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La Passion et la « mort mystique » de l’Église

28 août 2017

Passion mystique

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« JÉSUS-CHRIST et l’Église forment un tout indivisible;

le sort de l’un, c’est le sort de l’autre; 

et de même que là où est la tête, là également doit se trouver le corps,

de même les mystères qui se sont accomplis en JÉSUS-CHRIST

 durant sa vie terrestre et mortelle

doivent se parachever en son Église durant sa vie militante d’ici-bas

(Mgr de Ségur, De la Passion, de la résurrection

 et du triomphe final de JÉSUS-CHRIST en son Église, Œuvres, t. Xe, 1897,p. 168).


Le second concile du Vatican, qui débuta le 11 octobre 1962, a engagé un complet processus de modification et transformation radicale de la religion catholique, prenant le contre-pied systématique, parfois jusqu’à l’extrême, de toutes les positions antérieures défendues et condamnées par l’Eglise catholique au cours des siècles.

Pourtant, le principe catholique sur lequel repose la tradition constante de l’Eglise est le suivant :« L’Esprit-Saint, en effet, n’a pas été promis aux successeurs de Pierre pour dévoiler, par son inspiration, une nouvelle doctrine, mais pour qu’avec son assistance ils gardent saintement et exposent fidèlement la Révélation transmise par les Apôtres, c’est-à-dire le Dépôt de la Foi ». (Pie IX, Const. Pastor Aeternus, Vat. I, Sess. IV Ch. IV, Dz. 1836).

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Le dévoilement, par « inspiration »,

de ce que l’on peut clairement désigner comme étant

une « nouvelle doctrine théologique » hérétique,

c’est bien produit lors du concile Vatican II.

Force est pourtant de constater, que le dévoilement, par « inspiration », de ce que l’on peut clairement désigner comme étant une « nouvelle doctrine », c’est bien produit lors du dernier concile. Une « nouvelle doctrine » exprimée par  le Magistère qui soutint des positions, notamment sur la « liberté religieuse », qui heurtent frontalement ce qui fut toujours enseigné par les papes jusqu’à Pie XII, et qui contredit objectivement la conception catholique portant sur la Royauté sociale de Notre-Seigneur Jésus-Christ, telle que formulée « infailliblement » par Pie IX,  Pie VII, Grégoire XVI et Léon XIII.

I. l’Eglise a « erré dans la Foi »…. lors de Vatican II

Pascal Bernardin, dans son remarquable ouvrage « Le Crucifiement de saint Pierre », explique la nature de ce à quoi nous sommes confrontés : «La doctrine spécifique de Vatican II, les innovations théologiques qu’il introduit et qui le distinguent de manière unique des autres conciles, sont maçonniques, anticatholiques (…) Or en affirmant que l’esprit maçonnique a soufflé sur Vatican II, nous ne faisons que répéter, en en tirant toutes les conséquences, ce que d’autres plus autorisés ont attesté. C’est ainsi que pour le futur cardinal Congar, Vatican II fut la « révolution d’octobre dans l’Eglise » : ‘‘Gaudium et spes est (…) une révision du Syllabus de Pie IX, une sorte de contre-syllabus. (…) il représente une tentative pour une réconciliation officielle de l’Eglise avec le monde tel qu’il est devenu depuis 1789’’. » [1]

Le constat est donc extrêmement inquiétant, il serait insensé de le nier, tout a été bouleversé et renversé, de la divine liturgie aux enseignements sur les mœurs et la morale, en passant par la disciple ecclésiastique régulière ou séculière ; de l’abandon de la soutane pour les prêtres au renversement des règles ancestrales, et ce jusqu’à l’intérieur des monastères les plus anciens de la chrétienté comme les Chartreux, de la chute vertigineuse des vocations aux réductions à l’état laïc de dizaines de milliers de religieux et religieuses, avec, pour conséquence, la fermeture de la plupart des églises et chapelles, notamment en milieu rural, entraînant une déchristianisation massive des populations, tout ceci faisant que ce qui demeure encore sous le nom de « religion catholique » aujourd’hui, semble représenter une sorte de misérable « contrefaçon » directe, pour ne pas dire de « parodie » de ce que fut, il y encore pas si longtemps, la religion traditionnelle.

Que faut-il en conclure ?

Certes le concile de Vatican II ne se voulut pas « dogmatique » et refusa même, par décision des pontifes qui le présidèrent (Jean XXIII et Paul VI), d’user de son pouvoir d’infaillibilité. C’est un fait.  Mais ce fait n’explique pas tout, car un concile présidé par un pape, est un concile de l’Eglise, il participe, en droit, du Magistère authentique, et son enseignement doit donc être conforme à la doctrine de toujours. [2] Cependant, ce ne fut pas le cas, bien au contraire !

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Toute l’Église enseignante  a… erré dans la Foi à Vatican II !

La réalité, brutale mais véridique, il convient de l’avouer franchement, c’est que toute l’Église enseignante  a… erré dans la Foi à Vatican II, puisqu’il y avait 2500 évêques et que toutes les Constitutions et Déclarations conciliaires ont toutes été votées à une écrasante majorité. [3]

II. La thèse sédévacantiste de « l’Eglise éclipsée »

Si donc l’Eglise enseignante a erré dans la Foi à Vatican II, et que depuis, l’enseignement dispensé officiellement par Rome est infecté du poison moderniste, la conclusion qu’effectuent les partisans de la vacance du Trône de Saint Pierre, c’est que « l’Eglise est éclipsée », et qu’en lieu et place, une secte hérétique, une « contre-église » fausse et mensongère, s’est installée dans les  murs du Vatican avec à sa tête des « usurpateurs », des « antipapes », éclipsant, c’est-à-dire voilant, l’authentique Eglise qui subsisterait toujours, mais hors de Rome, pure et sans tâche.

Il est à noter néanmoins, que cette désignation : « lEglise éclipsée », ne se retrouve chez aucun Père de l’Eglise, elle provient de la partie contestée du « secret » de Mélanie, la jeune bergère de La Salette qui vit la Vierge en larmes le 19 septembre 1846 dans les montagnes du Dauphiné, partie rajoutée et publiée en 1879 par une Mélanie Calvat (1831-1904), inspirée par les thèses apocalyptiques qui circulaient à l’époque dans les milieux catholiques monarchistes légitimistes.

Melanie Calvat

Mélanie Calvat (1831-1904), 

inspirée par les thèses apocalyptiques des milieux catholiques

monarchistes et légitimistes, rédigea et fit publier en 1879 en Italie,

une nouvelle version du « secret » – mise à l’index par le Saint-Office

qui vint ajouter un discours qui ne figure pas

dans la première version écrite juste après l’apparition de 1846,

remise au pape Pie IX le 18 juillet 1851.

Signalons par ailleurs, que l’éventuelle prophétie de la Sainte Vierge à La Salette : “l’Église sera éclipsée…” se rapporte plutôt à l’avènement de l’Antéchrist, car pour l’époque actuelle, la prophétie de la Très Sainte Vierge dit très exactement : “ L’Église aura une crise affreuse”, ce qui correspond bien à la réalité.  [4]

Vierge de La Salette

Cette désignation : « l’Eglise éclipsée » ne se retrouve chez aucun Père de l’Eglise,

elle provient de la partie contestée du « secret »

de Mélanie, la jeune bergère de La Salette

Toutefois, par delà ces précisions, il demeure cependant un problème à cette thèse, et pas des moindres, qui participe des deux interrogations préalables :

– 1°) Comment, dans une dite «Eglise en ordre» (sic), c’est-à-dire une Eglise qui bénéficiait encore, au moment de l’ouverture du concile Vatican II, de l’assistance pleine et entière de l’Esprit-Saint, un tel triomphe des idées modernistes a-t-il pu se produire ?

– 2°) Par ailleurs, l’Eglise reposant sur le pape, depuis le moment où saint Pierre fut désigné par le Christ pour gouverner son Eglise (Matthieu XVI, 17-18), il est bien difficile d’admettre qu’elle puisse perdurer depuis plus de cinquante ans – et sans nul doute pour longtemps encore, car le temps sera long avant que ne soient entièrement effacées les traces de Vatican II, si tant est qu’elles le soient un jour -, sans un chef visible ?

C’est sans doute les deux questions les plus délicates touchant à la vie de l’Eglise qui se posent de façon très concrète, et il faut reconnaître que si les plumes diverses sont promptes à exposer l’infiltration de l’Eglise par les courants occultistes et modernistes, quasi personne n’arrive à expliquer les raisons réelles qui ont permis, non pas seulement la lente pénétration de la sainte institution par les forces ténébreuses et révolutionnaires, véhiculant les conceptions panthéistes, naturalistes et libérales de la franc-maçonnerie, mais surtout comment ces forces révolutionnaires sont parvenues à vaincre une « Eglise en ordre » (sic), et, auxiliairement, de quelle manière une hypothétique « Eglise éclipsée », peut-elle fonctionner sans un pape ?

Les auteurs traditionnels s’accordent uniquement sur ce point : « Depuis 1958 Rome prend le contre-pied de ce que la papauté a toujours enseigné » [5]. Le constat est juste, mais largement insuffisant pour permettre de répondre correctement à la situation troublante et inquiétante que traverse l’Eglise.

III. Comment l’Eglise assistée de l’Esprit-Saint a-t-elle pu « errer dans la foi » ?

Pourtant, nous le savons, le Christ, par son Saint-Esprit, assiste depuis son Ascension en permanence l’Eglise, au point que Jésus-Christ, selon le cardinal Charles Journet (1891-1975) : « maintient l’Eglise liée à lui par une providence si particulière, une sollicitude si constante, un amour si jaloux qu’il est Lui-même le sujet responsable de ses activités » :

Sainte Trinité

«L’Église est ainsi comme un épanchement de la vie trinitaire au sein du temps. Depuis la venue du Christ, le Fils et l’Esprit continuent à chaque instant de visiter invisiblement l’Église. C’est donc l’Esprit saint qui, à travers l’humanité de Jésus, forme l’Église et l’introduit dans le monde. Mais après lui avoir donné tout ce qu’il lui faut pour subsister en elle-même, comme une vraie personne morale, ou sociale, et par conséquent pour agir à l’égard du monde avec indépendance, il ne l’a pas détachée de Lui. Il la maintient liée à Lui par une providence si particulière, une sollicitude si constante, un amour si jaloux qu’il est Lui-même le sujet responsable de ses activités. (…) » La suite de ce texte est fondamentale : « L’Église jamais n’apostasiera ni ne perdra l’amour. Les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle, l’assistance divine la soutiendra tous les jours jusqu’à la fin des temps. » (Charles Journet, Le Traité de l’Eglise, 1957).

Comment se peut-il donc, si l’Eglise bénéficie d’une promesse d’assistance constante du Christ, accompagnée de la certitude que « Les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle, l’assistance divine la soutiendra tous les jours jusqu’à la fin des temps » (Matthieu XXVIII, 20), qu’elle ait pu porter sur le trône de Saint Pierre un moderniste, Jean XXIII, qui permit le triomphe des idées libérales en prenant l’initiative de convoquer un nouveau concile lors duquel toute la religion a été changée ?

Est-il possible qu’une Eglise, en théorie, assistée de « l’Esprit-Saint », ait pu proclamer une doctrine contradictoire d’avec l’enseignement constant et permanent des vingt siècles qui précédèrent Vatican II ?

Le Christ aurait-il failli à ses promesses, serait-il trompeur et menteur ?

C’est impossible !

