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Attendons que la lumière de la Tradition dissipe les ténèbres qui obscurcissent le ciel de la Rome éternelle

22 février 2018

A l’Automne 1974, Mgr Marcel Lefebvre (1905-1991) [1], ancien archevêque de Dakar, ancien Supérieur de la Congrégation du Saint-Esprit, fondateur de la Fraternité Sacerdotale Saint Pie X et du Séminaire international d’Écône (Suisse), lançait un cri d’alarme sur la situation de l’Église, ceci neuf ans seulement après la fin du Concile Vatican II, un cri qui provoqua de nombreuses réactions, bien au-delà du monde catholique. Ce cri admirable de courage et de vérité, n’a pas perdu de son actualité, bien au contraire, et nous croyons utile – notamment en cette période où règnent de nombreuses confusions à propos de l’Eglise, au sujet de sa nature et son indéfectible perpétuité, une Eglise qui ne peut être ni « éclipsée » (sic !), ni évidemment disparaître ou détruite en raison des promesses formelles de Jésus-Christ faites à Saint-Pierre (Matthieu XVI, 17-19) [2] -, de le rappeler, tant les termes de cette déclaration conservent leur pertinence et leur impérative nécessité pour la conservation de la Foi catholique.
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Déclaration de Mgr Lefebvre

« Nous adhérons de tout cœur, de toute notre âme à la Rome catholique, gardienne de la Foi catholique et des traditions nécessaires au maintien de cette foi, à la Rome éternelle, maîtresse de sagesse et de vérité.

Nous refusons par contre et avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante qui s’est manifestée clairement dans le concile Vatican II et après le concile dans toutes les réformes qui en sont issues.

Toutes ces réformes, en effet, ont contribué et contribuent encore à la démolition de l’Église, à la ruine du Sacerdoce, à l’anéantissement du Sacrifice et des Sacrements, à la disparition de la vie religieuse, à un enseignement naturaliste et teilhardien dans les Universités, les Séminaires, la catéchèse, enseignement issu du libéralisme et du protestantisme condamnés maintes fois par le magistère solennel de l’Église.

Aucune autorité, même la plus élevée dans la hiérarchie ne peut nous contraindre à abandonner ou à diminuer notre foi catholique clairement exprimée et professée par le magistère de l’Église depuis dix-neuf siècles.

« S’il arrivait, dit saint Paul, que nous-même ou un Ange venu du ciel vous enseigne autre chose que ce que je vous ai enseigné, qu’il soit anathème. » (Gal. 1:8)

N’est-ce par ce que nous répète le Saint-Père aujourd’hui ? Et si une certaine contradiction se manifestait dans ses paroles et ses actes ainsi que dans les actes des dicastères, alors nous choisissons ce qui a toujours été enseigné et nous faisons la sourde oreille aux nouveautés destructrices de l’Église.

On ne peut modifier profondément la « lex orandi » sans modifier la « lex credendi ». A messe nouvelle correspond catéchisme nouveau, sacerdoce nouveau, séminaires nouveaux, universités nouvelles, Église charismatique, pentecôtiste, toutes choses opposées à l’orthodoxie et au magistère de toujours.

Cette Réforme étant issue du libéralisme, du modernisme, est tout entière empoisonnée ; elle sort de l’hérésie et aboutit à l’hérésie, même si tous ses actes ne sont pas formellement hérétiques. Il est donc impossible à tout catholique conscient et fidèle d’adopter cette Réforme et de s’y soumettre de quelque manière que ce soit.

La seule attitude de fidélité à l’Église et à la doctrine catholique, pour notre salut, est le refus catégorique d’acceptation de la Réforme.

C’est pourquoi sans aucune rébellion, aucune amertume, aucun ressentiment nous poursuivons notre œuvre de formation sacerdotale sous l’étoile du magistère de toujours, persuadés que nous ne pouvons rendre un service plus grand à la Sainte Église Catholique, au Souverain Pontife et aux générations futures.

C’est pourquoi nous nous en tenons fermement à tout ce qui a été cru et pratiqué dans la foi, les mœurs, le culte, l’enseignement du catéchisme, la formation du prêtre, l’institution de l’Église, par l’Église de toujours et codifié dans les livres parus avant l’influence moderniste du concile en attendant que la vraie lumière de la Tradition dissipe les ténèbres qui obscurcissent le ciel de la Rome éternelle.

Ce faisant, avec la grâce de Dieu, le secours de la Vierge Marie, de saint Joseph, de saint Pie X, nous sommes convaincus de demeurer fidèles à l’Église Catholique et Romaine, à tous les successeurs de Pierre, et d’être les ‘‘fidèles dispensateurs des mystères de Notre Seigneur Jésus-Christ’’ dans le Saint-Esprit. Amen ». (Déclaration de Mgr Marcel Lefebvre, le 21 novembre 1974, in «Marcel Lefebvre, une vie», Mgr Bernard Tissier de Mallerais, Clovis, pp. 654- 655).

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Notes.
1. Mgr Marcel Lefebvre, né le 29 novembre 1905 à Tourcoing (Nord). fut Archevêque catholique de Dakar et délégué apostolique pour l’Afrique française, il devint, en 1962, évêque de Tulle puis Supérieur général de la Congrégation du Saint-Esprit. Grande figure de l’opposition au concile de Vatican II, il fonda en 1970 la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X dont la finalité est de préserver le sacerdoce catholique. Il quitta ce monde le 25 mars 1991 en la fête de l’Annonciation.
2. « Jésus, reprenant la parole, lui dit: Tu es heureux, Simon, fils de Jonas; car ce ne sont pas la chair et le sang qui t’ont révélé cela, mais c’est mon Père qui est dans les cieux. Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur cette pierre je bâtirai mon Église, et que les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle. Je te donnerai les clefs du royaume des cieux: ce que tu lieras sur la terre sera lié dans les cieux, et ce que tu délieras sur la terre sera délié dans les cieux.» (Matthieu XVI, 17-19).

