 29 novembre 2014).

Comme l’écrit, en un commentaire avisé et avec grande pertinence, Mgr Williamson, qui citait les paroles de Pie XII : « Étant donné que ces paroles relèvent de la doctrine classique de l’Église (il n’y a que le soulignement qui y ait été ajouté), et fondée sur les paroles mêmes de Notre Seigneur (Mt.XVI,16–18), il n’y a pas lieu de s’étonner si depuis 1962 où les Papes se firent Conciliaires, des millions et des millions de Catholiques ont été amenés à se faire de même Conciliaires et libéraux. L’unique solution au problème que les sédévacantistes puissent voir c’est de nier que les Papes Conciliaires aient même pu être Papes, ce qui peut paraître conforme au bon sens catholique. Mais pour la majorité des Catholiques ce qui paraît être encore plus conforme au bon sens, c’est que l’Église, établie par Dieu pour être fondée sur le Pape vivant, ne peut pas avoir existé depuis tout un demi-siècle (1962–2014) sans un seul Pape vivant. » (Mgr Williamson – Initiative St Marcel – 29 novembre 2014).

Cette analyse est tout à fait judicieuse, et place Mgr Williamson dans la lignée de saint Vincent Pallotti (1795-1850), qui soutenait avec justesse :« Quelques Papes, Dieu les veut ; certains, il les permet ; d’autres, il les tolère « , ce qui signifie, clairement, que plus ou moins bons, voire quelquefois objectivement mauvais, néanmoins en aucun cas l’Eglise ne peut subsister sans un Pape ! [1]

luthercajetan

Le sédévacantisme, à l’image d’un Martin Luther,

s’arroge un droit que nul ne possède :

celui de décider, en for interne, qui est pape ou ne l’est pas !

Telle est la position catholique, et nous rappelons à ceux qui seraient séduits par la logique trompeuse sédévacantiste conduisant fatalement au conclavisme, que c’est s’arroger coupablement un droit que nul ne possède, que celui de décider, en for interne par l’effet d’un jugement privé, qui est ou n’est pas pape de l’Eglise.

Agir ainsi, acte luthérien par excellence, c’est commettre un péché extrêmement grave en bien des motifs, piétinant le droit divin, et se mettant en contradiction directe avec le canon 1556 du droit Canon : « Le premier Siège n’est jugé par personne ».

Que les catholiques qui veulent le rester, soient en permanence conscients que la nature du droit faisant que les Papes sont les successeurs de saint Pierre : est un droit divin !

Rex Regnum

Le Pape est le successeur de saint Pierre de droit divin !

Telle est la conclusion à laquelle aboutit une analyse approfondie et sérieuse du sujet, se basant sur les principes de la Révélation mis en lumière par le cardinal Cajetan face à Martin Luther, au moment où la Réforme Protestante aller diviser durablement, et briser l’unité de l’Europe chrétienne : « Mais de quel droit l’évêque de Rome est-il le successeur de Pierre ? De droit divin ! De droit divin il faut un successeur. Car la succession est une institution évangélique, une volonté explicite du Christ. Mais puisqu’il s’est fixé à Rome, cette église lui fut appropriée, et ses successeurs sur ce siège sont héritiers de son pontificat suprême. Du reste cette appropriation fut confirmée par le Christ lui même qui vint à la rencontre de Pierre, lorsqu’il voulu fuir et lui dit: Venio Romam iterum crucifigi ! » [2]

Que l’on sache donc que le courant sédévacantiste, intrinsèquement luthérien, aveuglé par l’erreur sectaire schismatique, méprise ce qui préside à la loi sacrée de l’Eglise depuis Notre Seigneur et saint Pierre, loi rappelée par tous les Pontifes depuis saint Grégoire VII – quoique oubliée par Paul IV dans le § 6 de « Cum ex Apostolatus » pour un injuste motif, à savoir : le DROIT DIVIN !

Pape François

Rome, le Pape François et les membres de la curie romaine, octobre 2013.

Mépris terrible qui amène les esprits schismatiques égarés, en regardant les successeurs de Pie XII comme des antipapes, à supposer l’absence, ou plus exactement l’impuissance du Saint-Esprit dans l’acte d’élection du Vicaire du Christ !

