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L’Eglise et l’apostasie du ralliement «infaillible» à la Révolution !

12 décembre 2017

GADLU

Pius_VII

Droits de l'homme

La politique « infaillible » de ralliement et de réconciliation avec la République –

régime naturaliste, athée, anticatholique et maçonnique -,

suivie par l’Eglise depuis la Révolution Française,

mise en œuvre par les papes Pie VII, Léon XIII, Benoît XV et Pie XI,

est une désorientation majeure, une authentique « apostasie »,

qui enfanta le concile Vatican II, ses erreurs et ses hérésies.

 

Comment se peut-il donc, si l’Eglise bénéficie d’une promesse d’assistance constante du Christ, accompagnée de la certitude que « Les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle» (Matthieu XXVIII, 20), qu’elle ait pu porter, le 28 octobre 1958, sur le trône de Saint Pierre un moderniste, Jean XXIII [1], qui permit le triomphe des idées libérales en prenant l’initiative de convoquer un nouveau concile lors duquel toute la religion a été changée ?

Comment est-il possible qu’une Eglise, en théorie, assistée de « l’Esprit-Saint », et à cette époque considérée comme parfaitement « en ordre », ait pu proclamer officiellement de la chaire de Saint-Pierre une doctrine hérétique, contradictoire d’avec l’enseignement constant et permanent des vingt siècles qui précédèrent Vatican II ?

Le Christ aurait-il failli à ses promesses, serait-il trompeur et menteur ? C’est impossible !

Il nous faut donc admettre, que nous sommes en présence d’un « mystère » d’ordre surnaturel, dont les racines plongent dans la « métahistoire », c’est-à-dire une Histoire qui a son origine dans le Ciel, au niveau surnaturel [2].

I. La responsabilité de l’Eglise de par sa trahison face à l’esprit du monde »

Nous sommes donc conscients que se livre en ce monde, l’éternel combat entre les deux « Cités », dont la résolution n’adviendra qu’à la fin des temps, lorsque les puissances ténébreuses seront définitivement vaincues. Mais avant ce moment, attendu, se déroule devant nos yeux une lutte qui n’est pas « extérieure » à l’Eglise, et dont nous pouvons aisément identifier les signes dans les événements que traverse la société, divine et humaine, fondée par Jésus-Christ, qui est parfois « plus ou moins forte ou plus ou moins faible« , à l’égard des séductions de l’adversaire dans son cheminement en ce monde.

V2

POPE JOHN XXIII LEADS OPENING SESSION OF SECOND VATICAN COUNCIL

Vatican II n’est pas arrivé soudainement,

mais une sorte de progressive conciliation avec l’erreur

s’était développée, depuis de longues décennies avant le concile.

De ce point de vue, la situation que connaît l’Eglise depuis le dernier concile, nous montre, de façon assez troublante, que Vatican II n’est pas arrivé soudainement, mais qu’une sorte de progressive conciliation avec l’erreur s’est développée, depuis de longues décennies antérieurement au concile, de par l’attitude de bienveillance, pour ne pas dire plus, de certains papes avec les idées révolutionnaires, dont on sait qu’elles sont placées sous la domination des puissances occultes sataniques.

Le complot, les manœuvres des sociétés secrètes, les forces occultes instrumentalisant l’Histoire et les institutions politiques et religieuses, n’expliquent pas tout. Il faut également avoir le courage de considérer la faiblesse, les trahisons et les reniements de l’Eglise, qui ont joué un rôle déterminant dans le chaos actuel que traverse la religion. Ceci d’autant, comme le vit très bien Joseph de Maistre (1753-1821), que le but de la République, dès son origine, ne fut autre que d’éradiquer le christianisme de la Nation, ce qui se traduisit par  la confiscation des biens de L’Eglise, l’interdiction des congrégations, la fermeture des établissements où l’enseignement été dispensé par les prêtres, la destruction des édifices religieux, l’organisation des massacres de religieuses et religieux du seul fiat de leur état, les profanations, etc. : « Il y a dans la Révolution française, un caractère satanique qui la distingue de tout ce qu’on a vu et peut-être de tout ce qu’on verra. (…) Le discours de Robespierre contre le sacerdoce, l’apostasie solennelle des prêtres, la profanation des objets du culte, l’inauguration de la déesse Raison, et cette foule de scènes inouïes où les provinces tachaient de surpasser Paris ; tout cela sort du cercle ordinaire des crimes, et semble appartenir à un autre monde. » (Considérations sur la France, ch. V, 1796).

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Le but de la République, dès son origine,

ne fut autre que d’éradiquer le christianisme de la Nation.

Ce projet antichrétien, il ne faut pas l’oublier, est à la base de la République, c’est son objet premier, permanent et la mise en œuvre de ce sinistre but, se poursuit inexorablement depuis 1789.  C’est pourquoi, il est absolument impossible pour l’Eglise, de pouvoir pactiser avec la Révolution, de signer des accords avec elle, de lui reconnaître une légitimité, car cela en revient, objectivement, à  conclure une alliance avec le démon !

II. Le « Concordat », ou la compromission de l’Eglise avec le Gouvernement satanique issu de la Révolution

Pourtant, c’est bien d’une alliance démoniaque qui eut lieu de par la décision du 15 juillet 1801 (26 messidor an IX), où le pape Pie VII, en tant que Vicaire du Christ, signa un « Concordat » avec la Nation française, athée, révolutionnaire et criminelle de 1789, celle-là même qui profana et souilla horriblement par des actes antireligieux abominables les temples chrétiens, se livra à la destruction des édifices sacrés, viola les sépultures, et conduisit des milliers de prêtres, de religieuses et religieux à la mort en raison de leur état ecclésiastique. Et depuis cette date, on ne peut que constater, une sorte de tendance constante de l’Eglise à pactiser avec le monde et ses légions.

concordat

Par le « Concordat » signé par Pie VII,

l’Eglise, institution divine fondée par Dieu,

conférait, « infailliblement », une légitimité à la Révolution

négatrice de la religion et foncièrement antichrétienne.

On ne saurait oublier, que le pape Pie VII, signa l’abominable formule du « Concordat », qui prévoyait en ses articles les dispositions suivantes : « Article 6. Les évêques, avant d’entrer en fonctions, prêteront directement, entre les mains du premier Consul, le serment de fidélité qui était en usage avant le changement de gouvernement, exprimé dans les termes suivants : « Je jure et promets à Dieu, sur les Saints Evangiles, de garder obéissance et fidélité au Gouvernement établi par la Constitution de la République française. Je promets aussi de n’avoir aucune intelligence, de n’assister à aucun conseil, de n’entretenir aucune ligue, soit au dedans, soit au dehors, qui soit contraire à la tranquillité publique; et si, dans mon diocèse ou ailleurs, j’apprends qu’il se trame quelque chose au préjudice de l’Etat, je le ferai savoir au Gouvernement ». Article 7. Les ecclésiastiques du second ordre prêteront le même serment entre les mains des autorités civiles désignées par le Gouvernement. Article 8. La formule de prière suivante sera récitée à la fin de l’office divin, dans toutes les églises catholiques de France : « Domine, salvam fac Republicam; Domine, salvos fac Consules« . […] Article13. Sa Sainteté, pour le bien de la paix et l’heureux rétablissement de la religion catholique, déclare que ni elle ni ses successeurs ne troubleront en aucune manière les acquéreurs des biens ecclésiastiques aliénés; et qu’en conséquence la propriété de ces biens demeurera incommutable entre leurs mains ou celles de leurs ayants cause. Article 16. Sa Sainteté reconnaît, dans le premier Consul de la République française, les mêmes droits et prérogatives dont jouissait près d’elle l’ancien gouvernement. » (Fait à Paris, le 26 Messidor de l’an IX de la République française -15 juillet 1801).

C’était, évidemment, un renoncement total devant le Gouvernement Républicain, une manière pour l’Eglise, institution divine fondée par Dieu, de conférer, « infailliblement », une légitimité à la Révolution négatrice de la religion et foncièrement antichrétienne, puisque le concordat de 1801 fut signé le 26 messidor an IX à minuit entre Joseph Bonaparte, frère du Premier consul, suivi un mois plus tard, par la ratification du texte le texte par le pape, qui promulguait la bulle Ecclesia Christi (15 août 1801), commençant par ces mots : « Pie VII, par la divine Providence, souverain Pontife, voulant concourir au rétablissement du culte public de la religion catholique, et conserver l’unité de l’Eglise en France, a solennellement confirmé par ses lettres apostoliques scellées en plomb, commençant par ces mots, Ecclesia Christi, et données à Roma à Saint-Marie-Majeure, le 18 des calendes de septembre, l’an de l’Incarnation 1801, le second de son pontificat, la convention conclue entre les plénipotentiaires de sa Sainteté et ceux du Gouvernement français ; et comme dans ces mêmes lettres sa Sainteté a ordonné qu’il serait fait une nouvelle circonscription des diocèses français, elle a enfin voulu procéder à cette nouvelle circonscription par les lettres apostoliques scellées en plomb, dont la teneur suit… » (Pie VII, Bulle Ecclesia Christi,  Rome, à Sainte-Marie-Majeure, l’an de l’Incarnation 1801, le 3 des calendes de décembre, la seconde année de notre pontificat).

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Rome piétinait par cet acte,

la résistance courageuse d’évêques et prêtres

qui s’étaient opposés à la Constitution civile du clergé de 1790,

en le payant souvent de leurs vies.

Par delà le fait que Rome piétinait par cet acte, la résistance courageuse d’évêques et prêtres qui s’étaient opposés à la Constitution civile du clergé de 1790, en le payant souvent de leurs vies, en les obligeant à démissionner de leurs charges pour nommer de nouveaux évêques selon le découpage administratif de diocèses créés par la Révolution [3], le Concordat, qui est « un acte solennel passé de puissance à puissance », en venait pour l’Eglise, à traiter directement avec un pouvoir hérétique et schismatique, ce qui, en théorie, théologiquement, était impossible : «Le Pape ne contracte pas directement avec les pouvoirs hérétiques ou schismatiques (…) mais avec les évêques de ces contrées : ainsi les concordats conclus au commencement de ce siècle [XIXe] en faveur des églises du royaume [hérétique protestant]. C’est de la part du Saint-Siège une question de dignité. Les hérétiques sont envers l’Église des sujets révoltés. Était-il convenable que le chef de l’Église catholique entrât en négociation directe pour les intérêts spirituels avec des sujets rebelles à son autorité ? » [4]

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Article 8. La formule de prière suivante sera récitée à la fin de l’office divin,

dans toutes les églises catholiques de France :

« Domine, salvam fac Republicam; Domine, salvos fac Consules« .

(Pie VII, Concordat, 26 Messidor de l’an IX de la République -15 juillet 1801).

Ce « Concordat », plus qu’une erreur, fut une haute trahison et une faute gravissime, un péché, tant politique, que moral et spirituel de la part de l’Eglise et de son pape qui, « infailliblement », conféraient une légitimité à la Révolution, puisque la papauté acceptait une situation révolutionnaire, le Saint-Siège entérinant la déchéance des Bourbons, la mort de Louis XVI et approuvait le serment de fidélité des évêques au pouvoir régicide.

Il est vrai que c’est ce même Pie VII, à l’époque évêque-cardinal d’Imola, que l’on avait entendu prononcer ces paroles, la nuit de Noël 1797 à une population devenue républicaine par la force des fusils des armées révolutionnaires : « Oui ! mes chers frères, soyez de bon chrétiens, et vous serez d’excellents démocrates. La forme du gouvernement démocratique adoptée chez nous n’est point en opposition avec les maximes que je viens de vous exposer. Elle ne répugne pas à l’Évangile. Elle exige, au contraire, ces vertus sublimes qui ne s’acquièrent qu’à l’école de Jésus-Christ. Si vous les pratiquez sérieusement, elles seront le gage de votre bonheur, de votre gloire et de la splendeur de notre République. La seule indépendance que donnait aux anciens la forme de gouvernement dont ils jouissaient les avait ornés d’une foule de vertus. Républicains et, de plus, chrétiens, quels modèles de sainteté ne doivent pas être les citoyens....» (Mgr Luigi Barnaba Chiaramonti, Sermon de Noël, 1797).

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«Devenez de parfaits chrétiens et vous serez de bons démocrates »

(Pie VII, 25 décembre 1797).

Bien évidemment, comme il est toujours le cas lorsqu’on négocie avec l’erreur, le Concordat ne fut pas respecté, mais pire, Pie VII fut « convoqué » à Paris pour venir couronner Napoléon avec la « docilité d’un chapelain convoqué par son Seigneur à venir dire la messe au château…», cérémonie parodique où Napoléon se couronna lui-même en retirant la couronne des mains du pape !

Mais nous allons voir, combien funestes seront par la suite, les conséquences d’une telle attitude de renoncement honteux de l’Eglise vis-à-vis de la Révolution.

III. Le « Ralliement » à la République sous Léon XIII, devint la ligne politique « infaillible » de Rome

En effet, le « Concordat » consenti par Pie VII, allait avoir de terribles retombées sur l’orientation de Rome dans ses relations avec les pouvoirs politiques, dont la plus significative sera la décision du « ralliement » entérinée par Léon XIII à la fin du XIXe siècle.

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Par le « ralliement », Léon XIII encouragea les catholiques

et l’ensemble des autorités religieuses,

à la collaboration directe, et à la soumission, pleine et entière,

à l’égard des cadres institutionnels, juridiques et politiques

de l’Etat Français républicain maçonnique !

C’est ainsi que dans la très « infaillible » (sic)  encyclique sur le ralliement à la République de Léon XIII, « Аu milieu des sollicitudes» (1892), va être définie « officiellement » une position qui fut sans aucun doute l’acte le plus saisissant de l’Eglise depuis les premiers siècles, surtout lorsqu’on prend la peine de lire ce que le pape soutint dans ce texte, ventant la nécessité auprès des catholiques français du respect de l’abominable « Concordat » signé par Pie VII, et l’obligation de s’allier à la République : «Une grande union est nécessaire, et si l’on veut y parvenir, еst indispensable de mettre de côté toute préoccupation capable d’en amoindrir 1a force et l’efficacité. – Ici, Nous entendons principalement faire allusion aux divergences politiques des Français, sur la conduite à tenir envers 1a République actuelle (…) Divеrs Gouvernements politiques se succédés en France dans le cours de ce siècle, et chacun avec sa forme distinctive Empires, Monarchies, Républiques. En se renfermant dans les abstractions, on arriverait à définir quelle est la meilleure de ces formes, considérées en elles-mêmes; on peut affirmer également en toute vérité que chacune d’elles est bonne…(…) [la] nécessité sociale justifie. la création et l’existence des nouveaux gouvernements, quelque forme qu’ils prennent (…) une difficulté se présente : «Cette République, fait-on remarquer, est animée de sentiments si antichrétiens que les hommes honnêtes, et beaucoup plus les catholiques, ne pourraient consciencieusement l’accepter.» Voilà surtout ce qui a donné naissance aux dissentiments et les a aggravés. On eût évité ces regrettables divergences, si l’on avait su tenir soigneusement compte de la distinction considérable qu’il у a entre Pouvoirs constitués et Législation (…) c’est le Concordat quí, pendant tant d’années, a facilité en France, l’harmonie entre le gouvernement de l’Église et-celui de l’Etat. Sur le maintien de ce Pacte solennel et bilatéral, toujours fidèlement observé de 1a part du Saint-Siège (…) les catholiques français et tous les hommes sеnsés doivent pratiquer l’union et 1a, concorde, pour guérir, autant qu’il est possible encore, les maux dont la France est affligée, et pour relever même sa grandeur morale. Ces points sont, la Religion et la Patrie, les pouvoirs politiques et 1a législation, la conduite à tenir à l’égard ale ces pouvoirs et à l’égard de cette législation, le Соncоrdаt, la séparation de l’Etat et de l’Église. » (Léon XIII, Encyclique Au Milieu des sollicitudes, Donné à Rome, le 16 Février de l’année 1892).

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L’encyclique « Au Milieu des sollicitude » de Léon XIII,

entérina les pires actions criminelles de la République,

maçonnique et antichrétienne,

allant jusqu’à prôner la « séparation de l’Eglise et de l’Etat ».

Là, il ne s’est plus agi de « traiter » avec un régime hérétique et schismatique révolutionnaire, comme l’avait fait Pie VII en 1801, mais, carrément, d’encourager les catholiques et l’ensemble des autorités religieuses, à la collaboration directe, et à la soumission, pleine et entière, à l’égard des cadres institutionnels, juridiques et politiques de l’Etat Français républicain, en prenant fait et cause pour la « séparation de l’Etat et de l’Église », ce qui aboutira directement à la loi maçonnique dite de « Loi de 1905 », pensée, voulue et votée par le gouvernement anticlérical furieusement anticatholique d’Émile Combes (1835-1921).

Et ce texte aberrant de Léon XIII, qui entérinait les pires actions criminelles de la République maçonnique antichrétienne, allant jusqu’à prôner la « séparation de l’Eglise et de l’Etat », texte encyclique « Au Milieu des sollicitude », qui relève du Magistère infaillible, ceci signifiant qu’il possède, en principe, un pouvoir dogmatique sur le plan de son autorité canonique !

Le choc ressenti par les légitimistes et fidèles partisans du trône et de l’autel, qui conservaient un attachement profond à la Royauté, fut d’une extraordinaire violence, ceci faisant que la grande majorité des catholiques et du clergé refusèrent de s’y conformer (ainsi, par exemple, des députés Sosthène II de La Rochefoucauld (duc de Doudeauville) du comte de Douville-Maillefeu, du comte Bernis, etc.). Mais plus grave encore, on vit le monde catholique français, par obéissance aux décisions pontificales – ce qui n’est pas sans rappeler ce qui s’est produit lors du concile Vatican II, au nom du respect de l’autorité -, entrer dans un processus d’acceptation des principes républicains, acceptation qui se transforma peu à peu, comme il était à prévoir, en une soumission docile, puis, inévitablement en une complète adhésion.

Le catholicisme français, de monarchiste et traditionaliste, attaché à ses traditions, s’était transformé, par les vues faussées de l’Eglise en matière politique, prétendument « infaillibles », en un courant de démocratie-chrétienne dont il ne se départira plus.

IV. Le « ralliement » de Léon XIII, à l’origine de Vatican II

On dira que Léon XIII fut mal conseillé par le cardinal Rampolla (1843-1913), son Secrétaire d’Etat proche de la franc-maçonnerie, que ce bon pape de vit pas les conséquences d’une telle décision de « ralliement » à la ténébreuse République. Certes.

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La politique du « ralliement »,

inspirée à Léon XIII par le cardinal Rampolla,

frappée du sceau de « l’infaillibilité » magistérielle,

allait représenter une faute terrible et catastrophique.

Mais il n’empêche que cette orientation qui était frappée du sceau de « l’infaillibilité » magistérielle en 1892, allait représenter une faute terrible et catastrophique, qui plaçait en une situation de soumission les catholiques face à un pouvoir républicain aux mains des libres-penseurs athées antichrétiens, des israélites et de la franc-maçonnerie. C’était le signal officiel de l’Eglise – et qu’il y a-t-il de plus « officiel » et de plus solennel sur le plan de l’autorité, qu’un acte du « Magistère infaillible » ? -, de la nécessité faite, et ordonnée, aux catholiques, de la compromission, de la soumission et de la communion avec les idées libérales et républicaines.

