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Semaine Sainte

26 mars 2018

       

Pendant cette semaine nous prenons part

au plus sublime mystère de l’histoire du salut. 

Nous pensons à la Croix et à la Résurrection qui sont inséparables.

 L’oeuvre rédemptrice du Christ ne se termine pas à sa mort,

 mais se prolonge dans la victoire de sa Résurrection !

Bonne Semaine Sainte à tous !

 AVERTISSEMENT :

Pendant la Semaine Sainte

 les commentaires de La Question sont fermés. 

« Il s’est anéanti lui-même, prenant la forme d’esclave,

étant fait à la ressemblance des hommes. »

 (Philippiens II, 7).

L’Église, une et indestructible, est fondée sur le Pape

4 mars 2018

Armes pontificales

Saint Vicent Palloti

« Quelques Papes, Dieu les veut ; certains, il les permet ;

 d’autres, il les tolère…»

Saint Vincent Pallotti (1795-1850)
Prêtre et fondateur de la  « Societas Apostolatus Cattolici ».

 

Les thèses sédévacantistes, qui vont bien au-delà d’un nécessaire rejet dans la tombe qui devrait leur servir de lieu d’oubli définitif – car elles nécessiteraient, si les institutions ecclésiales fonctionnaient correctement, de faire l’objet d’une condamnation solennelle par autodafé -, mettent ceux qui y adhèrent, en état formel de schisme vis-à-vis de l’Eglise catholique, et leur refus de reconnaître l’actuel Pontife comme authentique Pape véritable Successeur de Saint Pierre, les conduit à nier et rejeter scandaleusement les lois de l‘Unique et Sainte Eglise fondée par Jésus-Christ, en les faisant justiciables de la sanction d’excommunication encourue par l’anathème du concile Vatican I :

« Si donc quelqu’un dit que ce n’est pas par l’institution du Christ ou de droit divin (iure divino) que le bienheureux Pierre a des successeurs perpétuels (perpetuos successores) dans sa primauté sur l’Église universelle, ou que le Pontife romain n’est pas le successeur du bienheureux Pierre en cette primauté, qu’il soit anathème / Si quis ergo dixerit, non esse ex ipsius Christi Domini institutione seu iure divino, ut beatus Petrus in primatu super universam Ecclesiam habeat perpetuos successores: aut Romanum Pontificem non esse beati Petri in eodem primatu successorem: anathema sit. » (Constitutio dogmatica ‘Pastor aeternus’ de Ecclesia Christi, § 2. De perpetuitate primatus beati Petri in Romanis Pontificibus, Vatican I, 1870).

piusxii

« La promesse du Christ à Pierre restera toujours vraie,

la Papauté durera toujours, comme aussi l’Église, une et indestructible,

fondée sur le Pape vivant (…)  ».

(S.S. Pie XII, 29 janvier 1949).

Le 29 janvier 1949, le Pape Pie XII fit les observations suivantes au sujet du caractère éternel de la Papauté :

« Si jamais un jour – Nous le disons par pure hypothèse – la Rome matérielle devait s’écrouler ; si jamais cette Basilique vaticane, symbole de l’unique invincible et victorieuse Église catholique, devait ensevelir sous ses ruines ses trésors historiques et les tombes sacrées qu’elle renferme, même alors l’Église ne s’en trouverait pour autant ni abattue ni fissurée. La promesse du Christ à Pierre resterait toujours vraie, la Papauté durerait toujours, comme aussi l’Église, une et indestructible, fondée sur le Pape vivant à ce moment-là  ».

Mgr Williamson

« Ce qui paraît être conforme au bon sens, c’est que l’Église,

établie par Dieu pour être fondée sur le Pape vivant,

ne peut pas avoir existé depuis tout un demi-siècle (1962–2014)

sans un seul Pape vivant. »

(Mrg Richard Williamson, le 29 novembre 2014).

Comme l’écrit, en un commentaire avisé et avec grande pertinence, Mgr Williamson, qui citait les paroles de Pie XII : « Étant donné que ces paroles relèvent de la doctrine classique de l’Église (il n’y a que le soulignement qui y ait été ajouté), et fondée sur les paroles mêmes de Notre Seigneur (Mt.XVI,16–18), il n’y a pas lieu de s’étonner si depuis 1962 où les Papes se firent Conciliaires, des millions et des millions de Catholiques ont été amenés à se faire de même Conciliaires et libéraux. L’unique solution au problème que les sédévacantistes puissent voir c’est de nier que les Papes Conciliaires aient même pu être Papes, ce qui peut paraître conforme au bon sens catholique. Mais pour la majorité des Catholiques ce qui paraît être encore plus conforme au bon sens, c’est que l’Église, établie par Dieu pour être fondée sur le Pape vivant, ne peut pas avoir existé depuis tout un demi-siècle (1962–2014) sans un seul Pape vivant. » (Mgr Williamson – Initiative St Marcel – 29 novembre 2014).

Cette analyse est tout à fait judicieuse, et place Mgr Williamson dans la lignée de saint Vincent Pallotti (1795-1850), qui soutenait avec justesse :« Quelques Papes, Dieu les veut ; certains, il les permet ; d’autres, il les tolère « , ce qui signifie, clairement, que plus ou moins bons, voire quelquefois objectivement mauvais, néanmoins en aucun cas l’Eglise ne peut subsister sans un Pape ! [1]

luthercajetan

Le sédévacantisme, à l’image d’un Martin Luther,

s’arroge un droit que nul ne possède :

celui de décider, en for interne, qui est pape ou ne l’est pas !

Telle est la position catholique, et nous rappelons à ceux qui seraient séduits par la logique trompeuse sédévacantiste conduisant fatalement au conclavisme, que c’est s’arroger coupablement un droit que nul ne possède, que celui de décider, en for interne par l’effet d’un jugement privé, qui est ou n’est pas pape de l’Eglise.

Agir ainsi, acte luthérien par excellence, c’est commettre un péché extrêmement grave en bien des motifs, piétinant le droit divin, et se mettant en contradiction directe avec le canon 1556 du droit Canon : « Le premier Siège n’est jugé par personne ».

Que les catholiques qui veulent le rester, soient en permanence conscients que la nature du droit faisant que les Papes sont les successeurs de saint Pierre : est un droit divin !

Rex Regnum

Le Pape est le successeur de saint Pierre de droit divin !

Telle est la conclusion à laquelle aboutit une analyse approfondie et sérieuse du sujet, se basant sur les principes de la Révélation mis en lumière par le cardinal Cajetan face à Martin Luther, au moment où la Réforme Protestante aller diviser durablement, et briser l’unité de l’Europe chrétienne : « Mais de quel droit l’évêque de Rome est-il le successeur de Pierre ? De droit divin ! De droit divin il faut un successeur. Car la succession est une institution évangélique, une volonté explicite du Christ. Mais puisqu’il s’est fixé à Rome, cette église lui fut appropriée, et ses successeurs sur ce siège sont héritiers de son pontificat suprême. Du reste cette appropriation fut confirmée par le Christ lui même qui vint à la rencontre de Pierre, lorsqu’il voulu fuir et lui dit: Venio Romam iterum crucifigi ! » [2]

Que l’on sache donc que le courant sédévacantiste, intrinsèquement luthérien, aveuglé par l’erreur sectaire schismatique, méprise ce qui préside à la loi sacrée de l’Eglise depuis Notre Seigneur et saint Pierre, loi rappelée par tous les Pontifes depuis saint Grégoire VII – quoique oubliée par Paul IV dans le § 6 de « Cum ex Apostolatus » pour un injuste motif, à savoir : le DROIT DIVIN !

Pape François

Rome, le Pape François et les membres de la curie romaine, octobre 2013.

Mépris terrible qui amène les esprits schismatiques égarés, en regardant les successeurs de Pie XII comme des antipapes, à supposer l’absence, ou plus exactement l’impuissance du Saint-Esprit dans l’acte d’élection du Vicaire du Christ !

