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L’Eglise Catholique est l’Eglise du Christ

17 octobre 2018

« les Portes de l’Hadès ne prévaudront jamais contre l’Eglise. »

 (Matthieu XVI, 18)

  Nous revenons, une fois encore, mais le sujet est fondamental, sur la question de la nature de l’Eglise et  la manière dont s’exerce l’infaillibilité en son sein, tant ces points conditionnent chez les fidèles la possibilité d’observer une juste positon dans la période de crise que traverse la sainte institution fondée par Jésus-Christ, ou de s’engager, hélas ! dans une voie schismatique dramatique, voie qui les éloigne de la foi catholique, et qui de plus divise, disperse et conduit l’Eglise à sa ruine.

Il est donc vital, pour le salut des âmes, de préciser les critères qui fondent en doctrine une attitude conforme à ce qui fut depuis toujours enseigné par les saints et les docteurs, et ce qui, au contraire, relève des aberrations subjectivistes absolument fautives, erronées et inexactes, qui prospèrent comme une véritable maladie mortelle et qui après avoir fait surgir au cours des siècles une infinité de sectes diverses devenues les ennemis furieuses de Rome, dominent aujourd’hui au sein des diverses chapelles sédévacantistes.

I. Le Magistère ordinaire authentique n’a pas « nécessairement » mais « possiblement » infaillible

S’enfermant dans une folle logique perverse, la thèse sédévacantiste considère que chaque fois que Rome s’exprime, en matière de foi, de mœurs ou de discipline, elle est automatiquement, pleinement et toujours infaillible. Cette conception, qui fait dire aux partisans de la vacance du Saint-Siège qu’il est donc impossible à l’Eglise d’avoir pu soutenir des propositions contestables, audacieuses ou modernistes lors du dernier concile de Vatican II, sous peine de ne plus pouvoir être l’Eglise, est fausse car elle relève d’une conception très imparfaite et entièrement inexacte de la manière dont s’exerce l’infaillibilité. Ainsi on argue dans ces milieux schismatiques, de façon erronée, que pour que le Magistère ne soit pas infaillible il faudrait que ce Magistère ou bien ne soit pas catholique ou bien qu’il ne soit pas authentique. Or les deux affirmations sont gravement partielles, aboutissant pour ceux qui s’y laissent prendre à ce qu’ils ne reconnaissent plus l’Eglise et la déclare, avec une ahurissante conviction, « éclipsée ».

Pourquoi cette erreur est-elle si répandue ? Parce que ce raisonnement trompeur ne respecte pas la distinction nécessaire entre le Magistère ordinaire conditionnellement infaillible et le Magistère extraordinaire pleinement infaillible.

Le Magistère ordinaire est « conditionnellement » infaillible

a) La non coïncidence entre Magistère ordinaire et Magistère infaillible

 Les « canons de Saint Vincent de Lérins » précisent que lorsqu’une chose est crue dans l’Église depuis toujours, par tous et partout, elle est réputée infaillible, c’est l’infaillibilité du magistère ordinaire, mais la mention « depuis toujours » exclut de son champ d’application toutes les nouveautés conciliaires, post-conciliaires, si les évêques conciliaires sont aujourd’hui d’accord avec un enseignement nouveau cela n’est donc pas suffisant pour donner à celui-ci un caractère infaillible. De la sorte, l’orthodoxie d’une doctrine, et de nombreux enseignements furent formulés qui n’étaient pas une simple répétition ou un approfondissement des vérités de la Révélation au cours des siècles, provient de sa conformité à l’enseignement constant de l’Église ; c’est la condition sine qua non de validité tant d’un Concile que de l’enseignement des Papes. Ce principe manifeste de façon limpide la « mens catholica » : l’autorité est au service de la vérité; elle est un moyen pour que la vérité soit communiquée. L’autorité, autrement dit, ne crée pas la vérité, elle la reconnaît, la garde et l’enseigne. Cependant, bien que la défaillance de l’Autorité soit inhabituelle, de rares précédents montrent qu’elle est parfois possible, et la situation actuelle de l’Eglise depuis Vatican II en est un cas de figure exemplaire, après d’autres qui furent non moins inquiétantes [1].

Il importe d’insister sur le fait qu’un enseignement du Pape, ou d’un Concile, n’entraîne pas ipso facto une obéissance inconditionnelle : « celle-ci dépend et est proportionnée à l’intention avec laquelle le Magistère entend engager son autorité. » (I. Salaverri, Sacrae Theologiae Summa, cit., t.I, tr. III, I.II, § 637, p. 578). C’est ce que confirme le cardinal Journet : « Le degré avec lequel le Magistère s’exprime dépend donc encore une fois de la volonté, de l’intention du Pape et des Évêques unis à lui. Il n’y a pas de coïncidence définitive entre Magistère extraordinaire et Magistère infaillible. » (Cf. C. Journet, L’Église du Verbe Incarné, p. 531).

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« Il n’y a pas de coïncidence définitive

entre Magistère extraordinaire et Magistère infaillible. »

Cardinal Charles Journet (1891-1975)

Si donc il n’y a pas coïncidence constante et définitive, cela veut dire qu’il peut y avoir des cas, certes exceptionnels, et Vatican II en est un, où un acte du Magistère ordinaire authentique ne possède pas la note de l’infaillibilité. A cet égard, puisque telle fut la volonté de ses promoteurs (Jean XXIII et Paul VI),Vatican II est un acte du Magistère authentique non infaillible, guidé, de surcroît, par des évêques non éminents « amore et studio doctrinae ab Apostolis traditae ac pari detestatione mnis novitatis » (Franzlin, De Divina Traditione, thèse IX), car « si viennent à manquer l’amour et la fidélité envers l’ancien, l’Esprit de Vérité empêche, par une assistance purement négative, qu’une définition erronée ne soit proclamée par le Magistère infaillible ». (Cf. D.T.C., t. VI, col. 162).

II.  La règle de l’infaillibilité c’est la Tradition

Or voici une distinction capitale : certains de ces pouvoirs sont infaillibles, les autres ne le sont pas ; ils sont donc… faillibles. Pour que l’Église ait une base certaine, une continuité et une perpétuelle unité dans la fidélité au Seigneur Jésus-Christ, il faut que les actes essentiels des Pasteurs de l’Église soient nécessairement et indubitablement efficaces, suivis de leurs effets divins. Ces actes relèvent de Pouvoirs infaillibles, assistés inconditionnellement par l’Esprit-Saint. Les autres présentent une grande contingence et dépendent aussi bien de la fragilité de l’homme que de l’assistance de l’Esprit de Dieu ; ils émanent de Pouvoirs moindres, où doit s’opérer un discernement.

Seul le Magistère extraordinaire ou solennel est,

strictement et pleinement infaillible.

L’Église en sa croyance unanime est infaillible, mais le Magistère ordinaire est conditionnellement infaillible. Si l’on veut bien considérer comme caractéristique de cet enseignement autorisé, qu’on appelle magistère commun ou ordinaire, d’être en tout l’écho de la tradition unanime de l’Église, il paraît bien qu’il jouit, lui aussi et de ce fait, de l’infaillibilité. En revanche, s’il advient que le Pape ou les Évêques, même dans leur enseignement “authentique”, enseignement donné par eux en vertu de leur fonction, avec l’autorité de leur rang, en viennent à proférer quelque nouveauté ou quelque opinion discutée, pareille doctrine ne peut être considérée comme relevant du Magistère ordinaire. Elle ne présente alors aucune garantie d’infaillibilité. Et c’est la grande infirmité de ce magistère ordinaire de n’être pas séparé par une frontière nette et incontestable du royaume des opinions humaines.

Seul le Magistère extraordinaire ou solennel est, de lui-même, strictement et pleinement infaillible. Et c’est une nécessité pour l’Église. S’il advient que sur tel point de doctrine la tradition ne soit pas claire ni unanime, si une croyance commune est soudain contestée ou même rejetée par certains, alors ceux qui ont tout pouvoir pour conserver et défendre la dépôt dela Révélation seront amenés à trancher la question définitivement par une proclamation en forme indiscutable dela Vérité. L’assistance du Saint-Esprit leur est promise pour de telles décisions. C’est l’infaillibilité du Pape et du Concile dite solennelle, ou encore “ ex cathedra ”. Il faut donc distinguer des degrés dans l’exercice des pouvoirs hiérarchiques. En certains domaines, à certaines conditions précises, l’infaillibilité du Magistère est sûre et entière : c’est pour ainsi dire Dieu même qui parle par le Pape, par le Concile. En d’autres domaines, ou faute de certaines conditions, la défectibilité humaine l’emporte sur l’assistance divine. Même alors, il serait bon et prudent de croire et d’obéir à ceux que l’Esprit-Saint assiste pour qu’ils n’errent pas et procurent le bien des âmes. Cependant, une certaine possibilité subsiste pour les Pasteurs de trahir leurs fonctions et de se tromper eux-mêmes par ignorance, ou de nous tromper et de nous égarer par malice. Pourquoi le taire ?

Le fondement sacré de l’Autorité catholique et la règle de l’infaillibilité, c’est la Tradition. Ce qui lui est étranger demeure suspect, ce qui lui est contraire est faux. Dans le Magistère infaillible, sujet et objet de la Tradition restent distincts : le Magistère infaillible n’est pas source, il a, à son tour, sa source dans l’Ecriture Sainte et dans la Tradition ; nous puisons comme à une source prochaine, au Magistère infaillible de l’Eglise, et le Magistère infaillible, à son tour, puise aux sources lointaines et dernières de la Révélation. Le titre de « Tradition vivante » ne peut donc en aucune façon être attribué au Magistère authentique non infaillible ; l’examen de l’objet proposé par ce dernier à notre croyance est non seulement licite, mais peut même devenir nécessaire. L’Eglise en effet, alors qu’elle exige pour le Magistère infaillible un assentiment ferme, irrévocable, inconditionnel : « demande pour le Magistère authentique un assentiment relatif et conditionné : conditionné, surtout, par la fidélité de l’enseignement proposé au dépôt de la foi » (Salaverri, s.j., De Ecclesia Christ in Sacrae Theologiae Summa, liv. II, p. 658). Et ceci est parfaitement logique : «l’ordre de croire fermement sans examiner l’objet ne peut obliger vraiment que si l’autorité est infaillible » (Cf. Billot, De Ecclesia, t. XVII), et l’Eglise n’a jamais attribué au faillible les droits de l’infaillibilité.

De la sorte, et tous les docteurs le soulignent, contre les thèses inexactes : le Magistère ordinaire n’est pas nécessairement Infaillible, il l’est « conditionnellement », ou possiblement, et entre la possibilité et l’acte, est-il besoin de le rappeler à moins que les schismatiques aient oublié volontairement toutes leurs leçons de scolastique afin de mieux justifier leur position de rupture d’avec l’Eglise, il y a une grande différence.

Ainsi, et contrairement à l’obstination et l’endurcissement de ceux qui en refusent l’application de droit, l’intention de Vatican II, telle que soulignée par Jean XXIII dans le discours d’ouverture Gaudet mater Ecclesia, du 11 octobre 1962, puis Paul VI, est formelle : « Certains se demandent quelle est l’autorité, la qualification théologique qu’a voulu donner à son enseignement un Concile qui a évité de promulguer des définitions dogmatiques solennelles engageant l’infaillibilité du magistère ecclésiastique. […] Etant donné le caractère pastoral du Concile, il a évité de prononcer des dogmes comportant la note d’infaillibilité…» (Paul VI, discours du 12 janvier 1966)  [2].

