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Joyeux et Saint Noël !

24 décembre 2021

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« Si le Christ s’est tant abaissé,

ce n’était pas pour son avantage, mais pour le nôtre ;

c’était pour nous justifier et conséquemment

pour nous donner la paix et le bonheur« .

« Qu’est-ce que la naissance du Seigneur ? C’est la Sagesse de Dieu se montrant sous les formes d’un enfant ; c’est le Verbe de Dieu faisant entendre dans la chair des sons inarticulés. Mais ce Dieu caché saura se faire rendre témoignage par le ciel devant les Mages, et se faire annoncer aux bergers par la voix des anges. Ainsi nous célébrons aujourd’hui le jour anniversaire de celui où s’accomplit cette prophétie :‘La Vérité s’est levée sur la terre, et la justice nous a regardés du haut des cieux (Ps. LXXXIV,12)’’. (…) Dieu lui. même pouvait-il faire briller à nos yeux une grâce plus généreuse ? Il n’a qu’un Fils unir que et il fait de lui un Fils de l’homme, afin d’élever le Fils de l’homme jusqu’à la dignité, de Fils de Dieu ! Cherche ici quel est notre, mérite, quelle est notre justice, quel motif détermine le Seigneur : découvriras-tu autre chose que sa grâce ? » (Saint Augustin d’Hippone, Sermon CLXXX  pour le jour de Noël. II. Justification de l’homme).

« Accourez, fidèles, joyeux, triomphants :
Venez, venez à Bethléem.
Voyez le roi des Anges qui vient de naître.
Venez, adorons,
Venez adorons le Seigneur.
Dociles à la voix céleste,
les bergers quittent leur troupeau
et s’empressent de visiter son humble berceau
Et nous aussi, hâtons-nous d’y porter nos pas.
Nous verrons celui qui est la splendeur éternelle du Père,
caché sous le voile d’une chair mortelle;
Nous verrons un Dieu enfant enveloppé de langes
Embrassons pieusement ce Dieu devenu pauvre pour nous
et couché sur la paille;
Quand il nous aime ainsi,
Comment ne pas l’aimer à notre tour ? »

La Reconquista pour la chrétienté !

6 décembre 2021

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Saint Vincent Ferrier, décédé en 1419, fut canonisé en 1455,
il engagea en Espagne les chrétiens à la ferveur,
prêcha la conversion et encouragea le baptême des Juifs et musulmans.

Le combat sous le signe de la Croix !

Nos temps actuels, depuis de trop nombreuses années, sont riches en événements dans lesquels l‘islam, tant comme idéologie politico-religieuse que projet civilisationnel ou modèle social, a été à l’ordre du jour, puisque des attentats barbares perpétrés au nom de cette religion en Europe (Allemagne, BelgiqueEspagne, France, Pays-Bas, Royaume-Uni, etc.), jusqu’à la dérisoire affaire du « burkini » (sic), l’opinion aura été quotidiennement confrontée à une actualité nourrie des actes et comportements de mahométans se fondant, pour se doter d’une légitimité supposée ou réelle, sur le « Coran » et les « Hadîts » (recueils constitués des traditions relatives aux actes et aux paroles de Mahomet et de ses disciples, devenus les principes de gouvernance personnelle et collective pour les musulmans).

Aux réactions d’indignations et d’épouvantes face à une telle sauvagerie – réactions légitimes au demeurant -, ont succédé, comme il fallait s’y attendre, les discours des professionnels de la politique qui, par-delà quelques nuances minimes, se résument à cette antienne archi-usée : évitons les « amalgames » (sic), l’islam est une religion pacifique, et les musulmans qui vivent en Europe ont vocation à s’intégrer à la société occidentale en respectant les valeurs de la République.

I. La tartuferie ridicule du discours politique Républicain

Les aveugles et ignorants qui nous gouvernent ont, toutes tendances de l’échiquier républicain confondues, laissé se produire, voire le plus souvent soutenus et encouragés par le biais des associations communautaires (MRAP, LICRA, SOS Racisme, Ligue des droits de l’homme, etc.), favorisé, applaudi et aidé, un phénomène massif d’immigration depuis plus de 40 ans, en permettant, par vagues successives et par l’effet d’une forte natalité des populations halogènes – que les lois françaises, du point de vue financier en raison des prestations et aides sociales conséquentes qui avaient été décidées à l’origine afin d’aider au repeuplement de la France, par les français, après la guerre, contribuèrent à rendre plus encore significative cette « explosion » démographique -, à ce que s’installent en Europe des millions de ressortissants des pays de culture musulmane.

La classe politique se réveille donc aujourd’hui brutalement, en se rendant compte que l’islam, qui n’est pas une soi-disant religion de « paix » et « d’amour«  (sic) mais une hérésie antichrétienne porteuse, en ses gênes théologiques les plus profonds et intrinsèques, d’un projet de conversion des « incroyants » et de soumission des « mécréants« , le tout doublé d’un projet concret de conquête territoriales, par la ruse (« taqîya« ) ou la guerre « sainte » (« djihad« ), n’est pas une religion comme les autres qui pourrait se « fondre » et se dissoudre pacifiquement et de façon irénique dans le paysage de la société contemporaine.

Ainsi, la tartuferie des dirigeants politiques, dont la responsabilité est absolument écrasante vis-à-vis de la situation d’implantation des populations musulmanes en Occident que subissent, et vont subir durablement pour une longue période les peuples européens car il s’agit d’une présence qui s’élève désormais à plusieurs dizaines de millions, est à ce point grotesque, qu’elle prétend que l‘islam a toute sa place parmi nous, mais à la condition qu’il soit invisible !

On veut bien des musulmans soutiennent les responsables politiques, ils peuvent continuer à s’implanter et s’installer en France, mais que ceux-ci, au nom de la laïcité, ne portent sur eux, comme vêtements, aucun signe ostensible de leur appartenance religieuse, et s’il le faut, sous la pression de l’affaire symbolique de ce récent costume de bain qui vient de faire son apparition, dit « burkini« , qu’arborent certaines jeunes musulmanes leur donnant une « visibilité » et une « identité religieuse » plus que démonstrative face aux impudiques tenues des européennes – (on ne pourra toutefois éviter d’être étonné et  très surpris, sauf à considérer qu’il s’agit là d’une « provocation« , d’ailleurs ressentie comme telle, notamment au lendemain des actes terroristes, et d’une volonté d’imposer une « visibilité religieuse », qu’au lieu d’éviter ces endroits où dominent le vice et l’impudeur, de pieuses musulmanes décident de se baigner sur des plages où s’exposent sans honte aucune, hommes et femmes mêlés, des centaines de corps dénudés en des lieux de turpitude qui sont de ce fait interdits (« haram« ) et hautement « impurs » ?) -, on sanctionnera dans le même mouvement pour faire mesure égale, le port des croix et des kippas !

Tout ceci, il convient d’y insister, relève du délire de l’idéologie républicaine, et nous ne cessons de dire et d’affirmer depuis longtemps contre cette tendance intégriste maçonnique et laïque, que les membres des communautés religieuses, non seulement doivent, mais ont le devoir de porter les habillements qu’ils souhaitent selon les codes et prescriptions vestimentaires de leurs textes sacrés. C’est pourquoi, si on ne voulait pas des musulmans, de leur croyance, de leurs habits, de leurs coutumes et de leur mode de vie, il ne fallait pas les faire venir chez nous, il convenait d’y penser avant ou de réagir pendant qu’il était encore temps, mais à présent qu’ils se sont fortement implantés dans quasiment toutes nos villes : certes les croix et les kippas,  portées ostensiblement depuis des siècles en nos pays de vieille chrétienté, ne doivent pas être interdites, mais également le  voile islamique, qui mérite lui aussi le respect !

II. Une situation contemporaine tragique

On comprend en conséquence que l’idéologie républicaine prisonnière de ses contradictions, montrant ses limites et qui nous a conduit droit à la catastrophe en tous domaines, il est devenu nécessaire de prendre très au sérieux les thèses, analyses et positions contre-révolutionnaires, seules capables d’opérer une transformation radicale et salvatrice de la situation, ceci avant qu’il ne soit trop tard.