IV.  Le mystère de l’Eglise est celui du « combat entre Dieu et Bélial »

Il nous faut donc admettre, que nous sommes en présence d’un « mystère » d’ordre surnaturel, dont les racines plongent dans la métahistoire, lorsque les anges rebelles se sont révoltés contre Dieu, ce « mystère » nous liant au devenir d’une Histoire marquée par la lutte originelle qui est une lutte, comme nous l’apprend saint Augustin (354-430), entre la Cité du Ciel et celle de la Terre, deux « Cités » absolument irréconciliables et antagonistes, deux « Cités » que tout oppose et sépare, fondées sur des principes radicalement divergents, travaillant à des objectifs totalement contraires, poursuivant des buts à tous égards dissemblables. [6]

Montfort

Le « mystère d’iniquité » (Thessaloniciens II, 7),

 est un « mystère  » intérieur à l’Eglise elle-même.

Nous sommes donc, dans le cadre de la désorientation actuelle, en présence d’un « mystère », un « mystère d’iniquité » selon saint Paul (« Car le mystère d’iniquité se forme dès à présent, mais seulement jusqu’à ce que celui qui le retient encore paraisse au grand jour », II Thessaloniciens II, 7), qui est un « mystère intérieur à l’Eglise elle-même » ; nous ne sommes pas confrontés au triomphe d’une « autre entité » qui aurait, à Rome, « éclipsé » la véritable Eglise lors de Vatican II – ce qui ne se peut aucunement, sous peine de souscrire à l’idée d’un abandon de l’Eglise par le Christ, proposition impie et blasphématoire, à laquelle souscrivent implicitement et explicitement les sédévacantistes qui, enfreignant le « droit divin », jugent le pape en hérésie en for interne, et agissent comme s’ils disposaient d’un pouvoir délibératif et décisionnel sur la personne du pontife, ce qui est non seulement formellement interdit par l’Eglise, mais en plus ne relève que de l’autorité dont dépend le pape, à savoir Le Christ et Lui Seul.

Cependant, si telle est la situation, c’est-à-dire que nous nous trouvions dans « le temps de formation de l’iniquité », alors, il est évident que nous sommes en présence d’une période de combat qui se déroule « dans l’Eglise », comme dans toute la Création depuis la Chute, et ce combat à l’intérieur de l’Eglise – pas plus que le Ciel, lieu où les anges se sont révoltés –, est un combat engagé au sein même de l’Eglise, comme il eut lieu originellement dans le Ciel, qui  cependant, ne cessa point d’être le lieu où règne Dieu.

V. Le Fils de perdition doit « entrer dans l’Eglise »

De la sorte, la seule manière de pouvoir tenir en un même ensemble indissociable, la continuité éternelle de la succession pontificale, « matérielle » et « formelle », relevant du « droit divin », imprescriptible de par son Divin fondateur, et la désorientation manifeste que représente « l’errance dans la foi » de Vatican II, c’est d’examiner la situation au regard de ce que les Apôtres, les Pères, les saints, les docteurs et théologiens de l’Eglise, ont annoncé concernant les temps futurs que doit traverser et connaître l’épouse de Jésus-Christ.

Et là notre légitime incompréhension cesse face à la situation illogique et aux manifestes contradictions d’une telle impossibilité, car il y a un cas, et un cas uniquement où l’incohérence trouve sa résolution, c’est lorsqu’on envisage ce qui se déroule sous nos yeux depuis Vatican II, au regard de l’épreuve par laquelle l’Eglise doit passer au cours de son séjour en ce monde. Et  l’épreuve dont il s’agit, largement décrite et prédite, a été désignée par les docteurs sous le nom « d’apostasie » ; elle est très clairement prévue, et il est même question d’une positive et très concrète « entrée dans l’Eglise » – et non, ce qui est à noter, dans une « contrefaçon » qui aurait éclipsé la véritable Eglise -, du « Fils de la perdition »

Ces prédictions ne sont point sujettes à caution, issues du fruit de l’imagination débordante de quelques visionnaires emportés par leur inspiration personnelle, le témoignage de personnalités enthousiastes, disons, pour être charitables, peu fiables et faiblement équilibrées. Tout au contraire. Nous sommes en présence d’analyses effectuées par des auteurs ecclésiastiques reconnus, et pour certains ayant même occupé les plus hautes fonctions hiérarchiques dans l’Eglise.

Ainsi, au titre de ces prédictions autorisées, plusieurs possèdent, de par la précision de leurs détails, la profondeur de leurs vues surnaturelles, une place singulièrement importante, comme nous allons pouvoir en juger.

Charles Arminjon

« Les apostasies seront nombreuses,

on verra les conducteurs des peuples

fléchir le genou devant l’idole régnante,

un grand nombre déserteront la vérité

et se laisseront emporter par le courant de la dépravation.» 

Abbé Charles Arminjon,

(Fin du monde présent et mystères de la vie future, 1881).

 

L’Abbé Charles Arminjon (1824-1885), prêtre de Chambéry, dans son ouvrage, « Fin du monde présent et mystères de la vie future » (1881), qui eut une extraordinaire influence sur sainte Thérèse de l’Enfant de Jésus (1873-1897), expliqua, avec une remarquable science, ce que l’Eglise allait traverser :

« Les apostasies seront nombreuses, et les courages deviendront rares. Il est écrit que les vertus des cieux seront ébranlées et que les étoiles du ciel tomberont. En d’autres termes, on verra les conducteurs des peuples fléchir le genou devant l’idole régnante, et, ce qui est plus désolant encore, c’est que, parmi les dispen­sateurs de la science, les astres de la théologie, les bouches d’or de l’éloquence sacrée, un grand nombre déserteront la vérité et se laisseront emporter par le courant de la dépravation. (…) Saint Paul nous apprend encore que Jésus‑Christ ne descendra pas une seconde fois avant que ne vienne la grande apostasie (…)  si la défection continue son cours, on peut prédire que cette guerre faite à Dieu doit fatalement aboutir à l’apostasie totale et consommée. De la statolatrie, c’est‑à‑dire de l’esprit utilitaire et de l’adoration du Dieu‑État, qui est le culte de notre époque, à l’adoration de l’homme individu, il n’y a qu’un faible pas à franchir. Nous y touchons presque…». (Abbé C. Arminjon, Fin du monde présent et mystères de la vie future », Victor Palmé, 1881).

De même, le vénérable Barthélémy Holzhauser (1613-1658), qui écrivit une « Interprétation de l’Apocalypse », soutient qu’au septième et dernier âge, celui de la désolation, le « Fils de la perdition entrera dans l’Eglise » :

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« Et alors le Christ commencera à vomir l’Eglise de sa bouche, et permettra que Satan soit délié et étende son pouvoir en tous lieux ; et que le Fils de perdition entre dans le royaume, qui est l’Eglise. » (Interprétation de l’Apocalypse renfermant l’histoire des sept âges de l’Eglise catholique, Librairie Louis Vivès, 1856, t. I, p. 210).

VI. L’ésotérisme « cosmo-théologique » schismatique 

Le problème, sérieux s’il en est, de la démonstration pseudo-théologique, sur laquelle s’appuie le sédévacantisme pour justifier sa non reconnaissance des papes et de Rome depuis Vatican II, qui participent l’un et l’autre, selon eux, d’une secte, d’un corps étranger, un « astre autre » (sic) éclipsant la véritable Eglise, c’est qu’elle est en totale contradiction d’avec les enseignements formels des docteurs de l’Eglise, qui évoquent une « Passion » de l’Eglise dans la période précédant la fin des temps, mais en aucun cas le remplacement de l’épouse du Christ par un « corps étranger » ; saint Thomas d’Aquin parlant d’une Eglise visible, mais devenue pécheresse, « obscure » et « noire » à cause « de l’hérésie de la nouveauté » (cf. Commentaire sur les Psaumes X, 3).

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C’est bien « dans l’Eglise », 

et non pas dans un quelconque « astre autre »  

selon un verbiage relevant de « l’ésotérisme cosmologique », 

que doit advenir « l’apostasie », une apostasie de l’Eglise catholique,

pas d’un « corps étranger », d’un « autre corps céleste venu d’ailleurs ».

Il y a donc chez les schismatiques, de par l’illusion d’un discours ésotérique « cosmo-théologique », un refus très coupable de la « Passion », une « Passion » refusée à l’Eglise au prétexte de comparaisons fantaisistes cosmologiques, hautement aventureuses spirituellement [7], qui conduisent, au fond, à ne pas accepter par l’effet d’une lâcheté pharisaïque, l’épreuve de la Croix que subit l’épouse de Jésus-Christ, et à fuir cette sainte et pieuse évidence, à savoir que « l’Église, à la fin des temps, comme son Divin Chef sur la croix, paraisse vaincue ».

Or, elle doit être cette Eglise, configurée au Christ dans sa Passion à la fin des temps, car c’est bien « dans l’Eglise », et non pas dans un quelconque « astre autre » (sic), selon des rêveries absurdes qui relèvent au fond d’un verbiage relevant de l’ésotérisme cosmologique, que doit advenir « l’apostasie », une apostasie que Mgr de Ségur (1820-1881) désigne positivement comme étant celle de l’Eglise catholique, pas d’un « corps étranger », d’un « autre corps céleste venu d’ailleurs ». Il s’agit donc, objectivement et fort concrètement, dans les événements que nous traversons, d’une : « apostasie générale ou quasi-générale de la foi de la sainte Église Romaine », et ceci en conséquence d’une vérité évangélique révélée incontestable : « L’Eglise doit avoir, elle aussi, et sa Passion, et son crucifiement final » (Colossiens, I 24).

Qu’adviendra-t-il en cette terrible période de l’Histoire de l’Eglise ?

Voici la réponse, très éloignée de l’inacceptable et surtout très hérétique théorie de « l’occultation » produite par les fumeuses interprétations cosmico-occultistes sédévacantistes : «Quoique toujours visible et composée de ses éléments essentiels, l’Église sera pendant tout ce temps-là comme crucifiée, comme morte et ensevelie.» (Mgr de Ségur, De la Passion, de la résurrection et du triomphe final de JÉSUS-CHRIST en son Église, 1897).

VII. L’Eglise est entrée dans les temps de sa « Passion mystique »

De ce fait, ce à quoi nous assistons, de par la situation tout à fait exceptionnelle que nous traversons, ce n’est donc pas « l’éclipse de l’Eglise » (sic !) voilée par une contrefaçon parodique et usurpatrice, mais c’est un temps d’épreuve, une authentique « Passion », un « Vendredi Saint », pour le dire clairement « la Passion de l’Église », ou « Passion mystique du Christ » revécue, que plusieurs théologiens, très éloignés des millénarismes et messianismes spéculatifs en grande faveur chez les schismatiques soutenant l’idée d’une « Eglise éclipsée » (re-sic !), désignent comme étant l’épreuve finale qu’aurait à subir l’Église dans la période annonçant la « Fin des Temps », précisément une période où adviendra « l’apostasie ». 

Selon l’eschatologie catholique, en effet l’Église, avant la Parousie, c’est-à-dire le second avènement du Christ, doit subir une « Passion » à l’image du Verbe incarné, dont elle est le corps mystique. Ce temps de « Passion », peut s’étendre sur une très longue période et il serait aventureux de vouloir en annoncer la durée accomplie et l’arrivée prochaine du Fils de Dieu.

Tout cela peut se dérouler sur des siècles, comportant des avancées vers « l’Apostasie », puis des retours, pour des périodes courtes ou étendues, vers la « Tradition », en un mouvement apparemment contradictoire et dialectique qui sera cependant représentatif du trouble consécutif des épreuves qu’aura à traverser l’Eglise.

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« Ne faut-il pas que l’Eglise de jour en jour,

prenne davantage la ressemblance du Christ ?

