Aller au contenu principal

Le Pape est de droit divin !

16 mai 2018

 Pape droit divin.jpg

« Le pontife Romain, s’il a été canoniquement élu,

est fait saint, de manière indubitable. »

– Grégoire VII

 

Il était grand temps que soit enfin établie une lumière complète au sujet de l’essence de la Papauté, de sorte que puissent enfin être connus les principes qui président réellement à l’institution pontificale et d’en finir avec de nombreuses divagations à son sujet. Nous avons essayé d’éclairer dans notre texte : Le Conclave est infaillible, constatant la profonde ignorance qui régnait sur cette question,  les éléments dogmatiques fondamentaux de cette doctrine centrale de l’Eglise sur laquelle repose la Sainte Institution fondée par Jésus-Christ : le droit divin du Pape.

Mais il fallait que soit enfin mis à disposition un texte développé, offrant une connaissance large et la plus complète possible de la doctrine du droit divin du Pape, de manière à fournir à tous ceux qui s’interrogent légitimement sur la nature de l’Eglise, son ordre hiérarchique et son autorité, une compréhension capable de résoudre et balayer bien des difficultés qui surgissent depuis ces dernières années, notamment après le concile Vatican II. Voilà qui est chose faite, par la publication d’une analyse extrêmement importante de La Question, portant précisément sur les bases de la monarchie pontificale.

« L’origine du pouvoir pontifical vient directement de Dieu »

 

L’origine du pouvoir pontifical, beaucoup l’oublient, vient directement de Dieu qui a donné au Pape la souveraineté universelle, la suprême puissance non seulement dans l’ordre spirituel, mais encore dans l’ordre temporel, soumettant les princes de ce monde à l’autorité de celui qui est le Vicaire de Jésus-Christ, Roi spirituel et successeur de saint Pierre, faisant de l’Eglise une vraie et pure monarchie d’origine divine. Si l’on ne se contente pas d’une ecclésiologie étroitement limitée au droit canonique disciplinaire, mais que l’on examine véritablement, et avec une attention exigeante, la nature du principe de la souveraineté pontificale, on est alors capable de percevoir en quoi l’Eglise tout entière est fondée, constituée, édifiée sur le « droit divin » du Pape, droit devant lequel tous les autres droits, sans exception aucune, et notamment le droit disciplinaire, s’effacent absolument.

 

Pour accéder à la suite du texte :

LA PAPAUTE DE DROIT DIVIN

Fête de Sainte Jeanne d’Arc

12 mai 2018

Jeanne d'Arc

« Dieu, qui avez donné à Jeanne de Domremy

d’être vaillante aux humbles travaux du ménage et des champs

et généreusement fidèle à tous vos appels, accordez-nous, par son intercession,

d’accomplir avec foi tous les devoirs de notre état

et de vous servir si courageusement dans nos besognes

de la terre que nous méritions d’avoir part,

avec Jeanne et tous les Saints de France,

au royaume du Ciel. Par Jésus-Christ Notre-Seigneur. »

AVE MARIA

Sainte Jeanne de Domremy Priez pour nous.

(50 jours d’indulgence)

21 juin 1941

Emile Blanchet, Evêque de Saint-Dié.

Sceau Jeanne d'Arc

Historique de la Fête de Sainte Jeanne d’Arc

Le « droit divin » de l’Église catholique vient de Jésus-Christ

10 avril 2018

SAN_FRANCISCO_MAIN_ALTAR_05

Droit Divin Tiare

C’est par le « droit divin »,

que Jésus a confié à Pierre la garde de son Eglise (Matthieu XVI, 16).

L’une des plus graves erreurs contemporaines, erreur si caractéristique de notre siècle dans lequel triomphent l’individualisme et le subjectivisme d’essence luthérienne, est, sans conteste aucun, l’hérésie schismatique connue sous le nom de « sédévacantisme », qui substitue aux critères catholiques du « droit divin » les fausses lumières impies du raisonnement privé, conférant qui plus est à ces lumières erronées surgies de l’intelligence personnelle incompétente en des matières touchant à l’infaillibilité, un pouvoir juridictionnel, une autorité délibérative et une puissance exécutoire aboutissant à ne plus reconnaître le pape et en faire profession publique en qualifiant les pontifes romains « d’antipapes » ou « d’usurpateurs », ceci au mépris de toutes les lois disciplinaires canoniques traditionnelles de l’Eglise catholique.

Pourtant, c’est oublier que l’Eglise a été fondée sur un « droit » surnaturel : le « droit divin » – qui n’est pas « une entité purement juridique dénuée de fondement, située au-delà de la foi et de la vérité » (sic), comme on peut le lire sous la plume de certains hérésiarques schismatiques sectaires singulièrement égarés, car c’est par ce « droit divin », et par nul autre pouvoir, que Jésus a confié à Pierre la garde de son Eglise (Matthieu XVI, 16).

I. Le « droit divin » est institué par le Christ

Et si c’est en vertu d’un « droit divin » que le Christ a confié à Pierre et ses successeurs les clés de son Eglise, c’est donc par ce « droit divin » que se conserve la vie de l’Eglise, en la personne physique, matérielle, et de façon « perpétuelle » – et non sur un principe abstrait qui pourrait ne plus avoir de visibilité concrète au motif, aussi absurde que blasphématoire, d’une prétendue « éclipse de l’Eglise » (sic) -, des pontifes romains, comme le déclare explicitement la Constitution dogmatique du concile Vatican I :

« Si donc quelqu’un dit que ce n’est pas par l’institution du Christ ou de droit divin (iure divino), que le bienheureux Pierre a des successeurs perpétuels (perpetuos successores) dans sa primauté sur l’Église universelle, ou que le Pontife romain n’est pas le successeur du bienheureux Pierre en cette primauté, qu’il soit anathème. »  (Constitutio dogmatica Pastor Aeternus § 2. De perpetuitate primatus beati Petri in Romanis Pontificibus, Vatican I, 1870).

Ceci explique pourquoi, par « l’institution du Christ » et non sous l’effet d’une dialectique « volontariste » (sic !) -, tout est soumis au « droit divin » dans l’Eglise, les hommes, les sacrements, les institutions, la hiérarchie,  l’élection pontificale elle-même, et, en premier lieu bien évidemment, la personne du pape, ceci signifiant que toute expression de la Foi de l’Eglise dépend, est codifiée, régie, gouvernée, encadrée et soutenue par le « droit divin », dans la mesure où ce « droit divin » est, en effet, la source ontologique, spirituelle, transcendante et révélée de la légitimité de la sainte société instituée par Jésus-Christ, et que nul ne peut, sous peine de péché grave et attitude schismatique profondément hérétique tombant sous les coups de l’anathème de la Constitution dogmatique de Vatican I Pastor Aeternus, du haut d’un imaginaire tribunal individuel en s’appuyant sur une logique sophistique empoisonnée, s’y soustraire ou ne pas en respecter les saintes règles, sauf à contredire volontairement et coupablement le principe sacré d’autorité institué par Jésus-Christ :

« Le Pontife romain légitimement élu, obtient de droit divin, immédiatement après son élection, le plein pouvoir de souveraine juridiction. » (Can. 219).

