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La nécessité de la conversion

2 août 2017

« J’ai prêché la repentance envers Dieu

et la foi en Notre Seigneur Jésus-Christ. »

(Actes XX, 21)

La parole de Dieu, au troisième chapitre de l’Evangile de Jean, est solennelle : «Si quelqu’un n’est né de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu» (Jean III, 3). Cette affirmation rigoureuse détruit à leur racine toutes les prétentions, les ambitions orgueilleuses et la propre justice de l’homme.

En effet, l’homme, depuis la chute, est concrètement soumis à Satan, ses désirs, sa volonté, et, hélas ! jusqu’à ses vertus sont l’otages des forces négatives. Le Christ est donc venu pour nous libérer de ces puissances nocives, non pas pour célébrer la gloire de l’homme et le triomphe de l’humanité, mais pour nous demander de retrouver le chemin d’une juste position de piété à l’égard de Dieu.

I. L’indispensable repentance

Ceci explique pourquoi le premier message de l’Évangile, annoncé par Jean-Baptiste et prêché par Jésus lui-même, est : « Repentez-vous, et croyez ! » (Matthieu III, 2-11). La repentance est à la base du message de l’Évangile. L’apôtre Paul écrit d’ailleurs : « J’ai prêché la repentance envers Dieu et la foi en Notre Seigneur Jésus-Christ. » (Actes XX, 21) Et la première prédication de l’apôtre Pierre se conclut par : « Repentez vous ! »

Ainsi, « Repentez-vous » est l’exclamation que l’on entend dans toute la Bible, lorsque Dieu appelle les hommes à prendre conscience de leurs péchés et à revenir vers Lui, mais les hommes, malgré l’appel de Dieu et sa patience, refusèrent de reconnaître les causes de leurs malheurs et ne voulurent jamais se repentir, au nom de leurs prétendus « Droits » à présent érigés en dogme.

« La Révolution dira :  Je suis la haine de tout ordre religieux… »

Dès lors on comprend mieux pourquoi le credo de l’idéologie révolutionnaire s’appuie, en tous ses fondements, sur les Droits de l’homme, sachant comme le souligne Mgr Gaume :

« Si, arrachant le masque à la Révolution, vous lui demandez : Qui es-tu ? elle vous dira : … Je suis la haine de tout ordre religieux et social que l’homme n’a pas établi et dans lequel il n’est pas roi et Dieu tout ensemble ; je suis la proclamation des droits de l’homme contre les droits de Dieu… » [1].

II. La situation tragique de l’humanité

  Dieu, dès le commencement des temps, avait prévenu que le péché entraînerait, selon une juste sanction, inévitablement et irrémédiablement, la mort. Une mort et une séparation, une mise à l’écart, un retranchement de la communion et de la grâce, une rigoureuse réprobation qui furent annoncés, fermement, à chacune des étapes de l’Histoire de la « Révélation » divine.  Adam, en effet, lors de son installation au sein du jardin d’Eden, avait été solennellement averti par Dieu que s’il n’était pas fidèle à ses commandements, qui lui faisaient, entre autres, interdiction de s’approcher de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, il recevrait, inexorablement, la mort comme châtiment : « …au jour que tu en mangeras, tu mourras certainement. » (Genèse, II, 17.) C’est pourquoi sera clairement énoncé, par l’apôtre des Gentils, d’une manière qui n’autorise aucune ambiguïté :

« Par un seul homme, le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et ainsi la mort a passé à tous les hommes, en ce que tous ont péché… » (Romains,  V, 12.)

La mort représente donc, concrètement, l’état de dégradation morale, d’entière corruption, de faiblesse et d’extrême culpabilité des hommes ; nous sommes « morts dans nos fautes et dans nos péchés » (Ephésiens, II, 1), frappés d’indignité et réprouvés selon la chair. La sentence de notre désobéissance nous la portons, de génération en génération, dans notre pauvre chair destinée à la maladie, à la décrépitude puis à la tombe.

La mort représente l’état de dégradation morale,

d’entière corruption, de faiblesse

et d’extrême culpabilité des hommes.

Si nous acceptons donc, honnêtement, de regarder ce qui en nous mérite la sentence d’un crime s’accomplissant de nouveau dans le moindre de nos gestes, reproduit en chacune de nos pensées, réactualisé par la plus infime de nos actions, puisque nous sommes totalement traversés, en tant que fils d’Adam, par le péché, entièrement marqués par la perversion, alors peut, éventuellement, s’expliquer à nos yeux endormis, le sens de la dure rançon que nous devons payer à cause de la faute de notre premier parent selon la chair et, par cette compréhension retrouvée, voir s’ouvrir les portes de la Rédemption espérée. Cependant, afin que ce réveil puisse s’accomplir, encore faut-il que la pénible dégradation, que nous évoquons, dont la mort est le signe le plus frappant, ne soit pas masquée par des doctrines trompeuses et inexactes, écartée par la stupide négation, oubliée par l’effet du puéril divertissement

III. Le rejet de la sagesse chrétienne

  Or, la pensée des Lumières, rompant avec l’attitude traditionnelle qui, depuis toujours, regardait la finitude de l’homme comme une terrible souffrance, une limitation insupportable et tragique, appréhenda la mort comme un phénomène naturel devant être accepté impassiblement. C’est sans doute en France que s’exprimeront les thèses les plus marquées touchant à ce sujet ; on trouve d’ailleurs des pages singulières sous la plume du très matérialiste baron d’Holbach (1723-1789), en particulier dans son Système de la nature (1770), où il se fera le chantre d’un monde dégagé de toute référence transcendante, ainsi que chez La Mettrie (1709-1751), dont L’Homme-Machine (1747) est l’expression d’un radical mécanicisme athée, de même que chez Helvétius (1715-1771) et Denis Diderot (1713-1784).