Ne faut-il pas qu’elle soit comme la vivante image

de Celui qui a souffert de tels tourments et si nombreux ?

 Ne faut-il pas que d’une certaine façon

elle achève en elle-même ce qui manque

aux souffrances du Christ (Coloss. I, 24) ?

C’est là le secret de cette loi de la souffrance

imposée par Dieu à son Eglise qui milite sur cette terre… »

(S. Pie X, Encyclique Communium Rerum, 21 avril 1909).

Saint Pie X, évoque d’ailleurs clairement, dans l’encyclique « Communium Rerum » (1909), la loi de souffrance imposée par Dieu à son Eglise, qui la conduit à devoir « achever en elle-même ce qui manque aux souffrances du Christ », de sorte qu’elle soit  « comme la vivante image de Celui qui a souffert de tels tourments » : 

« Le Seigneur est toujours là ; grâce à lui, tout concourra au bien de ceux qui l’aiment (Rom. vin, 28). Il tirera le bien du mal; les triomphes qu’il réserve à son Eglise seront d’autant plus éclatants que plus méchants ont été les efforts de la perversité humaine pour ruiner son œuvre. Telle est l’admirable grandeur des desseins de la divine Providence; telles sont ses voies impénétrables (Ibid. xi, 33), dans la  situation présente; – car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, dit le Seigneur (Is. LV, 8). Ne faut-il pas que l’Eglise de jour en jour, prenne davantage la ressemblance du Christ ? Ne faut-il pas qu’elle soit comme la vivante image de Celui qui a souffert de tels tourments et si nombreux ? Ne faut-il pas que d’une certaine façon elle achève en elle-même ce qui manque aux souffrances du Christ (Coloss. I, 24) ? C’est là le secret de cette loi de la souffrance imposée par Dieu à son Eglise qui milite sur cette terre : les luttes, les oppressions, les angoisses seront à jamais son partage ; telle est la voie, telles sont les tribulations incessantes par lesquelles elle entrera dans le royaume de Dieu (Act. xiv, 21), pour se réunir enfin à l’Eglise triomphante du cielIls se trompent donc singulièrement, ceux qui s’imaginent et espèrent pour l’Eglise un état exempt de toute perturbation…» (S. Pie X, Encyclique Communium Rerum, 21 avril 1909,  cf. Actes de S.S. Pie X, t. V, Éditions de la Documentation Catholique, n.d., pp. 41-42).

Crucifix Janséniste I

« La Passion du Christ se renouvelle,

et d’une certaine manière elle se poursuit et s’achève,

dans son corps mystique qui est l’Église (…)

souffrant toujours en son corps mystique, le Christ

veut nous avoir pour compagnons de son expiation.. »

(Pie XI, Miserentissimus Redempto, 28 mai 1928)

Pie XI déclarait également en 1928, dans son encyclique « Miserentissimus Redemptor« , consacrée à la réparation due, par tous, au Sacré-Cœur de Jésus qui est « la synthèse de la religion » – rappelant que la dévotion au Sacré-Cœur, qui a pour origine l’encyclique « Annum Sacrum«  de Léon XIII en 1899, avait perdu de son intensité alors que « l’esprit d’expiation ou de réparation a toujours tenu le premier et principal rôle dans le culte rendu au Sacré-Cœur de Jésus » – que la « Passion se poursuit dans l’Eglise » :

« La Passion du Christ se renouvelle, et d’une certaine manière elle se poursuit et s’achève, dans son corps mystique qui est l’Église. Car, pour nous servir encore des paroles de saint Augustin : « Le Christ a souffert tout ce qu’il devait souffrir ; la mesure de ses souffrances est désormais à son comble. La dette de souffrances était donc payée dans la Tête, mais elle demeurait entière dans son corps ». Le Seigneur Jésus lui-même a bien voulu nous l’apprendre, quand il disait à Saul, respirant encore la menace et la mort contre les disciples : Je suis Jésus que tu persécutes. Il laissait ainsi nettement entendre que les persécutions déchaînées contre l’Église visaient et atteignaient le divin Chef de l’Église lui-même. C’est donc à bon droit que, souffrant toujours en son corps mystique, le Christ veut nous avoir pour compagnons de son expiation. Notre situation envers lui l’exige également, car, puisque nous sommes le corps du Christ et ses membres chacun pour notre part, tout ce que souffre la tête, les membres le doivent souffrir aussi. » (Pie XI, Miserentissimus Redempto, 28 mai 1928).

Quant à Mgr Louis Gaston de Ségur (1820-1881), déjà évoqué, Prélat dans la Maison du Pape Pie IX, Chanoine de l’Ordre des Évêques du Chapitre Impérial de Saint-Denys, il aborde également ce sujet, à bon droit fondamental pour la sauvegarde de la Foi catholique, dans lequel il démontre la permanente visibilité de l’Eglise, mais qui « apostasiera avant la fin des temps », car en effet, il doit advenir, non pas une « éclipse », mais une « apostasie générale ou quasi-générale de la foi de la sainte Église Romaine ».

Mgr de Ségur

« JÉSUS-CHRIST et l’Église forment un tout indivisible

le sort de l’un, c’est le sort de l’autre; et de même que là où est la tête,

là également doit se trouver le corps,

de même les mystères qui se sont accomplis en JÉSUS-CHRIST

durant sa vie terrestre et mortelle doivent

se parachever en son Église durant sa vie militante d’ici-bas.

JÉSUS-CHRIST a eu sa Passion et son crucifiement :

l’Église doit avoir, elle aussi, et sa Passion, et son crucifiement final. »

Mgr de Ségur, 

(De la Passion, de la résurrection 

et du triomphe final de JÉSUS-CHRIST en son Église,1897).

VIII.L’Église devient obscure « dans l’engouement pour la nouveauté »

Nous le voyons, les événements auxquels nous assistons depuis plusieurs décennies, relèvent de la vie intime de l’Eglise, ils participent de l’eschatologie par laquelle nous savons que  « l’Église, à la fin des temps, comme son Divin Chef sur la croix, paraîtra vaincue », une Eglise au sein de laquelle il doit advenir une, « apostasie générale ou quasi-générale de la foi de la sainte Église Romaine », une Eglise qui « doit avoir, elle aussi, et sa Passion, et son crucifiement final ».

A ce titre, le texte révélé de l’Apocalypse, rédigé par saint Jean, distingue les âges du christianisme selon le nom de sept églises d’Asie mineure (Éphèse, Smyrne, Pergame, Thyatire, Sardes, Philadelphie, Laodicée), ces âges allant des premiers siècles de l’Eglise jusqu’au moment où s’éteindra le dernier pape avant le retour du Fils de Dieu. Les exégètes ne sont pas tous du même avis concernant l’église d’Asie, et donc l’âge, qui correspondrait à notre période actuelle. Mais la plupart s’accordent pour considérer que nous sommes dans le temps de l’église de Sardes. Ce temps est caractérisé par une désorientation et une perte de la Foi, faisant que les œuvres qui paraissent vivantes, sont en réalité « mortes » : « Voici ce que dit celui qui a les sept esprits de Dieu et les sept étoiles : Je connais tes œuvres. Je sais que tu passes pour être vivant, mais tu es mort. » (Ap. III, 1). 

C’est exactement la formulation de saint Thomas d’Aquin ( + 1274), qui ne parle pas d’une « éclipse de l’Eglise », mais bien d’une Eglise visible, « paraissant vivante » mais devenue sombre, « obscure », « noire » à cause de l’hérésie de la nouveauté, ce qui correspond très exactement à ce que nous vivons :

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« L’Église devient obscure dans l’engouement pour la nouveauté, lorsque les prédicateurs et les docteurs ne sont pas en elle ; elle devient […] noire à cause des nuages, c’est-à-dire à cause de la séduction des hérétiques.» (S. Thomas d’Aquin, Commentaire sur les Psaumes X, 3).

Il s’agit bien de l’Eglise, pas d’une contrefaçon usurpatrice ni d’un « corps étranger » (sic) désigné sous le nom de « secte conciliaire« , il s’agit de l’épouse du Christ « devenue obscure dans l’engouement pour la nouveauté », les nuages représentant le séductions des hérétiques pour les doctrines erronées.

Conclusion

Au moment de ce crucifiement final – lorsque l’épouse du Christ sera morte, puis ensevelie et mise au tombeau -, il ne s’agit surtout pas de fuir et de l’abandonner, en ces instants où l’Eglise – « toujours visible » – est au Calvaire, en ces heures où l’Eglise vit son agonie, bien au contraire, « il ne faut pas dormir », ou pire, de façon abominablement pharisaïque, s’en détourner et la fuir !

L’Eglise a besoin que nous conservions la Foi, que nous résistions à l’apostasie, et que nous restions convaincus que la souffrance consentie « mystiquement » par l’Eglise, à l’imitation de Jésus son époux, qui se fit péché pour le salut des hommes, est une épreuve d’expiation en conformité de son Divin Fondateur.

Et pendant cette période, où l’apostasie générale est répandue sur la terre, où les forces de corruptions sont déchaînées horriblement, n’oublions pas et soyons certains, que « La révélation de la Trinité, notamment, est toujours pure à l’intérieur de l’Église…». [8]

Crucifix (2)

L’Eglise qui n’a pas été « éclipsée », demeure « visible »,

mais traverse une épreuve,

en ces instants où l’Eglise  est au Calvaire,

en ces heures où l’Eglise vit son agonie,

 « il ne faut pas dormir », ou pire, de façon abominablement pharisaïque,

s’en détourner et la fuir !

Le Christ ne peut être vaincu, il ne peut abandonner son Eglise qui n’a pas été « éclipsée » bien évidemment, mais qui, demeurant « visible », traverse une épreuve dont nous avons la certitude absolue et évangélique, qu’elle permettra à l’Eglise de se relever, lorsque le Christ en décidera, plus belle, plus lumineuse et sainte. [9]

Il n’est, de la sorte, pas catholique de sombrer dans cette « gnose nihiliste, désespérante, ésotérique et millénariste», qui est devenue le nouveau Credo des schismatiques, qui ont perdu le sensus fidei et ne savent plus reconnaître l’Eglise du Christ dans les souffrances de sa Passion, qui la rejette à l’heure où elle est au Calvaire [10], jusqu’à considérer les successeurs légitimes de Saint Pierre comme des antipapes et des usurpateurs, en n’hésitant pas à encourir l’anathème de la Constitution dogmatique « Pastor Aeternus » :

« Si donc quelqu’un dit que ce n’est pas par l’institution du Christ ou de droit divin (iure divino), que le bienheureux Pierre a des successeurs perpétuels (perpetuos successoresdans sa primauté sur l’Église universelle,ou que le Pontife romain n’est pas le successeur du bienheureux Pierre en cette primauté, qu’il soit anathème. »  (Constitutio dogmatica Pastor Aeternus § 2. De perpetuitate primatus beati Petri in Romanis Pontificibus,Vatican I, 1870).

Il convient de garder la Foi sans manquer à l’espérance, tout en étant conscient que la période des tribulations est aussi celles des plus grandes « grâces mystiques » accordées aux âmes. Prions et ayons confiance en la Divine Providence, en sachant que nous sommes sous la protection du Ciel, et que la fidélité catholique est le gage des récompenses célestes.

Le pape Léon XIII donna une prière à saint Joseph pour accompagner son encyclique « Quamquam Pluries » (1889), qui déclarait saint Joseph patron de l’Eglise, n’hésitons-pas à la réciter très souvent.