Droit Divin - Saint Pierre

« Le droit divin de la primauté apostolique place le Pontife romain au-dessus de toute l’Église (…) Le jugement du Siège apostolique, auquel aucune autorité n’est supérieure, ne doit être remis en question par personne, et personne n’a le droit de juger ses décisions. » (Pastor Aeternus, Vatican I, 4e session, 18 juillet 1870).

II. Le pontife romain est au-dessus de tout tribunal humain

Ainsi, ce qu’il est interdit de juger pour un fidèle, c’est la réalité, ou non, de la validité de la charge pontificale. Il est impossible pour un simple membre de l’Eglise, comme pour un membre éminent, de décider de qui est pape ou ne l’est pas du moment qu’un élu a été désigné pour régner sur l’Eglise par le Conclave. S’il y a eu désignation dans les règles d’un pontife, suivie de l’acte de «reconnaissance universelle » (cf. Cardinal L. Billot, De Ecclesio, t. XXIX, § 3, p. 621), ce dernier est pape infailliblement, nul ne peut plus lui contester l’effective réalité de sa charge en raison du droit divin attaché à l’élection lors du Conclave.

Entrer ensuite dans des interrogations portant sur la nature d’un « enseignement » dispensé par le Magistère – on retiendra d’ailleurs que la note de l’infaillibilité à propos des actes du Magistère Authentique, n’est pas mécanique, mais « conditionnelle », c’est-à-dire qu’elle est « conditionnée » en fonction de « la fidélité de l’enseignement proposé au dépôt de la foi » [1] -, qui comporte, depuis Vatican II, d’évidentes erreurs sur la discipline, la liturgie, les moeurs, la doctrine, etc., pour en conclure que l’Eglise n’est plus l’Eglise et que les papes ne sont plus papes, c’est outrepasser très largement ce qu’il est admis dans les capacités dont dispose un simple fidèle catholique.

Dans un tel cas, si l’erreur est enseignée par un pontife, et les encycliques pontificales depuis Vatican II en contiennent de nombreuses, il convient d’attendre que Jésus-Christ, qui est le Seul à avoir autorité sur le pape, décide de lui retirer sa charge. S’il ne le fait pas, si le pape demeure dans la chaire de Saint-Pierre, alors il faut le reconnaître comme pontife de l’Eglise.

III. Il n’y a pas de coïncidence définitive entre « Magistère ordinaire » et « Magistère infaillible »

Il importe ainsi d’insister sur le fait qu’un enseignement du Pape, ou d’un Concile, n’entraîne pas ipso facto une obéissance inconditionnelle : « celle-ci dépend et est proportionnée à l’intention avec laquelle le Magistère entend engager son autorité. » (I. Salaverri, Sacrae Theologiae Summa, cit., t.I, tr. III, I.II, § 637, p. 578). C’est ce que confirme le cardinal Journet : « Le degré avec lequel le Magistère s’exprime dépend donc encore une fois de la volonté, de l’intention du Pape et des Évêques unis à lui. Il n’y a pas de coïncidence définitive entre Magistère extraordinaire et Magistère infaillible. » (Cf. C. Journet, L’Église du Verbe Incarné, p. 531).

Si donc il n’y a pas coïncidence constante et définitive – ceci signifiant qu’il n’y a pas de caractère d’automaticité à l’infaillibilité, qui ne s’exerce pas  « univoquement » (sic), par l’effet d’un mode passif d’infusion du « droit divin », mais qui exige, pour son exercice, le préalable de la « volonté » comme il en va de tout acte en ce monde créé soumis aux lois des causes secondes, sachant que le Magistère ne dispose pas d’un pouvoir surnaturel agissant en vertu d’un « d’un Droit Divin identique à celui du Christ » (sic), ce qui sous-entendrait une « communication immédiate des substances » avec Dieu (proposition qui relève de l’hérésie immanentiste condamnée par saint Pie X dans l’encyclique Pascendi Dominici Gregis, § 21, § 22, § 23, 1907) -, cela veut ainsi dire qu’il peut y avoir des cas, certes exceptionnels, et Vatican II en est un, où un acte du Magistère ordinaire authentique ne possède pas la note de l’infaillibilité.

A cet égard, puisque telle fut la volonté de ses promoteurs (Jean XXIII et Paul VI), Vatican II fut un acte du Magistère authentique non infaillible, guidé, de surcroît, par des évêques non éminents « amore et studio doctrinae ab Apostolis traditae ac pari detestatione mnis novitatis » (Franzlin, De Divina Traditione, thèse IX), car « si viennent à manquer l’amour et la fidélité envers l’ancien, l’Esprit de Vérité empêche, par une assistance purement négative, qu’une définition erronée ne soit proclamée par le Magistère infaillible ». (Cf. D.T.C., t. VI, col. 162).

De ce fait, nul n’est contraint d’accepter l’erreur ; et discuter d’un enseignement est parfaitement conforme à la doctrine catholique, saint Thomas d’Aquin nous indiquant que, dans des situations extrêmes, il est même licite de s’opposer publiquement à une décision de l’autorité (Somme théologique, IIa IIae, Qu. 33, article 4, ad2).

Saint Robert Bellarmin (1542-1621), de son côté, va jusqu’à affirmer qu’il convient de résister au pontife qui attaque les âmes, détruit l’ordre et tente de « détruire l’Eglise » (sic !) :

Saint_Robert_Bellarmin

« Tout comme il est licite de résister à un Pontife qui attaque le corps, il est tout aussi licite de résister au Pontife qui attaque les âmes ou détruit l’ordre civil ou, à plus forte raison, essaie de détruire l’Église. Je dis qu’il est licite de lui résister en ne faisant pas ce qu’il ordonne de faire et en empêchant l’exécution de sa volonté. » La suite du texte est essentielle : Il n’est pas licite, cependant, de le juger, de le punir, ou de le déposer, parce que ce sont là des actes relevant d’un supérieur. » (De Romano Pontifice, Lib. II, c.29).

Le jugement de Dom Guéranger (1805-1875) est, de même, sans appel concernant le devoir de résistance à l’erreur :

Dom Guéranger

« Quand le pasteur se change en loup, c’est au troupeau de se défendre tout d’abord (…) Les trahisons pareilles à celle de Nestorius sont rares dans l’Église; mais il peut arriver que des pasteurs restent silencieux, pour une cause ou pour l’autre, en certaines circonstances ou la religion même serait engagée. Les vrais fidèles sont les hommes qui puisent dans leur seul baptême, en de telles conjonctures, l’inspiration d’une ligne de conduite; non les pusillanimes qui, sous le prétexte spécieux de la soumission aux pouvoirs établis, attendent pour courir à l’ennemi, ou s’opposer a ses entreprises, un programme qui n’est pas nécessaire et qu’on ne doit point leur donner. » (L’Année Liturgique, Le Temps de la Septuagésime, Vol. 4, fête de St. Cyrille d’Alexandrie).