Comme l’écrit Amé d’Hérival : « Léon XIII précipita et intensifia ses pressions sur le peuple de France, il accorda le 17 février 1892 à un journal non catholique, le plus lu de France (Le Petit Journal) une interview où il réitère sa consigne de ralliement : « Il n’y a que le gouvernement que la France s’est donné ». La veille il avait signé l’encyclique Au milieu des sollicitudes et le 21 la presse l’a faisait connaître au monde. Le Pape faisait  ainsi devoir aux catholiques d’abandonner la tradition catholique, qui fit la France, pour les jeter dans l’aventure de la Révolution, qui va la défaire.» [5]

Ce ralliement, couvert du sceau de « l’infaillibilité », était un ralliement, dans le droit fil de Pie VII et de la bulle Ecclesia Christi (1801), une acceptation de la loi du plus fort, la soumission devant l’adversaire, la lâche faiblesse vis-à-vis de l’ennemi juré de l’Eglise, la compromission et le renoncement face aux idées maçonniques issues de la Révolution.

Il ne manquera plus que de passer à l’étape suivante, c’est-à-dire du ralliement à la démocratie moderne au mondialisme, du respect des valeurs républicaines à la religion des « droits de l’homme », ce qui deviendra d’ailleurs des articles de Foi lors de Vatican II.

V. Pie XI, de la condamnation de « l’Action Française», à la trahison des «Cristeros »

La suite, hélas ! nous la connaissons que trop bien, et c’est avec le seul souci, très mondain, du pragmatisme politique, que l’Eglise aboutira, après le Décret de condamnation de l’Action Française sous Pie XI par le Saint Office, le 29 décembre 1926, ce qui entraîna la démission de sa charge cardinalice de Louis Billot (1846-1931) le 21 octobre 1927, et conduisit à l’interdiction faite aux adhérents de l’Action Française d’accéder aux sacrements, avec pour conséquence notable, en France, la modification d’un clergé et d’un épiscopat, entre 1926 et 1939, au sein duquel les traditionalistes se trouvèrent peu à peu remplacés par des clercs démocrates-sociaux et républicains.

L’Action Française, qui luttait courageusement contre les lois antichrétiennes de la République, bénéficiait pourtant de la sympathie d’une partie importante du clergé et des évêques, ce qui explique que le 10 mars 1925, l’assemblée des cardinaux et archevêques adressa un message à Pie XI, sur « les mesures à prendre pour combattre les lois de laïcité  ». Mais rien n’y fit. La politique de compromis de l’Eglise avec la République maçonnique, mise en œuvre depuis Pie VII, définie par Léon XIII, soutenue par Benoît XV, semblait être irréversible.

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L’Action Française qui luttait

contre les lois antichrétiennes de la République,

bénéficiait de la sympathie du clergé et des évêques,

de l’Eglise de France.

Le projet de Pie XI, est parfaitement résumé par l’Abbé Georges de Nantes (1924-2010), qu’il désigne comme un « crime politique », une sorte de « second ralliement » : « Pie XI résolut de frapper les évêques qui s’opposaient ainsi à la politique de ralliement, c’est-à-dire de collaboration avec la franc-maçonnerie et la démocratie chrétienne, sa politique. L’ignoble Briand voulait lui aussi frapper l’AF qui dénonçait très violemment sa politique de trahison au profit de l’Allemagne. L’obstacle à renverser du point de vue du Vatican, comme du point de vue de Briand, c’était l’AF. Elle remportait trop de victoires : en mai 1925, le gouvernement interdit le cortège de sainte Jeanne d’Arc. Malgré les barrages de police, cinquante mille parisiens défilèrent durant trois heures ! Quelques jours plus tard, Maurras fit cesser la violence en menaçant le ministre de l’Intérieur, Abraham Schrameck, d’être “ tué comme un chien ” si un nouveau militant nationaliste était assassiné. Le 25 juillet, soixante mille catholiques nationaux se rassemblaient en Vendée, au mont des Alouettes. Pour que la politique du Pape puisse prévaloir sans encombre, il fallait abattre Maurras, écraser l’Action française, et d’abord l’isoler. » [6]

Et cette scandaleuse condamnation par un Pape démocrate-chrétien de l’Action-Française en 1926, s’accompagna à la même période, dans le cadre du conflit des Cristeros au Mexique, qui vont va avoir des conséquences désastreuses sur les pieux fidèles du «Cristo Rey », d’une attitude ignoble cette foi-ci, puisqu’elle eut pour conséquence de précipiter des milliers de pieux serviteurs de la Foi catholique à la mort !

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Les Cristeros, par obéissance au pape « infaillible »,

sabordèrent leurs ligues et déposèrent les armes,

et furent éliminés par le Gouvernement maçonnique mexicain,

avec lequel Pie XI avait négocié secrètement.

En effet, on ne saurait oublier, malheureusement, que le pape Pie XI qui condamna l’Action Française, dans le cadre du conflit des « Cristeros », eut des décisions désastreuses au Mexique. Pourtant, les catholiques qui s’étaient rebellés contre le Pouvoir politique persécuteur des chrétiens (fermeture des lieux de culte et des écoles catholiques, interdiction des ordres religieux, blasphèmes, outrages, etc.), et en passant tueur de prêtres (des 4 500 prêtres avant la rébellion, seuls 334 resteront officiellement en 1934), étaient sur le point de l’emporter.

Après avoir, par obéissance au pape « infaillible » en son Magistère, sabordé leurs ligues de résistance et déposé les armes, ces catholiques fidèles – des paysans pour la plupart –, seront systématiquement éliminés de façon méthodique et sans pitié par l’armée fédérale dirigée par un Gouvernement maçonnique profondément anticatholique.

C’est pourtant avec ce Gouvernement athée que Pie XI négocia, sans en avertir les Cristeros, au nom des principes de la politique du ralliement devenue la ligne officielle de l’Eglise depuis Léon XIII. Le clergé, aux ordres du pape, considéré comme « infaillible », cessa alors tout soutien aux rebelles, allant même jusqu’à les menacer d’excommunication s’ils n’obéissaient pas ! La conséquence d’une telle décision, fut qu’ils moururent tous en martyrs de la foi – 5000 périront ainsi après la fin officielle de la guerre, assassinés –, au cri de « Viva Cristo Rey » / « Vive le Christ Roi » !

Conclusion

Voilà les fruits empoisonnés de la politique « infaillible » du ralliement, suivie par l’Eglise depuis la Révolution Française, mise en œuvre par les papes Pie VII, Léon XIII, Benoît XV et Pie XI, qui assortirent leurs décisions d’actes couverts, en théorie, par « l’infaillibilité » du Magistère : « Bulle », « Décret », « Encyclique », etc. Et il s’agit bien de décisions prises au sein d’une Eglise dite « en ordre », une Eglise qui prit ces décisions bien avant Vatican II.

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Les positions du concile Vatican II,

participent à l’identique d’une vision

qui introduisit les idées de la démocratie-chrétienne

à l’intérieur de l’Eglise

qui a agi en politique depuis 1789

au mépris de tous les principes sacrés.

Tels sont les faits, incontestables, d’une désorientation majeure, qui enfanta le concile Vatican II, ses erreurs et ses hérésies. Car les positions du concile Vatican II, participent à l’identique de cette vision qui introduisit les idées de la démocratie-chrétienne à l’intérieur d’une Eglise – courant au sein duquel se distingua, après Félicité de Lamennais (1782-1854), Marc Sangnier (1873-1950), créateur du « Sillon », mouvement idéologique républicain condamné par la lettre pontificale de saint Pie X du 25 août 1910 « Notre charge apostolique », puis Jacques Maritain (1882-1973) -, qui a souvent agi en politique depuis 1789 au mépris de tous les principes sacrés.

De l’acceptation, puis la soumission, et enfin « l’adhésion » aux thèses de la Révolution, on en est arrivé à « l’adoption » par l’Eglise elle-même, des conceptions révolutionnaires, comme cela se produisit officiellement, et fut proclamé « solennellement » à l’intérieur même de la Basilique Saint-Pierre à Rome lors du concile Vatican II qui, du ralliement à la République, au ralliement à la démocratie, puis au ralliement à l’idéologie mondiale des «droits de l’homme», nous retrace les origines d’un concile dont la source se situe dans le « ralliement à la Révolution », ayant abouti au final, au ralliement avec toutes les religions non-chrétiennes, dont en particulier le judaïsme déicide, acte couronné à Assise sous Jean-Paul II, par le rassemblement interreligieux qui se déroula le 27 octobre 1986 !

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Les papes Pie VII, Léon XIII et Pie XI,

ont assorti leurs actes de ralliement à la Révolution

maçonnique et antichrétienne

du sceau de « l’infaillibilité ».

Voici les sources, objectives, de l’apostasie, dans laquelle l’autorité de l’Eglise est tombée « infailliblement » à Vatican II, après s’y être fourvoyée, de façon tout aussi « infaillible » – et d’ailleurs bien plus, puisque si le dernier concile ne voulut pas faire usage de son pouvoir en matière d’infaillibilité, les papes Pie VII, Léon XIII et Pie XI, eux, ont eux assorti leurs actes de « ralliement » à la Révolution antichrétienne du sceau de « l’infaillibilité ».

Les causes de la crise terrible que connaît l’Eglise depuis le dernier concile, ne sont pas à chercher ailleurs, car c’est la tête, le sommet hiérarchique, c’est-à-dire l’Eglise enseignante elle-même qui a pactisé avec les forces ténébreuses de la Révolution depuis 1789, et ce genre de pacte diabolique se solde toujours par d’effroyables conséquences. L’idéologie mondiale et la religion des « droits de l’homme sans-Dieu », auxquels communie de façon impie et hérétique l’Eglise catholique aujourd’hui, n’ont pas d’autre explication.

Tout ceci nous montre, sur le plan théologique, de sorte d’éviter les pièges conjoints du modernisme et du sédévacantisme, que l’orthodoxie d’une doctrine provient de sa conformité à l’enseignement constant de l’Église, de sa fidélité à la Tradition, c’est la condition sine qua non de validité tant d’un Concile que de l’enseignement des Papes, ce qui signifie que « l’infaillibilité » n’est point « inconditionnelle » mais « conditionnelle ». [7] Ce principe manifeste de façon limpide la « mens catholica », à savoir : l’autorité est au service de la vérité ; elle est un moyen pour que la vérité soit communiquée. L’autorité, autrement dit, ne crée pas la vérité, elle la reconnaît, la garde et l’enseigne. Et lorsque ce n’est plus le cas, lorsque l’autorité s’écarte de la Tradition comme l’Eglise d’aujourd’hui nourrie des thèses du « ralliement » à l’esprit de la Révolution, c’est en vertu du critère objectif qu’est la « Tradition », qu’un catholique – et plus encore une société religieuse –,  a le droit de refuser les documents officiels et les décisions impies qui s’écartent de la Tradition

Lire :

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L’Église crucifiée par « l’esprit du monde »

Notes.

1. Béatifié par Jean-Paul II à l’occasion du Jubilé de l’an 2000, puis canonisé par le pape François le 27 avril 2014, la « fête » de « saint Jean XXIII » a été placée le 11 octobre, jour de l’ouverture du concile Vatican II, ce dernier ayant été convoqué par le pape dès le 25 janvier 1959, soit 90 jours après son élection au pontificat.

2. Cette « métahistoire », participe de la première Chute, lorsque les anges rebelles se sont révoltés contre Dieu, mystère nous liant au devenir d’une Histoire ultérieure, marquée par la lutte originelle qui est une lutte, comme nous l’apprend saint Augustin (354-430), entre la Cité du Ciel et celle de la Terre, deux « Cités » absolument irréconciliables et antagonistes, deux « Cités » que tout oppose et sépare, fondées sur des principes radicalement divergents, travaillant à des objectifs totalement contraires, poursuivant des buts à tous égards dissemblables.

3. On retiendra que le concordat, en créant des relations officielles entre l’État français et la papauté, nécessita une réorganisation de la hiérarchie catholique en France. En effet, avec la Constitution civile du clergé de 1790, les ecclésiastiques français avaient dû prêter un serment de fidélité à la Constitution. Le pape Pie VI a condamné en avril 1791 ce serment qui faisait des prêtres des quasi-fonctionnaires. Une autre des conséquences de la Constitution civile du clergé était l’élection des évêques par les prêtres de leur diocèse, au lieu du mode antérieur de nomination par le pouvoir politique avec confirmation par le pape. Depuis la Révolution française, il y avait donc un clergé d’Ancien Régime, dont souvent les évêques étaient en exil à l’étranger, et un clergé constitutionnel,remobilisé par le groupe des « Évêques réunis à Paris ». L’exigence formulée par le Premier Consul de composer un épiscopat à sa guise l’oblige à faire céder à la fois les évêques réfractaires en exil et les évêques constitutionnels encore en place. Le 15 août 1801, le pape Pie VII promulgua deux décisions pour permettre cette réorganisation : le brefTam multa exigea la démission des évêques institués par Rome, alors que le bref Post multos labores demanda celle des évêques élus. Sur les 81 évêques réfractaires encore en vie en 1801, 38 refusèrent d’adresser leur démission au pape et donnèrent ainsi naissance à la « Petite Église ».

4. G. Desjardins, Revue Catholique des Institutions et du Droit, Le concordat, Etude théologique, historique et canonique, 1885.

5. Philippe Prévost, dans son ouvrage remarquable, L’église et le ralliement ou l’histoire d’une crise, Centre d’études contemporaines, 2001, relève l’engagement acharné de Léon XIII et de l’Eglise à réaliser ce « ralliement » avec la République, puisque le pape multiplia les pressions, nomma à Paris un nouveau nonce chargé d’orienter plus énergiquement les évêques et les fidèles vers la République. Dès son arrivée Mgr Ferrata fut tellement élogieux à l’égard du Président Carnot que les protestations s’élevèrent un peu partout. Mgr d’Hulst lui-même écrivit au sujet du nonce :« Malgré l’illusion formidable sur laquelle repose la mission qu’il a reçue, il ne tardera pas à s’éclairer »et le recteur de l’Institut Catholique poursuit « le vrai fléau en ce moment, c’est l’africain. A Rome, on dit qu’il hypnotise le Pape ; en France, il nous terrorise… et invente un degré d’obéissance servile qu’aucun siècle chrétien n’a connu… » Amé d’Hérival explique : « Cette obéissance servile, insensée, Léon XIII va en user, en abuser en exploitant le libéralisme des meilleurs. Il appelle à Rome un homme à tout faire, on en trouve toujours en tous les temps, chez les libéraux, de ces hommes bien placés qui se prêtent soit par inconscience, soit par ambition, soit par servilité aux besognes de trahison. L’un de ces hommes choisis par Léon XIII est Monsieur Piou. Qui est Jacques Piou, qui sera pilote de la politique pontificale en France pendant quinze ans ? Un des députés monarchistes et catholiques des plus en vue à la Chambre. Opportuniste, comme la quasi totalité des hommes politiques de tous les temps. Après la monarchie, il essaiera du boulangisme, puis en 1890, il fonde à la Chambre le groupe de la Droite « indépendante » (c’est la pente habituelle !) lorsque le Pape le reçoit le 10 janvier 1891 et le charge de faire le nécessaire en France en amenant d’autres prélats à reprendre à leur compte le toast d’Alger. Il lui rappelle ses directives : « Accepter la constitution, fait accompli, mais pas la législation, fait réformable, et pour cela, par les élections sous étiquette républicaine, s’insérer dans le régime républicain et y faire de bonnes lois. » C’était commettre une grave erreur au plan des principes, comme au plan de la tactique. Descendre sur le terrain de l’adversaire en utilisant sa doctrine ! Un manque de sens politique que l’adversaire va exploiter avec un art consommé. » (A. d’Hérival, Le deuxième Ralliement 1892 – ses moyens, ses agents, n.d.).

6. Abbé G. de Nantes, La Condamnation de l’Action-Française, Il est ressuscité ! n° 14, septembre 2003, p. 13.

7. L’Église en sa « croyance unanime » est infaillible, mais le « Magistère ordinaire » est « conditionnellement infaillible« . Si l’on veut bien considérer comme caractéristique de cet enseignement autorisé, qu’on appelle magistère commun ou ordinaire, d’être en tout l’écho de la tradition unanime de l’Église, il paraît bien qu’il jouit, lui aussi et de ce fait, de l’infaillibilité. En revanche, s’il advient que le Pape ou les Évêques, même dans leur enseignement “authentique”, enseignement donné par eux en vertu de leur fonction, avec l’autorité de leur rang, en viennent à proférer quelque nouveauté ou quelque opinion discutée, pareille doctrine ne peut être considérée comme relevant du Magistère ordinaire. Elle ne présente alors aucune garantie d’infaillibilité. Et c’est la grande infirmité de ce magistère ordinaire de n’être pas séparé par une frontière nette et incontestable du royaume des opinions humaines Seul le « Magistère extraordinaire » ou « solennel » est, de lui-même, strictement et pleinement infaillible. L’Eglise en effet, alors qu’elle exige pour le Magistère infaillible un assentiment ferme, irrévocable, inconditionnel, c’est ce qu’explique le P. Joaquin Salveri de la Torre (1892-1979) : « L’Eglise demande pour le Magistère authentique un assentiment relatif et conditionné : conditionné, surtout, par la fidélité de l’enseignement proposé au dépôt de la foi » (Salaverri, s.j., De Ecclesia Christ in Sacrae Theologiae Summa, liv. II, p. 658). De la sorte, contre les thèses inexactes : le Magistère ordinaire n’est pas « nécessairement infaillible », il l’est « conditionnellement », ou possiblement, et entre la possibilité et l’acte, est-il besoin de le rappeler à moins d’oublier volontairement toutes les leçons de scolastique, il y a une grande différence.

Concordat_1801

Bibliographie : 

A. Loubier, Légitimisme et papauté, Ed. Sainte Jeanne d’Arc, 2006.

A. Loubier, L’Action Catholique, Cheval de Troie du Modernisme, Ed. Sainte Jeanne d’Arc, 2007.

A. Loubier, Aux portes de l’Enfer : le concordat de 1801, Ed. Sainte Jeanne d’Arc, 2009.

P. Prévost, L‘Eglise et le ralliement, Ed. C.E.C – 2013.

Ouvrages disponibles auprès de : CHIRÉ – DPF

L’Eglise a besoin de saints prêtres et du renouveau des ordres religieux

5 décembre 2017

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L’Eglise a besoin de saints prêtres

qui refassent l’Europe chrétienne !

I- Le Prêtre un autre Christ

Mais qui sont-ils, ces hommes vêtus de noir, vivant dans l’austérité, la piété fervente, le renoncement aux plaisirs du siècle et portant dans le monde la soutane comme signe de leur appartenance à Dieu ? D’où viennent-ils, avec leur état sacerdotal qui respire l’éternité ? Que disent-ils au monde de demain, qui fasse que chacun se sente concerné et interrogé en son existence par ces êtres qui ont tout abandonné pour suivre le Christ ?