La voici :

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« Nous recourons à vous dans notre tribulation, bienheureux Joseph, et, après avoir imploré le secours de votre très sainte épouse, nous sollicitons aussi avec confiance votre patronage. Au nom de l’affection qui vous a uni à la Vierge immaculée, Mère de Dieu ; par l’amour paternel dont vous avez entouré l’Enfant Jésus, nous vous supplions de regarder d’un œil propice l’héritage que Jésus-Christ a acquis au prix de son sang et de nous assister de votre puissance et de votre secours dans nos besoins. Ô très vigilant gardien de la sainte Famille, protégez la race élue de Jésus-Christ ; Ô Père très aimant, éloignez de nous toute souillure d’erreur et de corruption ; Ô notre très vaillant et tutélaire protecteur, assistez-nous du haut du ciel dans le combat que nos livrerons à la puissance des ténèbres ; et, de même que vous avez arraché autrefois l’Enfant Jésus au péril de la mort, défendez aujourd’hui la sainte Eglise de Dieu des embûches de l’ennemi et de toute adversité. Couvrez-nous tous de votre perpétuel patronage, afin que, soutenus par la puissance de votre exemple et de votre secours, nous puissions vivre saintement, pieusement mourir et obtenir la béatitude éternelle du Ciel. Ainsi soit-il. » LEON XIII, PAPE –

 

Lire :

« Eschatologie catholique et fins des temps »

étude historique et théologique en deux parties

Coeur

1. L’Église crucifiée par « l’esprit du monde »

et

2. La Passion « mystique » de l’Église

 

Notes.

1. P. Bernardin, Le Crucifiement de saint Pierre, éditions Notre-Dame de Grâces, 2009, p. 8.

2. Vatican II ne souhaita pas faire usage de son pouvoir d’infaillibilité, c’est un fait, mais en droit, comme le rappelle le Droit Canon : «Le Concile œcuménique est muni du pouvoir souverain sur l’Eglise universelle» (Droit Canon, 1917, § 228). La doctrine de l’Eglise, de ce point de vue, est donc formelle  : « Pour reconnaître les cas où l’infaillibilité de l’Église est engagée, il suffit de se rappeler que toute doctrine enseignée universellement par les pasteurs chargés de conduire le troupeau du Christ, et donnée manifestement comme appartenant directement ou indirectement à la Révélation, est infaillible» (Cf. Ch.-V. Héris, L’Église du Christ, Le Cerf 1930, pp. 44-45). On n’en peut donc contester que Vatican II, fut de la sorte infaillible en droit. Mgr Bartolomeo d’Avanzo (1811-1884), rapporteur à Vatican I, précise : « Il y a, dans l’Église, un double mode d’infaillibilité: le premier s’exerce par le magistère ordinaire. (…) C’est pourquoi, de même que le Saint-Esprit, l’Esprit de Vérité demeure tous les jours dans l’Église, l’Église aussi enseigne tous les jours les vérités de la foi, avec l’assistance du Saint-Esprit.  Elle enseigne toutes les vérités soit déjà définies, soit explicitement contenues dans le dépôt de la révélation, mais non définies encore, soit enfin celles qui font l’objet d’une foi implicite.  Ces vérités, l’Eglise les enseigne quotidiennement, tant principalement par le pape, que par chacun des évêques en communion avec lui.  Tous, et le pape et les évêques, dans cet enseignement ordinaire, sont infaillibles de l’infaillibilité même de l’Église.  Ils diffèrent seulement en ceci: les évêques ne sont pas infaillibles par eux-mêmes, mais ont besoin de la communion avec le pape qui les confirme mais le pape, lui, n’a besoin de rien d’autre que l’assistance du Saint-Esprit qui lui a été promise. Ainsi il enseigne et n’est pas enseigné, il confirme et n’est pas, confirmé. » (intervention officielle de Mgr d’Avanzo, rapporteur de la Députation de la Foi, devant les Pères du Vatican, in: Dom Paul Nau « Le magistère pontifical ordinaire, lieu théologique. Essai sur l’autorité des enseignements du souverain pontife », in:Revue thomiste, 1956, p. 389 – 412, tiré à part Neubourg 1962, p. 15).

3. Seuls 88 évêques sur 2500, s’opposèrent à la Déclaration sur les relations de l’Église avec les religions non chrétiennes, Nostra Ætate,passée en dernière lecture lors de la troisième session du concile. Immédiatement promulguée (28 octobre 1965) par le pape Paul VI. Nostra Ætate, est le documents de Vatican II le plus révolutionnaire, dans l’esprit du dialogue interreligieux, renouvelant totalement les relations de l’Eglise avec les juifs, les musulmans, les bouddhistes, les hindous et même ceux qui suivent les autres religions. En 2005, se sont rencontrés pour célébrer le quarantième anniversaire de sa promulgation, les chefs religieux des différentes religions mondiales.

4. Le 5 janvier 1895, Mélanie, écrivait : “En vérité, les catho­liques, sans parler des autres, aident merveilleusement à composer, à préparer le règne de l’Antéchrist ; les Lucifériens n’ont pas à combattre beaucoup, pour former ce régi­ment d’endémoniés : tout ce mal se fait paisiblement… ” (Cf. Documents pour servir à l’his­toire réelle de la Salette, Résiac, 1978).

5. Cf. Le Mystère d’iniquité, Enquête théologique,historique et canonique, n.d., p. 16.

6. C’est dans le livre XV de son ouvrage La Cité de Dieu, que saint Augustin (354-430), Père et docteur de l’Eglise, développa le plus complètement l’exposé de sa doctrine des « deux Cités », qui devint l’une des colonnes fondatrices de la théologie chrétienne

7. Partant de la définition du dictionnaire, qui explique qu’une « éclipse » consiste en la disparition partielle ou totale d’un astre, par l’interposition ‘‘d’un autre’’ », ou « l’occultation momentanée d’un astre dont la lumière est interceptée par l’interposition d’un ‘‘autre astre’’ », M. Louis-Hubert Rémy en déduit, assez librement, en réalisant une hasardeuse équivalence théologique selon le raisonnement suivant : « Ces deux définitions nous parlent de DEUX ASTRES, de lumière,  d’interposition, de disparition, d’occultation momentanée, partielle ou totale. L’exemple le plus connu est celui du soleil par la lune ; Le soleil est occulté et la lumière du soleil disparaît momentanément, partiellement ou totalement par l’interposition de la lune. On ne voit que la lune, astre mort. (…) Il y a deux astres (astre : corps céleste). L’un est éclipsé. L’autre l’éclipse ; Ce sont deux astres, deux corps célestes différents. (…) DONC L’ASTRE QUI ECLIPSE N’EST PAS LA SAINTE EGLISE. C’est autre chose, c’est un autre corps céleste. Comme il est un autre astre, il ne peut émaner de la Sainte Eglise qui est UNE. La secte conciliaire n’est pas une, n’est pas sainte, n’est plus apostolique, n’est pas catholique. En plus cet astre vient d’ailleurs. » (L.-H. Rémy, L’Église est éclipsée, ESR, n.d., pp. 3-4).

8. Charles Journet, Le Traité de l’Eglise, op.cit.

9. Mgr de Ségur désigne positivement cette « Passion » de l’Eglise, comme étant celle de l’Eglise catholique, pas d’un « corps étranger », d’un « autre corps céleste venu d’ailleurs », une « Passion » qui identifie et configure l’épouse du Christ à son Divin Fondateur : « Corps mystique du Fils de DIEU, elle aura suivi son divin Chef jusqu’au Calvaire, jusqu’au sépulcre, et par cette fidélité elle aura mérité de partager sa gloire à tout jamais. »  (Mgr de Ségur, De la Passion, de la résurrection et du triomphe final de JÉSUS-CHRIST en son Église, Œuvres, t. Xe, 1897, p. 176).

10. Il est assez frappant de constater, quoi que l’on puisse penser de ce catéchisme moderniste, que l’Eglise conciliaire, pour la première fois dans l’histoire des documents romains officiels, a évoqué « L’Épreuve ultime de l’Église » en des termes d’une rare clarté, faisant directement allusion au « mystère d’iniquité », ce qui semble tout de même dénoter une certaine capacité à prendre conscience, chez certains théologiens, de la « signification eschatologique » de la période ouverte à partir du dernier concile :

  • 675 – Avant l’avènement du Christ, l’Église doit passer par une épreuve finale qui ébranlera la foi de nombreux croyants (cf. Lc 18, 8 ; Mt 24, 12). La persécution qui accompagne son pèlerinage sur la terre (cf. Lc 21, 12 ; Jn 15, 19-20) dévoilera le  » mystère d’iniquité  » sous la forme d’une imposture religieuse apportant aux hommes une solution apparente à leurs problèmes au prix de l’apostasie de la vérité. L’imposture religieuse suprême est celle de l’Anti-Christ, c’est-à-dire celle d’un pseudo-messianisme où l’homme se glorifie lui-même à la place de Dieu et de son Messie venu dans la chair (cf. 2 Th 2, 4-12 ; 1 Th 5, 2-3 ; 2 Jn 7 ; 1 Jn 2, 18. 22).

La nécessité de la conversion

2 août 2017

« J’ai prêché la repentance envers Dieu

et la foi en Notre Seigneur Jésus-Christ. »

(Actes XX, 21)

La parole de Dieu, au troisième chapitre de l’Evangile de Jean, est solennelle : «Si quelqu’un n’est né de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu» (Jean III, 3). Cette affirmation rigoureuse détruit à leur racine toutes les prétentions, les ambitions orgueilleuses et la propre justice de l’homme.

En effet, l’homme, depuis la chute, est concrètement soumis à Satan, ses désirs, sa volonté, et, hélas ! jusqu’à ses vertus sont l’otages des forces négatives. Le Christ est donc venu pour nous libérer de ces puissances nocives, non pas pour célébrer la gloire de l’homme et le triomphe de l’humanité, mais pour nous demander de retrouver le chemin d’une juste position de piété à l’égard de Dieu.

I. L’indispensable repentance

Ceci explique pourquoi le premier message de l’Évangile, annoncé par Jean-Baptiste et prêché par Jésus lui-même, est : « Repentez-vous, et croyez ! » (Matthieu III, 2-11). La repentance est à la base du message de l’Évangile. L’apôtre Paul écrit d’ailleurs : « J’ai prêché la repentance envers Dieu et la foi en Notre Seigneur Jésus-Christ. » (Actes XX, 21) Et la première prédication de l’apôtre Pierre se conclut par : « Repentez vous ! »

Ainsi, « Repentez-vous » est l’exclamation que l’on entend dans toute la Bible, lorsque Dieu appelle les hommes à prendre conscience de leurs péchés et à revenir vers Lui, mais les hommes, malgré l’appel de Dieu et sa patience, refusèrent de reconnaître les causes de leurs malheurs et ne voulurent jamais se repentir, au nom de leurs prétendus « Droits » à présent érigés en dogme.

« La Révolution dira :  Je suis la haine de tout ordre religieux… »

Dès lors on comprend mieux pourquoi le credo de l’idéologie révolutionnaire s’appuie, en tous ses fondements, sur les Droits de l’homme, sachant comme le souligne Mgr Gaume :

« Si, arrachant le masque à la Révolution, vous lui demandez : Qui es-tu ? elle vous dira : … Je suis la haine de tout ordre religieux et social que l’homme n’a pas établi et dans lequel il n’est pas roi et Dieu tout ensemble ; je suis la proclamation des droits de l’homme contre les droits de Dieu… » [1].