Exiger pour Vatican II, Magistère authentique non infaillible, la nature du Magistère infaillible, constitue une imposture que partagent modernistes et sédévacantistes. C’est attribuer au dernier Concile une autorité qu’il n’a pas. Et si cette note de l’infaillibilité est absente par déclaration positive de ceux qui avait autorité pour la lui donner, par l’effet de quel pouvoir les sédévacantistes comme les modernistes, prétendent-ils la lui conférer cette infaillibilité, ceci en se substituant à l’autorité de l’Eglise, voire à l’Eglise elle-même ? Quelle audacieuse prétention !

Cette attitude est donc fautive, coupable et condamnable, prêchant une conception erronée, mécanique et automatique de l’infaillibilité du Magistère – en contradiction d’avec l’enseignement de l’Eglise – afin de justifier un coupable sédévacantisme. C’est pourquoi, à une logique profondément perverse répond une erreur théologique gigantesque entraînant les partisans de cette conception imparfaite de l’infaillibilité dans le piège catégorique du schisme. Terrible impasse qui les place dans la pire des situations de rupture en raison d’une simple absence d’adhésion à la conception catholique de l’exercice de l’infaillibilité par le Magistère. Leur folie théorique produit un péché mortel conduisant à l’abomination schismatique.

II. La sainteté de l’Eglise malgré ses péchés

Affirmer l’éventuelle possibilité de défaillance du Magistère ordinaire sur le plan disciplinaire, en des cas exceptionnels évidemment mais cependant déjà advenus, n’est pas une position qui serait de nature « hérétique », c’est une position catholique rappelée par les plus grands docteurs de l’Eglise, dont les sentences gênantes sont écartées par les sédévacantistes qui ne veulent pas s’y soumettre, auteurs qui sont pourtant le plus grands docteurs de l’Eglise tels saint Thomas d’Aquin, saint Robert Bellarmin et le cardinal Cajetan.

Leur enseignement est précieux pour nous, car de tout temps et constamment, l’Eglise a eu à lutter contre des ennemis impitoyables, des sectes terribles, des courants hérétiques qui niaient et s’attaquaient à des points importants du Credo tout en menaçant de renverser et détruire l’Eglise (manichéens, gnostiques, ariens, donatistes, cathares, bogomiles, fraticelles, vaudois, modalistes, unitaristes, etc.), et qui oeuvrèrent contre elle, notamment en des périodes difficiles de son histoire qui jamais ne fut en ordre, paisible et irénique (Grand schisme d’Occident, Pornocratie, le siècle de fer,  etc.).

a) L’Eglise est divino-humaine.

Divine et sainte, mais également humaine, faible et pécheresse dans ses hommes, l’Eglise, et ceci mérite d’être très sérieusement intégré dans l’esprit possède, comme le Christ, une « double nature ».

 

« Malgré les faiblesses de ses pontifes, l’Eglise reste sainte. »

(Saint Léon IX, Congratulamur vehementer)

Le pape saint Léon IX, en 1059, dans sa lettre Congratulamur vehementer, après le Xe siècle, siècle de faiblesses humaines et de désordres s’il en fut, un siècle qui probablement a vu la papauté descendre à son niveau le plus bas, à tel point que les historiens lui ont accolé cette épithète qui en dit long : le siècle de fer, dans le contexte de la lutte entre le sacerdoce et l’Empire, le pape saint Léon IX réaffirmera cette donnée de l’Evangile : malgré les faiblesses de ses pontifes, l’Eglise reste sainte. 150 ans plus tard, en 1208, le pape Innocent III dans sa lettre Ejus exemplo contre les hérétiques vaudois le redira également; vaudois qui sont les premiers réformateurs de l’histoire, ancêtres des protestants et des sédévacantistes en ce qu’ils se sont scandalisés trop vite et ont trop rapidement considéré que Rome était le siège de l’Antichrist [3].

 

Pie IV

« Le Siège de Pierre est saint,

la hiérarchie de l’Eglise catholique est une institution divine,

elle est sainte parce que son fondateur est saint. »

(Pie IV, Profession de foi)

 

Vers la fin du siècle, c’est le second concile de Lyon, en 1274, qui sous le pape Grégoire X, face aux Grecs schismatiques de Byzance, proclamera cette vérité de la sainteté de l’Eglise catholique. Le concile précisa que la sainteté ne pouvait pas se trouver ailleurs que dans la véritable Eglise, l’Eglise catholique ; et donc elle ne pouvait pas se trouver dans le schisme. Le concile de Trente avecla Profession de foi publiée par le pape Pie IV en 1564, alors que Luther avait injurié les catholiques en disant que le Siège de Pierre, le Siège de l’évêque de Rome était le siège de l’Antéchrist, le pape répondit en maintenant cette affirmation : le Siège de Pierre est saint, la hiérarchie de l’Eglise catholique est une institution divine, elle est sainte parce que son fondateur est saint. Et elle a les promesses de la vie éternelle. De même le concile Vatican I sous le pape Pie IX en 1870, face au péril grandissant du rationalisme et de l’immanentisme, réaffirma lui aussi cette donnée essentielle : Il y a deux ordres essentiellement distincts, l’ordre naturel et l’ordre surnaturel. Et au sein de ce deuxième ordre, c’est l’Eglise qui constitue l’intermédiaire obligé pour qui veut entrer en relation avec Dieu.

« Le Christ lui-même qui fut celui qui t’a formée

est aussi celui qui va te réformer, il est ton réformateur ».

(Saint Augustin, Enarratio in Psalmum 103, sermo 1, § 4).

Saint Augustin affectionnait cette idée que l’Eglise – comme l’âme individuelle – est par elle-même laide et pécheresse. Dès qu’elle confesse ses péchés, elle commence à devenir belle par l’action de Celui qui est la Beautémême. Nous avons même un texte de saint Augustin (cf. 1er discours sur le psaume 103) où il est dit explicitement que le Christ qui a fondé l’Eglise est sans cesse en train de réformer l’Eglise ; c’est en quelque sorte l’idée d’une réforme permanente qui est suggérée par saint Augustin : « Ipse enim reformator tuus qui fuit formator tuus – le Christ lui-même qui fut celui qui t’a formée est aussi celui qui va te réformer, il est ton réformateur ». (Enarratio in Psalmum 103, sermo 1, § 4).

III. L’Eglise pécheresse est purifiée par l’action incessante du Christ

La Bible nous présente un certain nombre d’exemples de femmes vivant dans l’impureté mais qui ont été choisies par Dieu et qui ont été purifiées à la suite de ce choix. Les Pères de l’Eglise vont y voir la figure de l’Eglise, Eglise pécheresse et purifiée de son péché par l’action incessante du Christ.

• Rahab, la femme de mauvaise vie de Jéricho qui reçut et sauva les éclaireurs d’Israël dépêchés par Josué et qui mérita à cause de cela d’être elle-même sauvée de l’anathème et justifiée : pour Origène, c’est l’image de l’Eglise qui comme Rahab a été tirée du paganisme et de l’idolâtrie.

• La fille des Philistins, Dalila, elle aussi idolâtre et pour autant courtisane que Samson va prendre pour épouse : saint Augustiny discerne un symbole, et c’est celui de l’Eglise.

• Thamar dont l’histoire est si étrange pour nous, voici cette épouse de péché, cette femme pécheresse ; le prophète Osée reçoit l’ordre de la prendre pour femme, et l’ordre vient de la part de Dieu : saint Jérômedit que cette femme annonce l’Eglise.

• Enfin, sainte Marie-Madeleine : saint Ambroise y voit le type de l’Eglise, l’Eglise qui à travers la figure de sainte Marie-Madeleine a bien pu prendre les dehors d’une pécheresse, tout comme le Christ a pris les dehors d’un pécheur.

Et finalement, l’idée qui ressort en clair de tous ces symboles, c’est bien l’idée que saint Paul exprime dans le chapitre 5e de l’épître aux Ephésiens :

  

« L’Eglise a été choisie pécheresse,

et c’est le Christ son Epoux qui la purifie de ses souillures ». [4]

« Je suis venu appeler les pécheurs et non les justes »

(Luc V, 32)

Il y a donc une tradition ininterrompue : un enseignement constant au cours des siècles qui sans cesse rappelle cette vérité de foi : la sainteté de l’Eglise. Et même le très problématique concile Vatican II, lui aussi, va réaffirmer cette idée : l’Eglise est indéfectiblement sainte, cela est affirmé en particulier dans Lumen gentium dès le début du chapitre V. [5]

« Toute l’Eglise est l’Eglise des pénitents,

toute l’Eglise est l’Eglise de ceux qui périssent ».

(Saint Ephrem,Paraenetica 38)

 

En 1537, une commission de cardinaux et de prélats adressant au pape Paul III un mémoire sur la réforme de l’Eglise reprit également les expressions de l’Ecriture pour dénoncer la responsabilité des membres de la hiérarchie : « C’est par nous que le nom du Christ est blasphémé parmi les Nations ». Plus près de nous, les papes de ces deux derniers siècles n’ont pas hésité à rappeler cette même idée de la présence du péché dans l’Eglise. Le pape Pie IX soulignera la présence de nombreux membres qui ne sont pas saints dans l’Eglise. Pie XI dans l’encyclique Mit brennender Sorge de 1937 écrivait : « La mission divine de l’Eglise qui s’exerce par des hommes et doit s’exercer par des hommes peut être douloureusement obscurcie par l’humain, trop humain, qui par moments foisonne et revient sans cesse comme de la mauvaise herbe dans le froment du Royaume de Dieu ». Enfin, Pie XII lui aussi rappellera à plusieurs reprises cette vérité : « les pécheurs font partie de l’Eglise et le péché en quelque sorte souille malheureusement les membres de ce Corps mystique; il projette comme des zones d’ombre parmi les fils de lumière. » (Mystici corporis, § 1024 ; Radio-message de Pâques aux fidèles du monde entier, 6 avril 1958).

IV. La résistance face à la nouveauté est un devoir

Cette situation de souillure des membres du Corps mystique, fait qu’en dehors de son enseignement ex cathedra, et en dehors de son enseignement ordinaire, quand il cesse de répéter ce que la tradition unanime tient pour révélé, et donc quand il parle comme théologien privé, un pape peut tomber dans l’hérésie.

 Cette possibilité – sans laquelle il serait comme Dieu – est depuis toujours connue et professée par l’Église. Un canon du Décret de Gratien en fait mention explicite. Or, si le Décret est une compilation de formules canoniques datée de 1119, ce canon remonte à une beaucoup plus haute antiquité ; il sera sans cesse confirmé par un usage constant dans la suite des temps. Chose curieuse, et il fut citer cent fois ces dernières années, mais toujours amputé de ses derniers mots, qui en limitent la portée et en changent précisément tout le sens : « Que nul mortel n’ait l’audace de faire remontrance au pape pour ses fautes ; car il ne peut être jugé par personne celui qui doit juger tous les hommes, EXCEPTÉ S’IL EST REPRIS POUR AVOIR DÉVIÉ DE LA FOI. » (…) Or l’affirmation claire que le Pape peut être repris par quiconque dans ce seul et unique cas, à savoir quand il est suspecté d’avoir « dévié de la foi », cette affirmation est corroborée par Innocent III, Innocent IV, Grégoire IX, etc.

Et cette reprise, autorisée par le Décret Gratien, est exercée par les tenants dela Tradition.Voilàpourquoi ce réalisme à propos des possibles errances des pontifes, a conduit les saints docteurs à encourager les fidèles à la résistance face à l’erreur. En ces périodes pénibles, il convient que ceux attachés à la foi authentique ne se soumettent pas à l’autorité qui ne soutient pas les vérités anciennes. Et cette résistance est un devoir.

