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Semaine Sainte

6 avril 2020

       

Pendant cette semaine nous prenons part

au plus sublime mystère de l’histoire du salut. 

Nous pensons à la Croix et à la Résurrection qui sont inséparables.

 L’oeuvre rédemptrice du Christ ne se termine pas à sa mort,

 mais se prolonge dans la victoire de sa Résurrection !

Bonne Semaine Sainte à tous !

 AVERTISSEMENT :

Pendant la Semaine Sainte

 les commentaires de La Question sont fermés. 

« Il s’est anéanti lui-même, prenant la forme d’esclave,

étant fait à la ressemblance des hommes. »

 (Philippiens II, 7).

Prière du cardinal Merry del Val (+ 1930) pour « communier spirituellement »

22 mars 2020

Merry del Val

Cardinal Merry del Val (1865-1930)

En cette période de vague épidémiologique importante, où le « jeune eucharistique » est imposé aux fidèles par l’effet de mesures sanitaires préventives, obligeant chacun à « communier spirituellement » faute de pouvoir se rendre physiquement aux offices et messes de l’Église de par les règles strictes de « confinement » [1], nous jugeons utile, afin d’accompagner cette mesure prudentielle, de communiquer la prière du cardinal Merry del Val (1865-1930), qui fut secrétaire d’État de saint Pie X (1903-1914) nommé ensuite archiprêtre de la basilique Saint-Pierre et secrétaire de la Congrégation du Saint-Office, s’étant distingué par sa rigueur dans la lutte contre le modernisme, prière qui peut être récitée, en ces circonstances exceptionnelles, en lieu et place de la sainte communion.

Prière du cardinal Merry del Val (1865-1930),

pour « communier spirituellement »

 Lisez au préalable la messe (de saint Pie V) et les textes du jour pour vous préparer à communier spirituellement avec Notre Seigneur, puis, avant de communier spirituellement, dites l’acte de contrition, l’acte de charité, le Confiteor, et trois fois le Domine non sum dignus. Après vous être mis en présence de Dieu, faites le signe de croix  et à genoux dites à voix basse :

+

« À tes pieds, ô mon Jésus, je m’incline et je t’offre le repentir de mon cœur contrit  qui s’abîme dans son néant et Ta sainte présence.

Je t’adore dans le Saint Sacrement de ton amour,
désireux de te recevoir dans la pauvre demeure que mon cœur t’offre.
En attente du bonheur de la communion sacramentelle,
je veux te posséder en esprit.

Viens à moi, ô mon Jésus, pour la vie et pour la mort.
Que ton amour enflamme tout mon être, pour la vie et la mort.
Je crois en toi, j’espère en toi, je t’aime. Ainsi soit-il. »

 

Le pape saint Pie X, souhaita s’entourer de Merry del Val, et, en novembre 1903, le créa cardinal prêtre au titre de Sainte-Praxède, le nommant dans le même mouvement, secrétaire d’État, et préfet de la Congrégation de Lorette et des Palais Apostoliques. Auprès de saint Pie X, dans la lutte engagée contre le modernisme, le cardinal Merry del Val, entoura de ses conseils le Saint-Père, se montrant un conservateur anti-moderniste intransigeant (comme les cardinaux Louis Billot et Gaetano de Laï ), traquant le venin de l’erreur avec un acharnement implacable.

De l’avis général, le cardinal Merry del Val, avait la réputation d’une grande rigueur ascétique et mystique, volontiers solitaire et se tenant éloigné des mondanités. Lors de la lutte, en France, portant sur la Séparation de l’Église et de l’État (1904-1906), il refusa avec vigueur tout compromis avec la République antichrétienne, interdisant aux évêques tout accommodement avec le pouvoir impie.

