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ProVaticanus

6 juillet 2016

Pendant la période estivale, comme les années précédentes, La Question se met en mode restreint et ferme ses commentaires tout en laissant l’ensemble des articles publiés en libre accès, de façon à pouvoir s’y reporter, notamment ceux touchant aux grands problèmes que nous avons abordés lors des mois écoulés : le sédévacantisme, l’art modernela culture européennele satanismela musique sacrilège, l’antijudaïsmele modernismele dialogue interreligieuxla franc-maçonnerie, l’athéismele laïcisme et enfin – sans oublier les clarifications fondamentales à propos de l’islam, de l’Inquisition, et des Croisades – le grand projet de Reconquista pour la chrétienté !

Christus Vincit ! Christus Regnat ! Christus Imperat ! 

BONNES ET SAINTES VACANCES A TOUS !

 

Seul importe aujourd’hui, dans un mode en ruine livré au chaos,

le rayonnement de l’Eglise et le triomphe de la Croix !

Le pape est le maître absolu, il est le seul titulaire légitime de l’Empire,

il est le vicaire du Christ, l’empereur suprême !

« Si donc quelqu’un dit que ce n’est pas de droit divin que saint Pierre a, et pour toujours, des successeurs dans sa primauté sur l’Eglise universelle, qu’il soit anathème.»(Pastor Aeternus, Vatican I).

L’ABSENCE DE PAPE EST IMPOSSIBLE !

« Le droit divin de la primauté apostolique place le Pontife romain au-dessus de toute l’Église. […] Le jugement du Siège apostolique, auquel aucune autorité n’est supérieure, ne doit être remis en question par personne, et personne n’a le droit de juger ses décisions. C’est pourquoi ceux qui affirment qu’il est permis d’en appeler des jugements du Pontife romain au concile œcuménique comme à une autorité supérieure à ce Pontife, s’écartent du chemin de la vérité.» (Pastor Aeternus, 1870).

La Papauté de droit divin

LA THEOCRATIE PONTIFICALE !

12 juin 2016

« Sans la monarchie romaine, il n’y a plus d’Église. »

    (Du Pape, Joseph de Maistre, 1819).

Nos positions, que nous avons exposées dans un texte intitulé : « La politique religieuse de la Question« , ont pu susciter des interrogations chez beaucoup, en particulier s’agissant de notre adhésion à la vision politique de Joseph de Maistre (1753-1821) concernant la réédification de l’Empire. Nous nous sommes déjà exprimés sur ce point (Le rétablissement du Saint Empire), étude précieuse sur le plan des idées politiques : « LA DOCTRINE DU SAINT EMPIRE« .

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« L’Empereur ayant disparu avec le Saint Empire,

ne demeure que le « Sacerdoce Suprême »

pour se voir dévolu l’archétype éternel

du Saint Empire et le restaurer. »

(Joseph de Maistre, Du Pape, 1819).

Certes les ouvrages de Joseph de Maistre, qu’il est important de lire et relire, pouvaient déjà contribuer à la compréhension des thèses contre-révolutionnaires sur la Papauté, et son rôle déterminant du point de vue de la réédification de la chrétienté.

Mais il est évident que manquait une analyse capable de présenter, de manière détaillée, en quoi consiste la théocratie pontificale que nous appelons de tous nos voeux, seule solution à la tragique et catastrophique situation actuelle face à laquelle plus aucune nation européenne – et c’est un point sur lequel il importe d’insister avec force notamment au sein du camp national français souvent inspiré par les erreurs de Charles Maurras (1868-1952), qui se berce encore de nombreuses illusions  -, n’est en mesure de fournir une réponse et n’est apte à réédifier le tissu organique politique et spirituel de l’Europe.

Le camp national français, inspiré par les erreurs de Charles Maurras,

se berce encore de nombreuses illusions !

Que chacun se penche donc avec attention sur ces lignes publiées sur notre blog doctrinal, de sorte que soit enfin compris le Principe de la suprématie absolue de « l’autorité spirituelle » sur « l’autorité temporelle », que Maistre expliqua en 1814 dans sa Préface à l’Essai sur le principe générateur des constitutions politiques, et que Pie IX rappela dans le Syllabus en 1864.

Ce  Principe n’est pas de nature uniquement « politique », car il est établi sur une évidence sacrée d’ordre métaphysique, il est placé sous la dépendance d’une perspective étroitement et rigoureusement transcendante et religieuse, d’où l’idée maistrienne caractéristique de l’analyse contre-révolutionnaire, qu’après la Révolution il ne peut plus y avoir de politique aujourd’hui en Europe que religieuse et continentale.

Triregnum

« le Pape est le seul garant, d’un possible retour sur le continent de l’unité politique et spirituelle. Il incarne l’espoir d’une restauration véritable de l’ordre traditionnel. Entre ses mains sacrées repose l’ultime possibilité d’un redressement futur du Saint Empire. »

En conséquence, la perspective de restauration contre-révolutionnaire, telle que théorisée par Joseph de Maistre est traversée par une vision : le Pape est le seul garant, de par l’évidente supériorité de sa fonction et sa dimension d’infaillibilité, d’un possible retour sur le continent de l’unité politique et spirituelle. Il incarne l’espoir d’une restauration véritable de l’ordre traditionnel, entre ses mains sacrées repose l’ultime possibilité d’un redressement futur du Saint Empire.

   Si l’autorité spirituelle redevient un jour, et il faut oeuvrer en ce sens, la source de toute souveraineté en Europe, il en résultera une solide et salvatrice cohésion politique, une unité durable où les différentes nations, et leurs Souverains, participant enfin d’un projet commun sous les bannières frappées du signe de la Croix de la Rome catholique et éternelle, donneront naissance à une nouvelle chrétienté rayonnant sur le monde par le rétablissement du Saint Empire !

Lire :

 La Question

LA DOCTRINE DU SAINT EMPIRE ! 

Le « droit divin » de l’Église catholique vient de Jésus-Christ

15 mai 2016

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Droit Divin Tiare

C’est par le « droit divin »,

que Jésus a confié à Pierre la garde de son Eglise (Matthieu XVI, 16).

L’une des plus graves erreurs contemporaines, erreur si caractéristique de notre siècle dans lequel triomphent l’individualisme et le subjectivisme d’essence luthérienne, est, sans conteste aucun, l’hérésie schismatique connue sous le nom de « sédévacantisme », qui substitue aux critères catholiques du « droit divin » les fausses lumières impies du raisonnement privé, conférant qui plus est à ces lumières erronées surgies de l’intelligence personnelle incompétente en des matières touchant à l’infaillibilité, un pouvoir juridictionnel, une autorité délibérative et une puissance exécutoire aboutissant à ne plus reconnaître le pape et en faire profession publique en qualifiant les pontifes romains « d’antipapes » ou « d’usurpateurs », ceci au mépris de toutes les lois disciplinaires canoniques traditionnelles de l’Eglise catholique.

Pourtant, c’est oublier que l’Eglise a été fondée sur un « droit » surnaturel : le « droit divin » – qui n’est pas « une entité purement juridique dénuée de fondement, située au-delà de la foi et de la vérité » (sic), comme on peut le lire sous la plume de certains hérésiarques schismatiques sectaires singulièrement égarés, car c’est par ce « droit divin », et par nul autre pouvoir, que Jésus a confié à Pierre la garde de son Eglise (Matthieu XVI, 16).

I. Le « droit divin » est institué par le Christ

Et si c’est en vertu d’un « droit divin » que le Christ a confié à Pierre et ses successeurs les clés de son Eglise, c’est donc par ce « droit divin » que se conserve la vie de l’Eglise, en la personne physique, matérielle, et de façon « perpétuelle » – et non sur un principe abstrait qui pourrait ne plus avoir de visibilité concrète au motif, aussi absurde que blasphématoire, d’une prétendue « éclipse de l’Eglise » (sic) -, des pontifes romains, comme le déclare explicitement la Constitution dogmatique du concile Vatican I :

« Si donc quelqu’un dit que ce n’est pas par l’institution du Christ ou de droit divin (iure divino), que le bienheureux Pierre a des successeurs perpétuels (perpetuos successores) dans sa primauté sur l’Église universelle, ou que le Pontife romain n’est pas le successeur du bienheureux Pierre en cette primauté, qu’il soit anathème. »  (Constitutio dogmatica Pastor Aeternus § 2. De perpetuitate primatus beati Petri in Romanis Pontificibus, Vatican I, 1870).