Encore une fois, saint Robert Bellarmin – et avec lui Cajetan – parlent bien de “résister” aux erreurs doctrinales d’un pape tout en continuant à le considérer véritablement pape, puisque l’un et l’autre font valoir qu’en cas d’erreur et même d’hérésie, le pape reste pape [6] :

« L’homme n’est pas tenu d’obéir au pape quand ce que celui-ci commande est contraire à la loi de Dieu, et même dans quelques autres cas. Lorsque le commandement d’un homme est manifestement contraire à la loi de Dieu, c’est un devoir de lui désobéir (… ) les docteurs indiquent les remèdes suivants : avoir recours à Dieu par l’oraison, admonester ledit pape avec tout respect et révérence, n’obéir point à ses commandements notoirement injustes, et enfin lui résister, et empêcher qu’il ne fasse le mal projeté. » (Saint Robert Bellarmin, De Romano Pontifice, II, 29). « La papauté et Pierre sont comme « matière » et « forme » et seul Jésus-Christ a pouvoir sur leur union…et pour cette raison lui seul peut mettre des limites et établir la puissance du Pape. Un Pape qui est devenu hérétique incorrigible n’est pas automatiquement destitué … l’Eglise n’a pas puissance sur la Papauté, (…) il faut dire que, quand Pierre, devenu hérétique incorrigible est déposé par l’Eglise, il est jugé et déposé par une puissance supérieure non à la Papauté mais à l’union entre la Papauté et Pierre.» (Cajetan, De Comparatione Auctoritatis Papæ et Concilii, c. XX .1511).

Cette résistance est étendue à l’ensemble des fidèles, comme le soutient saint Thomas :

« Si la foi est en danger, un sujet pourrait réprimander son prélat, même publiquement. » (Som. Th., IIa IIae, Qu. 33, article 4, ad2).

V. Réformer l’Eglise pour la ramener à la foi

L’oraison de la fête du 13 janvier, la fête du baptême de Notre-Seigneur,

demande la grâce de la « Réforme »

  Remettre l’Eglise en forme donc, tel est le sens premier du mot. Et c’est justement la grâce qui est demandée dans l’oraison de la fête du 13 janvier, la fête du baptême de Notre-Seigneur. Le mot s’y trouve : « reformari = reformer, réformer ». Nous demandons la grâce d’être intérieurement réformés. Et l’épisode que la liturgie célèbre en ce jour constitue à lui seul tout un symbole : l’Agneau sans tache, sans péché reçoit le baptême qui efface les péchés. Et donc aussi (c’est le sens de cette image) il y a une Eglise qui se réforme et qui pourtant reste une Eglise sainte ; c’est une Eglise dont il faut sans cesse extirper le péché et qui pourtant n’est pas pécheresse.

Comment peut-on affirmer les deux : l’Eglise se purifie du péché et pourtant l’Eglise est sainte, l’Eglise n’est pas pécheresse ? Ces deux affirmations ne sont pas contradictoires, elles sont vraies unies, non séparées, elles forment une semblable vérité.

  Il y a la sainte Réforme, la vraie Réforme : réforme au sens du pape saint Grégoire VII, réforme grégorienne des XIe et XIIe siècles. Réforme qui n’entame pas la sainteté de l’Eglise. Et il y a aussi la prétendue réforme des réformateurs du XVIe siècle, la Réformation, la fausse Réforme : réforme au sens révolutionnaire et protestant. Fausse réforme qui prétend rejeter une Eglise pécheresse en faisant le procès d’une institution purement humaine et défaillante, voire la réforme schismatique des disciples de Photius, ou des modernes sédévacantistes. Fausse Réforme à laquelle va s’opposer l’œuvre du concile de Trente, œuvre qui justement voudra se présenter comme une Contre-Réforme Catholique, comme aujourd’hui est à sa manière une Contre-réforme le mouvement dela Tradition catholique.

  Le point de vue qui en commande la sainteté, c’est bien sûr celui de la cause qui l’a produite dans l’être. L’Eglise est sainte parce que c’est Dieu qui a produit l’Eglise : elle est l’œuvre surnaturelle qui est sortie de ses mains. C’est une institution divine, c’est une fondation de Jésus-Christ, vrai Dieu et vrai homme. Et ce point de vue en commande un autre : l’Eglise est sainte d’une deuxième manière, parce que Jésus-Christ l’a établie comme le moyen dont il allait désormais se servir pour communiquer la sainteté.

la réponse du cardinal de Noailles, archevêque de Paris, aux objections que lui adressait le protestant Zinzendorf : « Vous attribuez à cette Eglise qui est l’Epouse de Jésus-Christ toujours pure, toujours sainte par elle-même les fautes de ses ministres : elle en gémit, elle les châtie, mais elle n’en est pas coupable … Condamnez tant qu’il vous plaira la mauvaise conduite des évêques, des cardinaux, des papes, même quand leurs actions ne répondent pas à la sainteté de leur caractère, mais respectez l’Eglise qui leur a donné des règles saintes et qui est conduite par l’Esprit de sainteté et de vérité. »[7]

Pie XII dit de même dans l’encyclique Mystici corporis :

« Que si l’Eglise manifeste des traces évidentes de la condition de notre humaine faiblesse, il ne faut pas l’attribuer à sa constitution juridique mais plutôt à ce lamentable penchant pour le mal des individus que son divin Fondateur souffre jusque dans les membres les plus élevés de son Corps mystique ». (Pie XII Encyclique Mystici corporis).

L’Eglise possédera donc toujours les moyens de grâce, les clefs du royaume des cieux et avec cela, elle restera l’unique dépositaire du salut ; mais le pouvoir des clefs ne dépendra pas de la fidélité personnelle de celui qui sera amené à l’exercer. Ce qui veut dire que les hommes d’Eglise, même le premier d’entre eux, lorsqu’ils auront à exercer leur autorité, pourront ne pas toujours être à la hauteur de la foi et de la grâce qu’il doivent transmettre. Mais pour autant l’Eglise ne sera menacée ni dans son existence, ni dans sa sainteté. Notre-Seigneur lui-même nous en a assurés : « les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre son Eglise ».

VI. Le droit divin fonde l’Eglise

Les mots utilisés par les schismatiques égarés suffiraient seuls à montrer la désorientation du cœur et de l’esprit à laquelle aboutit la thèse de la vacance du saint Siège, et font voir surtout leur oubli catégorique du seul droit qui fonde l’Eglise, qui est le « droit divin ».

a)       La bulle de Paul IV a été annulée par Pie XII

Le vénérable Pie XII jugea nécessaire, pour de sages motifs, de modifier les dispositions relatives à l’élection du Pape, en décidant dans sa Constitution Apostolique Vacantis Apostolicae Sedis, de suspendre l’effet des censures disciplinaires de Paul IV [8].

Or, cette décision est extrêmement importante, et l’on s’étonnera d’ailleurs que l’on n’y insiste pas comme il se devrait au lieu de s’épuiser dans des débats qui n’ont plus d’objet, puisque les termes, objectifs et positifs, de Vacantis Apostolicae Sedis sont de nature à mettre un terme formel, obligatoire et définitif à toute discussion  s’agissant de la légitimité de l’élection de ceux qui furent portés sur le trône de Pierre depuis Pie XII, puisque tous sans aucune exception, en vertu des nouvelles dispositions canoniques touchant à l’élection pontificale, furent élus validement.

 Voici en effet ce que dit Pie XII :

« Aucun cardinalsous aucun prétexte ou raison d’excommunication, suspense ou interdit, ou sous aucun autre empêchement ecclésiastique – ne peut être exclu de l’élection active et passive du Souverain Pontife. En conséquence, nous suspendons l’effet de telles censures seulement pour les raisons de la dite élection; elles conserveront leurs effets pour tout le reste. » (Constitution Apostolique, Vacantis Apostolicae Sedis, titre II, ch. I, § 34, 8 décembre 1945).

Le texte de Pie XII est on ne peut plus clair, l’excommunication s’applique en effet à divers délits, mais en vise un plus directement : l’hérésie, comme il est explicite : « Can. 985. Sont irréguliers par délit : 1° Les apostats, les hérétiques, les schismatiques. » Canon précisé par : « Can. 2314. § 1 Tous les apostats de la foi chrétienne, tous les hérétiques ou schismatiques et chacun d’eux: 1° Encourent par le fait même une excommunication. » Ainsi Pie XII, lorsqu’il écrit : « Aucun cardinal – sous aucun prétexte ou raison d’excommunication, suspense ou interdit ne peut être exclu de l’élection active et passive du Souverain Pontife », évoque évidemment d’éventuels faits d’apostasies, d’hérésies ou de schismes, cela ne fait aucun doute. D’ailleurs Pie XII, pour confirmer l’infaillibilité incontestable à l’acte d’élection, précise que dès l’acceptation par l’élu de sa charge, il est immédiatement Pape authentique de droit divin (la référence par Pie XII au Can. 219 est explicite), et toute contestation à son encontre, sous quelque prétexte, concernant « n’importe quelles affaires » avant le couronnement du Pontife, fait encourir à celui qui s’en rendrait coupable, l’excommunication ipso facto :

« § 101. Ce consentement ayant été donné (…), l’élu est immédiatement vrai pape, et il acquiert par le fait même et peut exercer une pleine et absolue juridiction sur l’univers entier. (Code de Droit canon, can. CIS 219). Dès lors, si quelqu’un ose attaquer des lettres ou décisions concernant n’importe quelles affaires, émanant du Pontife romain avant son couronnement, Nous le frappons de la peine d’excommunication à encourir ipso facto. (Clément V, ch. 4, De sent, excomm., 5, 10, in Extravag. comm.). » [9]

b) L’évêque de Rome est le successeur de Pierre de droit divin !

Pie XII a parfaitement vu ce qui dans la bulle de Paul IV contredisait le « droit divin » qui caractérise la nature de l’élection pontificale, et qui est porteur d’un critère d’infaillibilité devant lequel la bulle de Paul IV, de nature uniquement disciplinaire et non-dogmatique, qui est unique dans le Bullaire pontifical bien qu’elle fut très incidemment reprise dans le droit canon pie-bénédictin pour un motif étranger à  l’invalidation de l’élection pontificale, s’incline absolument. Pie XII a donc corrigé l’erreur de Paul IV.

De la sorte, si nous nous demandons de quel droit le Pape est-il le successeur de Pierre, la réponse est immédiate : de droit divin. Telle est la conclusion à laquelle aboutit une analyse approfondie du sujet, se basant sur les principes dela Révélation mis en lumière par Cajetan :

« Mais de quel droit l’évêque de Rome est-il le successeur de Pierre ? De droit divin ! De droit divin il faut un successeur. Car la succession est une institution évangélique, une volonté explicite du Christ. Mais puisqu’il s’est fixé à Rome, cette église lui fut appropriée, et ses successeurs sur ce siège sont héritiers de son pontificat suprême. Du reste cette appropriation fut confirmée par le Christ lui même qui vint à la rencontre de Pierre, lorsqu’il voulu fuir et lui dit: Venio Romam iterum crucifigi ! Le droit de succession est par conséquent un droit divin. »

Conclusion

L’esprit de secte s’est emparé du sédévacantisme, car, en s’appuyant sur le libre examen à l’image des luthériens, ne plus reconnaître le Saint Père comme vrai successeur de saint Pierre, le qualifier horriblement, le flétrir par des noms abominables, l’injurier grossièrement, tout cela montre la totale désorientation de ce courant mortifère.