Cette supposition insensée, ce jugement scandaleux, impie, luthérien et hérétique, vient se rajouter aux censures de Pie XII contre ceux qui oseraient tenter « d’enfreindre ou de contrecarrer par une audace téméraire » sa Constitution Apostolique portant les « abrogations, décisions, censures, admonitions, interdictions, préceptes, volontés », encourant pour cela « l’indignation du Dieu tout-puissant et des bienheureux apôtres Pierre et Paul. » (Vacantis Apostolicae Sedis), mais de plus les fait tomber sous le coup de l’anathème de Pastor Aeternus, qui prévient solennellement :

vatican1

« Si donc quelqu’un dit que ce n’est pas de droit divin que saint Pierre a des successeurs perpétuels (perpetuos successores) dans sa primauté sur l’Eglise universelle, qu’il soit anathème. » (Pastor Aeternus, Vatican I).

Il importe donc, en cette période difficile que traverse l’Eglise, de parfaitement comprendre la signification véritable du droit divin sur lequel insista le concile Vatican I, sa place, son rôle, sa fonction essentielle dans la loi de l’Eglise, « droit divin » porteur d’un critère d’infaillibilité devant lequel la bulle de Paul IV s’incline totalement – ce que décida d’ailleurs de corriger Pie XII, en abrogeant les dispositions de « Cum ex Apostolatus » de Paul IV, le 8 mai 1945, en la fête de l’Immaculée Conception de la Très Sainte Vierge Marie.

Ainsi que les âmes sédévacantistes – rebelles, insoumises, et schismatiques, enivrées par une logique fallacieuse profondément trompeuse -, malheureusement aveuglées et singulièrement éloignées de la Vérité catholique qu’elles tentent vainement de fuir pas d’infinies arguties stériles et des discours empoisonnés par le venin du sophisme issu d’une illusoire logique talmudique, ont à se souvenir pour leur salut, que le Pape est, ceci relevant d’un principe catholique infaillibledepuis toujours et pour toujours, le successeur de saint Pierre de droit divin !

Lire, contre l’erreur sédévacantiste:

Tiare et clés

La Papauté de droit divin

Notes.

1. Vincent (Vincenzo) Pallotti nait à Rome, le 21 avril 1795, troisième de dix enfants de  Pietro Paolo et Maria Maddalena De Rossi. Ses premières études eurent lieu à l’école de San Pantaleone, puis il alla au collège à Rome. C’est à l’âge de 16 ans qu’il souhaita devenir prêtre. Le 16 mai 1820, il était ordonné et célébrait sa première messe dans l’église du Gesù, à Frascati. Le 25 juillet, il devenait docteur es théologie, et fut nommé professeur de théologie. Il était un excellent théologien, et aurait pu faire une brillante carrière dans l’enseignement de cette discipline, mais sa vocation le porta plutôt vers l’apostolat. Il parcourait la ville de Rome, apportant aide matérielle et réconfort à la population misérable, prêchant l’évangile, vivant de peu, et partageant le peu qu’il avait, écoutant les confessions, et aidant spirituellement tous les fidèles qui venaient à lui. Parallèlement, dans le contexte qui était celui où il vivait, avec l’aide de quelques collaborateurs, il œuvrait à la coordination de toutes les initiatives apostoliques qui impliquaient les chrétiens, religieux et laïcs, afin que la mission et l’action de l’Église se propagent partout. Le père Pallotti était persuadé de l’importance de la charité et de sa mise en œuvre par tous les catholiques afin d’apporter la Bonne Nouvelle à tous. C’est ainsi qu’en 1835, il fonda la Pieuse Société des Missions qui deviendra la « Societas Apostolatus Cattolici » (Société de l’Apostolat Catholique – congrégation connue sous l’appellation des Pallottins), mise en place pour animer des groupes de prêtres et de laïcs œuvrant à l’action catholique. Par ailleurs, le Père Pallotti, dès 1836, a commencé à promouvoir l’observance de l’octave de l’Épiphanie, qui est toujours célébrée ; son but étant d’être un signe de rapprochement avec les églises orientales. Don Vincenzo mourut prématurément d’un refroidissement, le 22 janvier 1850 ; il n’avait que 55 ans. Il fut inhumé dans église de San Salvatore à Onda. Déclaré Vénérable en 1887 par le Pape Léon XIII (Vincenzo Pecci, 1878-1903), qui le considérait déjà comme un saint, Vincenzo Pallotti fut béatifié le 22 janvier 1950 par le Vénérable Pie XII (Eugenio Pacelli, 1939-1958), et canonisé le 20 janvier 1963 par le Bx Jean XXIII (Angelo Giuseppe Roncalli, 1958-1963). Signalons qu’il existe aussi une congrégation des Sœurs de l’Apostolat catholique, appelées « pallottines ». Les Pères Pallotins œuvrent en France à la diffusion des messages reçus par Sainte Faustine Kowalska. Ils éditent une très belle petite revue trimestrielle le « Messager de la Miséricorde Divine ».

