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La mort de Louis XVI : le crime de la Nation contre la Souveraineté royale !

21 janvier 2021

 « Chaque goutte du sang de Louis XVI

en coûtera des torrents à la France… »

Joseph de Maistre, 1796.

« Un des plus grands crimes qu’on puisse commettre, c’est sans doute l’attentat contre la souveraineté, nul n’ayant des suites plus terribles. Si la souveraineté réside sur une tête, et que cette tête tombe victime de l’attentat, le crime augmente d’atrocité. Mais si ce Souverain n’a mérité son sort par aucun crime ; si ses vertus même ont armé contre lui la main des coupables, le crime n’a plus de nom. A ces traits on reconnaît la mort de Louis XVI ; mais ce qu’il est important de remarquer, c’est que jamais un plus grand crime n’eut plus de complices.

La mort de Charles Ier en eut bien moins, et cependant il était possible de lui faire des reproches que Louis XVI ne mérita point. Cependant on lui donna des preuves de l’intérêt le plus tendre et le plus courageux ; le bourreau même, qui ne faisait qu’obéir, n’osa pas se faire connaître. En France, Louis XVI marcha à la mort au milieu de 60000 hommes armés, qui n’eurent pas un coup de fusil pour Santerre : pas une voix ne s’éleva pour l’infortuné monarque, et les provinces furent aussi muettes que la capitale. On se serait exposé, disait-on. Français ! si vous trouvez cette raison bonne, ne parlez pas tant de votre courage, ou convenez que vous l’employez bien mal. L’indifférence de l’armée ne fut pas moins remarquable. Elle servit les bourreaux de Louis XVI bien mieux qu’elle ne l’avait servi lui-même, car elle l’avait trahi. On ne vit pas de sa part le plus léger témoignage de mécontentement.

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Enfin, jamais un plus grand crime n’appartint (à la vérité avec une foule de gradations) à un plus grand nombre de coupables. Il faut encore faire une observation importante : c’est que tout attentat commis contre la souveraineté, au nom de la nation, est toujours plus ou moins un crime national ; car c’est toujours plus ou moins la faute de la Nation, si un nombre quelconque de factieux s’est mis en état de commettre le crime en son nom. Ainsi, tous les Français, sans doute, n’ont pas voulu la mort de Louis XVI ; mais l’immense majorité du peuple a voulu, pendant plus de deux ans, toutes les folies, toutes les injustices, tous les attentats qui amenèrent la catastrophe du 21 janvier. Or, tous les crimes nationaux contre la souveraineté sont punis sans délai et d’une manière terrible ; c’est une loi qui n’a jamais souffert d’exception.

Peu de jours après l’exécution de Louis XVI, quelqu’un écrivait dans le Mercure universel : Peut-être il n’eût pas fallu en venir là ; mais puisque nos législateurs ont pris l’événement sur leur responsabilité, rallions-nous autour d’eux : éteignons toutes les haines, et qu’il n’en soit plus question. Fort bien : il eût fallu peut-être ne pas assassiner le Roi ; mais puisque la chose est faite, n’en parlons plus, et soyons tous bons amis. Ô démence ! Shakespeare en savait un peu plus lorsqu’il disait : La vie de tout individu est précieuse pour lui ; mais la vie de qui dépendent tant de vies, celle des souverains, est précieuse pour tous. Un crime fait-il disparaître la majesté royale ? A la place qu’elle occupait, il se forme un gouffre effroyable, et tout ce qui l’environne s’y précipite.

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« Tous les crimes nationaux contre la souveraineté

sont punis sans délai et d’une manière terrible ;

c’est une loi qui n’a jamais souffert d’exception.« 

Chaque goutte du sang de Louis XVI en coûtera des torrents à la France ; quatre millions de Français, peut-être, payeront de leur tête le grand crime national d’une insurrection anti-religieuse et anti-sociale, couronnée par un régicide. Il y eut des nations condamnées à mort au pied de la lettre comme des individus coupables, et nous savons pourquoi.

S’il entrait dans les desseins de Dieu de nous révéler ses plans à l’égard de la Révolution française, nous lirions le châtiment des Français comme l’arrêt d’un parlement. – Mais que saurions-nous de plus ? Ce châtiment n’est-il pas visible ? N’avons-nous pas vu la France déshonorée par plus de cent mille meurtres ? le sol entier de ce beau royaume couvert d’échafauds ?

et cette malheureuse terre abreuvée du sang de ses enfants par les massacres judiciaires, tandis que des tyrans inhumains le prodiguaient au dehors pour le soutien d’une guerre cruelle, soutenue pour leur propre intérêt ? Jamais le despote le plus sanguinaire ne s’est joué de la vie des hommes avec tant d’insolence, et jamais peuple passif ne se présenta à la boucherie avec plus de complaisance. Le fer et le feu, le froid et la faim, les privations, les souffrances de toute espèce, rien ne le dégoûte de son supplice ; tout ce qui est dévoué doit accomplir son sort ; on ne verra point de désobéissance, jusqu’à ce que le jugement soit accompli. »

Joseph de Maistre, Considérations sur la France (1796).

Lire

La Révolution et la haine de l’Eglise !

 

 

 

 

 

Peuple de France réveille-toi !

4 janvier 2021

 

Saint Georges terrassant le dragon,

figure de la victoire de la foi chrétienne sur le démon,

et plus largement, du bien sur le mal.