Cette supposition insensée, ce jugement scandaleux, impie, luthérien et hérétique, vient se rajouter aux censures de Pie XII contre ceux qui oseraient tenter « d’enfreindre ou de contrecarrer par une audace téméraire » sa Constitution Apostolique portant les « abrogations, décisions, censures, admonitions, interdictions, préceptes, volontés », encourant pour cela « l’indignation du Dieu tout-puissant et des bienheureux apôtres Pierre et Paul. » (Vacantis Apostolicae Sedis), mais de plus les fait tomber sous le coup de l’anathème de Pastor Aeternus, qui prévient solennellement :

vatican1

« Si donc quelqu’un dit que ce n’est pas de droit divin que saint Pierre a des successeurs perpétuels (perpetuos successores) dans sa primauté sur l’Eglise universelle, qu’il soit anathème. » (Pastor Aeternus, Vatican I).

Il importe donc, en cette période difficile que traverse l’Eglise, de parfaitement comprendre la signification véritable du droit divin sur lequel insista le concile Vatican I, sa place, son rôle, sa fonction essentielle dans la loi de l’Eglise, « droit divin » porteur d’un critère d’infaillibilité devant lequel la bulle de Paul IV s’incline totalement – ce que décida d’ailleurs de corriger Pie XII, en abrogeant les dispositions de « Cum ex Apostolatus » de Paul IV, le 8 mai 1945, en la fête de l’Immaculée Conception de la Très Sainte Vierge Marie.

Ainsi que les âmes sédévacantistes – rebelles, insoumises, et schismatiques, enivrées par une logique fallacieuse profondément trompeuse -, malheureusement aveuglées et singulièrement éloignées de la Vérité catholique qu’elles tentent vainement de fuir pas d’infinies arguties stériles et des discours empoisonnés par le venin du sophisme issu d’une illusoire logique talmudique, ont à se souvenir pour leur salut, que le Pape est, ceci relevant d’un principe catholique infaillibledepuis toujours et pour toujours, le successeur de saint Pierre de droit divin !

Lire, contre l’erreur sédévacantiste:

Tiare et clés

La Papauté de droit divin

Notes.

1. Vincent (Vincenzo) Pallotti nait à Rome, le 21 avril 1795, troisième de dix enfants de  Pietro Paolo et Maria Maddalena De Rossi. Ses premières études eurent lieu à l’école de San Pantaleone, puis il alla au collège à Rome. C’est à l’âge de 16 ans qu’il souhaita devenir prêtre. Le 16 mai 1820, il était ordonné et célébrait sa première messe dans l’église du Gesù, à Frascati. Le 25 juillet, il devenait docteur es théologie, et fut nommé professeur de théologie. Il était un excellent théologien, et aurait pu faire une brillante carrière dans l’enseignement de cette discipline, mais sa vocation le porta plutôt vers l’apostolat. Il parcourait la ville de Rome, apportant aide matérielle et réconfort à la population misérable, prêchant l’évangile, vivant de peu, et partageant le peu qu’il avait, écoutant les confessions, et aidant spirituellement tous les fidèles qui venaient à lui. Parallèlement, dans le contexte qui était celui où il vivait, avec l’aide de quelques collaborateurs, il œuvrait à la coordination de toutes les initiatives apostoliques qui impliquaient les chrétiens, religieux et laïcs, afin que la mission et l’action de l’Église se propagent partout. Le père Pallotti était persuadé de l’importance de la charité et de sa mise en œuvre par tous les catholiques afin d’apporter la Bonne Nouvelle à tous. C’est ainsi qu’en 1835, il fonda la Pieuse Société des Missions qui deviendra la « Societas Apostolatus Cattolici » (Société de l’Apostolat Catholique – congrégation connue sous l’appellation des Pallottins), mise en place pour animer des groupes de prêtres et de laïcs œuvrant à l’action catholique. Par ailleurs, le Père Pallotti, dès 1836, a commencé à promouvoir l’observance de l’octave de l’Épiphanie, qui est toujours célébrée ; son but étant d’être un signe de rapprochement avec les églises orientales. Don Vincenzo mourut prématurément d’un refroidissement, le 22 janvier 1850 ; il n’avait que 55 ans. Il fut inhumé dans église de San Salvatore à Onda. Déclaré Vénérable en 1887 par le Pape Léon XIII (Vincenzo Pecci, 1878-1903), qui le considérait déjà comme un saint, Vincenzo Pallotti fut béatifié le 22 janvier 1950 par le Vénérable Pie XII (Eugenio Pacelli, 1939-1958), et canonisé le 20 janvier 1963 par le Bx Jean XXIII (Angelo Giuseppe Roncalli, 1958-1963). Signalons qu’il existe aussi une congrégation des Sœurs de l’Apostolat catholique, appelées « pallottines ». Les Pères Pallotins œuvrent en France à la diffusion des messages reçus par Sainte Faustine Kowalska. Ils éditent une très belle petite revue trimestrielle le « Messager de la Miséricorde Divine ».

2. J. D. M. Maes, o.p, Le pouvoir pontifical d’après Cajetan.

L’absence de Pape est impossible !

27 février 2018

  

« Si donc quelqu’un dit

que ce n’est pas de droit divin que saint Pierre a,

et pour toujours,

des successeurs dans sa primauté sur l’Eglise universelle,

qu’il soit anathème. »  

Pastor Aeternus, Vatican I.

 

  L’origine du pouvoir pontifical, beaucoup l’oublient, notamment les schismatiques sédévacantistes, vient directement de Dieu qui a donné au Pape la souveraineté universelle, absolue, la suprême puissance non seulement dans l’ordre spirituel, mais encore dans l’ordre temporel, soumettant les princes de ce monde à l’autorité de celui qui est le Vicaire de Jésus-Christ, Roi spirituel et successeur de saint Pierre, faisant de l’Eglise une vraie et pure monarchie d’origine divine.

Si l’on ne se contente pas d’une ecclésiologie étroitement limitée au droit canonique disciplinaire et à l’horizon bornée de la bulle de Paul IV – définitivement abrogée par Pie XII (cf. Vacantis Apostolicae Sedis)mais que l’on examine véritablement, et avec une attention exigeante, la nature du principe de la souveraineté pontificale, on est alors capable de percevoir en quoi l’Eglise tout entière est fondée, constituée, édifiée sur le « droit divin » du Pape, droit devant lequel tous les autres droits, sans exception aucune, et notamment le droit disciplinaire, s’effacent absolument.

I. Le Pape est un monarque de « droit divin »

 En effet, le Christ, dans sa sagesse, en confiant à Pierre l’autorité (Matthieu XVI, 17-19), a institué une monarchie absolue comme forme de gouvernement de son Eglise, et cette monarchie établie par Jésus-Christ, nul ne peut la contester ou s’y opposer sous aucun prétexte, c’est une loi sacrée instituée divinement. C’est ce que rappellera le cardinal Cajetan (1469-1534), héritier d’une longue tradition de théoriciens du « droit divin » [1], face à Martin Luther (1483-1546) qui, méprisant la tradition établie par le Christ, voulut s’écarter de Rome en allant jusqu’au schisme. Mgr Sauvé, théologien pontifical et consulteur de la Sainte congrégation de l’Index, explique très bien en quoi le Pape est de « droit divin », en ce sens qu’il exerce un pouvoir « absolu » qui ne dépend ni ne relève d’aucune autorité ecclésiastique et évidemment encore moins d’un pouvoir temporel, commandant tous les fidèles et l’ensemble des clercs.