2. J. D. M. Maes, o.p, Le pouvoir pontifical d’après Cajetan.

L’absence de Pape est impossible !

27 février 2018

  

« Si donc quelqu’un dit

que ce n’est pas de droit divin que saint Pierre a,

et pour toujours,

des successeurs dans sa primauté sur l’Eglise universelle,

qu’il soit anathème. »  

Pastor Aeternus, Vatican I.

 

  L’origine du pouvoir pontifical, beaucoup l’oublient, notamment les schismatiques sédévacantistes, vient directement de Dieu qui a donné au Pape la souveraineté universelle, absolue, la suprême puissance non seulement dans l’ordre spirituel, mais encore dans l’ordre temporel, soumettant les princes de ce monde à l’autorité de celui qui est le Vicaire de Jésus-Christ, Roi spirituel et successeur de saint Pierre, faisant de l’Eglise une vraie et pure monarchie d’origine divine.

Si l’on ne se contente pas d’une ecclésiologie étroitement limitée au droit canonique disciplinaire et à l’horizon bornée de la bulle de Paul IV – définitivement abrogée par Pie XII (cf. Vacantis Apostolicae Sedis)mais que l’on examine véritablement, et avec une attention exigeante, la nature du principe de la souveraineté pontificale, on est alors capable de percevoir en quoi l’Eglise tout entière est fondée, constituée, édifiée sur le « droit divin » du Pape, droit devant lequel tous les autres droits, sans exception aucune, et notamment le droit disciplinaire, s’effacent absolument.

I. Le Pape est un monarque de « droit divin »

 En effet, le Christ, dans sa sagesse, en confiant à Pierre l’autorité (Matthieu XVI, 17-19), a institué une monarchie absolue comme forme de gouvernement de son Eglise, et cette monarchie établie par Jésus-Christ, nul ne peut la contester ou s’y opposer sous aucun prétexte, c’est une loi sacrée instituée divinement. C’est ce que rappellera le cardinal Cajetan (1469-1534), héritier d’une longue tradition de théoriciens du « droit divin » [1], face à Martin Luther (1483-1546) qui, méprisant la tradition établie par le Christ, voulut s’écarter de Rome en allant jusqu’au schisme. Mgr Sauvé, théologien pontifical et consulteur de la Sainte congrégation de l’Index, explique très bien en quoi le Pape est de « droit divin », en ce sens qu’il exerce un pouvoir « absolu » qui ne dépend ni ne relève d’aucune autorité ecclésiastique et évidemment encore moins d’un pouvoir temporel, commandant tous les fidèles et l’ensemble des clercs.