Par ailleurs, tenant de la doctrine du « non possumus » avancée par le pape Pie X en réponse à Théodore Herzl (1860-1904), venu chercher au Vatican un appui catholique pour légitimer le sionisme naissant, il rappela avec fermeté que l’Église se devait d’être bienveillante et protectrice a l’égard des juifs, témoins historiques de la « Révélation », mais ne pouvait en aucun cas légitimer le sionisme en raison de la non-reconnaissance de la divinité du Christ par les juifs qui allèrent jusqu’à exiger qu’il soit crucifié et mis à mort par les romains, ce qui entraîna la dispersion du peuple élu, la destruction du Temple de Jérusalem et le transfert des promesses vers le « Novus Israël » [2] que devint, après la venue en ce monde du « Messie » annoncé par les prophètes, l’Église catholique représentant le « peuple de Dieu », c’est-à-dire l’ensemble des baptisés qui ont foi en Jésus-Christ, .

Notes.

1 – Le paradoxe, si l’on peut dire, de la présente situation sanitaire, n’est pas sans nous faire rappeler qu’au XVIIe siècle, pour des motifs qui tenaient, non aux problématiques de prophylaxie corporelle mais en se fondant sur l’exigence disciplinaire qu’imposent les règles spirituelles, époque où l’on était d’ailleurs beaucoup plus conscient qu’aujourd’hui de la nécessaire « pureté » morale des âmes avant que de s’approcher de la sainte table, Antoine Arnauld (1612-1694), fit publier un ouvrage « De la fréquente communion où les sentiments des pères, des papes et des conciles, touchant l’usage des sacrements de pénitence et d’eucharistie, sont fidèlement exposés » (1643), préfacé par Martin de Barcos (1600-1678), neveu du célèbre abbé de Saint-Cyran (1581-1643), dans lequel on invitait les fidèles à se tenir à distance de la communion s’ils n’étaient pas en état d’accéder au sacrement de l’eucharistie, et à « communier intérieurement », en formulant en soi-même et en silence, des repentirs attristés et des sincères regrets de ses péchés. L’ouvrage, qui connut de nombreuses rééditions, fut, à partir de 1648, doté d’un frontispice dessiné par Philippe de Champaigne gravé par François Poilly, représentant la parabole du mauvais convive (Matthieu XXII, 13-14), considéré comme le principal récit biblique sur la « prédestination », où l’invité, indigne, est rejeté hors de la salle où doit se dérouler le festin des noces : « Il lui dit: Mon ami, comment es-tu entré ici sans avoir un habit de noces? Cet homme eut la bouche fermée. Alors le roi dit aux serviteurs : Liez-lui les pieds et les mains, et jetez-le dans les ténèbres du dehors, où il y aura des pleurs et des grincements de dents. Car il y a beaucoup d’appelés, mais peu d’élus. »

2 – Au sujet de la théologie dite de la « substitution », exposée notamment par saint Augustin (+ 430), qui, du point de vue doctrinal, relève de l’antijudaïsme théologique stipulant, ceci en conformité avec l’enseignement des pères de l’Eglise, que l’Ancienne Alliance passée par l’Eternel avec les fils d’Israël est devenue aujourd’hui caduque, le bénéfice de cette Alliance ayant été transférés aux chrétiens qui sont devenus les héritiers de la « Nouvelle Alliance », lire : Saint Augustin et le Tractatus Adversos Judaeos : la doctrine du « Verus Israël »

 

 

Prière pour vaincre les épidémies à Saint Camille de Lellis !

15 mars 2020

Christ en Croix que Saint Camille de Lellis (1550-1614) fit peindre,

et qu’il contemplait durant sa dernière maladie, afin de fortifier son espérance.

(Tableau d’Oscar de Haes). 

Dans la situation que traversent les populations des diverses régions du monde, désemparées face à la propagation exponentielle de l’épidémie, il est de notre devoir religieux de contribuer par les moyens spirituels légués par notre sainte mère l’Église, au soulagement des âmes durement éprouvées et naturellement inquiètes, tant pour elles que pour leurs familles et leurs proches.

Pour qu’en ces circonstances difficiles que nous traversons, les bénédictions du Ciel soient accordées, que les âmes soient protégées et épargnées, et que, s’il plait au Seigneur, reculent les forces de l’adversaire, plaçons dans nos prières régulières, l’oraison à saint Camille de Lellis (1550-1614) :

 

+

Glorieux Saint Camille, tu es apparu comme un Ange descendu du Ciel en réconfort aux misères humaines. Tu as tellement aimé les souffrants et les malades, que tu les as servis avec la même tendresse qu’une mère qui assiste son enfant malade. Nous te remercions pour ces exemples de charité héroïque que tu nous as laissés à tous, et nous te présentons notre grand désir de t’imiter.