Pour une contre-révolution religieuse !

16 février 2018

 

zaccaria

« La seule vérité capable de changer les âmes,

c’est  la  Vérité de l’Eglise et de la Révélation ! »

Le mouvement engendré en France, par la volonté du gouvernement socialiste de légaliser le mariage pour des personnes de même sexe, fut un signe qu’il restait encore en ce pays, malgré bien des renoncements, un fond de conscience à l’égard de ce que représente la civilisation fondée, constituée et édifiée sur des bases chrétiennes.

Le refus de la « marchandisation des corps », le rejet vigoureux de la dénaturation de l’institution par excellence donatrice de la vie qu’est le mariage, entouré de son aspect sacramentel, a montré que tout n’est pas perdu, fort heureusement.

Cependant, alors que la loi scélérate et impie a été adoptée par les deux assemblées et fut promulguée, s’est immédiatement posée la question de savoir que faire de cet élan généreux qui fit descendre une population nombreuse dans les rues pour crier son refus de la destruction de la civilisation chrétienne.

I. Intransigeance envers le mal

« Aucune raison si grave soit-elle,

ne peut faire que ce qui est contre-nature

devienne conforme à la nature et honnête ».

– Pie XI –

Tout d’abord, il est bon de rappeler ce qu’est, sur le plan moral, la position invariable de l’Eglise vis-à-vis de l’homosexualité, car  sa doctrine n’a pas pour vocation d’être perfectionnée ou modifiée par la « pratique »; la seule pratique concevable ne devant être que celle du Saint-Siège qui a pour devoir impératif de ne transmettre que ce qu’il a reçu de ses prédécesseurs, en luttant contre les erreurs du monde.

Ainsi Pie XI déclare :

« Aucune raison, assurément, si grave soit-elle, ne peut faire que ce qui est intrinsèquement contre-nature devienne conforme à la nature et honnête ». (Pie XI, Casti Connubii § II, 2).

 De son côté Pie XII affirme clairement :

« Aucune indication ou nécessité ne peut transformer une action intrinsèquement immorale en un acte moral et licite ». (Pie XII, Allocution aux sages-femmes, 29 octobre 1951).

Cette position se trouve en parfait accord avec la vision constante de l’Eglise qui, toujours, repoussa avec vigueur l’erreur et la désorientation, tant sur le plan moral que spirituel.

C’est ce que disait saint Pie X avec force :

« La doctrine catholique nous enseigne que le premier devoir de la charité n’est pas dans la tolérance des convictions erronées, quelques sincères qu’elles soient, ni dans l’indifférence théorique ou pratique pour l’erreur ou le vice où nous voyons plongés nos frèresmais dans le zèle pour leur amélioration intellectuelle et morale non moins que pour leur bien-être matériel. (…) il faut l’union des esprits dans la vérité, l’union des volontés dans la morale, l’union des cœurs dans l’amour de Dieu et de son Fils, Jésus-Christ. Or, cette union n’est réalisable que par la charité catholique.» (Saint Pie X, Encyclique Notre charge apostolique, 25, août 1907).

 

II. L’homosexualité est un péché, un vice et un crime moral

L’homosexualité est dégradante, impure,

violant l’ordre de la nature

et offensant Dieu lui-même, son ordonnateur.

« Aucune indication ou nécessité

ne peut transformer une action intrinsèquement immorale

en un acte moral et licite ».

(Pie XII, Allocution aux sages-femmes, 29 octobre 1951).

 

Sur ce point, ceci-dit en écho à la question du mariage homosexuel, inutile de chercher des faux-fuyants, l’homosexualité est clairement condamnée par l’Eglise, tant chez la femme que chez l’homme, l’idée fondamentale étant que l’union sexuelle humaine ne peut être dissociée de la possibilité de la procréation.

Le Code de droit canonique de l’Église catholique romaine promulgué par le pape Benoît XV en 1917, précise au canon n°2357. §. 1  :

«  Les laïcs légitimement condamnés pour des délits contre le sixième commandement, commis avec des mineurs de moins de seize ans, ou pour viol, sodomie, inceste, excitation à la prostitution, sont infâmes par le fait même, en plus des autres peines que l’Ordinaire jugera à propos de leur infliger ». Concernant les clercs, le code note au canon n° 2359. §.2 : « S’ils ont commis un délit contre le sixième commandement avec des mineurs de moins de seize ans, ou pratiqué adultère, viol, bestialité, sodomie, excitation à la prostitution ou inceste avec ses consanguins ou alliés au premier degré, ils doivent être suspendus, déclarés infâmes, privés de tout offices, bénéfice, dignité ou charge qu’ils pourraient avoir, et dans les cas les plus graves ils doivent être déposés ».

L’homosexualité est considérée comme dégradante, impure, violant l’ordre de la nature et offensant Dieu lui-même, son ordonnateur. Les docteurs chrétiens anciens utilisent de façon systématique l’épisode du livre de la Genèse mettant en scène la destruction des villes de Sodome et de Gomorrhe. Le péché de sodomie est donc tellement grave, qu’il a poussé Dieu à exercer, dès cette vie, son jugement, sa condamnation et son châtiment afin que les ruines visibles des deux villes conservent la mémoire de leurs péchés mortels et rappellent le sort que Dieu réserve à ceux qui offensent la nature humaine porteuse de la loi divine.