En effet, la société européenne est de toutes parts attaquée et menacée en ses fondements substantiels, de sorte que si rien ne vient rapidement mettre un  terme à cette fatale décomposition, il est certain que demain tout ce qui fit la grandeur séculaire de notre civilisation sera définitivement perdu.

Si nous sommes convaincus que l’avenir ne sera en définitive que ce que Dieu voudra qu’il soit, ou ce qu’il fera être par l’action de sa Providence, une conviction nous semble pourtant certaine : plus rien ne sert de s’épuiser dans des formules politiques ou idéologiques qui n’intègrent pas le religieux et le spirituel dans leurs courtes vues, car contre les spectres d’un monde livré aux puissances de la mort, le combat ne peut se gagner sans mettre en œuvre un authentique projet spirituel et religieux, à l’image de la Reconquista telle qu’elle advint dans l’Espagne des Rois catholiques !

260px-Steuben_-_Bataille_de_PoitiersLa négation de notre identité chrétienne par la République, dont le dogme de la laïcité fonctionne comme un puissant et efficace outil de destruction depuis 1789, produit devant nos yeux une formidable transformation de la nature même de la société, aujourd’hui devenue la proie d’un mouvement de transplantation massive de la part de populations majoritairement musulmanes, issues d’Afrique ou du Maghreb, aboutissant, effectivement, à un processus de « grand remplacement« , faisant, comme le dit Jean Raspail, que : « face aux différentes « communautés » qu’on voit se former dès aujourd’hui sur les ruines de l’intégration (ou plutôt sur son inversion progressive : c’est nous qu’on intègre à « l’autre », à présent, et plus le contraire), et qui en 2050 seront définitivement et sans doute institutionnellement installées (…) la France ne sera plus peuplée, toutes origines confondues, que par des bernard-l’ermite qui vivront dans des coquilles abandonnées par les représentants d’une espèce à jamais disparue qui s’appelait l’espèce française et n’annonçait en rien, par on ne sait quelle métamorphose génétique, celle qui dans la seconde moitié de ce siècle se sera affublée de ce nom. Ce processus est déjà amorcé. » [1]

Or, il est aisé de constater que toutes les solutions préconisées par les partis de l’arc républicain, solutions s’appuyant sur les recettes de l’intégration, sont vides de sens car elles ne feront qu’empirer le terrible fléau destructeur de l’identité nationale et européenne. En ce sens, souhaiter l’intégration des millions de ressortissants étrangers dans un pays fortement déchristianisé, c’est à coup sûr mettre à mort définitivement les chances de restauration de la chrétienté.

Dès lors que faut-il faire ?

III. La religion

Si l’on se penche sur l’Histoire, on constate qu’une semblable situation, avec évidemment des paramètres quelques peu différents en raison de la distance des siècles, fut celle de l’Espagne après l’invasion musulmane en 711 et la bataille de Guadalete, où presque toute la péninsule ibérique tomba sous la domination maure en moins de cinq ans. Ce fut un temps de domination musulmane où le Coran et ses principes s’imposèrent en terre chrétienne, transformant profondément les codes sociaux, la culture et les mœurs.

 

Ce fut un temps de domination musulmane

où pendant 700 ans

 le Coran et ses principes s’imposèrent en terre chrétienne.

Mais il faut observer que pendant cette période, l’appartenance religieuse va permettre de conserver au maximum, même si quelques cas firent l’objet de rares exceptions, chacun dans les limites étroites et solides de son cadre confessionnel, faisant que l’on assista, pourtant sur un temps assez long qui s’étend sur plusieurs siècles, à très peu de « mélange ethnique » – désigné aujourd’hui sous le nom choisi par l’idéologie mondiale noachite, pour éviter de parler de brassage racial, de « métissage » – et moins encore de passages d’une religion à une autre. Les historiens sont d’ailleurs unanimes à reconnaître que la séparation en communautés de la société espagnole par les Arabes, du fait d’un système ségrégationniste (la dhimma), puis son application réciproque par les royaumes chrétiens pendant la Reconquista ne permirent jamais un métissage total entre chrétiens, musulmans et juifs.

Cette préservation de l’identité des peuples, par la religion, aura donc des résultats très positifs puisque l’Espagne va parvenir à se libérer du joug islamique.

IV. La Reconquista : modèle politique et religieux !

La Reconquista

fut assimilée à une croisade générale de la chrétienté !

Capitulation_de_Grenade-49c88En effet, la Reconquête commence en 718 lorsque les musulmans sont défaits à la bataille de Covadonga par Pélage (Pelayo). Cependant, il faudra attendre plusieurs siècles pour que les chrétiens, puissamment divisés, se livrant à des querelles permanentes, envisagent leurs conquêtes comme un effort commun pour restaurer le Royaume. Et ce n’est que le 2 janvier 1492, soit sept siècles plus tard, quand Ferdinand II d’Aragon et Isabelle de Castille, les « Rois catholiques » (Los Reyes Catolicos), chassent le dernier souverain musulman de la péninsule, Boabdil de Grenade, que s’achèvera l’unification de l’Espagne — excepté la Navarre, incorporée en 1512.

Il faut, pour comprendre la victoire chrétienne, être attentif au fait que la lutte contre les musulmans fut assimilée à une croisade générale de la chrétienté. Des pèlerinages nombreux furent organisés [2], des ordres militaires comme ceux de saint Jacques, de Calatrava, d’Alcántara ou d’Aviz et même les Templiers furent fondés dans ce but, les papes appelant en plusieurs occasions les chevaliers européens à la croisade dans la péninsule. Ainsi, la bataille de Las Navas de Tolosa (1212) vit la victoire d’une coalition d’Aragonais, de Français, de Navarrais, de Léonais, de Portugais, et des Castillans, ces derniers dirigeant les opérations sous les ordres de leur roi, Alphonse VIII.

3458794293_e249bb47bd_oAinsi, s’inscrivant dans cette entreprise de reconquête spirituelle, religieuse et territoriale, dans les années où il prêche en Espagne, saint Vincent Ferrier ( + 1419), demande la séparation complète des Juifs et des chrétiens, et fut à l’ instigation de la création des « juderias », exigeant que tous contacts entre chrétiens et Juifs soient évités. Il plaide pour l’isolement complet des Juifs, et veut qu’on les force à porter la rouelle comme l’ont ordonné les rois de Castille, qu’on les contienne dans des quartiers réservés, et qu’on ne leur permette pas de faire du commerce le dimanche. Il défend également aux chrétiens, de sorte de revenir à un ordre social fondé sur les valeurs de la catholicité, d’avoir des familiers et des médecins juifs, de leur acheter des vivres, d’être à leur service comme nourrices, et de manger avec eux : « S’ils vous envoient du pain, leur dit-il, jetez-le aux chiens…»

C’est surtout en prêchant que saint Vincent Ferrier enseigna la chrétienté et évangélisa l’Espagne, alors sous la terrible domination des45vincent4 sectateurs de Mahomet, « semblable à un ange volant au milieu du ciel ». La bulle de canonisation emploie d’ailleurs cette expression imagée, qui symbolise fort bien comment il se dévoua sans relâche à l’apostolat de la parole. L’iconographie s’est emparée de cette image, et a représenté saint Vincent Ferrier des ailes à l’épaule et une trompette aux lèvres. Ce dernier détail parce que notre apôtre se serait cru l’ange apocalyptique annonçant la fin du monde. Il est vrai qu’il l’a affirmé en quelques occasions et qu’en ces circonstances que traversait un pays sous l’autorité des hérésiarques musulmans, il a cru la parousie imminente. Quoiqu’il en soit, saint Vincent Ferrier joua un rôle considérable dans la société espagnole soumise au joug de l’islam au XVe siècle, pendant les vingt dernières années de sa vie ; il prêchait tous les jours deux ou trois heures, parfois plus. Toute circonstance lui était bonne, tout auditoire lui convenait. Il prêchait à la ville, il prêchait à la campagne, dans les églises, plus souvent encore sur les places publiques, car on venait de loin pour l’entendre : les artisans quittaient leur atelier, les laboureurs leurs champs, les magistrats le palais, les officiers publics leur étude, maîtres et élèves les écoles, les Universités. Le peuple affluait sur la place par milliers, attendant durant des heures, parfois toute la nuit, l’arrivée du grand prédicateur : « Telle était son éloquence, qu’elle ébranlait les pierres mêmes, par violence sans doute, mais aussi par persuasion ». Par ses prêches, il conduira des milliers de Juifs et musulmans, convaincus qu’ils se devaient d’abjurer les erreurs de leurs religions mensongères, et recevoir publiquement le baptême.