IV. Il est totalement impossible que l’Eglise demeure sans pape

Mais il ne faut pas tout mélanger, à savoir : 1°) le jugement doctrinal à propos d’un enseignement non conforme à la tradition, et 2°) le jugement à propos du pape. Ce n’est pas du tout la même chose, et cette confusion terriblement perverse, démontre la gravité de l’actuelle confusion schismatique !

Car ce qui est totalement impossible, enseignement contestable ou non, c’est que l’Eglise demeure sans pape :

«L’Eglise est constituée de telle manière qu’elle a toujours à sa tête et dans sa chaire immuables ses pontifes légitimes, qui remontent sans interruption jusqu’à Pierre. Où est Pierre, là est l’Eglise. » (Cardinal Gousset, Théologie dogmatique, 1866).

Et ce qui est, plus encore, absolument impossible, de foi divine et de droit divin, c’est qu’un membre de l’Eglise catholique juge de qui est pape où ne l’est pas. Ce jugement est INTERDIT à n’importe qui et à quiconque, car c’est le Christ uniquement qui a le pouvoir de retirer son pontificat à l’occupant du Saint-Siège, puisque ce dernier n’est jugé par personne en ce monde : « Le Siège suprême n’est jugé par personne. » (can. 1556). Dès lors, en l’absence de cette action de Jésus-Christ, les fidèles de l’Eglise – sans aucune distinction relative à leur position hiérarchique,  clercs ou laïcs – sont dans l’obligation disciplinaire, formelle et impérative, de reconnaître pour vrai et légitime Pontife celui qui a été désigné par le Conclave, et ceci tant que le Christ le maintient sur le trône de Saint-Pierre.

Telle est la doctrine catholique depuis toujours et pour toujours ; tout le reste, même paré, en un triste théâtre liturgique parodique, de dentelles, latin, encens et chasubles, c’est du vulgaire, odieux et très grossier Protestantisme !


Ornate Papal Horse Carriage - Angels and Tiara

Il est impossible pour un simple membre de l’Eglise,

 de décider de qui est pape ou ne l’est pas,

du moment qu’un élu a été désigné pour régner sur l’Eglise par le Conclave.

V. Le Saint-Siège n’est jugé par personne, car la papauté, telle que Jésus-Christ la conserve, n’est pas une institution humaine

Le point que nous venons d’aborder est très important, personne, absolument personne en ce monde ne peut réaliser un jugement du Siège suprême, ni encore moins affirmer la déposition de celui qui l’occupe :

 « le Siège suprême n’est jugé par personne » (can. 1556).

Ceci étant confirmé par le dictionnaire de droit canonique :

« Il ne peut être question de jugement et de déposition d’un pape dans le sens propre et strict des mots. Le vicaire de Jésus-Christ n’est soumis à aucune juridiction humaine. Son juge direct et immédiat est Dieu seul. » (R. Naz, Dict. de Droit Canonique, t. IV, col. 1159). »

Cette conception s’appuie sur l’ensemble des docteurs et théologiens qui étudièrent ce sujet et les déclarations pontificales qui arrêtèrent l’enseignement du Magistère à son égard (Grégoire VII, Innocent III, Boniface VIII, Pie VI, Léon XIII, Pie XI, Pie XII, pour n’évoquer que les principaux pontifes qui écrivirent sur le droit divin), déclarations ne pouvant faire l’objet d’aucune contestation, sauf évidemment pour un esprit troublé par le venin de l’idéologie sédévacantiste dont les vues sectaires éloignent tragiquement de l’authentique vérité catholique. [2]

Mgr Sauvé, dans Le Pape, Son Autorité suprême – Son Magistère infaillible, explique ce qui gêne tant et contredit radicalement les thèses sédévacantistes :

0-PETERSCHAIRSCULPTURE

« La papauté, telle que Dieu a voulu qu’elle soit, et telle qu’il la conserve en fait, n’est pas une institution humaine, abandonnée à ses propres caprices et pouvant faire tout ce qui lui plaît, sans règle aucune, sans limites de quelque nature qu’elles soient. (…) Le droit divin, naturel ou positif, dont la papauté est la gardienne et l’interprète légitime [la dirige] (…) le collège des cardinaux qui, suivant la belle et juste pensée de Sixte V, représentent les personnes des apôtres, « quand ils prêtaient leur ministère au Christ Sauveur prêchant le royaume de Dieu et opérant le mystère du salut de l’homme » (In Uonsf. Poslquam verum) et qui, après l’Ascension de Jésus-Christ, assistaient Pierre dans son office de Pasteur universel de l’Eglise. » (Mgr Sauvé, Le Pape et le concile du Vatican, 1890, pp. 426-430).

D’ailleurs saint Thomas d’Aquin, depuis longtemps, a répondu aux thèses véhiculées à la suite de tous les hérésiarques qui forment l’immense cohorte des sources infectées du poison schismatique. Qu’est-ce que le « droit divin » exactement ? Saint Thomas nous répond : « On parle de droit divin à propos de ce qui est promulgué par Dieu, et ce peut être soit ce qui est naturellement juste, mais dont la justice échappe à l’homme, soit ce qui devient juste par décret divin.» (Somme théologique, II, II, q. 57, a. 2, ad 3). Le droit divin se confondant intrinsèquement, ontologiquement avec la Loi éternelle, puisque  le divin Rédempteur avec son Corps social [l’Eglise] constitue une seule personne mystique (….) sublime unité qui fait que le Fils est dans le Père et le Père dans le Fils », ceci nous permet donc de comprendre ce que dit solennellement saint Augustin : « La loi éternelle est la raison divine ou la volonté de Dieu.»  (St. Augustin, Contra Faustum, Liv. XXII, ch. XXVII)

La conception thomiste insiste ainsi sur la primauté fondatrice du droit divin dans l’Eglise, établissant son lien avec la Loi éternelle. La valeur ontologique qui fonde l’Eglise, ne dépend pas de ce fait de ce que les fidèles croient ou ne croient pas, elle est d’essence surnaturelle puisque provenant directement de Jésus-Christ. Et cette valeur est une essence donnée, conférée éternellement.

VI. Les sédévacantistes sont les héritiers de tous les hérésiarques schismatiques qui sont sortis de l’Eglise depuis vingt siècles !