Ils incarnent en réalité, concrètement, dans leurs vies si étrangères aux valeurs désorientées de nos temps ténébreux, l’appel du Seigneur, et témoignent, de façon admirable, du caractère permanent et actuel de cette déclaration de l’Evangile :  « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi ; mais c’est moi qui vous ai choisis et vous ai établis pour que vous alliez et portiez du fruit et que votre fruit demeure, afin que tout ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donne. Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres. » (Évangile selon Jean, XV, 16-17). [1]

 L’Eglise vit de l’Eucharistie et du Sacerdoce

II – L’état sacerdotal est nécessaire à la vie de l’Eglise

L’Eglise, qui traverse une crise sans précédent dans son histoire, a en effet grand besoin de saints prêtres !  C’est par eux, soyons-en certains, que reviendra la foi, la vie sacramentaire dans les paroisses, la ferveur spirituelle au cœur de la cité et des nations pour que demain, si Dieu le veut, soit réédifiée la chrétienté.

L’Eglise, bien évidemment, vit de l’Eucharistie et de la célébration du culte divin, mais elle vit également aussi du Sacerdoce, car sans prêtres point de vie ecclésiale. De ce fait, même si nous pouvons avoir un regard sévère, et singulièrement critique, face à un ralliement sans condition vis-à-vis de l’Eglise issue de Vatican II qui ne fait que poursuivre la même erreur de pactisation avec les forces obscures qui advint lors du Concordat en 1804, néanmoins nous croyons juste, et de notre devoir catholique, de défendre et soutenir un appel vers la prêtrise, car cet appel vers le sacerdoce, s’il est un gage de renouveau pour l’Eglise  – qui demeure malgré ses péchés et son égarement, l’épouse de Jésus-Christ –, et surtout vital pour elle, d’autant plus en un temps où l’image du prêtre a tellement été noircie dans les médias.

Le sacerdoce, participe du Sacré-coeur de Jésus

Aujourd’hui où bien des voix s’élèvent pour remettre en cause l’identité profonde du prêtre, son état de vie, sa raison d’être et sa nécessité, il importe de réentendre sur ce sujet l’enseignement constant de l’Église, enraciné dans l’Ecriture et la Tradition ininterrompue. Le prêtre, sacrement du Christ-Sauveur, est, avec Jésus et en sa dépendance, médiateur de Dieu auprès des hommes, et des hommes auprès de Dieu.

Configuré dans son être même au Christ, le prêtre se donne tout entier à Dieu. L’Église catholique, consciente de la grâce prodigieuse du sacerdoce ministériel, dans sa prière ardente, demande à son Époux de lui donner des pasteurs selon son cœur, car le sacerdoce, participe du Sacré-coeur de Jésus.

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Ce sont des ordres religieux que surgiront les âmes éprises

du feu dévorant de la mystique chrétienne,

capables de transformer les coeurs

et de ramener les foules vers le Christ !

III – Pour un renouveau mystique et religieux en Europe

Loyola MartyriumPar ailleurs, car il convient de regarder loin à l’horizon du destin historial des peuples, ce sont des paroisses revenues à la Tradition catholique, que la France et l’Europe se réarmeront moralement et spirituellement de sorte de faire face à la grande menace que constituent tout à la fois le libéralisme mondialiste et l’activité militante d’un un islam conquérant sur le sol national, mais aussi que naîtront les vocations, non seulement pour le ministère de la prêtrise, mais pour la vie religieuse régulière.

Or, ce sont précisément des ordres religieux, comme depuis les débuts du christianisme en Europe, que surgiront les âmes éprises du feu dévorant de la mystique chrétienne, capable de transformer les coeurs et de ramener les foules vers le Christ et l’Evangile !

Car c’est d’une grande entreprise de conversion dont a besoin l’Occident qui fut autrefois « chrétien », et qui ne cesse, depuis la Révolution, de sombrer dans l’athéisme et le matérialisme destructeurs. Il convient donc que des générations entières rejoignent les rangs des ordres, et prennent l’habit religieux pour répandre de nouveau la lumière de la civilisation chrétienne en ce monde perdu. Et que ces générations d’âmes consacrées, s’engagent  dans un vaste mouvement d’évangélisation, sans crainte des épreuves, avec constance et courage, sans peur de l’adversité [2].

Dieu nous l’indique – cette situation exceptionnelle que nous traversons, et dont le sens ne doit pas nous échapper est intervenue comme une épreuve que la Divine Providence a permise pour des raisons qui lui appartiennent pour éprouver notre foi, un siècle seulement après Vatican I.

MonasteryGarments

Il convient que des générations entières rejoignent les ordres,

et prennent l’habit religieux

pour répandre de nouveau les lumières de la chrétienté !

Conclusion

Cette épreuve extrêmement dure, est un temps de pénitence envoyé par le Ciel, une période d’obscurité pour l’épouse de Jésus-Christ, de sorte de nous permettre, par l’esprit de fidélité et de conservation du dépôt sacré, tout en fuyant le schisme et la logique perverse de la division, de la rupture d’avec l’Eglise à cause de la tragique désespérance dont on sait qu’elle fera surgir des contre-églises séparées, des épiscopats aux sources douteuses, des chapelles hostiles, des évêchés ennemis, des antipapes déments, des structures néo-catholiques sectaires – de nous attacher plus fortement encore s’il se peut, à Rome et au Siège de Pierre, en oeuvrant, inlassablement et avec une constante ardeur, au retour espéré de la Tradition catholique.

Sancta_Clara

Chevalier-à-genoux-épée-autel

« Auf, auf ihr Christen ! »

D’autant qu’il pourrait y avoir, qui plus est, dans ce grand mouvement de retour des populations à la religion, des ponts surprenants établis entre les ordres religieux et les ordres militaires qui firent, jadis, la grandeur du monde médiéval, et qui sait, un jour prochain, faire que l’on assiste, enfin, au « re-surgissement » des antiques ordres de la chevalerie chrétienne qui combattirent, armes à la main, « Ad Majorem Dei Gloriam » !

$T2eC16VHJHYFFkPR9-)-BR8ZJpekZ!--60_35L’expérience de notre confrontation avec le nihilisme contemporain sous ses diverses formes, et dont la société d’aujourd’hui hideusement désacralisée offre le pénible spectacle, nous a appris à ne pas interpréter la situation présente uniquement en termes de deuil circonstanciel, de néant relatif à une période déterminée. Nous le savons, le nihilisme n’est pas un phénomène historique, il traverse et commande la totalité de l’Histoire, car, ainsi que le soulignait Joseph de Maistre : « Le mal a tout souillé, et dans un sens très vrai tout est mal puisque rien n’est à sa place. (…) Tout les êtres gémissent et tendent avec effort vers un autre ordre des choses. » [3]

A chaque période de l’Histoire, doit donc se lever les énergies nécessaires au rétablissement des bases fondamentales de la Vérité transcendante, qui chaque fois, exige des hommes, un nouvel élan en fidélité avec l’essence profonde qui est en lien avec le Ciel, faute de quoi, les forces liguées de la corruption qui dominent en ce monde depuis la rupture adamique – et même avant dès la révolte des anges rebelles -, poussent inévitablement vers le chaos et les ténèbres. Et à cet égard, comme le comprit très bien Joseph de Maistre déjà cité, si c’est « contre la religion et contre l’Eglise » que la Révolution a combattu pour porter à la victoire sa vision d’une société athée, laïque et antichrétienne, c’est « par la religion et par l’Eglise », que pourra être réédifiée la civilisation chrétienne.

C’est pourquoi, afin que la lumière sans déclin règne de nouveau dans la Cité terrestre, avant qu’elle ne triomphe éternellement dans la Cité céleste, reprenons l’injonction que fit Abraham a Sancta Clara (1644-1709), né comme le philosophe Martin Heidegger (1889-1976) à Messkirch, à ses contemporains au moment où les Turcs menaçaient Vienne en 1683, en publiant un ouvrage intitulé sous la forme d’un cri que nous reprenons volontiers à notre tour tant il s’impose par son actualité :

« Auf, auf ihr Christen ! »

La Croix mission

(Levez-vous ô Chrétiens) [4].

Lire 

Le Christ Roi

Consécration au Sacré-Cœur de Jésus

 

Notes.

1. Pie XII se désolait déjà en 1954, alors que la modernité ne faisait que d’entrer dans une phase très inquiétante, de la raréfaction des vocations, insistant sur la grandeur et la dignité de l’état sacerdotal :« Nous ne nions cependant pas que notre joie se voile d’une certaine tristesse en voyant que, dans plusieurs pays, le nombre de ceux qui répondent à l’appel de Dieu et embrassent l’état de virginité diminue de jour en jour. Nous en avons déjà montré les principales causes et Nous n’avons pas à y revenir. Nous exprimons plutôt Notre confiance que les éducateurs de la jeunesse qui sont tombés dans ces erreurs en reviennent au plus vite et les répudient, qu’ils aient à cœur de les réparer, et qu’ils fassent tout ce qui est en leur pouvoir pour que ceux qui se sentent appelés par une force surnaturelle au sacerdoce et à la vie religieuse et s’en confient à eux, soient aidés de toutes manières pour atteindre ce noble idéal. Et souhaitons que de nouvelles et plus nombreuses légions de prêtres, de religieux et de religieuses répondant en nombre et en qualité aux besoins actuels de l’Église, s’avancent au plus tôt pour cultiver la vigne du Seigneur. Nous exhortons en outre — comme la conscience de Notre charge apostolique Nous en fait un devoir — les pères et les mères de famille pour qu’ils consentent volontiers à offrir au service du Seigneur ceux de leurs enfants qui s’y sentent appelés. Si cela leur coûte, s’ils en éprouvent de la tristesse ou de l’amertume, qu’ils méditent attentivement ces paroles que saint Ambroise adressait aux mères de Milan : « J’ai connu des jeunes filles qui voulaient se consacrer à Dieu et qui en ont été empêchées par leur mère… Si c’était un homme que vos filles voulaient aimer, les lois leur permettraient de choisir celui qu’elles désirent. S’il leur est permis de choisir un homme, ne leur est-il pas permis de choisir Dieu ? » Que les parents pensent au grand honneur qui rejaillit sur eux avec un fils qui reçoit la prêtrise ou un fille qui consacre sa virginité au divin Époux. Parlant des vierges sacrées, le même évêque de Milan disait : « Parents, vous avez entendu… la vierge est un don de Dieu, une oblation de son père, le sacerdoce de la chasteté. La vierge est l’hostie de sa mère, dont le sacrifice quotidien apaise la colère de Dieu » (Pie XII, Lettre encyclique Sacra Virginitatis du 25 mars 1954).

2. Le pape Pie XII écrivait également fort justement à propos des âmes consacrées : « Que tous persévèrent fermement dans leur sainte résolution de servir Dieu « jusqu’à la mort » ; qu’ils pensent à la grande valeur que représentent devant Dieu leurs angoisses, leurs souffrances et leurs prières, pour instaurer son règne dans leurs pays et dans toute l’Église ; qu’ils soient aussi certains que ceux qui « suivent l’Agneau partout où il va », chanteront éternellement le « cantique nouveau » que personne d’autre ne peut chanter. Notre cœur paternel et compatissant se tourne avec émotion vers ces prêtres, ces religieux et ces religieuses qui, courageusement, confessent leur foi jusqu’au martyre ; Nous prions pour eux comme aussi pour toutes les âmes consacrées au service divin dans toutes les parties du monde pour que Dieu les confirme, les fortifie, les console ; et Nous vous invitons ardemment, Vénérables Frères, ainsi que vos fidèles, à prier en union avec Nous afin d’implorer pour eux tous les consolations célestes ainsi que les dons et les secours divins qui leur sont nécessaires. » (Pie XII, ibid.). 

3. J. de Maistre, Oeuvres Complètes, t. I, 1854, p. 39.

4. De son vrai nom Ulrich Megerle, Abraham a Sancta Clara est né le 02 juin 1644 à Kreenheinstetten près de Messkirch en pays de Bade. Entré en 1662 dans le couvent des Augustins déchaussés (Barfüsser-Augustiner), et après avoir vécu sept ans à Graz, il commence sa carrière de prédicateur à la chaire de l’église des Augustins de Vienne en 1669 et la continue sans interruption jusqu’à sa mort le 1er décembre 1709. En plus de ses sermons il a publié plusieurs ouvrages dont le principal est : Judas der Erzschelm (Judas, l’infâme), publié entre 1686. Au moment où les Turcs menacent directement Vienne en 1683 il publie : Auf, auf ihr Christen ! (Levez-vous ô Chrétiens). Cet écrit a servi de base à la Kapuzinerpredigt (le sermon du Capucin) inclus dans la pièce Wallensteins Lager de Schiller.

Le noachisme talmudique contre la Tradition chrétienne

16 novembre 2017

St. Michel Archange
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Dès l’origine il y a non pas une Tradition, mais deux « traditions »,

ce qui signifie deux « religions », 

l’une naturelle, caïniste et babélienne,

 l’autre surnaturelle plaçant ses espérances en Dieu

et sa Divine Providence.

L’idée, d’une religion universelle et d’un Ordre Mondial s’imposant à tous les peuples de la planète, n’est pas nouvelle, elle date de la « Tour de Babel », et ses sources primitives se trouvent, tout simplement, dans la tradition de Caïn qui est à l’origine de la tradition rejetée, mensongère et criminelle, que sa descendance perpétue depuis l’aube des temps, s’opposant à la « Tradition d’Abel le Juste », qui est celle, sainte et bénie de Dieu, qui s’étend, depuis les Patriarches jusqu’au Christ, et du Christ à l’Eglise et au peuple des baptisés.

Le problème, c’est que les deux traditions portent le même nom (tradition), mais n’ont pas du tout le même contenu. Il faut donc impérativement, pour dénouer cette difficulté, discerner entre les deux traditions, laquelle contient véritablement la « Tradition primitive » et laquelle est un rameau dévié.

I. Division en deux formes distinctes de la Tradition

La Tradition première, qui donc contenait oralement toute la Révélation, a été l’objet de très graves altérations. Il s’y est mêlé des traditions profanes, non révélées qui par conséquent ont fini par envahir, étouffer et effacer toute trace de vraie Tradition, c’est-à-dire de la Révélation divine. D’ailleurs l’Histoire de la « Religion » sur la terre, jusqu’à Abraham, n’est autre chose que celle des altérations successives de la Tradition primitive.

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L’Histoire de la « Religion » sur la terre, jusqu’à Abraham,

n’est autre chose que celle des altérations successives

de la Tradition primitive.

Ceci explique pourquoi s’il est au monde, aujourd’hui, une religion capable précisément de parler de la Tradition et d’en présenter le contenu, c’est le christianisme. Il n’y en a pas d’autres. Quand René Guénon (1886-1951) affirme : «Le christianisme a oublié la Tradition, c’est l’Inde qui l’a conservée», il se trompe [2]. C’est exactement le contraire, en réalité. Toutes les religions païennes (et pas seulement l’hindouisme), ont quitté la ligne droite des jalons traditionnels avant Abraham et avant l’Écriture. Elles ne possèdent donc, de la Tradition, que la version babélienne dont, justement, Dieu n’a pas voulu.

Dès l’origine il y a de ce fait, non pas une Tradition, mais deux « traditions », deux cultes, ce qui signifie deux religions, l’une naturelle, caïniste et babélienne, reposant uniquement sur l’homme, l’autre surnaturelle plaçant toutes ses espérances en Dieu seul et en sa Divine Providence. La suite des événements n’aura de cesse de confirmer ce constant antagonisme, cette rivalité et séparation entre deux « voies » dissemblables que tout va en permanence opposer, les rendant rigoureusement étrangères et inconciliables. Il n’est d’ailleurs pas indifférent de relever l’analyse pertinente de saint Augustin (324-385) au sujet de ces « deux postérités » engendrant deux traditions et donc deux « Cités » absolument irréconciliables et antagonistes, deux « Cités » que tout oppose et sépare, fondées sur des principes radicalement divergents, travaillant à des objectifs totalement contraires, poursuivant des buts à tous égards dissemblables [3].

II. La tradition mensongère

On comprend mieux pourquoi, du fait qu’ils appartiennent à la tradition déviée et pervertie qui a la haine de Dieu et de ses lois, les ennemis de l’Eglise attaquent toutes les institutions, matérielles et spirituelles : dogme, hiérarchie, sacrements, implantation territoriale, tout ce qui incarne la réalité de la présence de la société spirituelle fondée par Jésus-Christ, société qui est en horreur à Satan et à ceux qui lui sont, consciemment ou inconsciemment, soumis. La Tradition que protège l’Eglise est, comme il est aisé de le concevoir, l’objet d’attaques particulières animées par une féroce hostilité.

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L’Eglise est gardienne d’une Tradition

antagoniste de celle de Babel.

C’est même un des traits particuliers de l’Eglise,

que d’avoir été maintenue séparée

de la souche des fausses religions païennes.

Redisons avec force, que la Tradition des Apôtres forme, avec celle des Patriarches, un ensemble homogène qui constitue précisément cette vraie « Tradition » dont l’Eglise est la détentrice. Mais parallèlement à ce courant orthodoxe, il s’est créé un autre courant que l’on devrait appeler « pseudo-traditionnel » et qui en diffère, évidemment, dans son contenu et dans son mode de constitution. Le contenu de la « pseudo-tradition » n’est pas homogène ; il est composite. Il est fait de trois constituants, mêlés plus ou moins intimement. On y trouve des vestiges déformés de la Révélation Divine, comme par exemple les conceptions panthéistes et païennes. On y trouve des élucubrations humanitaires comme celles de la Tour de Babel. Et l’on y trouve des produits de la fausse mystique, c’est-à-dire de la mystique démoniaque qui est la source de la mythologie polythéiste.

Bref, cette pseudo-tradition véhicule, mêlées ensemble, toutes les productions de la religiosité naturelle. Quant à son mode de constitution, on peut dire que la pseudo-tradition est dans son droit quand elle prétend à la même ancienneté que la Vraie. Elles ont toutes les deux le même point de départ qui est le jugement de Dieu sur les sacrifices d’Abel et de Caïn. La pseudo-tradition est aujourd’hui défendue, sous le nom de « tradition », par des penseurs qui en font la source commune  fondée pour les religions non-chrétiennes.

III. La pensée perverse du Talmud

Dès que l’Eglise parvint à se développer, édifiant les nations chrétiennes en les fondant sur les principes de l’Evangile et les vérités révélées par le Christ, les héritiers de la pseudo-tradition travaillèrent, notamment ceux qui rejetèrent Jésus-Christ en imposant aux autorités romaines de le crucifier, à  remplacer la loi du christianisme par une autre forme de spiritualité appelée le « noachisme », c’est-à-dire une religion universelle, écartant le Christ, pour faire de la « loi de Noé » la référence commune à tous les peuples, un loi de substitution à la loi chrétienne, capable de mettre en œuvre et diriger une politique universelle étendant son règne sur l’ensemble des nations de la terre.

talmud jérusalem

Les talmudistes voulurent remplacer la loi du christianisme

par une autre forme de spiritualité appelée le « noachisme »,

c’est-à-dire une religion universelle, écartant le Christ,

pour faire de la « loi de Noé »

la référence commune à tous les peuples,

un loi de substitution à la loi chrétienne.

