Skip to content

Visitez le Vatican !

12 juillet 2017

 

 

Cliquez avec votre souris sur le lien ci-dessous :

VISITE VIRTUELLE DU VATICAN !

Usez de votre souris en gardant le clic gauche appuyé 

et en faisant aller le curseur (flêche)

de haut en bas et de gauche à droite de l’écran.

Bonne et pieuse visite !

 

Après l’examen de l’erreur sédévacantiste dénoncée et mise nettement en lumière dans nos articles 1, 2, 3, 4, synthèse de ce sujet qui nous aura donné l’occasion d’éclairer en quoi la position soutenant la vacance du Saint-Siège est irrecevable, fautive, inexacte, coupable et schismatique, nous vous proposons, symboliquement, un pèlerinage virtuel au Vatican afin que chacun puisse mieux approcher ce que représente, dans son éminente dimension sacrée, la chaire de l’Apôtre Pierre. 

La visite du Vatican s’apparente à un pèlerinage sur la tombe des Saints Apôtres, Pierre et Paul, certes une visite virtuelle ne saurait remplacer un véritable déplacement à Rome, mais il n’est pas inutile de savoir que des indulgences sont accordées aux fidèles qui viennent prier à Saint Pierre, ceci nous semblant utile d’être rappelé

Ainsi, en 2008, à l’occasion des deux mille ans de la naissance du saint apôtre Paul, des indulgences spéciales furent accordées à ceux qui se rendraient à Rome. La Pénitencerie apostolique, à laquelle le Saint-Père avait confié la tâche de préparer et rédiger le Décret sur la distribution et l’obtention des Indulgences qui étaient valables pendant toute la durée de l’Année paulinienne dont voici les termes :

« A tous les fidèles chrétiens et à chacun d’eux véritablement repentis, purifiés comme il se doit par le Sacrement de la Confession et nourris par la Sainte Communion, qui visiteront pieusement sous forme de pèlerinage la Basilique papale Saint-Paul sur la via Ostiense et prieront selon les intentions du Souverain Pontife, est accordée et donnée l’Indulgence plénière de la peine temporelle pour leurs péchés, une fois obtenu la rémission sacramentelle de ceux-ci et le pardon de leurs manquements. L’Indulgence plénière pourra être utilisée par les fidèles chrétiens soit pour eux-mêmes, soit pour les défunts, autant de fois que seront accomplies les œuvres prescrites; étant toutefois établie la norme selon laquelle on ne peut obtenir l’Indulgence plénière qu’une fois par jour. Ensuite, afin que les prières qui sont élevées au cours de ces saintes visites conduisent et invitent plus intensément les âmes des fidèles à la vénération de saint Paul, il est établi et disposé ce qui suit:  les fidèles, outre à élever leurs supplications devant l’autel du Très Saint Sacrement, chacun selon sa piété, devront se rendre à l’autel de la Confession et réciter avec dévotion le « Notre Père » et le « Credo », en ajoutant de pieuses invocations en l’honneur de la Bienheureuses Vierge Marie et de saint Paul. Et cette dévotion doit toujours être étroitement unie à la mémoire du Prince des Apôtres, saint Pierre. »

Donné à Rome, du siège de la Pénitencerie apostolique, le 10 mai, année de l’incarnation du Seigneur 2008, veille de la Pentecôte.

 Card. STAFFORD
Grand Pénitencier

S.Exc. Mgr Gianfranco GIROTTI,
o.f.m. conv.
Evêque titulaire de Meta, régent

La Question au service de Dieu et de l’Eglise

5 juillet 2017

Seul importe aujourd’hui, dans un mode en ruine livré au chaos,

le rayonnement de l’Eglise et le triomphe de la Croix !

Le pape est le maître absolu, il est le seul titulaire légitime de l’Empire,

il est le vicaire du Christ, l’empereur suprême !

« Le Souverain Pontife est le chef naturel, le promoteur le plus puissant,

le grand Démiurge de la civilisation universelle… »

(Joseph de Maistre, Du Pape, 1819).

« Si donc quelqu’un dit que ce n’est pas par l’institution du Christ ou de droit divin (iure divino) que le bienheureux Pierre a des successeurs perpétuels (perpetuos successores) dans sa primauté sur l’Église universelle, ou que le Pontife romain n’est pas le successeur du bienheureux Pierre en cette primauté, qu’il soit anathème / Si quis ergo dixerit, non esse ex ipsius Christi Domini institutione seu iure divino, ut beatus Petrus in primatu super universam Ecclesiam habeat perpetuos successores: aut Romanum Pontificem non esse beati Petri in eodem primatu successorem: anathema sit. »(Constitutio dogmatica ‘Pastor aeternus’ de Ecclesia Christi, § 2. De perpetuitate primatus beati Petri in Romanis Pontificibus, Vatican I, 1870).

 

Piu IX

L’ABSENCE DE PAPE EST IMPOSSIBLE !

« Le droit divin de la primauté apostolique place le Pontife romain au-dessus de toute l’Église. […] Le jugement du Siège apostolique, auquel aucune autorité n’est supérieure, ne doit être remis en question par personne, et personne n’a le droit de juger ses décisions. C’est pourquoi ceux qui affirment qu’il est permis d’en appeler des jugements du Pontife romain au concile œcuménique comme à une autorité supérieure à ce Pontife, s’écartent du chemin de la vérité.» (Pastor Aeternus, 1870).

La Papauté de droit divin

Le devoir de résistance de la Tradition catholique !

21 juin 2017

L’autorité est au service de la vérité,

Elle ne crée pas la vérité, elle la reconnaît,

la garde et l’enseigne.

 

L’orthodoxie d’une doctrine provient de sa conformité à l’enseignement constant de l’Église, c’est la condition sine qua non de validité tant d’un Concile que de l’enseignement des Papes.  Ce principe manifeste de façon limpide la « mens catholica » : l’autorité est au service de la vérité; elle est un moyen pour que la vérité soit communiquée. L’autorité, autrement dit, ne crée pas la vérité, elle la reconnaît, la garde et l’enseigne. Cependant, bien que l’actuelle défaillance de l’Autorité soit inhabituelle, de rares précédents montrent qu’elle est parfois possible, et la situation de l’Eglise depuis Vatican II en est un cas de figure exemplaire.