 Ce à quoi aboutit fatalement le sédévacantisme ce n’est pas à une réforme, mais c’est bien plutôt à une révolution satanique, une destruction, une division mortelle de l’Eglise. Saint Pie X le disait clairement, expliquant où doit se trouver la véritable et sainte Réforme, la réforme catholiquela Contre-réforme, la seule qui soit digne de ce nom. Saint Pie X, en 1910 – trois siècles exactement après la canonisation du saint évêque de Milan – a voulu saisir l’occasion de ce tricentenaire pour adresser un salutaire avertissement à toute la catholicité, définissant le programme de cette réforme à travers l’exemple d’un véritable et saint réformateur, saint Charles Borromée.

Le Pape Léon XIII, qui sut rappeler en des termes très fermes la visibilité et la perpétuité éternelle de l’Eglise dans son Encyclique Satis Cognitum (1896), écrit de même sur le devoir de désobéissance face à une autorité désorientée :

« Mais, dès que le droit de commander fait défaut, ou que le commandement est contraire à la raison, à la loi éternelle, à l’autorité de Dieu, alors il est légitime de désobéir, nous voulons dire aux hommes, afin d’obéir à Dieu. » (Encyclique Libertas § 13).

 Quant à Dom Guéranger, son jugement est sans appel :

« Quand le pasteur se change en loup, c’est au troupeau de se défendre tout d’abord. Régulièrement sans doute la doctrine descend des évêques au peuple fidèle, et les sujets, dans l’ordre de la foi, n’ont point à juger leurs chefs. Mais il est dans le trésor de la révélation des points essentiels, dont tout chrétien, par le fait même de son titre de chrétien, a la connaissance nécessaire et la garde obligée.  Le principe ne change pas, qu’il s’agisse de croyance ou de conduite, de morale ou de dogme.  Les trahisons pareilles à celle de Nestorius sont rares dans l’Église; mais il peut arriver que des pasteurs restent silencieux, pour une cause ou pour l’autre, en certaines circonstances ou la religion même serait engagée. Les vrais fidèles sont les hommes qui puisent dans leur seul baptême, en de telles conjonctures, l’inspiration d’une ligne de conduite; non les pusillanimes qui, sous le prétexte spécieux de la soumission aux pouvoirs établis, attendent pour courir à l’ennemi, ou s’opposer a ses entreprises, un programme qui n’est pas nécessaire et qu’on ne doit point leur donner. » (L’Année Liturgique, Le Temps de la Septuagésime, Vol. 4, fête de St. Cyrille d’Alexandrie).

Dieu nous l’indique – cette situation exceptionnelle que nous traversons, et dont le sens ne doit pas nous échapper est intervenue comme une épreuve que la Divine Providencea permise pour des raisons qui lui appartiennent pour éprouver notre foi, un siècle seulement après Vatican I – il est vital de conserver la Foi et la Doctrine de l’Eglise en résistant à l’autorité lorsqu’elle s’égare, en ces temps de terrible confusion.

Cette épreuve extrêmement dure, est un temps de pénitence envoyé par le Ciel, une période d’obscurité pour l’épouse de Jésus-Christ, de sorte de nous permettre, par l’esprit de fidélité et de conservation du dépôt sacré en fuyant le schisme et la logique perverse de la division, de la rupture d’avec l’Eglise à cause de la tragique désespérance dont on sait qu’elle fera surgir des églises séparées, des épiscopats aux sources douteuses, des chapelles hostiles, des évêchés ennemis, des antipapes déments, des structures néo-catholiques sectaires – de nous attacher plus fortement encore s’il se peut, à Rome et au Siège de Pierre, c’est-à-dire au Saint-Père, en oeuvrant, inlassablement et avec une constante ardeur, au retour espéré de la Tradition catholique.

Notes

1. Aussi humiliant que cela soit pour l’Eglise, il apparaît manifestement à l’examen que plusieurs papes se sont fourvoyés dans l’erreur en matière de foi, s’y sont obstinés jusqu’à condamner les tenants de l’orthodoxie, parfois avec une certaine solennité. Il suffit d’en dresser la liste pour constater le caractère non exceptionnel de ces tristes déviances :

 – Libère est connu pour sa défaillance coupable de décembre 359, quand il accepte de signer, sous la contrainte de l’Empereur qui le tient prisonnier à Byzance, un formulaire semi-arien que déjà pratiquement tous les Évêques d’Orient réunis à Séleucie, au nombre de 160, et 400 Évêques d’Occident, réunis à Rimini, ont accepté. Tous signèrent, sauf Hilaire, Athanase et quelques rares autres, que le pape Libère ira jusqu’à condamner !

Vigile, en 553, sur la question extraordinairement obscurcie par les byzantins du “Monothélisme”, favorise l’hérésie en refusant de déclarer clairement la doctrine de l’Église qui affirme deux volontés dans le Christ, l’une divine, l’autre humaine ; il ne condamnera plus les hérétiques anciens, monophysites, ni les nouveaux, monothélistes. Le diacre romain Pélage lui en fit grief et le déclara hérétique. Vigile l’excommuniera !

Boniface IV adoptera en 612, toujours sur la même question de plus en plus envenimée, une attitude non moins équivoque, et Saint Colomban la lui reprochera dans une Lettre d’une impressionnante véhémence !

Honorius est, de tous les papes hérétiques, le plus célèbre et sans doute le plus gravement coupable. Pour se justifier de céder devant les hérétiques, il avait eu ce mot qui est d’un moderne étonnant, mais c’était en 634 : « Prenons garde de ressusciter les vieilles querelles !» Moyennant quoi, il ordonna de laisser l’erreur se propager librement et la conséquence fut que la vérité de l’orthodoxie se trouva partout bannie. Presque seul, saint Sophrone de Jérusalem s’insurgea contre Honorius, l’accusant formellement d’hérésie. Le pape enfin reprit conscience de ses devoirs mais il mourut sans avoir réparé l’immense dommage causé à l’Église universelle par ses palinodies. Cela lui valut l’anathème du VIe Concile de Constantinople, en 680, confirmé par le pape Léon II et repris par tous les grands Conciles œcuméniques jusqu’à l’époque moderne. Prodigieuse marque de vérité que donne ainsi l’Église de Rome en maintenant l’un de ses Pontifes sous l’anathème à travers les siècles, pour cause d’hérésie, au moment où elle se déclare sereinement infaillible ! Le Libellus fidei adressé par Adrien II au VIIIe Concile de Constantinople (Mansi XVI, col. 126) évoque d’ailleurs, à propos d’Honorius, le droit des fidèles à résister au pape prévaricateur, il rappelle qu’il est “licite” aux inférieurs de résister aux directives de leurs supérieurs et de rejeter leurs erreurs, dans le seul cas d’hérésie.  Il rajoute, de plus : « pourtant aucun patriarche ni aucun évêque n’aurait, même dans ce cas, le droit de proférer une sentence (d’anathème) si ce n’est du consentement préalable du Souverain Pontife Lui-même. Chacun doit résister à l’hérésie et la combattre, même venant d’un Pape ».

2. À deux reprises, le 6 mars 1964 et le 16 novembre 1964, la Commission doctrinale, à laquelle on demandait quelle devait être la qualification théologique de la doctrine exposée dans le schéma sur l’ Église (la question visait la doctrine de la collégialité), fit cette réponse : « Compte tenu de l’usage des conciles et du but pastoral du Concile actuel, celui-ci ne définit comme devant être tenu par l’ Église que les seules choses concernant la foi et les mœurs que lui-même aura expressément déclarées telles ». Paul VI expliqua que cela n’était jamais arrivé. Le Concile terminé, il revint deux fois sur la question. Une première fois, dans le discours de clôture du 7 décembre 1965 : « Le magistère, bien qu’il n’ait pas voulu définir aucun chapitre doctrinal au moyen de sentences dogmatiques extraordinaires, a cependant proposé sa doctrine avec autorité au sujet de nombreuses questions, à laquelle les hommes sont tenus de conformer aujourd’hui leur conscience et leur action ». Une seconde fois, dans un discours du 12 janvier 1966 : « Certains se demandent quelle est l’autorité, la qualification théologique qu’a voulu donner à son enseignement un Concile qui a évité de promulguer des définitions dogmatiques solennelles engageant l’infaillibilité du magistère ecclésiastique. […] Etant donné le caractère pastoral du Concile, il a évité de prononcer des dogmes comportant la note d’infaillibilité, mais il a muni ses enseignements de l’autorité du magistère suprême ; ce magistère ordinaire et manifestement authentique doit être accueilli docilement et sincèrement par tous les fidèles selon l’esprit du Concile concernant la nature et les buts de chaque document ».

3. Le Liber pontificalis, en particulier, cette espèce de chronique de la cour pontificale qui est notre principale source de renseignements pour cette période, le Liber pontificalis enregistre avec une placidité ahurissante les désordres les plus graves.

4. Pour compléter ce que disent les Pères de l’Eglise, il y a aussi la liturgie. Ce n’est pas par hasard que la liturgie catholique assigne comme évangile à la messe de la dédicace d’une église ce passage de saint Luc qui nous relate la conversion de Zachée, le publicain. Zachée est un pécheur, il est exclu du peuple de Dieu, mais un jour le Christ vient à passer sous son toit, et depuis ce jour, Zachée est purifié et lavé de son péché. Là encore, c’est une image, l’image de l’Eglise pécheresse qui sans cesse se purifie des ses fautes.

5. « Bien que l’Eglise catholique ait été enrichie de la vérité révélée par Dieu ainsi que de tous les moyens de grâces, néanmoins ses membres n’en vivent pas avec toute la ferveur qui conviendrait. Il en résulte que le visage de l’Eglise resplendit moins aux yeux de nos frères séparés ainsi que du monde entier, et la croissance du royaume de Dieu est entravée. C’est pourquoi tous les catholiques doivent tendre à la perfection chrétienne ; ils doivent, chacun dans sa sphère, s’efforcer de faire en sorte que l’Eglise, portant dans son corps l’humilité et la mortification de Jésus, se purifie et se renouvelle de jour en jour, jusqu’à ce que le Christ se la présente à lui-même, glorieuse, sans tache ni ride ». (Cf. Lumen Gentium, Chapitre 4, § 6).

6. Le pape pécheur ne cesse pas d’être pape. Cf Dz 1212, 1213, 1220, 1222, 1224, 1230 : propositions condamnées de Jean Huss par le Concile de Constance (Session 15 du 6 juillet 1415) et par le Pape Martin V (Décret du 22 février 1418).

7. ASalmon, La Catholicité du monde chrétien d’après la correspondance inédite du comte Louis de Zinzendorf avec le cardinal de Noailles et les évêques appelants, (1719-1728), 1929, pages 21-22.

8. Un point est à noter, montrant la limite de la bulle de Paul IV et l’incompétence du droit face à l’hérésie d’un Pape, c’est que si cette bulle a été rangée et utilisée comme source (fontes) dans la rédaction de quinze articles du droit canon, aucun de ces canons n’est relatif à la déchéance éventuelle d’un Pape pour cause d’hérésie, ceci faisant que l’invalidation d’une élection pontificale pour cause d’hérésie, voire même de sa déposition après son élévation sur le trône de Pierre – ce que laisse entendre le § 6 de Cum ex Apostolatus – ne se retrouve à aucun endroit du Code de droit canon, chose qui n’est d’ailleurs pas surprenante puisqu’il est évidemment impossible que des règles disciplinaires prennent autorité sur le droit divin, par définition intemporel et universel, dont relève l’élection pontificale.