La représentation du peuple juif comme rebelle et subversif est très ancienne: la Synagogue a été vue depuis toujours comme « fons persecutionum », à juste titre, car dans leurs écrits, les penseurs judaïques théorisèrent le projet de domination mondiale dans un ouvrage connu sous le nom de  Talmud (תַּלְמוּד « étude »), l’un des textes les plus importants du judaïsme rabbinique, tout de suite placé après la Bible hébraïque, dont il est, en quelque sorte, le complément. Composé de la Mishna et de la Guemara, il réunit, rassemble et résume, l’ensemble des discussions rabbiniques sur tous les sujets de la Loi juive, sujets qui sont classés et partagés en six ordres (shisha sedarim, etc.), abordant tous les problèmes relatifs aussi bien à la religion, l’éthique, la morale, la vie conjugale, la médecine, l’économie, et les relations avec les non juifs.

Très tôt l’Eglise s’est inquiétée du contenu du Talmud dont on pouvait constater l’influence nocive sur le comportement des populations juives, mais il fallut cependant attendre le XIIIe siècle pour qu’une véritable politique d’examen approfondi du contenu du texte soit entreprise afin d’en déterminer la nature exacte, et surtout qu’en soient fermement condamnées les affirmations principales et les blasphèmes absolument scandaleux que l’on découvrit dans les pages de ce livre. [3]

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Abbé Joseph Lémann (1836-1915)

Les conséquences des vue talmuduques sur la civilisation chrétienne, ont été décrites remarquablement par  l’abbé Joseph Lémann (1836-1915), qui comprit en quoi, l’entrée officielle de la nation juive dans la société française lors de la Révolution, allait coïncider avec l’accomplissement dans les faits du projet talmudique, c’est-à-dire, concrètement, devenir l’acte de naissance du mondialisme :

« Cet acte de naissance, avons-nous dit, que nous plaçons sous des yeux capables de l’apprécier. L’acte de naissance, en effet, peut se rédiger ainsi qu’il suit : LA PRÉPONDÉRANCE JUIVE est née des Droits de l’homme et de la France déchristianisée, dans le local de l’Assemblée nationale: du 14 août 1789 au 27 septembre 1791, durée de cet enfantement laborieux. Deux faits d’une incalculable gravité se juxtaposent au début de la Révolution française: le renvoi du Christ et l’admission des juifs (..) nous nous bornons ici à présenter leur formule précise : Premier fait historique : Le Christ rejeté en tête de la Déclaration des droits de l’homme ; Second fait historique : Les juifs admis dans la société, en vertu de cette même Déclaration des droits. Ces deux faits, enchaînés l’un à l’autre, rappellent un contraste douloureux du passé : la préférence donnée à Barabbas sur Jésus; conséquemment l’échange de Barabbas contre Jésus, puisque l’auguste fils de David appartenait, en propre, au peuple d’Israël, par son sang, ses miracles, son patriotisme. Ils rappellent cette préférence, cet échange; hélas ! ils devaient aussi faire entrer le peuple français dans des phases de déception, de décadence et d’appauvrissement, où les juifs ont marché les premiers. » (Les juifs dans la révolution Française, 1889).

L’abbé Joseph Lémann, poursuit en montrant que la dominante de la mentalité juive, apatride, mondialiste, universaliste, a pour but de chasser Jésus-Christ de la Nation, de remplacer le Christ par Barabbas, en désignant Jésus de façon anonyme, selon leur volonté de faire disparaître toute trace d’identité chrétienne :

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« L’immense clameur: Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants ! n’a pas été, pour le peuple juif, l’épisode le plus calamiteux de la Passion, quoiqu’il ait été le plus grave. La raison en est qu’ici-bas le sang du Christ n’exclut personne de ses effluves de miséricorde et de tendresse. Il purifie, en rosée d’amour et de rafraîchissement, les juifs aussi bien que n’importe quels autres hommes, dès que ces pauvres aveugles, se souvenant de la bienheureuse Passion (suaves et consolantes expressions de la sainte Liturgie), consentent à profiter du sang divin. L’épisode le plus calamiteux de la Passion, source d’ignominies et de désastres pour le peuple d’Israël, a été la préférence donnée à Barabbas sur Jésus. Le Juste, le bienfaiteur de la Judée, est mis en parallèle avec un infâme voleur et assassin. Une indescriptible vocifération désigne la préférence: Barabbas ! Pilate insiste pour donner aux juifs le temps de revenir sur leur choix. Avec plus de fureur, ils lui répondent: Pas celui-ci, mais Barabbas ! Ces hommes, dont l’exaspération ne connaît plus de bornes, ne daignent même pas dire JÉSUS, prononcer son nom, tant il leur semble que le prononcer souillerait leur bouche; ils s’écrient: CELUI-CI ! non, nous n’en voulons plus; c’est Barabbas que nous choisissons ! Les résultats de l’échange ne se sont pas fait longtemps attendre. » (Les juifs dans la révolution Française, 1889).

IV. L’entrée des Juifs dans la société chrétienne

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Le révérend James Anderson (1678-1739),

pasteur presbytérien,

co-auteur des « Constitutions d’Anderson » (1723)

Cette entrée dans la société civile, avait été précédée par une pénétration des Juifs dans la Franc-maçonnerie, une franc-maçonnerie alors chrétienne et légitimiste depuis des siècles, ayant participé à la construction des cathédrales d’Occident, introduite dans les monastères et y travaillant avec les moines ; le premier Juif devenu maçon date de 1716, et dès 1723 des noms juifs apparaissent clairement dans les archives de la Grande Loge d’Angleterre, le pasteur James Anderson (1678-1739), lui-même, dans la seconde édition de ses Constitutions (1738), citant plusieurs grands officiers juifs de la Grande Loge, ceci dans la logique de la pratique en vigueur en Angleterre et dans l’Empire britannique (qui vont jouer ensuite un rôle important dans l’expansion de la maçonnerie aux États-Unis ), qui était d’admettre les Juifs dans les loges.

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« Le Nouveau Judaïsme

ou la franc-maçonnerie dévoilée » (1815).

Et c’est ainsi que pour satisfaire, et ne point choquer les Juifs, progressivement, le Christ, qui avait été écarté des textes et lois de la société maçonnique – au point qu’en 1834 le « Comité du Suprême Grand Chapitre » dirigé par le duc de Sussex (1773-1843) furent introduits des noms hébreux afin de déchristianiser des rituels jugés trop chrétiens en remplaçant les multiples et nombreuses références évangéliques par des évocations de l’Ancien Testament afin d’accueillir les maçons israélites dans les Loges -, le sera également de la société civile, passant d’une nature essentiellement et profondément chrétienne, à une société laïque, athée et même antichrétienne.

La religion maçonnique, fondée sur la fraternité universelle, aboutira à la « religion » nouvelle des droits de l’homme, et  au déisme vague, comme le montre un ouvrage publié au début du XIXe siècle: « Le Nouveau Judaïsme ou la franc-maçonnerie dévoilée » (1815).

VI. La fausse tradition du « noachisme » judaïque

Ce que l’on y apprend, c’est que les célèbres « Constitutions d’Anderson », selon leur nom complet : « Constitution, Histoire, Lois, Obligations, Ordonnances, Règlements et Usages de la Très Respectable Confrérie des Francs-maçons acceptés », l’un des textes fondamentaux de la Franc-maçonnerie moderne, puisqu’il s’agit des premières Constitutions rédigées par le révérend James Anderson (1678-1739), pasteur presbytérien  en collaboration avec le huguenot Jean Théophile Désagulier (1683-1744), en 1723, de la première Grande Loge créée quelques années auparavant en 1717, exposent nettement le projet talmudique judaïque.

Le texte initial, de 1723, avait pour préambule :

« Un Maçon est obligé par sa Tenure d’obéir à la Loi morale et s’il comprend bien l’Art, il ne sera jamais un Athée stupide, ni un Libertin irreligieux. Mais, quoique dans les Temps anciens les Maçons fussent astreints dans chaque pays d’appartenir à la Religion de ce Pays ou de cette Nation, quelle qu’elle fût, il est cependant considéré maintenant comme plus expédient de les soumettre seulement à cette Religion que tous les hommes acceptent, laissant à chacun son opinion particulière, et qui consiste à être des Hommes bons et loyaux ou Hommes d’Honneur et de Probité, quelles que soient les Dénominations ou Croyances qui puissent les distinguer; ainsi, la Maçonnerie devient le Centre d’Union et le Moyen de nouer une véritable Amitié parmi des Personnes qui eussent dû demeurer perpétuellement Éloignées. » (Constitutions d’Anderson, 1723).

Mais en 1738, lorsque la « Grande Loge de Londres » devint la « Grande Loge d’Angleterre », les Juifs étant entrés de façon significative dans la Franc-maçonnerie anglaise, le texte fut ainsi modifié, introduisant une notion nouvelle, celle du « noachisme » [4] :

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« Un maçon est obligé par sa tenure d’obéir à la loi morale en tant que véritable noachite et s’il comprend bien le métier, il ne sera jamais un athée stupide, ni un libertin irreligieux, ni n’agira à l’encontre de sa conscience. Dans les temps anciens, les maçons chrétiens étaient tenus de se conformer aux coutumes chrétiennes de chaque pays où ils voyageaient. Mais la maçonnerie existant dans toutes les nations, même de religions diverses, ils sont maintenant tenus d’adhérer à cette religion sur laquelle tous les hommes sont d’accord (laissant à chaque frère ses propres opinions) c’est à dire être hommes de bien et loyaux, hommes d’honneur et de probité, quels que soient les noms, religions ou confession qui aident à les distinguer: car tous s’accordent sur les trois articles de Noé assez pour préserver le ciment de la Loge. Ainsi la maçonnerie est leur centre de l’union et l’heureux moyen de concilier des personnes qui, autrement, n’auraient pu que rester perpétuellement étrangères. » (Constitutions d’Anderson, 1723).

VI. Le projet talmudique conduit au noachisme

Ce « véritable noachite », selon l’expression des « Constituions d’Anderson », est le parfait exemple de l’homme anciennement chrétien, aujourd’hui soustrait et éloigné de sa religion, respectant les prescriptions de la loi mosaïque en s’étant mis à distance du Christ au prétexte de laïcité.

Le noachisme c’est la contre-religion mondiale des démocraties occidentales, une contre-religion qui ne concerne que les goys, les « Gentils », les non-Juifs – car les Juifs eux, au moment où les Nations chrétiennes sont invitées à se vider de plus en plus de leur essence spirituelle, conservent intégralement leurs préceptes traditionnels et y veillent jalousement -, une contre-religion antichrétienne, fruit de la conjuration talmudique et des loges, dont la Franc-maçonnerie est devenue l’instrument, la machine de guerre idéologique.

Cette contre-religion noachite et talmudique, portée par la Franc-maçonnerie, est à l’œuvre depuis le XVIIIe siècle, elle a triomphé lors de la Révolution Française, et depuis, n’a de cesse de poursuivre son projet destructeur antichrétien.

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La Révolution a mis en œuvre une politique antichrétienne terrifiante,

elle organisa une déchristianisation violente et criminelle.

La Révolution a mis en œuvre une politique antichrétienne terrifiante, elle organisa une déchristianisation violente et criminelle qui eut pour but d’en finir avec le christianisme de la vie quotidienne en France : prêtres déportés ou assassinés, religieux contraints à abjurer leurs vœux, croix et images pieuses détruites, fêtes religieuses interdites, agendas modifiés, et interdiction du culte public et privéToutes les congrégations furent supprimées le 18 août 1792. La Commune de Paris, sous l’impulsion de son procureur-syndic Chaumette, sera la première à prendre, après le 10-août, des mesures anticléricales : interdiction du port du costume ecclésiastique (12 août), interdiction des processions et manifestations religieuses sur la place publique (16 août). L’an II (septembre 1793-septembre 1794) voit l’apogée de la politique de déchristianisation.

Comme le souligna, à juste titre Joseph de Maistre (1753-1821) : « Il y a dans la Révolution française, un caractère satanique qui la distingue de tout ce qu’on a vu et peut-être de tout ce qu’on verra. » [6]

Conclusion : la contre-religion du Nouvel Ordre Mondial

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Le « noachisme » est une « contre-religion »

pensée par les rabbins talmudistes

qui s’est emparée de la Franc-maçonnerie

Ce caractère « satanique », nous en connaissons à présent l’origine et la source, nous savons également, à quoi travaillent les forces liguées du noachisme talmudique et de la Franc-maçonnerie laïque : l’établissement d’un Nouvel Ordre Mondial, fondé sur une société multiculturelle dans laquelle vivent des individus déracinés, des consommateurs anonymes achetant, aux quatre coins de la planète dans des villes aux populations hétérogènes de par les incessants flux migratoires, les produits du commerce standardisé, des créatures sans mémoire ni identités converties à la philosophie de l’hédonisme individualiste, des égocentrismes boursouflés, mentalement fragiles et décérébrés, devenus les victimes consentantes du libéralisme consumériste.

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Les forces liguées du noachisme talmudique

et de la Franc-maçonnerie laïque 

travaillent à l’établissement d’un Nouvel Ordre Mondial.

Tel est le rêve fou et mercantile de la société libérale – sachant que le capitalisme n’est pas un simple système économique mais une « religion » dévoyée -, celui du progrès marchand, du commerce perpétuel, aspirant à un « bonheur » borné au plan horizontal et terrestre, oublieux de la dimension transcendante, organisé par des hommes qui, depuis l’épisode de la Tour de Babel, cherche à conquérir la béatitude céleste par des moyens matériels en voulant édifier par la force prométhéenne la « Jérusalem terrestre », contrefaçon sinistre, maléfique et obscure de la « Jérusalem céleste ».

Comme l’écrit avec pertinence Pierre Hillard : « Cette espérance du bonheur purement terrestre reposant sur l’idée du« Progrès », que nous retrouvons sous des formes variées dans le marxisme et le libéralisme, est en contradiction complète avec le catholicisme. La religion trinitaire, considérant le passage sur terre comme une série d’épreuves et comme un tremplin, a une espérance céleste. Ces deux universalismes sont incompatibles. Cela n’a pas empêché les autorités de l’Église, depuis Vatican II, d’affirmer dans un ouvrage « Le peuple juif et ses saintes Écritures dans la Bible chrétienne », que « L’attente juive messianique n’est pas vaine » (chapitre II, A5). D’un point de vue catholique, cette affirmation est une hérésie car le Christ est le Messie, passé il y a 2000 ans. Cette contradiction flagrante n’a pas empêché ce livre, paru en 2001, d’avoir comme préfacier… le cardinal Joseph Ratzinger. Ce noachisme s’impose de plus en plus dans les structures mentales. Ainsi, le Congrès des États-Unis a adopté dans le cadre de « l’Education Day », le 26 mars 1991, la reconnaissance des lois noachides comme socle de la société américaine. Il semblerait que les choses s’accélèrent. En effet, le 23 septembre 2012, toutes les communautés juives du monde ont appelé, par une courte prière, à l’arrivée du Messie (Mashia’h). Pour les catholiques, cela équivaut à appeler l’antéchrist. Compte tenu de la déliquescence de l’Église depuis Vatican II, cette prière est comme un appel à une mutation profonde. Il est vrai que le mondialisme est un messianisme pressé. » [6]

Nous sommes donc en présence d’une authentique religion avec le « noachisme », en fait une authentique « contre-religion » pensée par les rabbins talmudistes, une contre-religion à laquelle collabore l’Eglise moderniste depuis, non pas seulement le terrible concile Vatican II fruit de la désorientation théologique, mais dès le Concordat consenti par Pie VII avec le pouvoir révolutionnaire régicide et antichrétien en 1804, une contre-religion ennemie de l’Eglise qui s’est emparée de la Franc-maçonnerie andersonienne, et qui anime « spirituellement » (sic) le Nouvel Ordre Mondial, dont la prétention à l’universalisme n’est pas moindre que celle de l’Eglise de Jésus-Christ, mais, et en cela consiste toute le caractère terrible de ce pervers projet idéologique, il s’agit d’un universalisme démoniaque au service des puissances des ténèbres !

Lire :

St. Michel

Qu’est-ce que la «Tradition» ?

Eclaircissement au sujet des éléments spirituels,

historiques et religieux,

 constitutifs de la sainte Tradition chrétienne

Notes.

1 – Pour René Guénon, l’essence de la Tradition primordiale se retrouve de façon privilégiée dans la tradition hindoue qui est détentrice d’une source directe d’une incomparable pureté à l’égard des fondements premiers de la « Science Sacrée » d’origine non-humaine selon-lui, plaçant les autres traditions dans une sorte de situation de dépendance à son égard, comme il le déclare de manière catégorique et stupéfiante en affirmant  :« La situation vraie de l’Occident par rapport à l’Orient n’est, au fond, que celle d’un rameau détaché du tronc .» (R. Guénon, Introduction générale à l’étude des doctrines hindoues, 1è partie, chapitre 1.)

2 – C’est sans doute dans le livre XV de son ouvrageLa Cité de Dieu, que saint Augustin, Père et docteur de l’Eglise, développera le plus complètement l’exposé de sa doctrine qui deviendra l’une des colonnes fondatrices de la théologie chrétienne en Occident.

3- Clément VIII se distinguera en renouvelant, le 28 février 1593 – après avoir expulsé les Juifs des Etats pontificaux par le bulle Caeca et Obduratatrois jours plus tôt (25 février 1593) -,  dans la bulle Cum hebraeorum malitiales anciennes interdictions de lire, vendre, imprimer ou posséder des exemplaires du Talmud, s’appuyant pour ce faire sur les actes des papes antérieurs, qu’il désignait nommément : Grégoire IX, Innocent IV, Clément IV, Jean XXII, Jules III, Paul IV (Cum nimis absurdum) et Grégoire XIII, « qui ont souvent appelé ce Talmud impie, puis damné, interdit et ont souhaité que soit exterminé du monde chrétien d’autres écritures pareilles et détestées » (qui saepius impium illud Thalmud nuncuparunt, et alia similia reprobata et detestanda scripta et volumina damnarunt, et retineri prohibuerunt, seu alias ex Christiani Orbis Provinciis et Regnis pro zelo exterminarunt).

4 – En 1813, après la scission entre les « Anciens » et les « Modernes », les deux courants se réunifièrent en formant l’actuelle « Grande Loge Unie d’Angleterre » qui arrêta le texte suivant : « Concernant Dieu et la religion: un maçon est obligé, de par sa tenure, d’obéir à la loi morale et s’il comprend bien l’Art, il ne sera jamais un athée stupide ni un libertin irreligieux. De tous les hommes, il doit le mieux comprendre que Dieu voit autrement que l’homme car l’homme voit l’apparence extérieure alors que Dieu voit le cœur. Un maçon est par conséquent particulièrement astreint à ne jamais agir à l’encontre des commandements de sa conscience. Quelle que soit la religion de l’homme ou sa manière d’adorer, il n’est pas exclu de l’Ordre, pourvu qu’il croie au glorieux Architecte du ciel et de la terre et qu’il pratique les devoirs sacrés de la morale. Les maçons s’unissent aux hommes vertueux de toutes les croyances dans le lien solide et agréable de l’amour fraternel, on leur apprend à voir les erreurs de l’humanité avec compassion et à s’efforcer, par la pureté de leur propre conduite, de démontrer la haute supériorité de la foi particulière qu’ils professent… »

5 – J. de Maistre, Considérations sur la France, ch. I. (1795).