De la sorte, pour se protéger du modernisme, nous devons résister aux autorités ecclésiastiques quand elles s’écartent de la Tradition. Soyons clairs : ce n’est pas par un jugement particulier que nous choisissons de ne pas suivre les enseignements de l’Eglise conciliaire, mais c’est en vertu du critère objectif qu’est la Tradition ; et un catholique – plus encore une société religieuse –  a le droit de refuser les documents officiels du concile et ses décisions qui s’écartent de la Tradition.

 Le Christ triomphera !

Il est vital de conserver la Foi et la Doctrine de l’Eglise

en résistant à l’autorité lorsqu’elle s’égare,

en ces temps de terrible confusion.

    La perspective catholique est très claire : l’autorité est au service de la vérité. Il n’est donc en aucune façon possible d’exiger l’obéissance lorsque l’enseignement proposé est contraire à la vérité. L’autorité se pose dans l’Église comme un moyen, et non comme une fin. Et c’est justement à cause de cette grande confusion au sujet du rapport entre autorité et vérité que les « révolutionnaires » ont pu greffer sur le tissu catholique les germes de l’erreur moderniste, sans que les « anticorps » ne réagissent à cette terrible infection. Ils ont abusé de l’obéissance pour imposer leur fausse doctrine, et chaque fois que certains avec courage ont tenté de manifester leur désaccord, on a utilisé contre eux l’accusation de « désobéissance » pour isoler ces malheureux et briser ainsi toute forme de résistance. C’est cet usage pervers de la vertu d’obéissance que Mgr Lefebvre a magistralement défini comme étant « le coup de maître de Satan » [1].

La résistance à l’erreur est donc non seulement juste, mais de plus nécessaire afin de sauvegarder la sainte doctrine menacée par les enseignements faussés par l’idéologie moderniste de Vatican II, concile relevant d’un acte du Magistère authentique non infaillible, guidé, de surcroît, par des évêques non éminents sur le plan dogmatique  [2].

Saint Thomas d’Aquin enseigne que,

dans des situations extrêmes,

il est licite de s’opposer  publiquement à une décision papale.

Plusieurs théologiens de renom soutiennent le devoir de résistance. Ainsi saint Thomas d’Aquin enseigne que, dans des situations extrêmes, il est licite de s’opposer  publiquement à une décision papale, comme St. Paul résista à St. Pierre (Galates II, 14) :

« Cependant, on doit observer que, si la foi est en danger, un sujet pourrait réprimander son prélat, même publiquement. C’est ainsi que Paul, qui était sujet de Pierre, réprimanda celui-ci en public suite au danger imminent de scandale concernant la foi et, comme le dit St. Augustin dans son commentaire sur Gal II, 11: « Pierre donna un exemple à ses supérieurs que, si à n’importe quel moment, ils devaient sortir de la voie droite, ils devraient s’attendre à être repris par leurs sujets. »  Somme théologique, IIa IIae, Qu. 33, article 4, ad2.

St. Robert Bellarmin dit également [3] :

« Tout comme il est licite de résister à un Pontife qui attaque le corps, il est tout aussi licite de résister au Pontife qui attaque les âmes ou détruit l’ordre civil ou, à plus forte raison, essaie de détruire l’Église. Je dis qu’il est licite de lui résister en ne faisant pas ce qu’il ordonne de faire et en empêchant l’exécution de sa volonté. Il n’est pas licite, cependant, de le juger, de le punir, ou de le déposer, parce que ce sont là des actes relevant d’un supérieur. » [3] De Romano Pontifice, Lib. II, c.29.

Le Pape Léon XIII écrit de même sur le devoir de désobéissance face à une autorité désorientée :

« Mais, dès que le droit de commander fait défaut, ou que le commandement est contraire à la raison, à la loi éternelle, à l’autorité de Dieu, alors il est légitime de désobéir, nous voulons dire aux hommes, afin d’obéir à Dieu. » Encyclique Libertas #13.

Quant à Dom Guéranger, son jugement est sans appel :

« Quand le pasteur se change en loup, c’est au troupeau de se défendre tout d’abord. Régulièrement sans doute la doctrine descend des évêques au peuple fidèle, et les sujets, dans l’ordre de la foi, n’ont point à juger leurs chefs.Mais il est dans le trésor de la révélation des points essentiels, dont tout chrétien, par le fait même de son titre de chrétien, a la connaissance nécessaire et la garde obligée.  Le principe ne change pas, qu’il s’agisse de croyance ou de conduite, de morale ou de dogme.  Les trahisons pareilles à celle de Nestorius sont rares dans l’Église; mais il peut arriver que des pasteurs restent silencieux, pour une cause ou pour l’autre, en certaines circonstances ou la religion même serait engagée. Les vrais fidèles sont les hommes qui puisent dans leur seul baptême, en de telles conjonctures, l’inspiration d’une ligne de conduite; non les pusillanimes qui, sous le prétexte spécieux de la soumission aux pouvoirs établis, attendent pour courir à l’ennemi, ou s’opposer a ses entreprises, un programme qui n’est pas nécessaire et qu’on ne doit point leur donner. » L’Année Liturgique, Le Temps de la Septuagésime, Vol. 4, fête de St. Cyrille d’Alexandrie.

« Nous choisissons ce qui a toujours été enseigné

et nous faisons la sourde oreille

aux nouveautés destructrices de l’Église.

Le mauvais usage de la vertu d’obéissance

est le coup de maître de Satan »

Mgr Lefebvre, 1974.