III. La lutte contre-révolutionnaire contre le libéralisme

« L’idéologie des Droits de l’Homme, le libéralisme,

n’est pas une hérésie ordinaire,

c’est l’hérésie propre, personnelle de Satan..»

– Pie IX –

Mais il faut voir, derrière les lois impies promulguées par des régimes nés des principes de la Révolution – et la République sur ce point est un exemple significatif – le visage d’un ennemi contre lequel l’homme lutte depuis toujours et qui n’est point nouveau. Car la République et son régime, provenant de l’idéologie révolutionnaire de 1789, est une une authentique « contre-religion », une machine de guerre antichrétienne, une entreprise vouée à la destruction des fondements spirituels de la société comme l’avait fort bien vu Joseph de Maistre (1753-1821).

L’idéologie qui préside à tout ce chaos infâme, issue de l’antique poison talmudiste, est le libéralisme athée véhiculant la doctrine satanique des « droits de l’homme », du triomphe de l’individualisme, du consumérisme, de la civilisation des loisirs et du plaisir sans frein, de l’anarchie et de la révolte, du mercantilisme, de la destruction et de la réduction marchande de la vie.

Voilà pourquoi le pape Pie IX a pu dire, que le libéralisme était « l’hérésie de Satan » :

« L’idéologie des Droits de l’Homme, le libéralisme, n’est pas une hérésie ordinaire, c’est l’hérésie propre, personnelle de Satan, puisqu’elle consiste, pour la créature, à usurper à son profit l’indépendance et la souveraineté qui n’appartiennent qu’à Dieu, de toute éternité, et dans l’ordre des temps à Notre Seigneur Jésus-Christ. (…) On voit par là en quoi le libéralisme moderne diffère de tout ce qui l’a précédé en fait de révolte et de péché. C’est le péché lui-même, le dernier terme et le plus haut degré du péché. Le libéralisme appelle “l’homme de péché”, il prépare les voies à l’Antéchrist. “Suivre le courant”, c’est à quoi se résument ces fameuses inventions et ces grandes fiertés du Libéralisme catholique. Le libéralisme “catholique” n’est autre chose, en effet, que l’esprit révolutionnaire cherchant à s’introduire dans l’Eglise elle-même.» (Pie IX, Déclaration du 18 juin 1871, Société de Saint-Augustin, Desclée De Brouwer et Cie, Paris 1899, p. 223)

IV. Forme et caractère de la contre-révolution

Maistre

Pour Joseph de Maistre,

la Révolution ne peut être  combattue

que par la mise en œuvre d’un principe inverse

La particularité de la Révolution, de l’esprit révolutionnaire qui ronge la  chrétienté depuis 1789, est d’être une force aveugle, sans tête, sans responsable identifiable ; cette Révolution destructrice de toutes les lois traditionnelles, ayant une haine totale de la religion, est dirigée invisiblement par une énergie secrète dont ses thuriféraires ignorent l’origine, et ne soupçonnent même pas la présence sous le signe des crimes qu’ils commettent. Cela est si vrai que les acteurs de la Révolution semblent être de simples marionnettes sans réelle influence sur le cours des choses, des pantins suspendus à des fils actionnés par des mains inconnues ; à propos de cet aspect des événements Joseph de Maistre écrit :

« La Révolution française mène les hommes plus que les hommes ne la mènent.(…) Plus on examine les personnages en apparence les plus actifs de la Révolution, et plus on trouve en eux quelque chose de passif et de mécanique. On ne saurait trop le répéter, ce ne sont point les hommes qui mènent la Révolution, c’est la Révolution qui emploie les hommes. On dit fort bien quand on dit qu’elle va toute seule. » (Considérations sur la France, ch. I.)

Joseph de Maistre restera de par son analyse, aux yeux de l’histoire et des générations futures, celui qui, en une phrase, a donné la définition la plus précise, la plus juste, la plus exacte de ce qu’est l’essence profonde de la contre-révolution, de sa perspective et son objet propre :

« Le rétablissement de la monarchie qu’on appelle « contre-révolution », ne sera point une « révolution contraire », mais le « contraire de la révolution ». » (Considération  sur la France, ch. X).

 Ainsi Joseph de Maistre comprend donc très bien que la Révolution ne peut être authentiquement combattue que par la mise en œuvre d’un principe inverse, d’une négation radicale des bases doctrinales du ferment corrupteur révolutionnaire. Maistre dit à l’évêque de Raguse en 1815 :

« Si la Révolution est de nature satanique, elle ne peut être véritablement finie, tuée, que par le principe contraire, qu’il faut simplement délier (c’est tout ce que l’homme peut faire) ; ensuite il agira tout seul. » (Lettres et Opuscules inédits du comte Joseph de Maistre, E. Vaton, Paris, 1873).

V. Engagement contre-révolutionnaire

Ainsi donc, bien sûr qu’il nous faut d’abord et avant tout « rechercher le royaume de Dieu et sa justice » (Matthieu VI, 31-33), en n’hésitant pas à consacrer nos vies à Dieu, en se comportant saintement, loin des illusions de ce monde, en préservant nos enfants et nos familles, en approfondissant la saine doctrine, en étant fidèles, pieux et inflexibles sur les principes, et pour d’autres, bénéficiaires d’un appel, à entrer dans les ordres, à s’engager dans le sacerdoce car l’Eglise a besoin de milliers de saints prêtres pour rétablir la foi.