9. On peut observer que les canonistes ne se sont donc pas trompés, bien au contraire, et ont utilisé, dans les cas où elle pouvait avoir un intérêt, cette bulle disciplinaire, montrant bien, dans leur utilisation limitée au simple droit disciplinaire, qu’elle est sans effet sur le droit divin Il est de ce fait très intéressant de souligner que la seule disposition invalidant l’élection qui pourrait se comprendre car ce crime est impardonnable (même si, une fois encore, il faudrait pouvoir établir la preuve formelle avant toute décision, que l’élection a été obtenue par une méthode faussée ce qui pourrait être un motif réel d’invalidation en effet), énoncée par Jules II, dans sa bulle « Cum tam divino » (14 janvier 1503), concerne le crime de simonie : « 1. Absolument nulle l’élection qui serait faite par simonie – même si elle résulte du consentement de tous les cardinaux« , cette précision de Jules II : même si elle résulte du consentement de tous les cardinaux est d’ailleurs fondamentale pour le sujet qui nous occupe car montrant, une fois de plus, la valeur suprême, essentielle et incontestable de l’acte de reconnaissance universelle de l’Eglise lors de l’élection du Pontife. La doctrine de l’Église est de ce fait formelle : un élu qui sort légitimement d’un Conclave valide dont il a accepté l’élection, reconnu comme pape par l’Église Universelle par son acte doté de l’infaillibilité divine, est « vrai pape » (Pie XII, Vacantis Apostolicae Sedis), authentique Vicaire du Christ, récipiendaire capital et immédiat de l’infaillibilité de l’Église.

 

 

 LIRE NOTRE TEXTE 

(fichier pdf téléchargeable de 33 pages) : 

Le sédévacantisme est un péché mortel !

Léon XIII contre la secte des francs-maçons

23 septembre 2018

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« Les fruits produits par la secte maçonnique

sont pernicieux et les plus amers.

Le Siège apostolique dénonce publiquement la secte des francs-maçons

comme une association criminelle.

Il édicte donc contre elle les peines les plus graves

dont l’Église a coutume de frapper les coupables . »

(Léon  XIII, Humanum Genus, 1884).

 Léon XIII, né Vincenzo Gioacchino Raffaele Luigi Pecci (2 mars 1810 – 20 juillet 1903), 257ème pape, a succédé au bienheureux pape Pie IX le 20 février 1878.  Dès 1879, avec l’encyclique Æterni Patris, Sur la restauration dans les écoles catholiques de la philosophie chrétienne selon l’esprit du Docteur angélique (saint Thomas d’Aquin), Léon XIII relança les études thomistes.

Mais en avril 1884, face aux manoeuvres perverses des forces lucifériennes,  Léon XIII publia l’encyclique Humanum Genus, violente attaque contre la franc-maçonnerie qui récapitulait les nombreuses condamnations de celle-ci par ses prédécesseurs.

Léon XIII pose tout d’abord la situation exacte du monde, séparé en deux cités antagonistes :

« Depuis que, par la jalousie du démon, le genre humain s’est misérablement séparé de Dieu auquel il était redevable de son appel à l’existence et des dons surnaturels, il s’est partagé en deux camps ennemis, lesquels ne cessent pas de combattre, l’un pour la vérité et la vertu, l’autre pour tout ce qui est contraire à la vertu et à la vérité. Le premier est le royaume de Dieu sur la terre, à savoir la véritable Eglise de Jésus Christ, dont les membres, s’ils veulent lui appartenir du fond du coeur et de manière à opérer le salut, doivent nécessairement servir Dieu et son Fils unique, de toute leur âme, de toute leur volonté. Le second est le royaume de Satan. Sous son empire et en sa puissance se trouvent tous ceux qui, suivant les funestes exemples de leur chef et de nos premiers parents, refusent d’obéir à la loi divine et multiplient leurs efforts, ici, pour se passer de Dieu, là pour agir directement contre Dieu. Ces deux royaumes, saint Augustin les a vus et décrits avec une grande perspicacité, sous la forme de deux cités opposées l’une à l’autre, soit par les lois qui les régissent, soit par l’idéal qu’elles poursuivent; et, avec un ingénieux laconisme, il a mis en relief dans les paroles suivantes le principe constitutif de chacune d’elles :  » Deux amours ont donné naissance à deux cités : la cité terrestre procède de l’amour de soi porté jusqu’au mépris de Dieu; la cité céleste procède de l’amour de Dieu porté jusqu’au mépris de soi. » Dans toute la suite des siècles qui nous ont précédés, ces deux cités n’ont pas cessé de lutter l’une contre l’autre, en employant toutes sortes de tactiques et les armes les plus diverses, quoique non toujours avec la même ardeur, ni avec la même impétuosité. » (Humanum Genus, 1884).

Léon XIII condamnait le naturalisme, le panthéisme et relativisme philosophique de la franc-maçonnerie. Le texte reprend les principales reproches des papes antérieurs et ajoute que les maçons agissent au nom du diable.

Les membres des loges sont accusés de vouloir anéantir l’œuvre de Jésus-Christ, de pervertir la jeunesse et de briser les espérances du monde futur. Les évêques catholiques sont priés de 1) démasquer la maçonnerie 2) lutter contre les sectes 3) enseigner la philosophie chrétienne 4) faire preuve de vigilance envers la jeunesse.

C’est publiquement, à ciel ouvert,

que les Francs-maçons entreprennent

de ruiner la sainte Eglise.

  Voici ce que dit Léon XIII :

« A notre époque, les fauteurs du mal paraissent s’être coalisés dans un immense effort, sous l’impulsion et avec l’aide d’une Société répandue en un grand nombre de lieux et fortement organisée, la Société des francs-maçons. Ceux-ci, en effet, ne prennent plus la peine de dissimuler leurs intentions et ils rivalisent d’audace entre eux contre l’auguste majesté de Dieu. C’est publiquement, à ciel ouvert, qu’ils entreprennent de ruiner la sainte Eglise, afin d’arriver, si c’était possible, à dépouiller complètement les nations chrétiennes des bienfaits dont elles sont redevables au Sauveur Jésus Christ. Le but fondamental et l’esprit de la secte maçonnique avaient été mis en pleine lumière par la manifestation évidente de ses agissements, la connaissance de ses principes, l’exposition de ses règles, de ses rites et de leurs commentaires auxquels, plus d’une fois, s’étaient ajoutés les témoignages de ses propres adeptes. En présence de ces faits, il était tout simple que ce Siège apostolique dénonçât publiquement la secte des francs-maçons comme une association criminelle, non moins pernicieuse aux intérêts du christianisme qu’à ceux de la société civile. Il édicta donc contre elle les peines les plus graves dont l’Église a coutume de frapper les coupables et interdit de s’y affilier. » (Humanum Genus, 1884).

 Sont précisément exposés les fruits pervers de la secte :

« Les fruits produits par la secte maçonnique sont pernicieux et les plus amers. Voici, en effet, ce qui résulte de ce que Nous avons précédemment indiqué et cette conclusion Nous livre le dernier mot de ses desseins. Il s’agit pour les francs-maçons, et tous leurs efforts tendent à ce but, il s’agit de détruire de fond en comble toute la discipline religieuse et sociale qui est née des institutions chrétiennes et de lui en substituer une nouvelle façonnée à leurs idées et dont les principes fondamentaux et les lois sont empruntées au naturalisme. Le premier principe des naturalistes, c’est qu’en toutes choses, la nature ou la raison humaine doit être maîtresse et souveraine. Cela posé, il s’agit des devoirs envers Dieu, ou bien ils en font peu de cas, ou ils en altère l’essence par des opinions vagues et des sentiments erronés. Ils nient que Dieu soit l’auteur d’aucune révélation. Pour eux, en dehors de ce que peut comprendre la raison humaine, il n’y a ni dogme religieux, ni vérité, ni maître en la parole de qui, au nom de son mandat officiel d’enseignement, on doive avoir foi. Or, comme la mission tout à fait propre et spéciale de l’Eglise catholique consiste à recevoir dans leur plénitude et à garder dans une pureté incorruptible, les doctrines révélées de Dieu, aussi bien que l’autorité établie pour les enseigner avec les autres secours donnés du ciel en vue de sauver les hommes, c’est contre elle que les adversaires déploient le plus d’acharnement et dirigent leurs plus violentes attaques.  » (Humanum Genus, 1884).

Après avoir longuement mis en lumière les funestes conséquences du naturalisme, tant sur le plans social, spirituel que religieux, Léon XIII présente enfin ce qu’il convient de faire pour réduire l’influence de la Franc-maçonnerie :

« Notre devoir est de Nous appliquer à trouver des remèdes proportionnés à un mal si intense et dont les ravages ne se sont que trop étendus. Nous le savons : notre meilleur et plus solide espoir de guérison est dans la vertu de cette religion divine que les francs-maçons haïssent d’autant plus qu’ils la redoutent davantage. Il importe donc souverainement de faire d’elle le point central de la résistance contre l’ennemi commun. Aussi, tous les décrets portés par les Pontifes romains, Nos prédécesseurs, en vue de paralyser les efforts et les tentatives de la secte maçonnique, toutes les sentences prononcées par eux pour détourner les hommes de s’affilier à cette secte ou pour les déterminer à en sortir, Nous entendons les ratifier à nouveau, tant en général qu’en particulier. Plein de confiance à cet égard dans la bonne volonté des chrétiens, Nous les supplions, au nom de leur salut éternel, et Nous leur demandons de se faire une obligation sacrée de conscience de ne jamais s’écarter, même d’une seule ligne, des prescriptions promulguées à ce sujet par le Siège apostolique. »(Humanum Genus, 1884).

« En premier lieu, arrachez à la franc-maçonnerie le masque dont elle se couvre et faites la voir telle qu’elle est. »

Cette déclaration est suivie d’une sainte exhortation à la prière :

« A une si violente attaque doit répondre une défense énergique. Que les gens de bien s’unissent donc, eux aussi, et forment une immense coalition de prière et d’efforts. En conséquence, Nous leur demandons de faire entre eux, par la concorde des esprits et des coeurs, une cohésion qui les rendent invincibles contre les assauts des sectaires. En outre, qu’ils tendent vers Dieu des mains suppliantes et que leurs gémissements s’efforcent d’obtenir la prospérité et les progrès persévérants du christianisme, la paisible jouissance pour l’Eglise de la liberté nécessaire, le retour des égarés au bien, le triomphe de la vérité sur l’erreur, de la vertu sur le vice. Demandons à la Vierge Marie, Mère de Dieu, de se faire notre auxiliaire et notre interprète. Victorieuse de Satan dès le premier instant de sa conception, qu’Elle déploie sa puissance contre les sectes réprouvées qui font si évidemment revivre parmi nous l’esprit de révolte, l’incorrigible perfidie et la ruse du démon. Appelons à notre aide le prince des milices célestes, saint Michel, qui a précipité dans les enfers les anges révoltés; puis saint Joseph, l’époux de la Très Sainte Vierge, le céleste et tutélaire patron de l’Église catholique et les grands apôtres saint Pierre et saint Paul, ces infatigables semeurs et ces champions invincibles de la foi catholique. Grâce à leur protection et à la persévérance de tous les fidèles dans la prière, Nous avons la confiance que Dieu daignera envoyer un secours opportun et miséricordieux au genre humain en proie à un si grand danger. » (Humanum Genus, 1884).

 Conclusion

On le voit il ne convient pas de prendre à la légère la menace que représente la secte maçonnique, la « Synagogue de Satan » selon Pie IX. Au moment où les forces du mal semblent livrer un combat acharné contre l’Eglise, plus que jamais le rappel des déclarations de Léon XIII s’imposent afin que la secte soit révélée pour ce qu’elle est : une entreprise ténébreuse au service de la haine envers la religion catholique.