  Résumant l’ensemble des analyses traditionnelles, Mgr Marcel Lefebvre était donc fondé à déclarer à son tour, puisque la situation l’exigeait :

« Aucune autorité, même la plus élevée dans la hiérarchie, ne peut nous contraindre à abandonner ou à diminuer notre foi catholique clairement exprimée et professée par le magistère de l’Église depuis dix-neuf siècles. « S’il arrivait, dit saint Paul, que nous-même ou un Ange venu du ciel vous enseigne autre chose que ce que je vous ai enseigné, qu’il soit anathème. » (Gal. 1, 8.) N’est-ce pas ce que nous répète le Saint-Père aujourd’hui ? Et si une certaine contradiction se manifestait dans ses paroles et ses actes ainsi que dans les actes des dicastères, alors nous choisissons ce qui a toujours été enseigné et nous faisons la sourde oreille aux nouveautés destructrices de l’Église. » Déclaration, 21 novembre 1974

   Dieu nous l’indique – cette situation exceptionnelle que nous traversons, et dont le sens ne doit pas nous échapper est intervenue comme une épreuve que la Divine Providence a permise pour des raisons qui lui appartiennent pour éprouver notre foi, un siècle seulement après Vatican I – il est vital de conserver la Foi et la Doctrine de l’Eglise en résistant à l’autorité lorsqu’elle s’égare, en ces temps de terrible confusion.

Cette épreuve extrêmement dure, est un temps de pénitence envoyé par le Ciel, une période d’obscurité pour l’épouse de Jésus-Christ, de sorte de nous permettre, par l’esprit de résistance et de conservation du dépôt sacré, de nous attacher plus fortement encore s’il se peut, à Rome et au Siège de Pierre, c’est-à-dire au Saint-Père, en oeuvrant, inlassablement et avec une constante ardeur, au retour espéré de la Tradition catholique.

 

Notes.

1. Il importe d’insister sur le fait qu’un enseignement du Pape ou d’un Concile n’entraîne pas ipso facto une obéissance inconditionnelle : « celle-ci dépend et est proportionnée à l’intention avec laquelle le Magistère entend engager son autorité. » (I. Salaverri, Sacrae Theologiae Summa, cit., t.I, tr. III, I.II, § 637, p. 578). C’est ce que confirme le cardinal Journet : « Le degré avec lequel le Magistère s’exprime dépend donc encore une fois de la volonté, de l’intention du Pape et des Évêques unis à lui. Il n’y a pas de coïncidence définitive entre Magistère extraordinaire et Magistère infaillible. » (Cf. C. Journet, L’Église du Verbe Incarné, p. 531).

Or l’intention de Vatican II, telle que soulignée par Jean XXIII, puis Paul VI, est formelle :

– « Certains se demandent quelle est l’autorité, la qualification théologique qu’a voulu donner à son enseignement un Concile qui a évité de promulguer des définitions dogmatiques solennelles engageant l’infaillibilité du magistère ecclésiastique. […] Etant donné le caractère pastoral du Concile, il a évité de prononcer des dogmes comportant la note d’infaillibilité…»

Paul VI, discours du 12 janvier 1966.

2. Vatican II est un acte du Magistère authentique non infaillible, guidé, de surcroît, par des évêques non éminents « amore et studio doctrinae ab Apostolis traditae ac pari detestatione mnis novitatis » (Franzlin, De Divina Traditione, thèse IX), c’est-à-dire non par l’attachement à la Tradition et l’horreur de toute nouveauté, mais bien plutôt éminents « amore et studio momnis novitatis ac detestatione doctrinae ab Apostolis traditae », c’est-à-dire par un prurit de nouveautés et par la détestation de la Tradition ; guidés par des théologiens – vrais auteurs du Concile – autrefois condamnés par le Saint-Office. On peut donc dire que l’Esprit de Vérité s’est servi de l’aversion typique du libéralo-modernisme à l’égard des définitions dogmatiques pour empêcher que le Magistère infaillible de l’Eglise ne soit engagé dans un Concile, où, du côté humain, existaient toutes les prémisses pour des énoncés erronés. Et c’est là l’unique assistance, purement négative, que Vatican II, ou plus exactement l’Eglise à l’occasion de Vatican II, peut revendiquer de l’Esprit de Vérité. Et ceci permet d’expliquer aussi cette anomalie de l’unique Concile oecuménique dans l’histoire de l’Eglise auquel revient certes la qualité de Magistère extraordinaire, mais seulement authentique, c’est-à-dire non infaillible.

3. L’abbé Anthony Cekada prétend nier que ce passage de saint Robert Bellarmin soit applicable à notre situation présente, aux prétextes suivants :

« 1) Bellarmin parle ici d’un pape moralement mauvais qui donne des ordres moralement mauvais – et non pas d’un pape qui, comme les papes de Vatican II, enseigne l’erreur doctrinale ou impose des lois nuisibles.
2) Le contexte du passage cité est différent : il s’agit là du débat sur les erreurs du gallicanisme, et non pas du cas d’un pape hérétique.
3) Bellarmin justifie ici la “résistance” de la part de rois et de prélats, non pas de chaque catholique en particulier.
4) Bellarmin enseigne dans le chapitre suivant de son ouvrage qu’un pape hérétique perd automatiquement son autorité.
En un mot, ce passage ne peut ni être appliqué à la crise actuelle ni être invoqué contre le sédévacantisme. 
»

Cf. L’argument de “résistance” de saint Robert Bellarmin : encore un mythe traditionaliste.

Il est aisé de répondre à ces quatre objections qui n’en sont pas, en précisant que :

 1° Bellarmin – et avec lui Cajetan – parlent bien de “résister” aux erreurs doctrinales d’un pape tout en continuant à le considérer véritablement pape, puisque l’un et l’autre font valoir qu’en cas d’hérésie, le pape reste pape :

–  « L’homme n’est pas tenu d’obéir au pape quand ce que celui-ci commande est contraire à la loi de Dieu, et même dans quelques autres cas. Lorsque le commandement d’un homme est manifestement contraire à la loi de Dieu, c’est un devoir de lui désobéir (… ) les docteurs indiquent les remèdes suivants : avoir recours à Dieu par l’oraison, admonester ledit pape avec tout respect et révérence, n’obéir point à ses commandements notoirement injustes, et enfin lui résister, et empêcher qu’il ne fasse le mal projeté. »

Saint Robert Bellarmin,  De Romano Pontifice,  II, 29.

– « La papauté et Pierre sont comme « matière » et « forme » et seul Jésus-Christ a pouvoir sur leur union…et pour cette raison lui seul peut mettre des limites et établir la puissance du Pape. Un Pape qui est devenu hérétique incorrigible n’est pas automatiquement destitué … l’Eglise n’a pas puissance sur la Papauté, (…) il faut dire que, quand Pierre, devenu hérétique incorrigible est déposé par l’Eglise, il est jugé et déposé par une puissance supérieure non à la Papauté mais à l’union entre la Papauté et Pierre

Cajetan, De Comparatione Auctoritatis Papæ et Concilii, c. XX .1511.