 

Alors qu’après plusieurs mois de vie contrainte et « confinée » pour « raisons sanitaires » (sic) les consciences sont singulièrement endormies et se sont habituées à vivre « masquées » et dans la peur – ce à quoi se rajoute l’installation de la corruption généralisée qui est devenue « le climat » dominant de la modernité : effondrement des valeurs, dégradation des mœurs, perte du sens de la religion, négation du caractère sacré de l’enfant, destruction de la famille, marchandisation des corps, immigration massive aboutissant au « grand remplacement », etc. -, tout cela représente un tel naufrage, qu’il faut, à l’évidence, un certain équilibre pour éviter d’être saisi par un puissant découragement, mais surtout faire preuve d’une authentique et sérieuse solidité spirituelle pour réagir en Chevalier chrétien !

I.  La folie corruptrice du libéralisme

Don Félix Sarda y Salvany (1844-1916)

Ce n’est pas pour rien que l’ultime modèle dont s’est doté ce système satanique pour conduire son œuvre de perdition généralisée, est le libéralisme, que Don Félix Sarda y Salvany (1844-1916) désigna fort justement comme étant « un péché », libéralisme qui étend avec une efficacité redoutable son règne sur l’ensemble de la planète [1].

Sans que l’on n’y prenne garde et quasi invisiblement alors que beaucoup l’ignorent – le marxisme, frère jumeau du libéralisme en tant que système politique ayant quasi disparu sous sa forme primitive, bien que subsistant de façon durable dans de nombreux régimes en tant que machine à dominer et asservir les peuples -, l’idéologie libérale s’est généralisée au sein d’un monde qui ne pense qu’en termes d’évolution, de devenir, de plaisir, de jouissance, de légèreté des mœurs, de satisfaction immédiate, de frénésie licencieuse.

Pour la société libérale, l’individu, détaché et coupé de son « être historique », est le sujet-objet vivant, enchaîné à la nécessité techno-industrielle, financière et consumériste, devenant une abstraction, un rouage finalisé du mécanisme mondial de production et de valorisation, une simple « donnée » anonyme, fichée et tracée, de la matrice numérique mondiale. Le devenir technique, scientifique et monétaire du monde, a arraché, et arrachera l’homme à toute assise stable, le réduira au simple rang d’objet, plongé de gré ou de force dans le mouvement historique du devenir spéculatif, technique, sanitaire et hédoniste.

L’humanité, il est vrai, se meurt depuis toujours, ou du moins depuis la Chute, dans le fétichisme qui constitue son mode aliéné d’existence et de conscience. Les objets de la production, s’opposent donc fatalement à l’homme comme un être étranger, comme une puissance indépendante, et il est donc vital que la réflexion critique, qui est une tâche de la métaphysique comme de la philosophie véritable, puisse partir, en mettant à la question la conception libérale de l’homme, rivé et jeté au monde, qui sans l’apport de la Révélation, serait dans une situation de délaissement moral absolument total et tragique.

 

« Le libéralisme n’est pas une hérésie ordinaire,

c’est l’hérésie propre, personnelle de Satan,

puisqu’elle consiste, pour la créature, à usurper à son profit

l’indépendance et la souveraineté qui n’appartiennent

qu’à Dieu, de toute éternité,

et dans l’ordre des temps à Notre Seigneur Jésus-Christ.

(…) On voit par là en quoi le libéralisme moderne diffère

de tout ce qui l’a précédé en fait de révolte et de péché.

C’est le péché lui-même, le dernier terme

et le plus haut degré du péché.

Le libéralisme appelle « l’homme de péché »,

il prépare les voies à l’Antéchrist. »

Mgr Henri Delassus,

La Conjuration antichrétienne, 1910.

 

La société traditionnelle n’était donc pas pour rien profondément religieuse, car l’essence de l’homme, faute d’une raison suffisante et d’un discernement des causes, ne peut se penser, se comprendre, s’interpréter, que par l’entremise de la Révélation qui est à la fois un don et une grâce.

On perçoit ainsi pourquoi, souhaitant abattre la civilisation d’Ancien Régime, la modernité s’est tout d’abord, et en priorité, attaquée à la religion ; le laïcisme et la déchristianisation devenant le cri de guerre d’un monde désireux d’en finir avec les anciens cadres spirituels.

C’est pourquoi, toute tentative de dénonciation des valeurs erronées de la modernité, comme d’une remise en lumière des vérités du christianisme, doit et ne peut passer, que par une dénonciation des conceptions démiurgiques du libéralisme.

II. Révolte contre le monde moderne au nom de la Tradition

« Seule la Tradition est révolutionnaire… »

Charles Péguy

Le monde moderne accélère sa course démentielle vers une désorientation de plus en plus marquée et évidente, et une société profane et apostate à l’égarement nauséabond – à présent dépourvue et vidée de toute dimension sacrée depuis la terrible Révolution satanique et antichrétienne de 1789 -, se précipite vers un « abîme » qui prend le visage de l’ignoble décadence contemporaine, le siècle étant entièrement livré aux mains des puissances de l’Enfer.

La Tradition catholique n’est donc pas de « l’archéologie », car les chrétiens doivent avoir l’esprit tourné vers le futur, tout en sachant qu’une force lancée en avant avec courage doit prendre appui sur un socle antérieur solide.

Ce socle, c’est la Tradition !