Ceci explique pourquoi, par « l’institution du Christ » et non sous l’effet d’une dialectique « volontariste » (sic !) -, tout est soumis au « droit divin » dans l’Eglise, les hommes, les sacrements, les institutions, la hiérarchie,  l’élection pontificale elle-même, et, en premier lieu bien évidemment, la personne du pape, ceci signifiant que toute expression de la Foi de l’Eglise dépend, est codifiée, régie, gouvernée, encadrée et soutenue par le « droit divin », dans la mesure où ce « droit divin » est, en effet, la source ontologique, spirituelle, transcendante et révélée de la légitimité de la sainte société instituée par Jésus-Christ, et que nul ne peut, sous peine de péché grave et attitude schismatique profondément hérétique tombant sous les coups de l’anathème de la Constitution dogmatique de Vatican I Pastor Aeternus, du haut d’un imaginaire tribunal individuel en s’appuyant sur une logique sophistique empoisonnée, s’y soustraire ou ne pas en respecter les saintes règles, sauf à contredire volontairement et coupablement le principe sacré d’autorité institué par Jésus-Christ :

« Le Pontife romain légitimement élu, obtient de droit divin, immédiatement après son élection, le plein pouvoir de souveraine juridiction. » (Can. 219).

Droit Divin - Saint Pierre

« Le droit divin de la primauté apostolique place le Pontife romain au-dessus de toute l’Église (…) Le jugement du Siège apostolique, auquel aucune autorité n’est supérieure, ne doit être remis en question par personne, et personne n’a le droit de juger ses décisions. » (Pastor Aeternus, Vatican I, 4e session, 18 juillet 1870).

II. Le pontife romain est au-dessus de tout tribunal humain

Ainsi, ce qu’il est interdit de juger pour un fidèle, c’est la réalité, ou non, de la validité de la charge pontificale. Il est impossible pour un simple membre de l’Eglise, comme pour un membre éminent, de décider de qui est pape ou ne l’est pas du moment qu’un élu a été désigné pour régner sur l’Eglise par le Conclave. S’il y a eu désignation dans les règles d’un pontife, suivie de l’acte de «reconnaissance universelle » (cf. Cardinal L. Billot, De Ecclesio, t. XXIX, § 3, p. 621), ce dernier est pape infailliblement, nul ne peut plus lui contester l’effective réalité de sa charge en raison du droit divin attaché à l’élection lors du Conclave.

Entrer ensuite dans des interrogations portant sur la nature d’un « enseignement » dispensé par le Magistère – on retiendra d’ailleurs que la note de l’infaillibilité à propos des actes du Magistère Authentique, n’est pas mécanique, mais « conditionnelle », c’est-à-dire qu’elle est « conditionnée » en fonction de « la fidélité de l’enseignement proposé au dépôt de la foi » [1] -, qui comporte, depuis Vatican II, d’évidentes erreurs sur la discipline, la liturgie, les moeurs, la doctrine, etc., pour en conclure que l’Eglise n’est plus l’Eglise et que les papes ne sont plus papes, c’est outrepasser très largement ce qu’il est admis dans les capacités dont dispose un simple fidèle catholique.

Dans un tel cas, si l’erreur est enseignée par un pontife, et les encycliques pontificales depuis Vatican II en contiennent de nombreuses, il convient d’attendre que Jésus-Christ, qui est le Seul à avoir autorité sur le pape, décide de lui retirer sa charge. S’il ne le fait pas, si le pape demeure dans la chaire de Saint-Pierre, alors il faut le reconnaître comme pontife de l’Eglise.

III. Il n’y a pas de coïncidence définitive entre « Magistère ordinaire » et « Magistère infaillible »

Il importe ainsi d’insister sur le fait qu’un enseignement du Pape, ou d’un Concile, n’entraîne pas ipso facto une obéissance inconditionnelle : « celle-ci dépend et est proportionnée à l’intention avec laquelle le Magistère entend engager son autorité. » (I. Salaverri, Sacrae Theologiae Summa, cit., t.I, tr. III, I.II, § 637, p. 578). C’est ce que confirme le cardinal Journet : « Le degré avec lequel le Magistère s’exprime dépend donc encore une fois de la volonté, de l’intention du Pape et des Évêques unis à lui. Il n’y a pas de coïncidence définitive entre Magistère extraordinaire et Magistère infaillible. » (Cf. C. Journet, L’Église du Verbe Incarné, p. 531).

Si donc il n’y a pas coïncidence constante et définitive – ceci signifiant qu’il n’y a pas de caractère d’automaticité à l’infaillibilité, qui ne s’exerce pas  « univoquement » (sic), par l’effet d’un mode passif d’infusion du « droit divin », mais qui exige, pour son exercice, le préalable de la « volonté » comme il en va de tout acte en ce monde créé soumis aux lois des causes secondes, sachant que le Magistère ne dispose pas d’un pouvoir surnaturel agissant en vertu d’un « d’un Droit Divin identique à celui du Christ » (sic), ce qui sous-entendrait une « communication immédiate des substances » avec Dieu (proposition qui relève de l’hérésie immanentiste condamnée par saint Pie X dans l’encyclique Pascendi Dominici Gregis, § 21, § 22, § 23, 1907) -, cela veut ainsi dire qu’il peut y avoir des cas, certes exceptionnels, et Vatican II en est un, où un acte du Magistère ordinaire authentique ne possède pas la note de l’infaillibilité.

A cet égard, puisque telle fut la volonté de ses promoteurs (Jean XXIII et Paul VI), Vatican II fut un acte du Magistère authentique non infaillible, guidé, de surcroît, par des évêques non éminents « amore et studio doctrinae ab Apostolis traditae ac pari detestatione mnis novitatis » (Franzlin, De Divina Traditione, thèse IX), car « si viennent à manquer l’amour et la fidélité envers l’ancien, l’Esprit de Vérité empêche, par une assistance purement négative, qu’une définition erronée ne soit proclamée par le Magistère infaillible ». (Cf. D.T.C., t. VI, col. 162).

De ce fait, nul n’est contraint d’accepter l’erreur ; et discuter d’un enseignement est parfaitement conforme à la doctrine catholique, saint Thomas d’Aquin nous indiquant que, dans des situations extrêmes, il est même licite de s’opposer publiquement à une décision de l’autorité (Somme théologique, IIa IIae, Qu. 33, article 4, ad2).

Saint Robert Bellarmin (1542-1621), de son côté, va jusqu’à affirmer qu’il convient de résister au pontife qui attaque les âmes, détruit l’ordre et tente de « détruire l’Eglise » (sic !) :

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« Tout comme il est licite de résister à un Pontife qui attaque le corps, il est tout aussi licite de résister au Pontife qui attaque les âmes ou détruit l’ordre civil ou, à plus forte raison, essaie de détruire l’Église. Je dis qu’il est licite de lui résister en ne faisant pas ce qu’il ordonne de faire et en empêchant l’exécution de sa volonté. » La suite du texte est essentielle : Il n’est pas licite, cependant, de le juger, de le punir, ou de le déposer, parce que ce sont là des actes relevant d’un supérieur. » (De Romano Pontifice, Lib. II, c.29).