Le Pape est le dépositaire visible

de la puissance spirituelle du Christ :

c’est à lui que Notre-Seigneur a donné

les clefs de son royaume

 

Il écrira, au sujet du droit divin du pape, ces lignes importantes :

« Notre-Seigneur a préféré pour son Eglise la forme monarchique aux autres formes de gouvernement. Tant qu’il est resté sur cette terre, le Christ a été le chef unique, le monarque visible, comme homme, et invisible, comme Dieu, de l’Eglise fondée par lui. Depuis sa glorieuse ascension, il n’a pas cessé d’en être le roi invisible et de verser sur elle ses célestes influences; mais en emportant au ciel sa chair glorifiée, il a dû laisser à sa place quelqu’un qui tînt les rênes du gouvernement visible de la société chrétienne. Ce quelqu’un, qui est son lieutenant, son vicaire, c’est le Pape, fondement, tête et centre de l’Eglise. Le Pape est donc le dépositaire visible de la puissance spirituelle du Christ : c’est lui que le divin Sauveur a établi, dans la personne de saint Pierre, le fondement, la base, la pierre angulaire de la société des croyants; c’est à lui que Notre-Seigneur a donné les clefs de son royaume, c’est-à-dire la souveraine puissance; c’est lui qu’il a établi le pasteur suprême de son troupeau. (…)monarque suprême et n’ayant ni égal, ni associé dans sa souveraineté, le Pape donc est le suprême monarque de l’Eglise, investi par Dieu du droit de la gouverner d’une façon souveraine et indépendante de qui que ce soit ici-bas. »  (Mgr Sauvé, Le Pape, Son Autorité suprême – Son Magistère infaillible, Chailland, Berche & Tralin, 1890, pp. IV-VI).

C’est cette vérité, insistant sur le fait que nul ne peut juger le Siège apostolique pour quelque motif, aussi convainquant ou évident  puise-t-il apparaître, que rappelle solennellement le concile de Vatican I :

« Le droit divin de la primauté apostolique place le Pontife romain au-dessus de toute l’Église. […] Le jugement du Siège apostolique, auquel aucune autorité n’est supérieure, ne doit être remis en question par personne, et personne n’a le droit de juger ses décisions. C’est pourquoi ceux qui affirment qu’il est permis d’en appeler des jugements du Pontife romain au concile œcuménique comme à une autorité supérieure à ce Pontife, s’écartent du chemin de la vérité. » (Pastor Aeternus, 1870).

II. N’y avait-il pas de Papes lors du concile Vatican II ? 

   Pourtant M. l’abbé Belmont, curieusement inspiré, cherchant à démontrer que le concile Vatican II n’est pas infaillible – ce qui est bien le cas puisque n’ayant tout simplement pas voulu faire usage de son pouvoir d’infaillibilité [2] – soutient par un étrange raisonnement relativement spécieux, que ce concile ne pouvait être infaillible du fait qu’il n’y avait pas de Pontife pour le présider, ceci laissant sous-entendre évidemment que Jean XXIII puis Paul VI, n’auraient pas été Papes lors des sessions conciliaires.

 

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 L’Eglise stipule de façon catégorique

qu’un Pontife légitimement élu,

ne peut perdre sa charge.

 

Il est évident qu’une telle thèse, absurde et surtout en contradiction profonde d’avec la doctrine séculaire de l’Eglise, doctrine qui stipule de façon catégorique qu’un Pontife légitimement élu ne peut perdre sa charge et que nul en ce monde n’a autorité pour le faire, est absolument irrecevable car participant, une fois encore, hélas ! comme il est devenu habituel au sein du courant affirmant la vacance du Saint Siège, d’une logique apriorique qui est à la fois inexacte et contraire à la raison.

  La méthode fautive de l’abbé Belmont, d’ailleurs constamment reproduite par les thèses sédévacantistes, repose sur « l’induction » qui est une supposition gratuite purement hypothétique (le Pape est déposé parce qu’hérétique), s’appuyant sur un mécanisme hautement syllogistique. La logique inductive, comme on le sait, consiste à poser comme vrais des axiomes arbitraires (le Pape n’est plus Pape car hérétique), sur la base desquels on élabore ensuite des raisonnements par déduction (si le Pape n’est plus Pape, il n’y avait pas de Pape pour présider au déroulement du concile), tordant la réalité à des vues subjectives.