Le Pape est le dépositaire visible

de la puissance spirituelle du Christ :

c’est à lui que Notre-Seigneur a donné

les clefs de son royaume

 

Il écrira, au sujet du droit divin du pape, ces lignes importantes :

« Notre-Seigneur a préféré pour son Eglise la forme monarchique aux autres formes de gouvernement. Tant qu’il est resté sur cette terre, le Christ a été le chef unique, le monarque visible, comme homme, et invisible, comme Dieu, de l’Eglise fondée par lui. Depuis sa glorieuse ascension, il n’a pas cessé d’en être le roi invisible et de verser sur elle ses célestes influences; mais en emportant au ciel sa chair glorifiée, il a dû laisser à sa place quelqu’un qui tînt les rênes du gouvernement visible de la société chrétienne. Ce quelqu’un, qui est son lieutenant, son vicaire, c’est le Pape, fondement, tête et centre de l’Eglise. Le Pape est donc le dépositaire visible de la puissance spirituelle du Christ : c’est lui que le divin Sauveur a établi, dans la personne de saint Pierre, le fondement, la base, la pierre angulaire de la société des croyants; c’est à lui que Notre-Seigneur a donné les clefs de son royaume, c’est-à-dire la souveraine puissance; c’est lui qu’il a établi le pasteur suprême de son troupeau. (…)monarque suprême et n’ayant ni égal, ni associé dans sa souveraineté, le Pape donc est le suprême monarque de l’Eglise, investi par Dieu du droit de la gouverner d’une façon souveraine et indépendante de qui que ce soit ici-bas. »  (Mgr Sauvé, Le Pape, Son Autorité suprême – Son Magistère infaillible, Chailland, Berche & Tralin, 1890, pp. IV-VI).

C’est cette vérité, insistant sur le fait que nul ne peut juger le Siège apostolique pour quelque motif, aussi convainquant ou évident  puise-t-il apparaître, que rappelle solennellement le concile de Vatican I :

« Le droit divin de la primauté apostolique place le Pontife romain au-dessus de toute l’Église. […] Le jugement du Siège apostolique, auquel aucune autorité n’est supérieure, ne doit être remis en question par personne, et personne n’a le droit de juger ses décisions. C’est pourquoi ceux qui affirment qu’il est permis d’en appeler des jugements du Pontife romain au concile œcuménique comme à une autorité supérieure à ce Pontife, s’écartent du chemin de la vérité. » (Pastor Aeternus, 1870).

II. N’y avait-il pas de Papes lors du concile Vatican II ? 

   Pourtant M. l’abbé Belmont, curieusement inspiré, cherchant à démontrer que le concile Vatican II n’est pas infaillible – ce qui est bien le cas puisque n’ayant tout simplement pas voulu faire usage de son pouvoir d’infaillibilité [2] – soutient par un étrange raisonnement relativement spécieux, que ce concile ne pouvait être infaillible du fait qu’il n’y avait pas de Pontife pour le présider, ceci laissant sous-entendre évidemment que Jean XXIII puis Paul VI, n’auraient pas été Papes lors des sessions conciliaires.

 

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 L’Eglise stipule de façon catégorique

qu’un Pontife légitimement élu,

ne peut perdre sa charge.

 

Il est évident qu’une telle thèse, absurde et surtout en contradiction profonde d’avec la doctrine séculaire de l’Eglise, doctrine qui stipule de façon catégorique qu’un Pontife légitimement élu ne peut perdre sa charge et que nul en ce monde n’a autorité pour le faire, est absolument irrecevable car participant, une fois encore, hélas ! comme il est devenu habituel au sein du courant affirmant la vacance du Saint Siège, d’une logique apriorique qui est à la fois inexacte et contraire à la raison.

  La méthode fautive de l’abbé Belmont, d’ailleurs constamment reproduite par les thèses sédévacantistes, repose sur « l’induction » qui est une supposition gratuite purement hypothétique (le Pape est déposé parce qu’hérétique), s’appuyant sur un mécanisme hautement syllogistique. La logique inductive, comme on le sait, consiste à poser comme vrais des axiomes arbitraires (le Pape n’est plus Pape car hérétique), sur la base desquels on élabore ensuite des raisonnements par déduction (si le Pape n’est plus Pape, il n’y avait pas de Pape pour présider au déroulement du concile), tordant la réalité à des vues subjectives.

C’est donc par l’effet d’un pur syllogisme directement issu de l’hérésie de Huss, reproduit à merveille par l’abbé Belmont, et, à sa suite tous les sédévacantistes, que reposent la conviction des partisans de la vacance du Saint-Siège :

Le Pape est hérétique ;

Les hérétique ne peuvent être Papes ,

donc les Papes depuis Vatican II ne sont pas Papes.

Ainsi à des prémisses inexactes, arbitraires, et dont la preuve manque (le Pape est hérétique), on aboutit inévitablement à une conclusion fausse. On en revient toujours à cette évidence : les sédévacantistes affirment ce qui reste à démontrer, à savoir que le Pape ait perdu sa charge pour cause d’hérésie [3].

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Les sédévacantistes affirment ce qui reste à démontrer,

à savoir que le Pape ait perdu sa charge pour cause d’hérésie

Or, précisément, ce qui ne semble pas surgir à l’esprit de l’abbé, et qui relève pourtant de l’évidence, c’est que ce n’est pas à l’aide d’un raisonnement, ayant même l’apparence de la logique, que l’on peut déclarer déposer ou déchu de sa charge pontificale le successeur de Pierre. Seul le Christ a le pouvoir de retirer son pontificat à l’occupant du Saint-Siège puisque ce dernier n’est jugé par personne en ce monde (can. 1556). Dès lors, en l’absence de cette action de Jésus-Christ, les fidèles de l’Eglise, sans aucune distinction relative à leur position hiérarchique, sont dans l’obligation disciplinaire, formelle et impérative, de reconnaître pour vrai et légitime Pontife celui qui a été désigné par le Conclave. S’ils ne le font ou s’y refusent pour un motif quelconque même présenté prétendument sous les traits de la logique, ils sont positivement anathèmes selon Vatican I.

III. Le Pape n’est soumis à aucune juridiction humaine

En effet, considérer que ce concile, parce qu’il affirma des erreurs manifestes, ne pouvait être placé sous l’autorité d’un Pontife, revient à reproduire l’argument du moine Savonarole (1452-1498) qui fulminait en 1498 contre le Pape Alexandre VI Borgia : « Le pape, en tant que pape, est infaillible : s’il se trompe, il n’est plus pape…. L’Église ne me paraît plus l’Église ! Il viendra un autre Pape à Rome ! » (Cf. Savonarole, Sermons, écrits politiques et pièces du procès, Le Seuil, 1993).

Pourquoi cette impossibilité ? Tout simplement parce que personne ne peut réaliser un jugement du Siège suprême, ni encore moins affirmer la déposition de celui qui l’occupe :

« Le Siège suprême n’est jugé par personne. » (can. 1556).

Ceci confirmé par le dictionnaire de droit canonique :

 « Il ne peut être question de jugement et de déposition d’un pape dans le sens propre et strict des mots. Le vicaire de Jésus-Christ n’est soumis à aucune juridiction humaine. Son juge direct et immédiat est Dieu seul. » (R. Naz, Dict. de Droit Canonique, t. IV, col. 1159)

Il ne peut être question de jugement

et de déposition d’un pape

dans le sens propre et strict des mots.

Le vicaire de Jésus-Christ n’est soumis

à aucune juridiction humaine !

Le Pape reste donc dans sa charge, même si soutenant l’erreur. Telle est la position de l’Eglise. Et il doit être reconnu comme Pape, quelles que soient ses positions aventureuses, voire les reproches ou critiques que l’on puisse exprimer vis-à-vis de sa conduite ou de ses idées, car nul en ce monde n’a autorité pour déposer un Pontife dont la charge ne dépend, du point de vue de l’autorité, que de Jésus-Christ. De ce fait, puisque l’Église, ni quiconque ici-bas n’est supérieur au Pape, et que lui-même n’a aucune instance plus éminente que lui en ce monde en matière de dignité et d’autorité, il n’est, et ne peut jamais être déposé ou déclaré tel. C’est pourquoi, et malgré les circonstances fussent-elles tragiques, comme celles que nous connaissons depuis 1962 : « De droit divin, l’Église est unie au pape comme le corps à la tête… » (Tit., III, 10).