Pour tout cela,  effectivement, il importe de risquer sans crainte aucune de nos vies pour la conversion de cette société ténébreuse en témoignant des vérités de l’Evangile.

Mais témoigner, jusqu’au martyr si nécessaire, des vérités de l’Evangile, c’est ne pas se tromper de combat, c’est ne pas s’épuiser et stériliser les énergies en des luttes vaines et périphériques pour favoriser – même si les sensibilités rendent plus proches les discours des candidats de fidélité nationale – l’élection d’un président d’un parti laïc et républicain, dont on sait d’ailleurs qu’il a fort peu de chances d’accéder un jour au pouvoir, et surtout qu’il ne possédera, comme tous les autres, aucune capacité à modifier la situation dramatique dans laquelle nous nous trouvons qui est d’origine spirituelle.

De ce fait l’unique nécessaire aujourd’hui, en notre temps de nihilisme actif, c’est le triomphe et la Gloire de Jésus-Christ !

La seule politique réellement contre-révolutionnaire

 est de nature religieuse

 

Conclusion

Ainsi, une chose est claire, il ne saurait y avoir, alors que l’ensemble des structures anciennes se sont effondrées, d’action possible qu’exclusivement religieuse, ceci impliquant que toutes les autres préoccupations (de niveau national, régional, social, économique, humain, moral, culturel, etc.), qui ne concernent pas directement le rayonnement de l’Eglise et le triomphe de la Croix, aussi légitimes soient-elles – et même nécessaires selon les circonstances si elles relèvent d’impératifs vitaux immédiats – ne présentent en réalité aujourd’hui que des objectifs périphériques et subordonnés par rapport au combat essentiel.

En effet, de par l’absolue suprématie du spirituel sur le temporel, le seul élément sacré véritable dont tout dépend du point de vue de l’avenir de la chrétienté, et qu’il faut défendre avec ferveur en concourant à en établir au plus vite le règne en une sorte de sainte croisade ou de « Reconquista» à l’échelle du continent, c’est la sainte religion chrétienne.

Voilà notre conviction profonde : La seule politique qui soit réellement contre-révolutionnaire à présent est de nature religieuse, car il n’y a plus de solution politique aux problèmes de la société contemporaine, qu’il convient au plus vite de convertir et de ramener aux lois séculaires de l’Eglise !

Dès lors, si nous sommes convaincus de ce qu’est le combat que nous devons livrer au service de la foi, et que nous savons que seule la Tradition peut rebâtir la société chrétienne, rappelons-nous que le seul le catholicisme romain est l’instrument, selon Joseph de Maistre, de réédification de la chrétienté !

Lire :

Le libéralisme est une hérésie !

Mercredi des cendres : entrée en Carême !

14 février 2018

MERCREDI DES CENDRES

Entrée en Carême

« Voici le temps favorable,
Voici le Jour du Salut ;
Venez, adorons le Seigneur. »

                Jésus appelle à la conversion. Cet appel est une partie essentielle de l’annonce du Royaume :

« Les temps sont accomplis et le Royaume de Dieu est tout proche ; repentez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle » (Mc 1,15).

Dans la prédication de l’Église cet appel s’adresse d’abord à ceux qui ne connaissent pas encore le Christ et son Évangile. Aussi, le Baptême est-il le lieu principal de la conversion première et fondamentale. C’est par la foi en la Bonne Nouvelle et par le Baptême (cf. Ac 2, 38) que l’on renonce au mal et qu’on acquiert le salut, c’est-à-dire la rémission de tous les péchés et le don de la vie nouvelle. Or, l’appel du Christ à la conversion continue à retentir dans la vie des chrétiens. Cette seconde conversion est une tâche ininterrompue pour toute l’Église qui « enferme des pécheurs dans son propre sein » et qui « est donc à la fois sainte et appelée à se purifier, et qui poursuit constamment son effort de pénitence et de renouvellement » (LG 8). Cet effort de conversion n’est pas seulement une œuvre humaine. Elle est le mouvement du « cœur contrit » (Ps 51, 19) attiré et mû par la grâce (cf. Jn 6, 44 ; 12, 32) à répondre à l’amour miséricordieux de Dieu qui nous a aimés le premier (cf. 1 Jn 4, 10). (…) La pénitence intérieure est une réorientation radicale de toute la vie, un retour, une conversion vers Dieu de tout notre cœur, une cessation du péché, une aversion du mal, avec une répugnance envers les mauvaises actions que nous avons commises. En même temps, elle comporte le désir et la résolution de changer de vie avec l’espérance de la miséricorde divine et la confiance en l’aide de sa grâce. Cette conversion du cœur est accompagnée d’une douleur et d’une tristesse salutaires que les Pères ont appelées animi cruciatus (affliction de l’esprit), compunctio cordis (repentir du cœur) (cf. Cc. Trente : DS 1677-1678 ; 1705 ; Catech. R. 2, 5, 4). Le cœur de l’homme est lourd et endurci. Il faut que Dieu donne à l’homme un cœur nouveau (cf. Ez 36, 26-27). La conversion est d’abord une œuvre de la grâce de Dieu qui fait revenir nos cœurs à lui : « Convertis-nous, Seigneur, et nous serons convertis » (Lm 5, 21). Dieu nous donne la force de commencer à nouveau. C’est en découvrant la grandeur de l’amour de Dieu que notre cœur est ébranlé par l’horreur et le poids du péché et qu’il commence à craindre d’offenser Dieu par le péché et d’être séparé de lui. Le cœur humain se convertit en regardant vers Celui que nos péchés ont transpercé (cf. Jn 19, 37 ; Za 12, 10) :

       « Ayons les yeux fixés sur le sang du Christ

et comprenons combien il est précieux à son Père car,

répandu pour notre salut,

il a ménagé au monde entier la grâce du repentir. »

(S. Clément de Rome, Cor. 7,4).