 2° Que le contexte soit différent ne change rien à l’affaire. Les erreurs gallicanes relèvent, comme le modernisme, d’une même propension à l’hérésie, et cette dernière, on serait surpris du contraire, reste fausse par delà les époques.

 3° Cette résistance de rois ou de prélats peut, sans difficulté aucune, être étendue à l’ensemble des fidèles, comme le soutient saint Thomas : « si la foi est en danger, un sujet pourrait réprimander son prélat, même publiquement. » Som. Th., IIa IIae, Qu. 33, article 4, ad2.

 4°) La perte de l’autorité évoquée par Bellarmin, mais c’est là une erreur sédévacantiste classique, doit s’entendre selon la forme, non selon la matière (cf. 1°), faisant qu’hérétique ou non, le Pontife ne perd jamais sa charge.

Pentecôte : la descente de l’Esprit Saint !

4 juin 2017

« + Veni, creator Spiritus, Mentes tuorum visita,

Imple superna gratia, Quae tu creasti pectora + »

https://i1.wp.com/www.wga.hu/art/g/greco_el/12/1214grec.jpg

El Greco, La Pentecôte, (1596-1600) ;  

Museo del Prado, Madrid.

 

La Pentecôte est l’une des principales fêtes chrétiennes avec Noël, qui commémore la naissance du Christ, et Pâques (sa résurrection). Le mot vient du grec pentêkosté qui signifie cinquantième. Cette fête rappelle en effet un événement qui a eu lieu le cinquantième jour après Pâques. Les premiers disciples reçurent l’Esprit Saint dans le Cénacle de Jérusalem, cinquante jours après la Résurrection, dix jours après l’Ascension de Jésus : des langues de feu se posèrent sur chacun d’eux (voir Actes des Apôtres, Ac 2,2-3).

Jésus l’avait annoncé lors de la dernière Cène qui eut lieu la veille de sa Passion (le Banquet Pascal est commémoré le jour dit du Jeudi Saint). Selon l’évangile selon saint Jean, dans le Discours de la Cène (chapitre 14, v. 15 à 31 : l’Esprit Saint que le Père enverra), (Jn, 15, 16), Jésus annonce qu’il va envoyer l’Esprit Saint, qu’il appelle le « Paraclet » (le Défenseur) : « Je vous ai dit ces choses tandis que je demeurais auprès de vous ; le Paraclet, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses et vous fera ressouvenir de tout ce que je vous ai dit.

A noter que le lundi de Pentecôte a lieu cinquante jours après le dimanche de Pâques. Le lundi de Pentecôte, comme le lundi de Pâques, n’a pas de signification en rapport avec la Bible. Cependant en France, avant la Révolution, la semaine qui suivait la Pentecôte (octave de la Pentecôte) était fériée. Le très coupable Concordat de 1801, qui fit suite à la Révolution, a réduit le caractère férié au seul Lundi de la Pentecôte. Jusqu’au concile moderniste Vatican II, le lundi de Pentecôte était une « fête d’obligation » au cours de laquelle l’Église catholique s’adressait aux nouveaux baptisés et confirmés. Depuis cette date, hélas ! le lundi de Pentecôte n’est plus solennisé, ceci n’empêche que ce jour appartient par tradition et par essence, à la fête de Pentecôte.

A propos du tableau : La « Pentecôte » du Greco, avec le « Baptême du Christ », la « Mise en croix », la « Résurrection »  (œuvre de la dernière époque), participe de quatre vastes tableaux peuplés apocalyptiquement de grandes figures qui, dans les mystérieuses franges des nuages lumineux, dans la couleur splendidement corrompue, enfin dans les langues de feu elles-mêmes,  montre les corps sous l’aspect angélique qu’ils prendront bientôt au Ciel.

La « folie universelle » du suffrage universel !

22 mai 2017

-insignia-tresor-joyaux-de-la-couronne-chateau-de-rosenborg

« La Nation française est absolument étrangère

au sinistre pandémonium républicain intrinsèquement pervers,

que nous subissons en tant que système politique. »

Après plusieurs semaines d’un pitoyable cirque électoral où, comme à son habitude, le régime impie connu sous le nom de « République » – République née dans le crime, le blasphème et issue du « régicide » – a mis en scène le spectacle lamentable consistant, selon des intervalles temporels répétitifs qui font la joie des amuseurs publiques déguisés en journalistes, à désigner celui qui aura à présider – non la Nation française évidemment car la substance réelle de la France, qui prit corps lors du baptême de Clovis en l’an 496, est absolument étrangère à ce sinistre pandémonium laïc – le système idéologique intrinsèquement pervers que nous subissons.

Il est en conséquence sans doute nécessaire de rappeler sur quel type de mensonge repose la caricature de l’authentique « souveraineté » qu’est la désignation par le « suffrage universel » des successeurs de Robespierre (1758-1794) et de la sinistre cohorte composées des assassins de la Révolution, qui prétendent détenir et exercer une autorité au nom du « peuple ».

I. Essence de l’authentique « souveraineté » selon la doctrine contre-révolutionnaire

Joseph de Maistre (1753-1821), dans son analyse portant sur l’origine divine de toute souveraineté, eut cette célèbre phrase de l’Epître aux Romains par laquelle saint Paul affirme : « Il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu. » (Romains, XIII, 1.) Toutefois, loin d’en rester à la simple reprise de l’affirmation paulinienne, Maistre va lui donner une extension bien plus large en soutenant, dans son Essai sur le principe générateur des constitutions politiques (1814), que c’est toutes les constitutions politiques traditionnelles qui possèdent une origine divine. Pour Maistre il est donc évident que « Dieu « fait » les Rois », et ce de manière littérale.

csm_Reichsapfel

« Per me reges regnant » (Prov., VIII, 15.)

Le comte chambérien se réfère à la conception « mystique » du droit divin et insiste sur l’aspect sacral de la fonction royale, il reprend volontiers la sentence du livre des Proverbes : « Per me reges regnant » (Prov., VIII, 15.)