Masque mortuaire de l’apostat Jean Meslier

Mais, dans ce registre, il conviendrait de surtout citer le peu connu Jean Meslier (1664-1729), prêtre apostat en l’honneur duquel la Convention désira, le 27 brumaire an II, ériger une statue dans le Temple de la Raison pour avoir « abjuré les erreurs religieuses » ; étrange ecclésiastique qui souhaita que « tous les grands de la terre et tous les nobles fussent pendus et étranglés avec les boyaux des prêtres », ancien curé d’Etrépigny qui secrètement, dans ses Pensées, exprimera un violent rejet de toutes les croyances, et plus particulièrement du christianisme, affirmant : « Il n’y a plus aucun bien à espérer, ni aucun mal à craindre après la mort (…) la mort met fin à toute connaissance et à tout sentiment de bien et de mal. »

D’une certaine manière, Jean Meslier prépara la voie au très sulfureux marquis de Sade (1740-1814), qui fut, incontestablement, celui qui poussa dans leurs ultimes conséquences les thèses du matérialisme athée, et qui, par delà des blasphèmes et une rage anti-religieuse qui n’ont encore trouvé, jusqu’à nos jours, aucun équivalent (La Vérité, De l’Enfer, De la Bible et de l’Evangile, Discours de Dolmancé), se distingue par sa célébration de la nature et du néant, dont son Discours entre un prêtre et un moribond, nous fournit un emblématique exemple : « Le néant ; jamais il ne m’a effrayé, et je n’y vois rien que de consolant et de simple (…) D’ailleurs il n’est ni affreux ni absolu, ce néant. N’ai-je pas sous les yeux l’exemple des générations et régénérations perpétuelles de la nature ? Rien ne périt, mon ami, rien ne se détruit dans le monde ; aujourd’hui homme, demain ver, après-demain mouche, n’est-ce pas toujours exister ? » [2] Et c’est cette doctrine perverse, éminemment anti-chrétienne, dont héritèrent les dogmes républicains que sont le laïcisme et l’athéisme.

IV. Lumière de la foi

Pourtant le fils réprouvé de Dieu, s’il parvient à se libérer des doctrines perverses, dès l’instant qu’il aura changé sa révolte en amour, sa fureur en demande de pardon,  porté par un vrai désir, animé d’une sainte volonté, pourra enfin contempler, en pleurs, l’état repoussant de son âme ; à genoux devant l’autel où se consume le feu des essentielles purifications, où s’élève l’encens de sa prière, il prendra conscience qu’il fut, heureusement et pour sa Rédemption, éloigné des saints domaines de par la perversion de son esprit, frappé d’une juste mort.

La Création, dans son ensemble et son étendue, ayant été soumise à la « servitude de la corruption » (Romains, VIII, 21), c’est par un sacrifice d’agréable odeur, une mise en abîme de nos certitudes, une juste reconnaissance de notre abominable état, une profonde tristesse de ne point pouvoir vivre dans la communion de l’amour divin, que nos facultés sont susceptibles de recevoir la salutaire rosée céleste qui les lavera du pesant remords et du sentiment de réprobation, et qui, par une surabondante grâce, les ressuscitera en les relevant de la tombe où elles furent jetées.

Louis-Gabriel-Ambroise, vicomte de Bonald (1754-1840)

Les penseurs traditionalistes  ont montré qu’une Révélation est nécessaire pour que l’homme puisse connaître Dieu, principalement Joseph de Maistre (1753-1821) et Louis de Bonald (1754-1840) en réaction contre les « philosophes » de la Révolution française qui avaient exalté la raison humaine. Si il existe évidemment des preuves formelles de Dieu, il s’agit, dans l’acte de conversion,  du moyen de mettre cette grande vérité en œuvre et d’en tirer toutes les conséquences. Louis de Bonald soutiendra  qu’il est « nécessaire de commencer par dire je crois », je crois que je ne puis rien, que je suis faible, misérable, mortel, malade, incapable d’accéder à la Vérité.

Et cette attitude est libératrice car elle nous éloigne du péché.

Conclusion : vivre en Jésus-Christ en mourant au péché !

 Il est mort après avoir porté le jugement à notre place

pour en finir à jamais avec le péché. 

Dieu a pardonné nos péchés, mais il ne pardonne jamais le péché, principe de mal. La mort sera donc le seul moyen pour que nous en soyons délivrés (Romains VIII, 3). S’il est «réservé aux hommes de mourir une fois, et après cela le jugement», Jésus-Christ, en contraste, a subi le jugement avant de mourir parce qu’il l’a fait volontairement, pour nous, lui qui était sans péché mais qui a été fait péché pour nous.

Il est mort après avoir porté le jugement à notre place pour en finir à jamais avec le péché :  Le péché est ôté en entier, il est ôté avec la vie à laquelle il fut attaché. La mort de Jésus-Christ a mis fin, pour la foi, à l’existence du vieil homme, de la chair, du premier Adam, vie dans laquelle nous étions responsables devant Dieu, et dans laquelle Jésus-Christ, en grâce, s’est placé pour nous :

«Ce qui était impossible à la loi, en ce qu’elle était faible par la chair, Dieu, ayant envoyé son propre Fils, en ressemblance de chair de péché, et pour le péché, a condamné le péché dans la chair» (Romains VIII, 3).

Dorénavant, Jésus-Christ étant mort, nous sommes judiciairement morts avec lui, morts au péché. Il en résulte que nous sommes appelés à marcher maintenant comme d’entre les morts étant faits vivants, que la mort physique de nos corps n’est plus nécessaire ; ceux qui seront vivants à sa venue seront changés sans passer par la mort.

 

Notes.

1. Mgr Gaume, La Révolution, recherches historiques sur l’origine et la propagation du mal en Europe, tome I, page 46.

2. Sade, Discours contre Dieu, textes réunis par G. Lely, Union Générale d’Edition, 10/18, 1979, p. 51.

Visitez le Vatican !

12 juillet 2017

 

 

Cliquez avec votre souris sur le lien ci-dessous :

VISITE VIRTUELLE DU VATICAN !

Usez de votre souris en gardant le clic gauche appuyé 

et en faisant aller le curseur (flêche)

de haut en bas et de gauche à droite de l’écran.

Bonne et pieuse visite !

 

Après l’examen de l’erreur sédévacantiste dénoncée et mise nettement en lumière dans nos articles 1, 2, 3, 4, synthèse de ce sujet qui nous aura donné l’occasion d’éclairer en quoi la position soutenant la vacance du Saint-Siège est irrecevable, fautive, inexacte, coupable et schismatique, nous vous proposons, symboliquement, un pèlerinage virtuel au Vatican afin que chacun puisse mieux approcher ce que représente, dans son éminente dimension sacrée, la chaire de l’Apôtre Pierre. 