Chacun peut faire fonctionner ses petits jugements personnels en for interne, pour regarder le Vatican comme étranger à la Foi catholique depuis le dernier concile, il n’en reste pas moins que Rome reste le Siège de l’Eglise du Christ !

le-gros-pierre-le-jeune-la-religion-terrassant-lheresie-gesu-rome

Les actuels schismatiques sédévacantistes,

héritiers des hérésiarques schismatiques

viennent grossir la longue liste des âmes perdues

et retranchées du Corps mystique du Christ.

Encore une fois, redisons-le, il est impossible d’utiliser des analyses « privées » pour leur conférer une valeur décisionnelle ayant force d’autorité pour tout ce qui concerne le pape et l’Eglise. Agir comme le fait le courant sédévacantiste n’est, ni plus ni moins, que l’emploi du raisonnement individuel pour juger d’un fait surnaturel. C’est typiquement l’attitude de Martin Luther et de tous les hérésiarques schismatiques qui sont sortis de l’Eglise depuis vingt siècles, dont les actuels schismatiques viennent grossir la longue liste des âmes perdues et retranchées du Corps mystique du Christ.

Pie XII lors d’une allocution le 2 octobre 1945 déclarait,  de sorte de prévenir d’ailleurs les erreurs subjectives surgissant des ténébreuses illusions de l’esprit moderne enivré de ses lumières individuelles :

«La fondation de l’Église comme société s’est effectuée, contrairement à la formation de l’État, non de bas en haut, mais de haut en bas », déclaration à laquelle se rattache comme ontologiquement et substantiellement la révélation du Christ à ses disciples : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis.» (Jean XV, 16). Que, parmi vous, il n’y ait pas de place pour l’orgueil du “libre examen” qui relève de la mentalité hétérodoxe plus que de l’esprit catholique et selon lequel les individus n’hésitent pas à peser au poids de leur jugement propre même ce qui vient du Siège Apostolique.» (Pie XII, Vosomnes, 10. IX. 1957).

Que ceux qui veulent rester catholiques conservent ceci en mémoire, s’ils aspirent, du moins, au salut de leur âme :

adcc1-pius12

« C’est pourquoi nul ne sera sauvé si, sachant que l’Eglise a été divinement instituée par le Christ, il n’accepte pas cependant de se soumettre à l’Eglise ou refuse l’obéissance au Pontife romain, Vicaire du Christ sur terre. » (Pie XII, Lettre du Saint-Office à l’Evêque de Boston, DS 3867).

VII. Le « droit divin » se confond avec la « Loi éternelle »

Le « droit divin » n’est donc pas la création de notre part d’une « idée irrationnelle » plaquant sur une institution étrangère, une conception idéalisée, comme si l’Eglise, par l’effet du dernier concile, avait cessé d’être la divine institution fondée par Jésus-Christ. Pour que la divine institution fondée par Jésus-Christ devinsse une institution «anticatholique», il aurait fallu que les puissances démoniaques triomphassent de l’Epouse du Christ, ce qui ne se peut !

Et cela ne se peut en raison d’une loi divine formelle :

0118clefs3

« Ego dico tibi quia tu es Petrus, et super hanc petram aedificabo ecclesiam meam, et portae inferi non praevalebunt adversum eam. » (Matthieu XVI, 18-19).

Est-ce à dire que Notre Seigneur serait un menteur ?!

C’est pourtant bien ce qu’implique, implicitement et explicitement, la position sédévacantiste impie !

Le  Christ ne pouvant s’être trompé, ni nous tromper, le « droit divin » régissant l’institution qu’il a fondée, conserve donc entièrement son autorité sur l’Eglise qui ne peut cesser d’être ce que le Christ voulut qu’elle soit.

Dès lors le droit, qui est en effet un « droit divin », s’impose et tous doivent s’y soumettre car ce « droit divin », est un droit explicite et impératif, qui s’applique à la vie de toute l’Eglise, impliquant des lois contraignantes auxquelles on ne peut refuser d’obéir, ceci expliquant pourquoi tombent, uns à uns et sont dispersés comme la vulgaire poussière par le vent, tous les arguments schismatiques fallacieux et mensongers.

Conclusion

Qu’un puissant courant moderniste se soit infiltré lors du concile de Vatican II, ce que nul ne conteste, introduisant des thèses étrangères à la doctrine éternelle de l’Eglise, ne signifie en rien que la dogmatique fondamentale ait été changée et encore moins que l’institution pontificale soit abolie, ni abandonnée par Jésus-Christ. De ce fait le rôle de tous les membres de l’Eglise est d’œuvrer à la défense de la papauté et de la Tradition séculaire dans l’Eglise, qui reste une institution divine de par la foi du « Credo ».

Fuir l’Eglise, en la désignant comme la « prostituée de l’Apocalypse », assimile donc les discours des micro-chapelles sédévacantistes aux pires groupuscules réformés du type Témoins de Jéhovah, dont ils partagent les mêmes vues apocalyptiques !

Pour demeurer catholiques, soyons donc attentifs à ce qu’écrit Léon XIII  :

Leon-XIII-

« l’Eglise est telle par la volonté et par l’ordre de Dieu, elle doit rester telle sans aucune interruption jusqu’à la fin des temps, sans quoi elle n’aurait évidemment pas été fondée pour toujours, et la fin même à laquelle elle tend serait limitée à un certain terme dans le temps et dans l’espace. » (Léon XIII, Satis Cognitum).

Effectivement, non fondée pour un temps limité l’Eglise est préparée pour l’éternité, elle est amenée à traverser des périodes difficiles, ce qui est déjà advenu de nombreuses fois dans l’Histoire, car elle est à la fois humaine et divine, mais Jésus-Christ ne permettra jamais qu’elle soit abattue et vaincue, car il en a fait la promesse formelle à Saint Pierre. [3]

Si on ne croit pas fermement à cette vérité on n’est plus catholique. Telle est la vérité !

IHS_Vita

 Notes.

1.  « L’Eglise en effet, alors qu’elle exige pour le Magistère infaillible un assentiment ferme, irrévocable, inconditionnel : « demande pour le Magistère authentique un assentiment relatif et conditionné : conditionné, surtout, par la fidélité de l’enseignement proposé au dépôt de la foi » (Salaverri, s.j., De Ecclesia Christi in Sacrae Theologiae Summa, liv. II, p. 658).

2. « Le Pasteur éternel et l’évêque de nos âmes (I Pierre II, 25), afin de rendre perpétuelle l’œuvre salutaire de sa rédemption, résolut d’édifier la Sainte Église en laquelle, comme dans la maison du Dieu vivant, tous les fidèles seraient unis par le lien d’une même foi et d’une même charité… De même donc qu’il a envoyé les Apôtres qu’il s’était choisi dans le monde (Jn XV, 19), comme Lui-même avait été envoyé par le Père (Jn XX, 21), de même il a voulu des pasteurs et des docteurs dans son Église « jusqu’à la consommation des siècles » (Matth. XXVIII, 20). »(Pie IX, Pastor Aeternus, 1870).