II. La situation tragique de l’humanité

  Dieu, dès le commencement des temps, avait prévenu que le péché entraînerait, selon une juste sanction, inévitablement et irrémédiablement, la mort. Une mort et une séparation, une mise à l’écart, un retranchement de la communion et de la grâce, une rigoureuse réprobation qui furent annoncés, fermement, à chacune des étapes de l’Histoire de la « Révélation » divine.  Adam, en effet, lors de son installation au sein du jardin d’Eden, avait été solennellement averti par Dieu que s’il n’était pas fidèle à ses commandements, qui lui faisaient, entre autres, interdiction de s’approcher de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, il recevrait, inexorablement, la mort comme châtiment : « …au jour que tu en mangeras, tu mourras certainement. » (Genèse, II, 17.) C’est pourquoi sera clairement énoncé, par l’apôtre des Gentils, d’une manière qui n’autorise aucune ambiguïté :

« Par un seul homme, le péché est entré dans le monde, et par le péché la mort, et ainsi la mort a passé à tous les hommes, en ce que tous ont péché… » (Romains,  V, 12.)

La mort représente donc, concrètement, l’état de dégradation morale, d’entière corruption, de faiblesse et d’extrême culpabilité des hommes ; nous sommes « morts dans nos fautes et dans nos péchés » (Ephésiens, II, 1), frappés d’indignité et réprouvés selon la chair. La sentence de notre désobéissance nous la portons, de génération en génération, dans notre pauvre chair destinée à la maladie, à la décrépitude puis à la tombe.

La mort représente l’état de dégradation morale,

d’entière corruption, de faiblesse

et d’extrême culpabilité des hommes.

Si nous acceptons donc, honnêtement, de regarder ce qui en nous mérite la sentence d’un crime s’accomplissant de nouveau dans le moindre de nos gestes, reproduit en chacune de nos pensées, réactualisé par la plus infime de nos actions, puisque nous sommes totalement traversés, en tant que fils d’Adam, par le péché, entièrement marqués par la perversion, alors peut, éventuellement, s’expliquer à nos yeux endormis, le sens de la dure rançon que nous devons payer à cause de la faute de notre premier parent selon la chair et, par cette compréhension retrouvée, voir s’ouvrir les portes de la Rédemption espérée. Cependant, afin que ce réveil puisse s’accomplir, encore faut-il que la pénible dégradation, que nous évoquons, dont la mort est le signe le plus frappant, ne soit pas masquée par des doctrines trompeuses et inexactes, écartée par la stupide négation, oubliée par l’effet du puéril divertissement

III. Le rejet de la sagesse chrétienne

  Or, la pensée des Lumières, rompant avec l’attitude traditionnelle qui, depuis toujours, regardait la finitude de l’homme comme une terrible souffrance, une limitation insupportable et tragique, appréhenda la mort comme un phénomène naturel devant être accepté impassiblement. C’est sans doute en France que s’exprimeront les thèses les plus marquées touchant à ce sujet ; on trouve d’ailleurs des pages singulières sous la plume du très matérialiste baron d’Holbach (1723-1789), en particulier dans son Système de la nature (1770), où il se fera le chantre d’un monde dégagé de toute référence transcendante, ainsi que chez La Mettrie (1709-1751), dont L’Homme-Machine (1747) est l’expression d’un radical mécanicisme athée, de même que chez Helvétius (1715-1771) et Denis Diderot (1713-1784).

Masque mortuaire de l’apostat Jean Meslier

Mais, dans ce registre, il conviendrait de surtout citer le peu connu Jean Meslier (1664-1729), prêtre apostat en l’honneur duquel la Convention désira, le 27 brumaire an II, ériger une statue dans le Temple de la Raison pour avoir « abjuré les erreurs religieuses » ; étrange ecclésiastique qui souhaita que « tous les grands de la terre et tous les nobles fussent pendus et étranglés avec les boyaux des prêtres », ancien curé d’Etrépigny qui secrètement, dans ses Pensées, exprimera un violent rejet de toutes les croyances, et plus particulièrement du christianisme, affirmant : « Il n’y a plus aucun bien à espérer, ni aucun mal à craindre après la mort (…) la mort met fin à toute connaissance et à tout sentiment de bien et de mal. »

D’une certaine manière, Jean Meslier prépara la voie au très sulfureux marquis de Sade (1740-1814), qui fut, incontestablement, celui qui poussa dans leurs ultimes conséquences les thèses du matérialisme athée, et qui, par delà des blasphèmes et une rage anti-religieuse qui n’ont encore trouvé, jusqu’à nos jours, aucun équivalent (La Vérité, De l’Enfer, De la Bible et de l’Evangile, Discours de Dolmancé), se distingue par sa célébration de la nature et du néant, dont son Discours entre un prêtre et un moribond, nous fournit un emblématique exemple : « Le néant ; jamais il ne m’a effrayé, et je n’y vois rien que de consolant et de simple (…) D’ailleurs il n’est ni affreux ni absolu, ce néant. N’ai-je pas sous les yeux l’exemple des générations et régénérations perpétuelles de la nature ? Rien ne périt, mon ami, rien ne se détruit dans le monde ; aujourd’hui homme, demain ver, après-demain mouche, n’est-ce pas toujours exister ? » [2] Et c’est cette doctrine perverse, éminemment anti-chrétienne, dont héritèrent les dogmes républicains que sont le laïcisme et l’athéisme.

IV. Lumière de la foi

Pourtant le fils réprouvé de Dieu, s’il parvient à se libérer des doctrines perverses, dès l’instant qu’il aura changé sa révolte en amour, sa fureur en demande de pardon,  porté par un vrai désir, animé d’une sainte volonté, pourra enfin contempler, en pleurs, l’état repoussant de son âme ; à genoux devant l’autel où se consume le feu des essentielles purifications, où s’élève l’encens de sa prière, il prendra conscience qu’il fut, heureusement et pour sa Rédemption, éloigné des saints domaines de par la perversion de son esprit, frappé d’une juste mort.

La Création, dans son ensemble et son étendue, ayant été soumise à la « servitude de la corruption » (Romains, VIII, 21), c’est par un sacrifice d’agréable odeur, une mise en abîme de nos certitudes, une juste reconnaissance de notre abominable état, une profonde tristesse de ne point pouvoir vivre dans la communion de l’amour divin, que nos facultés sont susceptibles de recevoir la salutaire rosée céleste qui les lavera du pesant remords et du sentiment de réprobation, et qui, par une surabondante grâce, les ressuscitera en les relevant de la tombe où elles furent jetées.

Louis-Gabriel-Ambroise, vicomte de Bonald (1754-1840)

Les penseurs traditionalistes  ont montré qu’une Révélation est nécessaire pour que l’homme puisse connaître Dieu, principalement Joseph de Maistre (1753-1821) et Louis de Bonald (1754-1840) en réaction contre les « philosophes » de la Révolution française qui avaient exalté la raison humaine. Si il existe évidemment des preuves formelles de Dieu, il s’agit, dans l’acte de conversion,  du moyen de mettre cette grande vérité en œuvre et d’en tirer toutes les conséquences. Louis de Bonald soutiendra  qu’il est « nécessaire de commencer par dire je crois », je crois que je ne puis rien, que je suis faible, misérable, mortel, malade, incapable d’accéder à la Vérité.

Et cette attitude est libératrice car elle nous éloigne du péché.

Conclusion : vivre en Jésus-Christ en mourant au péché !

 Il est mort après avoir porté le jugement à notre place

pour en finir à jamais avec le péché. 

Dieu a pardonné nos péchés, mais il ne pardonne jamais le péché, principe de mal. La mort sera donc le seul moyen pour que nous en soyons délivrés (Romains VIII, 3). S’il est «réservé aux hommes de mourir une fois, et après cela le jugement», Jésus-Christ, en contraste, a subi le jugement avant de mourir parce qu’il l’a fait volontairement, pour nous, lui qui était sans péché mais qui a été fait péché pour nous.

Il est mort après avoir porté le jugement à notre place pour en finir à jamais avec le péché :  Le péché est ôté en entier, il est ôté avec la vie à laquelle il fut attaché. La mort de Jésus-Christ a mis fin, pour la foi, à l’existence du vieil homme, de la chair, du premier Adam, vie dans laquelle nous étions responsables devant Dieu, et dans laquelle Jésus-Christ, en grâce, s’est placé pour nous :

«Ce qui était impossible à la loi, en ce qu’elle était faible par la chair, Dieu, ayant envoyé son propre Fils, en ressemblance de chair de péché, et pour le péché, a condamné le péché dans la chair» (Romains VIII, 3).

Dorénavant, Jésus-Christ étant mort, nous sommes judiciairement morts avec lui, morts au péché. Il en résulte que nous sommes appelés à marcher maintenant comme d’entre les morts étant faits vivants, que la mort physique de nos corps n’est plus nécessaire ; ceux qui seront vivants à sa venue seront changés sans passer par la mort.

 

Notes.

1. Mgr Gaume, La Révolution, recherches historiques sur l’origine et la propagation du mal en Europe, tome I, page 46.

2. Sade, Discours contre Dieu, textes réunis par G. Lely, Union Générale d’Edition, 10/18, 1979, p. 51.

Visitez le Vatican !

12 juillet 2017

 

 

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Bonne et pieuse visite !

 

Après l’examen de l’erreur sédévacantiste dénoncée et mise nettement en lumière dans nos articles 1, 2, 3, 4, synthèse de ce sujet qui nous aura donné l’occasion d’éclairer en quoi la position soutenant la vacance du Saint-Siège est irrecevable, fautive, inexacte, coupable et schismatique, nous vous proposons, symboliquement, un pèlerinage virtuel au Vatican afin que chacun puisse mieux approcher ce que représente, dans son éminente dimension sacrée, la chaire de l’Apôtre Pierre. 

La visite du Vatican s’apparente à un pèlerinage sur la tombe des Saints Apôtres, Pierre et Paul, certes une visite virtuelle ne saurait remplacer un véritable déplacement à Rome, mais il n’est pas inutile de savoir que des indulgences sont accordées aux fidèles qui viennent prier à Saint Pierre, ceci nous semblant utile d’être rappelé

Ainsi, en 2008, à l’occasion des deux mille ans de la naissance du saint apôtre Paul, des indulgences spéciales furent accordées à ceux qui se rendraient à Rome. La Pénitencerie apostolique, à laquelle le Saint-Père avait confié la tâche de préparer et rédiger le Décret sur la distribution et l’obtention des Indulgences qui étaient valables pendant toute la durée de l’Année paulinienne dont voici les termes :

« A tous les fidèles chrétiens et à chacun d’eux véritablement repentis, purifiés comme il se doit par le Sacrement de la Confession et nourris par la Sainte Communion, qui visiteront pieusement sous forme de pèlerinage la Basilique papale Saint-Paul sur la via Ostiense et prieront selon les intentions du Souverain Pontife, est accordée et donnée l’Indulgence plénière de la peine temporelle pour leurs péchés, une fois obtenu la rémission sacramentelle de ceux-ci et le pardon de leurs manquements. L’Indulgence plénière pourra être utilisée par les fidèles chrétiens soit pour eux-mêmes, soit pour les défunts, autant de fois que seront accomplies les œuvres prescrites; étant toutefois établie la norme selon laquelle on ne peut obtenir l’Indulgence plénière qu’une fois par jour. Ensuite, afin que les prières qui sont élevées au cours de ces saintes visites conduisent et invitent plus intensément les âmes des fidèles à la vénération de saint Paul, il est établi et disposé ce qui suit:  les fidèles, outre à élever leurs supplications devant l’autel du Très Saint Sacrement, chacun selon sa piété, devront se rendre à l’autel de la Confession et réciter avec dévotion le « Notre Père » et le « Credo », en ajoutant de pieuses invocations en l’honneur de la Bienheureuses Vierge Marie et de saint Paul. Et cette dévotion doit toujours être étroitement unie à la mémoire du Prince des Apôtres, saint Pierre. »

Donné à Rome, du siège de la Pénitencerie apostolique, le 10 mai, année de l’incarnation du Seigneur 2008, veille de la Pentecôte.