Le serment anti-moderniste de saint Pie X : Sacrorum antistitum

27 janvier 2018

Pie X   

« Les modernistes sont  les pires ennemis de l’Église,

et le modernisme  l’égout collecteur de toutes les hérésies. »

(S. Pie X, Motu proprio Praestantia, 1907).

 

   Le 1er septembre 1910 paraissait le motu proprio Sacrorum antistitum du pape saint Pie X sur les mesures pratiques contre le modernisme. Le 8 août de la même année était publié le décret Quam singulari sur l’âge de la première communion, suivi le 25 août de la lettre Notre charge apostolique condamnant les erreurs du Sillon. 

   Sacrorum antistitum reprenait les points principaux de l’encyclique Pascendi en s’opposant notamment à l’immanentisme et aux idées religieuses de Spinoza (1632-1677). Il fut durement critiqué par les libéraux jusqu’à sa suppression par Paul VI à l’époque du concile Vatican II.

La crise moderniste commence en fait au milieu du XIXe siècle, alors que le Syllabus (1864) et l’essai de Charles Darwin (1809-1882) – De l’origine des espèces au moyen de la sélection naturelle, ou la Préservation des races favorisées dans la lutte pour la vie (1859) -, ont reconfiguré l’ensemble de l’intelligentsia européenne. Elle se prolonge jusqu’au milieu du XXe siècle et affecte durablement cinq pays d’Europe occidentale : l’Allemagne, l’Angleterre, la Belgique, la France et l’Italie, tandis que le Canada francophone connaît à cet égard un sort spécifique.

  N’oublions pas que la lutte contre le modernisme a été le grand combat du XXe siècle. Dans « Le Paysan de la Garonne », Jacques Maritain (1882-1973), peu suspect d’intégrisme, écrivit pourtant que le modernisme du temps de saint Pie X fut un simple rhume des foins au regard des dévastations de l’après-Concile… Corollaire politique de cette condamnation pontificale, la Lettre sur le Sillon soulignait que la véritable civilisation ne peut exister sans la vraie religion.

Son actualité est frappante alors que la France entre de plus en plus dans la barbarie !

Voici le texte du serment anti-moderniste contenu dans le Motu proprio Sacrorum antistitum, promulgué le 1er septembre 1910 par le pape Saint Pie X, que devait prononcer tout clerc lors de son ordination ou encore avant d’accéder à une chaire d’enseignement ou à un office ecclésiastique, et qu’il serait indispensable de rétablir aujourd’hui.

EXTRAITS DU SERMENT ANTI-MODERNISTE DE S. PIE X

Moi, N…, j’embrasse et reçois fermement toutes et chacune des vérités qui ont été définies, affirmées et déclarées par le magistère infaillible de l’Eglise, principalement les chapitres de doctrine qui sont directement opposés aux erreurs de ce temps.

Et d’abord, je professe que Dieu, principe et fin de toutes choses, peut être certainement connu, et par conséquent aussi, démontré à la lumière naturelle de la raison « par ce qui a été fait » Rm 1,20 , c’est-à-dire par les œuvres visibles de la création, comme la cause par les effets.

Deuxièmement, j’admets et je reconnais les preuves extérieures de la Révélation, c’est-à-dire les faits divins, particulièrement les miracles et les prophéties comme des signes très certains de l’origine divine de la religion chrétienne et je tiens qu’ils sont tout à fait adaptés à l’intelligence de tous les temps et de tous les hommes, même ceux d’aujourd’hui.

Troisièmement, je crois aussi fermement que l’Eglise, gardienne et maîtresse de la Parole révélée, a été instituée immédiatement et directement par le Christ en personne, vrai et historique, lorsqu’il vivait parmi nous, et qu’elle a été bâtie sur Pierre, chef de la hiérarchie apostolique, et sur ses successeurs pour les siècles.

Quatrièmement, je reçois sincèrement la doctrine de la foi transmise des apôtres jusqu’à nous toujours dans le même sens et dans la même interprétation par les pères orthodoxes ; pour cette raison, je rejette absolument l’invention hérétique de l’évolution des dogmes, qui passeraient d’un sens à l’autre, différent de celui que l’Eglise a d’abord professé. Je condamne également toute erreur qui substitue au dépôt divin révélé, confié à l’Epouse du Christ, pour qu’elle garde fidèlement, une invention philosophique ou une création de la conscience humaine, formée peu à peu par l’effort humain et qu’un progrès indéfini perfectionnerait à l’avenir.

Cinquièmement, je tiens très certainement et professe sincèrement que la foi n’est pas un sentiment religieux aveugle qui émerge des ténèbres du subconscient sous la pression du cœur et l’inclination de la volonté moralement informée, mais qu’elle est un véritable assentiment de l’intelligence à la vérité reçue du dehors, de l’écoute, par lequel nous croyons vrai, à cause de l’autorité de Dieu souverainement véridique, ce qui a été dit, attesté et révélé par le Dieu personnel, notre Créateur et notre Seigneur.