Le jugement de Dom Guéranger (1805-1875) est, de même, sans appel concernant le devoir de résistance à l’erreur :

Dom Guéranger

« Quand le pasteur se change en loup, c’est au troupeau de se défendre tout d’abord (…) Les trahisons pareilles à celle de Nestorius sont rares dans l’Église; mais il peut arriver que des pasteurs restent silencieux, pour une cause ou pour l’autre, en certaines circonstances ou la religion même serait engagée. Les vrais fidèles sont les hommes qui puisent dans leur seul baptême, en de telles conjonctures, l’inspiration d’une ligne de conduite; non les pusillanimes qui, sous le prétexte spécieux de la soumission aux pouvoirs établis, attendent pour courir à l’ennemi, ou s’opposer a ses entreprises, un programme qui n’est pas nécessaire et qu’on ne doit point leur donner. » (L’Année Liturgique, Le Temps de la Septuagésime, Vol. 4, fête de St. Cyrille d’Alexandrie).

IV. Il est totalement impossible que l’Eglise demeure sans pape

Mais il ne faut pas tout mélanger, à savoir : 1°) le jugement doctrinal à propos d’un enseignement non conforme à la tradition, et 2°) le jugement à propos du pape. Ce n’est pas du tout la même chose, et cette confusion terriblement perverse, démontre la gravité de l’actuelle confusion schismatique !

Car ce qui est totalement impossible, enseignement contestable ou non, c’est que l’Eglise demeure sans pape :

«L’Eglise est constituée de telle manière qu’elle a toujours à sa tête et dans sa chaire immuables ses pontifes légitimes, qui remontent sans interruption jusqu’à Pierre. Où est Pierre, là est l’Eglise. » (Cardinal Gousset, Théologie dogmatique, 1866).

Et ce qui est, plus encore, absolument impossible, de foi divine et de droit divin, c’est qu’un membre de l’Eglise catholique juge de qui est pape où ne l’est pas. Ce jugement est INTERDIT à n’importe qui et à quiconque, car c’est le Christ uniquement qui a le pouvoir de retirer son pontificat à l’occupant du Saint-Siège, puisque ce dernier n’est jugé par personne en ce monde : « Le Siège suprême n’est jugé par personne. » (can. 1556). Dès lors, en l’absence de cette action de Jésus-Christ, les fidèles de l’Eglise – sans aucune distinction relative à leur position hiérarchique,  clercs ou laïcs – sont dans l’obligation disciplinaire, formelle et impérative, de reconnaître pour vrai et légitime Pontife celui qui a été désigné par le Conclave, et ceci tant que le Christ le maintient sur le trône de Saint-Pierre.

Telle est la doctrine catholique depuis toujours et pour toujours ; tout le reste, même paré, en un triste théâtre liturgique parodique, de dentelles, latin, encens et chasubles, c’est du vulgaire, odieux et très grossier Protestantisme !


Ornate Papal Horse Carriage - Angels and Tiara

Il est impossible pour un simple membre de l’Eglise,

 de décider de qui est pape ou ne l’est pas,

du moment qu’un élu a été désigné pour régner sur l’Eglise par le Conclave.

V. Le Saint-Siège n’est jugé par personne, car la papauté, telle que Jésus-Christ la conserve, n’est pas une institution humaine

Le point que nous venons d’aborder est très important, personne, absolument personne en ce monde ne peut réaliser un jugement du Siège suprême, ni encore moins affirmer la déposition de celui qui l’occupe :

 « le Siège suprême n’est jugé par personne » (can. 1556).

Ceci étant confirmé par le dictionnaire de droit canonique :

« Il ne peut être question de jugement et de déposition d’un pape dans le sens propre et strict des mots. Le vicaire de Jésus-Christ n’est soumis à aucune juridiction humaine. Son juge direct et immédiat est Dieu seul. » (R. Naz, Dict. de Droit Canonique, t. IV, col. 1159). »

Cette conception s’appuie sur l’ensemble des docteurs et théologiens qui étudièrent ce sujet et les déclarations pontificales qui arrêtèrent l’enseignement du Magistère à son égard (Grégoire VII, Innocent III, Boniface VIII, Pie VI, Léon XIII, Pie XI, Pie XII, pour n’évoquer que les principaux pontifes qui écrivirent sur le droit divin), déclarations ne pouvant faire l’objet d’aucune contestation, sauf évidemment pour un esprit troublé par le venin de l’idéologie sédévacantiste dont les vues sectaires éloignent tragiquement de l’authentique vérité catholique. [2]

Mgr Sauvé, dans Le Pape, Son Autorité suprême – Son Magistère infaillible, explique ce qui gêne tant et contredit radicalement les thèses sédévacantistes :

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« La papauté, telle que Dieu a voulu qu’elle soit, et telle qu’il la conserve en fait, n’est pas une institution humaine, abandonnée à ses propres caprices et pouvant faire tout ce qui lui plaît, sans règle aucune, sans limites de quelque nature qu’elles soient. (…) Le droit divin, naturel ou positif, dont la papauté est la gardienne et l’interprète légitime [la dirige] (…) le collège des cardinaux qui, suivant la belle et juste pensée de Sixte V, représentent les personnes des apôtres, « quand ils prêtaient leur ministère au Christ Sauveur prêchant le royaume de Dieu et opérant le mystère du salut de l’homme » (In Uonsf. Poslquam verum) et qui, après l’Ascension de Jésus-Christ, assistaient Pierre dans son office de Pasteur universel de l’Eglise. » (Mgr Sauvé, Le Pape et le concile du Vatican, 1890, pp. 426-430).

D’ailleurs saint Thomas d’Aquin, depuis longtemps, a répondu aux thèses véhiculées à la suite de tous les hérésiarques qui forment l’immense cohorte des sources infectées du poison schismatique. Qu’est-ce que le « droit divin » exactement ? Saint Thomas nous répond : « On parle de droit divin à propos de ce qui est promulgué par Dieu, et ce peut être soit ce qui est naturellement juste, mais dont la justice échappe à l’homme, soit ce qui devient juste par décret divin.» (Somme théologique, II, II, q. 57, a. 2, ad 3). Le droit divin se confondant intrinsèquement, ontologiquement avec la Loi éternelle, puisque  le divin Rédempteur avec son Corps social [l’Eglise] constitue une seule personne mystique (….) sublime unité qui fait que le Fils est dans le Père et le Père dans le Fils », ceci nous permet donc de comprendre ce que dit solennellement saint Augustin : « La loi éternelle est la raison divine ou la volonté de Dieu.»  (St. Augustin, Contra Faustum, Liv. XXII, ch. XXVII)

La conception thomiste insiste ainsi sur la primauté fondatrice du droit divin dans l’Eglise, établissant son lien avec la Loi éternelle. La valeur ontologique qui fonde l’Eglise, ne dépend pas de ce fait de ce que les fidèles croient ou ne croient pas, elle est d’essence surnaturelle puisque provenant directement de Jésus-Christ. Et cette valeur est une essence donnée, conférée éternellement.

VI. Les sédévacantistes sont les héritiers de tous les hérésiarques schismatiques qui sont sortis de l’Eglise depuis vingt siècles !

Chacun peut faire fonctionner ses petits jugements personnels en for interne, pour regarder le Vatican comme étranger à la Foi catholique depuis le dernier concile, il n’en reste pas moins que Rome reste le Siège de l’Eglise du Christ !

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Les actuels schismatiques sédévacantistes,

héritiers des hérésiarques schismatiques

viennent grossir la longue liste des âmes perdues

et retranchées du Corps mystique du Christ.

Encore une fois, redisons-le, il est impossible d’utiliser des analyses « privées » pour leur conférer une valeur décisionnelle ayant force d’autorité pour tout ce qui concerne le pape et l’Eglise. Agir comme le fait le courant sédévacantiste n’est, ni plus ni moins, que l’emploi du raisonnement individuel pour juger d’un fait surnaturel. C’est typiquement l’attitude de Martin Luther et de tous les hérésiarques schismatiques qui sont sortis de l’Eglise depuis vingt siècles, dont les actuels schismatiques viennent grossir la longue liste des âmes perdues et retranchées du Corps mystique du Christ.