Que m’importe le passé en tant que passé, s’écriait Gustave Thibon, ne voyez-vous pas que, lorsque je pleure sur la rupture d’une tradition, c’est surtout à l’avenir que je pense ? Quand je vois pourrir une racine, j’ai pitié des fleurs qui demain sécheront faute de sève.

Telles sont donc les raisons de maintenir et défendre ardemment les éléments de la Tradition.

III. La contre-révolution conservatrice

La Tradition est en conséquence « révolutionnaire », elle est le seul véritable progrès, concret et durable, le seul développement intégral qui soit, car rien ne pousse longtemps sans racines.

Critiquant fermement le libéralisme capitaliste Paul Claudel (1868-1955) disait :

 

Paul Claudel (1868-1955)

« Le principe de notre civilisation, c’est le numéraire, l’alchimie maudite qui volatilise toute chose et transforme en une inscription servile, sur le front de l’homme, le nom de Dieu. Autrefois, l’argent n’était qu’un appoint. Aujourd’hui, c’est l’élément universel en qui tout existe et vaut .» (Présence et prophétie, 1942).

Après l’immense et permanente rupture de tradition ; rupture de transmission et interruption permanente de transmission en tant que révolution permanente qui est le fondement même de la dynamique des derniers siècles désignés sous le nom de « modernité », nous savons qu’aucun salut ni « ré-enchantement » du monde ne se fera sans une reprise de tradition.

Cette reprise de tradition, multiforme et créative, est la seule véritable révolution – au sens étymologique ainsi que l’entendait Péguy : « seule la tradition est révolutionnaire… » – et le seul véritable progrès, concret et durable, le seul développement intégral qui soit. Car rien ne pousse longtemps sans racines. » Nous avons besoin d’être reliés à une source d’énergie pour vivre (alimentation, respiration….), et nos appareils font de même (électricité, gaz, pétrole….). L’analogie n’est pas que sur le plan spirituel, nous avons aussi besoin d’être reliés, de nous connecter à une source pour restaurer nos forces. Cette source est d’origine transcendante, c’est l’essence de la Tradition.

Conclusion

Telle sera la véritable révolution conservatrice, à la fois conservatrice en ce qu’elle déplore et critique du même geste le déclin de la civilisation et les effets de la modernité aveugle à elle-même, et en même temps révolutionnaire car sa critique s’énonce d’un point de vue radical et contre-révolutionnaire antilibéral, capable de balayer la forme décadente d’une société malade et agonisante. La contestation « révolutionnaire-conservatrice » doit désormais œuvrer pour inventer un ordre spirituel nouveau, d’où puisse renaître, s’il se peut encore, la civilisation sur son déclin.

Ainsi que le déclarait Eugen Rosenstock (1888-1973) :

« Pour continuer à vivre, aller de l’avant, nous devons recourir à ce qui avait avant la césure religieuse. »

Or, ce qu’il y avait avant la césure religieuse, c’est-à-dire la déchristianisation de la civilisation, porte un nom conféré par Carl Schmitt (1888-1985)  :

‘‘Ordo Romanus aeternum’’ !

Ainsi s’impose une démarche nouvelle, capable d’effectuer, en rompant avec les schémas obsolètes de la modernité, un retour au domaine spirituel, non en acceptant, par une sorte de résignation, un nouveau « compromis », qu’il soit républicain ou autre en espérance d’une nouvelle majorité, mais par une remise en Question des pervers fondements de l’exécrable monde héritier des fruits mortifères de la Révolution.

Saint Georges a vaincu le dragon, avec l’aide du Ciel, nous vaincrons le Nouvel Ordre Mondial et sa ténébreuse matrice cybernétique, sanitaire et sociale, au Nom du Christ-Roi !

Lire :

Pour une contre-révolution religieuse !

Notes.

1. En tant que doctrine constituée, le libéralisme a été radicalement censuré et condamné par l’Eglise, qui l’a qualifié sous les termes de « rationalisme » et de « naturalisme » – la condamnation la plus explicite de cette hérésie figure dans la Constitution « De Fide » du Concile de Vatican I, en 1870.

2. Carl Schmit, Römischer Katholizismus und politische Form (1923), lance en quelque sorte un double appel: à la forme qui est essentiellement en Europe ro­maine et catholique, c’est-à-dire universelle en tant qu’impériale, et à la Terre, socle incontournable de toute action politique, contre l’économisme mouvant et hyper-mobile, contre l’idéologie sans socle qu’est le libéralisme.

Joyeux et Saint Noël en union avec l’enfance de Jésus

24 décembre 2020

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«Etre entre les mains de Dieu comme un enfant entre les bras de sa mère

et pratiquer le renoncement à la volonté propre,

l’abandon total de soi et l’indifférence à toute chose,

la simplicité, la pureté, la mansuétude et l’innocence

Chapelle du Petit Roi de Grâce, Beaune.

(statue en bois polychrome de l’Enfant Jésus du XVIIe s.)