Ainsi donc écrire comme  le fait l’abbé Belmont : « Vatican II n’est pas infaillible en fait (…) ce qui lui manque, c’est ce qui lui est le plus nécessaire, le plus formel : l’autorité pontificale. À Vatican II, dans la promulgation des actes (et aussi dans la conduite de l’assemblée) il manque un Pape, un vrai Pape », est certes téméraire au regard de la vérité, mais surtout absolument coupable et contraire à la réalité car excédant, en fait et en droit, non seulement sa capacité de jugement, mais également celle de tout membre de l’Eglise, aussi élevé soit-il dans la hiérarchie, ceci s’appliquant, y compris pour toute instance ecclésiale – jusqu’au Sacré Collège.

Conclusion

Nous voyons donc de nouveau que le problème du sédévacantisme, terrible s’il en est, c’est qu’il oublie que l’Eglise, divine et humaine, en la personne du Pontife, peut parfois, comme l’écrit Mgr Pie, se montrer « plus ou moins sage, plus ou moins forte », mais jamais être séparée de son Pontife, car c’est le Christ en personne qui a remis les clés à saint Pierre, et nul ne peut les lui enlever, ou affirmer du haut de son tribunal personnel comme un parfait disciple de Luther, qu’elles lui ont été retirées.

 

La charge pontificale relève du droit divin,

ne pas se soumettre à cette loi

en induisant que l’Eglise n’a plus de Pontife,

c’est être formellement anathème !

En érigeant un jugement personnel en décision universellement et immédiatement accomplie (« dans la promulgation des actes (et aussi dans la conduite de l’assemblée) il manque un Pape, un vrai Pape »), et croyant en cela demeurer catholiques, l’abbé Belmont sombre inévitablement dans le schisme, et rejoint sans s’en rendre compte, les thèses de Jean Huss ou de Savonarole ! La charge pontificale relève du droit divin, s’y opposer, le contester, ne pas se soumettre à cette loi par des positions induisant que l’Eglise n’a plus de Pontife, c’est être formellement anathème selon les déclarations de Vatican I :

 « Si donc quelqu’un dit que ce n’est pas de droit divin que saint Pierre a, et pour toujours, des successeurs dans sa primauté sur l’Eglise universelle, qu’il soit anathème. » (Pastor Aeternus, Vatican I).

Nous y rajouterons volontiers cette remarque essentielle du cardinal Cajetan :

  « Pierre a bénéficié d’une révélation divine, il a été proclamé bienheureux, il a été surnaturellement affermi dans sa foi; et c’est grâce à tout cela que le Christ l’a choisi comme chef de son Eglise. Le Christ ne dit pas qu’il édifiera son Eglise sur Pierre [super Te, mais super hanc petram], donc sur Pierre divinement qualifié selon un droit surnaturel. D’où nous devons conclure, que la défaillance de Pierre n’entraîne pas nécessairement la capacité d’être fondement, et le droit d’être considéré comme chef [tamquam virtus, glutinum quoddam sit jungens homini pontificatum], car l’évêque de Rome est le successeur de Pierre de droit divinDe droit divin il faut un successeur puisque la succession est une institution évangélique, une volonté explicite du Christ. Le droit de succession est par conséquent un droit divin. » (De divina institutione Pontificatus Romani Pontificis, 1521).

Notes.

 1. On lira du cardinal Cajetan, son « De Comparatione auctotitatis Papae et Concilii »(1511), « Apologia » (1512) et un opuscule qui étudie l’origine divine de la papauté le « De divina institutione Pontificatus Romani Pontificis » (1521). Mais il ne faut pas négliger son Commentaire de la Somme de théologie de saint Thomas, ses Commentaires de l’Écriture : In Quatuor Evangelia et Acta Apostolorum Commentarii, Nunc denuo recogniti, noti marginalibus, tum rerum, tum versiculorum, exornati, & duobus Indicibus, uno locorum S. Scripturae, altero Rerum & Verborum illustrati, Sumptibus Iacobi & Petri,  Prost, Lugduni (Lyon), 1639. Et l’important Discours sur l’Église au Ve concile de Latran, Oratio in secunda sessione Concilii Lateranen-sis, 17. Calen. Iunii 1512.

2. En effet si Vatican II n’est pas un concile infaillible c’est, tout simplement, qu’il a renoncé à l’exercice de son pouvoir ! Le Pape Jean XXIII le voulu ainsi. Cette surprenante décision, sans doute obscurément préparée et « inspirée » au Souverain Pontife, a été imposée à l’assemblée conciliaire, le 11 octobre 1962, dans son discours d’ouverture. Les Pères y apprirent qu’ils ne devraient pas y faire œuvre dogmatique, définir des vérités divines ni dénoncer les erreurs de ce temps, et surtout ne condamner personne. Or, ce sont précisément les caractéristiques nécessaires pour qu’il y ait acte infaillible du magistère extraordinaire. Cette décision de Jean XXIII a été de plus confirmée par son successeur, le Pape Paul VI, dans son discours d’ouverture de la seconde session. À la question : théologiquement, les Actes du concile sont-ils infaillibles ? il faut donc répondre : NON, parce que, contrairement à son droit, et semble-t-il à son devoir, le Concile en tant que tel n’a pas voulu et donc n’a pas pu exercer son pouvoir de juridiction sous la forme « solennelle et extraordinaire » propre à cette Instance suprême. Ses actes ne sont donc absolument pas garantis par l’assistance infaillible absolue du Saint-Esprit.

Sur ce sujet lire  notre étude :

Le concile Vatican II n’est pas dogmatique !

3. Les explications embrouillées de l’abbé Belmont, démontrent le caractère fantaisiste de son raisonnement. Mettant en avant trois raisons pour asseoir son opinion, il expose, par l’utilisation d’un syllogisme fautif, quoique classique dans la mécanique erronée des affirmations sédévacantistes :

 – « Le concile trouve son principe, son être, dans la présence du pape.

– Paul VI a manifesté dans des actes personnels cette absence d’autorité : promulgation d’une réforme liturgique gangrenée de protestantisme par exemple.

– Vatican II est à l’origine d’un raz de marée destructeur qui n’a rien épargné dans les structures de la sainte Église ; cela est incompatible avec l’assistance (ou la communication d’autorité) que Jésus-Christ confère au Pape, selon la parole de Pie XII : « le divin Rédempteur gouverne son Corps mystique visiblement et ordinairement par son vicaire sur la terre » (Mystici Corporis). »

Conclusion de l’abbé Belmont, qui croit « demeurer dans l’ordre théologal » par son affirmation, alors qu’il est en état de grave errance, tant sur le plan canonique que théologique :

– « Voilà pourquoi il ne peut y avoir, à l’absence d’une propriété essentielle comme l’infaillibilité d’un concile, d’autre raison que l’absence d’un vrai Pape », [soit pour le dire clairement : donc Jean XXIII et Paul VI n’étaient pas Papes].