Pie XII lors d’une allocution le 2 octobre 1945 déclarait,  de sorte de prévenir d’ailleurs les erreurs subjectives surgissant des ténébreuses illusions de l’esprit moderne enivré de ses lumières individuelles :

«La fondation de l’Église comme société s’est effectuée, contrairement à la formation de l’État, non de bas en haut, mais de haut en bas », déclaration à laquelle se rattache comme ontologiquement et substantiellement la révélation du Christ à ses disciples : « Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis.» (Jean XV, 16). Que, parmi vous, il n’y ait pas de place pour l’orgueil du “libre examen” qui relève de la mentalité hétérodoxe plus que de l’esprit catholique et selon lequel les individus n’hésitent pas à peser au poids de leur jugement propre même ce qui vient du Siège Apostolique.» (Pie XII, Vosomnes, 10. IX. 1957).

Que ceux qui veulent rester catholiques conservent ceci en mémoire, s’ils aspirent, du moins, au salut de leur âme :

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« C’est pourquoi nul ne sera sauvé si, sachant que l’Eglise a été divinement instituée par le Christ, il n’accepte pas cependant de se soumettre à l’Eglise ou refuse l’obéissance au Pontife romain, Vicaire du Christ sur terre. » (Pie XII, Lettre du Saint-Office à l’Evêque de Boston, DS 3867).

VII. Le « droit divin » se confond avec la « Loi éternelle »

Le « droit divin » n’est donc pas la création de notre part d’une « idée irrationnelle » plaquant sur une institution étrangère, une conception idéalisée, comme si l’Eglise, par l’effet du dernier concile, avait cessé d’être la divine institution fondée par Jésus-Christ. Pour que la divine institution fondée par Jésus-Christ devinsse une institution «anticatholique», il aurait fallu que les puissances démoniaques triomphassent de l’Epouse du Christ, ce qui ne se peut !

Et cela ne se peut en raison d’une loi divine formelle :

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« Ego dico tibi quia tu es Petrus, et super hanc petram aedificabo ecclesiam meam, et portae inferi non praevalebunt adversum eam. » (Matthieu XVI, 18-19).

Est-ce à dire que Notre Seigneur serait un menteur ?!

C’est pourtant bien ce qu’implique, implicitement et explicitement, la position sédévacantiste impie !

Le  Christ ne pouvant s’être trompé, ni nous tromper, le « droit divin » régissant l’institution qu’il a fondée, conserve donc entièrement son autorité sur l’Eglise qui ne peut cesser d’être ce que le Christ voulut qu’elle soit.

Dès lors le droit, qui est en effet un « droit divin », s’impose et tous doivent s’y soumettre car ce « droit divin », est un droit explicite et impératif, qui s’applique à la vie de toute l’Eglise, impliquant des lois contraignantes auxquelles on ne peut refuser d’obéir, ceci expliquant pourquoi tombent, uns à uns et sont dispersés comme la vulgaire poussière par le vent, tous les arguments schismatiques fallacieux et mensongers.

Conclusion

Qu’un puissant courant moderniste se soit infiltré lors du concile de Vatican II, ce que nul ne conteste, introduisant des thèses étrangères à la doctrine éternelle de l’Eglise, ne signifie en rien que la dogmatique fondamentale ait été changée et encore moins que l’institution pontificale soit abolie, ni abandonnée par Jésus-Christ. De ce fait le rôle de tous les membres de l’Eglise est d’œuvrer à la défense de la papauté et de la Tradition séculaire dans l’Eglise, qui reste une institution divine de par la foi du « Credo ».

Fuir l’Eglise, en la désignant comme la « prostituée de l’Apocalypse », assimile donc les discours des micro-chapelles sédévacantistes aux pires groupuscules réformés du type Témoins de Jéhovah, dont ils partagent les mêmes vues apocalyptiques !

Pour demeurer catholiques, soyons donc attentifs à ce qu’écrit Léon XIII  :

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« l’Eglise est telle par la volonté et par l’ordre de Dieu, elle doit rester telle sans aucune interruption jusqu’à la fin des temps, sans quoi elle n’aurait évidemment pas été fondée pour toujours, et la fin même à laquelle elle tend serait limitée à un certain terme dans le temps et dans l’espace. » (Léon XIII, Satis Cognitum).

Effectivement, non fondée pour un temps limité l’Eglise est préparée pour l’éternité, elle est amenée à traverser des périodes difficiles, ce qui est déjà advenu de nombreuses fois dans l’Histoire, car elle est à la fois humaine et divine, mais Jésus-Christ ne permettra jamais qu’elle soit abattue et vaincue, car il en a fait la promesse formelle à Saint Pierre. [3]

Si on ne croit pas fermement à cette vérité on n’est plus catholique. Telle est la vérité !

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 Notes.

1.  « L’Eglise en effet, alors qu’elle exige pour le Magistère infaillible un assentiment ferme, irrévocable, inconditionnel : « demande pour le Magistère authentique un assentiment relatif et conditionné : conditionné, surtout, par la fidélité de l’enseignement proposé au dépôt de la foi » (Salaverri, s.j., De Ecclesia Christi in Sacrae Theologiae Summa, liv. II, p. 658).

2. « Le Pasteur éternel et l’évêque de nos âmes (I Pierre II, 25), afin de rendre perpétuelle l’œuvre salutaire de sa rédemption, résolut d’édifier la Sainte Église en laquelle, comme dans la maison du Dieu vivant, tous les fidèles seraient unis par le lien d’une même foi et d’une même charité… De même donc qu’il a envoyé les Apôtres qu’il s’était choisi dans le monde (Jn XV, 19), comme Lui-même avait été envoyé par le Père (Jn XX, 21), de même il a voulu des pasteurs et des docteurs dans son Église « jusqu’à la consommation des siècles » (Matth. XXVIII, 20). »(Pie IX, Pastor Aeternus, 1870).

3. C’est ce que rappelle Romano Amerio : « L’Eglise possédera toujours les moyens de grâce, les clefs du royaume des cieux et avec cela, elle restera l’unique dépositaire du salut ; mais le pouvoir des clefs ne dépendra pas de la fidélité personnelle de celui qui sera amené à l’exercer. Ce qui veut dire que les hommes d’Eglise, même le premier d’entre eux, lorsqu’ils auront à exercer leur autorité, pourront ne pas toujours être à la hauteur de la foi et de la grâce qu’il doivent transmettre. Mais pour autant l’Eglise ne sera menacée ni dans son existence, ni dans sa sainteté.» (Romano Amerio, Iota unum, chapitre VI, § 58).

Lire :

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 La Papauté de droit divin

La Monarchie pontificale et la Royauté éternelle

Fête de Sainte Jeanne d’Arc

3 mai 2016

Jeanne d'Arc

« Dieu, qui avez donné à Jeanne de Domremy

d’être vaillante aux humbles travaux du ménage et des champs

et généreusement fidèle à tous vos appels, accordez-nous, par son intercession,

d’accomplir avec foi tous les devoirs de notre état

et de vous servir si courageusement dans nos besognes

de la terre que nous méritions d’avoir part,

avec Jeanne et tous les Saints de France,

au royaume du Ciel. Par Jésus-Christ Notre-Seigneur. »

AVE MARIA

Sainte Jeanne de Domremy Priez pour nous.

(50 jours d’indulgence)

21 juin 1941

Emile Blanchet, Evêque de Saint-Dié.

Sceau Jeanne d'Arc

Historique de la Fête de Sainte Jeanne d’Arc

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L’Inquisition : du mythe à la réalité !

27 avril 2016

 

Le Tribunal de l’Inquisition

  est doux et miséricordieux,

 il combat le péché pour le bien des âmes,

 et s’il s’entoure d’un appareil apte à frapper l’imagination,

  c’est surtout pour éviter d’user de violence envers le pécheur.

 Un thème récurent apparaît constamment, celui des victimes de l’Inquisition, ceci ayant pour but, bien évidemment, de noircir l’Eglise. Or, si comme toute institution humaine il y eut sans doute quelques excès en son sein, de récentes découvertes viennent de montrer que l’Inquisition fit infiniment moins de victimes, en plusieurs siècles, que la Révolution n’en tuera en seulement quatre ans ! De quoi battre en brèche bien des idées reçues.  

