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La « folie universelle » du suffrage universel !

1 mai 2022

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« La Nation française est absolument étrangère

au sinistre pandémonium républicain intrinsèquement pervers,

que nous subissons en tant que système politique. »

Après plusieurs semaines d’un pitoyable cirque électoral où, comme à son habitude, le régime impie connu sous le nom de « République » – République née dans le crime, le blasphème et issue du « régicide » – a mis en scène le spectacle lamentable consistant, selon des intervalles temporels répétitifs qui font la joie des amuseurs publiques déguisés en journalistes, à désigner celui qui aura à présider – non la Nation française évidemment car la substance réelle de la France, qui prit corps lors du baptême de Clovis en l’an 496, est absolument étrangère à ce sinistre pandémonium laïc – le système idéologique intrinsèquement pervers que nous subissons.

Il est en conséquence sans doute nécessaire de rappeler sur quel type de mensonge repose la caricature de l’authentique « souveraineté » qu’est la désignation par le « suffrage universel » des successeurs de Robespierre (1758-1794) et de la sinistre cohorte composées des assassins de la Révolution, qui prétendent détenir et exercer une autorité au nom du « peuple ».

I. Essence de l’authentique « souveraineté » selon la doctrine contre-révolutionnaire

Joseph de Maistre (1753-1821), dans son analyse portant sur l’origine divine de toute souveraineté, eut cette célèbre phrase de l’Epître aux Romains par laquelle saint Paul affirme : « Il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu. » (Romains, XIII, 1.) Toutefois, loin d’en rester à la simple reprise de l’affirmation paulinienne, Maistre va lui donner une extension bien plus large en soutenant, dans son Essai sur le principe générateur des constitutions politiques (1814), que c’est toutes les constitutions politiques traditionnelles qui possèdent une origine divine. Pour Maistre il est donc évident que « Dieu « fait » les Rois », et ce de manière littérale.

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« Per me reges regnant » (Prov., VIII, 15.)

Le comte chambérien se réfère à la conception « mystique » du droit divin et insiste sur l’aspect sacral de la fonction royale, il reprend volontiers la sentence du livre des Proverbes : « Per me reges regnant » (Prov., VIII, 15.)

Maistre ne fonde pas sa doctrine de la légitimité politique de  la royauté sur la « naturalité », ni sur sa nécessité universelle, mais sur son caractère sacré. Bien sûr il a recourt parfois aux leçons de la politique expérimentale pour renforcer son discours : « …la politique expérimentale démontre que la monarchie héréditaire est le gouvernement le plus stable, le plus heureux, le plus naturel à l’homme, et la monarchie élective, au contraire, la pire espèce des gouvernements connus. » [1] mais il ne se laisse pas longtemps abuser, il sait que le réel est traversé par tant d’irrationalité qu’ « on trouve presque toujours la théorie la plus plausible contredite et annulée par l’expérience. » [2]

Et c’est  précisément cette irrationalité du réel qui est la marque même de la volonté divine au sein de l’Histoire ; c’est le caractère incompréhensible du développement historique qui est à l’origine de la théorie maistrienne de l’intervention providentielle.

Le sédévacantisme est une erreur !

« Le divin se manifeste dans l’histoire humaine

en n’obéissant à aucune loi humaine… »

La politique n’est donc pas une science raisonnée, mais le constat de l’ignorance des plans divins et l’aveu, par les hommes, d’une impossibilité à en maîtriser la logique. La perspective politique de Maistre est claire, le divin se manifeste dans l’histoire humaine en n’obéissant à aucune loi humaine, c’est là par exemple le sens de la sacralité du bourreau ou de la guerre, fondé en substance sur l’incompréhensibilité des impératifs supérieurs qui commandent et dirigent le destin des peuples. Cette notion est en radicale opposition avec l’esprit des « Lumières » qui voulut, en premier lieu, placer la « Raison » et le « Contrat » au centre de la cité, pour Maistre non seulement « l’état de nature » est une fiction, mais plus encore « l’état de nature est une contre nature. » [3]

Résurrection 1

« C’EST MOI QUI FAIS LES SOUVERAINS »