Certes l’abbé Belmont a essayé de parer, maladroitement, les remarques d’impossibilité qui pouvaient lui être adressées face à sa méthode inductive. Il convient dans un premier temps, contraint et forcé : « Selon les règles de la logique, cette nécessaire remontée de la conclusion vers les prémisses est illégitime car l’inférence est issue de deux prémisses placées à parité. » Fort bien. Malheureusement ce bref éclair de lucidité est vite troublé par ce qui suit : « Mais en théologie, le syllogisme exposant le raisonnement est de nature principalement inductive : les deux prémisses (l’une de foi, l’autre de raison) ne peuvent être considérées à parité. Pour que celle qui est de raison soit placée dans la lumière dominante de celle qui est de foi, il faut que le choix du medium démonstratif soit validé (quant à la vérité et quant à l’adéquation) par la mise en place de la conclusion, par l’harmonie de cette conclusion avec l’ensemble du donné révélé, par l’analogie de la foi. »  C’est pourtant oublier tragiquement, même si l’abbé Belmont tente de justifier prudemment ses affirmations hasardeuses en s’excusant par avance par ces mots : « Ces quelques considérations ne sont qu’un maladroit résumé d’un aspect d’une étude lumineuse du R. P. Guérard des Lauriers », et comme le rappelle la 21e des thèses thomistes – thèses au nombre de 24 promulguées sous le pontificat de saint Pie X comme normæ directivæ tutæ afin de lutter contre le modernisme –  que « la volonté suit l’intelligence, ne la précède point », c’est-à-dire que le réalité perçue par le jugement d’existence, prime sur l’opinion ou la conviction. Or dans le cas qui nous occupe, l’éventuelle hérésie du Pape et la perte de son pontificat, la conviction de son hérésie précède la démonstration qu’il faudrait d’abord faire de cette dernière et du constat de la perte de sa charge par un acte quelconque exécuté par la Divine Providence, démonstration et constat évidemment absents et introuvables (qui peut sérieusement dire en effet à quel moment, de quelle manière et où exactement Jean XXIII, Paul VI et leurs successeurs, auraient-ils perdu leur charge Pontificale ?), ce qui corrompt radicalement et ruine de ce fait toute la suite du raisonnement, qu’on cherchait, vainement, à appuyer sur le Statut inductif de la théologie (RSPT 1941-1942, vol. 1, pp. 28-51) du R. P. Guérard des Lauriers. De la sorte, on ne saurait mieux faire la démonstration que dans ces lignes, d’un usage coupable du libre-examen d’essence luthérienne, en s’appuyant tranquillement sur son jugement personnel afin de déclarer, par l’effet d’une illusoire autorité, que les Papes ne sont plus Papes. On sourira donc de trouver ces propos sous la plume de l’abbé Belmont, s’agissant de l’excellent ouvrage de Pascal Bernardin Le crucifiement de saint Pierre (2009) : « l’auteur est prisonnier de la pseudo-théologie qui a cours dans la fraternité Saint-Pie-X…qui consiste à interpréter la théologie traditionnelle à la lumière des nécessités de la praxis », alors même que la faute principale de notre critique sédévacantiste, est précisément d’interpréter la doctrine traditionnelle du droit divin pontifical, à la lumière des nécessités de ses opinions privées.

Pour rappel :

LE SEDEVACANTISME EST UN PECHE MORTEL !

Le sédévacantisme est luthérien !

Le sédévacantisme est une hérésie !

 Le Conclave est infaillible !

 

REPONSE AU DEFI DE L’ABBE HERVE BELMONT

 

Suite à notre article : « L’absence de Pape est impossible ! », dans lequel nous avons réagi à une affirmation de M. l’abbé Belmont qui soutenait : «À Vatican II, dans la promulgation des actes (et aussi dans la conduite de l’assemblée) il manque un Pape, un vrai Pape », nous lui avons fait savoir dans le même temps, par une lettre directement adressée sur son blog, que nous trouvions sa position erronée et inexacte, et qu’il était impossible de proclamer publiquement, d’autant lorsqu’on est prêtre catholique, une telle idée contraire à la réalité. Nous lui avons donc présenté rapidement, en quelques paragraphes, pourquoi déclarer l’absence de Pape lors de Vatican II est une proposition qui est en contradiction avec la doctrine de l’Eglise, et en quoi elle rejoint la thèse de Luther ou de Huss à bien des égards, tant dans son énoncé que dans ses principes.

En retour, après plusieurs jours de silence, l’abbé Belmont nous a fait parvenir un message dans lequel il nous mettait au « défi » de trouver dans ses écrits le raisonnement luthérien que dont nous lui faisions reproche d’user dans son texte. Suite à ce message, nous avons donc tenu à relever ce défi, afin d’établir que ce raisonnement se trouve bel et bien dans les écrits de l’abbé Belmont, mais que de plus il ne se contente pas d’y être à titre positif, puisqu’il y joue un rôle permanent au sein de la logique qui le conduit à ne plus pleinement reconnaître les Papes depuis 1962.

 On trouvera ainsi dans cette « Réponse au défi de l’abbé Hervé Belmont » :

 1°) – Notre première lettre

 2°) – Le message de l’abbé Belmont

 3°) – Notre Réponse au défi de l’abbé Belmont

 

Fichier téléchargeable :

REPONSE AU DEFI DE L’ABBE HERVE BELMONT

 

 

Attendons que la lumière de la Tradition dissipe les ténèbres qui obscurcissent le ciel de la Rome éternelle

22 février 2018

A l’Automne 1974, Mgr Marcel Lefebvre (1905-1991) [1], ancien archevêque de Dakar, ancien Supérieur de la Congrégation du Saint-Esprit, fondateur de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X et du Séminaire international d’Écône (Suisse), lançait un cri d’alarme sur la situation de l’Église, ceci neuf ans seulement après la fin du Concile Vatican II, un cri qui provoqua de nombreuses réactions, bien au-delà du monde catholique. Ce cri admirable de courage et de vérité, n’a pas perdu de son actualité, bien au contraire, et nous croyons utile – notamment en cette période où règnent de nombreuses confusions à propos de l’Eglise, au sujet de sa nature et son indéfectible perpétuité, une Eglise qui ne peut être ni « éclipsée » (sic !), ni évidemment disparaître ou détruite en raison des promesses formelles de Jésus-Christ faites à Saint-Pierre (Matthieu XVI, 17-19) [2] -, de le rappeler, tant les termes de cette déclaration conservent leur pertinence et leur impérative nécessité pour la conservation de la Foi catholique.
ihs Frise

Déclaration de Mgr Lefebvre

« Nous adhérons de tout cœur, de toute notre âme à la Rome catholique, gardienne de la Foi catholique et des traditions nécessaires au maintien de cette foi, à la Rome éternelle, maîtresse de sagesse et de vérité.

Nous refusons par contre et avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante qui s’est manifestée clairement dans le concile Vatican II et après le concile dans toutes les réformes qui en sont issues.

Toutes ces réformes, en effet, ont contribué et contribuent encore à la démolition de l’Église, à la ruine du Sacerdoce, à l’anéantissement du Sacrifice et des Sacrements, à la disparition de la vie religieuse, à un enseignement naturaliste et teilhardien dans les Universités, les Séminaires, la catéchèse, enseignement issu du libéralisme et du protestantisme condamnés maintes fois par le magistère solennel de l’Église.

Aucune autorité, même la plus élevée dans la hiérarchie ne peut nous contraindre à abandonner ou à diminuer notre foi catholique clairement exprimée et professée par le magistère de l’Église depuis dix-neuf siècles.

« S’il arrivait, dit saint Paul, que nous-même ou un Ange venu du ciel vous enseigne autre chose que ce que je vous ai enseigné, qu’il soit anathème. » (Gal. 1:8)

N’est-ce par ce que nous répète le Saint-Père aujourd’hui ? Et si une certaine contradiction se manifestait dans ses paroles et ses actes ainsi que dans les actes des dicastères, alors nous choisissons ce qui a toujours été enseigné et nous faisons la sourde oreille aux nouveautés destructrices de l’Église.

On ne peut modifier profondément la « lex orandi » sans modifier la « lex credendi ». A messe nouvelle correspond catéchisme nouveau, sacerdoce nouveau, séminaires nouveaux, universités nouvelles, Église charismatique, pentecôtiste, toutes choses opposées à l’orthodoxie et au magistère de toujours.

Cette Réforme étant issue du libéralisme, du modernisme, est tout entière empoisonnée ; elle sort de l’hérésie et aboutit à l’hérésie, même si tous ses actes ne sont pas formellement hérétiques. Il est donc impossible à tout catholique conscient et fidèle d’adopter cette Réforme et de s’y soumettre de quelque manière que ce soit.

La seule attitude de fidélité à l’Église et à la doctrine catholique, pour notre salut, est le refus catégorique d’acceptation de la Réforme.

C’est pourquoi sans aucune rébellion, aucune amertume, aucun ressentiment nous poursuivons notre œuvre de formation sacerdotale sous l’étoile du magistère de toujours, persuadés que nous ne pouvons rendre un service plus grand à la Sainte Église Catholique, au Souverain Pontife et aux générations futures.

C’est pourquoi nous nous en tenons fermement à tout ce qui a été cru et pratiqué dans la foi, les mœurs, le culte, l’enseignement du catéchisme, la formation du prêtre, l’institution de l’Église, par l’Église de toujours et codifié dans les livres parus avant l’influence moderniste du concile en attendant que la vraie lumière de la Tradition dissipe les ténèbres qui obscurcissent le ciel de la Rome éternelle.