La visite du Vatican s’apparente à un pèlerinage sur la tombe des Saints Apôtres, Pierre et Paul, certes une visite virtuelle ne saurait remplacer un véritable déplacement à Rome, mais il n’est pas inutile de savoir que des indulgences sont accordées aux fidèles qui viennent prier à Saint Pierre, ceci nous semblant utile d’être rappelé

Ainsi, en 2008, à l’occasion des deux mille ans de la naissance du saint apôtre Paul, des indulgences spéciales furent accordées à ceux qui se rendraient à Rome. La Pénitencerie apostolique, à laquelle le Saint-Père avait confié la tâche de préparer et rédiger le Décret sur la distribution et l’obtention des Indulgences qui étaient valables pendant toute la durée de l’Année paulinienne dont voici les termes :

« A tous les fidèles chrétiens et à chacun d’eux véritablement repentis, purifiés comme il se doit par le Sacrement de la Confession et nourris par la Sainte Communion, qui visiteront pieusement sous forme de pèlerinage la Basilique papale Saint-Paul sur la via Ostiense et prieront selon les intentions du Souverain Pontife, est accordée et donnée l’Indulgence plénière de la peine temporelle pour leurs péchés, une fois obtenu la rémission sacramentelle de ceux-ci et le pardon de leurs manquements. L’Indulgence plénière pourra être utilisée par les fidèles chrétiens soit pour eux-mêmes, soit pour les défunts, autant de fois que seront accomplies les œuvres prescrites; étant toutefois établie la norme selon laquelle on ne peut obtenir l’Indulgence plénière qu’une fois par jour. Ensuite, afin que les prières qui sont élevées au cours de ces saintes visites conduisent et invitent plus intensément les âmes des fidèles à la vénération de saint Paul, il est établi et disposé ce qui suit:  les fidèles, outre à élever leurs supplications devant l’autel du Très Saint Sacrement, chacun selon sa piété, devront se rendre à l’autel de la Confession et réciter avec dévotion le « Notre Père » et le « Credo », en ajoutant de pieuses invocations en l’honneur de la Bienheureuses Vierge Marie et de saint Paul. Et cette dévotion doit toujours être étroitement unie à la mémoire du Prince des Apôtres, saint Pierre. »

Donné à Rome, du siège de la Pénitencerie apostolique, le 10 mai, année de l’incarnation du Seigneur 2008, veille de la Pentecôte.

 Card. STAFFORD
Grand Pénitencier

S.Exc. Mgr Gianfranco GIROTTI,
o.f.m. conv.
Evêque titulaire de Meta, régent

La Question au service de Dieu et de l’Eglise

5 juillet 2017

Seul importe aujourd’hui, dans un mode en ruine livré au chaos,

le rayonnement de l’Eglise et le triomphe de la Croix !

Le pape est le maître absolu, il est le seul titulaire légitime de l’Empire,

il est le vicaire du Christ, l’empereur suprême !

« Le Souverain Pontife est le chef naturel, le promoteur le plus puissant,

le grand Démiurge de la civilisation universelle… »

(Joseph de Maistre, Du Pape, 1819).

« Si donc quelqu’un dit que ce n’est pas par l’institution du Christ ou de droit divin (iure divino) que le bienheureux Pierre a des successeurs perpétuels (perpetuos successores) dans sa primauté sur l’Église universelle, ou que le Pontife romain n’est pas le successeur du bienheureux Pierre en cette primauté, qu’il soit anathème / Si quis ergo dixerit, non esse ex ipsius Christi Domini institutione seu iure divino, ut beatus Petrus in primatu super universam Ecclesiam habeat perpetuos successores: aut Romanum Pontificem non esse beati Petri in eodem primatu successorem: anathema sit. »(Constitutio dogmatica ‘Pastor aeternus’ de Ecclesia Christi, § 2. De perpetuitate primatus beati Petri in Romanis Pontificibus, Vatican I, 1870).

 

Piu IX

L’ABSENCE DE PAPE EST IMPOSSIBLE !

« Le droit divin de la primauté apostolique place le Pontife romain au-dessus de toute l’Église. […] Le jugement du Siège apostolique, auquel aucune autorité n’est supérieure, ne doit être remis en question par personne, et personne n’a le droit de juger ses décisions. C’est pourquoi ceux qui affirment qu’il est permis d’en appeler des jugements du Pontife romain au concile œcuménique comme à une autorité supérieure à ce Pontife, s’écartent du chemin de la vérité.» (Pastor Aeternus, 1870).

La Papauté de droit divin

Le devoir de résistance de la Tradition catholique !

21 juin 2017

L’autorité est au service de la vérité,

Elle ne crée pas la vérité, elle la reconnaît,

la garde et l’enseigne.

 

L’orthodoxie d’une doctrine provient de sa conformité à l’enseignement constant de l’Église, c’est la condition sine qua non de validité tant d’un Concile que de l’enseignement des Papes.  Ce principe manifeste de façon limpide la « mens catholica » : l’autorité est au service de la vérité; elle est un moyen pour que la vérité soit communiquée. L’autorité, autrement dit, ne crée pas la vérité, elle la reconnaît, la garde et l’enseigne. Cependant, bien que l’actuelle défaillance de l’Autorité soit inhabituelle, de rares précédents montrent qu’elle est parfois possible, et la situation de l’Eglise depuis Vatican II en est un cas de figure exemplaire.

De la sorte, pour se protéger du modernisme, nous devons résister aux autorités ecclésiastiques quand elles s’écartent de la Tradition. Soyons clairs : ce n’est pas par un jugement particulier que nous choisissons de ne pas suivre les enseignements de l’Eglise conciliaire, mais c’est en vertu du critère objectif qu’est la Tradition ; et un catholique – plus encore une société religieuse –  a le droit de refuser les documents officiels du concile et ses décisions qui s’écartent de la Tradition.

 Le Christ triomphera !

Il est vital de conserver la Foi et la Doctrine de l’Eglise

en résistant à l’autorité lorsqu’elle s’égare,

en ces temps de terrible confusion.