Nous mettons notre vie et celles de tous ceux touchés par l’épidémie, sous ta spéciale protection, et nos petites ou grandes possibilités spirituelles et matérielles au service de ton sublime idéal de charité, en généreuse collaboration à celle de la croix rouge qui brille sur ta poitrine, sûrs que nous sommes que ton amour de père accompagnera toujours ceux qui se recommandent à toi.

 Nous te prions de faire sentir aux malades du monde entier, aux grabataires dans leurs maisons particulières, dans les cliniques et les hôpitaux, surtout aux agonisants, que tu les aimes, les protèges, que tu calmes leurs douleurs et les accompagnera vers le Ciel.

A ceux qui se dévouent à leur assistance – religieux, médecins, infirmiers, bénévoles– inspire ta foi, pour que, sous les apparences de chaque malade,ils sachent reconnaître le visage de Jésus aimé, blessé et défiguré par la douleur.  Rappelle-nous que le Paradis est promis à ceux qui ont la Foi, et que nous devons l’obtenir par l’amour envers Dieu et envers le prochain.

 Fais que les anges du Ciel triomphent de l’infection et des causes de la maladie qui se répand dans le monde. Et puis, à l’heure de notre mort, reste prés de nous. Après Jésus, Marie sa Mère et Saint Joseph, sois le protecteur des mourants.

Obtiens à chaque âme la bonté de Dieu, non seulement la délivrance de la mort, mais surtout que, munis de la grâce, tous puissent avoir une fin sereine si telle est la volonté Divine, ou, par ta bonté miséricordieuse, recouvrent la santé et soient délivrés à jamais de la maladie.

 Par Jésus Christ notre Seigneur.

Amen +

 

Saint Camille de Lellis (1550-1614)

Camille de Lellis est né en Italie, à Bucchianico, dans les Abruzzes, le 25 mai 1550. Après une jeunesse dissipée, il se convertit à l’âge de 25 ans pour se dévouer au service des malades.

Réformateur dans le domaine de la santé, il fonda une nouvelle école de charité, début de l’Ordre des Serviteurs des Malades, appelé aussi les pères et frères camilliens. Il adopta comme signe distinctif une croix rouge qui restera, à travers les siècles, le symbole de l’amour envers les personnes souffrantes.

Il est mort à Rome, le 14 juillet 1614, en laissant quinze maisons, huit hôpitaux et une congrégation. Canonisé par le Pape Benoît XIV en 1746, Camille de Lellis a été déclaré, aux côtés de saint Jean de Dieu, patron des malades par le Pape Léon XIII en 1886, et patron du personnel des hôpitaux par le Pape Pie XI en 1930. Il était doué d’un don de prophétie. Par son intercession de nombreux miracles eurent lieu aussi bien de son vivant qu’après sa mort.

 

 

Mercredi des cendres : début du Saint Carême

26 février 2020

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Pénitents Rouges

Le Carême commence le Mercredi des cendres et s’achève le Samedi saint au soir, veille de Pâques. La Semaine sainte dernière semaine de Carêmequi commence avec le dimanche des Rameaux, commémore la Cène, la Passion et la mort du Christ sur la Croix. Le Samedi saint au soir et le dimanche de Pâques, les chrétiens célèbrent la Résurrection du Christ. Le Carême est un temps de pénitence, entre le mercredi des Cendres et Pâques.

Symbole de pénitence dans le rite de l’imposition des cendres. Fête chrétienne qui commémore l’entrée de Jésus à Jérusalem. Centre de la foi et de l’espérance chrétienne. Semaine qui précède la Pâque chrétienne.