Marguerite du Saint-Sacrement (1619-1648), religieuse carmélite,  fondatrice de « l’Association de la dévotion à la Sainte Enfance de Jésus« ,  était versée dans la pratique continuelle de l’oraison depuis sa plus tendre enfance, au point qu’elle s’approcha de l’état d’innocence qu’Adam possédait avant la Chute : « Le premier effet qui se fit sentir chez Marguerite, et qui devait concourir à la préparation de cette âme, déjà si pure, aux desseins de Dieu, fut un renouvellement de la grâce du baptême, si efficace, qu’il la rétablit dans un état d’innocence semblable a celui que te premier homme, possédait avant sa chute. Marguerite recouvra avec cette pureté native les avantages que Dieu y avait attachés. Son esprit, dépouillé de l’enveloppe qui obscurcit notre intelligence, s’éleva plus librement à Dieu, et reçut, au lieu des connaissances bornées de la science humaine, de vives lumières qui lui permettaient de comprendre le rapport de toutes choses avec le Créateur et leur destination dans l’ordre admirable de ses desseins. Absorbée par une contemplation continuelle, qui l’unissait sans cesse à Dieu et transportait son esprit dans une région supérieure à la terre, elle ne se servait plus de ses sens purifiés par cette effusion divine de la grâce que pour la pratique des vertus. De cette intelligence lumineuse des secrets du ciel et de cette compréhension admirable de la beauté divine, découlait une multitude d’autres grâces qui  la rapprochaient de l’état béatifique dans lequel se trouvent les élus qui jouissent de Dieu. » [1]

Marguerite du Saint-Sacrement eut une vénération toute spéciale pour l’Enfant Jésus, et s’immergea entièrement dans l’esprit de la petite enfance, qu’elle regardait comme l’état d’anéantissement parfait de Dieu. En février 1636, Jésus dit à Marguerite : « Puise dans le trésor de mon enfance, ce sera par les mérites de ce mystère que tu surmonteras toutes les difficultés ». Elle découvrait d’ailleurs au Carmel, l’intense dévotion à l’Enfant Jésus instaurée par Sainte-Thérèse d’Avila (1515-1582), et dont l’école française de spiritualité, notamment par la voix de Pierre de Bérulle (1575-1629) qui introduisit le Carmel en France, était extrêmement fervente.

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« Ainsi donc justifiés par la foi,

ayons la paix avec Dieu par Jésus-Christ Notre-Seigneur ;

par qui aussi nous avons accès à cette grâce

où nous sommes établis et où nous nous glorifions

dans l’espoir de la gloire de Dieu (Rom. V, 1, 2)».

Il nous faut faire basculer notre vie en Dieu. C’est bien là l’enjeu de la croissance spirituelle, être possédé par Dieu, envahi par Dieu. Imaginons que notre être soit un réservoir vide.

De quoi le remplissons-nous ?

De Dieu ou des misères de la terre ?

Pour remplir notre être nous avons une pompe ; les puissances de l’âme (La mémoire, l’intelligence, la volonté) à quoi utilisons-nous nos puissances de l’âme et vers quoi les orientons-nous ?

L’Enfance de Jésus éduque nos puissances à se tourner vers Dieu, au jour le jour.

Comment ?

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« Pratiquer le renoncement à la volonté propre,

l’abandon total de soi et l’indifférence à toute chose… »

Le Père Charles de Condren (1588-1641) dira : «Etre entre les mains de Dieu comme un enfant entre les bras de sa mère et pratiquer le renoncement à la volonté propre, l’abandon total de soi et l’indifférence à toute chose, la simplicité, la pureté, la mansuétude et l’innocence

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« le Petit Roi de Grâce a plus soin de votre âme et de vos besoins

que vous n’en saurez avoir vous-mêmes.

Tenez-vous en paix, tâchant de remettre tout

entre les bras du Saint Enfant Jésus.

Je Le supplie de vous donner la force pour tout ce qu’Il désire de vous ».

 (Paroles extraites de la « Vie de Marguerite du Saint-Sacrement »).

Note.

  1. L. de Cissey, Vie de Marguerite du Saint-Sacrement, religieuse carmélite, fondatrice de l’Association de la dévotion à la sainte enfance de Jésus, (1619-1648), Ambroise Bray Libraire-Éditeur, 1862, pp. 55-57.

Pour une contre-révolution religieuse !

15 novembre 2020

 

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« La seule vérité capable de changer les âmes,

c’est  la  Vérité de l’Evangile et de la Révélation ! »

Lorsqu’on examine les sinistres conditions de vie dans lesquelles nous nous trouvons placés aujourd’hui, et que l’on pose un regard lucide et un minimum objectif, sur la situation, il est évident que la désespérance ne peut que s’imposer, nous portant à ce constat pessimiste, développé sur tous les tons de la gamme des réflexions lues et entendues : « tout est désormais perdu« .  Et il est vrai qu’à vue humaine immédiate – la violente déchristianisation issue de la Révolution ayant entraîné dans son sillage une perte totale du sens du sacré au sein d’une société ravagée par la puissance du consumérisme, l’individualisme forcené, l’hédonisme compulsif, les populations, livrées aux pires déviances morales, vidées de tout sens historique, enfermées dans l’espace virtuel réducteur des lumières de leurs écrans, ce à quoi se rajoute l’effet destructeur, sur le plan de l’identité, des invasions migratoires musulmanes, sans compter les discours démentiels des pontifes romains depuis les années soixante du siècle dernier (dont certains ont même été canonisés à la hâte par l’inénarrable François « 1er du nom » !) imbibés des folies de l’utopisme démocratique depuis Vatican II, transformant l’Eglise moderne en une sorte de « club social » ressemblant de plus en plus à une vague structure syndicale aux orientations gauchisantes -, il faut bien l’avouer, rien ne porte vraiment à envisager un « redressement salvateur » dans un proche avenir pour ce monde en voie de décomposition extrêmement avancée.