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L’Inquisition fit infiniment moins de victimes en plusieurs siècles,

 que la Révolution en quatre ans (200 000) !

 En effet, Emmanuel Le Roy Ladurie a noté que l’Inquisition – « en soi une institution salutaire, qui a rendu les services les plus importants, et qui a été ridiculement et honteusement calomniée par le fanatisme sectaire et philosophique«  (Joseph de Maistre–  usa fort peu de la peine capitale. Là encore, le mythe ne résiste pas à l’examen. En premier lieu, les aveux spontanés ou les condamnations légères exposaient à des peines purement religieuses : réciter des prières, assister à certains offices, jeûner, effectuer des dons aux églises, se rendre en pèlerinage dans un sanctuaire voisin ou, dans les cas graves, à Rome, à Saint Jacques de Compostelle ou à Jérusalem. Il pouvait parfois être imposé de porter un signe distinctif sur les vêtements (une croix), humiliation souvent remplacée, dès le XIIIe siècle, par une amende.

   En réalité, le nombre des victimes de l’inquisition

 a été « relativement limité » !

Ainsi, après bien des années de propagande républicaine, la recherche moderne ne cesse de réviser le nombre des victimes à la baisse. À Albi, ville de 8 000 habitants, de 1286 à 1329, sur une population cathare estimée à 250 croyants, 58 personnes seulement subirent des peines afflictives. De 1308 à 1323, l’inquisiteur Bernard Gui prononça 930 sentences : 139 furent des acquittements ; près de 286 imposaient des pénitences religieuses (impositions de croix, pèlerinages ou service militaire en Terre sainte) ; 307 sentences condamnèrent à la prison, et 156 sentences se partageaient entre des peines diverses (emprisonnements théoriques ou remises théoriques contre des défunts, exhumations, expositions au pilori, exil, destructions de maisons). Quant aux condamnations à mort, leur nombre s’élève à 42, soit une moyenne de trois par an sur quinze ans, à une période où l’Inquisition est particulièrement active. « L’Inquisition languedocienne, précise Michel Roquebert, brûlera infiniment moins de gens en un siècle que Simon de Montfort et ses croisés entre juillet 1210 et mai 1211. » 

De son côté Fernand Braudel estime que le nombre des victimes de l’inquisition a été « relativement limité ». Depuis le XIXe siiècle, des chiffres qui ont couru provenaient d’ouvrages qui se sont recopiés les uns les autres sans vérification des sources. Tous remontent à l’Histoire critique de l’Inquisition d’Espagne publiée en 1817 par Juan Antonio Llorente, un libéral espagnol entré au service de Joseph Bonaparte et contraint à l’exil à Paris. D’après lui, en trois siècles et demi d’existence, l’inquisition aurait pronconcé 341.021 condamnations, dont 39.671 remises au bras séculier. « Les chercheurs, souligne Béatrice Leroy, admettent aujourd’hui qu’il est impossible de parvenir à un calcul exact du nombre de victimes, et tiennent pour fort exagérés les chiffres de Llorente. » [1]

 Pierre Chaunu, quant à lui [2], considère que les chiffres de Llorente doivent être divisés au moins par deux: « Les 10 à 12000 exécutions capitales en trois siècles doivent être rapprochées des 50 000 sorcières brûlées en trois ou quatre décennies dans le reste de l’Europe (qui ne connaissait pas l’Inquisition) au début du XVIIe siècle ».

Notons que l’historien danois Gustav Hernningson a parfaitement montré, dans sa thèse parue aux Etats-Unis en 1980, que la « folie criminelle de la chasse aux sorcières » est un phénomène éminemment moderne. Luther voulait « toutes les brûler… » [3]

La révolution française a fait plus de morts en un mois

au nom de l’athéisme,

que l’Inquisition au nom de Dieu

pendant tout le Moyen Age et dans toute l’Europe !

   Enfin, voici maintenant ce qu’avance Vittorio Messori : « En l’espace de quelques mois en 1793, la terreur jacobine qui avait ‘purifié’ la cathédrale Notre-Dame de Paris de la ‘superstition chrétienne’ fit plus de victimes en France que les trois Inquisitions catholiques réunies (médiévale, espagnole et romaine) et peut-être même que celles de toutes les autres confessions chrétiennes » (La Vérité a un nom et un visage, éditions MaME, 1997).

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« En l’espace de quelques mois en 1793,

la terreur jacobine fit plus de victimes en France

que les trois Inquisitions catholiques réunies (médiévale, espagnole et romaine). »

Relevons cette phrase de Pierre Chaunu, très révélatrice : « La révolution française a fait plus de morts en un mois au nom de l’athéisme que l’Inquisition au nom de Dieu pendant tout le Moyen Age et dans toute l’Europe… » Les condamnations capitales sont rares. Les victimes, dans ce cas, sont livrées au bras séculier, la justice laïque, qui pratique le bûcher. Ce supplice entraîne la mort par asphyxie. Mort atroce, mais la mort par pendaison ou décapitation, qui s’est pratiquée en Europe jusqu’au xxe siècle, ou la mort par injection qui se pratique aux États Unis sont elles plus douces ?

En réalité l’Inquisition, là où elle fut maintenue jusqu’au XIXe siècle, eut un rôle salutaire, en particulier celui que l’on oublie trop, notamment en Espagne, Portugal et Italie, à savoir comme le souligna avec une grande pertinence et singulière sagesse politique Joseph de Maistre (1753-1821), d’éviter aux pays qui conservèrent cette sainte institution catholique en activité et permirent à son Tribunal de faire son office, Tribunal religieux placé sous les auspices de la « Justice » et de la « Miséricorde », les horreurs criminelles de la Révolution française !

LIRE :

Tribunal of the Holy Office Inquisition

La Sainte Inquisition :  

une institution nécessaire !

 

Notes.

1. B. Leroy, L’Espagne de Torquemada, Maisonneuve, 1995.

2. P. Chaunu, Eglise, Culture et Société, SEDES, 1981),

3. J. Heers, Le Moyen Age, une imposture, Perrin Malesherbes 2001, p. 241.

Mgr Lefebvre et la spiritualité de la congrégation du Saint-Esprit 

8 avril 2016

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« Cor Unum et Anima Una »

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 En 1948, Pie XII nomme Mgr Marcel Lefebvre

délégué apostolique pour l’Afrique noire francophone,

archevêque titulaire d’Arcadiopolis in Europa.

Mgr Marcel Lefebvre, né le 29 novembre 1905, qui quitta ce monde le 25 mars 1991 il y a donc de cela 25 ans, est le fondateur de la Fraternité sacerdotale saint Pie X (F.S.S.P.X.), érigée le 1er novembre 1970, avec l’accord de Mgr François Charrière (1893-1976), évêque de Fribourg, ayant pour but, fixé statutairement : « le sacerdoce et tout ce qui s’y rapporte et rien que ce qui le concerne c’est-à-dire tel que Notre Seigneur Jésus-Christ l’a voulu lorsqu’il a dit : « Faites ceci en mémoire de moi ». Orienter et réaliser la vie du prêtre vers ce qui est essentiellement sa raison d’être : le Saint Sacrifice de la Messe, avec tout ce qu’il signifie, tout ce qui en découle, tout ce qui en est le complément. Les membres de la Fraternité auront donc une dévotion véritable et continuelle pour leur sainte Messe, pour la liturgie qui l’auréole, et tout ce qui peut rendre la liturgie expressive du mystère qui s’y accomplit. Ils auront à cœur de tout faire pour préparer spirituellement et matériellement les saints Mystères.» [1]

I. Vie sacerdotale

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Disciple et admirateur de P. Henri Le Floch,

Mgr Lefebvre fut ordonné prêtre en 1929.