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Un temps de conversion

La durée du Carême – quarante jours sans compter les dimanches – fait en particulier référence aux quarante années passées au désert par le peuple d’Israël entre sa sortie d’Égypte et son entrée en terre promise ; elle renvoie aussi aux quarante jours passés par le Christ au désert (Matthieu 4, 1-11) entre son baptême et le début de sa vie publique. Ce chiffre de quarante symbolise les temps de préparation à de nouveaux commencements. Le Carême, temps de conversion, repose sur la prière, la pénitence. 

Le Mercredi des cendres, premier jour du Carême

Le Mercredi des cendres, premier jour du Carême, est marqué par l’imposition des cendres : le prêtre dépose un peu de cendres sur le front de chaque fidèle, en signe de la fragilité de l’homme, mais aussi de l’espérance en la miséricorde de Dieu.  Tout en le marquant, le prêtre dit au fidèle : « Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle« . L’évangile de ce jour est un passage de saint Matthieu – chapitre 6, versets 1 à 6 et 16 à 18 – qui incite les fidèles à prier et agir, non pas de manière orgueilleuse et ostentatoire, mais dans le secret de leur cœur :  « Quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que te donne ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais en secret (…) Quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret (…) Quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ; ainsi ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement du Père qui est présent dans le secret« .
 « L’abstinence de viande ou d’une autre nourriture, selon les dispositions de la conférence des Evêques, sera observée chaque Vendredi de l’année, à moins qu’il ne tombe l’un des jours marqués comme solennité ; mais l’abstinence et le jeûne seront observés le Mercredi des Cendres et le vendredi de la Passion et de la Mort et de notre Seigneur Jésus Christ. » (Can. 1251, code de droit canonique).
Faites pénitence et convertissez-vous !
Bon et saint Carême à tous, en chemin
vers le Sacrifice salvifique du Seigneur sur la Croix, 
et sa glorieuse Résurrection !

La mort de Louis XVI : le crime de la Nation contre la Souveraineté royale !

21 janvier 2020

 « Chaque goutte du sang de Louis XVI

en coûtera des torrents à la France »

Joseph de Maistre, 1796

« Un des plus grands crimes qu’on puisse commettre, c’est sans doute l’attentat contre la souveraineté, nul n’ayant des suites plus terribles. Si la souveraineté réside sur une tête, et que cette tête tombe victime de l’attentat, le crime augmente d’atrocité. Mais si ce Souverain n’a mérité son sort par aucun crime ; si ses vertus même ont armé contre lui la main des coupables, le crime n’a plus de nom. A ces traits on reconnaît la mort de Louis XVI ; mais ce qu’il est important de remarquer, c’est que jamais un plus grand crime n’eut plus de complices.

La mort de Charles Ier en eut bien moins, et cependant il était possible de lui faire des reproches que Louis XVI ne mérita point. Cependant on lui donna des preuves de l’intérêt le plus tendre et le plus courageux ; le bourreau même, qui ne faisait qu’obéir, n’osa pas se faire connaître. En France, Louis XVI marcha à la mort au milieu de 60000 hommes armés, qui n’eurent pas un coup de fusil pour Santerre : pas une voix ne s’éleva pour l’infortuné monarque, et les provinces furent aussi muettes que la capitale. On se serait exposé, disait-on. Français ! si vous trouvez cette raison bonne, ne parlez pas tant de votre courage, ou convenez que vous l’employez bien mal. L’indifférence de l’armée ne fut pas moins remarquable. Elle servit les bourreaux de Louis XVI bien mieux qu’elle ne l’avait servi lui-même, car elle l’avait trahi. On ne vit pas de sa part le plus léger témoignage de mécontentement.

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Enfin, jamais un plus grand crime n’appartint (à la vérité avec une foule de gradations) à un plus grand nombre de coupables. Il faut encore faire une observation importante : c’est que tout attentat commis contre la souveraineté, au nom de la nation, est toujours plus ou moins un crime national ; car c’est toujours plus ou moins la faute de la Nation, si un nombre quelconque de factieux s’est mis en état de commettre le crime en son nom. Ainsi, tous les Français, sans doute, n’ont pas voulu la mort de Louis XVI ; mais l’immense majorité du peuple a voulu, pendant plus de deux ans, toutes les folies, toutes les injustices, tous les attentats qui amenèrent la catastrophe du 21 janvier. Or, tous les crimes nationaux contre la souveraineté sont punis sans délai et d’une manière terrible ; c’est une loi qui n’a jamais souffert d’exception.