Pourtant, le mouvement engendré en France, par la volonté à l’époque du gouvernement socialiste de légaliser le mariage pour des personnes de même sexe, fut un signe qu’il restait encore en ce pays, malgré bien des renoncements, un fond résiduel de conscience à l’égard de ce que représente la civilisation fondée, constituée et édifiée sur des bases chrétiennes. Le refus de la « marchandisation des corps », le rejet vigoureux de la dénaturation de l’institution par excellence donatrice de la vie qu’est le mariage avec son aspect sacramentel, a montré qu’il restait, de façon certes latente, mais fort heureusement, des éléments, non encore totalement disparus, capables  d’une saine réaction.

Par ailleurs, de temps à autre, on assiste à des sursauts timides, mais néanmoins significatifs, montrant qu’une infime minorité refuse de se soumettre aux lois scélérates visant à exercer, chaque jour de plus en plus, une domination sur les populations, la gestion « politique » de la récente pandémie de la « maladie à coronavirus« , dix-neuvième du genre, confirmant plus qu’il n’était nécessaire, que nous sommes entrés, sous de fallacieux prétextes sanitaires, dans l’ère de la « dictature 2.0. » des êtres vivants.

En bref, le nouveau désordre mondial semble à présent régner en maître incontestable et imposer sa volonté de gré ou de force !

Dans ces circonstances, une question immédiatement se pose, à savoir que faire pour éviter la destruction irréversible de l’identité européenne et de la civilisation chrétienne ?

I. La lutte contre-révolutionnaire contre le libéralisme

« L’idéologie des Droits de l’Homme, le libéralisme,

n’est pas une hérésie ordinaire,

c’est l’hérésie propre, personnelle de Satan..»

– Pie IX –

Il faut comprendre, que derrière les lois impies promulguées par des régimes nés des principes de la Révolution – et la République sur ce point est un exemple significatif – se situe le visage d’un ennemi contre lequel l’homme lutte depuis toujours et qui n’est point nouveau. Car la République et son régime, provenant de l’idéologie révolutionnaire de 1789, est une une authentique « contre-religion« , une machine de guerre antichrétienne, une entreprise vouée à la destruction des fondements spirituels de la société comme l’avait fort bien vu Joseph de Maistre (1753-1821).

L’idéologie qui préside à tout ce chaos infâme, issue de l’antique poison talmudiste, est le libéralisme athée véhiculant la doctrine satanique des « droits de l’homme », du triomphe de l’individualisme, de la civilisation des loisirs et du plaisir sans frein, de l’anarchie et de la révolte, du mercantilisme, de la destruction des familles et de la réduction marchande de la vie.

Voilà pourquoi le pape Pie IX a pu dire, que le libéralisme était « l’hérésie de Satan » :

« L’idéologie des Droits de l’Homme, le libéralisme, n’est pas une hérésie ordinaire, c’est l’hérésie propre, personnelle de Satan, puisqu’elle consiste, pour la créature, à usurper à son profit l’indépendance et la souveraineté qui n’appartiennent qu’à Dieu, de toute éternité, et dans l’ordre des temps à Notre Seigneur Jésus-Christ. (…) On voit par là en quoi le libéralisme moderne diffère de tout ce qui l’a précédé en fait de révolte et de péché. C’est le péché lui-même, le dernier terme et le plus haut degré du péché. Le libéralisme appelle “l’homme de péché”, il prépare les voies à l’Antéchrist. “Suivre le courant”, c’est à quoi se résument ces fameuses inventions et ces grandes fiertés du Libéralisme catholique. Le libéralisme “catholique” n’est autre chose, en effet, que l’esprit révolutionnaire cherchant à s’introduire dans l’Eglise elle-même.» (Pie IX, Déclaration du 18 juin 1871, Société de Saint-Augustin, Desclée De Brouwer et Cie, Paris 1899, p. 223)

 

II. Forme et caractère de la contre-révolution

Maistre

Pour Joseph de Maistre,

la Révolution ne peut être  combattue

que par la mise en œuvre d’un principe inverse

La particularité de la Révolution, de l’esprit révolutionnaire qui ronge la  chrétienté depuis 1789, est d’être une force aveugle, sans tête, sans responsable identifiable ; cette Révolution destructrice de toutes les lois traditionnelles, ayant une haine totale de la religion, est dirigée invisiblement par une énergie secrète dont ses thuriféraires ignorent l’origine, et ne soupçonnent même pas la présence sous le signe des crimes qu’ils commettent.

Cela est si vrai que les acteurs de la Révolution semblent avoir été de simples marionnettes sans réelle influence sur le cours des choses, des pantins suspendus à des fils actionnés par des mains inconnues ; à propos de cet aspect des événements Joseph de Maistre écrit :

« La Révolution française mène les hommes plus que les hommes ne la mènent.(…) Plus on examine les personnages en apparence les plus actifs de la Révolution, et plus on trouve en eux quelque chose de passif et de mécanique. On ne saurait trop le répéter, ce ne sont point les hommes qui mènent la Révolution, c’est la Révolution qui emploie les hommes. On dit fort bien quand on dit qu’elle va toute seule. » (Considérations sur la France, ch. I.)