Élève studieux et appliqué de l’Institution libre du Sacré-Cœur, il  entre au séminaire français de Rome en 1923, où il effectuera des études qui lui inspireront une authentique fascination pour la vie des papes. Il est ensuite ordonné prêtre en 1929 par l’archevêque de Lille, Mgr Liénart (1884-1973).  Obtenant un doctorat en philosophie, il devient docteur en théologie en 1930. Disciple et admirateur de P. Henri Le Floch (1862-1950), son professeur, un défenseur de positions antimodernistesantilibérales et antidémocratiques, proche des positions de Charles Maurras (1868-1952) et de l‘Action française – après la condamnation du quotidien nationaliste et de son directeur par le Vatican en 1926, le P. Le Floch est poussé par le pape Pie XI qui encourage – dans la continuité de l’apostasie du concordat de 1801 qui vit l’Eglise pactiser avec l’esprit ténébreux de la Révolution -, à quitter sa charge de recteur du Séminaire français en juillet 1927, Mgr Lefebvre lui restant fidèle, bien que celui-ci ait été contraint de quitter son poste de recteur au séminaire français.

Après un an comme second vicaire de la paroisse ouvrière de Marais-de-Lomme et de son église, Notre-Dame de Lourdes, à Lomme (la paroisse actuelle Saint-Benoît-des-Marais étant sa continuité), il entre au noviciat de la congrégation du Saint-Esprit (congrégation missionnaire dont les membres sont plus connus sous le nom de spiritains), et fait profession religieuse en septembre 1932. [2]

II. Archevêque et Assistant au Trône pontifical 

Après l’élection de Jean XXIII, et une action admirable en Afrique, il est relevé de sa charge de délégué apostolique, mais reste archevêque de Dakar. Président de la Conférence épiscopale de l’Ouest africain, il est appelé le 5 juin 1960 à siéger à la Commission centrale préparatoire du Concile Vatican II, alors en préparation. Le 15 novembre 1960 le pape le nomme Assistant au Trône pontifical.

En 1962, il est transféré du siège archiépiscopal de Dakar au siège épiscopal de Tulle avec le titre personnel d’archevêque. Les évêques français avaient fait pression sur Rome afin qu’il ne fût pas nommé archevêque d’Albi, comme cela avait été envisagé, et n’avaient accepté sa venue en métropole qu’à la condition qu’il fût envoyé dans un « petit diocèse ». On ne voulait pas de lui, du fait de ses « tendances intégristes ». A Tulle, la situation était sombre, les vocations en baisse, la pratique aussi, les prêtres vivaient dans la misère et se décourageaient. Monseigneur Lefebvre envisagea des mesures énergiques, remonta le courage de ses prêtres, les visitant et les soutenant. Très impressionné par la différence entre la mission florissante qu’il avait quittée en Afrique et la désolation rencontrée en France, Mgr Lefebvre comprit à ce moment que l’abandon de la soutane va de pair avec bien d’autres abandons inspirés par la sécularisation et la laïcité ambiantes, et surtout par le mirage trompeur de « l’ouverture au monde », si contraire au véritable zèle missionnaire.

III. Supérieur général de Congrégation du Saint-Esprit

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Mgr Lefebvre, Supérieur général

de la congrégation des Pères du Saint-Esprit.

Cependant, après seulement six mois, l’archevêque est appelé à Rome où la congrégation des Pères du Saint-Esprit vient de l’élire comme Supérieur général, le 26 juillet 1962. Le pape l’honore alors du titre d’archevêque de Synnada, en Phrygie (aujourd’hui Şuhut, en Turquie). Il restera Supérieur général de la congrégation du Saint-Esprit de 1962 à 1968.

Le 25 janvier 1959, le pape Jean XXIII avait annoncé la réunion d’un concile. Mgr Lefebvre, nommé parmi les membres de la Commission centrale préparatoire au concile, assistera à toutes les séances, parfois présidées par le pape, et sera témoin de l’affrontement, parfois violent, entre la tendance libérale et les membres conservateurs de la Commission. Cela lui apparut comme un présage funeste. Durant le concile, devant l’importance prise par les thèses modernistes, soutenues par un véritable lobby, préparé et organisé, il sera à l’origine avec quelques autres évêques du « Coetus internationalis Patrum » dont il est le président.

On sait, la farouche opposition de Mgr Lefebvre aux orientations modernistes du concile Vatican II, et la teneur de ses déclarations, dont celle-ci, qu’il fit lors d’une allocution en 1978, après que les funestes fruits du modernisme aient semé la désolation au sein de l’Eglise, considérant dès lors que cette dernière était « occupée » par une « contre-église » : « Je pense que l’on peut, que l’on doit même croire que l’Église est occupée. Elle est occupée par cette contre-Église. Par cette contre-Église que nous connaissons bien et que les papes connaissent parfaitement et que les papes ont condamnée tout au long des siècles. Depuis maintenant bientôt quatre siècles, l’Église ne cesse de condamner cette contre-Église qui est née avec le protestantisme surtout, qui s’est développée avec le protestantisme, et qui est à l’origine de toutes les erreurs modernes qui a détruit toute la philosophie et qui nous a entraînés dans toutes ces erreurs que nous connaissons et que les papes ont condamnées : libéralisme, socialisme, communisme, modernisme, sillonisme et que sais-je ? Et nous en mourons. Les papes ont tout fait pour condamner cela. Et voilà que maintenant ceux qui sont sur les sièges de ceux qui ont condamné ces choses-là sont maintenant d’accord pratiquement avec ce libéralisme et avec cet œcuménisme. Alors nous ne pouvons pas accepter cela. Et plus les choses s’éclairent, et plus nous nous apercevons que ce programme qui a été élaboré dans les loges maçonniques – tout ce programme, toutes ces erreurs ont été élaborées dans les loges maçonniques – et bien on s’aperçoit tout doucement et avec des précisions de plus en plus grandes qu’il y a tout simplement une loge maçonnique au Vatican. » [3]

IV. La spiritualité des spiritains

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Mais nous voudrions surtout mettre en lumière, notamment dans la période trouble que nous traversons, la spiritualité de la congrégation du Saint Esprit, fondée en 1703 à Paris et revivifiée en 1848, par la fusion avec la société du Saint-Cœur de Marie. En effet, les spiritains, appelés également « missionnaires du Saint-Esprit », ont eu deux fondateurs, à cent quarante ans de distance, tout d’abord, en 1703, Claude Poullart des Places (1679-1709), jeune aristocrate breton, ordonné prêtre après avoir renoncé à une carrière au Parlement de Rennes, qui donne naissance à la société et le séminaire du Saint-Esprit. Puis, en 1841, Jacob devenu François Libermann (1802-1852), juif et fils du rabbin de Saverne, converti au catholicisme, fondateur de la société du Saint-Cœur de Marie. Mais en 1848, La société fondée par Libermann, qui regorge de vocations, n’a pas de statut juridique précis. Celle de Poullart des Places existe officiellement mais est à bout de souffle. Or, les buts des deux congrégations sont très voisins. Les membres de la société du Saint-Cœur de Marie entrent dans la congrégation du Saint-Esprit qui devient ainsi l’héritière d’une double tradition, riche des intuitions communes de ses deux fondateurs.