C’est donc par l’effet d’un pur syllogisme directement issu de l’hérésie de Huss, reproduit à merveille par l’abbé Belmont, et, à sa suite tous les sédévacantistes, que reposent la conviction des partisans de la vacance du Saint-Siège :

Le Pape est hérétique ;

Les hérétique ne peuvent être Papes ,

donc les Papes depuis Vatican II ne sont pas Papes.

Ainsi à des prémisses inexactes, arbitraires, et dont la preuve manque (le Pape est hérétique), on aboutit inévitablement à une conclusion fausse. On en revient toujours à cette évidence : les sédévacantistes affirment ce qui reste à démontrer, à savoir que le Pape ait perdu sa charge pour cause d’hérésie [3].

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Les sédévacantistes affirment ce qui reste à démontrer,

à savoir que le Pape ait perdu sa charge pour cause d’hérésie

Or, précisément, ce qui ne semble pas surgir à l’esprit de l’abbé, et qui relève pourtant de l’évidence, c’est que ce n’est pas à l’aide d’un raisonnement, ayant même l’apparence de la logique, que l’on peut déclarer déposer ou déchu de sa charge pontificale le successeur de Pierre. Seul le Christ a le pouvoir de retirer son pontificat à l’occupant du Saint-Siège puisque ce dernier n’est jugé par personne en ce monde (can. 1556). Dès lors, en l’absence de cette action de Jésus-Christ, les fidèles de l’Eglise, sans aucune distinction relative à leur position hiérarchique, sont dans l’obligation disciplinaire, formelle et impérative, de reconnaître pour vrai et légitime Pontife celui qui a été désigné par le Conclave. S’ils ne le font ou s’y refusent pour un motif quelconque même présenté prétendument sous les traits de la logique, ils sont positivement anathèmes selon Vatican I.

III. Le Pape n’est soumis à aucune juridiction humaine

En effet, considérer que ce concile, parce qu’il affirma des erreurs manifestes, ne pouvait être placé sous l’autorité d’un Pontife, revient à reproduire l’argument du moine Savonarole (1452-1498) qui fulminait en 1498 contre le Pape Alexandre VI Borgia : « Le pape, en tant que pape, est infaillible : s’il se trompe, il n’est plus pape…. L’Église ne me paraît plus l’Église ! Il viendra un autre Pape à Rome ! » (Cf. Savonarole, Sermons, écrits politiques et pièces du procès, Le Seuil, 1993).

Pourquoi cette impossibilité ? Tout simplement parce que personne ne peut réaliser un jugement du Siège suprême, ni encore moins affirmer la déposition de celui qui l’occupe :

« Le Siège suprême n’est jugé par personne. » (can. 1556).

Ceci confirmé par le dictionnaire de droit canonique :

 « Il ne peut être question de jugement et de déposition d’un pape dans le sens propre et strict des mots. Le vicaire de Jésus-Christ n’est soumis à aucune juridiction humaine. Son juge direct et immédiat est Dieu seul. » (R. Naz, Dict. de Droit Canonique, t. IV, col. 1159)

Il ne peut être question de jugement

et de déposition d’un pape

dans le sens propre et strict des mots.

Le vicaire de Jésus-Christ n’est soumis

à aucune juridiction humaine !

Le Pape reste donc dans sa charge, même si soutenant l’erreur. Telle est la position de l’Eglise. Et il doit être reconnu comme Pape, quelles que soient ses positions aventureuses, voire les reproches ou critiques que l’on puisse exprimer vis-à-vis de sa conduite ou de ses idées, car nul en ce monde n’a autorité pour déposer un Pontife dont la charge ne dépend, du point de vue de l’autorité, que de Jésus-Christ. De ce fait, puisque l’Église, ni quiconque ici-bas n’est supérieur au Pape, et que lui-même n’a aucune instance plus éminente que lui en ce monde en matière de dignité et d’autorité, il n’est, et ne peut jamais être déposé ou déclaré tel. C’est pourquoi, et malgré les circonstances fussent-elles tragiques, comme celles que nous connaissons depuis 1962 : « De droit divin, l’Église est unie au pape comme le corps à la tête… » (Tit., III, 10).