V. L’Inquisition au service de l’Eglise

Dès 1492 et la chute de Grenade, sont promulguées les décrets dits de la limpieza de sangre (pureté du sang), car en mettant fin à 700 ans de domination islamique en Espagne, Ferdinand et Isabelle signent le décret d’Alhambra, exigeant que tous les musulmans et les juifs doivent se convertir au christianisme ou être expulsés de l’Espagne.

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Les prêches de saint Vincent Ferrier,

conduiront des milliers de Juifs et de musulmans 

à recevoir le baptême. 

 De la sorte, imposant la foi catholique à l’ensemble du royaume, les rois catholiques prononcent l’expulsion des juifs non convertis d’Espagne, provoquant un nouvel exil. Les musulmans non convertis seront expulsés dix ans plus tard, en 1502. Ne restent alors en Espagne que de nouveaux convertis appelés les Morisques. Ceux-ci seront définitivement expulsés, un siècle plus tard, en 1609. [3]

L’Inquisition est, de sa nature, bonne, douce et conservatrice.

  Juan Martinez Siliceo, nommé cardinal par Paul IV en 1555, introduit les fameux « estatutos de limpieza de sangre » à la cathédrale de Tolède en 1547, faisant que, désormais, tout prétendant à une charge ecclésiastique devait dès lors prouver la pureté de son ascendance : chapitres cathédraux, ordres religieux militaires, Inquisition, couvents et monastères, puis ensuite les universités, confréries, métiers d’artisans, corps de ville, et enfin les Jésuites eux-mêmes exigeront des statuts de pureté de sang.

Pour faire appliquer ces lois l’Inquisition, tribunal religieux au service de la monarchie, joua un rôle majeur qui obtiendra de remarquables résultats. Ainsi, en 1499, les habitants de Grenade, après un temps d’enseignement, seront rassemblés sur la place publique, purifiés d’eau bénite et baptisés.

VI. Doctrine contre-révolutionnaire : la théocratie pontificale

  Ceci explique pourquoi Joseph de Maistre (1753-1821) s’exprima de la sorte sur l’Inquisition :

« Le Judaïsme avait jeté de si profondes racines en Europe, qu’il menaçait de suffoquer entièrement la plante nationale. (…) Le Mahométisme augmentait prodigieusement le danger ; l’arbre avait été renversé en Espagne, mais les racines vivaient. Il s’agissait de savoir s’il y aurait encore une nation espagnole ; si le Judaïsme et l’Islamisme se partageraient ces riches provinces ; si la superstition, le despotisme et la barbarie remporteraient encore cette épouvantable victoire sur le genre humain. » [4]

Il est donc démontré que l’Inquisition fut créée pour mettre fin au chaos, pour rétablir la paix et la sérénité, c’est pourquoi nous dit Maistre :

« L’Inquisition est, de sa nature, bonne, douce et conservatrice : c’est le caractère universel et ineffaçable de toute institution ecclésiastique, vous le voyez à Rome et vous le verrez partout où l’Eglise commandera. » [5]

Si beaucoup de musulmans ou de juifs continuèrent de pratiquer leur foi en secret (faux convertis et marranes, expulsés un siècle plus tard, en 1609 à l’initiative du duc de Lerma, expulsions successives qui vont parachever l’unité religieuse de la péninsule), les vastes territoires attribués aux ordres militaires et religieux et à la noblesse, seront à l’origine d’un développement économique et spirituel remarquable contribuant au rayonnement de l’Espagne dans les arts, la littérature et la religion, et jusqu’aux conquêtes militaires et géographiques, puisqu’à Grenade, Isabelle la catholique reçut Christophe Colomb et soutint son projet de rejoindre l’Asie des épices en traversant l’océan Atlantique.

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Innocent III fut un ardent soutien de la Reconquista

Tout ceci se fit avec l’appui inflexible et permanent de Rome, car les papes ne cessèrent d’encourager les Rois catholiques en leur conférant une incontestable légitimité. En 878 déjà, le pape Jean VIII avait offert l’absolution et la perspective de la vie éternelle aux chevaliers qui prendraient part à la lutte contre les musulmans infidèles. Innocent II et Grégoire VII lancèrent eux aussi des appels dans ce but avec succès, et Innocent III, se fit quant à lui, l’avocat direct et fervent de la Reconquista.

Il en va de même de nos jours, où :

 « le Pape est le seul qui possède encore, du moins potentiellement, l’autorité nécessaire capable de restaurer, dans une Europe livrée au chaos et au venin révolutionnaire, l’unité du Saint Empire. » [6]

Conclusion

C’est pourquoi, alors que l’Europe a été submergée en plusieurs décennies depuis la seconde moitié du XXe siècle, de par l’inaction, la lâcheté, la trahison, mais aussi et surtout, par la volonté politique criminelle de responsables gouvernementaux convertis et vendus à l’idéologie mondialisée, par d’immenses vagues migratoires, qui ont vu s’installer par millions dans toutes les grandes métropoles de notre continent, et à leurs périphéries, des populations majoritairement issues de culture musulmane, la seule solution envisageable est celle d’une « Reconquête » fondée sur les valeurs religieuses chrétiennes à l’image de ce qui se fit en Espagne au XVe siècle.

Tout autre projet, s’inscrivant dans le cadre des conceptions institutionnelles républicaines et démocratiques, défendant la « laïcité » et, en parallèle, « l’intégration » des ressortissants étrangers, est une voie à l’évidence mortifère pour le devenir des Nation européennes, ceci en raison de la terrible menace démographique qui, tôt ou tard, si rien n’est fait et que nul ne réagit, aura anéanti la civilisation chrétienne de par la force d’un processus – comme le désigne fort justement Jean Raspail -, de « métamorphose génétique« , qui a été imposé à l’Occident.

Pour que l’Europe ne disparaisse pas, il est temps, sous les étendards frappés de la « Sainte Croix de la Miséricorde », d’engager la Reconquête des Nations chrétiennes et de restaurer le Saint Empire !

Lire :

LA DOCTRINE DU SAINT EMPIRE

La théocratie pontificale selon Joseph de Maistre

Notes

1. J. Raspail, La Patrie trahie par la République, Le Figaro n° 18619,  jeudi 17 juin 2004.

2. Les chrétiens de langue castillane firent de saint Jacques le Majeur le saint patron de la Reconquista — il demeure aujourd’hui le saint patron de l’Espagne — sous le qualificatif de Santiago Matamoros (saint Jacques le Tueur-de-Maures). Les Catalans développèrent plutôt le culte de saint Georges (Sant Jordi), autre saint guerrier, encore patron de la Catalogne.

3. Pas moins de 160.000 juifs quittent précipitamment la péninsule et iront en Afrique du nord auprès du sultan ottoman (dans leur pays d’accueil, ils se feront connaître sous le nom de Sépharades, du nom donné à l’Espagne en hébreu).

4. J. de Maistre, Lettres à un gentilhomme russe sur l’Inquisition espagnole, Première lettre, 1815. 

5. Ibid. L’Inquisition ne s’occupait pas uniquement des procès de foi. À compter de la fin du XVe siècle, certains ordres et chapitres religieux puis des colegios mayores, des organisations professionnelles, des confréries commencèrent à exiger des candidats à l’entrée des statuts de pureté de sang. Gardienne de la mémoire dans ses archives, l’Inquisition devint, au cours des années, l’une des principales institutions du royaume destinée à authentifier la généalogie sin mácula des prétendants à certaines formations, fonctions ou distinctions honorifiques. Au XVIIe siècle, cette activité occupait même une place croissante au sein des tribunaux devenus de véritables officines de délivrance des certificats de limpieza de sangre.