Maistre ne fonde pas sa doctrine de la légitimité politique de  la royauté sur la « naturalité », ni sur sa nécessité universelle, mais sur son caractère sacré. Bien sûr il a recourt parfois aux leçons de la politique expérimentale pour renforcer son discours : « …la politique expérimentale démontre que la monarchie héréditaire est le gouvernement le plus stable, le plus heureux, le plus naturel à l’homme, et la monarchie élective, au contraire, la pire espèce des gouvernements connus. » [1] mais il ne se laisse pas longtemps abuser, il sait que le réel est traversé par tant d’irrationalité qu’ « on trouve presque toujours la théorie la plus plausible contredite et annulée par l’expérience. » [2]

Et c’est  précisément cette irrationalité du réel qui est la marque même de la volonté divine au sein de l’Histoire ; c’est le caractère incompréhensible du développement historique qui est à l’origine de la théorie maistrienne de l’intervention providentielle.

Le sédévacantisme est une erreur !

« Le divin se manifeste dans l’histoire humaine

en n’obéissant à aucune loi humaine… »

La politique n’est donc pas une science raisonnée, mais le constat de l’ignorance des plans divins et l’aveu, par les hommes, d’une impossibilité à en maîtriser la logique. La perspective politique de Maistre est claire, le divin se manifeste dans l’histoire humaine en n’obéissant à aucune loi humaine, c’est là par exemple le sens de la sacralité du bourreau ou de la guerre, fondé en substance sur l’incompréhensibilité des impératifs supérieurs qui commandent et dirigent le destin des peuples. Cette notion est en radicale opposition avec l’esprit des « Lumières » qui voulut, en premier lieu, placer la « Raison » et le « Contrat » au centre de la cité, pour Maistre non seulement « l’état de nature » est une fiction, mais plus encore « l’état de nature est une contre nature. » [3]

Résurrection 1

« C’EST MOI QUI FAIS LES SOUVERAINS »

Dès lors qu’on le veuille ou non, et la volonté en ces matières est de peu d’importance, « L’homme ne peut faire de souverain. C’est pourquoi « il est écrit : C’EST MOI QUI FAIS LES SOUVERAINS. Ceci n’est point une phrase d’église, une métaphore de prédicateur ; c’est la vérité littérale, simple et palpable. C’est une loi du monde politique. Dieu fait les Rois, au pied de la lettre. Il prépare les races royales ; il les mûrit au milieu d’un nuage qui cache leur origine. Elles paraissent ensuite couronnées de gloire et d’honneur ; elles se placent ; et voici le plus grand signe de leur légitimité. » [4]

II. Nature impie de la « République »

La philosophie politique qui a présidé à l’émergence des idées de la Révolution française, idées qui aboutirent à la fameuse « Déclaration des droits de l’homme », Maistre s’emploiera inlassablement tout au long de sa vie à en déconstruire les postulats insensés et anti-traditionnels qui, follement, placent « l’homme » à la source du droit en l’installant sur le  trône vertigineux des amères désillusions, tel un dieu moderne objet d’un étrange et sinistre culte idolâtrique.

Droits de l'homme

« La Constitution de 1795 (…) est faite pour l’homme,

or il n’y a point d’homme dans le monde. »

Maistre aura d’ailleurs cette pertinente remarque à propos de la fiction abstraite que représente « l’homme » selon la pensée des Lumières : « La Constitution de 1795 (…) est faite pour l’homme, or il n’y a point d’homme dans le monde. J’ai vu, dans ma vie, des Français, des Italiens, des Russes, etc. ; je sais même, grâce à Montesquieu, qu’on peut être Persan : mais quant à l’homme, je déclare ne l’avoir rencontré de ma vie ; s’il existe, c’est bien à mon insu. » [5]

C’est cette profonde et dangereuse erreur philosophique, cette radicale inversion des valeurs, ce coupable renversement des hiérarchies authentiques, qui est proprement un acte « satanique ». Le crime initial, accompli par les philosophes des Lumières, est d’avoir supposé qu’il était possible, et même nécessaire, d’abattre la relation de dépendance ontologique qui unissait l’homme à son Créateur, de faire de l’homme le fondement universel de tout, et d’ainsi s’approprier l’Histoire en méprisant les lois civilisatrices qui, sagement, prévenaient les sociétés anciennes des égarements de l’humaine nature trop humaine.

L’homme a voulu se faire Dieu et se faisant il est devenu le suppôt du diable. Comme le rappellera Maistre : « Tout varie, sauf les lois éternelles.» [7] Dès que l’on ose y toucher, par audacieuse imprudence, c’est le crime, l’anarchie et le chaos qui inévitablement triomphent et s’en est alors définitivement fini du droit véritable.

III. La République est le régime de l’esclavage de « l’opinion »

Dès lors, face à cet état de fait, en ayant brisé les vénérables institutions, la République qui s’est imposée par la terreur, le génocide et l’antichristianisme, s’est constituée une illusoire « légitimité » en conférant soi-disant au « peuple » l’origine de la « souveraineté ».

Or cette origine est une escroquerie objective, le peuple ne possède aucune « souveraineté », car tout pouvoir vient de Dieu et de Lui seul ! Affirmer le contraire, se revendiquer de la « souveraineté du peuple », relève de la conception inversée de l’autorité issue de la pensée de la Révolution ; c’est donc une position tout simplement sacrilège.