 Card. STAFFORD
Grand Pénitencier

S.Exc. Mgr Gianfranco GIROTTI,
o.f.m. conv.
Evêque titulaire de Meta, régent

La Question au service de Dieu et de l’Eglise

5 juillet 2017

Seul importe aujourd’hui, dans un mode en ruine livré au chaos,

le rayonnement de l’Eglise et le triomphe de la Croix !

Le pape est le maître absolu, il est le seul titulaire légitime de l’Empire,

il est le vicaire du Christ, l’empereur suprême !

« Le Souverain Pontife est le chef naturel, le promoteur le plus puissant,

le grand Démiurge de la civilisation universelle… »

(Joseph de Maistre, Du Pape, 1819).

« Si donc quelqu’un dit que ce n’est pas par l’institution du Christ ou de droit divin (iure divino) que le bienheureux Pierre a des successeurs perpétuels (perpetuos successores) dans sa primauté sur l’Église universelle, ou que le Pontife romain n’est pas le successeur du bienheureux Pierre en cette primauté, qu’il soit anathème / Si quis ergo dixerit, non esse ex ipsius Christi Domini institutione seu iure divino, ut beatus Petrus in primatu super universam Ecclesiam habeat perpetuos successores: aut Romanum Pontificem non esse beati Petri in eodem primatu successorem: anathema sit. »(Constitutio dogmatica ‘Pastor aeternus’ de Ecclesia Christi, § 2. De perpetuitate primatus beati Petri in Romanis Pontificibus, Vatican I, 1870).

 

Piu IX

L’ABSENCE DE PAPE EST IMPOSSIBLE !

« Le droit divin de la primauté apostolique place le Pontife romain au-dessus de toute l’Église. […] Le jugement du Siège apostolique, auquel aucune autorité n’est supérieure, ne doit être remis en question par personne, et personne n’a le droit de juger ses décisions. C’est pourquoi ceux qui affirment qu’il est permis d’en appeler des jugements du Pontife romain au concile œcuménique comme à une autorité supérieure à ce Pontife, s’écartent du chemin de la vérité.» (Pastor Aeternus, 1870).

La Papauté de droit divin

Le devoir de résistance de la Tradition catholique !

21 juin 2017

L’autorité est au service de la vérité,

Elle ne crée pas la vérité, elle la reconnaît,

la garde et l’enseigne.

 

L’orthodoxie d’une doctrine provient de sa conformité à l’enseignement constant de l’Église, c’est la condition sine qua non de validité tant d’un Concile que de l’enseignement des Papes.  Ce principe manifeste de façon limpide la « mens catholica » : l’autorité est au service de la vérité; elle est un moyen pour que la vérité soit communiquée. L’autorité, autrement dit, ne crée pas la vérité, elle la reconnaît, la garde et l’enseigne. Cependant, bien que l’actuelle défaillance de l’Autorité soit inhabituelle, de rares précédents montrent qu’elle est parfois possible, et la situation de l’Eglise depuis Vatican II en est un cas de figure exemplaire.

De la sorte, pour se protéger du modernisme, nous devons résister aux autorités ecclésiastiques quand elles s’écartent de la Tradition. Soyons clairs : ce n’est pas par un jugement particulier que nous choisissons de ne pas suivre les enseignements de l’Eglise conciliaire, mais c’est en vertu du critère objectif qu’est la Tradition ; et un catholique – plus encore une société religieuse –  a le droit de refuser les documents officiels du concile et ses décisions qui s’écartent de la Tradition.

 Le Christ triomphera !

Il est vital de conserver la Foi et la Doctrine de l’Eglise

en résistant à l’autorité lorsqu’elle s’égare,

en ces temps de terrible confusion.

    La perspective catholique est très claire : l’autorité est au service de la vérité. Il n’est donc en aucune façon possible d’exiger l’obéissance lorsque l’enseignement proposé est contraire à la vérité. L’autorité se pose dans l’Église comme un moyen, et non comme une fin. Et c’est justement à cause de cette grande confusion au sujet du rapport entre autorité et vérité que les « révolutionnaires » ont pu greffer sur le tissu catholique les germes de l’erreur moderniste, sans que les « anticorps » ne réagissent à cette terrible infection. Ils ont abusé de l’obéissance pour imposer leur fausse doctrine, et chaque fois que certains avec courage ont tenté de manifester leur désaccord, on a utilisé contre eux l’accusation de « désobéissance » pour isoler ces malheureux et briser ainsi toute forme de résistance. C’est cet usage pervers de la vertu d’obéissance que Mgr Lefebvre a magistralement défini comme étant « le coup de maître de Satan » [1].

La résistance à l’erreur est donc non seulement juste, mais de plus nécessaire afin de sauvegarder la sainte doctrine menacée par les enseignements faussés par l’idéologie moderniste de Vatican II, concile relevant d’un acte du Magistère authentique non infaillible, guidé, de surcroît, par des évêques non éminents sur le plan dogmatique  [2].

Saint Thomas d’Aquin enseigne que,

dans des situations extrêmes,

il est licite de s’opposer  publiquement à une décision papale.

Plusieurs théologiens de renom soutiennent le devoir de résistance. Ainsi saint Thomas d’Aquin enseigne que, dans des situations extrêmes, il est licite de s’opposer  publiquement à une décision papale, comme St. Paul résista à St. Pierre (Galates II, 14) :

« Cependant, on doit observer que, si la foi est en danger, un sujet pourrait réprimander son prélat, même publiquement. C’est ainsi que Paul, qui était sujet de Pierre, réprimanda celui-ci en public suite au danger imminent de scandale concernant la foi et, comme le dit St. Augustin dans son commentaire sur Gal II, 11: « Pierre donna un exemple à ses supérieurs que, si à n’importe quel moment, ils devaient sortir de la voie droite, ils devraient s’attendre à être repris par leurs sujets. »  Somme théologique, IIa IIae, Qu. 33, article 4, ad2.

St. Robert Bellarmin dit également [3] :

« Tout comme il est licite de résister à un Pontife qui attaque le corps, il est tout aussi licite de résister au Pontife qui attaque les âmes ou détruit l’ordre civil ou, à plus forte raison, essaie de détruire l’Église. Je dis qu’il est licite de lui résister en ne faisant pas ce qu’il ordonne de faire et en empêchant l’exécution de sa volonté. Il n’est pas licite, cependant, de le juger, de le punir, ou de le déposer, parce que ce sont là des actes relevant d’un supérieur. » [3] De Romano Pontifice, Lib. II, c.29.

Le Pape Léon XIII écrit de même sur le devoir de désobéissance face à une autorité désorientée :

« Mais, dès que le droit de commander fait défaut, ou que le commandement est contraire à la raison, à la loi éternelle, à l’autorité de Dieu, alors il est légitime de désobéir, nous voulons dire aux hommes, afin d’obéir à Dieu. » Encyclique Libertas #13.

Quant à Dom Guéranger, son jugement est sans appel :

« Quand le pasteur se change en loup, c’est au troupeau de se défendre tout d’abord. Régulièrement sans doute la doctrine descend des évêques au peuple fidèle, et les sujets, dans l’ordre de la foi, n’ont point à juger leurs chefs.Mais il est dans le trésor de la révélation des points essentiels, dont tout chrétien, par le fait même de son titre de chrétien, a la connaissance nécessaire et la garde obligée.  Le principe ne change pas, qu’il s’agisse de croyance ou de conduite, de morale ou de dogme.  Les trahisons pareilles à celle de Nestorius sont rares dans l’Église; mais il peut arriver que des pasteurs restent silencieux, pour une cause ou pour l’autre, en certaines circonstances ou la religion même serait engagée. Les vrais fidèles sont les hommes qui puisent dans leur seul baptême, en de telles conjonctures, l’inspiration d’une ligne de conduite; non les pusillanimes qui, sous le prétexte spécieux de la soumission aux pouvoirs établis, attendent pour courir à l’ennemi, ou s’opposer a ses entreprises, un programme qui n’est pas nécessaire et qu’on ne doit point leur donner. » L’Année Liturgique, Le Temps de la Septuagésime, Vol. 4, fête de St. Cyrille d’Alexandrie.

« Nous choisissons ce qui a toujours été enseigné

et nous faisons la sourde oreille

aux nouveautés destructrices de l’Église.

Le mauvais usage de la vertu d’obéissance

est le coup de maître de Satan »

Mgr Lefebvre, 1974.

  Résumant l’ensemble des analyses traditionnelles, Mgr Marcel Lefebvre était donc fondé à déclarer à son tour, puisque la situation l’exigeait :

« Aucune autorité, même la plus élevée dans la hiérarchie, ne peut nous contraindre à abandonner ou à diminuer notre foi catholique clairement exprimée et professée par le magistère de l’Église depuis dix-neuf siècles. « S’il arrivait, dit saint Paul, que nous-même ou un Ange venu du ciel vous enseigne autre chose que ce que je vous ai enseigné, qu’il soit anathème. » (Gal. 1, 8.) N’est-ce pas ce que nous répète le Saint-Père aujourd’hui ? Et si une certaine contradiction se manifestait dans ses paroles et ses actes ainsi que dans les actes des dicastères, alors nous choisissons ce qui a toujours été enseigné et nous faisons la sourde oreille aux nouveautés destructrices de l’Église. » Déclaration, 21 novembre 1974

   Dieu nous l’indique – cette situation exceptionnelle que nous traversons, et dont le sens ne doit pas nous échapper est intervenue comme une épreuve que la Divine Providence a permise pour des raisons qui lui appartiennent pour éprouver notre foi, un siècle seulement après Vatican I – il est vital de conserver la Foi et la Doctrine de l’Eglise en résistant à l’autorité lorsqu’elle s’égare, en ces temps de terrible confusion.

Cette épreuve extrêmement dure, est un temps de pénitence envoyé par le Ciel, une période d’obscurité pour l’épouse de Jésus-Christ, de sorte de nous permettre, par l’esprit de résistance et de conservation du dépôt sacré, de nous attacher plus fortement encore s’il se peut, à Rome et au Siège de Pierre, c’est-à-dire au Saint-Père, en oeuvrant, inlassablement et avec une constante ardeur, au retour espéré de la Tradition catholique.

 

Notes.

1. Il importe d’insister sur le fait qu’un enseignement du Pape ou d’un Concile n’entraîne pas ipso facto une obéissance inconditionnelle : « celle-ci dépend et est proportionnée à l’intention avec laquelle le Magistère entend engager son autorité. » (I. Salaverri, Sacrae Theologiae Summa, cit., t.I, tr. III, I.II, § 637, p. 578). C’est ce que confirme le cardinal Journet : « Le degré avec lequel le Magistère s’exprime dépend donc encore une fois de la volonté, de l’intention du Pape et des Évêques unis à lui. Il n’y a pas de coïncidence définitive entre Magistère extraordinaire et Magistère infaillible. » (Cf. C. Journet, L’Église du Verbe Incarné, p. 531).

Or l’intention de Vatican II, telle que soulignée par Jean XXIII, puis Paul VI, est formelle :

– « Certains se demandent quelle est l’autorité, la qualification théologique qu’a voulu donner à son enseignement un Concile qui a évité de promulguer des définitions dogmatiques solennelles engageant l’infaillibilité du magistère ecclésiastique. […] Etant donné le caractère pastoral du Concile, il a évité de prononcer des dogmes comportant la note d’infaillibilité…»

Paul VI, discours du 12 janvier 1966.