    La perspective catholique est très claire : l’autorité est au service de la vérité. Il n’est donc en aucune façon possible d’exiger l’obéissance lorsque l’enseignement proposé est contraire à la vérité. L’autorité se pose dans l’Église comme un moyen, et non comme une fin. Et c’est justement à cause de cette grande confusion au sujet du rapport entre autorité et vérité que les « révolutionnaires » ont pu greffer sur le tissu catholique les germes de l’erreur moderniste, sans que les « anticorps » ne réagissent à cette terrible infection. Ils ont abusé de l’obéissance pour imposer leur fausse doctrine, et chaque fois que certains avec courage ont tenté de manifester leur désaccord, on a utilisé contre eux l’accusation de « désobéissance » pour isoler ces malheureux et briser ainsi toute forme de résistance. C’est cet usage pervers de la vertu d’obéissance que Mgr Lefebvre a magistralement défini comme étant « le coup de maître de Satan » [1].

La résistance à l’erreur est donc non seulement juste, mais de plus nécessaire afin de sauvegarder la sainte doctrine menacée par les enseignements faussés par l’idéologie moderniste de Vatican II, concile relevant d’un acte du Magistère authentique non infaillible, guidé, de surcroît, par des évêques non éminents sur le plan dogmatique  [2].

Saint Thomas d’Aquin enseigne que,

dans des situations extrêmes,

il est licite de s’opposer  publiquement à une décision papale.

Plusieurs théologiens de renom soutiennent le devoir de résistance. Ainsi saint Thomas d’Aquin enseigne que, dans des situations extrêmes, il est licite de s’opposer  publiquement à une décision papale, comme St. Paul résista à St. Pierre (Galates II, 14) :

« Cependant, on doit observer que, si la foi est en danger, un sujet pourrait réprimander son prélat, même publiquement. C’est ainsi que Paul, qui était sujet de Pierre, réprimanda celui-ci en public suite au danger imminent de scandale concernant la foi et, comme le dit St. Augustin dans son commentaire sur Gal II, 11: « Pierre donna un exemple à ses supérieurs que, si à n’importe quel moment, ils devaient sortir de la voie droite, ils devraient s’attendre à être repris par leurs sujets. »  Somme théologique, IIa IIae, Qu. 33, article 4, ad2.

St. Robert Bellarmin dit également [3] :

« Tout comme il est licite de résister à un Pontife qui attaque le corps, il est tout aussi licite de résister au Pontife qui attaque les âmes ou détruit l’ordre civil ou, à plus forte raison, essaie de détruire l’Église. Je dis qu’il est licite de lui résister en ne faisant pas ce qu’il ordonne de faire et en empêchant l’exécution de sa volonté. Il n’est pas licite, cependant, de le juger, de le punir, ou de le déposer, parce que ce sont là des actes relevant d’un supérieur. » [3] De Romano Pontifice, Lib. II, c.29.

Le Pape Léon XIII écrit de même sur le devoir de désobéissance face à une autorité désorientée :

« Mais, dès que le droit de commander fait défaut, ou que le commandement est contraire à la raison, à la loi éternelle, à l’autorité de Dieu, alors il est légitime de désobéir, nous voulons dire aux hommes, afin d’obéir à Dieu. » Encyclique Libertas #13.

Quant à Dom Guéranger, son jugement est sans appel :

« Quand le pasteur se change en loup, c’est au troupeau de se défendre tout d’abord. Régulièrement sans doute la doctrine descend des évêques au peuple fidèle, et les sujets, dans l’ordre de la foi, n’ont point à juger leurs chefs.Mais il est dans le trésor de la révélation des points essentiels, dont tout chrétien, par le fait même de son titre de chrétien, a la connaissance nécessaire et la garde obligée.  Le principe ne change pas, qu’il s’agisse de croyance ou de conduite, de morale ou de dogme.  Les trahisons pareilles à celle de Nestorius sont rares dans l’Église; mais il peut arriver que des pasteurs restent silencieux, pour une cause ou pour l’autre, en certaines circonstances ou la religion même serait engagée. Les vrais fidèles sont les hommes qui puisent dans leur seul baptême, en de telles conjonctures, l’inspiration d’une ligne de conduite; non les pusillanimes qui, sous le prétexte spécieux de la soumission aux pouvoirs établis, attendent pour courir à l’ennemi, ou s’opposer a ses entreprises, un programme qui n’est pas nécessaire et qu’on ne doit point leur donner. » L’Année Liturgique, Le Temps de la Septuagésime, Vol. 4, fête de St. Cyrille d’Alexandrie.

« Nous choisissons ce qui a toujours été enseigné

et nous faisons la sourde oreille

aux nouveautés destructrices de l’Église.

Le mauvais usage de la vertu d’obéissance

est le coup de maître de Satan »

Mgr Lefebvre, 1974.

  Résumant l’ensemble des analyses traditionnelles, Mgr Marcel Lefebvre était donc fondé à déclarer à son tour, puisque la situation l’exigeait :

« Aucune autorité, même la plus élevée dans la hiérarchie, ne peut nous contraindre à abandonner ou à diminuer notre foi catholique clairement exprimée et professée par le magistère de l’Église depuis dix-neuf siècles. « S’il arrivait, dit saint Paul, que nous-même ou un Ange venu du ciel vous enseigne autre chose que ce que je vous ai enseigné, qu’il soit anathème. » (Gal. 1, 8.) N’est-ce pas ce que nous répète le Saint-Père aujourd’hui ? Et si une certaine contradiction se manifestait dans ses paroles et ses actes ainsi que dans les actes des dicastères, alors nous choisissons ce qui a toujours été enseigné et nous faisons la sourde oreille aux nouveautés destructrices de l’Église. » Déclaration, 21 novembre 1974

   Dieu nous l’indique – cette situation exceptionnelle que nous traversons, et dont le sens ne doit pas nous échapper est intervenue comme une épreuve que la Divine Providence a permise pour des raisons qui lui appartiennent pour éprouver notre foi, un siècle seulement après Vatican I – il est vital de conserver la Foi et la Doctrine de l’Eglise en résistant à l’autorité lorsqu’elle s’égare, en ces temps de terrible confusion.

Cette épreuve extrêmement dure, est un temps de pénitence envoyé par le Ciel, une période d’obscurité pour l’épouse de Jésus-Christ, de sorte de nous permettre, par l’esprit de résistance et de conservation du dépôt sacré, de nous attacher plus fortement encore s’il se peut, à Rome et au Siège de Pierre, c’est-à-dire au Saint-Père, en oeuvrant, inlassablement et avec une constante ardeur, au retour espéré de la Tradition catholique.

 

Notes.