[…]

Enfin, je garde très fermement et je garderai jusqu’à mon dernier soupir la foi des Pères sur le charisme certain de la vérité qui est, qui a été et qui sera toujours « dans la succession de l’épiscopat depuis les apôtres », non pas pour qu’on tienne ce qu’il semble meilleur et plus adapté à la culture de chaque âge de pouvoir tenir, mais pour que « jamais on ne croie autre chose, ni qu’on ne comprenne autrement la vérité absolue et immuable prêchée depuis le commencement par les apôtres.

Toutes ces choses, je promets de les observer fidèlement, entièrement et sincèrement, et de les garder inviolablement, sans jamais m’en écarter ni en enseignant ni de quelque manière que ce soit dans ma parole et dans mes écrits.

J’en fais le serment ; je le jure.

Qu’ainsi Dieu me soit en aide et ces saints Evangiles.

Lire pour un développement plus complet du sujet :

LE SERMENT ANTIMODERNISTE DE SAINT PIE 

OU LE VENIN SPÉCULATIF DE L’HÉRÉSIE MODERNE

FACE ALA DOCTRINE SACRÉE DE L’ÉGLISE

La mort de Louis XVI : le crime de la Nation contre la Souveraineté royale !

21 janvier 2018

 « Chaque goutte du sang de Louis XVI

en coûtera des torrents à la France »

Joseph de Maistre, 1796

« Un des plus grands crimes qu’on puisse commettre, c’est sans doute l’attentat contre la souveraineté, nul n’ayant des suites plus terribles. Si la souveraineté réside sur une tête, et que cette tête tombe victime de l’attentat, le crime augmente d’atrocité. Mais si ce Souverain n’a mérité son sort par aucun crime ; si ses vertus même ont armé contre lui la main des coupables, le crime n’a plus de nom. A ces traits on reconnaît la mort de Louis XVI ; mais ce qu’il est important de remarquer, c’est que jamais un plus grand crime n’eut plus de complices.

La mort de Charles Ier en eut bien moins, et cependant il était possible de lui faire des reproches que Louis XVI ne mérita point. Cependant on lui donna des preuves de l’intérêt le plus tendre et le plus courageux ; le bourreau même, qui ne faisait qu’obéir, n’osa pas se faire connaître. En France, Louis XVI marcha à la mort au milieu de 60000 hommes armés, qui n’eurent pas un coup de fusil pour Santerre : pas une voix ne s’éleva pour l’infortuné monarque, et les provinces furent aussi muettes que la capitale. On se serait exposé, disait-on. Français ! si vous trouvez cette raison bonne, ne parlez pas tant de votre courage, ou convenez que vous l’employez bien mal. L’indifférence de l’armée ne fut pas moins remarquable. Elle servit les bourreaux de Louis XVI bien mieux qu’elle ne l’avait servi lui-même, car elle l’avait trahi. On ne vit pas de sa part le plus léger témoignage de mécontentement.

mort-louis-xvi

Enfin, jamais un plus grand crime n’appartint (à la vérité avec une foule de gradations) à un plus grand nombre de coupables. Il faut encore faire une observation importante : c’est que tout attentat commis contre la souveraineté, au nom de la nation, est toujours plus ou moins un crime national ; car c’est toujours plus ou moins la faute de la Nation, si un nombre quelconque de factieux s’est mis en état de commettre le crime en son nom. Ainsi, tous les Français, sans doute, n’ont pas voulu la mort de Louis XVI ; mais l’immense majorité du peuple a voulu, pendant plus de deux ans, toutes les folies, toutes les injustices, tous les attentats qui amenèrent la catastrophe du 21 janvier. Or, tous les crimes nationaux contre la souveraineté sont punis sans délai et d’une manière terrible ; c’est une loi qui n’a jamais souffert d’exception.

Peu de jours après l’exécution de Louis XVI, quelqu’un écrivait dans le Mercure universel : Peut-être il n’eût pas fallu en venir là ; mais puisque nos législateurs ont pris l’événement sur leur responsabilité, rallions-nous autour d’eux : éteignons toutes les haines, et qu’il n’en soit plus question. Fort bien : il eût fallu peut-être ne pas assassiner le Roi ; mais puisque la chose est faite, n’en parlons plus, et soyons tous bons amis. Ô démence ! Shakespeare en savait un peu plus lorsqu’il disait : La vie de tout individu est précieuse pour lui ; mais la vie de qui dépendent tant de vies, celle des souverains, est précieuse pour tous. Un crime fait-il disparaître la majesté royale ? A la place qu’elle occupait, il se forme un gouffre effroyable, et tout ce qui l’environne s’y précipite.

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« Tous les crimes nationaux contre la souveraineté

sont punis sans délai et d’une manière terrible ;

c’est une loi qui n’a jamais souffert d’exception.« 

Chaque goutte du sang de Louis XVI en coûtera des torrents à la France ; quatre millions de Français, peut-être, payeront de leur tête le grand crime national d’une insurrection anti-religieuse et anti-sociale, couronnée par un régicide. Il y eut des nations condamnées à mort au pied de la lettre comme des individus coupables, et nous savons pourquoi.