2. Vatican II est un acte du Magistère authentique non infaillible, guidé, de surcroît, par des évêques non éminents « amore et studio doctrinae ab Apostolis traditae ac pari detestatione mnis novitatis » (Franzlin, De Divina Traditione, thèse IX), c’est-à-dire non par l’attachement à la Tradition et l’horreur de toute nouveauté, mais bien plutôt éminents « amore et studio momnis novitatis ac detestatione doctrinae ab Apostolis traditae », c’est-à-dire par un prurit de nouveautés et par la détestation de la Tradition ; guidés par des théologiens – vrais auteurs du Concile – autrefois condamnés par le Saint-Office. On peut donc dire que l’Esprit de Vérité s’est servi de l’aversion typique du libéralo-modernisme à l’égard des définitions dogmatiques pour empêcher que le Magistère infaillible de l’Eglise ne soit engagé dans un Concile, où, du côté humain, existaient toutes les prémisses pour des énoncés erronés. Et c’est là l’unique assistance, purement négative, que Vatican II, ou plus exactement l’Eglise à l’occasion de Vatican II, peut revendiquer de l’Esprit de Vérité. Et ceci permet d’expliquer aussi cette anomalie de l’unique Concile oecuménique dans l’histoire de l’Eglise auquel revient certes la qualité de Magistère extraordinaire, mais seulement authentique, c’est-à-dire non infaillible.

3. L’abbé Anthony Cekada prétend nier que ce passage de saint Robert Bellarmin soit applicable à notre situation présente, aux prétextes suivants :

« 1) Bellarmin parle ici d’un pape moralement mauvais qui donne des ordres moralement mauvais – et non pas d’un pape qui, comme les papes de Vatican II, enseigne l’erreur doctrinale ou impose des lois nuisibles.
2) Le contexte du passage cité est différent : il s’agit là du débat sur les erreurs du gallicanisme, et non pas du cas d’un pape hérétique.
3) Bellarmin justifie ici la “résistance” de la part de rois et de prélats, non pas de chaque catholique en particulier.
4) Bellarmin enseigne dans le chapitre suivant de son ouvrage qu’un pape hérétique perd automatiquement son autorité.
En un mot, ce passage ne peut ni être appliqué à la crise actuelle ni être invoqué contre le sédévacantisme. 
»

Cf. L’argument de “résistance” de saint Robert Bellarmin : encore un mythe traditionaliste.

Il est aisé de répondre à ces quatre objections qui n’en sont pas, en précisant que :

 1° Bellarmin – et avec lui Cajetan – parlent bien de “résister” aux erreurs doctrinales d’un pape tout en continuant à le considérer véritablement pape, puisque l’un et l’autre font valoir qu’en cas d’hérésie, le pape reste pape :

–  « L’homme n’est pas tenu d’obéir au pape quand ce que celui-ci commande est contraire à la loi de Dieu, et même dans quelques autres cas. Lorsque le commandement d’un homme est manifestement contraire à la loi de Dieu, c’est un devoir de lui désobéir (… ) les docteurs indiquent les remèdes suivants : avoir recours à Dieu par l’oraison, admonester ledit pape avec tout respect et révérence, n’obéir point à ses commandements notoirement injustes, et enfin lui résister, et empêcher qu’il ne fasse le mal projeté. »

Saint Robert Bellarmin,  De Romano Pontifice,  II, 29.

– « La papauté et Pierre sont comme « matière » et « forme » et seul Jésus-Christ a pouvoir sur leur union…et pour cette raison lui seul peut mettre des limites et établir la puissance du Pape. Un Pape qui est devenu hérétique incorrigible n’est pas automatiquement destitué … l’Eglise n’a pas puissance sur la Papauté, (…) il faut dire que, quand Pierre, devenu hérétique incorrigible est déposé par l’Eglise, il est jugé et déposé par une puissance supérieure non à la Papauté mais à l’union entre la Papauté et Pierre

Cajetan, De Comparatione Auctoritatis Papæ et Concilii, c. XX .1511.

 2° Que le contexte soit différent ne change rien à l’affaire. Les erreurs gallicanes relèvent, comme le modernisme, d’une même propension à l’hérésie, et cette dernière, on serait surpris du contraire, reste fausse par delà les époques.

 3° Cette résistance de rois ou de prélats peut, sans difficulté aucune, être étendue à l’ensemble des fidèles, comme le soutient saint Thomas : « si la foi est en danger, un sujet pourrait réprimander son prélat, même publiquement. » Som. Th., IIa IIae, Qu. 33, article 4, ad2.

 4°) La perte de l’autorité évoquée par Bellarmin, mais c’est là une erreur sédévacantiste classique, doit s’entendre selon la forme, non selon la matière (cf. 1°), faisant qu’hérétique ou non, le Pontife ne perd jamais sa charge.

Pentecôte : la descente de l’Esprit Saint !

4 juin 2017

« + Veni, creator Spiritus, Mentes tuorum visita,

Imple superna gratia, Quae tu creasti pectora + »

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El Greco, La Pentecôte, (1596-1600) ;  

Museo del Prado, Madrid.

 

La Pentecôte est l’une des principales fêtes chrétiennes avec Noël, qui commémore la naissance du Christ, et Pâques (sa résurrection). Le mot vient du grec pentêkosté qui signifie cinquantième. Cette fête rappelle en effet un événement qui a eu lieu le cinquantième jour après Pâques. Les premiers disciples reçurent l’Esprit Saint dans le Cénacle de Jérusalem, cinquante jours après la Résurrection, dix jours après l’Ascension de Jésus : des langues de feu se posèrent sur chacun d’eux (voir Actes des Apôtres, Ac 2,2-3).

Jésus l’avait annoncé lors de la dernière Cène qui eut lieu la veille de sa Passion (le Banquet Pascal est commémoré le jour dit du Jeudi Saint). Selon l’évangile selon saint Jean, dans le Discours de la Cène (chapitre 14, v. 15 à 31 : l’Esprit Saint que le Père enverra), (Jn, 15, 16), Jésus annonce qu’il va envoyer l’Esprit Saint, qu’il appelle le « Paraclet » (le Défenseur) : « Je vous ai dit ces choses tandis que je demeurais auprès de vous ; le Paraclet, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses et vous fera ressouvenir de tout ce que je vous ai dit.

A noter que le lundi de Pentecôte a lieu cinquante jours après le dimanche de Pâques. Le lundi de Pentecôte, comme le lundi de Pâques, n’a pas de signification en rapport avec la Bible. Cependant en France, avant la Révolution, la semaine qui suivait la Pentecôte (octave de la Pentecôte) était fériée. Le très coupable Concordat de 1801, qui fit suite à la Révolution, a réduit le caractère férié au seul Lundi de la Pentecôte. Jusqu’au concile moderniste Vatican II, le lundi de Pentecôte était une « fête d’obligation » au cours de laquelle l’Église catholique s’adressait aux nouveaux baptisés et confirmés. Depuis cette date, hélas ! le lundi de Pentecôte n’est plus solennisé, ceci n’empêche que ce jour appartient par tradition et par essence, à la fête de Pentecôte.

A propos du tableau : La « Pentecôte » du Greco, avec le « Baptême du Christ », la « Mise en croix », la « Résurrection »  (œuvre de la dernière époque), participe de quatre vastes tableaux peuplés apocalyptiquement de grandes figures qui, dans les mystérieuses franges des nuages lumineux, dans la couleur splendidement corrompue, enfin dans les langues de feu elles-mêmes,  montre les corps sous l’aspect angélique qu’ils prendront bientôt au Ciel.

La « folie universelle » du suffrage universel !

22 mai 2017

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« La Nation française est absolument étrangère

au sinistre pandémonium républicain intrinsèquement pervers,

que nous subissons en tant que système politique. »

Après plusieurs semaines d’un pitoyable cirque électoral où, comme à son habitude, le régime impie connu sous le nom de « République » – République née dans le crime, le blasphème et issue du « régicide » – a mis en scène le spectacle lamentable consistant, selon des intervalles temporels répétitifs qui font la joie des amuseurs publiques déguisés en journalistes, à désigner celui qui aura à présider – non la Nation française évidemment car la substance réelle de la France, qui prit corps lors du baptême de Clovis en l’an 496, est absolument étrangère à ce sinistre pandémonium laïc – le système idéologique intrinsèquement pervers que nous subissons.

Il est en conséquence sans doute nécessaire de rappeler sur quel type de mensonge repose la caricature de l’authentique « souveraineté » qu’est la désignation par le « suffrage universel » des successeurs de Robespierre (1758-1794) et de la sinistre cohorte composées des assassins de la Révolution, qui prétendent détenir et exercer une autorité au nom du « peuple ».

I. Essence de l’authentique « souveraineté » selon la doctrine contre-révolutionnaire

Joseph de Maistre (1753-1821), dans son analyse portant sur l’origine divine de toute souveraineté, eut cette célèbre phrase de l’Epître aux Romains par laquelle saint Paul affirme : « Il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu. » (Romains, XIII, 1.) Toutefois, loin d’en rester à la simple reprise de l’affirmation paulinienne, Maistre va lui donner une extension bien plus large en soutenant, dans son Essai sur le principe générateur des constitutions politiques (1814), que c’est toutes les constitutions politiques traditionnelles qui possèdent une origine divine. Pour Maistre il est donc évident que « Dieu « fait » les Rois », et ce de manière littérale.

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« Per me reges regnant » (Prov., VIII, 15.)

Le comte chambérien se réfère à la conception « mystique » du droit divin et insiste sur l’aspect sacral de la fonction royale, il reprend volontiers la sentence du livre des Proverbes : « Per me reges regnant » (Prov., VIII, 15.)

Maistre ne fonde pas sa doctrine de la légitimité politique de  la royauté sur la « naturalité », ni sur sa nécessité universelle, mais sur son caractère sacré. Bien sûr il a recourt parfois aux leçons de la politique expérimentale pour renforcer son discours : « …la politique expérimentale démontre que la monarchie héréditaire est le gouvernement le plus stable, le plus heureux, le plus naturel à l’homme, et la monarchie élective, au contraire, la pire espèce des gouvernements connus. » [1] mais il ne se laisse pas longtemps abuser, il sait que le réel est traversé par tant d’irrationalité qu’ « on trouve presque toujours la théorie la plus plausible contredite et annulée par l’expérience. » [2]

Et c’est  précisément cette irrationalité du réel qui est la marque même de la volonté divine au sein de l’Histoire ; c’est le caractère incompréhensible du développement historique qui est à l’origine de la théorie maistrienne de l’intervention providentielle.

Le sédévacantisme est une erreur !