Dès lors qu’on le veuille ou non, et la volonté en ces matières est de peu d’importance, « L’homme ne peut faire de souverain. C’est pourquoi « il est écrit : C’EST MOI QUI FAIS LES SOUVERAINS. Ceci n’est point une phrase d’église, une métaphore de prédicateur ; c’est la vérité littérale, simple et palpable. C’est une loi du monde politique. Dieu fait les Rois, au pied de la lettre. Il prépare les races royales ; il les mûrit au milieu d’un nuage qui cache leur origine. Elles paraissent ensuite couronnées de gloire et d’honneur ; elles se placent ; et voici le plus grand signe de leur légitimité. » [4]

II. Nature impie de la « République »

La philosophie politique qui a présidé à l’émergence des idées de la Révolution française, idées qui aboutirent à la fameuse « Déclaration des droits de l’homme », Maistre s’emploiera inlassablement tout au long de sa vie à en déconstruire les postulats insensés et anti-traditionnels qui, follement, placent « l’homme » à la source du droit en l’installant sur le  trône des amères désillusions, tel un dieu moderne objet d’un étrange et sinistre culte idolâtrique.

Droits de l'homme

« La Constitution de 1795 (…) est faite pour l’homme,

or il n’y a point d’homme dans le monde. »

Maistre aura d’ailleurs cette pertinente remarque à propos de la fiction abstraite que représente « l’homme » selon la pensée des Lumières : « La Constitution de 1795 (…) est faite pour l’homme, or il n’y a point d’homme dans le monde. J’ai vu, dans ma vie, des Français, des Italiens, des Russes, etc. ; je sais même, grâce à Montesquieu, qu’on peut être Persan : mais quant à l’homme, je déclare ne l’avoir rencontré de ma vie ; s’il existe, c’est bien à mon insu. » [5]

C’est cette profonde et dangereuse erreur philosophique, cette radicale inversion des valeurs, ce coupable renversement des hiérarchies authentiques, qui est proprement un acte « satanique ». Le crime initial, accompli par les philosophes des Lumières, est d’avoir supposé qu’il était possible, et même nécessaire, d’abattre la relation de dépendance ontologique qui unissait l’homme à son Créateur, de faire de l’homme le fondement universel de tout, et d’ainsi s’approprier l’Histoire en méprisant les lois civilisatrices qui, sagement, prévenaient les sociétés anciennes des égarements de l’humaine nature trop humaine.

L’homme a voulu se faire Dieu et se faisant il est devenu le suppôt du diable. Comme le rappellera Maistre : « Tout varie, sauf les lois éternelles.» [7] Dès que l’on ose y toucher, par audacieuse imprudence, c’est le crime, l’anarchie et le chaos qui inévitablement triomphent et s’en est alors définitivement fini du droit véritable.

III. La République est le régime de l’esclavage de « l’opinion »

Dès lors, face à cet état de fait, en ayant brisé les vénérables institutions, la République qui s’est imposée par la terreur, le génocide et l’antichristianisme, s’est constituée une illusoire « légitimité » en conférant soi-disant au « peuple » l’origine de la « souveraineté ».

Or cette origine est une escroquerie objective, le peuple ne possède aucune « souveraineté », car tout pouvoir vient de Dieu et de Lui seul ! Affirmer le contraire, se revendiquer de la « souveraineté du peuple », relève de la conception inversée de l’autorité issue de la pensée de la Révolution ; c’est donc une position tout simplement sacrilège.