6 – P. Hillard, Connaissez-vous le noachisme ?, 2012.

Rejoignez la Tradition catholique !

20 octobre 2017

« L’Église, c’est Jésus-Christ répandu et communiqué »

Alors que la société se précipite de plus en plus dans une course vers le néant, et que l’Eglise conciliaire voit s’effondrer, un à un, l’ensemble de ses rêves illusoires et utopiques, il est grand temps d’accélérer plus encore le mouvement de redressement spirituel en s’engageant avec vigueur et fermeté à l’intérieur de la Tradition catholique. 

« Seul doit nous importer le rétablissement de l’Etat chrétien

incarnant la loi de Dieu sur cette terre. »

L’unique combat utile, le seul combat nécessaire alors que les rêves politiques lorsqu’ils sont dénués d’une perspective surnaturelle se révèlent être des mirages chimériques, est de nature religieuse. C’est pourquoi, seul doit nous importer le rétablissement de l’Etat chrétien incarnant la loi de Dieu sur cette terre, et des forces légitimes qui s’imposeront capables d’en assurer le maintien, de sorte que la Sainte Religion retrouve la plénitude de ses droits et de son autorité dans la cité des hommes.

 L’avenir ne sera que ce que Dieu voudra qu’il soit, ou ce qu’il fera être par l’action de sa Providence. Rien ne sert de s’épuiser dans des formules politiques ou idéologiques qui n’intègrent pas le religieux et le spirituel dans leurs courtes vues, car contre les spectres d’un monde, depuis la Chute, tombé aux mains de l’Adversaire, livré aux puissances du négatif et de la mort, ll n’est aucun combat qui puisse se gagner sans être appuyé par les forces du Ciel. Avant toute idée de restauration d’un pouvoir légitime, il faut d’abord, et en premier lieu, que s’établissent une réforme radicale et une conversion profonde des coeurs et des esprits, se traduisant par un retour aux bases sociales, politiques, morales et théologiques de la tradition chrétienne.

Comme l’écrivait avec pertinence l’abbé Georges de Nantes : « L’Église, c’est Jésus-Christ répandu et communiqué. Elle est donc, à toutes les époques, la réalisation de ce que Dieu, dans sa prescience et sa prédestination, a fixé selon le dessein mystérieux de sa sagesse. Dès sa fondation et jusqu’à nos jours, dans ses hauts et ses bas, dans les mérites et les crimes de ses membres, saints ou pécheurs, elle a été en définitive ce que Dieu voulait. Au-delà de sa « volonté signifiée » qui est la norme idéale, révélée par ses commandements, elle a été ce qu’avait de tout temps décrété sa « volonté de bon plaisir », révélée par le cours même des événements. Elle est la manifestation de la gloire du Christ dans le monde. » (La Tradition exemplaire, in Les 150 points de la Phalange).

Il importe donc, de façon vitale, que chacun mette tous ses efforts dans le combat religieux, avec foi, espérance et charité, en intégrant les paroisses, s’investissant dans les oeuvres pieuses, les associations, les mouvements, les confréries – et pour ceux qui en ont la vocation sincère et en ressentent l’appel ne pas hésiter à entrer dans les ordres – pour que demain soit enfin restaurée la chrétienté, car en ce monde livré et soumis aux forces de l’Enfer, il n’y aura, en  dehors de l’Eglise et de la Tradition catholique, point de Salut !

Le combat contre les puissances des ténèbres est de nature spirituelle

17 octobre 2017

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« Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang,

mais contre les dominations, contre les autorités,

contre les princes de ce monde de ténèbres,

contre les esprits méchants dans les lieux célestes. »

(Ephésiens VI, 12)

Le Père Patrice Gourrier, qui s’exprime dans la vidéo ici présentée, suite aux terribles événements qui viennent de se produire en France, a parfaitement raison, nous sommes en présence d’un combat qui n’est point nouveau, un combat multiséculaire qui oppose, sous des visages multiples et des formes différentes, les puissances ténébreuses à la « Lumière », il n’y a en cela rien qui soit de nature a étonner un chrétien, car cette lutte relève d’une dimension surnaturelle, c’est une évidence, d’où la nécessité d’utiliser pour s’en défendre des « armes spirituelles ».

L’interrogation du Père Gourrier est absolument légitime, et ses affirmations relèvent d’une saine théologie, car les spirituels se doivent de tenir un discours spirituel, mais, et ce point est saisissant car démonstratif de la perte de la conscience de la part de l’Eglise conciliaire, de ce qui se déroule dans le Ciel et sur la terre comme lutte constante, et il n’est pas anodin de l’entendre déclarer que dans sa formation au séminaire, jamais personne ne lui a parlé de la prière à Saint-Michel Archange :

« Pouvons-nous avoir le même discours de tout le monde ? Pouvons-nous tenir un discours sociologique ou stratégique ? Je dis non ! Nous sommes des spirituels et nous devons tenir un discours spirituel. Mais alors je pose des questions : croyons-nous encore au diable ? Croyons-nous encore au discours spirituel ? Croyons-nous encore que la prière et le jeûne peuvent être des armes efficaces contre ce déchaînement du mal ? Je m’interroge sur ce que j’ai appris au séminaire (…) jamais je n’ai entendu parler de la prière à Saint-Michel Archange, personne ne m’a dit qu’un prêtre se devait de la dire régulièrement (…) pourquoi ne pas me l’avoir dit ? Cette prière à Saint-Michel Archange est absolument nécessaire ! » (Père Gourrier, Appel aux évêques et aux prêtres, 13 novembre 2015).

Or, c’est bien en effet contre les forces des ténèbres, contre les puissances infernales que nous sommes en lutte ainsi que le rappelle saint Paul : « Revêtez-vous de toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir tenir ferme contre les ruses du diable. Car nous n’avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes. C’est pourquoi, prenez toutes les armes de Dieu, afin de pouvoir résister dans le mauvais jour, et tenir ferme après avoir tout surmonté.… » (Ephésiens VI, 12-13).

Prière à Saint Michel en français

« Cette prière à Saint-Michel Archange est absolument nécessaire ! »

(Père Gourrier, Appel aux évêques et aux prêtres, 13 novembre 2015).

Que cette puissance obscure utilise aujourd’hui les caractéristiques d’un islam combattif et conquérant, religion qui ne cessa depuis sa création de considérer que la conversion pouvait, et même devait s’obtenir par le sabre, n’est pas non plus pour surprendre, sauf les naïfs ignorants l’Histoire et ce que contient réellement le Coran comme appels répétés à la violence sacrée désignée sous le nom de « Guerre sainte » (djihad). [1]

Il importe de ce fait, d’être extrêmement conscient des enjeux face auxquels nous sommes confrontés, et éviter de se méprendre sur les causes, ce qui n’exonère en rien les autorités politiques des pays occidentaux – avec l’appui d’une Eglise moderniste encourageant et applaudissant même aux pires erreurs jusqu’à soutenir et approuver les politiques migratoires -, de leur écrasante responsabilité à l’égard de la situation présente, ayant laissé s’implanter en Europe, par vagues successives, des millions de ressortissants des pays de culture musulmane, créant ainsi un déséquilibre inquiétant qui s’accompagne d’une menace concrète pour le devenir des Nations qui furent autrefois chrétiennes, et qui, sous l’effet du phénomène démographique et culturel de « remplacement », risquent de se réveiller demain sous le joug d’une religion étrangère.


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« Mondialistes, libéraux et mahométans

forment une alliance  terrifiante. »

Comme le soulignait encore récemment, à juste titre, Mgr Richard Williamson :

« Qu’y a-t-il derrière l’immigration ? Les Globalistes la veulent pour pouvoir dissoudre les nations chrétiennes au passé glorieux afin de les fondre dans le Nouvel Ordre Mondial. Les Libéraux la veulent afin que soit affirmée haut et fort leur folie selon laquelle les différences entre les races et les religions sont insignifiantes. Les Mahométans la veulent pour conquérir l’Europe. » [2]

 L’analyse est absolument fondée, la conjonction des objectifs entre mondialistes, libéraux et mahométans, constitue une alliance  terrifiante, et la solution proposée pour éviter une conquête islamique, par l’évêque qui se rendit célèbre pour avoir osé briser certains tabous, relève d’une grande vérité :

« Et que devraient faire les Européens de souche pour l’éviter ? Retourner à la Foi de leurs ancêtres et à sa pratique, qui, seule, a le pouvoir d’unir vraiment les peuples et les races dans la Vérité, dans la justice et dans la paix. C’est là leur ancienne responsabilité et ce à quoi Dieu les a appelés, afin que leur exemple entraîne le monde entier vers Notre-Seigneur Jésus-Christ. Si par contre ils continuent dans leur infidélité, le sang va très certainement couler. » [3]

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Les européens doivent retourner

à la Foi de leurs ancêtres et à sa pratique !

Ceci étant dit, alors que le désarroi et l’impuissance semblent gagner les populations, l’expérience de notre confrontation avec le nihilisme contemporain, dont la société moderne hideusement désacralisée offre le pénible spectacle, nous a appris à ne pas interpréter la situation présente uniquement en termes de deuil circonstanciel, de néant relatif à une période déterminée, comme s’il y avait eu un temps antérieur de pure lumière et d’entière plénitude, de valeurs sûres et bien établies.

Nous le savons, le nihilisme n’est pas un phénomène historique, il traverse et commande la totalité de l’Histoire, car, ainsi que le soulignait Joseph de Maistre :

« Le mal a tout souillé, et dans un sens très vrai tout est mal puisque rien n’est à sa place. (…) Tout les êtres gémissent et tendent avec effort vers un autre ordre des choses. » [4]

Nous le redisons donc avec la même conviction, l’avenir ne sera en définitive que ce que Dieu voudra qu’il soit, ou ce qu’il fera être par l’action de sa Providence.

Rien ne sert de s’épuiser dans des formules politiques ou idéologiques qui n’intègrent pas le religieux et le spirituel dans leurs courtes vues, car contre les spectres d’un monde, depuis la Chute, tombé aux mains de l’adversaire, livré aux puissances du négatif et de la mort, il n’est aucun combat qui puisse se gagner sans être appuyé par la force Divine.

Si la lutte relève d’une dimension surnaturelle, alors c’est surnaturellement que seront forgées les « armes spirituelles » capables de nous conduire à la victoire !

Notes.

1. Parmi des dizaines d’autres versets tirés du Coran, on peut citer ceux-ci assez démonstratifs des intentions de cette religion à l’égard des non-musulmans : « Lorsque vous rencontrez (au combat) ceux qui ont mécru frappez les tous. Puis, quand vous les avez dominés, enchaînez-les solidement. Ensuite, c’est soit la libération gratuite, soit la rançon, jusqu’à ce que la guerre dépose ses fardeaux. Il en est ainsi, car si Allah voulait, Il se vengerait Lui-même contre eux, mais c’est pour vous éprouver les uns par les autres. Et ceux qui seront tués dans le chemin d’Allah, Il ne rendra jamais vaines leurs actions.» (S.47, v.4) ; « Et tuez-les, où que vous les rencontriez; et chassez-les d’où ils vous ont chassés : l’association est plus grave que le meurtre. Mais ne les combattez pas près de la Mosquée sacrée avant qu’ils ne vous y aient combattus. S’ils vous y combattent, tuez-les donc. Telle est la rétribution des mécréants« . (S.2, v.191) ;  » (…) tuez les associateurs [les chrétiens qui croient en la Sainte Trinité] où que vous les trouviez. Capturez-les, assiégez-les et guettez-les dans toute embuscade…« . (S.9, v.5), etc.

2. Mgr R. Williamson, Détresse musulmane, Eleison Comments, CXXXVII, 27 février 2010. Dans cet article, Mgr Williamson souligne : « L’Islam s’est manifesté il y a 1400 ans comme une rupture avec la Communauté Catholique au Moyen-OrientEnraciné dans l’hérésie Nestorienne qui ne veut en Jésus aucune nature divine, l’Islam s’est propagé tel un incendie à travers la Chrétienté, desséchée alors, du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, puis il a occupé pendant des siècles l’Espagne et a même poussé brièvement en France. C’est une religion simple et violente, qui se fixe comme objectif de conquérir le monde entier par le sabre. De fait l’Islam est un fléau de Dieu, que la Chrétienté n’a pu tenir à distance pendant un millier d’années que par le sabre. »

3. Ibid.

4. J. de Maistre, Oeuvres Complètes, t. I, p. 39.

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L’une des armes spirituelles majeures est la prière, en particulier la courte prière de « protection à Saint-Michel« , à laquelle on ajoutera notamment la prière de « consécration à l’archange Saint-Michel« , le Chef des milices célestes, sous la protection duquel il importe de se placer dans les circonstances difficiles :

CONSÉCRATION PERSONNELLE 

À SAINT MICHEL ARCHANGE

St. Michel Archange 1

Mettez-vous intérieurement en présence de Dieu, agenouillez-vous, faites un signe de croix, et répétez lentement et à haute voix la prière suivante qui vous consacrera et placera sous la sainte protection de l’Archange Saint Michel :

« Ô grand Prince du Ciel, gardien très fidèle de l’Eglise, saint Michel archange, moi, N…. ..quoique très indigne de paraître devant vous, confiant néanmoins dans votre spéciale bonté, touché de l’excellence de vos admirables prières et de la multitude de vos bienfaits, je me présente à vous, accompagné de mon Ange gardien ; et en présence de tous les Anges du ciel que je prends à témoins de ma dévotion envers vous, je vous choisis aujourd’hui pour mon protecteur et mon avocat particulier, et je me propose fermement de vous honorer toujours et de vous faire honorer de tout mon pouvoir. Assistez-moi pendant toute ma vie, afin que jamais je n’offense les yeux très purs de Dieu, ni en œuvres, ni en paroles, ni en pensées. Défendez-moi contre toutes les tentations du démon, spécialement pour la foi et la pureté, et, à l’heure de la mort, donnez la paix à mon âme et introduisez-la dans l’éternelle patrie. Ainsi soit-il +. » Saint Michel Archange priez pour nous et pour l’Église  ! Saint Michel, premier défenseur de la Royauté du Christ, priez pour nous !

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Mgr Lefebvre et la spiritualité de la congrégation du Saint-Esprit 

30 septembre 2017

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« Cor Unum et Anima Una »

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 En 1948, Pie XII nomme Mgr Marcel Lefebvre

délégué apostolique pour l’Afrique noire francophone,

archevêque titulaire d’Arcadiopolis in Europa.

Mgr Marcel Lefebvre, né le 29 novembre 1905, qui quitta ce monde le 25 mars 1991 il y a donc de cela 25 ans, est le fondateur de la Fraternité sacerdotale saint Pie X (F.S.S.P.X.), érigée le 1er novembre 1970, avec l’accord de Mgr François Charrière (1893-1976), évêque de Fribourg, ayant pour but, fixé statutairement : « le sacerdoce et tout ce qui s’y rapporte et rien que ce qui le concerne c’est-à-dire tel que Notre Seigneur Jésus-Christ l’a voulu lorsqu’il a dit : « Faites ceci en mémoire de moi ». Orienter et réaliser la vie du prêtre vers ce qui est essentiellement sa raison d’être : le Saint Sacrifice de la Messe, avec tout ce qu’il signifie, tout ce qui en découle, tout ce qui en est le complément. Les membres de la Fraternité auront donc une dévotion véritable et continuelle pour leur sainte Messe, pour la liturgie qui l’auréole, et tout ce qui peut rendre la liturgie expressive du mystère qui s’y accomplit. Ils auront à cœur de tout faire pour préparer spirituellement et matériellement les saints Mystères.» [1]

I. Vie sacerdotale

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Disciple et admirateur de P. Henri Le Floch,

Mgr Lefebvre fut ordonné prêtre en 1929.

Élève studieux et appliqué de l’Institution libre du Sacré-Cœur, il  entre au séminaire français de Rome en 1923, où il effectuera des études qui lui inspireront une authentique fascination pour la vie des papes. Il est ensuite ordonné prêtre en 1929 par l’archevêque de Lille, Mgr Liénart (1884-1973).  Obtenant un doctorat en philosophie, il devient docteur en théologie en 1930. Disciple et admirateur de P. Henri Le Floch (1862-1950), son professeur, un défenseur de positions antimodernistesantilibérales et antidémocratiques, proche des positions de Charles Maurras (1868-1952) et de l‘Action française – après la condamnation du quotidien nationaliste et de son directeur par le Vatican en 1926, le P. Le Floch est poussé par le pape Pie XI qui encourage – dans la continuité de l’apostasie du concordat de 1801 qui vit l’Eglise pactiser avec l’esprit ténébreux de la Révolution -, à quitter sa charge de recteur du Séminaire français en juillet 1927, Mgr Lefebvre lui restant fidèle, bien que celui-ci ait été contraint de quitter son poste de recteur au séminaire français.

Après un an comme second vicaire de la paroisse ouvrière de Marais-de-Lomme et de son église, Notre-Dame de Lourdes, à Lomme (la paroisse actuelle Saint-Benoît-des-Marais étant sa continuité), il entre au noviciat de la congrégation du Saint-Esprit (congrégation missionnaire dont les membres sont plus connus sous le nom de spiritains), et fait profession religieuse en septembre 1932. [2]

II. Archevêque et Assistant au Trône pontifical 

Après l’élection de Jean XXIII, et une action admirable en Afrique, il est relevé de sa charge de délégué apostolique, mais reste archevêque de Dakar. Président de la Conférence épiscopale de l’Ouest africain, il est appelé le 5 juin 1960 à siéger à la Commission centrale préparatoire du Concile Vatican II, alors en préparation. Le 15 novembre 1960 le pape le nomme Assistant au Trône pontifical.

En 1962, il est transféré du siège archiépiscopal de Dakar au siège épiscopal de Tulle avec le titre personnel d’archevêque. Les évêques français avaient fait pression sur Rome afin qu’il ne fût pas nommé archevêque d’Albi, comme cela avait été envisagé, et n’avaient accepté sa venue en métropole qu’à la condition qu’il fût envoyé dans un « petit diocèse ». On ne voulait pas de lui, du fait de ses « tendances intégristes ». A Tulle, la situation était sombre, les vocations en baisse, la pratique aussi, les prêtres vivaient dans la misère et se décourageaient. Monseigneur Lefebvre envisagea des mesures énergiques, remonta le courage de ses prêtres, les visitant et les soutenant. Très impressionné par la différence entre la mission florissante qu’il avait quittée en Afrique et la désolation rencontrée en France, Mgr Lefebvre comprit à ce moment que l’abandon de la soutane va de pair avec bien d’autres abandons inspirés par la sécularisation et la laïcité ambiantes, et surtout par le mirage trompeur de « l’ouverture au monde », si contraire au véritable zèle missionnaire.

III. Supérieur général de Congrégation du Saint-Esprit

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Mgr Lefebvre, Supérieur général

de la congrégation des Pères du Saint-Esprit.