Joseph de Maistre restera de par son analyse, aux yeux de l’histoire et des générations futures, celui qui, en une phrase, a donné la définition la plus précise, la plus juste, la plus exacte de ce qu’est l’essence profonde de la contre-révolution, de sa perspective et son objet propre :

« Le rétablissement de la monarchie qu’on appelle « contre-révolution », ne sera point une « révolution contraire », mais le « contraire de la révolution ». » (Considération  sur la France, ch. X).

 

 Ainsi Joseph de Maistre comprend donc très bien que la Révolution ne peut être authentiquement combattue que par la mise en œuvre d’un principe inverse, d’une négation radicale des bases doctrinales du ferment corrupteur révolutionnaire.

Maistre dit à l’évêque de Raguse en 1815 :

« Si la Révolution est de nature satanique, elle ne peut être véritablement finie, tuée, que par le principe contraire, qu’il faut simplement délier (c’est tout ce que l’homme peut faire) ; ensuite il agira tout seul. » (Lettres et Opuscules inédits du comte Joseph de Maistre, E. Vaton, Paris, 1873).

III. Engagement contre-révolutionnaire

Ainsi donc, il nous faut d’abord et avant tout « rechercher le royaume de Dieu et sa justice » (Matthieu VI, 31-33), en n’hésitant pas à consacrer nos vies à Dieu, en se comportant saintement, loin des illusions de ce monde, en préservant nos enfants et nos familles, en approfondissant la sainte doctrine, en étant fidèles, pieux et inflexibles sur les principes, et pour d’autres, bénéficiaires d’un appel, à entrer dans les ordres, à s’engager dans le sacerdoce car l’Eglise a besoin de milliers de saints prêtres, de religieux et religieuses pour rétablir la foi.

Pour tout cela,  effectivement, il importe de « consacrer » nos vies pour la conversion de cette société ténébreuse en témoignant des vérités de l’Evangile.

Mais témoigner, jusqu’au martyr si nécessaire, des vérités de l’Evangile, c’est ne pas se tromper de combat, c’est ne pas s’épuiser et stériliser les énergies en des luttes vaines et périphériques pour favoriser – même si les sensibilités rendent plus proches les discours des candidats de fidélité nationale – l’élection d’un président d’un parti laïc et républicain, dont on sait d’ailleurs qu’il a fort peu de chances d’accéder un jour au pouvoir, et surtout qu’il ne possédera, comme tous les autres, aucune capacité à modifier la situation dramatique dans laquelle nous nous trouvons qui est d’origine spirituelle.

De ce fait l’unique nécessaire aujourd’hui, en notre temps de nihilisme actif, c’est le triomphe des vérité éternelles de l’Evangile et la Gloire de Jésus-Christ !

La seule politique réellement contre-révolutionnaire

 est de nature religieuse

 

IV. L’absolue suprématie du spirituel sur le temporel

L’erreur à ne surtout pas commettre est de juger des possibilité du retour à la Tradition et aux valeurs sacrées de la civilisation chrétienne, en regardant l’état des forces en présence, car à vue humaine, en effet, tout est perdu, tout combat apparaît comme inutile et vain. Mais les vues humaines sont des vues faussées par le piège d’une raison enfermée et aveuglée par l’illusion de la puissance du nombre. Or, dans la perspective spirituelle, le nombre, c’est-à-dire la « quantité », n’a strictement aucune importance.

a) Le nombre est sans importance pour Dieu

N’oublions jamais que « rien de grand n’a de grand commencement », que le nombre est dénué de validité au regard des grands enjeux métahistoriques. C’est la force de l’Esprit qui guide le destin du monde, qui renverse les civilisations ou les rétablit, qui fait surgir des hommes ou des femmes « providentiels » capables de modifier le cours des siècles !  

La conversion de Clovis, obtenue par la force de conviction de son épouse saint Clotilde, qui fit de la France une Nation chrétienne en recevant le baptême le 28 décembre 498, était loin d’être acquise, l’initiative de sainte Jeanne d’Arc, par exemple, au moment où le royaume était entre les mains de l’étranger, les armées françaises vaincues et désorganisées, le souverain, Charles VII, doutant de la fidélité de la noblesse et de son ascendance royale authentique se croyant Dauphin illégitime, était normalement vouée à l’échec. La victoire de Lépante sur les armées ottomanes, le 5 octobre 1571, où se joua le destin de l’Europe, releva elle aussi d’une intervention surnaturelle. Et l’on pourrait multiplier ainsi les exemples, les uns après les autres, où, à « vue humaine », tout était irrémédiablement perdu pour la chrétienté. 