Par ailleurs, une escroquerie en entraînant une autre, le vicomte Louis de Bonald (1754-1840) écrit fort justement, montrant que la République en réalité – alors qu’elle prétend agir au nom de sa devise « Liberté », « Egalité », « Fraternité » -, dissimule, par le mécanisme de la délégation du pouvoir par l’élection des « représentants du peuple », un système qui est celui de « l’esclavage » : « Des hommes (…) dont toute la métaphysique est l’obscurité d’un esprit faux, et toute la politique les désirs effrénés d’un cœur corrompu, ont avancé que la souveraineté résidait dans le peuple. C’est là une proposition générale ou abstraite ; mais lorsqu’on veut en faire l’application à l’histoire ou par l’histoire, il se trouve que le peuple n’a jamais été et qu’il ne peut jamais être souverain : car où seraient les sujets quand le peuple est souverain ? Si l’on veut que la souveraineté réside dans le peuple, dans ce sens qu’il ait le droit de faire des lois, il se trouve que nulle part le peuple n’a fait des lois, qu’il est même impossible qu’un peuple fasse des lois, et qu’il n’a jamais fait, et qu’il ne peut jamais faire autre chose qu’adopter des lois faites par un homme appelé par cette raison législateur : or, adopter des lois faites par un homme, c’est lui obéir ; et obéir n’est pas être souverain, mais sujet, et peut-être esclave. » [8]

Louis de Bonald résume ainsi la situation : « Si l’on prétend que la souveraineté réside dans le peuple, dans ce sens que le peuple en délègue l’exercice en nommant ceux qui en remplissent les diverses fonctions, il se trouve que le peuple ne nomme personne, et ne peut même nommer qui que ce soit ; mais qu’un nombre convenu d’individus, qu’on est convenu d’appeler peuple, nomment individuellement qui bon leur semble, en observant certaines formes publiques ou secrètes dont on est également convenu. Or des conventions ne sont pas des vérités (…) Donc cette proposition générale ou abstraite : La souveraineté réside dans le peuple, n’a jamais reçu et ne peut recevoir aucune application ; donc c’est une erreur. » [9]

L’exercice favori de ce régime est l’instrumentalisation de la pensée

afin de pousser les masses ignorantes, formant le troupeau servile des électeurs,

à accorder leurs suffrages à des candidats choisis par avance.

Ce à quoi se rajoute de nos jours, bien que le principe soit depuis toujours identique en République – la manipulation de l’opinion, autrefois par l’intermédiaire des libelles, pamphlets, affiches, etc., à présent par la puissance gigantesque des médias (chaînes de télés, radios, journaux, internet), qui sont entre les mains d’intérêts privés (banques, industries, groupes de pressions, sociétés occultes, etc.), s’adonnant à l’exercice favori de ce régime, soit l’instrumentalisation de la pensée afin de pousser les masses ignorantes, formant le troupeau servile et docile des électeurs, à accorder leurs suffrages à des candidats choisis et sélectionnés par avance, soit par les partis qui se partagent le pouvoir, soit par des groupes influents au service de projets ténébreux étrangers au bien commun, disposant des moyens financiers, structurels et matériels gigantesques qui leur permettent de faire élire ceux qui ont été désignés en lieux secrets et discrets, et de les faire parvenir aux plus hautes fonctions de l’Etat.

Mgr de Ségur

« La presse est le grand levier de la Révolution »

Comme le soulignait déjà Monseigneur de Ségur (1820-1881) : « La presse est le grand levier de la Révolution » [10], cette « Révolution », utilisant avec un art consommé, tous les leviers de la manipulation des esprits à grande échelle : « Elle se fait tout à tous pour gagner tout le monde à sa cause. Afin de pervertir les chrétiens, afin de nous ravir le sens catholique, elle se sert de l’éducation, qu’elle fausse; de l’enseignement, qu’elle empoisonne; de l’histoire, qu’elle falsifie; de la presse, dont elle fait l’usage que chacun sait; de la loi, dont elle prend le manteau; de la politique, qu’elle inspire; de la Religion elle-même, dont elle prend parfois les dehors pour séduire les âmes. » [11]

Sa description de la situation permettant la « fabrication » de l’opinion publique, qui date pourtant d’un siècle et demi, est plus que démonstrative : « Sur cinq cent quarante journaux, il n’y en a peut-être pas trente qui soient vraiment chrétiens. Pour quatre-vingts ou cent mille lecteurs de feuilles publiques respectant la foi, l’Eglise, le pouvoir, les principes, cinq ou six millions d’hommes avalent tous les jours le poison destructeur que leur présentent goutte à goutte les journaux impies. Que l’on me pardonne cette comparaison : la presse est, entre les mains de la Révolution, un grand appareil à seriner les hommes. Quand on veut apprendre un air a des oiseaux, on leur répète cet air dix et vingt fois par jour, au moyen d’un instrument ad hoc. Les chefs du parti révolutionnaire, pour former, comme on dit, l’opinion publique, pour faire entrer dans les têtes leurs idées fatales, ont recours à la presse ; chaque jour, ils tournent la manivelle; chaque jour, ils répètent dans leurs journaux l’air qu’ils veulent imposer au public, et bientôt les serins chantent. Et voila l’opinion publique. » [12]