Ainsi donc écrire comme  le fait l’abbé Belmont : « Vatican II n’est pas infaillible en fait (…) ce qui lui manque, c’est ce qui lui est le plus nécessaire, le plus formel : l’autorité pontificale. À Vatican II, dans la promulgation des actes (et aussi dans la conduite de l’assemblée) il manque un Pape, un vrai Pape », est certes téméraire au regard de la vérité, mais surtout absolument coupable et contraire à la réalité car excédant, en fait et en droit, non seulement sa capacité de jugement, mais également celle de tout membre de l’Eglise, aussi élevé soit-il dans la hiérarchie, ceci s’appliquant, y compris pour toute instance ecclésiale – jusqu’au Sacré Collège.

Conclusion

Nous voyons donc de nouveau que le problème du sédévacantisme, terrible s’il en est, c’est qu’il oublie que l’Eglise, divine et humaine, en la personne du Pontife, peut parfois, comme l’écrit Mgr Pie, se montrer « plus ou moins sage, plus ou moins forte », mais jamais être séparée de son Pontife, car c’est le Christ en personne qui a remis les clés à saint Pierre, et nul ne peut les lui enlever, ou affirmer du haut de son tribunal personnel comme un parfait disciple de Luther, qu’elles lui ont été retirées.

 

La charge pontificale relève du droit divin,

ne pas se soumettre à cette loi

en induisant que l’Eglise n’a plus de Pontife,

c’est être formellement anathème !

En érigeant un jugement personnel en décision universellement et immédiatement accomplie (« dans la promulgation des actes (et aussi dans la conduite de l’assemblée) il manque un Pape, un vrai Pape »), et croyant en cela demeurer catholiques, l’abbé Belmont sombre inévitablement dans le schisme, et rejoint sans s’en rendre compte, les thèses de Jean Huss ou de Savonarole ! La charge pontificale relève du droit divin, s’y opposer, le contester, ne pas se soumettre à cette loi par des positions induisant que l’Eglise n’a plus de Pontife, c’est être formellement anathème selon les déclarations de Vatican I :

 « Si donc quelqu’un dit que ce n’est pas de droit divin que saint Pierre a, et pour toujours, des successeurs dans sa primauté sur l’Eglise universelle, qu’il soit anathème. » (Pastor Aeternus, Vatican I).

Nous y rajouterons volontiers cette remarque essentielle du cardinal Cajetan :

  « Pierre a bénéficié d’une révélation divine, il a été proclamé bienheureux, il a été surnaturellement affermi dans sa foi; et c’est grâce à tout cela que le Christ l’a choisi comme chef de son Eglise. Le Christ ne dit pas qu’il édifiera son Eglise sur Pierre [super Te, mais super hanc petram], donc sur Pierre divinement qualifié selon un droit surnaturel. D’où nous devons conclure, que la défaillance de Pierre n’entraîne pas nécessairement la capacité d’être fondement, et le droit d’être considéré comme chef [tamquam virtus, glutinum quoddam sit jungens homini pontificatum], car l’évêque de Rome est le successeur de Pierre de droit divinDe droit divin il faut un successeur puisque la succession est une institution évangélique, une volonté explicite du Christ. Le droit de succession est par conséquent un droit divin. » (De divina institutione Pontificatus Romani Pontificis, 1521).

Notes.

 1. On lira du cardinal Cajetan, son « De Comparatione auctotitatis Papae et Concilii »(1511), « Apologia » (1512) et un opuscule qui étudie l’origine divine de la papauté le « De divina institutione Pontificatus Romani Pontificis » (1521). Mais il ne faut pas négliger son Commentaire de la Somme de théologie de saint Thomas, ses Commentaires de l’Écriture : In Quatuor Evangelia et Acta Apostolorum Commentarii, Nunc denuo recogniti, noti marginalibus, tum rerum, tum versiculorum, exornati, & duobus Indicibus, uno locorum S. Scripturae, altero Rerum & Verborum illustrati, Sumptibus Iacobi & Petri,  Prost, Lugduni (Lyon), 1639. Et l’important Discours sur l’Église au Ve concile de Latran, Oratio in secunda sessione Concilii Lateranen-sis, 17. Calen. Iunii 1512.