6. Le Traité « Du Pape » de Joseph de Maiste consigne cette inattendue mais cohérente dévolution : « L’Empereur ayant disparu avec le Saint Empire, ne demeure que le Sacerdoce Suprême pour se voir dévolu l’archétype éternel du Saint Empire. »

Le pape François par le Motu Proprio « Traditionis Custodes » poursuit l’entreprise de destruction liturgique de Vatican II !

26 septembre 2021

Sainte Messe S. Pie V

Le pape François voudrait que la liturgie moderniste issue des décrets de Vatican II

« constitue l’unique expression de la lex orandi du rite romain ».

Dans une volonté clairement affichée de supprimer, en la marginalisant à l’extrême, l’ancienne messe de saint Pie V devenue dans le langage conciliaire le « Rite-Extraordinaire » ou encore, ce qui relève du ridicule, messe de « saint Jean XXIII » – ce qui en dit déjà long sur la distance observée vis-à-vis de l’ordo missae séculaire de la sainte Église par les modernistes qui se sont emparés de l’institution depuis plusieurs décennies -, le « pape » François qui a été élu pour sauver le concile Vatican II, a décidé, surprenant même les observateurs avisés des affaires romaines, d’annuler le Motu Proprio « Summorum Pontificum » promulgué en 2007 par son prédécesseur Benoît XVI.

François papeAinsi, en publiant le Motu proprio « Traditionis Custodes », le vendredi 16 juillet 2021 en la Fête de Notre-Dame du Mont Carmel, celui qui exerce, ne l’oublions-pas, une charge de façon uniquement « matérielle » et qui n’en a aucunement les critères de la plénitude « formelle » [1], prétend limiter autant que faire se peut la célébration du rite ancien, visant directement par cette décision arbitraire l’ensemble des communautés « Ecclesia Dei », qui seront contraintes de devoir se soumettre au bon vouloir des évêques pour être autorisées à continuer à faire usage du missel d’avant le concile, sans parler de l’interdiction faite au nouveau prêtres, sauf dispense de Rome de célébrer selon l’ancien ordo !

I – François abroge tout ce qui avait été institué avant lui, et fait de la « messe moderniste » l’unique expression de la « lex orandi »

Ce qui est absolument incroyable, c’est que François a décidé de façon brutale et catégorique, en 8 articles disciplinaires, d’abroger tout ce qui avait été institué avant lui, et ose à présent proclamer que la liturgie moderniste issue des décrets de Vatican II « constitue l’unique expression de la lex orandi du rite romain », renforçant son texte par des dispositions d’une sévérité rigoureuse dont le but, explicite, est d’empêcher la célébration de la messe de saint Pie V, posant de telles conditions d’obstruction à son usage, qu’il sera de plus en plus difficile pour ceux qui souhaitent se référer rituellement aux formes liturgiques antérieures à 1962, de pouvoir le faire.

Comme beaucoup évoquent ce « Motu Proprio » promulgué par François, désigné sous le nom trompeur et mensonger de « Traditionis Custodes » (Gardiens de la tradition) (sic), le plus souvent sans l’avoir lu, ou s’y réfèrent sans en connaître les dispositions réelles puisque le document a été diffusé uniquement en italien et en anglais, depuis figurant sur le site officiel de Rome en allemand et espagnol, voici la traduction des articles régissant désormais la vie liturgique des clercs et des fidèles afin que nul n’en ignore les termes :

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LETTRE APOSTOLIQUE EN FORME DE MOTU PROPRIO

DU SOUVERAIN PONTIFE FRANÇOIS

« TRADITIONIS CUSTODES » 

SUR L’USAGE DE LA LITURGIE ROMAINE AVANT LA RÉFORME DE 1970

[…] je désire, par cette Lettre apostolique, avancer encore davantage dans la recherche constante de la communion ecclésiale. C’est pourquoi, j’ai considéré opportun d’établir ce qui suit :

Article 1. Les livres liturgiques promulgués par les Saints Pontifes Paul VI et Jean-Paul II, conformément aux décrets du Concile Vatican II, sont la seule expression de la lex orandi du Rite Romain.

Article 2. C’est l’évêque diocésain, en tant que modérateur, promoteur et gardien de toute la vie liturgique dans l’Église particulière qui lui est confiée, qui est chargé de régler les célébrations liturgiques dans son propre diocèse. Par conséquent, il est de sa compétence exclusive d’autoriser l’utilisation du Missale Romanum de 1962 dans le diocèse, en suivant les orientations du Siège Apostolique.

Article 3. L’évêque, dans les diocèses où il y a jusqu’à présent la présence d’un ou plusieurs groupes célébrant selon le Missel antérieur à la réforme de 1970 :

  • 1.doit s’assurer que de tels groupes n’excluent pas la validité et la légitimité de la réforme liturgique, des préceptes du Concile Vatican II et du Magistère des Souverains Pontifes ;
  • 2.doit indiquer un ou plusieurs lieux où les fidèles adhérents à ces groupes puissent se réunir pour la célébration eucharistique (mais pas dans les églises paroissiales et sans ériger de nouvelles paroisses personnelles) ;
  • 3.doit établir à l’endroit indiqué les jours où les célébrations eucharistiques sont autorisées avec l’usage du Missel romain promulgué par saint Jean XXIII en 1962.[7] Lors de ces célébrations, les lectures seront proclamées en langue vernaculaire, en utilisant les traductions de la Sainte Écriture à usage liturgique, approuvées par les Conférences épiscopales respectives ;
  • 4.doit nommer un prêtre qui, en tant que délégué de l’évêque, soit chargé des célébrations et de la pastorale de ces groupes de fidèles. Le prêtre doit être apte à cette fonction, compétent pour l’usage du Missale Romanumantérieur à la réforme de 1970, avoir une connaissance de la langue latine qui lui permette de comprendre pleinement les rubriques et les textes liturgiques, être animé d’une vive charité pastorale, et d’un sens de la communion ecclésiale. Il est en effet nécessaire que le prêtre responsable ait à cœur non seulement la célébration digne de la liturgie, mais le soin pastoral et spirituel des fidèles.
  • 5.doit procéder, dans les paroisses personnelles érigées canoniquement au profit de ces fidèles, à une vérification appropriée de leur utilité effective pour la croissance spirituelle, et évaluer s’il convient ou non de les maintenir.
  • 6.doit veiller à ne pas autoriser la constitution de nouveaux groupes.

Article 4. Les prêtres ordonnés après la publication de ce Motu proprio, qui ont l’intention de célébrer avec le Missale Romanum de 1962, doivent en faire la demande formelle à l’Évêque diocésain qui consultera le Siège Apostolique avant d’accorder cette autorisation.

Article 5. Les prêtres qui célèbrent déjà selon le Missale Romanum de 1962 demanderont à l’évêque diocésain l’autorisation de continuer à utiliser cette faculté.

Article 6. Les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique, érigés à l’époque par la Commission pontificale Ecclesia Dei, passeront sous la compétence de la Congrégation pour les Instituts de vie consacrée et les Sociétés de vie apostolique.

Article 7. La Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements et la Congrégation pour les instituts de vie consacrée et les sociétés de vie apostolique, exerceront, pour les matières de leur compétence, l’autorité du Saint-Siège, en veillant à l’observation de ces dispositions.

Article 8. Les normes, instructions, concessions et usages précédents qui ne sont pas conformes aux dispositions du présent Motu Proprio sont abrogés [2]

II – Les communautés « Ecclesia Dei» en évitant de dénoncer les erreurs de Vatican II, ont rendu possible une telle situation

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Le but de François est de faire de Vatican II la seule et unique norme de la Foi de l’Église

Il ressort à l’évidence à la lecture stupéfiante de ces articles, que cette attitude pour le moins autoritaire ne vise rien d’autre que de sauver Vatican II au moment où les prélats, prêtres et religieux qui l’ont soutenu et mis en pratique disparaissent peu à peu en raison de l’avancée du temps, et faire de ce concile moderniste qui se voulut rappelons-le « uniquement pastoral et non dogmatique», la seule et unique norme de la Foi de l’Église, balayant sur son passage tout ce qui avait contribué, depuis des siècles, à l’édification mystique des générations passées, sachant que la sainte messe fut et demeure la colonne principale et le fondement essentiel de l’édifice spirituel, dogmatique et théologique du catholicisme romain.