3. C’est ce que rappelle Romano Amerio : « L’Eglise possédera toujours les moyens de grâce, les clefs du royaume des cieux et avec cela, elle restera l’unique dépositaire du salut ; mais le pouvoir des clefs ne dépendra pas de la fidélité personnelle de celui qui sera amené à l’exercer. Ce qui veut dire que les hommes d’Eglise, même le premier d’entre eux, lorsqu’ils auront à exercer leur autorité, pourront ne pas toujours être à la hauteur de la foi et de la grâce qu’il doivent transmettre. Mais pour autant l’Eglise ne sera menacée ni dans son existence, ni dans sa sainteté.» (Romano Amerio, Iota unum, chapitre VI, § 58).

Lire :

papal Divider - Roman Catholic

 La Papauté de droit divin

La Monarchie pontificale et la Royauté éternelle

Qu’est-ce que l’intégrisme catholique ?

3 avril 2018

« Lintégrisme, c’est le nom donné à l’intransigeantisme,

par les catholiques qui cherchent une réforme de l’Église,

 refusant l’erreur moderniste

 qui s’est imposée et a acquis un statut de vérité. »

La revue gauchiste Golias, dont on connaît les positions haineuses à l’égard de la Tradition catholique, dans son numéro d’avril 2010, était une fois encore revenue sur ce qu’est, d’après elle, l’intégrisme catholique, présenté selon une méthode contestable et dont il est inutile de dire combien le caractère idéologique la rend incapable de saisir l’essence de ce courant d’exigence au sein de l’Eglise, thèse fallacieuse reproduite à l’identique dans les différents organes de la presse conciliaire depuis plusieurs décennies.

Golias écrivait : « Un jeune historien, proche de cette mouvance, en donne la définition suivante : « L’intégrisme, c’est le nom donné après 1945 à l’intransigeantisme et à l’intégralisme français se voulant d’obédience romaine, par les catholiques qui cherchent une réforme de l’Église, et refusé par ceux à qui il est appliqué, mais qui s’est imposée et a acquis un statut de vérité. » On préférera l’approche, plus neutre, d’Étienne Fouilloux : « La réaction antimoderniste de la première décennie du siècle constitue l’acte de naissance de l’intégrisme. » Faute d’une définition rigoureuse, l’intégrisme apparaît comme un phénomène réactionnaire – au sens strict -, menant une lutte sur deux fronts : contre la menace externe de laïcisation et de sécularisation et contre la menace interne représentée par les libéraux, modernistes et progressistes, voire par des « pans entiers de l’institution quand ils paraissent gangrénés ».

Prenons acte de cette définition recevable, bien que traduite en des termes qui ne sont évidemment pas « neutres ».

Saint Pie X,

canonisé par Pie XII,

sauva l’Eglise du grave danger moderniste.

L’article se poursuivait ainsi : « Il faut remonter à la condamnation solennelle, en 1907, du modernisme, qualifié de « rendez-vous de toutes les hérésies », par Pie X (sic !) dans son encyclique Pascendi. Cette dernière favorisa l’essor d’une réaction intégriste et, de surcroît, une organisation quasi secrète, Sodalitium Pianum, appelée vulgairement en France la Sapinière, qui étendit son réseau d’informations à travers l’Europe et multiplia les dénonciations auprès du Saint-Office. On ne s’étonnera donc pas que Pie X, canonisé par Pie XII, soit devenu le pape préféré des intégristes. A la fin de 1914, le nouveau pape Benoît XV tenta d’apaiser les tensions dans l’Église : tout en renouvelant la condamnation des « monstrueuses erreurs du modernisme », il proscrivait « l’agitation » parmi les catholiques et visait ainsi les intégristes sans les nommer. » On mesure comment par ces allégations, on parvient à traverstir les faits. Car la réaction de Pie X fut motivée par un danger extrême, la relativisation des dogmes par des exégètes libéraux, dont le but, clairement avoué, était de faire sauter le cadre doctrinal de l’Eglise. Plusieurs noms se distinguèrent dans cette oeuvre dangereuse : Renan, Loisy,  Blondel, etc., et saint Pie X réagira au bon moment afin d’empêcher une révolution qui aurait eu des conséquences dramatiques.

Si Pie XII n’avait pas condamné

les théologiens français modernistes,

la révolution de Vatican II, se serait produite dès les années 50 !

La manoeuvre anti-traditionnelle de Golias s’exprime ainsi : « Dès 1942, un théologien du Saint-Office découvrait une nouvelle menace pour l’Église : la « nouvelle théologie » que Pie XII, dans une allocution de septembre 1946, stigmatisait par cette mise en garde : « Si l’on devait embrasser une telle opinion, qu’adviendrait-il des dogmes immuables de l’Église catholique, qu’adviendrait-il de l’unité et de la stabilité de la foi ? » Les théologiens visés étaient des Français qui voulaient tout simplement « réformer le catholicisme pour lui permettre d’engager un débat constructif avec son temps ».Quelle aubaine pour les intégristes qui se firent volontiers dénonciateurs des « erreurs » des théologiens français. Grâce à eux, – et à certains évêques -, Rome, et en particulier le Saint-Office, disposaient en France d’un réseau d’indicateurs fort actif. René Rémond, le célèbre historien, déclarait, à la Journée des universitaires catholiques, début 1955, que « c’est de France que le Vatican reçoit le plus de dénonciations pour déviationnisme » et même qu’il arrive à Rome cinquante fois plus de dénonciations venues de France que de l’ensemble du monde catholique ! Nous en donnerons quelques exemples dans ce dossier. Nous n’évoquerons pas ici le rôle des campagnes de presse et des dénonciations intégristes contre les prêtres ouvriers et les Dominicains (Boisselot, Chenu, Congar, Féret) : elles sont bien connues depuis la publication du grand livre de François Leprieur, Quand Rome condamne. Mais l’influence à Rome des intégristes français aboutit aussi, en 1957, à la condamnation du « catéchisme progressif » soutenu par l’épiscopat français ! »

Le Père Réginald Garrigou-Lagrange

dénoncera les nouveaux théologiens

en qui il verra une résurgence du modernisme,

qui seront tous réhabilités lors de Vatican II.

Or, disons-le avec force, si Pie XII n’avait pas agi de la sorte, la terrible révolution de Vatican II, se serait produite dès les années 50.  C’est ce que vit très bien  Réginald Garrigou-Lagrange qui dénoncera dans les tendances françaises, une résurgence du modernisme, qui seront tous réhabilités lors du Concile. Ainsi, en 1949,lors de  la nécessaire purge de Fourvière, les jésuites Henri de Lubac, Gaston Fessard, Henri Bouillard, Pierre Ganne et Émile Delaye, en raison de leurs positions hérétiques, sont interdits d’enseignement. En 1953, c’est autour du Saulchoir : Marie-Dominique Chenu, Yves Congar, Henri Féret, Pierre-Henri Léger sont condamnés. Pourtant, quelques années plus tard, ils seront quasiment tous nommés experts au Concile Vatican II, qui marquera le triomphe de nombre de leurs positions. Plus encore, les Daniélou, Congar et de Lubac seront même récompensés par la suite par un chapeau de cardinal par Paul VI !