2. En effet si Vatican II n’est pas un concile infaillible c’est, tout simplement, qu’il a renoncé à l’exercice de son pouvoir ! Le Pape Jean XXIII le voulu ainsi. Cette surprenante décision, sans doute obscurément préparée et « inspirée » au Souverain Pontife, a été imposée à l’assemblée conciliaire, le 11 octobre 1962, dans son discours d’ouverture. Les Pères y apprirent qu’ils ne devraient pas y faire œuvre dogmatique, définir des vérités divines ni dénoncer les erreurs de ce temps, et surtout ne condamner personne. Or, ce sont précisément les caractéristiques nécessaires pour qu’il y ait acte infaillible du magistère extraordinaire. Cette décision de Jean XXIII a été de plus confirmée par son successeur, le Pape Paul VI, dans son discours d’ouverture de la seconde session. À la question : théologiquement, les Actes du concile sont-ils infaillibles ? il faut donc répondre : NON, parce que, contrairement à son droit, et semble-t-il à son devoir, le Concile en tant que tel n’a pas voulu et donc n’a pas pu exercer son pouvoir de juridiction sous la forme « solennelle et extraordinaire » propre à cette Instance suprême. Ses actes ne sont donc absolument pas garantis par l’assistance infaillible absolue du Saint-Esprit.

Sur ce sujet lire  notre étude :

Le concile Vatican II n’est pas dogmatique !

3. Les explications embrouillées de l’abbé Belmont, démontrent le caractère fantaisiste de son raisonnement. Mettant en avant trois raisons pour asseoir son opinion, il expose, par l’utilisation d’un syllogisme fautif, quoique classique dans la mécanique erronée des affirmations sédévacantistes :

 – « Le concile trouve son principe, son être, dans la présence du pape.

– Paul VI a manifesté dans des actes personnels cette absence d’autorité : promulgation d’une réforme liturgique gangrenée de protestantisme par exemple.

– Vatican II est à l’origine d’un raz de marée destructeur qui n’a rien épargné dans les structures de la sainte Église ; cela est incompatible avec l’assistance (ou la communication d’autorité) que Jésus-Christ confère au Pape, selon la parole de Pie XII : « le divin Rédempteur gouverne son Corps mystique visiblement et ordinairement par son vicaire sur la terre » (Mystici Corporis). »

Conclusion de l’abbé Belmont, qui croit « demeurer dans l’ordre théologal » par son affirmation, alors qu’il est en état de grave errance, tant sur le plan canonique que théologique :

– « Voilà pourquoi il ne peut y avoir, à l’absence d’une propriété essentielle comme l’infaillibilité d’un concile, d’autre raison que l’absence d’un vrai Pape », [soit pour le dire clairement : donc Jean XXIII et Paul VI n’étaient pas Papes].