Le problème – la réponse apportée par leurs représentants est éloquente à ce niveau [3]-, c’est qu’en se refusant à dénoncer directement, et avec une juste et lucide intransigeance, les erreurs du dernier concile, les communautés « Ecclesia Dei », constituées principalement des ralliés qui réintégrèrent les rangs de l’institution romaine après le sacre des évêques de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X en 1988 à Écône (Fraternité Sacerdotale Saint-Pierre, Institut du Christ Roi Souverain Prêtre, Institut du Bon Pasteur, Fraternité Saint-Vincent-Ferrier, Institut Saint-Philippe-Néri, Missionnaires de la Sainte-Croix, moines bénédictins de l’abbaye du Barroux, etc.), par leurs multiples compromissions, faux-semblants, hypocrisies et soumissions, ont rendu possible une telle situation. En ne voulant pas examiner le problème du contenu inacceptable de Vatican II, qui fut un concile schismatique, en fuyant l’idée de saisir à la racine les bases faussées du progressisme, se bornant à un attachement, certes légitime, mais d’une nature limitée aux formes externes de la messe de toujours, de même que leur manière de pactiser, directement ou indirectement, avec les folies doctrinales, les décisions impies et les canonisations douteuses imposées par Rome depuis des années, tout ceci fait que ce qui arrive n’est en quelque sorte que l’aboutissement logique d’un silence à l’égard du poison théologique diffusé dans toutes les ramifications de l’institution ecclésiale.

Les « loups » qui sont à la tête de l’Église, n’attendaient donc que l’occasion idéale, dont la présente période sanitaire qui a sidéré les esprits semble être une opportunité rêvée [4], pour décider de broyer la résistance traditionnaliste, enveloppant leur manœuvre sacrilège sous la langue de buis d’une prétendue recherche de « l’unité », fallacieux argument alors que leur but n’est autre que d’imposer, de gré ou de force, l’orientation schismatique de la secte moderniste. Ce discours sur « l’unité » pouvant prendre également l’aspect d’une référence à la soi-disant « liberté« , faisant qu’il serait normal de détruire l’héritage liturgique séculaire pour promouvoir une chimérique vision relevant du progressisme le plus aberrant, comme l’aveu en a été fourni par François lui-même lors de son échange avec les Jésuites slovaques, le 12 septembre 2021, échange rendu public dans lequel l’actuel occupant de la chaire de Saint-Pierre déclare vouloir combattre une « idéologie du retour en arrière [qui] colonise les esprits […] une forme de colonisation idéologique qui n’est pas vraiment un problème universel, mais plutôt spécifique aux Églises de certains pays », précisant que cette idéologie est générée par une « peur » de la liberté : « La liberté nous fait peur. Dans un monde tellement conditionné par les addictions et la virtualité, nous avons peur d’être libres, c’est pourquoi aujourd’hui des gens se tournent vers le passé : pour chercher la sécurité. »

Ce discours archi usé, sorti tout droit de la novlangue conciliaire, est tellement affligeant de bêtise recuite, ramenant l’attachement au saint dépôt liturgique à une « peur d’être libre » et une « recherche de la sécurité en se tournant vers le passé » (sic), qu’il n’est même pas la peine de commenter de tels propos délirants, quoique les conséquences d’une telle vision progressiste imprégnée des courants idéologiques modernistes qui s’imposèrent à Vatican II, sont cependant éminemment tragiques pour l’Eglise.

III – La seule manière de sauver la « Tradition », consiste à ne jamais négocier avec le venin de la désorientation

St. Michel

Les forces qui travaillent en interne au sein de l’épouse de Jésus-Christ

sont animées par la puissance de l’adversaire.

C’est pourquoi, au titre de notre combat pour la « Foi » authentique, nous n’avons eu de cesse de dire et répéter, que la seule manière de sauver réellement la « Tradition », consiste à désigner comme il se doit l’erreur et ne lui accorder aucune place et n’avoir face à elle la moindre complaisance. On ne négocie jamais avec l’inversion et le venin de la désorientation.

Les forces qui travaillent en interne au sein de l’épouse de Jésus-Christ – notamment depuis le dernier concile, forces qui étaient d’ailleurs présentes bien avant 1962 – le concordat accordé par Pie VII en 1801 ayant engagé une terrible conciliation avec l’idéologie révolutionnaire ouvrant une brèche catastrophique dont les fruits amers se sont répandus, en l’infectant, dans tout le clergé -, sont animées, il ne faut pas hésiter à la dire sans ménagement aucun, par la puissance de l’adversaire.

Il s’agit donc non de « l’Eglise catholique » que nous avons en présence actuellement face à nous par la hiérarchie qui en est à la tête (pontife, curie romaine, cardinaux, évêques, religieux et prêtres), mais d’une « contre-église » issue du libéralisme idéologique, défendant les droits de l’homme, prônant la démocratie en politique et le modernisme sur le plan religieux. Tout ceci est lié.

C’est pour avoir oublié cette vérité que l’on est tombé, peu à peu, dans un irénisme bienveillant à l’égard des germes empoisonnés de la Révolution, et qu’un courant pervers, acquis à la cause révolutionnaire, est parvenu ainsi à la tête de la curie romaine et prétend aujourd’hui en détenir l’autorité.

IV – Quand le pasteur se change en loup, c’est au troupeau de se défendre

Ces prétendus clercs, pourvus des titres les plus élevés dans la hiérarchie de l’Église, sont en conséquence des « loups », ils ne sont plus catholiques puisque adhérant entièrement aux thèses révolutionnaires modernistes.

Or que convient-il de faire contre les « loups » ?

Contre les « loups » il faut se défendre ainsi que le rappelle Dom Guéranger († 1875) :

220px-Guéranger-1840« Quand le pasteur se change en loup, c’est au troupeau de se défendre tout d’abord. Régulièrement sans doute la doctrine descend des évêques au peuple fidèle, et les sujets, dans l’ordre de la foi, n’ont point à juger leurs chefs. Mais il est dans le trésor de la révélation des points essentiels, dont tout chrétien, par le fait même de son titre de chrétien, a la connaissance nécessaire et la garde obligée.  Le principe ne change pas, qu’il s’agisse de croyance ou de conduite, de morale ou de dogme.  Les trahisons pareilles à celle de Nestorius sont rares dans l’Église; mais il peut arriver que des pasteurs restent silencieux, pour une cause ou pour l’autre, en certaines circonstances ou la religion même serait engagée. Les vrais fidèles sont les hommes qui puisent dans leur seul baptême, en de telles conjonctures, l’inspiration d’une ligne de conduite; non les pusillanimes qui, sous le prétexte spécieux de la soumission aux pouvoirs établis, attendent pour courir à l’ennemi, ou s’opposer a ses entreprises, un programme qui n’est pas nécessaire et qu’on ne doit point leur donner [5]. »

C’est ce que souligna  Mgr Lefebvre († 1991), au moment où la Rome moderniste après le concile s’employait à détruire de partout la Foi catholique, résumant l’ensemble des analyses traditionnelles :

« Aucune autorité, même la plus élevée dans la hiérarchie, ne peut nous contraindre à abandonner oucr_27 à diminuer notre foi catholique clairement exprimée et professée par le magistère de l’Église depuis dix-neuf siècles. « S’il arrivait, dit saint Paul, que nous-même ou un Ange venu du ciel vous enseigne autre chose que ce que je vous ai enseigné, qu’il soit anathème. » (Gal. 1, 8.) N’est-ce pas ce que nous répète le Saint-Père aujourd’hui ? Et si une certaine contradiction se manifestait dans ses paroles et ses actes ainsi que dans les actes des dicastères, alors nous choisissons ce qui a toujours été enseigné et nous faisons la sourde oreille aux nouveautés destructrices de l’Église [6]. »

Conclusion : se protéger de l’erreur en n’acceptant aucune compromission avec l’hérésie moderniste !