1. Il importe d’insister sur le fait qu’un enseignement du Pape ou d’un Concile n’entraîne pas ipso facto une obéissance inconditionnelle : « celle-ci dépend et est proportionnée à l’intention avec laquelle le Magistère entend engager son autorité. » (I. Salaverri, Sacrae Theologiae Summa, cit., t.I, tr. III, I.II, § 637, p. 578). C’est ce que confirme le cardinal Journet : « Le degré avec lequel le Magistère s’exprime dépend donc encore une fois de la volonté, de l’intention du Pape et des Évêques unis à lui. Il n’y a pas de coïncidence définitive entre Magistère extraordinaire et Magistère infaillible. » (Cf. C. Journet, L’Église du Verbe Incarné, p. 531).

Or l’intention de Vatican II, telle que soulignée par Jean XXIII, puis Paul VI, est formelle :

– « Certains se demandent quelle est l’autorité, la qualification théologique qu’a voulu donner à son enseignement un Concile qui a évité de promulguer des définitions dogmatiques solennelles engageant l’infaillibilité du magistère ecclésiastique. […] Etant donné le caractère pastoral du Concile, il a évité de prononcer des dogmes comportant la note d’infaillibilité…»

Paul VI, discours du 12 janvier 1966.

2. Vatican II est un acte du Magistère authentique non infaillible, guidé, de surcroît, par des évêques non éminents « amore et studio doctrinae ab Apostolis traditae ac pari detestatione mnis novitatis » (Franzlin, De Divina Traditione, thèse IX), c’est-à-dire non par l’attachement à la Tradition et l’horreur de toute nouveauté, mais bien plutôt éminents « amore et studio momnis novitatis ac detestatione doctrinae ab Apostolis traditae », c’est-à-dire par un prurit de nouveautés et par la détestation de la Tradition ; guidés par des théologiens – vrais auteurs du Concile – autrefois condamnés par le Saint-Office. On peut donc dire que l’Esprit de Vérité s’est servi de l’aversion typique du libéralo-modernisme à l’égard des définitions dogmatiques pour empêcher que le Magistère infaillible de l’Eglise ne soit engagé dans un Concile, où, du côté humain, existaient toutes les prémisses pour des énoncés erronés. Et c’est là l’unique assistance, purement négative, que Vatican II, ou plus exactement l’Eglise à l’occasion de Vatican II, peut revendiquer de l’Esprit de Vérité. Et ceci permet d’expliquer aussi cette anomalie de l’unique Concile oecuménique dans l’histoire de l’Eglise auquel revient certes la qualité de Magistère extraordinaire, mais seulement authentique, c’est-à-dire non infaillible.

3. L’abbé Anthony Cekada prétend nier que ce passage de saint Robert Bellarmin soit applicable à notre situation présente, aux prétextes suivants :

« 1) Bellarmin parle ici d’un pape moralement mauvais qui donne des ordres moralement mauvais – et non pas d’un pape qui, comme les papes de Vatican II, enseigne l’erreur doctrinale ou impose des lois nuisibles.
2) Le contexte du passage cité est différent : il s’agit là du débat sur les erreurs du gallicanisme, et non pas du cas d’un pape hérétique.
3) Bellarmin justifie ici la “résistance” de la part de rois et de prélats, non pas de chaque catholique en particulier.
4) Bellarmin enseigne dans le chapitre suivant de son ouvrage qu’un pape hérétique perd automatiquement son autorité.
En un mot, ce passage ne peut ni être appliqué à la crise actuelle ni être invoqué contre le sédévacantisme. 
»

Cf. L’argument de “résistance” de saint Robert Bellarmin : encore un mythe traditionaliste.

Il est aisé de répondre à ces quatre objections qui n’en sont pas, en précisant que :

 1° Bellarmin – et avec lui Cajetan – parlent bien de “résister” aux erreurs doctrinales d’un pape tout en continuant à le considérer véritablement pape, puisque l’un et l’autre font valoir qu’en cas d’hérésie, le pape reste pape :

–  « L’homme n’est pas tenu d’obéir au pape quand ce que celui-ci commande est contraire à la loi de Dieu, et même dans quelques autres cas. Lorsque le commandement d’un homme est manifestement contraire à la loi de Dieu, c’est un devoir de lui désobéir (… ) les docteurs indiquent les remèdes suivants : avoir recours à Dieu par l’oraison, admonester ledit pape avec tout respect et révérence, n’obéir point à ses commandements notoirement injustes, et enfin lui résister, et empêcher qu’il ne fasse le mal projeté. »

Saint Robert Bellarmin,  De Romano Pontifice,  II, 29.

– « La papauté et Pierre sont comme « matière » et « forme » et seul Jésus-Christ a pouvoir sur leur union…et pour cette raison lui seul peut mettre des limites et établir la puissance du Pape. Un Pape qui est devenu hérétique incorrigible n’est pas automatiquement destitué … l’Eglise n’a pas puissance sur la Papauté, (…) il faut dire que, quand Pierre, devenu hérétique incorrigible est déposé par l’Eglise, il est jugé et déposé par une puissance supérieure non à la Papauté mais à l’union entre la Papauté et Pierre

Cajetan, De Comparatione Auctoritatis Papæ et Concilii, c. XX .1511.

 2° Que le contexte soit différent ne change rien à l’affaire. Les erreurs gallicanes relèvent, comme le modernisme, d’une même propension à l’hérésie, et cette dernière, on serait surpris du contraire, reste fausse par delà les époques.

 3° Cette résistance de rois ou de prélats peut, sans difficulté aucune, être étendue à l’ensemble des fidèles, comme le soutient saint Thomas : « si la foi est en danger, un sujet pourrait réprimander son prélat, même publiquement. » Som. Th., IIa IIae, Qu. 33, article 4, ad2.

 4°) La perte de l’autorité évoquée par Bellarmin, mais c’est là une erreur sédévacantiste classique, doit s’entendre selon la forme, non selon la matière (cf. 1°), faisant qu’hérétique ou non, le Pontife ne perd jamais sa charge.

Pentecôte : la descente de l’Esprit Saint !

4 juin 2017

« + Veni, creator Spiritus, Mentes tuorum visita,

Imple superna gratia, Quae tu creasti pectora + »

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El Greco, La Pentecôte, (1596-1600) ;  

Museo del Prado, Madrid.