HUMANUM GENUS 

LETTRE ENCYCLIQUE DE S. S. LE PAPE LÉON XIII

CONDAMNANT LE RELATIVISME PHILOSOPHIQUE ET MORAL

DE LA FRANC-MAÇONNERIE

Donné à Rome, près Saint Pierre, le 20 avril 1884.

APPEL A SAINT MICHEL ARCHANGE

Léon XIII, écrivit le texte d’un petit exorcisme, dit de Léon XIII,  prière qu’il rédigea à la suite d’une extase durant laquelle il entendit Satan lui demander 100 ans à Jésus-Christ pour détruire l’Église catholique, ce que Jésus lui accorda. Cette prière peut être récitée en privé par tous les fidèles : laïcs, consacrés et ministres du culte. Il s’agit alors d’une prière de délivrance. Il est nécessaire d’être en état de grâce pour la réciter ; il est aussi fortement recommandé d’avoir assisté à la messe et d’avoir communié.  On peut réciter cet exorcisme dans les cas suivant : obsession, infestation, dépendance, souffrance et vexation.

EXORCISME
CONTRE SATAN ET LES ANGES REBELLES

publié par l’ordre du Souverain Pontife Léon XIII

Pour accéder au texte complet de L’exorcisme de Léon XIII,

cliquer sur le lien ci-dessous :

EXORCISME CONTRE SATAN ET LES ANGES REBELLES

L’Eglise est fondée sur le droit divin

26 août 2018

Saint Pierre au ciel.jpg

« L’Eglise est constituée de telle manière

qu’elle a toujours à sa tête et dans sa chaire immuables

ses pontifes légitimes,

qui remontent sans interruption jusqu’à Pierre… »

L’une des plus graves erreurs contemporaines, erreur si caractéristique de notre siècle dans lequel triomphent l’individualisme et le subjectivisme, est sans conteste l’hérésie schismatique connue sous le nom de « sédévacantisme », qui substitue aux critères catholiques du droit divin ecclésial les fausses lumières du raisonnement privé, conférant qui plus est à ces lumières erronées surgies de l’intelligence personnelle incompétente en ces matières touchant à l’infaillibilité, un pouvoir juridictionnel, une autorité délibérative et une puissance exécutoire au mépris de toutes les lois traditionnelles de l’Eglise catholique.

Pourtant, c’est oublier que l’Eglise a été fondée sur un droit lui-même fondateur : le « droit divin » par lequel Jésus a confié à Pierre la garde de son Eglise (Matthieu XVI, 16), ce qui explique pourquoi tout est soumis au droit divin dans l’Eglise, les hommes, les sacrements, les institutions, et en premier lieu  l’élection pontificale elle-même, ceci signifiant que toute expression de la foi de l’Eglise dépend, est codifiée, régie par le droit divin qui est la source ontologique de la légitimité de la sainte société instituée par Jésus-Christ, et que nul ne peut, sous peine de péché grave, du haut d’un imaginaire tribunal individuel, s’y soustraire ou ne pas en respecter les saintes règles sans contredire coupablement le principe sacré d’autorité.

I. L’Eglise est une monarchie de droit divin

« La fonction juridique et la mission du Saint-Esprit

se complètent et s’achèvent mutuellement,

elles proviennent d’un seul et même Sauveur. »

Pie XII, Mystici Corporis, 1943.

Mgr Thomas Gousset (1792-1866) qui fut cardinal-archevêque de Reims, de pieuse mémoire, a su rappeler en son temps les principes fondateurs du droit divin : «La religion chrétienne est divine c’est Jésus-Christ lui-même qui a fondé l’Eglise qui porte son nom, et cette Eglise doit, aux termes des prophètes et de l’Evangile, durer autant que le monde ; elle est pour tous les temps et pour tous les peuples. L’Eglise est une société ; elle a par conséquent un gouvernement, un ordre hiérarchique qui distingue ceux qui enseignent de ceux qui sont enseignés, ceux qui gouvernent de ceux qui sont gouvernés. Cette société est nécessairement extérieure et visible ; elle est d’ailleurs une, sainte, catholique et apostolique. […] Les principales propriétés de l’Eglise sont l’autorité, la visibilité et la perpétuité, l’unité, la sainteté, la catholicité et l’apostolicité. Ces propriétés sont toutes renfermées, les trois premières implicitement, les quatre dernières explicitement, dans ces paroles du symbole du premier concile œucuménique de Constantinople de l’an 381 : ‘‘Je crois en l’Eglise, une, sainte, catholique et apostolique’’… la visibilité et la perpétuité sont donc, comme l’autorité, des propriétés de l’Eglise. » [1]

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« La visibilité et la perpétuité sont donc,

comme l’autorité, des propriétés de l’Eglise. »

– Mgr Thomas Gousset –

Mais de quelle forme de gouvernement Jésus a-t-il souhaité pour son Eglise ? La réponse tout fidèle catholique devrait la connaître : le Christ, dans sa sagesse, en confiant à Pierre l’autorité (Matthieu XVI, 17-19), a institué une monarchie absolue comme forme de gouvernement de son Eglise, et cette monarchie établie par Jésus-Christ, nul ne peut la contester ou s’y opposer sous aucun prétexte, c’est une loi sacrée instituée divinement. C’est ce que rappellera le cardinal Cajetan (1469-1534), héritier d’une longue tradition de théoriciens du « droit divin », face à Martin Luther (1483-1546) qui, méprisant la tradition établie par le Christ, voulut s’écarter de Rome en allant jusqu’au schisme.

L’Abbé Boulanger l’exprime ainsi : « Jésus-Christ a fondé une Église monarchique en conférant à saint Pierre une primauté de juridiction sur toute l’Église. Jésus-Christ avait constitué à la tête de son Église un chef suprême, saint Pierre, que l’Évêque de Rome, c’est-à-dire le Pape, était le successeur de saint Pierre dans la primauté et que, de ce fait, il avait la plénitude des pouvoirs conférés par Jésus -Christ à son Église. » [2]

De ce fait que représente le pape qui est à la tête de l’Eglise ?

La réponse est évidente :

« Pierre, et tous ses successeurs représentent la personne de Jésus-Christ, comme le vice-roi représente le roi. Pierre et ses successeurs président l’Eglise universelle en monarques ; c’est pourquoi ils sont le principe de l’unité de l’Eglise, qui est le royaume de Jésus-Christ. Car de même qu’il n’y a qu’un empire là où il n’y a qu’un empereur, qu’un royaume là où ne règne qu’un roi, un monde que Dieu a fait et gouverne, un ciel qu’éclairci un soleil ; ainsi l’Eglise ne serait pas le seul royaume visible de Jésus-Christ, si elle n’avait un seul chef visible, à qui tout entière elle se soumît, et qui la gouvernât ; ce chef, c’est Pierre et chacun de ses successeurs. Le privilège de Pierre est que son pouvoir passe d’âge en âge à ses successeurs ; les autres patriarches disparaissent, lui demeure le même, il traverse les siècles et demeurera jusqu’à la fin du monde. » [3]

II. Le droit divin est la source de tout pouvoir dans l’Eglise

 Ceci exposé, comment s’établit la source de la légitimité juridique au sein de l’Eglise, permettant de légiférer, décider, ordonner et gouverner ?

 De nouveau Mgr Gousset nous l’explique : « La puissance spirituelle du pape vient de Jésus-Christ ; c’est l’Esprit-Saint qui a établi le pape pour gouverner l’Eglise de Dieu. Or, c’est un dogme catholique que le pape, une fois légitimement élu, reçoit immédiatement de Jésus-Christ, avec le titre de successeur de saint Pierre, les clefs du royaume des cieux, avec le plein pouvoir de paître les agneaux et les brebis, de régir et de gouverner, non une partie de l’Eglise ou une Eglise particulière, mais toutes les Eglises ou l’Eglise universelle. […] L’Eglise, dont le pape est le chef, est une vraie monarchie. Gerson n’hésite point à déclarer hérétique et schismatique quiconque nierait que le pape a été institué de Dieu surnaturellement et immédiatement, et qu’il possède une primauté monarchique et royale dans la hiérarchie ecclésiastique. Il enseigne que l’Eglise a été fondée par Jésus-Christ sur un seul monarque suprême ; que la puissance ecclésiastique dans sa plénitude est formellement et subjectivement dans le seul pontife romain, et qu’elle a été donnée surnaturellement par Jésus-Christ à Pierre comme vicaire et au souverain monarque, pour lui et pour ses successeurs, jusqu’à la fin des siècles (De potestate ecclesiastica, consid. X.). » [4]

 De son côté Cajetan écrit :

« Pour comprendre la nature du régime de l’Eglise, il n’y a qu’à regarder ses commencements. Elle n’a point débuté par quelques individus ni par une communauté quelconque. Elle s’est groupée autour de Jésus-Christ, son chef, sa tête, de même nature qu’elle, d’où lui venaient la vie, la perfection, la puissance. Ce n’est pas vous, dit-il, qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis. Dès la naissance de l’Église, son régime apparaît donc nettement. L’autorité ne réside point dans la communauté, on ne la voit point se transporter, comme dans l’ordre civil, de la communauté jusqu’à un ou jusqu’à plusieurs chefs. Par nature et primordialement, elle réside dans un seul prince reconnaissable. Comme ce prince est le Seigneur Jésus, qui hier, aujourd’hui et dans tous les siècles doit vivre et régner, il résulte qu’en droit naturel c’était à lui, et pas à la communauté ecclésiastique, qu’il appartiendrait au moment de l’Ascension de se choisir un vicaire, dont le rôle serait non pas de représenter la communauté ecclésiastique née pour obéir, non pour commander, mais de représenter un prince dominateur par nature de la communauté ecclésiastique. Voilà donc ce qu’a daigné faire notre Sauveur lui-même lorsque, après être ressuscité, avant de s’en retourner dans les cieux, il élut, comme le marque saint Jean, l’unique apôtre Pierre pour son vicaire. Et de même qu’en droit naturel le prince de l’Église ne tient pas son autorité de l’Église; pas davantage son vicaire, qui relève de lui, non de l’Église. » (Apologia de comparata auctoritate papce et concil11, cap. I, n 450- 452).

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« Le gouvernement de l’Eglise est monarchique

en vertu même de sa constitution, qui est divine… »

Conclusion

 Quelle est la conséquence d’une telle origine surnaturelle de l’Eglise ?

Tout simplement que l’Eglise, fondée sur le « droit divin », obéit à des principes monarchiques lui conférant un caractère invariable, permanent, intangible et constant : « Il faut donc reconnaître que l’Eglise est, de droit divin, une vraie monarchie ; que le pape en est le chef suprême et le souverain, duquel découle tout pouvoir spirituel. (…) Le gouvernement de l’Eglise étant, comme l’Eglise elle-même, essentiellement un, perpétuel, invariable, est nécessairement toujours le même, c’est-à-dire toujours et nécessairement monarchique ; car il est monarchique en vertu même de sa constitution, qui est divine…Il est aujourd’hui ce qu’il était hier, et sera, jusqu’à la consommation des siècles, et ce qu’il a toujours été depuis le commencement, depuis le jour où Jésus-Christ a fait de saint Pierre le fondement de son Eglise, contre laquelle les portes de l’enfer ne prévaudront point, en même temps qu’il lui a confié les clefs du royaume des cieux, c’est-à-dire, le gouvernement de son Eglise. L’autorité vivante et infaillible ne se trouve que dans cette Eglise que Jésus-Christ a établie sur Pierre, le chef, le prince et le pasteur de toute l’Eglise. » [5]

Ceci implique nécessairement une vérité essentielle :

« L’Eglise est constituée de telle manière qu’elle a toujours à sa tête et dans sa chaire immuables ses pontifes légitimes, qui remontent sans interruption jusqu’à Pierre, étant héritiers de la même doctrine, de la même dignité, du même rang et de la même puissance.  Où est Pierre, là est l’Eglise. Pierre parle par la bouche du pontife romain ; il vit toujours dans ses successeurs. C’est dans la chaire du bienheureux Pierre que Jésus-Christ a placé l’indestructible fondement de son Eglise. » [6]

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Lire :

L’Eglise et la doctrine catholique du droit divin

Notes.