Custodis Traditiones

L’Église, société surnaturelle, voulue et créée par Dieu,

ne subsiste que par Dieu Lui-même,

la sainte liturgie reçue de la Tradition catholique en est le témoignage éternel.

Alors que nous avons assisté depuis Vatican II a une entreprise inimaginable de destruction de l’Église, qui a eu pour effet la définition d’un nouveau « Notre Père » (1966), d’un « nouveau Credo » (où l’on a remplacé l’expression « consubstantiel au Père » par « de même nature que le Père »), la création d’un nouveau « rituel d’ordination » (1968), la réalisation d’un nouveau « texte du baptême » (1969), la rédaction d’un « nouveau catéchisme » (1968), la promulgation d’un nouveau « code de droit canon » (1983), la formalisation d’une « nouvelle confirmation » (1971), l’écriture d’une « nouvelle extrême-onction » (1972), la mise en pratique d’une « nouvelle confession » (1973), l’édition d’un « nouveau bréviaire » (1970), l’imposition d’un « nouveau calendrier liturgique » (1969), on est allé même, dans la continuité de cette logique novatrice, jusqu’à réviser les constitutions des congrégations religieuses les plus vénérables, dont les règles furent changées, adaptées, transformées (abandon des anciens vêtements religieux, bouleversement de la discipline, etc.), et ce jusqu’aux ordres qui, jusqu’alors, n’avaient jamais été réformés, tel l’ordre des Chartreux qui était demeuré absolument inchangé depuis sa fondation par saint Bruno († 1101), dont la devise est « Stat Crux dum volvitur orbit » (« La Croix demeure tandis que le monde tourne »), qui se distinguait par cette sentence : « jamais réformé, car jamais déformé », sentence qui a pourtant été contredite au XXème siècle, il était évident que pour aller au bout de cette folie destructrice la messe traditionnelle devait être écartée, car cette messe témoigne d’une conception théologique sacrificielle contredisant point pas point toutes les erreurs conciliaires.

C’est pourquoi, l’institution d’une « nouvelle messe » en 1969, a correspondu par l’abandon de l’ancien Ordo Missae a un mouvement de mutation totale, nous faisant passer d’une religion à une autre, contribuant, lorsque fut imposée d’autorité à toutes les paroisses, la « nouvelle messe » rédigée par un Consilium présidé par le cardinal Annibale Bugnini (1912-1982) – « Novus Ordo Missae » promulgué le 3 avril 1969, jour de la fête de la « Pâque » juive -, à la relégation et mise à l’encan dans les meilleur des cas, car on procéda souvent en de multiples endroits à des destructions pures et simples, des chefs-d’œuvre artistiques et trésors spirituels contenant les reliques vénérables des saints, que représentaient les splendides maîtres autels, remplacés par de vulgaires tables en bois dirigées vers les fidèles, ou de grossiers blocs de bêton [7].

religionSi les révolutionnaires, en 1789, qui forgèrent une « religion pour la République », avec une « nouvelle théologie » et un « culte maçonnique », avaient pu imaginer que l’Église elle-même, un jour, en viendrait à adopter leurs thèses par des décisions inscrites officiellement dans les actes d’un concile, ils ne l’auraient sans-doute pas cru. Et c’est pourtant bien, aussi stupéfiant et étonnant que cela puisse être, ce qui est advenu.

Ainsi donc, qu’aujourd’hui, l’actuel occupant de la chaire de Pierre par la promulgation du Motu Proprio « Traditionis Custodes », ne soit que le continuateur zélé de ceux qui engagèrent la révolution conciliaire lors de Vatican II n’a donc rien qui soit de nature à nous étonner. Encore faut-il en tirer les conclusions qui s’imposent, et se protéger de l’erreur en n’acceptant aucune compromission avec l’erreur moderniste !

Que chacun en conséquence conserve en sa pensée que l’Église, société surnaturelle, voulue et créée par Dieu, ne subsiste que par Dieu Lui-même, qui l’emporte toujours, partout et sur toute chose en ce monde, en particulier sur la raison, les arguments ou la faible logique humaine, afin que quiconque croit en Jésus-Christ, Seigneur et Sauveur, reçoive la Vie Éternelle !

Triregnum

Le devoir de résistance de la Tradition catholique !

Notes.

[1] « Puisqu’il est donc certain qu’un Pape qui est devenu hérétique incorrigible n’est pas automatiquement destitué et doit être destitué par l’Église et que l’Église n’a pas puissance sur la Papauté, et que l’Église a puissance au-dessus de l’union de Pierre avec la Papauté, en tant qu’elle est son œuvre, il faut dire que, quand Pierre, devenu hérétique incorrigible est déposé par l’Église, il est jugé et déposé par une puissance supérieure non à la Papauté mais à l’union entre la Papauté [MATIERE] et Pierre [FORME]. » (Cardinal Cajetan, De Comparatione Auctoritatis Papæ et Concilii, c. XX .1511). Ainsi, la déposition du Pape hérétique consiste en réalité, non pas dans une perte concrète de son Siège, mais en la séparation invisible exécutée en lui par le Christ « la Puissance supérieure », entre la Papauté et Pierre, c’est-à-dire entre la « matière » et la « forme » du pontificat, conservant donc visiblement pour ne point troubler les fidèles et éviter le schisme et le scandale, le Pape dans sa chaire du point de vue matériel, qui devrait de ce fait toujours être considéré comme tel par tous les membres de l’Eglise, sans pour autant être obéi dans ses décisions hérétiques.

[2] François, « Traditionis Custodes », Donné à Rome, à Saint-Jean-du-Latran, le 16 juillet 2021, Mémoire liturgique de Notre-Dame du Mont-Carmel, neuvième de Notre Pontificat (Traduction de Zenit, Anita Bourdin). Dans la lettre d’accompagnement du Motu Proprio « Traditionis Custodes«  sur l’usage de la liturgie romaine, adressée aux évêques du monde entier, François qui n’hésite pas à œuvrer à la marginalisation en vue de sa disparition de la messe tridentine, affirme vouloir « rétablir l’unité dans toute l’Église de rite romain » en se revendiquant de saint Pie V ! Cet exercice jésuitique exécrable, qui mêle de pieuses références aux pontifes conciliaires canonisés à la hâte,  utilisant un artifice dialectique méphitique tout à fait conforme aux méthodes argumentaires modernistes trompeuses, est un pur scandale tant dans le fond que sur la forme comme il est aisé d’en juger : « Répondant à vos demandes, je prends la ferme décision d’abroger toutes les normes, instructions, concessions et coutumes antérieures à ce Motu Proprio, et de conserver les livres liturgiques promulgués par les Saints Pontifes Paul VI et Jean-Paul II, conformément aux décrets du Concile Vatican II, comme la seule expression de la lex orandi du rite romain. Je suis réconforté dans cette décision par le fait qu’après le Concile de Trente, saint Pie V a également abrogé tous les rites qui ne pouvaient se vanter d’une antiquité prouvée, établissant un seul Missale Romanum pour toute l’Église latine. Pendant quatre siècles, ce Missale Romanum promulgué par saint Pie V fut ainsi l’expression principale de la lex orandi du Rite romain, remplissant une fonction unificatrice dans l’Église. Pour ne pas contredire la dignité et la grandeur de ce Rite, les Evêques réunis en concile œcuménique demandent sa réforme ; leur intention était que « les fidèles ne devraient pas assister au mystère de la foi en tant qu’étrangers ou spectateurs silencieux, mais, avec une pleine compréhension des rites et des prières, participer à l’action sacrée consciemment, pieusement et activement ». Saint Paul VI, rappelant que le travail d’adaptation du Missel Romain avait déjà été commencé par Pie XII, déclara que la révision du Missel Romain, effectuée à la lumière des sources liturgiques les plus anciennes, avait pour but de permettre à l’Église d’élever, dans la variété des langues, « une seule et même prière » exprimant son unité. J’ai l’intention de rétablir cette unité dans toute l’Église de rite romain. » (François, Lettre explicative aux évêques, 16 juillet 2021).