Par ailleurs, une escroquerie en entraînant une autre, le vicomte Louis de Bonald (1754-1840) écrit fort justement, montrant que la République en réalité – alors qu’elle prétend agir au nom de sa devise « Liberté », « Egalité », « Fraternité » -, dissimule, par le mécanisme de la délégation du pouvoir par l’élection des « représentants du peuple », un système qui est celui de « l’esclavage » : « Des hommes (…) dont toute la métaphysique est l’obscurité d’un esprit faux, et toute la politique les désirs effrénés d’un cœur corrompu, ont avancé que la souveraineté résidait dans le peuple. C’est là une proposition générale ou abstraite ; mais lorsqu’on veut en faire l’application à l’histoire ou par l’histoire, il se trouve que le peuple n’a jamais été et qu’il ne peut jamais être souverain : car où seraient les sujets quand le peuple est souverain ? Si l’on veut que la souveraineté réside dans le peuple, dans ce sens qu’il ait le droit de faire des lois, il se trouve que nulle part le peuple n’a fait des lois, qu’il est même impossible qu’un peuple fasse des lois, et qu’il n’a jamais fait, et qu’il ne peut jamais faire autre chose qu’adopter des lois faites par un homme appelé par cette raison législateur : or, adopter des lois faites par un homme, c’est lui obéir ; et obéir n’est pas être souverain, mais sujet, et peut-être esclave. » [8]

Louis de Bonald résume ainsi la situation : « Si l’on prétend que la souveraineté réside dans le peuple, dans ce sens que le peuple en délègue l’exercice en nommant ceux qui en remplissent les diverses fonctions, il se trouve que le peuple ne nomme personne, et ne peut même nommer qui que ce soit ; mais qu’un nombre convenu d’individus, qu’on est convenu d’appeler peuple, nomment individuellement qui bon leur semble, en observant certaines formes publiques ou secrètes dont on est également convenu. Or des conventions ne sont pas des vérités (…) Donc cette proposition générale ou abstraite : La souveraineté réside dans le peuple, n’a jamais reçu et ne peut recevoir aucune application ; donc c’est une erreur. » [9]

L’exercice favori de ce régime est l’instrumentalisation de la pensée

afin de pousser les masses ignorantes, formant le troupeau servile des électeurs,

à accorder leurs suffrages à des candidats choisis par avance.

Ce à quoi se rajoute de nos jours, bien que le principe soit depuis toujours identique en République – la manipulation de l’opinion, autrefois par l’intermédiaire des libelles, pamphlets, affiches, etc., à présent par la puissance gigantesque des médias (chaînes de télés, radios, journaux, internet), qui sont entre les mains d’intérêts privés (banques, industries, groupes de pressions, sociétés occultes, etc.), s’adonnant à l’exercice favori de ce régime, soit l’instrumentalisation de la pensée afin de pousser les masses ignorantes, formant le troupeau servile et docile des électeurs, à accorder leurs suffrages à des candidats choisis et sélectionnés par avance, soit par les partis qui se partagent le pouvoir, soit par des groupes influents au service de projets ténébreux étrangers au bien commun, disposant des moyens financiers, structurels et matériels gigantesques qui leur permettent de faire élire ceux qui ont été désignés en lieux secrets et discrets, et de les faire parvenir aux plus hautes fonctions de l’Etat.

Mgr de Ségur

« La presse est le grand levier de la Révolution »

Comme le soulignait déjà Monseigneur de Ségur (1820-1881) : « La presse est le grand levier de la Révolution » [10], cette « Révolution », utilisant avec un art consommé, tous les leviers de la manipulation des esprits à grande échelle : « Elle se fait tout à tous pour gagner tout le monde à sa cause. Afin de pervertir les chrétiens, afin de nous ravir le sens catholique, elle se sert de l’éducation, qu’elle fausse; de l’enseignement, qu’elle empoisonne; de l’histoire, qu’elle falsifie; de la presse, dont elle fait l’usage que chacun sait; de la loi, dont elle prend le manteau; de la politique, qu’elle inspire; de la Religion elle-même, dont elle prend parfois les dehors pour séduire les âmes. » [11]

Sa description de la situation permettant la « fabrication » de l’opinion publique, qui date pourtant d’un siècle et demi, est plus que démonstrative : « Sur cinq cent quarante journaux, il n’y en a peut-être pas trente qui soient vraiment chrétiens. Pour quatre-vingts ou cent mille lecteurs de feuilles publiques respectant la foi, l’Eglise, le pouvoir, les principes, cinq ou six millions d’hommes avalent tous les jours le poison destructeur que leur présentent goutte à goutte les journaux impies. Que l’on me pardonne cette comparaison : la presse est, entre les mains de la Révolution, un grand appareil à seriner les hommes. Quand on veut apprendre un air a des oiseaux, on leur répète cet air dix et vingt fois par jour, au moyen d’un instrument ad hoc. Les chefs du parti révolutionnaire, pour former, comme on dit, l’opinion publique, pour faire entrer dans les têtes leurs idées fatales, ont recours à la presse ; chaque jour, ils tournent la manivelle; chaque jour, ils répètent dans leurs journaux l’air qu’ils veulent imposer au public, et bientôt les serins chantent. Et voila l’opinion publique. » [12]

Sachant qu’aujourd’hui, le processus de « fabrication de l’opinion » décrit par Mgr de Ségur, dans notre société du spectacle télévisuel permanent, s’est amplifié avec les nouveaux médias jusqu’à atteindre des proportions totalement inouïes, dont il était impossible, il y a encore peu, d’imaginer la dimension qu’elle prendrait.

Conclusion

Le système et son hideux spectacle de fête foraine, sont donc fermement cadenassés, et il faut soit être un profond naïf, soit un fieffé menteur, pour soutenir que quelque chose de salvateur, libre, vrai et sincère, puisse surgir de cette tartufferie grotesque, entièrement contrôlée par des requins pervers, qui a pour nom « les élections ».

Pío IX

« Oui, le suffrage universel

mériterait plutôt le nom de folie universelle.. »

On comprend pourquoi Pie IX put soutenir que le suffrage universel devrait prendre le titre de « folie universelle », livrant le gouvernement de l’État aux hommes de mensonge en écartant les hommes de la vérité, une folie universelle qui, au lieu d’être l’expression véritable de la volonté populaire, n’en est qu’un signe « apparent ». Le Pontife déclarait à ce propos, devant un groupe de pèlerins français : « Je bénis tous ceux qui coopèrent à la résurrection de la France. Je les bénis dans le but, (laissez-moi vous le dire), de les voir d’une œuvre bien difficile mais bien nécessaire, celle qui consiste à faire disparaître ou à diminuer une plaie horrible qui afflige la société contemporaine, et qu’on appelle le suffrage universel. Remettre la décision des questions les plus graves aux foules, nécessairement inintelligentes et passionnées, n’est-ce pas se livrer au hasard et courir volontairement à l’abîme ? Oui, le suffrage universel mériterait plutôt le nom de folie universelle… » (Pie IX, 5 mai 1874).