Sachant qu’aujourd’hui, le processus de « fabrication de l’opinion » décrit par Mgr de Ségur, dans notre société du spectacle télévisuel permanent, s’est amplifié avec les nouveaux médias jusqu’à atteindre des proportions totalement inouïes, dont il était impossible, il y a encore peu, d’imaginer la dimension qu’elle prendrait.

Conclusion

Le système et son hideux spectacle de fête foraine, sont donc fermement cadenassés, et il faut soit être un profond naïf, soit un fieffé menteur, pour soutenir que quelque chose de salvateur, libre, vrai et sincère, puisse surgir de cette tartufferie grotesque, entièrement contrôlée par des requins pervers, qui a pour nom « les élections ».

Pío IX

« Oui, le suffrage universel

mériterait plutôt le nom de folie universelle.. »

On comprend pourquoi Pie IX put soutenir que le suffrage universel devrait prendre le titre de « folie universelle », livrant le gouvernement de l’État aux hommes de mensonge en écartant les hommes de la vérité, une folie universelle qui, au lieu d’être l’expression véritable de la volonté populaire, n’en est qu’un signe « apparent ». Le Pontife déclarait à ce propos, devant un groupe de pèlerins français : « Je bénis tous ceux qui coopèrent à la résurrection de la France. Je les bénis dans le but, (laissez-moi vous le dire), de les voir d’une œuvre bien difficile mais bien nécessaire, celle qui consiste à faire disparaître ou à diminuer une plaie horrible qui afflige la société contemporaine, et qu’on appelle le suffrage universel. Remettre la décision des questions les plus graves aux foules, nécessairement inintelligentes et passionnées, n’est-ce pas se livrer au hasard et courir volontairement à l’abîme ? Oui, le suffrage universel mériterait plutôt le nom de folie universelle… » (Pie IX, 5 mai 1874).

Il est de ce fait, à titre individuel ou collectif, inutile voire sacrilège de participer à cette mascarade électorale en fondant quelques vains espoirs sur tel ou tel parti « républicain », puisque rien ne peut sortir de bon de la République. La République, système faux et trompeur, ne possède pas la réponse aux questions qu’elle pose ; c’est un régime mauvais en son essence, pervers en son origine, radicalement malsain en son organisation, qui ne mérite qu’une chose : disparaître, pour que puissent un jour, et enfin, refleurir les Lys de France !

Lire :

Pourquoi faut-il

une théocratie catholique ?

Notes.

  1. J. de Maistre, Préface de l’Essai sur le principe générateur des constitutions politiques, 1814.
  2. Ibid.
  3. J. de Maistre, Œuvres Complètes, t. VII, p. 526.
  4. Ibid.
  5. J. de Maistre, Considérations sur la France, ch. VI, 1795.
  6. Œuvres Complètes, t. II, p. 253.
  7. Ibid.
  8. L. de Bonald, Théorie du pouvoir politique et religieux dans la société civile, démontrée par le raisonnement et par l’Histoire, 1796.
  9. Ibid.
  10. Mgr de Ségur, La Révolution expliquée aux jeunes gens, 1871.
  11. Ibid.
  12. Ibid.

Sainte Fête de Pâques !