[3] On pourra lire également de Dom Pateau, « Il faut sortir de ce combat liturgique qui épuise l’Église », 19 juillet 2021.

[4] Nous passons volontairement sur les déclarations pro-vaccinales de François, puisque le sujet n’est pas directement celui de cet article, quoique de telles positions proférées par celui qui occupe la chaire de Pierre, peu de temps après avoir publié son Motu Proprio « Traditionis Custodes », laissent pour le moins songeur, affirmant le mercredi 18 août 2021, du haut de son autorité pontificale dans un message vidéo réalisé au nom de deux organisations américaines, l’ONG « The Ad Council » et « COVID Collaborative » : « Vacciner, avec des vaccins autorisés par les autorités compétentes, est un acte d’amour ».

[5] L’Année Liturgique, Le Temps de la Septuagésime, Vol. 4, fête de St. Cyrille d’Alexandrie.

[6] Mgr Lefebvre, « Déclaration », 21 novembre 1974.

[7] Le Dr. Rama P. Coomaraswamy (1929-2006), rapporte dans son ouvrage consacré à la « nouvelle messe », les propos de Jean Guitton (1901-1999), qui déclara : «L’intention du Pape Paul VI à l’égard de ce qui est communément appelé la [nouvelle] messe, était de réformer la liturgie catholique d’une telle manière qu’elle devrait presque coïncider avec la liturgie protestante. Il y avait avec le Pape Paul VI une intention œcuménique de supprimer, ou tout au moins de corriger, ou du moins de détendre, ce qui était trop catholique dans le sens traditionnel de la messe et, je le répète, pour obtenir la messe catholique près [proche] de la calviniste.» (R. Coomaraswamy, The Problems with the New Mass (Les problèmes liés à la nouvelle messe), Tan Books, 1990, p. 34).

La nécessité de la conversion

10 juin 2021

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« J’ai prêché la repentance envers Dieu

et la foi en Notre Seigneur Jésus-Christ. »

(Actes XX, 21)

La parole de Dieu, au troisième chapitre de l’Evangile de Jean, est solennelle : «Si quelqu’un n’est né de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu» (Jean III, 3). Cette affirmation rigoureuse détruit à leur racine toutes les prétentions, les ambitions orgueilleuses et la propre justice de l’homme.

En effet, l’homme, depuis la chute, est concrètement soumis à Satan, ses désirs, sa volonté, et, hélas ! jusqu’à ses vertus sont l’otages des forces négatives. Le Christ est donc venu pour nous libérer de ces puissances nocives, non pas pour célébrer la gloire de l’homme et le triomphe de l’humanité, mais pour nous demander de retrouver le chemin d’une juste position de piété à l’égard de Dieu.

I. L’indispensable repentance

Ceci explique pourquoi le premier message de l’Évangile, annoncé par Jean-Baptiste et prêché par Jésus lui-même, est : « Repentez-vous, et croyez ! » (Matthieu III, 2-11). La repentance est à la base du message de l’Évangile. L’apôtre Paul écrit d’ailleurs : « J’ai prêché la repentance envers Dieu et la foi en Notre Seigneur Jésus-Christ. » (Actes XX, 21) Et la première prédication de l’apôtre Pierre se conclut par : « Repentez vous ! »

Ainsi, « Repentez-vous » est l’exclamation que l’on entend dans toute la Bible, lorsque Dieu appelle les hommes à prendre conscience de leurs péchés et à revenir vers Lui, mais les hommes, malgré l’appel de Dieu et sa patience, refusèrent de reconnaître les causes de leurs malheurs et ne voulurent jamais se repentir, au nom de leurs prétendus « Droits » à présent érigés en dogme.

« La Révolution dira :  Je suis la haine de tout ordre religieux… »

Dès lors on comprend mieux pourquoi le credo de l’idéologie révolutionnaire s’appuie, en tous ses fondements, sur les Droits de l’homme, sachant comme le souligne Mgr Gaume :

« Si, arrachant le masque à la Révolution, vous lui demandez : Qui es-tu ? elle vous dira : … Je suis la haine de tout ordre religieux et social que l’homme n’a pas établi et dans lequel il n’est pas roi et Dieu tout ensemble ; je suis la proclamation des droits de l’homme contre les droits de Dieu… » [1].

II. La situation tragique de l’humanité

  Dieu, dès le commencement des temps, avait prévenu que le péché entraînerait, selon une juste sanction, inévitablement et irrémédiablement, la mort. Une mort et une séparation, une mise à l’écart, un retranchement de la communion et de la grâce, une rigoureuse réprobation qui furent annoncés, fermement, à chacune des étapes de l’Histoire de la « Révélation » divine.  Adam, en effet, lors de son installation au sein du jardin d’Eden, avait été solennellement averti par Dieu que s’il n’était pas fidèle à ses commandements, qui lui faisaient, entre autres, interdiction de s’approcher de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, il recevrait, inexorablement, la mort comme châtiment : « …au jour que tu en mangeras, tu mourras certainement. » (Genèse, II, 17.) C’est pourquoi sera clairement énoncé, par l’apôtre des Gentils, d’une manière qui n’autorise aucune ambiguïté :

« Par un seul homme, le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et ainsi la mort a passé à tous les hommes, en ce que tous ont péché… » (Romains,  V, 12.)

La mort représente donc, concrètement, l’état de dégradation morale, d’entière corruption, de faiblesse et d’extrême culpabilité des hommes ; nous sommes « morts dans nos fautes et dans nos péchés » (Ephésiens, II, 1), frappés d’indignité et réprouvés selon la chair. La sentence de notre désobéissance nous la portons, de génération en génération, dans notre pauvre chair destinée à la maladie, à la décrépitude puis à la tombe.

La mort représente l’état de dégradation morale,

d’entière corruption, de faiblesse

et d’extrême culpabilité des hommes.

Si nous acceptons donc, honnêtement, de regarder ce qui en nous mérite la sentence d’un crime s’accomplissant de nouveau dans le moindre de nos gestes, reproduit en chacune de nos pensées, réactualisé par la plus infime de nos actions, puisque nous sommes totalement traversés, en tant que fils d’Adam, par le péché, entièrement marqués par la perversion, alors peut, éventuellement, s’expliquer à nos yeux endormis, le sens de la dure rançon que nous devons payer à cause de la faute de notre premier parent selon la chair et, par cette compréhension retrouvée, voir s’ouvrir les portes de la Rédemption espérée. Cependant, afin que ce réveil puisse s’accomplir, encore faut-il que la pénible dégradation, que nous évoquons, dont la mort est le signe le plus frappant, ne soit pas masquée par des doctrines trompeuses et inexactes, écartée par la stupide négation, oubliée par l’effet du puéril divertissement

III. Le rejet de la sagesse chrétienne

  Or, la pensée des Lumières, rompant avec l’attitude traditionnelle qui, depuis toujours, regardait la finitude de l’homme comme une terrible souffrance, une limitation insupportable et tragique, appréhenda la mort comme un phénomène naturel devant être accepté impassiblement. C’est sans doute en France que s’exprimeront les thèses les plus marquées touchant à ce sujet ; on trouve d’ailleurs des pages singulières sous la plume du très matérialiste baron d’Holbach (1723-1789), en particulier dans son Système de la nature (1770), où il se fera le chantre d’un monde dégagé de toute référence transcendante, ainsi que chez La Mettrie (1709-1751), dont L’Homme-Machine (1747) est l’expression d’un radical mécanicisme athée, de même que chez Helvétius (1715-1771) et Denis Diderot (1713-1784).