Ce faisant, avec la grâce de Dieu, le secours de la Vierge Marie, de saint Joseph, de saint Pie X, nous sommes convaincus de demeurer fidèles à l’Église Catholique et Romaine, à tous les successeurs de Pierre, et d’être les ‘‘fidèles dispensateurs des mystères de Notre Seigneur Jésus-Christ’’ dans le Saint-Esprit. Amen ». (Déclaration de Mgr Marcel Lefebvre, le 21 novembre 1974, in «Marcel Lefebvre, une vie», Mgr Bernard Tissier de Mallerais, Clovis, pp. 654- 655).

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Notes.
1. Mgr Marcel Lefebvre, né le 29 novembre 1905 à Tourcoing (Nord). fut Archevêque catholique de Dakar et délégué apostolique pour l’Afrique française, il devint, en 1962, évêque de Tulle puis Supérieur général de la Congrégation du Saint-Esprit. Grande figure de l’opposition au concile de Vatican II, il fonda en 1970 la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X dont la finalité est de préserver le sacerdoce catholique. Il quitta ce monde le 25 mars 1991 en la fête de l’Annonciation.
2. « Jésus, reprenant la parole, lui dit: Tu es heureux, Simon, fils de Jonas; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais c’est mon Père qui est dans les cieux. Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle. Je te donnerai les clefs du royaume des cieux: ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux.» (Matthieu XVI, 17-19).

Pour une contre-révolution religieuse !

16 février 2018

 

zaccaria

« La seule vérité capable de changer les âmes,

c’est  la  Vérité de l’Eglise et de la Révélation ! »

Le mouvement engendré en France, par la volonté du gouvernement socialiste de légaliser le mariage pour des personnes de même sexe, fut un signe qu’il restait encore en ce pays, malgré bien des renoncements, un fond de conscience à l’égard de ce que représente la civilisation fondée, constituée et édifiée sur des bases chrétiennes.

Le refus de la « marchandisation des corps », le rejet vigoureux de la dénaturation de l’institution par excellence donatrice de la vie qu’est le mariage, entouré de son aspect sacramentel, a montré que tout n’est pas perdu, fort heureusement.

Cependant, alors que la loi scélérate et impie a été adoptée par les deux assemblées et fut promulguée, s’est immédiatement posée la question de savoir que faire de cet élan généreux qui fit descendre une population nombreuse dans les rues pour crier son refus de la destruction de la civilisation chrétienne.

I. Intransigeance envers le mal

« Aucune raison si grave soit-elle,

ne peut faire que ce qui est contre-nature

devienne conforme à la nature et honnête ».

– Pie XI –

Tout d’abord, il est bon de rappeler ce qu’est, sur le plan moral, la position invariable de l’Eglise vis-à-vis de l’homosexualité, car  sa doctrine n’a pas pour vocation d’être perfectionnée ou modifiée par la « pratique »; la seule pratique concevable ne devant être que celle du Saint-Siège qui a pour devoir impératif de ne transmettre que ce qu’il a reçu de ses prédécesseurs, en luttant contre les erreurs du monde.

Ainsi Pie XI déclare :

« Aucune raison, assurément, si grave soit-elle, ne peut faire que ce qui est intrinsèquement contre-nature devienne conforme à la nature et honnête ». (Pie XI, Casti Connubii § II, 2).

 De son côté Pie XII affirme clairement :

« Aucune indication ou nécessité ne peut transformer une action intrinsèquement immorale en un acte moral et licite ». (Pie XII, Allocution aux sages-femmes, 29 octobre 1951).

Cette position se trouve en parfait accord avec la vision constante de l’Eglise qui, toujours, repoussa avec vigueur l’erreur et la désorientation, tant sur le plan moral que spirituel.

C’est ce que disait saint Pie X avec force :

« La doctrine catholique nous enseigne que le premier devoir de la charité n’est pas dans la tolérance des convictions erronées, quelques sincères qu’elles soient, ni dans l’indifférence théorique ou pratique pour l’erreur ou le vice où nous voyons plongés nos frèresmais dans le zèle pour leur amélioration intellectuelle et morale non moins que pour leur bien-être matériel. (…) il faut l’union des esprits dans la vérité, l’union des volontés dans la morale, l’union des cœurs dans l’amour de Dieu et de son Fils, Jésus-Christ. Or, cette union n’est réalisable que par la charité catholique.» (Saint Pie X, Encyclique Notre charge apostolique, 25, août 1907).

 

II. L’homosexualité est un péché, un vice et un crime moral

L’homosexualité est dégradante, impure,

violant l’ordre de la nature

et offensant Dieu lui-même, son ordonnateur.

« Aucune indication ou nécessité

ne peut transformer une action intrinsèquement immorale

en un acte moral et licite ».

(Pie XII, Allocution aux sages-femmes, 29 octobre 1951).

 

Sur ce point, ceci-dit en écho à la question du mariage homosexuel, inutile de chercher des faux-fuyants, l’homosexualité est clairement condamnée par l’Eglise, tant chez la femme que chez l’homme, l’idée fondamentale étant que l’union sexuelle humaine ne peut être dissociée de la possibilité de la procréation.

Le Code de droit canonique de l’Église catholique romaine promulgué par le pape Benoît XV en 1917, précise au canon n°2357. §. 1  :

«  Les laïcs légitimement condamnés pour des délits contre le sixième commandement, commis avec des mineurs de moins de seize ans, ou pour viol, sodomie, inceste, excitation à la prostitution, sont infâmes par le fait même, en plus des autres peines que l’Ordinaire jugera à propos de leur infliger ». Concernant les clercs, le code note au canon n° 2359. §.2 : « S’ils ont commis un délit contre le sixième commandement avec des mineurs de moins de seize ans, ou pratiqué adultère, viol, bestialité, sodomie, excitation à la prostitution ou inceste avec ses consanguins ou alliés au premier degré, ils doivent être suspendus, déclarés infâmes, privés de tout offices, bénéfice, dignité ou charge qu’ils pourraient avoir, et dans les cas les plus graves ils doivent être déposés ».

L’homosexualité est considérée comme dégradante, impure, violant l’ordre de la nature et offensant Dieu lui-même, son ordonnateur. Les docteurs chrétiens anciens utilisent de façon systématique l’épisode du livre de la Genèse mettant en scène la destruction des villes de Sodome et de Gomorrhe. Le péché de sodomie est donc tellement grave, qu’il a poussé Dieu à exercer, dès cette vie, son jugement, sa condamnation et son châtiment afin que les ruines visibles des deux villes conservent la mémoire de leurs péchés mortels et rappellent le sort que Dieu réserve à ceux qui offensent la nature humaine porteuse de la loi divine.

III. La lutte contre-révolutionnaire contre le libéralisme

« L’idéologie des Droits de l’Homme, le libéralisme,

n’est pas une hérésie ordinaire,

c’est l’hérésie propre, personnelle de Satan..»

– Pie IX –

Mais il faut voir, derrière les lois impies promulguées par des régimes nés des principes de la Révolution – et la République sur ce point est un exemple significatif – le visage d’un ennemi contre lequel l’homme lutte depuis toujours et qui n’est point nouveau. Car la République et son régime, provenant de l’idéologie révolutionnaire de 1789, est une une authentique « contre-religion », une machine de guerre antichrétienne, une entreprise vouée à la destruction des fondements spirituels de la société comme l’avait fort bien vu Joseph de Maistre (1753-1821).

L’idéologie qui préside à tout ce chaos infâme, issue de l’antique poison talmudiste, est le libéralisme athée véhiculant la doctrine satanique des « droits de l’homme », du triomphe de l’individualisme, du consumérisme, de la civilisation des loisirs et du plaisir sans frein, de l’anarchie et de la révolte, du mercantilisme, de la destruction et de la réduction marchande de la vie.