17 avril 2022


« Voici la porte du Seigneur, c’est par elle que les justes entreront »

Le jour que nous attendions vient de nous apparaître dans tout son éclat: la bienheureuse solennité que nous appelions de nos voeux est enfin arrivée; le Seigneur a comblé nos désirs en nous donnant de célébrer le saint jour de Pâques. Frères bien-aimés, tressaillons de joie dans cette grande solennité, rendons à la divine bonté de vives et sincères actions de grâces, rehaussées par la sainteté de nos moeurs et par la ferveur de notre amour. Aujourd’hui le ciel et la terre se réjouissent; les Anges mêlent leurs cantiques à ceux des hommes, et toute créature raisonnable redit : « Alleluia », c’est-à-dire : louez le Seigneur. Chantons tous ensemble:

« Le Seigneur est grand et au-dessus de toute louange. Le Seigneur est vraiment grand, sa puissance est sans bornes et sa sagesse sans mesure » (Psaumes, CXLVI, 5).

Qui pourrait facilement énumérer, ou dignement expliquer les mystères de ce jour? Le démon vaincu, l’empire de la mort détruit, Jésus-Christ ressuscitant plein de gloire et d’immortalité, la consommation de notre salut, tels sont les grands faits qui marquent à tout jamais la solennité de ce jour. Se peut-il pour nous, mes frères, un plus grand sujet de joie? un bonheur plus complet ? un mystère plus sacré ? un sacrement plus admirable ?

 « C’est bien le jour que le Seigneur a fait; réjouissons-nous et tressaillons d’allégresse ». C’est le jour de notre renaissance, de notre renouvellement, de notre vivification, de notre rédemption, de notre sanctification, de notre illumination. «Autrefois nous étions ténèbres, aujourd’hui nous sommes lumière dans le Seigneur. » (Ephésiens. V, 8). Autrefois nous étions les captifs du démon, mais aujourd’hui nous confessons et nous disons au Seigneur « que nous avons été rachetés des mains de notre ennemi et rassemblés des régions les plus lointaines. » (Psaumes, CVI, 2).

Ainsi donc, sous le vif éclat d’une telle lumière, dans ce temps de sanctification, « ne dormons pas » du sommeil du péché, mais « veillons » pour toute bonne oeuvre ;  soyons sobres d’esprit et de corps. Marchons comme des enfants de lumière. « Le fruit de toute lumière réside dans la bonté, la justice et la vérité. Mangeons la sainte Pâque , non pas avec l’ancien ferment de « malice et d’iniquité, mais avec les azymes de la sincérité et de la vérité ». L’objet pour nous de cette grande solennité spirituelle, c’est le Verbe de Dieu, notre Sauveur, dont il est dit: « Au commencement, Dieu le Verbe était dans le Père, et le Verbe s’est fait chair, et il a habité parmi nous, et nous avons vu et nous croyons sa gloire ». Il est le Fils unique du Père, et cependant il a daigné nous faire ses cohéritiers. O amour étonnant et ineffable ! Nous qui étions des serviteurs inutiles, nous avons mérité de devenir les frères de Jésus-Christ et ses cohéritiers.

Que rien de charnel, rien d’indigne ne se mêle aux élans de joie que nous inspire la grâce divine. Non-seulement il y aurait de l’indécence, mais encore un crime de trouver dans cette grande solennité l’occasion de se livrer à la sensualité dans les repas et de jeter l’âme dans une sorte de honteuse torpeur. Que nos fêtes soient donc honnêtes, agréables à Dieu, et conformes à cette parole de l’Apôtre: « Que toutes nos oeuvres s’accomplissent honnêtement et selon l’ordre ; soit que nous mangions, soit que nous buvions, soit que nous fassions toute autre chose, agissons en tout au nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ. » (Matthieu XXIII, 37).

Les Juifs croient devoir conserver l’observation du sabbat, c’est-à-dire du septième jour; malheureux Juifs, qui ne connaissent pas le jour légitime et ne veulent pas croire que la fin de la loi c’est Jésus-Christ, qui seul a pu accomplir la loi, créer les jours et préposer à toutes les solennités ce jour que nous appelons le jour du Seigneur, parce que c’est dans ce jour que notre Seigneur et notre Sauveur, sortant du tombeau, est apparu au monde comme étant la véritable lumière. Les païens appellent ce jour le jour du soleil, sans comprendre la portée de cette parole; nous, au contraire, nous comprenons que c’est le jour de ce soleil dont il est écrit: « Vous verrez s’élever pour vous le soleil de justice qui porte sur ses ailes notre salut. » (Malachie IV, 2). Personne n’attribue des ailes au soleil visible de la nature; il n’en est pas de même du Soleil véritable, qui a créé celui que nous voyons; seul il porte ces ailes de la puissance et de la protection divine dont il est dit: « Il les a reçus comme l’aigle déployant ses ailes et a protégeant son nid» (Deutéronome XXXII, 2). Nous lisons également dans l’Evangile: « Jérusalem, Jérusalem, combien de fois j’ai voulu rassembler tes fils, comme la poule rassemble ses petits sous ses ailes  ». Enfin, c’est à ce soleil que le fidèle adresse cette invocation salutaire : « J’espérerai à l’ombre de vos ailes, jusqu’à ce que l’iniquité disparaisse ».