1. Cardinal Gousset, Théologie dogmatique, t. I, Jacques Lecoffre, 1866, pp. 495-496.

2. Abbé A. BOULENGER, Manuel d’Apologétique : Introduction à la doctrine catholique, éd. Emmanuel Vitte, Paris Lyon, 1937.

3. Abbé Barbier, Les trésors de Cornelius a Lapide, commentaires sur l’Ecriture Sainte, Julien, Lanier, 1836, vol. I, p. 693 ; 695.

4. Cardinal Gousset, op. cit., pp. 594-595.

5. Ibid., pp. 723-724.

6. Ibid.

ProVaticanus

8 juillet 2018

Pendant la période estivale, comme les années précédentes, La Question se met en mode restreint et ferme ses commentaires tout en laissant l’ensemble des articles publiés en libre accès, de façon à pouvoir s’y reporter, notamment ceux touchant aux grands problèmes que nous avons abordés lors des mois écoulés : le sédévacantisme, l’art modernela culture européennele satanismela musique sacrilège, l’antijudaïsmele modernismele dialogue interreligieuxla franc-maçonnerie, l’athéismele laïcisme et enfin – sans oublier les clarifications fondamentales à propos de l’islam, de l’Inquisition, et des Croisades – le grand projet de Reconquista pour la chrétienté !

Christus Vincit ! Christus Regnat ! Christus Imperat ! 

BONNES ET SAINTES VACANCES A TOUS !

 

Seul importe aujourd’hui, dans un mode en ruine livré au chaos,

le rayonnement de l’Eglise et le triomphe de la Croix !

Le pape est le maître absolu, il est le seul titulaire légitime de l’Empire,

il est le vicaire du Christ, l’empereur suprême !

« Si donc quelqu’un dit que ce n’est pas de droit divin que saint Pierre a, et pour toujours, des successeurs dans sa primauté sur l’Eglise universelle, qu’il soit anathème.»(Pastor Aeternus, Vatican I).

L’ABSENCE DE PAPE EST IMPOSSIBLE !

« Le droit divin de la primauté apostolique place le Pontife romain au-dessus de toute l’Église. […] Le jugement du Siège apostolique, auquel aucune autorité n’est supérieure, ne doit être remis en question par personne, et personne n’a le droit de juger ses décisions. C’est pourquoi ceux qui affirment qu’il est permis d’en appeler des jugements du Pontife romain au concile œcuménique comme à une autorité supérieure à ce Pontife, s’écartent du chemin de la vérité.» (Pastor Aeternus, 1870).

La Papauté de droit divin

Mgr Lefebvre : l’Église est occupée par la contre-église !

6 juillet 2018


Nous publions, en une période absolument inquiétante où les principes vénérables de la sainte religion catholique sont purement et simplement niés et combattus en plus haut lieu par la hiérarchie romaine infestée par l’idéologie du funeste concile Vatican II, ceci depuis plusieurs décennies, cette conférence de Monseigneur Lefebvre datant de juin 1978, dans laquelle le fondateur de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X (FSSPX), n’hésitait pas à parler d’une occupation objective de l’Église par une « contre-église » sectaire, animée par une volonté moderniste destructrice, véhiculant des thèses franc-maçonniques, libérales, œucuméniques, qui contredisent absolument la doctrine séculaire de l’authentique Église de Jésus-Christ.

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Les désastreuses décisions de Vatican II de conciliation avec le monde,

ont leurs racines dans le Concordat de 1801

signé par Pie VII avec la République maçonnique

régicide et antichrétienne !

Ce que souligne Mgr Lefebvre, c’est que l’Eglise n’est point « éclipsée » par un « astre autre » (sic !) –  comme une fumeuse théorie schismatique cosmo-théologique tente vainement de vouloir en persuader les fidèles -, mais a été pervertie par une action libérale qui est venue de « l’intérieur » – et c’est sans doute ce que n’entrevoyait point complètement à l’époque le providentiel fondateur de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X – depuis les désastreuses décisions de conciliation avec le monde dont les racines se trouvent dans le Concordat de 1801 signé par Pie VII avec la République maçonnique régicide, athée et antichrétienne, suivi de la politique du « Ralliement » décidée par Léon XIII en 1892, qui aboutirent, en toute logique, aux thèses « hérétiques » du concile Vatican II, portant sur la « liberté religieuse« , la séparation de l’Eglise et de l’Etat, l’œucuménisme et le dialogue avec les religions non-chrétienne, dont notamment le judaïsme.

Dans cet entretien, Mgr Lefebvre, affirme ainsi clairement que les membres de la curie, les cardinaux et évêques, « n’enseignent plus la foi catholique et ne défendent plus la foi catholique, mais ils enseignent autre chose, ils entraînent l’Église dans autre chose que l’Église catholique. »

Voici donc ce texte essentiel de la plus grande importance pour la continuité de la Tradition, que chaque catholique fidèle à l’Église, et attaché à la foi de toujours, lira, et surtout méditera avec la plus grande attention.

—   Conférence donnée aux séminaristes d’Écône

le 8 juin 1978  —

Monseigneur Marcel Lefebvre

Crucifix

« Par contre je pense qu’à la prochaine rencontre, ou avant la prochaine rencontre d’ailleurs, s’ils me demandent vraiment ce colloque, c’est moi qui leur poserai des questions. C’est moi qui les interrogerai, pour leur dire : – Quelle Église êtes-vous ? À quelle Église avons-nous affaire — moi je voudrai savoir —, si j’ai affaire à l’Église catholique, ou si j’ai affaire à une autre Église, à une Contre-Église, à une contrefaçon de l’Église ?… Or je crois sincèrement que nous avons affaire à une contrefaçon de l’Église et non pas à l’Église catholique. Pourquoi ? Parce-ce qu’ils n’enseignent plus la foi catholique. Ils ne défendent plus la foi catholique. Non seulement ils n’enseignent plus la foi catholique et ne défendent plus la foi catholique, mais ils enseignent autre chose, ils entraînent l’Église dans autre chose que l’Église catholique. Ce n’est plus l’Église catholique. Ils sont assis sur le siège de leurs prédécesseurs, tous ces cardinaux qui sont dans les congrégations et tous ces secrétaires qui sont dans ces congrégations ou à la secrétairerie d’État ; ils sont bien assis là où étaient leurs prédécesseurs, mais ils ne continuent pas leurs prédécesseurs. Ils n’ont plus la même foi, ni la même doctrine, ni la même morale même que leurs prédécesseurs. Alors ce n’est plus possible. Et principalement, leur grande erreur, c’est l’œcuménisme. Ils enseignent un œcuménisme qui est contraire à la foi catholique.

Léon XIII

Dans l’EncycliqueImmortale Dei” (1885) , le Pape Léon XIII 

expliquait ce que doit être une société basée sur la religion chrétienne

et dénonçait les erreurs à éviter.

Et je dirai : – Que pensez-vous des anathèmes du Concile de Trente ? Que pensez-vous des anathèmes de l’Encyclique “Autorem Fidei” sur le Concile de Pistoie ? Que pensez-vous du “Syllabus” ? Que pensez-vous de l’Encyclique “Immortale Dei” du Pape Léon XIII ? Que pensez-vous de la “lettre sur le Sillon” par le Pape Saint Pie X ?de l’Encyclique “Quas Primas” du Pape Pie XI, du “Mortalium Animos” justement du Pape Pie XI contre l’œcuménisme, contre ce faux œcuménisme ? et ainsi de suite… Pensez-vous tout cela ? Qu’ils me répondent ! Qu’ils me répondent s’ils sont toujours d’accord avec tous ces documents des papes, avec tous ces documents officiels qui définissent notre foi. Ce ne sont pas des documents quelconques, ce ne sont pas des allocutions ou des conversations privées des papes, ce sont des documents officiels qui engagent l’autorité du pape. Alors ?…

Je pense que l’on peut, que l’on doit même croire que l’Église est occupée. Elle est occupée par cette Contre-Église. Par cette Contre-Église que nous connaissons bien et que les papes connaissent parfaitement et que les papes ont condamnée tout au long des siècles. Depuis maintenant bientôt quatre siècles, l’Église ne cesse de condamner cette Contre-Église qui est née avec le protestantisme surtout, qui s’est développée avec le protestantisme, et qui est à l’origine de toutes les erreurs modernes qui a détruit toute la philosophie et qui nous a entraînés dans toutes ces erreurs que nous connaissons et que les papes ont condamnées : libéralisme, socialisme, communisme, modernisme, sillonisme et que sais-je ? Et nous en mourons. Les papes ont tout fait pour condamner cela. Et voilà que maintenant ceux qui sont sur les sièges de ceux qui ont condamné ces choses-là sont maintenant d’accord pratiquement avec ce libéralisme et avec cet œcuménisme. Alors nous ne pouvons pas accepter cela.

Et plus les choses s’éclairent, et plus nous nous apercevons que ce programme qui a été élaboré dans les loges maçonniques – tout ce programme, toutes ces erreurs ont été élaborées dans les loges maçonniques – et bien on s’aperçoit tout doucement et avec des précisions de plus en plus grandes qu’il y a tout simplement une loge maçonnique au Vatican. Et que maintenant quand on se trouve devant un secrétaire de congrégation ou un cardinal qui se trouvent assis dans le siège ou dans le bureau où se trouvaient de saints cardinaux, des cardinaux qui avaient la foi de l’Église et qui défendaient la foi de l’Église et qui étaient des hommes d’Église, et bien on se trouve devant un franc-maçon ! Alors est-ce que c’est la même chose ? Alors c’est bien, ils brandissent la même obéissance. Oui, autrefois, on nous disait d’obéir à la foi, on nous faisait faire le serment anti-moderniste, on nous faisait faire des professions de foi, et tout cela, mais maintenant ces gens-là, quelle foi ils nous demandent de professer ? Ce n’est plus la même. Alors on brandit toujours : obéissance, obéissance, obéissance ! Ah ! oui, mais quand même… Obéissance à l’Église, oui ! Obéissance à ce que l’Église a toujours commandé, oui ! Obéissance à la foi de l’Église, oui ! Mais obéissance à la Franc-Maçonnerie, non ! C’est cela, vous savez, c’est sûr !

Dernièrement on m’a apporté des documents qui semblent tout à fait véridiques, des documents qui montrent des correspondances entre Bugnini et le grand-maître de la Maçonnerie sur toute la réforme liturgique, dans lesquels le grand-maître de la Maçonnerie demande à Bugnini d’appliquer la réforme du fameux Rorca, le prêtre apostat qui, lui, avait prédit déjà tout ce qui devait se faire et avait déjà prévu tout ce qui devait se faire lorsque le Vatican serait occupé par la Maçonnerie : – Voilà ce qu’il faut faire. Et alors maintenant le grand-maître de la Franc-Maçonnerie demande à Bugnini d’appliquer cela ! Et le grand principe : il faut arriver à la “naturalizatione del Incarnatione”, donc désurnaturaliser l’Incarnation. Donc on arrive au naturalisme. Et il faut appliquer les principes de la langue vernaculaire, de la démultiplicité des rites, de la démultiplicité de la liturgie pour rendre la liturgie complètement confuse et mettre la confusion partout, et les oppositions entre les différents rites.