Voilà pourquoi le pape Pie IX a pu dire, que le libéralisme était « l’hérésie de Satan » :

« L’idéologie des Droits de l’Homme, le libéralisme, n’est pas une hérésie ordinaire, c’est l’hérésie propre, personnelle de Satan, puisqu’elle consiste, pour la créature, à usurper à son profit l’indépendance et la souveraineté qui n’appartiennent qu’à Dieu, de toute éternité, et dans l’ordre des temps à Notre Seigneur Jésus-Christ. (…) On voit par là en quoi le libéralisme moderne diffère de tout ce qui l’a précédé en fait de révolte et de péché. C’est le péché lui-même, le dernier terme et le plus haut degré du péché. Le libéralisme appelle “l’homme de péché”, il prépare les voies à l’Antéchrist. “Suivre le courant”, c’est à quoi se résument ces fameuses inventions et ces grandes fiertés du Libéralisme catholique. Le libéralisme “catholique” n’est autre chose, en effet, que l’esprit révolutionnaire cherchant à s’introduire dans l’Eglise elle-même.» (Pie IX, Déclaration du 18 juin 1871, Société de Saint-Augustin, Desclée De Brouwer et Cie, Paris 1899, p. 223)

IV. Forme et caractère de la contre-révolution

Maistre

Pour Joseph de Maistre,

la Révolution ne peut être  combattue

que par la mise en œuvre d’un principe inverse

La particularité de la Révolution, de l’esprit révolutionnaire qui ronge la  chrétienté depuis 1789, est d’être une force aveugle, sans tête, sans responsable identifiable ; cette Révolution destructrice de toutes les lois traditionnelles, ayant une haine totale de la religion, est dirigée invisiblement par une énergie secrète dont ses thuriféraires ignorent l’origine, et ne soupçonnent même pas la présence sous le signe des crimes qu’ils commettent. Cela est si vrai que les acteurs de la Révolution semblent être de simples marionnettes sans réelle influence sur le cours des choses, des pantins suspendus à des fils actionnés par des mains inconnues ; à propos de cet aspect des événements Joseph de Maistre écrit :

« La Révolution française mène les hommes plus que les hommes ne la mènent.(…) Plus on examine les personnages en apparence les plus actifs de la Révolution, et plus on trouve en eux quelque chose de passif et de mécanique. On ne saurait trop le répéter, ce ne sont point les hommes qui mènent la Révolution, c’est la Révolution qui emploie les hommes. On dit fort bien quand on dit qu’elle va toute seule. » (Considérations sur la France, ch. I.)

Joseph de Maistre restera de par son analyse, aux yeux de l’histoire et des générations futures, celui qui, en une phrase, a donné la définition la plus précise, la plus juste, la plus exacte de ce qu’est l’essence profonde de la contre-révolution, de sa perspective et son objet propre :

« Le rétablissement de la monarchie qu’on appelle « contre-révolution », ne sera point une « révolution contraire », mais le « contraire de la révolution ». » (Considération  sur la France, ch. X).

 Ainsi Joseph de Maistre comprend donc très bien que la Révolution ne peut être authentiquement combattue que par la mise en œuvre d’un principe inverse, d’une négation radicale des bases doctrinales du ferment corrupteur révolutionnaire. Maistre dit à l’évêque de Raguse en 1815 :

« Si la Révolution est de nature satanique, elle ne peut être véritablement finie, tuée, que par le principe contraire, qu’il faut simplement délier (c’est tout ce que l’homme peut faire) ; ensuite il agira tout seul. » (Lettres et Opuscules inédits du comte Joseph de Maistre, E. Vaton, Paris, 1873).

V. Engagement contre-révolutionnaire

Ainsi donc, bien sûr qu’il nous faut d’abord et avant tout « rechercher le royaume de Dieu et sa justice » (Matthieu VI, 31-33), en n’hésitant pas à consacrer nos vies à Dieu, en se comportant saintement, loin des illusions de ce monde, en préservant nos enfants et nos familles, en approfondissant la saine doctrine, en étant fidèles, pieux et inflexibles sur les principes, et pour d’autres, bénéficiaires d’un appel, à entrer dans les ordres, à s’engager dans le sacerdoce car l’Eglise a besoin de milliers de saints prêtres pour rétablir la foi.

Pour tout cela,  effectivement, il importe de risquer sans crainte aucune de nos vies pour la conversion de cette société ténébreuse en témoignant des vérités de l’Evangile.

Mais témoigner, jusqu’au martyr si nécessaire, des vérités de l’Evangile, c’est ne pas se tromper de combat, c’est ne pas s’épuiser et stériliser les énergies en des luttes vaines et périphériques pour favoriser – même si les sensibilités rendent plus proches les discours des candidats de fidélité nationale – l’élection d’un président d’un parti laïc et républicain, dont on sait d’ailleurs qu’il a fort peu de chances d’accéder un jour au pouvoir, et surtout qu’il ne possédera, comme tous les autres, aucune capacité à modifier la situation dramatique dans laquelle nous nous trouvons qui est d’origine spirituelle.

De ce fait l’unique nécessaire aujourd’hui, en notre temps de nihilisme actif, c’est le triomphe et la Gloire de Jésus-Christ !

La seule politique réellement contre-révolutionnaire

 est de nature religieuse

 

Conclusion

Ainsi, une chose est claire, il ne saurait y avoir, alors que l’ensemble des structures anciennes se sont effondrées, d’action possible qu’exclusivement religieuse, ceci impliquant que toutes les autres préoccupations (de niveau national, régional, social, économique, humain, moral, culturel, etc.), qui ne concernent pas directement le rayonnement de l’Eglise et le triomphe de la Croix, aussi légitimes soient-elles – et même nécessaires selon les circonstances si elles relèvent d’impératifs vitaux immédiats – ne présentent en réalité aujourd’hui que des objectifs périphériques et subordonnés par rapport au combat essentiel.

En effet, de par l’absolue suprématie du spirituel sur le temporel, le seul élément sacré véritable dont tout dépend du point de vue de l’avenir de la chrétienté, et qu’il faut défendre avec ferveur en concourant à en établir au plus vite le règne en une sorte de sainte croisade ou de « Reconquista» à l’échelle du continent, c’est la sainte religion chrétienne.

Voilà notre conviction profonde : La seule politique qui soit réellement contre-révolutionnaire à présent est de nature religieuse, car il n’y a plus de solution politique aux problèmes de la société contemporaine, qu’il convient au plus vite de convertir et de ramener aux lois séculaires de l’Eglise !

Dès lors, si nous sommes convaincus de ce qu’est le combat que nous devons livrer au service de la foi, et que nous savons que seule la Tradition peut rebâtir la société chrétienne, rappelons-nous que le seul le catholicisme romain est l’instrument, selon Joseph de Maistre, de réédification de la chrétienté !

Lire :

Le libéralisme est une hérésie !

Mercredi des cendres : entrée en Carême !

14 février 2018

MERCREDI DES CENDRES

Entrée en Carême

« Voici le temps favorable,
Voici le Jour du Salut ;
Venez, adorons le Seigneur. »

                Jésus appelle à la conversion. Cet appel est une partie essentielle de l’annonce du Royaume :

« Les temps sont accomplis et le Royaume de Dieu est tout proche ; repentez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle » (Mc 1,15).