Ce qu’il convient de retenir, c’est que le nombre importe peu, pour ne pas dire pas du tout à Dieu, l’action de la « Divine Providence » dans l’Histoire – principe qui est la base de la doctrine contre-révolutionnaire -, échappe aux vues humaines et aux calculs limités d’une raison bornées par des réflexions temporelles qui n’accèdent pas à la « dimension spirituelle ». Le christianisme a commencé son entrée sur la scène de l’Histoire avec une toute petite poignée d’hommes et de femmes, venus de milieux pauvres et non lettrés, mais guidés par une puissance de foi transmise par l’Esprit-Saint.

b) L’action de la « Divine Providence » dans l’Histoire

Ce qui est réellement actif et agissant à l’intérieur des siècles, c’est donc la force transcendante invisible, car toutes les industries humaines sont impuissantes face à la volonté divine. Le Fondateur du christianisme, et de la civilisation qui en est issue, n’est autre que Jésus-Christ, et comme le rappelle Joseph de Maistre, les « événements » c’est-à-dire l’état de la situation envisagée en mode humain, « ne prouvent rien », nous sommes dans les mains du destin « historial » commandé par le Ciel, nous ne sommes pas soumis aux calculs des statistiques journalistiques : 

« Pour l’homme prévenu, et dont le cœur surtout a convaincu la tête, les événements ne prouvent rien; le parti étant pris irrévocablement en oui ou en non, l’observation et le raisonnement sont également inutiles. Mais vous tous, hommes de bonne foi, qui niez ou qui doutez, peut-être que cette grande époque du christianisme fixera vos irrésolutions. Depuis dix-huit siècles il règne sur une grande partie du monde, et particulièrement sur la portion la plus éclairée du globe. Cette religion ne s’arrête pas même à cette époque antique ; arrivée à son fondateur, elle se noue à un autre ordre de chose, à une religion typique qui l’a précédée. L’une ne peut être vraie sans que l’autre le soit: l’une se vante de promettre ce que l’autre se vante de tenir; en sorte que celle-ci, par un enchaînement qui est un fait visible, remonte à l’origine du monde. » (Considérations sur la France, 1797). 

Joseph de Maistre rajoute, montrant comment disparaîtront les vapeurs mortifères d’un monde enténébré, et la façon dont reviendront, lorsque la « Providence » le décidera, l’harmonie, la paix et les valeurs traditionnelles  :

« La magie noire qui opère en ce moment, disparaîtra comme un brouillard devant le soleil. La bonté, la clémence, la justice, toutes les vertus douces et paisibles, reparaîtraient tout à coup, et ramèneraient avec elles une certaine douceur générale dans les caractères, une certaine allégresse entièrement opposée à la sombre rigueur du pouvoir révolutionnaire. […] Le retour à l’ordre ne peut être douloureux, parce qu’il sera naturel, et parce qu’il sera favorisé par une force secrète, dont l’action est toute créatrice. On verra précisément tout le contraire de ce qu’on a vu. Au lieu de ces commotions violentes, de ces déchirements douloureux, de ces oscillations perpétuelles et désespérantes, une certaine stabilité, un repos indéfinissable, un bien-être universel, annonceront la présence de la souveraineté. Il n’y aura point de secousses, point de violence, point de supplices même, excepté ceux que la véritable Nation approuvera : le crime même et les usurpations seront traités avec une sévérité mesurée, avec une justice calme qui n’appartient qu’au pouvoir légitime. Le roi touchera les plaies de l’Etat d’une main timide et paternelle. Enfin c’est ici la grande vérité dont les Français ne sauraient trop se pénétrer : le rétablissement de la monarchie, qu’on appelle contre-révolution, ne sera point une révolution contraire, mais le contraire d’une révolution. » (Ibid.)

Conclusion

Ainsi, une chose est claire – et cette conviction fut celle de tous les auteurs contre-révolutionnaires de Joseph de Maistre à Louis de Bonald, en passant par Donoso Cortès, Blanc de Saint-Bonnet, Ernest Hello, Léon Bloy, Bernanos, etc. -, il ne saurait y avoir, alors que l’ensemble des structures anciennes se sont effondrées, d’action possible qu’exclusivement religieuse, de confiance placée uniquement dans l’intervention de la « Divine Providence« , ceci impliquant que toutes les autres préoccupations (de niveau social, économique, humain, moral, culturel, etc.), qui ne concernent pas directement le rayonnement de la Foi et le triomphe de la Croix, aussi légitimes soient-elles – et même nécessaires selon les circonstances, si elles relèvent d’impératifs vitaux immédiats – ne présentent en réalité aujourd’hui que des objectifs périphériques et subordonnés par rapport au combat essentiel qui est de nature spirituelle !

En effet, de par l’absolue suprématie du spirituel sur le temporel, le seul élément sacré véritable dont tout dépend du point de vue de l’avenir de la chrétienté, et qu’il faut défendre avec ferveur en concourant à en établir au plus vite le règne, à l’échelle du continent européen, c’est la sainte religion chrétienne.

Voilà ce que doit être notre conviction profonde : La seule politique qui soit réellement contre-révolutionnaire à présent est de nature religieuse, car il n’y a plus de solution politique aux problèmes de la société contemporaine. Il convient donc d’attendre que l’Eglise revienne à ses lois séculaires  ! Que les Nations, réduites en esclavage politique, économique et sanitaire, soumises à la dictature de la volonté cybernétique, se convertissent, et que les peuples se tournent enfin vers la religion ! 

Dès lors, si nous sommes convaincus de ce qu’est le combat réel qui se déroule dans l’invisible devant nous, conservons la foi en sachant que seule la Tradition réédifiée par la puissance transcendante, pourra rebâtir la société chrétienne, en nous rappelant que le catholicisme romain sera l’instrument, selon Joseph de Maistre, de la résurrection de la chrétienté !

Lire :

Le libéralisme est une hérésie !

Saint Pie X et l’apostasie du libéralisme catholique

10 novembre 2020

S. Pie X

La pensée de saint Pie X est un guide pour nos temps troublés,

où les idées de la Révolution sont entrées dans l’Eglise. 