Bugnini répond qu’il est tout à fait d’accord pour cela, mais qu’il faudra un certain temps. Il faudra peut-être dix ans, mais en l’espace de dix ans, il y arrivera, et qu’avec la confiance que lui accordent particulièrement le Cardinal Lercarro et même le Pape Paul VI, avec cette confiance qu’il a, il est assuré de pouvoir arriver à ses fins. Et il nomme tous ceux avec lesquels il travaillera dans la Curie romaine, tous ceux qui, eux aussi, ont des attaches à la Maçonnerie, alors qu’il pourra travailler avec eux. Mais il faudra en placer certains, il faudra les mettre dans des congrégations afin de pouvoir mener le travail à bien. Il faut que toutes les congrégations soient plus ou moins infiltrées et noyautées par les membres de la Maçonnerie qu’il nomme : untel, untel, untel… Il faudra chasser celui-ci parce qu’il nous gêne, est contre nous, alors il faudra le faire mettre dehors. Il faudra supprimer la congrégation des rites – il met – mais ce n’est pas la congrégation des rites, c’est la congrégation des sacrements. Il a réussi à supprimer la congrégation des sacrements pour tout mettre sous la congrégation des rites, par conséquent tout mettre sous son autorité. Tout cela, il le dit dans les lettres au grand-maître de la Maçonnerie. Alors, qu’est-ce que vous voulez ? L’obéissance ? Ah ! non ! Qu’on ne nous parle pas d’obéissance !

On veut bien obéir, bien sûr. Nous sommes les plus obéissants à l’Église et à tout ce que l’Église a toujours enseigné, toujours voulu, mais pas à des hommes qui travaillent à la destruction de l’Église à l’intérieur de l’Église. L’ennemi est à l’intérieur de l’Église. Le Pape Pie X l’avait annoncé. La Salette l’avait annoncé. Fatima l’a annoncé. Tout a été annoncé de manière publique. On sait que l’ennemi va s’introduire à l’intérieur de l’Église. Eh bien, il y est ! Il y est !

Alors qu’ils ne viennent pas demander d’arrêter les ordinations ! Qui demande d’arrêter les ordinations ? Qui demandent de ne plus faire de bons prêtres ? Qui ? C’est le Saint-Esprit ou c’est le diable ? C’est clair, c’est clair ! Est-ce qu’un pouvoir normal dans l’Église peut demander à un évêque de ne plus faire de bons prêtres ? Est-ce qu’un pouvoir normal dans l’Église peut demander une chose pareille ? Demander de supprimer les séminaires, séminaires qu’ils savent bons ? Ils le savent, ils l’ont dit. Ils ont dit que c’était de bons séminaires. Ils savent que la doctrine qu’on vous enseigne est la vraie doctrine. Ils le savent, ils l’ont écrit, ils le savent parfaitement. Ils l’ont écrit dans le rapport des visiteurs. Les visiteurs l’ont dit. Ils ont fait un excellent rapport en faveur du séminaire. C’est ce que le Cardinal Garonne m’a dit à moi-même quand il m’a demandé de venir à Rome. Il a dit : – Oui, le rapport est bon. Nous savons que le séminaire est bon, etcetc. Alors pourquoi fermer le séminaire ? Tout simplement parce que nous ne voulons pas suivre ces orientations maçonniques de l’œcuménisme, et toutes ces orientations nouvelles qui s’étaient forgées dans les loges maçonniques. Alors on veut fermer le séminaire. Et bien non, ce n’est pas possible ! Cela, ça ne vient pas du Saint-Esprit, ça ne vient pas de l’Église. Ce n’est pas l’Église qui nous demande de fermer le séminaire. Ce n’est pas l’Église. Ce n’est pas le pape en tant que pape, ceux qui sont là en tant qu’ils sont vraiment les successeurs de ceux qui étaient avant eux, non ! C’est une loge maçonnique qui est arrivée à pénétrer à l’intérieur du Vatican et qui mène tout, et qui évidemment ne peut pas nous sentir. C’est clair, c’est évident. Nous faisons obstacle à leur plan, à leur plan de destruction du sacerdoce, de destruction de la messe, de destruction de la liturgie. C’est évident.

Alors, est-ce que nous devons obéir ? Moi je crois en conscience devant le Bon Dieu, quand il me dit : Réfléchissez bien devant Dieu en conscience à ce que vous faites Et bien oui, j’ai tout réfléchi devant le Bon Dieu. Si je me trompe, que le Bon Dieu me donne la lumière pour me montrer que je me trompe, mais je ne crois pas. Je crois vraiment qu’en faisant ce que je fais, en ordonnant les prêtres que je vais ordonner, je crois que je sers l’Église. Je sers l’Église. Je ne le ferais pas si j’avais seulement un instant la pensée que ça pouvait être contraire au bien de l’Église, et bien je m’abstiendrais bien sûr de faire des choses pareilles ! C’est trop grave. Mais c’est bien le contraire !

Enfin, les faits sont évidents maintenant, les effets de cette réforme et de cette persécution de l’Église à l’intérieur de l’Église sont clairs pour tout le monde, ça devient de plus en plus clairs. Il suffit de lire la Documentation catholique à chaque fois pour s’apercevoir combien les idées fausses sont infiltrées dans les documents épiscopaux, dans tous les documents, toutes ces commissions théologiques. Lisez celui qu’on a donné à midi, des commissions de théologie. Mais c’est plein d’erreurs, c’est un esprit faux, un esprit qui n’est pas du tout l’esprit de l’Église ! Alors c’est pour cela que nous n’hésitons pas un instant et j’espère que le Bon Dieu continuera à nous bénir ! »

 Monseigneur Marcel Lefebvre (1905-1991)

— Conférence donnée aux séminaristes d’Écône, le 8 juin 1978  —

Lire en complément :

Le devoir de résistance de la Tradition catholique !

Le libéralisme est une hérésie !

4 juillet 2018

 Grégoire XVI, dans l’encyclique « Mirari vos » (1832),

condamna fermement le libéralisme théologique et politique.

 

Le libéralisme, dont souffre et meurt notre société occidentale, qui a frappé l’Eglise lors du concile Vatican II et qui reste un germe de corruption chez les modernistes, manifeste un optimisme humaniste fallacieux puisque la société n’évolue pas vers la réalisation du « Royaume céleste » – qui serait une éthique de la perfection humaine -, mais est en prise avec des forces négatives extrêmement puissantes qui tendent à un asservissement toujours plus important de l’esprit de l’homme. Comme le dira fort justement le cardinal Billot, « le principe du libéralisme est absurde, contre nature et chimérique » .

 

Selon Don Félix Sarda y Salvany,

le libéralisme est un péché !

Sur le plan purement théorique, le présupposé du libéralisme est d’une plate indigence erronée. Pourquoi ?

Tout simplement, comme l’expliqua Joseph de Maistre, par ce qu’en raison de sa croyance en la prétendue « bonté » de la «Loi naturelle» qui serait « inscrite au cœur de l’homme » et des choses, il évacue le fait que l’homme n’est pas libre, mais au contraire prisonnier d’un déterminisme ontologique qui trouve sa source dans le « péché des origines » qui place chaque créature sous la dépendance directe de l’esclavage de passions incontrôlées, esclavage que nous recevons tous en naissant en tant qu’enfants d’Adam.

 

 L’homme n’est pas libre, mais au contraire prisonnier

et asservi depuis le péché originel !

 

De la sorte le libéralisme souffre d’un vice rédhibitoire : l’optimisme idéaliste. Dès lors, sous prétexte d’une croyance absurde dans les possibilités de l’auto-équilibre des forces contradictoire, et en proclamant l’autonomie absolue de l’homme sur le plan moral, social, économique et spirituel, le libéralisme est, positivement, une idéologie mortifère, impie, négatrice des conséquences de la Chute, et donc oublieux du caractère abîmé du monde dans lequel nous nous trouvons, et donc du caractère foncièrement surnaturel de la Révélation qui excède toutes les données mondaines.

Pie IX dans la sedia gestatoria lors de l’ouverture de Vatican I.

 

Ainsi à terme, et logiquement, le libéralisme conduit à une double négation, l’une pratique, par un excès d’optimisme, des nécessaires lois régulatrices qui doivent régler, arbitrer et maintenir les activités humaines qui sans cela deviennent rapidement folles ; l’autre, théorique, car en mettant l’humanité divinisée au niveau providentiel de Dieu, elle installe la dialectique du devenir en tant qu’idole effective remplaçant le Créateur.

Ceci explique qu’en tant que doctrine constituée, le libéralisme ait été radicalement censuré et condamné par l’Eglise traditionnelle, qui l’a qualifié sous les termes de « rationalisme » et de « naturalisme » – la condamnation la plus explicite de cette hérésie, figurant dans la Constitution « De Fide » du Concile de Vatican I, en 1870.

 

 

Lire :

LE LIBÉRALISME :

HÉRÉSIE SPIRITUELLE ET ERREUR TRAGIQUE !

Consécration à Saint Michel Archange

17 juin 2018

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Dans la continuité de nos appels réitérés à la pénitence et sanctification des âmes, alors que nous vivons au sein de la triste logique d’une société dégénérée, impie, athée et apostate encourageant à des attitudes absolument injurieuses et blasphématoires envers Dieu et la religion, société qui laisse se  produire des actes sacrilèges horriblement scandaleux -, nous proposons, en forme de purification et de sanctification, une prière de consécration personnelle pour tous ceux – et nous n’oublions-pas les égarés qui se laissent séduire par les illusions de ce monde ténébreux et les thèmes occultistes en ses diverses tendances, mais, s’apercevant de leur erreur, voudraient s’en libérer – qui souhaiteraient se placer, alors que certains louent Satan et prétendent célébrer son triomphe, sous la garde du Prince de la Milice du Ciel, afin de se défendre du démon et sanctifier leur âme.

CONSÉCRATION PERSONNELLE

À SAINT MICHEL ARCHANGE

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Mettez-vous intérieurement en présence de Dieu, agenouillez-vous, faites un signe de croix, et répétez lentement et à haute voix la prière suivante qui vous consacrera et placera sous la sainte protection de l’Archange Saint Michel :

Croix exorcisme

« O grand Prince du Ciel, gardien très fidèle de l’Eglise, saint Michel archange, moi, N…. ..quoique très indigne de paraître devant vous, confiant néanmoins dans votre spéciale bonté, touché de l’excellence de vos admirables prières et de la multitude de vos bienfaits, je me présente à vous, accompagné de mon Ange gardien ; et en présence de tous les Anges du ciel que je prends à témoins de ma dévotion envers vous, je vous choisis aujourd’hui pour mon protecteur et mon avocat particulier, et je me propose fermement de vous honorer toujours et de vous faire honorer de tout mon pouvoir. Assistez-moi pendant toute ma vie, afin que jamais je n’offense les yeux très purs de Dieu, ni en œuvres, ni en paroles, ni en pensées. Défendez-moi contre toutes les tentations du démon, spécialement pour la foi et la pureté, et, à l’heure de la mort, donnez la paix à mon âme et introduisez-la dans l’éternelle patrie. Ainsi soit-il +. » 

Saint Michel Archange priez pour nous et pour l’Église  ! Saint Michel, premier défenseur de la Royauté du Christ, priez pour nous !

+ Ad Majorem Dei Gloriam +

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