S’il entrait dans les desseins de Dieu de nous révéler ses plans à l’égard de la Révolution française, nous lirions le châtiment des Français comme l’arrêt d’un parlement. – Mais que saurions-nous de plus ? Ce châtiment n’est-il pas visible ? N’avons-nous pas vu la France déshonorée par plus de cent mille meurtres ? le sol entier de ce beau royaume couvert d’échafauds ?

et cette malheureuse terre abreuvée du sang de ses enfants par les massacres judiciaires, tandis que des tyrans inhumains le prodiguaient au dehors pour le soutien d’une guerre cruelle, soutenue pour leur propre intérêt ? Jamais le despote le plus sanguinaire ne s’est joué de la vie des hommes avec tant d’insolence, et jamais peuple passif ne se présenta à la boucherie avec plus de complaisance. Le fer et le feu, le froid et la faim, les privations, les souffrances de toute espèce, rien ne le dégoûte de son supplice ; tout ce qui est dévoué doit accomplir son sort ; on ne verra point de désobéissance, jusqu’à ce que le jugement soit accompli. »

Joseph de Maistre, Considérations sur la France (1796).

Lire

La Révolution et la haine de l’Eglise !

 

 

 

 

 

Saint Pie X et l’apostasie du libéralisme catholique

10 janvier 2018

S. Pie X

La pensée de saint Pie X est un guide pour nos temps troublés,

où les idées de la Révolution sont entrées dans l’Eglise. 

« Il est du devoir d’un pape  de veiller à la pureté de la foi

et à l’intégrité de la discipline catholique. »

S. Pie X,  « Notre charge apostolique », 1910.

  Dans sa lettre « Notre charge apostolique » sur le Sillon, le 25 août 1910, en la fête de saint Louis, il y a 105 ans, le pape saint Pie X adressait à l’épiscopat français une mise en garde salutaire contre l’esprit démocratique et les conceptions modernes de l’autorité. Le mouvement du Sillon, lancé à la fin des années 1890 par Paul Renaudin et Marc Sangnier (1873-1950), défendait une vision funeste  qui est pourtant devenue le credo du libéralisme catholique : marier l’Église et la Révolution dont le triomphe, après la terrible politique du ralliement à partir de Pie VII et du Concordat avec la République athée et régicide, fut évidemment Vatican II.

C’est pour lutter contre cette théorie impie que saint Pie X, dans a lettre Encyclique « Notre charge apostolique« , réagira avec fermeté et adressa ces lignes aux évêques de France :

« § 1. Notre charge apostolique nous fait un devoir de veiller à la pureté de la foi et à l’intégrité de la discipline catholique, de préserver les fidèles des dangers de l’erreur et du mal, surtout quand l’erreur et le mal leur sont présentés dans un langage entraînant, qui, voilant le vague des idées et l’équivoque des expressions sous l’ardeur du sentiment et la sonorité des mots, peut enflammer les cœurs pour des causes séduisantes mais funestes. Telles ont été naguère les doctrines des prétendus philosophes du XVIIIe siècle, celles de la Révolution et du libéralisme tant de fois condamnées ; telles sont encore aujourd’hui les théories du Sillon, qui, sous leurs apparences brillantes et généreuses, manquent trop souvent de clarté, de logique et de vérité, et, sous ce rapport, ne relèvent pas du génie catholique et français. »

Il poursuivait :

« § 24. (…) La doctrine catholique nous enseigne que le premier devoir de la charité n’est pas dans la tolérance des convictions erronées, quelque sincères qu’elles soient, ni dans l’indifférence théorique ou pratique pour l’erreur ou le vice où nous voyons plongés nos frères, mais dans le zèle pour leur amélioration intellectuelle et morale non moins que pour leur bien-être matériel. Cette même doctrine catholique nous enseigne aussi que la source de l’amour du prochain se trouve dans l’amour de Dieu, père commun et fin commune de toute la famille humaine, et dans l’amour de Jésus-Christ, dont nous sommes les membres au point que soulager un malheureux, c’est faire du bien à Jésus-Christ lui-même. Tout autre amour est illusion ou sentiment stérile et passager. Certes, l’expérience humaine est là, dans les sociétés païennes ou laïques de tous les temps, pour prouver qu’à certaines heures la considération des intérêts communs ou de la similitude de nature pèse fort peu devant les passions et les convoitises du cœur. Non, Vénérables Frères, il n’y a pas de vraie fraternité en dehors de la charité chrétienne, qui, par amour pour Dieu et son Fils Jésus-Christ notre Sauveur, embrasse tous les hommes pour les soulager tous et pour les amener tous à la même foi et au même bonheur du ciel. En séparant la fraternité de la charité chrétienne ainsi entendue, la démocratie, loin d’être un progrès, constituerait un recul désastreux pour la civilisation. Car si l’on veut arriver, et Nous le désirons de toute Notre âme, à la plus grande somme de bien-être possible pour la société et pour chacun de ses membres par la fraternité, ou, comme on dit encore, par la solidarité universelle, il faut l’union des esprits dans la vérité, l’union des volontés dans la morale, l’union des cœurs dans l’amour de Dieu et de son Fils, Jésus-Christ. Or, cette union n’est réalisable que par la charité catholique, laquelle seule, par conséquent, peut conduire les peuples dans la marche du progrès, vers l’idéal de la civilisation. » (S. PIE X, LETTRE ENCYCLIQUE SUR  » LE SILLON « , Rome, le 25 août 1910).

 « Le premier devoir de la charité

n’est pas dans la tolérance des convictions erronées… »

S. Pie X

Comme l’écrivait en 2010 l’abbé Beauvais, ancien curé de Saint-Nicolas-du-Chardonnet : « Ici comme dans le modernisme, s. Pie X avait vu clair. Les condamnations, comme toujours, étaient fortement motivées et la suite des événements jusqu’à nos jours, est venue apporter de nouvelles preuves de sa haute sagesse. (…) Ce désir latent d’une sorte de religion plus vaste que l’Eglise catholique, déjà bien présent dans cette pensée sillonniste, c’est celui que l’on retrouve dans les officines qui réclament un nouvel ordre mondial. Toutes ces aberrations s’expliqueront toujours par le travail des loges maçonniques et par les accointances de tant de catholiques libéraux (les idiots utiles) avec la Révolution. » (Le Chardonnet, n° 260, nov. 2010).