 Nous voyons ouverte devant nous la porte du salut, dont il est dit : « Voici la porte du Seigneur, c’est par elle que les justes entreront » ; entrons donc par la porte de l’Eglise en toute sincérité et vérité, afin que cette porte de la confession et de la louange nous introduise dans le royaume des cieux, où nous jouirons du bonheur éternel. « Nous ne serons pas confondus lorsque nous parlerons dans la porte », c’est-à-dire en Notre-Seigneur Jésus-Christ qui a dit de lui-même : « Je suis la porte, celui qui entrera par moi sera sauvé ».

C’est par Jésus-Christ que tous les saints sont entrés et entrent chaque jour près du Père de la vie éternelle, à qui, avec le Fils et le Saint-Esprit, soient honneur et gloire dans tous les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

 Bossuet, Sermon sur la Fête de Pâques.

Jeudi Saint : entrée dans le « Triduum Pascal »

14 avril 2022

Le Jeudi Saint, fait mémoire de l’institution de la Cène.

Le Jeudi Saint est le premier jour des jours saints que l’on appelle « Triduum Pascal ». Pendant ces trois jours, les catholiques revivent les derniers instants de la vie du Christ sur terre. Le Jeudi Saint nous célébrons le dernier repas du Christ: la Cène, puis sa dernière nuit au mont des Oliviers avant son arrestation :

« Avant la fête de Pâque, Jésus sachant que son heure était venue de passer de ce monde à son Père, comme il avait aimé les siens qui étaient dans le monde, il les aima jusqu’à l’excès. Et après le souper, le démon ayant déjà mis dans le cœur de Judas Iscariote, fils de Simon, le dessein de le trahir, Jésus, qui savait que son Père lui avait donné tout pouvoir, qu’il était sorti de Dieu et qu’il retournait à Dieu, se leva de table, ôta son manteau et, ayant pris un linge, il s’en ceignit. Puis il versa de l’eau dans un bassin, il se mit à laver les pieds de ses disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait attaché autour de lui. Il vint donc à Simon-Pierre. Mais Pierre lui dit : « Quoi, Seigneur, vous me laveriez les pieds ! » Jésus lui répondit : « Vous ne comprenez pas maintenant ce que je fais, mais vous le saurez bientôt. » Pierre lui dit : « Jamais vous ne me laverez les pieds. » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave, tu n’auras point de part avec moi. » Simon Pierre lui dit : « Seigneur, non seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête. » Jésus lui dit : « Celui que le bain a déjà purifié n’a besoin que de se laver les pieds ; il est pur dans tout son corps ; pour vous, vous êtes purs, mais non pas tous. » Il connaissait celui qui le devait trahir, c’est pourquoi il dit : Vous n’êtes pas tous purs. Après donc qu’il leur eut lavé les pieds et qu’il eut repris son manteau, il se remit à table et leur dit : « Savez-vous ce que je viens de faire ? Vous m’appelez Maître et Seigneur, et vous dites bien, car je le suis. Si donc je vous ai lavé les pieds, moi, le Seigneur et le Maître, vous devez, vous aussi vous laver les pieds les uns aux autres. Car je vous ai donné l’exemple, afin que, comme je vous ai fait, vous fassiez aussi. » (Textes liturgiques du Jeudi Saint in cœna Domini, avant la réforme de la semaine sainte).