Peu de jours après l’exécution de Louis XVI, quelqu’un écrivait dans le Mercure universel : Peut-être il n’eût pas fallu en venir là ; mais puisque nos législateurs ont pris l’événement sur leur responsabilité, rallions-nous autour d’eux : éteignons toutes les haines, et qu’il n’en soit plus question. Fort bien : il eût fallu peut-être ne pas assassiner le Roi ; mais puisque la chose est faite, n’en parlons plus, et soyons tous bons amis. Ô démence ! Shakespeare en savait un peu plus lorsqu’il disait : La vie de tout individu est précieuse pour lui ; mais la vie de qui dépendent tant de vies, celle des souverains, est précieuse pour tous. Un crime fait-il disparaître la majesté royale ? A la place qu’elle occupait, il se forme un gouffre effroyable, et tout ce qui l’environne s’y précipite.

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« Tous les crimes nationaux contre la souveraineté

sont punis sans délai et d’une manière terrible ;

c’est une loi qui n’a jamais souffert d’exception.« 

Chaque goutte du sang de Louis XVI en coûtera des torrents à la France ; quatre millions de Français, peut-être, payeront de leur tête le grand crime national d’une insurrection anti-religieuse et anti-sociale, couronnée par un régicide. Il y eut des nations condamnées à mort au pied de la lettre comme des individus coupables, et nous savons pourquoi.

S’il entrait dans les desseins de Dieu de nous révéler ses plans à l’égard de la Révolution française, nous lirions le châtiment des Français comme l’arrêt d’un parlement. – Mais que saurions-nous de plus ? Ce châtiment n’est-il pas visible ? N’avons-nous pas vu la France déshonorée par plus de cent mille meurtres ? le sol entier de ce beau royaume couvert d’échafauds ?

et cette malheureuse terre abreuvée du sang de ses enfants par les massacres judiciaires, tandis que des tyrans inhumains le prodiguaient au dehors pour le soutien d’une guerre cruelle, soutenue pour leur propre intérêt ? Jamais le despote le plus sanguinaire ne s’est joué de la vie des hommes avec tant d’insolence, et jamais peuple passif ne se présenta à la boucherie avec plus de complaisance. Le fer et le feu, le froid et la faim, les privations, les souffrances de toute espèce, rien ne le dégoûte de son supplice ; tout ce qui est dévoué doit accomplir son sort ; on ne verra point de désobéissance, jusqu’à ce que le jugement soit accompli. »

Joseph de Maistre, Considérations sur la France (1796).

Lire

La Révolution et la haine de l’Eglise !

 

 

 

 

 

La chasteté sacerdotale du prêtre catholique

15 janvier 2020

  

Si le prêtre doit garder la continence,

c’est avant tout pour le service de l’Eucharistie !

 

Benoit XVI, qui vient d’être contraint de retirer son nom d’un livre cosigné avec le cardinal Sarah,  au moment où certains évêques modernistes, notamment en Allemagne et en Autriche, tentaient de revenir sur cette pieuse tradition, avait profité d’une convention théologique « Fidélité du Christ, fidélité du prêtre » pour déclarer : « la valeur du célibat sacré qui, dans l’Eglise latine, est un charisme requis pour l’ordination […] C’est signe de la consécration toute entière au Seigneur, une expression du don de soi à Dieu et aux autres».  Cette déclaration était une réponse à ceux qui évoquaient, fallacieusement alors que 96 % des actes de cette nature sont le fait de personnes mariées, de supprimer le célibat des prêtres pour éviter les actes de pédophilie.

L’Eglise est pourtant très claire sur le sujet :

« Tous les ministres ordonnés de l’Église latine, à l’exception des diacres permanents, sont normalement choisis parmi les hommes croyants qui vivent en célibataires et qui ont la volonté de garder le célibat <>… Le célibat est un signe de cette vie nouvelle au service de laquelle le ministre de l’Église est consacré ; accepté d’un cœur joyeux, il annonce de façon rayonnante le Règne de Dieu. »  [Article #1579, p. 409]

A partir de l’ordination, dignité exceptionnelle,

l’état de prêtre justifier un sacrifice souvent héroïque.