Le vénérable Jacob Libermann se distingue par une orientation spirituelle remarquable, fondée sur le total abandon de l’âme à Dieu par l’action intérieure du Saint-Esprit. Dans une lettre  du 9 août 1835, il écrivait  « Il faut se tenir parfaitement tranquille et s’abandonner entièrement à la sainte conduite de Dieu ; suivre paisiblement et avec un grand amour les vues de Dieu et la grâce de son Esprit. »

Et de nouveau, dans un autre courrier en date  du 21 juin 1844, il exprimait ces paroles admirables : « Avancez de plus en plus en pureté de cœur, en simplicité dans toute votre conduite, en oubli du monde et de vous-même, en amour de Dieu, en zèle pour votre sanctification et pour celle des autres. Imitez votre saint Patron dans la ferveur de son amour envers Jésus et Marie. »

Conclusion : une spiritualité de l’anbandon au Saint-Esprit pour nos temps troublés

Nous le savons, l’Eglise, en théorie, assistée de « l’Esprit-Saint », a proclamé officiellement du haut de la chaire de Saint-Pierre lors du concile Vatican II, une doctrine hérétique, contradictoire d’avec l’enseignement constant et permanent des vingt siècles qui précédèrent le concile. Le Christ aurait-il failli à ses promesses, serait-il trompeur et menteur ? C’est impossible ! Il nous faut donc admettre, que nous sommes en présence d’un « mystère » d’ordre surnaturel, dont les racines plongent dans la « métahistoire », c’est-à-dire une Histoire qui a son origine dans le Ciel, au niveau surnaturel. Il se livre donc en ce monde, l’éternel combat entre les deux « Cités », dont la résolution n’adviendra qu’à la fin des temps, lorsque les puissances ténébreuses seront définitivement vaincues. Mais avant ce moment, attendu, se déroule devant nos yeux une lutte qui n’est pas « extérieure » à l’Eglise – qui n’a pas été « éclipsée par un astre autre » (sic!), comme l’affirment certains schismatiques égarés par des raisonnements fallacieux, mais endure, à l’imitation de son divin fondateur, les douleurs de la Passion [4] -, et dont nous pouvons aisément identifier les signes dans les événements que traverse la société, divine et humaine, fondée par Jésus-Christ, qui est parfois « plus ou moins forte ou plus ou moins faible« , à l’égard des séductions de l’adversaire dans son cheminement en ce monde.

Nous croyons donc utile aux âmes, sachant que c’est à cette source que s’est abreuvé dans sa vie mystique Mgr Marcel Lefebvre, de reproduire la lettre écrite à un séminariste par le vénérable François « Jacob » Libermann, dont on méditera la haute élévation édifiante, et dont on pourra faire un guide assuré pour notre cheminement en ce monde, sachant que ce n’est que par la prière et le recours à la Divine Providence – et non en de vaines agitations stériles, inutiles et inconséquentes plaçant dans les industries humaines des espérances à la courte vue -, que se trouvent, uniquement, les armes du Salut et de la délivrance.

Jacob Liebermann

Jacob François Libermann (1802-1852)

De l’esprit de Jésus vivifiant nos âmes

Mon très cher Frère,

« Que l’Esprit-Saint remplisse votre âme pour y être votre consolation, votre joie, votre force, votre lumière et votre amour !

Notre bon Seigneur nous a envoyé son divin Esprit pour qu’Il soit toute notre vie, qu’Il opère en nous toutes les perfections et la sainteté qu’Il a opérées en Notre-Seigneur lui-même. Voyez, quelle bonté de la part de notre Dieu, quel miracle de grâce et d’amour, de nous envoyer un si grand Maître pour nous instruire de toutes les merveilles que le Père a mises en son Fils bien-aimé et pour les opérer en nos âmes ! Quelle doit être notre sainteté, si nous sommes fidèles à écouter intérieurement le divin Esprit, si nous sommes dociles à suivre ses mouvements, si nous nous y prêtons et si nous Lui donnons pleine liberté d’établir en nos âmes sa propre vie aux dépens et au détriment de notre vie de chair ! C’est une chose incompréhensible que Dieu ait daigné regarder favorablement des gens aussi corrompus que nous, et qu’Il ait voulu venir établir sa demeure dans nos âmes.

Mais aussi, pour qu’Il puisse demeurer en nous et y vivre, il faut que toute corruption, tout esprit propre, tout amour de soi, toute affection créée et toute vie humaine disparaissent ; car le divin Esprit est un esprit de sainteté, et sa vie une vie uniquement sainte ; dès que vous vivons de notre propre vie, nous n’avons plus en nous la vie de sainteté, car nous sommes complètement opposés à la sainteté de Dieu. Voilà pourquoi tâchez de vous prêtez le mieux que vous pourrez à cette vie unique de l’Esprit de Dieu. N’oubliez pas que vous ne parviendrez jamais à exterminer la chair ; elle sera toujours chair, toujours mauvaise, toujours ennemie de Dieu, et opposée à l’esprit de sainteté qui demeure en vous. Qu’un Esprit aussi saint et aussi pur puisse demeurer au milieu de cette imperfection continuelle, et souffrir sans cesse cette révolte contre lui et les mélanges de ce misérable esprit de chair, voilà où se montrent d’une manière admirable la bonté et la miséricorde divines. C’est inconcevable ; mais cela doit nous confondre et nous forcer à nous abîmer dans l’humiliation devant Dieu, en même temps que cela doit nous faire entrer dans les transports d’amour envers la Sainte Trinité ; car c’est là le grand mystère de l’amour de notre Dieu et de notre propre confusion.

Soyez fidèle à ce que le divin Esprit veut faire en vous, suivez-le très doucement et dans une grande humiliation intérieure devant Lui. Tenez-vous toujours en repos, visez à amortir, adoucir et calmer toutes vos aigreurs, tous vos mouvements d’inquiétude, tous les découragements et tous les troubles qui tendent à s’élever dans votre âme. Tâchez de vivre dans une certaine liberté d’esprit, sans contrainte et sans effort. Lorsque vous vous sentez assailli par le désir de vous répandre dans les créatures, ne vous en troublez pas. Ne savez-vous pas ce que vous êtes ? Mais que craignez-vous ? L’Esprit de Jésus qui est en vous ne vous tient-il pas entre ses mains ? Oh ! oui bien sûrement ; car si cela n’était, vous seriez bien loin hors de Lui, il y a longtemps. […]

Ne vous étonnez pas que j’insiste tant là-dessus, car Je pense et suis bien persuadé que pour être parfait il faut que nous soyons absolument vidés de tout ce qui n’est pas Dieu. Le Saint-Esprit frappe à tout instant à la porte de notre cœur ; nous désirons ardemment qu’Il entre, et par ce désir nous Lui ouvrons la porte ; mais comment peut-Il y entrer s’Il n’y trouve pas de place, s’Il trouve ce cœur qui doit tant lui appartenir rempli d’affections ennemies ? Il est donc obligé de rester dehors, et Il a la bonté inconcevable d’attendre jusqu’à ce qu’Il trouve une petite place et à mesure que nous nous débarrassons de ces misérables affections. Plus le Saint-Esprit est entré dans notre cœur, plus nous devenons forts pour chasser peu à peu les ennemis de Dieu qui s’en sont emparés. C’est pour cela qu’il est essentiel que nous aidions ce divin Esprit à les mettre dehors, car sans notre ferme volonté Il ne les forcera pas seul.

Il faut donc le prier ardemment et employer tout ce qu’Il nous donne de force pour Lui aider à accomplir cette œuvre. » [5]

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Prière au Saint-Esprit

« Ô très saint et très adorable Esprit,

faites-moi entendre votre douce et aimable voix.

Je veux être devant Vous comme une plume légère,

afin que votre souffle m’emporte où il veut

et que je ne lui oppose jamais la moindre résistance. »

 

Lire :

Passion mystique

« La Passion « mystique » de l’Église« 

Eschatologie catholique et fins des temps

 

Notes.

1. Statuts de la Fraternité des Apôtres de Jésus et Marie ou (selon le titre public) de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, Statuts approuvés par un décret de l’évêque de Fribourg le 1er novembre 1970, loués par une lettre de la Sacrée Congrégation du Clergé en date du 18 février 1971.