Cependant, après seulement six mois, l’archevêque est appelé à Rome où la congrégation des Pères du Saint-Esprit vient de l’élire comme Supérieur général, le 26 juillet 1962. Le pape l’honore alors du titre d’archevêque de Synnada, en Phrygie (aujourd’hui Şuhut, en Turquie). Il restera Supérieur général de la congrégation du Saint-Esprit de 1962 à 1968.

Le 25 janvier 1959, le pape Jean XXIII avait annoncé la réunion d’un concile. Mgr Lefebvre, nommé parmi les membres de la Commission centrale préparatoire au concile, assistera à toutes les séances, parfois présidées par le pape, et sera témoin de l’affrontement, parfois violent, entre la tendance libérale et les membres conservateurs de la Commission. Cela lui apparut comme un présage funeste. Durant le concile, devant l’importance prise par les thèses modernistes, soutenues par un véritable lobby, préparé et organisé, il sera à l’origine avec quelques autres évêques du « Coetus internationalis Patrum » dont il est le président.

On sait, la farouche opposition de Mgr Lefebvre aux orientations modernistes du concile Vatican II, et la teneur de ses déclarations, dont celle-ci, qu’il fit lors d’une allocution en 1978, après que les funestes fruits du modernisme aient semé la désolation au sein de l’Eglise, considérant dès lors que cette dernière était « occupée » par une « contre-église » : « Je pense que l’on peut, que l’on doit même croire que l’Église est occupée. Elle est occupée par cette contre-Église. Par cette contre-Église que nous connaissons bien et que les papes connaissent parfaitement et que les papes ont condamnée tout au long des siècles. Depuis maintenant bientôt quatre siècles, l’Église ne cesse de condamner cette contre-Église qui est née avec le protestantisme surtout, qui s’est développée avec le protestantisme, et qui est à l’origine de toutes les erreurs modernes qui a détruit toute la philosophie et qui nous a entraînés dans toutes ces erreurs que nous connaissons et que les papes ont condamnées : libéralisme, socialisme, communisme, modernisme, sillonisme et que sais-je ? Et nous en mourons. Les papes ont tout fait pour condamner cela. Et voilà que maintenant ceux qui sont sur les sièges de ceux qui ont condamné ces choses-là sont maintenant d’accord pratiquement avec ce libéralisme et avec cet œcuménisme. Alors nous ne pouvons pas accepter cela. Et plus les choses s’éclairent, et plus nous nous apercevons que ce programme qui a été élaboré dans les loges maçonniques – tout ce programme, toutes ces erreurs ont été élaborées dans les loges maçonniques – et bien on s’aperçoit tout doucement et avec des précisions de plus en plus grandes qu’il y a tout simplement une loge maçonnique au Vatican. » [3]

IV. La spiritualité des spiritains

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Mais nous voudrions surtout mettre en lumière, notamment dans la période trouble que nous traversons, la spiritualité de la congrégation du Saint Esprit, fondée en 1703 à Paris et revivifiée en 1848, par la fusion avec la société du Saint-Cœur de Marie. En effet, les spiritains, appelés également « missionnaires du Saint-Esprit », ont eu deux fondateurs, à cent quarante ans de distance, tout d’abord, en 1703, Claude Poullart des Places (1679-1709), jeune aristocrate breton, ordonné prêtre après avoir renoncé à une carrière au Parlement de Rennes, qui donne naissance à la société et le séminaire du Saint-Esprit. Puis, en 1841, Jacob devenu François Libermann (1802-1852), juif et fils du rabbin de Saverne, converti au catholicisme, fondateur de la société du Saint-Cœur de Marie. Mais en 1848, La société fondée par Libermann, qui regorge de vocations, n’a pas de statut juridique précis. Celle de Poullart des Places existe officiellement mais est à bout de souffle. Or, les buts des deux congrégations sont très voisins. Les membres de la société du Saint-Cœur de Marie entrent dans la congrégation du Saint-Esprit qui devient ainsi l’héritière d’une double tradition, riche des intuitions communes de ses deux fondateurs.

Le vénérable Jacob Libermann se distingue par une orientation spirituelle remarquable, fondée sur le total abandon de l’âme à Dieu par l’action intérieure du Saint-Esprit. Dans une lettre  du 9 août 1835, il écrivait  « Il faut se tenir parfaitement tranquille et s’abandonner entièrement à la sainte conduite de Dieu ; suivre paisiblement et avec un grand amour les vues de Dieu et la grâce de son Esprit. »

Et de nouveau, dans un autre courrier en date  du 21 juin 1844, il exprimait ces paroles admirables : « Avancez de plus en plus en pureté de cœur, en simplicité dans toute votre conduite, en oubli du monde et de vous-même, en amour de Dieu, en zèle pour votre sanctification et pour celle des autres. Imitez votre saint Patron dans la ferveur de son amour envers Jésus et Marie. »

Conclusion : une spiritualité de l’anbandon au Saint-Esprit pour nos temps troublés

Nous le savons, l’Eglise, en théorie, assistée de « l’Esprit-Saint », a proclamé officiellement du haut de la chaire de Saint-Pierre lors du concile Vatican II, une doctrine hérétique, contradictoire d’avec l’enseignement constant et permanent des vingt siècles qui précédèrent le concile. Le Christ aurait-il failli à ses promesses, serait-il trompeur et menteur ? C’est impossible ! Il nous faut donc admettre, que nous sommes en présence d’un « mystère » d’ordre surnaturel, dont les racines plongent dans la « métahistoire », c’est-à-dire une Histoire qui a son origine dans le Ciel, au niveau surnaturel. Il se livre donc en ce monde, l’éternel combat entre les deux « Cités », dont la résolution n’adviendra qu’à la fin des temps, lorsque les puissances ténébreuses seront définitivement vaincues. Mais avant ce moment, attendu, se déroule devant nos yeux une lutte qui n’est pas « extérieure » à l’Eglise – qui n’a pas été « éclipsée par un astre autre » (sic!), comme l’affirment certains schismatiques égarés par des raisonnements fallacieux, mais endure, à l’imitation de son divin fondateur, les douleurs de la Passion [4] -, et dont nous pouvons aisément identifier les signes dans les événements que traverse la société, divine et humaine, fondée par Jésus-Christ, qui est parfois « plus ou moins forte ou plus ou moins faible« , à l’égard des séductions de l’adversaire dans son cheminement en ce monde.

Nous croyons donc utile aux âmes, sachant que c’est à cette source que s’est abreuvé dans sa vie mystique Mgr Marcel Lefebvre, de reproduire la lettre écrite à un séminariste par le vénérable François « Jacob » Libermann, dont on méditera la haute élévation édifiante, et dont on pourra faire un guide assuré pour notre cheminement en ce monde, sachant que ce n’est que par la prière et le recours à la Divine Providence – et non en de vaines agitations stériles, inutiles et inconséquentes plaçant dans les industries humaines des espérances à la courte vue -, que se trouvent, uniquement, les armes du Salut et de la délivrance.

Jacob Liebermann

Jacob François Libermann (1802-1852)

De l’esprit de Jésus vivifiant nos âmes

Mon très cher Frère,

« Que l’Esprit-Saint remplisse votre âme pour y être votre consolation, votre joie, votre force, votre lumière et votre amour !

Notre bon Seigneur nous a envoyé son divin Esprit pour qu’Il soit toute notre vie, qu’Il opère en nous toutes les perfections et la sainteté qu’Il a opérées en Notre-Seigneur lui-même. Voyez, quelle bonté de la part de notre Dieu, quel miracle de grâce et d’amour, de nous envoyer un si grand Maître pour nous instruire de toutes les merveilles que le Père a mises en son Fils bien-aimé et pour les opérer en nos âmes ! Quelle doit être notre sainteté, si nous sommes fidèles à écouter intérieurement le divin Esprit, si nous sommes dociles à suivre ses mouvements, si nous nous y prêtons et si nous Lui donnons pleine liberté d’établir en nos âmes sa propre vie aux dépens et au détriment de notre vie de chair ! C’est une chose incompréhensible que Dieu ait daigné regarder favorablement des gens aussi corrompus que nous, et qu’Il ait voulu venir établir sa demeure dans nos âmes.

Mais aussi, pour qu’Il puisse demeurer en nous et y vivre, il faut que toute corruption, tout esprit propre, tout amour de soi, toute affection créée et toute vie humaine disparaissent ; car le divin Esprit est un esprit de sainteté, et sa vie une vie uniquement sainte ; dès que vous vivons de notre propre vie, nous n’avons plus en nous la vie de sainteté, car nous sommes complètement opposés à la sainteté de Dieu. Voilà pourquoi tâchez de vous prêtez le mieux que vous pourrez à cette vie unique de l’Esprit de Dieu. N’oubliez pas que vous ne parviendrez jamais à exterminer la chair ; elle sera toujours chair, toujours mauvaise, toujours ennemie de Dieu, et opposée à l’esprit de sainteté qui demeure en vous. Qu’un Esprit aussi saint et aussi pur puisse demeurer au milieu de cette imperfection continuelle, et souffrir sans cesse cette révolte contre lui et les mélanges de ce misérable esprit de chair, voilà où se montrent d’une manière admirable la bonté et la miséricorde divines. C’est inconcevable ; mais cela doit nous confondre et nous forcer à nous abîmer dans l’humiliation devant Dieu, en même temps que cela doit nous faire entrer dans les transports d’amour envers la Sainte Trinité ; car c’est là le grand mystère de l’amour de notre Dieu et de notre propre confusion.

Soyez fidèle à ce que le divin Esprit veut faire en vous, suivez-le très doucement et dans une grande humiliation intérieure devant Lui. Tenez-vous toujours en repos, visez à amortir, adoucir et calmer toutes vos aigreurs, tous vos mouvements d’inquiétude, tous les découragements et tous les troubles qui tendent à s’élever dans votre âme. Tâchez de vivre dans une certaine liberté d’esprit, sans contrainte et sans effort. Lorsque vous vous sentez assailli par le désir de vous répandre dans les créatures, ne vous en troublez pas. Ne savez-vous pas ce que vous êtes ? Mais que craignez-vous ? L’Esprit de Jésus qui est en vous ne vous tient-il pas entre ses mains ? Oh ! oui bien sûrement ; car si cela n’était, vous seriez bien loin hors de Lui, il y a longtemps. […]

Ne vous étonnez pas que j’insiste tant là-dessus, car Je pense et suis bien persuadé que pour être parfait il faut que nous soyons absolument vidés de tout ce qui n’est pas Dieu. Le Saint-Esprit frappe à tout instant à la porte de notre cœur ; nous désirons ardemment qu’Il entre, et par ce désir nous Lui ouvrons la porte ; mais comment peut-Il y entrer s’Il n’y trouve pas de place, s’Il trouve ce cœur qui doit tant lui appartenir rempli d’affections ennemies ? Il est donc obligé de rester dehors, et Il a la bonté inconcevable d’attendre jusqu’à ce qu’Il trouve une petite place et à mesure que nous nous débarrassons de ces misérables affections. Plus le Saint-Esprit est entré dans notre cœur, plus nous devenons forts pour chasser peu à peu les ennemis de Dieu qui s’en sont emparés. C’est pour cela qu’il est essentiel que nous aidions ce divin Esprit à les mettre dehors, car sans notre ferme volonté Il ne les forcera pas seul.

Il faut donc le prier ardemment et employer tout ce qu’Il nous donne de force pour Lui aider à accomplir cette œuvre. » [5]

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Prière au Saint-Esprit

« Ô très saint et très adorable Esprit,

faites-moi entendre votre douce et aimable voix.

Je veux être devant Vous comme une plume légère,

afin que votre souffle m’emporte où il veut

et que je ne lui oppose jamais la moindre résistance. »

 

Lire :

Passion mystique

« La Passion « mystique » de l’Église« 

Eschatologie catholique et fins des temps

 

Notes.

1. Statuts de la Fraternité des Apôtres de Jésus et Marie ou (selon le titre public) de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, Statuts approuvés par un décret de l’évêque de Fribourg le 1er novembre 1970, loués par une lettre de la Sacrée Congrégation du Clergé en date du 18 février 1971.

2. Le 12 novembre 1932 de la même année, Mgr Lefebvre s’embarque pour Libreville (Gabon) où il est nommé professeur au séminaire, poste qu’il occupera jusqu’en 1934, date à laquelle il se verra confier la responsabilité de directeur jusqu’en 1938. Le 28 septembre 1935 il prononce ses vœux perpétuels de religion. De 1938 à 1945, le Père Marcel est supérieur de diverses missions au Gabon, et démontre un grand sens de l’organisation. Puis, en octobre 1945, il est rappelé en France et se voit confier le scolasticat de philosophie des spiritains à Mortain (Manche). Il s’applique à relever la maison de ses ruines – elle avait souffert de la guerre – et à former ses séminaristes selon l’enseignement des papes. Le 25 juin 1947, il apprend qu’il est nommé vicaire apostolique de Dakar, et le jeudi 18 septembre 1947, il est sacré évêque à Tourcoing. Arrivé sur place, sa première préoccupation est la formation des prêtres. La prunelle de ses yeux sera donc le séminaire. Pour cela, il installe à proximité un couvent de Carmélites, pour attirer plus sûrement la grâce divine. Quant à la mission, quelque peu moribonde, elle est relancée et fera bientôt barrière à l’Islam. En 1948, Pie XII le nomme délégué apostolique pour l’Afrique noire francophone, c’est-à-dire l’équivalent d’un nonce apostolique. En outre, le délégué devant avoir le rang d’archevêque, Mgr Lefebvre était nommé archevêque titulaire d’Arcadiopolis in Europa. Il était représentant du pape dans un diocèse, 26 vicariats et 17 préfectures apostoliques, sur un territoire s’étendant du Maroc et du Sahara à Madagascar et à la Réunion en passant par l’AOF, le Cameroun français, l’AEF et la Somalie, soit une population catholique de plus de deux millions de fidèles.

3. Monseigneur Marcel Lefebvre, Conférence donnée aux séminaristes d’Écône, le 8 juin 1978.

4. Lire dans, « La Passion « mystique » de l’Église » : Le pharisaïsme ésotérique cosmo-théologique du sédévacantisme, La Question, 2015.

5. Vénérable Jacob François Libermann, Lettres spirituelles, (lettre à un séminariste), Paris, Poussielgue, 1889.

La Passion et la « mort mystique » de l’Église

28 août 2017

Passion mystique

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« JÉSUS-CHRIST et l’Église forment un tout indivisible;

le sort de l’un, c’est le sort de l’autre; 

et de même que là où est la tête, là également doit se trouver le corps,

de même les mystères qui se sont accomplis en JÉSUS-CHRIST

 durant sa vie terrestre et mortelle

doivent se parachever en son Église durant sa vie militante d’ici-bas

(Mgr de Ségur, De la Passion, de la résurrection

 et du triomphe final de JÉSUS-CHRIST en son Église, Œuvres, t. Xe, 1897,p. 168).


Le second concile du Vatican, qui débuta le 11 octobre 1962, a engagé un complet processus de modification et transformation radicale de la religion catholique, prenant le contre-pied systématique, parfois jusqu’à l’extrême, de toutes les positions antérieures défendues et condamnées par l’Eglise catholique au cours des siècles.

Pourtant, le principe catholique sur lequel repose la tradition constante de l’Eglise est le suivant :« L’Esprit-Saint, en effet, n’a pas été promis aux successeurs de Pierre pour dévoiler, par son inspiration, une nouvelle doctrine, mais pour qu’avec son assistance ils gardent saintement et exposent fidèlement la Révélation transmise par les Apôtres, c’est-à-dire le Dépôt de la Foi ». (Pie IX, Const. Pastor Aeternus, Vat. I, Sess. IV Ch. IV, Dz. 1836).

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Le dévoilement, par « inspiration »,

de ce que l’on peut clairement désigner comme étant

une « nouvelle doctrine théologique » hérétique,

c’est bien produit lors du concile Vatican II.

Force est pourtant de constater, que le dévoilement, par « inspiration », de ce que l’on peut clairement désigner comme étant une « nouvelle doctrine », c’est bien produit lors du dernier concile. Une « nouvelle doctrine » exprimée par  le Magistère qui soutint des positions, notamment sur la « liberté religieuse », qui heurtent frontalement ce qui fut toujours enseigné par les papes jusqu’à Pie XII, et qui contredit objectivement la conception catholique portant sur la Royauté sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ, telle que formulée « infailliblement » par Pie IX,  Pie VII, Grégoire XVI et Léon XIII.

I. l’Eglise a « erré dans la Foi »…. lors de Vatican II

Pascal Bernardin, dans son remarquable ouvrage « Le Crucifiement de saint Pierre », explique la nature de ce à quoi nous sommes confrontés : «La doctrine spécifique de Vatican II, les innovations théologiques qu’il introduit et qui le distinguent de manière unique des autres conciles, sont maçonniques, anticatholiques (…) Or en affirmant que l’esprit maçonnique a soufflé sur Vatican II, nous ne faisons que répéter, en en tirant toutes les conséquences, ce que d’autres plus autorisés ont attesté. C’est ainsi que pour le futur cardinal Congar, Vatican II fut la « révolution d’octobre dans l’Eglise » : ‘‘Gaudium et spes est (…) une révision du Syllabus de Pie IX, une sorte de contre-syllabus. (…) il représente une tentative pour une réconciliation officielle de l’Eglise avec le monde tel qu’il est devenu depuis 1789’’. » [1]

Le constat est donc extrêmement inquiétant, il serait insensé de le nier, tout a été bouleversé et renversé, de la divine liturgie aux enseignements sur les mœurs et la morale, en passant par la disciple ecclésiastique régulière ou séculière ; de l’abandon de la soutane pour les prêtres au renversement des règles ancestrales, et ce jusqu’à l’intérieur des monastères les plus anciens de la chrétienté comme les Chartreux, de la chute vertigineuse des vocations aux réductions à l’état laïc de dizaines de milliers de religieux et religieuses, avec, pour conséquence, la fermeture de la plupart des églises et chapelles, notamment en milieu rural, entraînant une déchristianisation massive des populations, tout ceci faisant que ce qui demeure encore sous le nom de « religion catholique » aujourd’hui, semble représenter une sorte de misérable « contrefaçon » directe, pour ne pas dire de « parodie » de ce que fut, il y encore pas si longtemps, la religion traditionnelle.

Que faut-il en conclure ?

Certes le concile de Vatican II ne se voulut pas « dogmatique » et refusa même, par décision des pontifes qui le présidèrent (Jean XXIII et Paul VI), d’user de son pouvoir d’infaillibilité. C’est un fait.  Mais ce fait n’explique pas tout, car un concile présidé par un pape, est un concile de l’Eglise, il participe, en droit, du Magistère authentique, et son enseignement doit donc être conforme à la doctrine de toujours. [2] Cependant, ce ne fut pas le cas, bien au contraire !

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Toute l’Église enseignante  a… erré dans la Foi à Vatican II !