Les évêques, les prêtres et les diacres ont une place privilégiée, car ils sont « ceux qui sont au service des sacrements divins » (qui sacramentis divinis inserviunt), « ceux qui sont affectés au service de l’autel » (qui altario inserviunt). Ces expressions, qui qualifient indistinctement les trois degrés supérieurs de la cléricature,  indiquent que le fondement spécifique de la continence est le service des sacramenta et de l’autel, c’est-à-dire le service de l’Eucharistie. C’est là la motivation centrale.

Si le prêtre doit garder la continence, c’est avant tout pour le service de l’Eucharistie. Il est tout à fait inexact, comme le font certains, de parler de « continence cultuelle », ou de « pureté cultuelle », car ces expressions sont chargées de résonances païennes ou philosophiques (notamment stoïciennes). En réalité, c’est la liturgie, et la liturgie eucharistique avant tout, qui, actualisant le mystère pascal, fait du prêtre un médiateur entre Dieu et les hommes. Configuré à Jésus-Christ, tête et époux de l’Eglise, le prêtre est un « alter Christus », agissant « in persona Christi » pour le service du peuple de Dieu, service qui trouve son expression la plus haute dans l’intercession eucharistique et d’une façon générale, dans le dialogue permanent du prêtre avec le Père des hommes et le Maître de l’histoire. Par l’Eucharistie, auquel il est « ordonné », le prêtre devient l’intercesseur qualifié pour traiter avec Dieu en toute simplicité de cœur (simpliciter) des affaires de ses frères les hommes.

C’est donc, par priorité, ce caractère de médiateur qui entraîne comme corollaire allant de soi, dans l’esprit des Pères des premiers siècles, l’obligation de la continence. Les Pères orientaux notamment, dans leur style enthousiaste, exaltent sans complexe la dignité du prêtre : « Ceux-là, s’élèvent au-dessus de la multitude par leur vertu et leur familiarité avec Dieu, tenant le rôle de l’âme par rapport au corps ou de la pensée par rapport à l’âme…» (Saint Grégoire de Nazianze)

Crucifixn X

C’est la liturgie eucharistique qui, actualisant le mystère pascal,

fait du prêtre un médiateur entre Dieu et les hommes.

 

Si tant d’hommes mariés, tant de couples chrétiens des premiers siècles, ont accepté la discipline de la continence à partir de l’ordination, c’est que la conscience de cette dignité exceptionnelle, accueillie comme un don gratuit, était assez vive pour justifier un sacrifice souvent héroïque. C’est en toute connaissance de cause qu’ils franchissaient le pas de la continence, et qu’ils devenaient ensuite, à leur tour, les « gardiens de la pureté ». Ces  hommes qui ont légiféré pour le maintien de la discipline du célibat dans les conciles ou les synodes régionaux n’étaient pas des « refoulés », à qui la sexualité humaine faisait peur ou inspirait une méfiance morbide, non, c’étaient des hommes choisis, des hommes mûrs, et mûris par une expérience parfois d’époux et de pères de famille, qui manifestaient à l’ordination la dignité exceptionnelle du sacerdoce chrétien. Hilaire de Poitiers, Pacien de Barcelone, Sévère de Ravenne, Eucher de Lyon, Paulin de Noie, pour ne citer que quelques-uns, tous ont montré  l’idée de l’mmense dignité du sacerdoce, et « nul ne s’arroge à soi-même cet honneur, on y est appelé par Dieu, absolument comme Aaron », et le choix de Dieu fait de la liberté qui accepte d’y répondre une liberté plus parfaite.