2. Le 12 novembre 1932 de la même année, Mgr Lefebvre s’embarque pour Libreville (Gabon) où il est nommé professeur au séminaire, poste qu’il occupera jusqu’en 1934, date à laquelle il se verra confier la responsabilité de directeur jusqu’en 1938. Le 28 septembre 1935 il prononce ses vœux perpétuels de religion. De 1938 à 1945, le Père Marcel est supérieur de diverses missions au Gabon, et démontre un grand sens de l’organisation. Puis, en octobre 1945, il est rappelé en France et se voit confier le scolasticat de philosophie des spiritains à Mortain (Manche). Il s’applique à relever la maison de ses ruines – elle avait souffert de la guerre – et à former ses séminaristes selon l’enseignement des papes. Le 25 juin 1947, il apprend qu’il est nommé vicaire apostolique de Dakar, et le jeudi 18 septembre 1947, il est sacré évêque à Tourcoing. Arrivé sur place, sa première préoccupation est la formation des prêtres. La prunelle de ses yeux sera donc le séminaire. Pour cela, il installe à proximité un couvent de Carmélites, pour attirer plus sûrement la grâce divine. Quant à la mission, quelque peu moribonde, elle est relancée et fera bientôt barrière à l’Islam. En 1948, Pie XII le nomme délégué apostolique pour l’Afrique noire francophone, c’est-à-dire l’équivalent d’un nonce apostolique. En outre, le délégué devant avoir le rang d’archevêque, Mgr Lefebvre était nommé archevêque titulaire d’Arcadiopolis in Europa. Il était représentant du pape dans un diocèse, 26 vicariats et 17 préfectures apostoliques, sur un territoire s’étendant du Maroc et du Sahara à Madagascar et à la Réunion en passant par l’AOF, le Cameroun français, l’AEF et la Somalie, soit une population catholique de plus de deux millions de fidèles.

3. Monseigneur Marcel Lefebvre, Conférence donnée aux séminaristes d’Écône, le 8 juin 1978.

4. Lire dans, « La Passion « mystique » de l’Église » : Le pharisaïsme ésotérique cosmo-théologique du sédévacantisme, La Question, 2015.

5. Vénérable Jacob François Libermann, Lettres spirituelles, (lettre à un séminariste), Paris, Poussielgue, 1889.

Sainte Fête de Pâques !

27 mars 2016

XIR171843 The Resurrection of Christ, c.1610-20 (oil on canvas) by Seghers, Gerard (1591-1651) oil on canvas 324x240 Louvre, Paris, France Flemish, out of copyright

« Voici la porte du Seigneur, c’est par elle que les justes entreront »

Le jour que nous attendions vient de nous apparaître dans tout son éclat: la bienheureuse solennité que nous appelions de nos voeux est enfin arrivée; le Seigneur a comblé nos désirs en nous donnant de célébrer le saint jour de Pâques. Frères bien-aimés, tressaillons de joie dans cette grande solennité, rendons à la divine bonté de vives et sincères actions de grâces, rehaussées par la sainteté de nos moeurs et par la ferveur de notre amour. Aujourd’hui le ciel et la terre se réjouissent; les Anges mêlent leurs cantiques à ceux des hommes, et toute créature raisonnable redit : « Alleluia », c’est-à-dire : louez le Seigneur. Chantons tous ensemble:

« Le Seigneur est grand et au-dessus de toute louange. Le Seigneur est vraiment grand, sa puissance est sans bornes et sa sagesse sans mesure » (Psaumes, CXLVI, 5).

Qui pourrait facilement énumérer, ou dignement expliquer les mystères de ce jour? Le démon vaincu, l’empire de la mort détruit, Jésus-Christ ressuscitant plein de gloire et d’immortalité, la consommation de notre salut, tels sont les grands faits qui marquent à tout jamais la solennité de ce jour. Se peut-il pour nous, mes frères, un plus grand sujet de joie? un bonheur plus complet ? un mystère plus sacré ? un sacrement plus admirable ?

 « C’est bien le jour que le Seigneur a fait; réjouissons-nous et tressaillons d’allégresse ». C’est le jour de notre renaissance, de notre renouvellement, de notre vivification, de notre rédemption, de notre sanctification, de notre illumination. «Autrefois nous étions ténèbres, aujourd’hui nous sommes lumière dans le Seigneur. » (Ephésiens. V, 8). Autrefois nous étions les captifs du démon, mais aujourd’hui nous confessons et nous disons au Seigneur « que nous avons été rachetés des mains de notre ennemi et rassemblés des régions les plus lointaines. » (Psaumes, CVI, 2).

Ainsi donc, sous le vif éclat d’une telle lumière, dans ce temps de sanctification, « ne dormons pas » du sommeil du péché, mais « veillons » pour toute bonne oeuvre ;  soyons sobres d’esprit et de corps. Marchons comme des enfants de lumière. « Le fruit de toute lumière réside dans la bonté, la justice et la vérité. Mangeons la sainte Pâque , non pas avec l’ancien ferment de « malice et d’iniquité, mais avec les azymes de la sincérité et de la vérité ». L’objet pour nous de cette grande solennité spirituelle, c’est le Verbe de Dieu, notre Sauveur, dont il est dit: « Au commencement, Dieu le Verbe était dans le Père, et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous, et nous avons vu et nous croyons sa gloire ». Il est le Fils unique du Père, et cependant il a daigné nous faire ses cohéritiers. O amour étonnant et ineffable ! Nous qui étions des serviteurs inutiles, nous avons mérité de devenir les frères de Jésus-Christ et ses cohéritiers.

Que rien de charnel, rien d’indigne ne se mêle aux élans de joie que nous inspire la grâce divine. Non-seulement il y aurait de l’indécence, mais encore un crime de trouver dans cette grande solennité l’occasion de se livrer à la sensualité dans les repas et de jeter l’âme dans une sorte de honteuse torpeur. Que nos fêtes soient donc honnêtes, agréables à Dieu, et conformes à cette parole de l’Apôtre: « Que toutes nos oeuvres s’accomplissent honnêtement et selon l’ordre ; soit que nous mangions, soit que nous buvions, soit que nous fassions toute autre chose, agissons en tout au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ. » (Matthieu XXIII, 37).

Les Juifs croient devoir conserver l’observation du sabbat, c’est-à-dire du septième jour; malheureux Juifs, qui ne connaissent pas le jour légitime et ne veulent pas croire que la fin de la loi c’est Jésus-Christ, qui seul a pu accomplir la loi, créer les jours et préposer à toutes les solennités ce jour que nous appelons le jour du Seigneur, parce que c’est dans ce jour que notre Seigneur et notre Sauveur, sortant du tombeau, est apparu au monde comme étant la véritable lumière. Les païens appellent ce jour le jour du soleil, sans comprendre la portée de cette parole; nous, au contraire, nous comprenons que c’est le jour de ce soleil dont il est écrit: « Vous verrez s’élever pour vous le soleil de justice qui porte sur ses ailes notre salut. » (Malachie IV, 2). Personne n’attribue des ailes au soleil visible de la nature; il n’en est pas de même du Soleil véritable, qui a créé celui que nous voyons; seul il porte ces ailes de la puissance et de la protection divine dont il est dit: « Il les a reçus comme l’aigle déployant ses ailes et a protégeant son nid» (Deutéronome XXXII, 2). Nous lisons également dans l’Evangile: « Jérusalem, Jérusalem, combien de fois j’ai voulu rassembler tes fils, comme la poule rassemble ses petits sous ses ailes  ». Enfin, c’est à ce soleil que le fidèle adresse cette invocation salutaire : « J’espérerai à l’ombre de vos ailes, jusqu’à ce que l’iniquité disparaisse ».

 Nous voyons ouverte devant nous la porte du salut, dont il est dit : « Voici la porte du Seigneur, c’est par elle que les justes entreront » ; entrons donc par la porte de l’Eglise en toute sincérité et vérité, afin que cette porte de la confession et de la louange nous introduise dans le royaume des cieux, où nous jouirons du bonheur éternel. « Nous ne serons pas confondus lorsque nous parlerons dans la porte », c’est-à-dire en Notre-Seigneur Jésus-Christ qui a dit de lui-même : « Je suis la porte, celui qui entrera par moi sera sauvé ».

C’est par Jésus-Christ que tous les saints sont entrés et entrent chaque jour près du Père de la vie éternelle, à qui, avec le Fils et le Saint-Esprit, soient honneur et gloire dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 Bossuet, Sermon sur la Fête de Pâques.

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