 

La Pentecôte est l’une des principales fêtes chrétiennes avec Noël, qui commémore la naissance du Christ, et Pâques (sa résurrection). Le mot vient du grec pentêkosté qui signifie cinquantième. Cette fête rappelle en effet un événement qui a eu lieu le cinquantième jour après Pâques. Les premiers disciples reçurent l’Esprit Saint dans le Cénacle de Jérusalem, cinquante jours après la Résurrection, dix jours après l’Ascension de Jésus : des langues de feu se posèrent sur chacun d’eux (voir Actes des Apôtres, Ac 2,2-3).

Jésus l’avait annoncé lors de la dernière Cène qui eut lieu la veille de sa Passion (le Banquet Pascal est commémoré le jour dit du Jeudi Saint). Selon l’évangile selon saint Jean, dans le Discours de la Cène (chapitre 14, v. 15 à 31 : l’Esprit Saint que le Père enverra), (Jn, 15, 16), Jésus annonce qu’il va envoyer l’Esprit Saint, qu’il appelle le « Paraclet » (le Défenseur) : « Je vous ai dit ces choses tandis que je demeurais auprès de vous ; le Paraclet, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses et vous fera ressouvenir de tout ce que je vous ai dit.

A noter que le lundi de Pentecôte a lieu cinquante jours après le dimanche de Pâques. Le lundi de Pentecôte, comme le lundi de Pâques, n’a pas de signification en rapport avec la Bible. Cependant en France, avant la Révolution, la semaine qui suivait la Pentecôte (octave de la Pentecôte) était fériée. Le très coupable Concordat de 1801, qui fit suite à la Révolution, a réduit le caractère férié au seul Lundi de la Pentecôte. Jusqu’au concile moderniste Vatican II, le lundi de Pentecôte était une « fête d’obligation » au cours de laquelle l’Église catholique s’adressait aux nouveaux baptisés et confirmés. Depuis cette date, hélas ! le lundi de Pentecôte n’est plus solennisé, ceci n’empêche que ce jour appartient par tradition et par essence, à la fête de Pentecôte.

A propos du tableau : La « Pentecôte » du Greco, avec le « Baptême du Christ », la « Mise en croix », la « Résurrection »  (œuvre de la dernière époque), participe de quatre vastes tableaux peuplés apocalyptiquement de grandes figures qui, dans les mystérieuses franges des nuages lumineux, dans la couleur splendidement corrompue, enfin dans les langues de feu elles-mêmes,  montre les corps sous l’aspect angélique qu’ils prendront bientôt au Ciel.

La « folie universelle » du suffrage universel !

22 mai 2017

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« La Nation française est absolument étrangère

au sinistre pandémonium républicain intrinsèquement pervers,

que nous subissons en tant que système politique. »

Après plusieurs semaines d’un pitoyable cirque électoral où, comme à son habitude, le régime impie connu sous le nom de « République » – République née dans le crime, le blasphème et issue du « régicide » – a mis en scène le spectacle lamentable consistant, selon des intervalles temporels répétitifs qui font la joie des amuseurs publiques déguisés en journalistes, à désigner celui qui aura à présider – non la Nation française évidemment car la substance réelle de la France, qui prit corps lors du baptême de Clovis en l’an 496, est absolument étrangère à ce sinistre pandémonium laïc – le système idéologique intrinsèquement pervers que nous subissons.

Il est en conséquence sans doute nécessaire de rappeler sur quel type de mensonge repose la caricature de l’authentique « souveraineté » qu’est la désignation par le « suffrage universel » des successeurs de Robespierre (1758-1794) et de la sinistre cohorte composées des assassins de la Révolution, qui prétendent détenir et exercer une autorité au nom du « peuple ».

I. Essence de l’authentique « souveraineté » selon la doctrine contre-révolutionnaire

Joseph de Maistre (1753-1821), dans son analyse portant sur l’origine divine de toute souveraineté, eut cette célèbre phrase de l’Epître aux Romains par laquelle saint Paul affirme : « Il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu. » (Romains, XIII, 1.) Toutefois, loin d’en rester à la simple reprise de l’affirmation paulinienne, Maistre va lui donner une extension bien plus large en soutenant, dans son Essai sur le principe générateur des constitutions politiques (1814), que c’est toutes les constitutions politiques traditionnelles qui possèdent une origine divine. Pour Maistre il est donc évident que « Dieu « fait » les Rois », et ce de manière littérale.

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« Per me reges regnant » (Prov., VIII, 15.)

Le comte chambérien se réfère à la conception « mystique » du droit divin et insiste sur l’aspect sacral de la fonction royale, il reprend volontiers la sentence du livre des Proverbes : « Per me reges regnant » (Prov., VIII, 15.)

Maistre ne fonde pas sa doctrine de la légitimité politique de  la royauté sur la « naturalité », ni sur sa nécessité universelle, mais sur son caractère sacré. Bien sûr il a recourt parfois aux leçons de la politique expérimentale pour renforcer son discours : « …la politique expérimentale démontre que la monarchie héréditaire est le gouvernement le plus stable, le plus heureux, le plus naturel à l’homme, et la monarchie élective, au contraire, la pire espèce des gouvernements connus. » [1] mais il ne se laisse pas longtemps abuser, il sait que le réel est traversé par tant d’irrationalité qu’ « on trouve presque toujours la théorie la plus plausible contredite et annulée par l’expérience. » [2]

Et c’est  précisément cette irrationalité du réel qui est la marque même de la volonté divine au sein de l’Histoire ; c’est le caractère incompréhensible du développement historique qui est à l’origine de la théorie maistrienne de l’intervention providentielle.

Le sédévacantisme est une erreur !