« Le divin se manifeste dans l’histoire humaine

en n’obéissant à aucune loi humaine… »

La politique n’est donc pas une science raisonnée, mais le constat de l’ignorance des plans divins et l’aveu, par les hommes, d’une impossibilité à en maîtriser la logique. La perspective politique de Maistre est claire, le divin se manifeste dans l’histoire humaine en n’obéissant à aucune loi humaine, c’est là par exemple le sens de la sacralité du bourreau ou de la guerre, fondé en substance sur l’incompréhensibilité des impératifs supérieurs qui commandent et dirigent le destin des peuples. Cette notion est en radicale opposition avec l’esprit des « Lumières » qui voulut, en premier lieu, placer la « Raison » et le « Contrat » au centre de la cité, pour Maistre non seulement « l’état de nature » est une fiction, mais plus encore « l’état de nature est une contre nature. » [3]

Résurrection 1

« C’EST MOI QUI FAIS LES SOUVERAINS »

Dès lors qu’on le veuille ou non, et la volonté en ces matières est de peu d’importance, « L’homme ne peut faire de souverain. C’est pourquoi « il est écrit : C’EST MOI QUI FAIS LES SOUVERAINS. Ceci n’est point une phrase d’église, une métaphore de prédicateur ; c’est la vérité littérale, simple et palpable. C’est une loi du monde politique. Dieu fait les Rois, au pied de la lettre. Il prépare les races royales ; il les mûrit au milieu d’un nuage qui cache leur origine. Elles paraissent ensuite couronnées de gloire et d’honneur ; elles se placent ; et voici le plus grand signe de leur légitimité. » [4]

II. Nature impie de la « République »

La philosophie politique qui a présidé à l’émergence des idées de la Révolution française, idées qui aboutirent à la fameuse « Déclaration des droits de l’homme », Maistre s’emploiera inlassablement tout au long de sa vie à en déconstruire les postulats insensés et anti-traditionnels qui, follement, placent « l’homme » à la source du droit en l’installant sur le  trône vertigineux des amères désillusions, tel un dieu moderne objet d’un étrange et sinistre culte idolâtrique.

Droits de l'homme

« La Constitution de 1795 (…) est faite pour l’homme,

or il n’y a point d’homme dans le monde. »

Maistre aura d’ailleurs cette pertinente remarque à propos de la fiction abstraite que représente « l’homme » selon la pensée des Lumières : « La Constitution de 1795 (…) est faite pour l’homme, or il n’y a point d’homme dans le monde. J’ai vu, dans ma vie, des Français, des Italiens, des Russes, etc. ; je sais même, grâce à Montesquieu, qu’on peut être Persan : mais quant à l’homme, je déclare ne l’avoir rencontré de ma vie ; s’il existe, c’est bien à mon insu. » [5]

C’est cette profonde et dangereuse erreur philosophique, cette radicale inversion des valeurs, ce coupable renversement des hiérarchies authentiques, qui est proprement un acte « satanique ». Le crime initial, accompli par les philosophes des Lumières, est d’avoir supposé qu’il était possible, et même nécessaire, d’abattre la relation de dépendance ontologique qui unissait l’homme à son Créateur, de faire de l’homme le fondement universel de tout, et d’ainsi s’approprier l’Histoire en méprisant les lois civilisatrices qui, sagement, prévenaient les sociétés anciennes des égarements de l’humaine nature trop humaine.

L’homme a voulu se faire Dieu et se faisant il est devenu le suppôt du diable. Comme le rappellera Maistre : « Tout varie, sauf les lois éternelles.» [7] Dès que l’on ose y toucher, par audacieuse imprudence, c’est le crime, l’anarchie et le chaos qui inévitablement triomphent et s’en est alors définitivement fini du droit véritable.

III. La République est le régime de l’esclavage de « l’opinion »

Dès lors, face à cet état de fait, en ayant brisé les vénérables institutions, la République qui s’est imposée par la terreur, le génocide et l’antichristianisme, s’est constituée une illusoire « légitimité » en conférant soi-disant au « peuple » l’origine de la « souveraineté ».

Or cette origine est une escroquerie objective, le peuple ne possède aucune « souveraineté », car tout pouvoir vient de Dieu et de Lui seul ! Affirmer le contraire, se revendiquer de la « souveraineté du peuple », relève de la conception inversée de l’autorité issue de la pensée de la Révolution ; c’est donc une position tout simplement sacrilège.

Par ailleurs, une escroquerie en entraînant une autre, le vicomte Louis de Bonald (1754-1840) écrit fort justement, montrant que la République en réalité – alors qu’elle prétend agir au nom de sa devise « Liberté », « Egalité », « Fraternité » -, dissimule, par le mécanisme de la délégation du pouvoir par l’élection des « représentants du peuple », un système qui est celui de « l’esclavage » : « Des hommes (…) dont toute la métaphysique est l’obscurité d’un esprit faux, et toute la politique les désirs effrénés d’un cœur corrompu, ont avancé que la souveraineté résidait dans le peuple. C’est là une proposition générale ou abstraite ; mais lorsqu’on veut en faire l’application à l’histoire ou par l’histoire, il se trouve que le peuple n’a jamais été et qu’il ne peut jamais être souverain : car où seraient les sujets quand le peuple est souverain ? Si l’on veut que la souveraineté réside dans le peuple, dans ce sens qu’il ait le droit de faire des lois, il se trouve que nulle part le peuple n’a fait des lois, qu’il est même impossible qu’un peuple fasse des lois, et qu’il n’a jamais fait, et qu’il ne peut jamais faire autre chose qu’adopter des lois faites par un homme appelé par cette raison législateur : or, adopter des lois faites par un homme, c’est lui obéir ; et obéir n’est pas être souverain, mais sujet, et peut-être esclave. » [8]

Louis de Bonald résume ainsi la situation : « Si l’on prétend que la souveraineté réside dans le peuple, dans ce sens que le peuple en délègue l’exercice en nommant ceux qui en remplissent les diverses fonctions, il se trouve que le peuple ne nomme personne, et ne peut même nommer qui que ce soit ; mais qu’un nombre convenu d’individus, qu’on est convenu d’appeler peuple, nomment individuellement qui bon leur semble, en observant certaines formes publiques ou secrètes dont on est également convenu. Or des conventions ne sont pas des vérités (…) Donc cette proposition générale ou abstraite : La souveraineté réside dans le peuple, n’a jamais reçu et ne peut recevoir aucune application ; donc c’est une erreur. » [9]

L’exercice favori de ce régime est l’instrumentalisation de la pensée

afin de pousser les masses ignorantes, formant le troupeau servile des électeurs,

à accorder leurs suffrages à des candidats choisis par avance.

Ce à quoi se rajoute de nos jours, bien que le principe soit depuis toujours identique en République – la manipulation de l’opinion, autrefois par l’intermédiaire des libelles, pamphlets, affiches, etc., à présent par la puissance gigantesque des médias (chaînes de télés, radios, journaux, internet), qui sont entre les mains d’intérêts privés (banques, industries, groupes de pressions, sociétés occultes, etc.), s’adonnant à l’exercice favori de ce régime, soit l’instrumentalisation de la pensée afin de pousser les masses ignorantes, formant le troupeau servile et docile des électeurs, à accorder leurs suffrages à des candidats choisis et sélectionnés par avance, soit par les partis qui se partagent le pouvoir, soit par des groupes influents au service de projets ténébreux étrangers au bien commun, disposant des moyens financiers, structurels et matériels gigantesques qui leur permettent de faire élire ceux qui ont été désignés en lieux secrets et discrets, et de les faire parvenir aux plus hautes fonctions de l’Etat.

Mgr de Ségur

« La presse est le grand levier de la Révolution »

Comme le soulignait déjà Monseigneur de Ségur (1820-1881) : « La presse est le grand levier de la Révolution » [10], cette « Révolution », utilisant avec un art consommé, tous les leviers de la manipulation des esprits à grande échelle : « Elle se fait tout à tous pour gagner tout le monde à sa cause. Afin de pervertir les chrétiens, afin de nous ravir le sens catholique, elle se sert de l’éducation, qu’elle fausse; de l’enseignement, qu’elle empoisonne; de l’histoire, qu’elle falsifie; de la presse, dont elle fait l’usage que chacun sait; de la loi, dont elle prend le manteau; de la politique, qu’elle inspire; de la Religion elle-même, dont elle prend parfois les dehors pour séduire les âmes. » [11]

Sa description de la situation permettant la « fabrication » de l’opinion publique, qui date pourtant d’un siècle et demi, est plus que démonstrative : « Sur cinq cent quarante journaux, il n’y en a peut-être pas trente qui soient vraiment chrétiens. Pour quatre-vingts ou cent mille lecteurs de feuilles publiques respectant la foi, l’Eglise, le pouvoir, les principes, cinq ou six millions d’hommes avalent tous les jours le poison destructeur que leur présentent goutte à goutte les journaux impies. Que l’on me pardonne cette comparaison : la presse est, entre les mains de la Révolution, un grand appareil à seriner les hommes. Quand on veut apprendre un air a des oiseaux, on leur répète cet air dix et vingt fois par jour, au moyen d’un instrument ad hoc. Les chefs du parti révolutionnaire, pour former, comme on dit, l’opinion publique, pour faire entrer dans les têtes leurs idées fatales, ont recours à la presse ; chaque jour, ils tournent la manivelle; chaque jour, ils répètent dans leurs journaux l’air qu’ils veulent imposer au public, et bientôt les serins chantent. Et voila l’opinion publique. » [12]

Sachant qu’aujourd’hui, le processus de « fabrication de l’opinion » décrit par Mgr de Ségur, dans notre société du spectacle télévisuel permanent, s’est amplifié avec les nouveaux médias jusqu’à atteindre des proportions totalement inouïes, dont il était impossible, il y a encore peu, d’imaginer la dimension qu’elle prendrait.

Conclusion

Le système et son hideux spectacle de fête foraine, sont donc fermement cadenassés, et il faut soit être un profond naïf, soit un fieffé menteur, pour soutenir que quelque chose de salvateur, libre, vrai et sincère, puisse surgir de cette tartufferie grotesque, entièrement contrôlée par des requins pervers, qui a pour nom « les élections ».

Pío IX

« Oui, le suffrage universel

mériterait plutôt le nom de folie universelle.. »

On comprend pourquoi Pie IX put soutenir que le suffrage universel devrait prendre le titre de « folie universelle », livrant le gouvernement de l’État aux hommes de mensonge en écartant les hommes de la vérité, une folie universelle qui, au lieu d’être l’expression véritable de la volonté populaire, n’en est qu’un signe « apparent ». Le Pontife déclarait à ce propos, devant un groupe de pèlerins français : « Je bénis tous ceux qui coopèrent à la résurrection de la France. Je les bénis dans le but, (laissez-moi vous le dire), de les voir d’une œuvre bien difficile mais bien nécessaire, celle qui consiste à faire disparaître ou à diminuer une plaie horrible qui afflige la société contemporaine, et qu’on appelle le suffrage universel. Remettre la décision des questions les plus graves aux foules, nécessairement inintelligentes et passionnées, n’est-ce pas se livrer au hasard et courir volontairement à l’abîme ? Oui, le suffrage universel mériterait plutôt le nom de folie universelle… » (Pie IX, 5 mai 1874).

Il est de ce fait, à titre individuel ou collectif, inutile voire sacrilège de participer à cette mascarade électorale en fondant quelques vains espoirs sur tel ou tel parti « républicain », puisque rien ne peut sortir de bon de la République. La République, système faux et trompeur, ne possède pas la réponse aux questions qu’elle pose ; c’est un régime mauvais en son essence, pervers en son origine, radicalement malsain en son organisation, qui ne mérite qu’une chose : disparaître, pour que puissent un jour, et enfin, refleurir les Lys de France !

Lire :

Pourquoi faut-il

une théocratie catholique ?

Notes.

  1. J. de Maistre, Préface de l’Essai sur le principe générateur des constitutions politiques, 1814.
  2. Ibid.
  3. J. de Maistre, Œuvres Complètes, t. VII, p. 526.
  4. Ibid.
  5. J. de Maistre, Considérations sur la France, ch. VI, 1795.
  6. Œuvres Complètes, t. II, p. 253.
  7. Ibid.
  8. L. de Bonald, Théorie du pouvoir politique et religieux dans la société civile, démontrée par le raisonnement et par l’Histoire, 1796.
  9. Ibid.
  10. Mgr de Ségur, La Révolution expliquée aux jeunes gens, 1871.
  11. Ibid.
  12. Ibid.
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