Dans la prédication de l’Église cet appel s’adresse d’abord à ceux qui ne connaissent pas encore le Christ et son Évangile. Aussi, le Baptême est-il le lieu principal de la conversion première et fondamentale. C’est par la foi en la Bonne Nouvelle et par le Baptême (cf. Ac 2, 38) que l’on renonce au mal et qu’on acquiert le salut, c’est-à-dire la rémission de tous les péchés et le don de la vie nouvelle. Or, l’appel du Christ à la conversion continue à retentir dans la vie des chrétiens. Cette seconde conversion est une tâche ininterrompue pour toute l’Église qui « enferme des pécheurs dans son propre sein » et qui « est donc à la fois sainte et appelée à se purifier, et qui poursuit constamment son effort de pénitence et de renouvellement » (LG 8). Cet effort de conversion n’est pas seulement une œuvre humaine. Elle est le mouvement du « cœur contrit » (Ps 51, 19) attiré et mû par la grâce (cf. Jn 6, 44 ; 12, 32) à répondre à l’amour miséricordieux de Dieu qui nous a aimés le premier (cf. 1 Jn 4, 10). (…) La pénitence intérieure est une réorientation radicale de toute la vie, un retour, une conversion vers Dieu de tout notre cœur, une cessation du péché, une aversion du mal, avec une répugnance envers les mauvaises actions que nous avons commises. En même temps, elle comporte le désir et la résolution de changer de vie avec l’espérance de la miséricorde divine et la confiance en l’aide de sa grâce. Cette conversion du cœur est accompagnée d’une douleur et d’une tristesse salutaires que les Pères ont appelées animi cruciatus (affliction de l’esprit), compunctio cordis (repentir du cœur) (cf. Cc. Trente : DS 1677-1678 ; 1705 ; Catech. R. 2, 5, 4). Le cœur de l’homme est lourd et endurci. Il faut que Dieu donne à l’homme un cœur nouveau (cf. Ez 36, 26-27). La conversion est d’abord une œuvre de la grâce de Dieu qui fait revenir nos cœurs à lui : « Convertis-nous, Seigneur, et nous serons convertis » (Lm 5, 21). Dieu nous donne la force de commencer à nouveau. C’est en découvrant la grandeur de l’amour de Dieu que notre cœur est ébranlé par l’horreur et le poids du péché et qu’il commence à craindre d’offenser Dieu par le péché et d’être séparé de lui. Le cœur humain se convertit en regardant vers Celui que nos péchés ont transpercé (cf. Jn 19, 37 ; Za 12, 10) :

       « Ayons les yeux fixés sur le sang du Christ

et comprenons combien il est précieux à son Père car,

répandu pour notre salut,

il a ménagé au monde entier la grâce du repentir. »

(S. Clément de Rome, Cor. 7,4).

Le serment anti-moderniste de saint Pie X : Sacrorum antistitum

27 janvier 2018

Pie X   

« Les modernistes sont  les pires ennemis de l’Église,

et le modernisme  l’égout collecteur de toutes les hérésies. »

(S. Pie X, Motu proprio Praestantia, 1907).

 

   Le 1er septembre 1910 paraissait le motu proprio Sacrorum antistitum du pape saint Pie X sur les mesures pratiques contre le modernisme. Le 8 août de la même année était publié le décret Quam singulari sur l’âge de la première communion, suivi le 25 août de la lettre Notre charge apostolique condamnant les erreurs du Sillon. 

   Sacrorum antistitum reprenait les points principaux de l’encyclique Pascendi en s’opposant notamment à l’immanentisme et aux idées religieuses de Spinoza (1632-1677). Il fut durement critiqué par les libéraux jusqu’à sa suppression par Paul VI à l’époque du concile Vatican II.

La crise moderniste commence en fait au milieu du XIXe siècle, alors que le Syllabus (1864) et l’essai de Charles Darwin (1809-1882) – De l’origine des espèces au moyen de la sélection naturelle, ou la Préservation des races favorisées dans la lutte pour la vie (1859) -, ont reconfiguré l’ensemble de l’intelligentsia européenne. Elle se prolonge jusqu’au milieu du XXe siècle et affecte durablement cinq pays d’Europe occidentale : l’Allemagne, l’Angleterre, la Belgique, la France et l’Italie, tandis que le Canada francophone connaît à cet égard un sort spécifique.

  N’oublions pas que la lutte contre le modernisme a été le grand combat du XXe siècle. Dans « Le Paysan de la Garonne », Jacques Maritain (1882-1973), peu suspect d’intégrisme, écrivit pourtant que le modernisme du temps de saint Pie X fut un simple rhume des foins au regard des dévastations de l’après-Concile… Corollaire politique de cette condamnation pontificale, la Lettre sur le Sillon soulignait que la véritable civilisation ne peut exister sans la vraie religion.

Son actualité est frappante alors que la France entre de plus en plus dans la barbarie !

Voici le texte du serment anti-moderniste contenu dans le Motu proprio Sacrorum antistitum, promulgué le 1er septembre 1910 par le pape Saint Pie X, que devait prononcer tout clerc lors de son ordination ou encore avant d’accéder à une chaire d’enseignement ou à un office ecclésiastique, et qu’il serait indispensable de rétablir aujourd’hui.

EXTRAITS DU SERMENT ANTI-MODERNISTE DE S. PIE X

Moi, N…, j’embrasse et reçois fermement toutes et chacune des vérités qui ont été définies, affirmées et déclarées par le magistère infaillible de l’Eglise, principalement les chapitres de doctrine qui sont directement opposés aux erreurs de ce temps.

Et d’abord, je professe que Dieu, principe et fin de toutes choses, peut être certainement connu, et par conséquent aussi, démontré à la lumière naturelle de la raison « par ce qui a été fait » Rm 1,20 , c’est-à-dire par les œuvres visibles de la création, comme la cause par les effets.

Deuxièmement, j’admets et je reconnais les preuves extérieures de la Révélation, c’est-à-dire les faits divins, particulièrement les miracles et les prophéties comme des signes très certains de l’origine divine de la religion chrétienne et je tiens qu’ils sont tout à fait adaptés à l’intelligence de tous les temps et de tous les hommes, même ceux d’aujourd’hui.

Troisièmement, je crois aussi fermement que l’Eglise, gardienne et maîtresse de la Parole révélée, a été instituée immédiatement et directement par le Christ en personne, vrai et historique, lorsqu’il vivait parmi nous, et qu’elle a été bâtie sur Pierre, chef de la hiérarchie apostolique, et sur ses successeurs pour les siècles.

Quatrièmement, je reçois sincèrement la doctrine de la foi transmise des apôtres jusqu’à nous toujours dans le même sens et dans la même interprétation par les pères orthodoxes ; pour cette raison, je rejette absolument l’invention hérétique de l’évolution des dogmes, qui passeraient d’un sens à l’autre, différent de celui que l’Eglise a d’abord professé. Je condamne également toute erreur qui substitue au dépôt divin révélé, confié à l’Epouse du Christ, pour qu’elle garde fidèlement, une invention philosophique ou une création de la conscience humaine, formée peu à peu par l’effort humain et qu’un progrès indéfini perfectionnerait à l’avenir.

Cinquièmement, je tiens très certainement et professe sincèrement que la foi n’est pas un sentiment religieux aveugle qui émerge des ténèbres du subconscient sous la pression du cœur et l’inclination de la volonté moralement informée, mais qu’elle est un véritable assentiment de l’intelligence à la vérité reçue du dehors, de l’écoute, par lequel nous croyons vrai, à cause de l’autorité de Dieu souverainement véridique, ce qui a été dit, attesté et révélé par le Dieu personnel, notre Créateur et notre Seigneur.

[…]

Enfin, je garde très fermement et je garderai jusqu’à mon dernier soupir la foi des Pères sur le charisme certain de la vérité qui est, qui a été et qui sera toujours « dans la succession de l’épiscopat depuis les apôtres », non pas pour qu’on tienne ce qu’il semble meilleur et plus adapté à la culture de chaque âge de pouvoir tenir, mais pour que « jamais on ne croie autre chose, ni qu’on ne comprenne autrement la vérité absolue et immuable prêchée depuis le commencement par les apôtres.

Toutes ces choses, je promets de les observer fidèlement, entièrement et sincèrement, et de les garder inviolablement, sans jamais m’en écarter ni en enseignant ni de quelque manière que ce soit dans ma parole et dans mes écrits.

J’en fais le serment ; je le jure.

Qu’ainsi Dieu me soit en aide et ces saints Evangiles.

Lire pour un développement plus complet du sujet :

LE SERMENT ANTIMODERNISTE DE SAINT PIE 

OU LE VENIN SPÉCULATIF DE L’HÉRÉSIE MODERNE

FACE ALA DOCTRINE SACRÉE DE L’ÉGLISE

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