Il est de ce fait, à titre individuel ou collectif, inutile voire sacrilège de participer à cette mascarade électorale en fondant quelques vains espoirs sur tel ou tel parti « républicain », puisque rien ne peut sortir de bon de la République. La République, système faux et trompeur, ne possède pas la réponse aux questions qu’elle pose ; c’est un régime mauvais en son essence, pervers en son origine, radicalement malsain en son organisation, qui ne mérite qu’une chose : disparaître, pour que puissent un jour, et enfin, refleurir les Lys de France !

Lire :

Pourquoi faut-il

une théocratie catholique ?

Notes.

  1. J. de Maistre, Préface de l’Essai sur le principe générateur des constitutions politiques, 1814.
  2. Ibid.
  3. J. de Maistre, Œuvres Complètes, t. VII, p. 526.
  4. Ibid.
  5. J. de Maistre, Considérations sur la France, ch. VI, 1795.
  6. Œuvres Complètes, t. II, p. 253.
  7. Ibid.
  8. L. de Bonald, Théorie du pouvoir politique et religieux dans la société civile, démontrée par le raisonnement et par l’Histoire, 1796.
  9. Ibid.
  10. Mgr de Ségur, La Révolution expliquée aux jeunes gens, 1871.
  11. Ibid.
  12. Ibid.

Fête de Sainte Jeanne d’Arc

14 mai 2017

Jeanne d'Arc

« Dieu, qui avez donné à Jeanne de Domremy

d’être vaillante aux humbles travaux du ménage et des champs

et généreusement fidèle à tous vos appels, accordez-nous, par son intercession,

d’accomplir avec foi tous les devoirs de notre état

et de vous servir si courageusement dans nos besognes

de la terre que nous méritions d’avoir part,

avec Jeanne et tous les Saints de France,

au royaume du Ciel. Par Jésus-Christ Notre-Seigneur. »

AVE MARIA

Sainte Jeanne de Domremy Priez pour nous.

(50 jours d’indulgence)

21 juin 1941

Emile Blanchet, Evêque de Saint-Dié.

Sceau Jeanne d'Arc

Historique de la Fête de Sainte Jeanne d’Arc

Pourquoi faut-il une théocratie catholique ?

23 avril 2017

Seul importe aujourd’hui,

dans un mode en ruine livré au chaos,

le rayonnement de l’Eglise

et le triomphe de la Croix !

Nous sommes plongés, de gré ou de force, dans l’atmosphère quotidienne de l’agitation politique républicaine en raison de la mascarade électorale qui agite à intervalles réguliers la France. De la sorte, comme toujours, les candidats du champ démocratique, sans exception aucune, en quête des suffrages, redoublent d’énergie afin de convaincre  les électeurs de la nécessité de leur accorder leur confiance. Or, pour un catholique, nulle confiance ne peut être accordée, en dehors de celle que lui demande l’Eglise, à un système politique qui tire son origine de la Révolution française et des principes de 1789.

Ainsi donc, il ne peut y avoir, pour la perspective contre-révolutionnaire théocratique , alors que l’ensemble des structures anciennes se sont effondrées, de politique autre que religieuse, ceci impliquant que toutes les autres préoccupations qui ne concernent pas directement le rayonnement de l’Eglise et le triomphe de la Croix, aussi légitimes soient-elles – et même nécessaires selon les circonstances si elles relèvent d’impératifs vitaux immédiats – ne présentent en réalité aujourd’hui que des objectifs périphériques et subordonnés. De par l’absolue suprématie du spirituel sur le temporel, le seul élément sacré véritable dont tout dépend du point de vue de l’avenir européen comme de celui de la France, conditionnant toute possibilité de « Reconquista » à l’échelle du continent, est la Papauté.

 I. L’essence satanique de la République

 L’esprit de la Révolution a aujourd’hui pénétré l’ensemble de la nation, et s’est répandu dans tous les Etats européens. A plus de deux siècles de distance de la Révolution, son esprit infect n’épargne plus rien – pas même l’Eglise qui vécut un profond bouleversement lors du concile Vatican II. La France persiste donc plus que jamais dans son erreur républicaine et, comme il est aisé de le constater, ne s’est absolument pas repentie de ses horribles péchés.

Cependant l’esprit de la Révolution fut d’essence satanique :

« Je demande la permission de le répéter : la révolution française ne ressemble à rien de ce qu’on a vu dans les temps passés. Elle est sataniquedans son essence. Jamais elle ne sera totalement éteinte que par le principe contraire, et jamais les Français ne reprendront leur place jusqu’à ce qu’ils aient reconnu cette vérité. Le sacerdoce doit être l’objet principal de la pensée souveraine. » [1]

Cette dernière phrase, après l’affirmation de la déchéance dela Francetant qu’elle ne se sera pas purgée de l’esprit satanique qu’elle a généré depuis des siècles, est de la plus haute importance car elle signifie que l’éventuelle perspective de rétablissement de l’Ordre traditionnel, en France et en Europe, relève à présent, en raison de la situation, d’un mouvement porté par une action de nature étroitement et exclusivement religieuse.

II. Les principes de la théocratie

Saint Pierre Rome.jpg

L’Empereur ayant disparu avec le Saint Empire,

ne demeure que la papauté

pour restaurer l’archétype éternel du Saint Empire !

 

 Cette position originale, qui tranche d’avec toutes les autres théories politiques, est une « métapolitique », c’est-à-dire une métaphysique de la souveraineté dans la mesure où celle-ci s’exprime par l’intermédiaire de Dieu au cœur de l’Histoire ; Dieu dont le Pape est le représentant en ce monde, le « Vicaire » par excellence, et le Saint Empire l’incarnation organique la plus aboutie du point de vue politique.

St Empire

  Le seul horizon politique véritable

c’est la chrétienté !