La réalité, brutale mais véridique, il convient de l’avouer franchement, c’est que toute l’Église enseignante  a… erré dans la Foi à Vatican II, puisqu’il y avait 2500 évêques et que toutes les Constitutions et Déclarations conciliaires ont toutes été votées à une écrasante majorité. [3]

II. La thèse sédévacantiste de « l’Eglise éclipsée »

Si donc l’Eglise enseignante a erré dans la Foi à Vatican II, et que depuis, l’enseignement dispensé officiellement par Rome est infecté du poison moderniste, la conclusion qu’effectuent les partisans de la vacance du Trône de Saint Pierre, c’est que « l’Eglise est éclipsée », et qu’en lieu et place, une secte hérétique, une « contre-église » fausse et mensongère, s’est installée dans les  murs du Vatican avec à sa tête des « usurpateurs », des « antipapes », éclipsant, c’est-à-dire voilant, l’authentique Eglise qui subsisterait toujours, mais hors de Rome, pure et sans tâche.

Il est à noter néanmoins, que cette désignation : « lEglise éclipsée », ne se retrouve chez aucun Père de l’Eglise, elle provient de la partie contestée du « secret » de Mélanie, la jeune bergère de La Salette qui vit la Vierge en larmes le 19 septembre 1846 dans les montagnes du Dauphiné, partie rajoutée et publiée en 1879 par une Mélanie Calvat (1831-1904), inspirée par les thèses apocalyptiques qui circulaient à l’époque dans les milieux catholiques monarchistes légitimistes.

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Mélanie Calvat (1831-1904), 

inspirée par les thèses apocalyptiques des milieux catholiques

monarchistes et légitimistes, rédigea et fit publier en 1879 en Italie,

une nouvelle version du « secret » – mise à l’index par le Saint-Office

qui vint ajouter un discours qui ne figure pas

dans la première version écrite juste après l’apparition de 1846,

remise au pape Pie IX le 18 juillet 1851.

Signalons par ailleurs, que l’éventuelle prophétie de la Sainte Vierge à La Salette : “l’Église sera éclipsée…” se rapporte plutôt à l’avènement de l’Antéchrist, car pour l’époque actuelle, la prophétie de la Très Sainte Vierge dit très exactement : “ L’Église aura une crise affreuse”, ce qui correspond bien à la réalité.  [4]

Vierge de La Salette

Cette désignation : « l’Eglise éclipsée » ne se retrouve chez aucun Père de l’Eglise,

elle provient de la partie contestée du « secret »

de Mélanie, la jeune bergère de La Salette

Toutefois, par delà ces précisions, il demeure cependant un problème à cette thèse, et pas des moindres, qui participe des deux interrogations préalables :

– 1°) Comment, dans une dite «Eglise en ordre» (sic), c’est-à-dire une Eglise qui bénéficiait encore, au moment de l’ouverture du concile Vatican II, de l’assistance pleine et entière de l’Esprit-Saint, un tel triomphe des idées modernistes a-t-il pu se produire ?

– 2°) Par ailleurs, l’Eglise reposant sur le pape, depuis le moment où saint Pierre fut désigné par le Christ pour gouverner son Eglise (Matthieu XVI, 17-18), il est bien difficile d’admettre qu’elle puisse perdurer depuis plus de cinquante ans – et sans nul doute pour longtemps encore, car le temps sera long avant que ne soient entièrement effacées les traces de Vatican II, si tant est qu’elles le soient un jour -, sans un chef visible ?

C’est sans doute les deux questions les plus délicates touchant à la vie de l’Eglise qui se posent de façon très concrète, et il faut reconnaître que si les plumes diverses sont promptes à exposer l’infiltration de l’Eglise par les courants occultistes et modernistes, quasi personne n’arrive à expliquer les raisons réelles qui ont permis, non pas seulement la lente pénétration de la sainte institution par les forces ténébreuses et révolutionnaires, véhiculant les conceptions panthéistes, naturalistes et libérales de la franc-maçonnerie, mais surtout comment ces forces révolutionnaires sont parvenues à vaincre une « Eglise en ordre » (sic), et, auxiliairement, de quelle manière une hypothétique « Eglise éclipsée », peut-elle fonctionner sans un pape ?

Les auteurs traditionnels s’accordent uniquement sur ce point : « Depuis 1958 Rome prend le contre-pied de ce que la papauté a toujours enseigné » [5]. Le constat est juste, mais largement insuffisant pour permettre de répondre correctement à la situation troublante et inquiétante que traverse l’Eglise.

III. Comment l’Eglise assistée de l’Esprit-Saint a-t-elle pu « errer dans la foi » ?

Pourtant, nous le savons, le Christ, par son Saint-Esprit, assiste depuis son Ascension en permanence l’Eglise, au point que Jésus-Christ, selon le cardinal Charles Journet (1891-1975) : « maintient l’Eglise liée à lui par une providence si particulière, une sollicitude si constante, un amour si jaloux qu’il est Lui-même le sujet responsable de ses activités » :

Sainte Trinité

«L’Église est ainsi comme un épanchement de la vie trinitaire au sein du temps. Depuis la venue du Christ, le Fils et l’Esprit continuent à chaque instant de visiter invisiblement l’Église. C’est donc l’Esprit saint qui, à travers l’humanité de Jésus, forme l’Église et l’introduit dans le monde. Mais après lui avoir donné tout ce qu’il lui faut pour subsister en elle-même, comme une vraie personne morale, ou sociale, et par conséquent pour agir à l’égard du monde avec indépendance, il ne l’a pas détachée de Lui. Il la maintient liée à Lui par une providence si particulière, une sollicitude si constante, un amour si jaloux qu’il est Lui-même le sujet responsable de ses activités. (…) » La suite de ce texte est fondamentale : « L’Église jamais n’apostasiera ni ne perdra l’amour. Les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle, l’assistance divine la soutiendra tous les jours jusqu’à la fin des temps. » (Charles Journet, Le Traité de l’Eglise, 1957).

Comment se peut-il donc, si l’Eglise bénéficie d’une promesse d’assistance constante du Christ, accompagnée de la certitude que « Les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle, l’assistance divine la soutiendra tous les jours jusqu’à la fin des temps » (Matthieu XXVIII, 20), qu’elle ait pu porter sur le trône de Saint Pierre un moderniste, Jean XXIII, qui permit le triomphe des idées libérales en prenant l’initiative de convoquer un nouveau concile lors duquel toute la religion a été changée ?

Est-il possible qu’une Eglise, en théorie, assistée de « l’Esprit-Saint », ait pu proclamer une doctrine contradictoire d’avec l’enseignement constant et permanent des vingt siècles qui précédèrent Vatican II ?

Le Christ aurait-il failli à ses promesses, serait-il trompeur et menteur ?

C’est impossible !

IV.  Le mystère de l’Eglise est celui du « combat entre Dieu et Bélial »

Il nous faut donc admettre, que nous sommes en présence d’un « mystère » d’ordre surnaturel, dont les racines plongent dans la métahistoire, lorsque les anges rebelles se sont révoltés contre Dieu, ce « mystère » nous liant au devenir d’une Histoire marquée par la lutte originelle qui est une lutte, comme nous l’apprend saint Augustin (354-430), entre la Cité du Ciel et celle de la Terre, deux « Cités » absolument irréconciliables et antagonistes, deux « Cités » que tout oppose et sépare, fondées sur des principes radicalement divergents, travaillant à des objectifs totalement contraires, poursuivant des buts à tous égards dissemblables. [6]

Montfort

Le « mystère d’iniquité » (Thessaloniciens II, 7),

 est un « mystère  » intérieur à l’Eglise elle-même.

Nous sommes donc, dans le cadre de la désorientation actuelle, en présence d’un « mystère », un « mystère d’iniquité » selon saint Paul (« Car le mystère d’iniquité se forme dès à présent, mais seulement jusqu’à ce que celui qui le retient encore paraisse au grand jour », II Thessaloniciens II, 7), qui est un « mystère intérieur à l’Eglise elle-même » ; nous ne sommes pas confrontés au triomphe d’une « autre entité » qui aurait, à Rome, « éclipsé » la véritable Eglise lors de Vatican II – ce qui ne se peut aucunement, sous peine de souscrire à l’idée d’un abandon de l’Eglise par le Christ, proposition impie et blasphématoire, à laquelle souscrivent implicitement et explicitement les sédévacantistes qui, enfreignant le « droit divin », jugent le pape en hérésie en for interne, et agissent comme s’ils disposaient d’un pouvoir délibératif et décisionnel sur la personne du pontife, ce qui est non seulement formellement interdit par l’Eglise, mais en plus ne relève que de l’autorité dont dépend le pape, à savoir Le Christ et Lui Seul.

Cependant, si telle est la situation, c’est-à-dire que nous nous trouvions dans « le temps de formation de l’iniquité », alors, il est évident que nous sommes en présence d’une période de combat qui se déroule « dans l’Eglise », comme dans toute la Création depuis la Chute, et ce combat à l’intérieur de l’Eglise – pas plus que le Ciel, lieu où les anges se sont révoltés –, est un combat engagé au sein même de l’Eglise, comme il eut lieu originellement dans le Ciel, qui  cependant, ne cessa point d’être le lieu où règne Dieu.

V. Le Fils de perdition doit « entrer dans l’Eglise »

De la sorte, la seule manière de pouvoir tenir en un même ensemble indissociable, la continuité éternelle de la succession pontificale, « matérielle » et « formelle », relevant du « droit divin », imprescriptible de par son Divin fondateur, et la désorientation manifeste que représente « l’errance dans la foi » de Vatican II, c’est d’examiner la situation au regard de ce que les Apôtres, les Pères, les saints, les docteurs et théologiens de l’Eglise, ont annoncé concernant les temps futurs que doit traverser et connaître l’épouse de Jésus-Christ.

Et là notre légitime incompréhension cesse face à la situation illogique et aux manifestes contradictions d’une telle impossibilité, car il y a un cas, et un cas uniquement où l’incohérence trouve sa résolution, c’est lorsqu’on envisage ce qui se déroule sous nos yeux depuis Vatican II, au regard de l’épreuve par laquelle l’Eglise doit passer au cours de son séjour en ce monde. Et  l’épreuve dont il s’agit, largement décrite et prédite, a été désignée par les docteurs sous le nom « d’apostasie » ; elle est très clairement prévue, et il est même question d’une positive et très concrète « entrée dans l’Eglise » – et non, ce qui est à noter, dans une « contrefaçon » qui aurait éclipsé la véritable Eglise -, du « Fils de la perdition »

Ces prédictions ne sont point sujettes à caution, issues du fruit de l’imagination débordante de quelques visionnaires emportés par leur inspiration personnelle, le témoignage de personnalités enthousiastes, disons, pour être charitables, peu fiables et faiblement équilibrées. Tout au contraire. Nous sommes en présence d’analyses effectuées par des auteurs ecclésiastiques reconnus, et pour certains ayant même occupé les plus hautes fonctions hiérarchiques dans l’Eglise.

Ainsi, au titre de ces prédictions autorisées, plusieurs possèdent, de par la précision de leurs détails, la profondeur de leurs vues surnaturelles, une place singulièrement importante, comme nous allons pouvoir en juger.

Charles Arminjon

« Les apostasies seront nombreuses,

on verra les conducteurs des peuples

fléchir le genou devant l’idole régnante,

un grand nombre déserteront la vérité

et se laisseront emporter par le courant de la dépravation.» 

Abbé Charles Arminjon,

(Fin du monde présent et mystères de la vie future, 1881).

 

L’Abbé Charles Arminjon (1824-1885), prêtre de Chambéry, dans son ouvrage, « Fin du monde présent et mystères de la vie future » (1881), qui eut une extraordinaire influence sur sainte Thérèse de l’Enfant de Jésus (1873-1897), expliqua, avec une remarquable science, ce que l’Eglise allait traverser :

« Les apostasies seront nombreuses, et les courages deviendront rares. Il est écrit que les vertus des cieux seront ébranlées et que les étoiles du ciel tomberont. En d’autres termes, on verra les conducteurs des peuples fléchir le genou devant l’idole régnante, et, ce qui est plus désolant encore, c’est que, parmi les dispen­sateurs de la science, les astres de la théologie, les bouches d’or de l’éloquence sacrée, un grand nombre déserteront la vérité et se laisseront emporter par le courant de la dépravation. (…) Saint Paul nous apprend encore que Jésus‑Christ ne descendra pas une seconde fois avant que ne vienne la grande apostasie (…)  si la défection continue son cours, on peut prédire que cette guerre faite à Dieu doit fatalement aboutir à l’apostasie totale et consommée. De la statolatrie, c’est‑à‑dire de l’esprit utilitaire et de l’adoration du Dieu‑État, qui est le culte de notre époque, à l’adoration de l’homme individu, il n’y a qu’un faible pas à franchir. Nous y touchons presque…». (Abbé C. Arminjon, Fin du monde présent et mystères de la vie future », Victor Palmé, 1881).

De même, le vénérable Barthélémy Holzhauser (1613-1658), qui écrivit une « Interprétation de l’Apocalypse », soutient qu’au septième et dernier âge, celui de la désolation, le « Fils de la perdition entrera dans l’Eglise » :

Bartholomäus_Holzhauser

« Et alors le Christ commencera à vomir l’Eglise de sa bouche, et permettra que Satan soit délié et étende son pouvoir en tous lieux ; et que le Fils de perdition entre dans le royaume, qui est l’Eglise. » (Interprétation de l’Apocalypse renfermant l’histoire des sept âges de l’Eglise catholique, Librairie Louis Vivès, 1856, t. I, p. 210).

VI. L’ésotérisme « cosmo-théologique » schismatique 

Le problème, sérieux s’il en est, de la démonstration pseudo-théologique, sur laquelle s’appuie le sédévacantisme pour justifier sa non reconnaissance des papes et de Rome depuis Vatican II, qui participent l’un et l’autre, selon eux, d’une secte, d’un corps étranger, un « astre autre » (sic) éclipsant la véritable Eglise, c’est qu’elle est en totale contradiction d’avec les enseignements formels des docteurs de l’Eglise, qui évoquent une « Passion » de l’Eglise dans la période précédant la fin des temps, mais en aucun cas le remplacement de l’épouse du Christ par un « corps étranger » ; saint Thomas d’Aquin parlant d’une Eglise visible, mais devenue pécheresse, « obscure » et « noire » à cause « de l’hérésie de la nouveauté » (cf. Commentaire sur les Psaumes X, 3).

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éclipse -

C’est bien « dans l’Eglise », 

et non pas dans un quelconque « astre autre »  

selon un verbiage relevant de « l’ésotérisme cosmologique », 

que doit advenir « l’apostasie », une apostasie de l’Eglise catholique,

pas d’un « corps étranger », d’un « autre corps céleste venu d’ailleurs ».

Il y a donc chez les schismatiques, de par l’illusion d’un discours ésotérique « cosmo-théologique », un refus très coupable de la « Passion », une « Passion » refusée à l’Eglise au prétexte de comparaisons fantaisistes cosmologiques, hautement aventureuses spirituellement [7], qui conduisent, au fond, à ne pas accepter par l’effet d’une lâcheté pharisaïque, l’épreuve de la Croix que subit l’épouse de Jésus-Christ, et à fuir cette sainte et pieuse évidence, à savoir que « l’Église, à la fin des temps, comme son Divin Chef sur la croix, paraisse vaincue ».

Or, elle doit être cette Eglise, configurée au Christ dans sa Passion à la fin des temps, car c’est bien « dans l’Eglise », et non pas dans un quelconque « astre autre » (sic), selon des rêveries absurdes qui relèvent au fond d’un verbiage relevant de l’ésotérisme cosmologique, que doit advenir « l’apostasie », une apostasie que Mgr de Ségur (1820-1881) désigne positivement comme étant celle de l’Eglise catholique, pas d’un « corps étranger », d’un « autre corps céleste venu d’ailleurs ». Il s’agit donc, objectivement et fort concrètement, dans les événements que nous traversons, d’une : « apostasie générale ou quasi-générale de la foi de la sainte Église Romaine », et ceci en conséquence d’une vérité évangélique révélée incontestable : « L’Eglise doit avoir, elle aussi, et sa Passion, et son crucifiement final » (Colossiens, I 24).

Qu’adviendra-t-il en cette terrible période de l’Histoire de l’Eglise ?

Voici la réponse, très éloignée de l’inacceptable et surtout très hérétique théorie de « l’occultation » produite par les fumeuses interprétations cosmico-occultistes sédévacantistes : «Quoique toujours visible et composée de ses éléments essentiels, l’Église sera pendant tout ce temps-là comme crucifiée, comme morte et ensevelie.» (Mgr de Ségur, De la Passion, de la résurrection et du triomphe final de JÉSUS-CHRIST en son Église, 1897).

VII. L’Eglise est entrée dans les temps de sa « Passion mystique »

De ce fait, ce à quoi nous assistons, de par la situation tout à fait exceptionnelle que nous traversons, ce n’est donc pas « l’éclipse de l’Eglise » (sic !) voilée par une contrefaçon parodique et usurpatrice, mais c’est un temps d’épreuve, une authentique « Passion », un « Vendredi Saint », pour le dire clairement « la Passion de l’Église », ou « Passion mystique du Christ » revécue, que plusieurs théologiens, très éloignés des millénarismes et messianismes spéculatifs en grande faveur chez les schismatiques soutenant l’idée d’une « Eglise éclipsée » (re-sic !), désignent comme étant l’épreuve finale qu’aurait à subir l’Église dans la période annonçant la « Fin des Temps », précisément une période où adviendra « l’apostasie ». 

Selon l’eschatologie catholique, en effet l’Église, avant la Parousie, c’est-à-dire le second avènement du Christ, doit subir une « Passion » à l’image du Verbe incarné, dont elle est le corps mystique. Ce temps de « Passion », peut s’étendre sur une très longue période et il serait aventureux de vouloir en annoncer la durée accomplie et l’arrivée prochaine du Fils de Dieu.

Tout cela peut se dérouler sur des siècles, comportant des avancées vers « l’Apostasie », puis des retours, pour des périodes courtes ou étendues, vers la « Tradition », en un mouvement apparemment contradictoire et dialectique qui sera cependant représentatif du trouble consécutif des épreuves qu’aura à traverser l’Eglise.

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« Ne faut-il pas que l’Eglise de jour en jour,

prenne davantage la ressemblance du Christ ?

Ne faut-il pas qu’elle soit comme la vivante image

de Celui qui a souffert de tels tourments et si nombreux ?

 Ne faut-il pas que d’une certaine façon

elle achève en elle-même ce qui manque

aux souffrances du Christ (Coloss. I, 24) ?

C’est là le secret de cette loi de la souffrance

imposée par Dieu à son Eglise qui milite sur cette terre… »

(S. Pie X, Encyclique Communium Rerum, 21 avril 1909).