Certes l’abbé Belmont a essayé de parer, maladroitement, les remarques d’impossibilité qui pouvaient lui être adressées face à sa méthode inductive. Il convient dans un premier temps, contraint et forcé : « Selon les règles de la logique, cette nécessaire remontée de la conclusion vers les prémisses est illégitime car l’inférence est issue de deux prémisses placées à parité. » Fort bien. Malheureusement ce bref éclair de lucidité est vite troublé par ce qui suit : « Mais en théologie, le syllogisme exposant le raisonnement est de nature principalement inductive : les deux prémisses (l’une de foi, l’autre de raison) ne peuvent être considérées à parité. Pour que celle qui est de raison soit placée dans la lumière dominante de celle qui est de foi, il faut que le choix du medium démonstratif soit validé (quant à la vérité et quant à l’adéquation) par la mise en place de la conclusion, par l’harmonie de cette conclusion avec l’ensemble du donné révélé, par l’analogie de la foi. »  C’est pourtant oublier tragiquement, même si l’abbé Belmont tente de justifier prudemment ses affirmations hasardeuses en s’excusant par avance par ces mots : « Ces quelques considérations ne sont qu’un maladroit résumé d’un aspect d’une étude lumineuse du R. P. Guérard des Lauriers », et comme le rappelle la 21e des thèses thomistes – thèses au nombre de 24 promulguées sous le pontificat de saint Pie X comme normæ directivæ tutæ afin de lutter contre le modernisme –  que « la volonté suit l’intelligence, ne la précède point », c’est-à-dire que le réalité perçue par le jugement d’existence, prime sur l’opinion ou la conviction. Or dans le cas qui nous occupe, l’éventuelle hérésie du Pape et la perte de son pontificat, la conviction de son hérésie précède la démonstration qu’il faudrait d’abord faire de cette dernière et du constat de la perte de sa charge par un acte quelconque exécuté par la Divine Providence, démonstration et constat évidemment absents et introuvables (qui peut sérieusement dire en effet à quel moment, de quelle manière et où exactement Jean XXIII, Paul VI et leurs successeurs, auraient-ils perdu leur charge Pontificale ?), ce qui corrompt radicalement et ruine de ce fait toute la suite du raisonnement, qu’on cherchait, vainement, à appuyer sur le Statut inductif de la théologie (RSPT 1941-1942, vol. 1, pp. 28-51) du R. P. Guérard des Lauriers. De la sorte, on ne saurait mieux faire la démonstration que dans ces lignes, d’un usage coupable du libre-examen d’essence luthérienne, en s’appuyant tranquillement sur son jugement personnel afin de déclarer, par l’effet d’une illusoire autorité, que les Papes ne sont plus Papes. On sourira donc de trouver ces propos sous la plume de l’abbé Belmont, s’agissant de l’excellent ouvrage de Pascal Bernardin Le crucifiement de saint Pierre (2009) : « l’auteur est prisonnier de la pseudo-théologie qui a cours dans la fraternité Saint-Pie-X…qui consiste à interpréter la théologie traditionnelle à la lumière des nécessités de la praxis », alors même que la faute principale de notre critique sédévacantiste, est précisément d’interpréter la doctrine traditionnelle du droit divin pontifical, à la lumière des nécessités de ses opinions privées.

Pour rappel :

LE SEDEVACANTISME EST UN PECHE MORTEL !

Le sédévacantisme est luthérien !

Le sédévacantisme est une hérésie !

 Le Conclave est infaillible !

 

REPONSE AU DEFI DE L’ABBE HERVE BELMONT

 

Suite à notre article : « L’absence de Pape est impossible ! », dans lequel nous avons réagi à une affirmation de M. l’abbé Belmont qui soutenait : «À Vatican II, dans la promulgation des actes (et aussi dans la conduite de l’assemblée) il manque un Pape, un vrai Pape », nous lui avons fait savoir dans le même temps, par une lettre directement adressée sur son blog, que nous trouvions sa position erronée et inexacte, et qu’il était impossible de proclamer publiquement, d’autant lorsqu’on est prêtre catholique, une telle idée contraire à la réalité. Nous lui avons donc présenté rapidement, en quelques paragraphes, pourquoi déclarer l’absence de Pape lors de Vatican II est une proposition qui est en contradiction avec la doctrine de l’Eglise, et en quoi elle rejoint la thèse de Luther ou de Huss à bien des égards, tant dans son énoncé que dans ses principes.

En retour, après plusieurs jours de silence, l’abbé Belmont nous a fait parvenir un message dans lequel il nous mettait au « défi » de trouver dans ses écrits le raisonnement luthérien que dont nous lui faisions reproche d’user dans son texte. Suite à ce message, nous avons donc tenu à relever ce défi, afin d’établir que ce raisonnement se trouve bel et bien dans les écrits de l’abbé Belmont, mais que de plus il ne se contente pas d’y être à titre positif, puisqu’il y joue un rôle permanent au sein de la logique qui le conduit à ne plus pleinement reconnaître les Papes depuis 1962.

 On trouvera ainsi dans cette « Réponse au défi de l’abbé Hervé Belmont » :

 1°) – Notre première lettre

 2°) – Le message de l’abbé Belmont

 3°) – Notre Réponse au défi de l’abbé Belmont

 

Fichier téléchargeable :

REPONSE AU DEFI DE L’ABBE HERVE BELMONT

 

 

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