Dans l’encyclique de Pie XI, Ad sacerdotii catholici, le 20 décembre 1935, saint Joseph fait partie des exemples cités pour encourager le célibat des prêtres :

« De fait, la loi du célibat ecclésiastique, dont la première trace écrite, qui suppose évidemment une coutume plus ancienne, se rencontre dans un canon du Concile d’Elvire (28) au début du IVe siècle, alors que la persécution sévissait encore, ne fait que rendre obligatoire une certaine exigence morale, pourrions-nous dire, qui ressort de l’Evangile et la prédication apostolique. Constater la haute estime dont le divin Maître avait fait montre pour la chasteté en l’exaltant comme une chose qui dépasse les forces ordinaires (cf. Mt 19, 11) ; savoir qu’il était  » fleur d’une mère vierge (29) « , et depuis l’enfance élevé dans la famille virginale de Marie et de Joseph ; voir sa prédilection pour les âmes pures, comme les deux Jean, le Baptiste et l’Evangéliste ; entendre le grand Apôtre Paul, fidèle interprète de la loi évangélique et des pensées du Christ, prêcher le prix inestimable de la virginité, spécialement dans le but d’un service de Dieu plus assidu : celui qui est sans épouse se préoccupe des choses du Seigneur ; il cherche comment plaire à Dieu (1 Co 7, 32) ; tout cela devrait pour ainsi dire nécessairement faire sentir aux prêtres de la Nouvelle Alliance l’attrait céleste de cette vertu choisie, leur faire désirer d’être du nombre de ceux à qui il a été donné de comprendre cette parole (cf. Mt 19, 11), et leur faire adopter spontanément cette observance, sanctionnée très tôt par une loi très grave dans toute l’Eglise latine,  » afin que ce que les Apôtres ont enseigné – comme l’affirme à la fin du IVe siècle le IIIe Concile de Carthage – et ce que nos prédécesseurs ont observé, nous aussi, nous y soyons fidèles. (Pie XI, encyclique Ad sacerdotti catholici, § 30)

Le sacrement de l’Ordre « configure le prêtre au Christ,

Tête et Pasteur, Serviteur et Epoux de l’Eglise. 

 L’histoire et la théologie affirment, chacune à sa manière, ce que les Pères de l’Eglise appelaient la dignité exceptionnelle du sacerdoce ; le sacrement de l’Ordre « configure (le ministre) au Christ Tête et Pasteur, Serviteur et Epoux de l’Eglise ». Dans ce contexte, le célibat sacerdotal apparaît comme une exigence de radicalisme évangélique favorisant de manière spéciale le mode de vie « sponsal » qui découle logiquement de la configuration du prêtre à Jésus-Christ par le sacrement de l’Ordre. Ces motivations théologiques, l’histoire nous montre qu’elles étaient dès les origines le fondement de la tradition disciplinaire de la continence des clercs. Ne faisant qu’un avec le Christ médiateur, configurés avec lui, les évêques, prêtres et diacres exerçaient un ministère d’intercession qui, depuis les Apôtres, était conçu comme un don total au service de l’Eglise et de l’humanité entière.

La discipline de la continence sacerdotale a pu être conçue dès les origines comme une priorité, d’où dépendait la perfection du peuple chrétien. Ce n’est pas un hasard si la plupart des traités patristiques sur la virginité, qui ont tant fart pour l’essor de la vie religieuse, ont été composés par des évêques : Cyprien de Carthage, Méthode d’Olympe, Athanase d’Alexandrie, Basile d’Ancyre, Augustin d’Hippone, et d’autres. « Gardiens de la pureté », les chefs d’Eglises avaient la conviction qu’ils devaient prêcher d’exemple et exhorter sans cesse, afin d’entraîner les fidèles sur la voie royale, mais étroite, qui conduit au Christ.

Source

Joyeux et Saint Noël en union avec l’enfance de Jésus

24 décembre 2019

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«Etre entre les mains de Dieu comme un enfant entre les bras de sa mère

et pratiquer le renoncement à la volonté propre,

l’abandon total de soi et l’indifférence à toute chose,

la simplicité, la pureté, la mansuétude et l’innocence

Chapelle du Petit Roi de Grâce, Beaune.

(statue en bois polychrome de l’Enfant Jésus du XVIIe s.)