Saint Pie X, évoque d’ailleurs clairement, dans l’encyclique « Communium Rerum » (1909), la loi de souffrance imposée par Dieu à son Eglise, qui la conduit à devoir « achever en elle-même ce qui manque aux souffrances du Christ », de sorte qu’elle soit  « comme la vivante image de Celui qui a souffert de tels tourments » : 

« Le Seigneur est toujours là ; grâce à lui, tout concourra au bien de ceux qui l’aiment (Rom. vin, 28). Il tirera le bien du mal; les triomphes qu’il réserve à son Eglise seront d’autant plus éclatants que plus méchants ont été les efforts de la perversité humaine pour ruiner son œuvre. Telle est l’admirable grandeur des desseins de la divine Providence; telles sont ses voies impénétrables (Ibid. xi, 33), dans la  situation présente; – car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, dit le Seigneur (Is. LV, 8). Ne faut-il pas que l’Eglise de jour en jour, prenne davantage la ressemblance du Christ ? Ne faut-il pas qu’elle soit comme la vivante image de Celui qui a souffert de tels tourments et si nombreux ? Ne faut-il pas que d’une certaine façon elle achève en elle-même ce qui manque aux souffrances du Christ (Coloss. I, 24) ? C’est là le secret de cette loi de la souffrance imposée par Dieu à son Eglise qui milite sur cette terre : les luttes, les oppressions, les angoisses seront à jamais son partage ; telle est la voie, telles sont les tribulations incessantes par lesquelles elle entrera dans le royaume de Dieu (Act. xiv, 21), pour se réunir enfin à l’Eglise triomphante du cielIls se trompent donc singulièrement, ceux qui s’imaginent et espèrent pour l’Eglise un état exempt de toute perturbation…» (S. Pie X, Encyclique Communium Rerum, 21 avril 1909,  cf. Actes de S.S. Pie X, t. V, Éditions de la Documentation Catholique, n.d., pp. 41-42).

Crucifix Janséniste I

« La Passion du Christ se renouvelle,

et d’une certaine manière elle se poursuit et s’achève,

dans son corps mystique qui est l’Église (…)

souffrant toujours en son corps mystique, le Christ

veut nous avoir pour compagnons de son expiation.. »

(Pie XI, Miserentissimus Redempto, 28 mai 1928)

Pie XI déclarait également en 1928, dans son encyclique « Miserentissimus Redemptor« , consacrée à la réparation due, par tous, au Sacré-Cœur de Jésus qui est « la synthèse de la religion » – rappelant que la dévotion au Sacré-Cœur, qui a pour origine l’encyclique « Annum Sacrum«  de Léon XIII en 1899, avait perdu de son intensité alors que « l’esprit d’expiation ou de réparation a toujours tenu le premier et principal rôle dans le culte rendu au Sacré-Cœur de Jésus » – que la « Passion se poursuit dans l’Eglise » :

« La Passion du Christ se renouvelle, et d’une certaine manière elle se poursuit et s’achève, dans son corps mystique qui est l’Église. Car, pour nous servir encore des paroles de saint Augustin : « Le Christ a souffert tout ce qu’il devait souffrir ; la mesure de ses souffrances est désormais à son comble. La dette de souffrances était donc payée dans la Tête, mais elle demeurait entière dans son corps ». Le Seigneur Jésus lui-même a bien voulu nous l’apprendre, quand il disait à Saul, respirant encore la menace et la mort contre les disciples : Je suis Jésus que tu persécutes. Il laissait ainsi nettement entendre que les persécutions déchaînées contre l’Église visaient et atteignaient le divin Chef de l’Église lui-même. C’est donc à bon droit que, souffrant toujours en son corps mystique, le Christ veut nous avoir pour compagnons de son expiation. Notre situation envers lui l’exige également, car, puisque nous sommes le corps du Christ et ses membres chacun pour notre part, tout ce que souffre la tête, les membres le doivent souffrir aussi. » (Pie XI, Miserentissimus Redempto, 28 mai 1928).

Quant à Mgr Louis Gaston de Ségur (1820-1881), déjà évoqué, Prélat dans la Maison du Pape Pie IX, Chanoine de l’Ordre des Évêques du Chapitre Impérial de Saint-Denys, il aborde également ce sujet, à bon droit fondamental pour la sauvegarde de la Foi catholique, dans lequel il démontre la permanente visibilité de l’Eglise, mais qui « apostasiera avant la fin des temps », car en effet, il doit advenir, non pas une « éclipse », mais une « apostasie générale ou quasi-générale de la foi de la sainte Église Romaine ».

Mgr de Ségur

« JÉSUS-CHRIST et l’Église forment un tout indivisible

le sort de l’un, c’est le sort de l’autre; et de même que là où est la tête,

là également doit se trouver le corps,

de même les mystères qui se sont accomplis en JÉSUS-CHRIST

durant sa vie terrestre et mortelle doivent

se parachever en son Église durant sa vie militante d’ici-bas.

JÉSUS-CHRIST a eu sa Passion et son crucifiement :

l’Église doit avoir, elle aussi, et sa Passion, et son crucifiement final. »

Mgr de Ségur, 

(De la Passion, de la résurrection 

et du triomphe final de JÉSUS-CHRIST en son Église,1897).

VIII.L’Église devient obscure « dans l’engouement pour la nouveauté »

Nous le voyons, les événements auxquels nous assistons depuis plusieurs décennies, relèvent de la vie intime de l’Eglise, ils participent de l’eschatologie par laquelle nous savons que  « l’Église, à la fin des temps, comme son Divin Chef sur la croix, paraîtra vaincue », une Eglise au sein de laquelle il doit advenir une, « apostasie générale ou quasi-générale de la foi de la sainte Église Romaine », une Eglise qui « doit avoir, elle aussi, et sa Passion, et son crucifiement final ».

A ce titre, le texte révélé de l’Apocalypse, rédigé par saint Jean, distingue les âges du christianisme selon le nom de sept églises d’Asie mineure (Éphèse, Smyrne, Pergame, Thyatire, Sardes, Philadelphie, Laodicée), ces âges allant des premiers siècles de l’Eglise jusqu’au moment où s’éteindra le dernier pape avant le retour du Fils de Dieu. Les exégètes ne sont pas tous du même avis concernant l’église d’Asie, et donc l’âge, qui correspondrait à notre période actuelle. Mais la plupart s’accordent pour considérer que nous sommes dans le temps de l’église de Sardes. Ce temps est caractérisé par une désorientation et une perte de la Foi, faisant que les œuvres qui paraissent vivantes, sont en réalité « mortes » : « Voici ce que dit celui qui a les sept esprits de Dieu et les sept étoiles : Je connais tes œuvres. Je sais que tu passes pour être vivant, mais tu es mort. » (Ap. III, 1). 

C’est exactement la formulation de saint Thomas d’Aquin ( + 1274), qui ne parle pas d’une « éclipse de l’Eglise », mais bien d’une Eglise visible, « paraissant vivante » mais devenue sombre, « obscure », « noire » à cause de l’hérésie de la nouveauté, ce qui correspond très exactement à ce que nous vivons :

coeur_glaives

« L’Église devient obscure dans l’engouement pour la nouveauté, lorsque les prédicateurs et les docteurs ne sont pas en elle ; elle devient […] noire à cause des nuages, c’est-à-dire à cause de la séduction des hérétiques.» (S. Thomas d’Aquin, Commentaire sur les Psaumes X, 3).

Il s’agit bien de l’Eglise, pas d’une contrefaçon usurpatrice ni d’un « corps étranger » (sic) désigné sous le nom de « secte conciliaire« , il s’agit de l’épouse du Christ « devenue obscure dans l’engouement pour la nouveauté », les nuages représentant le séductions des hérétiques pour les doctrines erronées.

Conclusion

Au moment de ce crucifiement final – lorsque l’épouse du Christ sera morte, puis ensevelie et mise au tombeau -, il ne s’agit surtout pas de fuir et de l’abandonner, en ces instants où l’Eglise – « toujours visible » – est au Calvaire, en ces heures où l’Eglise vit son agonie, bien au contraire, « il ne faut pas dormir », ou pire, de façon abominablement pharisaïque, s’en détourner et la fuir !

L’Eglise a besoin que nous conservions la Foi, que nous résistions à l’apostasie, et que nous restions convaincus que la souffrance consentie « mystiquement » par l’Eglise, à l’imitation de Jésus son époux, qui se fit péché pour le salut des hommes, est une épreuve d’expiation en conformité de son Divin Fondateur.

Et pendant cette période, où l’apostasie générale est répandue sur la terre, où les forces de corruptions sont déchaînées horriblement, n’oublions pas et soyons certains, que « La révélation de la Trinité, notamment, est toujours pure à l’intérieur de l’Église…». [8]

Crucifix (2)

L’Eglise qui n’a pas été « éclipsée », demeure « visible »,

mais traverse une épreuve,

en ces instants où l’Eglise  est au Calvaire,

en ces heures où l’Eglise vit son agonie,

 « il ne faut pas dormir », ou pire, de façon abominablement pharisaïque,

s’en détourner et la fuir !

Le Christ ne peut être vaincu, il ne peut abandonner son Eglise qui n’a pas été « éclipsée » bien évidemment, mais qui, demeurant « visible », traverse une épreuve dont nous avons la certitude absolue et évangélique, qu’elle permettra à l’Eglise de se relever, lorsque le Christ en décidera, plus belle, plus lumineuse et sainte. [9]

Il n’est, de la sorte, pas catholique de sombrer dans cette « gnose nihiliste, désespérante, ésotérique et millénariste», qui est devenue le nouveau Credo des schismatiques, qui ont perdu le sensus fidei et ne savent plus reconnaître l’Eglise du Christ dans les souffrances de sa Passion, qui la rejette à l’heure où elle est au Calvaire [10], jusqu’à considérer les successeurs légitimes de Saint Pierre comme des antipapes et des usurpateurs, en n’hésitant pas à encourir l’anathème de la Constitution dogmatique « Pastor Aeternus » :

« Si donc quelqu’un dit que ce n’est pas par l’institution du Christ ou de droit divin (iure divino), que le bienheureux Pierre a des successeurs perpétuels (perpetuos successoresdans sa primauté sur l’Église universelle,ou que le Pontife romain n’est pas le successeur du bienheureux Pierre en cette primauté, qu’il soit anathème. »  (Constitutio dogmatica Pastor Aeternus § 2. De perpetuitate primatus beati Petri in Romanis Pontificibus,Vatican I, 1870).

Il convient de garder la Foi sans manquer à l’espérance, tout en étant conscient que la période des tribulations est aussi celles des plus grandes « grâces mystiques » accordées aux âmes. Prions et ayons confiance en la Divine Providence, en sachant que nous sommes sous la protection du Ciel, et que la fidélité catholique est le gage des récompenses célestes.

Le pape Léon XIII donna une prière à saint Joseph pour accompagner son encyclique « Quamquam Pluries » (1889), qui déclarait saint Joseph patron de l’Eglise, n’hésitons-pas à la réciter très souvent.

La voici :

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« Nous recourons à vous dans notre tribulation, bienheureux Joseph, et, après avoir imploré le secours de votre très sainte épouse, nous sollicitons aussi avec confiance votre patronage. Au nom de l’affection qui vous a uni à la Vierge immaculée, Mère de Dieu ; par l’amour paternel dont vous avez entouré l’Enfant Jésus, nous vous supplions de regarder d’un œil propice l’héritage que Jésus-Christ a acquis au prix de son sang et de nous assister de votre puissance et de votre secours dans nos besoins. Ô très vigilant gardien de la sainte Famille, protégez la race élue de Jésus-Christ ; Ô Père très aimant, éloignez de nous toute souillure d’erreur et de corruption ; Ô notre très vaillant et tutélaire protecteur, assistez-nous du haut du ciel dans le combat que nos livrerons à la puissance des ténèbres ; et, de même que vous avez arraché autrefois l’Enfant Jésus au péril de la mort, défendez aujourd’hui la sainte Eglise de Dieu des embûches de l’ennemi et de toute adversité. Couvrez-nous tous de votre perpétuel patronage, afin que, soutenus par la puissance de votre exemple et de votre secours, nous puissions vivre saintement, pieusement mourir et obtenir la béatitude éternelle du Ciel. Ainsi soit-il. » LEON XIII, PAPE –

 

Lire :

« Eschatologie catholique et fins des temps »

étude historique et théologique en deux parties

Coeur

1. L’Église crucifiée par « l’esprit du monde »

et

2. La Passion « mystique » de l’Église

 

Notes.

1. P. Bernardin, Le Crucifiement de saint Pierre, éditions Notre-Dame de Grâces, 2009, p. 8.

2. Vatican II ne souhaita pas faire usage de son pouvoir d’infaillibilité, c’est un fait, mais en droit, comme le rappelle le Droit Canon : «Le Concile œcuménique est muni du pouvoir souverain sur l’Eglise universelle» (Droit Canon, 1917, § 228). La doctrine de l’Eglise, de ce point de vue, est donc formelle  : « Pour reconnaître les cas où l’infaillibilité de l’Église est engagée, il suffit de se rappeler que toute doctrine enseignée universellement par les pasteurs chargés de conduire le troupeau du Christ, et donnée manifestement comme appartenant directement ou indirectement à la Révélation, est infaillible» (Cf. Ch.-V. Héris, L’Église du Christ, Le Cerf 1930, pp. 44-45). On n’en peut donc contester que Vatican II, fut de la sorte infaillible en droit. Mgr Bartolomeo d’Avanzo (1811-1884), rapporteur à Vatican I, précise : « Il y a, dans l’Église, un double mode d’infaillibilité: le premier s’exerce par le magistère ordinaire. (…) C’est pourquoi, de même que le Saint-Esprit, l’Esprit de Vérité demeure tous les jours dans l’Église, l’Église aussi enseigne tous les jours les vérités de la foi, avec l’assistance du Saint-Esprit.  Elle enseigne toutes les vérités soit déjà définies, soit explicitement contenues dans le dépôt de la révélation, mais non définies encore, soit enfin celles qui font l’objet d’une foi implicite.  Ces vérités, l’Eglise les enseigne quotidiennement, tant principalement par le pape, que par chacun des évêques en communion avec lui.  Tous, et le pape et les évêques, dans cet enseignement ordinaire, sont infaillibles de l’infaillibilité même de l’Église.  Ils diffèrent seulement en ceci: les évêques ne sont pas infaillibles par eux-mêmes, mais ont besoin de la communion avec le pape qui les confirme mais le pape, lui, n’a besoin de rien d’autre que l’assistance du Saint-Esprit qui lui a été promise. Ainsi il enseigne et n’est pas enseigné, il confirme et n’est pas, confirmé. » (intervention officielle de Mgr d’Avanzo, rapporteur de la Députation de la Foi, devant les Pères du Vatican, in: Dom Paul Nau « Le magistère pontifical ordinaire, lieu théologique. Essai sur l’autorité des enseignements du souverain pontife », in:Revue thomiste, 1956, p. 389 – 412, tiré à part Neubourg 1962, p. 15).

3. Seuls 88 évêques sur 2500, s’opposèrent à la Déclaration sur les relations de l’Église avec les religions non chrétiennes, Nostra Ætate,passée en dernière lecture lors de la troisième session du concile. Immédiatement promulguée (28 octobre 1965) par le pape Paul VI. Nostra Ætate, est le documents de Vatican II le plus révolutionnaire, dans l’esprit du dialogue interreligieux, renouvelant totalement les relations de l’Eglise avec les juifs, les musulmans, les bouddhistes, les hindous et même ceux qui suivent les autres religions. En 2005, se sont rencontrés pour célébrer le quarantième anniversaire de sa promulgation, les chefs religieux des différentes religions mondiales.

4. Le 5 janvier 1895, Mélanie, écrivait : “En vérité, les catho­liques, sans parler des autres, aident merveilleusement à composer, à préparer le règne de l’Antéchrist ; les Lucifériens n’ont pas à combattre beaucoup, pour former ce régi­ment d’endémoniés : tout ce mal se fait paisiblement… ” (Cf. Documents pour servir à l’his­toire réelle de la Salette, Résiac, 1978).

5. Cf. Le Mystère d’iniquité, Enquête théologique,historique et canonique, n.d., p. 16.

6. C’est dans le livre XV de son ouvrage La Cité de Dieu, que saint Augustin (354-430), Père et docteur de l’Eglise, développa le plus complètement l’exposé de sa doctrine des « deux Cités », qui devint l’une des colonnes fondatrices de la théologie chrétienne

7. Partant de la définition du dictionnaire, qui explique qu’une « éclipse » consiste en la disparition partielle ou totale d’un astre, par l’interposition ‘‘d’un autre’’ », ou « l’occultation momentanée d’un astre dont la lumière est interceptée par l’interposition d’un ‘‘autre astre’’ », M. Louis-Hubert Rémy en déduit, assez librement, en réalisant une hasardeuse équivalence théologique selon le raisonnement suivant : « Ces deux définitions nous parlent de DEUX ASTRES, de lumière,  d’interposition, de disparition, d’occultation momentanée, partielle ou totale. L’exemple le plus connu est celui du soleil par la lune ; Le soleil est occulté et la lumière du soleil disparaît momentanément, partiellement ou totalement par l’interposition de la lune. On ne voit que la lune, astre mort. (…) Il y a deux astres (astre : corps céleste). L’un est éclipsé. L’autre l’éclipse ; Ce sont deux astres, deux corps célestes différents. (…) DONC L’ASTRE QUI ECLIPSE N’EST PAS LA SAINTE EGLISE. C’est autre chose, c’est un autre corps céleste. Comme il est un autre astre, il ne peut émaner de la Sainte Eglise qui est UNE. La secte conciliaire n’est pas une, n’est pas sainte, n’est plus apostolique, n’est pas catholique. En plus cet astre vient d’ailleurs. » (L.-H. Rémy, L’Église est éclipsée, ESR, n.d., pp. 3-4).

8. Charles Journet, Le Traité de l’Eglise, op.cit.

9. Mgr de Ségur désigne positivement cette « Passion » de l’Eglise, comme étant celle de l’Eglise catholique, pas d’un « corps étranger », d’un « autre corps céleste venu d’ailleurs », une « Passion » qui identifie et configure l’épouse du Christ à son Divin Fondateur : « Corps mystique du Fils de DIEU, elle aura suivi son divin Chef jusqu’au Calvaire, jusqu’au sépulcre, et par cette fidélité elle aura mérité de partager sa gloire à tout jamais. »  (Mgr de Ségur, De la Passion, de la résurrection et du triomphe final de JÉSUS-CHRIST en son Église, Œuvres, t. Xe, 1897, p. 176).

10. Il est assez frappant de constater, quoi que l’on puisse penser de ce catéchisme moderniste, que l’Eglise conciliaire, pour la première fois dans l’histoire des documents romains officiels, a évoqué « L’Épreuve ultime de l’Église » en des termes d’une rare clarté, faisant directement allusion au « mystère d’iniquité », ce qui semble tout de même dénoter une certaine capacité à prendre conscience, chez certains théologiens, de la « signification eschatologique » de la période ouverte à partir du dernier concile :

  • 675 – Avant l’avènement du Christ, l’Église doit passer par une épreuve finale qui ébranlera la foi de nombreux croyants (cf. Lc 18, 8 ; Mt 24, 12). La persécution qui accompagne son pèlerinage sur la terre (cf. Lc 21, 12 ; Jn 15, 19-20) dévoilera le  » mystère d’iniquité  » sous la forme d’une imposture religieuse apportant aux hommes une solution apparente à leurs problèmes au prix de l’apostasie de la vérité. L’imposture religieuse suprême est celle de l’Anti-Christ, c’est-à-dire celle d’un pseudo-messianisme où l’homme se glorifie lui-même à la place de Dieu et de son Messie venu dans la chair (cf. 2 Th 2, 4-12 ; 1 Th 5, 2-3 ; 2 Jn 7 ; 1 Jn 2, 18. 22).
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