« Il est du devoir d’un pape  de veiller à la pureté de la foi

et à l’intégrité de la discipline catholique. »

S. Pie X,  « Notre charge apostolique », 1910.

  Dans sa lettre « Notre charge apostolique » sur le Sillon, le 25 août 1910, en la fête de saint Louis, il y a 105 ans, le pape saint Pie X adressait à l’épiscopat français une mise en garde salutaire contre l’esprit démocratique et les conceptions modernes de l’autorité. Le mouvement du Sillon, lancé à la fin des années 1890 par Paul Renaudin et Marc Sangnier (1873-1950), défendait une vision funeste  qui est pourtant devenue le credo du libéralisme catholique : marier l’Église et la Révolution dont le triomphe, après la terrible politique du ralliement à partir de Pie VII et du Concordat avec la République athée et régicide, fut évidemment Vatican II.

C’est pour lutter contre cette théorie impie que saint Pie X, dans a lettre Encyclique « Notre charge apostolique« , réagira avec fermeté et adressa ces lignes aux évêques de France :

« § 1. Notre charge apostolique nous fait un devoir de veiller à la pureté de la foi et à l’intégrité de la discipline catholique, de préserver les fidèles des dangers de l’erreur et du mal, surtout quand l’erreur et le mal leur sont présentés dans un langage entraînant, qui, voilant le vague des idées et l’équivoque des expressions sous l’ardeur du sentiment et la sonorité des mots, peut enflammer les cœurs pour des causes séduisantes mais funestes. Telles ont été naguère les doctrines des prétendus philosophes du XVIIIe siècle, celles de la Révolution et du libéralisme tant de fois condamnées ; telles sont encore aujourd’hui les théories du Sillon, qui, sous leurs apparences brillantes et généreuses, manquent trop souvent de clarté, de logique et de vérité, et, sous ce rapport, ne relèvent pas du génie catholique et français. »

Il poursuivait :

« § 24. (…) La doctrine catholique nous enseigne que le premier devoir de la charité n’est pas dans la tolérance des convictions erronées, quelque sincères qu’elles soient, ni dans l’indifférence théorique ou pratique pour l’erreur ou le vice où nous voyons plongés nos frères, mais dans le zèle pour leur amélioration intellectuelle et morale non moins que pour leur bien-être matériel. Cette même doctrine catholique nous enseigne aussi que la source de l’amour du prochain se trouve dans l’amour de Dieu, père commun et fin commune de toute la famille humaine, et dans l’amour de Jésus-Christ, dont nous sommes les membres au point que soulager un malheureux, c’est faire du bien à Jésus-Christ lui-même. Tout autre amour est illusion ou sentiment stérile et passager. Certes, l’expérience humaine est là, dans les sociétés païennes ou laïques de tous les temps, pour prouver qu’à certaines heures la considération des intérêts communs ou de la similitude de nature pèse fort peu devant les passions et les convoitises du cœur. Non, Vénérables Frères, il n’y a pas de vraie fraternité en dehors de la charité chrétienne, qui, par amour pour Dieu et son Fils Jésus-Christ notre Sauveur, embrasse tous les hommes pour les soulager tous et pour les amener tous à la même foi et au même bonheur du ciel. En séparant la fraternité de la charité chrétienne ainsi entendue, la démocratie, loin d’être un progrès, constituerait un recul désastreux pour la civilisation. Car si l’on veut arriver, et Nous le désirons de toute Notre âme, à la plus grande somme de bien-être possible pour la société et pour chacun de ses membres par la fraternité, ou, comme on dit encore, par la solidarité universelle, il faut l’union des esprits dans la vérité, l’union des volontés dans la morale, l’union des cœurs dans l’amour de Dieu et de son Fils, Jésus-Christ. Or, cette union n’est réalisable que par la charité catholique, laquelle seule, par conséquent, peut conduire les peuples dans la marche du progrès, vers l’idéal de la civilisation. » (S. PIE X, LETTRE ENCYCLIQUE SUR  » LE SILLON « , Rome, le 25 août 1910).

 « Le premier devoir de la charité

n’est pas dans la tolérance des convictions erronées… »

S. Pie X

Comme l’écrivait en 2010 l’abbé Beauvais, ancien curé de Saint-Nicolas-du-Chardonnet : « Ici comme dans le modernisme, s. Pie X avait vu clair. Les condamnations, comme toujours, étaient fortement motivées et la suite des événements jusqu’à nos jours, est venue apporter de nouvelles preuves de sa haute sagesse. (…) Ce désir latent d’une sorte de religion plus vaste que l’Eglise catholique, déjà bien présent dans cette pensée sillonniste, c’est celui que l’on retrouve dans les officines qui réclament un nouvel ordre mondial. Toutes ces aberrations s’expliqueront toujours par le travail des loges maçonniques et par les accointances de tant de catholiques libéraux (les idiots utiles) avec la Révolution. » (Le Chardonnet, n° 260, nov. 2010).

Conférence de Mgr Williamson

« Notre Charge Apostolique’ (Le Sillon) »

Le Sillon est la brèche dans l’antilibéralisme de l’Eglise

qui se forme après le ralliement de Léon XIII en 1892.

A lire :

Triunfo-de-San-Pío-X-sobre-el-modernismo

LE LIBÉRALISME : HÉRÉSIE SPIRITUELLE

ET ERREUR TRAGIQUE !

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