Conférence de Mgr Williamson

« Notre Charge Apostolique’ (Le Sillon) »

Le Sillon est la brèche dans l’antilibéralisme de l’Eglise

qui se forme après le ralliement de Léon XIII en 1892.

A lire :

Triunfo-de-San-Pío-X-sobre-el-modernismo

LE LIBÉRALISME : HÉRÉSIE SPIRITUELLE

ET ERREUR TRAGIQUE !

Joyeux et Saint Noël en union avec l’enfance de Jésus

24 décembre 2017

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«Etre entre les mains de Dieu comme un enfant entre les bras de sa mère

et pratiquer le renoncement à la volonté propre,

l’abandon total de soi et l’indifférence à toute chose,

la simplicité, la pureté, la mansuétude et l’innocence

Chapelle du Petit Roi de Grâce, Beaune.

(statue en bois polychrome de l’Enfant Jésus du XVIIe s.)

Marguerite du Saint-Sacrement (1619-1648), religieuse carmélite,  fondatrice de « l’Association de la dévotion à la Sainte Enfance de Jésus« ,  était versée dans la pratique continuelle de l’oraison depuis sa plus tendre enfance, au point qu’elle s’approcha de l’état d’innocence qu’Adam possédait avant la Chute : « Le premier effet qui se fit sentir chez Marguerite, et qui devait concourir à la préparation de cette âme, déjà si pure, aux desseins de Dieu, fut un renouvellement de la grâce du baptême, si efficace, qu’il la rétablit dans un état d’innocence semblable a celui que te premier homme, possédait avant sa chute. Marguerite recouvra avec cette pureté native les avantages que Dieu y avait attachés. Son esprit, dépouillé de l’enveloppe qui obscurcit notre intelligence, s’éleva plus librement à Dieu, et reçut, au lieu des connaissances bornées de la science humaine, de vives lumières qui lui permettaient de comprendre le rapport de toutes choses avec le Créateur et leur destination dans l’ordre admirable de ses desseins. Absorbée par une contemplation continuelle, qui l’unissait sans cesse à Dieu et transportait son esprit dans une région supérieure à la terre, elle ne se servait plus de ses sens purifiés par cette effusion divine de la grâce que pour la pratique des vertus. De cette intelligence lumineuse des secrets du ciel et de cette compréhension admirable de la beauté divine, découlait une multitude d’autres grâces qui  la rapprochaient de l’état béatifique dans lequel se trouvent les élus qui jouissent de Dieu. » [1]

Marguerite du Saint-Sacrement eut une vénération toute spéciale pour l’Enfant Jésus, et s’immergea entièrement dans l’esprit de la petite enfance, qu’elle regardait comme l’état d’anéantissement parfait de Dieu. En février 1636, Jésus dit à Marguerite : « Puise dans le trésor de mon enfance, ce sera par les mérites de ce mystère que tu surmonteras toutes les difficultés ». Elle découvrait d’ailleurs au Carmel, l’intense dévotion à l’Enfant Jésus instaurée par Sainte-Thérèse d’Avila (1515-1582), et dont l’école française de spiritualité, notamment par la voix de Pierre de Bérulle (1575-1629) qui introduisit le Carmel en France, était extrêmement fervente.

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« Ainsi donc justifiés par la foi,

ayons la paix avec Dieu par Jésus-Christ Notre-Seigneur ;

par qui aussi nous avons accès à cette grâce

où nous sommes établis et où nous nous glorifions

dans l’espoir de la gloire de Dieu (Rom. V, 1, 2)».

Il nous faut faire basculer notre vie en Dieu. C’est bien là l’enjeu de la croissance spirituelle, être possédé par Dieu, envahi par Dieu. Imaginons que notre être soit un réservoir vide.

De quoi le remplissons-nous ?

De Dieu ou des misères de la terre ?

Pour remplir notre être nous avons une pompe ; les puissances de l’âme (La mémoire, l’intelligence, la volonté) à quoi utilisons-nous nos puissances de l’âme et vers quoi les orientons-nous ?

L’Enfance de Jésus éduque nos puissances à se tourner vers Dieu, au jour le jour.

Comment ?

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« Pratiquer le renoncement à la volonté propre,

l’abandon total de soi et l’indifférence à toute chose… »

Le Père Charles de Condren (1588-1641) dira : «Etre entre les mains de Dieu comme un enfant entre les bras de sa mère et pratiquer le renoncement à la volonté propre, l’abandon total de soi et l’indifférence à toute chose, la simplicité, la pureté, la mansuétude et l’innocence

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« le Petit Roi de Grâce a plus soin de votre âme et de vos besoins

que vous n’en saurez avoir vous-mêmes.

Tenez-vous en paix, tâchant de remettre tout

entre les bras du Saint Enfant Jésus.

Je Le supplie de vous donner la force pour tout ce qu’Il désire de vous ».

 (Paroles extraites de la « Vie de Marguerite du Saint-Sacrement »).

Note.

  1. L. de Cissey, Vie de Marguerite du Saint-Sacrement, religieuse carmélite, fondatrice de l’Association de la dévotion à la sainte enfance de Jésus, (1619-1648), Ambroise Bray Libraire-Éditeur, 1862, pp. 55-57.
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