« Le divin se manifeste dans l’histoire humaine

en n’obéissant à aucune loi humaine… »

La politique n’est donc pas une science raisonnée, mais le constat de l’ignorance des plans divins et l’aveu, par les hommes, d’une impossibilité à en maîtriser la logique. La perspective politique de Maistre est claire, le divin se manifeste dans l’histoire humaine en n’obéissant à aucune loi humaine, c’est là par exemple le sens de la sacralité du bourreau ou de la guerre, fondé en substance sur l’incompréhensibilité des impératifs supérieurs qui commandent et dirigent le destin des peuples. Cette notion est en radicale opposition avec l’esprit des « Lumières » qui voulut, en premier lieu, placer la « Raison » et le « Contrat » au centre de la cité, pour Maistre non seulement « l’état de nature » est une fiction, mais plus encore « l’état de nature est une contre nature. » [3]

Résurrection 1

« C’EST MOI QUI FAIS LES SOUVERAINS »

Dès lors qu’on le veuille ou non, et la volonté en ces matières est de peu d’importance, « L’homme ne peut faire de souverain. C’est pourquoi « il est écrit : C’EST MOI QUI FAIS LES SOUVERAINS. Ceci n’est point une phrase d’église, une métaphore de prédicateur ; c’est la vérité littérale, simple et palpable. C’est une loi du monde politique. Dieu fait les Rois, au pied de la lettre. Il prépare les races royales ; il les mûrit au milieu d’un nuage qui cache leur origine. Elles paraissent ensuite couronnées de gloire et d’honneur ; elles se placent ; et voici le plus grand signe de leur légitimité. » [4]

II. Nature impie de la « République »

La philosophie politique qui a présidé à l’émergence des idées de la Révolution française, idées qui aboutirent à la fameuse « Déclaration des droits de l’homme », Maistre s’emploiera inlassablement tout au long de sa vie à en déconstruire les postulats insensés et anti-traditionnels qui, follement, placent « l’homme » à la source du droit en l’installant sur le  trône vertigineux des amères désillusions, tel un dieu moderne objet d’un étrange et sinistre culte idolâtrique.

Droits de l'homme

« La Constitution de 1795 (…) est faite pour l’homme,

or il n’y a point d’homme dans le monde. »

Maistre aura d’ailleurs cette pertinente remarque à propos de la fiction abstraite que représente « l’homme » selon la pensée des Lumières : « La Constitution de 1795 (…) est faite pour l’homme, or il n’y a point d’homme dans le monde. J’ai vu, dans ma vie, des Français, des Italiens, des Russes, etc. ; je sais même, grâce à Montesquieu, qu’on peut être Persan : mais quant à l’homme, je déclare ne l’avoir rencontré de ma vie ; s’il existe, c’est bien à mon insu. » [5]

C’est cette profonde et dangereuse erreur philosophique, cette radicale inversion des valeurs, ce coupable renversement des hiérarchies authentiques, qui est proprement un acte « satanique ». Le crime initial, accompli par les philosophes des Lumières, est d’avoir supposé qu’il était possible, et même nécessaire, d’abattre la relation de dépendance ontologique qui unissait l’homme à son Créateur, de faire de l’homme le fondement universel de tout, et d’ainsi s’approprier l’Histoire en méprisant les lois civilisatrices qui, sagement, prévenaient les sociétés anciennes des égarements de l’humaine nature trop humaine.

L’homme a voulu se faire Dieu et se faisant il est devenu le suppôt du diable. Comme le rappellera Maistre : « Tout varie, sauf les lois éternelles.» [7] Dès que l’on ose y toucher, par audacieuse imprudence, c’est le crime, l’anarchie et le chaos qui inévitablement triomphent et s’en est alors définitivement fini du droit véritable.

III. La République est le régime de l’esclavage de « l’opinion »

Dès lors, face à cet état de fait, en ayant brisé les vénérables institutions, la République qui s’est imposée par la terreur, le génocide et l’antichristianisme, s’est constituée une illusoire « légitimité » en conférant soi-disant au « peuple » l’origine de la « souveraineté ».

Or cette origine est une escroquerie objective, le peuple ne possède aucune « souveraineté », car tout pouvoir vient de Dieu et de Lui seul ! Affirmer le contraire, se revendiquer de la « souveraineté du peuple », relève de la conception inversée de l’autorité issue de la pensée de la Révolution ; c’est donc une position tout simplement sacrilège.

Par ailleurs, une escroquerie en entraînant une autre, le vicomte Louis de Bonald (1754-1840) écrit fort justement, montrant que la République en réalité – alors qu’elle prétend agir au nom de sa devise « Liberté », « Egalité », « Fraternité » -, dissimule, par le mécanisme de la délégation du pouvoir par l’élection des « représentants du peuple », un système qui est celui de « l’esclavage » : « Des hommes (…) dont toute la métaphysique est l’obscurité d’un esprit faux, et toute la politique les désirs effrénés d’un cœur corrompu, ont avancé que la souveraineté résidait dans le peuple. C’est là une proposition générale ou abstraite ; mais lorsqu’on veut en faire l’application à l’histoire ou par l’histoire, il se trouve que le peuple n’a jamais été et qu’il ne peut jamais être souverain : car où seraient les sujets quand le peuple est souverain ? Si l’on veut que la souveraineté réside dans le peuple, dans ce sens qu’il ait le droit de faire des lois, il se trouve que nulle part le peuple n’a fait des lois, qu’il est même impossible qu’un peuple fasse des lois, et qu’il n’a jamais fait, et qu’il ne peut jamais faire autre chose qu’adopter des lois faites par un homme appelé par cette raison législateur : or, adopter des lois faites par un homme, c’est lui obéir ; et obéir n’est pas être souverain, mais sujet, et peut-être esclave. » [8]

Louis de Bonald résume ainsi la situation : « Si l’on prétend que la souveraineté réside dans le peuple, dans ce sens que le peuple en délègue l’exercice en nommant ceux qui en remplissent les diverses fonctions, il se trouve que le peuple ne nomme personne, et ne peut même nommer qui que ce soit ; mais qu’un nombre convenu d’individus, qu’on est convenu d’appeler peuple, nomment individuellement qui bon leur semble, en observant certaines formes publiques ou secrètes dont on est également convenu. Or des conventions ne sont pas des vérités (…) Donc cette proposition générale ou abstraite : La souveraineté réside dans le peuple, n’a jamais reçu et ne peut recevoir aucune application ; donc c’est une erreur. » [9]

L’exercice favori de ce régime est l’instrumentalisation de la pensée

afin de pousser les masses ignorantes, formant le troupeau servile des électeurs,

à accorder leurs suffrages à des candidats choisis par avance.

Ce à quoi se rajoute de nos jours, bien que le principe soit depuis toujours identique en République – la manipulation de l’opinion, autrefois par l’intermédiaire des libelles, pamphlets, affiches, etc., à présent par la puissance gigantesque des médias (chaînes de télés, radios, journaux, internet), qui sont entre les mains d’intérêts privés (banques, industries, groupes de pressions, sociétés occultes, etc.), s’adonnant à l’exercice favori de ce régime, soit l’instrumentalisation de la pensée afin de pousser les masses ignorantes, formant le troupeau servile et docile des électeurs, à accorder leurs suffrages à des candidats choisis et sélectionnés par avance, soit par les partis qui se partagent le pouvoir, soit par des groupes influents au service de projets ténébreux étrangers au bien commun, disposant des moyens financiers, structurels et matériels gigantesques qui leur permettent de faire élire ceux qui ont été désignés en lieux secrets et discrets, et de les faire parvenir aux plus hautes fonctions de l’Etat.