 Le seul horizon politique véritable pour un membre de l’Eglise c’est la chrétienté, c’est-à-dire « l’Unité spirituelle des nations européennes » à laquelle il convient de travailler, et que les monarques français, pas plus que le empereurs germaniques, n’ont ni su ni voulu édifier. Cette unité doit être préparée, construite, élaborée par une bénéfique union des différents pouvoirs nationaux – bienfaisante et souveraine harmonie unificatrice qui ne peut être exercée que par l’autorité suprême du sacerdoce : la Papauté. [2]

 En effet, le Pape est le seul qui possède encore l’autorité nécessaire capable de restaurer, dans une Europe livrée au chaos des égoïsmes nationaux et au venin révolutionnaire, l’unité du Saint Empire. L’Empereur ayant disparu avec le Saint Empire, ne demeure que le Sacerdoce Suprême pour se voir dévolu l’archétype éternel du Saint Empire et le restaurer.

 Cela signifie que la source du droit c’est Dieu, la source de toute légitimité vient d’en haut ; le pouvoir ne reçoit son mandat que du Ciel par l’intermédiaire du Pape. La politique, de ce fait : « Est donc avant tout révélation de l’insondabilité du divin, préludant moins à la science qu’à l’étonnement métaphysique. »  [3] Les lois du Ciel trouveront alors inévitablement, si ces principes sont revivifiés, une nécessaire transposition dans les formes temporelles qui, normalement, travailleront à incarner  demain dans une chrétienté restaurée les bienheureuses et universelles lois régulatrices.

 III. La papauté doit restaurer l’Empire

Joseph deMaistre expliqua fort bien l’avantage d’un gouvernement de la chrétienté placé sous l’autorité directe du Pape :

« La puissance pontificale est par essence la moins sujette aux caprices de la politique. Celui qui l’exerce est de plus toujours vieux, célibataire et prêtre; ce qui exclut les quatre-vingt-dix-neuf centièmes des erreurs et des passions qui troublent les États. Enfin, comme il est éloigné, que sa puissance est d’une autre nature que celle des souverains temporels, et qu’il ne demande jamais rien pour lui, on pourrait croire assez légitimement que si tous les inconvénients ne sont pas levés, ce qui est impossible, il en resterait du moins aussi peu qu’il est permis de l’espérer.» [4]

Le Pape doit dominer sur les puissances régnantes

qui lui manifesteront soumission et obéissance 

Le Pape doit-il régner lui-même ? Evidemment non. Mais en revanche il doit dominer sur les puissances régnantes qui lui manifesteront soumission et obéissance : « Il parait donc que, pour retenir les souverainetés dans leurs bornes légitimes, c’est-à-dire pour empêcher de violer les lois fondamentales de l’État, dont la religion est la première, l’intervention, plus ou moins puissante, plus ou moins active de la suprématie spirituelle, serait un moyen pour le moins aussi plausible que tout autre. » [5] Faute de ce contrôle spirituel régulateur indispensable, condition formelle de l’unité, il s’ensuit toujours, dans des nations désorientées peu à peu livrées aux caprices des souverains et à l’aveuglement des peuples, des trouble et une désorganisation morale, sociale et spirituelle que nul ne peut plus, à terme, maîtriser et qui, inévitablement, conduit aux révolutions, à la haine du christianisme et dela Papauté, et ensuite à la ruine pure et simple, comme il est advenu aujourd’hui en France et en Europe.

Joseph de Maistre fait d’ailleurs justement observer, dans son traité Du Pape, après avoir montré l’importance du rôle civilisateur du Pontife romain, que les attaques les plus vives des révolutionnaires, et cela n’est pas surprenant, ont toutes été dirigées contrela Papauté :

« La rage antireligieuse du dernier siècle contre toutes les vérités et toutes les institutions chrétiennes, s’est tournée surtout contre le Saint-Siège. Les conjurés savaient assez, et le savaient malheureusement bien mieux que la foule des hommes bien intentionnés, que le « christianisme repose entièrement sur le Souverain Pontife. C’est donc de ce côté qu’ils tournèrent tous leurs efforts. Ils leur présentèrent le Saint-Siège comme l’ennemi naturel de tous les trônes; ils l’environnèrent de calomnies, de défiances de toute espèce; ils tâchèrent de le brouiller avec la raison d’État; ils n’oublièrent rien pour attacher l’idée de la dignité à celle de l’indépendance. » [6]

Conclusion

 

Il ne peut plus y avoir de politique aujourd’hui

que religieuse et continentale,

s’exerçant par un pouvoir reçu

de l’autorité spirituelle.

 La perspective de restauration contre-révolutionnaire théocratique, est traversée par une vision : le Pape est le seul garant, de par l’évidente supériorité de sa fonction et sa dimension d’infaillibilité, d’un possible retour sur le continent de l’unité politique et spirituelle. Il incarne l’espoir d’une restauration véritable de l’ordre traditionnel, entre ses mains sacrées repose l’ultime possibilité d’un redressement futur de la chrétienté.

Si l’autorité spirituelle de la papauté redevient un jour, et il faut l’espérer, témoigner, œuvrer et prier en ce sens, la source de toute souveraineté en Europe, il en résultera une solide et salvatrice cohésion politique, une unité durable où les différentes nations, et leurs Souverains, participant enfin d’un projet commun sous les bannières frappées du signe de la Croix de la Rome catholique et éternelle, donneront naissance à une nouvelle chrétienté rayonnant sur le monde, par le rétablissement du Saint Empire, des Lumières de l’Evangile et des Vérités de la sainte religion du Christ.

Lire :

LA DOCTRINE DU SAINT EMPIRE

Notes.

 1. J. de Maistre, Du Pape, livre premier, ch. II, Librairie catholique Emmanuel Vitte, 1928

2. Les pontifes romains furent d’ailleurs toujours attachés à la dignité de l’Empire, et n’hésitèrent pas, tel s. Pie V, à reprendre vertement les empereurs ou les monarques français lorsqu’ils oublièrent la valeur du titre d’Empereur. En effet, lorsque Charles IX donna, dans une lettre envoyée à Rome, le titre d’Empereur au chef des turcs, le Pape lui répondit ceci : « Celui qui ne connaît pas le Vrai Dieu ne peut jamais être Empereur ! Donner le titre d’Empereur à un tyran et à un infidèle, ce n’est pas autre chose que d’appeler le mal, bien, et le bien, mal. »

 3. J-Y. Pranchère, Qu’est-ce que la royauté ? Vrin, 1992, p. 65.

4. Du Pape, op.cit., ch. IV.

5. Ibid.

6. Ibid.

%d blogueurs aiment cette page :