 Golias résume cette période, en écrivant fort justement ce que nous ne cessons d’affirmer : « Il n’est pas question dans ce dossier de faire l’histoire de l’intégrisme depuis le Concile (…) Il s’agit ici de faire l’histoire d’une période moins connue, celle des vingt ans qui ont précédé, de 1945 à 1965, pour montrer que ce n’est pas le Concile et ses réformes qui ont fait naître ce courant dans l’Église. »

Ceci est exact, le Concile Vatican II, et ses fruits empoisonnés, ont été préparés bien des années plus tôt, au sein d’une Eglise « en ordre » (sic!), par une propagande permanente qui eut pour effet de pervertir durablement et en profondeur les esprits, ainsi que de ruiner les fondements de la foi catholique au profit d’une désorientation doctrinale catastrophique, faisant que l’idéologie moderniste, qui a, hélas ! triomphé lors du Concile, s’est installée aux principaux leviers de la curie à Rome, donnant la possibilité aux pires ennemis de la Tradition, d’exercer à son encontre une lutte terrifiante au point d’avoir transformé l’enseignement, détruit la liturgie, vidé les séminaires, et fait perdre la Foi au peuple qui fut anciennement chrétien.

 

Lire :

L’Eglise et l’apostasie

du ralliement «infaillible» à la Révolution !

 

 

 

Sainte Fête de Pâques !

1 avril 2018

XIR171843 The Resurrection of Christ, c.1610-20 (oil on canvas) by Seghers, Gerard (1591-1651) oil on canvas 324x240 Louvre, Paris, France Flemish, out of copyright

« Voici la porte du Seigneur, c’est par elle que les justes entreront »

Le jour que nous attendions vient de nous apparaître dans tout son éclat: la bienheureuse solennité que nous appelions de nos voeux est enfin arrivée; le Seigneur a comblé nos désirs en nous donnant de célébrer le saint jour de Pâques. Frères bien-aimés, tressaillons de joie dans cette grande solennité, rendons à la divine bonté de vives et sincères actions de grâces, rehaussées par la sainteté de nos moeurs et par la ferveur de notre amour. Aujourd’hui le ciel et la terre se réjouissent; les Anges mêlent leurs cantiques à ceux des hommes, et toute créature raisonnable redit : « Alleluia », c’est-à-dire : louez le Seigneur. Chantons tous ensemble:

« Le Seigneur est grand et au-dessus de toute louange. Le Seigneur est vraiment grand, sa puissance est sans bornes et sa sagesse sans mesure » (Psaumes, CXLVI, 5).

Qui pourrait facilement énumérer, ou dignement expliquer les mystères de ce jour? Le démon vaincu, l’empire de la mort détruit, Jésus-Christ ressuscitant plein de gloire et d’immortalité, la consommation de notre salut, tels sont les grands faits qui marquent à tout jamais la solennité de ce jour. Se peut-il pour nous, mes frères, un plus grand sujet de joie? un bonheur plus complet ? un mystère plus sacré ? un sacrement plus admirable ?

 « C’est bien le jour que le Seigneur a fait; réjouissons-nous et tressaillons d’allégresse ». C’est le jour de notre renaissance, de notre renouvellement, de notre vivification, de notre rédemption, de notre sanctification, de notre illumination. «Autrefois nous étions ténèbres, aujourd’hui nous sommes lumière dans le Seigneur. » (Ephésiens. V, 8). Autrefois nous étions les captifs du démon, mais aujourd’hui nous confessons et nous disons au Seigneur « que nous avons été rachetés des mains de notre ennemi et rassemblés des régions les plus lointaines. » (Psaumes, CVI, 2).

Ainsi donc, sous le vif éclat d’une telle lumière, dans ce temps de sanctification, « ne dormons pas » du sommeil du péché, mais « veillons » pour toute bonne oeuvre ;  soyons sobres d’esprit et de corps. Marchons comme des enfants de lumière. « Le fruit de toute lumière réside dans la bonté, la justice et la vérité. Mangeons la sainte Pâque , non pas avec l’ancien ferment de « malice et d’iniquité, mais avec les azymes de la sincérité et de la vérité ». L’objet pour nous de cette grande solennité spirituelle, c’est le Verbe de Dieu, notre Sauveur, dont il est dit: « Au commencement, Dieu le Verbe était dans le Père, et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous, et nous avons vu et nous croyons sa gloire ». Il est le Fils unique du Père, et cependant il a daigné nous faire ses cohéritiers. O amour étonnant et ineffable ! Nous qui étions des serviteurs inutiles, nous avons mérité de devenir les frères de Jésus-Christ et ses cohéritiers.

Que rien de charnel, rien d’indigne ne se mêle aux élans de joie que nous inspire la grâce divine. Non-seulement il y aurait de l’indécence, mais encore un crime de trouver dans cette grande solennité l’occasion de se livrer à la sensualité dans les repas et de jeter l’âme dans une sorte de honteuse torpeur. Que nos fêtes soient donc honnêtes, agréables à Dieu, et conformes à cette parole de l’Apôtre: « Que toutes nos oeuvres s’accomplissent honnêtement et selon l’ordre ; soit que nous mangions, soit que nous buvions, soit que nous fassions toute autre chose, agissons en tout au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ. » (Matthieu XXIII, 37).

Les Juifs croient devoir conserver l’observation du sabbat, c’est-à-dire du septième jour; malheureux Juifs, qui ne connaissent pas le jour légitime et ne veulent pas croire que la fin de la loi c’est Jésus-Christ, qui seul a pu accomplir la loi, créer les jours et préposer à toutes les solennités ce jour que nous appelons le jour du Seigneur, parce que c’est dans ce jour que notre Seigneur et notre Sauveur, sortant du tombeau, est apparu au monde comme étant la véritable lumière. Les païens appellent ce jour le jour du soleil, sans comprendre la portée de cette parole; nous, au contraire, nous comprenons que c’est le jour de ce soleil dont il est écrit: « Vous verrez s’élever pour vous le soleil de justice qui porte sur ses ailes notre salut. » (Malachie IV, 2). Personne n’attribue des ailes au soleil visible de la nature; il n’en est pas de même du Soleil véritable, qui a créé celui que nous voyons; seul il porte ces ailes de la puissance et de la protection divine dont il est dit: « Il les a reçus comme l’aigle déployant ses ailes et a protégeant son nid» (Deutéronome XXXII, 2). Nous lisons également dans l’Evangile: « Jérusalem, Jérusalem, combien de fois j’ai voulu rassembler tes fils, comme la poule rassemble ses petits sous ses ailes  ». Enfin, c’est à ce soleil que le fidèle adresse cette invocation salutaire : « J’espérerai à l’ombre de vos ailes, jusqu’à ce que l’iniquité disparaisse ».