Mgr de Ségur

« La presse est le grand levier de la Révolution »

Comme le soulignait déjà Monseigneur de Ségur (1820-1881) : « La presse est le grand levier de la Révolution » [10], cette « Révolution », utilisant avec un art consommé, tous les leviers de la manipulation des esprits à grande échelle : « Elle se fait tout à tous pour gagner tout le monde à sa cause. Afin de pervertir les chrétiens, afin de nous ravir le sens catholique, elle se sert de l’éducation, qu’elle fausse; de l’enseignement, qu’elle empoisonne; de l’histoire, qu’elle falsifie; de la presse, dont elle fait l’usage que chacun sait; de la loi, dont elle prend le manteau; de la politique, qu’elle inspire; de la Religion elle-même, dont elle prend parfois les dehors pour séduire les âmes. » [11]

Sa description de la situation permettant la « fabrication » de l’opinion publique, qui date pourtant d’un siècle et demi, est plus que démonstrative : « Sur cinq cent quarante journaux, il n’y en a peut-être pas trente qui soient vraiment chrétiens. Pour quatre-vingts ou cent mille lecteurs de feuilles publiques respectant la foi, l’Eglise, le pouvoir, les principes, cinq ou six millions d’hommes avalent tous les jours le poison destructeur que leur présentent goutte à goutte les journaux impies. Que l’on me pardonne cette comparaison : la presse est, entre les mains de la Révolution, un grand appareil à seriner les hommes. Quand on veut apprendre un air a des oiseaux, on leur répète cet air dix et vingt fois par jour, au moyen d’un instrument ad hoc. Les chefs du parti révolutionnaire, pour former, comme on dit, l’opinion publique, pour faire entrer dans les têtes leurs idées fatales, ont recours à la presse ; chaque jour, ils tournent la manivelle; chaque jour, ils répètent dans leurs journaux l’air qu’ils veulent imposer au public, et bientôt les serins chantent. Et voila l’opinion publique. » [12]

Sachant qu’aujourd’hui, le processus de « fabrication de l’opinion » décrit par Mgr de Ségur, dans notre société du spectacle télévisuel permanent, s’est amplifié avec les nouveaux médias jusqu’à atteindre des proportions totalement inouïes, dont il était impossible, il y a encore peu, d’imaginer la dimension qu’elle prendrait.

Conclusion

Le système et son hideux spectacle de fête foraine, sont donc fermement cadenassés, et il faut soit être un profond naïf, soit un fieffé menteur, pour soutenir que quelque chose de salvateur, libre, vrai et sincère, puisse surgir de cette tartufferie grotesque, entièrement contrôlée par des requins pervers, qui a pour nom « les élections ».

Pío IX

« Oui, le suffrage universel

mériterait plutôt le nom de folie universelle.. »

On comprend pourquoi Pie IX put soutenir que le suffrage universel devrait prendre le titre de « folie universelle », livrant le gouvernement de l’État aux hommes de mensonge en écartant les hommes de la vérité, une folie universelle qui, au lieu d’être l’expression véritable de la volonté populaire, n’en est qu’un signe « apparent ». Le Pontife déclarait à ce propos, devant un groupe de pèlerins français : « Je bénis tous ceux qui coopèrent à la résurrection de la France. Je les bénis dans le but, (laissez-moi vous le dire), de les voir d’une œuvre bien difficile mais bien nécessaire, celle qui consiste à faire disparaître ou à diminuer une plaie horrible qui afflige la société contemporaine, et qu’on appelle le suffrage universel. Remettre la décision des questions les plus graves aux foules, nécessairement inintelligentes et passionnées, n’est-ce pas se livrer au hasard et courir volontairement à l’abîme ? Oui, le suffrage universel mériterait plutôt le nom de folie universelle… » (Pie IX, 5 mai 1874).

Il est de ce fait, à titre individuel ou collectif, inutile voire sacrilège de participer à cette mascarade électorale en fondant quelques vains espoirs sur tel ou tel parti « républicain », puisque rien ne peut sortir de bon de la République. La République, système faux et trompeur, ne possède pas la réponse aux questions qu’elle pose ; c’est un régime mauvais en son essence, pervers en son origine, radicalement malsain en son organisation, qui ne mérite qu’une chose : disparaître, pour que puissent un jour, et enfin, refleurir les Lys de France !

Lire :

Pourquoi faut-il

une théocratie catholique ?

Notes.

  1. J. de Maistre, Préface de l’Essai sur le principe générateur des constitutions politiques, 1814.
  2. Ibid.
  3. J. de Maistre, Œuvres Complètes, t. VII, p. 526.
  4. Ibid.
  5. J. de Maistre, Considérations sur la France, ch. VI, 1795.
  6. Œuvres Complètes, t. II, p. 253.
  7. Ibid.
  8. L. de Bonald, Théorie du pouvoir politique et religieux dans la société civile, démontrée par le raisonnement et par l’Histoire, 1796.
  9. Ibid.
  10. Mgr de Ségur, La Révolution expliquée aux jeunes gens, 1871.
  11. Ibid.
  12. Ibid.

Fête de Sainte Jeanne d’Arc

14 mai 2017

Jeanne d'Arc

« Dieu, qui avez donné à Jeanne de Domremy

d’être vaillante aux humbles travaux du ménage et des champs

et généreusement fidèle à tous vos appels, accordez-nous, par son intercession,

d’accomplir avec foi tous les devoirs de notre état

et de vous servir si courageusement dans nos besognes

de la terre que nous méritions d’avoir part,

avec Jeanne et tous les Saints de France,

au royaume du Ciel. Par Jésus-Christ Notre-Seigneur. »

AVE MARIA

Sainte Jeanne de Domremy Priez pour nous.

(50 jours d’indulgence)

21 juin 1941

Emile Blanchet, Evêque de Saint-Dié.

Sceau Jeanne d'Arc

Historique de la Fête de Sainte Jeanne d’Arc

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