AVERTISSEMENT :

PENDANT LE « TRIDUUM PASCAL »

NOUS FERMONS TOUS NOS COMMENTAIRES

ET INVITONS NOS LECTEURS A LA PRIERE ET AU RECUEILLEMENT.

Semaine Sainte

11 avril 2022

       

Pendant cette semaine nous prenons part

au plus sublime mystère de l’histoire du salut. 

Nous pensons à la Croix et à la Résurrection qui sont inséparables.

 L’oeuvre rédemptrice du Christ ne se termine pas à sa mort,

 mais se prolonge dans la victoire de sa Résurrection !

Bonne Semaine Sainte à tous !

 AVERTISSEMENT :

Pendant la Semaine Sainte

 les commentaires de La Question sont fermés. 

« Il s’est anéanti lui-même, prenant la forme d’esclave,

étant fait à la ressemblance des hommes. »

 (Philippiens II, 7).

Mercredi des cendres : entrée en Carême !

2 mars 2022

MERCREDI DES CENDRES

Entrée en Carême

« Voici le temps favorable,
Voici le Jour du Salut ;
Venez, adorons le Seigneur. »

                Jésus appelle à la conversion. Cet appel est une partie essentielle de l’annonce du Royaume :

« Les temps sont accomplis et le Royaume de Dieu est tout proche ; repentez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle » (Mc 1,15).

Dans la prédication de l’Église cet appel s’adresse d’abord à ceux qui ne connaissent pas encore le Christ et son Évangile. Aussi, le Baptême est-il le lieu principal de la conversion première et fondamentale. C’est par la foi en la Bonne Nouvelle et par le Baptême (cf. Ac 2, 38) que l’on renonce au mal et qu’on acquiert le salut, c’est-à-dire la rémission de tous les péchés et le don de la vie nouvelle. Or, l’appel du Christ à la conversion continue à retentir dans la vie des chrétiens. Cette seconde conversion est une tâche ininterrompue pour toute l’Église qui « enferme des pécheurs dans son propre sein » et qui « est donc à la fois sainte et appelée à se purifier, et qui poursuit constamment son effort de pénitence et de renouvellement » (LG 8). Cet effort de conversion n’est pas seulement une œuvre humaine. Elle est le mouvement du « cœur contrit » (Ps 51, 19) attiré et mû par la grâce (cf. Jn 6, 44 ; 12, 32) à répondre à l’amour miséricordieux de Dieu qui nous a aimés le premier (cf. 1 Jn 4, 10). (…) La pénitence intérieure est une réorientation radicale de toute la vie, un retour, une conversion vers Dieu de tout notre cœur, une cessation du péché, une aversion du mal, avec une répugnance envers les mauvaises actions que nous avons commises. En même temps, elle comporte le désir et la résolution de changer de vie avec l’espérance de la miséricorde divine et la confiance en l’aide de sa grâce. Cette conversion du cœur est accompagnée d’une douleur et d’une tristesse salutaires que les Pères ont appelées animi cruciatus (affliction de l’esprit), compunctio cordis (repentir du cœur) (cf. Cc. Trente : DS 1677-1678 ; 1705 ; Catech. R. 2, 5, 4). Le cœur de l’homme est lourd et endurci. Il faut que Dieu donne à l’homme un cœur nouveau (cf. Ez 36, 26-27). La conversion est d’abord une œuvre de la grâce de Dieu qui fait revenir nos cœurs à lui : « Convertis-nous, Seigneur, et nous serons convertis » (Lm 5, 21). Dieu nous donne la force de commencer à nouveau. C’est en découvrant la grandeur de l’amour de Dieu que notre cœur est ébranlé par l’horreur et le poids du péché et qu’il commence à craindre d’offenser Dieu par le péché et d’être séparé de lui. Le cœur humain se convertit en regardant vers Celui que nos péchés ont transpercé (cf. Jn 19, 37 ; Za 12, 10) :

       « Ayons les yeux fixés sur le sang du Christ

et comprenons combien il est précieux à son Père car,

répandu pour notre salut,

il a ménagé au monde entier la grâce du repentir. »

(S. Clément de Rome, Cor. 7,4).

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