Marguerite du Saint-Sacrement (1619-1648), religieuse carmélite,  fondatrice de « l’Association de la dévotion à la Sainte Enfance de Jésus« ,  était versée dans la pratique continuelle de l’oraison depuis sa plus tendre enfance, au point qu’elle s’approcha de l’état d’innocence qu’Adam possédait avant la Chute : « Le premier effet qui se fit sentir chez Marguerite, et qui devait concourir à la préparation de cette âme, déjà si pure, aux desseins de Dieu, fut un renouvellement de la grâce du baptême, si efficace, qu’il la rétablit dans un état d’innocence semblable a celui que te premier homme, possédait avant sa chute. Marguerite recouvra avec cette pureté native les avantages que Dieu y avait attachés. Son esprit, dépouillé de l’enveloppe qui obscurcit notre intelligence, s’éleva plus librement à Dieu, et reçut, au lieu des connaissances bornées de la science humaine, de vives lumières qui lui permettaient de comprendre le rapport de toutes choses avec le Créateur et leur destination dans l’ordre admirable de ses desseins. Absorbée par une contemplation continuelle, qui l’unissait sans cesse à Dieu et transportait son esprit dans une région supérieure à la terre, elle ne se servait plus de ses sens purifiés par cette effusion divine de la grâce que pour la pratique des vertus. De cette intelligence lumineuse des secrets du ciel et de cette compréhension admirable de la beauté divine, découlait une multitude d’autres grâces qui  la rapprochaient de l’état béatifique dans lequel se trouvent les élus qui jouissent de Dieu. » [1]

Marguerite du Saint-Sacrement eut une vénération toute spéciale pour l’Enfant Jésus, et s’immergea entièrement dans l’esprit de la petite enfance, qu’elle regardait comme l’état d’anéantissement parfait de Dieu. En février 1636, Jésus dit à Marguerite : « Puise dans le trésor de mon enfance, ce sera par les mérites de ce mystère que tu surmonteras toutes les difficultés ». Elle découvrait d’ailleurs au Carmel, l’intense dévotion à l’Enfant Jésus instaurée par Sainte-Thérèse d’Avila (1515-1582), et dont l’école française de spiritualité, notamment par la voix de Pierre de Bérulle (1575-1629) qui introduisit le Carmel en France, était extrêmement fervente.

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« Ainsi donc justifiés par la foi,

ayons la paix avec Dieu par Jésus-Christ Notre-Seigneur ;

par qui aussi nous avons accès à cette grâce

où nous sommes établis et où nous nous glorifions

dans l’espoir de la gloire de Dieu (Rom. V, 1, 2)».

Il nous faut faire basculer notre vie en Dieu. C’est bien là l’enjeu de la croissance spirituelle, être possédé par Dieu, envahi par Dieu. Imaginons que notre être soit un réservoir vide.

De quoi le remplissons-nous ?

De Dieu ou des misères de la terre ?

Pour remplir notre être nous avons une pompe ; les puissances de l’âme (La mémoire, l’intelligence, la volonté) à quoi utilisons-nous nos puissances de l’âme et vers quoi les orientons-nous ?

L’Enfance de Jésus éduque nos puissances à se tourner vers Dieu, au jour le jour.

Comment ?

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« Pratiquer le renoncement à la volonté propre,

l’abandon total de soi et l’indifférence à toute chose… »

Le Père Charles de Condren (1588-1641) dira : «Etre entre les mains de Dieu comme un enfant entre les bras de sa mère et pratiquer le renoncement à la volonté propre, l’abandon total de soi et l’indifférence à toute chose, la simplicité, la pureté, la mansuétude et l’innocence

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« le Petit Roi de Grâce a plus soin de votre âme et de vos besoins

que vous n’en saurez avoir vous-mêmes.

Tenez-vous en paix, tâchant de remettre tout

entre les bras du Saint Enfant Jésus.

Je Le supplie de vous donner la force pour tout ce qu’Il désire de vous ».

 (Paroles extraites de la « Vie de Marguerite du Saint-Sacrement »).

Note.

  1. L. de Cissey, Vie de Marguerite du Saint-Sacrement, religieuse carmélite, fondatrice de l’Association de la dévotion à la sainte enfance de Jésus, (1619-1648), Ambroise Bray Libraire-Éditeur, 1862, pp. 55-57.
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