 Nous voyons ouverte devant nous la porte du salut, dont il est dit : « Voici la porte du Seigneur, c’est par elle que les justes entreront » ; entrons donc par la porte de l’Eglise en toute sincérité et vérité, afin que cette porte de la confession et de la louange nous introduise dans le royaume des cieux, où nous jouirons du bonheur éternel. « Nous ne serons pas confondus lorsque nous parlerons dans la porte », c’est-à-dire en Notre-Seigneur Jésus-Christ qui a dit de lui-même : « Je suis la porte, celui qui entrera par moi sera sauvé ».

C’est par Jésus-Christ que tous les saints sont entrés et entrent chaque jour près du Père de la vie éternelle, à qui, avec le Fils et le Saint-Esprit, soient honneur et gloire dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 Bossuet, Sermon sur la Fête de Pâques.

LA PASSION DU CHRIST !

30 mars 2018

L A + P A S S I O N  + D U  + C H R I S T

Crucifix Janséniste I

« Et vers la neuvième heure, Jésus s’écria d’une voix forte:

‘Eli, Eli, lama sabachthani’

c’est-à-dire: Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

(Matthieu XXVII, 46).

SECOND SERMON
POUR
LE  VENDREDI  SAINT,
SUR LA PASSION
DE NOTRE-SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST

Prêché dans le Carême de 1661, aux Carmélites de la rue Saint-Jacques

Jacques Bégnigne Bossuet (1627-1704)

Jésus-Christ étendant les bras, nous ouvre le livre sanglant dans lequel nous pouvons apprendre tout l’ordre des secrets de Dieu, toute l’économie du salut des hommes, la règle fixe et invariable pour former tous nos jugements, la direction sûre et infaillible pour conduire droitement nos mœurs, en un mot un mystérieux abrégé de toute la doctrine de l’Evangile et de toute la théologie chrétienne. O croix, que vous donnez de grandes leçons! ô croix, que vous répandez de vives lumières! mais elles sont cachées aux sages du siècle; nul ne vous pénètre qu’il ne vous révère, nul ne VOUS entend qu’il ne vous adore; le degré pour arriver à la connaissance, c’est une vénération religieuse. Je vous la rends de tout mon cœur, ô croix de Jésus, en l’honneur de celui qui vous a consacrée par son supplice, dont le sang, les opprobres et l’ignominie vous rendent digne d’un culte et d’une adoration éternelle. Joignons-nous, âmes saintes, dans cette pensée et disons avec l’Eglise : O Crux, ave !

Si le pontife de l’Ancien Testament, lorsqu’il paraissait devant Dieu, devait porter sur sa poitrine, comme dit le Saint-Esprit dans l’Exode, « la doctrine et la vérité (Exod., XXVIII, 30), » dans des figures mystérieuses, à plus forte raison le Sauveur, qui est la fin de la loi et le Pontife de la nouvelle alliance, ayant toujours imprimées sur sa personne sacrée la doctrine et la vérité, par l’exemple de sa sainte vie et par ses actions irrépréhensibles, les doit porter aujourd’hui d’une manière bien plus efficace dans le sacrifice de la croix, où il se présente à son Père pour commencer véritablement les fonctions de son sacerdoce. Approchons donc avec foi, chrétiens, et contemplons attentivement ce grand spectacle de la croix, pour voir la doctrine et la vérité gravées sur le corps de notre Pontife en autant de caractères qu’il a de blessures, et tirer tous les principes de notre science de sa passion douloureuse.

flagellation_angels_ruiz II.jpg

« Pour se détruire lui-même, il se livre aux mains de ses ennemis,

c’est ce qui consomme la vérité de son sacrifice ;

en se livrant de la sorte , il reçoit les âmes en échange. »

Mais pour apprendre avec méthode cette science divine, considérons en notre Sauveur ce qu’il a perdu dans sa passion, ce qu’il a acheté, ce qu’il a conquis. Car il a dû y perdre quelque chose, parce que c’était un sacrifice; il a dû y acheter quelque chose, parce que c’était un mystère de rédemption ; il a dû y conquérir quelque chose, parce que c’était un combat. Et pour accomplir ces trois choses, je dis qu’il se perd lui-même, qu’il achète les âmes, qu’il gagne le ciel. Pour se détruire lui-même, il se livre aux mains de ses ennemis, c’est ce qui consomme la vérité de son sacrifice ; en se livrant de la sorte , il reçoit les âmes en échange, c’est ce qui achève le mystère de la rédemption; mais ces âmes qu’il a rachetées de l’enfer, il les veut placer dans le ciel eu surmontant les oppositions de la justice divine qui les en empêche, et c’est le sujet de son combat. Ainsi vous voyez et) peu de paroles toute l’économie de notre salut dans le mystère de cette journée. Mais qu’apprendrons-nous pour régler nos mœurs dans cet admirable spectacle? Tout ce qui nous est nécessaire pour notre conduite : nous apprendrons à perdre avec joie ce que Jésus-Christ a perdu, c’est-à-dire les biens périssables; à conserver précieusement ce que Jésus-Christ a acheté, vous entendez bien que ce sont nos âmes; à désirer avec ardeur ce que Jésus-Christ nous a conquis par tant de travaux, et je vous ai dit que c’était le ciel.

C’est pourquoi son supplice, quoique très-cruel, est encore beaucoup plus infâme. Sa croix est un mystère de douleurs, mais encore plus d’opprobres et d’ignominies. Aussi l’Apôtre nous dit « qu’il a souffert la croix en méprisant la honte et l’ignominie : » Sustinuit crucem confusione contemptâ (Hebr., XII, 2), et il semble même réduire tout le mystère de sa passion à cette ignominie, lorsqu’il ajoute que Moïse jugea que «l’ignominie de Jésus-Christ étaitun plus grand trésor que toutes les richesses de l’Egypte : » Majores divitias œstimans thesauro Aegyptiorum, improperium Christi (Ibid., XI, 26.). Rien de plus infâme que le supplice de la croix ; mais comme l’infamie en était commune à tous ceux qui étaient à la croix, remarquons principalement cette dérision qui le suit depuis le commencement jusqu’à l’horreur de sa croix.

C’est une chose inouïe que la cruauté et la risée se joignent ensemble dans toute leur force, parce que l’horreur du sang répandu remplit l’âme d’images funestes qui répriment l’emportement de cette joie maligne dont se forme la moquerie, et l’empêche de se produire dans toute son étendue. Mais il ne faut pas s’étonner si le contraire arrive en ce jour, puisque l’enfer vomit son venin, et que les démons sont comme les âmes qui produisent tous les mouvements que nous voyons.