Masque mortuaire de l’apostat Jean Meslier

Mais, dans ce registre, il conviendrait de surtout citer le peu connu Jean Meslier (1664-1729), prêtre apostat en l’honneur duquel la Convention désira, le 27 brumaire an II, ériger une statue dans le Temple de la Raison pour avoir « abjuré les erreurs religieuses » ; étrange ecclésiastique qui souhaita que « tous les grands de la terre et tous les nobles fussent pendus et étranglés avec les boyaux des prêtres », ancien curé d’Etrépigny qui secrètement, dans ses Pensées, exprimera un violent rejet de toutes les croyances, et plus particulièrement du christianisme, affirmant : « Il n’y a plus aucun bien à espérer, ni aucun mal à craindre après la mort (…) la mort met fin à toute connaissance et à tout sentiment de bien et de mal. »

D’une certaine manière, Jean Meslier prépara la voie au très sulfureux marquis de Sade (1740-1814), qui fut, incontestablement, celui qui poussa dans leurs ultimes conséquences les thèses du matérialisme athée, et qui, par delà des blasphèmes et une rage anti-religieuse qui n’ont encore trouvé, jusqu’à nos jours, aucun équivalent (La Vérité, De l’Enfer, De la Bible et de l’Evangile, Discours de Dolmancé), se distingue par sa célébration de la nature et du néant, dont son Discours entre un prêtre et un moribond, nous fournit un emblématique exemple : « Le néant ; jamais il ne m’a effrayé, et je n’y vois rien que de consolant et de simple (…) D’ailleurs il n’est ni affreux ni absolu, ce néant. N’ai-je pas sous les yeux l’exemple des générations et régénérations perpétuelles de la nature ? Rien ne périt, mon ami, rien ne se détruit dans le monde ; aujourd’hui homme, demain ver, après-demain mouche, n’est-ce pas toujours exister ? » [2] Et c’est cette doctrine perverse, éminemment anti-chrétienne, dont héritèrent les dogmes républicains que sont le laïcisme et l’athéisme.

IV. Lumière de la foi

Pourtant le fils réprouvé de Dieu, s’il parvient à se libérer des doctrines perverses, dès l’instant qu’il aura changé sa révolte en amour, sa fureur en demande de pardon,  porté par un vrai désir, animé d’une sainte volonté, pourra enfin contempler, en pleurs, l’état repoussant de son âme ; à genoux devant l’autel où se consume le feu des essentielles purifications, où s’élève l’encens de sa prière, il prendra conscience qu’il fut, heureusement et pour sa Rédemption, éloigné des saints domaines de par la perversion de son esprit, frappé d’une juste mort.

La Création, dans son ensemble et son étendue, ayant été soumise à la « servitude de la corruption » (Romains, VIII, 21), c’est par un sacrifice d’agréable odeur, une mise en abîme de nos certitudes, une juste reconnaissance de notre abominable état, une profonde tristesse de ne point pouvoir vivre dans la communion de l’amour divin, que nos facultés sont susceptibles de recevoir la salutaire rosée céleste qui les lavera du pesant remords et du sentiment de réprobation, et qui, par une surabondante grâce, les ressuscitera en les relevant de la tombe où elles furent jetées.

Louis-Gabriel-Ambroise, vicomte de Bonald (1754-1840)

Les penseurs traditionalistes  ont montré qu’une Révélation est nécessaire pour que l’homme puisse connaître Dieu, principalement Joseph de Maistre (1753-1821) et Louis de Bonald (1754-1840) en réaction contre les « philosophes » de la Révolution française qui avaient exalté la raison humaine. Si il existe évidemment des preuves formelles de Dieu, il s’agit, dans l’acte de conversion,  du moyen de mettre cette grande vérité en œuvre et d’en tirer toutes les conséquences. Louis de Bonald soutiendra  qu’il est « nécessaire de commencer par dire je crois », je crois que je ne puis rien, que je suis faible, misérable, mortel, malade, incapable d’accéder à la Vérité.

Et cette attitude est libératrice car elle nous éloigne du péché.

Conclusion : vivre en Jésus-Christ en mourant au péché !

 Il est mort après avoir porté le jugement à notre place

pour en finir à jamais avec le péché. 

Dieu a pardonné nos péchés, mais il ne pardonne jamais le péché, principe de mal. La mort sera donc le seul moyen pour que nous en soyons délivrés (Romains VIII, 3). S’il est «réservé aux hommes de mourir une fois, et après cela le jugement», Jésus-Christ, en contraste, a subi le jugement avant de mourir parce qu’il l’a fait volontairement, pour nous, lui qui était sans péché mais qui a été fait péché pour nous.

Il est mort après avoir porté le jugement à notre place pour en finir à jamais avec le péché :  Le péché est ôté en entier, il est ôté avec la vie à laquelle il fut attaché. La mort de Jésus-Christ a mis fin, pour la foi, à l’existence du vieil homme, de la chair, du premier Adam, vie dans laquelle nous étions responsables devant Dieu, et dans laquelle Jésus-Christ, en grâce, s’est placé pour nous :

«Ce qui était impossible à la loi, en ce qu’elle était faible par la chair, Dieu, ayant envoyé son propre Fils, en ressemblance de chair de péché, et pour le péché, a condamné le péché dans la chair» (Romains VIII, 3).

Dorénavant, Jésus-Christ étant mort, nous sommes judiciairement morts avec lui, morts au péché. Il en résulte que nous sommes appelés à marcher maintenant comme d’entre les morts étant faits vivants, que la mort physique de nos corps n’est plus nécessaire ; ceux qui seront vivants à sa venue seront changés sans passer par la mort.

 

Notes.

1. Mgr Gaume, La Révolution, recherches historiques sur l’origine et la propagation du mal en Europe, tome I, page 46.

2. Sade, Discours contre Dieu, textes réunis par G. Lely, Union Générale d’Edition, 10/18, 1979, p. 51.

Pentecôte : la descente de l’Esprit Saint !

23 mai 2021

https://i0.wp.com/www.wga.hu/art/g/greco_el/12/1214grec.jpg

El Greco, La Pentecôte, (1596-1600) ;  

Museo del Prado, Madrid.

La Pentecôte est l’une des principales fêtes chrétiennes avec Noël, qui commémore la naissance du Christ, et Pâques (sa résurrection). Le mot vient du grec pentêkosté qui signifie cinquantième. Cette fête rappelle en effet un événement qui a eu lieu le cinquantième jour après Pâques. Les premiers disciples reçurent l’Esprit Saint dans le Cénacle de Jérusalem, cinquante jours après la Résurrection, dix jours après l’Ascension de Jésus : des langues de feu se posèrent sur chacun d’eux (voir Actes des Apôtres, Ac 2,2-3).

Jésus l’avait annoncé lors de la dernière Cène qui eut lieu la veille de sa Passion (le Banquet Pascal est commémoré le jour dit du Jeudi Saint). Selon l’évangile selon saint Jean, dans le Discours de la Cène (chapitre 14, v. 15 à 31 : l’Esprit Saint que le Père enverra), (Jn, 15, 16), Jésus annonce qu’il va envoyer l’Esprit Saint, qu’il appelle le « Paraclet » (le Défenseur) : « Je vous ai dit ces choses tandis que je demeurais auprès de vous ; le Paraclet, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses et vous fera ressouvenir de tout ce que je vous ai dit.

A noter que le lundi de Pentecôte a lieu cinquante jours après le dimanche de Pâques. Le lundi de Pentecôte, comme le lundi de Pâques, n’a pas de signification en rapport avec la Bible. Cependant en France, avant la Révolution, la semaine qui suivait la Pentecôte (octave de la Pentecôte) était fériée. Le très coupable Concordat de 1801, qui fit suite à la Révolution, a réduit le caractère férié au seul Lundi de la Pentecôte. Jusqu’au concile moderniste Vatican II, le lundi de Pentecôte était une « fête d’obligation » au cours de laquelle l’Église catholique s’adressait aux nouveaux baptisés et confirmés. Depuis cette date, hélas ! le lundi de Pentecôte n’est plus solennisé, ceci n’empêche que ce jour appartient par tradition et par essence, à la fête de Pentecôte.

A propos du tableau : La « Pentecôte » du Greco, avec le « Baptême du Christ », la « Mise en croix », la « Résurrection »  (œuvre de la dernière époque), participe de quatre vastes tableaux peuplés apocalyptiquement de grandes figures qui, dans les mystérieuses franges des nuages lumineux, dans la couleur splendidement corrompue, enfin dans les langues de feu elles-mêmes,  montre les corps sous l’aspect angélique qu’ils prendront bientôt au Ciel.

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