Tous ces esprits rebelles sont nécessairement cruels et Moqueurs : cruels, parce qu’ils sont envieux ; moqueurs, parce qu’ils sont superbes. Car on voit assez, sans que je le dise, que l’exercice, le plaisir de l’envie, c’est la cruauté ; et que le triomphe de l’orgueil, c’est la moquerie. C’est pourquoi en cette journée où règnent les esprits moqueurs et cruels, il se fait un si étrange assemblage de dérision et de cruauté, qu’on ne sait presque laquelle y domine. Et toutefois la risée l’emporte, parce qu’étant l’effet de l’orgueil qui règne dans ces esprits malheureux, au jour de leur puissance et de leur triomphe ils auront voulu donner la première place à leur inclination dominante. Aussi était-ce le dessein de Notre-Seigneur que ce fût un mystère d’ignominie, parce que la dérision et se fait un sujet de risée d’une extrémité déplorable. Mais aujourd’hui l’enfer vomit son venin, et les démons sont les âmes qui produisent… c’était l’honneur du monde qu’il entreprenait à la croix, comme son ennemi capital ; et il est aisé de connaître que c’est la dérision qui prévaut dans l’esprit des Juifs, puisque c’est elle quia inventé la plus grande partie des supplices. J’avoue qu’ils sont cruels et sanguinaires; mais ils se jouent dans leur cruauté, ou plutôt la cruauté est leur jeu.

Il le fallait de la sorte, afin que le Fils de Dieu « fût soûlé d’opprobres, » comme l’avait prédit le prophète (Thren., III, 30); il fallait que le Roi de gloire fût tourné en ridicule de toutes manières, par ce roseau, par cette couronne et par cette pourpre. Il fallait pousser la raillerie jusque sur la croix, insulter à sa misère jusque dans les approches de la mort, enfin inventer pour l’amour de lui une nouvelle espèce de comédie dont la catastrophe fût toute sanglante.

Que si l’ignominie de Notre-Seigneur c’est la principale partie de sa passion, c’est celle par conséquent dont il y a plus d’obligation de se revêtir. Exeamus igitur ad eum extra castra, improperium ejus portantes. Et toutefois, chrétiens, c’est celle qu’on veut toujours retrancher; dans les plus grandes disgrâces on est à demi consolé, quand on peut sauver l’honneur et les apparences. Mais qu’est-ce que cet honneur, sinon une opinion mal fondée ? et cette opinion trompeuse ne s’évanouira-t-elle jamais en fumée, en présence des décisions claires et formelles que prononce Jésus-Christ en croix? Nous sommes convenus, Messieurs, que le Fils de Dieu a pesé les choses dans une juste balance ; mais il n’est plus question de délibérer, nous avons pris sur nous toute cette dérision et tous ces opprobres, nous avons été baptisés dans cette infamie : In morte ipsius baptizati sumus (Rom., VI,  3).

Or sa mort est le mystère d’infamie, nous l’avons dit. Eh quoi! tant d’opprobres, tant d’ignominies, tant d’étranges dérisions, dans lesquelles nous sommes plongés dans le saint baptême, ne seront-elles pas capables d’étouffer en nous ces délicatesses d’honneur! Non, il règne parmi les fidèles ; cette idole s’est érigée sur les débris de toutes les autres, dont la croix a renversé les autels.

Nous lui offrons de l’encens; bien plus, on renouvelle pour l’amour de lui les sacrifices cruels de ces anciennes idoles qu’on ne pouvait contenter que par des victimes humaines ; et les chrétiens sont si malheureux que de chercher encore de vaines couleurs, pour rendre à cette idole trompeuse l’éclat que lui a ravi le sang de Jésus. On invente des raisons plausibles et des prétextes artificieux pour excuser les usurpations de ce tyran, et même pour autoriser jusqu’à ses dernières violences; tant la discipline est corrompue, tant le sentiment de la croix est éteint et aboli parmi nous. Chrétiens, lisons notre livre ; que la croix de notre Sauveur dissipe aujourd’hui ces illusions ; ne sacrifions plus à l’honneur du monde, et ne vendons pas à Satan, pour si peu de chose, nos âmes qui sont rachetées par un si grand prix.

Jeudi Saint : entrée dans le « Triduum Pascal »

29 mars 2018

Le Jeudi Saint, fait mémoire de l’institution de la Cène.

Le Jeudi Saint est le premier jour des jours saints que l’on appelle « Triduum Pascal ». Pendant ces trois jours, les catholiques revivent les derniers instants de la vie du Christ sur terre. Le Jeudi Saint nous célébrons le dernier repas du Christ: la Cène, puis sa dernière nuit au mont des Oliviers avant son arrestation :

« Avant la fête de Pâque, Jésus sachant que son heure était venue de passer de ce monde à son Père, comme il avait aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu’à l’excès. Et après le souper, le démon ayant déjà mis dans le cœur de Judas Iscariote, fils de Simon, le dessein de le trahir, Jésus, qui savait que son Père lui avait donné tout pouvoir, qu’il était sorti de Dieu et qu’il retournait à Dieu, se leva de table, ôta son manteau et, ayant pris un linge, il s’en ceignit. Puis il versa de l’eau dans un bassin, il se mit à laver les pieds de ses disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait attaché autour de lui. Il vint donc à Simon-Pierre. Mais Pierre lui dit : « Quoi, Seigneur, vous me laveriez les pieds ! » Jésus lui répondit : « Vous ne comprenez pas maintenant ce que je fais, mais vous le saurez bientôt. » Pierre lui dit : « Jamais vous ne me laverez les pieds. » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave, tu n’auras point de part avec moi. » Simon Pierre lui dit : « Seigneur, non seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête. » Jésus lui dit : « Celui que le bain a déjà purifié n’a besoin que de se laver les pieds ; il est pur dans tout son corps ; pour vous, vous êtes purs, mais non pas tous. » Il connaissait celui qui le devait trahir, c’est pourquoi il dit : Vous n’êtes pas tous purs. Après donc qu’il leur eut lavé les pieds et qu’il eut repris son manteau, il se remit à table et leur dit : « Savez-vous ce que je viens de faire ? Vous m’appelez Maître et Seigneur, et vous dites bien, car je le suis. Si donc je vous ai lavé les pieds, moi, le Seigneur et le Maître, vous devez, vous aussi vous laver les pieds les uns aux autres. Car je vous ai donné l’exemple, afin que, comme je vous ai fait, vous fassiez aussi. » (Textes liturgiques du Jeudi Saint in cœna Domini, avant la réforme de la semaine sainte).

AVERTISSEMENT :

PENDANT LE « TRIDUUM PASCAL »

NOUS FERMONS TOUS NOS COMMENTAIRES

ET INVITONS NOS LECTEURS A LA PRIERE ET AU RECUEILLEMENT.

%d blogueurs aiment cette page :